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Full text of "L'Intermédiaire des chercheurs et curieux"

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L'INTERMÉDIAIRE 


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CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


Cherchez  et  vous       <        ,  **^^^  ♦"j     m     '^  »^  /fl^* 
trouverez 


L'INTERMÉDIAIRE 


DES 


CHERCHEURS  ET  CURIEUX 

FONDÉ  EN  1864 

CORRESPONDANCE    LITTÉRAIRE,    HISTORiaUE    ET    ARTISTIQUE 
QUESTIONS    ET    RÉPONSES,    LETTRES    ET    DOCUMENTS    INÉDITS 

COMMUNICATIONS  DIVERSES  A  L'USAGE  DE  TOUS 

LITTÉRATEURS  ET  GENS  DU  MONDE,  PROFESSEURS,  ARTISTES,  AMATEURS, 
BIBLIOPHILES,  ÉRUDITS,  COLLECTIONNEURS,  ARCHÉOLOGUES,  GÉNÉALOGISTES,  NUMISMATES,  ETC. 


48^  ANNÉE  —  1912 

DEUXIÈME  SEMESTRE 

VOLUME     LXVI 


PARIS 


V INTERMÉDIAIRE  DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 

?1  bis,  RUE  VICTOR  MA5SÉ     ;i    bis 


309 


LXVI*  Volume  Paraissant  Us  lo,  30  et   )o  de  chaque  mois 


10  JuIUet  1912 


48»  Année 
81'-".r.Victor-Illa8Hé 


QU^QOB 


vouB trouverez 


Bureau    :  de  3è6heures 


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NOJ333 

3f^',r.Yictor-Ma8Bé 
PARI8  (IX*> 

Bureaux  :  de  3  !i  6  hea^e» 


C  3nUxmébiaxx0 


DES    CHERCHEURS    ET    CURIEUX 

Fondé   en    1864 


QUESTIONS     KT     RÉPONSES     LITTÉRAIRES,     HISTORIQUES,     SCIENTIFIQUES     ET    ARTISTIQUE 

TROUVAILLES    ET     CURIOSITÉS 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
d'jtn  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet . 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Qiiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


amuedtionô 


Séjour  de  la  cour  à  St-Qermain  en 

1586.  —  Je  trouve  sur  la  garde  d'un 
livre  que  la  Cour  (Henri  III  étant  roi)  a 
fait  un  séjour  à  St-Gerrnain  (je  suppose  en 
Laye)  en  1586. 

Je  désirerais  savoir  si  cette  indication 
est  exacte,  si  ce  séjour  a  eu  réellement 
lieu,  et  à  quelle  époque  de  l'année  et  si 
on  connaît  les  noms  des  personnes  de  la 
Cour  qui  en  firent  partie.  Bellechasse. 

La  statue  de  saint  Jacques  de 
Compostelle.  Par  qui  fut-elle  enle- 
vée en  1809  ?   Soult  ou  Ney  ?  — 

Par  qui  fut  enlevée,  fin  janvier   ou  com- 


mencement de  février  1809,  la  statue,  en 
métaux  précieux,  de  saint  Jacques  de 
Compostelle,  qui  ornait  la  cathédrale  de 
la  ville  de  ce  nom  en  Espagne  ? 

D'après  les  mémoires  du  général 
d'Hautpoul  {Revue  de  Paris.,  de  novem- 
bre 1904)  ce  serait  le  maréchal  Ney,  dont 
la  femme  se  serait,  un  peu  plus  tard,  pa- 
rée de  deux  diamants  qui  figuraient  les 
yeux  du  saint. 

A  l'époque  de  l'enlèvement  de  la  sta- 
tue que  fixe  le  général  d'Hautpoul,  si  le 
maréchal  Soult  se  trouvait  à  Saint-Jacques, 
le  maréchal  était  à  la  Carogne. 

11  serait  très  vraisemblable  d'impu- 
ter cette  action  au  duc  de  Dalmalie,  puis- 
qu'il se  trouvait  à  Saint-Jacques,  quand 
elle  fut  accomplie  et  qu'elle  cadre  vrai- 
ment mieux  avec  son  caractère  qu'avec 
celui  de  Ney. 

Néanmoins,  nous  sollicitons  les  avis  sur 
cette  donnée.  Que  sait-on  de  l'enlèvement 
de  cette  précieuse  statue  .?  A  qui  faut-il 
l'attribuer  ?  A-t-il  été  écrit  et  publié  une 
étude  particulière  à  ce  sujet  ? 

M. 


Une  lettre  de  marque  signée 
«  Louis  XVI  »  en  1793.  —  Nous  avons 
eu  sous  les  yeux  un  document  qui  appelle 
des  observations  :  c'est  une  lettre  de 
marque  pour  le  capitaine  d'un  bâti- 
ment, délivrée  en  janvier  1793  (an  II 
de  la  République),  au  nom  de  Louis  XVI, 
au  Temple  depuis  des  mois,  à  la  veille 
d'être  exécuté,  et  remplacé  par  un  gou- 
vernement exécutif  depuis  son  incarcéra- 
tion. 

LXV  -  1 


"i'  m 


.  Vol.  LXVI. 


L'INTERMÉDIAIRE 


La  pièce  est  signée  du  roi  et  contresi- 
gnée par  le  ministre. 

Cortiment  délivrait-on,  sous  la  Conven- 
tion, des  lettres  signées  au  nom  du  roi 
prisonnier  ? 

Y  a-t-il  d'autres  exemples  de  ce  fait 
étrange  r 

On  peut  supposer  avec  raisoq  —  la 
griffe  du  ministre  le  prouve  —  flue  ces 
documents  étaient  envoyés  en  blanc  et 
déjà  signés,  au   port. 

Là,  on  les  rem[)lissait  selon  les  besoins 
du  service. 

Il  n'en  reste  pas  moins  extraordinaire, 
de  voir  à  une  époque  où  la  Révolution 
jalouse  de  son  autorité,  tenait  pour  sus- 
pecte toute  trace  de  l'ancienne  autorité 
royale,  que  des  bâtiments  circulaient  avec 
des  laisser-passer  au  nom  du  roi. 

V. 

Lady  Ç.  —  Lady  Stuart.  —  |1  y  a 

une  vinguune  d'années  ,  M.  Pierre  de 
L^no  publia  chez  H  Simonis  Empis,  un 
j-oman  [ort...  fantastique,  intitulé  :  Un 
drame  aux  Tuileries  sons  te  second  Empire. 
Le  fôlé  principal  en  est  rempli  par  une 
*<  ladv  Stuart  >».  A  en  croire  la  préface 
cette  femme  aurait  fourni  elle-même  les 
éléments  du  volume.  En  18914,  elle  aurait 
encore  vécu.  «  De  même  âgé,  à  peu  près, 
que  l'Impératrice  Eugénie  dont  elle  fut  la 
rivale,  ayant  comme  elle,  aujourd'hui, 
des  cheveux  blancs,  elle  eut  jadis  tous  les 
privilèges  d'une  teauté  et  d'une  situation 
enviées  > . 

Comme  i}  est  peu  probable  que  cette 
personne  soit  encore  en  vie,  jën  demande 
je  nom  véritable  et  les  souvenirs  qu'on  a 
pu  garder  d'elle. 

M.  de  Lano  prétend  l'avoir  légèrement 
esquissée  dans  ^es  précédents  ouvrages 
sur  le  second  Empire.  En  effet,  on  trouve 
à  son  sujet  quelques  notes  dans  Les  Bals 
travestis  et  les  tableaux  vivants  sous  le  se- 
cond F.mptrc  (W  .  Simonis  Empis  (1892), 
iage  76.  Elle  y  parait  sous  le  nom  de 
ady  C... 

SoudainemeiU  jetée  hors  de  la  demeure 
<|'un  galant  homme  qui  l'aimait  et  qu'elle 
avait  outragé,  elle  vint  en  France,  et  gr.ide 
au  nom  qu  elle  portait,  grâce  aussi  à  des 
complaisartces  secrètes,  elle  lor^  le  seuil 
d<s  Tuilerie?.  Lé  fnaîtfe  la  vit  et  la  voulut  ; 
Comme  elle  n'était  là  que  pour  être  voulue, 
elle  ne  fit  pas  traîner  la  marche  qu'on  lui 
proposait.  Elle  fouilla  le  cœur  de  cet  homme 


f. 


éternellement  épris  de  féminité...  Mais  son 
rêve  fut  court.  Sedan  l'empoita...  Elle  fut 
l'unedes  dernières  maîtresses  de  l'Empereur, 
et  elle  montre  encore  chez  elle,  en  une  vi- 
trine, la  tasse  en  laquelle  Napoléon  III,  au 
camp  de  Châlons,  but  son  café;  comme 
"Ussi  le  collier  de  diamants  qu'il  avait  en- 
roulé à  son  cou,  un  soir,  à  lontainebleau. 
Après  la  guerre,  elle  revint  s'établir  de  nou- 
veau à  Paris  où  elle  fit  une  politique  exoti- 
que. 

Op.  cit.  p.  76). 

plie  garda  la  mémoire  de  l'Empereur  et 
porta  son  deuil.  Depuis,  elle  fut  l'amie  du 
duc  d'Edimbourg,  qui  descendait  secrète- 
ment chez  elle, lorsqu'il  veiiaità  Paris. Elle  en 
eut  deux  enfants.  Son  fils  Jack  —  le  fils  de 
l'empereur  Napoléon  111  —  est  actuellement 
l'un  des  plus  distingués  officiers  de  l'armée 
anglaise. 

{Roman  cité,  p.  306). 

Je  demande  donc  :  1°  qui  serait  lady 
Stuart  et  de  qui  parle  M.  de  Lano  quand 
il  désigne  lady  C...  2°  qui  était  l'amie  du 
duc  Edimbourg  .i' 

JOACHIM  KiJHN. 

[Selon  sa  nature,  la  réponse  sera  ou  non 
transmise  directement  à  l'auteur]. 

Le  siège  de  Paris  de  886  :  la  pla- 
que du  Petit  Pont.  —  Lors  de  la  dé- 
lense  de  Paris  contre  les  pirates  normands 
en  886,  douze  Parisiens  périrent  en  dé- 
fendant le  Petit  Pont,  au  milieu  duquel 
avait  été  élevée  une  Tour  de  Bois,  qui 
dura  jusqu'en  1309.  Le  nom  de  ces  douze 
héros,  dit  M.  le  marquis  de  Rochegude 
(1903),  Guide  pratique  à  travers  le  vieux 
Paris,  page  220)  est  gravé  sur  une  pla- 
que posée  sur  l'annexe  de  j'Hôtel  Dieu 
(place  du  Petit  Pont), 

Or  cette  place  a  été  complètement  mo- 
difiée, l'annexe  de  l'Hôtel  Dieu  a  disparu. 
QLi'ést  devenue  la  plaque?      ' 

V.  A.  T. 

Château  de  Séverac  (iVveyroi^). 

—  Aux  confins  de  la  Lozère  et  de  l'Avey- 
ron,  sur  la  route  de  Paris  à  Perpignan,  le 
petit  village  de  Séverac  étage  ses  maisons 
grises  au  piccj  d'une  motte  féodale  que 
couronnent  les  ruines  encore  imposantes 
d'un  château  gothique  en  partie  restauré 
au  xvut  siècle. 

Qyel  intepTiédiairiste  avçyronnais  ou 
lozérien  pourrait  pie  dire  s'il  existe  uqc 


DES  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


lo  Juillet  191 2 


histoire  du  château  de  Séverac  et  des  fa- 
milles qui  l'ont  habité  ? 

Joseph  BalloffeT. 

Raccourci  pour  dire  un  louis.  — 

Sur  une  liste  de  souscription  faite  au  club 
des  Jacobins  de  Belfort  le  27  brumaire 
an  H,  je  vois  un  des  membres  s'inscrire 
pour  «  un  raccourci  ».  Connaît-on  d'autres 
exemples  de  cette  façon  de  désigner  la 
pièce  d'un  louis  après  la  décapitation  du 

roi  .''  JOACHIM  . 

Randoa  de  la  Tour  —  Pourrais-je 
avoir  quelques  renseignements  généalo- 
giques sur  la  famille  Randon  de  la  Tour? 

M.  A. 

Randon  de  Pommery.  —  Généalo- 
gie de  cette  famille.  M.  A. 

Randon  du  Lauloy.  —  Généalogie 
de  cette  famille.  M.  A. 

Randon  de  Groslier.  —  Généalogie 
de  cette  tamille.  M.  A. 

Randon  de  Boisset.  —  Généalogie 
de  cette  famille.  M.  A. 

Les  Veron,  luthiers  à  Paris. 
XVIH"  siècle.  —  J'ai  un  vieux  violon- 
celle 3/4  portant  à  l'intérieur  une  éti- 
quette avec  la  mention  : 

Arsène  Veron^  rue  de  la  Verrerie,  à  Pa- 
ris,  ly^g. 

Pierre-André  Veron.  son  père  ou  son 
frère  (?)  tut  aussi  luthier  à  Paris,  de  1720 
à  1750. 

Le  Conservatoire  possède  de  ce  luth'.er, 
un  pardessus  de  viole  (n°  179). 

Renseignement  sur  ces  deux  artistes, 
sur  la  valeur  et  la  rareté  des  instruments 
sortis  de  leurs  mains. 

C.  DE  St-M..  . 

Angel  Thouin.  —  Quel  était  cet 
artiste,  qui  vivait  dans  la  seconde  moitié 
du  xix«  siècle  et  dont  il  existait  des  des- 
sins dans  la  collection  du  marquis  de 
Chennevières  ?  A.  B.  R. 

Armoiries  sur  un  tableau  à  déter- 
miner. —  Un  tableau  porte  un  cartou- 
che accosté  de  la  date  de  16^7,  avec,  en 
blason  spivant  :    Parti  :    au    i    échiqueté 


d'or  et  d'apir  ;  ati  2  de  gueules  à  la  fasce 
d'argent,  accompagnée  de  six  étoiles  (6) 
d'or.  A  qui  ces  armes  appartenaient-elles  ? 

C.  T. 

Armoiries  à  déterminer  :  à  3  têtes 
de  lion.  —  Sur  le  plat  intérieur  d'un 
exemplaire  des  Liaisons  dangereuses  (édi- 
tion de  1782)  que  je  possède,  il  y  a  un 
bimple  carré  de  papier  portant  : 

Ex  Libris 
Le  Bouyer  Saint-Gervais 

Sous  ce  papier  décollé  j'ai  découvert 
les  armoiries  suivantes  : 

Ecu  rond,  encartouché  d'acanthe  et  dg 
laurier  ; 

Le  chef  de  gueules  ; 

Le  reste  d^or  aux  ^  têtes  de  lion  ou  lionne 
disposées  ;  i ,  2,    ? . 

Le  tout  timbré  d'une  couronne  com- 
tale. 

Un  aimable  intermédiairiste  pourrait-il 
me  faire  savoir  à  quelle  famille  appar- 
tiennent ces  armoiries?  Est-ce  aux  Bouyer 
Saint  Gervais  ?  ou  bien  celui-ci  n'est-il 
qu'un  propriétaire  postérieur  du  livre  ? 

L.  Deniquet, 

Armoiries  de  la  famille  Breuil  de 
La  Rochepot.  —  On  désirerait  connaî- 
tre les  armoiries  de  la  famille  Breuil  de 
La  Rochepot  (seigneurs  de  Sordroc,  bas 
Limousin).  Alimno. 

René  Gueuble  —  Pourrait-on  m'in- 
diquer  les  armes  de  René  Gueuble,  d'une 
famille  du  Nivernais,  qui  fut  gentilhomme 
servant  d'Henri  III,  roi  de  France,  avant 
son  avènement  au  trône  ?         S.   G.  L. 


«  La  Vie  de  M.  Pascal  ».  Exem- 
plaire de  Bossuet.  |'ai  en  ma  pos- 
session un  exemplaire,  bien  conservé,  de 
La  Vie  de  M.  Pascal,  escrite  par  Madame 
Périet ,  sa  sœur,  femme  de  M.  Périer  con- 
seiller de  la  Cour  des  Aydes  de  Clermont. 
Amsterdam,  Abr.  Wolfgang,  1684,  petit 
in-i2  de  51  pages, lequel  est  relié  en  veaq 
plein, granité(reliure  ancienne), aux  Armes 
de  J.-B.Bossuet, évêque  de Meaux,  frappées 
en  or  sur  les  deux  plats. 

L'encre  d'impression  de  la  page  48, 
comme  si  le  volume  avait  été  relié  un  peu 
trop  tôt,  a  légèrement  maculé  sur  le  blanc 
de  la  page  49.  —  Je  m'imagine  que  ce 


N«  1333.  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


8 


précieux  petit  livre  a  pu,  autrefois,  être 
offert,  comme  exemplaire  de  présent,  par 
l'auteur  même,  à  liilustre  Prélat. 

Serait-il  resté,  dans  la  fjmille  Périer, 
à  Clermont-Ferrand,  quelques  traces, 
écrites  ou  légendaires,  de  relations  qui 
auraient  pu  exister,  entre  Bossuct  et  Ma- 
dame Françoise-Gilberte  Périer,(Clermont 
1620  Paris  1687),  sœur  aînée  de  Pascal? 
Ulric  Richard-Desaix. 

Voltaire  —  Heuriade.  Notes  si- 
gnée K.  —  Qiielques-unes  des  notes  du 
chant  II  de  la  Henriade  sont  signées  K. 

On  désirerait  savoir  quel  est  l'auteur 
réel  de  ces  notes  (Voltaire  lui-même  ou 
un  autre)  et  dans  quelle  édition  de  la 
Heuriade  elles  furent  imprimées  pour  la 
première  fois.  Bellechasse. 

«  Si  vous  n^.  me  voulez  guérir  », 
auteur  à  retrouver.  —  D'où  sont  tirés 
les  vers  que  voici  : 

Si  vous  me  voulez  guérir, 

Ne  dites  pas,  belle  Cerise, 

etc.,  ?  P.   Ll. 

Distique  latin  à  identifier  :  «  Quid 
tacies  ..  ».  —  Quand  les  traités  de  mo- 
rale théologique  parlent  du  vice  de  la 
luxure,  ils  donnent  nombre  de  moyens  de 
l'éviter,  mais  le  meilleur  de  tous  est  la 
fuite  des  occasions.  Or  les  moralistes  ci- 
tent à  cet  etfet  un  distique,  qui  se  trouve 
ordinairement  dans  les  traités  de  théolo- 
gie et  sent  bien  son  dix-huitième  siè- 
cle. 11  dit  «  lorsque  tu  seras  en  face  de 
Vénus  que  dois  tu  faire  .?  ne  t'arrête  pas 
mais  va-t-en,  de  peur  que  tu  ne  périsses 
par  elle  ». 

Quid  faciès,     faciès    Veneris   cum   veneris 

[anle . 
Ne  sedeas,  sed  eas,  ne  perems  per  eas. 

Ce  distique  latin  est  un  jeu  de  mots 
continuel  c'est  ce  qui  le  rend  intéres- 
sant. Mais,  et  voilà  où  la  question  devient 
plus  difiîcile,  qui  en  est  l'auteur  ?  Selon 
moi,  il  remonteriiit  au  xvin'=  siècle  où  on 
affectionnait  beaucoup  ces  jeux  de  mots, 
mais  je  n'ai  que  cette  seule  indication, 
qui  est,  il  faut  bien  aussi  le  dire,  très  va- 
gue. D"^  A.  B 

Blois  et  ses  habitants.  —  Dans  le 
médiocre  ouvrage  anonyme  publié  par 
Adrien  Baillet  sous  le  titre  Auteurs  dégui- 


se:^ sous  des  noms  étrangers,  emprunte:^^  sup- 
pose:(...  (Paris.  1690)  je  lis  que  Scaliger  a 
désignésous  le  nom  de  Stercorarius  unas- 
tronome  ou  chronologiste  de  Blois  nommé 
Temporarius. 

11  est  vray  [ajoute  l'auteur]  que  ces  deux 
noms  ne  se  rapportent  l'un  à  l'autre  que  par  la 
terminaison  ;  mais  rallusion  de  Scaliger  re- 
tomboit  sur  le  mauvais  sobriquet  que  l'on 
a  donné  aux  habitants  de    la    ville  de  Blois. 

Quel  est  ce  mystérieux  sobriquet  .? 

René  Villes. 

Bolivar.  —  Pourrait-on  me  dire  pour- 
quoi on  appelle  bolivar  ce  chapeau  de 
forme  évasé  qui  était  si  à  la  mode  vers 
1820?  America. 

Les  sœurs  associées,  —  A  propos 
de  Jacqueline  Pascal,  il  y  a  dans  Port- 
Royal  une  belle  page  de  Sainte-Beuve,  sur 
les  sœurs,  dont  l'influence  s'est  fait  sen- 
tir sur  la  vie  et  les  œuvres  des  frères.  La 
«  sœur  Henriette  »,de  Renan, est  un  exem- 
ple admirable  de  ces  sœurs  qu'on  pour- 
rait appeler  des  «  sœurs  associées.  » 

Pourrait-on  citer  d'autres  noms  de 
sœurs  qui  aient  été  dignes  de  passer  à 
l'histoire  par  leur  amour  fraternel .? 

Sainte-Beuve  parle  des  sœurs  du  grand 
Arnauld  et  de  M.  de  Pomponne,  dont  je 
ne  sais  rien. 

Cette  question  a  d'ailleurs  la  plus 
grande  actualité,  puisqu'on  pense  à  la 
commémoration   d'Eugénie  de  Guérin. 

Medeiros. 

Le  parti  Joconde,  à  P Académie 
française,  en  1841.  —  Dans  l'intéres- 
sant volume  de  M.  A.  de  Bersaucourt, 
récemment  édité  par  le  Mercure  de  France., 
et  qui  a  pour  titre  :  Les  pamphets  contre 
Victor  Hugo,  on  lit,  à  la  page  20,  l'appré- 
ciation suivante  donnée  par  Alphonse 
Karr,  dans  Les  Guêpes,  au  sujet  de  la  ré- 
ception de  l'auteur  àHernani  à  l'Acadé- 
mie française  : 

Les  difificuités  qu'a  faites  |r Académie  pour 
recevoir  M.  Hugo  l'ont  fait  plus  honnir  de- 
puis quelques  années  peut-être  qu'elle  ne  l'a 
jamais  été.  Les  Académiciens,  du  moins  le 
parti  Joconde,  lui  attribuent  ces  avanies,  et 
l'un  deux  a  dit  le  jour  de  la  nomination  : 
M.  Hu^o  entre  à  l'Académie  comme  on 
épouae  une  fille  qu'on  a  déshonorée, 

Qji'était-ce  le  c  parti  Joconde  »  ? 

Gros  Malo. 


DBS    CBRCHBURS  HT  GURIBUX 


10  Juillet  191*. 


lû 


Sép0n0e0 


La  maladie  de  Louis  XV  à  Metz 
LXV,  349,  455,  605).  —  Parmi  les  in- 
nombrables médecins  auxquels  on  a  at- 
tribué la  guérison  de  Louis  XV,  il  en  est 
un  sur  lequel  M.  Pierre  s'exprime  ainsi 
dans  l'Intermédiaire  du  10  avril  1912: 

Ce  miracle  serait  dû  à  un  vulgaire  empi- 
rique, dont  on  s'abstient  par  conséquent  de 
citer  le  nom  et  sur  la  personnalité  duquel  on 
n'est  pas  absolument  d'accord.  On  dit  que 
c'est  un  médecin  juif  de  Metz  qui  lui  a  fait 
appliquer  des  sangsues  sur  la  tète  et  pren- 
dre de  l'émétique.  Cette  dernière  piste  est, 
je   crois,  la  bonne,  etc. 

C'est  en  effet  la  bonne  piste,  et  je  sais 
le  nom  de  ce  médecin,  ou  du  moins  le 
nom  sous  lequel  il  était  connu.  J'expli- 
querai plus  loin  cette  distinction. 

—  D'après  une  tradition  constante 
dans  ma  famille,  cet  <*  empirique  »  était 
mon  arrière-bisaïeul,  Rabbi  Gafriel  ben 
Feiberman  établi  à  Metz  et  qui,  quoique 
juif,  était  le  médecin  favori  des  officiers 
de  la  garnison,  mais  qui,  en  qualité  de 
juif,ne  pouvait  habiter  que  les  faubourgs, 
où  il  était  très  populaire  parmi  ses  core- 
ligionnaires. C'est  donc  avec  raison 
qu'Arsène  Houssaye  a  pu  écrire  qu'il  s'agit 
«  d'un  homme  très  connu  de  la  garnison 
et  des  Faubourgs  »  {Intermédiaire,  même 
numéro). 

)'ai  possédé  autrefois  copie  d'une  déli- 
bération de  la  municipalité  de  Metz  qui, 
en  reconnaissance  de  son  succès,  lui  con- 
fère le  droit  de  bourgeoisie  et  l'autorise  à 
demeurer  en  quelque  point  de  la  ville  qui 
lui  conviendra,  alors  que  ses  coreligion- 
naires étaient  relégués  dansles  Faubourgs. 
Cette  copie  a  disparu  en  1870  avec  mes 
autres  papiers  laissés  à  Corbeil  pendant 
que  j'étais  commandant  du  génie  auxi- 
liaire au  22®  corps  d'armée  (Lille)  et 
qu'une  compagnie  du  3°  régiment  d'infan- 
terie bavaroise  occupait  mon  habitation 
en  mon  absence. 

On  retrouverait  peut-être  dans  les  ar- 
chives de  la  ville  de  Metz  l'original  de  la 
délibération.  La  recherche  serait  facile 
puisque  la  délibération  a  dû  suivre  de  près 
la  guérison  qui  est,  je  crois,  de  1744. Cette 
recherche  ne  m'a  pas  tenté  parce  qu'il 
m'importe  peu  d'être  ou  de  ne  pas  être  un 
descendant  du   véritable    guérisseur    de 


Louis  XV,  mais  dès  lors  que  ce  problème 
de  petite  Histoire  a  été  soulevé,  je  crois 
opportun  d'y  apporter  ma  contribution. 
Il  est  bon  de  rappeler  qu'avant  le  dé- 
cret du  20  juillet  1808  par  lequel  Napo- 
léon l"""  astreignit  les  juifs  à  prendre  des 
noms  de  famille,  beaucoup  de  ceux-ci 
suivaient  la  coutume  orientale  d'après  la- 
quelle un  fils  ne  prend  pas  le  nom  de  son 
père,  mais  est  désigné  par  :  Un  tel,  tlls 
(ben)  de  Un  tel.  De  plus, les  Juifs  de  Metz 
parqués,  sinon  dans  un  Ghetto,  du  moins 
dans  un  quartier  spécial,  se  désignaient 
entre  eux  par  des  sobriquets  familiers,  si 
exclusivement  employés,  que  plus  d'un 
d'entre  eux  aurait  été  embarrassé  de  dire 
le  nom  officiel  de  tel  de  ses  amis.  C'est 
peut-être  le  nom  officiel  de  mon  ascen- 
dant qui  figure  dans  la  délibération,  et  il 
est  possible  que  le  nom  de  Rabbi  Gafriel, 
sous  lequel  je  l'ai  toujours  entendu  dési- 
gner, soit  un  sobriquet  amical. 

Il  semble  résulter  du  même  article  de 
Y  Intermédiaire,  que  d'après  la  France 
médicale,  cet  empirique  se  serait  appelé 
Ladoucette.  Cela  n'est  pas  possible.  Au- 
cun juif  de  cette  époque  ne  pouvait  s'ap- 
peler Ladoucette,  et  ce  nom  est  encore 
aujourd'hui  inconnu  parmi  les  Juifs. 

Ladoucette  fut  en  effet  un  des  médecins 
qui  soignèrent  Louis  XV  à  la  fin  de  sa 
maladie  et,  comme  tous  ses  confrères,  il 
s'attribua  la  guérison,  à  tort  ou  à  raison, 
mais  l'un  de  ses  neveux  fut  fait  par  Na- 
poléon P'",  Préfet  et  Baron  de  l'Empire,  ce 
qui  exclut  toute  possibilité  qu'il  pût  être 
juif. 

C'est  au  moment  où  Ladoucette  lui- 
même  désespérait  de  la  guérison,  que  les 
officiers  de  la  garnison  se  décidèrent  à 
signalera  l'entourage  du  Roi,  «  l'empiri- 
que »  juif  qui  leur  donnait  habituellement 
ses  soins. 

Les  fils,  petits  fils,  et  arrière  petits-fils 
de  Rabbi  Gafriel  ben  Feiberman  furent 
presque  tous  médecins  militaires.  L'un 
d'eux  est  représenté  soignant  un  blessé 
sur  le  champ  de  bataille,  dans  la  vaste 
composition  d'Horace  Vernet  :  —  la  prise 
de  la  Smala  d'Ab-el-Kader  —  qui  orne 
une  des  salles  du  musée  de  Versailles.  Le 
cartouche  indicateur  des  têtes,  placé  au 
bas  du  tableau,  le  désigne  sous  le  nom 
de  :  Docteur  Philippe.  —  Un  autre,  Pros- 
per  Philippe,fit  sa  carrière  dans  les  troupes 


N»  1333.  Vol.   LXVI. 


L'INTBRMéDiAliik 


II 


12 


d'Algérie  et  la   termina  comme   médecin- 
major  de  l'hôlcl  des  Invalides  à  Paris. 

Tous  deux  avaient  été  élevés  dans  la 
religion  catiiolique.  Un  troisièrne,  resté 
israélite  et  décédé  en  18154,  Abraham 
Philippe,  fut  médecin  major  du  i*'  régi- 
ment d'artillerie. 

Philippe  Leroy. 

La  manufacture  de  Réveillon  au 
faubourg  Saint- Antoine  (LXV,  589). 
—  Noël  serait-il  assez  aimable  pour  m'in- 
diquer  l'hôtel  des  Champs  Elysées  où  je 
pourrais  voir  le  marteau  qui  rehaussait  la 
porte  cochere  de  la  Folie  Titon,  et  chsz 
quels  amateurs  ont  été  dispersées  les  boi- 
series et  la  rampe  en  fer  forge .''  je  lui  en 
serais  très  reconnaissant  car  ces  souvenirs 
m'intéressent  spécialem.ent.  Jack. 

La  condamnation  de  Louis  X"VI 
et  la  franc-maçonneriô  (LXII  ;  LXV, 
io6,  209,  265,  413,  602,  6=55,  698^.  — 
Pour  répondre  au  témoignage  publié  par 
M.  Gall,  je  résume  le  document  : 

Le  13  juillet  1870,  un  père  vint  trou- 
vât son  fils  au  parloir  de  son  collège  et  lui 
dit  :  \<  Nous  ne  nous  re verrons  plus  en 
cette  vie  ;  c'est  pour  cela  que  je  désire  te 
communiquer    mes  dernières  volontés.  » 

«  Juste  un  an  après,  au  jour  et  à  l'heure 
même  >*  la  tombe  se  referma  sur  la  dé- 
pouille du  père. 

Vingt  huit  ans  après,  le  fils  «  ne  possé- 
dant aucun  document  ne  put  faire  con- 
naître le  testament  de  son  père  que  ver- 
balement, et  il  dit  dans  une  conférence,  à 
Vienne  en  1898  :  «  En  1784,  il  y  eut,  à 
Francfort  une  réunion  extraordinaire  de 
la  grande  loge  éclectique.  Un  des  mem- 
bres mit  aux  voix  la  condamnation  à 
mort  de  Louis  XVI  roi  de  France  et  de 
Gustave  111,  roi  de  Suède.  Cet  homme 
c'était  mon  grand  père.  » 

Onze  ans  plus  tard,  38  ans  après  la 
mort  de  son  père,  le  fils  vient  dire  :  <  Au 
grand  Congres  de  la  franc  maçonnerie  à 
Francfort  le  Grand  maître  de  la  loge  de 
Wetzlar.mon  grand-père,  proposa  l'assas- 
sinat de  tous  les  monarques  conserva- 
teurs de  l'Europe.  Or,  il  n'y  avait  que  le 
souverain  catholique  Louis  XVI  et  le  pro- 
testant Gustave  III  de  Sqèdè.  Celte  propo- 
sition obtint  force  de  loi  ;  deux  frères, 
Bode  et  Knigge,  furent  envoyés  à  l'aris  et 
à  Stockolm,  avec  mandat  d  oxciter  les  lo- 


ges des  deux  pays,  à  travailler  au  plan 
général.  A  Paris  ce  fut  la  Loge  des  Amis- 
Réunis.  qui  se  transforma  plus  tard  en 
Club  des  Jacobins.  » 

A  ce  vote  fameux  on  a  assigné  quatre 
dates  : 

1°  Barruel  et  presque  tous  les  adver- 
saires de  la  Maçonnerie  1782  ; 

2°  Le  signataire   du  témoignage  1784  ; 
3"'Monseigneur  Besson  1785  ; 
•°  Monseigneur  Mathieu  1786. 
A  cet  ensemble  de  faits  précis,  je  ré- 
ponds : 

Il  n'y  eut  pas  de  grand  Congrès  de  la 
Franc  maçonnerie  à  Francfort,  ni  en  1784 
ni  en  178=5  ni  en  1786  ; 

Il  n'y  eut  jamais  de  Grand  maître  de  la 
Loge  de  Wetziar.  Ce  titre  est  réservé  à 
des  fonctions  beaucoup  plus  élevées  que 
celles  de  vénérable  ou  de  maiti'e  de  loge. 
11  y  avait  d'autres  souverains  conser- 
vateurs que  Louis  XVI  et  Gustave  III  de 
178-2  à  1793  période  comprise  entre  le 
verdict  et  la  dernière  exécution  :  Char- 
les III  et  Charles  IV  en  Espagne,  Ferdi- 
nand IV  à  Naples  ;  Victor-Amédée  eh 
Sardaigne  ;  Joseph  II,  Léopold  II  et  Fran- 
çois II  en  Autriche  et  enfin  Pie  VI  à 
Rome. 

Bode  et  Busche  vinrent  à  Paris  en  1781, 
le  marquis  de  Chefdebien  et  Kollowrath, 
en  1782  ;  leur  voyage  ne  peut  donc 
avoir  aucun  rapport  avec  des  décisions 
prises  en  1784,  i78'5  ou  1786. 

La  loge  des  Amis  réunis  ne  se  trans- 
forma pas  <=n  Club  des  Jacobins,  celui-ci 
fut  la  transformation  du  Club  Breton. 

Pour  comparer  les  listes  des  membres 
de  ces  deux  Sociétés  voir  :  G.  Bord.  Cons- 
piiaUon  révohitiounaiie  (p.  22  à  24)  et 
Histoire  de  la  Franc-maçonnerie  de  France 
(I  p.  3s8  à  362).  Je  n'ai  relevé  que  deux 
membres  des  Amis-Réunis  dans  la  liste 
des  membres  du  Club  Breton  ;  Clermont- 
Tonnerre  et  Goupil  de  Prefelne. 

Enfin,  il  ressort  du  témoignage  du  fils, 
que  son  père  étant  le  beau-frère  de  Zwack. 
il  me  paraît  difficile  de  faire  cadrer  les 
possibilités  avec  les  affirmations  du  té- 
moin. 

Dans  tous  les  cas,  le  père  devait 
être  fort  âgé,  lorsque,  prévoyant  sa  mort, 
juste  un  an  à  l'avance,  il  vint  annoncer  à 
son  fils  que  d'ici  là  il  ne  le  reverrait 
plus 

Est-ce  qu'il  s'agit,  dans  la  circonstance, 


DBS  CHERCHfetjks  àt  CURiEUX 


10  Juillet  191* 


13 


M 


de  Jacques-Frédéric  d'Abel,  professeur  à 
l'Université  de  Tubingen  (9  mai  175 1- 
7  juillet  1829;  et  de  Charles  d'Abel  minis- 
tre bavarois  (né  le  17  septembre  1788)  qui 
en  1870  avait,  s'il  vivait  encore.  82  ans? 

Je  serai  reconnaissant  à  M.  Gall,  qui 
peut  puiser  aux  sources, de  faire  connaître 
aux  lecteurs  de  V Intermédiaire^  si  tels 
sorit  les  noms  du  grand- père  et  du  père 
du  témoin. 

Dans  ce  cas,  Il  faudrait  annoter  le  té- 
moignage delà  rriention  suivante: 

Témoignage  verbal,  fait  28  ans  après 
un  second  témoignage  verbal,  fait  par  un 
vieillard  de  82  ans, d'après  un  troisiènie  té  • 
moignage  verbal  datant  au  moins  de  41 
ans  (1829- 1870)  fait  par  une  personne 
âgée  de  78  ans  et  relatif  à  des  faits  qui 
s'étaient  passés  environ  44  ans  avant. 

Sans  être  très  exigeant  en  matière  de 
preuves  historiques,  il  me  semble  qu'il  y 
eri  â  de  plus  sûres, quelle  que  soit  dii  reste 
la  l^àrfàiie  siricérité  des  témoins. 

J.-G.  Bord. 

Le  P.  Henri  Abel  est  né  à  Pafsau.  le  19 
décembre  1853.  f-  Darbly. 

Par  qui  fut  tué  Monseigneur  Affre 

(LXIV;  LXV,  22,  m).  —  Nous  avons 
reçu  à  ce  sujet,  de  M.  Denys  Fabre,  neveu 
de  Mgr  Affre,  la  très  intéressante  lettre 
suivante  : 

Montpellier,  19  juin  1912. 
Monsieur, 

De  toutes  les  relations  qui  ont  été  publiées 
de  la  mort  de  Mgr.  Affre,  frère  de  ma  grand' 
m^re,  celle  que  je  trouve  dans  le  numéro  de 
votre  journal,  en  date  du  20  décembre,  est 
la  plus  conforme  aux  récits  que  jai  entendu 
faire  par  mon  père  et  par  mes  oncles.  Us 
ont  toiijoiars  attribué  la  mort  de  notre  illus- 
tre parent,  non  pas  à  une  balle  perdue,  mais 
à  un  coup  de  feu,  tiré  avec  intention,  d'une 
fenêtre.  Je  puis  vous  donner,  appuyé  sur 
les  témoignages  les  plus  sérieux,  l'épilogue 
de  ce  drame  sanglant.  Il  confirme  l'opinion 
admise  dans  notre  famille. 

Il  y  a  environ  quinze  ans,  des  capucins 
venus  de  Toulouse  à  Mentpellier.  pour  y 
jDrècher  une  mission,  ayant  appris  que  dans 
cette  dernière  ville,  habitaient  des  parents 
de  Mgr.  Affre,  se  présentèrent  chez  une  de 
mes  tantes,  Mme  R.  Laurens,  veuve  de  M. 
Laurens,  Conseiller  à  la  Cour.  Ils  lui  racon- 
tèrent que  le  meurtrier  de  l'Archevêque  de 
Paris,  poursuivi  par  le  remord, était  entré  en 
religion  et  faisait,  depuis  longues  années, 
l'édification   de    leur  couvent  par   l'austérité 


e  ses  pénitences,  I^l  avouait  avoir  volontai- 
rement tiré  sur  notre  oncle,  du  haut  d'iirié 
fenêtre  dominant  la  barricade,  au  moment 
où  son  apparition  et  ses  paroles  arrêtaient 
l'effusion  du  sang.  Dès  le  lendemain  du 
jour  où  ma  tante  reçut  cette  communication, 
elle  m'enfitle  récit  ;  mon  cousin,  M.  G.  Lau- 
rens, avocat,  ancien  bâtonnier  de  l'Ordre,  a 
certainemerit  conservé  je  souvenir  dé  la  ré- 
vélation faite  à  sa  mère  par  les  deux  mission- 
naires ;  peut-être  même  a-t-il  assisté  à  leur 
entretien. 

Ma  lettre  n'ajoute  pis  grand'chose  aux 
renseignements  que  vous  possédiez  déjà, 
mais  bien  que  je  ne  puisse  l'appuyer  par 
par  une  production  de  documents,  j'espère 
qu'elle  suffira  à  faire  écarter  toute  version 
qui  tendrait  à  attribuer  la  mort  de  Mgr  Affre 
à  upe    cause  plutôt    accidentelle. 

Recevez,  Monsieur  le  Direcieur,  l'assurance 
de  ma  conslaératiori  très  distinguée. 

Dënys  Fabre. 

Au  cours  d'un  article  publié  dans 
L'Eclair,  le  26  jqin,  nous  avons  cru  pou- 
voir npus  permettre  de  publier  le  prin- 
cipal de  cette  lettre,  par  anticipation. 

Li  Croix  qui  l'a  reproduite  a  publié  en- 
suite l'écho  suivant  : 

Nous  citions  l'autre  jour  l'article  d'un  de 
nos  confrères  sur  l'hypothèse  que  l'assassin  de 
Mgr  Affre  aurait  fini  ses  jours  dans  la  péni- 
tence chez  les  Capucins. 

Un  Père  Capucin  d'Espagne,  placé  pour 
être  bien  renseigné  sur  ce  qui  concerne  son 
Ordre,  tious  fait  part  du  démenti  qu'il 
adresse  à  ce  sujet  à  notre  confrère.  Il  nie 
qu'un  insurgé  quelconque  de  1848  soit  entré 
dans  un  couvent  de  Capucins,  sauf  le  véné- 
rable Fr,  Rufin,  qui  fut  insurgé  quelques  heu- 
res, ne  tira  pas  un  seul  coup  de  fusil  devint 
un  saint  religieu.\  et  n'a  jamais  assassiné  un 
seul  être  humain,  archevêque  ou  simple 
laïque.  Toute  la  ville  de  Toulouse,  qui  l'a 
en  haute  vénération,  serait  là  pour  le  certi- 
fier. 

Nous  n'avons  pas  reçu  encore  la  lettre 
annoncée  par  cet  écho.  G.  M. 

L'accent  allemand  de  Napoléon 

nt(T.  G.  631.  LXUà  LXV.  22.  192,217, 
609,  795).  — A  Arenenberg.  —  Ma 
tante,  Mme  Rieter-Biedermann,du  Sçhan- 
zengarten,  d'une  des  prerriières  familles  de 
Winterthur  — Lizst,  Wagner,  Brahms  y 
étaient  les  notes  dé  là  famille  —  m'a  ra- 
conté, que  dans  leur  jeunesse  le  prince 
Louis  Napoléon  venait  de  temps  à  tempe 
d' Arenenberg  à  Winterthur   honorer  léà 


N»  t}}}  Vol.  LXVI. 


L'INTERMÊDIAIRB 


IS 


16 


familles  de  rang  de  sa  présence  surtout 
quand  il  y  avait  des  bals  de  famille,  et 
qu'il  y  a  souvent  dansé  avec  elle. 

R.  F. 

Dessins  du  Prince  impérial  dessi- 
nateur LVII.  LXlll.  —  Il  y  a  déjà  long- 
temps, une  question  avait  été  posée  dans 
V Intermédiaite^  sous  une  rubrique  que  je 
ne  me  rappelle  plus,  au  sujet  des  des- 
sins que,  tout  enfant, le  prince  impérial 
s'amusait  à  esquisser  et  dans  lesquels  on 
voyait  poindre  le  germe  d'un  véritable  ta- 
lent. 

Sur  cet  objet  je  signale  : 

I»  Dans  la  publication  L'Autographe, 
no  1,  du  s  décembre  1863,  un  dessin  du 
jeune  prince,  tiré  de  l'album  de  M.  Paul 
Chenu,  représentant  trois  fantassins  mar- 
chant de  front  et  un  cavalier  (un  lancier) 
dans  le  lointain.  Signé  :  Louis  Napoléon 
le  31  décembre  1862  —  11  n'avait  pas  en- 
core sept  ans  ! 

Le  jeune  prince,  dit  une  note,  s'amusait  à 
faire  des  bonshommes.  Une  personne  ravie 
de  l'entrain  de  ceux-ci  et  trouvant  qu'ils 
marquaient  le  pas  avec  une  furia  toute  fran- 
cete,  demanda  à  S,  A.  I.  dé  vouloir  bien  les 
signer. 

2"  Dans  un  volume  de  M.  Adrien  Marx' 
réunissant,  sous  le  titre  Indiscrétions  Pa- 
risiennes, des  chroniques  publiées  dans 
r^ti/«<'w<f)i/(Achille  Faure,  libraire,  1866), 
j'ai  trouvé  au  frontispice,  un  dessin  du 
prince,  avec  la  dédicace  «  A  Monsieur 
Adrien  Marx  »  et  la  signature  :  «  Louis 
Napoléon  9  avril  1866  ».  A  voir  ce  cro- 
quis, qui  ne  manque  pas  de  cachet  ni  de 
hardiesse  d'exécution,  pour  un  enfant  de 
dix  ans  à  peine,  on  se  demande  si  le  re- 
jeton impérial  n'aurait  pas  eu  plus  beau 
temps  de  se  préparer  à  l'Ecole  des  Beaux- 
Arts,  qu'à  l'Ecole  de  Gouvernement  où  il 
ne  devait,  hélas  !  pas  finir  ses  classes  ! 
Peintre  ou  graveur,  il  vivrait  peut-être 
encore. 

M.  Marx  (page  148)  nous  dit  qu'il  reçut 
l'esquisse  encore  tout  humide  des  mains 
du  petit  Prince.  Pourtant,  il  semblerait 
presque  qu'une  autre  main  en  aurait 
peigné  légèrement  les  contours  un  peu 
ditTus,  comme  on  devait  encore  peigner 
chaque  matin  la  chevelure  de  l'enfant 
Mais  ce  n'est  qu'une  supposition  car 
l'écriture  de  la  dédicace  et  de  la  signature 
est  ferme  et  virile.  Gros  Malo, 


Abbaye  de  Port-Royal  (LXV.  783) . 
—  De  la  Bibliographie  du  Cartnlaire  fran- 
çais de  M.  H.  Stein  : 

Port-Royal.  —  Abbaye  (Dioc.  de  Paris). 

Cartulaire  de  l'.Abbaye  du  Port-Royal  ; 
nis.  du  xiu*  siècle  sur  parchemin,  in- 16. 
(Biblioth.  nationale,  ms.  latin  10-997,  ^' 
i-i 10. 

Dates  extrêmes:  1204- 1::48.  Le  reste 
du  volume  contient  un  censier. 

Autre  cartulaire  du  xiii"  siècle,  sur  par- 
chemin in-i6  de  38  ff.  (Biblioth.  natio- 
nale, ms.  latin  10-998. 

Dates  extrêmes  :  1255-1289. 

Publ.  Caitulaire  de  l'abbave  de  P orrais 
au  diocèse  de  Paris,  plus  connue  sous  son 
nom  mystique  de  Port-Royal,  par  A.  de  Dion, 
1  (1204-1280).  Paris,  Picard  et  fils,  1903  ; 
in-S"  de  XVI-339  p. 

Il  y  avait  dans  la  collection  Joursanvault 
(Catalogue,  n°'  1059  et  1042)  deux  frag- 
ments de  cartulaires  duxiii'  siècle,  conte- 
nant chacun  deux  pièces.  Oh  ignore  où  ils 
se  trouvent  aujourd'hui. 

P.  c.  c.  De  Mortagne. 


* 


Le  cartulaire  de  Port-Royal   a  été  pu- 
blié   par   A.    de   Dion,   chez  Picard,   en 

1903.  D,  A. 

* 

••  * 
Le  Cartulaire  de  Port-Royal  n'a  pas  été 

publié  en  entier,  mais  seulement  en  par- 
tie pour  les  actes  qui  vont  de  1204  à 
iz8o.  L'auteur  de  ce  travail  assez  consi- 
dérable, est  M.  le  comte  Adolphe  de  Dion, 
auquel  on  doit  tant  d'études  diverses,  ar- 
chéologiques et  historiques  intéressant 
surtout  la  région  de  Montfort-L'Amaury. 
L'ensemble  du  cartulaire  ou  des  actes  de 
Port  Royal,  existe  aux  Archiques  Natio- 
nales où  ils  occupent  plus  de  trente  car- 
tons. On  trouvera  dans  le  livre  de  M,  de 
Dion  :  Cartulaire  de  V Abbaye  de  Porrois  au 
diocèse  de  Paris,  plus  connue  sous  son  nom 
mystique  Port-Royal,  Paris  Alph.  Picard, 
1903,  une  Intioduction  pleine  de  rensei- 
gnements sur  l'état  de  ce  Cartulaire,  le 
classement,  le  nombre  et  la  diversité  des 
pièces  qui  le  composent.  On  y  verra  de 
plus,  que  la  Bibliothèque  Nationale  possède 
sous  le  n'^  10997  du  fonds  latin,  un  autre 
Cartulaire  de  Porl-Royal  en  deux  petits 
volumes.  Peut  être  ceux-ci  suffiront-ils  à 
M.  Loutville.  E,  Grave. 

•  * 
Pour  tout  ce  qui  concerne  l'Abbaye  de 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  juillet  191* 


>7 


18 


Port-Royal  s'adresser,  comme  je  l'ai  déjà 
conseillé  à  un  collègue^  l'an  dernier;  à 
l'aimable  M.  A.  Gazier,  professeur  à  la 
Sorbo'nne.  J.  V.  P. 

Le  costume  des  timbaliers  (LXIV  ; 
LXV,  161,  316).  —  En  Espagne  se  voit 
également  cette  originalité,  du  moins 
existait-elle  en  1855.  Voilà  ce  qu'on  lit 
dans  Historia  organica  de  lai  armas  de  In- 
fanteria  v  Cahalleria  E^anolas  dcsde  la 
creacion  del  Ejercito  permanente  hasia  el 
dia  par  le  lieutenant  général  Comte  Clo- 
nard,  de  l'Académie  royale  d'Histoire.  16 
vol.  Madrid  18^1-1855. 

Régiment  de  Caballerie  Alcantara.  —  A  la 
tète  destrompettesdu  régiment  Alcantaraétait 
placé  un  cavalier  sur  un  très  beau  cheval  por- 
tant un  costume  turc,  qui  faisait  sonner  des 
cymbales.  L'origine  de  ces  cymbales  n'appar- 
tient pasà  ce  régiment,  mais  à  celui  de  «  Bra- 
vante »  qui,  dans  l'action  de  Sferra-Cabalio, 
en  Sicile,  contre  les  impériaux,  détruisit  le 
régiment  autrichien  de  cavallerie  de  Starem- 
berg,  et  fit  prisonnier  le  turc  qui  portait 
ces  cymbales.  Pour  perpétuer  à  jamais  le 
souvenir  de  cette  action,  la  bonté  de  S.  M. 
le  roi  Philippe  V  lui  accorda,  à  la  date  du 
17  juillet  1731,  le  privilège  de  porter  ce  tro- 
phée devant  ses  escadrons.  Le  régiment 
a  Bravante  »  fut  réformé  en  1763  et  sa  troupe 
versée  au  régrment  «  Alcantara  »,  lequel  con- 
tinua, avec  le  privilège,  par  ordonnance 
royale  du  11  Janvier  1769. 

America. 

Condé-Folie  (LXV,786).—  Condé-Fo- 
lie  (Somme,  Picardie)  village,  succursale^ 
arrondissement  et  à  5  lieues  1/2  O.  N.O. 
d'Amiens,  canton  de  Picquigny,  bureau 
de    poste  de    Plixécourt  1 135    habitants. 

Folies  (Somme,  Picardie)  village,  suc- 
cursale, arrondissement  et  à  3  lieues  1/2 
NNE  de  Montdidier, canton  de  Rosiers-en- 
Santerre,  bureau  de  poste  d'Hangest  408 
habitants. 

{^Dictionnaire  de  la  France,  par  Briand 
de  Verzé,  1852). 

Sur  une  carte  de  la  Somme,  j'ai  trouvé 
Folye  au  lieu  de  Folies. 

Mais  ces  deux  localités  sont  trop  éloi- 
gnées l'une  de  l'autre  pour  admettre  que 
la  première  doive  son  surnom  àla  seconde. 

V.  A.T, 

♦  * 
Cette  appellation,   comme,   aux  portes 
de  Paris,  celle  d'Arcueil-Cachan,   résulte 
du  rapprochement  des  noms  de  deux  ag- 


glomérations, Condé  et  Folie  sont  deux 
noms  lieux  de  très  répandus  sur  le  terri- 
toire français. 

Condé  est  considéré  comme  provenant 
d'un  mot  gaulois  Condas,  signifiant  con- 
fluent :  dans  le  cas  qui  nous  occupe,  il 
s'agit  du  confluent  de  la  Somme  et  du 
ruisseau  d'Airaines. 

Quant  à  Folie  ou  la  Folie,  «  depuis 
«  plus  de  sixsièclesau  moins  cette  appel- 
«  lation  est  imposée  par  le  populaire  à 
«  des  constructions  qu'il  juge  inutiles  ou 
«  trop  somptueuses,  et  qui  n'ont  souvent 
«  qu'une  existence  éphémère  »(Loupion, 
Dictionnaire  topographigue...  de  la  Marne, 
introduction,  p.  111).  Le  nom  de  Folie, 
écart  de  la  commune  de  Condé-Folie,  est 
traduit  dans  un  document  de  1301  par 
Stulticia.  P.  Ml. 

Noms  des  habitants  des  Etats- 
Unis  (LXV,  170,  3r7,  367,  467,  559, 
706,  736).  — Je  propose,  pour  désigner 
le  pays,  le  nom  d'Unistatie,  et  pour  les 
habitants  celui  d'Unistatais  ou  celui  d'U- 
nistatien.  Les  Anglais  disaient  Unistate- 
men,  etc. 

Trémont-la-Tour, 

Famille    Bidon,    de     Bordeaux. 

(LXV,  783).  —  Ni  V Armoriai  de  1696 
(Registre  Guyenne),  ni  V  Armoriai  du 
Bordelais  par  Meller,  ni  V Etat-civil  des 
Familles  Bordelaises  par  le  même  ne  ci- 
tent cette  famille.  Bien  plus,  ce  nom  n'est 
pas  inscrit  dans  V  Inventaire  sommaire 
des  Archives  départementales  de  la  Gi- 
ronde, série  E.  supplément.  Ce  n'est  donc 
pas  en  Gironde  qu'il  faut  chercher  des 
Bidon  parmi  les  familles  notables,  anté- 
rieures à  la  Révolution, 

Garumnus. 

J'engage  le  demandeur  à  se  mettre  en 
rapport  avec  mon  excellent  confrère.  M, 
Gabriel  de  Vaux-Bidon,  29  Boulevard  de 
Clichy,  à  Paris,  dont  le  nom  s'est  écrit 
autrefois  Bidon  de  Vaux. 

Th.  Courtaux. 

Cavaignac  (Les),  sous-préfets  de 
Lesparre  (LXll  ;  LXV,  757).  —  Je  donne 
ci-après,  la  citation  d'un  document  qui 
pourra  peut-être  aider  à  élucider  la  ques- 
tion déjà  bien  ancienne,  posée  par  M. 
Darbly,  et  à  laquelle  notre  collaborateur 


W  »333.  Vo.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


IQ 


20 


Le  Lieur  d'Avost  apporte   maintenant  sa 
ence  bien  reconnue  quand  il  s'agit 
_  ..„-..r  une  généalogie. 

Voici  dans  ses  parties  essentielles  l'acte 
de  décès  du  baron  de  Cavaignac  qui  fut 
longtemps  receveur  des  finances  à  Mont- 
morillon.  J'ai  dit  <  baron  de  Cavaignac  »^ 
parce  que  c  est  ainsi  que  je  l'ai  presque 
t  ?   entendu   nommer   et     désigner 

^a:.;  .-  Vienne:  cependant  les  actes  d'état 
ci>-il  qui  le  concernent,  n'appliquent  pas, 
comme  on  va  le  voir,  le  titre  de  baron  à 
son  nom  de  Cavaignac. 

Le  20  janvier  1S71,  est  décédé  Jean- 
Jacques-Amédée  Cavaighac.baronde  ta  Lande, 
âgé  de  73  ans.  receveur  p^"  Jes  finan- 

ces retraité,  chevalier  de  la  _  .  honr.erir, 
demeurant  en  cette  ville  de  Montmorillon. 
né  à  Bordeaux,  fils  de  .M.  le  baron  Jean- 
Baptiste  Cavaignac,  ancien  soas-préfet,  che- 
valier de  b  Légion  d'honneur  et  de  dame 
Marie- .Monique  Waré  :  veut  en  premières 
noces  de  Mane-Louise  de  Lestine  de  Bosc, 
époux  e^  deuxièmes  noces  de  Mme  Jeanne- 
Louise  Bethoirest. 

Au  même  registre  et  à  quelques  pages 
de  dislance  puisque  c'est  à  une  date  de  la 
même  année,  on  trouve  le  décès  arrivé  le 
20  septembre  1S71,  de 

Joseph  Louis  Amédée  d'Armaillaçq,  véri- 
ficateur de  renregistrement,  âgé  de  43  ans. 
demeurant  à  Saintes,  natif  de  Bordeaux  etc.. 

époux  de  dame  .Marie-Gabrielle-CIaire 
Civaigoac  de  la  Lande,  décédé  à  Montrso- 
rillon  et  doat  le  corps  doit  être  transporté  a 
Pauillac. 

Outre  Mme  d'.Armaillacq.  le  baron  de 
Cavaignac  avait  deux  autres  filles,  qui 
ont  quitté  le  Poitou  et  y  ont  conservé 
peu  de  relations,  bien  qu'elles  y  aient 
encore  quelques  parents. 

J'ai  enterdu  dire  dans  plus  d'une  occa- 
sion, que  l'ancien  receveur  particulier  de 
Montmorillon  était  cousin  du  général  chef 
du  pouvoir  exécutif  en  1848  et  concurrent 
malheureux  du  prince  Louis -Napoléon. 

M.  A.  B. 

Famille  Certain  (LXV,  783).  —  Ma 
réponse  vis«  aussi  la  question  posée 
même  colonne,  sur  la  famille  Dubois. 11  ne 
s'agit  ni  plus  ni  moins  que  de  la  famille 
Certain  de  C.  *  't.  a  laquelle  appar- 
tenait le  mart-  ^.ette  famille,  de  Bri- 
ves-la -Gaillarde,  a  sa  généalogie  imprimée 
dans  \' Annuaire  le  /i  ScbUsie  de    1896. 

Les  manvjscrils  de  Cherin  a  la  Biblio- 


thèque Nationale  donnent  des  détails  sur 
elle.  Pierre  de  Certain,  seigneur  de  la 
.V.eschaussée,  anobli  en  1758,  épousa  en 
1720  Catherine  Dubois,  nièce  du  triste 
cardinal.  Petr.\corensis. 


Dubois  :  famille  du  Cardinal  ;  LXV, 
yS^).  _  Nous  recevons  la  lettre  suivante. 

Mon  cher  confrère. 

V Intermé.iiaire  s'^forme  de  la  famille 
du  cardinal  Dubois. 

Je  lis  aux  rsotes  qui  accompagnent  le  l^« 
volume  de  VHist--ire  di  France  de  Michelet  : 

c  Deux  écrivains  se  sont  imposé  de  nos 
ionrs  la  tâche  de  réhabiliter  Dubois,  .M.  de 
Barné  (iSst)  et  M.  de  Seilhaç  (iSoa).  La 
gravité  magist'-ale  de  M.  de  Barné  rie  m'im- 
pressionne pas...  Pour  M.  le  Comte  Je  Sei- 
Ihac. ..  il  est  du  pays  de  Dubois,  de  Brives- 
la- Gaillarde,  il  écri't  d'après  les  papiers  de 
Brives  et  ceyx  de  la  famille  Durois.  > 

Un  intermédiairiste  qui  aurait  le  loisir  de 
retrouver  et  de  consulter  l'oevrâge  de  .M.  de 
Seilhac  y  puiserait  peut-être  d'intéressants 
renseignements  sur  la  famille  de  Dubois. 

Michelet  indique  que  cet  ouvrage  com- 
porte deux  volumes,  mais  n'en  donne  pas  le 
titre.  . 

j'ajoute  que  je  suiyrai  avec  bieti  de  l'inté- 
rêt les  communications  que  vous  recevrez 
sur  cette  question,  car  j'ai  entendu  «souvent 
ma  grand-mère  maternelle  Mme  Blachet, 
née  Castelle,  affirmer  qu'elle  appartenait  à 
la  famille  du  cardinal  Dubois.  Je  ne  pourrais, 
malheureusement,  fournir  à  cet  égard  aucun 
renseignement,  car  J'ai  successivement  perdu 
ma  granz'mère  et  ma  mère  dans  un  âge  où 
ie  ne  songeais  guère  à  l'intérêt  de  ces  re- 
tours vers  le  passé. 

Bien  cordialeraent  vôtre, 

Paul  Veugnet. 
Secrétaire  général   de  la  Libre-P>irole 

Marque  Fratin  (LXV.  7851.  ~  Fra- 
lin  était  un  sculpteur  de  talent  vers  le  mi- 
lieu du  XIX*  siècle.  Mon  père  dirigeait  à 
cette  époque  une  des  plus  importantes 
maisons  de  bronzes  d'art  de  Paris  :  je  me 
souviens  des  bronzes  de  Fratin,  animalier, 
je  crois. 

Je  vois  encore  quatre  tableaux  reliefs 
représentant  un  cerf,  sa  biche  et  ses  pe- 
petits.  un  cheval,  sa  j.iment  et  son  pou- 
lain, le  tout  de  Fratin.  si  ma  mémoire  est 
fidèle.  I.  V.  P, 

Fratin  est  un  bon  sculpteur  animalier 
qui  tient  une  p^ace  honorable  après 
Mené.  On  trouve  à  peine  son  nom  dans 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  Juillet   191a 


21 


22 


les  Dictionnaires.  Il  a  passé  les  dernières 
années  de  sa  vie  à  Vétheuil  ^''arrondisse- 
ment  de  Mantes)  ou  je  crois  même  qu'il 
est  mort,  sans  pouvoir  l'affirmer.  Dans 
sa  retraite,  il  s'est  essayé  à  des  restaura- 
tions, de  statues  dans  l'église  de  Vé- 
theuil, si  riche  en  objets  d'art  de  toutes 
les  époques.  11  est  mort,  aux  environs  de 

1870,  et  plutôt  avant.  E,  Grave. 

* 

Christophe  Fratin,  né  à  Metz  le  11  ni- 
vôse an  IX  Cl*'  janvier  1801).  mort  au 
Raincy  (Seine-et-Oise)  le  17  août  1864, 
est  un  artiste  français,  qui  «  se  consacra 
exclusivement  à  la  sculpture  des  ani- 
maux, et  cette  spécialité  contribua  puis- 
samment à  établir  sa  réputation  »,  dit  le 
Dictionnaire  biographique  de  l'ancien  dé' 
parlement  de  la  Moselle  par  Nérée  Quépat 
[René  Paquet],  p.  179  (Paris  et  Metz, 
1887).  Il  figure  dans  le  Dictionnaire  gé- 
néral des  artistes  de  l'Ecole  Française,  par 
E.  Bellier  de  la  Chavignerie  (Paris, 
1880).  Mettensis. 

«  * 

Voiries  n°'  552  et  561  du  journaWa 
Curiosité  Universelle,  où  une  question  ana- 
logue resta  sans  réponse.  Simon. 

Marciily  (LXV,  404  804).  —  Com- 
me suite  à  la  réponse  faite  dans  ce  der- 
nier numéro,  serait-il  possible  de  savoir 
quelle  est  celle  des  deux  demoiselles  de 
Champs  de  Marciily  présentes  à  St-Cyr 
en  1689,  qui  joua  un  rôle  dans  la  repré- 
sentation d'Esther  de  cette  année  là  ? 

Bellechasse. 

DeJrcendance  de  Pradier  (LXV, 
739).  —  M.  James  Pradier,  petit-fils  de 
Pradier,  l'illustre  sculpteur,  veut  bien 
nous  donner  les  renseignements  sollici- 
tés. 

jean-Jacques  dit  James  Pradier,  sculp- 
teur né  le  23  mai  1790,  mort  le  4  juin, 
1852,  fut  marié  en  1833  à  Louise  d'Ar- 
cet  née  en  1813,  morte  le  28  décembre 
1885.  Il  en  eut  : 

I.  —  Charlotte,  née  en  1834^  décédée 
en  1854,  mariée  en  185,3  à  Léopold  De- 
lagarde  décédé.  Pas  d'enfants  issus  de  ce 
mariage. 

II.  —  Jean-Pierre,  dit  John  ,  artiste 
peintre  ;  né  à  Paris,  le  21  mai  1836,  mort 
le  28  juin  1912.  marié  en  1867,  à  Mlle 
Lina  Ackermann,  dont  postérité  plus  loin. 


lil.  —  Thérèse,  née  en  1839,  mariée  à 
Jules  David  (actuellement  vivante). 

Jean-Pierre  dit  John  eut   trois   enfants  : 

a).  Francis,  chimiste  ,  né  à  Genève 
1 1  février  1869,  mort  le  29  décembre 
1901. 

b).  Jules,  dessinateur,  né  à  Genève 
!*■■  juin  1871,  mort  le  9  septembre  i886. 

c).  James,  dessinateur,  né  à  Paris,  le 
6  juin  -877,  marié  à  Paris  le  28  janvier 
1902,  à  Mlle  Amélie-Andrée  de  Rognier 
décédée  le  2  novembre  1906.  Remarié  le 
21  mai  1908  a  Mlle  Marguerite  Cartaud, 
d'où  deux  enfants  : 

a)  Odette,  30  septembre  1909. 

h)  Andrée,  6  octobre  1910. 

Thérèse  Pradier,  de  son  mariage  avec 
M.  Jules  David,  eut  deux  enfants  : 

a).  Louise  David,  mariée  en  1902  à 
Louis  Praud,  juge  de  paix,  pas  d'enfants. 

b).  Maurice  David  né  en  1864,  mort  en 
1894,    ingénieur    de   la   Compagnie  de 

l'Ouest. 

* 

De  VEchode  Paris  du  29  juin  1912  : 

Nous  apprenons  la  mort  de  M.  John  Pra- 
dier, artiste  peintre,  fils  du  grand  sculpteur 
James  Pradier,  petit-fils  et  arrière  petit-fils 
du  chimiste  Jean-Pierre-Joseph  d'Arcet,  de 
Jean  d'Arcet  et  du  chimiste  biologue  Rouelle 
décédé  6,  rue  du  Presbytère,  à  Asnières. 

P.C.  c.].  Q.I. 

Armes  d'Arnold  de  Ville  (LXV, 
51,  177,  812)  —  D'après  l'abbé  F. -J.  Poi- 
rier [Met:^  :  documents  généalogiques ,  p. 
637,  Paris,  1899),  Arnold  de  Ville,  baron 
libre  du  Saint-Empire, des  deux  ?'aidaves, 
de  Selles,  Termoigne  et  Bennes,  seigneur 
de  Brémeré,  Frère  et  autres  lieux,  gou- 
verneur et  directeur  général  de  la  machiné 
de  Marly  et  des  travaux  de  la  Seine,  fils 
de  noble  et  illustrissime  seigneur  Wivaht 
de  Ville,  baron  de  Selles,  etc.,  et  baron 
libre  du  Saint  Empire,  seigneur  de  Bré- 
meré et  de  Frère,  et  de  Catherine-Elisa- 
beth, née  baronne  de  l'Erneux,  de  la  pa- 
roisse .Saint  Sulpice  de  Patis,  épousa,  à 
Metz,  paroisse  Saint-Livier,  le  29  avril 
1708,  Anne-Barbe  de  Courcelles,  dont  il 
eut  trois  enfants  :  i"  Barbe-Anne,  morte 
en  17 12  à  l'âge  de  3  ans  1/2  ;  2"  Arnould- 
Charles,  rié  le  14  octobre  171 1  ;  3°  Anne- 
Marie-Bàirbe,  née  le  25  mai  1713. 

Mettensis. 


N»  1333  Vol.  LXVI. 

_ 23       

Grandesse  d'Espagne  (LXV,  784). 
—  Saint-Simon,  que  passionnaient  les 
questions  de  titres,  d'honneurs  et  de  pré- 
séances, et  qui  avait  eu  l'occasion  d'étu- 
dier la  chose  sur  place,  a  consacré  plu- 
sieurs chapitres  à  la  grandesse  d'Espagne. 
On  y  lit  : 

La  manière  de  succéder  à  la  ihgnité  de 
grand  n'a  rien  de  distinct  de  la  manière  de 
succéder  aux  biens  ;  et  comme  ils  passent 
tous  sans  distinction  en  quenouille  et  de  fe- 
melle en  femelle  à  l'infini,  aussi  font  les 
grandesses,  avec  la  confusion  de  noms  et 
d'armes  qu'entraîne  ce  même  usage,  établi 
parmi  les  Espagnols,  de  jcTindre  à  son  nom 
tous  les  autres  noms  de  ceux  des  biens  des- 
quels on  devient  héritier,  surtout  avec  les 
grandesses,  qui  se  substituent  ainsi  à  l'infini, 
à  la  proximité  du  sang,  sans  distinction  de 
mâle  et  de  femelle,  sinon  du  frère  à  la  sœur, 
ou  en  quelques  maisons  ou  occasions  peu 
communes,  de  l'oncle  paternel  à  la  nièce. 

P.  c.  c.  De  Mortagne. 

■* 
«  * 

Saint  Simon  (chap.  XXI,  du  vol.  II  de 
rédition  Hachette  de  1865,  page  264)  s'ex- 
prime ainsi  : 

La  manière  de  succéder  à  la  dignité  de 
grand  n'a  rien  de  distinct  de  la  manière  de 
succéder  aux  biens  ;  et  comme  ils  passent 
tous  sans  distinction  en  quenouille  et  de  fe- 
melle en  femelle  à  l'infini,  aussi  font  les 
grandesses qui  se  substiiuent  ainsi  à  l'in- 
fini, à  la  proximité  du  sang,  sans  distinction 
de  mâle  et  de  femelle,  sinon  du  frère  à  la 
sœur,  etc.  etc.  'V.  A.  T. 

Argenture.  —  Etamage  prékis- 
torique  (LXV,  646,  770,  861).  —  Je 
viens  d'acquérir  pour  notre  Musée  des 
antiquités  préhistoriques  et  romaines 
d'Alsace  le  résultat  d'une  fouille  de 
tumuli  à  Nordhausen  datant  de  la  fin 
de  l'époque  de  Hallstatt  du  commence- 
ment de  l'époque  de  laTène  :  grands  tor- 
ques et  beaucoup  de  bracelets  en  bronze, 
boucles  d'oreilles  en  or,  tètes  d'épingles 
en  or  et  bronze,  fibules,  etc.,  etc.  Ces 
dernières  montrent  des  traces  indubitables 
d'étamage,  ce  qui  prouve  qu'en  Gaule 
rétamage  était  connu  des  le  6''  ou  5° 
siècle  avant  j.  C.  D"^  R.  Forrer. 

Jardins  dessinés  par  Lanôtre  (XLV, 
44^,  760,  614,  7  14,  819J.  —  Les  jardins  du 
château  de  la  Seilleraye  près  Nantes  ont- 
ils  été  dessinés  par  Lenôtre  comme  je  l'ai 
entendu  dire  ? 


L'INTBRMfiDIAIRB 


24 


Un  intermédiairiste  Nantais  pourrait 
peut-être  répondre  à  ma  question. 

Le  château  de  la  Seilleraye  propriété  de 
Madame  la  baronne  de  Courtavel,  femme 
d'un  diplomate  du  second  empire,  qui  y  a 
réuni  une  belle  collection  de  tableaux,  a 
été  illustré  par  divers  séjours  qu'y  fit  la 
marquise  de  Sévigné  au  cours  de  ses  villé- 
giatures en  Bretagne.  On  y  conserve  sa 
chambre  et  elle  a  daté  plusieurs  lettres  de 
la  Seilleraye. 

Je  lis  dans  Y  Annuaire  des  Châteaux  de 
1910  que  le  domaine  appartient  à  cette 
époque  à  la  comtesse  de  Solages  et  au  ba- 
ron et  à  la  baronne  de  Kainlis. 

Dehermann. 


»  » 


voir 


Dictionnaire  de  Bretagne,  Ogée, 
édit.  1843.  II,  vol.  p.  882. 

V.  Saint- Vougay.  Château  deKerjean. 

...  les  jardins  dessinés  par  Lç  Nôtre  avaient 
seuls  près  de  trois  hectares  de    superficie,.. 

Le  château  de  Kerjean  a  été  acquis  par 
les  Beaux  Arts  pour  l'Etat  en  191 1. 

Em.  g. 


* 
*  * 


Le  château  de  Vie  sur-Aisne,  situé  en- 
tre Compiègne  et  Soissons,  est  entouré 
d'un  parc  dessiné  par  Lenôtre,  dont  quel- 
ques parties  sont  demeurées  intactes.  Deux 
grands  parterres  ornés  de  statues,  enca- 
drés par  des  charmilles  et  de  hautes 
masses  de  verdure,  s'étendent  devant  les 
terrasses  et  les  trois  perrons  par  lesquels 
on  accède  au  château.  La  large  allée  qui 
les  sépare  aboutit  à  une  colonnade  qui 
termine  la  perspective,  et,  par  une  dis- 
position qui  se  retrouve  fréquemment 
dans  les  dessins  de  Lenôtre,  l'allée  va  en 
se  rétrécissant  vers  l'extrémité  pour  donner 
l'illusion  d'une  plus  grande  longueur.  Le 
Cardinal  de  Bernis  qui  passa  à  Vic-sur- 
Aisne  les  cinq  années  que  durèrent  sa  dis- 
grâce, avait  sacrifié  au  goût  du  jour  en 
faisant  redessiner  certaines  parties  à  Tin- 
glaise,  mais  les  grandes  lignes  ont  été 
conservées  dans  l'ensemble. 

C'est  à  Vie  que  le  Lieutenant  Général 
Vicomte  de  Reiset  vint  épouser,  en  1809, 
Anne-Amélie  de  Fromont,  et,  depuis  cette 
époque,  le  château  n'est  plus  sorti  de  la 
famille.  Vicomte  de    Reiset. 

Conversation  des  Thuileries  (LXV, 
764).  —  Ne  s'agit-il  pas  de  «   la  Soirée 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10    Juillet   191B 


25 


26 


des    Tuileries   »,    gravure  de    Simonet, 
d'après  Baudouin  ? 

A.  G.  Fr. 
Voir  LXIII,  304  et  526. 

Gravure  éoigmatique  dédiée  aux 
victimes  de  la  Révolution  (LXV, 
733).  —  Est-ce  que  cette  estampe  ne 
concerne  pas  les  Suisses  massacrés  à  Pa- 
ris et  en  mémoire  desquels  une  chapelle  a 
été  élevée  et  se  voit  encore  à  Lucerne, 
près  du  fameux  Lion  ? 

A.  G.  Fr. 

Chastillon,  (Topographie  françoise 
par  Claude)  (LXV,  778).  —  Ce  titre  (Es- 
tampe et  titres  de  noblesse)  appartient  sans 
douteàune  autre  question.  Aussi  la  mienne 
est  incompréhensible  !  Je  prie  les  collabo- 
rateurs d'y  substituer  cette  rubrique  : 
Chastillon  (Topographie  Françoise  par 
Claude). 

Simon. 
[C'était,  en  etïet,  une  erreur  de  mise  en 
page.] 

La  course  des  apothicaires  dans 
«    Monsieur   de    Pourceaugnac    » 

(LXV,  644, 814.) —  Nosdeuxaimables  cor- 
respondants nous  disent  ce  qu'ils  ont  vu. 
Je  les  en  remercie.  Mais  je  crois  que  la 
course  des  apothicaires  devait  être  réglée 
d'une  autre  façon  du  temps  de  Molière,  à 
cause  de  la  disposition  des  salles  de  spec- 
tacle a  cette  époque  :  banquettes  sur  la 
scène,  parterre  debout,  balcon  peu  prati- 
cable dans  une  salle  quadrangulaire. 
M.  Maurice  Charpentier  nous  parle  de 
Pourceaugnac  revenant  sur  le  théâtre  suivi 
de  tous  les  apothicaires,  «  par  le  trou 
du  souffleur  ».  Cela  est  possible  de  nos 
jours.  Du  temps  de  Molière,  il  n'y  avait 
pas  de  trou  du  souffleur.  La  question  a 
été  réglée  ici  :  On  soufflait  de  la  coulisse. 
M.  Alexandre  Rey  a  vu,  lui,  tout  récem- 
ment à  Lyon,  ladite  course  réduite  à  un 
défilé  au  rez-de-chaussée.  La  vraie  tradi- 
tion nous  échappe  donc  encore,  et,  à  ce 
propos,  combien  de  fois  j'ai  regretté  que 
les  éditions  de  nos  classiques  ne  contien- 
nent pas  plus  d'indications  scéniques  qui, 
bien  souvent,  rendraient  le  texte  plus 
compréhensible.  Je  me  rappellerai  tou- 
jours deux  passages  du  Dépit  amoureux 
que,  fort  jeune,  je  n'avais  pas  compris. 
Eraste  dit  à  Gros  René   :  «  Voici  de  quoi 


délier  ta  langue.  »  —  Et  Gros  René,  dans 
sa  tirade,  dit  aussi  :  «  Par  comparaison 
donc,  mon  maître,  s'il  vous  plait.  »  —  Ce 
«  s'il  vous  plaît  »  m'intriguait. 

j'assiste  à  une  représentation  du  Dépit ^ 
et  je  vois  Eraste  menacer  son  valet  de  son 
épée  :  *«■  Voici  de  quoi  délier  ta  langue.  » 
Plus  loin,  je  vois  Eraste  distrait,  impa- 
tienté, remonter  au  fond  de  la  scène  pen- 
dant le  discours  de  Gros  René,  et  celui-ci, 
fâché  de  parler  pour  lui  seul,  invitant  son 
maître  à  redescendre  pour  écouter  la  fin 
de  son  morceau.  »<  Mon  maître,  s'il  vous 
plaît  ». 

Tout  devenait  clair,  limpide.  En  atten- 
dant je  n'avais  trouvé  sur  aucun  livre 
l'indication  de  ces  deux  jeux  de  scène.  Et 
pour  les  tragédies  !  Combien  leur  lecture 
serait  moins  fastidieuse  si  l'on  nous  disait 
un  peu  ce  que  font,  ou  ce  que  doivent 
faire  les  personnages  pendant  ces  tirades 
interminables. 

On  a  publié  cependant,  vers  1905,  une 
édition  de  Molière,  tout  au  moins,  avec 
des  indications  scéniques.  J'en  ai  feuilleté 
un  volume  à  l'étalage  d'un  libraire,  et 
l'idée  m'en  paraissait  heureuse.  Depuis  ce 
tempî,  je  n'ai  plus  jamais  rencontré  cette 
édition.  Quelle  est-elle?  Nous  y  trouve- 
rions peut  être  l'explication  de  notre 
course  d'apothicaires. 

Henry  Lyonnet.- 

Vers  grec  palindrome  (LXV,  591;, 
71»,  772J.  —  Dans  la  chapelle  du  château 
de  Châtillon  d'Azergues  (Rhône),  on  peut 
voir,  gravé  sur  un  bénitier  moderne,  le 
vers  grec  lécemment  cité  par  Nauticus, 
Cette  même  inscription  se  lisait,  autrefois, 
sur  le  bénitier  de  Sainte-Sophie  de  Cons- 
tantinople.  Joseph  Balloffet. 

Tatien  (LXV,  548,  67 1 ,8 1 5) .  -^  On  au- 
rait tort  d'accorder  quelque  confiance  à  la 
«  traduction  >  des  Amours  de  Leucippe  et 
de .Clitophon,  de  Tatien,  publiée  dans  la 
Revue  Bleue  de  190:?,  par  MM.  Pierre  de 
Querlon  et  Charles  Verrier.  M.  J,  Nicole 
a  montré,  en  comparant  le  texte  à  la  tra- 
duction, les  étonnantes  libertés  que  les 
auteurs  se  sont  permises,  ajoutant  des 
détails,  des  passages  entiers  qui  n'exis- 
tent pas  dans  l'original.  «  Leur  procédé 
consiste  à  inventer  des  textes...  Ce  qui 
est  certain,  c'est  qu'ils  se  sont  moqués 
du  monde. . .  »  Reviu  des  études  grecques^ 


N» 


'^^,1 


Vol.  LXVI. 

27 


L'INT^^I^DIAIRH 


28 


19OS,  p.  377  sq.    y4  propos    d'une    récente 
supercherie  littéraire.  W.  D. 

Almanachs  troyens  du  XVIP 
siècle  (LXV,  780).  —  L'indication  don- 
née par  M.  Emile  Socard  est  exacte.  Les 
28  volumes  de  la  collection  d'Almanachs 
du  Président  de  Bailleul  existent  bien  à 
l'Arsenal   -sous   la   cote    Sciences   et    arts 

9027,  in-8.  M.  F.-R. 

* 

*  * 
Les  vingt-huit  volumes  du  recueil  for- 
mé par  le  président  de  Bailleul   se  trou- 
vent bien  à  l'Arsenal,    sous  la  cote    SA. 
9027,  in-8«  d'Heuzel. 

Carimara  (LXIV  ;  LXV,  189,  436, 
6y6).  —  On  lit  dans  Le  Lizre  des  Pro- 
verbes français  de  Le  Roux  de  Lincy  (I, 
320)  : 

Bertangles  (arrondissement  d'Amiens).  Les 
carimaros  de  Bertangles. 

Carimara,  Kerimenero  bohémien,  sorcier. 
L'avocat    Patelin,  dans  son  cfëlire  s'écrie  : 
Ostez  ces  gens  noirs  marmara 
Carimari,  carimara. 

(Corblet,  Prov.  picards) . 

P.  C.    C.         DE    MORTAGNE. 

Demander  le  portement  (LXV, 
454,  '57316215).  —  La  Curhe  de  Sainte- 
Palaye  (Dictionnaire  Je  /'ancien  langage 
français)  donne  :  Portement,  santé,  avec 
des  exemples  de  Montaigne  et  des  «  Nuits 
de  Straparole  »  . 

Godefroy  (Dictionnaire  de  Vancien  lan- 
gage) cite  au  mot  Portement ,  état  de 
santé,  deux  phrases  de  La  Petite  Fadette 
et  de  Claudie  de  George  Sand,  outre  des 
exemples  d'auteurs  anciens. 

J.  Lt. 

* 
*  * 

Eh  !  mon  Dieu  !  que  vient   faire,  ici,  à 

ftropos  de  ce  mot  si  simple  par  lui-même, 
e  rappel  de  la  Loi  sur  l'Instruction  pri- 
maire, laïque  et  obligatoire  ! 

A  y  Intermédiaire,  que  diable!  nous  ne 
sommes  pas,  comme  à  la  tribune  de  la 
(ihambre,  pour  nous  contenter  de  bali- 
vernes. 

Laissons-les  aux  habitués  de  la  poli- 
tique. 

Ce  mot  de  «  portement  »-  a  son  sens 
net  et  précis  :  la  manière  dont  on  se 
porte. Ce  n'est  nullement  là,  croyez-m'en, 
du  jargon  de  paysan,  dont  il  faille,  à  tout 


prix,  se  défaire.  Non  !  c'est  cjvi  |?on  et 
honnête  vieux  français  des  xvi®  et  xvii« 
siècles,  et  du  meilleur,  car  il  porte  en  soi, 
mieux  que  tant  d'autres  qui  ne  le  valent 
pas,  ses  quartiers  de  noblesse. 

Tous  nos  vieux  écrivains  sont  là,  pour 
le  dire  : 

J'ay  expressément  depesché  Malicorne,  a  ce 
que  par  iuy  je  sois  acertainé  de  ton  porte- 
ment sus  les  premiers  jours  de  ton  voyage. 

(Fr.  Rabelais.  Pantagruel.    -    1546.) 
Pour  m'adoulcir  vostre  trop  longue  absence, 
Descrivez-moy  tost  vostre  portement. 

(F.  Habert.  de  Berry.  Le  Temple  de 
Chasteté,  —  I549-) 

Libéral, ayant  senty  le  vent  de  la  venue  de 
son  compère,  ne  faillit  à  l'allei  trouver  ;  et 
Iuy  donnant  n  ille  accollade8,remercioit  Dieu 
de  son  heureux  retour  et  bon  portement. 

(P.  de  Larivey.  F/"  Facétieuse  nuict  de 
Straparole.    —   1595.) 

Silvery,  qui  hai  toit  souvent  Pisard,  et 
voyoit  le  paisible  portement  dft  sa  belle-sœur, 
estoit  tout  estonné. 

(idem.  Vllje  Nuict.) 

Tant  y  a,  qu'elle  m'a  infiniment  resjoui 
de  m'avoir  assuré  de  votre   bon    portement. 

(Fr.  de  Malherbe.  Lett.  à  Peiresc.  — 
1607.) 

Si  d'autre  part,  notre  contemporaine, 
George  Sand^  la  «  bonne  Dame  de  No- 
hant  »,  maintes  fois  l'a  cité,  ce  mot,  en 
s'en  servant,  dans  ses  Ftomans  champêtres, 
c'est  assurément,  qu'il  lui  revenait,  allè- 
gre et  clair,  à  la  mémoire,  qu'il  sonnait 
bien  à  son  oreille  et  lui  disait,  nettement, 
ce  qu'il  veut  dire. 

Mais  j'y  pense  !  grave  question  :  Ma- 
dame Sand,  tout  illustre  qu'elle  soit  avait- 
elle  bien  seulement,  son  certificat  d'étu- 
des ? 

L'un  de  nos  plus  aimables  collabora- 
teurs (^toujours  au  sujet  de  ce  même  mot) 
s'illusionne  à  nous  dire  que  <  les  jeunes 
gars  du  Berry  qui  maintenant  gardent 
les  vaches  ont  presque  tous  dans  leur  po- 
che un  certificat  d'études  et  veulent  parler 
correctement.  » 

Ah  !  le  bon  billet  qu'ils  ont  là,  dans  ce 
certificat  ! 

Interrogez,  pour  voir,  sur  ces  jeunes 
savants,  l'un  quelconque  des  chefs  de 
corps  de  notre  brave  Armée  française  ? 
fous  vous  diront  non  sans  quelque  amer- 
tume que,  à  l'arrivée  des  recrues,  jamais 
le  nombre  des  llletrés,  n'a  été  plus 
grand.  Ulric  Richard-Pesaix. 


DBS  CHBRCHBUJtS   BT  CURIEUX 


lo  juillet  i9i3 


29 


30 


Siffler  au  disque  rouge  (LXV,  692). 
—  Sur  les  lignes  de  chemin  de  fer,  les  si- 
gnaux de  protection  sont  constitués  par 
des  disques,  blancs  d'un  côté,  rouges  de 
l'autre  (Cf.  Larousse  au  mot  disque). 

Le  mécanicien  d'un  convoi  qui  aper- 
çoit la  face  blanche  du  disque  peut  conti- 
nuer sa  route  ;  mais  celui  qui  en  voit  la 
face  rouge  est  dans  l'obligation  de  s'arrêter 
et  de  lancer  des  appels  avec  le  sifflet  de 
la  locomotive  jusqu'à  ce  que,  de  la  sta- 
tion voisine,  on  ait  fait  pivoter  le  disque 
pour  lui  donner  «  voie  libre  2>. 

De  là  est  venue  l'expression  de  «  siffler 
au  disque  »  pour  attendre,  se  morfondre, 
connue  de  de  l'auteur  de  la  question. 

F.  de  Nion  n'a  fîait  que  f)réciser  cette 
expressiop  eri  lui  ajoutant  le  mot  rouge. 

C.  R. 


Hautie  ou  Hautil  (LXV,  544,  67  s, 
84b j.  —  La  note  de  M.  H.  S.  D.  règle  de 
la  façon  la  plus  heureuse  la  question  des 
Authieux,  sépare  définitivement  ce  mot 
d'Hautil  et  montre  combien  il  est  bon  de 
se  reporter  au  texte  des  chartes  et  des  au- 
teurs latins  pour  se  rendre  compte  de 
l'origine  de  mots  plus  ou  moins  sca- 
breux. 

A  la  note  si  bien  rédigée  de  nqtrç  cpn- 
ffère,  je  me  permets  d'ajouter  les  rensei- 
gnements suivants  complémentaires. 

La  finale  latine  —  âlts,  —  aies  devient 
(|és  les  temps  les  plus  anciens  le  français 
els,  et  l'on  a  ialis  tels,  qualis  quels,  hospi- 
talis  ostels,  altalis  altels  autels,  etc. 

Vers  le  xn*  siècle  la  vocalisation  du 
groupe  el  en  eus  est  la  règ|e  et  l'on  a  ta- 
lis  teus,  qualis  queus,  hospitalis  osteus^ 
etc.,  etc. 

Il  arrive  parfois  que  1'/ tombe,  et  l'on  a 
talis  tes  tex,  hospitalis  ostés,  annualis  an- 
vés. 

Dès  le  xiii^  siècle  se  rencontrent  la 
l'orme  en  ieux  et  lex^  et  l'on  a  ialis  ttex 
tieus,  qualis  qiex,  quieif,s,  aliahs  autieux, 
hospitalis  ostieus. 

Plus  lard  ces  formes  en  ieux,  iex  tom- 
bent en  désuétude  et  sont  remplacées  par 
des  formes  refaites  sur  le  modèle  du  plu- 
riel de  l'accusatif  tels,  queh\  hôtels,  au- 
tels, etc. 

D'après  cela,  le  nom  de  lieu  Authieux 
date  au  plus  tôt  du  xin^  siècle.  Il  en  ré- 
sulte que  la  charte  dont  parle  M.  H.' S.  D, 
datée  de  iob6  ne  peut  concerner  qu'une 


localité  s'appela nt  alors  J^ltels  devenu 
avec  le  temps  Auteiis,  Autieus,  Authieux. 
L'orthographe  Philippe  d'Autils,  en  la- 
tin de  Aliaribus  me  parait  sujette  à  cau- 
tion Rien  ne  prouve  que  le  latin  aies  soit 
devenu  en  normand  —  ils.  On  doit  croire 
plutôt  â  une  erreur  graphique,  et  qu'il 
serait  plus  correct  d'écrire  Philippe  d'Aw- 
tels.  "     '         '  H.  La. 

Frotel  ou  FooteMLXV,  150,67b, 
770).  —  Topt  bien  considéré,  et  après 
lecture  de  Frotel  770,  je  renonce  à  ma 
supposition  sur  f^rotef  6^6.  Voici  ce  que 
je  pense. 

L'abbaye  de  Malnoue  porta  d'abord  le 
nom  de  Fautel  ou  quelque  chose  d'ap- 
prochant, du  reste  le  choix  est  assez  li- 
mité, Fotel,  Fautel  ou  Foutel.  Les  gra- 
phies Frotel,  Footel  sont  irrégulières  et 
proviennent  de  mauvaises  lectures. 

Mais  il  faut  faire  attention  que  ce  nom 
Fautel  n'a  rien  à  faire  avec  les  bois  de 
hêtre  pouvant  avoisiner  l'abbaye.  Fautel 
ne  désigne  qu'un  seul  hêtre,  auprès  du- 
quel se  sera  passé  un  événement  ayant 
déterminé  la  fondation  de  l'abbaye  ;  telle 
serait  (pure  supposition  de  ma  part)  une 
apparition  de  la  Sainte-Vierge  et  autres 
saintes,  d'où  plvJS  tard  les  noms  de  Bois- 
aux-Dames,  Notre  Dame  de  Fautel  (le 
nom  ne  Fauteuil  ét;ant  une  déformation 
populaire  de  l'ancien  nom  Fautel  cessant 
d'être  compris). 

Je  crois,  comme  cela,  satisfaire  d'une 
façon  convenable,  la  curiosité  de  M.  le 
comte  Bizeniont,me  mettant  d'accord,  014 
à  peu  près,  avec  les  explications  de  l'abbé 
Lebeuf.  H.  Laray. 

Noms  français  donnés  à  des  rues 
à  l'étranger  (LXIV,  380,593,  684,  806, 
857  ;  LXV,  389).  —  Il  y  a  à  Rio  de  Ja- 
neiro la  rue  Sachet.  Ce  nom  est  celui  du 
machiniste  du  ballon  «  I^ax  ».  dont  l'in- 
venteur, Auguste  Severo,  est  mort  à  P^- 
ris,  victime  d'un  accident  terrible. 

II  y  a  à  Paris  la  rue  Severo.  M. 

Ce  qui  tonibe  dans  le  fossé  (LXV, 
148,  391).  --  iVÏ.  L.  dit  en  terrni- 
nant,  —  qu'il  a  hospitalisé  ce  dicton  dans 
un  recueil  qu'il  vient  de  publier. 

Ne  pourrait-on  connaître  le  titre  exact 
de  ce  recueil  avec  le  nom  de  l'éditeur  ^ 

Thouveni^J. 


N*  1333.  Vol.  LXVI. 

3,       

Qougainville  (Supplément  au 
voyage  de)  (LXV,  ^gS,  710).  —  Le  Sup- 
pUitunt  an  /'ovJ.ijt'  Jf  Bougaitiville,  de 
Diderot,  n'est  qu'un  tissu  de  calembre- 
daines cyniques  et  licencieuses,  sans  grand 
rapport  avec  la  réalité.  Diderot,  lors 
même  qu'il  était  de  bonne  foi,  s'embal- 
lait facilement  sur  une  question  qui  l'in- 
téressait et  se  fabriquait  les  plus  éton- 
nantes chimères.  C'est  ainsi  qu'il  s'en- 
thousiasma pour  le  Parlement  anglais, 
dont  on  venait  de  lui  expliquer  le  méca- 
nisme, et  le  regarda,  sur-le-champ,  comme 
la  mode  de  gouvernement  le  plus  hon- 
nête, à  l'heure  précisément  où  il  était  le 
plus  corrompu  :  qu'on  relise  sans  rire,  si 
on  le  peut,  sa  lettre  du  13  octobre  1760  à 
Mlle  VoUand. 

11  existe  plusieurs  relations  inédites  ou 
peu  connues,  du  voyage  de  Bougainville, 
qui  permettent  d'entrevoir  la  vérité  :  celle 
de  Fesch,  un  volontaire  de  l'expédition  - 
à  propos  duquel  une  lettre  de  Bougain- 
ville, que  je  ne  connais  pas,  a  récemment 
été  vendue  en  Angleterre  {Cat.  Charavay  ; 
rïov.  1910:  6  Floréal,  An  Vlll)  et  celle 
de  Commerson,  le  naturaliste,  toutes  les 
deux  au  Muséum  de  Paris,  mais  dont  il  se 
trouve,  je  crois,  pour  le  journal  de  Feseh, 
une  copie  à  la  Bibliothèque  de  l'Arsenal  ; 
celle  de  Caro,  le  lieutenant  de  VEioile, 
dans  la  fameuse  bibliothèque  de  feu  Sir 
Thomas  Philipps,  à  Cheltenham,  en  An- 
gleterre ;  celle  du  Prince  de  Nassau-Sie- 
gen,  au  Ministère  des  AflFaires-Etrangères, 

—  que  se  proposait  d'éditer  M.  Louis 
Farges  ;  enfin,  celle  du  médecin  Vivez, 
imprimée  dans  le  Bulletin  de  la  Société  de 
Géographie  de  Roche  fort,  en  1*^93,  sauf 
quelques  coupures  nécessitées  par  les 
convenances. 

Ces  relations  ne  donnent,  certes,  pas 
l'idée  de  l'amoralité  absolue  des  Tahitien- 
nes,  dont  parle  Diderot.  A  Tahiti,  comme 
chez  la  plupart  des  peuples  primitifs,  — 
et  dans  nos  grandes  villes,  maintenant 
que  nous  retournons  à  l'incivilisation 
première,  —  les  jeunes  fillos  jouissaient 
d'une  liberté  complète,  mais  non  p;is  les 
femmes  mariées.  Ces  dernières  pouvaient, 
comme  nos  civilisées,  donner  des  coups  de 
canif  dans  leur  contrat  de  mariage,  mais 
elles  se  savaient  en  faute  et  se  cachaient 
de  leur  époux.  ^  Celles  qui  se  trouvaient 
le  plus  à  plaindre,  c'étaient  les  femmes  >-, 
écrit  Vivez  «  parce  que  la  jalousie  qui  re- 


L'INTERMBDIAIRB 


32 


gne   dans   cette   partie,   tomme   ailleurs, 
les  oblige  à  prendre  des  mesures». 

Cette  vue  est  confirmée  par  les  compa- 
gnons de  Cook  :  «  On  est  bien  dans  Ter- 
reur,  me  dit  le  lieutenant  Roberts,  lors- 
que l'on  croit  que  ces  femmes  s'abandon- 
nent toutes  au  premier  venu  et  qu'elles 
n'ont  point  de  mœurs  ni  de  retenue  ». 
(Lescallier,  Lecture  faite  àl'Acad.  des  Se. 
Morales  et  polit.,  le  17  Fructidor,  An  IX, 
dans  les  Mém.,  t.  IV;  pp.  22-4).  Une 
Tahitienne  mariée,  fort  jolie,  amoureuse 
d'un  bel  officier  anglais  de  l'état-major 
de  Cook,  ne  voulut  cependant  lui  rien  cé- 
der sur  l'essentiel  ;  il  n'en  eut  que  son 
portrait  en  pied,  fait  par  le  peintre  de 
l'expédition. 

Cook  lui-même,  —  dont,  chose  cu- 
rieuse, on  n'a  publié  que  récemment  le 
journal  authentique  et  complet  de  son 
premier  voyage  (édité  par  le  capitaien 
W.  J.  L.  Wharton  ;  Londres,  Elliot  Stock 
1893)  —  me  semble  avoir  assez  exacte- 
ment résumé  les  mœurs  tahitiennes  :  dès 
l'enfance,  une  extrême  indécence  de  ges- 
tes et  de  propos,  de  jeux  et  de  danses, 
mais  on  citerait  aisément  des  faits  ana- 
logues presque  partout  ailleurs,  par  exem- 
ple, dans  l'Inde,  l'Indo-Chine,  la  Chine 
et  le  Japon;  puis,  quand  la  jeune  fille,  ar- 
rivant à  la  nubilité,  se  choisit  un  ami,  qui 
sera  probablement  suivi  de  quelques  au- 
tres, elle  se  retire  de  ces  jeux  inconve- 
nants et  prend  une  attitude  extérieure 
plus  mesurée  ;  enfin,  devenue  femme  lé- 
gitime, elle  doit  s'attendre  à  une  bonne 
raclée  (a  heaiin^),  si  l'époux  constate 
qu'elle  manque  à  ses  devoirs.  Le  seul 
trait  spécial  à  Tahiti  est  l'existence  des 
Aréots,  groupe  ou  club  dont  les  mœurs 
paraissent  dépourvues  de  scrupules,  mais 
qui  semble  plutôt  malthusien,  car  on  y 
peut  vivre  comme  mari  et  femme,  pourvu 
qu'on  fasse  disparaître  les  rejetons  aussi- 
tôt leur  naissance  (pp.  9^-96)  —  par  où 
ce  groupe  diflère  des  autres  Tahitiens,  qui 
ont  toujours  eu  et  conservent  encore  au- 
jourd'hui, la  passion  des  enfants. 

Bancks,  dont  sir  Joseph  Hooker  a  pu- 
blié de  même  le  journal  inédit  en  1896 
(Londres,  .Macmillan)  remarque  aussi  chez 
les  indigènes  des  Mers  du  Sud,  que  la 
femme,  en  général,  ne  doit  pas  manger 
avec  les  hommes.  Elle  le  faisait,  toute- 
fois, volontiers  avec  les  Européens,  pour- 
vu qu'on  lui  promit  de  n'en   rien  révéler 


DES  CHERCHEURS    ET  CURIEUX 


10  Juillet  1919 


33 


34 


^  ses  compatriotes,  (pp.  141-2).  Il  en  était 
^insi  des  autres  choses. 

Je  dois  la  communication  de  ces  deux 
journaux,  si  peu  connus  en  France,  à  feu 
mon  ami,  le  capitaine  S.  Pasfield  Oliver, 
l'un  des  critiques  de  V Atbenceum  et  de  la 
Revue  d'Edimbourg. 

11  existait,  du  reste  et  il  existe  encore  à 
Tahiti, des  prohibitions  nombreuses  de  ma- 
riage, —  ce  qui  prouve  bien  que  la  liberté 
des  sexes  n'est  pas  absolue.  Mais,  comme 
en  d'autres  pays,  la  femme  étant  la  proprié- 
té du  mari,  celui-ci  peut  l'offrir  à  un  ami, 
à  un  hôte  ;  la  morale  consiste  à  respecter, 
non  la  chasteté  de  l'épouse,  mais  la  pro- 
priété de  son  seigneur  et  maître,  dont  on 
ne  doit  disposer  qu'avec  sa  permission 
(Voir  la  belle  monographie  de  Paul  Hu- 
guenin,  Raiatèa  la  Sacrée  ;  publiée  par 
la  Société  de  Géographie  de  Neufchâ- 
tel  ;  éd.  de  1902,  pp.  173-8). 

Vivez  préfère  croire  que  la  curiosité 
avait  grande  part  à  la  facilité  des  Tahi- 
tiennes,  regardant  les  Européens  comme 
plus  vigoureux  que  les  hommes  du  pays. 
La  thèse  est  contestée  par  d'autres  qui 
donnent  à  tous  égards  la  supériorité  de 
force  aux  Tahitiens.  quoique  peu  labo- 
rieux sous  un  ciel  aussi  clément  (D""  Jaco- 
bus  X...  L'Amour  aux  Colonies,  Paris, 
1893  ;  pp.  364,  372  :  ce  dernier  auteur 
assure  que  les  indigènes  sont  d'une  ja- 
lousie féroce,  et  nullement  disposés  à 
prêter  leur  propriété  féminine).  Ce  sont 
ici  des  questions  à  traiter  dans  une  société 
d'anthropologie. 

En  somme,  il  y  avait,  ce  semble,  pres- 
que autant  de  dévergondage  chez  les  po- 
pulations espagnoles  et  portugaises,  que 
visita  l'expédition,  qu'à  Tahiti  même. 
Dans  le  volume  de  l'Académie  des  Scien- 
ces morales  où  le  citoyen  Lescallier  réta- 
blit l'honneur  conjugal  des  Tahitiennes, 
on  peut  lire  ce  que  le  citoyen  Koch  ra- 
conte des  mœurs  alsaciennes  à  la  veille  de 
la  Réforme,  et  ce  qu'étaient  «  les  hiron- 
delles de  la  Cathédrale  >»,  qui  nichaient 
à  Strasbourg  dans  les  tours  di:  vieux 
Miinster  où  elles  exerçaient  leur  com- 
merce. 

Quant  à  l'influence  fâcheuse  de  la  cu- 
riosité lancinante  sur  nos  contempo- 
raines, le  jour  même  où  j'écris  ces  lignes, 
Le  Temps  nous  apporte  une  note  piquante. 
En  Allemagne,  la  police  est  obligée  d'in- 
tervenir pour  empêcher  les  femmes  de  se 


livrer  trop  passionnément  «  à  des  essais 
d'acclimatation  imprévus  »,  avec  les 
noirs,  Catres  ou  Bédouins,  que  la  maison 
Hagenbeck  présente  au  public  dans  son 
établissement  zoologique  de  Hambourg. 
La  note  vaut  d'être  lue  en  entier,  avec  le 
commentaire  humilié,  qu'elle  reproduit 
des  journaux  allemands  (11  juin  1912). 
Voir  aussi  les  Débats  du  12  juin). 

On  peut  ajouter  que  l'immoralité  naïve 
et  traditionnelle  des  Tahitiens  n'atteignait 
pas  chez  eux  les  sources  profondes  de  la 
vie  ;  tandis  que  la  race  parait  condam- 
née à  périr  depuis  que  les  Blancs  et  les 
jaunes,  les  Européens  et  les  Chinois,  ont 
importé  dans  l'Ile  leurs  vices,  raffinés  et 
pleins  de  maléfices.  D'"  Jacobus  X"-,  tibi 
supra  ;  Henri  Lebeau,  Ôtahiti,  Paris,  Co- 
lin, 191 i). 

De  toutes  les  histoires  Tahitiennes 
d'autrefois,  je  n'en  veux  retenir  qu'une, 
un  peu  vive  peut-être,  mais  que  l'on  me 
pardonnera,  je  l'espère,  tant  elle  est  amu- 
sante et  typique.  L'art  du  vol  avait  at- 
teint chez  les  Tahitiens  un  admirable 
degré  ;  si  bien  que,  raconte  Vivez,  «  ils 
tiraient  les  draps  de  lit  de  dessous  un  de 
nos  messieurs  qui  était  sur  son  lit  en 
compagnie  agréable  ».  Les  pick-pockets 
des  Deux  Mondes  doivent,  je  le  crains, 
renoncer  à  jamais  battre  ce  record  de  la 
dextérité.  Britannicus. 

Belgicismes  ("LXV,  12,  187,  288, 
340,  ,34,  675.  818;.  —  Renseigner 
quelque  chose  à  quelqu'un  n'est  qu'un 
pitoyable  belgicisme,  les  moindres  let- 
trés n'en  peuvent  douter  ;  mais,  vu  la 
corruption  de  la  langue,  qui  fait  de  si 
rapides  progrès  et  qui  est  un  tel  signe 
des  temps,  il  n'est  pas  impossible  que 
nos  neveux  voyent  introduire  cette  lo- 
cution dans  la  littérature  française,  à  la 
suite  de  tant  d'autres  presque  aussi  ridi- 
cules. H.  DE  L. 

Le    Pavillon  de  IHorloge  (LXV, 

730).  —  En  venant  de  la  «  Concorde  », 
le  «  Café-concert  de  l'Horloge  »  était  si- 
tué :  Avenue  des  Champs-Elysées,  (le 
seul  à  gauche).  Directrice  en  1864  :  Ma- 
demoiselle Anna.  11  existait  encore  en 
1893. 

A  droite,  en  bordure  de  I  Avenue  Ga- 
briel, les  deux  autres  Cafés-Concert  : 
«  Les   Ambassadeurs  >    et  1'  c   Alcazar 


N»  1333.     Vol. 


LXVI. 
-     35 


tlNlËRMËDiAlRB 


36 


d'Eté  ».  C'est  dans  ce  dernier  que  Thérésa 
chantait  la  «  Femme  à  Barbe  »,  la  «  Gar- 
deuse  d'Ours  )!/,  etc.  ;  etc, 

Jusqu'à  la  Liberté  des  Théâtres, (  ?  ), 
les  chanteuses  étaient  assises  en  demi- 
lune,  sur  la  scène.  A  tour  de  rôle,  elles 
se  présentaient  devant  le  chef  d'orches- 
tre. 

Le  personnel  masculin  :  ténors,  bary- 
tons, basses,  entraient  par  une  issue  sans 
coulisses  ;  en  iiabil,  avec  des  ganfs  blancs 
toujours  trop  longs.  Et  point  de  traves- 
tissements pour  les  comiques  :  un  cha- 
peau cabossé  si  c'était  un  pochard  ;  à 
peine  un  képi  pour  le  lourlourou.  Citons 
Arnaud,  Constant,  fie  s^rand  et  le  petit), 
Joseph  Kelm,  Pacra,  etc.  ;  etc, 

Philosae. 

Domestiques  célèbres  et  domes- 
tiques d'hommes  célèbres  (LXV,  54, 
^84,  822).  —  La  vieille  servante  des  frè- 
res Concourt,  la  célèbre  Pélagie,  vient 
de  mourir.  Edmond  de  Concourt  a  parlé 
de  cette  excellente  femme  en  termes  déli- 
cieux et  touchants.  Voici  trois  courtes 
pages  extraites  de  son  journal.  Pélagie 
appartenait  à  la  race  presque  abolie  des 
domestiques  amies  de  leurs  maîtres. 
C'était  Laforêt.  C'était  Dorine  : 

Mardi  18  décem'trc  i8jj.  —  Une  na- 
vrante fin  d'année,  avec  mes  quatre-vingt 
mille  francs  dont  je  n'ai  aucune  nouvelle, 
avec  cette  bronchite  chronique  qui  me  con- 
fine et  me  caifeuire  des  semaines  entières 
dans  mon  intérieur  désolé,  avec  Pélagie,  ma- 
lade an  lit  d'un  rhumatisme  articulaire.  Je 
comptais  sur  elle  pour  me  fermer  les  yeux. 
Est-ce  que  la  pauvre  fille,  la  dernière  des 
personnes  qui  me  soit  sérieusement  attachée 
est-ce  que  je  vais  la  perdre,  et  rester  tout 
seul,  tout  seul  sur  la  terre,  sans  une  affec- 
tion, sans  un  dévouement?  Ce  sont  des 
journées  toutes  noires,  en  proie  à  l'angoisse 
du  matin,  quand  je  demande  à  sa  fille  des 
nouvelles  de  la  nuit,  en  proie  à  l'angoisse 
du  soir,  quand  je  rentre  et  que  je  monte 
chez  elle  pour  savoir  comment  elle  a  passé 
la  journée. 

Lundi,  1^  janvier  l88().  —  L'émotion  de 
la  bataille  théâtrale,  je  la  supporte  très  bien, 
excepté  au  théâtre  ;  là,  mon  moral  n'est  pas 
maître  de  mon  organisme.  Je  sentais  hier,  .î 
rOdéon,  mon  coeur  hnttre  plus  vite  sous  un 
gros  volume. 

On  finira  p.ir  m  exorciser  IlI,  Lornmc  ic 
diable  du  théâtre.  Pélagie  rougit  à  la  dérobée 
de  me  servir,  et  n'a  pu  s'empêcher,  toute- 
fois, do  me  dire,  aujourd'hui  : 


—  Vraiment,  tout  le  monde,  à  Auteuil» 
trouve  votre  pièce  pas  une  cho.se  propre  ! 

Et  cette  phrase,  dans  sa  bouche,  est  comme 
un  reproche  de  sa  propre  humiliation.  Ah  ! 
les  pauvres  révolutionnaires  dans  les  lettres, 
dans  les  arts,  dans  les  sciences  I 

Jeudi,  75  octobre  iSçi,  —  Une  jeune 
Roumaine  frappe  à  ma  porte,  demandant  à 
me  voir.  Sur  la  réponse  que  je  suis  sorti,  des 
pleurs  lui  montent  aux  yeux,  dans  l'impossi- 
bilité qu'elle  a  de  repasser  mercredi.  Elle  re- 
vient quelques  minutes  aprèset  dit  a  Pélagie  : 

—  Est-ce  que  vous  ne  pourriez  pas  nie 
donner  quelque  chose,  venant  de  M.  de 
Goncouit  ? 

Et  Pélagie,  qui  ne  veut  pas  me  déranger, 
lui  donne  le  ciayon  avec  lequel  elle  fait  ses 
comptes  de  cuisine. 

Les  petits  vitriers  (LXV,  501,  680, 
824).  —  Les  chasseurs  à  pied  ne  doivent 
pas  leur  surnom  à  la  couleur  de  leurs 
épaulettes  ;  sans  parler  de  l'armée  d'Afri- 
que, les  compagnies  du  centre  dans  l'in- 
fanterie de  ligne  en  portaient  de  presque 
pareilles  qui  ressorlaient  bien  davantage. 

Cette  dénomination  vient  de  l'aspect 
du  paquetage  et  surtout  de  la  position 
que  les  chasseurs  affectaient  de  prendre 
dans  les  posa.  Armés  de  la  carabine 
Minié,  sensiblement  plus  courte  que  le 
fusil  d'infanterie,  ils  la  fichaient  en 
terre  derrière  eux,  le  bout  du  canon 
placé  sous  le  sac,  et  soulageaient  ainsi 
leurs  épaules  du  poids  du  barda,  en  imi- 
tant les  vitriers  de  notre  enfance  qui  de 
même  appuyaient  leur  crochet  sur  la  règle. 

Telle  est  l'explication  qui  avait  cours 
dans  Vanne  à  l'époque  déjà  lointaine  où 
j'avais  l'honneur  et  le  plaisir  d'y  être 
sous-lieutenant. 

Encore  un  carreau  d'cassé,.. 

Madel. 

Singuliers  jetons  de  présence 
(LXV,  598,  775).  —  Il  est  de  tradition 
encore  aujourd'hui  parmi  les  avoués  à  la 
Cour  d'appel  de  Montpellier  que  tout  nou- 
veau membre  envoie  au  moment  de  sa 
nomination  34  kilos  de  sucre  aux  mem- 
bres de  la  chambre  des  avoués,  17  kilos 
à  chacun  de  ses  confrères  et  8  kilos  et 
demi  aux  greffiers.  Un  avoué  célibataire 
et  qui  ne  mange  pas  chez  lui  peut  se  trou- 
ver ainsi  a  la  tète  de  provisions  de  sucre 
dont  il  ne  sait  que  faire.  J'ignore  si  la 
même  coutume  existe  chez  les  avoués  de 
r*'  instance.  S,  Ql.  L, 


JOSEPHINE  FRIDERICHS  ET  SON  FILS  P.  K.  ALEXANDROFF 


Intenuédiairo  LXVI,  colonae  38. 


DBS  CHERCHEURS  ET    CURIEUX 


10  Juillet  içit 


37 


38 


Strouyatlles  ti  Ofuriosités 


Aventure  romanesque  d*un  trot- 
tin  de  Paris  :  la  comtesse  Alexan- 
drofl.  —  Joséphine  (on  l'appelait  Fifme) 
était trottin  chez  Mme  Boudei  de  Terray, 
la  grande  marchande  de  modes  du  Paris, 
à  la  fin  du  xvni»=  siècle. 

Elle  n'était  pas  jolie,  jolie,  mais  elle 
avait  cet  air  si  affriolant  et  mutin  de  la 
grisetle  parisienne.  Puis  elle  trottait  si 
gentiment,  avec  ses  cartons,  dans  de  sim- 
ples atours,  son  petit  nez  légèrement  re- 
troussé, ses  lèvres  souriantes,  le  flot  des 
mèches  folles,  sur  un  front  ingénu  ;  avec 
cela  l'éloculion  rapide  et  pittoresque  de 
la  grisette  d'hier  et  d'aujourd'hui. 

Elle  était,  comme  ses  compagnes,  le 
plaisir  de  la  rue,  où  sa  jeunesse  espiègle 
passait...  Un  Anglais  d'âge  mûr  la  re- 
marqua. Avisée  et  ardente,  Fifine  fit  la 
la  coquette.  Comme  elle  n'avait  pas  qua- 
torze ans,  le  milord  alla  trouver  son  père, 
un  modeste  artisan,  dont  on  ignore  le 
nom,  lui  proposa  de  faire  élever  la  fil- 
lette, de  lui  donner  une  bonne  éducation, 
en  tout  bien  tout  honneur,  puisqu'il  se 
flattait  de  l'épouser  plus  tard. 

Après  quatre  ans  passés  dans  une  des 
meilleures  pensions  de  Londres,  Fifine 
était  rentrée  depuis  plus  de  dix-huit  mois 
auprès  de  son  protecteur  qui  allait  tout 
simplement  lui  donner  son  nom  lorsqu'il 
mourut  subitement  sans  avoir  pris  de 
dispositions  testamentaires.  La  pauvre 
fille  se  trouva  du  jour  au  lendemain,  à 
vingt  ans, sur  le  pavé  étranger,  précipitée 
d'une  situation  fortunée,  habitué  au  luxe, 
déshabituée  du  travail. 

Un  épouseur  se  présenta,  il  se  disait 
officier  russe  habitant  Saint-Pétersbourg 
et  propriétaire  dans  les  provinces  de  la 
Baltique;  il  se  faisait  appeler  von  Friderichs. 
Le  mariage  se  fit,  mais  la  lune  de  miel  ne 
dura  pas  longtemps,  l'ofïîcier  prétexta 
son  service  rentra  à  Pétersbourg  et  ne 
donna  plus  de  ses  nouvelles.  Joséphine 
partit  le  rejoindre,  la  désillusion  l'atten- 
dait à  Saint-Pétersbourg  où  elle  apprit 
que  le  bel  officier  n'était  qu'un  simple 
courrier  de  cabinet  chargé  de  porter  les 
dépêches  du  Ministère  des  affaires  étran- 
gères, qu'il  n'avait  aucune  fortune  et 
qu'il  n'était  point  Russe  mais  Prussien. 
Dans  ces  conditions,   la  vie  ne  pouvait 


être  que  malheureuse,  mais  Joséphine 
était  d'esprit  prompt  et  de  décision  rapide. 
Elle  alla, dans  un  baise  plaindre  au  grand 
duc  Constantin  Pavlowitch  leCzarewich, 
des  indignes  procédés  de  son  mari.  Le 
grand  duc  lui  promit  sa  protection  et  ja- 
mais protection  ne  fut  couronnée  de  plus 
de  succès. 

Après  avoir  obtenu  le  divorce,  elle 
alla,  en  1807,  se  fixer  à  Strela,  où  Tan- 
née suivante  elle  donnait  le  jour  à  un  en- 
fant qui  reçut  les  noms  de  Paul  Constanti- 
nowitch  AlexandrotT  et  pour  lequel  le 
Czarewitch  devait  avoir  une  très  vive 
affection.  En  1812,  il  lui  fit  conférer  la 
noblesse  ainsi  qu'à  la  mère  que  dans  l'in- 
timité il  appelait  sa  chère  Julienne 
Mikhaïlowna.  La  liaison  dura  jusqu'au 
mariage  du  grand  duc,  en  1820,  et  se 
continua  même  jusqu'au  jour  où  l'empe- 
reur irrité  exila  la  maîtresse  loin  de  Var- 
sovie. Entre  temps,  le  grand  duc  avait 
marié  Joséphine  ,  devenue  comtesse 
Alexandroff,  à  un  de  ses  aides-de-camp 
nommé  Alexandre  Serguewitch    Weiss. 

A  part  quelques  personnes,  tous  ceux 
qui  ont  parlé  d'elle,  font  son  éloge  ;  ils 
signalent  ses  mérites,  sa  bonté,  sa  com- 
passion pour  les  malheureux,  sa  belle  âme 
et  «  son  pouvoir  de...  »  modérer  les  élans 
de  la  passion  déchaînée...  Ils  dépeignent 
sa  beauté  «  ses  grands  yeux  gris  d'une 
bonté  souveraine,  ombragés  de  longs  cils 
noirs  et  disent  que,  dans  l'intimité,  elle 
avait  une  'conversation  pleine  de  bonne 
humeur  ». 

Elle  est  morte  à  Nice  le  5  avril  1824. 
Son  fils  le  comte  Paul  Alexandroff,  géné- 
ral aide-de-camp,  épousa  la  princesse  A. 
Chtcherbatoff. 

Nous  devons  la  révélation  de  ces  faits 
au  bel  ouvrage  de  S.  A.  1.  Monseigneur 
le  Grand  Duc  Nicolas  Mikhaïlowitch:  Les 
poitrails  russes.  Il  a  daigné  nous  autori- 
ser à  reproduire  celui  de  notre  héroïne,  la 
jolie  grisette  parisienne  devenue  grande 
dame  russe  peint  par  Riesener  que  nous 
publions  ici. 

LÉONCE  Grasilier. 

Lettre  de  Mme  d'Argental  sur 
"Voltaire.  —  Dans  les  papiers  de  Bérard 
(Auguste-Simon-Louis)  député,  fondateur 
des  forges  d'Alais,  directeur  général  des 
Ponts  et  Chaussées,  receveur  général  du 
Cher,  et  auteur  de  publications  érudites, 


N»  |^J3     Vol.    LXVl. 


L'INTERMiDlAIRb 


39 


40 


je  trouve  ce  manuscrit  préparé  pour  l'im- 
pression et  qui  a  peut-être  été  imprimé. 

L'intérêt  de  ce  manuscrit, c'est  qu'il  re- 
produit un  certain  nombre  de  lettres  de 
Voltaire,  à  ce  moment  encore  inédites  : 

J'ai  pu  vérifier  qu'on  les  retrouve  dans 
l'édition  des  œuvres  de  Voltaire  (édition 
Garnier). 

Mais  ce  qu'on  n'y  retrouve  pas  — ou  j'ai 
bien  mal  cherche  —  c'est  parmi  les  lettres 
adressées  à  Voltaire,  une  lettre  de  Mme 
d'Argental  reproduite  par  Bérard,  qui 
en  possédait  peut-être  l'original.  A-t-elle 
disparu  r  N'a-t-on  pas  trouvé  utile  de  la 
recueillir  ?  N'ai-jo  pas  su  la  découvrir  là 
où  elle  est  imprimée  ?  Je  ne  sais. 

Mais  cette  lettre  est  si  curieuse,  elle 
peint  si  bien  le  Voltaire  de  la  fin,simiesque 
et  fantasque,  que  je  n'hésite  pas  à  la  re- 
produire d'après  le  manuscrit  de  Bérard 
qui  est  en  ma  possession.  11  serait  dom- 
mage qu'elle  fût  ignorée. 

«  Cette  lettre,  observe  M.  Bérard,  doit 
être  de  17^6,  et  avoir  rapport  à  l'Enfant 
prodigue.  Elle  est  fort  curieuse,  et  fait  voir 
en  quelque  sorte,  Voltaire  vivant  et  agis- 
sant. » 

Lettre  de  Maa"   D'Argental  à  son  mari  qui 
Hait  allé  souper  à  la  campagne,  à  minuit 

Voltaire  sort  d'ici.  Il  est  arrivé  à  onze 
heures  comme  un  fiirieux.  Il  m'a  conté  qu'il 
avait  été  à  Versailles,  à  Sceaux,  chez  des  no- 
taires depuis  qu'il  était  'evenu,  et  cent 
choses  avec  une  volubilité  prodij?ieuse  et 
toujours  criant  qu'il  était  au  désespoir.  Enfin 
quand  il  a  pu  mettre  quelqu'ordre  dans  sesdis- 
cours,  il  m'a  ditquetout  cheminfaisautilavait 
fait  non  seulement  les  retranchemens  que  vous 
lui  aviez  demandés,  mais  même  davantage  ; 
et  que,  comme  il  ne  s'agissait  pas  seulement 
de  retrancher,  mais  d'avoir  le  sens  commun 
en  liant  les  choses,  qu'il  avait  fait  des  liai- 
sons. Qu'avant  été  a  dix  heures  porter  à 
Mlle  Granval  ce  qui  la  regardait,  il  l'avait 
tiouvée  apprenant  une  leçon  que  des  gens 
qui  ne  se  fiaîtnt  j:\mais  à  lui,  lui  avaient  en- 
voyée. Il  m'a  deuiandé  d'une  voix  terrible  de 
quoi  on  se  mêlait.  Q.ue  cela  était  réparé 
pour  Mlle  Granval,  mais  qu'il  fallait  qu'il 
allât  réveiller  Gianval  et  Mlle  Dangeville  qui 
logeaient  aux  deux  bouts  de  Paris  ;  qu'il  avait 
fait  quinze  lieues  ;  qu'il  était  tué,  excédé; 
qu'il  fallait  qu'il  allai  demain  à  Plaisance  et 
qu'il  mourrait  de  la  fatigue  que  tout  cela 
allait  lui  causer.  Enfin  je  n'ai  jamais  vu 
quelqu'un  si  hors  de  lui.  |e  l'ai  calmé  cepen- 
dant et  tout  s'est  terminé  à  medemander  par- 
don et  à  me  supplier  de  vous  écrire  avant  de 
me  coucher  pour  vous  engager  à  envoyer  de 


bou  matin  chez  Granval  et  chez  Mlle  Daug«' 
ville  et  à  leur  faire  dire  de  suivre  sa  leçon  ; 
et  puis  il  m'a  fait  promettre  que  je  vous  en- 
gagerais (attendu  qu'il  ne  peut  pas  être  à  la 
comédie  avant  six  heures)  à  faire  répéter  de- 
vant vous  Granval,  sa  femme,  Mlle  Dangeville 
et  Minet.  La  fin  de  tout  ce  tapage  a  été  qu'il 
s'est  mis  à  mes  genoux;  qu'il  a  ri  de  sa  fu- 
reur ;  qu'il  m'a  dit  que  l'humeur  le  faisait 
mettre  en  colère  et  extravaguer,  mais  que 
son  cœur  n'y  avait  point  de  part,  et  qu'il  se 
jetterait  aux  genoux  de  son  ange  pour  le  re- 
mercier de  ses  seins  paternels  ;  que  pour 
moi,  il  m'aimait  à  la  folie  et  ne  saluerait  ja- 
mais un  fermier  général  jusqu'à  ce  que 
j'eusse  soixante  mille  livres  de  rente. 

Mort  du  duc  d'Orléans  (1842).  — 
A  la  suite  de  la  mort  accidentelle  du  duc 
d'Orléans,  la  lettre  suivante  fut  envoyée 
à  diverses  personnalités  politiques.  Son 
ton  angoissé  montre  dans  quelle  per- 
plexité jetait  la  brusque  disparition  de  ce 
prince  populaire  dont  la  vie  était  pour  la 
monarchie  constitutionnelle  une  si  forte 
garantie  de  durée. 

La  lettre  que  nous  publions  était  adres- 
sée à  un  député  ministériel.  L.  G, 
Paris,  le  15  juillet  184a 
Cabinet  du  Ministre 

de  rintétteur 

Mon  cher  collègue, 

La  situation  est  très  grave  et  réclame  im- 
périeusement votre  présence.  Ne  manquez  pas 
de  vous  trouver  ici  le  26.  Je  vous  le  de- 
mande au  nom  du  roi,  au  nom  des  plus 
chers  intérêts  du  pays.  La  Fiaiice  vient 
d'éprouver  un  malheur  immense  ;  il  y  a  des 
précautions  nécessaires  à  prendre  sur  le 
champ  pour  l'avenir.  La  consternation  est 
universelle  mais  tout  le  monde  sent  la  néces- 
sité de  se  rallier  autour  de  la  dynastie  sur 
laquelle  reposent  l'ordre,  la  prospérité  et  la 
sécurité  de  la  France.  Aucun  député  ami  de 
son  pays  et  dévoué  au  Roi  ne  peut  déserter 
son  poste  le  26.  C'est  pour  tous  un  devoir 
rigoureux  de  venir  contribuer  à  affermir  le 
gouvernement  que  nous  avons  fondé  il  y  a 
12  ans.  Aucun  sacrifice  ne  doit  coûter  pour 
cela.  Le  gouvernement  no  manquera  pas  ses 
arais,  il  compte  que  ses  amis  ne  lui  manque- 
ront pas. 

Tout  à  vous  bien  sincèrement, 

UUCHATEL. 


Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTOKGUEIL 


Imp.  Danibi-Chamboj»,  St-Amsnd-Mont-Roni 


ROUSSEAU    DANS    UN    TABLEAU 
{sujet  à  déterminer) 


Intermédiaire  LXVI,  colonne  41 , 


LXVI*  Volume  Paratsiant  les  lo,  30  et    jo  éU  chaque  mois 


20  JnlUet  1912 


48*  Année 

81  *  '.r.  VIctor-Massé 
PARIS  (IXM 

Bareaa   :  de  S  s6heares 


gUAQCB 


Qhtrchex  et 
vou»  trouveret 


I        It  te  faut 
a        tntr'aider 


N»_i334 

31»',r.Ttctor-ilass 
PARIS  (IX>) 

Bareaax  :  de  3 à  6  heur»» 


€  3nUxmébxaxxe 


DES    CHERCHEURS    ET    CURIEUX 

Fondé    en    1864 


QUESTIONS     ET     REl'OSSES     LITTERAIRES,     HISTORIQUES,     SCIENTIFIQUES     ET    ARTISTIQUE 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


41 


42 


^fous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bten  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudofivme,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d',  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotei. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauj  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou.  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  eu  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


(âueôttonô 


Rousseau  dans  un  tableau.  —  Dans 
la  galerie  du  duc  de  Portland  se  trouve 
un  tableau  signé  Duvivier,  qui  intrigue 
le  possesseur  et  tous  ceux  qui  sont  admis 
à  voir  ce  tableau. 

Le  paysage  est  celui  d'Ermenonville  : 
en  voit  le  tombeau  du  philosopphe  dans 
l'île  des  Peupliers. 

Un  jeune  garçon  habillé  en  hussard, 
rouge  —  et  c'est  là  évidemment  un  por- 
trait —  a  le  bras  gauche  appuyé  sur  un 
piédestal. 

Ce  piédestal  supporte  deux  bustes.  Au 
dessous  de  l'un  des   bustes  on  lit  :/-/.- 
Rouiseau.^z\  c'est  en  effet  le  buste  de  Rous- 


seau par  Houdon.  Sur  l'autre  buste, repré- 
sentant une  femme,  on  lit  :  C.  Dantr... 
ou  peut-être  C.  Dania...  ;  le  nom  est  in- 
complet. 

Sur  le  socle  est  inscrite  cette  devise 
Vixerunt  mira  concoidia  (Ils  vécurent  en 
admirable  harmonie). 

Cette  devise  s'appliquet  elle  aux  pa- 
rents de  l'enfant  ? 

Mais  pourquoi  est-elle  placée  sur  un 
socle  qui  ré'-nit  les  images  de  J.-J.  Rous- 
seau et  de  cette  femme  appelée  C.  Dantr... 
ou  C.  Danta  qui  ne  correspond  à  aucune 
des  femmes  qije  Rousseau  a  connues.^ 

Que  signifie  cette  énigme  ? 

Richard  V.  Goulding. 


maréckal  de 

-    Cette  question 
XXll,   est  restée 


Où   est  enterré  le 
Villars  'T.  G.    195).    - 
posée    dans    le    volume 
sans  réponse  : 

«  Le  maréchal  de  Villars  est  mort  à  Paris 
en  1734,  mais  où  a-t-il  «té  enterré?  Aucun 
de  ses  historiens  ne  font  mention  de  sa  sé- 
pulture. » 

[Villars  est  mort  à  Turin  et  non  à 
Parisj. 

Le  papiers  de  Laurent,  —  En  1862, 
M.  de  Beauchesne  recevait  la  lettre  sui- 
vante : 

Monsieur  de  Beauchesne,  chef  de  la  section 
historique  des  Archives  de  TEmpire,   23,  rue 
de  Beaune,  Paris. 
î^lon.Meur, 

Je  vous  serais  infiniment  obligé  s"il  vous 
était  possible  de  me  remettre  les  papiers  que 
j'ai  eu  l'avantage  de  vous  prêter,  et  relatifs  à 
Laurent,   l'un   des   préposés   à    la   garde    de 

ULV-  % 


N»  1334.  Vol.  LXVI 


L'INTERMeDIAlRé 


43 

Louis  XVll.  Vous  savez  que  je  ne  suis 
que  l'un  des  propriétjires  de  ces  papiers,  c'est 
ce  qui  me  fait  persister  dans  ma  demande. 

Veuillez  excuser  mes  importunités  et  rece- 
voir l'assurance  que  je  me  tiens  pour  heu- 
reux d'avoir  pu  vous  rendre  ce  bien  léger  ser- 
vice. 

Votre  très  humble  serviteur, 

Senez  . 

Je  demeure  actuellement  avec  ma  nièce 
Mme  de  Montravel,  rue  de  l'Ouest  [?]  29. 

Paris,  le  31  octobre  1862. 

Sait-on  ce   que  sont    devenus   ces  pa 
piers  ?  Marassin. 

Portraits  de  Louis  X'VII.  —  Sait 
on  où  se  trouvent  actuellement  : 

10  La  miniature  de  Louis  XVII  par  Du- 
mont,  qui  «  dessinée  et  gravée  par  Re- 
gnault  »  figure  en  tête  de  l'ouvrage  de 
M.  de  Beauchesne  ; 

2°  Les  deux  miniatures  de  Sicardi,  re 
présentant  le  duc  de   Normandie,  prove- 
nant de  la  duclusse  de  Polignac  et  qui  fu- 
rent vendues  le  i®""  février  1877,  à  l'Hôtel 
Drouot  ; 

5°  Le  portrait  du  dauphin  au  pastel,  par 
Hoin,  qui  appartenait  en  1867  à  M.  A, 
Vitu  ; 

4"  Le  tableau  que  Mme  Vigée-Lebrun 
désigne  ainsi  (Souvenirs,  p.  ^64)  : 

Monsieur  1«  Dauphin,  Madame  et  M.  le 
duc  de  Normandie,  pour  Mme  de  Polignac 
('787); 

5°  Le  tableau  ainsi  désigné  par  la  même 
(ibid.  p.  365)  : 

«M.  le  duc  de  Normandie  en  pied  »(i789)  ? 

Marassin. 


L'emprisonnement  de   Guillotin. 

—  On  sait  que  d'après  l'assertion  de  tous 
ses  biographes,  Guillotin  aurait  été  ar- 
rêté avant  la  chute  de  Robespierre  et 
n'aurait  dû  son  salut  qu'au  neuf  ther- 
midor. 

Dans  une  récente  étude  :  le  D^  Joseph 
Ignace  Guillotin  (La  Rochelle.  Noel- 
Texicr,  1908),  M.  Edmond  Jean  Guérin  a 
reproduit  deux  documents  contenus  dans 
les  dossiers  de  la  police  générale(Archives 
Nationales  F.  7,  5736J  desquels  il  résulte 
d'une  manière  certaine  :  l'Que  le  fameux 
médecin  Saintais,  alors  secrétaire  de  la 
section  de  la  Halle  aux  Blés,  a  été  arrêté 
et  conduit,  le  ib  Vendémiaire  an  iV,  dans 
la  prison  dite  des  Orties,  sous  l'inculpa- 


44 


tion  d'être  «  rédacteur  et  signataire  de 
[)lusieurs  adresses  et  écrits,  contraires 
aux  lois  »  ;  2"  que  le  13  brumaire  an  IV, 
il  a  été  remis  en  liberté. 

Un  intermédiairiste  pourrait-il  me  dire  : 
\°  Quels  sont  les  écrits  reprochés  à 
Guillotin,  dont  il  n'est  pas  fait  mention 
dans  la  Bibliographie  de  l'Histoire  de  Paris, 
pendant  la  Révolution,  de  Maurice  Tour- 
neux  ? 

2°  Où  était  située  la  prison  des  Orties, 
dont  il  n'est  pas  question  dans  l'intéres- 
sant ouvrage  de  M.  G.  Dauban  :  Les  Pri- 
sons de  Paris  boiis  la  Révolution .? 

P.  B. 

Le  comte  de  C. . . ,  envoyé  de  Perse 
à  la  Cour  de  France.  —  Je  viens  de 
lire  l'édition  si  remarquable  que  M.  Etien- 
ne Lamy,  l'éminent  historien,  a  publiée, 
il  y  a  quelques  années,  des  Mémoires 
d^  Aimée  de  Coigny^  duchesse  de  Fleur  y,  et 
Je  trouve,  page  215,  la  phrase  suivante 
dont  j'ai  été,  je  l'avoue,  assez  frappé  : 

...  un  comte  de  S  . .  ancien  envoyé  de  Perst 
à  la  Cour  de  France^  Piémontais  par  son 
père^  Polonais  par  sa  mère,  cocu  allemand 
par  sa  femme,  Anglais  par  ses  alliances, 
Russe  par  une  cousine,  Français  par  con- 
quête et  espion,  pai  goiît,  état  et  habitude... 

Comment,  un  envoyé  de  Perse  à  la 
Cour  de  France  au  commencement  du 
dix-neuvième  siècle  !  Il  y  a  ici,  évidem- 
ment, une  double  erreur  de  texte,  échap- 
pée a  la  perspicacité  de  l'érudit  académi- 
cien, et  tout  porte  à  croire  qu'il  s'agit  du 
marquis  Girolamo  Lucchesini,  né  en  175 1 
d'une  famille  patricienne  de  la  princi- 
pauté de  Lucca,  qui  entra  en  1780  au  ser- 
vice de  Frédéric-le-Grand  comme  cham- 
bellan, fut  chargé  par  les  successeurs 
du  grand  Roi  de  diverses  missions  di- 
plomatiques et  nommé  en  1802  minis- 
tre de  Prusse  à  Paris  ;  il  donna  sa  démis- 
sion en  novembre  1806,  lorsque  le  cabi- 
net prussien  rejeta  l'armistice  qu'il  avait 
conclu  avec  Napoléon,  mais  il  resta  à  Pa- 
ris et  reçut  de  l'Empereur  la  clef  de 
chambellan  de  sa  sœur,  la  princesse  de 
Lucca,  Elisa  Bonaparte.  Il  mourut  en 
1825,  à  Florence.  Le  marquis  Lucchesini 
était  détesté  du  parti  guerrier  de  la  Cour 
de  Berlin.  On  y  voyait  avec  extrême  mé- 
fiance l'admiration  qu'il  portait  à  Napo- 
léon et  l'amitié  qui  l'unissait  à  Talley- 
rand,  et  on  l'accusait  ouvertement  de  ser- 


DBS  CHBRCHBURS  HT  CURIEUX 


so    Juillet  191^ 


45 


46 


vir  plutôt  les  intérêts  de  la  France  que 
ceux  de  son  pays  adoptif,  qui  l'avait  com- 
blé de  bienfaits.  Le  marquis  Lucchesini 
était  marié  à  une  demoiselle  Tarrach, 
fille  du  conseiller  intime  de  finances  Fré- 
déric-Guillaume Tarrach  et  sœur  du  mi- 
nistre de  Prusse  à  Stockholm,  Fréiéric- 
François  de  Tarrach  (anobli  en  1767), 
ainsi  que  de  la  femme  du  général  de  Bis- 
choffswerder,  le  favori  tout  puissant  du 
roi  Frédéric-Guillaume  de  Prusse. 

D""  A.  DE  WlLKE, 


Régiments  Savoya.  Wad  Ras.  — 

En  janvier  1910,  je  posais  une  question 
sur  le  nom  de  ces  régiments. Les  aimables 
réponses  que  j'ai  reçues  n'ont  pas  pourtant 
satisfait  ma  curiosité.  Voilà  que  je  trouve 
dans  VHiitoiia  organica  de  las  armas  de 
Infanieria  y  Cahalleria  Espanolas  desde  la 
creacion  del  Ejercilo  permanente  hasta  el 
dia  par  le  lieutenant  général  comte  Clo- 
nard,  de  l'Académie  royale  d'Histoire,  16 
vol.  Madrid  1861-1855,  l'historique  de  ce 
régiment.  Créé  en  16^3  comme  «  Tercio 
de  Savoya  »  avec  la  base  de  quelques 
soldats  du  «  Tercio  de  Lombardia  »*  et  des 
recrues.  Dans  la  réorganisation  de  l'ar- 
mée de  1707,  l'infanterie  fut  organisée 
en  régiments  et  «  Savoya  »  garda  son 
nom.  Mais  en  1815  lorsqu'il  prend  part 
à  l'expédition  du  Mexique,  il  reçoit  le 
nom  de  régiment  <  Reina  Expediciona- 
rio  ».  Rentré  en  Espagne  en  182 1,  il 
est  reformé  en  1823  comme  toute  l'ar- 
mée constitutionnelle.  Recréé  de  nou- 
veau en  avril  1824,  il  reprend  son  nom 
de  «  Savoya  »  et  sa  vieille  devise  «  El 
terror.  » 

En  1724,  son  colonel,  Antonio  Sales, 
prétend  faire  remonter  l'origine  du  régi- 
ment aux  bandes  du  roi  Ferdinand  le 
Catholique,  mais  sa  vraie  origine  ne  re- 
remonte  pas  au  delà  des  troupes  qui  allè- 
rent en  Italie,  et  qui  ont  formé  le  «  Ter- 
cio Lombardia  ».  Une  partie  de  ces  trou- 
pes furent  destinées  à  protéger  les  Etats 
du  Piémont  et  de  la  Savoie,  dont  le  duc 
était  l'allié  des  rois  espagnols  Charles  I  et 
Philippe  II. 

Voilà,  en  quelques  mots, l'historique  de 
ce  régiment,  mais  dans  cet  ouvrage,  où 
l'on  trouve  tous  les  régiments  exis- 
tants en  1855,  on  ne  trouve  rien  sur  le 
<  Wad  Ras  >  .Donc  il  a  dû  être  créé  après 


cette  date,  et  peut-être  lors  de  la  campa' 
gne  du  Maroc  de  1859. 

le  pose  de  nouveau  la  question  :  quels 
chercheurs  me   diront   l'origine   du  régi- 


ment «  Wad  Ras  »  ^ 


America. 


Rue  de  la  Victoire.  —  On  lit  dans 
l'Histoire  de  France  populaire  de  Henri 
Martin,  page  443,  colonne  i  du  tome  IV 
de  l'édition  Furne,  jouvet  et  C'«,  à  pro- 
pos du  retour  de  Bonaparte  de  Rastadt  à 
Paris,  après  le  traité  de  Campo-Formio  : 

Bonaparte  vint  descendre  à  Paris  dans  un 
petit  hôtel  qu'il  avait  acheté  rue  Chante- 
reine.  La  municipalité  parisienne  changea  le 
nom  de  cette  rue  en  celui  de  rue  de  la  Vic- 
toire. 

D'autre  part,  M.  le  marquis  de  Roche" 
gude,  dans  son  Guide  pratique  à  traver^ 
le  vieux  Paris  (Hachette  et  C'%  1903)  dit 
à  la  page  195,  à  propos  de  la  rue  de  la 
Victoire  : 

Ex-rue  Chantereine.  —  Les  religieux  de 
la  Victoire,  établis  près  de  Senlis  y  possé- 
daient des  terrains.  Le  nom  de  la  Victoire 
était  en  souvenir  de  Bouvines. 

Quelle  est  la  vraie  origine  du  nom  de 
la  rue  ? 

Toujours  d'après  M.  de  Rochegude,  la 
maison  habitée  par  Bonaparte  était  au 
no  60. 

L'hôtel  dit  de  la  Victoire  dessiné  par  Le- 
doux,  où  habita  Talma,  puis  Joséphine  de 
Beauharnais  (18  Brumaire);  Bonaparte;  gé- 
néral Lefévre-Desnouettes  ;  général  Ber- 
trand. Abattu  en  1860,  pour  être  transformé 
en  maison  de  rapport  ! 

La  façade  en  est  très  ornée.  Mais  une 
plaque  commémorative  devrait,  sur  cette 
façade,  indiquer  quels  hôtes  célèbres  ont 
demeuré  sur  son  emplacement.  Com- 
ment n'y  a-t-on  pas  pensé,  comme  on 
l'a  fait  sur  bien  d'autres  immieubles  re- 
construits ?  V.  A.  T. 

"Vienne-le-Château.  —  Je  me  met- 
trais volontiers  en  rapport  avec  le  collè- 
gue A  E-,  signataire  d'une  demande  de 
renseignements  sur  Vienne-le-Château 
(Marne).  GÉo  Richard. 

Comte  de  Bellevue.  -^  ]'ai  acheté 
récemment  à  une  vente  à  Paris,  par  l'in- 
termédiaire de  M.  Plat,  une  médaille  en 
argent  du  diamètre  d'une  pièce  de  cinq 
francs.  Elle  porte  :  au  droit,  un  écusson 


N**  1334.  Vol.  LXVl 


L'INTERMEDIAIRE 


47 


48 


d'or  au  chevron  d'azur  chargé,  an  sommet 
d'unecroisette,  et  accompagné  en  chef  de  deux 
étoiles,  et  en  pointe  d'une  ancre.  Couronne 
de  comte.  —  Supports  :  deux  sauvages. 
—  devise  :  *<  Spes  et  virtus  »  —  au  bas  : 
une  croix  de  saint  Louis  et  une  croix  de 
la  Légion  d'honneur  ; 

Au  revers  :  »<^  Comte  de  Bellevue.  Sou 
venir.  Né  le  7  juin  1787,  mort  le  25  jan- 
vier 1874  ». 

L'un  de  nos  collaborateurs  pourrait-il 
rae  dire  à  quelle  famille  appartenait  ce 
comte  de  Bellevue,  qui  ne  faisait  pas  par- 
tie de  la  famille  des  Fournier  de  Bellevue, 
qui  est  la  mienne  ? 

Marquis  de  Bhllevùe. 

Comte  de  Chaléons.  —  Un  collabo- 
rateur pourrait-il  fournir  une  notice  bio- 
graphique (avec  dates  de  naissances  et  de 
mort)  sur  le  comte  Charles  de  Chaléons, 
qui  avait  pris  service  en  Piémont  ?  En 
1837,  il  était  lieutenant  au  régiment  de 
cavalerie  de  Gênes. 

A.  L.  Berti. 

Eugène  de  Goulard.  —  Né  et  mort 
à  Versailles  (^1808-1874).  Elu  député  des 
Hautes-Pyrénées  en  1847,  '849,  1871. 
Fut  ministre  du  Commerce  en  1872,  des 
Finances  cette  même  année,  de  l'Intérieur 
en   1872-1873. 

Je  serais  reconnaissant  aux  collègues 
qui  me  feraient  connaître  si  M.  de  Gou- 
lard a  laissé  des  descendants  ;  s'il  existe 
des  biographies  de  lui^  un  recueil  de  ses 
lettres,  des  documents  l'intéressant. 

De  Lomné. 

Jean  Léger,  dit  Legeay.  —  Venu 
en  1754  h  la  cour  de  Frédéric  le  Grand, 
cet  architecte  français  a  su  s'assurer  la 
grâce  et  l'approbation  entières  du  roi  : 
il  reçut  plusieurs  commandes,  entre  au- 
tres celle  d'ébaucher,  avec  Knobelsdorflf, 
le  plan  de  l'Eglise  Sainte-Edwige  à  Ber- 
lin ;  mais  en  1763,  il  se  brouilla  avec  ie 
roi  (voir  à  ce  sujet  les  Souvenirs  de  Thié- 
bault)  et  se  retira  à  Schwerin,  puisa  Ros- 
tock  (Grand-duché  de  Meklembourg- 
Schweriny.  Il  parait  avoir  signé  plusieurs 
gravures  ;  le  Catalogue  du  Cabinet  Pat- 
gnon-Dijonral  (rédigé  par  Besnard,  p. 
345)  en  énumère  deux.  La  même  collec- 
tion doit  avoir   renferme    plusieurs  des- 


sins à  la  plume  de  Legeay  (ou  Le  Geay) 
représentant  des  scènes  italiennes  (Voir  à 
ce  sujet  G  -K.  Nagler,  Neues  allgemeines 
Kunstler  lexicon,  Munich,  1837,  t.  V,  p. 
çô.t.  VII.  p.  398).  On  le  croit  collaborateur 
de  l'album  Rottta  antica  e  modema  de  Ve- 
nuti.  Il  a  gravé  trois  planches  in-folio 
oblong,  représentant  des  intérieurs  et  la 
façade  de  l'Eglise  Sainte-Edwige,  à  Ber- 
lin. 

Qye  sait-on  de  ce  personnage  .?  Q.uelle 
est  la  date,  quel  est  le  lieu  de  sa  nais- 
sance et  de  son  décès  .''  Les  lexicographes 
n'en  savent  rien.  Joachim  Kùhn. 

J.-F.  Périer,  évoque  constitu- 
tionnel du   Puy-de-Dôme   (1791). 

—  Le  13  février  17Q1,  les  Electeurs  du 
Puy-de  Dôme  étaient  appelés  à  donner 
un  successeur  à  Mgr  de  Bonal,  évêque  lé- 
gitime de  Clermont  qui,  en  pleine  séance 
de  la  Constituante,  s'étant  prononcé  con- 
tre la  prestation  du  serment,  avait  été 
déclaré  démissionnaire.  Le  14  Février,  dès 
le  premier  scrutin,  une  imposante  majo- 
rité désigna,  pour  cette  intronisation  à 
l'épiscopat,  rOratorien  Jean-François  Pé- 
rier, supérieur  de  l'Ecole  militaire  d'Ef- 
fiat,  près  d'Aigueperse,  —  école  alors  di- 
rigée par  des  prêtres  de  cet  Ordre  et  dans 
laquelle  furent  élevés  le  maréchal  Desaix, 
de  Marengo,  et  ses  deux  frères. 

Né  dans  le  Dauphiné,  vers  1740,  J.-F, 
Périer  mourut  en  1824,  sous  la  Restaura- 
tion, devenu  d'évêque  républicain,  évêque 
légitime  d'Avignon. 

Ce  Prélat,  ami  du  pouvoir,  —  de  tous 
les  pouvoirs,  —  était-il  allié  à  la  famille, 
bien  connue,  du  Conseiller  à  la  Cour  des 
Aydes  de  Clermont,  Florin  Périer  [1605 
f  1672],  époux  de  Françoise-Gilbcrte 
Pascal,  sœur  aînée  de  l'illustre  Bl.  Pas- 
cal ? 

Ulric  R.-D. 

Seigneurie  des  Préaux.  —  Fran- 
çois de  joyeuse,  fils  de  Louis  de  Joyeuse 
et  de  Jeanne  de_  Bourbon-Vendôme  (fille 
elle-même  de  Jean  de  Bourbon,  comte  de 
Vendôme  et  de  Isabelle  de  Beauveau),  qui 
épousa,  en  1506,  Anne  de  Gaste,  est  qua- 
lifié dans  les  documents  qui  le  mention- 
nent, de  sire  de  Bothéon,  Grandpré,  les 
Préaux. 

On  désirerait  savoir  où  se  trouvaient 
CCS  diverses  terres,  (provinces  —  dépar- 


DBS  OHBRCHBURS  HT  CURIBUX 


30  Juillet  191*  . 


49 


5'^ 


tements  actuels)   notamment  en  ce    qui 
concerne  les  Préaux.  Bellechasse. 

Armoiries  à  déterminer  :  trois 
fasces  échiquetées.  —  i"  De...,  à 
trois  fasces  échiquetées  de...  et  de... 

Armoiries  d'un  prélat  de  la  Régence, 
Chapeau  de  cardinal  et  couronne  ducale. 
Fer  de  reliure, 

2°  De  gueules  au  sautoir  d'or  ; 

3"  Parti  de  gueules  au  sautoir  d'or,  et 
d'a:(ur  au  lion  rampant  d'argent. 

Ces  deux  dernières  armoiries,  peintes 
sur  les  pages  d'un  livre  d'heures  daté  de 
1404.  XX. 

Armoiries  d'un  évêque  étranger  : 
arbre  et  2  moutons.  —  A  déterminer 
l'écusson  suivant,  facture  du  commence- 
ment du  xix«  siècle  :  d'a:(ur  à  Varhre  sur 
une  terrasse  au  pied  duquel  paissent  2  mou- 
tons affrontés.^  le  tout  d'argent. 

La  CoussiÈRE. 

Armoiries  archiépiscopales  :  sept 
épis  et  tour  d'argent.  —  Quel  est  l'ar- 
chevêque étranger,  du  siècle  dernier  pro- 
bablement, qui  portait  :  parti  :  d'a:{ur  à 
7  épis  de  blé  de...  ;  d'a:(ur  à  la  tour  d'ar- 
gent surmontée  d'une  cigogne  du  même.,  te- 
nant en  son  bec  un  serpent  ;  au  chef  sur  le 
tout  :  de  gueules  semé  de  fleurdelys  d'ar- 
gent au  larnbel  d'or.  St-Saud. 

Fer  aux  armes  des  Becdelièvre. 

—  Je  possède  un  livre  relié,  qui  porte  sur 
le  plat,  dans  un  cartouche  Louis  XIV  sur- 
monté d'une  couronne  comtale,  l'écusson, 
sans  émaux,  de  la  famille  de  Becdelièvre 
(2  croix  fichées,  coquille).  Autour  l'ms- 
cription  suivante  :  d.  d.  1.  b.  becdelièvre 

DE.     la.    BVSNELWS.    COMP.    PROTOP.     Ry€. 

A  qui  pouvait-il  appartenir  ?  Que  si- 
gnifient les  derniers  mots  de  la  légende  .'' 
Si  D.  D.  veut  dire  doctor  divinitatis  (titre 
qu'on  donne  de  nos  jours  à  des  prélats 
surtout  anglais  ou  américains  —  ustati^ns 
comme  on  désire  qu'il  soit  dit  maintenant) 
il  y  aurait  des  attributs  prélatices  autour 
de  l'écu.  Saint-Saud. 

Sceau  à  identifier  :  J.  Pétri 
Prioris  de  Bries.  —  A  qui  attribuer 
un  sceau,  que  je  suppose  du  xv«  siècle, 
qui  porte  comme  inscription  : 

4-  S.  PETRI  PRIORIS  DE  BRIES  : 


et  dans  le  champ  une  croix  ancrée  au 
pied  fiché,  cantonnée  de  quatre  fleurs-de- 
lis  ?  Henri  de  Brion. 

Une  estampe  d'après  Watteau  : 
Tobie  faisant  enterrer  les  morts.  — 

Je  lis  dans  le  Catalogue  de  V Œuvre  gravé 
de  Watteau  (Concourt,  L'art  au  xviii«  51^- 
cle)  ce  titre  :  «  Tobie  faisant  enterrer  les 
morts  »  —  et  je  le  trouve  également 
dans  l'ouvrage  de  Cellier  :  Antoine  IVat- 
teau. 

Un  collègue  pourrait-il  me  renseigner 
sur  cette  estampe  que  je  n'ai  jamais  ren- 
contrée et  qui  esi  si  peu  dans  le  genre  de 
Watteau  ?  Elle  aurait  été  gravée  par  Hu- 
quier,  toujours  d'après  Concourt  et  Cellier. 

J.  V.  P. 

Le  sourire  de  l'âme.  —  Voltaire. 

—  Où  Voltaire  parle  t  il  de  «  ce  sourire 
de  rame  préférable  au  rire  de  la  bouche  »? 

Fraval. 

«  Les  fripons  ne  savent  pas  rire  ». 
Dumas  père.  —  Où  Alex.  Dumas  a-t-il 
écrit  qu'il  y  a  une  catégorie  d'individus 
qui  ne  savent  pas  rire  :  les  fripons  ? 

Fraval. 

Tes  Te-Deum  des  rois  sont  les  De 
profundis  -es  peup  es.  —  Quel  est 
l'auteur  de  cette  pensée  ^  Est-elle  anté- 
rieure à  celle  de  l'abbé  Grégoire,  qui 
sous  une  forme  différente,  exprime  la 
même  chose  :  «  Les  victoires  des  rois 
sont  le  martyrologe  des  nations  »  ? 

A  rapprocher  aussi  les  deux  vers  sui- 
vants, dont  j'ignore  l'auteur  : 

A  vaincre  tant  de  fois,  nos  forces  s'affaibiis- 

[sent, 
Le  prince   est  triomphant,  mais    les    peuples 

[gémissent. 

Aimé  Thouvenin. 

Trois  pourcent. —  Quiroga,(noms 
de  vêtements). —  Dans  le  chapitre  263 
de  ses  Mémoires,  Dumas  parle  des  vête- 
ments politiques,  et  cite  parmi  d'autres, 
des  «  trois  pour  cent  >  et  des  «  quirogas  ». 
Quel  est  l'intermédiairiste  qui  aurait  la 
bonté  de  me  dire  le  sens  et  le  pourquoi 
de  ces  noms  ?  America. 

Mariage  des  médecins.  —  Dans  un 
curieux    petit   ouvrage    intitulé  :    De   la 


I 


N»  Jj34  Vol.  LX'wI. 


L'iNTfiilMBDIAiRÈ 


5» 


52 


Cbarlaianerie  des  Savants  pas  M.  Menkcn 
(a  la  Haye.  «721)  je  trouve  cette  note 
singulière  : 

Les  Athéniens  avaient  une  loi  qui  défen- 
dait aux  esclaves  de  faire  l'amour.  A  pro- 
pos.. .  il  me  souvicMit  d'avoir  lu  que  ce  :,e 
fut  que  sous  le  règne  d»;  Charles  Vil  que  les 
médecins  eurent  permission  en  France  de  se 
marier. 

Quel  texte  pourrait  bien  venir  à  l'appui 
dune  semblable  assertion  ? 

René  Villes. 


La  Reconstitution  des  actes  de 
rétat-ci\ il  parisien.  -  L'intérêt  pra- 
tique de  la  reconstitution  de  ces  actes  est 
trop  évident  pour  qu'il  soit  nécessaire  de 
le  démontrer. 

Aussi,  une  loi  du  12  février  1872,  or- 
donna telle  de  procéder  d  office  à  cette 
reconstitution  rendue  nécessaire  par  suite 
des  incendies  de  187  i . 

Dans  un  but  louable,  dont  il  est  facile 
de  comprendre  les  causes,  un  délai  fut 
fixé  pour  procéder  à  cette  reconstitution, 
aux  intéressés  et  aux  administrations  qui 
par  leurs  fonctions  avaient  des  documents 
suffisants  :  paroisses,  notaires,  enregis- 
trement etc.. 

Les  authentiques  ou  les  pièces  pouvant 
en  tenir  lieu  devaient  être  examinées,  ac- 
ceptées ou  rejetées,  le  tout  gratuitement, 
par  une  commission  spéciale  attachée  aux 
archives  départementales.  Ces  archives 
conservaient  les  documents  et  en  en- 
voyaient des  copies  certifiées  au  greffe  du 
Tribunal  de  la  Seine. 

Cette  commission  fonctionna  régulière- 
ment, et  si  son  travail  n'est  pas  plus 
complet  qu'il  ne  l'est,  ce  n'est  certaine- 
ment pas  elle  qui  en  est  responsable. 

Ce  travail  colossal,  concentré  et  classé 
au  quai  Henri  IV,  est  confié  à  la  garde 
d'un  personnel  particulièrement  compé- 
tent. 

Les  délais  assignés  par  la  loi  de  1872 
étant  expirés, la  loi  du  ^  juin  iSçj  indiqua 
un  nouveau  mode  d'opérations  à  suivre 
pour  continuer  ces  reconstitutions. 

Depuis  la  promulgation  de  cette  loi  ij  a 
été  fait  Une  distinction  : 

Entre  les  extraits  authentiques  qui  doi- 
vent être  déposés  directement  au  greffe  du 
Tribunal  de  la  Seine  pour  y  être  conser- 
ves et  dont  le  Tribunal    n'envoie  qu'une 


copie  aux  archives  départementales,  le 
tout  sans  frais  ; 

Et  les  preuves  autres  que  la  production 
d'un  extrait  authentique  pour  lesquelles  il 
faut  s'adresser  au  Procureur  de  la  Répu- 
blique afin  d'obtenir  un  jugement  dont 
les  irais  s'élèvent  au  minimum  à  200  fr. 

On  se  demande  pourquoi  on  confie  à  un 
gretfier.  qui,  quel  que  soit  son  mérite  pro- 
fessionnel n'a  peut-être  pas  toutes  les 
qualités  requises  pour  examiner  et  rece- 
voir des  documents,  alors  qu'il  y  a  tou- 
jours aux  archives  départementales  le 
même  personnel  particulièrement  compé- 
tent. 

On  se  demande  aussi  pourquoi  les  au- 
thentiques déposés  avant  1893  se  trou- 
vant aux  Archives  départementales,  on  ne 
donne  plus  à  ce  dépôt  que  des  copies  de- 
puis cette  date. 

On  se  demande  enfin  pourquoi  on  met 
un  obstacle  grave  à  des  reconstitutions  si 
essentielles  en  exigeant  un  acte  judiciaire 
long  et  coûteux,  alors  que  le  personnel 
actuel  des  Archives  départementales 
pouriait  constituer  une  commission  char- 
gée de  faire  ce  travail,  rapidement,  sûre- 
ment et  sans  frais. 

C'est  à  tort  qu'on  a  voulu  assimiler  la 
situation  de  l'Êtat-civil  parisie  1  à  celles 
de  l'Etat  civil  de  cités  beaucoup  moins 
importantes  auxquelles  il  manque  seule- 
ment quelques  registres. 

La  situation  de  Paris  est  exceptionnelle 
et  doit  être  exceptionnellement  traitée. 

Q.ue  pourrait-on  faire?     I.-G.  Bord. 

La  faute  à  Rousseau.  —  Où  pour- 
rais-je  trouver  le  texte  complet  de  la 
chanson  : 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 
C'est  la  faute  à  Rousseau... 

Quel  en  est  l'auteur  ?  Sur  quel  air 
cela  se  chantait-il  ?  Dans  quelles  circons- 
tances la  chanson  fut-elle  composée  ^ 

Nhpt. 

L'encre  rouge  des  vérifications 
de  mémoires.  —  J'ai  sous  les  yeux  un 
mémoire  d  ouvrages  de  peinture  qui  a  été 
vérifié  et  modéré  par  Capron,  architecte 
expert  à  Paris,  le  1^  décembre  1782.  Il 
porte  des  rectifications  à  l'encre  rouge 

L'usage  de  cette  encre  par  les  vérifica- 
teurs de  mémoire  est-il  beaucoup  plus 
ancien  ?  Sy 


DBS  CHBRCHMURS  EX  CUkIJaUX 


2  0  Juillet  191» 


53 


54 


Îlep0n$c6 


Le  siège  de  Paris  de  886  :  laplaque 

du  Petit-Pont  (LXVI,  3).  —  M.  André 
Mesureur  veut  bien  prendre  la  peine  de 
nous  adresser  la  note  suivante  : 

La  plaque  du  Petit  Pont,  iors  de  la  démoli 
tion  de  l'annexe  de  rHôtel-Dieu,  a  été  déposée 
au  service  des  .  ravaux  historiques  de  la  ville 
de  Paris  (Hôtel  Le  Pelletier  de  Saint-Far- 
geau,  rue  de  Sévigné)  où  elle  attendra  la  fin 
de  l'opération  de  voirie,  à  faire  en  cet  en- 
droit, et  la  reconstruction  d'un  immeuble 
permettant  de  la  réinstaller. 

Marie-Antoinette  :  Son  protégé 
Armand.  Etait-ce  le  pauvre  Jac- 
ques? (LXV,  829).  —  Il  ne  semble  pas 
qu'il  puisse  y  avoir  de  rapport  entre  le 
petil  Jacques  de  Mme  de  Campan  et  le 
pauvre  Jacques  de  Mme  Elisabeth.  Celui- 
ci  est  arrivé  en  effet  de  Fribourg,  directe- 
ment, en  âge  d'être  fiancé  et  capable  de 
mériter  toute  la  confiance  de  Mme  Elisa- 
beth pour  la  distribution  du  lait  aux  pau- 
vres de  Montreuil  (Cf.  M.  Antoine  Fer- 
rand  {Eloge  historique  de  Mme  Elhabeth  de 
France  ?Ans,  Dessenne,  1814  p.  4^  et  sur- 
tout p.  155  une  note  de  Mme  de  Bombel 
datée  de  179^). 

Cet  Armand  serait-il  l'enfant  dont  parle 
Montjoye  sans  le  nommer  [Hiiioire  de 
Marie- AntoineUe  de  France  Paris,  V«  Le- 
petit_,  1814,  T.  1.  p  78)?  llavait  troisanset 
était  orphelin  de  père  et  de  mère  quand 
Marie-Antoinette  le  recueillit  au  village 
de  St-Michel,  près  Versailles. 

La  reine  permettait,  dit  Montjoye,  qu'il 
vint  tous  les  jours  dans  son  appartement  se 
livrer  sans  contrainte  à  tous  les  divertisse 
ments  de  son  âge...  Ce  même  enfant  de 
trois  ans  ayant  été  pris  d'un  accès  de  fièvre, 
qu'on  supposa  lui  avoir  été  communiqué  par 
une  des  caresses  de  son  auguste  bienfaitrice 
qui,  dans  ce  moment,  était  elle-mèrae  léjjjère- 
ment  incommodée,  les  poètes  s'attachèrent 
à  cette  circonstance  pour  dire  à  la  reine  de 
ces  riens  agréables,  dont  sa  vanité  seule,  si 
elle  eût  connu  cette  passion,  eût  pu  être 
flattée  (suivent  quelques  vers). 

A  ces  enfants  qui  auraient  été  recueillis 
pour  être  élevés  près  d'elle,  par  la  bien- 
faisante Marie-Antoinette,  on  peut  ajouter 
<;<  le  Chevalier  Fortuné,  jeune  enfant  que 
Sa  Majesté  avait  daigné  élever  jusqu'à 
l'époque   de   sa   première   grossesse  »   et 


qui  présenta  à  la  Reine,  lors  de  la  nais- 
sance du  Dauphin,  des  vers  écrits  par  M. 
D'Aumaîe  de  Corsen^  ille  {Cf.  Almanach 
littéraire  ou  Etrennes  d'Apollon,  1787 
p.  XVI).  C.  Dehais. 

Santerre  et  la  mort  de  Louis  XVI 

(LXV,  741).  —  Les  témoignages  concer- 
nant la  personnalité  qui  aurait  ordonné  le 
roulement  de  tambours  du  21  janvier 
étant  absolument  contradictoires,  et  la 
réalité  de  cet  épisode  étant  même  contes- 
tée, nous  ne  tenterons  pas,  après  tant 
d'autres,  d'élucider  une  question  sur  la- 
quelle on  a  déjà  tant  écrit,  sans  ea  faire 
avancer  la  solution  d'un  pas. 

Nous  nous  bornerons  à  exposer  cer- 
taines réflexions  que  nous  a  suggérées  la 
lecture  de  l'article  inséré  dans  \  Intermé>- 
diaire  du  10  juin. 

L'auteur,  M.  Camille  Pitollet,  conclut 
de  ce  que  l'abbé  Edgeworth  désigne 
comme  ayant  ordonné  le  roulement  de 
tambours  \<  un  homme  à  cheval  en  uni- 
forme national  »  que  cet  homme  ne  pou- 
vait être  Santerre,  pour  cette  raison  qu'il 
devait  le  connaître,  et  que,  le  connaissant, 
il  l'eût  nommé  si  c'eût  été  lui.  D'abord, 
rien  ne  prouve  que  l'abbé  Edgeworth 
connaissaitSanterre,etselon  nous,  cette  ex- 
pression «,<  uniforme  national  >  désigne 
très  clairement  l'uniforme  de  la  garde  na- 
tionale, dont,  parmi  les  généraux  pré- 
sents, Santerre  seul  pouvait  être  revêtu, 
les  deux  autres  mis  en  cause,  Berruyer 
et  Beaufranchet,  appartenant  à  l'armée 
régulière,  ce  dernier  en  qualité  de  chef 
d'F.tat-major  général  de  l'armée  campée 
sous  Paris. 

En  tout  état  de  cause,  il  semble  tout  au 
moins  étrange,  et  contraire  aux  règle- 
ments militaires,  qu'un  chef  d'Etat-major, 
en  présence  et  aux  côtés  de  son  supérieur 
hiérarchique,  ait  donné  un  ordre.  A  notre 
avis,  si  l'ordre  a  été  réellement  donné,  il 
a  dû  l'être  par  le  commandant  en  chef,  et 
non  par  son  chef  d'Etat-major,  qui  n'a  pu 
que  le  transmettre,  ce  qui  est  bien  diffé- 
rent. 

Mais  voici  qui  est  plus  grave. 

M.  Pitollet  affirme  qu'étant  professeur 
au  Collège  d'Aurillac,  il  s'est  livré  à  une 
enquête  fructueuse,  appuyée  sur  un  «  ma- 
tériel documentaire  irréfutable».  Nous  al- 
lons voir  que  les  fruits  de  cette  enquête 
sont  absolument  contredits  par  la  réalité 


N»  1334  Vol.   LXVI. 


L'JNTSRMBDIAIK» 


55 


56 


des  faits,  et  ce  que  vaut  ce  susdit  «  ma- 
tériel documentrure  irréfutable.  » 

L'honorable  professeur  nous  dit  que  le 
Général  de  Beaufranchet  (qu'il  appelle 
«  le  sieur  Beaufranchet  >»,  on  se  demande 
pourquoi)  se  retira  au  commencement  de 
la  Restauration  au  village  d'Ayat,  où  il 
termina  ses  jours,  —  dans  une  continuelle 
terreur  de  représailles,  et  que  «  le  bruit 
des  pas  d'un  cheval,  affirme  un  témoin 
bien  renseigné,  éiait  pour  lui  l'annonce 
de  l'irruption  de  la  gendarmerie,  et  il  finit 
par  succomber  de  frayeur.  » 

Or,  i"  Ce  n'est  pas  au  village  d'Ayat, 
mais  au  château  de  ce  nom,  situé  com- 
mune de  Blot-l'Eglise,  qu'habitait  le  gé- 
néral. 

2°  Les  gendarmes  de  la  Restauration 
auraient  eu  grand'peine  à  l'effrayer,  car 
lorsque  Louis  XVlll  remonta  sur  le  trône, 
le  général  dormait  depuis  longtemps  déjà 
son  dernier  sommeil,  étant  mort  le  2 
juillet  i8i2. 

3°  enfin,  ce  n'est  pas  à  Ayat,  mais  à 
Vichy  que  le  général  de  Beaufranchet 
termina  ses  jours.  Son  acte  de  décès,  en 
date  du  2  juillet  1812,  est  signé  de  M.  de 
Bardon,  alors  maire  de  cette  localité.  Il 
résidait  dans  une  maison  appartenant  au 
sieur  François  Charles,  et  située  dans  la 
Section  des  Bains. 

En  présence  de  preuves  et  de  faits  aussi 
précis,  il  nous  semble  inutile   d'insister. 

F.  Arverne. 


Extrait  du  Registre  des  Actes  de  décès 
de  la  Commune  de  Vichy  pour  l'année 
1  812  : 

L'an  mil  huit  cent  douze,  le  2  juillet,  par 
devant  nous,  Godefroy  de  Bardon,  maire,  of- 
ficier de  l'Etat-civil  de  la  commune  de  Vichy 
canton  de  Cusset,  département  de  l'Allier, 
sont  comparus  Antoine  Guionnet,  âgé  de  60 
ans,  cultivateur,  et  Jacques  Sarayer.  journa- 
lier, âgé  de  so  ans,  tous  deux  domiciliés  eu 
cette  commune,  lesquels  nous  ont  déclaré 
que  le  deux  du  présent  mois,  à  4  heures  du 
matin,  Louis  Charles  Antoine  de  Beaufran- 
chet d'Ayat,  général  de  brigade.  Inspecteur 
gêné  al  du  Haras  de  l'tmpire,  âgé  de  SS  ans, 
demeurant  en  son  château  situé  commune 
de  Blol  rtglise,  D'  du  Puy-de-Dôme,  époux 
de  Dame  Charlotte  Josephme  Kempter  de 
Plobscm,  demeurant  avec  lui,  est  décédé  en 
la  maison  du  sieur  François  Charles.  Sec- 
lion  des  Bains,  de  cette  commune  de  Vichy, 


et  les  liéclarants,  après  lecture  faite,  ont  dit 
ne  savoir  signer. 

Signé  au  Registre, 

De  Bardon. 

* 

Un  nommé  Rozambeau  fut  arrêté  à 
Tarbes  le  4  janvier  1815  et  dirigé  sur  Pa- 
ris ou  il  arriva  le  31.  Une  lettre  du  mar- 
quis de  Villeneuve,  préfet  des  Hautes-Py- 
rénées, envoya  sur  cet  individu  la  note 
suivante  : 

Rozambeau  a  été  tambour  maître  en  1795 
et  dans  la  journée  fatale  du  21  janvier  de  la 
même  année,  il  donna  en  cette  qualité  le  si- 
gnal du  roulement  des  tambours  au  moment 
où  Louis  XVI  voulut  manifester  sa  dernière 
volonté  à  son  peuple. 

Il  passa  du  grade  de  Tambour-maître  à  ce- 
lui de  sergent-major  du  bataillon  des  sans- 
culottes,  il  abandonna  le  service  militaire 
pour  suivre  la  partie  dramatique  dans  la- 
quelle il  n'a  pu  obtenir  l'approbation  publi- 
que et  à  laquelle  il  a  été  contraint  de  renon- 
cer. 

J.-G.  Bord. 

La  condamnation  de  Louis  XVI 
et  1a  franc-maçonnerie  (LXll  à  LXV, 
106,  209,  265,  413.  609,  653,  6q8,  837; 
LXVI,  11).  — Je  n'ai  échangé  que  deux 
ou  trois  lettres  avec  le  père  Abel,  au  su- 
jet du  document  en  question  et,  ne  le 
connaissant  pas  autrement,  je  trouverais 
indiscret  de  lui  adresser  le  questionnaire 
formulé  par  M.  Zan. 

Mais,  des  trois  personnages  mis  en 
scène,  le  premier  est  un  prédicateur  cé- 
lèbre en  Autriche,  le  second  (son  père)  a 
été  premier  ministre  de  Bavière  et  le  troi- 
sième (son  grand-père)  est  un  franc-ma- 
çon notoire,  un  des  premiers  disciples  de 
Weishaupt.  Ainsi  tous  les  trois  ont  eu 
leur  vie  publique  et,  à  ce  point  de  vue, 
relèvent  plus  ou  moins  de  l'histoire.  Il 
sera  donc  facile  à  notre  confrère  Zan,  s'il 
tient  à  être  renseigné  sur  les  questions 
qu'il  pose,  de  retrouver  leur  biographie, 
je  regrette,  quant  à  moi,  de  ne  pouvoir  la 
lui  fournir.  Gal. 

Napoléon  a-t-il  été  à   Londres  ? 

''LXV,  6}2).  —  Beaucoup  d'Anglais  pré- 
tendent que  Napoléon,  alors  qu'il  n'était 
encore  que  lieutenant  d'artillerie,  vint  à 
Londres... 

A  cette  époque,  on  le  sait.  Bonaparte 
était    Corse   bien    plus  que    Français.  Et 


DES  CHBRCHBURS    ET  CURIEUX 


90  Juillet  1919 


57 


58 


c'est  pour  s'entretenir  avec  Paoli,  le  grand 
patriote  de  son  île  natale,  alors  réfugié 
à  Londres,  qu'il  se  serait  rendu  dans  cette 
ville. 

Malheureusement  pour  les  «  tenants  » 
de  cette  historiette,  il  existe  une  lettre  de 
Napoléon  à  Paoli,  datée  d'Auxonne  12 
juin  178Q,  qu'a  publiée  autrefois  M.  Fré- 
déric Masson  (Napoléon  inconnu,  tome  II, 
pages  64  à  6b)  et  qui  renferme  ce  pas- 
sage : 

J'espérai  quelque  temps  pouvoir  aller  à 
Londres  vous  exprimer  les  sentiments  que 
vous  m'avez  fait  naître  et  causer  ensemble 
des  malheurs  de  la  patrie  ;  mais  l'éloigne- 
ment  y  met  obstacle.  Il  viendra  peut-être  un 
jour  où  je  me  trouverai  à  même  de  le  fran- 
chir. 

Or,  l'ensemble  de  cette  lettre  (avec 
bien  d'autres  documents)  prouve  que  Na- 
poléon n'avait  jamais  vu  jusque-là  ni 
Londres  ni  Paoli.  D'autre  part,  le  vérita- 
ble obstacle,  pour  lui,  à  un  voyage  à 
Londres,  en  1789,  c'était  son  extrême 
pauvreté  —  et  elle  n'avait  pas  cessé 
lorsque,  en  1790,  Paoli  revint  en  Corse, 
Dès  ce  moment,  le  voyage  n'aurait  plus 
eu  de  raison,  et,  au  surplus,  à  partir  de 
cette  année  1790,  on  connaît  pour  ainsi 
dire  jour  par  jour  l'emploi  du  temps  de 
Napoléon. 

La  légende  anglaise,  on    peut   en    être 
certain,  n'est  donc  . .  qu'une  légende  ! 
A.  Boghaert-Vaché. 


Les  blessures  de  Napoléon  (LXIV  ; 
LXV,  110,  557;.  — M.  de  Mortagne.  col. 
1507,  parle  du  danger  où  se  trouva  Napo- 
léon au  combat  de  Brienne,  selon  OMea- 
ra,  dans  Napoléon  en  exil.  On  trouve  ce 
fait  confirmé  à  peu  près  dans  Der  Impe- 
rator-Napoléon  7814,  par  Charles  Bleib- 
treu,  Berlin,  s.  d.  Malheureusement  M. 
Bleibtreu  ne  donne  pas  les  sources  où  il  a 
puisé. 

Page  21  (le  soir  du  29  janvier') 

...déjà  Napoléon  se  vit  obligé  devant  les 
cavaliers  ennemis  de  se  réfugier  chez  l'inf.in- 
terie  de  Meuniers.  L'officier  d'ordonnance 
Gourgaud  tua  d'un  coup  de  pistolet  bien  k 
temps,  un  cosaque  qui  menaçait  Napoléon 
de  sa  lance,  l'adjudant  général  Dejean  en 
tua  un   autre. 

Page  23  (le  matin  du  30) 

...  Napoléon  même  s'était  hasardé  si  loin, 
que  deux  fois  il  fut  en  d,inger  de  tombât  au 


pouvoir  de  l'ennemi  et  dut  tirer  son  épée- 
Bertier  mêrr.e  reçut  d'un  cosaquî  un  coup  de 
lance  à  la  tète. 

Page  55  fio  février,  bataille  de  Cham- 
paubert) 

...Et  aussi  cette  fois  l'Empereur  se  trouva 
en  danger.  S'étant  hasardé  trop  loin,  avec  le 
maréchal  Lefebvre,  qui  se  trouvait  sans  com- 
mandement au  quartier  général,  ils  se  virent 
attaqués  par  les  cosaques(?)  Le  vieux  maréchal 
se  battit  comme  un  lion,  car  les  escadrons  de 
service  ne  se  trouvaient  pas  à  leur  place 
comme  ils  auraient  dû. 

Comme  on  voit,  M.  Bleibtreu  ne  sem- 
ble pas  très  persuadé  qu'il  s'agissait  des 
cosaques.  Plus  loin,  page  87,  on  trouve 
une  scène  que  Napoléon  fait  à  Guvot, 
commandant  les  encadrons  de  service, 
pour  l'avoir  laissé  sans  sa  garde,  et  pour 
avoir  laissé  tomber  au  pouvoir  de  l'enne- 
mi une  batterie  qu'il  était  chargé  de  cou- 
vrir. 

America. 

NapoléonpoèteT.G.  628.(LXV,832). 
—  On  peut  hardiment  affirmer  que  les  vers 

Je  suis  tiès  las  et  je  voudrais 
Un  repos  champêtre... 

ces  vers  qui  font,  en  ce  moment,  le  tour 
de  la  presse,  ne  sont  point  de  Napoléon. 

Pas  plus  que  n'est  de  lui  la  fable  Le 
Chien,  le  Lapin  et  le  Chasseur,  publiée  au- 
trefois par  le  baron  de  Coston  ! 

Pas  plus  que  n'est  de  lui  le  madrigal  à 
la  Saint-Huberti,  reproduit  partout  d'après 
un  texte  donné  par  la  duchesse  d'Abran- 
tès  ! 

Nous  possédons  de  Bonaparte,  alors 
élève  de  l'Ecole  militaire  de  Paris  (il 
allait  avoir  seize  ans),  des  «  vers  »  au- 
thentiques, signés  fièrement  de  l'initiale 
N.  et  inscrits  sur  son  exemplaire  du  Cours 
de  mathématiques  de  Bezout.  Les  voici: 

Grand  Bezout,  achève  ton  cours, 
Mais  avant  permets-moi  de  dire 
Qu'aux  aspirants  tu  donnes  secours. 
Cela  est  parfaitement  vrai 
Mais  je  ne  cesserai  pas  de  rire 
Lorsque  je  l'aurai  achevé 
Pour  le  plus  tard  au  mois  de  mai  ; 
Je  ferai  alors^lc  conseiller. 

Que  l'on  compare  ceci  à  cela  1... 

M.  Frédéric  Masson,  à  qui  il  faut  re- 
courir sans  cesse  lorsqu'il  s'agit  de  Napo- 
léon, a  publié  une  lettre  écrite  en  1784, 


N* 


'334- 


Vo;.  LXVI, 
^9 


TBKM£DiAiKli 


60 


Par  Bonaparte  à  un  de  ses  oncles  et  où  se 
trouvent  cinq  vers  dont  l'orthographe, 
suivant  la  remarque  de  l'éminent  histo- 
rien, suffirait  à  montrer  «  qu'il  ignorait 
totalement  la  prosodie».  «  Napoléon  a 
toujours  ignoré  la  prosodie  française  », 
répète-t-il  ailleurs. 

Alors  ?  A.  Boghaert-Vache. 

Les  affaires  de  Parme  (LXV,  733, 
794).  --  Les  conclusions  de  l'acte  final 
du  congrès  de  Vienne,  que  M.  Fromm,  de 
VUnivers,  a  eu  l'obligeance  de  résumer 
pour  ce  qui  a  rapport  avec  le  Duché  de  Par- 
me, ne  représentaient  plus  guère  iQsvriilcs 
intentions  du  prince  de  Malternich  2^  ans 
plus  tard.  Nous  avons  raison  de  croire 
que  l'Autriche  ait  tenté  de  prendre  pos- 
session du  Duché  dès  la  mort  de  Marie- 
Louise  et  sans  attendre  ^ue  ce  droit  lui 
échût  dans  le  cas  que  Cliarles-Louis  n'eût 
pas  laissé  d'héritier  mâle.  Au  cours  de 
ces  intrigues,  la  diplomatie  autrichienne 
aurait  même  tenté  de  méconnaître  les 
droits  du  roi  de  Sardaigne  sur  Plaisance. 
C'est  donc  sur  ces  intrigues,  qui  repré- 
sentent les  vraies  intentions  de  l'Autri- 
che, que  je  désire  quelques  renseigne- 
ments. A.  L.  Berti. 

Châte'-u-Villain  (LXV,  833).  — 
C'est  a  l'époque  de  la  Révolution  que 
Châteauvillain  prit  le  n  m  de  Ville-sur- 
l'Aujon. 

Nauticl's. 

Condé  Folie  (LXV,  786  ;  LXV,  117). 
- —  Colonne  18.  ligne  14,  lire  Longnuru 
ligne  19,  lire  Stullicia. 

Famille  du  Bois  de  Fiennes  (LXV, 
49,  323,  003,  854J.  —  Je  complète  une 
partie  des  renseignements  fournis  sur 
cette  question  par  M.  V.  A.  T.,  dans  le 
numéro  1332,  col.  8^4  du  ^ojuin  1912  ; 
les  prénoms  des  frères  de  Wissant  étaient  : 
Jacques  et  Pierre. 

Alexandre  Rky. 

•  • 
Dans  une  réponse  antérieure,  j'ai  donné 
les  noms  des  six  bourgeois  de  Calais,  mais 
sans  les  prénoms,  que  voici  :  Eustache  de 
Saint-Pierre,  Jean  d'Aire,  Jean  de  Fionnes, 
Andrieux  d'Ardres,  Pierre  de  Wissaît, 
Jacques  de  Wissant.  V.  A.  T. 


Cavaignac   (Les),  sous-préfets  de 

Lesparei^LXILLXV,  757  ;  LXVI,  18).— Je 
crji6iicpasi;";etromperen  assurant  que  les 
noms  des  enfants  de  ces  deux  personnages 
sont  aux  Archives  nationales^  dans  le  dos- 
sier que  j'ai  consulté.  On  trouvera  la  cote 
de  ce  dossier  dans  V Intermédiaire,  LXII, 
629-630.  P.  Darbly. 

Darance-Navarrot(LXV,  640,  853), 
—  La  belle  ode  sur  Roland  publiée  par 
Napoléon  Peyrat,  sous  le  pseudonyme  Na- 
pol  le  Pyrénéen,  fut  d'abord  attribuée  par 
Ch.  Asselineau,  selon  son  témoignage,  à 
*<  un  certain  Xavier  Navarrot,  né  à  Pau, 
et  que  l'on  vit  à  Paris  après  1S30,  faisant 
le  coup  de  feu  dans  les  journaux  libé- 
raux >v  L'un  des  noms  qui  intéressent 
M.  A.  B.  était  donc  encore  porté,  vers 
18^0,  par  une  famille  de  Pau. 

Ibère. 

L'épitaphe    de     Madame  Favart 

(LXlllj.  —  Sous  cette  rubrique,  ou  sous 
toute  autre  rubrique  concernant  cette  ar- 
tiste, nous  nous  devons  déconsigner  l'ap- 
parition de  cette  nouvelle  œuvre  de  M.  Ar- 
thur Pougin  :  Madame  Favart.  étude 
théâtrale  1727-1772.  Quatorze  illustra- 
tions documentaires  (Fischbache«-,  1912). 

Cette  remarquable  étude,  si  bien  pré- 
sentée au  point  de  vue  bibliographique, 
est  de  celles  qu'il  faut  consulter  quand  on 
veut  connaître  ce  que  fut  cette  reine  de 
l'opéra-comique,  l'accueil  qu'elle  reçut  de 
ses  contemporains,  la  carrière  qu'elle 
poursuivit  dans  tant  de  rôles,  et  ce  qu'elle 
y  fut,  son  talent  de  composition,  son  ad- 
mirable intelligence  de  la  scène,  la  va- 
riété de  ses  moyens,  la  souplesse  de  son 
talent,  et  tout  ce  qui  assure  à  Madame 
Favart  une  immortalité  si  légitime 

Mais  nous  ne  savons  pas  toujours  pour- 
quoi .''  C'est  à  un  historien  du  théâtre  tel 
que  M.  Arthur  Pougin  qu'il  laut  le  de- 
mander. 11  est  l'un  des  maîtres  en  l'art  de 
dessiner  ces  vies  illustres  :  maître  par  la 
netteté  du  style  et  par  la  loyauté  et  la 
richesse  de  sa  documentation. 


D'Harcourt  (LXV,  641.  806).  —  Il 
existe  une  Histoire  généalogique  de  la 
maison  de  Harcourt,  par  Messire  Gilles  An- 
dré de  la  Roque,  Paris,  1662,  4  vol. 
in  (*".  De  Mortagne. 


DES  CHBRCHfiURS  fiï    UURiiiUX 


90  Juillet  i9i> 


6i 


62 


Le  général  baron  Humbert  (Jean 
Nicolas;  (LXV.  547,  807^.  —  Le  géné- 
ral baron  Humbert  était  issu  d'une  vieille 
famille  messine.  Son  aïeul,  Abraham 
Humbert,  fut  «  aman  de  Metz  »,  et  son 
père  François-Philippe  H.,  *  conseiller  du 
Roi  au  bailliage  »  et  «  échevin  de  l'Hôtel 
commun  de  cette  ville  ».  Du  mariage  de 
ce  dernier  avec  Catherine  Rose  Vaillant 
naquirent  sept  enfants, dont  Jean-Baptisle- 
Nicolas,  baptisé  à  l'église  St  Sirnplice  de 
Metz,  le  10  août    17s  i,  fut  le  cinquième. 

Le  1 1  avril  1780,  celui-ci  assiste,  dans 
cette  même  église  St-Simplice,au  mariage 
de  sa  sœur  .Madeleine  avec  Jean  Louis- 
François-Philippe  de  Cailloux,  avocat  au 
Parlement  de  Metz  ;  il  s'appelle  alors 
Humbert  de  Fercourt  et  il  est  «  officier 
pour  le  service  de  la  France».  De  ce  ma- 
riage naquirent  sept  enfants,  dont  le  qua- 
trième,Marie-Laurette,  né  le  8  septembre 
1786, eut  pour  parrain  son  oncle  maternel 
«Jean-Baptiste-Nicolas  Humbert  de  Fer- 
court,  lieutenant  au  régiment  de  Gr  no- 
ble du  Corps  royal  de  l'artillerie  ». 

Un  de  ses  frères, Cteude-Etienne,  né  en 
1765,  mort  en  1843,  ^"^  avocat  au  Parle- 
pientde  Metz,  puis  président  de  chambre 
à  la  Cour  royale  de  Metz  :  il  s'appelait 
Humbert  de  Pommecourt. 

Cf.  Met^  :  documents  généalogiques,  par 
l'abbé  F.-J.  Poirier,  p,  119  et  332  (Paris, 
1899)  ;  Biographie  du  Parlement  de  Met^ 
par    Emmanuel  Michel,    p.    232    (Metz, 

•8S3). 

Voici  l'état  des  services  du  général 
Humbert,  d'après  le  Contrôle  de  l'ar- 
tillerie: 

Humbert  (Jean-Baptiste-Nicolas),  né  à 
Metz  le  10  août  1751. 

Enseigne  au  régirhent  provincial  d^ 
Metz,  4  août  177 1. 

Lieutenant  au  régiment  provincial  de 
Metz,  5  mai  1772. 

Réformé,  115  décembre  i77'5. 

Sous-lieutenant  au  régiment  provisoire 
de  Verdun,  10  mai  177S. 

Lieutenant  en  2^  au  régiment  de  Gre- 
noble, 20  juillet    1780. 

Lieutenant  en  i*'' au  régiment  de  Gre- 
noble, 6  janvier  1785. 

Capitaine  au 2'  régiment  à  pied, 27  jan- 
vier 1788. 

Chef  de  bataillon,  26  août   1793. 

Chef  de  brigade,  20  pluviôse  an  2. 


Directeur  de  l'artillerie  à  Grenoble, 
20  pluviôse  an  2. 

Commandant  le  7«  régiment,  21  floréal 
an  3. 

Directeur  de  l'artillerie  à  Mayence, 
22  ventosc  an  8. 

Général  de  brigade  commandant  l'Ecole 
d'artillerie  a  Mayence,  6  novembre  1813. 

Admis  à  la  retraite  2806  fr.  par  or- 
donnance royale  du  12  août    1814. 

A  été  aide  de  camp  du  général  de  Bro- 
glie  de  1777  à  1780. 

Aux  armées  des  côtes  de  La  Rochelle, 
des  /Mpcs  et  d'Italie  ;  à  l'armée  du  Nord  ; 
à  l'armée  du  Rhin  ;  a  commandé  l'ar- 
tillerie Gallo-batave  et  a  conduit  les  opé- 
rations du  blocus  de  la  forteresse  de 
Wurtzbourg  ;  à  l'armée  de  Hanovre  (ans 
12  et  13)  était  enfermé  dans  la  citadelle 
de  Hameln  ;  à  la  Grande  Armée  (1806)  ; 
à  l'armée  du  Rhin  (1808);  à  l'armée 
d'Espagne  (1809)  ;  à   Mayence  (1814), 

D'après  les  Fastes  de  la  Légion  d'honneur, 
par  Lievyns  (t.  III,  Paris,  1844),  le  géné- 
ral hum.bert  fut  chevalier  de  la  Légion 
d'honneur  le  19  frimaire  an  12,  et  officier 
le  15  prairial  suivant. 

Mettensis. 

Momigny  (Gaspard- Joseph    de) 


(LXV,  249,  375,427,478,  851). 
recevons  la  lettre  suivante  : 


Nous 


Caen,  9  juillet  1912. 
Monsieur  le  Pirecteur, 

Par  l'intermédiaire  AqV Argus  de  la  Fr^ss^ 
j'ai  eu  connaissance  d'une  demande  de  ren- 
seignements sur  le  compositeur  Georges  de 
Momigny,  formulée  par  M.  E.  B  et  insérée 
dans  \'!n'er>iié-.'iaire  da  chercheurs  et  cu- 
rieux. A  la  date  du  30  juin,  M.  A.  P.  (ini- 
tiales transparentes)  conseillait  au  solliciteur 
des  dits  renseignements  de  s'adresser  à  moi 
pour  en  obtenir.  Je  n'ui  reçu  aucune  demande 
de  la  part  de  M.  E.  B.,  qui,  sans  doute,  se 
sera  renseigné  ai  leurs.  Autrement,  je  lui 
aurais  signalé  une  erreur  p^l-  moi  commise 
dans  l'article  :  gforges  de  momigny,  du  Sup- 
plément à  la  Biographie  universellt^  des 
Musiciens,  j'ai  présenté  cet  artiste  comme 
étant  le  fils  du  théoricien  musical  Jérôme  de 
Momigny,  alors  qu'il  n'en  était  que  le  petit 
neveu. 

Peut-être  M.  E.  B.  a-t-il  été  exactement 
informé  sur  ce  point;  rnaiSj  dans  la  crainte 
que  l'erreur  ne  se  renouvellit,  j'ai  cru  devoir 
vous  la  signaler,  en  vous  priant  d'en  faire 
part  à  vos  lecteurs,  si  vous  le  jugez  utile. 

Veuillez  agréer,  Monsieur   Directeur,  l'ex- 


N'  1334     Vol.   LXVI. 


L'INTERMEDIAIRb 


64 


pretsion  d«mes    sentiments  les  plus  distin- 
gués. 

Jules  Carlez. 
directeur  honoraire 
de  l'Ecole  nationale  de  musique 
de  Caen. 

Orlan  de  Polignac  (LXV.  739,857). 
—  M.  A.  Varloy  pourrait  peut-être  obtenir 
les  renseignements  qu'il  désire,  en  s'adres- 
sant  à  M.  dOrlan  de  Polignac  qui  habite 
Pompey    (Meurthe-et-Moselle). 

AiMF  Thouvenin. 

Philibert  de  Chalon,  Prince  d'O- 
range (LXV,  831).  —  Henry  de  Nassau, 
né  le  12  juin  1483,  épousa  en  151c,  en  se- 
condes noces  Claude,  fillede Jean  Gabillon, 
Prince  d'Orange,  celle-ci  étant  morte  en 
1521,  Henry  se  maria  en  troisièmes 
noces  avec  la  fille  d'un  Mendoza,  mar- 
quis de  Ginetti.  De  Claude  seulement  il  eut 
un  rejeton,  René  de  Nassau,  que  son  oncle 
Philibert, sanspostérité,  adopta. Il  devinlen 
1530  héritier  de  la  Principauté  d'Orange. 
René,  mort  en  1544,  sans  enfants,  Guil- 
laume de  Nassau  lui  succéda  par  testa- 
ment. Ce  dernier  se  contenta  de  ses  pos- 
sessions dans  les  Pays-Bas  et  de  la  Princi- 
pauté d'Orange,  céda  à  son  frère  Jean  de 
Nassau  ses  possessions  rhénanes. 

Fromm,  de  ï Univers. 

*  • 
Ce  n'est  pas  Claude   de  Chalon,  morte 

en  1 521,  qui  a  hérité  de  Philibert,  son 
frère,  mort  en  1530,  mais  bien  le  fils  de 
Claude  de  Chalon,  René  de  Chalon  né  de 
son  mariage  avec  Henri  de  Nassau,  et 
comme  René  de  Nassau-Chalon  est  mort, 
tué  à  St-Dizier  en  1544.  sans  enfant,  les 
biens  de  Philibert  et  ses  titres  ont  passé  à 
Guillaume  de  Nassau,  cousin  de  René, 
qui  a  épousé  Louise  de  Coligny.  Ces 
époux  ont  laissé  pour  héritier  Henri-Fré- 
déric de  Nassau,  lequel  a  épousé  Marie, 
fille  de  Charles  I"  roi  d'Angleterre,  lequel 
a  laisse  pour  héritiers  deux  enfants  : 

I"  Guillaume  de  Nassau,  roi  d'Angle- 
terre et  prince  d'Orange,  lequel  s'est  ma- 
rié à  Marie,  fille  de  Jacques  II  roi  d'Angle- 
terre, mort  sans  enfant  ; 

2"  Louise-Henriette  de  Nassau  qui  a 
épousé  Frédéric  Guillaume,  électeur  de 
Brandebourg,  élu  roi  de    Prusse  en   ijot;. 

Jules  Dukay. 

C«  ne  fut  pas  Claude  de   Chalon,  soeur 


de  Philibert,  et  seconde  femme  de  Henry 
comte  de  Nassau,  qui    fut  l'héritière  de 
son  frère,    mais  son  fils  unique  René  de 
Nassau  qui  succéda,  en    1530,3  la  Princi- 
pauté d'Orange  et   à  tous  les  biens  de  la 
maison  de  Chalon,  en  vertu  du  testament 
de    son    oncle    maternel   (Philibert)    qui 
l'avait  adopté,  à  condition  de  prendre  son 
nom  et  ses  armes.  Les  généalogies  ne  di- 
sent  pas    que  Philibert   ait  eu  une   fille. 
Henry    de    Nassau    eut    trois    femmes   : 
Franç-^ise    de   Savoie,  Claude  de    Chalon 
(fille  de  Jean  de  Chalon,  prince  d'Orange) 
et  Marie  Mendoza.  Elles  n'indiquent  pas 
de  mariage  pour   Philibert  qui  fut  tué  au 
Siège  de  Florence  le  3  août  1530,  à  l'âge 
de  28  ans.  Nisiar. 

•  * 

Les  Tabelles  de Hubfier ^Hambourg  1737 
disent  :  La  Principauté  d'Orange  passa 
à  la  maison  de  Chalon  par  le  mariage  de 
Marie  des  Beaux,  fille,  et  héritière  de 
Raymond  V,  dernier  prince  d'Orange, 
avec  Jean  IV  de  Chalon  •{-  1418 
dont 

Louis  de  Ch.  Prince  d'Orange  ■{■     1463 
dont 

Guillaume  de  Chalon       »        f     1475 
dont 

Jean  de  Chalon  »        f     1502 

dont 

Philibert  de  Chalon,  prince  d'Orange, 
mort  sans  postérité  en  1530,  n'ayant 
pas  été  marié. 

De  ce  fait  il  institua  pour  son  héritier 
René  de  Nassau,  fils  de  sa  sœur  Claude^ 
(f  1521),  laquelle  avait  épousé  Henri, 
comte  de  Nassau  f  1538. 

Cet  héritier  de  Philibert,  (René  de  Nas- 
sau) devenu  prince  d'Orange  mourut  en 
1544  ne  laissant  également  aucune  des- 
cendance :  Nassau  et  Orange  passèrent 
alors  à  son  cousin  Guillaume  1",  comte  d". 
Nassau.  H.  de  B. 

*  « 

Philibert  de  Chalon,  né  en  1502,  fut 
tué  le  3  août  IS30,  dans  un  combat  de- 
vant Florence.  N'ayant  pas  d'enfants,  il 
avait  institué  pour  héritier,  non  pas  sa 
sœur,  Claude  ou  Claudie  de  Chalon, 
épouse  d'Henri  de  Nassau-Dillembourg, 
mais  le  fils  de  cette  dernière,  —  son  ne- 
veu — ,  René  de  Nassau,  sous  cette  con- 
dition qu'il  portât  son  nom  et  ses  armes. 

C'est  ainsi  que  René  de  Nassau,  né   en 


DES  CHERCHEURS  ET  CURiBUA 


20  Juillet  ïQia 


65 


b6 


*  518,  devint,  en  1530.  René  de  Chalon, 
prince  d'Orange.  Il  mourut  lui-même 
sans  enfants,  le  15  ouïe  18  juillet  1544, 
au  siège  de  Saint-Dizier,  en  combattant 
dans  les  armées  de  Charles-Quint,  contre 
François  P'.  11  avait,  à  son  tour,  institué 
pour  son  héritier  son  cousin  germain, 
Guillaume?''  de  Nassau,  dit  le  Taciturne, 
né  à  Dillembourg,  le  25  avril  1533,  '^" 
quel  devint  ainsi  prince  d'Orange  en 
1544.  Elu  Stathouder  de  Hollande  en 
1572,  il  fut  assassiné  à  Delft  le  10  juillet 
1584.  C'est  par  lui  que  le  titre  de  prince 
d'Orange  sortit  de  la  famille  de  Chalon, 
pour  passer  dans  celle  de  Nassau,  qui  se 
trouve  actuellement  représentée  par  la 
Reine  Wilhelmine  de  Hollande. 

René  de  Chalon  fut,  comme  on  le  voit, 
le  trait  d'union  entre  les  familles  de  Cha- 
lon et  de  Nassau.  La  femme  de  ce  prince, 
Anne  de  Lorraine,  lui  fit  élever  le  monu- 
ment remarquable,  mais  peu  banal, connu 
sous  le  nom  de  «  Squelette  de  Bar-le- 
Duc  »  et  se  trouvant  dans  l'église  Saint- 
Pierre  de  cette  ville.  Ce  monument  est  du 
au  ciseau  du  sculpteur  Ligier-Richier  ; 
suivant  le  désir  exprimé  par  René  de 
Chalon  rvant  sa  mort,  il  donne  «  sa  por- 
«  Iraicture  fidèle,  non  pas  comme  il  était 
€  en  ce  moment,  car  on  flatte  toujours 
«  les  grands,  mais  comme  il  serait  après 
«  son  trépas  ». 

Voir  :  La  Pise,  Tableau  de  V Histoire  des 
Princes  et  Principauté  d'Orange.  La  Haye 
1639,  et  {'Intermédiaire  des  Chercheurs  et 
Curieux,  Vol.  LX,  col.  81. 

A.  W. 

Même  réponse  :  Nauticus. 

Ida    Saint- Elme    ;    son    origine 

(LXlll).  —  M.  V.  A.  T.  demande  si  la  fa- 
mille Tolstoy,  dont  la  «Contemporaine», 
dans  ses  Mémoires,  se  dit  issue,  avait 
une  parenté  avec  la  famille  du  célèbre  au- 
teur russe. 

Voici  ce  qu'on  lit  dans  une  notice  jointe 
à  une  lettre,  du  24  nov.  1841,  du  préfet 
de  police,  M.  Delessert,  au  ministre  des 
affaires  étrangères  : 

Nous  ne  savons  pas  si  ce  Tolstoy  (son  père) 
appartenait  à  la  famille  russe  dont  plusieurs 
membres  exercent,  en  ce  moment,  à  Paris, 
des  fonctions  plus  ou  moins  diplomatiques  ; 
mais  ce  dont  nous  sommes  assurés,  c'est 
que  cette  famille  repousse  énergiquement 
toute  parenté  avec  la  <  Contemporaine  »  et 


n'a  jamais  répondu  aux  lettres  dont   celle-ci 
a  bien  voulu  l'honorer. 

C.  R. 

Cf.  Intermédiaire.  Vol    XXXV,  p.  735. 

Peu  de  questions  ont  été  aussi  souvent 
traitées  dans  le  journal  que  celles  relati- 
ves à  Ida  St-EIme,  (vol.  11,  VIII,  IX,  XIV, 
XVill,  XIX,  XXXll,  XXXV,  XXXVI  ..) 

Famille  de  la  Sudrie  (LXV,  783).  — 
En  Périgord.la  famille  de  Cosson  a  formé 
la  branche  de  la  Sudrie.  qui  est  générale- 
ment connue  seulement  sous  ce  dernier 
nom. 

On  m'a  dit  que  le  baron  Ludovic  de  la 
Sudrie,  décédé  à  Bordeaux  le  20  avril 
1902,  père  d'Albert  (décédé  avant  lui)  et 
père  ou  grand-père  du  baron  Jean  de  la 
Sudrie,  n'était  pas  un  Cosson  et  appar- 
tiendrait à  une  famille  des  confins  du  Lot 
et  du  Lot-ei-Garonne. 

Les  Archives  Départementales  du  Lot-et- 
Garonne  (B,  639)  ne  citent  qu'un  Jean  de 
la  Suderie  en  1606. 

Le  baron  Jean  de  la  Sudrie  habite  au 
château  de  Bellefontaine,  par  Langon  (Gi- 
ronde), On  pourrait  s'adresser  à  lui. 

Garumnus. 

.  * 

Barons  de  la  Sudrie  ;  seigneurs  de 
Puechguisel,  Brocart,  Calvairac,  Glatens, 
Campanes.  Ancienne  famille  du  Quercy. 
Filiation  14^1.  Preuves  pour  Saint-Cyr 
1725.  Maintenue  1700.  Noblesse  de  Quercy 
1789.  Emplois  :  un  capitaine  au  régiment 
Bourbonnais,  des  chevaliers  de  Saint- 
Louis.  Alliance  :  de  Cadrieu  11498,  de 
Vielcastel  1626,  de  Durfort,  de  Bonnefons 
16:57,  de  la  Raumiguiére,  de  Captan,  de 
Touchebœuf-Beaumond,  de  Spens  d'Esti- 
gnols,  de  Brons  1716,  de  Giscard  1582, 
de  Carrère  1772,  d'Aymer,  Chanterre, 
Delage  de  Luget  1896,  de  Faudoas  1592, 
de  Saint-Gresse  1644. 

Armes  :  d'a:^ur  à  un  lion  d'or  accompa- 
gné de  12  hesans  de  même  posés  en  orle. 
(Pierre  Meller,  Armoriai  du  Bordelais, 
Paris,  Champion  190b.') 

P.    c.    c.    NlSlAR. 


Une  famille  de  la  Sudrie,  originaire  du 
Limousin  et  répandue  au  xvii''  siècle  dans 
le  Confolentais,  a  fourni  les  branches  de 
Gamory  et  de  Puyrichard,  aujourd'hui 
éteintes,  Nou»  ne  ssivons  si  c'est  de  cette 


N« 


'334 


Voi.  LXVI 


L'iNXhKMfiDiAlR^ 


que 


V3ut 


67      - 
parler 


68 


M.    de   la  Vé- 


famille 
ronne. 

Elle  portait  :  Ecartelé  an  i  d'argent  à 
deux  rocs  d' échiquier  iVa:(ur  ;  au  2  d'azur 
à  un  croissant  d'argent  ;  au  ?  d'a:(ur  à  une 
coquiUe  d'or  ;  ait  4  d'or  à  une  branche  de 
suriette  de  sinople  posée  en  pal. 

Alliances  :  Meaudre  de  la  Pouyade 
(isjoet  179SI.  Barbarin  d-  Fonteyroux 
(16^8),  More  l  de  Fromenthal  (170s),  de 
Cambourg  (17  1 1  1.  de  Rousiers  (1772^,  de 
Labrouhe  de  Vareilles  (1802),  etc.. 

Cette  famille  est  aujourd'hui  représentée 
par  les  :  Périgord  de  Villechenon,  de 
Bonnegens,  de  la  Bardonnie.  de  Com- 
preïgnac.  de  la  Guérivière,  de  Lichy,  etc. 

Une  autre  famille  de  la  Sudrie  existait  à 
Bordeaux  il  )'  a  quelques  années,  mais  qui 
n'avait,  a  notre  connaissance,  aucune  pa- 
renté avec  la  précédente.  XX. 


*  * 


Marie-Anne  de  la  Sudrie  avait  épousé, 
ver»  i72T,le  comte  Jehan  de  Cambourg 
ou  du  Cambout,  seigneur  de  Genouillé 
de  la  famille  du  Cambout  de  Coislin.  — 
Elle  habitait  la  paroisse  d'Esse  au  diocèse 
de  Limoges.  Elle  eut  pour  fils  jean-Bar- 
thélemy,  comte  de  Cambourg,  seigneur 
de  Genouillé.  capitaine  au  régiment  de 
Bourgogne-Infanterie,  qui  épousa,  le  21 
septembre  17^6,  Mane-Anne-Renée  de 
Brissac,  dame  du  Marais  Sur  l'acte  de 
mariage  célébré  à  Faveraye  TMaineet- 
Loire),  on  voit  figurer  |ean  de  la  Sudrie, 
écuyer.  seigneur  du  Chambon,  capitaine 
au  régiment  de  Bourgogne-Infanterie, 
qui  doit  être  vraisemblablement  neveu 
de  la  mère  de  l'époux.  —  Le  portrait  de 
Marie-Anne  de  la  Sudrie.  comtesse  de 
Cambourg,  peint  par  Largilliere, se  trouve 
au  château  de  Vic-sur-Aisne,  (Aisne),  Il 
appartient  à  la  Vicomtesse  de  Reiset,  née 
Cambourg.  dont  elle  est  la  quadrisaieule. 
Ce  portrait  provient  du  château  du  Ma- 
rais et  fut  sauvé  de  l'incendie  du  château, 
brûlé  pendant  la  terreur. 

Vicomte  df  Reiset. 

Chevalier  Tousard  LXV,  203,  331. 
429,  s  14.  Hi  i).  —  Voici  ce  que  je  trouve 
dans  Ht\torical  Re/^ister  and  Dictionary 
of  tbe  United  States  Army,  1789  1903. 
Heitman.  Washington,  1903  : 

T.'"sard,  Louis.  France,  Joined  the  Con- 
tinenu  ^rmy  as  a  volunteer  in  the  siimner 
of  1777.  t.y  tha  act   of    97  October    1778  it 


was  «  Resolved,  that  the  gallantry  of  Mon- 
sieur Tousard  in  the  late  sction  on  Rhode 
Island  (when  he  was  wounded  and  lost  an 
arm)  is  deserving  of  the  highest  applause, 
and  that  Congress,  in  considération  of  his 
zeal  and  niisloitune,  do  promote  the  said 
Monsieur  Tousard  to  tbe  rank  of  Lieutenant- 
colonel  in  the  service  of  ihe  United  States, 
bv  brevet,  and  that  he  do  receive  a  pension 
of  30  .lollards  per  mont,  out  of  the  Treasury 
of  the  United  States,  during  life  ». 

Major  Ist  Artillerists  and  Engineers,  U.  S. 
Army,  36  Fehruary  1795;  lieutenant-colo- 
nel 2nd  Artillerists  and  Engineers,  26  May, 
1800.  Honorably  discharged  Ist  June  1802, 
Died  18  September  1821. 

Tel  est  l'état  des  services  de  M.  Tou- 
sard en  Amérique.  Les  dates  ci  dessus  ne 
s'accordent  pas  toutes  avec  celles  données 
dans  les  réponses  antérieures 

Lou's  Tousard  s'est  engagé  comme  vo- 
lontaire en  1777  ;  perdit  un  bras  en  1778 
et  reçut  la  même  année,  avec  le  grade  de 
lieutenant-colonel    par    brevet,    une  pen 
sion  mensuelle  de  30  dollars. 

Il  reprit  du  service  en  1795,  avec  le 
grade  de  major  du  i"  régiment  d'artil- 
leurs et  d'ingénieurs.  Le  26  mai  1800,  il 
est  nommé  lieutenant  colonel  du  2«  régi- 
ment d'artilleurs  et  d'ingénieurs,  et  con- 
gédié le  i*""  juin  1802,  Il  mourut  le  8  sep- 
tembre  1821.  D'  P. 

Jardins  dessinés    par  Le   Nôtre 

(LXV,  448,  ^60,  6,4,  7 14. 819;  LXVI,  23). 
—  je  copie  dans  le  Voyage  pittoresque  des 
environs  de  Paris,  ou  des  maisons  royales, 
châteaux  ou  autres  lieux  de  plaisance,  situés 
aux  environs  de  cette  ville,  par  M.  D"*, 
3«  édition,  corrigée  et  augmentée,  à  Pa- 
ris, chez  De  Bure,  père,  libraire,  quai  des 
Augustins.  du  côté  du  pont  Saint-Michel, 
à  Saint-Paul,  1768,  avec  approbation  et 
privilège  du  roi,  les  renseignements  qui 
suivent  : 

Château,  situé  à  Issy,  de  Madame  la  Prin" 
cesse  douairière  de  Conty.  Le  jardin ,  don^ 
l'étendue  est  de  96  arpents,  et  qui  est  planté 
sur  la  croupe  d'un  coteau,  fait  admirer  le 
beau  génie  de  Le  Notre  (1). 

Les  jardins  du  château  de  Meudon,  dont 
Le  Notre  a  replanté  le  parc,  offrent  de  belles 
productions  de  son  art,  tant  dans  les  bas  que 


(i)  En  1787,  le  château  d'Issy  appartenait 
à  Madame  la  Princesse  de  Chimay,  (Nauti- 
cus) 


OfiS  GHBRGHHURÏ  ET  CURIEUX 


20  Juillet   lui  a 


6û 


dans  les  hauts.  C'est  ce  fameux  génie  que  le 
P,  Rapin  peignait  dans  ces  vers  :  ' 

Augustis  umis  qui  praesidet  hortis, 

Ortiandi  ruris  maonui  monsfrator,  et  omnis 
Egregius  ciiltiirae  hortorum,  artisque  ma- 

gishr. 
HoRj.  Liv.  I. 

C'est  ainsi  qu'entre  les  mains  de  Le  Nôtre, 
les  jardins  de  Trianon  se  sont  agrandis,  et 
ont  insensiblement  formé  un  parc  considéra- 
ble. 

Les  jardins  de  la  maison  royale  de  Clagny 
ont  été  plantés  par  Le  Nôtre. 

Le  château  de  Sceaux  est  l'ouvrage  du 
grand  Colbert,  qui  chargea  Le  Brun  de  tous 
les  embellissements  de  ce  lieu,  et  Le  Nôtre 
de  la  conduite  des  jardins. 

C'est  donner  une  idée  avintageuse  du  parc 
du  château  de  Juvisy,  que  de  dire  qu'il  a  été 
planté  par  Le  Nôtre. 

La  maison  de  Beaurepaire,  qui  n'est  qu'à 
une  demi-lieue  de  Juvisy,  est  renommée  pour 
ses  Jardins  plantés  par  Le  Nôtre. 

Le  château  d'Athis  renferme  aussi  la  mai- 
son de  plaisance  de  Madame   la  duchesse  de 

Rohan,  nommée  Les  Carneaux Dn  même 

côté  (du  parterre)  s'élève  un  bois  de  haute 
futaie,  dont  les  labyrinthes  et  bosquets  dé- 
cèlent la  manière  de  Le  Nôtre. 


Roule  dressées  par 
sur    les  dessins  de 


L'Etoile,  les  ailées  du 
ordre  du  grand  Colbert 
Le  Nôtre. 

La  préface  du  Voyage  pittoresque  débute 
ainsi  : 

Ce  n'est  pas  un  paradoxe,  d'avancer  que 
les  plus  beaux  jardins  de  lEurope  sont  ceux 
de  France.  On  sait  que  le  bel  art  qui  ap- 
prend à  les  former,  y  prit  naissance  sous  le 
règne  de  Louis  XIV.  Ce  Prii.ce  trouvant  dans 
Le  Nôtre  un  génie  capable  d'exécuter  ses 
grandes  idées,  l'envoya  en  Italie  pour  se  per- 
fectionner. Le  voyage  que  Le  Nôtre  y  fit  en 
167S  lui  fut  cependant  peu  utile.  La  vue  des 
Jardins  de  Tivoli,  de  Frascati,  de  Colorno, 
de  Sassuolo  et  de  Pratolino,  qui  passent 
pour  les  plus  beaux  d'Italie,  échauffa  faible- 
ment l'imagination  de  ce  grand  homme.  La 
plupart  de  leurs  fontaines  ne  sont  que  de 
petites  grottes,  ou  des  bassins  ornés  de  figures 
qui  jettent  des  filets  d'eau.  )l  faut  en  excepter 
la  Vénerie  appartenant  au  roi  de  Sardaigne, 
qui  a  été  plantée  par  un  architecte  français 
dans  le  goût  des  jardins  de  Marly.  Loin  de 
trouver  des  modèles  en  Italie,  Le  Nôtre  y  en 
laissa  qu'on  ne  peut  trop  étudier  ;  tels  sont 
Jes  dessins  de  la  Vigne  Pamphile,  et  ceux  des 
jardins  du  palais  Ludovisi  à  Rome. 

Nauticus. 


70 

nuUius   (T. 


Abbés  nuUius  (T.  G.  19  ;  XLV  ; 
LVIII  ;  LXIX  ;  LXV,  737,  842).  —  Il 
s'est  glissé  une  erreur  dans  l'article  du 
savant  D'  A.  B.  (LXV,  845). 

Ce  n'est  pas  «  l'abbé  bénédictin  de 
l'abbaye  nuUius  de  Notre-Dame  des  Er- 
mites »,  en  Suisse,  qui  est  «  toujours,  de- 
puis Grégoire  XVI,  nommé  évêque  titu- 
laire de  Bethléem  »,  mais  bien  l'abbé  des 
chanoines  réguliers  de  Saint-Maurice 
d'Agaune,  en  Vallais. 

H.  DE  L. 

Chère  Madame  (LXV,  206,  388, 
487).  —  Chère  Madame  suppose  un  cer- 
tain degré  d'intimité,  ou  une  supériorité 
quelconque  du  côté  de  celui  qui  s'en  sert. 
C'est  alors  une  expression  affectueuse, 
mais  qui  serait  «déplacée  en  toute  autre  cir- 
constance. Ma  chère  Madame  serait  aussi 
incorrect  que  Mon  cher  Monsieur,  sinon 
plus. 

O.  D. 


Petra  quadrata  (LXV,  691).  —  Le 
minéral  dont  il  s'agit  est  vraisemblable- 
ment le  Protosulfure  de  fer,  que  Ton 
trouve  fréquemment  dans  la  nature,  en 
cristaux  isolés  cubiques  à  reflets  métalli- 
ques. 

Le  poids  n'est  pas  tout  à  fait  celui  du 
plomb.  Un  centimètre  cube  pesé  environ 
7  grammes,  tandis  qu'en  plomb  il  pèse- 
rait 10  grammes.  Mais  il  est  possible  que 
M.  Nauticus  ait  indiqué  ce  poids  au  jugé 
et  sans  recourir  à  la  balance. 

Philippe  Leroy. 

L'auteur  de  ).'  «  Imitation  de  Jésus 
Christ  »  (T.  G  441  ;  LXV,  78s).  —  Ne 
craint-on  pas  d'encombrer  nos  colonnes 
au  sujet  de  cette  question,  une  des  plus 
connues  et...  une  des  plus  controversées  .? 
Il  y  a  six  ans.  Dom  Vuillemain,  chanoine 
régulier  de  Latran,  supérieur  de  la  mai- 
son de  cet  Ordre  à  Liège,  a  publié  une 
traduction  de  V Imitation,  conçue  sur  un 
plan  nouveau.  Son  introduction  résume 
et  précise  la  question  de  l'auteur  de  ce  li- 
vre admirable.  Ce  petit  volume  a  été 
édité,  je  crois,  chez  Desclées.  On  peut,  en 
tout  cas,  se  le  procurer  dans  la  première 
librairie  catholique  venue. 

La  CoussiÈRE. 

Sur  ce  sujet,  le  chapitre  intitulé  :  L'In- 


N»  1334.  Vol.   LXVI. 


L'INTERMÉDIAIKB 


72 


terttflle  Consolation  du  livre  de  Barbey 
d'Aurevilly  {Philosophes  et  Ecrivains  reli- 
gieux, i'  série;  qui  vient  de  paraître  est 
intéressant  à  consulter. 

L.  R. 


La  Bibliothèque  de  Valenciennes  pos- 
sède un  manuscrit  de  V Imitation  qui  est 
décrit  dans  le  Catalogue  général  des  tnamis- 
crtts  des  Bibliothèques  publiques.  Départe- 
ments. Tome  XXV.  Valenciennes,  p.  532. 

Martène  et  Durand,  dans  le  récit  de 
leur  visite  à  l'abbaye  de  Saint  Tron 
{Voyage  littéraire  de  deux  religieux  Béné- 
dictins de  la  Congrégation  de  Saint  Maur, 
2"  partie,  p.  199),  citent  ce  manuscrit  et 
en  donnent  Vexplicit  : 

Hune  libellum  fecit  fieri  Walterus  de  Sta- 
pel,  prior  monasterii  S.Trudonis,  qui  perfec- 
tus  fuit  anno  Domini  MCCCCXXVH  (c'est 
I437et  non  1437)  ;  ils  ajoutent  :  Ce  qui  dé- 
cide la  question  touchant  Thomas  à  Kempis, 
qu'on  i  fait  auteur  de  cet  admirable  livre, 
puisque  son  prétendu  original  n'a  été  écrit 
qu'en  1443. 

J.  Lt. 


Voilà  une  question  que  je  n'aime  pas 
voir  apparaître  dans  la  rubrique  de  Vin- 
termédiaire,  car  une  fois  posée,  il  n'y  a 
pas  de  motif  pour  qu'elle  finisse.  Si  en 
effet  nous  prenons  dans  Ulysse  Chevalier 
la  bibliographie  de  cette  question,  nous 
voyons  près  de  quatre  colonnes  employées 
à  énumérer  les  ditTérenls  travaux  histori- 
ques faits  sur  ce  livre.  Et  je  ne  tiens  pas 
compte  des  diverses  traductions  ou  édi- 
tions du  texte.  On  voit  donc  que  la  ma- 
tière ne  sera  pas  de  longtemps  épuisée. 
Parmi  tous  les  travaux  faits  récemment,  le 
plus  important  est  celui  de  Mgr  Puyol, 
ancien  supérieur  de  Saint-Louis  des  Fran- 
çais, qui  a  consacré,  on  peut  dire,  sa  vie 
entière  à  l'étude  de  l'Imitation^  et  à  celle 
de  son  auteur.  Huit  volumes,  dont  un  de 
planches  représentant  tous  les  plus  an- 
ciens manuscrits,  sont  consacrés  à  ce  tra- 
vail, et  je  crois  qu'on  peut  affirmer  que  le 
docte  prélat  a  complètement  épuisé  la 
matière. 

Toutes  les  opinions  sur  l'auteur  de 
{'Imitation .  peuvent  se  réduire  à  trois,  en 
ne  tenant  compte  que  des  princi[)ales. 

I»  Thomas  a  Kempis,  né  en  1380,  cha- 
noine  régulier   »u     monastère   d«    Mont 


Sainte-Agnès  près  de  Zwol,  où  il  mouru* 
à  l'âge  de  91  ans,  en  147 1. 

2°  Le  chancelier  Gerson,  de  son  nom 
Jean  Charlier,  né  en  i  363  et  mort  en  1429. 

30  Un  abbé  bénédictin  de  Verceil,  Jean 
Gersen,  ami  de  saint  François  et  qui  aurait 
vécu  dans  le  xiii-  siècle.  Ajoutons  que  les 
tenants  de  Thomas  a  Kempis  soutiennent 
que  cet  auteur  n'a  jamais  existé,  bien  que 
son  nom  soit  dans  des  manuscrits  très 
anciens. 

Causant  de  cette  question  avec  le  sa- 
vant prélat  dont  j'ai  parlé  à  propos 
d'études  faites  sur  ce  sujet,  je  lui  déve- 
loppais cette  opinion  :  l'auteur  de  V  Imita- 
tion est  un  homme  qui  a  mis  en  pratique 
la  devise  qui  se  trouve  à  la  fin  du  premier 
livre  Ama  nesciri  et  pro  nihilo  reputari. 
Aime  à  être  ignoré  et  traité  de  rien.  Et 
Mgr  Puyol  ajoutait  que  toutes  ses  études 
l'amenaient  à  la  même  conclusion.  Les 
noms  mis  successivement  .en  avant  dispa- 
raissent les  uns  après  les  autres  devant 
les  l'imières  de  l'histoire,  et  \z  vrai  auteur 
de  limitation  restera  toujours  enveloppé 
dans  les  ténèbres  du  passé.  11  suffit  à  sa 
gloire  devant  Dieu  et  devant  les  hommes 
d'avoir  produit  le  plus  beau  livre  qui  soit 
au  monde,  et  il  a  voulu  lui-même  s'abri- 
ter sous  cette  obscurité  qui  met  encore 
plus  en  relief  l'action  de  Dieu  dans 
Y  Imitation  de  Jésus-Christ.       D^  A.-B. 

Une  clef  des  «  Liaisons  dange- 
reuses »  (T.  G.  ;  LXV,  b4!^,  765,  864). 
—  Dans  la  Vie  Je  Henri  B/  ularJ,  p.  65, 
Stendhal  prétend  avoir  connu  dans  son 
enfance,  l'original  de  Mme  de  Merteuil  : 
ce  serait  Mme  de  Montmort,  femme  boi- 
teuse, riche  et  spirituelle,  qui  était  liée 
avec  les  Beyle  et  les  Gagnon.  Elle  tomba 
dans  la  dévotion  sur  ses  vieux  jours,  et 
mourut  en  1822,3  quatre-vingt-cinq  ans. 
Cécile  Volanges  serait  une  demoiselle  de 
Blacons  ,  native  de  Voreppe  ,  que  ses 
aventures  conduisirent  au  couvent.  (Cf. 
Dard.  Le  général  Choderlos  de  Laclos.,  Per- 
rin,  1905,  p.  49).  D'autre  part,  dans  une 
note  de  V  Amour,  p.  216,  Stendhal  dit 
avoir  lu  à  Naples,  chez  le  marquis  Berio 
'f  uii  manuscrit  de  trois  cents  pages  du 
général  Laclos,  bien  scandaleux  »  don- 
nant la  liste  de  tous  les  grands  seigneurs 
de  1778,  avec  des  notes  prises  sur  leurs 
mœurs.  M.  Dard,  en  citant  cette  note, 
ajout*  ;  %<  ce  précieux  manuscrit,  qu'on 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


20  Juillet   19 13 


73 


74 


regrette  de  ne  pas  connaître^  c'est  le  dos- 
sier des  Liaisons  dangereuses.  »  (La  ques- 
tion a  déjà  été  étudiée  dans  V Intermédiaire., 
au  moins  en  ce  qui  concerne  les  Mémoires 
de  Tilly.  Voir  111,  p.  168.) 

Ad.  Paupe. 

Moabit  (LXII,  —  11  me  semble  qu'il 
serait  utile  de  signaler  ici  l'intéressante 
étymologie  donnée  par  M.  Maurice 
Charpentier  sous  la  rubrique  «  Mots 
allemands  dérivés  du  français  »  (LXV. 
867). 

dUlSETTl. 

Kerr  (LXV,  646).  —  Le  kerr  est  un 
phénomène  découvert  en  1875,  par  le 
docteur  Kerr  de  Glascow, 

Il  se  produit  lorsqu'on  électrise  un 
corps  isosant,  et  consiste  en  ce  que  ce 
corps  isolant  devient  biréfringent,  lente- 
ment s'il  est  solide,  et  brusquement  s'il 
est  liquide. 

P.   CORMAN. 

Patagon  (LXV,  740,  875).  —  Autre 
exemple,  que  ne  je  vois  cité  dans  aucun 
Dictionnaire  :  «  Leur  désintéressement  fut 
si  complet  que  dans  tout  le  voyage  je  n'ai 
pu  trouver  à  placer  un  patagon.  »  J.-J. 
Rousseau.  Nouvelle  Héloïse.  Lettre  XXlll. 

J.  P. 

Huque  ou  Hugne  (LXV,  99,  786. 
864).  —  Le  huge,  le  hugon,  le  huguenot, 
où  l'huguenoterie,  est  une  sorte  de  fantôme 
qui  au  dire  des  habitants  de  Tours,  et  de 
toute  la  région,  parcourait  nuitamment 
toute  la  campagne,  et  les  remparts,  mal- 
traitant tous  ceux  qu'il  rencontrait  :  on 
l'appelait  aussi  le  roi  Hugon,  ou  le  roi 
Huguet.  P.  CoRMAN. 

Hautie  ou  Hautil  (LXV,  544,  675, 
81 81  ;  LXV. 29).  —  Leglay,  dans  son  Glos- 
saife  topographtque  de  l'ancien  Camhrésis, 
définit  dans  les  remarques  sur  les  titres 
énoncés  dans  ce  volume  (Chartes  des  x*  et 
xi^  siècles),  un  auîïl  :  une  cure  ou  église 
(concédée  à  un  chapitre  ou  à  un  monas- 
tère) ;  ces  églises  étaient  libres  ou  sou- 
mises au  personnat,  c'est-à  dire  concédées 
à  perpétuité  ou  soumises  à  une  prestation 
ou  rachat  lors  de  chaque  vacance  de  la 
cure,  E.  RouzÉ. 


Saint-Frusquin  (LXV,  1596,  724,772, 
876).  —  Parmi  les  22  bans  qui  formaient 
«  le  Val  de  Metz  »  du  pays  messin,  figu- 
rait celui  d'Hauconcourt,  village  de  la  rive 
gauche  de  la  Moselle,  ancienne  terre  de 
la  famille  Remiatte  de  Raigecourt.  Sur  ce 
ban  se  trouvait  la  ferme  d'Amelange,  an- 
cien bien  ecclésiastique  de  l'abbaye  de 
Justemont.  Or,  près  de  cette  ferme  il  y 
avait  une  chapelle,  dite  chapelle  de  Saint- 
Frusquin^  citée  dans  des  actes  publiés  en- 
core au  xvii»  siècle. 

Les  Statistische  Mittheilungen  sur  l'AI- 
sace-Lorraine,  cahier  XXX,  page  733 
mentionnent  cette  chapelle  de  Saint- 
Frusquin  sur  le  ban  de  Hauconcourt. 

Fromm,  de  V Univers. 

Donjon,  étymologie  (LXV,  359, 
574,  674.  820,  870).  —  Je  ne  vou- 
drais pas  intervenir  dans  la  question  de 
l'origine  d'un  mot  d'origine  certainement 
française,  donc  probablement  de  langue 
d'Oil.  Mais  je  ne  puis  que  protester  con- 
tre une  phrase  de  M.  H.  La,  disant  «  le 
gaulois  «Dunon»  était  une  ex  pression  mi- 
litaire, etc..  »  Il  y  a  un  trop  grand  nom- 
bre de  villes  ou  de  villages  gaulois  por- 
tant le  nom  de  Dun,  Verdun,  Melun, 
Lyon,  Yverdon  (en  Suisse)  Londres  (en 
Angleterre),  etc.  etc.  pour  que  le  mot 
traduit  en  latin  par  dimium  ou  dinum  ne 
fût  pas  aussi  populaire  que  bourg  ou 
ville. . .  La  terminaison  on  ou  ion  est  un  di- 
minutif qui  provient  vraisemblablement 
de  ce  que  j'appellerai,  à  côté  du  singulier 
et  du  pluriel,  l'individuel  Kymrique  en 
ou  vn  (On  dit  parfois  sinoularissime).  Ce 
diminutif  se  retrouve  couramment  en 
français  :  aigloii,  poisson,  pigeon,  cotillon 
etc.  Le  mot  gaulois  a  donné  en  français  : 
dune,  hauteur  ;  en  gallois  :  din,  forte- 
resse ou  ville  ;  en  anglais  :  town  (peut- 
être)  donjon  signifierait  :  petite  forte- 
resse. E.  L.  E.  A. 

)V:on  colonel  (LXl  ;  LXIin.  -  Il  a  été 
demandé,  il  y  a  quelque  temps,  si,  dans 
cette  expression,  le  mot  «  mon  »  est  une 
abréviation  de  monsieur,  ou  s'il  est  pos- 
sessif. 

Je  transcris  le  passage  suivant  d'un  ar- 
ticle de  tète  du  ']Ournd\\' Eclair  (25  avril 
1911)  paru  sous  la  signature  du  général 
Cnerfils,  l'écrivain  militaire  bien  connu  : 

Sous  l'ancien  régime,  l'ofificier  était  encore 


N»  1334.  Vo.  LXVI. 


L'INTERMEDIAIRE 


1^ 


76 


pour  ses  inférieurs  un  monsieur,  sinon  même 
un  seigneur.  11  a  fallu  les  guerres  de  la  Ré- 
volution et  de  l'Empire  avec  l'iimaîgame 
réalisé  par  la  conscription  nationale  pour  en 
faire,  aux  yeux  de  ceux  qui  le  regardaient 
d'en  bas,  €  leur  officier». 

Maintenant,  un  usage  séculaire  fait  que  le 
litre  que  l'inférieur  ionne  à  un  de  ses  supé- 
rieurs est  précédé  de  l'adjectif  doucement 
possessif  «  mon  >  et  que  cet  inférieur  dit  : 
mon  capitaine,  mon  général  avec  un  air  de 
respect  presque  filial...  avec  la  tendresse  qui 
fait  dire  :  «  mon  père  ». 

Le  général  Cherfils  ne  donne  aucune 
référence,  et  aucun  texte  ancien  n'a  été 
apporté  a  l'appui  des  réponses  précéden- 
tes, peu  nombreuses,  d'ailleurs.  Cette 
question  seraii-elle  donc  dépourvue  d'in 
térêt  pour  les  savants  chercheurs  de  17>i- 
teiniédidire  ? 


Dans  Tune  des  réponses  parues,  l'au- 
teur cite  le  dialogue  de  Chevert  et  du 
sergent  Pascal,  avant  l'assaut  de  Prague 
(26  nov.  1741).  Le  sergent  ponctue  cha- 
que Indication  de  son  chef  de  :  «  Oui, mon 
colonel.  > 

MM  Chadenet  et  JoUy,  dans  leur  his- 
toire de  Chevert  (i  ),  rapportent  avec  les 
mêmes  termes  cette  anecdote 

Le  journal  La  France  Militaire  repro- 
duisait, ces  jours  derniers,  le  même  récit 
qui  avait  servi  de  sujet  de  composition  à 
l'exam-în  d'admission  d'une  école  mili- 
taire. Ici,  Pascal  répond  :  «  Bien,  mon 
colonel.  > 

Mais  un  autre  historien  de  Chevert, 
Mlle  Buvignier-Clouet,  (2)  donne,  en  mo- 
nologue, les  instructions  de  Chevert  au 
grenadier  Pascal. 

Un  collaborateur  complaisant  voudrait- 
il  vérifier  la  forme  exacte  du  récit  dans 
les  Mémoires  du  chanoine  de  Lacombe 
qui  le  premier,  croyons  nous,  l'a  raconté 
et  ^*  assure  tenir  ces  détails  de  Chevert 
lui-même  >>.  C.  R. 

Sous  la  corde  des  saints  (LXV,  42, 

2^S.  V^4.  474,  S34,724<77'.  8t)9)-  — '^• 
Daron.  certainement,    ne   m'a  pas  com- 
pris ;  je  vais  essayer  d'être  plus  clair. 
Il    est     absolument    impossible    qu'un 


(1)  Chevert  par  MM.  Camille  Chadenet  et 
Jolly.  Verdun,  1888,  chez  Laurent. 

(2)  Chevert    par    Mlle    Bjvignicr-Clouet, 
Verdun.   id8K,  chez  Kcné-Laliomant. 


grec  <î'î;-^«,  puisse  devenir  le  français  sine 
par  l'intermédiaire  d'une  forme  sem  qui 
n'a  jamais  existé,  et  cela  d'autant  plus 
que  afl[xa  n'a  jamais  signifié  cloche  ;  soit 
en  grec  ancien,  soit  en  grec  moderne  et 
n'a  pas  de  dérivés  rappelant  le  sens  de 
cloche. 

Au  préalable,  je  tiens  à  relever  l'asser- 
tion purement  fantaisiste  de  notre  collè- 
gue qui  dit  :  j'ai  fait  remarquer  que  Va 
final  de  sema^  non  accentué  tombait...  11 
oublie  qu'en  grec  et  en  latin,  Va  final, 
bref  ou  long,  est  toujours  non  accentué, 
et  que,  néamoins,  il  ne  tombe  jamais.  Il 
se  maintient  dans  les  langues  italienne, 
provençale,  espagnole  et  portugaise  tel 
qu'il  est  ;  il  devient  0  en  provençal  mo- 
derne, et  e  en  français.  Cette  règle  est 
ab>olue  et  ne  souffre  aucune  exception, 
quelle  que  soit  la  déformation  que  peut 
subir  le  mot  avec  le  temps. 

Donc  aTJax  ne  peut  devenir  sem. 

Ceci  acquis,  je  vais  montrer,  par  des 
exemples,  ce  que  devient  le  suffixe  grec 
neutre  ixa  dans  le  latin  et  les  langues  ro- 
manes. 

Les  mots  grecs  entrent  dans  le  latin  et 
les  langues  romanes,  par  deux  voies,  la 
voie  savante  ou  la  voie  populaire. 

Dans  le  premier  cas,  pour  les  mots  en 
[la,  le  latin  conserve  le  mot  grec  tel  qu'il 
est  ;  il  suit  la  3®  déclinaison,  reste  neutre, 
et  a  une  tendance  au  pluriel,  a  prendre  1^ 
2"  déclinaison  neutre,  —  mata,  orum^  is. 

Dans  le  second  cas,  le  rnot  en  (xa,  de- 
vient féminin  et  suit  la  r"  déclinaison, 
m<7,  mae. 

Dans  les  langues  romanes,  les  mots 
grecs  en  ma  deviennent  uniformément 
ma  en  italien,  provençal,  espagnol  et  por- 
tugais, et  VIS  en  français  ;  mais  dans  le 
premier  cas,  le  mot  prend  le  genre  mas- 
culin, dans  le  second  il  devient  féminin 

Ces  règles  sont  absolues  et  ne  souffrent 
aucune  exception.  Ex.  :  £ii6XT|;Aa  —  latin 
emhléma,  a  fis  et  emblêmà,  œ  —  sont  trtas- 
ciilins,  ital.  esp.  port,  emhlema,  français 
emblème  ;  est  (eminin  l'espagnol  euihlema. 

i/r^iia.  —  latin  schéma,  atis  et  schéma  a 
—  sont  masculins  l'italien  schéma,  le  ïr-AVi- 
çMs  schème  ;  soni  féminins  l'espagnol  es- 
quema,  le  portugais  schéma. 

a7toaTr|[i.a  latin  aposlêma  atis  et  apostêma\ 
o!  sont  masculins  le  portugais  apostema^ 
le  français  apostcme  :  sont  féminins  l'itat- 
l  lien  et  l'espagnol  apostema. 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


so  Juillet  191a 


77 


78 


(e  ne  pousse  pas  plus  loin  —  il  «n  ré- 
sulte que  le  grec  crri;-La,  s'il  était  entré  dans 
les  langues  romanes  avec  le  sens  de  clo- 
che, devait  devenir  en  italien,  espagnol, 
portugais  sema,  en  français  sètne.  soit 
masculin  ou  féminin.  C'est  ce  qui  n'a 
pas  eu  lieu  :  donc  le  grec  sema  n'est  pas 
le  générateur  du  nom  de  la  cloche  dans 
les  langues  romanes.    Suis-je  assez  clair? 

Je  dis  maintenant  que  c"'  st  du  latin 
signum  que  viennent  le  français  sein^  et 
les  mots  de  même  sens  et  de  même  forme 
dans  les  autres  langues  romanes. 

Je  décompose  signum  en  s  -\-  ignu  -(-  m 
et  Vou  sait  que  le  latin  igmi  devient  en 
italien  egtw,  en  provençal  enh,  en  fran- 
çais ein,  in,  ain  Et  alors 
le  latin  signum  cloche  devient  l'italien 
segno  cloche,  de  la  même  manière  que  le 
latin  dignus  digne  est  devenu  degno,  le 
latin  ligniim  bois  est  devenu  legno,  le  la- 
tin pignus  gage  est  devenu  pegno 
le  latin  signum  cloche  devient  le  proven- 
çal senh  cloche,  de  la  même  manière  que 
le  latin  dignus  digne  est  devenu  denh,  le 
latin  ligmwi  bois  est  devenu  lenh. 
le  latin  signum  cloche  devient  le  français 
sein,  sin,  sain  de  la  même  manière  que  le 
bas  latin  designum  verbal  de  designare 
désigner,  dessiner  est  devenu  dessein, 
dessin,  le  bas-latin  disdignum  verbal  de 
disdignare  dédaigner  est  devenu  dédain. 

Enfin,  le  portugais  sino  cloche  a  pris 
cette  forme  à  une  époque  relativement 
récente  où  le  groupe  gn  est  devenu  /w, 
c'est-à-dire  «  précédé  du  jod,  lequel  dis- 
parut plus  tard  en  donnant  le  timbre  i  à 
la  voyelle  le  précédant  ;  donc  là,  et  d'une 
façon  évidente,  le  portugais  stno  cloche 
se  ramène  au  latin  signwn  cloche 

Suis-je  assez  clair? Notre  collègue  M. 
Daron  fera  bien  d'accepter  ces  explica- 
tions sans  y  contredire.  D'après  ce  que 
j'ai  lu  dans  notre  publication,  c'est  l'opi- 
nion de  nous  tous.  C'est  l'opinion  aussi 
de  tous  les  savants  dont  la  science  lin- 
guistique s'honore  depuis  Diez,  le  réno- 
vateur de  la  science  moderne  jusqu'aux 
plus  jeunes  de  nos  jours,  qu'ils  soient 
français,  allemands,  anglais,  italiens  ou 
d'ailleurs.  H.  La. 

P. -S.  —  Le  latin  signum  a  le  sens  de 
cloche  dans  les  textes  mérovingiens  :  fJLui 
dum  per  plateam  praeterirent^  signum  ad 
matutinas  moturn  est  :  erat  enim  dies 
dominica...  dit  Grégoire  de  Tours  (3,  15). 


Dictionnaire  de  Brachet,  page  527.  — 
Que  pense  M.  Daron  de  ce  signum  motum. 
11  n'osera  pas,  je  pense,  prétendre  que  ce 
signum  confirme  sa  théorie.  Dans  tous  les 
cas,  il  saura  qu'au  6'  s.  on  se  servait  du 
signum,  on  le  mettait  en  branle  motum 
est  pour  sonner  matines.  H.   La. 

[M.  Daron  répondra  peut-être  à  cette 
note  :  mais  nous  croyons  que  ce  sera  en 
ce  cas  la  dernière  sur  une  polémique  très 
intéressante,  mais  qui,  désormais  a  at- 
teint son  maximum  de  développement]. 

Midi  et  demi  (LXIV  ;  LXV,  39,  290, 
340,  438).  —  Je  viens  mettre  aussi  mon 
grain  de  sel,  dans  l'histoire  de  midi  et 
demi  ;  ceci  pour  répondre  à  l'article  de 
M.  Daron. 

Je  vois  tout  d'abord  que  M.  Daron  at- 
tribue une  énormité  à  M.  Littré.  jamais 
ce  savant  n'a  pu  écrire  que  midi  fût  formé 
du  latin  dimidius  diès.  Il  n'y  a  qu'à  ou- 
vrir son  dictionnaire,  volume  3,  pages 
5154  et  551  pour  y  lire  que  midi  vient  de 
mi  et  diês,  et  que  mi  vient  de  médius. 

Donc  Littré  admet,  et  avec  raison  que 
f,:idi  =  mi  -\-  di  =  médius  diês . 

C'est  ensuite,  à  tort,  que  M.  Daron 
critique  l'étymologie  donnée  par  Littré, 
de  demi.  Rien  n'est  plus  régulier  et 
plus  conforme  aux  lois  phoniques  de 
notre  langue  En  effet,  la  voyelle  i,  brève 
ou  longue,  dans  la  syllabe  protonique, 
tend  régulièrement  à  devenir  e  en  fran- 
çais, ex.  :  divinus  devin.,  divisum  devis., 
jînîre  fenir,  pnmârius  premier,  etc.  donc 
dimidius  demi . 

Le  français  mi  vient  aussi  très  réguliè- 
rement de  médius,  par  l'intermédiaire 
d''une  forme  iniei.  En  effet  me  donne  mie^ 
comme  dans  merum  mier,  mel  miel,  gelu 
giel,  pedem pie,  etc.  Quant  à  di  intervoca- 
lique,  il  perd  son  élément  dental  et  de- 
vient/, comme  dans  gaudia  joie,  appodiare 
apnier,  etc.  Um  final,  devenu  atone, 
tombe  comme  ds.ns  murum  mui\  colapum 
co^p,  etc. 

Donc  w^^iHm  devient  miei  ;  mais  comme 
la  triphthongue  iei  était  difficile  à  pro- 
noncer, elle  s'est  réduite,  par  la  chute,  de 
la  voyelle  médiale  e,  à  la  voyelle  t.  On 
peut  faire  la  même  remarque  dans  les 
exemples  suivants  :  legit  il  lieit,  il  lit, 
ptetium  priais  pris  prix,  ceresia  cerieise  ce- 
rise, eclèsiam  eglicise  église,  etc.  En  consé- 
quence médium  miei  aboutit  à  mi. 


H- 


'334. 


Vol.  LXVI. 


L'INTERMÉDIAIRE 


79 


80 


A  mon  avis,  rien  n'est  plus  faux  que  le 
raisonnement  de  M.  Daron  pour  établir 
que  </;  n'a  rien  a  faire  avec  Jiés.  M.  Da- 
ron dit  que  di  dans  diés  est  une  syllabe 
brève  et  ^s  une  syllabe  longue  ;  or,  la 
syllabe  longue  d'un  mot  ne  tombe  ja- 
ïr.ais,  car  elle  est  l'àme  du  mot.  M.  Daron 
oublie  que  dans  diês,  la  syllabe  radicale 
est  di,  syllabe  qui  ne  bouge  pas,  et  que 
es  est  une  syllabe  casuelle,  essentielle 
ment  variable  et  qui  devient  brève  à  l'ac- 
cusatif. 

Or,  la  plupart  du  temps,  les  substan- 
tifs de  notre  langue  proviennent  de  l'ac- 
cusatif, et  dans  ce  cas, le  cas  sujet  se  forme 
par  l'adjonction  de  5,  Exemple  fil  fils  qui 
fait  au  cas  sujet  fils,  dirtérent  de  fi^us  = 
films.  Et  c'est  aussi  ce  qui  se  présente  pour 
di  qui  devient  dis  au  cas  sujet. 

Le  latin  dii-s  n'a  laissé  aucune  trace 
dans  les  langues  romanes,  et  c'est  de 
l'accusatif  dieni  qu'elles  ont  tiré  le  subs- 
tantif di,  le  latin  ie  se  contractant  en  i, 
de  même  que  le  latin  ue  se  contracte  en 
u,  ex.  :  fuerent  fttteni,  etc. 

Cette  contraction  te  en  t  se  présente 
dans  le  roumain  ^j,  l'italien,  l'engadi- 
nois,  le  frioulan,  le  provençal  et  le  fran- 
çais di  :  dans  un  seul  dialecte,  le  lo- 
goudorien,  la  contraction  ne  se  produit 
pas  et  l'on  a  die. 

Plus  tard,  dans  plusieurs  dialectes,  la 
forme  di  ayant  un  aspect  masculin,  on 
la  fit  passer  à  la  première  déclinaison 
pour  lui  donner  un  aspect  vraiment  fémi- 
nin, et  l'on  eut  le  français  die,  et  dans 
les  autres  dialectes  dia.  Un  exemple 
identique  existe  ;  le  latin  gruem  grue,  de- 
venu gru  dans  les  langues  romaines, prit 
la  forme  grue  en  français  etgrua  dans  les 
autres  langues. 

Donc  le  français  a  di  ■=  die  c?s  régime^ 
di  =  die  -}-  s  cas  sujet,  et  die  =  die 
-\-  a  =  dia  forme  féminisée. 

La  seule  concession  que  je  puisse  faire 
à  M.  Daron  est  celle-ci. 

Au  fond,  lé  latin  diés  et  le  grec  Z^m5 
sont  à  peu  près  le  même  mol.  Dans  la 
langue  indo-européenne  le  nom  du  dieu  du 
jour, le  jour  naturel  ou  divinisé  sedéclinait 
ainsi  :  nominatif  singulier  Dicus,  vocatif 
Dteu,  accusatif  Dit' m,  locatif  Dievi.  génitif 
Dtvo<.  ou  Dives,  etc.  Dans  la  langue  ita- 
liote.  l'accusatif  diém  devenu  réguliè- 
rement diem  en  latin,  donna  lieu  à  la 
création  d'un  nominatif    diis   :   le    même 


fait  se  produit  dans  certains  dialectes 
grecs  où  l'on  eut  Zcs.  C'est  la  même  rai- 
son qui  a  fait  que  l'indo-européen  occi- 
dental hÔHS  est  devenu  en  latin  et  en 
dorien  bos. 

Kevenons  n  mi  =:  médius  ;  ce  mot 
est  absolument  difïérent  du  grec  hémi  et 
les  langues  romanes  en  font  bien  la  dis- 
tinction :  ce  qui  est  évident  par  le  tableau 
ci-dessous. 

latin  hêmigrânia  ;  médius  dies. 

italien  emigrania  ;   me:^:^odi. 

français  migraine  ;    midi. 

espagnol    migrana;     mediodia. 

portugais /i^w/rranja;  meiodia  ; 

provençal  migrano  ;  me^dta. 

Catalan  migrant ja  ;    mitjorn. 

Pardi    n'a  jamais    voulu    dire   par  Ju- 
piter.  \c\,di   est  une  variante  de  (iïVw  qui 
se    présente    chez    les    auteurs    sous   les 
formes  variées    di,  deu,  dé,  dié,    diu  etc. 

Enfin  les  mots  suivants'mmwi'/,  mijout , 
milieu   ne    sont     nullement    du  grec 

Tout  le  monde  sait  que  nuit  ■=.  latin 
tioctem  cf.  cuit  z=  coctum,  mauduit  = 
maie  doctum,  etc . 

Que  jour  ;=  latin  diuinutn  cf.  Au- 
boiir  =  alburnum^four  T=z  furniim  Qtc. 

Que  lieu  =  latin  locus,  cf.  jeu  =  j'o- 
eus,  feu  =:  focus  etc 

On  voit,  en  conséquence,  et  d'une  fa 
çon  très  certaine,  que  dans  ce  groupe  de 
mots  mi,  midi,  demi,  le  grec  n'a  rien 
à  faire.  Dans  la  très  forte  majorité  des 
mots  de  notre  langue,  on  n'a  qu'à  re- 
monter au  latin  pour  en  trouver  la 
source  Certes,  dans  notre  langue,  exis- 
tent des  mots  grecs  venus,  soit  par  la 
voie  populaire  ou  la  voie  savante,  mais 
traiter  c-^ttc  question  augmenterait  la 
longueur  de  cette  note,  question,  du  reste, 
connue  de  tous  ceux  qui  ont  fait  leurs 
études  classiques,  c'est  dire  de  tous  les 
lecteurs  de  V Intermédiaire. 

H.  La. 

« 
*  » 

Il  est  inutile,  je  crois,  d'ergoter  plus 
longtemps  sur  la  question  de  savoir  s'il 
faut  écrire  midi  et  demi  ou  midi  etdemie  : 
cette  expression  est  inexacte  et  incorrecte, 
car  le  terme  midi,  employé  comme  me- 
sure du  temps, ne^saurait, ainsi  que  l'heure, 
supporter  de  divisions  ;midi  et  demi  signi- 
fie, à  mon  avis,  midi  plus  la  moitié  de 
midi, soit  6  heures  du  soir  ou  18  heures 
(nouveau    style).     On  devrait   dire  tout 


ÙES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


8i 


aojoillet  191a 


82 


simplement,  en  suivant  l'énumération  des 
heures  du  cadran,  1 2  heures  et  demie  pour 
le  milieu  du  jour  et  30  minutes  pour 
l'heure  correspondante  de  la  nuit  A  l'état 
civil,  par  exemple, il  est  de  règle  de  men- 
tionner :  «  cet  enfant  est  né  aujourd'hui  à 
30  minutes  »,  expression  très  juste  et 
plus  logique  que  minuit  et  demi,  qui  est 
un  véritable  non-sens.  Gelidus. 

Jeux  aux  XVI*   et  XVII'  siècles 

(LXl).  —  Peut-être  trouverait-on  quel- 
ques renseignements  utiles  dans  : 

—  U  Académie  universelle  des  Jeux  ^  '737> 
1763  et  1777. 

—  L'arbitre  des  Jeux ^  par   Mery,  Paris 
Gonet  1847. 

—  Les  jeux  publics  en    France^    par  G. 
Driolle.  Paris,  Amyot. 

—  Dictionnaire  des  jeux    de  V enfance, 
parj.  F.  —  AY.  Paris,  Barbon,  1807. 

Les  jeux  de    quadrille  et   de  piquet, 


Manille,  r 


'37. 


—  Académie  des  jeux,  par  Van  Tenao, 
Paris,  Garnier. 

—  Les  jeux  et  les  joueurs,  par  Ch .  Vir- 
maitre.   Paris,  1872.  j.  G. 

Le  bien  qui  a  été  dit  du  pélican 

(LXI  ;  LXIIl,  481,  771).  —  Je  me  rappelle 
avoir,  il  y  a  56  ans,  entendu  réciter  le 
curieux  boniment  que  voici  : 

«  Venez  voir,  messieurs  et  dames,  le 
grand  pélican  blanc,  qui  tous  les  dix  ans, 
se  perce  les  flancs,  pour  nourrir  ses  petits 
enfants  !  L'animal  est  Carnivore  —  et 
dévore  —  les  petits  enfants  !  Mais,  pères 
et  mères  sensibles,  ne  craignez  rien  ' 
L'animal  a  déjeûné,  et  de  plus,  il  est  em- 
paillé 1  »  V.  A.  T. 

Orgue  des  saveurs  (LXV,  694,823). 
—  Il  s'agit  de  parfums,  mais  il  s'agit  aussi 
de  la  gamme  et  c'est  pour  rapprocher  de 
la  question.  La  doctoresse  Hélina  Gabo- 
riau,  dans  le  Journal  de  la  Beauté,  écrit  : 

De  même  que  pour  la  musique,  il  y  a  des 
accords  parfaits  et  des  fausses  rotes  ;  le  sa- 
vant chimiste  anglais  Piessé  disait  que  cha- 
que parfum  correspondait  à  une  note  de 
musique,  c'est-à-dire  qu'une  odeur  produi- 
sait une  sensation  analogue  sur  l'organisme, 
à  un  son  musical. 

11  a  ainsi  composé  des  bouquets  harmo- 
nieux formant  des  accords  dont  voici  quel- 
ques exemples  : 

Bouquet,  accord  de  do 


D» 

Do  : 
Mi 
Sol 
Do  ; 

Fa  ; 
Do 
Fa  : 
La  : 
Do 


santal  ; 

géranium  ; 
:  acacia  ; 
:  fleur  d'oranger  ; 

camphre. 

Bouquet,  accord  de  fa 

musc  ; 

rose  ; 

tubéreuse  ; 

fève  Tinka  ; 

camphre  ; 


Femmes.  Conquête  des  diplômes 
masculins  (LIV  à  LXV,  774].  —  La 
première  femme  député  en  Autriche. 

De  la  Correspondance  Tchèque  : 

La  première  femme-débutê  en  Autriche , 
La  première  en  Autriche,  et,  à  la  seule  ex- 
ception de  la  Finlande,  la  première  dans 
toute  l'Europe,  Madame  Vikovà-Kunètickà 
(Vikovà-Kongnetitskà)  a  été  élue  député 
dans  un  des  arrondissements  du  parti  jeune- 
tchèque,  à  Mladà  Boleslav  en  Bohême.  Déjà 
cette  première  candidature  féminine  avait 
soulevé  de  nombreuses  objections  et  contro- 
versfs,  et  l'élection  de  Madame  Vikova-Ku- 
nèticka  ne  veut  pas  encore  dire  qu'elle  sera 
réellement  autorisée  à  occuper  son  tiège  de 
député  à  la  Diète  de  Bohême,  car  c'est  une 
question  encore  à  trancher,  selon  l'interpré- 
tation de  la  loi  électorale  qui  n'est  pas  abso- 
lument claire  sur  ce  point.  Mais  en  tout  cas, 
cette  proclamation  éclatante  de  l'égalité  des 
droits  de  l'homme  et  de  la  femme  est  une 
victoire  des  idées  progressistes,  et  les  Alle- 
mands de  l'Autriche,  qui  se  vantent  tant  de 
leur  libéralisme,  en  sont  tout  penauds. 

Une  Tchèque  a  été  la  première  étudiante 
de  lycée  en  Autriche,  une  Tchèque  a  été  la 
première  femme-docteur  en  médecine  en 
Autriche,  une  Tchèque  a  la  première  été 
élue  comme  député  en  Autriche —  vraiment 
et  incontestablement,  la  Bohème  marche  en 
tête  du  progrès  en  Autriche  ! 

Le  cor  de  Roland  (LXV,  783). 
—  J'ignore  si  Roland  eut  un  cornet 
d'ivoire  et  un  oliphant  ;  ou  seulement  un 
oliphant  dont  il  sonna  avant  d'expirer. 

Dans  le  cas  où  ces  deux  appellations 
ne  s'adresseraient  qu'à  un  objet  unique, 
j'informerai  D.  A.  qu'on  peut  le  voir  au 
Musée  Saint-Raymond  à  Toulouse,  et  que 
le  gardien  nous  le  donne  comme  authen- 
tique, cela  va  sans  dire. 

H.  T. 

«  » 
Les     renseignements     suivants      sont 

tirés  de  V Histoire  de  l'Ile  Barbe  de  Lyon, 

par  Niepce,  1890. 


N»  i|34.  Vol.  LXVI. 


L'iNTBRMEDIAlRB 


83 


84 


Le  Cor  de  Roland  appartint  longtemps 
à  l'abbaye  de  l'Ile  Barbe.  En  1745,  lors 
de  la  suppression  de  cette  abbaye,  le  cor 
fut  transporté  à  l'archevêché.  En  1791,  il 
fut  restitué  à  la  famille  du  Mont-d'Or, 
qui  prétendait  descendre  de  Roland.  En 
1829,  cette  famille  en  fit  hommage  au 
Comte  de  Chambord.  Le  Comte  de  Bardi, 
son  neveu  et  héritier,  le  conserve  sans 
doute. 

Le  cor  était  en  ivoire  ;  il  portail  di- 
verses inscriptions  et  la  date  1491. 

FXT. 


Le  cornet  (olifant  de  Roland)  doit  être 
encore  dans  une  vitrine  du  salon  rouge  à 
Frohsdorf.  C'est  une  belle  pièce  d'ivoire 
massif  très  sculpté  à  l'extérieur  ;  elle  est 
lourde  ;  l'extrémité  la  plus  petite,  celle 
par  laquelle  on  devait  soufner,a  une  sec- 
tion très  nettement  faite.  Dans  le  milieu 
du  rond  d'ivoire  ainsi  produit,  se  trouve 
une  ouverture  carrée  de  0,02  de  côté,  en- 
viron. Vu  la  forte  épaisseur  de  l'ivoire, un 
soutTîe  humain,  si  puissant  qu'il  fût,  ne 
pouvait  obtenir  des  vibrations  sonores  ; 
il  devait  donc  y  avoir  une  monture  inté- 
rieure en  métal  facilitant  la  production 
du  son. 

La  présence  de  cette  pièce  dans  la  vi- 
trine ou  figurent  de  précieuses  reliques 
de  la  famille  royale,  —  entr'autres  les 
souliers  du  sacre  de  Louis  XIV  dont  les 
talons  sont  peints  par  Mi^nard,  —  indi- 
que bien  une  origine  sérieuse.  Tout  cela, 
comme  le  château  de  Frohsdorf,  appar- 
tient aujourd'hui  à  Don  |aime  de  Bour- 
bon, Saint-Perdoux. 


Le  cor  d'ivoire  de  Roland  qui  avait  été 
légué  au  comte  de  Chambord,  se  trouve 
encore  à  Frohsdorf  où  il  est  soigneuse- 
ment conservé  par  S.  A  R.  Mgr  le  Duc 
de  Madrid, à  coté  d'autres  précieux  souve- 
nirs historiques  :  le  panache  blanc  de 
Henri  IV,  le  livre  d'heures  des  rois  de 
France,  les  souliers  portés  par  Louis  XIV 
à  son  sacre,  Tépée  du  Duc  de  Bcrry,  etc. 
Ces  intéressantes  reliques  qui  n'ont  ja- 
mais été  reproduites  en  photographie  ou 
en  gravure,  sont  placées  dans  une  vitrine 
du  cabinet  de  travail  faisant  suite  au  sa- 
lon gris,  ou  le  comte  de  Chambord  ren- 
dit le  dernier  soupir  au  rez  de  chausiée 
du  château.  Vicomte  de  Reiset. 


Cinéma  :  origine  ';u  mot  (LVI  ; 
LVIl).  —  Le  mot  cinématographe,  dont 
le  peuple,  toujours  abréviateur  en  vertu 
de  la  loi  du  moindre  effort,  a  fait  cinéma, 
a  été  inventé  par  les  inventeurs  du  pro- 
cédé MM.  Lumière,  de  Lyon.  La  lettre 
suivante  que  leurs  successeurs  nous 
adressent  le  confirme. 

Lyon  le  10  juillet  1912. 

M.  Georges  Mont  >rgueil,  directeur  de  V In- 
termédiaire dis  Cherckeu' s . 
Monsieur, 

Messieurs  Auguste  et  Louis  Lumière  ont 
eu  connnissance  de  votre  honorée  d'hier  par 
laquelle  vous  leur  demandez  l'oiigine  du 
mot  «  cinématographe  »  et  nous  nous  em- 
pressons de  V0U5  répondre.  Ce  néologisme 
a  été  employé  par  MM.  Lumière  au  moment 
où  ils  ont  inventé  les  premiers  appareils  de 
projecuon  animée  et  a  été  composé  par  eux- 
mêmes  en  1895. 

Veuillez  agréer,  monsieur,  l'assurance  de 
nies  sentiments  distingués. 

P.  l'un  des  admistrateurs-directeurs. 


S^rouoatKes  et  (IJuriaaUéa 


Ouvriers  et  patrons.  La  Saint- 
Lundi  en  l'an  13.  —  Le  document 
qu'on  va  lire  fera  sourire  par  ce  temps 
di'.  syndicalisme  outrancier,  de  grève  per- 
lée et  de  sabotage.  Il  y  a  un  siècle,  ces 
moyens,  devenus  depuis  les  armes  des 
travailleurs  conscients,  étaient  inconnus 
dans  les  métiers.  D'ailleurs,  une  législa- 
tion sévère  les  régissait.  Elle  condamnait 
le  débauchage  ;  elle  condamnait,  sinon 
la  Saint-Lundi,  du  moins  les  troubles  qui 
pouvaient  en  résulter. 

C'était  un  saint  très  chômé  par  ceux 
que  Denis  Poulot  devait  nommer  les  «  su- 
blimes ».  C'est  pour  nous  rappeler  une 
chanson  célèbre  au  faubourg  : 

Vive  le  bon  Dieu  qui  créi  le  lundi 
Pour  cuver  les  cuites  du  dimanche. 
Vive  le  bon  Dieu  qui  créa  le  mardi 
Pour  cuver  les  cuites  du  lundi. 

Mais  M.  Leclerc,  le  célèbre  entrepre- 
neur de  peinture,  ne  l'entendait  pas  de 
cette  oreille.  Contre  les  mauvais  ouvriers 
qui  faisaient  le  lundi  et  chômaient  encore 
le  mardi,  et  prétendaient  imposer  ces  fa- 
çons a  l'atelier,  il  demandait  le  secours 
des  pouvoirs  publics,  qui  le  lui  prêtaient. 


( 


DBS  CHERCHEURS  El  CURIEUX 


90  laîilet  19 12 


8: 


86 


Ce  trait  de  mœurs  ouvrières, en  l'an  13, 
est  à  rapprocher  de  ce  qiJe  nous  voyons  ; 
il  est  bien  propre  à  montrer  quel  chemin, 
le  socialisme, qui  n'est  pas  au  bout  de  ses 
conquêtes,  a,  depuis  ce  temps,  parcouru. 
LÉONCE  Grasilier. 

23  Fiuctidor  An  13. 
{10    septembre    1805). 

Il  résulted'une  plainte  faite  par  M.  Leclerc, 
imprimeur  rue  de  la  Parcheminerie  n"  2 
que  depuis  quelque  tems,  n'ayant  pu  obte- 
nir de  ses  ouvriers  qu'ils  travaillassent  le 
Lundi,  il  avait  pris  le  parti,  le  8  de  ce  mois, 
de  supprimer  une  presse  afin  de  les  intimi- 
der. Que  les  ouvriers  de  trois  autres  presses 
voyant  que  deux  de  leurs  camarades  ve- 
naient d'être  renvoyés,  avaient,  sur  le 
champ,  abandonné  l'atelier  ;  Qiie  le  lende- 
main il  se  pourvut  de  8  autres  ouvrier?, 
mais  que  ceux  qu'il  avait  renvoyés  la  veille, 
réunis  à  plusieurs  autres,  s'étaient  permis 
de  rentrer  dans  son  atelier  et  de  forcer  ces 
8  nouveaux  ouvriers  à  cesser  le  travail.  En- 
fin que  le  sieur  Leclerc  a  signalé  comme  les 
plus  coupables,  dans  cette  circonstance  les 
nommés  Amblard,  Florentin,  Gauthier,  Le- 
brun fils,  Bertrand  et  Berthé. 

Deux  d'entre  eux  ont  été  arrêtés  savoir  : 
François  Amblard,  âgé  de  20  ans,  né  à 
Ciermont  département  du  Puy-de-Dôme, 
demeurant  rue  Charretière  n»  19  et  François 
Gauthier,  âgé  de  35  ans,  né  à  Orléans,  dépt 
du  Loiret,  demeurant  rue  de  l'Hirondelle, 
tous  deux  porteurs  de  livrets  Ces  deux  ou- 
vriers sont  convenus  que  M.  Leclerc  les 
avait  renvoyés  parce  qu'ils  n'avaient  pas 
voulu  travailler  le  lundi  ;  ils  ont  avoué 
aussi  que  le  lendemain,  ils  avaient  bu  avec 
plusieurs  autres  imprimeurs,  mais  ils  ont  con- 
testé s'être  rendus  chez  M.  Leclerc  et  avoir 
forcé  ses  nouveauxouvriers  à  cesser  ie  travail. 

Attendu  qu'il  est  constant  d'après  les  rap- 
ports du  commissaire  de  Police  de  la  divi- 
sion des  Thermes,  que  les  6  ouvriers  susnom- 
més ont  bu  pendant  toute  la  journée  du 
mardi  9  du  courant,  qu'ils  ont  réuni  avec 
eux  seize  autres  compagnons  imprimeurs 
pour  soutenir  leur  entreprise  et  empêcher 
de  travailler  tous  autres  ouvriers  à  leur  place, 
ma'gré  qu'ils  fussent  convaincus  qu'il  y 
avait  urgence,  puisque  le  papier  trempait  de- 
puis le  vendredi    précédent, 

Attendu  que  le  commissaire  affirme  que, 
pendant  leur  réunion  au  cabaret,  ils  en  sont 
sortis  succesivement  en  gesticulant  et  s'agitant 
et  qu'ils  n'ont  cessé  de  s'occuper  de  leur 
coupable  entreprise, 

Attendu  enfin  que  Gauthier  est  connu  à 
la  préfecture  de  Police  pour  un  perturbateur 
qui  a  déjà  été  envoyé  à  Bicêtre  pour  ce 
fait, 


j'ai  décidé  que  les  nommés  Amblard  et 
Gauthier  seraient  envoyés  à  Bicêtre  pour  15 
jours  J'ai  jugé  que  cette  mesure  était  né- 
cessaire et  qu'elle  ne  pouvait  produire  qu'un 
bon  eftet. 

Je  prie  S.  E.  le  Sénateur,  Ministre  de  la 
police  générale, de  vouloir  bien  l'approuver. 

Le  conseiller  d'Etat  chargé,  etc. 

Dubois. 

{Rapport  du  préfet  de  police  au  minisire. 
Aichives  nationale  F''  ^122). 


Lettre  de  Proudhon  à  Adolphe 
Blanqui.  Le  différend  Barbès-Blan- 

qui  —  Les  lettres  de  Proudhon  sont  tou- 
jours intéressantes.  La  plume  du  terrible 
polémiste  a  le  don  de  la  vie.  Dans  tout  ce 
qu'il  écrit,  il  mêle  la  caresse  à  la  rudesse, 
la  douceur  à  la  brutalité  :  et  ce  n'est  pas 
le  moindre  de  son  charme  ardu.  Sa  fi- 
nesse de  dialectique  est  d'une  extraordi- 
naire puissance  ensorceleuse,  mais  on  y 
sent  toujours,  quand  on  échappe  au  sorti- 
lège, cette  contradiction  qui  déroute  et 
irrite. 

Proudhon,  dans  la  lettre  qu'on  va 
lire  et  qui  est  adressée  à  l'économiste 
Blanqui,  accepte  d'être  à  la  fois  ce  qu'on 
lui  reproche  d'être  «  athée,  anarchiste  et 
socialiste  »  et  il  se  proclame  en  même 
temps,  l'élève  de  son  correspondant, 
Blanqui  l'économiste,  admirable  observa- 
teur de  la  condition  ouvrière,  mais  de 
principes  traditionnels  et  conservateurs. 

Il  y  a  dans  cette  lettre  un  passage  particu- 
lièrement piquant  :  il  touche  à  cette  accu- 
sation que  le  parti  de  Barbes  avait  portée 
contre  Blanqui,  le  frère  de  l'économiste  : 
dénoncé  comme  traître  (c'est  le  propre 
des  factions  d'avant-garde  que  ces  suspi- 
cions intestines),  il  fut  traduit  devant  la 
justice  des  comités  révolutionnaires  d'où 
la  lumière  n'est  jamais  sortie.  Nous  con- 
naissions mal  le  rôle  qu'avait  joué  Prou- 
dhon dans  cette  circonstance.  Il  fut  ce- 
pendant capital.  Il  laisse  entendre,  dans 
cette  lettre,  que  son  jugement  de  rappor- 
teur fut  moins  dicté  par  la  conduite  d'Au- 
guste Blanqui  n'avait  pas  grand  chose  à 
redouter  dit-il  que  par  «  la  considéra- 
tien  »  qu'il  avait  pour  la  personne  et  le 
nom  du  frère. 

Qu'en  déduire  de  positif  ?  C'est  la  ca- 
ractéristique de  Proudhon  d'être,  quoi 
qu'il  fas:e  ou  dise, déconcertant, 


«•  1334.  Vol. 


LXV. 

-     87 


L'INTERMEDIAIRE 


88    -^ 


L'ensemble  de  la  lettre,  en  dépit  ou  à 
cause  de  ces  contradictions,  est  un  docu- 
ment du  plus  haut  intérêt  pour  la  con- 
naissance intime  de  Proudhon. 

Monsieur  Blanqui. 
Votre  lettre  m'a  été  extrêmement  sensible. 
Ce  que  vous  me  reprochez,  est,  en  bon  fran- 
çai«,  de  l'ingratitude  :  ta  contradiction  que 
vous  ri'f"^^  '^  peine  d'établir  entre  une 
phrase  de  journal  et  celles  de  la  3' préface  de 
mon  livre  sur  la  Propriété  ne  signifie  pas 
autre  chose. 

Si  j'étais  ce  que  vous  paraissez  craindre, 
car  je  ne  veux  pas  encore  dire  ce  que  vous 
paraissez  croire,  un  ingrat,  je  me  bornerais  à 
vous  répondre,  avec  le  rédacteur  en  chef  du 
Reprisenlant  du  peuple,  àox\i  je  vous  adresse 
inclus  la  lettre,  que  je  ne  suis  que  le  colla- 
borateur du  Représentant  du  peuple,  que 
tout  ce  qui  vient  de  moi  dans  ce  journal  est 
signé  de  mon  nom  ou  de  mes  initiales,  que 
je  suis  quelquefois  trois  jours  s.ins  paraître 
au  bureau  de  la  rédaction,  et  sans  prendre 
connaissance  des  articles,  qu'enfin  je  n'ai  au- 
cun titre  de  censure  sur  la  rédaction  géné- 
rale. 

Mais,  à  vous  que  j'ai  reconnu  pour  mon 
maître,  à  vous  à  qui  j'ai  voué  à  Is  fois  recon- 
naissance, admiration  et  estime,  je  dois  dire 
quelque  chose  de  plus. 

L'article  dont  vous  vous  plaignez  a  passé, 
à  mon  grand  regret,  dans  l'un  de  ces  inter- 
valles, où,  absent  du  bureau,  je  ne  pouvais 
réclamer  pour  votre  personne  le  privilège 
d'un  peu  plus  de  bienveillance.  L'auteur  de 
cet  article,  à  qui  je  me  suis  plaint  immédia- 
tement et  qui  m'autorise  à  le  nommer  ici, 
est  M.  Jules  Lechevalier,  qui,  d'ailleurs,  se 
propose  de  vous  écrire  à  cet  égard. 

J'ai  si  peu  oublié  depuis  1842,  mes  senti- 
mei'.ts  pour  vous.  Monsieur,  qu'en  1846, 
dans  l'ouvrage  intitulé  :  Système  des  con- 
Iradiciions  économiques,  chaque  fois  que 
j'ai  eu  à  vous  citer,  je  l'ai  fait  avec  une  telle 
prédilection  pour  votre  personne,  qu'il  m'en 
est  venu  des  reproches.  Ces  reproches  m'ont 
été  précieux,  car  ils  m'ont  prouvé  à  moi- 
même  que  mes  sentiments  pour  vous,  au 
milieu  liiéme  de  la  critique,  n'avaient  pas 
changé. 

En  dernier  lieu  (pernicttez-moi,  Monsieur, 
pour  ma  justification,  de  vous  rappeler  ici 
des  faits  désagréables)  membre  du  club  Bar- 
bes, l'j;£.T:it  partie  d'une  commission  chargée 
de  faire  une  enquête  sur  la  fameuse  pièce 
apocrvphc  attribuée  à  votre  frère,  et  chargé 
moi-iTiéme  de  présenter  un  rapport,  j'ai  réussi 
à  empêcher  la  commission  de  publier  les  ré- 
sultats de  son  enquête,  non  que  votre  frère 
eût  grand  chose  à  redouter  de  cette  enquête, 
mais  afin  d'arrêter  le  scandale.  Votie  nom, 
I  cons'déi-ation  de  votre   personne,  ont  été 


un  motif  grave  pour  moi,  et  qui  m'a  fait  in- 
sister avec  plus  d'énergie  que  je  n'eusse  fait 
peut-être,  sur  la  nécessité  de  renoncer  à  une 
publicité  d'ailleurs  imprudente  et  injuste. 

Vous  affectez  de  dire  que  je  suis  quelque 
chose  ti  que  vous  n'êtes  rien.  Hélas,  Mon- 
sieur, vous  n'êtes  point  si  ignorant  de  la 
triste  situation  où  nous  sommes  pour  ne  pas 
voir  que  ce  titre  de  représentant  du  peuple 
que  je  porte  aujourd'hui  n'est  guère  autre 
chos;  pour  moi  qu'un  asile  contre  la  pros- 
cription. Vos  amis  sont  à  peu  près  les  maî- 
tres de  la  République,  et  seront  bientôt  au 
pouvoir,  moi,  au  contraire,  calomnié  à  ou- 
trance, chargé  de  tous  les  péchés  d'Israël, 
athée,  anarchiste,  ennemi  de  la  propriété  et 
du  propriétaire,  si,  après  avoir  été  traduit  à 
lu  barre,  je  ne  suis  pas  placé  sous  la  sauve- 
garde de  la  prison,  le  moins  qui  m'attende 
est  d'être  massacré  par  vos  gardes  nationaux. 
Ah  1  Monsieur,  si  l'un  de  nous  deux  devait 
en  ce  moment  solliciter  la  recommandation 
de  l'autre,  certes  ce  ne  serait  pas  vous. 

Pour  vous  prouver  avec  quelle  franchise  je 
voulais  faire  droit  à  vos  plaintes,  je  vous  di- 
rai en  finissant  que  j'eusse  fait  insérer,  sans 
hésiter,  votre  lettre  dans  le  Représentant  du 
peuple,  si  vous  n'aviez  point  mêlé  à  une 
question  personnelle  la  question  sociale,  de- 
venue depuis  dix  jouis  la  question  des  in- 
surgés. 

Je  n'accepte  pas  plus  que  vous  la  respon- 
sabilité des  massacres  :  les  raisons  que  vous 
me  donnez  ont  été  jadis  celles  des  payens 
contre  les  chiétiens,  des  papistes  contre  les 
réformés,  des  nobles  contre  les  bourgeois.  Il 
n'y  a  pas  eu  de  réforme  qui  n'ait  eu  son 
baptême  de  sang  :  je  soutiens  que  la  vieille 
économie  politique  est  seule  coupable,  vous 
affirmez  que  c'est  le  socialisme  :  rien  que 
cette  opposition  doit  vous  avertir  que  le  dé- 
bat ainsi  posé,  est  impossible. 

Daignez,  Monsieur,  m'accuser  réception 
de  la  présente,  et  me  dire  que  vous  me  ren- 
drez votre  ancienne  estime,  que  vous  me 
pardonnerez  la  funeste  méprise  qui  a  con- 
tristé  votre  âme.  C'est  l'effet  des  révolutions  : 
et  si  vous  me  connaissiez  ou  me  jugiez  mieux, 
vous  sauriez  que  je  ne  les  aime  pas  plus  que 
vous. 

je  suis,  Monsieur,  malgré  tout,  votre  tou- 
jours obligé  et  reconnaissant. 

P.  J.  Proudhon. 
9  juillet  1848. 


Le  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

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CHERCHEURS 

Fondé   en 


ET    CURIEUX 

1864 


QfJKSTIONS     ET     RKPONSKS     LITTÉRAIRES.     HISTORIQUES,     SCIENTIFIQUES 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


ET    A  RUSTIQUE 


—        89 

Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme ,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  lafeuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée.,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdît  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


<!&i?e6tî0îB 


Député  ou  députée.  —  Une  femme 
député  :  comment  doit-on  écrire  députée  ? 
avec  ou  sans  e  muet?  Et  par  extension, 
peut-on  dire  une  Jé/>M/«^  ?  V. 

L'Eugénique.  —  C'est  l'expression 
que  désigne  la  science  tendant  à  l'amélio- 
ration de  l'espèce  humaine  par  la  sélec- 
tion scientifique. 

Quelle  est  l'explication  de  ce  mot  et 
l'origine  de  cette  science?  V. 

Les  enseignes  de  la  Rue  de  Ri- 
▼oli.  —  Il  n'est  pas  douteux  que  la  rue 
de  Rivoli  est  astreinte  à  diverses  servi- 
tudes. La  commission  du  Vieux-Paris  l'a 


90 


établi  victorieusement  sur  tous  les  points. 
Reste  la  question  des  enseignes  qui  fut 
si  aiguë  sous  la  Restauration,  que  les 
commerçants  se  plaignirent  de  ne  pouvoir 
s'annoncer. 

Quels  sont  les  textes  précis  à  ce  sujet, 
où  les  trouver  :  au  Domaine,  aux  Beaux- 
Arts,  aux  Archives  nationales  ?         V. 

Les  portraits  de  La  Bruyère.  — 

M.  Monmerqué,  nous  apprend  Edouard 
Fournier  {Comédie  de  J.  de  la  Bruyère, 
2*  édition,  1872,  p.  599,  note  I),  possé- 
dait un  portrait  de  La  Bruyère^qu'à  tort,  bien 
évidemment,  il  attribuait  à  Philippe  de 
Champagne.  «  L'auteur  des  Caractères 
disait,  en  parlant  de  ce  portrait,  Mme  de 
Saint-Surin,  plus  tard  Mme  Monmerqué, 
est  représenté  écrivant  un  passage  de 
son  livre  ;  son  regard  respire  un  dédain 
plein  de  finesse  et  de  malice.  »  {Miroir 
des  Salons,  p.  88),  Sait-on  ce  qu'est  devenu 
ce  portrait  ? 

A.  de  Boislile,  d'autre  part  {Mémoires 
da  Saint-Simon,  tome  III.  p.  84J  a  vu  au 
château  de  Mouchy  une  toile  qui,  dit-on, 
représente  La  Bruyère.  A-t-il  été  question 
de  ce  portrait  ailleurs  que  dans  une  note 
d'A.  de  Boislisle?  S.  G. 


Diamants  et  bijoux  de  Marie-An- 
toinette (XV,  74).  —  M.  Germain  Bapst 
a  posé  cette  question  dans  le  n°  du  10  fé- 
vrier 1882  : 

La  reine  Marie-Antoinelte  possédait  de 
nombreuses  parures  de  diamants.  Au  dire 
de  Mme  Campan,  elle  avait  une  paire  de 
Girandoles,  payées  en  1774,  360.800  francs. 

LXY-  3 


N«  1335.  Vol.     LXV. 


9» 


L'INTERMEDIAIRE 


92 


En  plus  le  Roi  lui  avait  donné  une  parure 
rubis  et  diamants  et  deux  bracelets  de 
200,000  francs. 

Que  sont  devenus  ces  différents  diamants 
lors  de  la  Révolution  ? 

11  n'a  pas  été  répondu  à  cette  intéres- 
sante question  Depuis,  l'historien  des 
diamants  de  la  couronne,  n'a-t-il  rien 
appris  lui-même  concernant  le  petit  pro- 
blème qu'il  cherchait  à  résoudre? 

Textes  de  traités  franco-espa- 
gnols. —  De  185b  à  1860  ou  1862,  une 
série  Je  traités  lurent  passés  entre  le  gou- 
vernement impérial  et  celui  de  la  reine 
Isabelle,  concernant  la  délimitation  de  la 
Groutière  dans  les  Pyrénées.  Des  bornes 
furent  plantées  là  où  on  le  jugea  néces- 
saire. 

Ces  traités  ont-ils    été  imprimés   sous 
forme  de  brochure  .?  Si  oui,  quel  est  leur 
titre  ?  Où  se  les  procurer  ?  Sinon,  peut- 
on  indiquer  les  numéros  ou  dates  du  Mo- 
niteur ojficiel,  où  ces  accords  ont  paru  ? 

Un  Pyrénéiste. 

Pont  d'Austerlitz  :  les  noms  des 
officiers.  —  M.  de  l^ocheguidenous  ap- 
prend, à  la  page  228  de  son  GiiiJc  à  tra- 
vers Paris,  que  le  pont  d'Austerlitz,  cons- 
truit en  1802  et  rebâti  en  pierre  en  1805 
(ouvert  aux  piétons  en  1806,  au.\  voi- 
tures en  1807)  conserve  dans  ses  orne- 
ments l'inscription  des  noms  des  cfficiers 
tués  à  Austerlitz. 

Dans  quels  ornements  ?  Combien  de 
noms  r  Quels  sont-ils  ? 

Le  colonel  Valhubert,  tué  à  Austerlit/., 
a  donné  son  nom  à  la  place  où  le  pont  se 
termine.  Mais  quels  sont  lesautres,  et  où  ? 
Je  n'ai  rien  vu  sur  le  pont,  qui  n'a  pas 
d'ornements.  V.  A.  T. 

Un  Conseiller, Secrétaire  du  ^oy, 
de  CUrii  ont-Ferrand,  du  nom  de 
Biaise  Pascal  (1666).  —  )ai  sous  les 
yeux,  un  reçu  autographe,  signé,  pour 
«  le  premier  quartier  de  ses  gages  ("année 
1666)  y  délivré  à  Clermont,  par  '<  Je, 
Biaise  Pascal,  Conseiller,  Secrétaire  du 
Roy,  Maison,  Couronne  de  France  et  de 
ses  Finances,  du  Collège  des  Soixante-six 
soussigné  >♦,  lequel  est  daté  du  1  sixiesme 
jour  de  septembre  mil-six-cent-soixante- 
six.  » 

Ce  reçu,  très  détaillé,  entièrement  im 


I  primé,  en  largeur,  sur  une  petite  feuille 
de  peau  de  vélin,  petit  in  8",  est  composé 
de  dix-huit  lignes,  imprimées  en  petit 
texte  Des  blancs,  laissés  à  cet  effet  dans 
le  corps  de  l'impression,  ont  permis  au 
signataire  du  reçu,  d'y  ajouter  ses  nom  et 
prénom  et  d'y  préciser  exactement  la  dé- 
signation des  dates. 

De  plus,  tout  à  la  fin  de  la  pièce,  le 
CÀmseiller  Biaise  Pascal,  pour  compléter 
encore  la  garantie  de  l'acte,  avant  de  le 
signer,  a  reproduit  de  sa  main,  en  deux 
lignes,  écrites  à  l'encre  noire  comme  l'est 
la  signature,  l'énoncé  complet  de  la 
somme  dont  il  donne  ainsi  la  quittance. 

Le  Père  de  l'illustre  auteur  des  Provin- 
ciales^ Biaise  Pascal  [juin  1632  y  Septem- 
bre 1662  1,  se  nommait,  lui,  Estienne  Pas- 
cal, et  sa  mère,  Antoinette  Begon,  — 
Quel  degré  exact  de  parenté  peut  donc 
avoir  existé  entre  les  deux  v<  Biaise  Pas- 
cal »,  de  Clermont-Ferrand,  en  question, 
le  grand  écrivain  et  le  Conseiller  du  Roy, 
de  1666.''  Ulric  Richard-Desaix. 

Le  sculpteur  Dumont.  -  Il  fut 
l'nuteur  d'une  statue  de  Pichegru,  statue 
de  marbre  brisée  en  1830  sur  la  place  de 
Lons-le-Saunier.  Peut-on  en  retrouver  une 
reproduction  .?  Existe-il  une  lithographie 
de  Dumont  ?  Led. 

Hue  de  Miromesnil.  —  Connait-on 
une  bonne  source  d'informations  sur  le 
garde  des  sceauxHùe  de  Miromesnil,  qui 
recueillit  le  duc  de  Penthièvre  pendant  la 
Révolution  ^ 

Sait-on  s'il  a  laissé  des  descendants? 
Le  nom  est  éteint,  mais  la  postérité  fémi- 
nine peut  subsister. 

Renaud  d'Escles. 

Philippe  Charles  de  La  Fare  — 

Maréchal  de  France  mort  le  4  septembre 
1752.  On  désire  connaître  le  lieu  et  la 
date  de  sa  naissance  ainsi  que  ses  états 
de  service.  B.  F. 

Famille    et    papiers     de    l'abbé 

Sieyès.  —  11  vient  de  mourir  à  Lau- 
sanne, à  l'âge  de  quatre-vingt-neuf  ans, 
une  petite-nièce  de  Sieyès.  Existe-t-il  en- 
core des  membres  de  la  famille  du  célèbre 
conventionnel  ? 

Les  papiers  ont  ils  été  détruits  ? 

Templi. 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Juillet  191a 


Q3 


94 


Titrei  sous  l'ancien  régime.  — 
Dans  un  article  paru  dan?  V Intertnédtaire 
du  30  novembre  1905,  je  lis  la  phrase  sui- 
vante : 

Beaucoup  de  gentilshommes  d'ancien  ne  no- 
blesse poitaient  des  titres  de  marquis  et  de 
comte,  sous  lesquels  ils  étaient  connus  à  la 
Cour,  bien  que  sans  érection  régulière,  lais- 
sant aux  anoblis  de  fraîche  date  le  soin  de 
provoquer  des  concessions  régulières  de 
marquisat  ou  de  comté  —  signé   :    A.  E. 

11  serait  intéressant  de  savoir  si  cette 
assertion  repose  sur  des  fondements  so- 
lides ;  trouve-t-on  notammei^t  dans  les 
Mémoires^  souvenirs,  correspondances  du 
temps,  des  preuves  ou  indications  de  ce 
dédain  des  anciennes  familles  pour  la  ré- 
gularisation des  titres  qu'ils  portaient. 

C'est  une  question  fort  importante,  elle 
expliquerait  pourquoi  beaucoup  de  fa- 
milles très  anciennes,  très  considérables, 
très  bien  en  cour,  très  influentes  et  qui, 
par  suite,  auraient  facilement  obtenu  des 
concess'ons  régulières  de  titres,  n'ont 
rien  demandé,  se  contentant  de  porter  les 
titres  qu'elles  avaientdepuis  longtemps  et 
que  personne,  pas  même  le  roi,  ne  son- 
geait à  leur  contester.        Bellechasse. 

Armoiries  octroyées  par  le  Pre- 
mier Empire.  —  La  composition  des 
armoiries  octroyées  par  le  premier  Empire 
ne  paraît  pas  avoir  été  assujettie,  en  de- 
hors des  francs  quartiers  divers,  à  des 
règles  définies.  Il  semble  que  les  unes 
aient  été  déterminées  d'office,  les  autres 
au  gré  des  intéressés. 

11  serait  curieux,  aujourd'hui,  que  la 
prescription  centenaire  va  être  atteinte, 
de  connaître  les  détails  de  l'organisation 
d'un  service  qui  a  dû  avoir  son  impor- 
tance, et  qui  a  nécessairement  donné 
lieu  à  une  correspondance  intéressante, 
d'autant  que  les  hasards  de  la  guerre 
tenaient  souvent  fort  éloignées  de  Pa- 
ris ceux  qui  étaient  l'objet  des  faveurs 
impériales.  N'existe-t-il  pas  ,  aux  ar- 
chives du  sceau,  des  documents  qui  pour- 
raient être  intéressants  à  consulter  à  ce 
sujet?  M.  S. 

Ruban  d'une  croix  de  Saint-Louis 
avec  nœud.  —  A  quel  grade  correspon- 
dait, à  l'époque  de  la  Restauration,  une 
croix  de  Saint-Louis  accompagnée  sur  le 
ruban  d'un  nœud  étroit  semblable  à  celui 


que  portent  actuellement  les  légionnaires 
d'un  ordre  ? 

On  croit  que  cet  insigne  devait  appar- 
tenir à  Alphonse  Louis,  comte  Gentil  de 
saint  Alphonse,  lieutenant  général  (12  no- 
vembre 1820),  grand  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  né  à  Versailles  le  6  décembre 
'777,  ^ox\  à  Toulouse  le  7  août  1837, 
époux  d'Amélie  Filleul  de  Beaugé. 

R.  C. 

Ex-libris  à  déterminer  :  D'azur  à 
lacroix  d'argent.  —D'a:(ur  à  la  croix 
pâtée  d'argent  chargée  en  abîme  d' un  chevron 
de\gueïilcs,  en  flancs  d'une  molette  d'éperon 
de...,  et  en  pointe  d'une   rose  au  naturel. 

Ecu  ovale  posé  sur  un  manteau  d'her- 
mine, timbré  d'une  couronne  de  marquis 
surmontée  d'un  mortier  de  magistrat. 

Supports  :  deux  licornes  affrontées. 

Geo  FiLH. 

Fer  de  r^-liure  à  identifier.  —  Ecar- 
telc  aux  I  et  4  de...  à  trois  bandes  de...  ; 
aux  2  et ^  de... à  la  h nre  de  sanglier  de...k 
quellefamille  appartient  cet  écusson  frappé 
sur  une  reliure  du  XVII»  siècle  ?     D.  A. 

Bague  avec  portraits.  ~  J'ai  vu,  il 

y  a  peu  de  temps,  une  petite  bague  en  or, 
formée  d'un  simple  jonc  dont  le  chaton 
rond  mesurant  environ  quatorze  millimè- 
tres de  diamètre,  représente  quatre  têtes 
opposées  les  unes  aux  autres  en  sautoir  ; 
ces  têtes  sont  finement  peintes  et  protégées 
par  une  glace.  Le  chaton  est  relié  au  jonc 
de  chaque  côté  par  une  petite  fleur  de  lys 
d'or. 

Une  de  ces  têtes  paraît  représenter  le 
profil  de  Louis  XVIII,  les  autres  pourraient 
être  celles  de  membres  de  la  famille  Royale, 
le  duc  et  la  duchesse  d'Angoulème,  et  le 
duc  de  Berry. 

Connaît-on  d'autres  bagues  semblables 
à  celle-là  ?  Saint-Clément. 

Membres  de  trois  académies  de 
l'Institut.  —  Un  grand  nombre  de  mem- 
bres de  l'Institut  ont  appartenu  ou  appartien- 
nent à  deux  académies. Ceux  qui  ont  ap- 
partenu à  trois  académies  sont  plus  rares. 

jeciterai  Guizot,  Duruy,  Biot,le  ducd'Au- 
male,  et  encore  ces  trois  derniers  n'étaient 
que  membres  libres  d'une  des  trois.  Se- 
rait-il possible  à  quelque  aimable  collabo- 
rateur de  compléter  cette  liste.''       A.  E. 


N»  133s.  Vol.  LXVI 


L' INTERMÉDIAIRE 


95 


96 


Les  Mémoires  de  Russ.  —  M.  Joa- 
chim  Kuhn  dit  (LXV.  840)  que  Russ  a 
laissé  des  mémoires  fort  intéressants.  Ces 
mémoires  n'ont  assurément  jamais  été 
imprimés.  Qyi  possède  le  manuscrit  ?  je 
doute  du  reste  que  M.  Kuhn  soit  exacte- 
ment renseigné.  |'ai  fréquenté  Mathias 
Duval,  l'éminent  professeur  d'histologie 
de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris.  Il 
avait  fait  ses  études  à  Strasbourg,  y  avait 
été  reçu  docteur.  C'est  lui  qui  1  rédigé  et 
publié,  en  1872,  le  cours  de  physiologie 
de  son  maitre  Strasbourgeois  Russ.  Je  me 
rappelle  parfaitement  l'avoir  entendu  dé- 
clarer que  Russ  n'avait  livré  à  l'impres- 
.-.ion  que  deux  thèseset  un  travail  sur  l'In- 
flammation. Russ  avait  dirigé  le  parti 
rouge  dans  le  Bas  Rhin  de  1848  a  1852; 
il  avait  été  poursuivi  et  acquitté  à  propos 
du  13  juin  1849.  Après  le  4  septembre, 
il  devint  maire  de  Strasbourg,  fut  élu  le 
8  février  1871  à  l'Assemblée  nationale. 
Il  se  rendit  à  Bordeaux  quoique  malade, 
s'y  alita,  et  y  mourut  le  i""  mars.  Ses  mé- 
moires offriraient  de  l'iniérèt  au  point  de 
vue  de  l'histoire  de  l'Alsace  ;  mais  assu- 
ment, de  septembre  1870  a  fin  février 
1871,  il  n'a  pas  eu  le  temps  de  rédiger 
quoi  que  ce  soit .  P.  M. 

Prévoyable  ?  —l'ai  eu  quelque  sur- 
saut, l'autre  jour,  en  lisant,  dans  un 
livre  d'un  écrivain  distingué,  le  mot 
<i  prévoyable  »  accolé  comme  qualificatif 
au  mot  malheur  :  «  un  malheur  pré- 
voyable 7j  . 

J'aurais  préféré  :  «  malheur  prévisi- 
ble ».  Mais  ni  prévisible,  ni  prévoyable 
ne  se  trouve  dans  les  dictionnaires  fran- 
çais, ce  qui  oblige  à  la  circonlocution  : 
malheur  à  prévoir  »  ou  «  qu'on  pouvait 
prévoir  >y. 

11  semble  bien  que  le  génie  de  la  lan- 
gue voudrait  «  prévisible  ».  Q.u'en  pen- 
sent les  grammairiens  professionnels  ? 

RUSTICUS. 

Rampeau.  —  Quelle  explication  éty- 
mologique de  ce  mot,  de  l'expression  : 
fairr  lampeau,  signifiant,  point  égal  au 
jeu,  coup  nul .''  Simon. 


Quelle    est 
*<  Ouilhen  n  ?  - 
vient  ce  nom  ? 


1  étymologie    de    : 
-  De  quelle  région  pro- 

FeRNAND  R.    de    LlSLE. 


Du  port  de  l'alliance  en  Allema- 
gne. —  Menacé  de  perdre  mon  alliance 
à  la  suite  d'une  longue  indisposition, 
force  me  fut  de  la  changer  de  mam,  et 
cela  fit  dire  dans  mon  entourage  que  je 
la  portais  à  droite  comme  en  Allemagne. 

Serait-il  donc  vrai  que  la  bague  de 
mariage  se  voit  à  l'annulaire  de  la  main 
droite  de  l'autre  côté  du  Rhin,  et  non  à 
celui  de  la  main  gauche  comme  chez 
nous  ?,  Si  cette  différence  existe, saurait-on 
en  donner  la  raison  ?  Léda  . 

Le  mai  (T.  G.,  547).  —  A  Pont-Aven 
(arrondissement  de  Quimperlé)  pendant 
le  mois  de  mai,  jeunes  gens  et  jeunes 
filles  tressent  avec  des  feuillages  et  des 
fleurs  un  «  mai  »  couronné  qu'ils  sus- 
pendent ensuite  sur  la  place  publique. 

Le  soir  venu,  réunis  sous  le  mai,  ils 
forment,  en  se  donnant  la  main,  un  grand 
cercle,  puis,  chantant  de  vieux  airs,  et 
malheureusement,  aussi  de  nouveaux,  ils 
exécutent  suivant  la  cadence,  tantôt  une 
ronde,  tantôt  un  mouvement  qui  consiste 
à  faire  alternativement  deux  pas  à  droite 
et  deux  pas  à  gauche  accompagnés  d'un 
balancement  des  bras  en  avant  et  en 
arriére. 

Il  m'a  été  certifié  que  cet  usage  n'exis- 
tait en  Bretagne  qu'à  Pont-Aven  où  on 
considère  cette  coutume  comme  un  res- 
tant de  paganisme  et  les  jours  de  fête  reli- 
gieuse (notamment  le  19  mai,  fête  de 
Jeanne  d'Arc)  le  recteur  interdit  cette 
innocente  réjouissance. 

Pcuton  dire  l'origine  de  cette  char- 
mante coutume  ? 

Y  a-t-il  en  France  ou  à  l'étranger 
d'autres  villes  où  elle  se  pratique  ? 

Gaston  Hellevé. 

L'Ermitage.  —  Je  possède  la  photo- 
graphie d'une  charmante  petite  construc- 
tion Louis  XV  dont  j'ai  souvent  admiré 
l'élégante  architecture.  Au-dessous  se  lit 
cette  indication  :  Fondation  Debrousse. 
Pavillon  de  l'Ermitage  (Ancien  château  de 
Bagnolet). 

Or, d'Argen  ville, dans  s^l  Description  des 
environs  dcParis,\y68 ,^3.r\c  d'un  rendez- 
vous  de  chasse  élevé  en  cet  endroit.  Dans 
lesalon  se  trouvaient  des  peintures  repré- 
sentante Lavied'Abraham  etdes  différents 
saints  et  saintes  du  désert  >,  ce  qui  valut 
à  ce  pavillond'étre  dénommé  l'Hcrmitage. 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30    Juillet  i^i* 


97 


98 


N'est-ce  pas  cette  propriété  que  posséda 
le  baron  de  Batz  en  1793  et  qu'il  habita  ? 
ou  bien  demeurait-il  dans  une  maison 
toute  voisine  et  englobée,  je  crois, comme 
le  pavillon,  dans  l'ancien  parc  de  Bagno- 
let  ? 

Cette  dernière  existe-t-elle  encore  ?  En- 
fin les  peintures,  dont  il  est  fait  mention 
plus  haut,  i.ont-elles  toujours  en  place 
dans  le  salon  du  pavillon  et  y  voit-on 
quelques  vestiges  de  l'ancien  temps  ?  A 
quoi  sert  cette  jolie  construction,  de  nos 
jours  ? 

Devant  la  façade  se  trouve  une  grille, 
est-elle  ou  non  de  l'époque  ?  il  est  diffi- 
cile de  s'en  rendre  compte  sur  la  photo- 
graphie, 

C.  DE   LA  BenOTTE. 

Le  Cubisme.  —  C'est  une  mode  en 
peinture,  un  peu  surprenante.  Ne  con- 
vient-il pas  que  Ylnteimcdiaire  en  garde, 
dans  ses  colonnes,  le  témoignage,  par 
quelques  textes  authentiques  qui  seront 
de  l'histoire,  un  jour  ? 

Dr  L. 

Le  Futurisme.  —  je  pose  la  même 
question  pour  le  futurisme.  Nous  savons 
tous  aujourd'hui  ce  quec'est.  Nos  arrière- 
neveux  se  le  demanderont.  Publions  son 
état  civil  pendant  que  ses  pères  vivent 
encore. 

D^L. 

La  défense  héroïque  du  fort  de 
Brusco.  —  Mon  grand-père  paternel,  né 
en  1789  a  Montreuil-sous-Bois,  accomplit 
son  service  militaire  de  1809  à  1815,  et 
comptait  au  nombre  de  ses  campagnes 
celle  d'Espagne. 

Comme  tous  les  soldats  de  Napoléon, il 
aimait  à  rappeler  les  vieux  souvenirs  des 
misères  endurées,  et  à  raconter  d'abon- 
dantes anecdotes  relatives  aux  combats 
aux  quels  il  avait  pris  part.  Au  nombre 
des  épisodes  se  rattachant  à  cette  campa- 
gne d'Espagne,  la  défense  héroïque  du 
foft  de  Brusco,  près  de  Santander,  je 
crois,  est  des  plus  émouvantes. 

Occupé  par  un  détachement  de  soixante 
Français,  ce  fort  essuya  plusieurs  assauts 
qui  furent  repousses.  Les  Espagnols  qui 
l'entouraient  étaientau  nombrede  5000.  Le 
cinquième  jour  de  grand  matin,  torturés 
par  la  faim  et  manquant  de  munitions, les 


Français,  au  nombre  de  vingt-deux  survi- 
vants, parmi  lesquels  quelques  blessés,  se 
résignèrent  à  abandonner  leur  position. 

Ces  vingt-deux  héros  sortirent  par  une 
brèche  faite  par  les  bouleis  ennemis  et  ce, 
en  surprenant  un  poste  de  25  soldats  es- 
pagnols qu'ils  massacrèrent. 

En  arrivant  au  camp  du  général  Bon- 
net, ils  reprochèrent  a  cet  officier  supé- 
rieur de  n'avoir  rien  tenté  pour  les  déli- 
vrer. —  «  Mes  braves,  leur  répondit-il, 
vous  étiez  sacrifiés  ;  nous  ne  pouvions 
vous  secourir.  Infailliblement  c'était  nous 
exposer  à  perdre  trop  de  monde.  A  votre 
retour  en  France  vous  serez  tous  déco- 
rés !  »  Les  événements  se  succédèrent  :  la 
désastreuse  campagne  de  Russie  amena 
la  chute  de  l'Empire.  Louis  XVIU,  monta 
alors  sur  le  trône  et  ces  braves  furent 
oubliés. 

Ce  récit,  avec  plu--  de  détails,  est-il 
confirmé  par  quelques  historiens  s'étant 
spécialisés  dans  l'histoire  delà  campagne 
d'Espagne  ?  Leurs  noms  sont-ils  cités  ? 
Lequel  consulter  de  préférence  ? 

Etait-ce  bien  sous  les  ordres  du  géné- 
ral Bonnet  que  servaient  ces  vaillants 
soldats  ? 

L.  Capet. 


Ministre®  de  Pancienne  monar- 
chie appartenant  à  des  familles 
d'ancienne  noblesse,  —  Je  crois  que 

les  ministres  appartenant  à  des  familles 
nobles  d'origine  chevaleresque  (c'est-à- 
dire  dont  la  noblesse  était  considérée 
comme  remontant  avant  1399)  ont  été 
extrêmement  rares  sous  l'ancienne  mo- 
narchie. 

Pourrait-on  en  dresser  la  liste  depuis 
Henri  IV  par  exemple  (ou  même  plus 
haut)  jusqu'à  la  Révolution  ? 

C'est  un  travail  qui,  je  crois,  n'a  ja- 
mais dû  être  fait. 

UssoN. 

La   cour  de  Philippe  Egalité.  — 

Pourrait-on,  en  dehors  de  Vatout,  de 
Mme  de  Genlis,  des  ouvrages  sur  Cho- 
derlos de  Laclos  et  des  pamphlets  révo- 
lutionnaires, m'indiquer  un  bon  ouvrage 
sur  la  Cour  de  Philippe-Egalité  et  de  L. 
Adélaïde  de  Penthicvre  au  Palais  Royal, 
à  Villers  Cotterets  et  au  Raincy  ? 

Renault  d'Escles. 


:N»  I 


}}^' 


Vol. 


LXVI. 

—    99 


LINTBRWeDIAlRi 


100 


&Cp0lt9Cd 


Contrats  de  mariage  signés  par  le 
Roi,  avant  la  Révolution  (LXV,  450, 
î^S,  701).  —  li  y  a  jicut  être,  en  réalité, 
moins  de  contradiction  qu'on  ne  ie  pense 
entre  les  deux  réponses  qui  ont  été  don- 
nées pour  les  contrats  de  mariage  —  ou, 
plus  généralement,  pour  les  honneurs  de 
la  Cour,  c'est-à-dire,  aussi  pour  la  pré- 
sentation, avec  le  droit  de  monter  dans 
les  carrosses  du  Roi,  ^-  et  les  preuves  de 
noblesse.  L'une  se  rapporte  au  temps  de 
Louis  XIV  ;  l'autre,  à  la  fin  du  règne  de 
Louis  XVI.  Entre  les  deux  époques,  il 
avait  passé  presque  autant  d'idées  dans  le 
cerveau  des  Fiançais  que  d'eau  sous  le 
Pont-Neuf. 

Une  chose  me  parait  assez  probable, 
cest  que  les  réformations  de  noblesse,  au 
xvu'  siècle,  entreprises  dans  un  but  fiscal, 
aboutirent  à  rendre  le  second  ordre  de 
l'Etat  plus  distant  et  plus  rigoriste,  en  lui 
donnant  lieu  de  mieux  connaître  ses  ti- 
trer. Peut-être,  d'ailleurs,  le  développe- 
ment de  la  bourgeoisie  contribua-t-ii  à 
cet  éloignement,  —  on  trouverait  là  des- 
sus des  observations  piquantes  et  judi- 
cieuses de  M.  d'Estourmel  dans  ses  Sou- 
venin.  Le  phénomène  se  reproduit  im- 
manquablement toutes  les  fois  que  deux 
groupes  peu  sympathiques  de  nature  — ' 
castes,  classes,  ou  races,  —  se  trouvent 
en  contact  forcé.  On  l'observe  aujourd'hui 
sur  toute  la  ligne  :  dans  l'aristocratique 
Allemagne  pour  le  recrutement  des  otTi- 
ciers  ;  en  Angleterre,  dans  la  fermeture 
des  milieux  mondains,  où  il  devient,  pour 
le  jeune  homme  «  talentueux  »,  plus  diffi- 
cile qu'autrefois  de  pénétrer  (Le  Tîntes^ 
éd.hebd..26  janvier  1912  ;  p.  69)  :  aux 
Etats-Unis,  dans  la  raideur  des  castes  qui 
se  multiplient  (André  Tardieu,  Notes  sur 
la  J^tiit'i  Unis;  ch.  111);  enfin,  jusque 
dans  les  démocraties  populaires,  en  Amé- 
rique, en  Australie,  dans  le  Sud-Afrique, 
aussitôt  que  blancs,  noirs  et  jaunes  se 
heurtent  en  masses  hostiles,  —  l'ouvrier 
blanc  n'acceptant  même  pas  que,  à  tra- 
vail égal^  l'ouvrier  de  couleur  reçoive  un 
salaire  égal  au  sien.  On  scrute  jusqu'aux 
généalogies,  pour  écarter  des  école.';  blan- 
ches les  enfants  q  i  ont  la  moindre  goutte 
lointaine    de    sang    étranger.   (Le  Tîma, 


Ibid,  8  septembre  1911;  pp.  721-3).  Ces 
ainsi  que,  durant  le  xvni«  siècle,  la  no- 
blesse tendit  de  plus  en  plus  à  se  retran- 
cher dans  ses  privilèges  de  naissance.  On 
peut  se  rappeler  ici,  pour  l'armée,  les 
règlements  du  maréchal  de  Ségur  ;  dans  la 
marme,  l'exclusivisme  du  corps  rouge  ; 
et  les  Parlementaires  ne  demandaient  qu'à 
suivre  le  mouvement,  déjà  très  sensible 
chez  celui  de  Rennes  (Le  conseiller  Saul- 
nier,  Le  Pathmeni  de  Bretagne.^  pp.  LIX- 
LXIl). 

11  y  eut  du  reste,  quelque  peu  de  ce 
phénomène  en  Angleterre,  où  les  classes 
inférieures  ne  furent  jamais  plus  dédai- 
gnées qu'au  milieu  de  ce  même  siècle 
(Rev.  d'Edimbourg,  janv.  1909,  p.  15). 
L'Angleterre,  dès  cette  époque,  était  mûre 
pour  une  révolution  ;  elle  en  fit  l'écono- 
mie, parce  que  la  nôtre,  éclatant  la  pre- 
mière, décontenança  vraiment  les  ama- 
teurs. 

Voilà  comment,  tandis  que  d'Hozier, 
au  xvM®  siècle,  se  contentait,  comme 
preuves  de  noblesse,  de  copies  plus  ou 
moins  authentiques,  plus  ou  moins  légali- 
sées, (A.  de  Boislisle,  Revue  des  Questions 
Historiques^  oct.  1897  ;  p.  446),  on  va 
voir  que  Ghérin  professait  des  scrupules 
bien  plus  sévères,  pour  ne  pas  dire  jan- 
sénistes. 

Donc,  en  1784,  le  Comte  du  Botdéru 
s'occupait  à  faire  établir  sa  noblesse  en 
France,  —  en  Bretagne,  elle  était  incon- 
testée, —  pour  entrer  dans  l'ordre  de 
Saint-Lazare.  Il  s'efforçait  en  même  temps 
d'obtenir,  pour  son  fils  Victor,  une  com- 
mission de  capitaine,  par  l'intermédiaire 
de  son  ami,  M.  de  (3uichen,  le  célèbre 
chef  d'escadre  ;  après  quoi  l'on  produirait 
le  jeune  homme  à  la  Cour. 

Le2Î  juillet,  Bougainville.  devenu  son 
neveu  par  alliance,  lui  écrit  : 

J'ai  eu  ilimatiche  dernier,  une  fort  longue 
explica'.ion  avec  M.  de  Saint-Paul.  Je  ne  lui 
ai  pas  laissé  ignorer  combien  la  noblesse  des 
pioviiices  était  mécoiileiite  «t  dégoiUée,  et 
combien  tout  ce  qu'on  faisait  paraissait  fait 
exprès  pour  produire  leur  dtfgoût  (51V)...  J'ai 
reçu, ces  jours-çi,  une  lettre  de  M.Wasington, 
[sic]  confumant,  au  nom  de  la  Société  des 
Ciiicinrati,  mon  admission.  La  lettre  est  fort 
honorable.  Je  vais  m'occuper  de  voir  M,  Ghé- 
rin et  des  démarches  pour  Saint-Lazare.  Il  y 
a  aussi  pour  cet  objet  un  bien  grand  nombre 
de  concurrents  :  mais  il  faut  toujours  de- 
mander,.. 


OHS  CHjBRCHHURS    BT  CURiEUX 


3o|tiillet  191a 


lOI 


102 


Le  23  juillet,  le  chevalier  de  Silans, 
beau-frère  du  comte  du  Botdéru  (il  avait 
épousé  en  secondes  noces  sa  sœur,  Mme 
de  Montendre,  la  belle-mère  de  Bougain- 
ville)  lui  écrit  de  même  : 

Je  joins  ici  la  note  de  M  Chérin  relative  à 
la  nature  des  titres  à  produire  pour  être  admis 
dans  l'ordre  de  Suint-Lazare,  où  le  généalo- 
giste convient  que  vous  avez  de  beaux  droits. 

Suit,  en  annexe,  la  note  écrite  d'ailleurs 
par  M   de  Silans. 

M.  Chérin  m'a  montré,  sur  le  registre  de 
Bretagne,  la  suite  des  Botdéru  pendant  douze 
degrés.  Il  m'a  même  dit  que,  par  Mme  la 
comtesse  du  Botdéru,  votre  très  honorée 
femme,  vous  étiez  parent  du  duc  de  Riche- 
mond  au  degré  nécessaire  pour  en  porter  le 
deuil  ;  mais  la  pièce  que  vous  m'avez  confiée 
ne  peut  servir  que  comme  une  seule  pièce, 
pour  entrer  dans  l'ordre  de  Saint-Lazare.  Il 
ne  peut  faire  les  preuves  que  de  neuf  degrés  ; 
mais  chaque  degré  doit  être  prouvé  par  trois 
titres  originaux,  savoir  :  contrats  de  ma- 
riage, partage,  foy  et  hommage,  testament, 
aveux,  minute,  vente,  achat,  échange,  tran- 
saction, procuration,  etc.  Il  sera  bon  d'y 
joindre  les  commissions,  brevets,  provisions 
de  charges,  s'il  y  en  a.  D'ailleurs,  il  vaut  tou- 
jours mieux  mettre  tous  les  degrés  que  l'on 
a.  11  faut  être  colonel  pour  être  admis  dans 
l'ordre,  et  il  y  a  grande  presse.  Bougain- 
ville  vous  prie  de  communiquer  cette  note 
au  chevalier  du  Botdéru,  [le  frère  puiné 
du  comte,  capitaine  de  vaisseau],  dès  que 
l'on  commencera  à  se  mettie  en  règle,  les 
démarches  s'en  suivront  auprès  de  Monsieur. 

Pour  comprendre  le  début  de  cette  note 
qui  expose  les  principes  de  Chérm,  il  faut 
savoir  que  Mme  du  Botdéru  était  née 
Thomase  de  Plœuc.  Or,  les  Ducs  de  Rich- 
mond  descendent  de  Louise  de  Keroualle^ 
duchesse  de  Portsmouth,  dont  la  r^>ère 
était  Plœuc.  (Cf.  Denis  de  Thézan,  Hisi. 
Gén.  de  la  Maison  de  Plœuc  :  Beauvais, 
Laffineur,  1873,  pp.  29s  et  suiv.)  — 
Les  Richmond  d'Angleterre  reconnaissent 
la  parenté  ;  il  y  a  deux  ou  trois  ans,  un 
membre  de  leur  famille  a  fait  des  recher- 
ches en  Bretagne  pour  établir  la  filiation. 

J'ignore  ce  qu'il  advint  de  la  négocia- 
tion pour  l'ordre  de  St-Lazare,  la  corres- 
pondance ayant  été  fort  éprouvée  par  un 
long  séjour  d'abandon,  dans  un  vieux 
grenier  de  château.  Mais,  pour  ia  présen- 
tatien  à  la  Cour,  nous  allons  retrouver 
Chérin,  et  son  acolyte  Berthier,  tout  aussi 
inflexibles,  si  bien  que  M.  du  Botdéru  est 
obligé  d'attacher  à  sa  cause   un  bénédic- 


tin, historiographe  de  France,  Dom  Berry> 
—  ce  qui  ne  sera  pas,  pour  ce  dernier^ 
une  sinécure. 

D'abord,  le  bon  religieux  dut  se  lancer 
dans  un  voyage  de  découverte,  à  travers 
l'actuel  Morbihan,  pour  retrouver  l'an- 
cienne terre  patronymique  de  la  famille, 
Boterf  —  Boterf  et  Bodéru,  deux  mots 
identiques,  signifiante  buisson  de  chênes  » 
(CL  Kerviler,  Bio-bibliographie  Bretonne, 
a  ces  deux  noms).  On  le  renvoyait  de 
Caïphe  à  Pilate,  et  <\  ce  n'est  pas  sans 
peine  »  qu'il  parvint  au  but,  comme  il  le 
raconte  dans  une  lettre  datée  de  Rennes, 
le  10  avril  1785,  que  je  regrette  de  ne 
pouvoir,  faute  de  place,  imprimer  ici  :  la 
terre  «  était  dans  la  frérie  de  Locmaria  en 
Plumelin,  et  relève  de  la  seigneurie  et 
fief  de  Camors,  qui  relève  prochainement 
du  Duché  de  Rohan.  »  D'où  nécessité  de 
nouvelles  recherches  dans  les  archives 
des  Rohan,  soit  en  Bretagne,  soit  à  la 
Tour  du  Louvre,  et  dans  celles  de  la  du- 
chesse de  Liancourt,  en  son  château  de 
Quinipilly  Enfin,  le  8  mai  1786,  Bou- 
gainville  écrit  de  Paris  : 

Samedi  dernier,  j'ai  été,  avec  l'abbé  Beri, 
porter  aux  Grands-Augustins  vos  titres  mis  en 
ordre  et  la  table  correspondante.  J'ai  de  mon 
mieux  harangué  MM.  Chérin  et  Bertier  pour 
les  engager  à  expédier.  Ils  se  disent  accablés 
de  besogne  et  me  paraissent  se  faire  beau- 
coup valoir.  Nous  les  presserons  autant  qu'il 
sera  possible.  Il  n'y  a  plus  de  présentation 
pour  monter  dans  les  carrosses  que  jusqu'au 
15  de  ce  mois,  et,  après  cette  époque,  il  faut 
attendre  le  voyage  de  Fontainebleau.  J'es- 
père que  notre  affaire  sera  prête  pour  ce 
temps-là  ;  mais  il  ne  faudra  pas  perdre  ces 
Messieurs  de  viie. 

Et  le  17  mai,  le  chevalier  de  Silans  re- 
prend : 

Toute  notre  humeur  naturelle  doit  regar- 
der le  ministre  très  lent  à  graduer  votre  fils. 
Bougainville  qui  m'écrit  du  8  de  ce  mois,  ne 
me  dit  mot  de  ce  travail,  mais  bien  de  celui 
du  généalogiste  auquel  il  a  remis,  le  6,  les 
parchats  (s/c'  relatifs  à  la  présentation.  Il 
m'ajoute  que,  quoique  l'objet  paraisse  sans 
difficultés,  et  d'une  classe  pure  et  claire,  on 
ne  peut  que  suivre  son  tour  et  rang  pour  être 
expédié. 

Des  difficultés,  tout  de  même,  il  y  en 
avait.  D'abord,  la  lenteur  causée  par  l'en- 
combrement. Bougainville,  le  7  septembre 
1786.  écrit, de  sa  terre  de  La  Bresse  (à 
Fourches,  entre  Brie  et  Melun)  qu'il  va  se 


M»  1^35  Vol.  LXVI. 
103     

rendre  à  Paris  et  y  rencontrer  son  jeune 
cousin,  «  afin  de  pouvoir  raisonner  avec 
lui  sur  les  démarches  qu'il  doit  faire.  Les 
premières  de  toutes  sont  vis-à-vis  de 
M,  Berthier,  qu'il  faut  absolument  décider 
à  terminer,  et  qui  est  tellement  chargé  de 
demandes  pareilles  qu'il  ne  manque  pas 
de  prétextes  pour  les  délais  auxquels  il 
condamne  souvent  ses  clients.  Sans  ce 
travail  fmi  et  son  certificat  expédié,  il  n'y 
a  rien  à  faire.  Je  l'ai  déjà  vu  et  sollicité,  et 
assurément,  je  recommencerai  et  presserai 
de  mon  mieux.  Si  cette  besogne  était 
finie,  le  reste  irait  tout  seul^  et  je  verrais 
M.  le  duc  de  Coigny  de  qui  je  crois  que 
les  arrangements  subséquents  dépen- 
dent. » 

«  J'ai  écrit  à  M.  Berthier  »,  dit  aussi  M.  de 
Silans,  le  27  septembre,  et  <\  j'ai  passé  plu- 
sieurs fois  moi-même  aux  Grands-Augustins, 
pour  presser  le  travail  d^  la  généalogie  de 
Victor.  Rien  n'est  encore  commencé,  et  j'ai 
vu  sa  liasse,  avec  deux  cents  autres  dont  il  y 
en  a  qui  y  sont  depuis  trois  ou  quatre  ans. 
Le  juge  d'armes  est  écrasé  de  travail  et  je 
doute  fort  que  celui  q,ui  nous  intéresse  soit 
fini  dans  l'année.. . 

Ce  n'est  pas  tout.  Une  fois  l'examen 
commencé,  Berthier  regimbait  sur  certains 
points. 

Bougainville,  en  quittant  Paris  me  mandait 
que  le  généalogiste  avait  rebuté  un  titre, 
quoique  admis  en  Bretagne,  ce  qui  avait  né- 
cessité le    voyage  du  Dom  Béri  à.Kerdréau., 

(Chevalier  de  Silans,  5  décembre  1786), 
C'est  probablement  à  celte  pièce  que  fait 
allusion  la  lettre  suivante,  la  dernière  que 
je  veuille  citer  ici,  —  encore  ne  puis-je  la 
donner  en  entier. 

Le  château  de  Kerdréno,  dont  on  vient 
de  parler,  appartenant  aux  Botdéru,  se 
trouve  au  nord  de  Lorient  et  d'Henne- 
bont,  à  1  5  ou  1800  mètres  environ,  vers 
l'est  du  bourg  de  Plouay.  Vers  l'ouest,  à 
la  même  distance,  on  rencontre  le  château 
de  Ménéhouarn  (en  français  Fenuoiit)  qui 
appartient  aux  comtes  de  Pluvié.  Les  deux 
chàtellenies,  encerclant  le  bourg,  sont, 
depuis  des  siècles,  dans  les  mêmes  fa- 
milles, plus  d'une  fois  alliées.  Kcrdrého 
même  est  entré  dans  la  famille  des  Botdéru 
par  le  mariage  de  Louis  du  Botdéru  avec 
Catherine  de  Pluvié  en  !  =,6-]  ;  et  les  Pluvié 
le  possédaient  eux-mêmes  par  échange, 
depuis  1456.  La  lettre  est  adressée  à  IVL  le 
comte   de   Pluvié,  capitaine    de  Dragons,  I 


L'iNTliRMQDiAiKM 


104 


chez  M.    le    comte   de    Guibert,   rue   de 
Grammont  : 

je  serais  indiscret,  Monsieur,  de  réclamer 
sans  cesse  la  bonté  de  vos  procédés  et  vos 
bons  offices, si  vous  ne  m'y  aviez  pas  autorisé 
par  les  témoignages  d'intérêt  que  vous  voulez 
bien  me  donner,  pour  la  réussite  de  l'affaire 
qui  m'occupe,  et  pour  laquelle  M.  Berthier 
est  pour  moi  bien  strict  et  bien  sévère.  Je 
dois  vous  informer  de  l'état  actuel  des  choses. 
En  attendant  la  permission  de  M.  le  Duc  de 
Liancourl  pour  voir  s'il  se  trouvera  dans  ses 
archives  la  pièce  que  M.  Berthier  exige,  j'ai 
fait,  dans  les  titres  que  j'ai, de  nouvelles  re- 
cherches je  savais  bien  que  je  n'y  trouverais 
que  des  titres  regardant  Yvon  du  Botdéru, 
mort  le  14  janvier  1552,  qui  a  formé  ma 
branche,  et  que  les  anciens  avaient  suivi  la 
blanche  aînée  ;  mais  je  me  suis  flatté  que  je 
trouverais  quelques  renseignements  qui  pour- 
raient indiquer  où  on  les  pourra  trouver. 

Suit  une  longue  dissertation  généalo- 
gique. Et  l'auteur  termine  ainsi  : 

Auriez  vous  la  bonté  de  voir  l'abbé  Béri,  et 
de  lui  demander  s'il  ne  croit  pas  avantageux 
de  changer  de  plan  et  de  prendre  pour  tige, 
ce  Jean  qui  a  signé  le  partage  de  1425,  qui 
est  maintenu  à  la  réformation  de  1448,  qui 
laisse  sa  veuve  qui  fournit  aveu  en  1409,  et 
dont  le  fils  figure  en  1 479,  et  sur  le  degré  du- 
quel il  y  a  nombre  de  titres,  et  le  reste  va  de 
suite?  Qu'importe  que  ce  soit  Alain,  Syl- 
vestre, ou  Jean  qui  soit  la  tige?  C'est  tou- 
jours la  même  famille,  et,  pour  des  temps 
aussi  reculés,  il  faut  bien  s'accrocher  où  l'on 
peut  ;  car  on  ne  saurait  trouver  tous  les  pa- 
piers, dont  un  grand  nombre  a  passé  dans 
d'autres  maisons  par  partage  et  par  extinc- 
tion des  branches  tombées  en  quenouille... 

Evidemment. 

Victor  du  Botdéru  se  maria  l'année  sui- 
vante, au  printemps  de  1788.  avec  Mlle 
de  Çoislin.  Le  contrat  fut-il  signé  par  le 
Rot P  Je  le  crois,  mais  je  n'en  ai  point  la 
preuve  dans  mes  notes.  En  tout  cas,  si 
cette  petite  promenade  dans  les  coulisses 
dune  présentation  à  la  Cour  intéresse  le 
lecteur,  peut-être  m'accordera-t-il  que 
mon  opinion  est  plausible.  Vers  la  fin  de 
l'Ancien  Régime,  le  noble  tendait  à  se  se 
parer  de  plus  en  plus  du  bourgeois  ;  et  le 
bourgeois,  Chérin  ou  Berthier.  exigeait 
de  plus  en  plus  que  le  noblejustifiât  de  ses 
prétentions.  C'était  logique. 

Cependant,  quand  il  s'agit  d'autrefois, 
—  comme  d'aujourd'hui,  —  il  convipnt 
d'éviter  les  affirmations  trop  générales. 
La  noblesse  d'Alsace,  par  exemple,  prou- 
vait ses  litres  avec  une  facilité  spéciale,  à 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


^o  Juillet  191  s 


105 


106 


cause  des  chapitres  et  des  Abbayes  nobles. 
«  Il  ne  se  passe  pas  cinquante  ans,  »  dit 
un  mémoire  manuscrit,  «  sans  que  quel- 
qu'un de  chaque  famille  ne  soit  reçu  d  ins 
les  uns  ou  les  autres  »,  avec  procès-verbal 
de  la  production  de  ses  titres.  Aussi, 
«  communément,  un  simple  gentilhomme, 
en  un  mois  de  temps,  fera  plus  aisément 
une  production  de  4  ou  500  années,  en 
Alsace,  qu'un  gentilhomme  d'une  autre 
province  ou  royaume  ne  Is  ferait  de  1^0 
ans  ».  On  se  contentait  d'ailleurs,  comme 
en  Allemagne,  de  certificats  ou  actes  de 
notoriété  en  forme  authentique,  délivrés 
par  les  Directoires  de  noblesse,  «  ce  qui 
serait  fort  suspect  dans  des  pays  moins 
jaloux  de  la  distinction  de  la  vraie  no- 
blesse et  plus  faciles  pour  l'expédition  de 
pareilles  déclarations  ■>».  (Arch.  Nat., 
Mém.  concernant  la  Province  d' Alsace^ 
dressé  en  1701,  K.  1142,  n°*  5  et  4). 

Les  lettres  que  nous  avons  publiées  ici 
appartiennent  aux  archives  du  château  de 
Kerdrého, qu'habite  la  dernière  petite-fiUe 
de  Bougainville,  veuve  du  général  comte 
des  Plas.  Britannicus. 

La  manufacturé  de  Réveillon  au 
faubourg  Saint- Antoine  iLXV,  589, 
695,  745  ;  LXVl,  n).  —  Le  marteau  de 
porte-cochère  de  la  Folie-Ticon  a  été  ache- 
té autrefois  par  M.  Délicourt,  fabricant  de 
papiers  peints.  11  en  avait  orné  la  porte  de 
son  hôtel,  au  faubourg  Saint-Honoré,  et 
non  aux  Champs-Elysées.  Cet  hôtel  est 
remplacé  aujourd'hui  par  une  maison  de 
rapport,  et  le  marteau  n'y  est  plus.  Peut 
être  la  famille  Délicourt  l'a-t  elle  conservé. 
Quant  aux  boiseries  et  à  la  rampe,  on 
ignore  ce  qu'elles  sont  devenues.  Je  tiens 
ces  renseignements  de  M.  Charles  Foîfot, 
très  documenté  sur  tout  ce  qui  concerne 
l'histoire  du  papier  peint.  Noël. 

Une  lettre  de  marque  signée 
«Louis  XVI  »  en  1793  (LXVl,  2)  - 
Il  me  serait  utile,  pour  les  recherches  re- 
latives à  la  question  posée,  de  connaître  le 
nom  du  ministre  qui  figure,  sous  forme 
de  griffe,  dans  le  document  mentionné 
par  V. 

Nauticus. 

Clément  Thomas  :  Son  rôle  en 
juin  1848  (LXV.  543,  6^4,  858).  ™  De 
V Echo  de  Lorraine,  6  juillet  1912  : 


Il   n'y   a   pas  de   discussion   au   sujet   d  u 
complot   de    Lunéville,    de    1834,    fomenté 
contre  le  gouvernement  de  Louis-Philippe.  Il 
s'agit  simplement  du  rôle  joué  par  Clément 
Thomas  en  juin  1848. 

Maxime  Du  Camp  peut  en  parler  en  con- 
naissance de  cause,  car  il  fut  un  des  combat- 
tants d'alor?  et  reçut  même  la  croix  pour  ce 
fait  d'armes.  Mais  la  citation  de  Vlnlermé- 
diaire,  forcément  sommaiie,  prend  un  peu 
fîo;ure  Je  boutade.  Je  n"ai  pas  sous  la  main 
le  texte  même  de  Du  Camp,  qu'il  serait  in- 
téressant de  connaître. 

U  est  certain  que  Clément  Thomas  n'a  pas 
commandé  de  «  charger  la  canaille  »  ;  ce 
n'est  pas  ainsi  que  se  formule  un  comman- 
dement militaire,  et  c'est  Du  Camp  qui  in- 
terprète de  cette  façon  l'état  d'âme  du  com- 
mandant gént^ral  des  Garde.s  Nationales, 

Qu'il  eût  agi  en  cette  circonstance  comme 
le  plus  «  âpre  ré£.ctionnaire  ^>,  Clément  Tho- 
mas y  fut  bien  forcé  par  les  événements, 
puisqu'il  avait  mission  de  rétablir  l'ordre,  et 
c'était  un  gouvernement  républicain  qui  l'en 
avait  chargé.  Il  agit  comme  Hoche  en  Ven- 
dée, comme  Marmont  en  1830,  comme, 
plus  tard,  Galliffet  en  187  i,  comme  le  com- 
manderait demain  M.  Jaurès,  si  les  hasards 
de  la  politique  en  faisaient  un  président  du 
Conseil.  Car  il  n'y  a  pas  deux  manières  de 
rétablir  l'ordre. 

Comme  l'a  dit  Clemenceau,  il  faut  bien 
que  le  pays  puisse  vivre,  et  nulle  nation  ne 
pourrait  vivre  sans    ordre. 

Ce  sont  des  événements  regrettables,  tou- 
jours pénibles,  mais  qui  s'mposent  aux  plus 
pacifiques,  quand  ils  ont  la  responsabilité  du 
pouvoir  ou   sont  commandés  par  lui. 

Et  je  ne  vois  toujours  pas  en  cela  comment 
Clément  Thomas  —  et  c'est  là  qu'est  toute 
la  discussion  —  aurait  «  fait  massacrer  dss 
centaines  d'ouvriers  ».  U  commanda  l'atta- 
que d'une  barricade,  fut  même  blessé  pen- 
dant le  combat  ;  mais  ce  n'est  pas  là  ce 
qu'on  peut  appeler  un  massacre. 

Quant  à  prétendre  qu'à  un  quart  de  siècle 
de  distance,  ceux  qui  l'ont  arrêté  le  18  mars 
1871,  sur  la  place  Pigalle,  pour  l'assassiner 
avec  le  général  Lscomte,  ont  voulu  venger 
les  «  massacrés  »  de  1848,  c'est  une  hypo- 
thèse peu  vraisemblable.  La  Commune  pre- 
nait ses  otages  où  elle  les  trouvait,  sans 
trop  s'inquiéter  de  leurs  antécédents.  11  suffi- 
sait de  porter  une  soutane  ou  une  tunique 
d'officier  pour  être  fusMlé  dans  letas.  Même 
si  Ton  avait  été  toute  sa  vie,  comme  Clé- 
ment Thomas,  un  très  sincère  républicain. 
Car  s'il  est  parvenu  à  s'évader  après  le  com- 
plot de  Lunéville,  il  n'a  pas  «  renié  »,  que 
je  sache, ses  co-a~cusés,  et  ce  n'est  évidem- 
ment pas  «  l'insurrection  militaire  »  qui  prit 
«  sa  revanche  contre  lui  »  en  l'adossant  au 
mur  de  la  rue  des  Rosiers, 


N»  1335.  Vo.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


107 


108 


Nous  savons,  jusqu'alors,  que  Clément 
Thomas  commanda  la  prise  d'une  barricade, 
en  juin  1S48,  mais  le  «  massacre  >  dont  on 
l'accuse  reste  à  prouver 

Vlntermidiaixc  des  Chercheurs  nous  don- 
nera sans  doute  d'autres  réponses  que  je 
m'empresserai  de  publier  ici,  quelles  qu'elles 
soient.  Car  lorsqu'on  recherche  la  vérité  his- 
torique, il  faut  se  résigner  d'avance  à  n'avoir 
peut-être  pas  raison. 

Emile  Deshays. 


Par  qui  fut  tué  Monseigneu^ 
Affre  (LXIV  ;  LXV,  22,  1 1 1  ;  LXVI,  13). 
—  D'après  un  article  du  BulLtin  de  Saint- 
André  de  Montteuil,  reproduit  dans  La 
Semaine  religieuse  du  diocc^se  de  Lyon 
21  juin  tçi2,  l'assassin  se  nommait  La- 
force,  ouvrier  ébéniste,  belge  d'origine. 
Parti  pour  la  Californie  en  1849,  il  serait 
mort,  en  18^5,  aux  portes  de  San  Fran- 
cisco, assailli  par  une  troupe  de  voleurs 
et  massacré,  au  moment  où  il  voulait  re- 
gagner un  port  d'embarquement  pour 
rentrer  en  France.  Son  fils  qui  l'avait  ac- 
compagné serait  revenu  en  France  en 
1856  ;  «  deux  mois  après  son  retour  il 
entrait  dans  un  hôpital.  Il  a  dû  y  mourir 
fou  ». 

D.  A. 


Dessins  du  Prince  Impérial  des- 
sinateur LVll  ;LX111;  LXVI,  15.— AlEx- 
position  de  l'Enfance  qui  se  tint  en  1901, 
au  petit  Palais,  et  où  je  fus  chargé  d'orga- 
niser la  section  rétrospective,  M.  l'Abbé 
Misset  prêta  et  exposa  une  collection  fort 
curieuse  et  fort  complète  de  dessins  du 
Prince  Impérial.  Il  est  probable  qu'il  les 
possède  encore.  A  cette  collection  étaient 
venus  s'adjoindre  quelques  spécimens  de 
provenances  diverses  ;  on  en  trouvera  la 
nomenclature  dans  le  catalogue  de  cette 
section. 

LÉO  Claretie. 

Château  de  Séverac  LXVI,  4.  —  On 
trouve  dans  l'ouvragede  M.  de  Barrau  :  Do- 
cuments généalogiques  et  bisloiiques  sur  les 
Ja/nilles  du  Rouer guc,  au  tome  premier, 
une  notice  développée  sur  la  famille  de 
Scverac  et  une  description  détaillée  de 
l'ancien  ch.îteau  avec  d'abondants  détails 
historiques. 

L'ouvrage  de  M.  de  Barrau  a  été  publié 


à    Rodez  en    185}    et   complété    de   nos 
jours  d'un  volume  additionnel. 

A.  DE  Cabanis. 

Saint  Christophe  (LXV,  687,  800). 
—  Il  y  avait  une  statue  colossale  de  saint 
Christophe  à  Notre-Dame-de-Paris  ;  j'en 
ai  vu  de  gigantesques  et  d'un  très  beau 
xvi"  siècle,  peints  dans  les  cathédrales  de 
Séville  et  de  Cordoue,  En  France  l'église 
abbatiale  aujourd'hui  paroissiale  de  Saint- 
Seine  l'Abbaye,  Côte-d'Or,  en  montre  un 
de  grande  allure,  mais  assez  dégradé,  peint 
sur  la  clôture  méridionale  du  chœur,  parmi 
d'autres  sujets  datant  aussi  des  premières 
années  du  xvi*  siècle.  H.  C.  M. 

Randon  de  la  Tour,  de  Pom- 
mery,  du  Lauloy  (LXVI,  5).  —  Ran- 
don de  la  Tour  (Marc- Antoine-Fran- 
çois Marie),  contrôleur  général  de  la 
maison  de  Mme  la  comtesse  de  Pro- 
vence, garde  général  des  meubles  de  la 
couronne,  demeurant  à  Paris  au  garde 
meuble  de  la  cour,  rue  Royale,  place 
Louis  XV,  épousait,  dans  la  chapelle  du 
château  de  Marly,  le  22  novembre  1744, 
Marie-Françoise-Marguerite  de  Lassone, 
fille  mineure  du  médecin  du  roi. 

Randon  de  la  Tour,  58  ans,  ex-noble, 
cultivateur-propriétaire,  ancien  adminis- 
trateur du  trésor  public  et  depuis  com- 
mandant de  la  garde  nationale  de  Creil- 
sur-Oise,  fut  guillotiné,  le  7  juillet,  1794 
(an  II,  19  messidor;. 

Si  cette  note  peut  servir  à  M.  M.  A. 
j'en  serai  très  heureux.  Elle  a  paru  dans 
Marly-le-Roi .  Son  histoire.  Paris  1904. 

Piton. 

«  » 
En  1706,  Randon,  receveur  général  des 

finances,   mariait  sa   fille  à   Le    Pelletier 

de  Saint-Fargeau,  président  du  Parlement. 

En  1769,  M.   et    Mme  Randon,    M.  et 
Mme  d'Hanneucourt,  M.  et  Mme  de  Saint- 
Fargeau  font  part  du  mariage  de  M.  Ran 
don   de    Lucenay,    leur    fils,     beau-fils, 
frère  et  beau  frère,  avec  Mlle  Desbrest. 

M .  Elic  Randon  de  Massane,  écuyer, 
conseiller  du  roy,  seigneur  d'Hanneu- 
court, Gargcnville,  etc. ,  meurt  place 
Louis-le-Grand  (aujourd'hui  Vendôme).  Il 
est  enterré  le  dimanche  28  juillet  1771, 
service  à  Saint-Koch.  De  la  part  de  sa 
veuve,  de  ses  fils,  de  son  gendre  le  Pelle- 
tier de  , Saint-Fargeau. 


DBb  CHBRCHHURS 

. 109 

La  généalogie  des  Randon  se  trouve 
dans  Chérin,  168.  Bibliothèque  natio- 
nale. 

Voir  :  Dossiers  bleus  et  nouveau 
d'Hozier.  Piton. 

Colbert-Beaulisu  (XLIV:  XLVII; 
LXV,  8^5).  —  Je  relève  quelques  erreurs 
dans  la  réponse  du  ^o  juin  : 

1°  Bellemont,  l'acteur,  était  Jean-Bap- 
tiste et  non  Louis-Stanislas. 

2"  Louis-Stanislas  était  tapissier,  fils  de 
Jean-Baptiste. 

3»  Mon  grand-père,  Frédéric-Amédée, 
fils  de  Louis-Stanislas,  était  confection- 
neur et  non  tapissier. 

COLBERT  -  BeAULIEU  . 

Famille  Certain  (LXV,  783;  LXVI, 
19). —  Je  lis  dans  le  numéro  du  10  juillet, 
sous  la  signature  Petracorensis,au  sujet  de 
la  famille  Certain,  qu'  «  il  ne  s'agit  ni  plus 
ni  moins  que  de  la  famille  Certain  de 
Canrobert.  à  laquelle  appartenait  le  ma- 
réchal ».  Ainsi  formulée  la  réponse  ne  me 
parait  pas  entièrement  exacte. 

Le  nom  patronymique  de  la  famille 
était  Certain  auquel  les  enfants,  pour  se 
distinguer, ajoutèrent  des  noms  de  terres. 
Du  mariage  contracté  en  1768  naquirent 
trois  fils  qui  furent.  Certain  de  Canrobert, 
Certain  de  l'Isle,  Certain  de  la  Côte,  et 
une  fille,  Mlle  du  Puy. 

Disons  en  passant  que,  né  en  1792,  l'il- 
lustre Maréchal  fut  inscrit  à  l'état  civil 
sous  le  nom  de  Certain  Canrobert  et  qu'il 
fit  inutilement  des  démarches  pour  obte- 
nir une  rectification  de  son  état  civil.  Il 
n'y  a  pas  de  doute  que  le  bon  sens,  la 
logique  et  l'équité  eussent  voulu  Certain 
de  Canrobert,  puisque  Canrobert  était  le 
nom  de  quelque  domaine,  et  que,  comme 
tout  nom  de  terre,  et  comme  seulement 
les  noms  de  terr^,  il  eût  du  être  précédé 
de  la  particule,  indice  de  la  possession;  le 
tribunal  en  décida  autrement,  ne  trouvant 
pas  sans  doute  assez  de  documents  por- 
tant le  nom  de  Canrobert.  Summum  ius 
summa  injuria. 

G.  DE  La  Véronne. 

Les    jambes    de    Chateaubriand 

(LXV,  402,  1512,  803).  —je  possède  une 
épreuve  du  portrait  de  Chateaubriand, 
par   Devéria.    gravé   par   Alfred    Johan- 


HrCUHiEOX 


30  Juillet  1911 


1 10 


not,  (\ut\' konooriphie  Bretonne    intitule   •' 
»<  Dans  la  campagne  ». 

L'écrivain  y  est  représenté  appuyé  con- 
tre un  rocher,  au  milieu  d'un  joli  paysage 
avec  une  percée  sur  le  lointain,  comme  à 
l'orée  d'un  bois.  Il  tient  un  livre  ouvert 
à  la  main  et  semble  méditer.  Cette  image 
donne  l'impression  d'un  long  buste,  bien 
développé,  sur  des  jambes  assez  courtes, 
réellement  un  peu  grêles  et  serrées  dans 
un  pantalon  collant  qui  vient  s'enfermer 
dans  des  bottes  vernies  montant  à  mi- 
mollet.  Les  jambes  sont  croisées  en  bas, 
la  droite  sur  la  gauche,  dans  une  attitude 
de  repos.  L'ensemble  est  fort  gracieux  et 
harmonieux  et  il  faut  appliquer  son  atten- 
tion au  détail  recherché  pour  s'aperce- 
voir d'une  disproportion  physix^ue.  En- 
core est-elle  bien  visible  ?  Les  artistes 
sont  si  adroits  ! 

Même  remarque  au  sujet  du  portrait 
gravé  par  Gustave  Lévy,  d'après  le  ta- 
bleau de  Jean  Gigoux,  et  qui  se  trouve  en 
tête  du  volume  La  Bretagne  par  Jules  Ja- 
nin. 

Attitude  identique  de  Chateaubriand, 
représenté  au  sommet  d'une  éminence,  le 
dos  appuyé  contre  un  rocher  :  long  buste, 
jambes  assez  courtes  mais  tendues  et 
étendues  par  l'effet  des  bottes  vernies,  la 
gauche  croisée  sur  la  droite,  avec  le  pied 
en  pente,  stratugème  de  peintre  pour  pro- 
duire une  illusion  de  prolongement.  Les 
nuages  semblent  tourbillonner  autour  du 
front  du  poète  toujours  tête  nue  et  les 
cheveux  au  vent. 

En  ce  qui  concerne  la  statue  de  Milieu, 
érigée  à  Saint-Malo,  en  1875.  primitive- 
ment sur  la  place  du  Château  et  qui  a  été 
transportée  ensuite  extra  muros  dans  le 
jardin  du  Casino,  Chateaubriand  est  re 
présenté  assis,  les  jambes  drapées  dans 
les  plis  d'un  ample  manteau.  On  aperçoit 
à  peine  l'extrémité  bottée  de  l'une  d'elles  : 
ce  qui  est  insuffisant  comme  documenta- 
tion. 

Quant  à  Girodet,  dans  son  tableau  si 
souvent  reproduit, il  a  esquivé  la  difficulté. 
Chateaubriand,  toujours  appuyé  à  son  ro- 
cher, n'y  est  représenté  que  jusqu'à  mi- 
jambes  ;  ce  qui  ne  les  raccourcit  effecti- 
vement ni  ne  lêc  allonge. 

Qu'importent,  d'ailleurs,  les  jambes  !  la 
tête  est  toujours  belle  et  puissante. 

Gros' Ma  Lo. 


N-  1335.     Vol. 


LXVI. 

1 1 1 


iNTBRMfiDiAlRË 


112 


Famille  du  Bois  de  Fiennes  !LXV, 
49,  323,  003,  8s4,l-XVl  ;  S9)  —  Dans  le 
catalogue  38  des  frères  Geoffroy,  une  estam- 
pe est  mentionnée  qui  indique  les  pré- 
noms souhaités  des  fameux  Bourgeois  de 
Calais  : 

Jean  d'Aire. 

Pierre  de  Wissant. 

Jacques  de  Wissant. 

Jean  de  Fiennes.  ^"?^ 

Andrieux  d'Ardres.  SiMON. 

La  Toison  de  Rocheblanche  (de) 
(LXV,  404,  SIC,  613,  760).  —  Dans  le 
numéro  du  10  mai,  Le  Lieur  d'Avost 
donne  à  Louis  de  la  Toison,  marquis  de 
Rocheblanche,  époux  de  Ursule  de  Cara- 
deuc,  huit  enfants  dont  un  tlls  jean-Bap- 
tiste-Ours-Auguste  né  en  1774. 

De  qui  était  donc  fils  Laurent  Aimable 
Louis,  marquis  de  la  Toison  de  Roche- 
blanche (que  cite  sans  plus  d'indication 
Le  Lieur  d'Avost)  et  qui  épousa  Agathe 
Lucie  Musnier  de  la  Converserie,  née  en 
177s? 

De  qui  encore  était  fils  Antoine  Marie 
de  La  Toison,  mari  de  Marie-Louise  Leca- 
rocer,  dont  une  fille  née  en  1797  ? 

G.  UE  La  Véronne. 

Saint  i-'orre  (LXV)  —  Comme  suite 
à  ma  note  (LXV,  543,  714,  770)  je  relève 
dans  le  Répertoire  des  sources  historiques  de 
M.  Ulvsse  Chevalier  (Bio  bibliogtaphie)  : 
«  Saint-Sore,  bénéd.  à  Genouillé  (Geno- 
liacum),  ermite  et  abbé  de  Terrasson 
{Terracinem)  T.  v.  580  Février  I    » 

Ouvrage  à  consulter  :  Pergot  (A.  B.) 
La  vie  de  Saint  Sotir,..,  i""  ahbé  de  Ter- 
rasson, avec  une  notice  historique  sur 
l'abbaye  de  Terrasson.  Paris,  1857.  ^** 

Aimé  Thouvenin 

Angel  Thouin  (LXVI,  s).  —  Angel 
Thouin,  tils  d'un  restaurateur  d'Argen- 
tan, a  habité  cette  ville  pendant  long- 
temps, de  1854  à  1875  environ,  et  y  est 
peut-être  mort.  11  a  essayé  de  la  peinture, 
mais  sans  y  réussir,  se  croy.iit  incompris 
et  était  devenu  misanthrope. 

je  possède  ^e  lui  deux  dessins  à  la 
plume  assez  bons  et  trois  portraits  très 
mauvais.  Vidimus. 

*C't  stlafauteà  Rousseau»,  (LXVI, 
53).  —   Le  refrain    popularise  par  Victor 


Hugo,  qui  le  mit  dans  la  bouche  de  Ga- 
vroche est  celui  d'une  chanson  qui  circu- 
lait sous  le  manteau  vers  1827. 

M.  H.  Monin  en  a  retrouvé  une  copie 
manuscrite  et  l'a  imprimée  dans  la  Revue 
historique  de  la  Révolution  française  (juil- 
let 191 1).  C'est  donc  à  cette  source  qu'il 
faut  se  reporter. 

La  pièce  constitue  un  «  mandement  de 
carême  »  satirique  en  21  couplets.  Et 
dans  son  numéro  du  7  septembre  1911, 
Pouiquoi  pas  ?  la  jolie  gazette  publiée,  à 
Bruxelles, par  MM.  Louis  Dumont-Wilden, 
George  Garnir  et  Léon  Souguenet,  s'est 
spirituellement  amusé  de  ces  couplets 
«  d'un  anticléricalisme  archéologique  ». 
A.  BoghaertVaché. 


Maison  habitée  par  Jean-Jacques 
Rousseau  rue  Plâtrière  (T.  G.,  "790)- 

M.  Valère  Fanet,  dans  le  Figaro  (Supplé- 
ment) du  13  juillet  içfa'j'publie  un  article 
très  intéressant  sur  ce  sujet,  dont  on  lira  le 
passage  suivant  qui  met  complètement  au 
poirt  la  question  : 

Où  se  trouvait,  dans  la  partie  septen- 
trionale constituant  la  ci-devant  rue  Plâ- 
trière, la  maison  habitée  par  Rousseau, 
toujours,  hélas  !  avec  Thérèse,  de  juillet 
1870  au  27  mai  1778,  jour  où  M.  de  Gi- 
rardin  vient  le  chercher  en  voiture  pour 
-  l'emmener,  par  subterfuge,  sous  prétexte 
de  promenade,  chez  lui,  à  Ermenonville  ? 

Très  probablement  à  cause  des  séjours 
différents  que  Rousseau  fit  successive- 
ment à  Paris,  presque  tous  dans  le  même 
quartier,  la  question  n'a  pas  semblé  à 
beaucoup  nettement  et  définitivement  ré- 
S'^lue.  Bien  que  tous  les  historiens  s'ac- 
cordent à  dire  que  cette  maison  était  la 
première  à  droite,  en  entrant  dans  la  rue 
Plâtrière  par  la  rue  Coquillière,  donc  à 
l'angle  de  droite  de  ces  deux  rues,  la  ques- 
tion fut  remise  sur  le  tapis,  vers  1885, 
par  V Intermédiaire  des  Chercheurs. 

Ce  trouble,  ainsi  manifesté  alors  chez 
les  érudits,  trouble  qui  probablement 
subsiste  encore,  ne  peut  selon  nous  avoir 
d'autres  causes  que  les  divergences  sur 
l'étage,  faciles  à  relever  dans  les  récits 
des  rares  contemporains  admis  à  pénétrer 
chez  Rousseau  de  1770  a  1778. 

Conduit  chez  lui  par  un  ami,  en  juin 
1772,  Bernardin  de  Saint-Pierre,  le  pre- 


DES  CHERCHEURS  BT    CURIEUX 


50  Juillet  1911 


ÏI3 


114 


mier,  écrit  :    <  Nous  montâmes  au  qua- 
trième étage.  Nous  frappâmes,  etc  ..  » 

Deux  ans  plus  tard,  au  mois  de  mai 
1774,  Eymar,  de  Marseille,  le  futur 
député  de  Forcalquier,  sur  le  rapport  du- 
quel, nous  l'avons  dit  plus  haut,  la  Cons- 
tituante votera,  le  22  décembre  1790, 
l'érection  d'une  statue  à  Rousseau, —  ra- 
conte dans  une  lettre  que,  le  2  dudit  mois 
de  mai,  usant  du  prétexte  à  la  mode,  il 
s'est^  pour  la  première  fois,  rendu  au 
domicile  du  philosophe,  afin  de  lui  porter 
de  la  musique  à  copier.  Et  c'est  bien  en- 
core au  quatrième  étage  qu'il  va  frapper. 
Cet  étage  est  tellement  bien  le  quatrième 
qu'un  incident,  sur  lequel  il  glisse  légè- 
rement, attire  deux  fois  son  attention  sur 
l'étage  au-dessous,  le  troisième.  En  mon- 
tant l'escalier,  il  a  croisé  et  salué  une 
femme  du  monde  qui, lorsqu'il  redescend, 
lui  offre  une  hospitalité  a  laquelle,  tout 
troublé  par  l'enthousiasme  philosophi- 
que, il  croit  devoir  se  dérober.  11  revient 
quinze  jours  après,  le  17,  prendre  sa  mu- 
sique (qu'il  paye  dix  sols  la  page), en  rap- 
porte d'autre  qu'il  viendra  rechercher 
huit  jours  après  et  continue,  pendant  plus 
d'un  mois  encore,  ses  ascensions  au  qua- 
trième, jusqu'à  ce  que  des  intérêts  de  fa- 
mille le  rappellent  inopinément  à  Mar- 
seille. 

Près  de  deux  ans  encore  se  passent  Un 
jour  de  février  1776,  le  29,  Manon  Phi- 
lippon,  non  moins  émue  qu'Eymar  en 
1774,  s'achemine,  «  Mignonne  sous  le 
bras  »,  vers  la  sainte  demeure  : 

«  J'entre,  —  écrit-elle  à  une  de  ses 
amies,  —  dans  l'allée  d'un  cordonnier, 
rue  Plâtrière  ;  je  monte  au  second  et  je 
frappe  à  la  porte...  »  i'j'' 

Et  cette  lettre  est  écrite  le  jour  Tnême 
de  la  visite  ! 

Que  devenir  en  présence  de  cette  diver- 
gence ?  Quel  témoin  croire  ? 

Quarante  ans  environ  après  la  mort  de 
Rousseau,  1'  «  Ermite  de  la  Guyane  », 
Jouv,a  donné  a  ce  problème  une  solution 
inattendue.  Prenant  la  moyenne,  —  ou 
plutôt  le  milieu,  —  il  fait  loger  l'auteur 
à.'' Emile  au  troisième. 

«  Jean-jacques  Rousseau,  écrit-il  en 
1817,  H  longtemps  habité  une  chambre 
au  troisième,  dans  une  maison  n"  2  de  la 
rue  qui  a  porté  pendant  trente  ans  son 
nom  et  à  laquelle  on  voudrait  en  vain 
restituer  son  nom  welche  de  Plâtrière.  » 


C'était  donc  —  ici  il  n'y  a  divergence» 
pour  ainsi  dire,  nulle  part  —  la  première 
maison  à  droite,  en  entrant  par  la  rue  Co- 
quillière.  En  ce  qui  concerne  l'étage,  au 
lieu  d'adopter  le  moyen  ou  la  moyenne 
de  Jouy,  nous  préférons  donner  raison 
aussi  bien  à  Bernardin  de  Saint-Pierre  et 
à  Eymar  qu'à  Mme  Roland. 

Quoi  de  plus  vraisemblable^  en  effet, 
que  J.  -J.  Rousseau,  logé  au  quatrième  en 
1772  et  1774,  n'ait  eu,  en  1776,  ses  très 
modestes  pénates  descendus  au  deuxième 
étage  ? 

Un  mémoire,  écrit  par  lui  en  1777  ^* 
que  le  Journal  de  Paris  inséra  dans  ses 
colonnes  l'année  suivante  (/  de  P  ,  1778, 
p.  803),  vient  singulièrement  à  Tappui 
de  cette  hypothèse. 

J.-|.  Rousseau  y  expose  que  depuis 
longtemps  sa  femme  est  malade  et  que, 
ne  pouvant  lui-même  remplir  seul  tous 
les  soins  du  ménage,  il  a  été  forcé,  pour 
y  pourvoir,  d'essayer  de  lui  donner  une 
servante. 

De  toute  évidence,  ce  grand  change- 
ment dans  la  vie  intérieure  de  Jean-Jac- 
ques et  de  Thérèse  a  dû  en  nécessiter  un 
autre  dans  leur  installation.  Rien  donc 
d'étonnant  à  ce  que.  pour  adoucir  leurs 
fatigues  et  aussi  avoir  une  chambre  pour 
la  nouvelle  venue,  ils  n'aient,  à  un  mo- 
ment donné,  profité  de  la  vacance  d'un 
appartement  un  peu  plus  spacieux  et 
commode  à  un  étage  inférieur  et  qu'ils 
n'y  aient  ainsi  vécu  deux  ans,  de  1776 
jusqu'au  départ  pour  Ermenonville. 

Les  deux  termes  de  leur  existence  ainsi 
modifiée  pourraient  bien  nous  être  four- 
nis par  le  n^  37  des  Révolutions  de   Pans. 

Prudhomiie,  on  le  sait,  avait,  le  20 
janvier  1790,  ouvert  dans  son  journal 
une  souscription  d'un  écu  pour  l'érection 
d'une  statue  à  Jean-Jacques.  Or,  à  l'une 
des  premières  listes,  on  peut  lire  : 

Mlle  Froment,  ancienne  seivante  de 
Rousseau,  che:^  lequel  elle  a  été  depuis  le  2^ 
mars  f/j6  jusqu'au  /^  avril  ryjS... 
6  livres. 

Si  nous  nous  reportons  maintenant  au 
mémoire  précité,  nous  lisons  :  «  ,  .  Dix 
mois  d'expérience  m'ont  fait  sentir  l'in- 
suffisance et  les  inconvénients,  inévitables 
et  intolérables,  de  cette  ressource  dans 
une  position  pareille  à  la  nôtre  ». 

Ces  «  dix  mois  »  nous  font  bien  aller 
de  février  1777,  à  peu  près  à  la  date   du 


N«  !335    Voi.  LXVI 

■ Ï15 

25  mars  1776,  donnée  par  la  fille  Fro- 
mont  pour  son  entrée  au  service  de  Rous- 
seau et  de  Thérèse.  Seulement,  le  mal- 
heureux Rousseau  est  forcé  de  prolonger 
treize  mois  encore  son  existence  entre 
Thérèse  et  ladite  Fromont,  peut-être, 
après  tout,  plus  lettrée  et  plus  avenante 
que  Thérèse. 

On  n'a  pas,  ce  nous  semble,  assez  ap- 
profondi toute  l'influence  que  cette  coha- 
bitation à  trois  a  pu  avoir  sur  ses  derniers 
jours  !  On  ne  l'a  pas  assez  étudié,  lui, 
l'homme  aux  passions  célèbres,  dont  les 
œuvres  mirent  tant  de  cervelles  —  et 
parmi  elles,  tant  de  jolies  —  à  l'envers, 
vivant  ainsi  plus  de  dix  ans  entre  ces 
deux  maritornes  ! 

De  ce  qui  précède,  on  peut  facilement 
conclure  que  le  fait  des  étages  différents 
n'infirme  en  rien  celui  de  la  situation  de 
la  maison  sur  laquelle  il  ne  semble  pas  y 
avoir  de  désaccord  sérieux. 

En  1885,  une  dame  Magnant,  âgée  de 
soixante  et  un  an?,  rappelle  dans  \  Inter- 
médiaire^ un  souvenir  d'enfance,  ou  plu- 
tôt une  tradition  de  famille  qui  semble 
donner  à  cet  égard  toutes  les  précisions 
désirables.  En  1825,  raconte-t-elle,  ses 
parents,  logés  dans  l'ancienne  maison, 
encore  debout,  et  au  second  étage,  reçu- 
rent la  visite  d'un  vieillard  qui  leur  de- 
manda «  la  permission  de  se  reposer  un 
moment  la  où,  durant  sa  jeunesse,  il  avait 
si  souvent  vu  J.-J.  Rousseau  ». 

Il  est  enfin  un  document,  ignoré,  sem- 
ble-t-il,  de  tous  ceux  qui  ont  pu  croire  la 
question  susceptible  de  controverse  et 
qui,  à  nos  yeux,  suffirait  à  lui  seul  à  fixer 
les  hésitants. 

En  1808,  donc  trente  ans  juste  après  la 
mort  de  Rousseau,  un  ingénieur  géogra- 
phe, Maire,  a  dressé  de  la  ville  de  Paris, 
un  plan  en  20  feuilles,  beaucoup  plus 
complet  et  d'une  consultation  beaucoup 
plus  facile  que  celui  de  Verniquet  pour 
toute  la  période  révolutionnaire  et  impé- 
riale. Or.  à  la  planche  7  de  ce  plan,  on 
peut  lire,  «^ur  le  tracé  de  la  ci-devant  rue 
Plàtriere  :  *  rue  Jean-Jacques  Rousseau  r, 
et,  au-dessous,  à  côté  de  la  figuration 
d'une  maison,  à  l'angle  que  nous  savons  : 
et  *  maison  idem  »  . 

Nous  trouvons  donc,  quant  à  nous,  le 
point  définitivement  acquis.  A  l'occasion 
de  la  statue  de   la  place  du  Panthéon,  le 


L'IiNTliKMBDlAlHI' 


iib 


Monde  Illustré  a  publié,  en  février  1889 
(tome  64,  p.  86), un  très  curieux  croquis 
de  la  maison  de  la  rue  Plàtriere  avant  sa 
démolition.  Telle  elle  nous  est  repro- 
duite, avec  ses  quatre  étages  et  ses  deux 
boutiques  du  rez-de-chaussée  (une  épice- 
rie et  le  caféj.-|.  Rousseau  donnant  sur 
les  deux  rues),  telle  on  peut  la  reconnaî- 
tre sur  le  plan  de  Turgot  (1734-1739)- 

Valère  Fanet. 

Valdruche  A.  J.  A.  CLXV,  686, 
762,  801).  —  Député  de  la  Haute-Marne 
à  la  Convention,  s'y  prononça  avec  force 
contre  Louis  XVI  dès  le  mois  de  décem- 
bre, vota  ensuite  la  mort  de  ce  prince,  et 
ne  passa  point  aux  Conseils  après  la  ses- 
sion. Hedb. 

Les  "Véron,  luthiers  à  Paris  (LXVI, 
5).  —  Malgré  les  travaux  intéressants  et 
plus  ou  moins  récents  d'Antoine  Vistal, 
de  Jules  Gallay,  de  M.  Constant  Pierre,  etc. , 
l'histoire  de  la  Ictherie  française  est  en- 
core bien  obscure  et  bien  incomplète.  Il 
est  donc  bien  difficile  de  donner  des  ren- 
seignements précis  sur  tel  ou  tel  luthier 
d'il  y  a  i  so  ou  200  ans.  En  Ce  qui  con- 
cerne les  Véron,  je  ne  connaissais  m.ème 
pas,  pour  ma  part,  l'existence  d'Arsène. 
Mais  il  y  eut  un  Antoine  Véron,  qui  de- 
meurait, en  1740,  rue  de  1.^  Juiverie. 
Quant  à  Pierre-André,  tout  ce  que  je  puis 
dire,  c'est  que  sa  lutherie  était  faite  avec 
soin,  et  que  ses  violons,  en  particulier, 
ont  joui  d'une  certaine  vogue.  Il  me  sem- 
ble que  ces  trois  artisans,  vivant  à  la 
même  lépoque,  devaient  être  trois  frères; 
ils  étaient  contemporains  de  Claude  Pier- 
ray,  de  Jacques  Bocquav,  de  Louis  Guer- 
san,  de  Jean  Galland,'de  Jean  et  Pierre 
Louvet,  etc.,  qui  pour  la  plupart  étaient 
«5;  maîtres  jurés  comptables  de  la  corpora- 
tion des  maîtres  luthiers  feseurs  d'instru- 
ments de  la  ville  de  Paris  >*  et  ne  man- 
quaient point  de  talent.  Ces  Véron  ne  du- 
rent point  avoir  de  successeurs,  car  je  ne 
retrouve  leurs  noms  dans  aucune  des  lis- 
tes de  luthiers  publiées  aux  environs  àt 
1780.  soit  dans  Y  Ahnanachnmsical  de  Lu- 
neaii  de  Boisjermain  (1783),  soit  dans  les 
Tablettes  de  renommée  des  musiciens  (  1 785), 
soit  dans  le  CaUndiier  musical  de  Fra- 
mery('i788).  A.  P. 


OSS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30   juillet  191  » 


117 


118 


Armoiries  à  déterminer  :  à  3  têtes 
de  lion  (LXVl,  6).  —  Les  armoiries  dé- 
couvertes sous  l'étiquette  de  Le  Bouyer 
Saint-Gervais,  sont  bien  celles  de  la  fa- 
mille Le  Bouyer  de  Saint-Gervais  de  Mon- 
houdou,  au  Maine,  qui  blasonne  :  d^or  à 
trots  iétes  de  lion  arrachées  d'août  2  et  i , 
au  chef  Je  gueules.  Le  collaborateur  L.  Da- 
niquet  pourra  consulter  utilement  Lou 
vrage  de  M.  P.  de  Farny  sur  \cs  Ex-librts 
des  Manceaux  ;  il  comprendra  la  raison 
de  ces  deux  exemplaires. 

Louis  Calendini. 

« 

Cet  ex-libris  est  bien  aux  armes  de 
Le  Bouyer  de  Saint-Gervais. 

NlSlAR. 

*  * 

L'étiquette  est  un  cachet  collé  pendant 
la  Révolution,  pour  dissimuler  des  ar- 
moiries qui  pouvaient  être  dangereuses 
pour  leur  propriétaire. 

L'ex-libris  primitif,  aux  armes  des  Le 
Bouyer,  a  été  publié  dans  les  Ex-Lihris 
Maticeaux  de  M.  P.  de  Farcy  et  dans  les 
Archives  de  la  Scciété  des  Collectionneurs 
d'Ex-Librts,  année  1910.  Dans  ce  dernier 
ouvrage,  M.  de  Brébisson  croit  devoir 
l'attribuer  à  l'académicien  Fontenelle, 
mort  presque  centenaire  en  1757,  ce  qui 
me  paraît  inadmissible.  D'après  le  style 
rocaille  de  cette  gravure,  il  faudrait  ad- 
mettre que  Fontenelle  attendit  d'avoir  sa 
centième  année  pour  marquer  les  livres 
de  sa  bibliothèque. 

Le  cache  révolutionnaire  indique  bien 
que  c'est  dans  la  branche  de  Saint-Ger- 
vais qu'il  faut  rechercher  le  propriétaire 
de  l'ex-libris  collé  sur  un  livre  de  1782  et 
l'historique  des  ex-libris  de  cette  famille 
esta  refaire  entièrement. 

D.   DES  E. 

René  Gueuble.  Armoiries  (LXVI, 
6).  —  M.  de  Soultrait,  dans  son  A /"wo- 
rial  du  Nivernais,  ne  donne  pas  ce  nom. 

NlSIAR. 

Les  hérauts  d'armes  sous  Louis 
Xm  (LXV,  199,  657).  -  Le  Petit  La- 
rousse, au  mot  Camail,  donne  le  sens 
d'une  pièce  de  mailles  armant  le  cou  et 
les  épaules,  ou  d'une  pèlerine  à  capuchon, 
mais  ne  donne  pas  ce  même  mot  comme 
s'appliquant  à  une  médaille. 

V.    A.  T. 


L'auteurdel'«  Imitation  de  Jésus - 
Christ  >.-  (T.  G.,  441  :  LXV,  309,  482, 
785;  LXVI,  70).  -  Je  me  permettrai  de 
faire  remarquer  à  ceux  de  nos  collabora- 
teurs qui  se  plaignent  avec  raison  que 
les  discussions  sur  l'auteur  de  1'  «  Imita- 
tion »  risquent  d'encombrer  inutilement 
les  colonnes  de  \' Intermédiaire,  que  ma 
question  se  bornait  à  demander  si  Ion  n'a- 
vait pas  retrouvé  récemment  un  manuscrit 
de  r«  Imitation»  dont  la  date  ne  permet 
taft  pas  de  l'attribuer  à  Thomas  à  Kempis. 

La  réponse  de  M.  J.  Lt  me  donne  pleine 
satisfaction. 

Je  n'en  suis  pas  moins  reconnaissant  à 
M.  La  Coussiére  et  surtout  au  D"^  A.  B. 
des  intéressants  renseignement  qu'ils  ont 
bien  voulu  donner.  11  est  plus  que  proba- 
ble que  l'auteur  de  \\<  Imitation  », comme 
dans  un  autre  ordre  d'idées,  les  architec- 
tes d'un  grand  nombre  de  cathédrales,  a 
mis  en  pratique  la  devise  :  ama  nesciri  et 
pro  nihilo  reputari.  A.  E. 


*<H!stoire  de  ia  duche^^se  de  C*** 
écrite  pt.r  elle-même  »  (LXV,  309, 
482,  765).  —  Me  sera-t-il  permis  d'ap- 
porter mon  contingent  à  cette  rubrique  ? 
Le  19  mars  1791,  la  Comédie-Italienne 
(OU  théâtre  Favart^  ou  Opéra- Comique- 
National,  comme  on  voudra)  donnait  la 
première  représentation  de  Camille  ou  le 
Souterrain,  opéra  comique  en  trois  actes, 
paroles  de  Marsollier  des  Vivetières,  mu- 
sique de  d'Alayrac.  Le  livret  de  cet  ou- 
vrage, dont  le  succès  fut  éclatant,  était 
tiré  du  roman  de  Mme  de  Genlis,  jgnès 
et  Tbéodore.tt  il  ne  méritait  guère  sa  quali- 
fication d'opéra-comique,  car  il  était  d'un 
dramatique  poignant,  comme  on  va  le 
voir  par  ce  qu'en  disait  un  critique  : 

Quoique  nous  regardions  cet  ouviage 
comme  le  plus  intéressant  de  tous  ceux  qu'on 
a  donnés  cette  année  à  la  Comédie-Italienne, 
nous  n'osons  cependant  pas.  faire  un  crime 
de  leur  motif  à  ceux  qui  s'en  éloignent  par 
sensibilité.  Nombre  de  gens  ont  été  voir  le 
Souterrain  et  n'ont  pas  voulu  le  revoir.  Les 
scènes  y  sont  si  attachantes,  et  les  acteurs 
si  vrais  dans  les  passions  qu'ils  expriment, 
qu'on  ne  peut  s'empêcher  de  frémir  à  l'as- 
pect de  certaines  situations,  qui  serrent  le 
cœur  du  spectateur  au  point  qu'il  ne  lui  est 
pas  possible  de  pleurer.  L'auteur  a  toujours 
l'adresse  de  peindre  les  méchants  de  ma- 
nière à  faire  détester  leur  méchanceté,  et  la 
vertu  sous  les  traits  qui  la  rendent  aimable  et 
touchante  ;  bien  différent  en  cela  de  nos  pré- 


N»  1335  Vol.  LXVI. 


L'INTERMÊDIAIRB 


119 


120 


tendus  philosophes  du  Théâtre  Molière  et  des   ' 
Variétés, qui  n'offrent  jamais  au  public  que  des 
tableaux  faiis  exprés  pour  inspirer  la  haine  et 
pour  effare uchei   les  bons  cœurs. 

C'est  Mme  Dugazon,  dont  le  sentiment 
pathétique  était  si  puissant,  qui  jouait  le 
rôle  de  Camille,  où  l'on  peut  dire  qu'elle 
fit  courir  tout  Paris  àla  Comédie-Italienne. 
«  Madame  Dugazon  est  sublmie  dans  son 
rôle  ».  disait  un  chroniqueur  ;  «  Et  où 
cette  femme  inconcevable  pourrait-elle 
n'être  pas  parfaite  >\  disait  un  autre. 
Quant  à  la  musique  de  d'Alayrac.  elle 
était  empreinte  d'un  sentiment  profondé- 
ment dramatique  et  d'une  émotion  qui 
faisait  couler  les  larmes.  Un  compositeur 
italien,  Paèr,  qui  avait  la  manie'de  remet- 
tre en  musique  nos  opéras  français,  ainsi 
quil  fit  pour  Sargines,  du  même  d'Alay- 
rac,  et  pour  Léonore  ou  Y Amoui  conjugal, 
de  Gaveaux.  agit  de  même  avec  Camille 
ou  le  Souteriain.  Aidé  du  librettiste  Car- 
pani,  il  donna  à  Vienne,  en  1801,  une 
Camilla  qui  fut  jouée  ensuite  à  notre 
Théâtre  Italien  le  s  novembre  1804.  La 
compaiaison  ici  s'imposait,  et  quoique  la 
partition  de  Paër  fût  loin  d'être  sans  va- 
leur, de  vives  discussions  s'engagèrent  à 
ce  sujet,  d'autant  que  les  années  n'enle- 
vaient rien  au  succès  de  l'œuvre  de 
d'Alayrac.  La  preuve  en  est  dans  cet  ar- 
ticle que  publiait  le  Jour  uni  de  Paris  dans 
son  numéro  du  1 1  janvier  1814.  en  ré- 
ponse à  un  dilettante  italianisant  : 

Un  amateur  ultramoniain  a  été  fort  scan- 
dalisé de  lire  dans  un  de  nos  derniers  numé- 
ros que  la  Camille  de  Paër  n'avait  pu 
faire  oublier  celle  de  Dalayrac,  qui  dans  la 
lutte  avec  un  Italien  avait  remporté  la  vic- 
toire. Nous  reconnaissons  avec  plaisir  le  ta- 
lent de  M.  Paër  ;  nous  convenons  que.  dans 
sa  partition  de  Camille,  on  trouve  de  gran- 
des beautés  .  mais  nous  pensons,  et  beau- 
coup de  musiciens  sont  de  cet  avis,  que 
l'opéra  de  Dalayrac  renferme  des  morceaux 
qui  peuviiiit  supporter  la  comparaison  avec 
avantage.  Nous  nous  contenterons  de  citer 
les  couplets  du  premier  acte,  le  trio  de  la 
cloche,  le  Juo  de  la  jalousie,  le  final  du  pre- 
mier acte,  le  final  du  second  acte  et  le  grand 
air  chanté  par  Camille  au  troisième  acte. 
Nous  n'hésitons  pas  à  le  dire,  ces  morceaux 
sont  des  chefs-d'œuvre  chacun  dans  leur 
genre,  et  plus  de  vingt  années  de  succès  ont 
confirmé  notre  opinion.  Le  goût  n'est  pas  ex- 
clusif, l'homme  qui  n'appartient  à  aucune 
coterie  se  plaît  à  reconnaître  le  talent  par- 
tout où  il    te    trouve  ;    mais   si    nous    nout 


montrons  justes  envers  les  étrangers,  sachons 
l'être  pour  nos  compatriotes. 

Et  j'arrête  là  ce  que  j'avais  à  faire  con- 
naître sur  ce  sujet. 

Arthur  Pougin. 

Tatien  (LXV,  S48.  671,  81  s  ;  LXVI, 
26).  —  J'ai  été  pris,  comme  bien  d'autres, 
sans  doute,  à  l'article  sur  Tatien  publié 
dans  la  Revue  Bleue  qui  nous  a  habitués  à 
plus  de  sérieux.  Enfin,  c'est  bon  pour 
une  fois  Mais  un  point  m'intéressa  parti- 
culièrement: est-ce  que  les  descriptions  de 
tableaux  qui  m'auraient  tant  plu  seraient 
des  fraudes  littéraires  ?  Au  lieu  de  re- 
chercher dans  la  Revue  des  Elu Jes grecques, 
que  j'aurais  difficilement  à  ma  disposition, 
le  collaborateur  W.  D.  voudrait-il  me 
renseigner  sur  ce  point  ? 

H.  C.  M. 

Frotel  ou  Foot^!^  (LXV,  150,676, 
770;  LXVI,  30)  —  Foutelow  fanlel  semble 
assez  vraisemblable,  sous  réserve,  bien 
entendu,  de  documents  qui  donneraient 
l'ancien  nom  latin  de  l'endroit.  Mais  est- 
il  nécessaire  de  faire  !a  réserve  que  fait 
l'érudit  H.  Laray?  Foiitel  ou  Eiutel  est-il 
nécessairement  le  diminutif  de  fou  ou  /au 
ifagus),  identique,  par  conséquent,  à  fou- 
ieau  et  ne  désignant  qu'./n  hêtre  ?  Ne 
pcLit-il  se  rattacher  à  l'adjectif  latin  fagu- 
talis?  fagutale,  ce  serait  un  lieu  planté 
de  hêtres  ;  à  Rome,  Fagutal  était  le  nom 
du  terrain  consacré  à  Jupiter  dans  le  bois 
de  hêtres  de  l'Esquilin  ^/lutel,  en  ce  cas, 
serait  synonyme  dt/ouidaie,  qu'on  trouve 
dans  certains    oms  de  lieu. 

Ibère. 

Bolivar  (LXVI,  8).  -  Le  chapeau 
dont  parle  America  fut  baptisé,  comme  il 
l'indique,  par  les  libéraux  de  l'époque,  en 
l'honneur  du  dictateur  sud-américàin  Bo- 
livar, dont  l'adver.saire,  le  général  espa 
gnol  Morillo,  servit  à  son  tour  de  par- 
rain à  une  autre  forme  nouvelle  de  cha- 
peau d'homme.  Nauticus. 
• 

On  a  donné  le  nom  du  célèbre  liber- 
tador  à  un  chapeau,  comme  on  a  appelé 
Garibaldi  une  blouse  de  femme,  Mackin 
iosch  un  manteau.  Raglan,  un  pardes- 
sus, Souhise,  une  sauce  à  à  l'oignon.  Ri- 
chelieu, une  chaussure.  Béchamel,  une 
sauce    à    la  crème,    etc.  etc. 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


50  Juillet  191 2 


121 


122 


En  18 19,  Bolivar  remplissait  le  monde 
de  sa  renommée  et  la  mode  sut  en  pro- 
fiter. 

NlSlAR. 


Ce  nom  donné  à  une  forme  de  chapeau 
à  haute  forme  (genre  tromblon)  très 
évasé  par  le  haut  et  à  larges  bords  re- 
troussés, date  de  l'émancipation,  en  1820, 
des  colonies  hispano-américaines,  éman- 
cipation dont  Bolivar  fut  le  protagoniste 
et  où  il  rencontra  plusieurs  fois,  comme 
adversaire, le  général  espagnol  Morillo. 

En  France,  à  Paris  surtout,  où  ces 
luttes  avaient  eu  un  grand  retentisse- 
ment, les  partisans  de  Bolivar  avaient 
adopté  le  chapeau  qui  a  porté  ce  nom. 
]'ai  entendu  encore  dans  ma  jeunesse, 
vers  1860,  appliquer  souvent  cette  déno- 
mination aux  chapeaux  rappelant  plus 
ou  moins  cette  forme. 

Les  partisans  de  Morillo  avaient  par 
contre  arboré  un  chapeau  également  de 
haute  forme,  en  soie  ou  en  paille  tressée, 
tnais  à  bords  plats. 

Je  ne  crois  pas  que  la  lutte  entre  les 
deux  partis  ait  pris  en  France  un  carac- 
tère plus  sérieux  que  cette  manifestation 
«  bien  parisienne  »,  très  pacifique  et  tout 
à  l'avantage  des  chapeliers. 

Je  conrvais  un  Morillo  de  paille  brune 
très  bien  conservé  et  retrouvé,  il  y  a  50 
ans  à  peu  près,  au  fond  d'un  placard  dans 
une  vieille  gentilhommière  bretonne.  C'est 
une  coiffure  qui  semble  aujourd'hui  abso- 
lument grotesque,  non  moins  que  le  bo- 
livar  dont  on  peut  voir  une  image  au 
Larousse  illustré  à  ce  nom  et  sous  la  ru- 
brique ;  \<  Homme  coiffé  du  bolivar,  « 

Dehermann. 

La  date  de   l'apparition   du    bolivar  et 
l'origine   de   l'appellation    sont    données 
par     un    vaudeville-revue   de     Dartois  et 
Gabriel,  Les  BoUvars  et   les  Morillos,  re 
présenté  aux  Variétés  en  18 19. 

La  lutte  de  Simon  Bolivar,  le  chef  des 
insurgés  de  l'Amérique  du  Sud,  contre 
l'Espagne,  avait  eu  un  énorme  retentisse- 
ment en  France.  Et  à  Paris,  l'on  avait 
baptisé  du  nom  de  Bolivar  et  de  celui  de 
son  adversaire,  le  général  espagnol  Mo- 
rillo. deux  nouvelles  formes  de  chapeaux 
d'homme,  comme  on  baptise  aujourd'hui 
encore,  sans  préoccupation  de  rapports 
quelconques,   une   foule   de  fabricants  de 


nomsque  les  événements  rendent  brusque- 
ment célèbres.         A.  Boghaert-Vaché. 

♦  » 
<Le  mot  datejde  1818, époque  à  laquelle 

Bolivar,  le  héros  de  l'Amérique  du  Sud, 
faisait  retentir  le  monde  de  ses  exploits. 
Les  avoués,  maintenant,  ont  des  fracs  à 
l'anglaise  et  des  bolivars  ;  on  ne  sait  ja- 
mais à  leurs  costumes,  s'ils  vont  au  bal 
ou  au  Palais.  »  (Scribe.) 

«  C'était  le  temps  de  la  lutte  des  répu- 
bliques méridionales  contre  le  roi  d'Espa- 
gne ;  de  Bolivar  contre  Morillo.  Les  cha- 
peaux à  petits  bords  étaient  royalistes  et 
se  nommaient  les  morillos  ;  les  libéraux 
portaient  des  chapeaux  à  larges  bords  qui 
s'appelaient  des  bolivars.  » 

(V.  Hugo,  Misérables). 

^<  Tous  les  partis  (sous  la  Restauration) 
eurent  leur  expression  dans  ces  modes 
bizarres;  l'opposition  avec  ses  chapeaux 
à  la  Bolivar,  les  royalistes  avec  leurs  cha- 
peaux à  la  Morillo   » 

(Baudrillart,  Histoire  du  luxe). 

«  De  même  qu'en  Amérique  Morillo  com- 
bat Bolivar,  de  même,  à  Paris,  le  chapeau 
Bolivar  a  bientôt  pour  antagoniste  le  cha- 
peau Morillo.  » 

{Tableau  de  Paris,  1852). 

Gustave  Fustier. 

Quiroga,  nom  de  vêtement  (LXVI, 

70).  —  Encore  une  dénomination  de  vê- 
tement qui.  comme  le  Bolivar,  a  une  ori- 
gine politique  et  espagnole  ^ 

La  quiroga  était  une  espèce  de  redin- 
gote, à  plusieurs  collets  superposés 
comme  le  carrick,qui  doit  son  nom  au  gé- 
néral espagnol  Antonio  Quiroga.  Né  en 
1784  à  Betanços  en  Galice,  Quiroga  ser- 
vit quelque  temps  sur  mer,  quitta  ce  ser- 
vice en  1808  pour  passer  dans  l'armée  de 
terre, devint  colonel  en  181;  et  après  plu- 
sieurs aventures  politiques, fut  nommé  gou- 
verneur général  de  la  Galice.  Après  avoir 
en  vain  défendu  la  Corogne  contre  les 
Français  en  1823,  il  se  réfugia  en  Angle- 
terre. De  retour  en  Espagne, après  la  mort 
de  Ferdinand, il  fut  d'abord  accueilli  avec 
enthousiasme. Mais  bientoi  sa  modération 
déplut  aux  exaltés  et  il  fut  oblige  de  se  re- 
tirer en  Galice.  11  mourut  oublié  en  1841. 

La  quiroga  devait  donc  battre  son 
plein  vers  1823,  année  de  notre  victoire 
de  la  Corogne. 


N-  »33';.  Vol.  LXVI. 


L'INTBRMÉDIAIKB 


123 


124 


Je  l'ai  vue  souvent  représentée  sur  des 
gravures  de  modes  masculines  de  cette 
époque,  et  le  confrère  Americ  pourra, 
sans  grande  difficulté,  la  retrouver  4n 
compulsant  les  journaux  de  modes  de  la 
Restauration.  Dehermann. 


Moi  aussi  j'ai  senti  ma  curiosité  éveil- 
lée par  ce  passage  d'une  nouvelle  de 
G.  Sand. 

Mon  chapeau  à  la  Bolivar,  mes  favorisa  la 
Bergami  et  mon  manteau  à  la  Quiroga. 

Ces  modes  devaient  se  porter  vers 
18315,  époque  de  la  mort  de  Quiroga. 

Cet  aventurier  qui  commença  par  être 
berger  et  mourut,  assassiné,  président  de 
la  République  Argentine,  après  une  exis- 
tence plus  mouvementée  que  celle  de 
Cartouche  et  de  Mandrin,  balança  quel- 
que temps  la  gloire  de  Bolivar  et  de  Ber- 
gami, favori  de  la  fameuse  reine  Caroline, 
femme  de  Georges  IV. 

Quant  au  Trois  pour  Cent,  spirituelle 
allusion  à  l'abaissement  de  la  Kente  qui 
eut  lieu  à  cette  époque-là,  ce  devait 
être,  j'imagine,  un  vêtement  passablement 
écourté.  M.  d'A. 

Cabajoutis  (LXV,  695,  818,  875).  — 
Ainsi  que  le  disait  ici  Pertinax,  le  30  juin, 
ce  mot  est  employé  au  Maine,  mais  le 
plus  souvent,  sinon  toujours,  avec  cette 
variante,  cagibitis. M.  de  Montenon,  dans 
son  yocabulaire  du  Haut-Maine,  p.  113, 
indique  que  ce  nom  est  masculin  ;  je  l'ai 
presque  toujours  entendu  prononcer 
comme  étant  un  substantif  féminin.  Quoi 
qu'il  en  soit  il  indique  '<  une  mauvaise 
baraque,  et  parfois  un  mauvais  meuble 
ou  la  partie  inférieure  d'un  bahu  ou  d'un 
buffet.  »  Louis  Calendini. 

Mots  allemands  'érivés  du  fran- 
çais (LXV,  360,  720,  807;.  —  L'armée 
prussienne  possède  des  'c  avantageurs  ^», 
jeunes  soldats  qui  doivent  devenir  offi- 
ciers. Les  expressions  françaises  sont  du 
reste  très  usitées  dans  l'armée  ;  on  dit 
«  train  y>  et  on  prononce  à  la  française. 
On  dit  aussi  «  à  la  suite  «.  Le  mot  alle- 
mand [>our  quai  est  *<  sladen  »  ;  à  Franc- 
fort et  à  Mayence  j'ai  cependant  trouvé 
le  mot  français  «<  quai  i»,  mais  écrit  à  l'al- 
lemande %»   "Kai    *  ;    il  se  prononce  aussi  k 


la  française.  A  Paris, on  appelle  le  service 
des  irrigations  et  autres  administrations 
agricoles;  »<  améliorations  »  agricoles;  à 
Berlin  on  dit  méliorations.  P    .M. 

* 
»  «I 

Dans  beaucoup  de  pays  germaniques, 
«  garde  robe  »  a  conservé  son  sens  pri- 
mitif de  «  vestiaire  »  :  l'autre  sens  y 
est  inconnu.  Le  Français  voyageant  dans 
ces  contrées  y  entendra  assez  souvent  ses 
interlocuteurs,  parlant  même  fort  correc- 
tement sa  langue,  se  livrer  à  ce  sujet  à 
de  comiques  quiproquos.         D'  Vogt, 

Ouvrages   sérieux   mis    en  vers 

(T.  G.  665  ;  XXXV  a  XL  ;  XLII  ;  XLIV  à 
XLIX  ;  Ll  à  LX  ;  LXI  ;  LXII  ;  LXV,  382, 
721).  —  Je  lis  dans  «  Les  jouets  »  par 
Léo  Claretie.  Paris,  anc.  mais.  Quantin, 
s.  d,  p.  226  :  la  Nouvelle  arithmétique  ap- 
pliquée à  la  marine  et  au  commerce,  mise 
en  vers  par  L.  ChaYigTi"Ji"ud,  ex-maitre  de 
pension,  1852  »  et  dont  on  cite  ce  frag- 
îi-'ent  : 

Le  multiplicateur  d'un  seul  chiffre  se  pose 
Sous  le    multiplicande   à    la  droite,  et    pour 

[cause.. . 
Or,  pour  multiplier  six  mille  huit  cent  deux 
Par  six,  j'opère  ainsi,  le  fait  n'est  pas  douteux, 
En  disant  :  six  fois  deux  font  douze  ;  il  faut 

[écrire 
Deux  sous  les  unités  .. 

Il  est  vraiment  fâcheux  que  Léo  Clare- 
tie n'ait  pas  donné  tout  le  morceau  poé- 
tique consacré  à  cette  opération 

Fraval. 


* 
♦  ♦ 


Lfs  racines  latines,  par  Joseph  Villiers 
de  l'Oratoire,  chez  Joseph  Bardou,  1779, 
rue  et  via-a-vis  la  grille  des  Mathurins, 
avec  cette  épigraphe  : 

NISl  UTILE  EST  QUOD  FACIMUS 
STULTA  EST  GLORIA 

(Phèdre,  livre  111). 

Un  .iutre  recueil,  également  en  vers, 
de  Racines  latine:,  en  dizains  de  vers  de 
huit  syllabes,  a  été  publié  par  Desuere 
Duplan,  et  je  suis  certain  de  l'avoir  fait 
connaître  zV Intermédiaire.  Je  ne  me  rap- 
pelle {)as  si  ma  note  a  été  imprimée. 

V.  A.  T. 

Poésie  monosyllabique (LXIII;  LXIV; 
LXV  816).  — «  Nous  aimions  mieux  ré- 
citer les  vers  monosyllabiques  de  Jules  de 


DBS  CHBRCHBUftîJ  8T  GURIBUX 


30  Juillet  i9it . 


125 


ia6 


Rességuier,  qui  nous  semblaient  être  le 
comble  de  l'art  et  de  la  difficulté  vaincue  : 

Blonde 
Nuit! 
L'onde 
Fuit  ! 
Terre 
Brune 
Lune 
LuitI 
Elle  et  son  page  étaient,  sur  la  tour,  à  minuit  ! 

Ces  calembredaines  nous  ravissaient  et 
nous  rêvions  de  faire  un  poème  en  vers 
d'une  seule  syllabe.  Louis  de  Cormenin 
s'y  essaya  et  ne  tarda  pas  à  reconnaître 
que  ce  travail  de  casse-tête  chinois  était 
bon  à  servir  de  devises  aux  mirlitons  de 
la  foire  de  Saint-Cloud.» 

(Maxime  du  Camp,  Souvenirs  littéiaires^ 
Tome  !■='.  Paris,  Hachette,  1882,  p.  156). 

P.    C.  C.    JOACHIM    KiJHN. 

Reliures  en    peau  humaine   (T. 

G.,    761).  —   De  M.   Jean-Bernard  dans 
\ Indépendance  belge,  15-16  juillet    1912  ; 

J'avais  longtemps  douté  que  ces  sortes  de 
reliure  existassent,  quand,  il  y  a  quelques 
mois,  la  Galette  de  Hollande  raconta  que 
M.  Marcellin  Pellet,  ministre  de  i  rance  à 
La  Haye,  possédait  dans  sa  bibliothèque  si 
riche  en  curiosités  historiques  un  exemplaire 
de  V Almanach  des  Prisons  (1793)  relié  en 
peau  humaine. 

Croyant  à  une  plaisanterie  lugubre,  ou  à 
une  erreur,  j'écrivis  à  M.  Marcellin  Pellet, 
qui  est  un  savant  et  qui  a  écrit  sur  la  Révo- 
lution des  volumes  aussi  pittoresques  qu'in- 
téiessants  et  qui  voulut  bien  me  répondre  : 
Mon  cher  confrère, 

L'article  de  la  <  Gazette  »  est  bien  exact. 
Voici  l'histoire  de  mon  bouquin.  Mon  ami, 
Iç  savant  professeur  Auguste  Reverdin,  chi- 
rurgien à  Geveve,  apprit  un  jour,  non  sans 
surprise,  qu'un  de  ses  camarades  d'enfance, 
mourant  sans  héritier,  lui  avait  légué  une 
petite  fortune  et,  incidemment,  %a  peau.  Je 
crois  même  que  l'acceptation  du  second  legs 
était  la  condition  du  premier.  Reverdin, 
assez  ennuyé,  se  décida  à  prélever  sur  la  poi- 
trine du  défunt  un  lambeau  de  peau  grand 
comme  la  main.  Il  chercha  inutilement  à 
le  faire  tanner  à  Genève.  Aucun  ouvriei  ne 
voulut  s'en  charger,  et  il  dui  l'envoyer  à 
Annecy,  où  on  lui  fit  payer  pour  cette  mince 
besogne  un  prix  exorbitant,  sous  le  prétexte 
plutôt  bizarre  que  les  ouvriers  étaient  dégoû- 
tés. Reverdin  l'était  un  peu,  du  reste,  quand 
il  rentra  en  possession  du  morceau  de  cuir, 
teint  en  noir,  tjrne,  huileux  et,  ce  qui  est 
surprenant  pour  un  fragment  de   la   peau  de 


li,  poitrine,  fort  épais.  Mon  ami  me  pria  de 
l'en  débarrasser,  et  c'est  ainsi  que  je  suis  en- 
tré en  possession  de  ce  «  document  humain  ». 
J'en  ai  revêtu  un  volume  de  ma  collection 
révolutionnaire,  en  demi-reliure.  Vous  voyez 
que  l'authenticité  est  absolue.  Je  pourrais 
donner  le  non  du  testateur,  bien  connu  au- 
trefois à  Gevève. 

Croyez,  mon  cher  confrère,  à  mes  senti- 
ments dévoués. 

Marcellin  Pellet. 

«  Mon  colonel  >^  (LXI  ;  LXII  ;  LXVI, 
74)  —  11  n'est  pas  douteux  que  le  mot 
«  mon  >  ne  soit  ici  bien  possessif. 

Oserai-je,  à  ce  propos,  sans  paraître 
trop  antimilitariste,  faire  observer  qu'il 
est  assez  ridicule,  au  fond,  d'entendre  les 
gens  qui  ne  sont  point  au  service,  et  qui 
souvent  n'y  ont  même  jamais  été,  user,  en 
pareil  cas,  de  ce  «  mon  »,qui  marque  la 
subordination  ? 

Oserai-je,  encore  à  ce  propos,  ajouter 
qu'il  est  aussi  ridicule  de  dire  :  «  Madame 
la  générale,  la  colonelle,  etc..  >\  selon 
une  mode  empruntée  à  l'Allemagne  et 
qui  arrive  à  s'étendre  étrangement,  de- 
puis 1870,  contrairement  à  la  bonne  tra- 
dition française  ? 

Les  femmes  n'ont  point  part  au  grade  de 
leurs  maris  ;  elles  avaient  part  seulement 
à  la  digyiité  de  maréchal  de  France. 

Langoumoisin. 

Soubs  la  corde  di:>s  saints  (LXIV  ; 

LXV,  42,  23=;,  384,  474,  534.  724, 
771,  869;  LXVl,  71,).  —  Toxin.  Il 
faut  dire  Toqnesaint^  car  en  ancien  lan- 
gage français,  qui  encore  est  usité  en 
quelques  provinces,  saint  signifie  une 
cloche,  dont  sont  dits  saintiers,  les  fon- 
deurs de  cloches,  et  de  là  le  proverbe 
quand  on  dit  le  bruit  si  grand^  qu'on  noy^ 
rait  pas  les  saints  sonner,  toquer  en  lan- 
gage picard,  c'est  toucher. 

Ordonnances  du  roy  Henri  troisième  de  ce 
nom  roy  de  France  et  de  Pologne  sur  les 
plaintes  et  doléances  faites  par  les  députés 
des  états  de  son  royaume,  convoquez  et  as- 
semblées en  la  ville  de  Blois,  avec  les  anno- 
tations sur  icelles  de  Maistre  Guy  Coquille, 
Sieur  de  Ronenay.  (En  date  de  l'Art.  (CCIX). 

De  Lo'  gchamps   de   Montendre 

(LXV,  445,  547.  809).  —  Je  ne  puis  ré- 
pondre complètement  à  la  question  posée. 
D'ailleurs,    les    renseignements     sur   les 


N*  1355     Vol.  LXVI. 

•  137 

Loncha-nips  de  Montendre  ne  doivent 
pas  être  très  difficiles  à  rétablir,  quoique 
assez  peu  clairs  jusqu'ici.  Ce  que  j'en 
puis  dire  aujourd  hui  procédera  du  connu 
vers  l'inconnu,  —  le  point  de  départ, 
suivant  la  question  posée  dans  Vlntermé- 
diairc,  ou  d'aboutissement,  suivant  mon 
système,  devant  toujours  être  le  fils 
d'Edme.ou  Edmée  JuUiol. 

Flore  de  Bougainville,  qui  fut  une  des 
plus  jolies  femmes  de  son  temps,  d'après 
Walckenaër,  ce  que  confirment  ses  por- 
traits, mourut  a  Paris  le  6  août  ibob, 
ayant  langui  pendant  cinq  ans,  après 
avt^ir  vu  l'un  de  ses  fils  noyé  presque 
sous  ses  yeux.  Sa  pierre  tombale,  au  petit 
cimetière  de  Saint  Pierre   à  Montmartre, 


L'INTERMEDIAIRE 


128 


•i/r- 


lui  donne  47  ans  [BulU't .  de  la  Soc  S 
cbéol.  du  Xllh  arrondissement,  juillet-oct. 
1895,  pp.  iio-i)  ce  qui  la  ferait  naît» e 
en  1799,  et  non  176^,  comme  le  dit 
l'Hist.  géncal.  de  la  maison  de  Lantivv, 
(Paris,  1899  ;  p.  108).  —  Elle  avait 
épousé, a  l'église  St-Louis,  de  Brest,  le  25 
janvier  1781,  Louis  de  Bougainville  {.'^rcb. 
du  Finistère  :  note  communiquée  par 
l'Archiviste,  M.  de  La  Kogerie)  ;  et  la 
chronique  familiale  raconte  que  la  jeune 
femme,  de  30  ans  plus  jeune  que  son 
mari,  n'était  jusque-li  jamais  sortie  de 
sa  ville  natale. 

Son  père,  Charles-Claude,  lieutenant  de 
vaisseau  et  d'artillerie,  mais  non  capi- 
taine, comme  le  dit  encore  V Histoii  c  de  la 
Maison  de  Lantivv,  —  avait  épousé,  à 
l'Eglise  Saint-Gilles  d'Hennebont,  le  2 
juillet  1754,  Yvonne-Guillemette-Adélaide 
du  Botdéru,  fille  de  Jacques-René,  lieute- 
nant-colonel des  Dragons  de  la  Reine  et 
d'Agathe  du  Bois  de  Brullé.  (ij  II  fut  lue 
d'un  boulet  anglais,  le  16  mai  1700,  au 
large  de  Belle  Isle,  à  bord  du  Diadème, 
commandé  par  M.  de  Breugnon,  qui  con- 
duisait, à  Saint-Domingue,  un  nouvel  In- 
tendant, .M.  de  Clugny,  le  futur  contrô- 
leur-général, successeur  de  Turgot  (Arch. 
d4  la  Maiine).  De  son  mariage,  Charles- 
Claude  avait  eu  trois  filles,  dont  une  mou- 
rut au  premier  âge.  L'ainée,    Marie-Eliza- 

(i)  Il  existe  en  Bretagne  des  familles  por- 
tant les  unes  des  noms  bretons, les  a.itresdcs 
noms  français,  qui  ont  la  même  signification  : 
Exemples,  les  Coctiosquet,  et  les  Bois-Brule 
(ou  cie  Brulle)  ;  les  l'enfentenyo  et  les  Chef- 
fontaines.  Cela  dit,  sans  prétendre  les  ratta- 
cher uecstutrcment  les  unes  aux  autres. 


beth-Hyacinthe ,  (1755  -  14  décembre 
181 15),  épousa,  en  1778,  son  cousin  ger- 
main Philippe  de  Montendre,  lieutenant 
de  vaisseau  (17^1-5  sept.  1818). 

Charles-Claude,  en  effet,  fils  de  Louis 
de  Montendre  et  de  Marie-Françoise  de 
Lantivy,  avait  deux  frères  et  trois  sœurs. 
D'après  un  acte  aux  Archives  du  Finis- 
terre,  relatif  à  la  tutelle  de  ces  enfants 
après  la  mort  de  leur  père,  (7  inai  1721). 
et  d'après  quelques  autres  indications,  on 
pourrait  les  classer  comme  il  suit  : 

1°  Claude  Elizabeth,  née  vers   1707  ; 

2°  Françoise-Gabrielle,  vers  1709  ; 

3°  François-Louis  (ou  Louis-Emmanuel- 
Clément,  d'après  V Histoire  des  Lantivy), 
baptisé  à  Lorient^  le  13  août  1710  ; 

40  Anne,  vers  1714  i 

15,°  Charles-Claude,  vers  1715  ; 

6"  Louis-Jérôme,  né  en  1716,  baptisé 
à  Languidic,  le  20  octobre  1717. 

Ici  je  ces^e  d'être  suc  un  terrain  solide. 
Une  note  de  Flore  de  Bougainville  que 
j'ai  eue  sous  les  yeux,  mais  dont  je  ne 
retrouve  que  la  copie  en  ce  moment,  fait 
de  Louis  de  Montendre,  époux  de  Marie 
de  Lantivy,  le  fils  puiné  d'tdmée  Julliot, 
qui  aurait  eu  cinq  enfants  :  trois  fils  et 
deux  filles.  L'aîné  des  fils,  capitaine  de 
vaisseau,  marié  à  Toulon,  aurait  eu  un 
fils  lieutenant  de  vaisseau,  non  marié,  et 
une  fille  morte  religieuse  à  Marseille.  Du 
second  fils,  nous  venons  de  parler.  Le 
troisièir.e  fils  aurait  porté  le  nom  de  Thot 
de  Montendre  et  se  serait  marié  en  Cham- 
pagne; il  aurait  eu  six  fils, dont  trois  tués 
à  l'ennemi,  en  Italie,  et  qui,  tous  auraient 
servi  dans  le  même  régiment  que  leur 
père,  celui  de  Poitou-Infanterie. 

Cette  note  doit  se  rapprocher  de  la  vé- 
rité ;  car  il  y  eut,  parmi  les  Montendre, 
une  ou  plusieurs  victimes,  lors  de  la 
peste  de  Marseille,  et  une  branche  de  la 
famille,  fondue  dans  celle  des  Liniers, 
existe  encore  en  Franche-Comté. 

V.' Histoire  de  la  Maison  de  Lanlix'y,  au 
contraire,  prétend  que  Louis  de  Monten- 
dre. époux  de  Marie  de  Lantivy,  eut  un 
autre  Louis,  pour  père,  qui  se  trouverait 
alors  être  le  fils  d'Edmée  Julliot,  marié  à 
une  demoiselle  du  Plessis,  et  deux  frères, 
dont  l'unserait  le  jeune  héros  de  l'épisode 
du  Sainl-Géran,  où  prit  naissance  le  ro- 
man de  Paul  et  Virginie  :  attribution 
tout  invraisemblable.  L'officier  en  ques- 
tion parait  bien  avoir  appartenu    à  la  fa- 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


[39 


30  Juillet  1911 


mille,  d'après  une    note  du    fils  aîné  de 
Flore,     le    contre-amiral    Hyacinthe   de 
Bougainville  ;  mais,  des   nombreux  Mon- 
tendre   qui  ont  servi  dans    la  marine,  — 
j'en  connais  encore  un  qui  prit  part  à  la 
guerre   d'Amérique,  —  je  ne  sais    lequel 
se  trouvait  sur  le  Saint-Géran.  Ce    pour- 
rait, d'ailleurs,  bien  être  le  jeune    lieute- 
nant   de    vaisseau,    indiqué     plus    haut 
comme    issu  du  fils  aîné  d'Edmée  Julliot. 
Une  chose  est  certaine  :  c'est    que  les 
La  Rochefoucauld  reconnaissaient  la  pa- 
renté. Adélaïde    du    Botdéru,    veuve   de 
Charles-Claude,  avait  épousé,   le   12  jan- 
vier 1769,  en  secondes  noces, le  chevalier 
Augustin  de  Passerat  de  Silans,  capitaine 
de  vaisseau  ;  et,  de  ce  nouveau  mariage, 
elle  eut  une  fille,  Olympe,   marquise  dû 
Vivier  de   Fay-Solignac,    grand'mère  du 
cardinal    de   Cabriéres.    La   duchesse  de 
Liancourt,  en    1777,  vint  à   Brest,  passer 
quelques  jours, descendit  chez  ses  cousins, 
M.  et  Mme  de  Silans,   et   prenant  Flore 
de  Montendreen  affection,  déclara  qu'elle 
s'occuperait   de    son   mariage.  Ses  idées 
sur  l'établissement    qui    convenait    à  la 
jeune  fille  étaient  assez  curieuses  ;    mais 
les    choses     se     disposèrent     autrement 
qu'elle  ne  proposait  (Lettre  du    chevalier 
de  Silans  à  son  beau-frère,  le   comte  du 
Botdéru,  2   oct.    1777).    En  tout   cas,  on 
n'est  pas  surpris   de  retrouver  Bougain- 
ville au  diner  que  fit  Arthur  Young,  chez 
le  duc  de  Liancourt,  le   15  janvier   1790. 
Adélaïde  du  Botdéru  avait  deux  frères 
et  deux  sœurs.  De  celles-ci,    l'une.  Féli- 
cité, avait  épousé  le  contre-amiral  Blanc 
du  Bos  ;  et  l'Histoire  des  Lantivy  (p.  125) 
donne,    sans    la    nommer  elle-même,    sa 
descendance  répartie  entre  les  familles  de 
Lantivy,  de  Colbert,  et   de  La  Bourdon- 
naye-Blossac.  L'autre  sœur,  Pauline,  eut 
pour  fille  la  marquise  de  Faudoas —  veuve 
en  premières  noces,du  vicomte  des  Cars  — 
et  pour  petite-fille  la  Duchesse  de  Rovi- 
go,   sous  le    Premier    Empire.  Des  deux 
frères,  l'ainé,  Jean-Baptiste-René,  capitaine 
aux    Dragons    de    la     Reine,    époux    de 
Thomase  de  Plœuc,  a  vu  sa  descendance 
s'éteindre   avec   son     fils,    le    comte  du 
Botdéru,  pair  de  France,  dont  nous  avons 
parlé    précédemment  (LXV,    558). 

Du  second  frère  d'Adélaïde  du  Botdéru, 
Nicolas-Hyacinthe,  capitaine  de  vaisseau, 
la  descendance  existe  encore  très  nom  - 
breuse. 


130 


'Armes  des  Longchamps  de  Montendre  : 
D'or,  à  l'aigle  éplojéc  de  sable. 

Un  portrait  de  Charles-Claude  de 
Longchamps  de  Montendre,  ou  du  moins 
supposé  tel,  existe  chez  le  vicomte  de 
Villiers  duTerrage,  ancien  inspecteur  des 
Ponts-et-Chaussées. 

Je  désirerais,  en  terminant,  savoir,  à 
mon  tour,  par  où  Charles  de  Montendre, 
auteur  de  cette  famille,  se  rattache  aux 
La  Rochefoucauld,  et  ce  que  l'on  peut 
connaître  de  précis  sur  dame  Edméc  Jul- 
liot. Britannicus. 

Orgue  des  saveurs  (LXV ,  694, 
823  ;  LXVl,  Si).  —  C'est  un  phénomène 
appelé  «  Olfactini  colorée  ».  Il  consiste  en 
ce  que  deux  sens  sont  simultanément  mis 
en  activité  par  une  excitation  produite 
par  un  seul  de  ces  sens, dans  le  cas  actuel, 
en  ce  que  le  son  de  la  voix  ou  d'un  ins- 
trument se  traduit  par  une  odeur  carac- 
téristique et  constante  pour  la  personne 
possédant  cette  propriété  chrimatique. 

Il  en  est  de  même  pour  l'audition  colo- 
rée et  la  gustation  colorée,  comme  du 
reste  on  en  trouve  des  exemples  dans 
Vlntermédaire  det  chercheurs  et  curieux 
dans  ses  numéros  du  25  juin  et  du  25  sep- 
tembre 1884. 

Théophile  Gautier  raconte  qu'a  la  suite 
de  l'absorption  de  ha<;chich,  il  a  éprouvé 
les  sensations  suivantes  : 

«  Mon  ouïe  était  prodigieusement  dé- 
veloppée ;  j'entendais  le  bruit  des  couleurs  ; 
des  sons  verts,  rouges,  bleus,  jaunes 
rn'arrivaient  par  ondes  parfaitement  dis- 
tinctes. » 

Et  à  ce  propos  quel  est  le    poète  qui  a 
commencé  un  sonnet  par  ce  vers  : 
A  noir,    E    blanc,   I   rouge,    O  vsrt,    U  bleu, 

[voyelles... 

D'J.  B. 

[C'est  Arthur  Rimbaud]. 

Les  petits  vitriers  (LXV,  501,  680, 
844  ;  LXVI,  36.) 

Bayeux  (Calvados)  le  19  juillet  1912, 
Monsieur  le  Directeur, 
J'a  lu  avec  intérêt  dans  le  n"  21  du  di- 
manche 30  juin  du  journal  <  La  Terre  de 
France  ,•>  les  réponses  à  votre  curieuse  ques- 
tion sur  la  dénomination  de  vitriers,  appli- 
quée aux  chasseurs  à  pied. 

A  mon  humble  avis  aucune  de  ces  répon- 
ses ne  résout  virtuellement   le  problème.  — 


N»  1335.  Vol,   LXVI. 

■ 131     

Permettez-moi  donc  de  vous  adresser,  bien 
que  tardivement,  celle-ci  qui. je  crois, en  cor- 
roborant l'une  d'elles,  complète  les  réponses 
dont  il  s'agit. 

Autrefois  nombre  de  vitriers  ambulants 
parcouraient  les  villes  et  les  campagnes, chaf-- 
gés  d'un  crochet  supportant  des  feuilles  de 
verre  qui  généralement  arrivaient  à  compo- 
ser un  poids  assez  respectable.  Ces  crochets 
chargés  de  verre  ressemblaient  sensiblement, 
ou  plutôt  les  sacs  encadrés  par  les  piquets 
de  terre  de  nos  chasseurs,  rappelaient  assez 
exactement  les  crochets  des  marchands  vi- 
triers ;  là  ne  s'arrête  pas  la  ressemblance.  Les 
vitriers  portaient  toujours  à  la  main  une 
canne  de  forme  apbtie  qui  n'était  autre  chose 
qu'un  mètre  leur  servr>iit  en  même  temps  de 
règle,  et,  lorsqu'ils  étaient  interpellés  par  un 
client,  la  première  chose  qu'ils  faisaient, 
c'était  de  placer  leur  mètre  sous  leur  charge 
de  verre  pour  soulager  leurs  épaules,  pen- 
dant le  temps  bref  ou  long  que  duraient  les 
pourparlers. 

Or,  pendant  l'Empire,  les  chasseurs  à  pied 
étaient  armés  de  la  carabine  Minié  (dite  à 
tige)  dont  ils  se  servaient  à  chaque  halte 
pour  étaycr  leur  sac  et  reposer  leurs  épaules, 
comme  faisaient  les  vitriers  de  leur  canne,  la 
dite  carabine  était  de  la  longueur  voulue 
pour  donner  ce  résultat.  Dans  cette  position 
un  chasseur  à  pied  avait  de  loin  h  parfaite 
silhouette  du  vitrier  au  repos. 

"Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Directeur, 
mes  meilleures  civilités.  Robin. 


Généraux  manchots  (LXIV;  LXV, 
68.  223). 

J'ai  le  plaisir  de  vous  adresser  les  notes 
sur  la  blessure  du  général  Boussenard  qu'a 
bien  voulu  me  ccmmmuniquer  le  lieutenant 
colonel  de  Thuy,  son  ancien  officier  d'or- 
donnance ;  il  en  autorise  la  publicalion  sous 
sa  signature. 

Baron  A.  H. 

Les  circonstances  de  la  blessure  du  Gô 
néral   Boussenard  ont  été   fidèlement  re- 
produites par  Détaille  sur  la  toile  du  Pa- 
norama de  Rezonville, 

Le  Commandant  y  est  représenté  penché 
sur  son  cheval,  qui  git  étendu,  frappe  par 
un  obus  ;  il  retire  de  son  paquetage  les 
cartes  d'état-major  que  le  Maréchal  Can- 
robert  vient  —  précautio,.  bien  inutile 
pour  qui  connaît  le  commandant  —  lui 
recommander  de  ne  pas  abandonner.  C'est 
à  ce  moment  précis  qu'un  éclat  d'obus 
vient  fracasser  le  coude  gauche  du  second 
aide  de  camp  du  Maréchal. 

Le  blessé  est  transporté  dans  une  ferme 


L'iNT£RMtDlAiR£ 


132 


de  Rezonville  transformée  en  ambulance  ; 
il  y  a  encombrement  ;  on  craint  que  Tac- 
cumulation  de  l'efîectif  hospitalisé  à  Metz 
n'engendre  l'mfection  ;  la  pratique  de 
l'aseptie  et  des  pansements  anMseptiques 
n'est  pas  encore  courante  et  l'on  manque 
de  tout  ce  que  nécessiterait  maintenant  la 
thérapeutique.  D'autre  part,  l'articulation 
est  broyée  et  comme  peut-être  on  le  déci- 
derait encore  aujourd'hui,  l'amputation 
est  reconnue  nécessaire  et  pratiquée  sans 
retard  ;  elle  cause  au  patient  une  souf- 
france qu'il  n'oubliera  jamais. 

Dans  le  mouvement  de  repli  sur  Metz, 
l'armée  abandonne  les  ambulances  éta- 
blies sur  le  champ  de  bataille,  qui  sont 
bientôt  au  pouvoir  des  Allemands,  un  de 
leurs  médecins  passe  l'inspection  des 
blessés,  les  interroge  et  probablement, 
sans  enlever  l'appareil  du  Commandant 
Boussenard^  exprime,  deux  jours  après 
l'opération,  l'avis  que  les  médecins  fran- 
çais ont  agi  trop  précipitamment  et  que  le 
membre  pouvait  être  conservé.  Il  est  dif- 
ficile maintenant —  il  l'était  déjà  en  1870 
—  de  dire  si  réellement  l'opération  n'était 
pas  indispensable  ;  mais  pour  le  premier 
intéressé  le  doute  était  poignant.  Comme 
loin  de  se  prévaloir  de  sa  blessure,  le 
Général  en  était  honteux,  se  considérant 
comme  un  impotent,  un  homme  incom- 
plet, on  s'explique  la  rancune  très  cer- 
taine qu'il  a  longtemps  vouée  au  corps 
•médical. 

Il  ne  faut  pas  pourtant  s'exagérer  les 
conséquences  de  cette  rancune.  Sans 
doute  il  faisait  la  guerre  aux  officiers  du 
corps  de  santé  qui  affichaient  des  préten- 
tions peu  justifiées  ;  il  a  toujours,  au  con 
traire,  soutenu,  encouragé  et  poussé  les 
praticiens  esclaves  de  leur  devoir  —  et 
l'on  sait  que  c'est  la  majorité  chez  les 
médecins  militaires. 

Certains  que  je  pourrais  citer,  ont  eu 
sur  lui  une  grande  influence.  Loin  de 
«  s'exalter  avec  l'âge  et  le  grade  »,  sa 
'  haine  »  avait  tout  à  fait  sombré.  Les 
médecins  que  les  opérations  du  Conseil  de 
révision  amenaient  dans  son  ermitage  de 
Champlitte étaient, tandisque  les  membres 
civils  banquetaient  politiquement,  appelés 
à  sa  table  et  y  trouvaient  l'accueil  le  plus 
courtois. 

Lieutenant  colonel  de  Thuy, 
ex  officier  d'ordonnance  du    Général 
Boussenard. 


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DBS  CfïSRCHBURS    ET  CXIRIBUX 


30  Juillet  1911 


133 


•34 


Ouvriers  et  patrons  :  Le  saint 
lundi  en  l'an  13  (LXVl,  84^  —  Leclerc 
était  imprimeur,  c'était  même  l'impri- 
meur de  l'archevêché.  C'est  une  correc- 
tion mal  comprise  qui  en  a  fait  un  entre- 
preneur de  peinture,  dans  le  commen- 
taire du  document  où  sa  véritable  qualité 
est  bien  établie. 

©roimaillej)  et  (Curiosités 

La  mort  de  Lamartine.  Son  por- 
trait après  décès.  —  Une  plaque  a  été 
apposée  au  n"  109  de  l'avenue  Henri  Mar- 
tin. Elle  porte  cette  inscrif  tion  : 
LAMARTINE 

EST    MORT    LE   2$   FÉVRIER     1 869 

DANS  UNE    V1LL.\ 

SITUÉE  SUR  CET  EMPLACEMENT 

11  habitait  alors  le  petit  chalet  qui  avait 
été  mis  à  sa  disposition  par  l'Empereur. 
Il  s'éteignit  dans  la  chambre  du  premier 
étage,  éclairée  par  deu.x  fenêtres,  donnant 
sur  le  balcon  extérieur,  dans  un  lit  carré 
à  colonnes. 

Ce  fut  M.  Adam-Salomon  le  sculpteur, 
auteur  du  monument  funéraire  de  Mme  de 
Lamartine,  à  Saint-Point,  qui  le  posa  sur 
son  lit  de  parade.  Pour  garder  un  souve- 
nir du  poète,  et  l'expression  de  ses  traits, 
il  en  fit  une  photographie,  dont  un  artiste 
de  beaucoup  de  talent,  M.  Penauille,  fit  un 
dessin.  Ce  dessin  qui  mérite  d'être  tiré  de 
l'oubli  a  paru  dans  un  journal  intitulé  la 
Chronique  illustrée  {20  mars  1869).  C'est 
un  recueil  aujourd'hui  dispersé  et  introu- 
vable. On  verra  cet  intéressant  portrait 
reproduit  dans  le  présent  numéro. 

L'hydropisie  de  Mme  de  Staël  en 
1812.  —  Le  duc  de  Rovigo  a  écrit,  par- 
lant de  Mme  de  Staël  que  «  certaines  his- 
toires dont  on  s'égayait  à  Genève  furent 
une  des  causes  de  son  départ.  »  Ce  n'est 
que  très  exact.  Mme  de  Staël  avait  besoin 
de  fuir,  non  un  lieu  que  lui  rendait  intolé- 
rable la  tyrannie  de  Napoléon,  mais  où  la 
faiblesse  tardive  de  sa  chair  amoureuse 
venait  de  l'accuser  dans  un  scandale.  Elle 
avait  tout  fait  pour  la  dissimuler,  avec 
des  airs  penchés  de  victime  ;  mais  en 
réalité,  si  elle  était  victime,  c'était  de  la 
coquetterie  de  son  arrière  maison. 

A  la  fin  de  l'année  i8 10  elle  avait  fait  la 
connaissance,  à  Genève,  d'un  officier  de 


hussards,  nommé  |<.ari  Rocca.  Ily  guéris- 
sait une  blessure  reçue  dans  une  action 
militaire.  Il  avait  vingt  trois  ans,  elle  en 
avait  trente-six. 

«  Comme  dit  M.  Paul  Gautier  dans  son 
bel  ouvrage  sur  Mme  de  Staél  et  Napoléon^ 
elle  voyait  avec  terreur  venir  l'âge  redou- 
table où  la  femme  semble  n'avoir  plus  à 
compter  sur  l'amour.  Elle  n'avait  jamais 
été  aimée  comme  elle  eût  souhaité  l'être  : 
qu'était-ce  que  la  sécheresse  élégante 
d'un  Narbonne,l'égoïsmed'unTalleyrand, 
l'inquiétude  perpétuelle  d'un  Benjamin 
Constant.  Elle  se  disait  avec  tristesse 
qu'elle  était  un  être  à  part,  que  l'on  con- 
sidéraitavecétonnement.avec  effroi  même, 
que  l'on  n'aimerait  jamais.  Elle  fut  sur- 
prise, touchée,  ravie,  d'être  soudaine- 
ment aimée  pour  elle-^même.  Car  Rocca 
l'aima  éperdument,  de  la  façon  la  plus 
romanesque.  » 

Mais  sa  présence  jeta  le  trouble  dans 
la  petite  cour  de  Mme  de  Staël.  Cette  in- 
trigue était  visible,  on  en  plaisantait. 
Elle  tremblait  pour  elle,  tremblait  pour 
Rocca.  Et  quand  sa  taille  décela  son  en- 
traînement ,  elle  trembla  que  l'Empe- 
reur qui  savait  tout,  ne  l'outrageât  publi- 
quement. Elle  espérait  écarter  les  soupçons 
en  faisant  répandre  qu'elle  devenait  hydro- 
pique. 

Le  17  avril  18; 2,  l'hydropisie  céda  et 
l'Empereur  qui  fut  certainement  avisé  de 
cet  événement  ne  s'en  servit  pas  contre 
son  ennemie.  La  lettre  du  baron  de  Me- 
lun  au  duc  de  Rovigo,  que  nous  donnons 
ici.  nest  pas  inconnue  du  biographe  de 
Mme  de  Staël,  mais  elle  n'a  jamais  été 
publiée.  (Archives  nationales  dossier  F'^ 
6331/6991.) 

Genève,  21  avril  1812. 
Le  commissaire  spécial  au  Duc  de  Rovigo. 

Monseigneur, 
Ne  doutant  pas  de  l'intérêt  que  V.  E. 
pre  .d  à  la  santé  de  Mme  la  baronne  de 
Staël,  j'ai  l'honneur  de  lui  apprendre  que 
l'hydropisie  dont  cette  dame  était  très  in- 
commodée depuis  plusieurs  mois,  s'est  heu- 
reusement dissipée  le  ly  avril  au  château 
Je  Copet,  et  que  le  résultat  de  cette  fâ- 
cheuse maladie  est  un  garçon  fort  bien  por- 
tant. On  attribue  celte  cure  merveilleuse,  à 
un  Genevois  nommé  Rocca,  officier  de  hus- 
sards, très  bel  hom  me,  mais  boiteux,  ce  qui  ne 
lui  ôte  rien  des  qualités  nécessaires,  est  mé- 
decin de  Mme  de  Staël,  qui  croit  avoir  si 
grand  besoin  de  ses  talents  qu'elle  ne  lui  per- 
met pss  d'autre  séjour  que  celui  qu'elle  habite, 


N«  !^|^.  Vol 


LXVI. 

—     »?Ç 


L'INTlIRMfiDIAIIŒ 


136 


Cette  production  du  génie  et  du  courage  a 
reçu  le  jour  au  milieu  d'une  fête  que  Mme 
de  Staël  i.loiiiiait  h  sa  fille,  l'a  propos  en  ren- 
dait plus  piquant  son  début  dans  la  société, 
lui  a  donné  une  telle  publicité  que  V.  E.  en 
est  déjà  peut  être  informée. 

L' Auditeur  au  Conseil  d'Etat,  corn- 
missiaire  spécial. 

Baron  de  Melun. 

Dans  le  pays  où  l'aflairc  s'était  ébruitée 
on  faisait  des  gorges  chaudes  de  l'aven- 
ture. Ces  épigrainmes  courraient  de  main 
en  main. 

La  Cure  Merveilleuse 

De  nos  littérateurs  et  la  gloire  et  l'envie, 
Une  veuve  célèbre,  encor  chère  aux    amours, 
Tremblait  pour  ses  illustres  jours 
Menacés  par  l'hydropisie, 
Mais  de  1  art  de  guérir  les  soins  miraculeux 
Au  monde  ont  conservé  la  Moderne  Aspasie, 
En  quelques  mois  l'ont  rendue  à  la   vie, 

Aux  lettres,  à  nos  vœux. 
D'une  cure  aussi  propice, 
Ah  !  bénissons  le  résultat  heureux  ! 
Il  est  près  de  Rolle...(i)  en  nourrice 

La  Femme  Célèbrn 

Quelle  femme  étonnante  et  quel  fécond  ge'nie, 
Tout  en  elle  produit,  tout  'est  célébrité, 

Et  jusqu'à  son  hyàiopisie, 
Rien  n'est  perdu  pour  la  postérité. 

Perdue  dans  l'opinion  de  ses  compa- 
triotes, Mme  de  Staël  n'avait  plus  qu'à 
se  décider  à  la  fuite,  ce  qu'elle  fit. 

Qyant  à  Rocca^  ne  pouvant,  à  cause 
du  ridicule,  l'épouser  publiquement,  elle 
l'épousa  secrètement  deux  fois. 

LÉONCE  Grasilier. 

Documents  touchant  la  bataille 
de  Denaiu.  —  {Communication  de  M. 
Hyrvoix  de  Landosle).  —  Le  Roi  apprit, le 
2b  juillet,  la  nouvelle  de  la  bataille  de 
Denain,  livrée  le  24  :  ;<  ce  jour-là,  entre 
sept  et  huit  heures  du  matin,  le  marquis 
de  Nangis  arriva  à  Fontainebleau,  appor- 


tant la  nouvelle  de 
passée  en  Flandres  .. 
écrivait  au  comte  du 
deur  en  Suisse  (3)  : 


l'action    qui 
»(2)Le  27, 


Luc, 


s'était 

le  Roi 

son   ambassa- 


(1)  Petite  ville  du  canton  de  Vaud 
(Suisse) 

(1)  Mémoires  de  Sourches  :   Xill,  4S6. 

(3)  Auliives  du  département  des  Affaires 
étrangères  ;  Suisse,  CCXXXVI,  96  ;    minute. 


...  Je  vous  envole  la  relation  de  Vav«n- 
tage  que  mes  troupes,  commandées  par  les 
maréchaux  de  Villars  et  de  Monfesquiou, 
ont  remporté  sur  une  partie  de  mes  ennemis, 
en  Flandres.  J'ai  lieu  de  croire  qu'il  pourra 
contribuer  à  l'avancement  des  négociations 
de  la  paix,  et  que  les  Hollandais  pourront 
eufin  ouvrir  les  yeux  sur  les  suites  fâcheuses 
que  leur  opiniâtreté  à  poursuivre  la  guerre 
pourrait  avoir  pour  leur  Etat. 

On  remarquera  la  modération  avec  la- 
quelle le  Roi  parle  de  l'avantage  remporté 
pas  ses  troupes  à  Denain.  C'est,  qu'en 
effet, cette  victoire  ne  prit  que  par  la  suite 
l'importance  qu'elle  ne  parut  pas  avoir 
tout  d'abord. 

J'ai  aussi  à  faire  observer  que,  sur  la 
minute  transcrite  ici,  on  n'avait  d'abord 
nommé  que  le  maréchal  de  Villars  ;  on  a 
corrigé  ainsi  après  coup  :  «  ...  les  maré- 
chaux de  Villars  et  de  Montesquiou...  » 

Le  marquis  de  Torcy,  écrit  le  même 
jour,  au  même  persor.nage  (i),  qui  était 
de  ses  amis  particuliers  (2)  : 

...  Je  crois  que  vous  aurez  achevé  votre 
ouvrage  (;)  plus  tôt  que  celui  da  la  paix  gé- 
nérale ne  sera  fini.  Quoique  l'Angleterre 
travaille  de  bonne  foi  à  la  terminer,  et  que 
l'entrée  des  troupes  de  cette  nation  dans 
Dunkerque  ait  achevé  de  lever  tous  les 
doutes  que  les  malintentionnés  voulaient  ins- 
pirer encore  sur  la  bonne  foi  de  la  France, 
quelques  avantages  pareils  à  celui  qu'on 
vient  d'avoir  en  Flandres  auraient  bien 
avancé  les  affaires. . . 

«  C'est,  écrit  plus  tard  M.  de  Torcy, 
la  levée  du  siège  de  Landrecies  «  qui 
«  achève  de  rendre  complet  ce  qui  s'est 
passé  en  Flandres  ».  (Torcy  à  du  Luc, 
Fontainebleau,  4  août  1712.  —  A.  E. 
Suisse,  CCXXXVI,  122). 


(1)  A.  E.  Sutsse,  CCXXXVI,  97. 

(2)  Le  comte  de  Luc  était  proche  parent  du 
marquis  de  Vins,  dont  la  femme,  née  Lad- 
vocat,  était  sœur  de  Mme  de  Pomponne, 
mère  de  Mme  de  Torcy. 

(î)  La  paix  entre  le»  Cantons  catholiques 
et  protestants. 


Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 


Imp.  DAMifci-CHAWBOh,  St-Amand-.Mont~Rr,nd 


LXVI*  Yolnmo  Paraistani  Its       lo,  ao  et   )o  de  tbaqué  mois 


10  Août  191S 


48»  Année 

Sf'.r.VIctor-Massé 
PAKIS  (IX*> 

Bureau   :  deS^Gbeurei 


QDiSQDB 


Chirchex  et 
vou$  troutftret 


N»  1336 

Sl^'.r.TIctor-MasB 
PARIS  (IX*) 

Bareaax:  de 3 à  Ghenret 


€  3nUtmibxaxxc 

DES   CHERCHEURS   ET   CURIEUX 

Fondé   en    1864 


QDESTIOÎSS     ET     RÉPONSES     LITTÉRAIRES,     HISTORIQUES,     SCIENTIFIQUES     ET    ARTISTIQUE 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 

138  


'37 

iVt)MS  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  di  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste.,  la  liste,  sanj  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


(KHucôtîons 


Quel  pouvait  être  le  nombre  des 
individus  emprisonnés  et  des  con- 
damnés à  la  peine  capitale  sous 
l'ancienne  monarchie  ? 

Quoi  1  l'ancien  Etat,  le  monstre  royal  assu- 
rait son  empire  en  emprisonnant  chaque 
année  quatre  cent  mille  hommes,  en  en  pen- 
dant quinze  mille,  en  en  rouant  trois  mille, 
et  la  République  hésiterait  encore  à  sacrifier 
quelques  centaines  de  têtes  à  sa  sûreté  et  à 
sa  puissance  !  Noyons-nous  dans  le  sang  et 
sauvons  la  patrie. 

Ainsi  parle  Evariste  Gamelin,  le  héros 
du  nouveau  roman  de  M.Anatole  France, 
les  Dieux  ont  soif  (p.  323),  Mais  sur 
quelles  données  l'auteur  se  base-t-il  pour 


établir  pareille  statistique  au  détriment 
de  l'ancien  régime.  Voilà  ce  qu'il  serait 
intéressant  de  savoir. 

Qjielque    savant   confrère    pourrait-il 
m'éclairer  à  ce  sujet .''  J.  W. 

Le  crâne  de  Richelieu  (T.  G.  772). 
—  Où  trouver  un  historique  exact  des 
vicissitudes  du  crâne  de  Richelieu? 

D"-  V. 

\L' Intermédiaire  s'en  est  occupé,  II, III, 
VIII  ;  mais,  depuis,  le  crâne  a  reçu  une  des- 
tination définitive]. 

L'âme  de  la  femme  au  concile  de 
Mâcon  (T.  G.  38).  —  A  de  nombreuses 
reprises,  V Intermédiaire  s'est  occupé  de 
cette  question.  Des  références  ont  été  pu- 
bliées :  notamment  Folybiblion,  mai  1886, 
p.  477.  Bévue  des  Questions  historiques, 
LVII,  p.  653,  (oct.  1869)  où  l'on  rappelle 
un  article  de  M.  l'abbé  Rambouillet,  dans 
l'Univers,  numéro  du  10  septembre  1869. 

La  Croix  (31  juillet  1912)  publie  cet 
écho: 

Le  20  juillet  dernier,  M.  du  Chaylard,  pré- 
fet du  Cher,  présidait  la  distribution  du  col- 
lège de  jeunes  filles  de  Bourges. 

Et  il  a  rappelé  en  termes  ridicules  la  fable 
suivant  laquelle  le  Concile  de  Mâcon  aurait 
discuté  si  les  femmes  avaient  une  âme. 

Le  Petit  Berrichon,  lui,  rappelle  la  vérité 
historique  sur  cet  incident  :  Hors  séance, 
quelques  évêques  s'entretenaient  de  questions 
littéraires  et  grammaticales.  Or,  l'un  d'entre 
eux  soutensit  que  le  mot  latin  homo  ne  pou- 
vait pas  désigner  les  femmes,  mais  seulement 
les  hommes.  Les  autres  lui  démontrèrent 
que,  parfois,  les  auteurs  employaient  ce 
terme  pour  désigner  même  une  femme.  Qui- 

LXV-  é 


N»  1336.  Vol.  LXVI 


L'INTSRMêDlAlRË 


139   - 


140 


conque  a  fait  un  peu  de  latin  dans  sa  vie  sait  1 
qu'il  en  est  ainsi.    Homo  en    latin  désigne  et 
l'homme  et  la  femme, comme  !e  mot  «  être  » 
et  celui  de  «    créature  »,  par  exemple,  s'ap- 
pliquent à  tous  deux. 

Ce  doit  être  exact.  Qu'il  nous  soit  per- 
mis de  demander  toutefois  un  texte  pré- 
cis. 

Où  est  le  texte  que  vise  M.  du  Chay- 
lard  ?  —  Nous  parlons  de  texte  et  non 
d'allusion  à  un  texte. 

Ce  texte  doit  être  indiscutable  —  et  là 
encore  on  ne  saurait  admettre  une  affir- 
mation sans  preuve,  sans  témoignage,  ce 
qui  revient  à  dire  :  quels  sont  les  écrits 
touchant  le  concile  de  Mâcon,  contempo- 
rains et  autheniiques. 

Car  il  faut  en  fmir  avec  cette  sempiter- 
nelle question  par  un  document  précis^ 
irréfutable. 

Il  serait  digne  de  \' InUi  médiairc  qui  a 
abordé  cette  question  pour  la  première 
fois,  en  1866^  de  dire,  si  c'est  possible,  le 
dernier  mot  qu'on  soupçonne:  c'est  que 
nous  sommes  là  en  présence  d'une  lé- 
gende colportée  par  l'esprit  de  parti. 

Le  duc  Albert  de  Broglie  et  «  La 
Révolution  »  de  Taine.  —  M.  Victor 
du  Bled  ditjdans  Le  Matin  du  26  juillet  : 

Je  répéterais  volontier.«  le  mot  du  duc  Al- 
bert de  Brogiie  sur  le  grand  ouvrage  d'Hip- 
polyte  Taine  :  «  M.  Taine  a  rassemblé  vingt 
mille  faits  contre  la  Révolution  française  ;  je^ 
pourrais  lui  en  oppos-r  autant  qui  la  réha- 
bilitent et  la  célèbrent  ». 

OÙ  et  quand  l'historien  ministre  du 
maréchal  de  Mac  Mahon  a-t-il  prononcé 
ou  écrit  ces  paroles  ?  P.  M. 

Tbiers  et  Gambetta:  un  prétendu 
mot  deThier->  sur  les  Alsaciens.  — 

Thiers  aurait  dit, en  présence  de  Gambetta 
et  de  Crém.ieux.à  Tours, en  prévoyant  l'is- 
sue de  cette  guerre  qu'il  avaittout  fait  pour 
éviter  et  les  exigences  d'un  vainqueur  : 
«  Les  Alsaciens  étant  allemands,  ils  rede- 
viendront allemands,  c'est  le  jeu  de  la 
guerre.  » 

Cette  conversation  aurait  été  racontée 
par  Gambetta  :  à  qui  ?  où  ^.  B.-H. 

Le  château  des  Coques,  —  L'Echo 
dePvisd\i  18  juillet  1912  contient  un 
très  intéressant  article  de  M .  le  baron  A. 
de  Maricourt  sur  l'enfance  de  Maurice  de 


Guéri  n.  Dans  cet  article,  il  est  fait  allu- 
sion à  sa  femme  Eugénie  de  Guérin,  qui 
a  été  châtelaine  des  Coques. 

Ayant  lu  avec  sympathie  les  écrits 
d'Eugénie  de  Guérin,  j'ai  eu  la  curiosité, 
il  y  a  douze  ans  environ,  de  visiter  le 
château  des  Coques,  situé  sur  une  colline 
qui  domine  la  ville  de  Fougues  (Nièvre). 
Le  château  situé  au  milieu  d'un  joli  bois, 
était  alors  dans  un  état  d'abandon  et  de 
délabrement  tout  à  fait  lamentable,  avec 
un  balcon  à  demi  arraché,  des  volets  ou- 
verts et  battants,  une  toiture  qui  semblait 
menacer  de  s'effondrer  bientôt,  comme 
celle  d'une  dépendance  voisine,  laquelle 
semblait  avoir  été  une  chapelle,  et  dont 
les  tuiles  en  débris  jonchaient  le  sol. 

A-t-il  été  porté  remède  à  ce  lugubre 
état  de  choses,  ou  l'ancien  séjour  d'Eugé- 
nie de  Guérin  a-t-il  achevé  de  se  démolir  ? 

V,  A.  T. 


Marquis  de  la  Carte.  —  Il  vient  de 
mourir  à  Milan  une  vieille  marquise  de  la 
Carte, qui  disait  n'avoir  jamais  connu  ses 
parents  et  qui  n'a  jamais  été  niaiice. 

Dans  son  Journal  à  Emigration,  le  comte 
d'Espinchal  raconte  qu'il  rencontra  à  Mi- 
lan, en  1 789,  un  marquis  de  la  Carte,  frère 
cadet  du  comte  de  la  Ferté-Jenneterre. 
Le  marquis  de  la  Carte,  qui  s'était  fait 
chevalier  de  Malte,  était  l'amant  d'une 
dame  de  Milan  et  l'ami  du  mari,  chez  le- 
quel il  vivait  comme  s'il  était  de  la  fa- 
mille. Pourrait-on  établir  une  relation  en- 
tre ces  deux  faits  ?  Jéroboam. 

Famille  de  Chaumout.  —  Vers  la 
fin  du  seizième  siècle,  Joachim  de  Chau- 
mont  fit  bâtir  le  château  de  Mornay, 
existant  de  nos  jours  sur  la  commune 
de  Saint  Pierre-de  l'Isle,  canton  de  Lou- 
lay,  Charente-Inférieure.  Le  château  passa 
à  Aimery  de  Chaumont  (fils  du  précé- 
dent), qui  le  vendit,  en  1633,  à  Isaac  de 
Ligoure,  trésorier  de  la  cavalerie  et 
grand  maître  enquêteur  et  informateur 
des  eaux  et  forêts  en  Poitou.  Un  confrère 
pourrait-il  me  donner  quelques  indica- 
tions sur  cette  famille  de  Chaumont,  ou, 
simplement,  me  faire  connaître  ses  ar- 
mes ?  >  C.  d'à. 

Diderot  et  Madame  Poland.  —  je 

lis  dans    les   Annales,  n"  1516,  page  24, 
colonne  3  ; 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


lo  Août  1913 


141 


142 


Lorsque  Diderot  écrit  à  Mme  Roland,  il 
lui  dit  en  post-:criptutn  :  «  Partout  oia  vous 
trouverez  des  blancs  dans  cette  lettre,  lisez 
que  je  vous  aime.  » 

Diderot  eit  né  en  17 13,  mort  en  1784. 
La  petite  Phlippon  est  née  en  1754,  morte 
en  1793-  Elle  a  épousé  Roland  en  1780. 

La  lettre  de  Diderot  date  donc,  au  plus 
tôt  de  1780;  à  cette  époque  Diderot  était 
déjà  chargé  de  67  automnes  ;  sa  déclara- 
tion d'amour,  à  cet  âge,  frise  le  ridicule. 
Je  demande  où  la  lettre  citée  par  les 
Atinales  a  été  publiée. 

P.  M. 

Comtes  et  comté  d'Harcourt.  — 

Dans  la  première  moitié  du  xve  siècle,  les 
comtés  d'Harcourt  et  d'x\umale  étaient 
entrés  dans  la  maison  de  Lorraine  par  le 
mariage  de  Théritière  de  la  branche  aînée 
d'Harcourt  avec  Antoine  de  Vaudemont. 

Or,  dans  le  cours  du  xvii«  siècle  —  et 
même  plus  tard  —  les  terres  d  Harcourt, 
de  Lillebonne,  d'Elbeuf,  etc..  étaient  en- 
core dans  une  branche  de  la  maison  de 
Lorraine. 

Il  en  résulterait  donc  que  dans  cet  in- 
tervalle, le  comié  d'Harcourt  était  resté 
constamment  en  la  possession  d'un  prince 
lorrain 

Cependant,  un  passage  des  Mémoires 
de  Saint-Simon  vient  contredire  cette 
opinion.  Il  dit  que  Catherine  de  Laval 
(fille  de  Gui  XVI  et  de  Charlotte  d'Ara^ 
gon)  épousa,  en  15 18,  Claude  de  Rieux, 
comte  d'Harcourt. 

Comme  on  ne  peut  guère  admettre  une 
erreur  dans  le  texte  du  passage  cité  ;  et 
que,  d'autre  part,  je  crois  que  René, 
marquis  d'Elbeuf,  avait  épousé  Marie  de 
Rieux,  comtesse  d'Harcourt.  je  suis  amené 
à  penser  que  le  comté  d'Harcourt  a  pu 
sortir  de  la  maison  de  Lorraine  et  y  ren- 
trer plus  tard,  d'abord  par  le  mariage 
d'une  Lorraine  avec  un  Rieux  et  ensuite 
d'une  Rieux  avec  un  prince  d'Elbeuf. 

Si  quelque  obligeant  confrère  voulait 
bien  me  renseigner  sur  cette  question,  je 
lui  en  serais  très  reconnaissant. 

O.  A.  T. 

Jean  de  Pleurre  et  son  manuscrit. 

—  Jean  de  Pleurre,  qui  vécut  dans  la  der- 
nière moitié  du  xiV  siècle,  avait  laissé  un 
manuscrit   contenant   des   poésies  de  lui 


avec  divers  extraits  d'autres  auteurs,  des 
proverbes,  etc.  Grosley  possédait  ce 
livre.  Qu'est-il  devenu?  L.  M. 

Rousseau  (Général  Guillaume - 
Charles).  —  Sur  ce  général  baptisé  à 
Mareil -en-Champagne,  en  1772,  je  de- 
mande les  références  biographiques,  hé- 
raldiques ou  autres.  L.  C' 

Les  papiers  de  Jean  Reynaud.  — 

Que  sont-ils  devenus  ^  V. 

Suffolk.  —  D'aimables  intermédiaî- 
ristes  peuvent-ils  m'apprendre  qui  était 
Marguerite  de  Suflfolk  qui,  vers  1543,  à 
Fontainebleau,  épousa  Sibeud  de  Brenieu, 
gentilhomme  Vivarois,  écuyer  de  la  reine 
EléonorePOn  la  dit  petite  fille  de  Richard 
Pool  et  de  Marguerite  d'Angleterre,  la 
dernière  des  Plantagenets,  décapitée  en 
1541.  Etait-elle  fille  de  Henri  de  Mon- 
tagu,  comment  portait-elle  le  nom  de  Suf- 
fo'k  et  comment  vint-elle  en  France  .? 

E. 

Villoteau  (André).  —  Sur  ce  mem- 
bre de  l'Institut,  je  demande  les  référen- 
ces bio-bibliographiques.  L.C. 

Armoiries  à  identifier  :  Deux  écus 
accolés.  —  1°  D'azur  au  chevton  d'or 
accompagne  de  trois  chiens  [ou  chats)  d'or 
assis, deux  en  chef,  le  premier  contourné^  et 
un  en  pointe  placé  de  front. 

2^  D^or  à  trois  chevaux  cabrés,  libres,  de 
gueules  2,  I. 

Couronne  de  marquis. 

Henry  Prior. 

Armoiries  à  identifier  :  chevron 
d'or  chargé  d'une  étoile.  —  D'azur 
au  chevron  d'or  chargé  d'une  étoile  de 
gueules  et  surmonté  d'un  lambel  de  trois 
pendants  également  de  gueules. 

Couronne  de  Comte. 

Henry  Prior. 

Fêta  des  Innocents.  —  Sur  cette 
fête,  si  en  honneur  dans  les  maîtrises  du 
moyen-âge  pourrait-on  avoir  quelques 
notes  bibliographiques  ou  même  certains 
détails  inédits  ^  L.  C. 


N«  1336.  Vol.   LXVI. 

143     

Un  discours  de  M.  Paul  Descha- 
nel.  Le  mot  de  Vauvenargues.  — 

Dans  la  séance  de  la  Chambre  des  Dé- 
putés, du  18  juin  1912,  M.  le  Président 
Paul  Deschanel,  prononçant  l'éloge  fu- 
nèbre de  M.  Georges  Laguerre,  député  de 
Vaucluse,  a  dit  : 

11  paraissait  une  illustration  vivante  du 
mot  de  Vauvenargues,  et  Renan,  dans  ses 
souvenirs  d'enfance  et  de  jeunesse,  crayon- 
nait sa  fuie  silhouette. 

Quel  peut  être  le  mot  de  Vauvenargues 
auquel  M.  Paul  Deschanel,  de  l'Académie 
française,  a  fait  allusion?  Les  mots  de 
Vauvenargues  sont  nombreux.  Le  plus 
Classique  et  le  plus  connu,  Lc\  grandes 
pensées  viennent  du  cœur,  ne  parait  pas, 
d'après  l'ensemble  du  discours,  trouver 
ici  son  application.        Philippe  Leroy. 

Vie  de  Grosley  par  M.  de  Les- 
cure.  —  M.  de  Lescure  préparait,  avant 
1870, une  K/«  «  enfin  complète»  de  P.-J. 
Grosley,  suivie  d'une  réimpression  de  ses 
œuvres  choisies.  II  est  mort  sans  avoir 
donné  suite  à  ce  projet.  A-t-il  laissé  des 
manuscrits  ?  Où  sont-ils?  L.  M. 

Voyage    à    l'île   de    Piques.    — 

Existe-t-il  une  relation  de  voyage  spéciale 
à  rile  de  Pâques,  et,  dans  l'affirmative,  où 
pourrait-on  se  la  procurer  ? 

Leclère. 

«  L'attentat  de  Versailles    ».   — 

Connait-on  l'auteur  de  L'attentat  de  Ver- 
sailles ou  la  Clémence  de  Louis  XVI,  tra- 
gédie —  à  Genève  et  se  trouve  à  Paris, 
1790  —  en  5  actes  et  en  vers  ? 

Pièce  satirique  et  politique  analogue  à 
celle  intitulée  La  Cour  plénicre. 

Bellechasse. 

Napoléon.  Les  officiers  et  fonc- 
tionnaires français  dans  l'Italie  du 
Nord..  —  Quels  sont  les  mémoires, 
correspondances,  récits  de  l'époque,  dans 
lesquels  se  trouvent  relatées  avec  le  plus 
de  détails,  le  plus  d'anecdotes,  les  im- 
pressions qu'ont  faites  sur  Napoléon  les 
officiers  et  fonctionnaires  français  pen- 
dant les  carripagnes  de  la  Révolution  et 
de  l'Empire  et  pendant  l'occupation  les 
villes  et  paysages,  monuments,  œuvres 
d'art  de  l'Italie  du  Nord  ?  M.  L. 


L'IN  FfiRMÉDlAlRB 


144 


J^En  raison  de  la  pluralité  des  sources, 
les  réponses  qui  nous  parviendront  pour- 
ront être  envoyéesdirectementà  l'auteur]. 


me 


Jaulzy,  étymologie.  —  Pourrait -on 
sur      l'étymologie     de 


renseigner 


«  jaulzy»,  petite  commune  du  canton  d'At- 
tichy(Oise)?  Leclère. 

Français  et  François  (T.  G,  361). 
— Tout  le  monde  sait  par  cœur  les  quatre 
derniers  vers  de  la  fable  de  La  Fontaine  : 
Le  Vieillard  et  Vâne  : 

Et  qu'importe  donc,  dit  l'âne,  à  qui  je  sois, 
Sauvez-vous  et  me  laissez  paître. 
Notre  ennemi,  c'est  notre  maître, 
je  vous  le  dis  en  bon  françois. 

Je  demande  à  plus  instruit  que  moi  sur 
ce  point,  comment  le  bon  La  Fontaine 
disant  sa  fable  à  .Yiadame  de  la  Sablière, 
devait  prononcer  le  dernier  mot. 

Le  prononçait-il  :  fran(fois  (ois)  comme 
c'était  écrit^  pour  rimer  avec  le  premier 
vers  du  dernier  quatrain  se  terminant  par 
sois,  ou  le  prononçait-il  :  français  (ais),  à 
notre  façon,  quoique  cela  ne  rimât  plus 
du  tout  ?  RusTicus. 

[T.  G.  veut  dire  Table  Générale,] 

Faire  le   Jacques.    —   D'où    vient 
cette  expression  *  taire  le  Jacques  »  ? 
Quels  auteurs  l'ont  employée? 

Malg. 

La  confrérie  des  Bourras.  —  De  la 

Liberté  qui  publie  les  souvenirs  d'il  y  a 
quarante  ans,  —  une  revue  bien  curieuse 
de  l'histoire  d'hier,  surtout  pour  ceux  qui 
l'ont  vécue. 

Sitbon  et  Toledano,  condamnés  à  mort 
pour  assassinat,  ont  été  exécutés  à  Marseille. 
.^l.  Roch  avait  dressé  deux  guillotines  l'une 
à  côté  de  l'autre,  afin  que  les  patients  soient 
exécutés  simultanément.  Aussitôt  les  corps 
des  suppliciés  jetés  dans  les  paniers,  la  con- 
frérie des  Bourras  est  venue  les  prendre 
pour  les  transporter  au  cimetière.  Les  mem- 
bres de  cette  confrérie  ont  fait  vœu  d'inhu- 
mer les  corps  des  suppliciés.  Ils  sont  au 
nombre  de  oo.  Ils  se  revêtent  de  robes  et  de 
capuchons  en  toile  d'emballage.  C'est  dans 
ce  costume  qu'ils  ont  escorté,  en  psalmo- 
diant, les  restes  des  suppliciés  jusqu'au  ci- 
metière. (Août  1879). 

Qu'était-ce    que   cette    confrérie    des 
Bourras  ? 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


lo  Août  191a 


145 


146 


Kép0n$e0 


Le  cor  ou  le  cornet  de   Roland 

(LXV,  783  ;  LXVl,  82;.  —  En  quoi  pour- 
rait bien  consister  «  l'authenticité  »  du 
cor  d'ivoire,  ou  olifant  (c'est  tout  un)  de 
Roland  ?  S'il  est  probablement  exact, 
comme  le  rapporte  Eginhard,  que  dans 
l'arrière-garde  deCharlemagne,  massacrée 
au  passage  des  Pyrénées  par  les  Wascons, 
se  trouvait  un  certain  «  Hruodlandus, 
Britannici  limitis  prjefectus  »,  nul  ne  peut 
savoir  si  ce  personnage  possédait  un  oli- 
fant ;  s'il  en  a  possédé  un,  il  n'y  a  au- 
cune raison  pour  que  personne  en  ait  fait 
une  relique  ;  l'olifant  de  Roland,  comme 
l'épée  de  Roland,  ne  sont  devenus  inté- 
ressants que  le  jour  où,  bien  plus  tard, 
s'est  constituée  la  légende  développée 
dans  la  Chanson  de  Roland  ;  de  même  que 
le  paladin  Roland,  neveu  de  Charlemagne, 
est  une  figure  purement  légendaire,  son 
olifant  et  son  épée  sont  des  objets  légen- 
daires aussi  ;  il  n'y  a  pas  plus  à  les  re- 
chercher que  le  bouclier  d'Achille. 

Ibère. 

Portraits  de  Louis  XVII  (LXVI.43). 
—  La  marquise  de  TholozanLareinty,  née 
Sabran,  a,  si  je  me  souviens  bien,  quan- 
tité de  portraits,  de  miniatures  du  Dau- 
phin, en  son  hôtel,  12,  rue  de  Beaune,  à 
Paris.  Peut-être  même  la  miniature  de 
Dumont  ?  Castor. 

Rue  de  la  Victoire  (LXVl,  46)). 

4  L'Administration  centrale  du  département 
considérant  qu'il  est  de  son  devoir  de  faire 
disparaître  tous  les  signes  de  royauté  qui 
peuvent  encore  se  trouver  dans  son  arrondis- 
sement, voulant  aussi  consacrer  le  triomphe 
des  armées  françaises  par  un  de  ces  monu- 
ments qui  rappellent  la  simplicité  des  mœurs 
antiques,  ouï  le  commissaire  du  Pou/oir 
exécutif,  arrête  que  la  rue  ChantereiTe  pren- 
dra le  nom  de  rue  de  la  Victoire.  »  (Séance 
du  8  nivôse  i,n  VI,  Registre  18,  p.  86), 

[Extrait  du,  Dictionnaire  des  frères  Lasate.) 
Quant  à  l'hôtel  habité  par  Bonaparte, 
M.  Gustave  Bord  a  publié  sur  son  his- 
toire, dans  le  Carnet  historique  du  comte 
Fleury,  un  article  très  documenté  ainsi 
que  les  écrit  toujours  notre  confrère  ; 
malheureusement  je  ne  me  rappelle  pas  la 
date  de  cette  publication  qui  doit  remon- 
ter à  dix  ou  douze  ans.  Nothing. 


Du  Dici.  administratif  et  historique  des 
rues  de  Paris  1844  :  Rue  de  la  Victoire.  — 
«  Vers  1680,  c'était  la  ruelletteaux  marais 
des  Porcherons.  En  1734,1a  ruellette  des  Pos- 
tes. Plus  tard, elle  prit  le  nom  de  rue  Chan- 
ter eine  » . 

Séance  du  8  nivôse  an  VI.  —  L'adminis- 
tration centrale  du  Département  considérant 
qu'il  est  de  son  devoir  de  faire  disparaître 
tous  les  signes  de  royauté  qui  peuvent  encore 
se  trouver  dans  son  arrondissement.  Voulant 
aussi  consacrer  le  triomphe  des  armées  fran- 
çaises par  un  de  ces  monuments  qui  rappel- 
lent la  simplicité  des  mœurs  antiques.  Ouï  le 
commissaire  du  Pouvoir  Exécutif,  arrête  que 
la  rue  Chantereine  prendra  le  nom  de  rue 
de  la  Victoire. 

(Registre  18,  page  86). 
«  En    1816,    elle  reprit   le  nom  de  rue 
Chantereine. 

Paris,  le  25  novembre  1833.  —  Monsieur 
le  préfet.  J'ai  pris  connaissance  de  la  lettre 
du  21  octobre  dernier,  par  laquelle  vous  pro- 
posez de  rendre  à  la  rue  Chantereine  le  nom 
de  rue  de  la  Victoire,  qu'elle  reçut  de  l'au- 
torité municipale,  à  l'époque  oià  Napoléon, 
général  en  chef  de  l'armée  d'Italie,  vint  ha- 
biter l'hôtel  qu'il  possédait  dans  cette  rue, 
lorsqu'il  apporta  au  Directoire  le  traité  de 
Campo-Formio.  Cette  dénomination,  qu'elle 
a  conservée  jusqu'en  1816.  était  un  hom- 
mage rendu  à  la  mémoire  d'un  grand 
homme,  et  je  ne  puis  qu'applaudir  à  la  pro- 
position que  vous  avez  faite  de  la  rétablir. 
Recevez,  etc..  Le  ministre  du  commerce  et 
des  travaux  publics  ;  signé  A.   1  hiers. 

«  L'hôtel  que  possédait  autrefois  le  géné- 
ral Bonaparte  se  trouve  aujourd'hui  com- 
pris (1844)  dans  le  magnifique  établisse- 
ment connu  sous  le  nom  de  Néothermes, 
et  portant  le  n°  48.  » 

P .  c.  c.  F.  Jacotot. 

* 
»  * 

Dans  Les  anciennes  maisons  de  Paris 
sous  Napoléon  III  par  l'historiographe  Le- 
feuvre  (Paris  1873)  il  est  longuement 
question  de  la  rue  de  la  Victoire.  Les  deux 
versions  données  par  V.  A  T.  dans  le 
dernier  n"  de  Y  Intermédiaire  s'y  retrou- 
vent, mais  page  380.  t.  11,  il  est  nette- 
ment indiqué  que  la  rue  de  la  Victoire 
doit  son  nom  aux  victoires  de  Bona- 
parte. 

Voici  les  passages  relatifs  au  nom  de 
cette  rue  : 

Un  couvent  de  la  Victoire  fut  fondé  près 
de  Senlis  en  raigon  de  la  bataille  de  Bouvines 


«•  i})6.  Vol.     LXV. 

147 

L'abbé  et  les    religieux  de   la    victoire, 

qui  étaient  de  l'ordre  de  St-Augustin,  eu- 
rent de  temps  iruméniorial  un  jardin,  un 
marais  et  un  vivier,  au-delà  de  l'égout  qui 
fut  établi  bien  après,  dans  ce  qui  devint  le 
quartier  de  la  Chaussée  d'Antin.  Cela  tenait 
peu  de  place  entre  la  ferme  des  Mathurins, 
les  Percherons  et  la  Grange-Batelière  ;  cela 
n'avait  même  pas  l'iniportance  du  lieu  qui 
était  dit  Chantereine  dans  la  même  circons- 
cription. Toutefois  on  les  disait  ensemble 
marais  Je  la  Victoire  lorsque  Jacob  Duval 
était  l'abbé,  c'est-à-dire  au  milieu  du  xvu* 
siècle.  . . 

puis  page  380  se  trouve  le  passage  sui- 
vant : 

Mais  la  maison  de  la  Victoiie  prend  part 
à  une  gloire  impérissable,  qui  fait  pâlir  l'an- 
cienne vogue  du  charlatan  (Caglioslro)  le 
plus  distingué  et  de  la  courtisane  ^Mlle  Der- 
vieux)  connue  par  l'élite  des  galants  de  son 
temps.  Le  cri  victorieux  qui  retentit,  man- 
tenant  encore,  à  tous  les  coins  oe  V ancienne 
rue  Chantereine  est  celui  Je  l'armée  d'Ita- 
lie à  Arcole  ;  mais  d  force  d'y  prêter 
l'oreille,  nous  diitinguons  l'écho  vieilli  de 
la  bataille  de  Bouvtnes,  qui  s'y  n,elc  sans 
détour. 

L'abbe  de  la  Victoire  avait  été  propriétaire 
du  terrain  sur  lequel  fût  bâti  l'hôtel  de  la 
Victoire,  dessiné  par  Ledoux  pour  Caritat, 
marquis  de.Condorcet.  La  veuve  de  Condorcet, 
sœur  du  maréchal  de  Grouchy,  vendit 
cette  propriété  à  Julie  Carreau,  qui  épousa 
Talma,  et  le  tragédien  illustre  y  eut  ses 
jours  de  fête,  y  reçut  les  Girondins,  Dumou- 
riez,  Bonaparte.  Joséphine  Beauharnais  en 
donna  180.C00  francs  et  y  devint  Mme  Bo- 
naparte. La  subititution  officielle  du  nom  de 
la  maison  à  celui  de  la  rue  eut  lieu  le  8 
nivôse  an  VI.  Le  général  en  chef  de  l'ar- 
mée d'Italie  n'avait  depuis  quatre  ans  que 
(■ette  résidence  en  ville... 

Suivent  les  renseignements  sur  l'hôtel 
de  la  Victoire  en  concordance  avec  ceux 
donnés  le  20  juillet  dernier  par  notre 
confrère  V.  A.  T. 

Paul  T. 

11  est  bien  certain  que  le  nom  de  Rue  de 
la  yicloire,  qui  remplaça  celui  de  rue 
Chantereine,  fut  donné  en  l'honneur  du 
général  Bonaparte,  lorsqu'il  revint  à  Paris, 
après  sa  glorieuse  campagne  d'Italie  et 
assisté  aux  négociations  de  Rastadt.  Bona- 
parte arriva,  à  son  hôtel  de  la  rue  Chan- 
tereine, le  15  décembre  1797.  H  voulut  se 
dérober,  mais  ce  lut  en  vain;  la  foule  se 
trouvait  partout  ou  il  allait,  et  partout 
elle  l'accueillait  avec  des  cris  d'enthou- 


LaNTBRMBDIAIRB 


148 


siasme.  Le  Directoire  ne  put  pas  refuser 
au  héros  les  honneurs  du  triomphe  et  on 
lui  fit  des  fêtes  solennelles. 

Dans  sa  séance  du  8  nivôse  an  VI  (2?  dé- 
cembre 1797),  l'administration  centrale  du 
Département  considérant  qu'il  est  de  son  de- 
voir de  faire  disparaître  tous  les  signes  de 
royauté  qui  peuvent  encore  se  trouver  dans 
son  arrondissement,  voulant  aussi  consacrer 
le  triomphe  des  aimées  françaises  par  un  de 
ces  monuments  qui  rappèlent  la  simplicité 
des  mœurs  antiques.  Ouï  le  Commissaire  du 
Pouvoir  Exécutif,  arrête  que  la  rue  Chante- 
reine prendra  le  nom  de  rue  de  la   Victoire. 

Puis,  on  lit  cet  avis  dans  Le  Moniteur 
du  9  janvier  1798  : 

RÉPUBLIQUE  Française 
Paris  19  nivôse  an  VI  (8  janvier  1798). 
Le  Département  de  la  Seine  a  arrêté,  le  9 
Nivôse,  que  la  rue  Chantereine,  dans  laquelle 
se  trouve  la  maison  du  vainqueur  de  l'Italie, 
sera  désormais  appelée  Rue  de  la  Victoire. 
Les  ordres  ont  été  donnés  pour  que  ce  chan- 
gement s'opérât  dans  ki»«nuit  du  10  au  li 
Nivôse  :  ainsi,  désormais,  l'adresse  de  Bona- 
parte sera  Rue  de  la  Vtcioire, 

En  18 16,  la  Restauration  substitua  le 
nom  de  rue  Chantereine  à  celui  de  La  Vic- 
toire. Mais,  sous  le  Gouvernement  de 
Louis  Philippe,  en  1833,  le  nom  de  rue 
de  La  Victoire  fut  rétabli. 

DÉSIRÉ  Lacroix. 

Santerre  et  la  mort  de  Louis  XVI 

(T.  G  .820  ;  LXV;  LXVl,  54.  —  Le  collabo- 
rateur F.  Àrverne  triomphe  un  peu  hâtive- 
ment. Sans  doute,  je  mesuistrompéquand, 
sur  la  foi  d'un  garant  que  je  et  oyais  sûr  — 
et  dont  l'indicaiion  a  été  imprimhe,  il  y  a 
près  de  30  ans,  sans  soulever,  à  l'époque, 
de  contradiction  —  j'ai  dit  que  Beaufran- 
chet  —que  j'appelais  «  sieur  »  à  la  suite 
d'un  historien,  et  en  reproduisant  un  texte 
de  l'époque  révolutionnaire  —  était  mort 
sous  la  Restauration,  puisque,  en  fait,  il 
décéda  à  Vichy  en  1812.  Qyant  à  la  con- 
fusion entre  le  village  et  le  château 
d'Ayat,  j'avoue  qu'elle  n'a  d'excuse  que 
mon  étourderie  et  je  suis  tout  à  fait  re- 
connaissant à  F.  Arvernc  de  l'avoir  re- 
dressée. Mais  enfin,  ces  bagatelles  sont 
sans  importance,  en  présence  du  «  maté- 
riel documentaire  »  que  j'ai  réuni  et  dont 
mon  contradicteur  se  gausse,  certes, 
précipitamment,  à  son  tour.  Ce  n'est  pas 
du  lieu  où  j'écris  cette  rectification  —  un 
village  perdu  de  Suisse  —  qu'il  me  serait 
possible  de  le  produire.  Qu'il  mesuffisede 


DES  caERCHBURS    ET  CUMBUX 


10  Août  191* 


Ï49  

noter  provisoirement  que  rargument  re- 
latif à  Santerre,  à  son  uniforme,  et  à 
l'abbé  Edgeworth,  par  lequel  F.  Arveine 
tente  d'incriminer  une  partie  de  mon  rai- 
sonnement, n'a  nullement  la  valeur 
qu'on  voudrait  lui  attribuer.  Dans  deux 
mois,  donc,  je  reviendrai  sur  cette  cu- 
rieuse énigme,  à  la  solution  de  laquelle 
j'ai  essayé  de  contribuer,  en  ranimant  un 
débat  qui  sommeillait — ,  par  l'introduction 
dun  facteur  relativement  nouveau  :  en 
l'espèce,  le  personnage  de  Beaufranchet  — 
et  je  reproduirai  le  témoignage,  tout  ré- 
cent, du  dernier  historien  de  Santerre, 
M  F.  Weber,  lequel  a  bien  voulu,  il  y 
quelques  jours,  m'envoyer,  avec  une  pré- 
cieuse lettre,  les  curieuses  études  qu'il  a 
publiées  sur  Santerre  et  sa  famille  dans 
un  périodique  malheureusement  inacces- 
sible mêmeauxérudits  le  mieux  informés: 
Le  Brasseur  Français.  ]q.  recommanderai, 
en  attendant,  à  F.  Arverne  de  ne  plus  con- 
fondre, comme  il  l'a  fait,  le  Collège  avec 
le  Lycée  d'Aurillac.  Je  ne  suis  pas  assez 
vieux  pour  avoir  professé  au  Collège  et 
c'est  au  Lycée  que  j'ai  débutédansl'ensei- 
gnement  il  y  a  lo  années.    C.  Pitollet. 

La  mort  deLannés  (LIX  ;  LXI  ;  LXllI). 
—  Dans  la  toujours  si  documentée  Chronique 
Médicale  du  D'  Cabanes,  le  D'  Max  Bil- 
lard publie,  sur  l'embaumement  de  Lannes, 
ce  document  inédit,  fort  intéressant  : 

Ministère 

de 
la  Guerre 

Bureau 

des 

Opérations  militaires 

Rapport  à  S.  M.  l'Empereur  et  Roi  (i). 
Du  14  mai,  an  1810. 
Sire, 
J'ai  eu  l'honneur  de  rendre  compte  à  Votre 
Majesté  que   les  corps  du  feu  duc  de  Monte- 
bello  et  du  général  Saint-Hilaire  étaient  arri- 
vés à  Strasbourg    sans    que    leur   embaume- 
ment,   commencé    à    l'armée  par  M.  Larrey, 
eût  été  entièrement  achevé. 

D'après  l'ordre  de  Votre  Majesté,  je  pris 
des  mesures  pour  que  cette  opération  fût  ter- 
minée ;  et  le  D^  Fortin,  pharmacien  de  la 
garde  impériale,  demeuré  à  Strasbourg,  pour 
la  conservation  de  ces  corps,  acheva  l'embau- 
m^ement  du  corps  du  feu  duc  de  Montebello, 
d'après  un  procédé  qui  lui  fut  indiqué  par 
M.  Larrey  lui-même. 

(•)  Arch.  Nat.  A.  F.   1108. 


150 


j'apprends  aujourd'hui  par  une  lettre  du 
maire  de  Strasbourg,  que  le  corps  du  duc  de 
Montebello,  déposé  dans  un  des  caveaux  de 
l'hôtel  de  ville,  avait  donné  des  signes  mani- 
festes de  putréfaction,  et  qu'il  était  menacé 
d'une  décomposition  totale. 

On  a  été  obligé,  en  conséquence,  de 
transporter  sur  le  champ  ces  restes  dans  un 
nouveau  cercueil  de  bois,  auquel  l'on  a 
ajouté  un  autre  en  plomb,  afin  de  prévenir, 
avec  le  danger  des  émanations,  une  dissolu- 
tion prochaine,  inévitable  par  une  longue  at- 
tente et  dans  la  saison  actuelle. 

Il  paraît  que  cet  accident  est  dû  à  la  tenta- 
tive cui  a  été  faite  d'embaumer  le  corps  du 
duc  de  Montebello,  suivant  un  procédé  nou- 
veau dont  l'effet  n'a  point  répondu  à  ce 
qu'on  s'en  était  promis;  car  le  corps  du  gé- 
néral de  Saint-Hilaire,  qui  a  été  embaumé 
d'après  les  anciens  procédés,  eit  dans  un  état 
parfait  de  conservation. 

Cet  état  de  choses  mettra  Votre  Majesté  à 
portée  de  décider  s'il  n'y  a  pas  lieu  de  re- 
noncer à  l'exécution  de  l'article  du  programme 
qui  ordonne  l'exposition  aux  Invalides,  pen- 
dant trois  jours,  du  corps  du  duc  de  Monte- 
bello... 

Le  ministre  de  la  guerre, 
Duc  DB  Feltre. 

Abbés  nuUius   (T.  G.    19;    XLV  ; 

LVIII  ;  LIX  ;  LXV  ;  LXVI,  70,108).  —  Je 
suis  bien  reconnaissant  à  M.  H.  de  L.  de 
m'avoir  signalé  un  lapsus  qui  m'a  échappé 
dans  l'article  consacré  à  cette  rubrique.  Il 
est  tellement  considérable  que  son  énor- 
mité  même  m'a  empêché  de  le  reconnaître 
à  la  lecture  des  épreuves.  Il  en  est  ainsi 
souvent  pour  les  auteurs  qui,  corrigeant 
avec  soin  les  petites  fautes  qui  leur  échap- 
pent, laissent  passer  sans  s'en  apercevoir 
de  ces  énormitésqui  déconcertent.  Ils  imi- 
tent sous  ce  point  de  vue  les  pharisiens 
dont  parle  Notre-Seigneur  (Math.  XXIII, 
34,  qui  enlèvent  avec  soin  le  moucheron  de 
la  coupe  où  ils  boivent,  mais  avalent  sans 
hésiter  le  chameau  excolantes  culicem, 
camelum  aiitetn  glutientes.  Mais  au  sujet 
de  Saint-Maurice  d'Agaune,  voici  un  dé- 
tail peu  connu  et  qui  complétera  sur  un 
point  le  peu  que  j'en  ai  dit. 

Grégoire  XVI,  par  le  bref  In. amplissimo 
apostolicae  dignitatis^  en  date  du  3  juillet 
1840,  unit  perpétuellement  l'évêché  de 
Bethléem  à  celte  abbaye,  en  telle  sorte 
que  l'abbé  étant  régulièrement  élu,  il 
était  par  là  même,  et  sans  autre  formalité, 
évèque  titulaire  de  Bethléem,  et  n'avait 
plus  qu'à  envoyer  à  Rome  ses  lettres  pa- 


N»  ijjô.  Vol.  LXM. 

151     

tentes  d'élection  pour  que  le  Saint-Siège 
lui  adressât  la  bulle  le  nommant  évêque  de 
Bethléem. 

Cette  nomination  passa  alors  sans  diffi- 
culté. Le  premier  évêque  fut  Mgr  Bagnoud, 
à  qui,  cinquante  ans  après,  succéda,  en 
i8tS(),  Mgr  Faccolai,  mort  lui-même  le  6 
avril  1909. 

Le  siège  de  Bethléem  avait  été,  après 
la  prise  de  Jérusalem,  transporté  à  Cla- 
mecy  et  y  était  resté  jusqu'à  la  Révolution 
française  qui  détruisit  cet  évèché  avec  les 
autres.  Quand  le  Concordat  de  1801  re- 
constitua l'église  de  France,  le  siège  de 
Bethléem  ne  fut  pas  relevé  en  France.  Cla- 
m  ecy  se  trouva  alors,  par  suite  du  Con- 
cordat, dans  les  limites  du  diocèse  de  Ne- 
vers,  et  en  1909,  après  la  mort  de  Mgr. 
Paccolat.cet  évèché  crut  le  moment  favo- 
rable pour  revendiquer  le  siège  de  Bethléem 
dont  il  voulait  s'unir  le  titre.  Il  le  réclama 
donc  par  un  mémoire  à  la  Consistoriale, 
se  basant  sur  une  possession  six  foissécu- 
laire,  découlant  du  fait  que  l'église  de 
Bethléem  a  Clamecy  se  trouvait  dans  les 
limites  du  diocèse  de  Nevers. 

Le  mémoire  envoyé  au  Saint-Siège  fut 
donné  en  communication  au  monastère  de 
Saint-Maurice  d'Agaune  pour  lui  deman- 
der de  faire  valoir  ses  raisons.  Il  ne  fut 
pas  difficile  à  ce  dernier  de  répondre. 
L'Eglise  de  Bethléem  resta  longtemps  en 
Palestine,  puis,  après  l'émigration  forcée 
de  ses  évêques,  elle  se  transporta  en  Oc- 
cident et  s'établit  a  Clamecy.  Clamecy 
était  bien  situé  dans  le  comte  de  Nevers, 
mais  se  trouvait  jusqu'à  la  Révolution 
dans  les  limites  du  diocèse  d'Auxerre.Non 
seulement  Nevers  n'avait  point,  comme 
diocèse,  les  six  siècles  de  possession  dont 
il  se  vantait,  mais  si  quelqu'un  pouvait 
prétendre  à  un  droit  quelconque,  c'était 
l'archevêque  de  Sens,  dont  le  diocèse  cin- 
brassait  celui  d'Auxerre,  dont  dépendit  le 
territoire  de  Clamecy. 

La  Consistoriale  débouta  donc  l'évéché 
de  Nevers  de  sa  demande,  et  par  bref  du 
24  juillet  «909,  Monseigneur  Abbet,  élu 
par  le  chapitre  de  Saint-Maurice  le  21 
avril  précédent,  était  nommé  évêque  titu- 
laire de  Bethléem.  D'  A.  B. 

L  Ermitage  (LXVI,  96).  —  M.  C.  de 
la  Benoîte  trouvera  tous  les  renseigne- 
ments nécessaires  sur  le  pavillon  de  l'Ermi- 
tage dans  l'ouvrage  suivant  :  «  Adimnis- 


L'INTERMEDIAIRE 


—      152 


tration  Générale  de  V Aisiitance  publique  à 
Paris,  les  grandes  fondations,  la  Fondaiion 
Debrousse,  (1892-1908^  »,  à  Paris  chez 
Berger-Levrault,  1908.  (S'il  peut  venir 
me  trouver  à  mon  cabinet.  3,  avenue 
Victoria,  j'aurai  le  plaisir  de  lui  en  faire 
remettre  un  exemplaire). 

Gaston  Grillet. 

Château  de  Séverac  :  (Aveyron) 

(LXVI,  4,  107).  —  Voir  la  Notice  parue 
dans  le  premier  volume  des  Documents 
Historiques  et  Généalogiques  du  Rouer gue 
par  H.  de  Barrau,dont  la  dernière  édition 
est,  me  dit-on,  épuisée. 

Probablement  édiiée  à  Rodez,  on  ne  me 
fixe  pas  sur  ce  point.  D.  V/eber. 

Seigneurie  des  Préaux  (LXVI,  48). 
—  Bothéon  ou  mieux  Bouthéon,  com- 
mune du  canton  de  Saint-Galmier  (Loire). 

Grandpré, chef-lieu  de  canton  del'arron- 
dissement  de  Vouziers-t'Ardennes). 

Les  Préaux,  commune  du  canton  de 
Satillien  (Ardèche).  Madel. 


«  * 


je  ne  puis  répondre  qu'à  un  point  de 
cette  question,  celle  qui  concerne  Grand- 
pré.  Grandpré  avait,  dès  le  ix*  siècle,  le 
titre  de  comté.  C'était  une  des  7  comtés- 
paieries  de  Champagne. 

En  1488,  Isabeaud'Halluin  porta  Grand- 
pré à  la  maison  de  joyeuse.  En  1741,  ce 
comté  passa  du  marquis  d'Hocqueville 
par  son  mana^^e  avec  Honorée  de  joyeuse. 

Grandpré,  arrondissement  de  Vouziers 

(Ardennes). 

Marie  Husson. 

La  reconstitution  des  actes  de 
l'état  civil  (LXVI,  51J.  —  M.  Gustave 
Bord,  dans  sa  question  sur  la  reconstitu- 
tion de  létal  civil  parisien, travaille  à  sirii- 
plificr  la  besogne  des  généalogistes.  Mais 
il  est  une  autre  lacune  bien  plus  graveque 
celle  des  Archives  parisiennes  et  départe- 
mentales de  lEtat  civil,  c'est  celle  des  re- 
i;islres  des  Colonies  françaises  remontant 
a  la  2''  partie  du  xviiie  siècle,  et  à  la  i'" 
moitié  du  XIX"  siècle,  tenus  par  les  curés, 
missionnaires  ou  desservants,  dans  nos 
diverses  possessions  d'outre  mer.  L'accès 
en  est  même  défendu  aux  historiens  cons- 
ciencieux, ce  qui  est  naturel,  beaucoup  de 
précautions  devant  entourer  les  naissances 
plusou  moins  légititnes  des  mulâtres.  Tous 


DBS  CHERCHEURS   ET  CURIEUX 


10  Août  191 3 


I"?} 


154 


les  registres  de  paroisses  sont  conserves 
au  Ministère  des  Colonies  et  confiés  à  un 
ancien  gardien  c'e  bureau,  devenu  em- 
ployé de  l'Etat  civil  colonial,  d'une  ins- 
truction limitée,  d'une  complai.'^ance  très 
inégale,  suivant  le  client.  Le  Ministre  des 
Colonies  ignore  sans  doute  que  ce  dépôt 
sacré  est  livré  au  tact,  à  la  délicatesse 
professionnelle  d'un  subalterne  qui  a  dé- 
passé làge  de  la  retraite,  alors  qu'il  fau- 
drait avant  tout  faire  répertorier  ces 
nombreux  registres,  au  moins  aussi  di- 
gnes d'être  vérifiés  par  un  Archiviste  pa- 
léographe, que  ceux  de  l'ex-direction  des 
Cultes.  Il  y  a  là  un  danger  à  conjurer,  et 
une  source  de  documents  à  mettre  en 
saine  lumière,  un  dépôt  à  confier  à  un 
agent  soucieux  de  ses  droits  et  de  ses  de- 
voirs. 

Cyprien  de  la  Guadeloupe. 

Damiens  T.  G.  2:;8;  fLXIII,  LXIV). 
—  On  prétend  quelquefois  retrouver  un 
descendant  du  régicide  dans  un  de  nos 
plus  sympathiques  parisiens,  M,  Charles 
Fortin.  La  biographie  suivante  qui  a  été 
publiée  dans  le  Bulletin  des  Parisiens  de 
Paris  éclaire  cette  question  en  même  temps 
qu'elle  trace  un  curieux  croquis  d'une 
famille  de  la  bonne  bourgeoisie  parisienne. 

Un  sieur  Damiens,  qui  était  à  Versailles, 
pâtissier  à  la  bouche  du  Roi,  épousa  une 
demoiselle  Fortin  de  cette  ville,  et  crut  bien 
faire,  en  1757,  après  l'attentat  commis  par 
son  homonyme  sur  la  personne  de  Louis  XV, 
de  changer  son  nom,  en  prenant  celui  de  sa 
femme. 

Son  fils,  et  successeur,  eut,  en  1780,  un 
garçon,  Charles-François  Damiens,  dit  For- 
tin, qu'il  plaça,  en  1792,  comme  apprenti  à 
Paris,  chez  des  papetiers  de  la  rue  Saint- 
Nicaise.  lesquels  acceptèrent  «  de  nourrir, 
loger,  chauffer  et  blanchir  le  gamin  pendant 
l'espace  de  trois  années,  et  de  lui  apprendre 
l'état  et  le  commerce  de  la  papeterie,  pro- 
mettant de  donner  tous  leurs  soins  nécessai- 
res pour  y  parvenir,  le  tout  pour  prix  et 
somme  de  quatre  cents  livres  ». 

Le  petit  papetier  était  devenu  un  gaillard 
de  im,09  de  taille,  lorsque  la  patrie  en  dan- 
ger appela  tous  ses  enfants  à  la  défense  de  la 
frontière.  Charles-François  fait  campagne, 
en  Allemagne,  dans  l'armée  de  Moreau,  se 
bat  à  Hohenlinden,  marche  sur  Vienne,  tient 
scrupuleusement  compte  sur  un  carnet  — 
encore  existant  —  de  ses  actes,  déplacements 
et  combats  quotidiens,  et  ne  rentre  en  France 
que  réformé,  après  la  paix  de  Lunéville(i8oi). 

Il  se  marie   alors   avec  une   fil4e   d'un   ex- 


carrossier de  Louis  XVI,  Quesnel,  qui  avait 
deux  autres  filles  mariées,  l'une  au  charron 
de  la  berline  dans  laquelle  Louis  XVI  fut  ar- 
rêté à  Varennes,  l'autre  au  sellier  royal  qui 
travailla  pour  les  trois  frères  rois,  Louis  XVI, 
Louis  XVIIl  et  Charles  X,  et  fut  pourtant  in- 
quiété lors  de  l'assassinat  du  duc  de  Berry, 
parce  qu'il  avait  occupé  Louve!  comme  ou- 
vrier. 

Une  fois  marié,  Fortin-Quesnel  fonda,  en 
1802,  rue  Helvétius,  —  aujourd'hui  rue 
Sainte-Anne,  —  un  petit  magasin  de  papete- 
rie, au-dessus  duquel  ce  géant  logeait  dans 
un  entresol  de  2m, 10  de  hauteur.  Il  faut 
croire  qu'il  ne  s'y  trouva  pas  mal  à  l'aise, 
car  il  y  eut  et  y  éleva  onze  enfants.  L'aîné, 
Charles,  succéda  a  son  père  dans  sa  maison 
de  commerce,  en  1S36.  Marié  à  une  pari- 
sienne, il  eut,  au  48  de  la  rue  Sainte-Anne, 
le  23  septembre  1838,  un  fils  Charles  Fortin. 

Comte  de  Bellevue  (LXVI,  46).  — 
11  s'igit  de  M.  Saturnin  Charrier  de  Belle- 
vue,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Bel- 
levue, commandant  en  retraite,  mort  à 
Nice  en  1874.  ^  ^  âge  de  86  ans.  Il  avait 
adopté  M.  Désiré-Ernest  Lebeau,  qui,  de- 
puis, fut  connu  sous  le  nom  de  comte 
de  Bellevue  et  épousa,  en  juin  1876, 
Mlle  Chanu. 

La   famille 
tant  Saint-Dc .-.;.  ^^. 
vrier  1786  (Vo\v  t^ 
le    Dictionna  -  -     . 
tome  X,  pag(.;  )v^.. 


le  Bellevue,  habi- 

ut  anoblie  en   fé- 

uveau  d\Ho:(ier  et 

imilles  françaises, 

Madel. 


Dans  ma  c 

saillaises,  je  \ 


Eugène  cl©  (kjlil^-rd  (LXVI,  47).  — 
Il  a  laissé  un  fils  msi^ié,  n'ayant  que  des 
filles,  qui  hé  bit*  à  "oulouse,  3,  Jardin 
Royal.  S'adrf:?",  '  ai  pour  plus  amples 
renseignemei  Bellechasse. 

« 

1  de   notabilités  ver- 
sur  M.  de  Goulard  : 

1°  Son  portrait  extrait  d'un  Journal 
illustré  ; 

2"  un  état  détaillé  des  fonctions  aux- 
quelles il  a  été  appelé  ; 

3°  une  petite  lettre  autographe  de  lui, 
datée  de  i8so,  sans  grand  intérêt; 

4**  plusieurs  lettres  beaucoup  plus  lon- 
gues et  plus  intéressantes  de  son  père, ad- 
ministrateur des  Domaines  à  Versailles; 

5°  une  Notice  biographique  satirique 
assez  amusante  publiée  par  le  Trombinos- 
cope en  1873. 

J'ignore  si  M.  de  Goulard  a  laissé  des 
descendants.  P.   F. 


N«  1336.  ¥•!.   LXVI. 
155  

(J'ai  deux  exemplaires  de  la  Notice  du 
Trombinoscope  et  puis  en  mettre  un  à  la 
disposition  de  notre  collègue.) 

* 
•  » 

Pour  Eugène  de  Goulard,  voirie Dictton- 
nairs  des  Parlementaires,  qui  est  à  la  dis- 
position du  public  dans  la  sall'^  de  Lec- 
ture de  la  Bibliothèque  Nationale.  Puis  on 
pourrait  continuer  les  recherches  au 
Bureau  d'enregistrement  de  la  ville  où 
il  mourut,  et,  avec  la  date  de  son  décès, 
chercher  dans  les  six  mois  qui  suivent, 
le  nom  de  ceux  qui  acquittèrent  les  droits 
de  succession,  enfin  écrire  à  l'archiviste- 
départemental  de  Tarbes.  Moyens  élémen- 
taires et  pratiques. 

Crost. 

Les  mémoires  de  Kuss  LXVI,  95), 
—  On  a  imprimé  Russ  pour  Kuss. 

Oberkampf  et  la  fabrique  de 
Jouy  (LXIV  ;  LXV).  —  Le  D'  Forrer  de 
Strasbourg  a  publié  des  détails  sur  la  fa- 
brique d'Oberkampf  et  sur  ses  toiles  de 
Jouy  dans  son  ouvrage  sur  Les  Tissus  im- 
primés du  moyen  âge,  de  la  Renaissance 
etc..  et  y  a  reproduit  plusieurs  planches 
avec  reproduction  de  toiles  imprimées 
par  Oberkampf.  Entre  autres  le  fragment 
d'une  toile  avec  vue  de  la  fabrique 
d'Oberkampf  et  des  ouvriers  de  la  fabri- 
que travaillant  à  la  presse,  aux  rou- 
leaux, à  l'eau  etc.  etc..  Le  titre  de  cet  ou- 
vrage écrit  en  allemand  est  «  R.  Forrer, 
Die  Kunst  des  Zeugdrucks  vom  Mittel 
alter  bis  rùr  Empirezeit.  Strasbourg  1898, 
avec  81  planches  et  beaucoup  de  clichés 
dans  lé  texte  >. 

Philibert  de  Chalon,  Prince  d'O- 

rangefLXViLXVi. 63).  — Frédéric-Henri 
de  Nassau  1584-1647,  épousa  Amélie  de 
Solms,  et  non  Marie  d'Angleterre, fille  de 
Charles  I,  qui  devint  sa  belle-fille  en 
épousant  son  fils  le  Stadhouder  Guillaume 
11.  Celui-ci  mourut  le  6  novembre  lôso, 
huit  jours  avant  la  naissance  de  son  en- 
fant unique  qui  devint  plus  tard  Guillau- 
me ni,  Stathouder  et  roi  d'Angleterre  et 
mari  de  Marie,  fille  de  Jacques  IL 

Frédéric  (iuillaume,  électeur  de  Bran- 
denbourg  1640- 1688,  épousa  Louise  Hen- 
riette de  Nassau,  fille  de  Frédéric-Henri  et 
par  conséquent  la  tante  et  non  la  sœur 
de  Guillaume  in.  ce  ne  fut  pas  lui,  mais 


L'INTERMEDIAIRE 


156 


son   fils  Frédéric,   qui    se    fit  couronner 
comme  roi  de  Prusse  en  1701. 

F.  KocH,  J^ 

Randon  de  Pommery,  etc.  (LXVI, 
5).  —  On  trouve  dans  le  volume  des  Mé- 
moires de  Laurette  de  Malboissière,  qui 
était  fille  d'un  Randon  issu  de  Jean  An- 
toine Randon  d'Anduze,  une  généalogie 
de  cette  famille  Randon.  Je  n'ai  relevé  dans 
mes  notes  qu'un  Randon  de  Pommery, 
cousin  du  père  de  Laurette.  Le  vrai  nom 
de  celle-ci  était  Geneviève-Françoise  Ran- 
don de  Malboissière.  V  Jlrmorial  de  Du- 
buisson  donne  les  armes  de  Randon  de 
Bosselle  qui  est  peut-être  Randon  de  Bois- 
set.  Ce  sont  les  mêmes  que  celles  de  Ran- 
don de  Massane  d'Hanneucourt. 

E.  Grave. 
*  * 

Les  excellents  manuscritsgénéalogiqucs 
du  ducde  Caraman.surles'familles  de  Fer- 
miers généraux, donnent  une  filiation  cons- 
ciencieuse des  diverses  branches  des  Ran- 
don. L'auteur  n'a  pu  souderentre  eux  tous 
cesrameaux.il  débute  par  cette  remarque  : 
«  Cette  famille  protestante,  originaire 
d'Anduze  en  Languedoc,  tire  sa  noblesse 
de  Toffice  de  secrétaire  du  roi,  et  de  la 
charge  de  capiloul  de  Toulouse.  Ce  que 
l'on  trouve  est  si  confus  et  souvent  si 
contradictoire  que  malgré  tout  le  soin 
avec  lequel  elle  a  été  relevée,  on  ne  peut 
donner  que  sous  réserve  la  filiation  ».  Le 
manuscrit  Carainan  se  trouve  à  la  Biblio- 
thèque nationale  ,  salle  des  manuscrits 
cotéainsi  :  Français, Nouvellesacquisitions, 
20533.  534,  535i  5  vol.  in-f«.       Jehan. 

Ulysse  Pic  (LXIV  ;  LXV,  376) .  — 
Merci  aux  collaborateurs  qui,  si  aimable- 
ment, ont  répondu  à  ma  question.  N'ayant 
point  à  ma  disposition  les  Confidences 
d'un  journaliste  de  Maxime  Rude,  serait-il 
indiscret  que  de  demander  communication 
des  deux  pages  consacrées  à  Ulysse  Pic  ? 
D'après  les  lettres  que  je  possède,  il  dut 
être  rédacteur  au  Mans,  (/'(y««o»r>  ;  àLyon 
{le  Rhonc)  ;  à  Nevers,  à  Nice  [Le  Messa- 
ger) ;  à  Dijon  {Moniteur  de  la  Côie-d'Or). 
Malheureusement,  pour  ces  divers  stages, 
je  n'ai  aucune  date  précise,  et  serais  bien 
heureux  que  quelque  intermcdiairiste  des 
pays  que  traversa  ce  journaliste  errant, 
m'en  indiquât.  L.  C. 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10   Août  191a 


157 


is8 


DelaSudrie(LXV;  LXVI,66).— Une 
famille  De  la  Sudrie  demeurait,  il  y  a  quel- 
ques années,  à  Bourg-la-Reine,  avenue 
Victor-Hugo,  n°  32.  On  m'assure  qu'elle 
habite  encore  Bourg-la-Reine.  j'ignore 
son  adresse  actuelle.  F.  A. 


* 
*  * 


Voici  une  généalogie  succincte  de  la 
famille  de  la  Sudrie,  originaire  du  Limou- 
sin : 

I.  N...  de  la  Sudrie,  né  vers  1480,  eut  : 
1*  Jacques,  qui  suit  ;  a"  Junien,  vivant  en 
1570. 

II.  Jacques,  marié  vers  i>40,  à  Catherine 
Viiscent  dont  : 

III.  Jehan,  marié  le  23  décembre  1570  à 
Jehanne  Meauldre  de  la  Pouyade,  dont  ; 

IV.  Barthélémy,  marié  vers  1600  à  Marie 
Babaud,  dont  :  i''  Barthélémy,  qui  suit;  2° 
Jehan,  né  en  1602  ;  30  François,  chevau-Ié- 
ger  de  la  garde  du  roi  ;  4" Jehanne. 

V.  Barthélémy,  écuyer,  seigneur  de  Puy- 
richird,  conseiller  du  roi  et  trésorier  de 
France,  né  en  1604,  marié  le  16  mai  1658,  à 
Marguerite  Barbar)n  de  Fonteyroux,  dont  ; 
Joachim,  qui  suit  ;  2"  Jacques,  écuyer,  sei- 
gneur de  Gamory,  trésorier  de  France  ;  3° 
Marie,  religieuse  de  Ste-Claire  ;  4"  François, 
écuyer,  seigneur  de  la  Paye,  lieutenant  au 
régiment  de  Varennes,  né  en  1642,  mort  à  la 
guerre  en  avril  1689  ;  5"  Pierre,  écuyer,  sei- 
gneur du  Chambon,  mousquetaire  ;  6"  Jean, 
capitaine  au  régiment  du  roi  ;  7"  Ma- 
deleine, mariée  en  1664  à  Jean  Gourdin  ; 
8°  Martial  ;  90  Marie  ;  lo»  Elisabeth  ;  ii» 
Barthélémy,  auteur  de  la  branche  de  Puyri- 
chard  ci-après  ;  12°  Françoise,  mariée  à  Fran- 
çois Martin  de  Bourgon  ;  13*  Jean. 

Branche  de  Ga  uory 

VI.  Joachim,  écuyer,  seigneur  de  Chasse- 
neix,  chevau-léger  de  ia  garde  du  roi,  marié 
le  22  mars  1691  avec  Anne  du  Boys,  dont  : 
i»  Jacques,  qui  suit  ;  2'^  Marie-Anne,  mariée 
en  171 1  à  Jean  de  Cambourg.  écuyer,  sei- 
gneur de  la  Cour  de  Genouillé  ;  3"  Fran- 
çoise, née  en  1693  -,  4°  Barthélémy,  écuyer, 
capitaine  des  grenadiers  au  régiment  de 
Bourgogne,  chevalier  de  Saint-Louis. 

VU.  Jacques,  chevalier,  seigneur  de  Ga- 
mory, conseiller  du  roi.  marié  le  15  mai 
1711  à  Jeanne  Forgerie,  dont  :  1"  Clément, 
qui  suit  ;  2°  Barthélémy,  né  en  1716  ;  30 
Anne-Thérèse,  mariée  à  Martial  de  la  Sudrie 
(branche  de  Puyrichard)  ;  4»  Jean,  écuyer, 
seigneur  du  Chambon,  capitaine  des  grena- 
diers au  régiment  de  Bourgogne,  chevalier 
de  Saint-Louis. 

Vlll.  Clément,  écuyer,  capitaine  au  régi- 
ment de  Bourgogne,  chevalier  de  Saint-Louis, 
trésorier  de  France  et  pensionnaire  du  roi, 
né  en  1715,  marié  en  1748  à   Suzanne  Mou- 


linier  de  Puydieu,  dont  :  i*  Jacques,  qui 
suit  ;  2*  Barthélémy,  seigneur  du  Masrocher, 
otficier  au  régiment  de  Lyoïinois  ;  3°  Su- 
zanne, mariée  en  1773  à  Paul  de  Rousiers, 
chevalier,  seigneur  du  Rhus  ;  4*  Marie,  ma- 
riée en  1773  à  Etienne  Gallicher  de  Veau- 
goulours. 

IX.  Jacques,  écuyer,  officier  au  régiment 
de  Lyonnois,  émigré,  marié  le  9  août  1770  à 
M.irie-Anne  de  la  Sudrie  (branche  de  Puy- 
richard),  dont  i<»  Clément,  marié  le  13  Flo- 
rial  an  Xlll  à  Marcelline  de?  Marais,  dont  :  a) 
Clémence,  mariée  à  Joseph  Périgord  de  Vil- 
lecheno.i  ;  b)  Louise  mariée  à  N...  de  Bon- 
negens  ,  2°  Martial,  officier  au  régiment  de 
Royal-Etranger,  marié  en  1802  à  Marie  de 
Labrouhe  de  Vareilles,  dont  :  a)  Caroline, 
mariée  avec  Alfred  de  Mascureau  ;  b)  Louise, 
mariée  à  Frédéric  de  Mascureau. 
Branche  de  Puyrichard 

VI.  Barthélémy,  écuyer,  seigneur  de  Puy- 
richard, trésorier  de  France,  épousa,  le  29 
avril  1705,  Anne-Marie  Morcl  de  Fromenthal, 
dont  :  i"  Martial,  qui  suit  ;  2"  Barthélémy, 
écuyer,  seigneur  de  la  Paye,  capitaine  du  ré- 
giment de  Bourgogne,  chevalier  de  Saint- 
Louis  ;  3°  Magdelaine,  mariée  à  Jean  The- 
venin  de  Ginéty. 

Vil.  Martial,  écuyer,  seigneur  de  Puyri- 
chard, né  en  17  13, marié  le  2  mars  1742, avec 
Anne-Thérèse  de  la  Sudrie  de  Gamory,  sa 
nièce  à  la  mode  de  Bretagne,  dont  ;  Marie- 
Anne,  mariée  en  1770,3  son  cousin  Jacques 
de  la  Sudrie  de  Gamory  et  morte  sur  l'écha- 
faud  révolutionnaire  en  1794. 

QU/ERENS. 

OÙ  est  enterré  le  maréchal  de 
Villars(LXVI,  42).  — On  ne  répond  tou- 
jours pas  à  cette  question  :  serait-elle  donc 
insoluble  ?  Quoi,  on  ignore  où  sont  les 
restes  du  vainqueur  de  Denain  ! 

L'Echo  de  Paris  publie  sur  ses  descen- 
dants cette  note  : 

Le  maréchal  Louis-Hector  de  Villars,  de 
la  branche  cadette  des  Villars  de  la  Chapelle, 
mort  en  1734,  n'avait  eu  de  son  mariage 
avec  Angélique-Jeanne  Roque  de  Varenge- 
ville  que  deux  enfants,  deux  fils  :  le  cadet, 
Louis,  mourut  en  1704,  âgé  de  quelques 
mois  ;  l'aîné,  Honoré-Armand,  né  en  1702, 
épousa  en  1721  Amable-Gabrielle  de  Noailles 
dont  il  n'eut  qu'un  seul  enfant,  une  fille, 
Amable-Angélique  Celle-ci,  née  en  1723,  fut 
mariée  à  Gui-Félix  Pignatelli  d'Egmont  dont 
elle  n'eut  pas, d'enfants.  Après  la  mort  de  son 
époux,  elle  se  fît  religieuse  du  Calvaire,  près 
Luxembourg.  Ainsi,  finit  la  descendance  du 
maréchal  de  Villars. 

II  existe  aujourd'hui  des  parents  ou  des 
alliés  du  maréchal,  —  M.  le  marquis  de  Vo- 


N«  1336    Vol.  LXVI 


L'INTBRMBDIAIRP 


15Q 


160 


giié,  croyons-nous,    —  mais  plus  de  descen- 
dants. 

Armes  à  déterminer  :  Trois  fas- 
ces  échiquetées  (LXVI,  49).  —  Ces 
armes  sonl  celles  de  Pierre  de  Cambout, 
cardinal  de  Coislin,  né  à  Paris  en  1636, 
mort  le  ^  février  1706.  —  Pour  plus  am- 
ples détails,  V.  Guigard,  Armoriai  du  Bi- 
bliophile, t.  I,  p.  261,  et  l'abbé  Migne  : 
Dictionnaire  des  Cardinaux. 

NlSIAR. 

*  * 

La  famille  du  Camboust  de  Coislin 
portait  :  de  oueu/es  a  trois  faues  échiquetées 
d'argent  et  d'azur. 

Il  semblerait  bien  qu'il  pût  s'agir  d'elle, 
mais  si  le  collaborateur,  qui  signe  XX,  ne 
se  trompe  pas  en  disant  que  le  prélat  qui 
portait  trois  fasces  échiquetées  vivait  sous 
la  Régence,  je  ne  vois  pas  à  qui  cet  écus- 
son  surmonté  du  chapeau  cardinalesque, 
pourrait  s'appliquer.  En  effet,  Pierre  du 
Cambout,  cardinal  de  Coislin,  évêque 
d'Orléans  (juin  \66^]  bien  jeune  puisqu'il 
était  né  en  1636),  honoré  de  la  pourpre 
cardinalice  en  juin  1697,  Grand-Aumo- 
nier  de  France  en  1700,  décéda  le  5  fé- 
vrier 1706,  donc  avant  Louis  XIV. 

Le  cardinal  eut  bien  un  neveu,  Henri 
Charles  du  C.  de  C,  évêque  de  Metz  en 
1697,  mort  en  1732,  et  un  cousin,  Guil- 
laume du  C.  Beçay,  é\êque  de  Tarbcs  en 
1719  :  mais  bien  que  les  évêques  prissent 
souvent  le  chapeau  à  10  glands  des  ar- 
chevêques et  ceux  ci  timbrassent  leur 
écu  d'un  à  15  glands  (5  rangées),  il  n'est 
pas  vraisemblable  qu'un  évêque  de  Metz 
ou  de  Tarbes  ait  pris  les  15  glands.  Ou 
bien  il  s'agit  du  cardinal  de  Coislin,  et 
alors  l'empreinte  citée  est  antérieure  à  la 
Régence,  ou  bien  d'un  cardinal  apparte- 
nant à  une  famille  différente. 

Comte  DE  St-Saud. 

Ce  prélat  de  la  Régence  ne  peut  être 
que  Henry  Charles  du  Cambout,  duc 
de  Coislin,  évêque  de  Metz,  pair  de 
France,  etc.,  né  à  Paris,  le  15  sep- 
tembre 1664,  mort  dans  la  même 
ville  le  28  novembre  1732.  Son  oncle, 
Pierre  du  Cambout  de  Coislin,  évêque 
d'Orléans,  était  mort  le  ^  février  1706. 
Armes  :  De  gueules  à  trois  farces  échique- 
tées d'oigrnt  et  d'azur  de  deux  traits. 

P.   LE  J. 


La  famille  de  Cambourg  en  Bretagne 
porte  :  de  gueules  à  trois  fa scei  échiquetées 
d'azur  et  d'argent  de  deux  TircS 

L.    DE    C. 

Armes  à  déterminer  :  de  gueules 
au  sautoir  d'or  (LXVI).  —  Rietstap 
donne  34  familles  portant  ces  armes.  Il 
semble  difficile  de  se  décider  pour  l'une  ou 
l'autre  en  l'absence  d'autres  indications. 

NlSlAR. 

Armoiries  à  déterminer  :  à  3  têtes 
de  lion  (LXVI,  6,  1 17).  —  Lire  M.  P.  de 
«  Farcy  »  et  «  Ex-libris  monceaux.» 

Fer  aux  armes   des  Becdelièvre 

(LXVI,  49).  —  D.  D.  I  B.  BECDELIÈVRE- 
DE.  LA.  BVSNELAYS.  CO^ft>*.'PROTOPR>E  doit  SC 

lire  ainsi  :  Dominus  Dominus  Joannes  Bap- 
tista  Becdelièvre  de  la  Busnetays.^  Compnto- 
Tum  protoprceses. 

Jean-Baptiste  de  Bec-deLièvre,  seigneur 
de  la  bunelaye,  fut  conseiller  au  Parle- 
ment de  Bretagne  le  7  juillet  1677.  pre- 
mier président  de  la  Chambre  des  comptes 
le  5  septembre   1678  et  mourut  en  1736. 

La  seigneurie  de  Tréambert,  que  Renée 
de  Sesmaisons  lui  avait  apportée  en  ma- 
.  riage,  fut  réunie  à  plusieurs  autres 
terres  et  érigée  en  marquisat, sous  le  nom 
de  Bec-de-Lièvre.  par  lettres  du  mois  de 
février  1717.  Le  fer  de  reliure,  où  les  ar- 
mes sont  timbrées  de  la  couronne  com- 
tale,  est  donc  antérieur  à  cette  dernière 
date.  II  a  été  omis,  je  crois,  par  jonnnis 
Guigard  dans  le  Nouvel  ai  mariai  du  biblto- 
phiic. 

Les  Bec-de-Lièvre  portaient  :  De  sable., 
à  deux  croix  d'argent,  tréfiées  et  au  pied 
fiché,  rangées  en  fasce  ;  une  coquille  de 
même  en  pointe.  Qu.«siTOR. 

Marque  Fratin  (LXV,  785  ;  LXVI, 
20).  —  Il  y  a  dans  le  Charivari  un  por- 
trait-charge de  cet  artiste. 

l'en  ai  tout  récemment  vu  deux  épreuves 
dans  les  cartons  de  M.  Geoffroy,  le  mar- 
chand d'estampes  de  la  rue  Blanche. 

Simon, 

Bague  avec  portrait  (LXVI,  94).  — 
Dans  une  importante  collection  de  mé- 
dailles de  la  Révolution   et  de  l'Empire 


DBS  CHERCHEURS 

i6i 


ET  CURIEUX 


10  Août  1913 


162 


que  je  disperserai  aux  enchères  vers  no- 
vembre prochain,  je  vois  une  bague  en 
argent  avec  les  portraits  de  Marat,  Chalier 
et  Lepelletier.  }.  Florange. 

expert  à  Paris,  17,  rue  de  la  Banque- 

Chastillon  (Topographie  fran- 
çoise  par  Claude)  (LXV,  778  ;  LXVI, 
25).  —  Hn  effet,  la  question  au  titre  ainsi 
rectifié  mérite  d'être  posée  ! 

Que  sont  en  vérité,  par  exemple,  'les 
vues  que  l'ingénieur  châlonnais  appelle  : 
Les  Evelles  sur  la  rivière  de  Meuse,  Con- 
nain,  maison  plate  bastie  à  la  moderne,  La 
Chermovse,  Gorville,  Coudria,  Inacque, 
Lenimulle,  Nioffre,  et...  beaucoup  d'au- 
tres? 

La  vue  de  Sommièvre  n'est-elle  pas  celle 
de  Somme-Yèvre  (département  de  la 
Marne)  ? 

Enfin  Vaul  jour  représente-t  il  Vau- 
jours  en  Seine-et-Oise  ? 

Pourquoi,  de  plus,  la  plupart  des  vues 

de  Cl.  Chastillon  se  trouvent-elles  avec  le 

blason  demeuré  en  blanc  ?  Alex. 

* 

*  * 
Le   catalogue    23  des  frères    Geoffroy 

est  intéressant  de  ce  fait  qu'il  ne  com- 
prend que  des  gravures  provenant  de  la 
collection  du  ministre  Choiseul. 

j'indique  la  vue  intitulée  :  Cramoyan 
en  la  Brie  comme  étant  vraisemblable- 
ment Moissy-Cramayel.  —  Chastillon  sur 
le  Marais  comme  représentant  Chatillon- 
sur  Morin.  -  Four  Patur  me  fait  penser 
à  Villepatour,  —  Je  situe  volontiers  le 
bastiment  de  la  Tour  de  Beauté  au  bois  de 
Vincennes,  près  de  Nogent-sur-Marne.  — 
L'abbaye  renommée  de  Essaune  serait 
une  vue  de  la  Bénédictine  d'Essomes 
(Aisne).  —  Le  petit  chasteau  dEsclusian 
me  parait  être  Eclusier-Vaux,  dans  la 
Somme.  — La  ville  de  Fougers  sans  nul 
doute  est  Fougères(Hîe-et-Vilaine),  etc. 

D'autres  m'embarrassent  fort,  par  leur 
orthographe  fantaisiste. 

11  est  aussi  fort  regrettable  qu'on  ne 
possède  pss  le  carnet  où  Chastillon  dut 
inscrire  les  dénominations  des  monuments 
et  environs  figurés  sur  ses  précieuses  vues 
(dessinées  sous  Henri  IV  et  publiées  sous 
Louis  XIII)  par  des  lettres  de  renvois  qui 
certainement  devaient  former  des  légendes 
explicatives  détaillées  à  ses  gravures, par- 
fois éditées  chez  Briot  ou  Poinsart. 

L'ICONOLOGUE. 


Distique  latin  à  identifier:  «  Quid 
faciès. . .  »  (LXVI,  7).  —  En  1873,  étant 
à  Cauterets,  j'y  avais  pris  gîte  à  l'hôtel 
de...  Il  me  serait  difficile  aujourd'hui  d'en 
désigner  l'enseigne. 

Mais  j'ai  gardé  un  très  exact  souvenir 
de  ce  qui  suit  : 

A'  la  table  où  je  prenais  mes  repas,  il  y 
avait  plusieurs  ecclésiastiques. 

Un  d'eux  particulièrement  jovial  et 
amateur  de  jeux  de  mots,  prenant  à  par- 
tie un  de  mes  camarades  et  moi,  nous 
poussa  cette  colle  : 

Quid  faciès  faciès   veneris   cum  venerisante, 
Ne  cedeas  sedeas,  ne  per  eas  pereas. 

J'avoue  que  je  fus  un  moment  à  cher- 
cher l'explication  ;  et  lorsque  je  crus 
l'avoir  trouvée,  j'hésitai  à  la  donner  au 
milieu  de  tant  de  «  riz  et  pruneaux  ».  Je 
parle  comme  si  «  riz  et  pruneaux  »  eussent 
été  dès  lors  inventés  par  Daudet. 

je  me  contentai  donc, après  avoir  échan- 
gé un  coup  d'œil  avec  mon  interrogateur, 
de  lui  donner,  aussi  en  latin,  une  cons- 
truction qui  valait,  me  semblait-il,  une 
traduction. 

L'abbé  bon  enfant,  et  avec  lui  toutes 
les  soutanes  de  la  table,  me  firent  des  si- 
gnes qui  voulaient  être  doublement  ap- 
probateurs. 

C'est  surtout  cette  petite  scène  mimée 
qui  fixa  la  chose  en  question,  dans  ma 
mémoire. 

Je  crois  bien  me  rappeler  que  l'abbé 
qui  avait  ainsi  lancé  entre  la  poire  et  le 
fromage  son  interrogation  un  peu  sca- 
breuse, était  du  diocèse  de  Dijon,  ou  de 
celui  d'Auxerre. 

La  maxime  moraliste  <^  Quid  faciès  » 
serait-elle  à   ajouter    aux   excellents  pro- 


duits de  la  Bourgogn  e.? 


M.  A.  B. 


Les  Te-Deum  des  rois  sont  les 
De  profundis  des  peuples  (LXVI,  50). 
—  La  phrase  : 

Hélas  !  le  Te  Deum  des  rois  est  toujours 
le    De  profundis  des  peuples^ 

est    attribuée  par  le    Grand  Larousse   au 
dauphin  père  de  Louis  XVI. 

On  peut  aussi  rapprocher  cette  phrase 
des  deux  suivantes  : 

On  p'^rissait  de  misère  au  bruit  des  Te 
Deum  et  parmi  les  réjouissances, 

(Voltaire,  Le  siècle  de  Louis  Xlf^.) 


N»  I336.  Vol.  LXVI. 


L'INTfiKMBDIAIRB 


163 


164 


J'ai  battu  les  Romains,  écrivait  Annibal 
aux  Carthaginois  ;  envoyez-moi  des  troupes  ; 
j'ai  mis  l'italid  à  contribution  ;  envoyez-moi 
de  l'argent  ;  voilà  ce  que  signifient  les  Te 
Deum. 

{].-].  Rousseau,  Projet  de  paix  perpé- 
tuelle). Nauticus. 

Trois  pour  cent.    Quiroga  (noms 

de  vêtemeats)  (LXVI,  so,  122).  —  Le 
Quirooj  a  sans  doute  emprunté  son  nom 
au  général  espagnol  Quiroga  (Antonio), ou 
à  Quiroga  (Juan  Facundo),  président  de  la 
République  Argentine. 

Nauticus. 

«  C'est  la  faute  à  Rousseau  >>  (LXVI, 
52,  iii).  —  Ce  refrain  était  populaire 
bien  avant  la  publication  des  Misérables 
de  Victor  Hugo.  C'est  le  refrain  d'une 
chanson  composée  par  notre  chansonnier 
national  Béranger,  en  mars  18 17,  sous 
le  titre  :  Mandement  des  vicaires  géné- 
raux de  Paris.  Cctlc  chanson  n'avait  alors 
que  20  couplets.  {Chansons  de  Béranger 
tomeV,  Bruxelles,  '827).  Dans  l'édition  des 
Œuvres  complètes  de  notre  chansonnier 
Paris,  1834,  tome  V,  il  y  a  un  couplet  de 
plus  intercalé  entre  le  3®  et  le  4°  et  qui 
commence  ainsi  : 

Si  tant  de  prélats  mitres 
Successeurs  du  bon  saint  Pierre. 

J.  Brivois. 

*  * 
Dans  un  recueil  manuscrit,  je  rencontre 
la  chanson    que  réclame    notre    colUibo- 
rateur   Le  litre  dont  elle  est  précédée  sa- 
tisfera  partiellement  à   ses  questions  : 

Mandement  des  vicaires  généraux  de  Paiis. 
(Mars  1817). 
Air  ;  AlU^vnr  à  Siint-ClouJ. 
En  vcici  le  début  : 
i 

Pour  le  Carême,  écoutez 

Ce  mandement,  nos  chers  frères, 

Et  les  grandes  vérités 

Que  débitent  nos  vicnires. 

'Si  l'on  rit  de  ce  morceau, 

C'est  la  faute  de  Rousse.iu. 

Si  l'on  nous  siffle  en  chiire, 

C'est  1.1  f.iiitt!  .le  Voltaire. 

Tous  nos  maux  nous  sont  venus 
D'Arouet  et  de  Jean-Jacques. 


Comme  la  pièce  ne  compte  pas  moins 
de  vingt  couplets  d'un  esprit  douteux  et 
d'une  facture  plus  que  médiocre,  on  me 
saura  grc  de  n'en  pas  encombrer  les  co- 
lonnes de  V Intermédiaire . 

QUitSlTOR. 

* 
*  » 

Plusieurs   de    nos  collaborateurs  nous 

ont   demandé   de    publier   le   texte.    Par 

exception,  nous  déférons  à  ce  désir,  mais 

que   l'été    soit  notre  excuse  !   C'est   bien 

long.  Ça  n'en  est  pas  moins  un  document, 

d'une  certaine  époque  et  d'une  certaine 

mentalité. 

I. 

Pour  le  Carême  écoutez 

Ce  mandement,  très  chers  frères, 

Et  ces  grandes  vérités 

Qiie  débitent  nos  vicaires. 

Si  l'on  cite  ce  morceau. 

C'est  la  faute  de  Roqs,jgau. 

Si  l'on  nous  siffle  en  chaire, 

C'est  la  faute  h  Voltaire. 

3 
Tous  nos  maux  nous  sont  venus 
D'Arouet  ft  de  Jean-Jacques. 
Satau,  qui  les  avait  lus, 
Ne  faisait  jamais  ses  Pâques. 
Eve  aima  le  fruit  nouveau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 

Cuïn  tua  son  frè:e. 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 

} 
C'est  pour  réprimer  jadis 
La  liberté  de  la  presse 
Que  Dieu,  de  son  paradis, 
Ht  tomber  l'eau  vengeresse. 
Si!  a  lâché  beaucoup  d'eau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 

S'il  noie  encor  la  terre, 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 

4 
Dieu  changea  la  pierre  en  pain 
Pour  les  bons  Juifs  qu'il  estime, 
Avec  de  l'eau  fit  du  vin 
(On  payait  alors  la  dîme). 
Si  le  vin  se  change  en  eau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 

Si  la  farine  est  chère. 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 

5 
Borgia  jadis  en  public 
Vendait  indulgence  et  bulle. 
Il  aurait  à  ce  trafic 
Vendu  jusques  à  sa  mule. 
S'il  fut  marchand  de  chapeau, 
C'est  U  faute  de  Rousseau. 

En  Dieu  s'il  ne  crut  guère, 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 


DBS  CHERCHEUR»  ET  CURIEUX 


10  Août  191a. 


165  

6 
Si  le  premier  des  François 
Servit  Bellone  et  les  belles, 
S'il  fut  maigre  ses  exploits 
Trop  souvent  trompé  par  elles, 
S'il  gagna  certain  bobo, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
S'il  gâta  son  affaire, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 

7 
Si  Charles,  ce  roi  dévot, 

A  tiré  par  sa  fenêtre, 

C'est  que  plus  d'un  huguenot 

Avait  fâché  ce  doux  maître. 

S'il  fut  un  Néron  nouveau, 

C'est  la  faute  de  Rousseau. 

S'il  écouta  sa  mère, 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 

8 

Si  par  Loyola  formé 

Un  monstre  au  cerveau  malade 

Attaque  un  roi  bien-aimé 

Chanté  dans  la  Hennade, 

S'il  le  frappe  d'un  couteau. 

C'est  la  faute  de  Rousseau. 

A  Jésus  s'il  crut  plaire. 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 


Si  le  plus  grand  de  nos  rois 
Fit  ce  qu'on  vit  à  Nîmes, 
S'il  rendit  malgré  les  lois 
Tous  ses  bâtards  légitimes. 
S'il  prit  Louvois  pour  bourreau. 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
S'il  aima  La  Vailière, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 
10 
Son  neveu,  le  bon  Régent, 
Goûtait  fort  la  paillardise  : 
Il  choisit  pour  confident 
Un  des  princes  de  l'Eglise. 
Si  Dubois  fut  son  Bonneau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau, 
S'il  fit  sa  fille  mère. 
C'est  la  faute  à  Voltaire, 
1 1 
Afin  d'apprendre  aux  enfants 
Qu'ils  sont  nés  pour  être  esclaves, 
A  leurs  premiers  mouvements 
On  avait  mis  des  entraves. 
Si  l'homme  est  libre  au  berceau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
S'il  s'éveille  et  s'éclaire, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 
12 
Aux  acteurs  à  double  tour 
L'Eglise  fermait  la  porte  : 
Depuis  1?.  mort  de  Raucourt 
En  triomphe  on  les  y  porte. 
S'ils  sont  reçus  du  bedeau. 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
S'ils  vont  au  cimetière, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 


166     

Ces  deux  suppôts  du  démon 
Font  damner  l'Eglise  entière. 
Cottret,  notre  Cicéron, 
Ccache  avec  sa  cuisinière, 
S'il  en  a  du  fruit  nouveau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
Pucelle  est  son  bréviaire. 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 

•4 
Bonald,  embrouilleur  de  lois. 
Appui  des  vieilles  familles. 
Au  quai  Voltaire  est  par  mois 
Payé  sur  l'argent  des  filles. 
S'il  prend  sa  part  au  gâteau, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
Si  sa  prose  est  peu  claire, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 

Maréchal  «  in  partibus  » 
Un  duc  a  la  renommée 
De  traiter  mieux  les  abus 
Qu'il  ne  traite  notre  armée. 
Sil  enfie  son  bordereau. 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
S'il  sert  bien  l'Angleterre, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 
16 
Pour  avoir  des  gardiens  sûrs 
On  prodigue  l'or  aux  Suisses. 
Nos  soldats  ne  sont  pas  «  purs  », 
Ils  ont  trop  de  cicatrices. 
S'ils  étaient  à  Waterloo, 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
S'ils  meurent  de  misère, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 

Laffitte  aura  beau  crier 
Sur  le  budget  de  la  France  : 
Nous  finirons  par  payer 
Les  excès  eî  la  bombance. 
S'ils  ont  tous  l'estomac  chaud. 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
Si  cela  les  altère, 
C'est  la  faute  à  Voltaire. 
18 
Tous  nos  «  ultras  »  députés 
Sont  devenus  sans-culottes. 
Et  tous  pour  nos  libertés 
Parlent  à  propos  de  bottes. 
S'ils  ont  un  masque  nouveau. 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 
Si  nous  n'y  croyons  guère, 
C'est  la  faute  à  Voltaire, 

'9 
Tout  ce  que  nous  n'avons  plus 
Nous  espérions  le  reprendre, 
Nous  voulions  nos  biens  vendus, 
Et  l'on  veut  encore  en  vendre. 
Nos  forets  sont  à  vau-l'eau. 
C'est  la  -aute  de  r'ousseau. 

Plus  de  fagots  à  faire. 

C'est  la  faute  à  "Voltaire. 


N-  1336.  Vol.  LXVI. 


L'INTERMÉDIAIRE 


—      167 

ao 

Confessez-vous  tous  soudain 
Ou  craignez  notre  vengeance. 
Nous  nous  lassoas  à  la  fin 
Dune  longue  tolérance. 
L'on  n'aime  Dieu  qu'  «  in  petto  », 
C'est  la  faute  de  Rousseau. 

On  prie  à  sa  manière, 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 
2 } 
A  ces  causes,  nos  chers  fils, 
Dieu  permet  qu'on  vous  permette 
De  manger  des  salsifis 
Et  des  œufs  à  la  mouillette. 
Ceux  qui  mangent  bœuf  ou  veau, 
C'est  la  f.iute  de  Rousseau. 

Ceux  qui  font  bonne  chère, 

C'est  la  faute  à  Voltaire. 

D'autres  couplets,  la  plupart  manus- 
crits, ont  pu  être  adjoints  à  cette  série  an- 
ticléricale par  l'un  ou  l'autre  :  ils  n'ajou- 
tent pas  grand  chose  à  sa  médiocre  va- 
leur. 

Mots  allemands  dérivé-  du  fran- 
çais (LXV  ;  LXVI,  123).  —  Les  réfu- 
giés protestants  Irançais  du  xvii»  siècle 
étaient  très  familiers  avec  l'Ancien  Testa- 
ment, et  ils  ont  fort  bien  pu,  se  souve- 
nant du  chapitre  XLVllI  du  prophète  Jé- 
rémie  (contre  Mcab,)  et  notamment  des 
versets  8,  q,  18,  28,  38  de  ce  chapitre, 
donner  eux-mêmes  le  nom  de  «  Moabit  » 
au  terroir  ingrat  qui  fut  mis  à  leur  dispo- 
sition, et  qui  pouvait  leur  rappeler  ce  que 
Jérémie  dit  que  Jeviendrait  la  terre  de 
Moab.  V.  A.  T. 

Mon  Colonel  (LXl  ;  LXII  ;  LXVI,  74, 
126).  —  On  peut  trouver  dans  les  papiers 
de  y /4fftiire  de  l'Œillet,  publiés  vers  1860 
par  Campardon,  et  singulièrement  dans 
le  rapport  adressé  par  l'un  des  deux  gen- 
darmes à  Botot  du  Mesnil,  lieutenant-co- 
lonel de  la  Gendarmerie  des  Tribunaux, 
le  mot  :  «  Mon  Colonel  ».  Ce  rapport  est 
du  3  septembre,  1793,  je  crois;  et  dans 
cette  suggestive  affaire,  le  mot  «  Mon 
Colonel  7>.  vu  l'époque  tout  à  fait  révolu- 
tionnaire, a  un  son  suggestif  aussi,  lui. 
Charles-Adolpue  Caktacuzène. 


i68 


Cabajoutis  (LXV;  LXVI.  123). 
M    de  Mon  tesson  ». 


Lire 


Ce  qui  to!T>be  dans  le  fossé  (LXV, 
148,  %(){  ;  LXVI^  30^.  —  Essais  de  folk- 
lore  local.    Proverbes  et   dictons   recueillis 


dans  le  département  de  VAiibe.  Nouvelle  sé- 
rit,  par  Louis  Morin  ;  Grande  Imprimerie 
deVroyes,  1912;  in-8  de  28  pages  (n''' 
1260  à  2323) 

La  première  série,  qui  est  épuisée,  por- 
tait le  même  titre  et  avait  paru  en  1904 
(in-8"  de  37  pages). 

L.  M. 

Donjon  (LXV,  3  =59,  «574, 674.  820, 870 ; 
LXVI,  74).  —Dansmon  article  du  30  avril, 
sur  l'origine  du  mot  donjon,  j'avais  in- 
diqué^ comme  première  forme  de  ce  ter- 
me, le  grec  angon  qui  signifie,  dans  Tune 
de  ses  acceptions,  des  pierres  qui  font 
saillie,  au  sommet  d'un  édifice.  Notre  con- 
frère, M.  H.  Laray, nous  dit,  aujourd'hui, 
que  ce  mot  n'existe  pas  dans  la  langue 
grecque,  et  qu'il  ne  peut  pas  exister,  lin- 
0 uistiquement  par\ânt\  Mais  alors  j'ai  eu 
la  berlue,  en  écrivant  celte  page,  ou  bien 
je  suis  un  faussaire.  Cè'n'est  ni  ceci  ni 
cela  ;  mais  notre  confrère  n'a  pas  su  trou- 
ver angon.  Angon  ou  ancon  est  pourtant 
dans  tous  les  lexiques,  et  il  est  largement 
explique  dans  le  Thésaurus,  au  tome  1. 
col.  358  et  suiv. 

Quant  aux  consonnes  euphoniques  dont 
notre  confrère  se  raille,  elles  continue- 
ront, quand  même,  à  remplir  leur  office, 
et  l'on  dira,  sans  doute,  encore  :  va-t-il 
partir  ?  Va-s-y  et  donne-s-en.  Ils  se  regar- 
daient entre  quatre-z-yeux,  Eh  !  que  di- 
rait donc  M.  Laray,  si  on  lui  apprenait 
que  dans  notre  vieille  langue,  le  mot  terre 
n'existait  pas  ;  que  nos  pères  ne  connais- 
saient que  le  terme  era,  dont  ils  adouci- 
rent insensiblement  la  prononciation  par 
un  /  préfixe,  qu'on  trouve  dans  ce  vers  de 
la  chanson  de  Roland  ? 

Tere  de  France  muet  estes  dulz  pais. 

Notre  confrère,  malgré  ses  graves  ob- 
jections, me  témoigne  une  bienveillance 
singulière,  dont  je  dois  lui  savoir  gré.  11 
me  dit,  en  effet,  «  qu'il  me  manque  ce 
qui  est  indispensable,  pour  tirer  bon  parti 
de  ma  bibliothèque,  c'est  de  modestes 
petits  écrits  sur  la  science  delà  linguis- 
tique où  j'apprendrai  que  le  latin  «  dum- 
que,  dé  unde,  unde,  dicere  deviennent, 
suivant  des  lois  phoniques  très  régulières, 
le  français  «donc,  dont,  on  dira  ».  M.  La- 
ray est  en  vérité  trop  confiant.  Ces  lois 
phoniques  qu'il  semble  vénérer,  comme 
les  Romains  vénéraient  les  lois  des  douze 
tables,    ne    méritent    pas    deux    minutes 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10    Août  191* 


169 


170 


d'attention.  Est-ce  qu'il  est  possible  de 
dériver  dire  de  dicere  ? 

Personne  n'ignore  que  Liîtré  tire  le 
verbe  panser  de  cet  autre  verbe  penser,  en 
raisonnant  ainsi  :  s-  Pour  panser  quel- 
qu'un ou  quelque  chose,  il  faut  d'abord  y 
penser  !  » 

Puisque  les  chefs  se  permettent  de  telles 
énormités,  que  ne  feront  pas  les  disciples  ? 
Us  oseront  tout  ;  mais  le  bon  sens  finit 
toujours  par  avoir  raison  des  bêtises  hu- 
maines. Daron. 

P.  S.  —  Daron  n'apprend  nullement^ 
comme  le  dit  M.  Laray,  que  le  mot  an- 
gon  existait  dans  la  langue  des  Vandales. 

Soubs  la  corde  des  Saincts  (LXIV  ! 
LXV,  42,  235,  384.  474,  534,  724,  771  ' 
869;  LXVI,  75,  126).  —  Le  Dictionnaire 
roman,  walon.  celtique  et  tudesque,  publié 
à  Bouillon,  en  1777,  sans  nom  d'auteur, 
n'a,  pour  nous,  aucune  autorité.  Le  véri- 
table auteur,  Dom  Jean  François,  béné- 
dictin de  la  Congrégation  de  Saint-Van- 
nes, écrit  : 

Sainteur  ou  Saiiitier,  serf  d'église,  homme 
libre,  qui  s'est  fait  serviteur  d'un  saint,  un 
oblat,  dévoué  au  service  dune  église.  Ceux 
qui  se  faisaient  serfs  de  saints  ou  saintes,  pa- 
trons de  quelque  église. Ils  se  passaientla  corde 
des  cloches  au  cou  et  mettaient  en  signe  de 
leur  engagement  quelques  deniers  de  che- 
vage  ou  de  tribut  sur  leurs  têtes  ou  sur  l'au- 
tel. Sanctuarius  homo .  Ces  serviteurs  ne  de- 
venaient point  serfs  main-mortables  ni  hom- 
mes de  corps. 

Cette  affirmation,  sans  preuve  à  l'appui, 
est  très  discutable  au  point  de  vue  du 
droit  féodal. 

La  réfutation  nous  mènerait  trop  loin. 

Q.u'il  nous  suffise  de  dire  que  dans  les 
«  tailles  »,on  ne  trouve  pas  l'état  social  de 
l'individu,  mais  son  <f  métier  ». Jusqu'à  la 
preuve  du  contraire,  sainctier,  est  le  mé- 
tier de  fondeur  de  cloche,  et  rien  autre. 

Quant  à  «  boutier  »  Dom  Jean  François 
écrit  :  boutier  :  échanson  ;et  c'est  tout. 

Ceci  est  vrai  et  faux.   Le  «  boutier   » 
n'est  pas,  à  proprement  parler,  un  échan 
son,  ^<  scancionarius  ». 

Le  «  boutz  »  était  un  flacon  en  métal, 
avec  une  anse  droite,  portant  un  anneau, 
opposée  à  un  bec  par  lequel  s'écoulait  le 
liquide. 

L'office  de  «  boatier  »  n'existait  qu'à  la 
cour  du  roi,    et   cet  officier  effectuait  le 


mélange  de  la  boisson  dans  un  bassin  où 
puisait  réchanson. 

Nous  connaissons  ces  détails  par  le 
sceau  de  Jean  le  Boutier,  clerc,  notaire  et 
secrétaire  du  roi  (i 385-1 392),  descendant 
certain  d'un  «  boulier  >*. 

Ses  héritiers  reçoivent,  en  1423,  1500 
livres  de  Jean  de  Rinel,  secrétaire 
d'Henri  VI 

Ce  sceau  a  été  mal  lu  par  Demay  qui  a 
pris  la  petite  image  du  «  boulier  »  pour 
un  saint  Jean-Bapliste  ;  et  par  Roman, 
qui  a  appelé  les  boutz,  des  «  aiguières  ». 
Le  «  boutz  »  était  rempli  de  vin  et  non 
d'eau.  Piton. 

Voir  :  Longnon.  Paris  pendant  la  domi- 
nation anglaise,  pièce  LV,  page  107-111. 
Paris,  1878. 

Le  grec  dans  la  langue  française  : 
Bace  (LXV,  577J.  —  Mes  aimables  lec- 
teurs m'excuseront  de  revenir  sur  la  ques- 
tion bace,  basse  déjà  traitée  ;  mais  j'aurais 
quelques  précisions  àapporter,  qui,  jecrois, 
pourront  les  intéresser. 

Nous  avons  vu  que  bace  basse  répond  à 
un  latin  bacia,  que  baiasse,bajasse  répond 
à  un  latin  bacàcea  ;  un  autre  mot  fran- 
çais se  présente  aussi  :  baisselle  jeune  fille 
qui  doit  s'expliquer  par  un  latin  bacicella 
de  la  même  manière  que  vaucelle  par 
vallicella  Dans  bacicella,  Vi  atone  tombe 
comme  dans  vallicella,  mais  le  c  radical 
de  bac'cella  conserve  le  son  sifflant,  et 
alors  on  a  baisselle  sonant  comme  le  fran- 
çais vaisselle  qui  est  le  latin  vâscella. 

Maintenant  décomposons  les  mots  ba- 
cia, bacàcea^  bacicella^  nous  voyons  que 
l'on  a  bacia  =  bac  -\-  ia  ou  baci-\-a,  ba- 
càcea =  bac  -\-  âcea,  bacicella  =  baci  -h 
cella.  Comme  il  est  évident  qu'il  ne  peut 
y  avoir  qu'un  seul  radical,  on  est  amené 
à  établir  que  le  mot  latin  primitif  est  de  la 
forme  bàx,  bâcem,  analogue  pour  la  forme 
et  le  genre  aux  mots  bien  connus^^'x,/2/x, 
vôx,  etc.  Mais  comme  il  est  probable  que 
bâx  devait  avoir  comme  eux  un  sens  tant 
soit  peu  abstrait,  on  en  détermina  bien  la 
féminité,  en  opérant  avec  lui  comme  on 
faisait  pour  nombre  d'autres  :  limâx  limace, 
jûntx  génisse,  pûlex  puce  et  bâx  devint 
basse  plus  acceptable  pour  le  commun. 

Maintenant  quel  était  au  juste  le  sens 
de  bàx.  Comme  nous  venons  de  le  dire, 
c'était  probablement  une  abstraction  qu'on 
appliqua,  pour   faire    image,   aux  jeunes 


N»  133e. 


Vol.  LXVI. 

171 


INTBRMBDIAIRB 


172 


femmes  déjà  formées.  Le  mot  suivant 
peut  à  ce  sujet  nour  fournir  une  indica- 
tion. A  Trieste  on  appelle  hagola  une  pe- 
tite femme  rondelette  et  on  a  rapporté 
ce  mot  au  latin  bàcnla,  diminutif  de  bâca. 

Comme  en  somme,  bâca  désigne  une 
foule  d'objets  de  formes  rondes,  on  peut 
accepter  cette  étymologie,  et  au  fond  ba- 
goLi  serait  la  petite  boulotte.  On  en  dé- 
duit naturellement  que  la  bace  est  la  jeune 
fille  arrivée  à  un  certain  développement 
physique  qui  la  rend  apte  à  supporter  les 
fatigues  du  service. 

Comme  bace  n'a  pas  de  masculin,  on 
en  a  fabriqué  un  à  l'aide  du  sutTixe  i-er^ 
basiier  ]tunç.  garçon. 

On  peut  rapprocher  ce  dernier  mot  de 
bacheler ,  même  sens.  Si  bassier  =  bâci  -j- 
âris,  on  aura  aussi  bacheler  =  baccal  -\- 
âris,  d'où  l'on  extrait  baccala  =  bachele 
jeune  fille.  Le  baccalârh  serait  donc  le 
jeune  homme  développé.  Bàciâris  et  bac- 
calàris  sont  formés  sur  le  modèle  de  puel- 
Idris,  virgitiàlis,  ce  qui  leur  donne  un 
air  d'innocence  virginale  tout  particu- 
lier. 

Ajoutons  que  baccala,  peut  être  le  fé- 
minin d'un  baccalus,  mot  qui,  évidem- 
ment, ne  peut  avoir  une  origine  latine, 
mais  comme  on  voit  que  le  Gaulois  pos- 
sédait le  suffixe  —  alos,  on  est  amené  à 
penser  que  ces  divers  mots  auraient  une 
certaine  ancienneté,  et  au  moins  pour 
baccalus,  on  serait  en  face  d'une  survi- 
vance pré-latine  dans  les  Gaules. 

H.  Larray. 

Le  grec  dans  la  langue  française  : 
Cabane  fLXV,  sBi).  —  Al.  Corman  a 
entrepris  d'élucider  la  question  cabane, 
je  lui  offre  ma  façon  de  voir  à  ce  sujet. 

La  question  capanna  est  restée  l'une 
des  plus  obscures  de  la  linguistique. 

Isidore  est  le  premier  qui  cite  ce  mot  : 
tugurium  parva  cosa  est  ;  hoc  riisîici  ca- 
panna vacant.  Isidore  vivait  au  6«  et  -j* 
siècle.  Au  8*  siècle  il  est  devenu  cabanna 
et  est  cité  dans  les  gloses  de  Reiche 
nau. 

Comme  en  Italie,  le  mot  est  resté  ca- 
panna, il  faut  accepter  l'orthographe  don- 
née par  Isidore,  et  la  supposer  primi- 
tive. 

On  l'a  dérivé  du  latin  capis  contenir  ; 
c'est  une  dérivation  bien  incolore  dont  il 
n'y  a  pas  lieu  de  tenir  compte. 


On  l'a  aussi  regardé  comme  étant 
d'origine  celtique  ;  mais  quand  le  mot  se 
trouve  dans  les  langues  néo-celtiques,  on 
s'aperçoit  bien  vite  qu'il  est  emprunté 
aux  langues  romanes. 

La  déterminaison  —  anna  empêche  de 
le  considérer  comme  un  latin  pur  ;  il  n'y 
À  qu'une  seule  hypothèse  acceptable  , 
c'est  qu'il  appartient  à  la  langue  que  par- 
laient ceux  des  Ariens  qui  colonisèrent 
l'Europe  occidentale  avant  la  venue  des 
Italiotes  et  des  Celtes.  Ce  serait  donc 
tout  simplement  un  mot  ligure  qui, 
comme  beaucoup  d'autres,  est  arrivé  jus- 
qu'à nous. 

Comme,  à  côté  de  capanna,  l'italien  a 
le  masculin  capanno^  imité  en  cela  par  le 
portugais  cabana  cabano  et  aussi  par  le 
natois  lorrain  chevâ,  on  doit  supposer  les 
fermes  \a.t.\nes  capjjinacapannum  qui  pro- 
viennent certainement  d'un  adjectif  ca- 
pannus,  a,  itm,  dont  le  "féminin  et  le  neu- 
tre auront  été  employés  comme  susbtan- 
tifs. 

Alors  rien  n'est  plus  clair  ,  la  langue 
ligure  présente  presque  toujours  ce  cas, 
le  suffixe  —  anno  —  provient  d'un  plus 
ancien  —  âno  —  participe  passif  d'un 
verbe  en  aj's,  employé  très  souvent  comme 
adjectif. 

On  a  donc  capanno.s  =  cap  -\-  anno. s 
=  capâ  +  no. s. 

Càpâ  est  un  radical  verbal  dont  il  faut 
déterminer  le  sens. 

Le  latin  ne  fournit  rien  de  satisfaisant  ; 
on  ne  peut  rappeler  capâx  spacieux,  les 
cabanes  étant  plutôt  étroites  et  petites. 

Le  grec  non  plus  :  on  a  bien  xa:i5vr] 
crèche,  /dtoitov  fourrage,  mais  ces  mots 
paraissent  se  rattacher  à  celui-ci  xirtTw 
le  premier  à  kap  —  contenir  ou  être 
creux,  avaler  ;  ce  qui  n'a  aucun  rapport 
avec  une  cabane. 

Le  germanique  ne  donne  non  plus  au- 
cun éclaircissement. 

Le  slave  présente  le  substantif  Kopa 
monceau,  tas,  d'où  Kopiti  entasser.  Le 
sens  ne  convient  guère.  De  même  pour 
le  verbe  Kopati  creuser,  car  il  faudrait 
admettre  que  la  capanna  aurait  été  primi- 
tivement un  antre,  une  caverne,  ce  qui 
paraît  invraisemblable. 

Enfin  on  a  le  lithuanien  Kapoti,  le  lette 
Kapàt  hacher  menu,  apparenté  du  reste 
au  slave  Kopati.,  dt  sorte  que  Ton  a  le  ra- 


DBS  CHERCHEURS  ET    CURIEUX 


10  Août  191a 


Ï73 


174 


dical  indo-européen  gapâ  —  creuser,  fen- 
dre, abattre,  couper. 

Le  participe  passif  gapSno.s  signifie 
creusé,  coupé,  fendu.  Il  devient  en  iigure 
capanno.s  d'où  le  subtantif  féminin  ca- 
pannâf  ce  qui  est  coupé,  fendu,  planche, 
branchage,  bâtisse  faite  de  branchage,  de 
paille,  de  roseau  ou  de  planches 

Le  passage  du  sens  d'objet  taillé  à  ca- 
bane se  présente  naturellement.  Ainsi  on 
a  lot  tauhla  ;  français  taule  maison  ;  ber- 
gamasque  tahia  cabane  —  germain  bor- 
da-n  planche,  latin  bordum,  au  pluriel 
borda,  français  borJ^  cabane. 

Le  latin  du  8°  siècle  cabanna  est  devenu 
le  provençal  cabana  passé  dans  la  langue 
française  cabane^  d'où  ensuite  le  moyen 
anglais  caban,  cabane  petite  maison  et 
par  suite  le  gallois  caban. 

Dans  le  midi  on  a  eu  la  forme  mascu- 
line caban  devenu  en  français  cubain  écrit 
cahin^  de  la  même  manière  que  tacan  est 
devenu  taquain.,  taquin.  On  «n  a  déduit 
un  féminin  cabine.  Le  français  cabin  ca- 
bine â  donné  naissance  à  l'anglais  cabin, 
et  à  l'italien  cabino. 

Je  m'arrête,  la  dérivation  de  capanna 
est  très  considérable  et  dépasserait  les  li- 
mites raisonnables  d'une  simple  note. 

H.  LaraT. 

Alexandre  Dumas  père  (T.  G,  296) 

—  L'Elixir  de  la  vie.  —  Du  Monde  ar- 
tistt,  6  juillet  IQI2   : 

Toutes  les  formes  du  théâtre  et  du  roman 
ont  passionné  Alexandre  Dumas  ;  et  il  lui 
est  même  arrivé  de  composer  une  action  tra- 
gique destinée  à  être  magnifiée  pjr  la  mu- 
sique. C'était  en  1860,  durant  son  séjour  à 
Naples.  Sollicité  par  un  musicien  napriitain 
en  vogue,  l'auteur  à' Antony  écrivit  un  li- 
vret dont  l'existence  vient  d'être  révélée  au- 
jourd'hui seulement.  Le  manuscrit  porte  ce 
titre  :  l'Elixir  ae  la  vie  —  fantaisie  tragique 

—  un  acte  en  trois  parties  d'Alexandre  Du- 
mas. —  Ce  manuscrit  était  resté  dans  les 
papiers  du  compositeur,  et  ses  héritiers  l'au- 
raient laissé  enseveli  sons  les  poussières  du 
temps,  ou  l'auraient  déchiré  ou  brûlé,  ou 
l'auraient  vendu  pour  quelques  centaines  de 
francs  à  un  collectionneur  d'autographes,  si 
le  hasard  ne  l'avait  mis  sous  les  yeux  du 
jeune  maestro  Lozzi  Celui-ci  l'examina,  le 
lut  et  le  jugea  digne  de  retenir  toute  l'at- 
tention des  artistes.  (Quoique  écrit  en  prose, 
aucun  doute  n'était  possible  sur  la  nature  de 
l'ouvrage.  A  côté  du  nom  des  personnage», 
de  la  main  même  de  Dumas,  on  lit  les  mots  : 


ténor,  soprano,  baryton  :  et,  presque  à  cha- 
que scène,  des  notes  indiquant  le  commen- 
taire orchestral  nécessaire  à  l'action  et  l'im,- 
portance  que  devait  avoir  la  musique.  Au 
milieu  de  ces  longues  didascaiies,  on  lit  sou- 
vent ce  simple  mot  «  Orchestre  ». 

II  paraît  que  M.  Lozzi  a  acquis  le  précieux 
autographe,  et  s'est  mis  en  règle  avec  les  hé- 
ritiers du  musicien    et   avec  ceuxjdu  célèbre 
auteur  français  :  puis,  il   a   fait   faire  la  tra- 
duction  et   il   en  a   commencé   la   partition. 
Bien  que  Dumas  ait  voulu  condenser  l'action 
en  une   seule   nuit,   les   auteurs    italiens  ont 
jugé  préférable    de    la    diviser   en  trois  par- 
ties :  la  veille,  le  sommeil,  le  sang.  Le  drame 
se   déroule    entre   un     révolutionnaire   de    la 
science  et  un  politicien.  Dans   Paris  troublé 
par  les  séditions,  les  complots,  les  dures  ré- 
pressions, et  les   audacieux   espionnages,  vit 
une  jeune  fille  à  laquelle  Dumas  a  prête  une 
double  existence.  Belle,  d'une  beauté  divine, 
subjuguée  par  les  pratiques  religieuses  qu'une 
éducation    monastique   étroite    a    imposées    à 
son  enfance,  cette  jeune   fille   mène  en  réa- 
lité une  vie  qui  lui    fait  horreur  :  elle  aspire 
à  la  liberté.  On  ne  lui  permet  même  pas  de 
jeter  un  regard  à  travers  les  barreaux  scellés 
aux  fenêtres   de    la    maison  :    Elle    voudrait 
vivre  avec   Dieu,  et   elle    doit   vivre  avec  des 
hommes  à  qui  elle    demande   vainement  un 
peu   de   liberté.     Cependant,    dans    une   vie 
factice    créée   par     un    état   hypiiOtique,    la 
jeune  tille  craintive  se  transforme  en  femme 
ardente  et  sensuelle  :    elle  a  besoin  de  cares- 
ses et  de  baisers,  elle   aime  l'homme  qui  est 
près  d'elle  ;  elle  lui  révèle  dans  son  sommeil 
les  noires  intrigues  de  la    Cour,  et,  vaincue 
par    la   passion    qui    ne    lui    donna  point    de 
trêve,  elle   tombe   dans  les  bras  de    celui  qui 
l'adore  également 

Grilles  des  cabarets  et  des  bou- 
langers (LXIV  ;  LXV,  192,  627,  726, 
877).  —  Voici  encore,  au  coin  des  rues 
du  Temple  et  Geoffroy -Langevin,  un  dé- 
bit de  vins  et  liqueurs  grillé,  et  présen- 
tant, dans  le  grillage,  un  lion  doré  en  de- 
mi-bosse. 

J'en  ai  signalé  un  autre,  «  à  l'Enfant 
Jésus  »,  lequel  est  représenté  debout  sur 
la  barre  de  l'H  du  monogramme  JHS  II 
se  trouve  au  coin  de  la  rue  des  Bourdon- 
nais et  de  la  rue  Saint-Honoré,  où  cet  im- 
meuble porte  le  numéro  33,  lequel  est  le 
piemier  numéro  impair  de  la  rue  Saint-Ho- 
noré. 

La  rue  Saint-Honoré,  du  côté  pair,  com- 
mence par  un  numéro  2  bien  visible. 
Mais  elle  n'a  pas  de  numéros  impairs,  de 
1  à  31.  Là  où  ils  devraient  être  sont  les 


N»  1336  Vol.  LXVI. 


LINTBRMÊDIAIKli 


175 
I   à 


—   176 


numéros  impairs  i  à  23  de  la  rue  des 
Halles,  laquelle  coupe  la  rue  St-Honoré 
sous  un  angle  à  peine  sensible. 

De  même,  les  maisons  2  a  14  de  la  rue 
de  Rivoli  font  face  aux  numéros  105  à 
137  de  la  rue  Samt-Antoine.  La  première 
commence  rue  de  Sévigné,  et  la  seconde, 
qui  la  prolonge,  finit  rue  de  Fourcy.  Or 
les  rues  de  Sévigné  et  de  Fourcy  sont 
loin  de  se  prolonger  l'une  l'autre. 

Ne  pourrait  on  remédier  à  ces  bizarre- 
ries .?  V.  A.  T. 

Pièce    d  >    vers    à    compléter 
i<  Cher  ami  qu'à  demi...  »  de  Scar- 
ron  (LXV,  692,  862).  —    Cette  pièce  se 
trouve  à  la  page  142  du  tome  premier  des 
Œuvres  de   Monsieur  Scar/on  :  suivant  Li 
copie  imprimée, à  Paris  /66<§.  (Amsterdam, 
Wolfgang,     au    Quœrendo,    pet.  in- 12). 
Il  y  a  lieu   d'ajouter,  dans  la  pièce  que 
reproduit     \'  Iittcrmédiaitc    (LXV,     863), 
après  ces  vers  :  N'es-iu  pas 
Barra  bas  .? 
ceux-ci  :  Busiris  ? 

Phalaris  ? 
Ganelon 
Le  Félon  .'' 
De  savoir... 
Et  plus  loin,  au  lieu  de  la  phrase   inin- 
telligible : 

Dès  demain 
Mal  sa  main. .. 
il  faut  lire  :       Dès  demain 
Mal  St-Main 
Sur  ta  peau 
Bien  et  beau 
S'étendra  .. 
Le  mal  St-Main,  c'est-à-dire  la  gale. 

J.  Lt. 

Le  plus   ancien    carré   de  mots. 

(LXll).    -    Dans  les  vieux  livres  de  magie, 
on  trouve  souvent  le  charme  suivant  : 
Pour  faire  danser  qui  tu  voudras 

*<  Il  faut  mettre  sous  le  seuil  de  sa 
porte,  ce  qui  suit,  écrit  de  sang  de 
chauve-souris  : 

SATOR 

ARl-PO 

TENET 

('FERA 

ROTAS 

C'est  là    le   vrai    carré   de  mots   dont 

parle  notre  confrère  J.    P.  Salar  et  Spere 

ont  été  imprimés  pour  Saior  et  Opéra. 

F.  Jacotot. 


Un  carré,  d'une  forme  particulière  — 
pour  le  lire,  on  doit  commencer  par  la 
lettre  du  milieu,  en  se  dirigeant  de  n'im- 
porte quel  côté  —  peut  faire  concurrence 
au  salor  Arepc  tenet  opéra  rotas  de  notre 
collaborateur  Nauticus.  L'inscription  sui- 
vante porte  le  nom  d'un  des  successeurs 
de  Pelage,  le  roi  Silo,  qui  régnait  dans  les 
Asturies  vers  la  fin  du  ix^  siècle.  Elle  a 
été  relevée  à  Santiyanes  de  Pravia,  a 
b  lieues  d'Oviedo. 

TICEFSPECNCEPSFRCIT 
ICEFSPhCNINCEPSFECI 
CEFSPECNIRINCEPSFEC 
EFSPECNIRPRINCEPSFE 
FSPECNIRPOPRINCEPSF 
SPECNIRPOLOPRINCEPS 
PhCNlRPOLI LOPRINCEP 
ECNIRPOLIS ILOPRINCE 
PF.CNIRPOLI  LOPRINCEP 
S  PECNIRPOLOPRINCEPS 
FSPECNIRPO'P^  INCEPSF 
EFSPECNIRPRINCEPSFE 
CEFSPECNIR INCEPSEFC 
ICEFSPECNI NCEPSFECI 
TICEFSPECNCEPSFECIT 
JACCLUEs   Renaud. 

Nous  avons  eu,  il  y  a  quelques  années, 
trois  pièces  imprimées  en  rouge  et  en  noir 
par  Claude  Cramoisy  à  Paris,  au  vu' 
siècle.  C'étaient  des  planchesalphabétiques 
rappelant  les  mots  carrés  si  répandus  à  la 
dernière  page  de  nos  journaux  illustrés. 

La  première  était  intitulée  :  Labyrinthe 
(Les  privilèges  de  la  Sainte-Croix,  le  che- 
min asscuré  du  Paradis).  En  partant  de 
ri  central,  en  se  dirigeant,  à  droite,  à 
gauche,  en  haut,  en  bas,  on  trouvait  : 
*<  Je  suis  le  port  des  pénitens,  je  suis  la 
mort  des  âmes  incurables,  je  suis  le  fort 
des  innocens,  je  suis  le  sort  des  miséra- 
bles ». 

La  seconde  planche  était  le  Carré  de 
l'Eternité.  En  partant  du  L  central  ou 
trouvait  à  droite,  en  haut  et  en  bas,  à 
gauche,  en  lisant  à  rebours  :  »<  Vie  qui 
brave  le  trépas  >.  De  là  le  titre  faisant 
allusion  à  la  vie  sans  fin. 

La  troisième  planche  était  en  l'honneur 
de  saint  Françn.s.  Saffroy. 

Femmes.  Conquête  des  diplômes 
masculins    LIV  ;  LXV. 774  ;  LXVI.  «i 
— On  lit  dans  le  Soleil  du  y  Juillet  191a  : 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  Août  191a 


'77 


178 


Le  féminisme  triomphe 

Peut-être  pas  encore  tout  à  fait,  mais  te- 
nez pour  assuré  que  ça  marche. 

C'est  ainsi  que  le  ministère  du  travail  em- 
ploie un  assez  grand  nombre  de  jeunes  filies 
comme  dactvlographes,  ou  préposées  au  ser- 
vice du  contrôle  des  Compagnies  d'assu- 
rances Ce  département  com.prend  trois 
sortes  de  fonctionnaires  :  les  contrôleurs,  les 
vérificateurs  et  leurs  adjoints.  C'est  à  cette 
troisième  catégorie  qu'appartenait  le  person- 
nel féminin  du  service.  On  n'avait  pas  en- 
coie  permis  qu'il  s'élevât  p  us  haut 

Cette  situation  vient  d'être  améliorée.  Tl  a 
été  décidé  par  M.  Léon  Bourgeois  que  désor- 
mais les  femmes  pourront  concourir,  au  mi- 
nistère du  travail,  pour  l'emploi  de  vérifica- 
teui.  Au  dernier  concours  se  sont  donc  pré- 
sentées un  certain  nombre  de  candidates,  et 
l'une  d'elles  a  été  choisie  La  nouvelle  «  vé- 
rificatrice »  s'appelle  Mlle  de  la  Pommeraye. 
Elle  est  la  fille  du  célèbre  et  regretté  cri- 
tique, mort  il  y  a   vingt  ans. 

D'autre  part,  c'est  une  femme,  Mlle  Char- 
ton,  qui  a  été  classée  en  tête  des  élèves  admis 
cette  année  à  TEcoIe  des  Beaux-Arts  dans  la 
section  de  peinture. 

Et  sur  les  douze  premiers  admis  qui  la 
suivent  sont  encore  cinq  élèves  femmes  : 
Mlles  Aubry,  Lesourd,  Chantrel,  Delage  et 
de  Baineul. 

L.  Capet. 

Mariage  des  médecins  (LXVI,  50). 
—  Ce  fut  le  cardinal  d'Estouteville,  Légat 
du  Pape  et  réformateur  de  l'Université, 
qui,  en  1452,  dispensa  les  médecins  de 
l'obligation  du  célibat.  (Voir  Crévier  : 
Histoire  de  l Université  de  Paris,  l'jbi, 
t.  IV,  p.  181.) 

Langoumoisin. 

Les  sœurs  associées  (LXVI,  8).  — 
Ne  peut-on  faire  entrer  dans  cette  ques- 
tion, sainte  Scolastique,  sœur  de  saint  Be- 
noit, et  si  étroitement  unie  aux  travaux 
du  grand  moine?  Plus  tard,  mademoi- 
selle de  Scudéry  et  son  frère,  furent  en 
étroite  collaboration,  si  bien  qu'on  ne 
connaît  pas  toujours  la  démarcation  de 
leurs  œuvres.  |e  ne  crois  pas  me  tromper, 
mais  il  me  semble  que  l'amiral  de  Ligny 
fut  élevé  par  sa  sœur  qui  lui  fit  faire  toutes 
ses  études  et  le  poussa  vers  le  haut  grade 
qu'il  devait  atteindre.  Il  existe  sans  doute, 
beaucoup  de  ces  alliances  heureuses  du 
frère  et  de  la  sœur  ;  il  suffirait  de  se  sou- 
venir et  de  chercher. 

E.  Grave. 


Slronuailles  et  Cfurtositéa 


Le  Buste  de  J.-J.  Rousseau  (1790) 
Des  Es  angs.  J'ai  eu  l'occasion  de 
fouiller  une  collection  d'autographes  où 
se  trouvent  de  nombreuses  lettres  de  ou 
adressées  à  un  M.  Des  Estangs.  Celui-ci, 
dont  les  biographes  ne  disent  rien,  fut 
médecin,  maire  d'un  arrondissement  de 
Paris,  sous  le  premier  Empire,  puis  Con- 
servateur des  Estampes.  C'était  encore  un 
franc-maçon  de  ce  temps-là,  en  relations 
avec  les  plus  illustres  de  ses  collègues. 

Voici  ce  qu'il  écrivait  au  mois  de  juillet 
1790,  et  sa  lettre  est  un  document  nou- 
veau à  ajouter  à  tous  les  souvenirs  qu'a 
soulevés  le  bi  centenaire  de  J.J.  Rousseau. 

21  juillet  90 
Mrs 
Je  revenais  de  voir  la  fête  qu'on  donna 
hier  sur  les  ruines  de  la  Bastille,  lorsque  je 
rencontrai  Le  Triomphe,  non  pas  le  plus  ma- 
gnifique, mais  le  mieux  mérité  qui  soit  à  ma 
connaissance.  C'était  le  Buste  de  J.-j.  Rous- 
seau porté  par  deux  citoyens  sur  un  bran- 
card. Je  l'ai  rencontré  à  la  grève  où  son 
Emile  a  été  brûlé  par  le  gouvernement.  Le 
peuple  qui  l'environnais  chantait  ses  louanges 
et  l'appelait  d'un  commun  accord  le  plus 
grand  des  mortels  je  crois  que  voilà  la  pre- 
mière fois  que  cet  éloge  est  bien  appliqué. 

i      Des  Estangs. 

l'/iaintenant,  je  poserai  une  question, 
qui  a  peut-être  une  importance  :  Que  sait- 
on  de  ce  Des  Estangs,  dont  la  correspon- 
dance fut  si  nombreuse  et  si  variée  ? 

E.  Grave. 


Les  '"hevaliers  de  l'Arc.  Projet 
d'en  faire  des  Sociétés  de  prépara- 
tion militaire  en  l'an  XIÎI.  —  Le  très 
intéressant  ouvrage  de  MM.  le  Comte  de 
Bertier,  V.  Cordier  et  Guglielmini,  Le  tir 
de  l'Arc  (Hachette,  1900J,.  a  dit  tout  ce 
qu'on  pouvait  dire  sur  cette  curieuse 
institution, qui  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos 
jours. 

Nous  avons  cependant  trouvé  aux  Ar- 
chives nationales  (F''  3120)  un  document 
des  plus  intéressants  qui  est  inédit  :  c'est 
un  historique  de  cette  institution,  par  le 
préfet  de  police,  conseiller  d'Etat,  Dubois, 
Il  en  trace  un  tableau  très  fidèle  et  pro- 
pose de  rétablir  ces  anciennes  compa- 
gnies —  avec  prudence,   —  mais  en  leur 


N«  1336  Vol.  LXVI. 

«79    

mettant   en   mains   le  fusil  et  non  l'arc, 
arme  archaïque. 

Il  poursuit  le  double  projet  de  préparer 
de  bons  tireurs  pour  l'armée  et  de  rap- 
procher, dans  ces  associations  fraternelles, 
les  étrangers  que  la  tourmente  révolu- 
tionnaires a  divisés. 

Mais  Fouché,  Ministre  de  la  Police 
générale,  était  hostile  à  tout  projet  de  ré- 
tablissement des  sociétés  d'arquebuse, 
amsi  qu'en  témoigne  une  lettre  dictée 
par  lui,  que  nous  avons  publiée  ici-méme. 
Il  ajourna  sinj:  Jie,  la  réponse  au  mémoire 
du  Préfet  de  police  et  'l  n'y  fut  donné 
aucune  suite  sous  l'Empire. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  noble  jeu  de 
l'arc  s'est  perpétué  avec  ses  traditions,  et 
cette  survivance  d'une  aussi  vieille  con- 
frérie avec  ses  anciens  statuts,  est  fort 
digne  de  rem  rque. Elle  a  même  conservé 
le  caractère  religieux  qu'elle  avait  au 
temps  où  l'abbé  de  Saint-Médard,  évê- 
que  de  Soissons,  était  son  grand-maitre. 

LÉONCE  Grasilier. 

10  Pluviôse  XIII. 
(36    février   1805). 

Rapport  du    Conseiller  d'Etat 

au  Ministre  de  la  Police  générale 

sur  les  Anciens  Chevaliers  du  Jeu  de  l'Arc. 

Par  leur  pétition  ils  deman.ient  qu'il  leur 
soit  permis  de  se  réunir,  comme  autrefois,  et 
de  reprendre  leurs  exercices. 

En  me  la  renvoyant  V.  E.  m'a  chargé  de 
prendre  des  intomatioiis  et  de  lui  donner 
mon  avis  sur  la  demande  des  anciens  cheva- 
liers de  la  compagnie  du  Jeu  de  l'arc.  L'ori- 
gine des  compagnies  du  jeu  de  l'arc  re- 
monte à  une  époque  assez  reculée.  Elles  fu- 
rent instituées  au  commencement  du  90  siè- 
cle. Leur  établissement  eut  pour  objet  d'exer- 
cer les  bourgeois  à  se  servir  de  l'arc  avec 
adresse  dans  des  tems  où  It  garde  de  la  plu- 
part des  villes  leur  était  confiée.  Les  armes 
que  l'Europe  employé  aujourd'hui  n'étaient 
point  encore  connues,  et  les  compagnies  du 
jeu  de  l'arc  durent  rendre  et  rendirent  sans 
doute  desservcesà  l'Etat. 

Mais  vers  le  milieu  du  14*  siècle,  la  pou- 
dre à  canon  qui  était  trouvée,  depuis  quel- 
que teras,fut  mise  en  usage.  Les  armes  à  feu 
furent  introduites  dans  les  armées  et  rerr- 
placèrent  l'arc  et  la  flèche.  Alors  les  compa- 
gnies du  jeu  de  lare  perdirent  successive- 
ment leur  utilité  primitive,  et  ne  durent 
être  considérées,  depuis,  qqe  comme  des 
réunions  de  plaisir  et  d'agrément. 

Cependant,  il  parait  qu'elles  continuèrent 


L'INTflRMeDIAÏRfi 


180 


à  jouir  de  quelque  c  nsidération.  Les  com- 
pagnies du  jeu  de  l'arc  avaient  d'abord  été 
des  confréries  sous  la  protection  de  samt 
Sébastien  :  elles  prirent  dans  la  suite  un  ca- 
ractère différent. 

L'abbé  de  Saint-Médard  de  Soissons  fut 
nommé  par  une  bulle  Grand  Maître  et  Sei- 
gneur souverain  de  toutes  les  compagnies  de 
l'arc  du  Royaume.  Les  seigneurs  de  fiefs, 
concouraient  avec  le  Grand  Maître  à  leur 
établissement.  Le  Grand  Maître  présidait  aux 
règlements  et  aux  statuts  ;  mais  l'organisa- 
tion ne  pouvait  avoir  lieu  que  sous  le  bon 
plaisir  des  seigneurs,  j'ai  fait  rechercher  les 
anciens  statuts  decescompagnies,ceux  que  je 
me  suis  procurés  ne  remontent  qu'à  1733  ; 
mais  je  pense  qu'ils  contiennent  des  rensei- 
gnements suffisnnts. 

D'après  ces  statuts,  il  ne  devait  y  avoir 
dans  chaque  ville  ou  bourg  ou  village, 
qu'une  seule  compagnie  et  un  seul  jardin. 
Chaque  compagnie  était  composée  d'un  Roi, 
d'un  capitaine  connétable,  d'un  lieutenant, 
d'un  enseigne, d'un  re:eveut,.d'un  procureur, 
d'un  greffier  et  d'un  certain  nombre  de 
chevaliers. 

On  appelait  Roi  celui  qui  avait  abattu 
l'oiseau  au  dernier  tirage.  Lorsqu'il  l'avait 
abattu  trois  fois  de  suite,  on  lui  conférait  la 
dignité  d'Empereur.  Le  roi  avait  voix  pré- 
pondérante aux  assemblées  ;  il  pouvait  mo- 
difier les  décisions  de  la  Compagnie. 

La  capitaine-connétable  était  à  la  tète  des 
autresofficiers  et  des  chevaliers. Les  récipien- 
daires ne  pouvaient  être  reçus  qu'à  la  plu- 
ralité des  suffrage:-.  Il  fallait  qu'ils  fussent 
de  la  religion  catholique,  qu'ils  eussent 
25  ans  ou  qu'ils  fussent  mariés.  Chaque 
compagnie  fixait  le  prix  de  réception.  Elle 
avait  un  drapeau.  Les  chevaliers  étaient  en 
uniforme,  en  épée,  et  portaient  une  mé- 
daille à  b  boutonnière.  Le  jour  du  tirage  on 
faisait  un  présent  au  Roi  ;  ce  présent  s'appe- 
lait *  Joyau  du  Roi  »  Le  receveur  en  était 
dépositaire,  il  le  remettait  au  nouveau  roi 
avec  les  marques  de  sa  dignité.  Je  ne  rap- 
pelle ici  que  les  principales  dispositions  des 
statuts  des  compagnies  du  Jeu  de  l'arc.  Les 
aut;es  sont  relatives  à  la  discipline  intérieure, 
à  la  police  des  jardins,  à  l'ordre  à  observer 
pour  le  tirage, aux  amendes,  ctc  Les  prix  tirés 
dans  les  villes,  bourgs  et  villages  n'étaient 
pas  les  seuls  ;  il  y  avait,  en  outre,  un  prix 
général  où  l'on  n'appelait  que  les  compa- 
gnies des  villes,  et  des  prix  provinciaux  où  les 
compagnies  des  villes  et  bourgs  n'étaient 
point  admises.  Mais  toutes  les  compagnies 
sans  distincti  n  étaient  assujetties  aux  règle- 
mens  que  je  viens  d'analyser.  (Quoique  les 
coMipagnics  du  jeu  de  l'arc  ayent  d'abord 
été  des  confréries  sous  la  protection  d'un 
saint,  que  la  puissance  pontificale  leur  ait 
imprimé     un     caractcr»    religieux,    et    que 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  Août  191' 


i8i 


182 


l'abbë  de  St-Médard,  de  Soissons  en  ait  été 
nommé  Grand  Maître  et  Seigneur  Souverain 
par  le  Pape  Eugène,  je  pense  que  ces  sortes 
d'institutions  avaient  essentiellement  pour 
objet  de  former  les  citadins  ou  bourgeois 
à  la  défense  des  villes  dont  la  garde  leur 
était  alors  confiée.  Les  compagnies  du  Jeu  de 
l'arc  étaient  donc  essentiellement  militaires; 
leurs  jeux  étaient  donc  des  exercices.  Chez 
les  nations  guerrières  on  a  senti  combien  il 
était  important  d'inspirer  aux  hommes  en 
étit  de  porter  les  armes  une  utile  activité 
qui  les  tint  toujours  préparés  à  la  guerre. 
Les  soldats  romains  étaient  assujettis  à  des 
courses  fatigantes  et  à  des  exercices  conti- 
nuels. 

L'exercice  du  pieu  auquel  ils  se  livraient, 
avait  pour  objet  de  leur  donner  de  l'adresse 
à  frapper  l'ennemi.  La  lutte,  le  saut,  le  pu- 
gilat, la  course,  le  jeu  du  disque  étaient  au- 
tant d'exercices  auxquels  les  Grecs  étaient 
obligés  de  se  livrer  pour  acquérir  de  la  force 
et  de  l'agilité.  En  France,  les  tournois  fu- 
rent institués  pour  les  seigneurs  et  les  gen- 
tilshommes. Là  ils  s'exerçaient  à  bien  ma- 
nier un  cheval,  à  se  tenir  ferme  sur  leurs 
étiiers  à  bien  dresser  un  coup  de  lance,  à  se 
servir  du  bouclier,  à  porter,  à  parer  les  coups 
d'épée,  à  s'accoutumer  à  supporter  le  faix  du 
harnois  et  autres  choses  utiles  et  nécessaires 
pour  bien  combattre  dans  les  armées.  Le 
jeu  de  l'arc  fut  institué  pour  exercer  quel- 
ques autres  classes  du  peuple  à  la  défense 
des  places  qui  leu'  étaient  confises. 

Je  n'examinerai  pas  si  le  rétablissement  des 
compagnies  du  jeu  de  l'arc  est  utile  aujour- 
d'hui ;  l'arc  n'étant  plus  au  nombre  des  ar- 
mes employées  à  la  guerre,  cet  e.xamen  se- 
rait oiseux. 

iMais  je  pense  que  l'on  pourrait  substituer 
au  jeu  de  l'arc  un  autre  exercice  qui  offrirait 
une  utilité  générale  pour  l'Etat,  ea  même 
temps  qu'il  serait  peur  ceux  qui  s'y  livre- 
raient une  source  de  récréatirn  et  de  délasse- 
ment. On  m'a  assuré  qu'avant  leur  destruc- 
tion quelques  compagnies  du  jeu  de  l'arc 
avaient  adopté  le  fusil  dans  leurs  exercices. 
Cette  arme  est  en  effet  la  seule  qui  puisse 
remplacer  l'arc. 

Le  fusil  est  employé  dans  nos  armées  ;  et 
la  substitution  qui  en  serait  faite  à  l'arc,  ferait 
renaître  l'utilité  de  cet  exercice.  L'usage  du 
fusil  doit  être  pratiqué,  pour  que  le  tir  soit 
sîir,  et  je  crois  qu'il  faut  autant  d'adresse 
pour  bien  manier  cette  arme  que  pour  lan- 
cer une  flèche.  On  pourrait  donc  autoriser 
les  anciennes  compagnies  du  jeu  de  l'arc  à 
se  rétablir  sous  le  titre  de  compagnies  du 
tir,  par  exemple,  et  à  former  des  élèves.  H 
me  semble  qu'il  résulterait  quelques  avanta- 
ges de  l'adoption  de  cette  idée. 

Le  Jeu  du  tir  formerait  des  hommes  adioits 
et  en  état  de  rendre  des  services  dans   les  ar- 


mées. En  y  entrant,  ils  réuniraient  un  coup 
d'oeil  juste  à  la  facilité  et  à  l'habitude  du  ma- 
niement du  fusil.  D'un  autre  côté,  ce  serait 
offrir  une  récréation  morale  à  ceux  qui  vou- 
draient se  livrer  à  l'exercice  du  tir.  A  la 
suite  des  désordres  civils,  il  faut  cher- 
cher à  rapprocher  les  citoyens  et  à  éteindre 
l'esprit  de  parti,  le  véritable  moyen  est 
de  leur  ouvrir  des  lieux  de  réunion  où  ils 
puissent  se  voir  et  se  récréer  :  là  ils  appren- 
nent à  s'apprécier,  à  s'aimer,  et  les  plaisirs 
qu'ils  goûtent  font  insensiblement  oublier 
les  peines  attachées  au  souvenir  des  causes 
qui  les  avaiei.t  désunies.  Je  ne  crois  pas  que 
le  Gouvernement  ait  ri^n  à  redouter  de  ces 
sortes  de  réunions  On  pourrait  d'ailleurs  com- 
mencer par  lej  villes  un  peu  importantes  de 
la  France,  s.4uf  à  autoriser  la  formation  des 
autres  comp.^gnies,  un  peu  plus  tard,  c'est- 
à-dire  à  mesure  que  les  esprits  deviendraient 
plus  calmes,  et  que  le  Gouvernement  acquer- 
rait plus  de  force  et  d'ascendant  sur  toutes 
les  parties  de  l'Empire  ;  non  que  je  craigne 
le  retour  des  ligueurs,  des  frondeurs  et  des 
chouans,  mais  parce  qu'il  est  sage  de  consul- 
ter l'expérience  avant  d'aller  plus  loin. 

Ces  compagnies  seraient  comme  autrefois 
sous  la  surveillance  de  l'autorité  et  il  serait 
pris  des  mesures  de  police  peur  prévenir  les 
accidents. 

Le  conseiller  d'Etat 

(Préfet  de  Police) 
Dubois, 

(F7.  3120.) 

Stendhal  et  les  Lyonnais  (i).  — 
Lorsqu'en  1838  Stendhal  publia,  chez 
l'éditeur  Ambroise  Dupont,  7  rue  Vi- 
vienne,  à  Paris,  ses  Mémoires  d  un  Tou- 
riste, la  description  qu'il  y  donnait  de 
Lyon,  de  ses  monuments,  de  ses  mœurs 
et  de  ses  coutumes,  description  très  spi- 
rituelle, mais  évidemment  fantaisiste  en 

(i)  Cf.  sur  Stend'ual  plagiaire  noUtXtiixs. 
au  Mercurf.  deFrance  à\x  i®"^  février  t9lo,p, 
567-569etlacorrection  que  nous  avons  donnée 
au  numéro  du  i^ï'juin  1910,  dans  notre  lettre 
sur  VEmpire  L.béral,  p.  573,  lettre  à  la- 
quelle a  bien  voulu  se  reporter  M.  E.  Bar- 
thélémy \M  n'  du  î*'  décembre  1910.  Sur  les 
plagiats  de  Stendnal  et  l'Angleterre,  il  existe 
maintenant  une  étude,  incomplète,  de  Doris 
Gunnell  :  Stendhal  et  l' Angleterre^  thèse  de 
l'Université  de  Paris  paruj  en  1908  et  réim- 
prim.ée  en  1909,  dont  M.  F.  B^ldensperger  a 
donné  une  trop  rapide  analyse  p.  77-78  de  la 
Revue  Germanique,  içio.  M.  Jean  Mélia, 
dans  Stendhal  et  es  comvientateun  (Paris, 
191 1),  ignore,  au  chapitre  :  Stendhal  com- 
menté de  soy-  viv.mt,  p.  27-207,  le  passage 
que  nous  e.xhumons. 


W  1336     Voî.   LXVI. 

■  185 

plusieurs  points,  suscita,  de  la  part  des 
littérateurs  groupés  autour  de  la  très  vi- 
vante et  très  intellectuelle  Revue  du  Lyon- 
nais, que  dirigeait  le  polygraphe  F  -Z. 
Collombet  en  union  avec  l'éditeur  Léon 
Boitel,  une  protestation  que  l'on  n'a  pas 
songé  à  exhumer  jusqu'à  présent  et  qui 
est  restée  enfouie  au  t.  IX  (1839)  de  cet 
organe.  Après  avoir  rcimprimé,  p.  48-68, 
l'essentiel  de  cette  centaine  de  pages,  sous 
la  rubrique  :  Littèrahire^  et  avec  une  Noie 
du  Directeur  ile  la  Revue,  c\u\  graphie  fi<ïî7(? 
le  patronymique  de  l'auteur  incriminé,  la 
Revue  s'en  prit  à  Stendhal  dans  deux  ar- 
ticles bibliographiques  émanant,  l'un 
(p.  69-73)  d'Amédéc  de  Roussillac,  l'autre 
(p.  86-89),  de  H.  Leymarie.  Ces  articles 
relèvent  les  incongruités  tt  légèretés  des 

Mémoires  en  termes  assez  violents. 

« 

il  nous  3.  failli,  dit  Roussillac —  qui  prend 
sérieusement  Beyle  pour  un  négociant  fai- 
sant son  tour  de  France  pour  vendre  du  fer, 
auquel  l'idée  serait  venue  de  griffonner 
ses  impression*  de  voyage,  mais  qui  aurait 
dû  s'en  tenir  là  et  les  garder  en  portefeuille 
avec  ses  comptes  et  ses  bordereaux  —  notre 
amour  bien  connu  de  la  localité  et  le  soin 
constant  qui  nous  piéoccupe  de  fixer  l'atten- 
tion sur  tout  écrit  ayant  trait  à  notre  ville 
pour  lire  cet  étonnant  ramassis  de  détails 
communs,  de  choses  banales  et  d'idées 
saugrenues.  Ce  qu'il  y  a  de  plus  comique 
dans  ce  marchand  de  fer,  c'est  qu'il  veut  être 
léger,  spirituel,  et  sa  prétendue  légèreté 
nest  que  l'absence  de  toute  maturité  de 
pensée  ;  il  joint  à  une  suffisance  baroque  un 
aplomb  étouidiosant  et  assommant.  Il  sautille, 
il  divague,  il  digresse  à  tort  et  à  travers  ;  il 
dit  des  riens  sur  les  choses  les  plus  impor- 
tantes, . . 

Et  l'on  conclut  : 

11  nous  a  donc  semblé  utile  de  signaler  les 
Mémoires  d'un  louristi  comme  une  œuvre 
d'ignorance  et  de  mauvais  goût,  sinon  de 
mauvaise  foi 

H.  Leymarie  s'occupe,  naturellement, 
surtout  des  bévues  archéologiques  de 
Beyie,  «  à  qui  l'on  doit  dcja  le  roman  de 
Rouge  et  Noir,  plus  deux  volumes  sur 
l'Italie  >>  et  en  qui,  lui  aussi,  il  reconnait 
«  une  suffisance  et  une  légèreté  incroya- 
bles ».  C^n  sait  que  Beyie,  dans  cet  ou- 
vrage, copiait  textuellement  des  pages  en- 
tières de  son  ami,  Prospor  Mérimée, 
source  principale  de  son  savoir  archéolo- 
gique. M,:is  ce  que  Leymarie  combat 
surtout,    c'est  la  bizarre  conception  qu'a 


L'ÂNTERMEDiAIRB 


184 


l'auteur  de  problèmes  où  son  incompé- 
tence tranche  avec  cette  impertinence  ca- 
valière qui  le  caractérisait,  entre  tous  les 
écrivains  de  l'époque. 

11  a  beau  protester  de  son  profond  senti- 
ment des  arts,  il  a  beau  faire  semblant  de  se 
cacher  aux  yeux  de  ses  amis  de  Paris  pour 
parler  d'archéologie  à  son  aise,  on  voit  qu'il 
appartient  à  cette  petite  portion  de  la  fashion 
pOur  laquelle  l'art  est  un  sujet  de  conversa- 
tion, rien  de  plus. 

Le  gothique,  que  Beyie  appelait  un  style 
«  qui  cherche  à  étonner  »,  avait,  on  le 
sait,  à  cette  date,  le  dédain  des  salons  pa- 
risiens, admirateurs  du  plein  cintre  et  de 
la  ligne  horizontale. 

Parlez  à  M.  Bayle  (sic)  du  type  grec,  ro- 
main, ou  au  moins  bysantin  ;  très  bien,  il 
est  des  vôtres  ;  mais  est-il  question  du  style 
pointu,  du  gothique  orné,  de  l'art  français 
dans  toutes  ses  branches,  oh  !  alors,  il  sourit 
dédaigneusement  et  voas  tourne  le  dos. 

Au  demeurant,  à  travers  les  singulières 
observations  de  l'auteur,  l'on  rencontrait 
de  bonnes  appréciations  du  style  antique  et 
le  fanatisme  que  professait  pour  lui  Beyie 
ne  laissait  pas  d  adoucir  Leymarie. 

Par  sa  liaison  avec  l'zntiquité  romaine,  le 
genre  bysantin  a  trouvé  quelquefois  grâce 
devant  ses  yeux,  et  l'admiration  que  nous 
inspire  aussi  cette  école,  diminue  un  peu 
pour  nous  les  torts  de  M.  Stendhal.  Il  ne 
fallait  pas  moins,  pour  nous  empêcher  de 
fermer  le  livre  dès  les  premières  pages,  tant 
est  grande  l'imprudence  avec  laquelle  il 
tranche  les  questions  dont  il  n'a  fait  qu'ef- 
fleurer la  surface.  . . 

Nous  avons,  dans  un  article  delà  Revue 
des  Langues  Romanes  (tome  LIV,  p.  504, 
note  2),  déjà  relevé  la  comique  bévue  de 
Monsieur  Victor  Giraud,  lequel,  à  propos 
précisément  des  Mémoires  d'un  Touriste, 
s'imagine,  en  1903,  que  le  Rehoul  qui  y 
est  cité  comme  s'étant  entretenu  avec 
Mme  Roland  dans  son  cachot  en  1793, 
n'était  autre  que  le  poète  nimois,  auteur 
do  L'Ange  et  l'Enfant,  qui  naquit  en  1796! 
Voilà  à  quoi  sert  de  professer  la  littérature 
dans  une  Université  helvétique. 

Camille  Pitollet. 


Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

Imp.  Oanu.i-Cham80k,  St-Amand-Mont-Rond 


LXVI*  Voinme  Paraissant  Us       to,  30  et   }0  àe  chaque  mois 


20  Août  1913 


48»  Année 

81"*,r.Victor-Ma8Hé 
PARIB  i\\*\ 

Hureau   :  de  3  à€heuret 


Çhtrchex  et 
vaut  trouverez 


QVSQVn 


g       II  se  faut 
M       $ntr'aider 

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NM337 

SfiX'.r.Yjctor-Maas 
PARIS  (IX*) 

Bureaux  :  do3è  Gbeurfli 


€  3nUxmébiaixe 


DES 


CHERCHEURS    ET    CURIEUX 
Fondé   en    1864 


QUESTIONS     ET     REPONSES     LITTERAIRES,     HISTORIQUES,     SCIENTIFIQUES     ET    ARTISTIQUE 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


18: 


186 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  qua 
d'un  côté  de  lafeuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cota. 

Qiiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauj  exception, 
n'est  pas  insérée^  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux suinter  dit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


(BHueôtianô 


Les  Noyades  de  Nantes.  —  Est-il 
vrai  que,  vu  le  grand  nombre  de  cadavres 
ramenés  à  Nantes  par  le  flux,  la  munici- 
palité défendit  de  boire  l'eau  de  la  Loire  et 
de  manger  de  son  poisson  ?  U. 

Louis-Philippe,  le  24  février 
1848.  —  Dans  quelle  voiture  a-t-il  quitté 
Paris?  On  parle  toujours  d'un  fiacre  : 
était-ce  bien  un  fiacre  ? 

Question  posée  pour  un  croquis  d'his- 
toire dessiné.  O.  M.  peintre. 

Victor  Hugo,  maire  de  Paris.  — 

M.  Jules  Claretie,  dans  sa  dernière  Vie  à 
Paris,  ce  tableau  philosophique,  si  animé 


publié 


des  événements  contemporains 
ce  post-scriptum  : 

Un  de  nos  lecteurs  me  pose  une  question 
que  j'aurais  bien  envie  de  transmettre  à  l'In- 
termédiaire des  chercheurs  et  curieux. 
M.  Montorgueil  la  pourra  recueillir.  A  pro- 
pos de  la  promotion  qui  fait  si  justement  de 
M.  Jean  Richepin  un  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  mon  correspondant  me  demande  : 

—  Savez- vous  que  M.  Richepin  n'est  pas  le 
seul  maître  poète  qui  ait  été  maire  et  ait  eu 
le  droit  de  porter  l'éoharpe  tricolore  ?  Dès  le 
lendemain  du  24  février  1848,  Victor  Hugo 
était  nommé  maire  d'un  arrondissement,  le 
78,  je  crois.  Pouvez-vous  confirmer  le  fait, 
dont  j'affirme  l'exactitude  ? 

Il  est  parfaitement  vrai  que  Victor  Hugo 
fut  aussi  nommé  maire,  et  je  me  rappelle 
avoir  lu  la  nouvelle  dans  les  journaux  du 
temps  (on  pourrait  la  retrouver).  Sans  doute 
le  poète  n'accepta  pas  cette  fonction.  Pour- 
quoi ?  11  ne  l'a  jamais  dit,  que  je  sache. 
Âlais  Faimable  lecteur  qui  me  pose  ce  point 
d'interrogation  est  bien  informé,  et  avant 
d'être  député  de  la  Seine,  Victor  Hugo  fut 
maire  à  Paris  en  1848.  C'est  un  détail  inté- 
ressant et  ignoré  de  l'histoire  du  poète  des 
Rayons  et  hs  Ombres. 

Comme  on  le  voit,  notre  éminent  con- 
frère, pour  répondre,  pouvait  se  passer 
de  nos  lumières  :  il  dit  tout  ce  que  l'on 
sait  sur  cette  particularité  de  la  vie  du 
poète  illustre,  à  moins  qu'il  n'existe  quel- 
que part,  trace  d'une  confidence  ignorée, 
qui  révèle  pourquoi  Victor  Hugo,  maire  de 

Paris,  n'accepta  pas  Técharpe. 

* 

Dans  le  numéro  suivant,  M.  Jules  Cla» 
retie  écrit  ; 

J'ai  reçu  d'un  hugophile  très  averti,  M. 
Lucien  Pallez,    le   sculpteur,    l'auteur   de    la 

LXV-  5 


I 


N*  i|37     Vol.   LXVI. 

,87    ^ 

Statue  de  Victor  Hugo  qu'on  voit  à  Rome, 
une  réponse  à  la  question  posée  :  <  Victor 
Hugo  fut-il  maire  de  Paris  ?  » 

M.  Pallez  s'étonne  qu'une  page  de  Chose:; 
vues  où  Victor  Hugo  lui-même  conte  l'aven- 
ture m'ait  échappé.  Je  n'oubliais  point  cette 
page.  Je  voulais  constater  que  la  nomination 
de  maire  avait  été  publiée    par  les  journaux. 

C'est  au  huitième  arrondissement  —  celui 
de  la  place  Royale  —  que  le  poète  avait  été 
élu. 

—  Ne  refusez  pas  notre  brevet,  lui  dis.^.it 
Arago. 

—  Je  le  prends  pour  les  autographes,  ré- 
pondait Hugo. 

Et  Armand  Marrast,  en  riant  : 

—  Oui,  gardez-le,  pour  que  vous  puis- 
siez dire  que,  du  jour  au  lendemain,  vous 
avez  été  pair  et  maire. 

Lamartine,  plus  grave,  entraînait  son  ami 
dans  l'embrasure  d'une  croisée  (à  l'Hôtel  de 
Ville),  et  disait  : 

—  Ce  n'est  pas  une  mairie  que  je  vou- 
drais pour  vous,  c'est  un  miiiistère.  Victor 
Hugo,  ministre  de  l'instruction  publique  de 
la  République  ! 

Peut-être,  avant  Lamartine,  Victor  Hugo  y 
avait-il  songé.  — /.  C. 

Rue  Madame.  —  D'après  le  Livte 
commode  dt  Blégny  du  Pradel  (i)  il  y  avait 
à  Paris,  en  1692,  une  rue  Madame  que  ni 
La  Tynna,  ni  les  frères  Lazare  ne  citent 
dans  leurs  dictionnaires.  Ce  n'est  certai- 
nement pas  la  rue  Madame  actuelle  qui  ne 
fut  ouverte  que  dans  les  dernières  années 
du  régne  de  Louis  XVI. 

S'il  n'y  a  pas  là  une  erreur  de  l'auteur 
du  Livre  commode,  peut-on  dire  où  était  si- 
tuée cette  rue  ?  H.  M. 

Parc  de  Neuilly.  —  Un  tableau  de 
Th.  Gudin  (1802-1879)  à  Chantilly  (col- 
lection de  Mgr  le  duc  d'Aumale  n"  472) 
représente  une  »<  vue  du  pont  suspendu 
du  parc  de  Neuilly  ».  Ce  pont  paraît  jeté 
sur  un  vaste  étang  entre  une  île  boisée  et 
la  rive.  Cet  étang  existe-t-il  encore  P  Ou 
était-il  situé  ?  Humanus. 

Le  mont  Pagnotte.  —  Je  lis  dans  la 
Revue  Jci  Deux-Mondes  du  r'  Décembre 
1881,  dans  les  Etudes  diplomatiques  du 
duc  de  Broglie  : 

Le  roi  [Louis  XV]  finit  par  laisser  tomber 
celte  parole  indifférente  ;  «  Nous  n'avons 
qu'une  chose  à  faire,    c'est   de  rester  sur  le 

(i;  Tome  l•^  page  los,édit.  Tournicr. 


L'INTàRMBDIAIRB 


188 


mont  Pagnotte  ».  A  quoi  le  marquis  de  Sou- 
vré  répliqua  vivement  :  «  Votre  Majesté 
aura  froid,  car  ses  ancêtres  n'y  ont  pas 
bâti  ». 

Le  mot  de  Louis  XV  est  caractéristique 
par  sa  trivialité  même.   .  page  496. 

—  due  signifie  le  mot  trivial  :  mont  Pa- 
gnotte ?  Je  serais  très  reconnaissant  à  Pai- 
mable  intermédiairiste  qui  voudrait  bien 
me  l'expliquer.  Piton. 

Hélène    America    Vespucci.    — 

Cette  descendante  d'Americ  Vespuce,  is- 
sue de  la  meilleure  noblesse  florentine  et 
élevée  à  la  Cour  de  Toscane,  poussée  par 
un  esprit  romanesque  et  aventureux, 
quitta  Florence  en  1834,  voyagea  en  Eu- 
rope et  se  rendit  à  Paris  vers  la  fin  de 
l'année  1836. 

D'une  beauté,  d'un  esprit  et  d'une  no- 
blesse dans  sa  tenue  extraordinaires,  elle 
reçut  des  marques  spéciales  de  protection 
de  la  Cour  française,  notamment  de  la 
Reine  Marie-Amélie.  Elle  devint  aussi 
l'amie  et  la  protégée  de  la  comtesse  Ap- 
ponyi,  femme  de  l'ambassadeur  d'Autri- 
che. Mais  le  bruit  ayant  couru  d'une 
folle  passion  du  duc  d'Orléans  pour  la 
merveilleuse  italienne,  elle  fut  priée,  pa- 
rait-il, en  haut  lieu,  de  quitter  Paris. 

Si  cela  est  arrivé,  on  a  dû  toutefois  y 
mettre  des  formes,  car  elle  obtint  de 
chaudes  lettres  de  patronage  de  la  Reine, 
une  recommandation  pour  le  corps  con- 
sulaire français  et  une  autorisation  du  Mi- 
nistre de  la  Marine  de  prendre  passage  à 
bord  d'un  navire  de  l'Etat. 

Elle  débarqua  à  Rio  de  Janeiro  le  16  mai 
1838;  en  automne,  elle  était  à  New-York. 
La  presse  et  le  public  lui  firent  un  accueil 
enthousiaste.  Elle  adressa  au  Congrès 
une  pétition  pour  être  adoptée  par  l'Union 
comme  petite-fille  de  celui  qui  avait 
donné  son  nom  à  l'Amérique.  Des  mee- 
tings se  tinrent,  où  elle  eut  des  partisans 
et  des  détracteurs.  Certains  Etats,  tels 
que  rOhio  et  le  Missouri,  lui  votèrent  des 
dons  nationaux  ;  le  sénateur  Walker,  Ja- 
mes Buchanan  et  autres  notabilités  se 
rangèrent  parmi  ses  partisans.  Mais  le 
Congrès  repoussa  le  projet  de  loi,  tout 
en  ouvrant  des  listes  particulières  de 
souscriptions  en  faveur  de  Mademoiselle 
Vespucci. 

Alors,  par  une  lettre  très  digne,  elle  re- 
fusa le  produit  de   ces  souscriptions  qui 


DES  CHBRCHBURS  BT  CURIEUX 


189 


so  Août   19I2 


190 


s'élevait  déjà  à  une  somme  de  100,000 
dollars,  disant  qu'elle  était  venue  deman- 
der un  droit  d'asile  et    non  une  aumône. 

Elle  passa  en  1840  à  Cuba.  De  là  en 
Angleterre,  bien  reçue  par  la  haute  so- 
ciété de  Londres.  Elle  logeait  106  Sloane 
Street,  où  elle  se  lia  d'une  sincère  amitié 
avec  le  prince  Louis-Napoléon,  depuis 
empereur. 

Sa  vie  a  passé  presque  entière  en  voya- 
geant de  Londres  à  Florence,  de  New- 
York  à  Madrid,  très  appréciée  dans  la  so- 
ciété des  beaux  noms  et  des  hautes  intel- 
ligences de  son  époque. Elle  était  appuyée 
par  la  Cour  d'Autriche  ;  et  la  reine  d'Espa- 
gne l'avait  décorée  et  nommée  chanoi- 
nesse  de  l'ordre  de  sainte  Thérèse. 

Vers  les  derniers  temps  de  sa  vie,  elle 
se  fixa  définitivement  à  Paris,  y  condui- 
sant une  vie  respectable  et  largement  ai- 
sée. Elle  est  morte  en  1867,  à  son  domi- 
cile rue  de  la  Pérouse  27 . 

On  a  de  cette  charmante  et  singulière 
femme  une  autobiographie  :  Six  années 
de  ma  vie,deii  publications  sur  l'Esclavage 
américain,  etc.,  etc. 

Je  demande  a  ceux  des  intermédiairis- 
tes  et  collectionneurs  d'autographes,  qui 
auraient  eu  occasion  de  rencontrer  des 
lettres  et  manuscrits  de  Hélène  America 
Vespucci,  de  me  les  signaler,  ainsi  que 
tous  les  détails  et  épisodes,  qui  pour- 
raient servir  à  une  plus  ample  connais- 
sance de  cette  remarquable  personnalité 
féminine  du  siècle  passé. 

COLOCCI. 


Famille  de  la  Berlouche,  ou  de  la 
Bertouch'ô  ?  —  Existe-t-il  en  France 
quelque  descendant  du  baron  de  la  Ber- 
touche  ou  de  la  Berlouche,  dont  l'une  des 
12  filles  avait  épousé  un  Clary,  de  Mar- 
seille, beau-frère  de  Joseph  Bonaparte  et 
de  Bernadotte.?  J.  M. 

Bourbel.  —  Pourrait-on  avoir  des  dé- 
tails sur  un  M.  de  Bourbel  qui  avait  tué 
en  duel  le  grec  Haidé  ^  Ainsi  s'exprime 
une  dame  qui  écrivait  d  Italie  à  des  amis 
de  Paris.  Ce  M.  de  Bourbel  avait  passé 
l'hiver  de  1833  à  Florence,  où  il  tenait 
grand  état  de  maison,  recevait  et  donnait 
des  bals  ;  mais  on  le  considérait  comme 
un  espion  du  gouvernement  de  juillet. 

Henry  Prior. 


Un  portrait  de  Chateaubriand.  — 

Hilaire  Ledru^né  à  Oppy,  près  Douai, vers 
1769,  mort  à  Paris,  6  boulevard  Poisson- 
nière le  29  avril  1850  (et  non  le  2  mai)  a 
exposé  au  Salon  de  1822, un  portrait  des- 
siné de  Chateaubriand  qui  lui  avait  fait 
obtenir  un  secours  annuel  de  600  francs. 

Où  se  trouve  maintenant  ce  portrait  ? 

On  désirerait  également  retrouver  les 
œuvres  originales  de  Ledru  (autres  que 
celles  conservées  aux  musées  de  Douai  et 
de  Lille)  et  notamment  les  portraits  de 
Mlles  Meiières  et  de  Dalayrac  qui  figurè- 
rent en  1866  dans  la  vente  Hedouin. 

Il  avait  aussi  écrit  des  notes  autobio- 
graphiques dont  la  partie  antérieure  à 
1789  aétépubliée  dans  les  Souvenirs  de  la 
Flandre  l^^//(3««^  (tome  XIll,   1873)^ 

Que!  est  aujourd'hui  le  possesseur  de 
ce  manuscrit  ?  Ch.  S. 

L'amiral  de  Lacrosse.  —  Le  ta- 
bleau dePMlippoteaux  où  il  figure. 

—  1°  Qu'est  devenu  un  tableau  de  Phi- 
lippoteaux,  quia  figuré  à  l'un  des  salons 
de  77  à  80,  représentant  le  capitaine  de 
vaisseau  de  Lacrosse  a  bord  des  «  Droits 
de  l'Homme   »    pendant    un  combat  de 

1797- 

2"*  Pourrait-on  obtenir  des  renseigne- 
ments ou  des  documents  sur  l'amiral  de 
Lacrosse  (1760-1827)  portraits,  lettres, 
armes,  brevets,  rapports,  etc  ? 

F.    DE  SOLIÈRES. 

Famille  de  Malherbe  —  On  trouve 
dans  la  généalogie  des  Turgot  plusieurs 
alliances  avec  des  membres  d'une  fa- 
mille de  Malherbe.  Or,  François  de  Ma- 
lherbe était  normand  comme  les  Turgot. 
J'ai  beau  consulter  les  biographes,  je  ne 
trouve  rien  sur  les  alliances  du  poète.  Jal, 
toujours  si  renseiî^né,  n'a  pu  dire  à  qui  il 
avait  été  marié.  Pourtant,  il  eut  un  fils, 
Marc-Antoine  de  Malherbe,  qui  périt  dans 
un  duel  La  question  est  digne  de  l'Inter- 
médiaire et  je  demande  à  mes  collègues, 
des  notes  sur  les  alliances  de  famille  de 
François  de  Malherbe,  et  si  je  peux  le  rat- 
tacher aux  Turgot.  E.  Grave. 

Famille  de  Montsaulnin.  —  Je  se- 
rais fort  obligé  si  l'on  pouvait  me  dire  : 

1°  De  qui  était  fille  Aimée  de  Mont- 
saulnin, religieuse  à  Crisenon  en  1620.'' 

2°  De  qui  était  fils  Claude  de  Monsaul- 


N«  1337.  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


191 


192 


nin  écuyer,  demeurant  à  Monceau  en 
Auxoisen  1700,  marié  à  Renée  Damoiseau, 
fille  de  Claude  César, sieur  de  IVlontarin,et 
de  leanne  de  Morillon  ? 

Si  de  ce  mariage  il  y  a  eu  d'autres  en- 
fants que  Claude,  aussi  écuyer  et  vivant 
en  1727  ?  ^^ti. 

Si  ce  dernier  a  été  marié  et  a  laissé  des- 
cendance ? 

3°  Si  Antoine  de  Montsaulnin  écuyer, 
mort  à  Vic-sou5-Tliil,le  18  février  1748,3 
72  ans,  marié  à  Colombe  de  Léviston, 
morte  en  1757,  à  90  ans,  a  eu  de  celle  ci 
d'autres  enfants  que  :  i"  Antoine  Charles, 
curé  de  Millery  ; 

2"  Anne  Colombe  iTftriée  (?) 

4°  Si  François  de  Montsaulnin  capi- 
taine, a  eu  des  enfants  d'Eugénie  Baudouin 
d'Orville  qui  fit  son  testament  à  Semur  en 

S"  De  qui  était  fille  Caroline  de  Mont- 
saulnin morte  le  3  octobre   1817  ? 

6»  De  qui  était  fils  Amable,  vicomte  de 
Montsaulnin,  marié  à  Madeleine-Henriette 
Rollet-Davaux.  Enfin  si  ces  derniers  ont 
eu  aussi  des  enfants?  S.  G.  L. 

SEiint-Aulaire,  acteur.  —  Qu'est-ce 
que  P.-J.  Porlier-Pagnon,dit  Saint-Aulaire, 
sociétaire  de  la  Comédie  Française,  né  en 
179},  mort  en  1864  ?  D'où  vient  son  sur- 
nom, célèbre  dans  l'armée,  à  l'Académie, 
les  ambassades  ^  Quel  rapport  plus  ou 
moins  lointain  avec  la  fam.ille  illustre  de 
ce  nom  1 

Petracorensis. 

La  Taglioni.  —  Je  désirerais  avoir 
des  renseignements,  anecdotes,  dates,  etc. 
sur  les  ancêtres  de  la  célèbre  danseuse 
MarieTaglioni  ;  peut-être  quelque  aimable 
correspondant  pourra-t-il  me  répondre  ? 

P.  A.  T. 

Famille  de  Marie- Angélique 
Wallon.  —  Quelle  était  la  famille, c'est- 
à-dire  le  père  et  la  mère,  et,  s'il  se  peut, 
les  quatre  aïeuls  de  Marie-Angélique  Wal- 
lon, mariée  à  Louis  Marquct,  comte  de 
Montbreton,  frère  de  Norvins  ?  Celui-ci 
parle  d'elle  comme  d'une  «  riche  héritière 
de  Picardie  >,  mais  je  ne  crois  pas  qu'il 
donne  d'autres  détails. 

Un  document  de  la  cour  de  Vienne  que 
j'ai  entre  les  main<^.,  dit  que  cette  frmille 
figure  à  y Af mariai  général  —  qu'il  m'est 


en  ce  moment  impossible  de  consulter  — 
que  le  père  de  Marie-Angélique  était 
«  écuver  du  Roi  »  et  son  grand-oncle  Ni- 
colasWallon,  «chevalier  de  Saint-Louis.  » 
Quelles  étaient  les  armes  .'' 

Inutile  de  me  renvoyer  à  ses  descen- 
dants. Bénédicte. 

Tugdual  de  Karmoisien  ;  ses  ar- 
moiries. —  Connaît-on  le  blason  de 
Tugdual  de  Karmoisien,  surnommé  Bour- 
geois, bailli  de  Troyes,  qu'Alain  Chartier 
appelait  un  bon  et  vaillant  chevalier  et 
qui  fut  tué  au  siège  de  Cherbourg  en 
1450  ? 

11  eut  pour  femme,  dit  La  Roque,  Marie 
de  Garencières,  dame  de  Macy,  de  Croisy, 
et  du  Puiset,  fille  de  Jean  de  Garencières 
et  de  Jeanne  de  Villiers. 

De  ce  mariage  était  issue  Jeanne  de  Kar- 
moisien qui,  au  mois  d'août  1477,  épousa 
Jean  de  Gaillon.  '  Qy^siTOR. 

Armoriai  du  roi  Murât.  —  Existc- 
t-il  un  armoriai  renfermant  les  anoblis- 
sements faits  par  le  roi  Murât  durant  son 
séjour   dans   le    royaume    des   Deux-Si- 


ciles  ? 


B.  P. 


Standesherren  allemands.   •-  On 

sait  que  l'on  appelle  ainsi  les  anciens 
princes  souverains,  aujourd'hui  média- 
tisés. Un  confrère  érudit  pourrait-il  m'in- 
diquer  les  droits  qui  leur  ont  été  oc- 
troyés et  laissés  jusqu'à  nos  jours  ?  Les 
princes  médiatisés  sont  encore,  en  quel- 
ques points,  pour  leur  rang  de  noblesse, 
les  égaux  des  princes  régnants  ;  parexem- 
ple  les  membresde  familles  régnantes  peu- 
vent s'unira  des  membres  de  familles  mé- 
diatisoes  sans  mésalliance,  et  cela  se  voit 
souvent.  Les  médiatisés  qui  ont  le  titre 
de  prince  s'appellent  Altesses  Sérénissimes 
ou  Durchlaucht  ;  les  comtes  sont  Mes- 
seigneurs  ou  Erlaucht  :  tous  appartien- 
nent à  la  haute  noblesse  (der  hohe  Adel). 
De  plus  les  médiatisés  siègent  de  droit  et 
héréditairement  aux  premières  Chambres 
des  Etats  particuliers  de  l'Allemagne. Mais 
sont-ce  les  seules  prérogatives  qui  soient 
restées  aux  médiatisés  dans  l'Allemagne 
contemporaine  ?  A  côté  de  ces  hochets  de 
vanité  nobiliaire,  ont-ils  encore  d'autres 
droits,  par  exemple  le  droit  de  percevoir 
certaines  contributions  spéciales  sur  leurs 
anciens  sujets,   ou    quelque    autre  droit, 


DiiS  CHERCHEURS.  HT  CURîEUA 


20  Août   lifl2 


'93 


194 


rappelant  leurs  anciens  droits  féodaux  et 
souverains  ? 

Par  la  même  occasion,  pourrait-on  me 
dire  la  différence  exacte  qui  existe  entre  les 
trois  formes  suivantes  de  propriété  ter- 
rienne, vestiges  de  l'ancienne  féodalité 
qui  subsistent  encore  en  Allemagne  : 
freie  Standes  herrschatt,  fideicommis  et 
bien  noble  (en  allemand  Rittergut  )  ? 
Quels  droits  y  sont  attachés  ? 

ZWEIROT. 

Le  premier  tableau  médaillé  de 
Jules  Dupré.  —  Jules  Dupré  obtint  sa 
première  médaille  au  salon  de  l'Exposi- 
tion universelle  de  1867  pour  un  tableau 
représentant  «  Un  passage  d'animaux  sur 
un  pont  en  Berry.  » 

Ce  tableau  a-t-il  été  reproduit  par  la 
gravure  ou  dans  un  ouvrage  quelconque 
sur  l'Exposition  de  1867  ? 

Dans  quelle  collection  ou  Musée  se 
trouve-t-il  aujourd'hui  ? 

N'est-il  pas  figuré  dans  la  collection  du 
D'  Desmares,  oculiste  à  Paris  vers  1870  à 
1887  ?  C.  G. 

Les  encriers  célèbres.  —  Je  sais 
bien  que  \' Intermédiaire  a  horreur,  avec 
juste  raison,  des  «  listes  »,  on  ne  sait 
jamais  quand  ça  finit.  Cependant  je  de- 
manderais qu'on  nous  parle, pour  en  dres- 
ser la  revue, des  encriers  célèbres  qui  sont 
conservés.  R.  B. 

La  g  'uèse  du  «  Rêve  »  de  Zola. 

—  On  a  prétendu  que  le  Rêve,  de  Zola, 
qui  ne  va  guère  dans  la  logique  de  son 
œuvre,  avait  été  écrit  à  la  suite  de  l'acqui- 
sition que  fit  le  romancier  d'un  bréviaire  . 
Que  vaut  cette  légende?  L.  V. 

«  Aujourd'hui,  Dieu  s'est  montré 
bon  français  »  -  Quel  est  le  roi  de 
France  qui  aurait  dit,  après  une  victoire  : 
«  Aujourd'hui,  Dieu  s'est  montré  bon 
français  »  .?  G.  G. 

Le  chien  Berganza.  —  Dans  le  Salon 
de  1846  de  Baudelaire,  il  est  question  du 
«  chien  Berganza  »  qui  «  fuit  ardemment 
les  bas-bleus  »  et  prononce  ces  «  sages 
paroles  »  à  propos  de  Corinne  : 

Quelque  beaux  que  puissent  être  '^onbras 
ou  sa  main,  jamais  je  n'aurais  pu  supporter 
ses   caresses    sans    une  certaine  répugnance, 


un  certain  frémissement  intérieur  qui  m'ôte 
ordinairement  l'appétit.  Je  ne  parle  ici  qu'en 
ma  qualité  de  chien. 

Baudelaire  ajoute  que  certains  portraits 
de  femmes,  parFlandrin,  Lehmann,  etc., 
lui  font  éprouver  la  même  sensation  que 
le  «  spirituel  Berganza    » 

Quel  est  ce  chien  bel  esprit  et  «  anti- 
léministe  ^  ?  Dans  quel  livre  tient-il  ses 
discours  ? 

Arsène  Alexandre. 

■?  Madame  Roland  »%drame  —  Dans 

son  opuscule  sur  la  Comédie  Française, 
(p  156)  Charles  Maurice  prétend  qu'il  pa- 
rut, en  1794,  un  drame  sur  Madame  Ro- 
land^ qui  fut  présenté  au  Théâtre  de  la  Ré- 
publique. 

Je  ne  vois  nulle  part,  qu'une  pièce  de 
ce  genre  ait  été  envoyée  aux  comédiens 
de  la  rue  de  Richelieu,  et  encore  moins 
jouée. 

?i,  toutefois,  elle  a  jamais  existé,  qui 
pourrait  bien  en  être  l'auteur  .? 

Paul  Edmond. 

Origine  du  nom  de  Mistinguett. 

—  On  sait  comment  ce  nom  est  agréable- 
ment porté.  Ne  serait-il  pas  de  vieille 
souche  française  ?  Je  lis,  en  effet,  dans  une 
bibliographie  cette  indication  :  Plaisantes 
idées  du  sieur  Mistanguet^  parent  de  Brus- 
cambille  16  n^.  Paul  Edmond, 

L'Ordre  de  la  Pomme  Verte.  — 

C'était  un  ordre  maçonnique  qui  fut  fondé, 
vers  1780,  en  Allemagne,  et  qui  trouva, 
parait-il,  des  adeptes  en  France.  On  y  ad- 
mettait également  hommes  et  femmes. 

Existe-t-il  encore?  Et  a-ton  quelques 
renseignements  sur  son  organisation  et 
ses  agissements  ?  Sir  Graph. 

Kéacfif  pour  taire  réapparaître 
l'écriture.  —  Je  possède  un  ouvrage 
dont  il  ne  reste  sur  le  titre  que  la  signa- 
ture autographe  d'un  personnage  célè- 
bre. 

D'autres  notes  du  même  personnage, 
ont  été  non  grattées,  mais  effacées  par  un 
acide.  N'y  aurait  il  pas  moyen  de  faire 
réapparaître  les  anciens  caractères  au 
moyen  d'un  réactif.'' 

L'Ingénu. 


N»  ij|37  Vo!.  LXVI. 
'■ 19? 


|.|NT^iii4|0||V^I^I? 


\9P 


Répouees 


Jejm-Jacques  Rousseau:  sa  mort 

(T.  G. ,789  ;  1  ;  IX  ;  XI;X1V;XXII|  ;XXXI; 
LV).  —  On  pouvait  supposer  qu'après 
l'ouverture  des  tombeaux  du  Panthéon, 
on  était  fixé  sur  la  mort  de  Rousseau.  Il  a 
été  constaté,  en  effet,  et  procès-verbal  en 
existe,  que  le  corps  de  Jean-Jacques  repo- 
sait entier  dans  son  cercueil  inviolé,  et, 
en  outre,  par  M.  Berlhelot,  qui  Ts  dit 
bien  haut,  en  examinant  le  crâne  du 
squelette,  que  ce  crâne  était  intact  ;  qu'il 
n'y  avait  ni  trace  de  fracture,  ni  traco  de 
perforation;  c'était  pour  écarter  définitive- 
ment la  thèse  du  suicide  ou  de  l'assassi- 
nat. 

Cependant,  le  docteur  Jules  Raspail, 
petit-fils  de  Xavier  Raspajl,  vient  c^e  rou- 
vrir bruyamment  cette  controverse  par 
une  étude  fort  longue  pi)t>liée  dans  la  Re- 
vue de  Parts  (  1  o  août  1912). 

Il  soutient  dans  cette  étude  que  Jean- 
)acques  Rousseau  a  été  assassiné,  et  que 
l'assassin, c'est  Thérèse  Levasseur. 

Pour  soutenir  le  crime,  il  s'appuie  sur 
l'examen  qu'il  a  fait  de  l'original  du 
moulage  sur  nature  exécuté  par  Houdon 
le  Jour  même  de  la  mort.  Cet  original  est 
—  croit-il  —  en  sa  possession. 

On  sait  qu'il  existe  un  autre  moulage 
qu'on  prétend  également  être  celui  de 
Houdon  qui  est  au  Muséum,  et  qui  pro- 
vient de  la  galerie  du  docteur  Gall. 

Il  y  a  cependant  apparence,  que  si  l'up 
des  moulages  est  le  vrai,  c'est  celui  que 
possède  le  I.''  Jules  Raspail,  en  ce  sens 
qu'il  se  rapproche  le  plus  du  buste  que 
Houdon  a  fait  d'après  ce  moulage 

C'est  donc  sur  cette  pièce  que  M.  le  D"" 
Raspail  base  toute  son  nrgumentation.  11 
élève  les  ecchymoses  qu'on  y  remarque  à 
la  hauteur  d'une  brisure. 

On  sait  que  Rousseau,  pris  de  conges- 
tion --  congestion  constatée  par  les  cinq 
médecins  qui  l'ont  autopsié  —  était  tombé 
à  terre,  et  qu'il  s'était  blessé  au  visage, 
qu'on  le  releva  tout  sanglant.  Mais  ses 
blessures  étaient  superficielles. 

Le  D'  Raspail.  d'après  son  moulage,  est 
persuadé  qu'elles  étaient  profondes, que  le 
crâne  a  été  défoncé. 

C'était  l'avis  de  son  grand-père  qui  di- 
sait :  «  je    trou  du    front   est  déchiqueté 


copirpe  1^  sonj:  les  coups  portés  p^r  un 
marteau  ou  un  autre  instrument  conton- 
dant ;  l'oscju  ffont  a  cédé  sof^s  la  forcedu 

CO|.|p.  » 

Ainsi,  le  crâne  était  défoncé,  et  les 
cinq  piédecins  qqi  ont  pratiqqé  l'autopsip 
n'v  ont  rien  vu,  et  le  scqjpteur  qui  a 
moulé  la  tète  n'y  a  rien  vu  ;  et  M.  de 
Girardin  n'y  a  rien  vu.  Tout  le  monde 
s'est  mis  d  accord  pom"  masquer  le  crime. 

Ce  crinie  avait  été  accompli  par  Thé- 
rèse. M.  le  D""  Jules  Raspail  l'accuse  for- 
mellement. Poufquoi?  «  Parcç  que  dans 
les  derniers  moments  de  son  séjouf  à  Er- 
menonville, dit-i),  Roijsseau  avait  été  in- 
formé de  l'jnconduite  de  sa  compagne  :  il 
avait  appris  ses  rapports  scapdaleux  avec 
un  palefrenier  de  M.  Girardin.  Thérèse 
menacée  se  voyant  à  la  veille  d'être 
chassée  honteusepiept,  pne  scène  violente 
se  déroula  avec  une  extrême  rapidité  ; 
elle  renversa  RoiJ^seau;  se  saisit  du  pre- 
mier instrument  qu'elle  trouva  à  portée 
de  sa  main  et  en  frappcj  le  malheureux  à 
plusieurs  reprises.  Trois  coups  portèrent 
dans  la  figure  :  le  premier  étourdit  la  vic- 
time, l'un  des  deux  autres  détermina  une 
blessure  mortelle.  >» 

Tel  est  le  roman  imaginé  par  le  P''Jqle^ 
Raspail. 

Mais  alofs  que  4^vient  l'of^servation 
faite  au  Pantjiéon,  sur  le  crâne  même, par 
Berthelot  et  tous  les  assistants  ^  Il  fut 
aisé  de  voir  que  le  crâne  était  mdemne. 

Mon  Dieu,  c'est  très  simple.  Le  sque- 
lette qui  est  dfips  le  topibeau  n'est  pas 
celui  de  Rousseau.  On  a  substitué  qnautre 
corps  au  sien.  Qu'a-t  qp  fait  du  sien  ? 
mystère.  D'où  venait  )e  corps  qu'on  y 
substitua  ?  mystère  I  qiii  fit  la  substitu- 
tion ?  01}  .''  quand  ?  comment  ?  mystère  ! 

Nous  inclinons  volontiers  au  romanes- 
que, et  cetfe  histoire  |rouve  un  crédit  sin- 
gulier dans  l'opjnion  et  aussi  auprès  des 
journalistes. 

Quoi  qu'il  en  soit.  M.  le  D'  Jules  Ras- 
pail cjemandc  que  l'on  ouvre  à  nouveaq  le 
cercueil  du  Panthéon,  et  que  l'on  com- 
pare le  crâne  qui  s'y  trouve  avec  }e  mou 
lagc  qu'il  possède:  s'il  n'y  a  pas  identité 
absolue,  il  s'en  tiendra  à  ses  conclusions. 
Et  s'il  y  a  identjjé,  le  philosophe  aura  été 
secoué  une  fois  de  plus.  Depuis  un  cer- 
tain temps,  c'est  assez  souvent  son  tour. 

Nous  nous  devons  de  signaler  cette  con- 
troverse :   elle  f^it  suite  à   celle  ouverte 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


20  Août  191» 


197 


198 


dans  nos  colonnes  il  y  a  quaranre-huit 
ans  et  que  nous  supposions  définitive- 
ment close  par  le  procès-verbal  d'ouver- 
ture des  tombeaux  en  décembre  1897. 

M. 

Diamants  et  bijoux  de  Marie- An- 
toinette ^XV,  74  ;  LXVl,  90).  —  Voici 
ce  que  je  sais  au  sujet  de  ces  diamants  : 

Parmi  les  bijoux  personnels  de  l'Impé- 
ratrice Eugénie,  il  y  avait  entre  autres, 
les  boucles  d'oreilles  magnifiques  formées 
de  très  grosses  perles  en  diamants  quj  ve- 
naient de  la  Reine  Marie  Antoinette. 
L'empereur  Napoléon  III  les  avait  acquises 
au  moment  de  son  mariage. 

M°^  Carette,  Souvenirs  intimes  de  la  cour 
des  Tuilefia,  1,  p.  178.  Df"  J.  B. 

»  * 
Une  partie  des  bijoux  de  la  reine  Marie- 
Antoinette  a  été  achetée  par  l'amiral  comte 
Litta  Visconti  Arese,  gentilhomme  italien, 
au  service  de  la  Russie.  Parmi  les  bijoux  se 
trouvaient  les  girandoles  cjui  intéressent 
M.  Germain  Bapst.  Voici,  en  effet,  ce  que 
l'amiral  écrivait  de  Pétersbourg  à  un  fa- 
milier qui  habitait  Mjlan  en  1824  : 

Pour  le  premier  de  l'an  j'ai  offert  à  la 
Comtesse  les  fameuses  boucles  d'oreiUes  qui 
appartinrent  à  la  reine  de  France  Marie- 
Antoinette  et  dont  Madame  Campan  parie 
dans  ses  Mémoires,  vol.  Il,  page  2. 

A  la  mort  de  la  Comtesse  Litta  en  1829, 
ses  bijoux  furent  partagés  entre  son  mari, 
sa  fille  d'un  premier  lit  —  la  Princesse 
Bagration  —  et  sa  petite-fiUe,  également 
d'un  premier  lit,  la  Comtesse  Julie  Sa- 
moylofî.  La  part  échue  à  ces  deux  der- 
nières fut  sans  aucun  doute  dispersée 
avant  leur  mort. 

L'Amiral  Litta  mourut  en  1839  el  laissa 
la  presque  totalité  de  sa  grande  fortune 
à  des  parents  d'Italie.  Les  bijoux  qui  re 
vinrent  ainsi  dans  sa  famille  subirent  na- 
turellement bien  des  péripéties  depuis 
cette  époque  jusqu'à  aujourd'hui,  je  sais 
cependant  où  se  trouvent  quelques-uns 
de  ces  bijoux  et,  entre  autres,  une  fort 
belle  plaque  en  brillants,  servant  de  fer- 
moir, et  qui  provient  de  la  reine.  La  mon- 
ture en  est  merveilleuse  de  légèreté. 

JÉROBOAM. 

La  cour  de  Philippe  —  égalité 

(LXVl,  98).  —  On  pourrait  trouver  quel- 
ques    renseignements,     particulièrernent 


une  description  du  Raincy,  dans  :  Iules 
janin,  Paris  H  Versailles  il  y  a  cent  ans, 
chap.  xxxiv,  Une  maîtresse  de  Philippe- 
Egalité,  page  367,  édition  in-8°,  Didof 
1874. 

Jules  Janin  y  cite  beaucoup  Madame 
Eliiot  qui  pourrait  donner  d'autres  dé- 
tails. L.    DEN1Q.UET. 

Contrats  de  mariage  signés  pa;* 
le  Roi,  avant  la  Révolution  (LXV  ; 
LXVl,  99).  —  Saint-Simon  s'y  connais- 
sait. C'était  surtout  un  honneur  que  le 
roi  entendait  faire  en  signant  à  un  con- 
trat de  mariage.  Cette  manière  de  voir 
est  confortée  par  Dangeau.  A  la  date  du 
2  février  1686,  on  lit  dans  son  Journal,  à 
propos  du  mariage  de  Mlle  de  Tonnerre, 
fille  d'honneur  de  la  Dauphine,  avec  M.  de 
Mussy,  gentilhomme  dauphinois  : 

Le  roi  refusa  de  signer  son  contrat  de  ma- 
ri-ige,  en  disant  qu'il  ne  vouloit  faire  cet 
honneur-là  qu'aux  personnes  dont  il  avoit 
été  content. 

B.-F. 

* 

»  • 

Nous  devons  être  très  reconnaissants  à 
notre  aimable  collègue  Britannicus  de  la 
communication  qu'il  a  faite,  à  V Intermé- 
diaire des  documents  relatifs  à  la  famille 
du  Botdéru  —  communication  des  plus 
intéressantes,  car  elle  prouve  avec  quelle 
soin  et  quelle  rigueur  se  faisaient,  à  la 
veille  même  de  la  Révolution,  les  preuves 
pour  les  honneurs  de  la  Cour. 

Mais  Britannicus  nous  permettra  bien 
de  lui  dire  que  l'assimilation  qu'il  fait 
entre  les  signatures  de  contrats  de  ma- 
riage et  les  preuves  de  cour,  aurait  be- 
soin d'être  prouvée  —  ce  qu'il  ne  fait 
pas. 

Ce  qu'il  faudrait  en  effet  démontrer  (et 
c'est  là  le  nœud  même  de  la  question  (^ue 
j'ai  posée),  c'est  que  la  faveur  de  la  si- 
gnature par  le  Roi  aux  contrats  de  mariage 
n'était  accordée  qu'après  vérification  et 
examen  des  énonciations  de  noblesse  con- 
tenues dans  ces  contrats  et  notammeri^ 
des  titres  qui  y  étaient  attribués  ijux  ma- 
riés ou  à  leurs  ascendants  directs. 

Dans  cette  hypothè  e,en  effet,  la  pos- 
session de  contrats  signés  par  le  Roi,  et 
où  les  mariés  ou  leurs  ascendants  seraient 
qualifiés,  par  exemple,  comtes  ou  mar- 
quis, pourrait  être,  à  bon  droit,  consi- 
dérée  comme    fournissant    preuve    suffi- 


s»   1337.  Vol.    LXVI. 

199 

santé  de  l'existence  régulière  desdits  titres 
de  comtes  ou  marquis,  (ce  qui  serait  des 
plus  importants  actuellement, par  suite  de 
la  disparition  presque  complète  des  ar- 
chives de  beaucoup  de  familles. 

Bellechasse. 

L'armoire  des  cœurs  à  Saint- 
Denis  Lecœur  deKei:ri  IViXLll  ; 
XLlll  ;  XLVl  ;  LXUI  ;  LXV  ;  XLVl,  257, 
439)  —  Nous  avons  déjà  parlé  de  la  des- 
truction du  cœur  de  Henri  IV.  Le  D'Condé, 
dans  les  Annales  flccboisei  n»  67  (912),  h 
publié  une  étude  sur  le  docteur  Boucher 
qui  recueillit  les  restes  de  ce  cœur.  Nous 
y  relevons  ce  passage  : 

Depuis  le  0  juillet  1814,  les  cendres  du 
cœur  de  Henri  IV  (et  sans  doute  celles  du 
cœur  de  Marie  de  Médicis,  malgré  qu'il 
n'eu  soit  pas  question  dans  la  relation  de 
Ch.  Boucher),  sont  donc  déposées  dans  la 
chapelle  Saint  Louis  du  Prytanée  et  l'on  ne 
peut  plus  ignorer  «  ce  qu'est  devenue  la 
bouteille  »  qui  les  contenait. 

Quant  à  l'endroit  exact  où  l'on  peut  les 
retrouver,  voici  ce  que  disent  MM.  Calen 
dini  à  ce  sujet  dans  leur  Guide  illustre  de  la 
Flèche  et  de  ics  environs,  p.  18  :  «  Du  côté 
de  l'Evangile,  au-dessus  de  la  porte  commu- 
niquant derrière  l'abside  avec  la  cour  d'Aus- 
terlitz  et  la  sacristie,  d  Mausolée  de  Henri  IV  ». 
Ce  qui  reste  des  cendres  du  roi  et  de  la  reine 
est  enfermé  dans  une  petite  fiole  et  le  tout 
dans  un  cœur  doté.  On  le  voit  au  milieu  de 
)a  niche  qu'entourent  la  Force  et  la  Justice 
(statues  de  Sarrazin),  portant  le  canon  et 
1 épée. 

<  Côté  de    l'Epître  :  «   Mausolée   vide   de 
Marie  de  Médicis  ».  La  Prudence  et   la  Dou 
ceur  (statues  de  Sarrazin).  » 

Billets  de  Confiance  dits  Patrioti- 
ques (LXlVy.  —  |e  po^isedeun  petit  Hillel 
rectangulaire  (9  cent  sur  4)  dans  le  mi- 
lieu duquel  se  trouve  un  Ecu  portant  le 
numéro  6  ;  ce  billet  est  ainsi  conçu  :  N" 
658.  bon  de  iix  ioh  payable  a  vue  en 
Billets  patriotiques  de  Dix  livres,  par  la 
Compagnie  de  commission,  rue  des  Bons- 
Enfant.s  n"  34.  Con  tôle  Fol.  238,  Hnre- 
gistré  Fol.  238.  Signatures  :  Daire  et 
Tavier. 

Ce  dit  Billet  présente  la  particularité 
détre  tn  p.irchenitn.jc  serais  reconnaissant 
à  mes  confrères  de  V fntermrdiaire  de  bien 
Vouloir  me  faire  savoir  s'ils  connaissent 
des  Bi/lett  de  ec.  fiait -e  ou  Patriotiques 
imprimés    également  sur  parchemin. 


'INTiiRMÉDiAIRB 


200 


La  ville  de  Vire  a  émis  en  1792  d'abord 
pour  <.oixantc  mille  livras  de  Billets  de 
Confiance  de  Cinq,  Dix  et  l^ingt  Sols,  en- 
suite la  même  année  d'autres  Billets  de 
Deux  Sols  six  Deniers  ;  j'ignore  le  nombre 
de  ces  derniers,  n'ayant  pas  trouvé,  dans 
la  délibération  du  Conseil  général  de  la 
Commune,  le   montant  de  leur  émission. 

Les  Billets  de  Confiance  de  Vire,  impri 
mes  sur  papier  blanc,  signés  par  deux  des 
douze  délégués  et  contresignés  au  verso 
par  le  Caissier,  ainsi  qu'il  en  avait  été 
délibéré,  étaient  remboursables  en  assi- 
gnats jusqu'au  i^^  juillet  ijpj.  Leur  cour- 
tage n'était  que  d^*  un  pour  cent.  Il 
n'existe  au  Musée  de  Vire  que  trois  de 
ces  Billets,  un  de  vingt  sols  et  deux  de 
Deux  sols  six  deniers;  le  Billet  de  Vingt 
Sols  présente,  au  quatrième  angle,  une 
petite  vignette  représentant  une  tête  typo- 
giciphique  et  les  Billets  de  Deux  sols  six 
Denieis  montrent  au  même  endroit  une 
fleur  de  Lys. 

La  grande  rareté  de  ces  Billets  de  Con- 
fiance s'explique  par  l'empressement  que 
les  porteurs  ont  mis  à  les  échanger  et 
par  l'exécution  du  règlement  qui  forçait 
les  rembourseurs  à  les  détruire  au  mo- 
ment de  réchange. 

Emile  Ballé. 


[Sur  les  billets  de  confiance,  lire  l'étu- 
de publiée  dans  la  Révolution  fran- 
çaise.^ 14  juillet  et  14  août  1912,  par  le 
lieutenant  do  Cardenal,  sous  ce  titre  Les 
billets  de  confiance  du  département  de  la 
Dordogne^  lyçt-iyyô.  Cette  étude  qui  sera 
achevée  dans  ies  numéros  ultérieurs,  est 
très  poussée  et  peut  éclairer  l'historique 
de  l'émission  de  ces  billets  d'une  façon 
générale.] 

Généraux  manchots  (LXIV  ;  LXV  ; 
l.XVl,  131).  —  je  ne  sais  si  on  a  cité  lord 
Raglan  mort  sous  Sébastopol  en  18^5  ;  en 
tous  cas  la  répétition  ne  tiendra  pas  une 
grande  place.  Mais  je  réclame  une  men- 
tion pour  un  vieux  Romain  du  i"  siècle 
ap.  j.-C.  Afranius  Burrus,  le  Burrhus  de 
Racine,  ce  préfet  du  Prétoire  qui,  à  la 
mort  de  Claude,  en  octobre  154,  enleva  si 
prestement  l'empire  pour  son  élève  Néron. 
Il  passa  en  son  temps  pour  un  type  de 
vertu,  c(^  qui  prouve  que  l'on  n'était  pas 
difficile. 

Dans  une  brochure  que  j'ai   lue,  mais 


DES  CHERCHEURS  HT    CUKIBUX 


»o  Août 


91 1 


201 


202 


que  je  ne  tiens  pas  sous  ma  main  en  ce 
moment,  M.  -Héron  de  Villefosse  nous 
apprend  que  —  Tacite,  Annales  XIII.  14  — 
Burrus  avait  perdu  une  main  à  la  guerre, 
et  qu'il  était  originaire  de  la  Gaule,  d'une 
ville  de  Provence  ou  du  Comtat  dont  le 
nom  ne  me  revient  pas  à  la  mémoire.  11 
est  donc  un  peu  notre  et  mérite  de  figu- 
rer, à  titre  de  lointain  ancêtre,  dans  la  ga- 
lerie des  généraux  mutilés  à  lennemi. 

H.   C.   M. 
P.  S.  —   A-ton  pensé  à  François  de 
Lanout  d\t  Bras  de  Fer ,  1:531-1592? 

Clément  Thomas  (LXV,  543.  654, 
80;  LXVl,  105).  —  L'arrestation  du  gé- 
néral Clément  Thomas  est  racontée  tout 
au  long  d'après  Cattel^iin,  qui  fut  chef  de 
la  sûreté  de  la  Commune^  par  Edmond 
Lepelletier  dans  son  très  intéressant  ou- 
vrage :  Histoire  de  la  Commune  en  iS-j  1 ,  t. 

I,  p.  473- 

Cattelain  cheminait  avec  son  ami,  le  des- 
sinateur André  Gill,  entre  les  baraquements 
du  boulevard  de  Clichy,  à  la  recherche  d'une 
boutique  de  pâtissier.  Un  horane  à  barbe 
grisonnante  marchait  à  côté  d'eux.  Non  loin 
se  trouvait  un  groupe  de  gardes  nationaux  qui 
fumaient  en  causant... 

L'un  d'eux  se  leva  et  vint  à  moi  : 

—  Est-ce  que  vous  n'êtes  pas  Clément  Tho- 
mas ?  dit-il  au  vieillard. 

—  Oui,    répondit  i'ex-général. 

—  Vous  voyez  le  mouvement  ;  êtes-vous 
des  nôtres  ? 

—  Mes  enfants,  j'ai  donné  ma  démission,  je 
ne  veux  plus  me  mêler  de  rien,  je  ne  sais  ni 
pour  V0U5  ni  contre  vous,  vous  me  connais- 
sez pour  un  vieux  républicain  de  48... 

Voilà  comment  fut  arrêté  Clément  Tho- 
mas, que  Gill.  malgré  qu'il  l'ait  dessiné  et 
malgré  qu'il  possédât  de  nombreuses  pho- 
tographies de  lui,  n'avait  pas  reconnu. 

D'  J.  B. 

Thiers  et  Gambett  •  :  un  prétendu 
mot  de   Thiers  sur    les  Alsaciens 

(LXV,  1391.  —  A  quel  incident  fait  on  al 
lusion?  Peut-être  à  celui-ci  : 

Le  27  octobre  1870,  à  Tours,  dans  le 
salon  occupé  par  M.  Crémieux,  une  dis- 
cussion s'éleva  entre  Thiers  et  Gambetta. 
On  prévoyait  l'issue  fatale,  la  perte  du 
territoire,  Thiers  aurait  dit  :  x<  Peuh, 
qu'est-ce  que  cela  nous  fait  les  alsaciens? 
Ils  étaient  allemands,  ils  le  redeviendront; 
c'est  le  jeu  de  la  guerre.  » 


Ce  propos  est-il  vraisemblable  ?.a-t-il 
été  dénaturéPNéanmoins,  M.  Galouye  l'au- 
rait tenu  de  Gambetta  lui-même.  M.  Ga- 
louye songeait  a  combattre  Thiers,  à  l'épo- 
que des  menées  pour  la  restauration  mo- 
narchique. Il  voulut  se  servir  du  propos  re- 
cueilli, disait-il, de  la  bouche  de  Gambetta. 
et  il  écrivit  à  celui  ci,  qui  était  l'un  de 
ses  amis  de  jeunesse,  pour  en  avoir  la 
confirmation  écrite. 

Gambetta  lui  répondit  par  cette  lettre  : 
Mon  cher  ami, 

Je  partage  pleinement  ton  opinion  sur  la 
valeur  patriotique  et  les  efforts  libérateurs  du 
chef  de  la  bouigeoisie  française  ;  mais  je  suis 
forcé  de  compter  avec  les  forces,  les  demi- 
forces,  les  quarts  de  forces  qui  constituent, 
elles,  toutes  la  résultante  du  parallélogramme 
de  la  démocratie,  dont  je  suis  avant  tout  le 
serviteur  indéfectible. 

Ceci  pour  te  dire  que  tu  peux  écrire  ce  que 
tu  voudras,  «  citer  lé  propos  »  si  cela  te  plaît  ; 
mais,  jusqu'à  ce  que  le  moment  propice  soit 
veiu  (non  pour  moi)  mais  pour  l'intérêt  po- 
litique de  mon  parti,  je  te  prie  de  ne  pas 
donner  mon  nom.  Rien  ne  s'oppose  à  ce  que 
«  tu  invoques  le  propos  »,  en  te  refusant  à  en 
faire  connaître  l'origine. 

Le  moment  viendra  oîi  nous  pourrons  tous 
raconter  ce  qui  s'est  passé  entre  moi  et  lui,  le 
27  ■■ctohre  1870,  dans  le  salon  que  Crémieux 
occupait  à  Tours.  Mais  je  te  connais  assez,  et 
j'ai  toujours  eu  trop  de  confiance  en  toi  pour 
insister  plus  longuement. 

Je  me  résume.  Le  moment  n'est  pas  encore 
venu  ;  il  viendra,  et,  comme  je  pense  que 
chez  toi  le  patriotisme  l'emportera  toujou  s 
sur  les  préférences  politiques  et  même  reli- 
gieuses, nous  devrons  ce  jour-là  nous  en- 
tendre. 

Tout  ceci  n'est  que  pour  toi,  et  je  t'envoie 
mes  meilleurs  sentiments  d'amitié. 

L,  Gambetta. 
Ce  vendredi,  3  août  1873. 

La  lettre  ne  répétant  pas  le  propos^  ne 
relatant  pas  les  circonstances  de  l'inci- 
dent, on  en  est  réduit  au  seul  témoi- 
gnage de  ."Vl.  Galouye.  En  somme,  la  lettre 
de  Gambettajconfirme  que,  le  27  octobre,  à 
Tours,  entre  Gambetta  et  Thiers,  une 
discussion  a  éclaté  de  laquelle  Gambetta  a 
tiré  cette  conclusion  que  Thiers  n'était 
pas  aussi  patriote  qu'il  eût  dû  l'être. 

D'ailleurs,  cet  incident  eut  une  suite.  Le 
16  juin  1877,  M.  de  Fourtou  étant  à  la  tri- 
bune, récapitulait  l'œuvre  de  LAssem.blée 
nationale.  11  disait  :  »<  Nous  avons  chassé 
de  France  les  Prussiens.  »  Une  voix  tonna 


iNifiRMÈDiAiK: 


N»   1337.     Vo..  LXVI. 

203   

de  l'extrême  gauche  :  «  Le  libérateur  du 
territoire,  le  voilà  !...  » 

C'était  Gambetta  que  désignait  Thiers. 
On  était  loin  de  la  lettre  à  M.  Galouye. 

Sincérité  ou  tactique  :  avec  les  hom- 
mes d'Etat,  sait-on  jamais? 

Qui  était  M.   Galouye?  V. 

Textes  de  Traités  franco-espa- 
gnols (LXVl,  91).  —  Au  lieu  de  :  délimi- 
tation de  la  Groiiticre  dans  les  Pyrénées, 
lire  :  de  la  frontière.  Les  traités  se  sont 
succédé  jusque  vers  1866.  —  Une  partie 
de  la  Navarre  espagnole,  désignée  dans  ce- 
lui de  1815b,  s'appelle  Qainio  Real.  Quelle 
est-elle  au  juste  ?  Le  grand  Dictionnaire 
géographique  de  Vivien  de  Saint-Martin 
n'en  parle  pas,  à  moins  qu'il  ne  s'agisse 
du  Quint  (Aldudes) . 

Un  Pyrénéisi'e. 

Rue  de  la  Victoire  (LXVI,  46,  145). 

—  Voici  ce  qu'on  lit  dans  le  Journal  de 
Paris,  à  la  date  du  19  nivôse,  an  VI 
(8  janvier  1798)  : 

Le  Département  a  pris,  ces  jours  derniers^ 
un  arrêté  portant  que  la  rue  Chantv  reine  où 
est  la  maison  de  Bonaparte,  s'appellerait 
désormais  rue  de  la  Victoire. 

En  une  nuit,  les  nouvelles  inscriptions 
ont  été  placées.  Elles  consistent  en  lettres 
gravées  sur  un  carré  long  de  pierre  de  taille 
et  peintes  en  noir,  au  coin  de  cette  rue  qui 
aboutit  à  celle  du  faubourg  Montmartre. 
Une  fruitière,  ce  matin,  arrête  une  de  ses 
camarades  et  lui  fait  remarquer  la  nouvelle 
dénomination  —  Ah  !  bien,  bien,  lui  dit  la 
camande,  voilà  donc  qu'on  ne  nous  deman- 
dera plus  où  demeure  Bonaparte.  Une  dou- 
zaine de  curieux  qui  étaient  aussi  arrêté.»;, 
ont  crié  bravo  à  la  fruitière. 

Le  petit  peuple  d'Athènes  avait-il  plus  de 
finesse  et  de  sensibilité  ? 

Rendez  donc  à  César  ce  qui  est  à  Cé- 
sar, et  sous  des  prétextes  spécieux,  pour- 
quoi, a  rencontre  d'Henri  Martin,  peu 
suspect,  je  l'imagine,  vouloir  dépouiller 
Bonaparte  au  profit  des  moines  de  Sen- 
lis  —  ça  manque  d'abord  de  justice  et, 
par  ce  temps  de  liquidation,  tout  à  fait  d'à 
propos. 

Les  curieux  trouveront  l'explication  de 
Verreut  qu'a  déjà  relevée  V Intermédiaire, 
dans  l'ouvrage  de  M.  Léon  Lecestre  : 
Lettres  inédites  de  Napoléon  I^"",  t.  Il,  p.  33 
lettre  1168. 

Léonce  Grasilier. 


204 


Le  Desaix  de  la  place  Dauphine 

(T.  G.  272;  L,  128)  —  Ala  colonne  745  de 
sa  note, sous  le  titre  <:<  Santerre  et  la  mort 
de  Louis  XVI  »  notre  confrère  M.  Camille 
Pitollet  nous  apprend  qu'on  a  érigé  un 
monument  à  Desaix,  en  1890,  à  Riom,  sa 
ville  natale. 

J'ai  vu  ce  monument  en  1906  et  j'ai 
reconnu  en  lui  celui  que  j'avais  vu  plus 
de  A:inquante  années  auparavant  sur  la 
place  Dauphine,  à  Paris,  où  il  surmontait 
une  fontaine,  et  était  accompagné  d'une 
plaque  en  bronze  portant  les  horris  des 
souscripteurs. 

Car  ce  monument  avait  été  érigé  par 
souscription. 

Mais  la  plaque  dont  il  s'agit  n'a  pas  été 
cnvo3'ée  à  Riotn,  ou  du  moins,  elle  n'a 
pas  été  replacée  sur  le  monument  ac- 
tuel. 

Qu'est-elle  devenue  ? 

V.  A.  T. 

[Cette  plaque  était  dans  les  magasins 
de  la  ville  de  Paris  à  Auteuil,  avant  l'en- 
voi de  la  statue  à  Riom;  il  est  à  présu- 
mer qu'elle  y  est  encore  ;  il  faudrait  ce- 
pendant s'en  assurer^. 

L'Ermitage  (LXVI, 96, 1 5 1).—  Comme 
contribution  à  l'article  de  M.  C.  de  la 
Benotte,  je  trouve  ce  qui  suit  dans  E,  de 
la  Bédollière  :  Histoire  des  environs  du 
nouveau  Paris,  G.  Barbier  1860.  p.  184, 
qui  modifie  un  peu, à  tort  ou  à  raison,  son 
article  en  ce  qui  a  trait  aux  peintures  du 
pavillon. 

A  l'autre  extrémité  du  parc  (du  château  de 
Bagnolel,  résidence  champêtre  des  ducs  d'Or- 
léans) du  côté  de  Charonne,  on  voyait  un 
pavillon  nommé  l'Ermitage  .  Ce  pavillon 
était  à  l'intérieur  peint  en  grisaille  avec  mo- 
tifs représentant  la  tentation  de  saint  An- 
toine :  le  peintre  s'était  creusé  le  cerveau 
pour  y  représenter  le  diable  sous  toutes  ses 
formes. 

Et  l'auteur  ajoute  : 

Aujourd'hui  (1860)  la  propriété  de  la  fa- 
mille d'Orléans  a  été  morcelée  de  mille  fa- 
çons, etc.,  eic.  et  l'ermitage  de  Charonne 
maintenant  annexé  dans  Pans  est  la  salle  de 
billard  d'une  maison  bourgeoise. 

P.  c.  c.     Dehermann. 

Dans  le  compte  rendu  de  la  séance  du 
14  novembre  1901,  notre  collaborateur 
L. Tesson, rendant  compte  d'une  excursion 


1 


DES  CflÉRCliBURS    m  CURIEUX 


20  Adut  (91s 


205 


206 


faite  à  Bagnolei  par  la  première  sous- 
commission  dii  Vieux-Paris,  s'exprime 
ainsi  dans  son  rapport  : 

Le  château  de  Bagnolet  fut  bâti  par  Le 
Juge,  fermier  général  et  reconstruit  grandis- 
sement  par  le  Régent  :  l'on  voit  encore 
dans  Paris,  rue  de  Batçnolet  un  très  curieux 
pavillon  avec  une  grille  magnifique  qui  dé- 
pend de  l'hospice  Debrousse, 

Un  autre  {pavillon  existe  à  Bagnolet  ;  il  ap- 
partient certainen;ent  par  son  architecture 
avec  parties  primitives  Au  domaine  él  ré- 
monte au  commenceicaent  du  xviii«  siècle,  il 
est  occupé  par  une  fabrique  de  cuir  verni  et 
l'intérieur  ne  contient  auciin  vestige  i-emar- 
quable,  si  ce  n'est  quelques  fragments  en 
marbre  d'une  cheminée  du  xvii«  siècle  qui 
sont  déposés  sans  souci  de  conservation  dans 
un  coin   de  grenier. 

Tout  près  du  château  se  trouvait  le  do- 
maine de  Malassis  dans  les  dépendances  du- 
quel Girardot  appliqua  le  palissade  à  la,  lo- 
^ue  qui  fit  de  la  culture  dé  la  pêche  la  for- 
tune de  la  région. 

J'ignore  si  les  peintures  dont  parle 
M.  C.  de  la  Benotte,  se  voient  toujours 
dans  le  salon  du  pavillon  dépendant  de 
l'hospice  DebrôUsse.  Mais  11  me  semble 
qu'en  visitant  cette  intéressante  maison 
hospitalière  on  peut  très  bien,  voulant 
satisfaire  sa  curiosité,  soUicitei-  du  direc- 
teur l'autorisation  d'une  visite  du  dit  sa 
Ion. 

Pour  ma  part,  si  j'étais  à  Paris  en  ce 
moment,  je  n'aurais  ^as  reculé  devant  ce 
petit  déplacement  qui  m'aurait  valu  d'être 
plijs  précis  éti  cette  réponse. 

L.  CAPEt . 

«Rien  ne  subsiste  oii  à  peu  prèsde  Tan- 
cierine  banlieue,  écrit  M.  Pierre  Gantiez 
dans  une  de  ses  charmantes  chi-oniques  de 
VEcho  de  Paris,  sauf  un  débris  du  parc  de 
Bagnolet,  ce  pavillon  Louis  XV,  où  fiit  le 
billard  du  régent  qui  abrita  dans  la  suite  le 
fabuleux  baron  de  B.-:tz  et  sa  fidèle  Marie 
Grand  maison.  » 

Les  peintures  dont  fait  mentiori  d'Ar- 
genville  n'existent  plus  ;  on  voit  sur  les 
murs  des  pochades,  fort  habiléhient  trai- 
tées, représentant  des   sujets  champêtres. 

Cette  jolie  construction  sert  à  l'habita- 
tion du  sympathique  directeur  de  la  mal- 
son  Debrousse,  l'aimable  M.  Louis  Mé- 
relle. 

La  grille  de  fer  devant  la  façade  sur  la 
rue  de  Bagnolet,  est  bien  de  «  t  époque  »,   j 
seulement  il  y  manque  l'intéressâht  fi-on-  \ 


ton  en  fer  forgé  qui  fut  enlevé,  sous  pré- 
texte de  réparations,  il  y  a  bien  des  mois, 
et  n'a  plus  reparu. 

Cette  disparition  a  même  fait  l'objet, 
dans  undesdeux  journaux  hebdomadaires 
du  XX"^  arrondissement,  d'une  question 
restée,  bien  entendu,  sans  réponse.         , 

Sur  la  façade  de  l'Ermitage,  côté  du 
parc,  on  a  placé,  entre  les  deux  portes 
du  rez-dechaussée,  une  ancienne  peinture 
en  camaieu  sous  glace,  représentant  un 
vase  ornemental  garni  de  fleurs. 


Lô  château  des  Coques  (LXVl,  139). 
—  Ce  château  appartenait  à  Mme  Amaury 
de  Maistre,  dont  le  frère  avait  été  cama- 
rade de  Maurice  de  Guérin  à  Stanislas. 
Eugénie  était  la  sœur  de  Maurice,  et  vé- 
cut et  mourut  au  Cayla,  où  viennent 
d'avoir  lieu  les  fêtes  d'ir|auguration  d'un 
médaillon  du  frère  et  de  la  sœur. 

L.  R. 

i^La  correction  du  mot  femme  pour 
sceur  avait  été  indiquée  par  l'auteur  :  elle 
a  été  oubliée]. 

Monseigneur  Bauer  (LX  ;  LXI  ; 
LXII;  LXV).  —  C'est  bien  lui,  ou  je 
me  trompe  fort,  que  visait  M.  de  Pont- 
martin  quand  il  écrivait  {Nouveaux  same- 
dis, 1878) :  ^ 

Je  rencontrai  dans  un  salon  un  monsignor 
apocryphe,  apôtre  de  boudoir  à  bas  plus  ou 
moins  violets,  lequel,  après  avoir  obtenu 
d'immenses  succès  d'équitafioh,  de  photo- 
graphies et  de  bottes  à  revers,  a  essuyé  des 
revers  et  a  disparu  à  propos  de  bottes  ». 

P.  c.  c.      Gustave  Fustier. 

Un  discours  de  M.  Deschanel. 
Le  mot  de  Vauvenafgues  (LXVl, 
i43).  —  Georges  Laguerre  ayant  été  cé- 
lèbre tout  jeune,  je  ci"ois  que  dans  son  dis- 
cours, M.  Deschanel  a  dû  faire  allusion 
à  cette  délicieuse  pensée  de  Vàuvériâf- 
gués  :  «  Les  feux  de  l'aurore  rie  sont  pas 
aussi  doux  que  les  fif-ehiiéfs  regards  de  la 


gloire  %. 


EdMôNc»  Thiaudière. 


» ♦  ...... 

Le  mot  demandé  est   probablement  cè- 

lui-cl  :  1  Les  feux  de  l'àufore  rie  sont  pas 

si  doux  que   les  premiers  regards    de  la 

gloîfe  »  ;  car  cet  auttè  :    «  les  premiers 

jours   du    printemps  ont  moins  de  grâce 

4ùela  vertu naiSsantéd'unjeuriè homme», 


N»  1337.  Vol.  LXVI. 

■     .  207  

paraîtrait  plutôt  comique,    appliqué  aux 
débuts  d'un  politicien.  Ibère. 

J'imagine  qu'il  s'agitde  cette  maxime  : 
*  Les  premiers  feux  de  l'aurore  ne  sont 
«  pas  si  doux  que  les  premiers  regards  de 
«  la  gloire  ».  11  me  semble  que  la  bril- 
lante aurore  dont  il  est  question  ici  ne 
fut  pas  suivie  d'une  journée  sans  nuages. 

H.  C    M. 

Eugène  de  Goulard  (LXVI, 47, 1 54). 
—  En  i8qc),M.  Marc  de  Goulard  habitait 
le  château  de  Luscan,  par  Galié  (Haute- 
Garonne).  .Madel. 


L'INTERMEDIAIRE 


208 


♦  » 


Né  en  1808  et  mort  en  1874,  à  Ver- 
sailles, avait  épousé  Mlle  Féraud  d'Ar- 
reau,  dont  il  a  eu  trois  enfants: 

i"  Marie,  non  mariée,  décédée  à  Tou- 
louse, il  y  a  une  douzaine  d'années. 

2°  Madame  veuve  Lasvignes  de  Touille 
qui  habite  le  château  de  Touille  et  1  ou- 
louse. 

3°  Marc,  marié  à  Mlle  Jayr,  petite-fiUe 
de  l'ancien  pair  de  France  qui  fut  préfet 
du  Rhône  sous  le  gouvernement  de  juil- 
let et  dont  il  y  a  deux  filles,  Germaine  et 
Antoinette. 

Je  ne  crois  pas  qu'il  existe  une  biogra- 
phie de  M.  Eugène  de  Goulard. 

Son  fils  possède  quelques  lettres  et  des 
documents  intéressants  ;  mais  rien  n'a  été 
publié. 

M  .  Eugène  de  Goulard  avait  deux 
sœurs  :  la  comtesse  de  Gironde  et  M"""  de 
Praingy. 

Saint-Perdoux. 

Hue  de  Miromesnil  (LXV,  q2).  — 
L'Intermédiaire  a  eu  plusieurs  fois  à  ré- 
pondre à  des  questions  touchant  Armand- 
Thomas  Hue  de  Miromesnil,  et  on  pour- 
rait s'y  reporter.  On  dit  qu'il  est  mort  à 
Montalet  en  1794;  d'autre  part  on  dit 
qu'il  est  mort  àMiromesnil  enNormandie. 
Je  n'ai  pas  trouvé  son  acte  de  décès,  à 
Issou,  canton  de  Limay,  où  il  serait  s'il 
était  mort  à  Montalet.  .Sa  femme,  Blanche- 
Rosalie  Bignon,  est  morte  à  Mantes,  en 
1818,  âgée  de  74  ans.  Ils  avaient  un  fils 
qui  fut  arrête,  je  crois,  en  Tan  III.  J'ignore 
ce  qu'il  est  devenu.  Je  me  demande  com- 
ment Hue  de  .\liromcsnil,  assez  mal  en 
sûreté  à  Montalet,  avait  pu  recueillir  le 
duc  de  Penthièvre,  alors  que  celui-ci,  dé- 


fendu par  ses  vertus,  fut  laissé  assez  tran- 
quille dans  son  château  de  Bisy,  aux 
portes  de  Vernon  ?  On  sait  qu'il  y  mourut 

en  179?.  E.  Grave. 

* 
■,■  * 

Je  ne  comprends  pas  très  bien  comment 
le  garde  des  sceaux  Miromesnilaurait  re- 
cueilli, pendant  la  Révolution,  le  duc  de 
Penthièvre  qui  ne  fut  pas  inquiété  que  je 
sache,  et  mourut  en  paix  à  Vernon,  au 
commencement  de  1793.        H.  C.  M, 

Humbert  (LXV,  547,  807  ;  LXVI,  61). 
—  En  dehors  de  la  famille  Humbert  dont 
le  général  Jean-Baptiste  Nicolas  fait  partie, 
il  y  avait  encore  à  Metz  une  autre  de  ce 
nom,  dont  les  descendants  se  sont  établis 
à  Berlin  au  commencement  du  xviii*  siècle 
où  ils  occupaient  une  place  prépondérante 
dans  la  Colonie  française. 

Charles  Humbert,  procureur  à  la  Cour 
de  Metz  |  1701,  marié  à  Judith  Quien, 
•f-  1718,  dont  e.  a. 

Charles,  procureur  à  la  Cour  de  Metz, 
notaire  à  Metz,  puis  à  Berlin,  directeur  du 
Bureau  d'adresse  à  Berlin,  1667-1729, 
marié  à  Sara  le  Coq. 

Il  laissait  une  descendance  nombreuse 
e.  a.  Paul,  avocat  à  Berlin, puis  conseiller- 
à  la  Cour  de  Justice  à  Wesel  1695-1763  ; 
marié  à  Marthe  Jassoy.  Son  petit- fils 
Charles  Jérémie,  officier  en  service  de 
Prusse,  a  été  anobli  en  1795  ;  dont  descen- 
dance. 

Charles,  notaire  à  Berlin,  conseiller 
privé,  directeur  du  Bureau  d'adresse, 
1702-1752,  marié  à  Marguerite  Palmié. 
Sa  descendance  a  été  anoblie  en  Prusse  en 
1848,  et  la  famille  est  établie  actuelle- 
ment à  Hohcnkrànig  et  Grabow. 

Les  armes  de  cette  famille  sont  :  d'ar- 
gent à  la  fasce  d'aptr,  chargée  de  j  mo- 
lettes J' argent,  accompagnée  en  chef  de 
deux  framboises  de  gueules,  rangées  en 
fasce,  tigées  et  feuilletées  de  sinoplc,  et  en 
pied  de  deux  tiges  de  launer  de  sitiople 
passées  en  sautoir. 

Lors  de  l'anoblissement,  les  armes  ont 
été  changées  entièrement.  Ecartdè,  au 
I  d'azur  au  chevron  d'or  accompagné  de 
3  Rf(tppes  de  raisins  du  même,  aux  2  et  ^  de 
gueules  à  la  croix  d'argent,  et  au  ^  d'or  au 
renard  passant  au  naturel  tenant  entre  ses 
dents  une  (lèche  d'argent. 

Les  anciennes  armes  ont  été  portées 
également  par  : 


1 


DES  CHERCHEURS  8T  CURIEUX 


90  Août  191s  . 


209 


210 


Moïse  Humbert,  fils  de  Moïse,  teintu- 
rier à  Metz,  1628-168=;,  procureur  au 
parlement  de  Metz,  marié  :  1°  Marie  Clas 
quin  ;  2°  Madeleine  Jassoy.  Son  fils  uni- 
que Abraham  s'établit  comme  négociant  à 
Berlin  (  1 659-  !  7  5 1  )  et  avait  de  son  épouse 
Anne  Renaud,  plusieurs  enfants;  e.  a. 

Abraham  1689-1761,  marié  à  Amélie- 
Jeanne  Baleer,  sans  descendance. 

Major  au  service  du  roi  de  Prusse,  con- 
seiller privé,  Membre  de  l'Académie  des 
Sciences  de  Berlin,  Anobli  1746  avec  les 
anciennes  armes,  et  Moïse,  pasteur  réfor- 
mé à  Dessau  (  1744)  puis  à  Angermunde. 

Cette  famille  est  éteinte. 

Sans  doute  les  familles  du  général  fran- 
çais, du   major  prussien  et  du  notaire  à 
Berlin  sont  issues  de  la  même  souche. 
Peut-on  me  renseigner  à  ce  sujet .'' 

Une  généalogie  détaillée  des  Humbert 
de  Berlin  est  à  |a  disposition  des  inté- 
ressés. W.  H.  Croockewit. 

Rotterdam. 

Philippe-Charles  de  La Fare  (LXV; 
LXVI,  92).  —  Philippe-Charles,  marquis 
de  La  Fare,  né  en  1687,  promu  maré- 
chal de  France  en  1746.  mort  à  Paris,  le  4 
septembre  1752,  fit  sa  première  campagne 
à  quinze  ans,  la  dernière  à  quarante-cinq 
et,  pendant  trente  ans  fit  la  guerre  chaque 
année. 

Entré  aux  Mousquetaires  en  170 1  et  en 
1703,  il  est  lieutenant  au  régiment  du 
Roi  ;  assiste  à  la  prise  de  Brisach,  à  la 
bataille  de  Spire  et  à  la  prise  de  Landau. 
L'année  suivante,  il  est  enseigne  à  la  co- 
lonelle du  Roi  et  fait  partie  de  Tarmée  de 
la  Moselle  ;  à  dix-sept  ans  il  obtient  le 
commandement  du  régiment  du  Roi. 

En  1705.  il  sert  en  Italie  et  se  distingue 
à  la  bataille  de  Canario  et  l'année  d'après 
est  blessé  devant  Turin.  De  1709  a  1712, 
il  est  employé  à  l'armée  du  Dauphiné 
sous  les  ordres  du  duc  de  Savoie,  de  Vil- 
lars  et  de  Berwick. 

En  1714,  il  est  envoyé  à  l'armée  d'Es- 
pagne où  il  figure  jusqu'en  1724.  Il  ne 
cesse  alors  de  guerroyer  en  Languedoc^  à 
l'armée  du  Rhin,  à  celle  de  Bohème  et  de 
Bavière. 

Il  est  à  la  prise  de  Prague  et  c'est  lui 
qui  conduira  l'arriere-garde,  pendant  la 
retraite. 


Créé  maréchal  de  France  en  17^6,  i' 
parut  encore  à  la  bataille  de   Raucoux. 

L.  d'Harcourt. 

Philippe-Charles  de  La  Fare,  comte  de 
Laugère,  né  en  168=5,  chevalier  des  ordres 
du  :'oi  de  la  Toison  d'or,  et  chevalier 
d'honneur  de  Mme  la  Dauphiné,  maré- 
chal de  France,  mort  en  1752.  Il  avait 
épousé, le  6  avril  1713  Françoise  Paparel, 
dont  est  née  Françoise-Mélanie  de  la 
Fare,  mariée,  le  13  avril  1735,  à  Claude 
Bouthillier  de  Chavigny ,  marquis  de 
Pont-sur-Seine,  brigadier  des  armées  du 
roi.  La  baronnie  de  la  Fare  était  en  Lan- 
guedoc, elle  fut  érigé  en  marquisat  en 
1646.  (La  Chesnaye  des  Bois). 

P.  C.  C.         NlSIAR. 

On  sait  que  pour  obtenir  des  rensei- 
gnements certains  sur  un  militaire,  il 
n'est  rien  de  mieux  que  de  s'adresser  au 
Ministère  de  la  Guerre.  Il  y  a  là  des  dos- 
siers très  complets  et  bien  classés.  Celui 
du  maréchal  de  la  Fare  doit  être  facile- 
ment communiqué.  Les  La  Fare    sont  du 

Midi.  E.   Grave. 

* 
■*  * 

Votre  correspondant  pourrait  s'adresser 
utilement  à  la  veuve  de  l'un  des  descen- 
dants du  maréchal,  comtesse  de  la  Fare 
8  bis  rue  Vineuse  XVI«,  ou  à  ses  beaux- 
frères  MM.  D.  de  Montaigu,  château  de 
Vayres  par  Saint- Georges  (Vienne),  D'' 
Lucas,  30  rue  Boissière. 

HUMANUS. 

Un  Conseiller,  secrétaire  du  Roy 
de  ».  lermont-Ferr.  nd,  du  nom  de 
:la.ise  Pascal  (1666)  (LXVI,  91).  — 
Ce  Biaise  Pascal  était  cousin  au  =,*  degré 
de  l'auteur  des  Provincialêi.  Leur  ancêtre 
commun,  Jean  Pascal,  marié  à  Lucques 
de  Bort,  eut  : 

D'une  part,  pour  fils,  Martin  Pascal, 
marié  à  Marguerite  Pascal,  sa  cousine  :  et 
pour  petit-fils,  Etienne  Pascal^  époux 
d'Antoinette  Begon,  d'où  l'illustre  écri- 
vain ; 

D'autre  part,  pour  autre  fils,  Etienne 
Pascal,  marié  à  Jeanne  Enjobert,  d'où 
Biaise  Pascal,  écuyer,  seigneur  de  Montel, 
conseiller,  notaire  et  secrétaire  du  Roi, 
maison  et  couronne  de  France  et  de  ses 
finances,  suivant  provisions  du  24  décem- 
bre 1640,  époux  d'Anne  Servant,  mainte- 


I 


^îi  li^l  ^ot. 


LXVI. 

—     iii 


L'INTIÎRMÊDlÀlkii 


212 


nu  dans  sa  noblesse,  avec  ses  quatre  en- 
fants, par  M.  de  Fortia,  Intendant,  le  30 
mai  1667.  I. Bouillet,  Nobiliaire  J' Auver- 
gne, lomeW,  page  39  — D"^  de  Ribier, 
Recherche  générale  de  la  fioblesse  J' Au- 
vergne, page  373). 

iVlADEL. 

*  • 

Estienne  Pascal,  père  du  grand  Biaise 
Pascal,  était  l'ainé  de  six  enfants,  trots 
fils  et  trois  t~illes.  L'un  dé  ses  frères 
était  Biaise  Pascal,  à  qui,  lorsqu'en 
(630,  veuf  depuis  deux  ans,  il  vînt 
habiter  Paris  pour  l'éducation  de  ses 
enfants,  il  «  vendit  sa  cnaro:e  de 
deuxième  président  a  la  cour  des  Aydes 
et  la  plus  grande  partie  de  ses  biens  ». 
(Mémoire  par  Marguerite  Périer,  nièce  de 
Pascal,  publié  dans  le  premier  volume  des 
œuvres  de  Pascal,  édition  des  farauds  écri- 
vains de  la  France).  Le  signataire  du  reçu 
pouirait  bien  ètl-e  cet  oncle  du  gt-and  Pas- 
cal. IbÈRE. 

• 

*  * 

J'ai  eu,  j'ai  peut-être  encore,  sans  savoir 

où, deux  de  ces  quittances  de  rente  au  nom 
de  Biaise  Pascal.  Comme  elles  étaient 
datées  d'avant  1662,  je  les  présentai  un 
jour  à  M.  Charavay  qui,  sans  presque  les 
exarhiner,  me  répondit  nettement  qu'elles 
n'étaient  pas  de  la  rnain  de  l'illustre  écri- 
vain. Comme  celle  de  M.  Ulrich  Richard- 
Desaix,  elles  étaient  f)etites,  mais  non  im- 
primées. Il  n'est  pas  douteux  qu'elles  ne 
soient  d'un  assez  proche  parent  de  Pascal. 
Etienne,  marié  à  Antoinette  Begon,  en  ve- 
nant a  Rouen,  avait  laissé  des  parents  de 
son  nom  à  Clermonl.  Le  Biaise  qui  nous 
occupe,  était-il  un  oncle  ou  un  cousin  de 
Pascal?  Je  ne  puis  Hen  dire  d'aflfîrmatif 
sur  ce  point.  Ce  que  je  puis  assurer,  c'est 
que  ces  Pascal,  de  Clermoi  t,  sont  assez 
nombreux  et  se  sont  continués  à  Paris  où 
l'un  deux  épousa  une  demoiselle  Passerai. 
Ils  vinrent  à  Mantes  au  moment  de  la  Ré- 
volution et  le  Pascr^l-Passerat  (Jacques- 
Paul)  y  occupa  le  poste  de  receveur  de 
l'enregistrem -nt.  Il  y  fut  riiêmc  maire  en 
ventôse  an  III.  Son  fils,  Léon  Pascal  dit 
Gerville.  élève  pour  la  harpe  de  Camille 
Bœcker,  l'élevé  de  Madame  de  Genlis,  fut 
un  cortipositcur  distingué;  il  mourut  le 
10  mai  iH8o. 

L'étude  des  Pascal  de  Clermonl,  c-n  de- 
hors des  Pericr,  a  été  faite  au  point  de 
vilfe   ^éhéalogiqiie  et  M.  Richard-Desaix  y 


trouvera 
cherche. 


tous   les    renseignerrients  qu'il 
E.  Grave. 


papiers   de    Jean    Reynaud 

142).    -  Mais  ils  sont  à  la  Natio- 


Les 

(LXVI, 
nale. 

Un  jour  la  Bibliothèque  reçut  une  lon- 
gue et  lourde  boîte,  munie  de  deux  poi- 
gnées, d  aspect  macabre.  Elle  était  her- 
métiquement close,  scellée  et  soudée,  et 
ne  portait  (our  toute  indication  qu'une 
étiquette  de  parchemin  portant  cette  in- 
dication : 

Papiers   de   Jeati    Reynaud   sous    séquestre 
jusqu'au  18  juin  iç^o . 

Ce  n'est  pas  sous  cette  forme  mysté- 
rieuse que,  d'ordinaire,  se  font  les  dépôts 
des  manuscrits  les  plus  indiscrets.  Les 
lettres  d'amour  de  Musset  sont  disposées 
sous  un  fragile  cachet  ;  la  correspondance 
inviolée  des  Concourt  est  en  des  cartons 
ouverts  ;  les  papiers  de  M.  Thiers  ne  sont 
protégés  que  par  un  mince  cordon  : 
M.  Jean  Reynaud,  qui  n'a  jamais  que  bayé 
aux  étoiles,  qùaild  il  ne  s'attardait  pas 
dans  le  commerce  des  petits  cailloux 
dont  la  variété  excitait  sa  verve  de  miné- 
ralogiste, a  ceint  d'Un  triplé  bastion  dès 
papiers  sur  la  portée  desquels  on  se  perd 
efi  conjectures. 

Dans  le  cabinet  où  sont  déposés  les  do- 
cuments qui  ne  seront  communiqués  que 
plus  tard,  cette  malle,  dont  les  lianes  op- 
posent à  nos  curiosités  son  rigoureux 
veto,  a  quelque  chose  dans  son  énigme 
d'irritant  et  de  taquin. 

Comme  le  distingué  conservateur  des 
manuscrits,   M.  Omont,  traînait  ce  meu 
ble  pesant  et  l'amenait  a  la  lumière  pour 
le    mieux    examiner,    nous     lui    deman- 
dions : 

—  Alors,  vous  ne  savez  pas  ce  qu'il  y  a 
là-dedans  ? 

—  Absolument  pas...  Cela  nous  est  ar- 
rive sans  explication,  sans  inventaire  ; 
c'est  lourd,  c'est  encombrant,  et  c'est 
inexpliqué.  Secret  d'un  philosophe,  mys- 
tère d'une  doctrine  :  c'est  tout  ce  qu'il 
vous  plaira  de  sii|iposer. 

—  Mais  s'il  n'y  avait  rien  ? 

—  Pour  Un  tel  poids.' 

—  Par  ce  temps  de  malle  tragique  où 
le  crime  se  cache,  l'esprit,  volontiers, 
vagabonde  dans  le  roriianesque.  Voyez- 
vous  que,   dans  trente  ans,   en  oUvrkrit 


i 


DfaS  CHÈkCfiîiUKS  ET  CUKïBUX  20   Août  1911 

ii3     214     

étaient  habillés  de  bleu  et  les  dames  de 
blanc.  Bazard  et  Enfantin  entraient,  cha- 
cun se  levait,  saisi  dun  respect  dévo- 
tieux.  M.  Jules  Simon  a  écrit  de  bien  jo- 
lies pages  sur  ces  scènes  apostoliques... 

Mais  Jean  Reynaud  se  détacha  de  la  fa- 
mille saint-simonienne,  le  jour  ou  le  Père 
Enfantin  prit  des  allures  pontificales,  et 
proclama  la  liberté  de  l'amour,  cherchant 
dans  des  pratiques  singulières  la  femrrie- 
déesse,  qui,  en  s'associant  à  sa  destinée, 
devait  régénérer  le  monde.  Ni  Carnot,  ni 
Charton,  ni  Reynaud,  ne  consentirent  à 
se  faire  les  représentants  d'un  pathos  aussi 
suspect  d'immoralité  :  ils  brisèrent  avec 
éclat.  Jamais  on  ne  les  vit  processionnef 
par  les  fues  oia  assister  aux  agapes  pué- 
riles dans  la  maison  de  Ménilmontant. 

La  bonne  dâtnè  qii'on  à  enterrée  en 
1903,  a  emporté  poui*  vingt-sept  ans, 
dans  sa  tombe,  le  secret  de  la  boite  close 
déposée  en  grand  mystère  à  la  Bibliothè- 
que nationale.  Elle  n'a  riêh  voulu  dire  dé 
son  contenu.  Au  fond,  nous  soupçonnons 
pourquoi  cette  malle  étrange  et  muette  a 
l'air  d'un  cercueil  :  c'est  que,  désabusé, 
Jean  Reynaud  y  coucha,  avec  les  procès- 
verbaux  des  déchirements  saint-simoiiis- 
tes,  lé  cadavre  d'une  religion, 

M. 


cette   malle,   dont    l'allure  est  si  singu- 
lière, on  recule  épouvanté  '.,. 

Cette  supposition  ne  troiiblc  pas  la  sé- 
rénité des  conservateurs.  M.  Omont  sou- 
rit. Le  nom  de  Jean  Reynaud  n'évoque 
que  des  images  graves  et  vertueuses.  Il 
fut  sage  et  pacifique.  Il  n'a  jamais  nourri 
de  noirs  desseins.  M.  Jules  Simon  s'en  est 
porté  garant,  qui  n'a  jamais  parlé  des  in- 
dividualités de  cette  époque  sans  dire  en 
quelle  admiration  il  tenait  le  Lyonnais 
Jean  Reyhaud  «  C'est  un  honlme  illustre, 
disait-il  finement  :  quel  dommage  qu'il 
soit  si  peu  connu  !  »  Il  n'aurait  pas  fait 
l'éloge  de  la  vertu  sans  faire  celui  de  )eàii 
Reynaud.  Qu''est-cc  qu'un  tel  homme  peut 
bien  avoir  hiis  dans  une  telle  malle  .f'  Une 
malle  qui  a  l'air  d'un  petit  cercueil  et  cjiii 
ne  devra  être  ouverte  que  67  ans  après  la 
mort  de  celui  qui  l'a  fermée  !  Convenez 
que  c'est  bien  fait  pour  nous  intriguer... 
Qu'un  diplomate  qui  a  été  aux  écoutes  de 
toutes  les  négociations,  qu'un  politicien 
qui  a  traversé  plusieurs  fois  les  forêts  de 
Bondy  parlementaires,  qu'un  ténor  heu- 
reux ,  ur  poète  adulé  aient  des  secrets  et 
les  verrouillent,  soit  :  mais  Jean  Rey- 
naud! 

—  Oui,  il  en  avait,  nous  disait  un  ami 
de  sa  veuve  :  il  a  vu  lih  monde  extraor- 
dinaire, que  vous  ne  soupçonnez  pas  ;  il 
a  observé  des  rivalités  philosophiques  et 
des  combats  d'écoles,  qui  sont  bien  ou- 
bliés de  la  génération  présente  ;  il  a  sou- 
levé des  colères.  Les  pontifes  ont  fulminé 
contre  ce  doux,  dont  l'indépendance  était 
énergique.  Ces  graves  débats,  qui  sont 
l'honneur  d'une  génération,  mettent  en 
cause  des  personnalités  encore  vivantes. 
La  phalange  s'éclaircit  pourtant,  tous  les 
jours,  de  ces  hommes  distingués,  avec 
lesquels  il  mena  la  bataille  philosophique. 
Esprit  droit  et  sincère,  il  a  pu  vouloir 
garder  la  liberté  de  ses  jugements,  et 
pour  les  prononcer  tout  haut,  attendre 
que,  pour  eux,  comme  pour  lui,  la  pos- 
térité ait  commencé   . . 

La  veuve  ne  nommait  personne,  mais 
on  pouvait  supposer  qu'elle  faisait  allu- 
sion aux  drames  intimes  qui  déchirèrent 
le  saint-simonisme  et  firent  s'en  retirer  le 
prophète.  L'ami  disait  : 

—  Des  esprits  intelligents  ont  pu  siii- 
vre,  un  instant.  Enfantin  et  Bazard  ;  ils 
ont  pu  se  rencontrer  dans  la  petite  salle 
de  la   rue  Taitbout,  où   les  jeunes  gens 


Stendhal  et  les  Lyonnais  (LXVI, 
189).  —  M.  Victor  Giraud, réminent  écri- 
vain de  la  Revu/!  des  Deux-Mondes,  nous 
adresse  la  lettre  suivante  : 

le  I 2  août    1912, 
17,  boulevard  du  Roi 
Monsieur  le  Directeur, 

Le  Courrier  de  la  Presse  m'envoie  une 
coupure  de  V Inîermèaiaire,  où  je  lis  ceci, 
sous  la  plume  de  M.  Camille  PitoUet  : 

«  Nous  avons,  dans  un  article  de  la  Revue 
des  Langues  romanes  (tohie  LIV,  p.  504, 
note  2I,  déjà  relevé  la  comique  bévue  de 
M.  Victor  Giraud,  lequel,  à  propos  précisé- 
ment des  Mémoires  d'un  louriste,  s'im-dg'ine, 
en  1903,  que  le  Reboul  qui  y  est  cité 
comme  b'étant  entretenu  avec  Mme  Roland 
dans  son  cachot  en  1793,  n'était  autre  que 
le  poète  nîmois,  auteur  de  VAnge  et  V En- 
fant, qui  naquit  en  5796  !  Voilà  à  quoi  sert 
de  professer  la  littérature  dans  une  Uni- 
versité helvétique  !  » 

Ces  aimables  lignes  me  visent  évidem- 
ment :  car  je  ne  cnnais  pas  d'autre  Victor 
Giraud  ayant  «  professé  la  littérature  dans  une 
Université  helvétique».  J'ai  effectivement, 
—  et  j'en  suis  très  fier  !  —  eiiseigné  la  litté- 


«•  1337-  Vol, 


LXM. 

—     215 


L'INTERMÉDIAIRE 


216 


rature  française    à    l'Université  de  Fribourg 
en  Suisse,  pendant  dix  ans. 

Mais  je  n'ai  jamais  colliiboré  à  la  Revue 
des  Languts  romanes:. 

Et  je  n'ai  jamais  rien  écrit  ni  sur  les 
Mémoires  d'un  touriste,  ni  sur   Reboui. 

La  «  bévue  »  de  M.  Camille  PitoHet  doit 
provenir  de  ce  qu'il  m'a  co  ifondu  avec  l'un 
de  mes  homonymes,  je  la  lui  signale  chari- 
tablement. Puisse-t-elle,  une  autre  fois,  l'in- 
duire à  plus  d'indulgence  envers  ses  con- 
frères ! 

Je  me  permets,  Monsieur  le  Directeur,  de 
compter  sur  votre  courtoisie  pour  mettrecette 
menue  rectification  sous  les  yeux  de  vos 
lecteurs  et  je  vous  prie  de  trouver  ici  l'as- 
surance de  mes  meilleurs  et  plus  distingués 
sentiments. 

Victor  Giraud. 

Famille  de  La  Sudrie  (LXV  ;  LXVI, 
66,  1=57)  —  M.  de  la  Sudrie,  capitaine 
d'infanterie,  dont  je  m'honore  d'avoir  été 
l'ami  —  s'était  retiré  avenue  Victor- 
Hugo  32,  à  Bourg-laReine,  où  il  est 
mort  voici  plusieurs  années  déjà.  11  fut 
enterré  à  Rourg-la  Reme.  Son  ami.  le 
commandant  Sazonoflf,  prononça  l'éloge 
funèbre. 

11  a  laissé  deux  fils,  Jacques  et  Pierre, 
qui  habitent  26  avenue  Marceau  à  Pa- 
ris. 

Le  château  de  Calveyrac  appartient  en- 
core à  la  famille. 

Henri  Carpentier. 

Les  armoiries    de  Victor  Hugo 

(XLV  :  XLVl  ;  L.)  —  (Documents 
inédits).  —  On  sait  que  Victor  Hugo, 
dont  le  grand-père  était  menuisier  et  le 
bisaïeul  cultivateur,  fut  le  plus  heureux 
des  hommes,  un  jour  ou  un  sieur  Henri 
d'Escamps  lui  apporta  un  arbre  goncaio- 
gique  des  Hugo  de  Lorraine,  le  persua- 
dant qu'i^  en  était  l'un  des  fruits.  La  no- 
blesse d'Hmpire  de  son  pcre.  le  général  — 
noblesse  d'ailleurs  peut-être  usurpée  aussi, 
car  on  n'a  jamais  établi  que  le  titre  espa- 
gnol que  le  général  reçut  de  )oseph  ait  été 
reconnu  ou  confirmé  —  ne  lui  suffisait 
|>as.  Aus'-i  fut-il  tout  fier  de  se  voir  attri- 
buer les  armoiries  de  cette  famille  Hugo 
de  Lorraine  de  vieille  noblesse, qui  portait 
pour  armes  :  d'azur  à  un  chef  d'argent , 
chargé  de  deux  merletles  de  sable. 

Il  fit  ces  armes  siennes. 

M.  Noël  Charavay  veut  bien  nous  per-   1 
mettre  de   prendre  connaissance  d'un  do-  I 


cument  précieux  ; 
néalogique    tracée 


c'est  un  brouillon  gé- 
de  la  main  de  Victor 
Hugo,  probablement  d'après  l'arbre  gé- 
néalogique des  Hugo  de  Lorraine,  sur  le- 
quel un  flatteur  a  eu  l'adresse  de  greffer 
la  roture  du  poète,  il  se  livre  à  une  re- 
constitution très  laborieuse  qui  chatouille 
prodigieusement  sa  vanité. 

11  prend  la  peine  de  dessiner  lui  même 
son  blason  :  (on  le  trouvera  dans  la  page 
fac-similé  hors  texte). 

Après  ce  qu'a  écrit  Edmond  Biré  :  Hugo 
avant  j8jo,  il  n'y  a  pas  grand  chose  à 
dire  sur  le  travers  nobiliaire  de  l'illustre 
poète  —  néanmoins  on  lira  peut  être,  avec 
curiosité  le  petit  travail  suivant  qui  lui 
coûta  certainement  plus  de  joie  à  dresser 
que  de  peine. 


*  * 


Anthoine  par  la  Grâce  de  Dieu,  duc  de  Ca- 
labre.  de  Lorraine  et  de  Bare,  Mtrches,  mar- 
quis  de  Pons,  conte  de  Proiivenre,  de  Vaul- 
dormont,  etc.  à  tous,  présent  et  avenir,  salut 
(16  octobre  1537)  préambule  des  lettres  qui 
annobiissent  ma  famille.  (Voir  d'Hozier,  re- 
gistre IV''.  Armoiial  de  France). 
Hugo 
Arines  de  la  famille,  d'azur  à  un  chef 
d'argent,  chargé  de  deux  merlettes  de  sable, 
l'écu  suimonté  d'un  casque  de  profil,  fermé, 
orné  de  ses  lambrequins  d'argent  et  d'azur 
ainsi  que  de  son  bo'jrlet;et  sor.mé  d'un  vol 
bjnneret  d'nzur  chargé  d'une  fasce  d'argent. 
{/ci  le  blason  qu'on  verra  destiné  sur  la 
gravure  hors  texte). 

Richelieu  (argent  à  3  chevrons  de  gueules). 
1"^  degré  :  1 .  Georges  Hugo, y^;/M^ /io;«wtf, 
ayant  veu,  traversé  el  fréquenté  les  pa\s  et 
g-ucnes .     (Lettres   d'anoblissement    de   An- 
toins,  duc  de  Lorraine,   16  octobre  1537). 
Maison  de  Penicourt,  par  les  femmes. 
Maison  .le  Blamont  parles  femmes. 
2.  Hugues  i'ugo,  seigneur  du  fief  de  Rou- 
vrov. 
Etc. 

2«  degré  :  Claude  Hugo,  écuyer,  sieur  de 
risle  en  Rigjult,  gendarme  dans  la  comp^i- 
gnie  du  prince  Nicolas  de  Lorraine,  duc  de 
Mercœur  (1582). 

Nicolas  Hugo,  seigneur  du  £.  de   Rouvroy, 
capitaine  de  deux   cents  homr.-.es  dar.s  le  ré- 
giment de  Phalsbourg.    tué  en    1635,  par  les 
Suédois,  après    avoir   dcfeniiu    un    fort    où  il' 
commandait  près  d'Meidelberg. 

Jean  Hugo,    capitaine  daii^  le  régiment  de 
Biudricouit,  tué  au  service. 
Etc. 

111*  degré  :  François  Hugo,  écuyei, 
épouse  Dominique  de  Taillefumier. 

André    Hugo,    capitaine   de    cavalerie   au 


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ARMOIRIES  DE  VICTOR  HUGO  DESSINÉES  PAR  LUI-MÊME 

[Collection  Noël  Charavay) 
Int.  LXVI,  col.  2Tk>. 


OKS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


ao    Août  1911 


217 

service  de  Charles  IV,  duc  de  Lorraine,  en- 
suite au  service  du  Roi  d'Espagne  (1664). 

Etc. 

iV»  degré  :  Nicolas  Hugo,  baptisé  le  18 
avril  1630,  lieutenant  au  Régiment  Cardinal 
pour  le  service  de  France,  syndic  de  la  no- 
blesse du  bailliage  de  Saint-Mihiel . 

Ch  -Louis  Hugo,  religieux  prémontré, 
historiographe  de  Lorraine,  abbé  d'Estival. 
iSa  querelle  avec  l'évêque  de  Toul\  évêque 
de  Ptolémaïde,  écrit  beaucoup  d'ou\  rages  de 
polémique  religieuse  sous  le  pseudonyme  de 
Barleycourt  (mort  en  1739). 

Henriette-Thérèse  Hugo  épousa  Bernard 
de  Guilboii,  écuyer,  seigneur  de  Chatelat  et 
de  Mûntferat,  chevalier  de  Saint-Louis,  capit, 
de  Carabiniers. 

Claude-Jeanne-Philippe  Hugo,  épouse  Jean 
de  Massiac,  cap.  au  régiment  de  la  reine, 
major  du  fort-Louis  sur  le  Rhin. 

Suzanne-Plissinde  Hugo,  religieuse  annon- 
ciade-céleste  à  Saint-Mihiel. 

V'  degré  :  Nicolas-Ignace  Hugo  conseiller 
d'Etat  et  favori  du  duc  Léopoid  de  Lorraine 
(1715).  Jeanne  Victoire  Hugo,  vivait  le  10 
décembre  1699. 

VI»  degré  :  Ch.  Hyacinthe  Hugo  né  le 
16  décembre  1699,  (lui  et  sa  descendance 
créés  chevaliers  par  lettres-patentes  de  Fran- 
çois duc  de  Lorraine  du  20  novembre  1736) 
épouse  Anne  L'Huilier  de  Spitzemberg,  fille 
de  Ch.  Léopold  de  Castres,  seigneur  de  la 
capitainerie  de  Spitzemberg,  capitaine  au  ré- 
giment de  Bassigny,  enterré  à  l'église  d'Es- 
tival (mort  le  24  janvier  1 758) . 

VU»  degré  :  Nicolas  Dieudonné  Hugo,  che- 
valier, 12  juin  i73'>. 

Louis-Charles  Toussaint  Hugo,  —  id.  -, 
19  mai  1736. 

Joséphine-Mectilde  Hugo,  née   le  0  juillet 

>737- 
Ville  degré  : 

Mon  père  et  mes  oncles. 

1X8  degré  : 

Mes  frères  et  moi. 

Armoiries  octroyées  par  le  Pre- 
mier Empire  (LXVI,  93).  —  La  ques- 
tion est  traitée  de  la  plus  complète  façon 
dans  la  Revue  intitulée  HeraJdica  depuis 
le  numéro  de  juillet  191 1  jusqu'au  récent 
juin  1912,  sous  les  plumes  autorisées  de 
MM.  de  Gassicourt  et  du  Roure. 

Oroel. 

Ex-libris  à  déterminer  :  d'azur  à 
la  croix  d*argeDt  (LXVI,  94).  — 
Ces  armes  sont  celles  de  la  grande  fa- 
mille parlementaire  de  Le  Pelletier  qui  a 
formé  les  branches  de  Rosambo,  de 
Saint-Fargeau,   de    Matefontaine   et   des 


218 


Forts.  La  première   seule  subsiste  encore 

aujourd'hui.  L.  G.  D.   L.  H. 

* 

*    m 

Cet  ex-libris  est  aux  armes  du  Prési- 
dent Le  Pelletier  de  Saint  Fargeau  (Mi- 
chel-Etienne) né  le  10  mars  1736,  mort 
en  1778  NisiAR. 

*  » 
Appartient  à  la   famille  Le  Peletier  de 
Saint-Fargeau      N°  859  des  Ex-Libiis  Hé- 
raldiques anonymes,  de  Léon  Quantin. 


Ruban  d'une  croix  de  Saint-Louis 
avec  nœud  (LXVI,  93^.  —  Le  ruban  en 
question  est  celui  d'un  chevalier  de  l'or- 
dre. B.  P.  • 

Fer  de  reliure  à  identifier  (LXVI, 
94).  —  Ces  armes  sont  celles  de  la  fa- 
mille Fevret  de  Saint-Mesmin-en-Bourgo  • 
gne.  Guigard  les  attribue  à  Fevret  de 
Fontette,  conseiller  au  Parlement  de  Di- 
jon. NlSlAR. 

Ce  sont  les  armes  de  la  famille  Fe- 
vret de  Saint-Mesmin,  en  Bourgogne, 
qui  blason  ne  :  Ecartelé  :  aux  i  et  ^  d'a:(ur 
à  trois  bandes  d'or  (Fevret)  ;  aux  2  et  ^ 
d'argent  à  la  hure  de  sanglier  arrachée  de 
sable^  défendue  et  allumée  d'argent,  vomis- 
sant des  flammes  de  gueules  et  posée  en 
bande  (Gorgiard). 

Ce  fer  n'est  pas  mentionné  par  Guigard 
qui  en  donne  un  autre  du  xvui*  siècle,  de 
Claude-Marie  Fevret  de  Fontette. 

P.    LE  J. 

Jardins   dessinés   par   Le    Nôtre 

(LXV,  448,  5bo,  614,  714;  LXVI,  23, 
68).  —  Au-dessus  de  la  ville  de  Saint- 
Vallier  (Drôme)  se  trouve  le  beau  châ- 
teau de  Chabrillan,  des  xv«  et  xvii»  siècles, 
avec  jardins  dessinés  par  Le  Nôtre.  Aux 
xv"  et  xvi"  siècles  ce  château  était  la  ré- 
sidence des  comtes  de  Poitiers-Valenti- 
nois,  à  la  famille  desquels  appartenait  la 
célèbre  Diane  de  Poitiers,  maîtresse 
d'Henri  II.  Nauticus. 


Ouvrages   sérieux   mis   en   vers 

CT.  G.  665  ;  XXXV  a  XL  ;  XLII  ,  XLIV  à 
XLIX  ;  LI  à  LX  ;  LXl  ;  LXll  ;  LXV  ;  LXVI, 
124).  —   Puisque  M.  Fraval  s'intéresse  à 


»!}•  M37  Yo'- 


pvi. 


L'iNTi^KWBDIAiKil 


219 


230 


l'arithmétique  en  vers,  je  me  fais  un  plai- 
sir de  lui  communiquer  le  couplet  sur  la 
multiplication  : 

De  la  multiplication  par  un  nombre 
d'un  seul  chiffre. 

Le  multiplicateur  d'un  seul  chiffre  se  pose 
Sous  le  multiplicande,  à  la  droite  et  pour  cause; 
Il  faut  multiplier  d'abord  les  unités, 
Dizaines  et  plus  tard  centaines  sont  portés, 
En  joignant  l'excédent  sui  l'unité  plus  forte  : 
L'utile  résultat  en  nombre  se  rapporte. 
Orj  pour  multiplier  six  mille  huit  cent  deux 
Par  six,  j'opère  ainsi,  le  fait  n'est  pas  douteux. 
En  disant  :  six  fois  deux  font  douze  ;  il  faut 

[écrire 
Deux  sous  (es  unités  et  4?  inèine  transcrire 
La  dizaine  à  son  rang,  et  puis  riiultiplier 
Les  centaines,  les  mille,  et  ne  point  oublier 
Que  chaque  retenue  2  son  rang  est  remise, 
Pour  que  la  vérté  sur  le  produit  se  lise. 
Le  nombre  ici  placé  marque  son  résultat  ; 
Du  principe  établi,  c'est  le  produit  exact. 

L'ouvrage  entier  de  Chavignaud  compte 
loi  pages,  y  compris  une  introduction  en 
vers  et  un  hymne  à   la  Marine  française. 

En  voici  les  principales  divisions  :  Nu- 
mération, parties  décimales.  Les  quatre 
opérations  sur  les  nombres  entiers  et  les 
fractions,  qui  sont  appelées  les  humbles 
fractioDS  parce  qu'elles  sont  plus  petites. 

Système   métrique.     Concordance    des 
anciennes  mesures  avec  les  nouvelles  : 
Or,  si  l'on  peut  savoir,  principe  général. 
Combien  huit  aunes  font  de  mètres  au  total, 
il   faut  multiplier  le  rapport  .salutaire 
De  l'aune  au  mètre,  afin  qu'un  produit  exem- 

[plaire 
Fixe  le  résultat  :  un,  cent  quatre-vingt-huit, 
Pris  huit  fois  donnera  Cit  utile  produit. 

Suivent  :  les  proportions,  les  règles  de 
société,  d'intérêt  et  d'escompte,  d'alliage  ; 
les  progressions  arithmétiques  et  géomé- 
triques, et  enfin  les  problèmes  récréatifs. 

Ce  livre  est  véritablement  fort  esti- 
mable. 

En  1852,  il  avaifdéjk  dix  éditions. 

LÉO  Claretie. 

»  • 

V Introduction  à  la  vie   dévote.,  Mise  en 

rers  François  par  le  sieur  N.  H.  E.  S.  D. 
M...  A  Paris,  chez  Charles  de  Sercy,  1^52. 
Ch.  Nicolas  :  Le  Jardin  des  racines  al- 
lejnand&s  mis  en  vers  Jrançats .  Paris,  Ha- 
chette, 1838.  ln-8. 

Boscar  (LXV,  621;.  —  Il  y  a  toujours 
prqlit  à  life  îyi.  Daron  ;  on  y  apprend  Jes 
mots  incoqnus,  très  intéressants  et  aux- 


quels on  ne  songe  guère.  Derrfièrernent  il 
nous  annonçait  l'existence  d  un  mot  vari- 
dale  aiigon  :  M.  Daron  en  faisait  un  mot 
grec,  naturellement  :  aux  courses,  le  fran- 
çais fourmille  de  mots  anglais  tels  que  star- 
ter., handicap,  etc.,  qui  sont  très  bien  ac- 
ceptés. Maintenant  c'est  le  vocable  boscar, 
encore  un  autre  mot  grec,  toujours.  C'est 
à  croire  que  notre  langue  est  la  continua- 
tion du  grec,  et  que  le  grec,  c'est  le  vieux 
français  du  temps  de  Démosthène.  Le  mé- 
ridional qui  a  semé  le  mot  boscar  sur  les 
boulevards,  ne  se  doutait  certainement 
pas  qu'il  faisait  du  grec  sans  le  savoir. 

Bien  plus,  boscar  n'est  pas  grec,  et  je  le 
vais  prouver. 

En  germanique  existe  le  radical  bus.,  biïs, 
objet  de  peu  de  valeur,  conservé  dans  le 
norvégien  actuel  bos,  bus,  bys,  boes.,  boess, 
déchet,  litière,  éclat,  souche,  le  suédois 
boss,  le  bas-allemand  hos^e,  etc.. 

Le  <ï\m\r\\iW{  buskah*,'^iiskan,  nominatif 
busha,  bâska  paraît  avoir  disparu  dans  les 
langues  germaniques,  mais  a  donné  n^^is- 
sance  au  latin  mérovingien  bitsca.  bûsca., 
bûche,  éclat  de  bois,  branchages,  broiis- 
sajlles,  d'où  le  verbe  buscare,  bâscare, 
faire  des  bûches,  chercher  du  menu  bois, 
se  cacher  dans  les  broussailles,  d'où  bû- 
cher, chercher,  guetter. 

Ne  nous  occupons  que  du  sens,  cher- 
cher du  menu  bois,  chercher  en   général. 

On  a  :  nouveau  provençal  husca,bousca, 
chercher,  attraper,  extorquer,  vieux  fran- 
çais busquer,  chercher,  faire  des  recher- 
ches ;  italien  buscare  chercher,  marauder, 
obtenir  par  adresse,  se  procurer,  attraper, 
escroquer  ;  espagnol  boscar.,  huscar,  cher- 
cher, fiure  des  recherches,  voler  ;  portu- 
gais buscar  chercher,  quérir,  rechercher, 
faire  des  perquisitions. 

Le  ver|De  a  donné  naissance  aux  subs- 
tantifs suivants  :  nouveau  provençal  bous- 
co  recherche,  perquisitiot)  ;  italien  busca 
recherche,  quèle,  marai^de;  espagnol  bus- 
ca recherche,  busca  fureteur,  chercheur, 
chien  de  quête  ;  poftugais  busca  recher- 
che, enquête,  investigation,  fouille,  per- 
quisition, information,  visite  domiciliaire. 

Je  laisse  de  côté  les  autres  dérivés  trop 
nomt^rcu^  pour  les  citer  jci. 

D'après  qe  que  je  viens  de  dirç,  pq  corn- 
prcnd  le  sens  et  l'origine  iiu  provençal 
boscar,  dont  la  vraie  orthographe  serait 
bos^ard,  pouscard,  celui  qui  cherche  à  at- 
traper ou  9  extorquej^. 


I 


DBS  CflJBHCa^UJ^S  ^T  CURIEUX 


30  AoOt  1919 


221 


^^3 


Dans  tout  cela,  il  n'est  pas  question  du 
pigeon  grec  hoscar .  Pour  l'explication  du 
provençal  bouscard,  j'ai  pris  le  radical 
bouse  à  ses  origines  germaniques  et  je  l'ai 
suivi  jusqu'à  noire  époque  :  je  voudrais 
bien  voir  M.  Daron  faire  la  même  opéra- 
tion pour  son  grec  bosca>\  11  est  bien  aisé 
de  prendre  deux  mots  appartenant  cha- 
cun à  une  langue  différente,  et  ayant  un 
sens  rapproche  et  affirmer  que  l'un  vient 
de  l'autre,  il  est  plus  difficile  de  prouver 
son  dire.  H.  La. 

Miss  fLXV,  621).  -  Tel  est  le  cas  de 
miss.  Depuis  les  temps  historiques  jusqu'à 
nos  jours  ont  été  en  Angleterre,  des  po- 
pulations celtiques  parlant  le  dialecte  brit- 
tonique  :  les  Romains  conquérants  n'ont 
pu  imposer  leur  langue  aux  vaincus  ;  après 
leur  départ,  les  Bretons  libérés  continuent 
à  parler  leur  langue  peut-être  augmentée 
de  quelques  mots  latins  ;  puis  viennent 
les  Anglo-Saxons  qui  imposent  leur  lan- 
gue germanique  que  modifient  assez  peu 
les  Normands  venus  en  dernier  lieu.  Bre- 
tons, Romains,  AngloSaxons,  Normands, 
ne  connaissent  ni  ne  parlent  le  grec.  Com- 
ment le  mot  grec  d'où  vient  miss  est-il 
entré  dans  la  langue  anglaise.?  Ce  n'est 
certainement  pas  avant  la  conquête  ro- 
maine ;  peut-être  pendant,  mais  ce  mot 
grec  aurait  pris  une  forme  latinealors,quel 
est  ce  mot  latinisé.  Est-ce  sous  la  domi- 
nation anglo-saxone,  mais  les  Anglo- 
Saxons n'ont  jamais  eu  de  rapport  avec 
les  Grecs.  Est-ce  plus  tard,  mais  alors  que 
M.  Daron  montre  dans  le  grec  du  moyen 
âge  ce  mot  fantôme  ;  il   ne  le  pourra  pas. 

La  seule  solution  possible  est  celle  qu'il 
repousse. 

Miss  n'est  pas  le  dérivé  de  mistress, 
c'est  mistress  lui-même  et  voici  comment. 
Misires  madame,  a  une  prononciation  dif- 
férente de  celle  de  mistress  maîtresse  :  on 
prononce  mississ  déformation  de  mistress 
où  le  /  tombe  comme  dans  le  nom  de 
lieu  Haskestoc  (13s)  devenu  aujourd'hui 
Hassock  entraînant  Vr  mal  soutenu  dans 
sa  chute.  Plus  tard  missis  se  contractant, 
se  resserrant  à  son  tour  devint  miss.  Tout 
le  monde  sait  que  ce  resserrement  est 
dans  le  génie  de  la  langue.  Ainsi  le  nom 
dt  Wtu  Crossentss  (13s)  est  devenu  Cr<:'.';- 
sens.  On  dit  plutôt  bi:(  que  busirtess  ;  mob 
s'abrège  de  mobile,  comme  fad  du  fran- 
çais fadaises  ;  fancy  vient  dt  fantasv,  hose 


de  browcsse  pu  browyce,  sbore  dp  sewer,  Sa- 
cristan  est  deven^i  Sexton,  Cicely  Cis  et 
Roger  Rodge,  etc.  Je  laisse  de  côté  les 
noms  de  lieux  ou  de  personnes  qui  subis- 
sent des  modifications  incroyables.  Quoi 
d'étonnant  alors  quewm;5i  deviepne  miss, 
le  raccourcissement  se  produisant  dans  un 
milieu  familial  et  daris  un  lapgage  légère- 
ment enfantin  employé  par  le  personnel 
domestique,  où  les  syllabes  ont  une  ac- 
centuation instable  entraînant  la,chute  de- 
la  voyelle  atone.  ïï.   La. 

Mousse  (LXV,  621).  —  S'il  y  a  un 
grec  mos.  je  n'en  sais  rien,  j'en  doute 
même,  pn  toijt  cas,  il  fi'a  rien  à  fajre  avec 
notre  mousse. 

Si  l'on  met  en  regard  nos  deux  mots 
mousse  et  puits  dans  les  langues  romanes, 
on  a  : 

ir^.viça\s  mousse  puits ',  pro\ençal  moiisso 
pou{  :  italien  mo:(:(o  po{:(o  ;  espagnol  mo- 
{0  po{o  :  portugais  moço  poço. 

Comparés  aux  autres  langues,  le  fran- 
çais et  le  provençal  mousse  mousso  ne  sont 
pas  de  forme  régulière  :  le  fait  s'explique 
très  bien  si  l'on  admet  que  l'italien  ou 
l  espagnol  mo:(:^o  mo:(0  a  donné  naissance 
au  provençal  mousso  qui  à  son  tour  est  de- 
venu le  français  mousse. 

Comme  puits  se  dit  en  latin  puteus,  on 
conclura  pour  l'autre  terme  un  latin  mu- 
tîus  ne  figurant  pas,  il  est  vrai,  dans  les 
auteurs,  mais  dont  l'existence  est  rendue 
probable  pour  diverses  raisons. 

Quel  est  le  sens  de  ce  latin  mutius;  l'es- 
pagnol et  le  portugais  y  répondent  par 
les  adjectifs  wio^o,  moço  jeune,  le  français, 
le  provençal  et  l'italien  par  les  adjectifs  » 
mois.,  mois,  mo^io  écourté,  émoussé,  lâche, 
niais. 

Le  germain  qui  a  reçu  le  mot  des  lan- 
gues romanes,  présente  les  formes  sui- 
vantes :  vieux  hollandais  moetse  qui  a  la 
queue,  les  oreilles  ou  la  crinière  coupée, 
l'allemand  mot{,  mut:(,  animal  dont  la 
queue  est  coupée,  nabot,  sot,  d'où  les  ver- 
bes vieux  hollandais  moetsen,  mutsen  mu- 
tiler, couper,  bas-allemand  mut;(en  cou- 
per, allemand  mutsen  rogner,  tondre, 
tailler,  écourter,  etc. 

Citons  encore  l'espagnol  mocho  tondu, 
taillé,  le  portugais  mocho  écorné  quj  re- 
présentent un  latin  muticulus. 

Il  résulte  de  tous  ces   rapprochements 


N»  1337     Vol.  LXVI 

223      

que  le  sens  primitif  des  mots  mousse, 
mow^sû,  Nw:^{0,  tno:(o,  moço  est  identique  à 
celui  du  latin  tonsus.  C'est  le  jeune  homme 
aux  chevc-ux  tondus  ou  raccourcis.  H  est 
bon  de  se  rappeler  ce  que  j'ai  dit  au  sujet 
de  touse{LXV,  0o). 

Je  puis  ajouter  que  le  grec  actuel  pos- 
sède le  mot  poûtyos  moui^os  mousse,  em- 
prunté aux  langues  romanes. 

H.  Laray. 

«  Mon  colonel  »  (LXl  ;  LXII  ;  LXVI, 
74,  126.  167).  —  En  adhérant  pleinement 
à  l'opinion  exprimée  par  le  collaborateur 
Langoumoisin.  j'ajouterai  seulement  que 
les  dignités  d'amiral  et  d'ambassadeur 
passent  aussi, en  se  féminisant,  aux  fem 
mes  des  titulaires  Mais  i'  n'y  a  plus 
d'amiraux  en  France,  seulement  comme 
par  courtoisie  on  dit  «  amiral  »  en 
s'adressant  à  un  vice-amiral,  même  à  un 
contre-amiral,  je  me  demande  si  l'usage 
est  d'étendre  aux  femmes  de  ceux-ci  la 
même  appellation  honorifique. 

En  province,  on  a  longtemps  dit  la 
<i  préfète  »  et  la  *<  sous-préfète  »  ;  Charles 
de  Bernard  emploie  même  ce  dernier  ter- 
me dans  un  de  ses  agréables  romans  : 
Uk  acte  de  Vertu.  Ces  façons  de  parler  ne 
sont  plus  guère  en  usage.  On  a  même  dit, 
mais  rarement,  la  «  Première  présidente  », 
ce  qui  était  absolument  ridicule. 

H.  C.  M. 

Poésie  monosyllabique (LXIIl ;  LXIV 
LXV;  LXVI,  123).  —  Ces  calembredaines, 
comme  les  a  justement  définies  Maxime 
du  Camp,  sont  plus  calembredaines  en- 
core quand  on  élude  la  difficulté  de  la 
rime.  C'est  le  cas  dans  la  citation  qui 
vient  d'être  faite  de  Jules  de  Rességuier  : 

Blonde 
Nuit! 
L'onde 
Fuit  ! 
Terre 
Brune 
Lune 
Luit! 
Elle  et  son  pageétaient,  sur  la  tour,  à  minuit  ! 

Tant  mieux.  Mais  avec  quoi  rime  Terre  ? 

G.   DE  FONTENAY. 

BI018  et  ses  ,  abitants  (LXVI,  7). 
—  Dans  Le  Ltvie  des  Proverbes  français^ 
Le  Roux  de  Lincy,  après  avoir  cité   l'ex- 


L'INTBKMBDIAIKH 


'224 


pression  «  Les  péletiers  de  Blois  »,  ajoute 
que  l'on  disait  encore  «  les  foireux  de 
Blois  ». 

C'est  évidemment  de  l'origine  de  l'épi- 
thete  stercorariiis  de  Scaliger. 

De  Mortagne. 

Membre  de  3  Académies  (LXVI, 
94).  —  A  l'église  Saint-Louis  d'Antin,  on 
peut  voir  une  urne  contenant  le  cœur  du 
comte  de  Choiseul   : 

Gabriel  Florent  Auguste,  comte    de  Choi- 
seul, 
pair  de  France,  ministre  d'Etat 
Lieutenant-Général    des    Armées    du  Roi 

etc   ,  etc , 
Membre  de  l'Académie  française,  de  l'Aca- 
démie des  Inscriptions  et  Belles-Lettres 
et  de  celle  des  Beaux-Arts  etc. 
Ancien  ambassadeur  à  Constantinople. 

HUMANUS. 

Distique  latin  à  identifier  :  «  Quid 

faciès...  ))  (LXVI,  7,  ib2).  La  question, 
qui  est  l'auteur  de  ce  distique  ?  est  bien 
difficile.  Est-il  po-sible  d'y  répondre  ? 
Le  distique  toutefois  remonte  plus  haut 
qu'au  xviii'  siècle,  car  je  le  trouve  dans 
1'  s<  Aenigmatographia  sive  Sylloge  Ae  ■ 
nigmatum  et  Griphorum  convivialium  ex 
variis  Auctoribus  colleclorum  »,  par  Ni- 
colaus  Reusnerus,  Pars  II,  Francfort, 
i6>>i  p.  154.  En  voici  d'autres  du  même 
genre  ; 

Aeris  servus  eris,  si  te  species  trahat  aeris  : 
Aeri  cur  haeres?  cras  aeris  non  eris  haeres. 
Si  tibi  déficit  aes,  miser  es,  praepinguia  non 

[es  : 
Post  res  egestas,  multos  comitatur  egestas. 

E.  Bensly. 

Le  grec  dans  la  langue  française  : 
Cabane  (LXV,  ^81  ;  LXVI,  171).  — 
M  Corman  a  entrepris  d'élucider  la  qu&s- 
Won  cabane ,']ç.  lui  offre  ma  façon  de  voir  à 
ce  sujet. 

La  question  capanna  est  restée  Tune 
des  plus  obscures  de  la  linguistique 

Isidore  est  le  premier  qui  cite  ce  mot  : 
tugiirinm  parva  casa  est;  hoc  rustici  ca- 
panna vocant.  Isidore  vivait  aux  be  et  7' 
siècles.  Au  8*  siècle  il  est  devenu  cabanna. 

H.  Laray. 

S  jubs  la  corde  des  sai  icts  (LXIV  ; 
LXV  ;  LXVI,75, 126,  169).  —  Une  expres- 
sion similaire  se  rencontre  dans  un  texte  de 


DBS  CHBRCHfiUKS  8Î  CURIEUX 


ao  Âoât  191S 


225 


226 


1 36 1 .  A  propos  du  patronage  de  la  chapelle 
Saint-Nicolas  du  Trait  (à  Yanville,  dio* 
cèse  de  Rouen),  que  revendiquaient  à  la 
fois  les  moines  de  Jumièges  et  l'archevê- 
que, et  de  la  sentence  intervenue  aux  as- 
sises de  Caudebec,  on  voit  que  T  «  at 
tourné  »  et  procureur  des  religieux,  abbé 
et  couvent  de  Jumièges  s'était  rendu  à 
l'église,  objet  du  litige,  «  et  illeuc,  heure 
de  messe,  ainsi  comme  le  prestre  qui  la 
grant  messe  chanta  en  ycelle  chapelle  out 
fait  son  pri,  se  transporta  devant  le  mes- 
tre  autel  d'icelle  chapelle  du  Trait,  de- 
vant l'autel  Notre-Dame  d'icelle  chapelle, 
soiilx  le  cruxffis  et  soulx  les  sains  d'icelle 
chapelle  et  en  tous  yceulx  lieux,  en  la 
présence  de  grand  foison  de  bonnes  gens, 
fut  Icu  ledit  brief  et  commission,  et.  par 
vertu  de  ce,  adjourna  ledit  archevesque 
a  estre  en  ces  assises  pour  respondre  aux 
dis  reliËfieux...  h 

L'une  des  désignations  topographiques 
employées  ici  parait,  bien  être  la  même 
que  celle  qui  a  donné  lieu  à  la  question 
et  s'expliquerait  de  façon  identique. 

Qy^siTOR. 

Normands  et  termes  marins  (LXIV; 

LXV).  —  Au  temps  jadis,  une  batterie 
était  mstallée  à  l'avant  du  bateau,  et  sur 
cet  emplacement  était  écrit  en  grosses 
lettres  le  mot  «  batterie  ».  Le  bord  du  na- 
vire du  côté  des  lettres  hat  s'est  appelé 
bâbord  —  celui  du  côté  des  lettres  trie 
s'est  appelé  tribord.  Mary. 

Guilhen  (LXVl,  95).  —  Guilhen  et 
mieux  Guilhem  est  un  nom  occitan,  qui 
signifie  Guillaume.  B.-F. 

Cabajoutis  (LXV;  LXVI.  123).  ~ 
Dans  la  région  nivernaise  et  morvan- 
delle, le  masculin  cagibi  (dont  je  ne  ga- 
rantis pas  l'orthographe  et  que  j'écris 
phonétiquement)  désigne  une  sorte  de  petit 
réduit,  de  capharnaum  où  l'on  entasse, 
pour  s'en  débarrasser,  les  objets  les  plus 
hétéroclites.  Le  mot  est  populaire, mais  je 
ne  le  crois  pas  paysan.  C'est  un  demi- 
monsieur. 

G.   DE  FONTENAY. 

Gymkana  (LI  ;  LU).—  Du  Figaro  : 

Ce  mot  «  gymkana  ■»  nous  vient  de  l'Inde 
de  rajahs,  où  il  est  employé  pour  désigner 
des   fantaisies  équestres,  auxqualles  excellent 


les  brillants  cavaliers  de  l'Inde  splendide» 
qui,  montés  sur  leur  coursier,  parcourent  la 
piste  bride  abattue,  coupant  en  deux,  d'un 
seul  coup  de  sabre  en  passant  devant  lui,  un 
mouton  accroché  la  tête  en  bas  à  un  poteau. 
C'est  M.  André  de  Fouquières  qui  a  accli- 
maté en  Franco  le  mot  «  gymkana  »,  qui 
sert  ainsi  à  désigner  brièvement  toute  une 
série  de  divertissements,  de  jeux,  de  courses, 
de  sports  pratiqués  en  plein  air  pendant  la 
belle  saison,  lors  d'une  réunion  mondaine,  le 
plus  souvent  en  faveur  d'une  bonne  œuvre, 
et  qui  trouvent  le  moyen,  tout  en  soulageant 
des  infortunes,  d'amuser  aussi  bien  les  petits 
que  les  grands,  et  d'obliger  les  assistants  à 
déployer  toutes  les  élégances  raffinées  que 
nécessitent  ces  journées  «  sélect  »  entre 
toutes. 

Rampeau  (LXVI,  95).  —  Littré  donne 
ce  mot  avec  un,  ou  plutôt  deux  sens,  tout 
autres  que  celui  qu'indique  M.  Simon  : 
'<  Partie  de  quilles  qui  se  joue  en  un  seul 
coup  de  boule  >  ;  et  «  second  coup  de 
la  partie  qui  se  joue  en  deux  coups  >v  Au 
premier  de  ces  sens  se  rapporte  celui  du 
verbe  «  rampeller,  jouer  au  rampeau  ;  au 
second,  l'emploi  du  mot  rampeau  dans  la 
phrase  de  Montluc  que  cite  Littré  :  %»  Je 
lui  manday  que  je  ne  voulois  pas  qu'il 
fust  fait  de  luy  un  rampeau  du  capitaine 
Arne  »  ;  c'est-à-dire,  d'après  le  contexte, 
qu'il  fut  tué  comme  l'avait  été  le  capitaine 
Arne  ;  «  rampeau  »  a  ici  le  sens  de  «  ré- 
pétition ».  11  faudrait  chercher  ce  mot 
dans  Lacurne,  à  qui  Littré  emprunte  son 
exemple,  et  dans  le  dictionnaire  de  Go- 
defroy,  je  ne  l'ai  pas  en  ce  moment  sous 
la  main. 

Ibère. 

Godefroy  enregistre  ce  mot  avec  le 
sens  de  partie  de  quilles  qui  se  joue  en 
un  seul  coup  de  boule,  et  encore  :  second 
coup  de  la  partie  qui  se  joue  en  deux 
coups,  et  il  cite  à  l'appui  plusieurs  textes 
du  xvi^  siècle. 

11  donne  aussi  l'extrait  suivant  oii  le 
mot  est  employé  au  figuré  : 

Je  luy  manday  que  je  ne  voulois  pas  qu'il 
fust  fait  de  luy  un  rampeau  du  capitaine 
Arne,  et  qu'il  suffisait  d'avoir  perdu  un  brave 
et  excellent  capitaine  et  une  compagnie  de 
gens  d'armes,  sans  en  perdre  deux  (Montluc, 
Mém.,  il,  p.  396). 

Cet  auteur  note  qu'être  rampeau  se  dit 
aujourd'hui  en  terme  de  jeu  lorsque  deux 
joueurs  sont  maiiche  à  manche,  que  dans 


H-  1337.  Vol.  LXVI. 


L*iNTB;<MÉDÏAIRE 


227 


228 


le  Jura,  rampeau  se  dit  d'un  jeu  de  quilles 
où  il  s'agit  d'abattre  d'un  seul  coup  trois 
quilles  rangées  obliquement  par  rapport 
au  joueur,  et  que  dans  l'Aunis  le  mot  dé- 
signe le  jeu  de  boules. 

Dans  Littré,  mêmes  définitions  et  même 
texte  de  Montluc,  sans  aucune  étymolo- 
gie. 

Godefroy  donne  aussi  rampeller,  jouer 
aux  quilles,  avec  un   texte  de  Brantôme. 

De  Mortagne. 


Rampeau  et  aussi  rampo^  râpeaii  signi- 
fiait autrefois  dans  le  langage  populaire 
le  second  coup  d'une  partie  de  quilles. 
On  trouve  dans  Littré  qui  reproduit  la 
Curne  : 

Rampeau,  second  coup  de  la  partie  de 
quilles  qui  se  joue  en  à?.ux  coups.  Je  liiy 
manday  que  je  ne  voulois  point  qu'il  fust 
faict  de  luy  un  rampeau  du  (capitaine  Arne 
qui  venait  d'être  tué)  et  qu'il  suffisait  d'avoir 
perdu  un  brave  et  vaillant  capitaine. 

(Montluc  :  Mémoires,  1592).  Rampeau, 
dans  cet   exemple,  est  pris  au  figuré. 

La  Curne  et  Littré  auraient  pu  citer  ce 
passagede  Rabelaisoù  rampeau, rapeau  est 
pris  en  son  sens  propre  de  second  coup 
au  jeu  de  quilles. 

11  y  eut  rapnau  et  lors  mirent  tous  chiîcun 
ung  dernier  au  jeu  pour  ledit  rapeau. 

L'ancien  français  avait  aussi  rampeUj 
jeu  de  boules  .  Dans  la  Bresse  Lou- 
hannaisc,  rapeau  signifie  égalité  au  jeu  ; 
être  rapeau,  être  manche  à  manche  au 
jeu,  dans  une  partie,  avoir  parité  de 
points.  Ce  terme  rapeau,  rampeau,  second 
coup  au  )eu  de  quilles  est  aussi  très  usité 
dans  l'Est,  la  Bretagne  et  l'Ardèche  où, 
dit  Y  Intermédiaire  (30  mars  1899).  les 
hommes  et  les  enfants  l'emploient  pour 
n'importe  quel  jeu. 

L'étymologie  de  rampeau  coup  au  jeu, 
semble  difficile  à  établir  d'une  façon  pré- 
cise, louer  au  rampot,  dans  le  Lyonnais, 
c'est,  dit  Puitipclu,  «  jouer  avec  des  go- 
billes  (billes)  et  avec  laide  de  trous  au 
nombre  de  neuf  que  l'on  fait  dans  la  terre. 
Ce  jeu  de  billes,  dans  le  centre  et  à  Paris, 
s'appelle  jeu  de  la  bloquette.  La  seconde 
partie  du  mot  est  po/, mais  la  première, se 
demande  Puitspelu, est  elle  rang  ?  rang  de 
petits  pots?  Comparez  le  forézien  ran^rifan 
cbi,\tu  qui  se  joue  avecdes  rangées  de  cail- 
loux ;  oubicn.'jfw  serait-il  Icpréfixe/.j  na- 
salisé ?  Comparez  le  vosgien  rempcau  pour 


rapeau  ».  Puitspelu  semble  avoir  confondu 
ici  le  jeu  de  la  bloquette  avec  celui  de  la 
balle  au  pot.  Dans  la  bloquette,  un  seul 
pot,  un  seul  trou  suffit  ;  dans  la  balle  au 
pot,  il  faut  autant  detrous  que  de  joueurs 
et  rang  de  pois  qu'il  propose  s'explique- 
rait alors,  sans  nous  donner  toutefois  l'ex- 
plication du  sens  :  point  égal,  coup  nul. 
Nous  pensons  avec  M.  Guillemant 
(Dictionnaire  du  patois  delà  Bresse  etV  In- 
termédiaire (30  mars  1899)  qu'il  faut  rap- 
procher rampeau  de  rapport,  faire  rapport 
à,  égaler  ou  encore  de  rappel,  rappel  au 
but,  au  début  de  la  partie,  renvoi  au  jeu, 
comme  le  propose  notre  érudit  confrère 
M.  Pavot  ;  mais  tout  cela  est  imprécis. 

Gustave  Fustier. 

Futurisme  et  cubisme  (LXVI,  97). 
—   Les    peintres    futuristes   ont  annoncé 
leurs  intentions   révolutionnaires  maintes 
fois  déjà,  et   tout  dernièrement  dans  une 
brochure  de  32  pages  publiée  à  l'occasion 
de  l'exposition   de  leurs  œuvres  à  Paris, 
du  5  au  24  février  1912  {Lespeintra  futu- 
ristes italiens) .    La   lecture   de  ce  curieux 
opuscule  est  instructive,  tout   autant  que 
l'examen  des  reproductions  de  auelques- 
uns  de  leurs  tableaux  qui   y  sont  jointes. 
On  y    verra    comment   ces   novateurs,   à 
vouloir  à  tout  prix  «  commencer  une  nou- 
velle époque  de  la  peinture  » ,  à  haïr  sys- 
tématiquement tout  ce  qui  a  été  fait  avant 
eux,  retrouvent^  sans  qu'ils  s'en  doutent, 
la    mentalité   de    tous   les   débutants,    et 
aboutissent   par    un    phénomène    incons- 
cient de  régression,  à   des  formes  enfan- 
tines dont  l'art  s'était  dégagé  depuis  des 
siècles,  même   depuis  des  milliers  d'an- 
nées. C'est  ce  que  j'ai  démontré  dans  un 
article  qui  a  été  lu  à  l'Institut  Ethnogra- 
phique International  de  Paris  le  30  mars, 
et  qui  paraîtra  dans  le   prochain  fascicule 
de  la  Rezue   d' Ethnographie  et  de  Sociolo- 
gie auquel  je  renvoie  le  lecteur. 

On  a  écrit  cette  année  de  nombreux  ar- 
ticles sur  les  futuristes,  articles  dont  les 
uns  portent  aux  nues  cet  art  abracada- 
brant, dont  les  autres,  plus  sensés,  avouent 
ne  rien  comprendre  à  ce  qui  est  incom- 
préhensible. On  trouvera  diverses  appré- 
ciations dans  le  Mercure  de  France,  1912, 
février,  p.  86S,  mars,  p.  184  ;  La  Lecture 
pour  tons,  mai  1912,  p.  6b6  sq.  Futuristes 
et  pompier:,  etc.  Les  journaux  illustrés  ont 
donné  de  quelques  tableaux  futuristes  des 


DBS  CHERCHEURS   ET  CURIEUX 


10  Ao-fit  191 3 


229 


230 


caricatures  moins  caricaturales  que  les 
originaux.  i>ar  ex.  ;  Simplùissmuf,  1912. 
6  mai,  p.  100. 

Le  chef  de  l'école,  Marinetti,  ne  borne 
pas  son  ambition  à  vouloir  rénover  la 
peinture  ;  il  veut  encore  rénover  la  litté- 
rature, et,  dans  un  article  de  haute  fan- 
taisie, il  a  lancé  <  le  manifeste  technique 
de  la  littérature  futuriste.  €  Il  faut,  dit  il, 
abolir  l'adjectif,  ladverbe,  la  ponctua- 
tion, la  syntaxe..  Du  haut  de  l'aéroplane 
qui  lui  inspira  ces  idées  révolutionnaires, 
il  a  contemplé  les  luîtes  italiennes  de  Tri- 
poli, et,  aux  sons  harmonieux  du  moteur, 
il  a  célébré  en  phrases  d'un  hrisme  apo- 
calyptique le  carnage  africain.  <  Qu'il  est 
bon  de  se  sentir  ainsi  dans  le  canon  rayé 
d'un  fusil  monstrueux  à  la  fois  balle  et  ci- 
ble futuriste  >  î  [f^ers  et  Prae^  1912). 

Quant  aux  cubistes,  qui  disputent  aux 
futuristes  l'honneur  «  d'épater  l'bour- 
geois  »,  il  semble  toutefois  que  leurs 
coups  de  tam-tam  soient  moins  assour- 
dissants que  ceux  de  leurs  rivaux,  les- 
quels du  reste  les  méprisent  cordialement 
et  les  considèrent  déjà  comme  «  vieux 
jeu  »  (cf.  Mercure  de  France,  1912,  avril, 

P-  659)- 

W.  D. 

Du  port  de  T alliance  en  Allema- 
gne (I-XVI.90).  —  Cl-ecesoiten  Allema- 
gne, en  France  ou  par  toute  la  terre,  c'est 
au  doigt  annulaire  de  la  main  gauche  de 
l'épojse  que  l'époux  passe  l'anneau  bé- 
nit selon  les  rites  de  la  Sainte  Eglise  ca- 
tholique apostolique  romaine. 

H.  DE  L. 

Le  mai  (T.  G.,  547:  LXVI,  95).  — 
La  coutume  du  #  mai  *,  avec  des  va- 
riantes locales,  était  antan  générale  en 
France.  C'est  une  survivance  païenne.  Elle 
a  disparu  en  bien  des  endroits,  mais  hxiy 
ce  n'est  pas  seulement  a  Pont- Aven  qu'elle 
est  encore  en  usance,  B.-F. 

Cet  usage  est  dans  tous  les  cas  très  ré- 
pandu à  Nice  où  chaque  quartier, dès  le  50 
avril,  voit  s'édifier  son  mai.  On  en  compte 
une  vingtaine  au  moms  dans  la  ville. 

Il  y  a  même  parfois  des  concours  de 
fnais  où  des  récompenses  sont  accordées  à 
ceux  qui  ont  su  édifier  les  plus  beaux. 

La  jeunesse  de  chaque  quartier  se  réu- 
nit autour  de  son   m.;»,   chantant  et  dan- 


sant des  rondes  chaque  soir  jusque  vers 
onze  heures,  a  la  grande  joie  des  enfants, 
mais  pas  toujours  des  paisibles  voisins. 

G.   DE  Massas. 

Les  sœurs  associées  LXVI. 8, 17).  - 
La  jolie  lettre  suivante  de  François  Coppée, 
pleurant  la  mort  de  sa  sœur  est  citée  par 
M.  Jean  Monval  dans  le  Correspondant. 
Elle  montre  quelle  admirable  association 
fut  celle  de  ces  deux  êtres  délicieux. 

Ma  pauvie  sœur,  —  elle  aurait  quatre- 
Tingt-deux  ans  au  mois  d'août  prochain,  — 
vient  de  s'éteindre  après  une  grippe  jointe  à 
son  état  de  grande  faiblesse. 

Quel  vide  affreux  c'est  dans  ma  vie.  Elle 
a  joaé  à  la  petite  maman  avec  moi,  quand 
j'étais  U3  bébé.  Quand  ma  mère  mourut,  — 
j'avais  trente-deui  ans,  —  elle  a  pris  sa 
place.  Jamais  je  ne  pourrai  sssez  dire  com- 
bien elje  a  contribué  à  la  douceur  et  à  la  di- 
gnité de  ma  vie. 

^îe  voilà  tout  seu',  toujours  bien  malade, 

—  provisoirement  inifi-rme,  —  les  médecins 
l'espèrent  du  n^oïns,  et  bien,  oh  !  bien  mal- 
heureux ! 

Ma  pauvre  et  bicn-aimée  soeur  Annette 
s'est  éteinte  sans  un  effort  apparent,  sans 
une  souffrance  sensible.  Mais  que  sait-on  de- 
vant cet  état  mystérieux  qui  précède  la  mort? 

17  mai  1908. 

liraucailUs  et   (îunosités 

Bonaparte  mort  le  18  brumaire. 

—  Limpuiaiion  au  Père  Loriquet  d'avoir 
supprimé  le  règne  de  Napoléon  et  écrit 
que  Bonaparte  fut  le  lieutenant  de  Sa  Ma- 
jesté Louis  XVIll,  parait  bîoi  une  légende. 
Mais  ce  qui  n'en  est  pas  une,  c'est  ced. 
On  lit  dans  la  Graiide  Encyclopédie  de 
Pierre  Larousse,  à  l'article  Bonaparte  : 

Général  de  la  République  Française,  né  k 
Ajsccio  [île  ie  Corse),  le  15  août  1769,  mort 
au  château  de  Saint-Cloud,  près  de  Paris,  le 
18  brumaire  an  Vlll  de  la  République  Fran- 
çaise, une  et  indivisible  (9  novembre  1799). 

B.  —  F. 
Un  gilet  séditieux. 

Tarbes,  8  août  i8«3. 
Le  Préfet  des  Hautes-P)rrénées 

au  Ministre  de  rintérieur 

-Monseigneur, 

Le  sieur  Conget,  com-.issaiîe  de  Police  d« 

Bareges,  a  saisi    le  s,    chez   un   sieur   Joseph 

Sùutans.    tailleir   de    Bagaèies   établi  à  6a- 

reges  pour  le  temps  de    la   saison   des  Eaux, 


N*  1J37.  Vol.     LXV. 

231 

un  gilet  coupé,  mai»  non  cousu,  de  couleur 
violette  foncée,  parsemé  de  figures  de  Bona- 
parte fort  ressemblant ,  avec  des  croix  d'hon- 
neur et  des  N.  Le  tailleur  a  déclaré  que 
cette  étoffe  appartenait  au  sieur  Charles  Lys 
propriétaire  à  Plassac  (Charente-Inférieure) 
arrivé  à  Barèges  le  30  juin  dernier.  Le  pro- 
cès-verbal rédigé  par  le  sieur  Conget  ainsi 
que  ['étoffe  saisie  ont  été  adressés  par  le 
sous-préfet  d'Argclés  au  procureur  du  Roi 
près  le  tribunal  de  Lourdes.  J'aurai  l'hon- 
neur d'instruire  V.  li.  des  suites  de  cette 
affaire. 

Le  préfet, 
Jahan. 

Qu'advint-il  de  tout  cela  .'' 

La  correspondance  oftkielle  est  muette 
sur  la  suite  de  cette  histoire. 

Mais  i\  l'on  en  juge  d'après  iiombre 
d'affaires  semblables,  il  n'est  pas  douteux 
que  le  Lys  de  Plassac  dût,  après  avoir 
payé  frais  et  amende,  aller  méditer  pen- 
dant plusieurs  mois  «  sur  la  paille  humide 
des  cachots  >■>,  sur  l'inconvénient  qu'il  y 
avait,  en  1822,  à  vouloir  faire  sensation 
en  s'exhibant  avec  un  gilet  séditeux. 

LÉONCE  Grasiuer. 

Les  adieux  au  télégraphe  Chappe. 

—  Le  télégraphe  sans  lil  ne,  remplacera 
pas  de  sitôt  le  télégraphe  avec  fil.  Quand 
ce  dernier  remplaça  le  télégraphe  aérien 
que  Hugo  avait  chanté  à  l'âge  de  dix-sept 
ans,  la  satire  suivit  ses  funérailles. 

Un  vieux  journal  nous  apporte  l'une 
de  ces  railleries. 

Tout  s.^  dit  avec  l'A  B  C. 
L'A  B  C  partout  P  li  T. 
Longtemps  par  le  sort  K  O  T. 
Nous  cesserons  de  V  G  T. 
Le  télégraphe  est  A  J  T. 
De  fureur  il  est  R  1  C. 
11  ne  peut  surmonter  l'I  D 
Que  du  monde  il   est  FA  C. 
Oui,  malgré  son  R  E  B  T. 
Trop  longtemps  il  est  R  S  T. 
Debout  coihme  une  DIT. 
Vieillard  que  le  temps  A  K  C. 
C'est  une  affaire  d'S  I  D. 
Son  F  I  j  est  môme  O  T 
De  lui   nous  allons  R  I  T. 
Car  il  est  enfin  D  C  D. 

Qyand  on  inaugura  la  statue  de  Chappe, 
mieux  inspiré,  M.  Alphonse  Humbert,  qui 
la  recevait  comme  président  du  conseil 
municipal,  disait  «  que  la  gratitude  pour 
un  bienfait  dont  nous  ne  jouissons  plus 
n'en  est  que  plus  touchante.  » 


L•1^5TBP.^•BDJAJRK 


132    -^ 


Les  fonctionnaires  toujours  mé- 
contents. —  En  attendant  le  statut  des 
fonctionnaires,  ceux  ci  s'agitent  terrible- 
ment et  il  y  a  apparence  que  ce  sera 
exactement  la  même  chose  après  le  statut. 

La  Révolution  avait  été  saluée  d'enthou- 
siasme par  les  fonctionnaires  ;  qu'en  es- 
péraient-ils ?  Toujours  est-il  qu'ils  furent 
parmi  les  premiers  déçus. 

En  \o\c\  la  preuve  dans  un  docu- 
ment qui  pourrait  aussi  bien  être  daté  de 
nos  jours. 

Il  porte  le  cachet  du  ministère  des 
affaires  étrangères  : 

DÉCLARATION 

Nous,  soussignés,  commis  au  département 
des  affaires  étrangères,  amis  sincères  de  la 
liberté  que  nous  voulons  maintenir  et  servir  ; 
déclarons  que,  pour  résister  aux  malveillan- 
ces, aux  intrigues,  que  notre  p'ilriotisme, 
notre  franchise,  notre  fidélité  à  nos  devoirs 
pourraient  nous  suscit^j:,  nous  prendrons 
respectivement  la  défense  de  nos  camarades, 
nous  jurons,  en  cas  de  destitution  arbitraire, 
de  réclamer  pour  eux  la  justice  que  nous 
croirons  leur  être  due,  et  de  n'abandonner 
leur  cause  que  lorsqu'il  sera  prouvé  que  leur 
exclusion  est  fondée  sur  leur  improbité,  leur 
incivisme  ou  leur  négligence.  A  Paris,  le  8 
juillet  mil  sept  cent  quatre-vingt-douze,  l'an 
quatre  de  b  Liberté, 

Feraudel,  YsABEAU,  Le  Brun,  Darbblet, 
Thoineville,  Pascal,  Vitry, 

L'un  des  signataires  de  ce  curieux  en- 
gagement collectif  n'est  pas  un  inconnu  : 
c'e-t  Lebrun-Tondu  ainsi  nommé  parce 
qu'il  avait  été  abbé  ;  défroqué,  il  fit  un 
soldat.  Il  vint  de  Liège  à  Paris  avec  Du- 
mouriez,  dans  une  députation  de  patrio- 
tes. 11  entra  aux  Affaires  étrangères  ;  après 
le  10  août  il  devint  ministre  de  ce  dépar- 
tement. C'est  donc  un  prédécesseur  de 
M.  Poincaré.  -Vous  avez  pu  voir,  par 
cette  déclaration,  que  ce  bon  patriote 
nourrit, un  esprit  agressif.  U  ne  veut  pas 
être  inquiété  par  le  caprice  et  l'arbitraire. 
Il  prétend  n'avoir  pas  fait  une  révolution 
pour  simplement  changer  de  tyran. 
Cette  indépendance  ne  lui  réussit  pas.  U 
est  arrêté,  comme  suspect,  il  s'évade,  il 
est  repris  et,  en  décembre  179?,  il  est 
guillotiné. 


Le  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 


Imp.  OANmt-CHAMBOH,  St-Amand-Mont-Bond 


LXVl»  Volume  Paraissant  Us       lo,  ao  et    io  de  chaqvu  mon 


3Ô  Août  1912 


48»  Année 

8i"',r.Vlctor-MA«wé 
PAUJ8  (l.\'> 

Sureau    tdeSèSheures 


Chirches  et 
vous  trouverez 


g        II  se  faut 

an        tntr'aider 
z 


N"  1338 

8t>^-.r.Victor-Ma«is 
PARIS  (IV) 

Bureaux  :  deSï  ôheurot 


€3nUxmébxaxx€ 

DES    CHERCHEURS    ET    CURIEUX 


Fondé    en    1864 


(JUKSTIONS     ET     RKFONSRS     LITTÉUAIRES.     HISTOUIQUKS,     SCIENTIFIQUES     ET    AKriSTlQUB 

TROrjVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonvme ,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes oit  signés  di  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet . 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Oiiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


(âucôtians 


Les  Guise  descendants  r es  Carlo- 
vingiens.  —  Je  viens  de  relire, dans  une 
histoire  de  la  Ligue,  que  la  famille  de 
Guise  prétendait  descendre  des  Carlovin- 
giens  et  se  disait,  par  suite,  victime  de 
l'usurpation  d'Hugues  Capet. 

Sur  quoi  reposait  cette  prétention  des 
Guise  ?  Par  quelle  filiation  se  disaient-ils 
héritiers  légitimes  de  la  couronne  de 
France  ? 

Etait-ce  par  ligne  masculine  ou  par  les 
femmes  ?  Bellechasse. 

Les  drapeaux  de  Metz  en  1870 
—  Le  journal  Le  Temps  a  publié,  d?ns  son 
numéro  du  19  août   1912,  deux  longues 


lettres  de  M.  Georges  Bazaine,  petit-ne- 
veu du  commandant  en  chef  de  l'armée 
de  Metz  en  1870.  Le  signataire  de  ces 
lettres,  on  le  devine  aisément,  prend  la 
défense  du  condamné  de  Trianon,  «  sol- 
dat loyal,  écrit- il,  qui  a  été  la  victime 
choisie  offerte  en  holocauste  à  la  douleur 
dun  peuple,  le  martyr  des  passions  poli- 
tiques de  son  époque.  « 

Je  n'ai  nullement  l'intention  de  répon- 
dre à  ce  panégyrique  ni  même  de  l'ap- 
précier, et  je  n'entends  pas  rouvrir,  sur  la 
culpabilité  ou  l'impérilie  du  maréchal  Ba- 
zaine, un  débat  auquel  V Intermédiaire 
consacra  naguère  une  très  large  place 
dans  ses  colonnes.  L'observation  que  je 
me  permets  de  soum.eltre  aux  intermé- 
diyiristcs  porte  sur  un  point  précis,  au 
sujet  duquel  il  semble  possible  d'arriver 
à  une  certitude  absolue.  11  s'agit  de  la  pé- 
nible «,<  question  des  drapeaux  »,  que  l'on 
ne  peut  soulever  sans  éveiller  un  dou- 
loureux souvenir  dans  le  cœur  de  tous  les 
Français.  A  ce  propos,  M.  Georges  Ba- 
zaine écrit  les  lignes  suivantes  : 

Eu  ce  qui  concerne  la  question  des  dra- 
peaux, il  est  vraiment  étrange  et  paradoxal 
que  ce  soit  le  seul  qui  ait  pen-é  à  leur  des- 
truction qui  soit  poursuivi  de  l'accusation  de 
les  avoir  livrés.  Que  l'auteur  adresse  donc  ses 
reproches  k  ceux  qui,  ayant  reçu  l'ordre  de 
les  faire  porter  à  l'arsenal  pour  qu'ils  soient 
brûlés,  ont  «  fait  le  mort  »  et  n'ont  pas  obéi 
ou  ont  obéi  avec  tant  de  criminelle  mollesse! 
Le  maréchal  ne  pouvait-il  pas  croire  ses  lieu- 
tenants au'si  intéressés  que  lui  à  la  destruc- 
tion des  drapeaux,  alors  qu'il  donna  par 
trois  fois  l  ordre  de  les  brûler  ?  Et  tous  ceux 
des  règifiienis  qui  entouraient  le  quartier 
général  ne  furent-ils  pas  détruits  ? 

LXV-  6 


N»  1338,  Vol.  LXVI. 

.     235 

Les  affirmations  si  nettes  qu'on  vient 
de  lire  sont-elles  absolument  conformes 
à  la  réalité  ?  Je  le  demande  à  tous  ceux 
qui  peuvent  se  croire  en  état  de  répondre 
aux  questions  suivantes  : 

Est-il  exact  que  si  cinquante-trois  de 
nos  drapeaux  sont  aujourd'hui  à  Berlin, 
on  n'en  doive  accuser  que  la  coupable  né- 
gligence des  chefs  de  corps  ? 

Est-il  exact  que  Bazaine  ait  enjoint  a 
ceux-ci  de  déposer  leurs  étendards  a  l'ar- 
senal de  .Metz  pour  qu'ils  y  fussent  brûlés 
et  non  pour  qu'ils  y  fussent  conservés  et 
inventoriés,  ainsi  que  le  prescrivait  la  note 
de  service  adressée,  cii-s  le  2j  octobre  iSjo, 
au  colonel  de  Girels  P 

Est-il  exact  que  l'ordre  de  détruire  les 
drapeaux  ait  été,  à  trois  repiises,  formelle- 
nient  donne  par  le  maréchal  ? 

Est-il  exact,  enfin,  que  tous  les  éten- 
dards des  régiments  qui  entouraient  le 
quartier  général  de  Bazaine  aient  été  brû- 
lés? 

Voilà  quatre  questions  précises  aux- 
quelles il  doit  être  facile  de  répondre, 
puisqu'elles  portent  non  sur  des  appré- 
ciations —  toujours  discutables  —  mais 
sur  des  faits  matériels  et  que,  d'ailleurs, 
beaucoup  des  témoins  et  des  acteurs  du 
lamentable  drame  de  la  capitulation  de 
Metz  sont  encore  vivants.  C'est  à  eux 
qu'il  appartient  de  confirmer  ou  de  recti- 
fier les  assertions  de  M.  Georges  Bazaine, 
qui  ne  semblent  pas  concorder  avec  les 
faits  établis  devant  le  conseil  de  guerre  de 
Trianon. 

O,  Spada. 

Femmes  à  destination  de  Mala- 
gascar  en  4666.  —  Souchu  de  Renne- 
fort,  dans  son  Histoire  des  Indes  Orien- 
tales, nous  apprend  que  la  Compagnie 
des  Indes  équipa  dix  vaisseaux  qui  «orli- 
rcnt  du  port  de  La  Rochelle  le  14  mars 
1666,  à  destination  de  Madagascar.  Cette 
flotte  portait  dix  chefs  de  colonie  rvec 
leurs  colons,  tienle-deux  femmes  et  quel- 
ques enfants. 

Dans  quelles  conditions  se  faisait  le 
recrutement  de  ces  convois  de  colons  '( 
Parmi  les  jeunes  filles,  il  y  en  avait  de 
quinze  ans  et  originaires  de  villes  dis- 
tantes du  port  d'embarquement. 

Serait-il  possible  d'obtenir  des  rensei- 
gnements précis  sur  la  provenance  des 
*rente  deux  femmes  ou  filles  qui  partirent 


L'INTEKMEOÎAIRE 


236 


sur  la  flotte  du  Marquis  de  Mondevergue 
le  14  mars  1666,  et  qui  toutes,  à  l'excep- 
tion de  quatre  ou  cinq,  moururent  durant 
la  traversée  ?  D''  P. 

La  poste  aux  cheyaux  de  Hou- 
dan.  —  La  commune  d'Houdan  (Seine- 
ct  Oise)  est  désignée  comme  relai  de 
poste  aux  chevaux  sur  la  route  de  Paris  à 
Brest  et  sur  celle  de  Paris  à  Cherbourg 
(communication  d'Houdan  à  Septeuil  pour 
Mantes).  L'embranchement  de  ces  deux 
routes  était  à  Maulette,  village  situé  à 
1200  mètres  à  l'ouest  d'Houdan,  où  il 
existe  encore  une  ancienne  ferme-château 
3  leur  intersection. 

J'ai  lieu  de  croire  qu'elle  a  servi  en 
1830  à  l'installation  du  maître  des  postes 
et  de  ses  équipages  au  lieu  d'Hou- 
dan même  qui  figurait  sur  les  listes, 
Cette  opinion  serait-elle  fondée  ? 

Sus. 

Puebla  a  gaudino.  —  Qiie  signifie 
ce  lieu  dit  des  environs  de  Saint-Cergues, 
(Suisse,  canton  de  Vaud)  au  sommet  du 
Jura,  près  d'autres  lieux  dits  tels  que  :  ci- 
metière aux  Bourguignons,  Passage  des 
alliés  ?  Y  a-l-il  Vi  un  souvenir  de  la  domi- 


nation espagnole: 


L. 


Milady  DidL..  —  On  lit  dans  le 
Jouiual  (U  la  Cour  et  de  la  Ville  du  jeudi 
19  avril  1792,  (t.  VU,  n°  50,  p.  399)  : 

On  TiOUb  prie  de  désigner  cette  lemmc  si 
intùessaiite  qui,  sous  le  tissu  dél\cat  de  la 
beauté  et  le  frêle  réseau  des  grâces  a  montré 
(à  M.  Suleau)  une  fierté  d'aune  <i  un  courage 
d'esprit  capables  d'exulter  jusqu'à  l'héroïsme 
riio'umc  le  pins  dépourvu  de  fermeté. 

Puisque  l'auteur,  par  respect,  sans  doute, 
poui  la  modestie  de  5on  modèle,  a  jugé  à 
propos  d'en  gazer  les  traits  du  voile  de  l'ano- 
nyme, nous  n'auions  pas  l'indiscrétion  de 
sonder  les  replis  de  son  cœur  :  la  seule  ré- 
llexion  que  nous  nous  permettons,  c'est  que 
si  M.  Suleau  a  voulu  peindre  cette  char- 
mante Milady  Didl....  qui  lui  tenait  si  fidèle 
compagnie  d'ans  la  prison  de  l'Abbaye,  il  fait 
ses  portraits  d'après  nature,  et  nous  applau- 
dissons à  la  vërité  de  son  hommage  plus  en- 
core qu  à  la  sensibilité  qui  le  lui  a  dicté  ; 
car  il  n'est  pas  du  tout  pénible  de  se  inon- 
trcr  reconnaissant  enveis  une  si  agréable 
bienfaitrice. 

Quelle  est  cette  Milady  Didl....?'  due 
sait-on  de  cette  femme.''  Quels  sont  les 


DES  CHERCHEURS  ET  CURiEUX 


30  Août   191 3 


237 


238 


ouvrages,    Biographies  ou  Mémoires,  où  il 
est  parlé  d'elle?  L.  A.  M. 

De  ''oget,  «  signataire  de  Nou- 
vellesà  la  main  »  (1782-1784).— aue 
sait-on  de  ce  gazetier  etde  sagazelte  ?  Je  ne 
co.^nais  de  celle-ci  que  la  période  comprise 
entre  septembre  1782  et  fin  décembre 
1784.  A-t-elle  duré  plus  longtemps?  En 
existe-t-il  des  exemplaires  plus  complets  ? 
Merci  d'avance  à   l'aimable  confrère  qui 


me  renseignera. 


D.   A. 


Michel  Sublet.  —  Où  trouver  des 
renseignements  historiques  sur  Michel 
Sublet,  abbé  de  Vendôme  et  de  Bellefon- 
laiiie  (Maine-et-Loire)  ?  Il  nnjurut  à  Blois 
en  1643,  après  avoir  établi  la  congrégation 
de  Saint-Maur  à  Vendôme  (1621)  et  les 
Feuillants  à  Bellefontaine  (1642). 

'  X.  A. 

Thomas,  évêque  d.'Ar<-'hadia  et  de 
Hierapetra  en  Crète  —  Les  archives 
de  l'abbaye  de  la  Boissière  possédaient  au 
xvni*  siècle  une  charte  mentionnant  ce 
prélat,  comme  donateur  à  Jean  d'Alluye, 
revenant  de  la  Terre  Sainte,  d'un  morceau 
de  la  vraie  Croix,  lequel  morceau  Jean 
d'AUuye  aurait  remis  à  la  dite  abbaye 
(1241-1244).  Existe-t-il  une  copie  de  l'acte 
de  donation,  dont  l'original  n'est  plus  (du 
moins  aux  archives  de  Maine-et-Loire;? 
Il  semble  que  nul  autre  acte  ne  mentionne 
cet  évêque  inconnu  à  Gams  et  àEubel. 

D.  A. 

Armes  à  déterminer  :  Deux  écus 
accolés.  —  1°  De...  à  la  tour  de  .. 

2"  Ecartelé  :  aux  i  et  4,  de...  à  trois 
roses  {ou  quinte feuilUe)  de...  ;  au  2,  de.. .  à 
2  lions  affrontée  de...;  au  ^,  de..,,  à  un  lion 
de...  Couronne  de  marquis.  J.  B. 

Armes  à  déterminer  :  trois  trè- 
fles. —  D'a:(ur  à  un  chevron  d'or  au  chef 
d'argent  chargé  de  trois  trèfles  de...  (Ces 
armes  sont  accolées  à  celles  de  Carra  de 
Vaux  —  Beaujolais). 

Joseph  Balloffet. 

Sceau  à  déterminer.  —  Sceau  de 
forme  ogivale,  offrant  dans  son  ensemble 
tous  les  caractères  du  commencement  du 
xix^*  siècle  ;  au  centre,  écu  triangulaire, 
formé  en  accolade  à  la  partie  supérieure, 


renfermant  un  aigle,  surmonté  d'un 
triangle  dans  une  gloire  ;  dessous,  sur  une 
banderolle,  les  initiales  H.  C.  F.  trente- 
huit  étoiles  en  orle  ;  émnnx  non  figurés. 
Cet  écu  repose  sur  un  autre  écu  de  même 
forme,  portant  de...  à  la  croix  pattée  de 
gueules.  Ce  second  écu  est  entouré  d'une 
cordelière  composée  de  neuf  nœuds,  sur 
chacun  desquels  on  voit  le  monogramme 
IHS  ;  à  cette  cordelière  est  suspendue  une 
croix  de  Malte  couronnée,  chargée  d'une 
croix  pattée.  Le  tout  repose  sur  un  man- 
teau richement  drapé  ;  il  est  surmonté 
d'une  couronne  antique,  garnie  d'une 
toque  et  chargée  d'une  croix  pattée  ;  à  la 
pointe  du  manteau,  sur  une  banderolle, 
NANTES  ;  au-dessus  de  la  couronne,  sur 
une  banderolle,  la  légende   init.  cœt,  pr. 

NANNET.   SIGILL.  F.   S. 

AlbRnay,    oiseau    héraldique.  — 

La  famille  Maillard,  originaire  de  l'Alba- 
nais, district  de  Tancienne  Savoie  et  ac- 
tuellement éteinte,  après  avoirjproduit  des 
gouverneurs  généraux,  des  ambassadeurs, 
un  cardinal  etc.,  portait  pour  armoiries, 
d'a:(ur  à  un  Albanay  (ou  albanais)  d'ar- 
gent hecqué  et  membre  de  gueules  \  maison 
n'a  jamais  pu  s'entendre  sur  le  genre  de 
ce  volatile  que  M.  de  Foras,  auteur  de 
V Armoriai  nobiliaire  de  Savoie,  considé- 
rait comme  inconnu  dans  le  blason  et 
même  en  histoire  naturelle. 

Que  pensent  nos  héraldistes  de  ce  pro- 
blème ?  Sus. 

Château  de  Saint-Loup.  — A  quelle 
famille  appartient   un  ex-libris  typogra- 
phie (moitié  du  xix«  siècle)  qui  porte  : 
Château  de  Saint-Loup 
H 
près  Decize  (Nièvre) 
Le  nom  doit  commencer  par  la  lettre  H. 

NlSlAR. 

Une  réplique  de  la  Simplicité, 
tableau  de  Greuze.  —  La  Feuille  né- 
cessaire de  1769,  raconte  l'anecdote  sui- 
vante : 

M.  Greuze  vient  de  se  recopier  luimênie, 
d'une  manière  qui  prouve  combien  cet  auteur 
a  de  ressources  dans  son  art.  Son  tableau  de 
la  Simplicité,  exposé  au  salon  du  Louvre  et 
appartenant  à  Mme...  ayant  plu  extrême- 
ment à  une  dame  de  la  Cour,  à  laquelle  les 
arts  doivent  trop  pour  que  rien  puisse  lui 
être  refusé,  la  Dame,  propriétaire  du  Tableau, 


N-  ^)}8.  Vol.  LXVI 


L'IMTBKMÉDÏAIRB 


23.9 


240 


'ui  annonça  que,  dès  que  ce  morceau  lui 
plaisait    il  lui   appartenait. 

Le  Peintre  a  voulu  dédommager  Mme  de... 
d'un  sacrifice  si  flatteur  pour  lui.  Il  vient, 
d'après  le  même  sujet  qui  lui  a  servi  de  mo- 
dèle et  dont  les  tiaits  nnïfs  rendent  si  bien  le 
caractère  de  simplicité  qu'il  a  voulu  exprimer, 
de  compcer  un  Table.iu,  dans  lequel  il  s'est 
surpassé  lui-même.  Il  a  opposé  un  fond  qui 
fait  mieux  valoir  le  tableau,  et  y  a  corrigé 
quelques  légers  défauts  échappés  à  sa  pre- 
mière composition. 

Le  catalogue  de  YŒuvreâe  Grenue, 
dressé  par  M.  fean  Martin,  donne  ki 
noms,  d'ailleurs  déjà  publiés,  des  dames 
si  éprises  des  tableaux  du  maître.  La  pre- 
mière était  Mme  de  Ménars  la  seconde, 
Mme  de  Pompadour.  L'original  date  de 
17^9  ;  quant  à  la  réplique,  elle  ne  dut 
être  exécutée  (la  note  de  la  Feuille  néces- 
saire le  dit  du  reste)  qu'en  1769,  soit  cinq 
ans  après  la  mort  de  Mme  de  Pompadour. 
Mais,  ici,  la  question  se  pose  :  quelle  était 
cette  dame  de  Ménars  ?Nous  n'en  connais- 
sons qu'une,  Mlle  Filleul,  qu'épousa  le 
frère  de  Mme  de  Pompadour^  Poisson- 
Vandières-Marigny,  après  le  décès  de 
sa  sœur,  dont  il  avait  hérité  la  propriété 
et  le  titre  de  marquis  de  Ménars. 

Pourrait-on  nous  donner  la  solution  de 
cet  imbroglio  ? 

En  tout  cas,  le  catalogue  Jean  Martin 
dit  que  la  réplique  devait  appartenir  à  la 
collection.  Mais  alors  où  serait  le  tableau 
cédé  à  Mme  de  Pompadour .'' 

Quelle  histoire  à  écrire,  par  ces  temps 
de  truquage  et  d'évasion  d'œuvres  de  maî- 
tres que  celle  des  toiles  originales  et  de 
leurs  répliques  !  d'E. 

Bibliothèque   de   Houlbec.     -  On 

rencontre  parfois  des  livres  du  xviu*  siècle 
portant  cett'j  marque  sur  le  plat.  A  quelle 
maison  appartenait-elle? 

Sus. 


Les  archives  des  Pères  Jésuites. 

—  Sont-elles  réunies  dans  un  même  lieu  r 
Celles  de  la  fin  du  17*  siècle,  où  se  trou- 
vent-elles .'' 

Th. 


Leuss.  —  J'ai  vainement  cherché, 
dans  les  nombreux  dictionnaires  de  la 
langue  courante  ou  scientifiques,  dont  je 


dispose,  la  signification  du  mot  leuss,  qui 
figure  dans  le  vers  suivant  : 

Près  du  rose  granit  que  poudroyait  le  leuss. 
je  m'adresse  donc  à  V Intermédiaire  pour 
avoir  l'explication  de  ce  vocable. 

Nauticus. 


Galéjade.  —  Quelle  est  Tétymologie 
de  cette  expression  provençale  que,  sans 
être  méridionale,  tout  le  monde  comprend 
aujourd'hui  ? 

G    F. 

Gorenflot.  —   C'est    le  nom  de  deux 
villages  picards.  C'est  le  nom  d'un  person- 
nage d'un    roman   d'Alexandre   Dumas. 
Cest  enfin  le  nom  d'un  vieux  gâteau  pa- 
risien, genre  s<  échaudé  j/. 

D'où  vient  ce  nom  ? 

A.  d'E. 

Un  symbol  -^  politique  :  Le  collier 
de  barbe.  — Dans  mon  enfance,  c'est-à- 
dire  vers  1844,  les  vieux  «  beaux  »  por- 
taient encore  le  collier  de  barbe  relégué 
aujourd'hui  en  Auvergne. 

Il  fut  imaginé  dans  l'Amérique  Latine 
que  l'ensemble  de  cet  ornement  pileux 
encadrant  la  face,  qu'on  retrouve  encore 
sur  les  portraits  du  temps,  n'était  pas 
sans  ressemblance  avec  un  U  majuscule, 
et  l'on  en  fit  un  symbole  politique,  même 
un  signe  de  reconnaissance  ou  do  rallie- 
ment. 

La  lettre  était  évidemment  l'initiale  du 
nom  d'un  parti  politique  :  Union,  Unité ^ 
peut-être,  par  analogie  avec  les  Etats- 
Unis  du  Nord  du  Nouveau-Monde. 

J'ai  bien  su  à  quoi  m'en  tenir,  mais  l'ai 
oublié. 

Demande  est  faite  en  conséquence  du 
nom  de  ces  partisans. 

Leda. 


Sanguin.  —  Quels  sont  les  descen- 
dants d  un  François  Sanguin,  qui  était  au 
collège  l.ouis-le-Grand  en  1659? 

ZoR  C. 

Mégret  (Petrus).  —  Quels  sont  les 
descendants  de  ce  Mégret,  qui  était  su- 
périeur au  collège  Louis-le-Grand  en 
1650? 

ZOR  C. 


DBî>  CHBRCHBURS  ET  CUKIBUX 
241 


30  Août  191a 


&ép0nde$ 


L'âme  de  la  femme  au  Concile  de 

Mâcon  ^T.  G.  38  ;  LXVI,  138).  aue 
d'encre  peut  faire  couler  cette  question. 
Bayle,  outre  son  article  ^<  Acidalius  »,  y 
a  consacré,  au  mot  «  Gédiccus  >,  plus  de 
trois  colonnes'de  notes  ou  remarques.  )e  me 
garderai  bien  d'entrer  dans  un  débat,  où  on 
avance  dès  l'abord  c  que  nous  sommes  en 
présence  d'une  légende  colportée  par  l'es- 
prit de  parti.  »  Ce  n'est  pas  bien  sûr. 
Dans  tous  les  cas,  l'esprit  de  parti  ne  s'en 
serait  pas  servi,  s'il  n'y  avait  eu  au  moins 
une  partie  de  vérité.  Bayle  repousse  avec 
indignation  cette  formule  que  les  femmes 
n'ont  pas  d'àme  ou  que  mulieres  non  esse 
homine:,  et  il  dit  en  remarque  :  Ce  que  je 
trouv'e  de  plus  étrange,  est  de  voir  que 
dans  un  Concile,  on  ait  gravement  mis 
en  question  si  les  femmes  étaient  une 
créature  humaine  {sic).  Et  voici  la  note 
dont  il  appuie  ce  dernier  fait  :  De  Maçon 
V.  La  Polygamia  tri  umphatrix,  page  123, 
où  on  lit  ces  paroles  : 

Cum  inter  tôt  sanctos  patres  Epis  copus 
quidam...  statueret  non  posse  nec  debere 
muliere  vocari  homines,  restanti  est  habita 
ut  in  timoré  Del  publiée  ibi  ventilaretur,  et 
tandem  post  multao  vexatœ  hujus  quœstio- 
nis  disceptationes,  concluderetur  quoi  mu- 
lieres sint  homine.<:. 

Le  Petit  Berrichon,  est-il  une  autorité 
plus  grande  que  Bayle  ou  le  préfet  du 
Cher  ?  Bayle  dit  qu'il  y  a  eu  discussion  et 
conclusion  ;  c'est  donc  que  la  qu-;stion 
fut  posée,  discutée,  décidée.  Elle  est  anté- 
rieure au  xvi®  siècle  el  s'il  est  d'un  goût 
douteux  de  se  servir  de  semblables  sujets 
dans  une  distribution  de  prix,  l'excuse 
est  pourtant  qu'on  n'invente  rien. 

La  question  ne  figure  pas  dans  les  ca- 
nons du  deuxième  concile  de  Màcon  (587^, 
mais  dans  une  addition  qu'y  ajouta  l'édi- 
teur des  Conciles,  le  P.  Labbey  :  11  nous 
apprend  qu'elle  est  tirée  de  Grégoire  de 
Tours,  livre  VIII    chapitre  20, 

Voici  le  texte,  sans  commentaires  : 

Synodo  quidam  ex  episcopis  qui  dicebat 
muriclem,  hominem  non  posce  vocitari.  Sed 
tamen  ab  episcopis,  ratione  accepta,  quievit 
eo  quod  sacer  veteris  testamentis  liber  edoce- 
rat...  Sed  et  dominus  Jésus  ab  hoc  vocita- 
tur  filuis  hominis,  quod  sit  filius  virgini'i,  id 
^.</ ww/jV^îi.  Multis  que  et  aliis  tesîiaioniis 
hœc  causa  quievit. 


242 

Je  voudrais  bien  savoir,  après  avoir  lu 
ce  texte,  comment  le  Peitt  Berrichon  a 
appris  que  la  question  avait  été  posée 
\<  hors  séance  ».  Le  mot  est  bien  moderne. 

Si  j'avais  l'autorité  couvenable,  je  di- 
rais qu'au  point  de  vue  catholique  cette 
question  devait  se  peser,  comme  plus 
tard  se  posa  la  question  de  Llmmaculéc 
Conception  :  Jésus  fils  de  Vierge  ne  pou- 
vait être  que  le  fils  de  l'homme  et  non 
d'une  femme  privée  d'àme. 

E.  Gr.we. 
♦ 

Vraiment  est-ce  la  peine  de  revenir  sur 
cette  ineptie,  cent  fois  réfutée  et  qu'en 
dépit  des  textes  les  plus  formels  nos  du 
Chaylards,  fussent-ils  préfets,  comme  celui 
dont  on  nous  parle,  continueront,  on  peut 
le  craindre,  de  répéter  ssns  rougir  ?  Al- 
lons-y quand  même 

Tous  les  détails  qui  suivent  sont  tirés 
deLouvragede  Mansi,  qui,  on  lésait,  fait 
foi  en  la  matière  :  Sacrorum  Conciliorum 
nova  et  amplissima  collectio. 

On  connaît  deux  conciles  tenus  à  Ma- 
çon, l'un  en  581  et  l'autre  en  585  (i).  Le 
premier,  où  siégèrent  21  évêques,  porta 
19  canons,  comm-  l'on  dit  dans  le  lan- 
gage ecclésiastique  ;  dans  le  second  20 
furent  souscrits  par  43  évêques  et  20  dé- 
légués épiscopaux. 

je  viers  de  les  relire  avec  grande  atten- 
tion. Or,  dans  les  décrets  du  concile  de 
581  (Mansi,  tomus  IX,  col.  931-40),  si 
certaines  dispositions  concernent  les 
femmes,  pas  un  mot,  je  l'affirme,  ne  res- 
semble à  la  sottise  en  question.  On  parle 
d'elles  comme  l'on  parle  des  clercs  et  des 
évêques,  en  termes  absolument  iden- 
tiques.. Dans  les  canons  de  celui  de  585 
{op  cit.,  col.  947  64).  il  en  va  tout  à  fait 
de  même.  Je  me  trompe  :  Dans  le  ca- 
non XII,  effectivement,  le  Concile  mon- 
trant ainsi  le  cas  qu'il  tait,  non  seulement 
des  âmes  des  femmes,  mais  même  de  leurs 
biens  matériels,  prononce  des  peines  très 
sévères  contre  les  juges  qui  traiteraient  les 
plus  abonnées  d  entre  elles,  les  veuves, 
sans  assez  d'équité. 

Donc,  cette  fois  encore,  je  l'affirme  de 

(1)  J'omets   à    dessein   la   réunion  de  627 

(Mansi,  t.  X,  col.  587-90)  :  on  s'occupa  uni- 

[    querrent  de  l'approbation  de  la  règle  de  saint 

;    Colomban,.  et  le  mot    mulier  ou  femina  ne 

i    s'y  rencontre  même  pas  une  seule  fois. 


N*  133S.  V*l.  LXVI 


L'iMThKMËDIAlRc 


243 


-^       244 


nouveau,  pas  un  mot  dans  la  partie  offi- 
cielle qui  puisse  donner  lieu  à  Taccusation 
saugrenue  qu'on  nous  rabâche. 

J'ai  dit  dans  la  partie  officielle;  que  les 
tenants  de  la  fable  n:  se  hâtent  pourtant 
point  de  triompher.  Qu'ils  daignent  seu- 
lement m'ecouter  un  moment 

A  la  suite  des  Actes  du  Concile,  Mansi 
a  relaté  quelques-unes  des  annotations 
qui,  plus  tard,  y  furent  ajoutées  par  di- 
vers Lommantateurs.  Or,  l'une  d'elles,  la 
note  fo,  a  fourni  la  perle,  rare  entre 
toutes,  qu'on  fait  briller  à  nos  yeux. 
Malheureusement,  et  j'en  suis  rnarri  pour 
les  tombeurs  de  l'Eglise,  celte  perle  est 
fausse,  si  radicalement  fausse  que  ne 
l'avoir  pas  remarqué  et  continuer  d'en 
vanter  le  prix  suppose  ou  bien  une  incu- 
rable cécité,  ou  1  len  une  étrange  malhon- 
nêteté.  On  en  ju_era 

Par  les  com.i.entaires  dont  il  s'agit, 
nous  apprenons  entre  autres  choses  que 
quelques  évêques  furent  blâmés  et  punis 
par  le  Concile  ;  '""un,  par  exemple,  se  vit 
déposer,  l'ai)tre, excommunier.  Plus  tard, 
Grégoire  de  Tours,  arrivé  au  récit  de  ces 
faits, intercale  entre  ies  deux  que  je  \iens 
de  rappeler  la  mention  d'un  troisième 
[Hisioiia  Francorum  lib.  VllI,  Cap.  20). 
Je  reproduis  le  passage  tout  entier,  car  ces 
lignes,  et  ces  lignes  seules  ont  donné 
naissance  a  la  sotte  légende  dont  je  m'oc- 
cupe. Le  grand  historien  écrit  : 

Extitit  in  bac  synodo  quidam  ex  episcopis, 
qui  dicebat  miilierem  hominein  non  posse 
vocari,  Sed  tamen  ab  episcopis  ratione  accepta 
quievit  :  eo  quod  sacer  Veteris  Testamenti 
liber  edoceat  quod  in  principio,  Deo  homi- 
iieni  créante,  ait  :  masculum  et  leminam 
creavit  eos,  vocavitque  nomen  eorum  Adam, 
quod  est  honio  terrenus  :  sic  itaquc:  vocans 
rriulierem  seu  virum  ;  ulruinque  eni  -  homi- 
nem  dixit.  Scd  et  Dominui  Jésus  ob  hoc  vo- 
citatur  filius  homt'nis  quoi  ait  tilius  vuginis, 
id  est  tnulitrts  (i)-  Multisque  et  aliis  tesli- 
moniis  haac  causa  convicta  quievit. 

Sacrorum  Concilior um  nova  et  aniplissima 
collectio.  Tomus  tiomvi.  Florentiœ,  /yâf, 
colonne  959,  noie  r„.  de  la  ligne  10  à  la 
ligne  75). 

Oui.  je  le  répète,  voila  le  texte  dans 
lequel  les  ennemi  ".  de  l'Eglise  ont  décou- 
vert qu'un  concile  avait  enseigné  que  les 
femmes  n'avaient  pas  d'âme  1  Et  cela, 
quand  qu'il  s'agit  uniquement  de  savoirsi, 
lorsqu'on  dit  d'une  manière  générale,  in- 

(1)  Les  mots  soulignes  l'ont   été  par  moi. 


déterminée,    sans  que  rien  appelle  une  dis* 
tinction  entre  les  sexes,  L' Homme  est  mor- 
tel, on  veut  signifier  que  les  femmes  elles- 
mêmes  n'échappent  pas  à  cette  loi.  N'est- 
ce  pas  déconcertant;  surtout  n'est-ce  pas 
humiliant  pour   la  libre  pensée  réduite  à 
manier  de  pareilles  armes  :  ce  qu'elle  fait 
d'ailleurs  en  toute  occa«-ion,  en  dépit  des 
éc'ats  de  rire  qui    saluent  ses  grotesques 
escrimeurs  ?  Qui  ne    voit,   en    etîet,    que 
dans  ces  lignes  de  Grégoire  de  Tours,  pas 
une  expression  ne  peut  se  plier  à   l'inter- 
prétation fantaisiste  qu'on  en  fait;  que  dans 
tout    ce  passage     il  n'y    a   qu'une   pure 
question     philologique,     grammaticale   ; 
qu'on  n'y  refuse  pas  plus  une  âme  à  la 
femme  qu'où  ne  nie  l'existence  de  l'Amé- 
rique, non    encore    découverte  ;  qu'enfin 
cette  petite  discussion,   toute  verbale,  n'a 
aucun    caractère  officiel,   et  que   l'erreur 
scientifique  émise   ne  le  fut  que    par  un 
seul  évêque,   si  bien  co'iîtredit  d'ailleurs,  si 
victorieusement    combattu    par    ses   col- 
lègues   qu'il    reconnut     bientôt    sa    mé- 
prise.? 

11  serait  temps,  semble-t-il,  que  les 
savants  anticléricaux  fissent  de  même  ; 
que  du  moins  les  fonctionnaires  de  la  troi- 
sième république,  bien  que  pariant  à  des 
petites  filles  et  dans  une  école  laïque,  se 
missent  un  peu  moins  lamentablement  a 
l'aise  avec  la  science  et  la  vérité. 

P.  Bliard. 

Le  crâae  de  Richelieu  (T.  G.  772  ; 
LXV  ;  138;.  -  Voici  q  elques  détails  : 
je  m'excuse  de  leur  modeste  intérêt;  mais 
en  attendant  mieux  : 

Le  corps  de  Richelieu  avait  été  inhumé 
à  laSorbonne,  dans  des  caveaux  qui  furent 
profanés  en  frimaire  an  II  (décembre 
1793).  Ce  fut  un  bonnetier  de  la  rue  de 
La  Harpe  qui  se  chargea  de  présider  à 
cette  violation.  Resté  seul,  dans  l'église, 
après  le  départ  des  ouvriers,  il  eut  l'idée 
de  s'approprier  la  tête  embaumée  du  mi- 
nistre 

Plus  tard,  la  Terreur  passée,  il  compta 
sur  la  protection  d'un  abbé  Armez,  en 
lui  offrant  son  funèbre  larcin.  Celui-ci 
conserva  comme  une  curieuse  relique  la 
tète  de  Richelieu,  jusqu'au  jour  où  il  en 
fit  cadeau  à  son  frère,  maii'c  de  Plourivo. 
Le  fils  du  maire,  devenu  ministre  sous 
Louis-Philippe,  emporta  à  Paris  la  tête 
dans  ses  bagages.  Il  la  montra  à  Cousin, 


uns  CfciiîKCHBURS   £T  CUKIBOX 


30  Août  .'91a 


245 


à  Chaix  d'Est-Ange;  il  la  prêta  en  1840 
au  peintre  Bonhomme,  chargé  de  faire  le 
portrait  du  cardinal  pour  l'une  des  salles 
du  conseil  d'Elat, 

On  fit  comprendre  à  M.  Armez  qu'il 
serait  convenable  qu'il  rendit  cette  reli- 
que au  tombeau  d'où  elle  était  sortie; 
M.  Duruy  entama  des  négociations  et  en 
1866,  solennellement,  Richelieu,  après 
ces  voyages  extravagants,  revenait  à  la 
Sorbonne. 

Ce  fut  l'occasion  d'une  grande  cérémo- 
nie célébrée  le  15  décembre,  en  présence 
du  duc  de  Richelieu,  ancien  pair  de 
France,  de  son  fils  et  de  son  neveu.  De- 
vant le  grand  portail,  Mgr  Darboy  et 
Mgr  de  Sura,  doyen  de  la  Faculté  de  théo- 
logie, étaient  venus  recevoir  M.  Duruy 
qui  apportait  la  tête  de  son  prédécesseur 
dans  une  boite  de  citronnier. 

Il  prononça  à  ce  propos  quelques  pa- 
roles écrites  au  préalable  et  dont  M. 
Gréard  a  donné  le  manuscrit  à  Carna- 
valet 

Monseigneur,  je  dépose  en  vos  mains  c^ 
qui  nous  reste  du  grand  homme  dont  le  nom 
est  toujours  ici  présent,  parce  qu'il  pacifia 
et  agrandit  la  France,  honora  les  lettres  et 
construisit  cette  maison  qui  est  devenue  le 
sanctuai.-e  des  plus  hautes  études.  L'Univer- 
sité et  l'Académie  accomplissent  un  devoir 
filial  en  réunissant  leur  hommage  au  pied 
de  cette  tombe  qui  ne  sera  plus  violée. 

Un  détail  ignoré  alors,  c'est  qu'avant 
l'anthropométrie^  cette  tête  avait  été 
anthropometrisée.  Dans  le  cabinet  de  M. 
Duruy,  avec  son  assentiment,  ce  masque, 
en  vue  de  la  théorie  darwinienne,  alors 
très  en  vogue,  avait  été  dessiné  et  men- 
suré. 

L'auteur  du  travail  était  un  officier  dis- 
tingué, que  nous  avons  eu  l'avantage  de 
rencontrer  chez  un  célèbre  bibliophile,  le 
colonel  Duhausset.  M  Duruy  avait  con- 
senti, à  cette  époque  où  passionnait  la 
comparaison  de  l'homme  et  du  singe, 
à  ce  qu'on  prit  pour  base  un  des  types  les 
mieux  organisés  au  sommet  de  l'échelle 
humaine.  Il  apporta  à  son  visiteur  une 
petite  cassette  de  chêne  et,  sortant  le 
masque  momifié  qu'elle  contenait  :  «  Voilà, 
lui  dit-il,  tout  ce  qui  reste  d'un  grand 
homme,  » 

Il  lui  présentait  une  tête  dont  la  partie 
postérieure  du  crâne  manquait.  Oes  fils 
d'argent  tenaient  en  place  la  mâchoire  in- 


—      246    — — 
tons   de    vieil 


férieure,  aux  tons  de  vieil  ivoire  ;  les 
paupières  garnies  de  cils  roux  étaient 
abaissées  au  fond  d'une  orbite  creusée 
largement  ;  à  partir  de  la  saillie  osseuse 
proéminente, le  nez  étaitécrasé,  il  rappelait 
la  forme  que  nous  montrent  les  portraits 
et  les  bustes  ;  tendue  sur  des  dents  bril- 
lantes, la  bouche  était  petite  et  grima- 
çante. Les  quelques  cheveux  restant  à  la 
partie  supérieure  du  front,  les  sourcils, 
les  cils,  les  moustaches  peu  fournies, 
ainsi  que  la  barbiche,  devaient  au  liquide 
conservateur  d'être  rouges. 

M.  Duhausset  détacha  les  fils  d'argent 
qui  maintenaient  en  place  le  maxillaire  in- 
férieur de  Richelieu  et  lui  fit  subir  toutes 
les  constatations  anthropométriques  : 
elles  lui  assuraient  la  note  la  plus  élevée 
dans  l'échelle  comparative  qu'il  s'efforçait 
d'établir,  comme  finesse  et  noblesse  de 
construction. 

11  consigna  que  les  proportions  des 
parties  composant  le  visage  se  rappro- 
chaient d'un  beau  type  par  leur  régu- 
larité. Le  front  dépassait  en  hauteur  la 
longueur  du  nez.  Une  légère  asymétrie 
de  la  région  frontale  troublait  un  peu 
l'harmonie  générale.  A  côté  des  traits 
généraux  de  supériorité,  le  front  présen- 
tait en  haut  une  légère  fuite  vers  le  som- 
met caractérisant  un  crâne  allongé  ;  la 
partie  sous-nasale  un  peu  longue,  jointe  à 
l'épaisseur  de  la  lèvre  inférieure,  accusait 
une  certaine  sensualité 

Veut-on  un  document  plus  précis  ? 
C'est  le  résumé  des  mesures  prises  dans 
le  cabinet  du  ministre. 

Hauteur  totale    du   menton  à  l'insertion 

des  cheveux 195™™ 

—  frontale 65 

Subdivision  en  nasale 60 

—  sous-nasale,  lèvre  supérieure     28 

—  —            menton    ...     42 
Largeur  frontale  en  haut 124 

—  en  bas        .      .     .      .114 

Distance    des   apophyses   ordinaires   ex- 
ternes     .      .     ,   124 
•        —  —     des  orbites  46 

—  de  la  racine  nasale     ...      18 

—  des  pommettes 15 

Ouverture  de  la  bouche      ....     47 
Distance  des  angles  de    la  mâchoire  in- 
férieure     98 

Et  voilà  Richelieu  ! 

Il  manquait  quatre  dents  à  la  branche 
gauche  du  maxillaire  inférieur.  Comme 
anomalie,  il  remarqua   l'implantation  de 


N'   1338     VoL      LXV. 

247 

la  dent  de  sagesse  qui,  à  droite,  au  lieu 
d'être  verticalement  tixée,  avait  sa  racine 
enclavée  dans  la  branche  montante  du 
maxillaire  et  préseniail horizontalement  le 
bord  de  sa  couronne  au  lieu  de  ses  cus- 
pides. 

M.  Duhausset  s'attacha  à  l'étude  du 
maxillaire  inférieur,  siège  de  la  langue  ; 
car,  il  avait  acquis  la  conviction,  au  Mu 
séum,  que  l'écartemenl  de  l'angle  descen- 
dait progressivement,  en  se  rétrécissant, 
de  l'Européen  aux  singes,  en  passant  par 
les  hommes  les  plus  primitifs.  Or,  le 
maxillaire  de  Richelieu  était,  par  sa  per- 
fection, au  point  de  vue  de  la  construc- 
tion humaine,  digne  de  figurer  en  tète 

La  théorie  était  donc  d'accord  avec 
l'observation  directe. 

Mensuré,  à  son  honneur,  Richelieu 
réintégra  sa  petite  boite  et  depuis  1866,  il 
y  était  fort  paisible^quand,  sous  différents 
prétextes,  M.  Nénot  fit  ouvrir, en  1895,1e 
tombeau  devant  l'écrivain  qui  s'était  fait 
l'historien   de    Richelieu,   M.    Hanotaux, 

Le  fondateur  de  l'unité  française  avait 
passé  par  l'anthropométrie.  On  pensa 
qu'il  supporterait  le  moulage  avec  la 
même  docilité.  M.  Talrich  l'inonda  de 
plâtre  et  en  fit  un  masque  qu'il  offrit  à  M. 
Gréard. 

C'est  ce  masque  que  M.  Gréard,  a 
offert  à  Carnavalet  et  non  la  relique  — 
qui  est  je  ne  sais  où.  Cette  relique  est 
saisissante,  mais  lugubre  Elle  ne  dit  rien 
de  la  perfection  de  l'homme  qu'aux  sa- 
vants comme  M.  Duhausset.  Le  goût  de 
M.  Georges  Cain  a  fait  de  Carnavalet  un 
musée  d'enseignement  merveilleux.  Mais 
l'image  de  Richelieu  qu'il  faut  montrer 
au  peuple  est  celle  qu'a  faite  Philippe  de 
Champagne...  Cette  face  osseuse,  sans 
Hamme,  sous  ses  paupières  mortes,  la 
barbe  rare,  le  nez  cassé,  la  bouche  tendue 
dans  un  aff'reux  rictus  :  ce  n'est  pas  l'His- 
toire, c'est  la  Morgue. . . 

Edm.  h. 


Où  est  enterré  le  maréchal  de 
Villars  (LXV  ;  LXVl,  42,  158).  —  De 
VEcbo  de  Pans  : 

Cette  descendance  est  éteinte,  nous  l'avons 
dit,  mais  ou  ne  lira  pas  sans  intérêt  les  ren- 
seignements qui  suivent  et  que  nous  devons 
à  l'obligciiice  d'un  de  nos  lecteurs,  M. Teste. 
Il  s'agit  des  héritiers  .lu  fils  du  maréchal, le 
dernier  des  Villars  : 


L'i  N  ïhiVJJûJQUi  AJiCti 


248 


Armand-Honoré,  duc  de  Villars,  pair  de 
France,  prince  de  Martigues,  marquis  de  la 
Noi-Ie  (en  Nivernais),  grand  d'Espagne, che- 
valier de  la  T^  ison  d'Or,  gouverneur  de  Pro- 
vence, etc.,  laissa  pour  héritiers  du  côté  pa- 
ternel : 

lo  Marie-Sophie-Eléonore  de  Choiseul, 
veuve  de  Jean-Charles-Joseph  d'Andigné, 
comte  de  Vesins. 

Elle  av.iit  pour  mère  Marie-Louise  de  Vil- 
lars, mariée  à  François-Eléouor,  comte  de 
Choiseul. 

Cette  dernière  était  sœûi  du  niaréchai. 

2"  Messire  Pierre  de  Vogué,  comte  de  Vo- 
gué, seigneur  de  Gourdan,  etc.,  dont  la 
mère  était  aussi  une  Villars. 

Tous  les  deux  étaient,  par  suite,  cousins 
germains  du  dernier  des  Villars. 

Du  côté  maternel,  vclui-ci  n'avait  comme 
héritiers  que  des  cousins  issus  de  germains  : 

1°  Jean  de  Larlan  de  Kercadio,  comte  de 
Rochefort  ; 

2«  Marie-Françoise  Rose  de  Larlan  de 
Kercadio,  veuve  du  marquis  des  Nétumie- 
res  ; 

5°  Thérèse  de  Larlan  de  Kercadio,  etc., 
dame  de  Lignières,  etc,   : 

40  Eléonor  de  la  Motte,  comte  d'Apre- 
mont   ; 

30  Jean-Léonor  Dubosc,  marquis  de  Ra- 
depont  ; 

ô»  Le  chevalier  de  Radepont  ; 

70  Mme  Bigot  de  Sommesnil  ; 

80  et  9"^  Mmes'Guyot  d'Amfreville  et  de 
Roncherolles,   nées  Dubosc   de  Radepont. 

Ces  renseignements  sont  donnés  dans  le 
curieux  testament  du  dernier  des  Villars  et 
dans  les  pièces  qui  accompagnent  ce  testa- 
ment. 


Peut-être  pourrait-on  consulter  à  ce 
sujet  sa  ^;^,"  composée  par  Anquetil  en 
1784,  s'il  faut  en  croire  Bouillet. 

Maurice  Charpentier. 

Jal  lui  même  n'a  pu  dire  ni  où  était  né  le 
vainqueur  de  Denain,  ni  où  reposaient  ses 
restes.  Il  est  bien  mort  à  Turin'le  17  juin 
1734.  Le  Supplément  de  Moreri,  T.  111, 
1745,  donne  l'indication  c-uivante,  encore 
bien  incertaine  : 

Le  lieu  de  la  naissance  et  les  noms  de 
baptême  de  ce  maréchal  sont  aussi  des  pro- 
blèmes. Plusieurs  prétendent  qu'il  était  ne  à 
Moulins  en  Bourbonnois  et  que  le  nom 
d'Hector  ne  lui  a  point  été  imposé  au  bap- 
tême. Ce  qui  est  certain,  c'est  que  dans 
l'acte  de  bapléme  de  Marie-Thérèse  de  Vil- 
lars, sa  sœur,  dont  il  fut  parrain  en  date  du 
2  février  1661,  il  est  nommé  Claude-Louis- 
Hector  de  Villars...  Sa  famille  lui  fit  célébrer 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


30  Août   191 B  . 


249 


250 


^vec  un  grand  appareil,  un  service  solennel 
dans  l'église  de  Saint-Sulpice  à  Paris,  sa 
paroisse,  le  35  janvier  1735. 

Barbier,  t.  II,  p  468,  parle  bien  diffé- 
remment : 

Le  maréchal  de  Villars  est  mort  à  Turin, 
le  17  de  ce  mois,  âgé  de  quatre-vingt-quatre 
ans  ;  il  était  né  dans  cette  vilie,  son  père 
ayant  été  ambassadeur  à  la  cour  de  Savoie. 
On  dit  même  qu'il  est  né  et  mort  dans  la 
même  maison. 

D'autre  part,  Le  Chansonnier  Historique 
lui  consacre  cette  épigramme  : 

Villars  n'est  plus  le  défenseur  des  lys 
Si   l'on  m'en  croit,  l'on  ne  tardera  guère 

A  faire,  à  Saint-Denis 

Tombeau  superbe   et  pompe  funéraire  ; 

Mais  des  quarante,  il  était  le  confrère 

Et  quel  opprobre,  hélas  ! 

Si  son  éloge  tombe  à  faire 

Au  panégyriste  des  chats  1 

Celui-ci  était  Moncrit. 

Et  maintenant,  Villars  est-il  resté  à 
Turin,  est-il  à  Saint-Denis  ?  Je  n'ai  rien 
trouvé  qui  résolve  la  question. 

E.  Grave, 


La  condamnation  de  Louis  XVI 
et  la  franc-maçonnerie  (LXII  à  LXVl, 
II,  56).  — -  Je  n'ai  pas  cru  devoir  ques- 
tionner le  P.  Abel  sur  son  état- civil  et 
celui  de  ses  parents  ;  mais  je  ne  vois 
aucun  inconvénient  à  lui  communiquer 
les  objections  élevées  contre  son  té- 
moignage et  je  lui  transmets  purement 
et  simplement  le  numéro  de  l'Intermé- 
diaire où  elles  sont  formulées. 

j'ignore,  au  surplus,  quel  accueil  il  fera 
k  cette  communication,  car  on  a  vu  que 
sa  déclaration,  livrée  par  complaisance, 
avait  un  tout  autre  but  que  celui  d'alimen- 
ter des  discussions  de  presse. 

Quoi  qu'il  en  soit  et  en  ce  qui  me  con- 
cerne, je  différerai  quelque  temps  les  ré- 
ponses que  je  pourrais  faire  d'ores  et  déjà 
à  la  plupart  des  objections  de  M.  Bord, 
afin  de  les  coordonner,  le  cas  échéant, 
avec  celles  que  le  P.  Abel  jugerait  à  pro- 
pos de  formuler  lui-même,  notamment 
sur  les  questions  qui  touchent  de  plus 
près  aux  faits  et  gestes  des  membres  de 
sa  famille.  Le  mieux  sera  donc  que  cha- 
cun pour  le  moment,  garde  ses  positions. 

Gall. 


Les  noyades  de  Nantes  (LXVI, 
185).  —  On  lit  dans  V Histoire  de  France 
devenue  populaire  d'Henri  Martin  (Furne, 
Jouvet  et  Cie)  Tome  quatrième,  page  194, 
2"  colonne  : 

La  Loire  ne  gardait  pas  le  secret  de  ces 
horreurs  ;  elle  rejetait  sur  ses  rives  les  ca- 
davres des  noyés  de  Nantes.  Les  autorités 
nantaises  firent  afficher  la  défense  de  boire 
de  l'eau  de  la  Loiie,  infectée  par  les  corps  en 
décomposition. 

Un  collègue  habitant  Nantes  pourrait 
peut-être  retrouver, dans  les  archives  mu- 
nicipales de  cette  ville,  un  exemplaire  de 
cette  affiche,  ou  sa  minute.  D'après  le 
conteste,  elle  doit  être  de  frimaire  ou  de 
nivôse  an  II. 

Thiers,  dans  son  Histoire  de  la  Révolu- 
tion Française  (Furne,  [ouvetet  Cie,  1876) 
Tome  II,  p.  59,  2»  colonne  dit  : 

Les  poissons  étaient  repus  d'une  nourri- 
ture qui  en  rendait  l'usage  dangereux,  et  la 
municipalité   avait  défendu  d'en  pécher. 

V.  A.  T. 

On  afficha  dans  la  ville  de  Nantes  une 
ordonnance  qui  défendait  de  boire  l'eau 
de  Loire  et  de  manger  de  son  poisson. 
(Procès  du  Comité  Révolutionnaire  de 
Nantes.  Déposition  de  Lacour  dit  Labigne. 
—  Les  noyades  ou  Carrier  au  Tribunal 
révolutionnaire,  par  Felhémési  ;  Méhée 
fils.  —  Saint-Edme,  Dictionnaire  de  la 
Pénalité,  tome  IV,  page  429), 

Dans  son  Histoire  de  la  Guerre  de  la 
Vendée,  publiée  en  1909,  Joseph  Cleman- 
ceau,'  ancien  juge  au  Tribunal  de  Beau- 
préau,  écrit  : 

Ces  affreuses  noyades  furent  faites  à  plu- 
sieur  reprises,  mais  si  on  n'a  pu  connaître 
au  juste  le  nombre  des  malheureux  qui  ont 
ainsi  péri  dans  les  flots  de  la  Loire,  il  est 
certain,  du  moins,  qu'il  y  en  a  eu  considéra- 
blement ;  ce  fut  au  point  que  la  police  de 
Nantes  fît  défendre  de  vendre  et  de  manger 
du  poisson  de  Loire,  qu'on  supposait 
devoir  se  nourrir  de  la  chair  des  cadavres. 
J'ai  vu  et  lu  Varretè  de  ï administration 
municipale  qui  faisait  cette  défense^  pla- 
cardé sur  les  murs  de  la  ville. 

(Page  2  12). 

Le  fait  n'est  donc  pas  contestable,  mais 
ce  qu'il  serait  intéressant  de  retrouver, 
c'est  le  texte  de  !'«  arrêté  ». 

F.   UzUREAU, 

Directeur  de  X Anjou  Historique. 


'*^»  1338.  Vol    LX\  I 


L'INTERMEDIAIRE 


251 


La  mort  de  I.annes  dXlU  ;  LXVI, 
149).  —  Dans  l'intéressant  ouvrage  pu- 
blié par  M.  le  professeur  Bourquelot  à 
l'occasion  du  centenaire  du  Journal  de 
Pharmacie  et  de  Chimie,  on  trouve,  à  pro- 
pos de  Charles-Louis  Cadft  de  Gassicourt, 
la  note  suivante  : 

Cadet  avait  assisté  à  la  bataille  d'EssIing, 
le  22  mai.  Quelques  jours  plus  tard,  il  fut 
chargé,  avec  le  baron  Larrey  et  Vazéliaiid, 
de  procéder  à  rembaumeruent  du  maréchal 
Lan  nés  qui,  blessé  pendant  la  bataille,  était 
mort  c)es  suites  de  l'amputation  de  la  cuisse 
gauche.  Le  corps  du  maréchal  fut  transporté 
à  Schonbrun  ;  il  était  dans  un  état  de  putré- 
faction très  avancé.  Au  cours  de  l'opération, 
«  on  le  mit  macérer  dans  une  baignore  en 
bois  contenant  20  lirres  de  muriate  oxyde  de 
mercure  (sublimé)  en  solution  dans  200  litres 
d'eau  distillée»,  maci'ration  qu'on  fut  obligé 
de  recommencer,  le  premier  traitement 
n'ayant  point  arrêté  les  progrès  de  la  putré- 
faction . 

Cadet  qui  avait  passé  deux  jours  à  prépa- 
rer les  solutions  de  sublimé,  fut  attaqué  de 
coliques  dysentériques  en  même  temps  que 
de  salivation  mercuriel.'e. 

(Archives  de  la  Société  de  Pharmacie, 
cote  II,  n»  15);  Rhamnus. 

Le  rôle  de  Clément  Thomas  en 
juin  1848  ^LXV,  543,  654,  838  ;  LXVI, 
loî,  201) .  — ^Je  n'ai  jamais  dit  ni  pensé  que 
les  Communards  de  1871,  lorsqu'ils  fu- 
sillèrent Clément  Thomas,  voulussent  le 
punir  de  son  attitude  en  1848. 

La  foule  est  une  grande  oublieuse,  et 
le  mot  de  César  sera  toujours  vrai:  Pie- 
tique  homines  postrema  meminere.  Mais  il 
est  permis  de  faire  le  rapprochement,  qui 
dut  probablement  se  présenter  à  l'esprit 
du  malheureux  homme,  au  moment 
même  où  Ton  allait  l'exécuter. 

On  ne  saurait,  en  effet,  négliger  la  pre- 
mière partie  de  sa  vie  à  cause  de  la  se- 
conde. Il  faut  avouer  que  le  rôle  des  gens 
paisibles  est  ingrat.  Qui  n'apporte  pas  à 
son  entrée  dans  la  vie  politique  des  idées 
plus  ou  moins  subversives  est  assuré  de 
rencontrer  partout  le  dédain,  sinon  l'in- 
jure ;  puis,  quand  les  Rabagas  nantis 
rentrent  dans  la  voie  commune,  on  ap- 
plaudit à  leur  sapiesse.  en  négligeant  celle 
des  bons  citoyens  qui  ne  sont  jamais  sor- 
tis du  droit  chemin.  Il  semble  que  le  seul 
but  doive  être  la  conquêtcdu  pouvoir, sans 
qu'il  y  ait  de  différence  à  maintenir  entre 
celui  qui  yaccède  honnêtement  et  celui  qui 


252 


n'y  arrive  que  par  une  sorte  d'escroque- 
rie ou  d'abus  de  confiance. 

Maxime  du  Camp,  qui  fait  le  même 
rapprochement  inévitable  entre  le  début 
et  la  fin  de  Clément  Thomas,  —  auquel, 
d'ailleurs,  il  rend  pleine  justice,  disant 
qu' 

il  sut  être  à  la  fois  énergique,  conciliant  et 
payer  franchement  de  sa  personne  quand  il 
le  fallut,  »  —  déclare  cependant  que  l'élé- 
vation du  personnage  en  1848,  «  était  un 
choix  très  maladroit,  car  il  pouvait  désagré- 
ger ce  qui  restait  de  discipline  da^.s  l'armée... 
et  il  était  de  mauvais  exemple,  même  en 
temps  de  révolution,  d'appeler  au  grade  de 
commandant  général  des  gardes  nationales 
de  la  Seine  un  homme  qui  s'était  mis  en  ré- 
bellion ouverte  contie  la  loi  et  l'honneur 
militaire.  » 

{Souvenirs  de  V Année  1848,  pp.  210-1). 

Bref,  le  12  juin,  Clément  Thomas 
fut  accueilli  par  une  bordée  de  sifflets  et 
d'injures.  Il  était  trèi  .pâle  ;  il  se  tourna 
vers  nous  et  cria  en  faisant  un  geste  vio- 
lent de  la  main  ;  c  Chargez-moi  cette  ca- 
«  naille  !  »  Depuis,  il  a  nié  le  mot  ;  je  le  re- 
grette, car  je  l'ai  entendu.  » 

(Page  224.) 

Il  va  de  soi  que  l'ordre  pour  être  exé- 
cuté, —  il  le  fut  assez  mollement  —  de- 
vait revêtir  une  forme  plus  militaire  ; 
c'était  l'affaire  des  officiers  subalternes 
de  le  traduire  en  langage  congru.  Mais, 
ici,  du  reste.  Clément  Thomas  ne  s'ex- 
primait pas  autrement  que  le  maréchal 
Canrobert,  en  1870,  lorsque,  aux  prises 
avec  des  moblots  mutinés  qui  voulaient 
rentrer  à  Paris,  le  vieux  maréchal  leur 
criait,  rempli  d'indignation  :  «  On  va 
vous  y  renvoyer,  canailles  !  » 

Je  ne  nourris  aucun  mauvais  souvenir 
contre  Clément  Thomas.  Je  ne  le  con- 
fonds, certes,  pas  avec  le  commandant 
Sapia.  qui,  le  22  janvier  1871  — je  ne 
sais  si  le  fait  a  été  raconté  par  les  histo- 
riens —  fut  tué  au  coin  de  l'avenue  Vic- 
toria tlans  une  vespasienne,  dont  la  lourde 
porte  de  fonte  l'abritait  comme  un  bou- 
clier d'autrefois.  Plusieurs  de  mes  amis 
et  camarades  survivants,  dont  un  colla- 
borateur de  \' Intermédiaire,  se  rappellent 
que  nous  vîmes,  le  lendemain,  le  trou  de 
la  balle,  tirée  d'une  fenêtre  de  l'Hôtel  de 
Ville,  qui  retendit  mort  sur  ce  singulier 
champ  d'honneur.  Mais  peu  m'importe 
qu'un  émeutier  reçoive  à  longue  ou  courte 
échéance,  la  récompense  de  son    indisci- 


DES  CHERCHBUR^  fîi  CUfîîHUX 


3./  Août  '  yii 


253 


2,4 


pline  ;  IJdio  non  paga  il  sabiiio,  disent 
spirituellement  les  Italiens,  «  Dieu  ne 
règle  pas  chaque  samedi  les  comptes  de 
l'humanité  pécheresse  ».  En  réalité,  je  ne 
puis  m'empêcher,  si  je  me  reporte  à  mes 
souvenirs  d'alors,  de  réunir  les  deux 
hommes  en  mon  esprit  pour  leur  appli- 
quer le  mot  d'Hamlet  : 

.  . .  T'ts  the  sport  to  hâve  the    engin cer 
Hoisiwith  hi'^  own  petar 

que  l'on  me  pardonnera  de  traduire  avec 
un  léger  anachronisme  : 

Il  est  toujours  curieux  de  voir  l'ingénieur 
sauter  avec  sa  propre  dynamite. 

Britannicus. 

Le  Cor  ou  'omet  de  Roland 
(LXV,  783  ;  LXVI,  82,  145 1.  -  Je  suis  de 
Tavis  de  notre  confrère  «  Ibère  ».  Le  cor 
que  l'on  possède  n'a  aucune  raison  d'être 
celui  de  Roland  plutôt  que  celui  de  tel  ou 
tel  autre  guerrier  contemporain  ;  tous  les 
chefs  de  troupes  devaient  en  posséder  à 
cette  époque. 

D'autre  part,  quelle  différence  fait-on 
entre  un  cornet  d'ivoire  et  un  oliphant  ? 
Si  j'en  crois  l'étymologie,  l'oliphant,  par 
définition,  est  en  ivoire, .  .  au  moins, 
comme  le  dit  notre  collaborateur  «  Saint- 
Perdoux  »,  extérieurement. 

Maurice  Charpentier. 

Château  de  Séverac  (LXVI,  4, 
107,  i=;2).  —  Depuis  ma  dernière  com- 
munication (Intermédiaire  du  lo  Soût), 
j'ai  pu  consulter,  à  la  Bibliothèque  Na- 
tionale, les  Documents  historiques  et 
gériéalogiques  du  Roiiergiie  par  H.  de 
Barrau,  Rodez  1853-1860,  in-8°  quatre 
volumes.  Cote  Lm2  113.  Un  chapitre 
spécial  du  premier  volume  renferme,  de 
la  page  56g  à  la  page  498,  tout  ce  qui 
est  susceptible  de  satisfaire  la  curiosité  de 
Tintermédiairiste  que  le  château  de  Sé- 
verac intéresse,  comme  il  ma  moi-même 
intéressé  alors  que  j'ai  eu  occasion  de  le 
visiter.  De  ce  chapitre  j'ai  extrait  les 
notes  suivantes  : 

L'époque  du  premier  établissement  du 
Château  de  Séverac  n'est  pas  connue  ; 
quelques-uns  croient  qu'il  remonte  au 
temps  de  la  conquête  des  Gaules  par 
Jules  César  qui  chargea  (suivant  Bosc) 
deux  de  ses  officiers,  Severus  et  Sergius, 
de  la  garde   de  cette  partie  du  pays  des 


Ruthènes.  Le  premier  aurait  construit  le 
château  de  Séverac.  Castrum  Severi,  le 
second  celui  de  La  Roque-Valzergues, 
Castnim  valeis  Sergii,  dont  on  voit  encore 
les  ruines  sur  un  rocher,  près  de  la  route 
de  Séverac  à  St-Genicz. 

Le  plus  ancien  document  qui  fasse 
mention  de  Séverac  est  une  Charte  du 
règne  de  Kjrles,  roi  des  Français  et  des 
Lombards,  datée  de  l'an  883. 

En  1 103.  le  château  seul  portait  le  nom 
de  Séverac.  il  fut  le  berceau  d'une  illus- 
tre race  de  chevaliers  et  de  haut  baron- 
nage  qui,  après  avoir  subsisté  avec  éclat 
pendant  la  première  période  féodale, 
vit  sa  descendance  masculine  interrom- 
pue à  la  fin  du  douzième  siècle  et  s'étei- 
gnit tout  à  fait  en  1427,  ayant  substitué 
ses  biens  aux  seigneurs  de  la  maison 
d'Arpajon,  son  alliée. 

Les  barons  de  Séverac  portaient  :  d'ar- 
gent^ à  quatre  pals  de  gueules. 

M.  de  Barrau  fait  remarquer  que  ces 
armes  sont  les  mêmes  que  celles  de  la 
maison  d'Arpajon,  dont  Moreti  prétend 
que  les  Séverac  étaient  issus.  Plus  loin,  il 
ajoute  que  l'origine  des  seigneurs  de  Sé- 
verac se  perd  dans  Tobscurité  du  dixième 
siècle. 

En  1497,  un  procès  fut  engagé  entre  les 
d'Arpajon  et  les  Chabannes  à  propos  du 
testament  par  lequel  Guy  VII  de  Séverac 
avait  substitué,  en  1390,  tousses  biens 
au  deuxième  fils  de  Jeanne,  sa  fille,  ma- 
riée à  Hugues  d'Arpajon,  au  cas  où  Guy 
VIII,  son  fils,  n'eût  point  de  descendance 
masculine,  ce  qui  était  arrivé.  Ce  grand 
procès  ne  fut  vidé  qu'en  i  508,  et  le  vaste 
patrimoine  de  la  maison  de  Séverac  fut 
adjugé  à  Guy  d'Arpajon  et  à  sa  descen- 
dance. 

Ce  château,  dit  Monteil,  cité  par  M. 
de  Barrau,  dont  les  bâtiments  ont  un 
siècle  et  demi  d'existence,  fut  l'œuvre 
du  duc  d'Arpajon  qui  les  éleva  au  cou- 
rant du  xvii®  siècle  sur  les  débris  du 
vieux  château  démantelé  et  en  fit  à  la 
fois  une  forteresse  et  une  habitation  de 
grand  seigneur. 

On  remarque  sur  la  porte  d'entrée,  de 
style  corinthien,  l'écusson  aux  armes 
d'Arpajon,  et  sur  la  voûte  de  l'ancienne 
chapelle  (qui,  actuellement,  sert  d'écurie) 
apparaissent  encore  les  armes  de  la  mai- 
son de  Séverac. 

L'ouvrage  de   M.  de   Barrau   renferme 


m  1338.    Vol.  LXVI. 

25«; 

un  chapitre  consacré  à 
pajon. 


LiNT£RMÉDlAlRB 


256 


la  maison  d'Ar- 
France  Weber, 


Le  château  des  Coques  (LXVI, 
139). —  Par  suite,  évidemment, d'une  dis- 
traction, l'auteur  de  la  question  sur  le 
château  des  Coques  s'est  trompé  au  sujet 
d'un  article  que  jai  fait  récemment  pa- 
raître dans  VEcho  de  Paris  sur  Maurice 
de  Guérin.  En  parlant  de  la  châtelaine 
des  Coques,  je  n'entendais  certes  pas  faire 
allusion  à  la  Muse  du  Cajla,  Eugénie  de 
Guérin.  Je  n'ai  plus  l'article  de  VEcho 
sous  les  yeux,  mais  j'y  écrivais  à  peu 
orès  ceci  :  «  Maurice  de  Guérin  voua  à 
Louise  de  Bayne  (devenue  Mme  de  Ton- 
nac  Villeneuve)  un  culte  aussi  pur  que 
celui  dont  il  dev-îit  honorer  plus  tard 
l'aimable  châtelaine  des  Coques  >v 

La  châtelaine  des  Coques  n'était  natu- 
rellement ni  Mile  de  Guérin,  ni  Mlle  de 
Gervais,  mais  la  comtesse  de  Maistre 
même,  née  Sainte-Marie. 

Le  château  des  Coques, au  sujet  duquel 
on  posait  la  question,  n'est  plus  mainte- 
nant aux  mams  des  Maistre.  Il  m'a  paru 
en  bon  état  la  dernière  fois  que  je  l'ai  vu 
—  sans  le  visiter,  il  est  vrai  —  il  y  a  deux 
ans.  Baron  de  maricourt. 

Mademoiselle  de  Balzac  (i.XV  ,496, 
611,  7SO,(S5o).  — A  priori, rien  n'engage 
à  croire  que  cette  dame  Carpentier  soit 
de  la  famille  du  romancier.  11  faudrait 
d'abord  savoir  où  elle  naquit.  Balzac, 
par  son  père  et  ses  ascendants  paternels, 
était  originaire  de  l'Albigeois.  Dans  une 
conférence  à  la  «  Maison  de  Balzac  >* 
M  Jacques  de  Biez,  s'autorisant  de  do- 
cuments authentiques,  nous  parlait,  en 
mars  dernier,  du  grand-pere  de  Balzac, 
qui  s'appelait  en  réalité  Balsa  ou  Baissa, 
et  naquit  en  1716,3  la  Nougairie,  petit 
hameau  de  la  commune  actuelle  de  Mon- 
triat,  au  nord  du  département  du  Tarn, 
sur  la  paroisse  de  Canezac.  M.  de  Biez 
nous  conta  que  de  1693  à  17 17  une  tren- 
taine de  membres  de  cette  famille  Balza 
furent  enterrés  sur  cette  paroisse,  et  nous 
fit  connaître  les  noms  des  collatéraux  les 
plus  proches,  parmi  lesquels  aucun  ne 
porte  un  nom  semblable  a  celui  de  cet 
Isidore  Ternois,  qualifié  cousin  de  la  dame 
Charpentier,  née  Honorine  de  Balzac.  Du 
reste,  ce  nom  de  Balzac,  comme  le  dit 
1res  bien  Ibère,  fut  porté  par  différentes 


familles  étrangères  à  celle  de  l'auteur  de 
la  Comédie  humaine.  Et  l'on  peut  avancer 
sans  trop  de  témérité  que  de  tous  les 
Balzac  connus,  celui  qui  l'était  le  moins, 
c'était  encore  Balzac,  puisque  son  père 
s'appelait  en  réalité  Balsa  ou  Baissa  (par 
un  ou  deux  s,  on  ne  sait  pas  au  juste  ; 
nous  n'ignorons  pas  la  part  qu'il  convient 
de  faire  aux  erreurs  innombrablesdes scri- 
bes de  tout  état  civil,  aussi  bien  sous  l'an- 
cien régime  que  de  nos  jours).  Néanmoins, 
si  l'on  s'en  tient  à  la  série  des  actes  com- 
muniqués à  M.  de  Biez  en  vue  de  sa  con- 
férence par  M.  Portai,  archiviste  du  Tarn, 
le  nom  de  Balsa  ou  Baissa  est  régulière- 
ment celui  attribué  aux  ascendants  d'Ho- 
noré de  Balzac,  prénommés  tous  «  Ber- 
nard »  fils  d'autre  1  Bernard  >». 

Le  prénom  d'Honorine  porté  par  la 
dame  Charpentier  n'est  apparemment  dû 
qu'à  une  coïncidence,  car  nous  savons 
par  Laure  de  Surville,  .La  sœur  de  Balzac, 
que  si  son  frère  fut  prénommé  Honoré, 
c'est  par  pure  fantaisie  du  père,  à  cause  du 
calendrier,  et  que  personne  dans  la  fa- 
mille n'avait  jamais  porté  ce  prénom. 

L.  R. 

Diderot  et  Mme  Roland  (LXVI, 
140).  L'auteur  de  l'article  paru  dans 
les  Annales  —  article  que  je  n'ai  pas  lu 
—  a  peut-être  commis  un  lapsus  ;  à  moins 
que  ce  ne  soit  une  coquille 

Ne  s'agit-il  pas  plutôt  de  la  correspon- 
dance de  Diderot  avec  Mlle  Sophie 
Volland  .? 

Je  trouve, en  effet,  au  tome  18  des  Œu- 
vres complètes  de  Diderot,  Paris,  Garnier 
1876,  nage  ^60  une  lettre  à  Mlle  Volland, 
écrite  dans  l'obscurité  et  qui  se  termine 
par  cette  phrase  : 

Partout  où  il  n'y  aura  rien,  lisez  que  je 
vous  aime. 

A.  Chesnier  du  Chesne. 

Geo'-ges-Joseph    f^e    Momigny, 
compositeur  demusique  (LXV;LXVI, 
6ij.    —    Voici   quelques     notes   rédigées 
d'après  les  causeries  d'un  témoin  oculaire  : 

Après  une  jeunesse  un  peu  dissipée,  à 
P.îris,  Georges  de  .Momigny  revint  à  Vire. 
Bientôt,  il  sd  maria.  Sa  femme,  née  Qué- 
ruel,  originaire  de  Saint-Quentin,  commune 
voisine  de  Tincheb'ay  (Orne)  ne  possédait, 
cert--s,  ni  charme,  ni  beauté.  Une  infirmité 
déformait     l'une    de    ses    mains.    Mais    elle 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


^0    Août  ICI». 


2^7 


2^8 


apportait  au  compositeur  l'aisance  nécessaire 
à  tout  artiste  pour  la  tranquille  éclosion  de 
son  rêve.  Cette  union  semblait  assez  heu- 
reuse. Chaque  après-midi,  avec  une  régula- 
rité bourgeoise,  Georges  de  Momigny  faisait 
une  petite  promenade,  toujours  accompa- 
gné de  sa  femme  et  d'une  vieille  servante, 
Marie-F.lvire  Leroi,  type  devenu  bien  rare 
des  fidèles  serviteurs  d'iîutrefois. 

Mademoiselle  de  Momigny,  sœur  de  Geor- 
ges, vivait  aussi  dans  la  pittoresque  capitale 
du  Bocage  Normand.  Elle  occupait  !e  rez-de- 
chaussée  d'un  immeuble  de  la  rue  du  Calva- 
dos. Elle    ne   pouvait  plus  voir   son  frère. 

George?  de  Momigny  habitait  la  rue  Gi- 
rard, rue  étroite  et  triste  où  passent  tous  les 
convois  ..  le  cimetière  est  tout  proche...  Sa 
maison,  assez  ancienne,  portait,  je  crois,  le 
numéro  45.  H  mourut  là ,  peu  de  temps 
avant  sa  femme. 

Quoique  un  peu  enlaidi  par  un  visage 
haut  en  couleur,  mon  compatriote  avait  fort 
belle  prestance.  Le  Musée  de  Vire  possède 
son  portrait  en  pied,  œuvre  d'un  peintre 
Lyonnais,  Aimé-Benoît  Marquet. 

Albert  Desvoyes. 

Rousseau  (Général  Guillaume- 
Charles)  (LXVI,  142;.  —  Consulter  IMr- 
morial  du  premier  empire,  par  le  vicomte 
A.  Révérend.  Armes  :  D' argent  au  lion  de 
gueules  tenant  de  la  patte  dextre  une  épèe 
de  sable,  la  scnestre  appuyée  ^ttr  un  cor  de 
cbasie  du  même  ;  au  comble  d'a:(ur,  chargé 
de  deux  étoiles  d'or  et  au  franc -quartier 
des  barons  militaires.  P.   le  J. 

Ulysse  Pic  (LXV  ;  LXVI,  156).  —  Nous 
avons  vu  souvent  ce  particulier  au  minis- 
tère de  l'intérieur,  en  1869  et  1870  :  il 
étal'  alors  le  directeur  d'un  journal  offi- 
cieux, fondé  en  vue  des  élections  géné- 
rales et  intitulé  YEtend.ird.  je  dis  «ce 
particulier  >»,  car  c'en  était  un  assez  co- 
mique, très  midi,  gonflé  de  son  éphémère 
et  problématique  importance,  et  dont  les 
jeunes  attachés  au  cabinet  se  gaussaient 
volontiers  et  ouvertement.  Nous  le  nom- 
mions d  habitude  :  «  .^loussu  Pic.  ** 

Ce  pauvre  homonyme  du  père  de  Télé- 
maque  a  c-^suyé,  dans  la  suite,  les  effets 
d'une  bien  fâcheuse  aventure... 

H.  DE  L. 


d'or,  accompagné  de  trois  chats  assis  et  posé^ 
de  front,  le  premier  contourné. 
Le  second  écu  m'est  inconnu. 

P.  LE  I. 


Armoiries  à  identifier  :  Deux  écus 
accolés  (LXVI.  142)  —  Le  premier  écu 
est  probablement  de  Micault  de  Courbe- 
ton,  en   Bourgogne  :  D^a^ur   au   chevron 


René  Gueuble.  Armoiries  (LXVI, 
6^  117).  — M.  Nisiar  se  trompe  :  \' Ar- 
moriai du  Nivernais,  par  M.  de  Soultrait, 
nomme  bien  les  Gueuble,  mais  n'indique 
pas  leurs  armoiries.    (Dernière    édition). 

Les  Gueubles  furent  seigneurs  en  Ni- 
vernais des  fiefs  de  Croisy  (Lainsecq)  du 
Boulay  (Druves)  de  la  baronnie  de  Lorme, 
de  Bouhv,  Pierre  Perthuis,  etc.  Us  sont 
alliés  aux  Bousseval,  Blondeaux,  Gous- 
seules,  Bellan'Jer,  Gentil,  etc. 

S.  G.  L. 

Ruban  d'une  croix  de  St-Louis 
avec  nœud  (LXVI, 93, 2 iBj.  — Le  ruban 
en   question   est   simplement   celui   d'une 
croix  de  chevalier  de  St-Louis  de  la  Res- 
tauration. A  la  Restauration,  le  Roi  réta- 
blit les  anciens  ordres  et  conserva  le  nou- 
veau de  la  Légion  d'honneur,  et  dans  la 
hiérarchie  de  ces  différents  ordres,   celui 
du  chevalier  de  St-Louis  fut  placé  sur  le 
même  rang  que  celui  dofticier  de  la  Lé- 
o-ion d'honneur,  un  échelon  au-dessus  de 
celui  de  chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 
C'est  pourquoi,  le  ruban  rouge  des  deux 
ordres  étant  le  mê  -e,  les  chevaliers  de 
St  Louis  portèrent  le  m.ême  ruban  que  les 
oflTicier-^  de  la  Légion  d'honneur,  c'est- 
à-dire  le  ruban  avec  une  rosette  ou  nœud. 
Je  possède  les  croix  de  chevalier  de  Saint- 
Louis    de  mes    deux  arrière-grand  pères 
avec  leurs  ru'oans  datant  de  la  Restaura- 
tion. L'une,  du  grand  -odèle,  a   un   ru- 
ban avec    une  rosette  identique  au  ruban 
d'officier  de  la  Légion  d'honneur  tel  qu'il 
se  porte  encore  aujourd'hui  ;  l'autre,  d'un 
petit  modèle,  porte  sur  le  ruban  uri  nœud. 
Ce  nœud  était  du  reste  conforme  à  la  tra- 
dition de    l'ancien  régime,  car  les  cheva- 
liers  de  St  Louis   ne  portaient  pas   leur 
croix  à  un  simple  ruban,  mais  à  un  nœud 
de  ruban   couleur  de   feu.  C'est  ainsi  que 
s'expriment   tous    les    anciens   ouvrages 
parlant  des  insignes  des  différents  ordres, 
le  fait  est  confirmé  par  la  représentation 
de  la  croix  de  St-Louis  sur  tous  les  an(,iens 
portraits  de  chevaliers  de  cet  ordre  da- 
tant de  l'ancien  régime. 

Dans  l'ordre   de  St-Louis  il  n'y  eut  ja- 
mais que  des  Chevaliers,  Commandeurs 


N»  ;|38    Vol.  LXVI 

259     '■ 

et  Grand-Croix.  Le  grade  d'officier  dans 
la  Légion  d'honneur  est  une  création  de 
Napoléon  !«■'  qui  désirait  avoir  plus  de 
trois  classes  dans  son  nou\el  ordre  pour 
pouvoir  davantage  graduer  les  récom- 
penses. M.   de  F. 

Ex-libris  à  déterminer  :  D'azur  à 
la  oroix  d'argent  (LXVI,  94,  217),  — 
Ce  sont  les  arni'jiries  des  lamilles  Le  Pel- 
letier de  St-Fargeau  et  Le  Pelletier  de  Ro- 
sambo. 

D'a:(ur  à  la  croix  pattèe  d'argent,  chargée 
d'un  chevron  de  gueules  en  abime  accosté  df 
deux  molettes  d  éperon  de  sable  et  accompa- 
gné en  pointe  d'une  rose  d'or.        M.  de  F. 

a  C'est  la  faute  à  Rousseau  >» 
(LXVI,  52,  III,  it>3i. — Je  suis  surpris 
que  personne  n'ait  songé  —  et,  puisqu'on 
a  fait  ici  à  ce  fameux  refrain  l'honneur 
d'une  réimpression  intégrale,  il  semble 
que  cela  en  eut  valu  la  peine  —  à  rappeler 
que  Philippe  Godet,  à  la  page  468  de  son 
Histoire  Litihiire  de  la  Suisse  Française^ 
attribue  résolument  au  chansonnier  gene- 
vois Jean-François  Chaponnière  la  pater- 
nité de  la  chanson.  Les  différents  Refrains 
de  Gavroche  réédités  en  France  n'en  seraient 
qu'une  imitation.  La  question  est, 
d'ailleurs,  d'un  intérêt  actuel  palpitant,  en 
ce  sens  que  nombre  de  Français,  et  des 
plus  intelligents,  s'obstinent  à  ne  voir 
Rousseau  qu'à  travers  les  querelles  des- 
deux Frances  :  d'un  côté  le  «  malheureux 
atteint  de  neurasthénie  spasmodique  ob- 
sédante »(Paul  Bourget,dans  la  Revue  Cri- 
tique des  Idées  et  dei  Livres  du  2^  juin  der- 
nier) ;  de  l'autre,  l'ennemi  du  peuple  qui, 
s'il  eût  vécu  en  1794,  eût  mérité,  pour  un 
triple  délit  d'opinion,  la  peine  de  mort 
(Albert  Meynier  dans  son  Jean-Jacques 
Rousseau  révolutionnaire  [c'est-à-dire  :  et 
les  révolutionnaires].  )  Et  il  est  certain 
que  si  Béranger  rimait  de  nos  jours,  ce 
n'est  point  de  «  la  faute  à  Rousseau  ^^ 
qu'il  eût  parlé,  mais  de  «  la  faute  à  Robes- 
pierre y>,  cause  directe,  jurerait-on,  de  la 
haine  qui.  par  delà  le  petit  clerc  d'Arras, 
devenu  le  Torquemada  révolutionnaire, 
frappe  encore  aujourd'hui,  dans  une  por- 
tion respectable  de  notre  patrie,  l'anti -ter- 
roriste qui  a  écrit  : 

Qu'on  nou*  dise  s'il  est  bon  quun  seul 
meure  pour  tous  ..  Si  l'on  entend  qu'il  soit 
permis  au   gouvernement  ds  sacrifier  un  in- 


L'mrJiHMED!A.IKlB 


260 


nocent  au  salut  de  la  multitude,  je  tiens 
cette  maxime  pour  une  des  plus  exécrables 
que  jamais  la  tyrannie  ait  inventées,  la  plus 
fausse  qu'oïl  puisse  avancer,  la  plus  dange- 
reuse qu'on  puisse  admettre  et  la  plus  direc- 
temet  t  opposée  aux  lois  foiidamentales  de  la 
société. .. 

C.\M1LLE    PiTOLLET. 

Voyage  à  1  île  de  Pâques  ('LXVI, 
143).  —  V Illustration  àts  17,  24  et  31 
août  1872  donne  le  récit  :  <*  )ournal  d'un 
sous-ofilcier  de  l'Etat  major  de  la  Flore  », 
d'une  station  à  l'île  de  Pâques  du  3  au 
7  janvier  1872.  Cette  relation  est  signée 
«Ji'lien  Viaud,  aspirant  de  i''*  classe  ». 
De  nombreux  bols,  mais  qui  ne  sont  pas 
dérivés  de  la  photographie  ,  accompa- 
gnent le  texte  ;  le  principal  p.  124,  porte 
le  nom  de  janet  Lange  et  me  parait  une 
interprétation  un  peu  fantaisiste.  Les  au- 
tres, vue  d'un  cratère,  types  des  naturels, 
images  des  tètes  colossales  et  ultra  bar- 
bares qui  sont  le  grand  mystère  de  cet 
îlot  perdu  dans  le  Pacique,  sont  plus  sé- 
rieux et  traduisent  sans  doute  des  croquis 
et  dessins  de  l'auteur. 

Ce  récit  très  intéressant  et  d'une  jolie 
plume,  est  il  la  première  œuvre  imprimée 
de  celui  qui  sera  Pierre  Loti  ^ 

H.  G.  M. 

* 

« 

V.  Revue  de  Paris.  N"  du  15  mars 
1899.  P.  Loti.  L'Ile  de  Pâques  et  Comp- 
tes-Rendus, de  la  Société  de  Géographie.^ 
No  d'Avril  1899.  T. 

Noms  de  Français  donnés  à  des 
rues  à  l'étranger  (LXIV  ;  LXV  ;  LXVI, 
30).  ■  Puisque  cette  rubrique  était  en- 
core ouverte  récemment,  qu'il  me  soit 
permis  de  dire  que  j'ai  été  étonné  de  ne 
pas  avoir  encore  vu  citer  l'Egypte  parmi 
les  pays  appelés  à  figurer  sur  la  liste. 

le  ne  parlerai  pas  des  villes  de  l'Isthme 
de  Suez,  Port  Sa id,  Ismaïlia  et  Port- 
Tewfik,  —  ou  l'influence  Française,  main- 
tenue par  la  Compagnie  du  Canal,  reste 
prépondérante  à   bien  des  points  de  vue. 

Mais  je  relèverai,  parmi  les  noms  don- 
nés aux  rues  d'Alexandrie,  ceux  de  Ber- 
thollet,  de  Mariette,  de  Cafîarelli  et  de 
Champollion,  qui  flattent  les  oreilles 
frr.nçaises,  en  rappelant  les  souvenirs  de 
l'Institut  et  de  l'expédition  d'Egypte. 

Au   Caire,    nous    trouvons    :    Chariah 


OBS  CHEiU:HBUR"j  ET  CURzEUX 


30  Août  191a 


361 


262 


Clot-Bey,  Chariah  et  Meidan  Mariette- 
Bacha,  c'est-à-dire  rue  et  place  Mariette- 
Pacha,  suivant  la  prononciation  populaire 
qui  déforme  le  P.  en  B. 

Je  signale,  en  passant,  pour  les  ama- 
teurs de  dialecte  pittoresque,  Chariah  el 
Espitalia  el  Fransaoui,  — rue  de  l'Hôpit  d 
Français,  —  et  Chariah  Ouabour  el  Fran- 
saoui. —  Ouabour  ou  Babour,  déforma- 
tions de  Vapeur,  servent  à  désigner  toute 
espèce  d'engin,  depuis  l'usme  jusqu'au 
paquebot,  aussi  bien  que  la  locomotive 
du  Chemin  de  fer. 

G.  E.  S. 

Député  ou  députée  (LXVl,  89/  — 
Une  femme  députée,  c'est-à-dire  qui  a 
été  députée,  envoyée,  par  ses  électeurs. 
Il  me  semble  qu'il  n'y  a  pas  de  doute 
possible  quant  à  Paccord.  Et  pourquoi  ne 
dirait-on  pas  une  «  députée  » ,  tout  court, 
aussi  bien  qu'une  «  employée  ?  » 

Maurice  Charpentier. 


Le  substantif  féminin   —   députée   — 
L     n'existe   pas  parce    qu'il    n'y    a   pas   de 
W     femmes    ayant     ce    mandat    politique. 
Seul  le  substantif  masculin  existe.    Mais 
ll^    le  féminin     viendra    peut-être.    Pour    le 
~    moment  les    femmes  doivent  se    conten- 
ter du   participe    passé.  Elles    sont   donc 
députées  à...  quelqu'un,  mais   sûrement 
pas  à  la  Chambre  des  Députés. 

Noël. 

Le  grec  dans  la  langue  française . 
Cabane  (LXIIl  a  LXVl,  171,  224).  — 
La  question  si  importante  de  cabane  avait 
été  traitée  par  moi  dans  un  texte,  celui 
qui  figure  (LXVl,  171),  mais  nullement 
satisfait  de  ce  travail  que  je  trouvais  in- 
complet, erroné  et  mal  ordonné,  j'avais 
fait  une  nouvelle  rédaction  que  j'envoyais 
à  notre  journal.  Un  malheureux  hasard 
voulut  qu'on  imprimât  l'ancien  texte  et 
le  nouveau  fut  jeté  au  panier. 

Je  recommence  donc  mon  étude  qui, 
comme  on  le  verra,  est  plus  claire  et  ins- 
pirera une  confiance  plus  grande. 

M.  Corman  a  entrepris  d'élucider  la 
question  cabane^  je  lui  offre  ma  façon  de 
voir  à  ce  sujet. 

La  question  capanna  est  restée  l'une 
des  plus  obscures  de  la  linguistique. 

Isidore  est  le  premier  qui  cite  ce  mot  : 


tugurium  parva  casa  est  ;  hoc  rustici  ca- 
panna vacant.  Isidore  vivait  au  6'  et  7» 
siècle.  Au  8^  siècle,  il  est  devenu  <:aJa««a 
et  est  cité  dans  les  gloses  de  Reiche- 
nau. 

Comme  en  Italie,  le  mot  est  resté  ca- 
panna, il  faut  accepter  l'orthographe 
donnée  par  Isidore,  et  la  supposer  primi- 
tive. 

On  l'a  dérivé  du  verbe  latin  capio,  con- 
tenir :  c'est  une  dérivation  bien  incolore 
dont  il  n'y  a  pas  lieu  de  tenir  compte. 

Onl'a  aussi  regardé  comme  étant  d'ori- 
gine celtique  :  mais  quand  le  mot  se 
trouve  dans  les  langues  néo-celtiques,  on 
s'aperçoit  bien  vite  qu'il  est  emprunté  aux 
langues  romanes. 

La  terminaison  anna  empêche  de  le 
considérer  comme  un  latin  pur. 

11  n'y  a  qu'une  seule  hypothèse  accep- 
table, c'est  qu'il  appartient  à  la  langue 
que  parlaient  ceux  des  Ariens  qui  coloni- 
sèrent rOuest-Europe  avant  la  venue  des 
itiliotes  et  des  Celtes.  Ce  serait  donc  tout 
simplement  un  mot  ligure  qui,  comme 
beaucoup  d'autres,  est  arrivé  jusqu'à 
nous. 

Alors  rien  n'est  plus  clair,  la  langue  li-' 
gure  présente  le  suffixe  ^hwo,  anna  qui 
provient  d'un  pré-ligure  âno,  participe 
passif  d'un  verbe  a/o,  employé  très  sou- 
vent comme  adjectif  ou  substantit^fémi- 
nin. 

Comme  à  côté  de  capanna^  l'italien  a 
le  masculin  capanno,  imité  en  cela  par  le 
portugais  caoana,  cahano  et  aussi  par  le 
patois  lorrain  cbevâ,  il  y  a  lieu  de  donner 
à  la  forme  féminine  et  la  forme  masculine 
la  même  antiquité,  ce  qui  amène  à  sup- 
poser l'existence  d'un  adjectif  ligure  capan- 
nos. 

D'après  ce  que  nous  venons  de  dire, 
on  a  donc  ligure  awMOi,  préligure  ânes. 

Et  l'on  peut  poser  cap-annos  =  capâ- 
nos 

Capâ  est  un  radical  verbal  dont  il  faut 
déterminer  le  sens. 

Ce  radical,  on  le  trouve  .  dans  les  lan- 
gues baltiques  avec  un  sens  bien  déter- 
miné. Il  faut  citer  le  lithuanien  Kjpâti, 
lette  Kapàt  hacher,  le  vieux  slave  Kopati 
creuser  (dans  les  dialectes  hacher,  rom- 
pre, frapper). 

Le  latin  a  dû  avoir  le  verbe  *capâre 
tailler,  couper  détacher,  fendre,  d'où  les 
dérivés  capulare  concidere,  spoliare,  fun- 


N«  1358  Vol.  LXVI. 


LÏNTJBRMBDIAIRB 


263 


264 


ditus  toUere,  s.  cindere  desecare,  concipu- 
lare,  ea pelleté. 

Le  '_'rec  de  même  a  dû  avoir  le  verbe 
Kaoàô  tailler,  découper,  couper,  creuser, 
d'où  le  grec  KaTir]  crèche,  le  îhcssalien 
Ka-avr,  barre  transversale  du  siège  d'un 
cocher,  caisse  de  voiture.  Ki-i-o^  échan- 
crure, découpure,  creux,  KâîTTjTov  fourrage 
(ce  qui  est  coupé). 

Nous  venons  de  constater  l'existence 
d'un  radical  qapà  dou  un  verbe  qapàjô 
qui  a  survécu  dans  les  langues  balti- 
ques. 

Passons  maintenant  au  substantif  fémi- 
nin qapânà  et  voyons  ce  qu'il  est  de- 
venu. 

Le  bulgare  a  le  substantif  Kopana,  ba- 
quet en  bois  cannelé.  En  outre,  les  lan- 
gues slaves  ont  les  dérivés  Kopavja  auge, 
barque  creusée  dans  un  tronc  d'arbre, 
Kcpaniua  fossé,  terre  novale  Kopanka 
huche,  voûte,  terre  novale. 

Nous  avons  vu  le  grec  Ka-avYi  dont  'e 
sens  semble  être  objet  creux    taillé. 

Ceci  établi,  nous  voyons  qu'il  a  existé 
dans  la  langue  primitive  un  radical  ver- 
bale qapd^  verbe  qapâiô  a'-ant  le  sens  gé- 
néral frapper,  fendre,  tailler,  couper, 
creuser. 

Du  participe  p^ss\(  qapânos  on  a  tiré 
le  substantif  féminin  qapânJ  qui  a  pour 
signification  générale,  ce  qui  est  creuse, 
taillé,  coupé. 

Ces  formes  sont  devenues  en  ligure^ 
l'adjectif  capatmoi  et  le  substantif  féminin 
capannà,  cabane. 

Nous  avons  l'étymologie  de  capannâ. 
mai'î  le  sens  en  est  très  imprécis.  La  ca- 
pannâ est.  nous  le  savons,  tout  ce  qui 
peut  être  taillé,  coupé,  fendu  ;  donc  ce 
peut  être  du  bois,  des  planches,  du  bran- 
chage, de  la  paille,  des  roseaux,  que 
sais-je. 

Eh  bien,  cette  imprécision  ne  doit  pas 
nous  gêner  ;  nous  savons  qu'elle  est 
dans  le  génie  des  langues  antiques.  Il  est 
probable  que  la  capannâ  était  une  ca- 
bane construite  de  matériaux  divers. 
Po'ir  les  ligures,  c'était  toujours  un  abri 
pour  rhomme  des  champs.  11  en  est  en- 
core de  môme  en  Italie, où  la  capanna  et  le 
capanno  sont  des  constructions  assez  sau- 
vages, tandis  que  partout  ailleurs  la  ca- 
bane est  quelque  cho<ie  presque  conforta- 
ble. 

11  n'y  a  pas  lieu  de  s  étonner  du  passage 


du  sens  d'objet  taillé  à  cabane.  Ne  dit-on 
pas,  il  habite  dans  le  marbre,  il  vit  dans 
la  paille. 

Du  reste,  remarquons  le  latin  tabula 
planche,  on  en  tire  le  français  taule  de- 
meure, le  bergamasque  tabia  cabane. 

Le  germain  boida-n  planche  est  devenu 
le  latin  bordum  dont  le  pluriel  borda  de- 
vint le  français  borde  cabane. 

Le  latin  du  8*  siècle  cabanna  est  de- 
venu le  provençal  cabana  passé  dans  la 
langue  français  cabane^  d'où  ensuite  le 
mo\'en  anglais  caban,  cabane  petite  mai- 
son et  par  suite  le  nouvel  irlandais  et  le 
gallois  caban. 

Dans  le  midi,  le  masculin  caban  de- 
vient cabain  écrit  en  français  cabin.  On  a 
de  même  tacan  taquain.^  tiqiiin.  On  en 
a  déduit  un  féminin  cabine.  Le  français 
cabin,  cabine  a  donné  naissance  à  l'an- 
glais cabin  et  l'italien  cabina. 

Je  m'arrête,  la  dérivation  de  capanna 
est  très  considérable  fet  dépasserait  les  li- 
mites raisonnables  d'une  simple  note. 

H.  Laray. 

Bâbord,  tribord  (LXV,  622).  —  Bâ- 
bord ne  veut  pas  dire  bord  inférieur,  pas 
plus  que  tribord,  côté  supérieur.  On  a  dit, 
il  est  vrai,  boid  de  bas,  bord  de  tri,  mais, 
ce  furent  des  expressions  employées  par 
des  marins  cherchant  à  s'expliquer  des 
mots  dont  ils  ne  saisissaient  pas  le  sens. 
Il  en  a  été  de  môme  dans  les  langues  ro- 
manes où  les  mots  germaniques  employés 
n'avaient  aucune  signification  bien  claire 
pour  le  menu  peuple. 

En  particulier,  le  tri  grec,  employé 
comme  préfi.xe,  peut  avoir,  à  l'occasion, 
développé  l'idée  de  supériorité  dans  cer- 
tains mots  composés,  mais  il  n'a  jamais 
existé  comme  mot  simple,  ni  en  grec,  ni 
en  latin,  et  encore  bien  moins  en  français. 

Du  reste,  il  est  nécessaire  d'étudier  les 
mots  bâbord  et  tribord  dans  les  langues 
germaniques,  puis  dans  les  langues  voi- 
sines. On  a  : 

germanique  bak  dos;  steur,  stùr  gouver- 
nail. 

hollandais  backboord  ;  stuurboord ;  bak 
stuur 

bas-allemand  bakboord  ;  itûrboord  ;  bak 
stfir. 

allemand  backhord  ;  steuerbord  ;  bak  ; 
steuer. 

vieux-norse  bahbordhi  ;  bak  ;  ftyri. 


Dtii>  GHIiKCHBURb  UT  CURIEUX 


2f)5 


30  Août  1913 


266 


I 


suédois  bâbord;  styrbord  ;  bak  ;  styr. 

danois  bagborJ  ;  stvrbord  ;  bag  ;  styr. 

anglo-saxon  baecboid;  slêoibord  ;  baec  ; 
stêor. 

anglais  siarboard ;  back  ;  stère. 

russe  bâbord'  ;  shtirbord'. 

français  bâbord  ;  stribord  ;  tribord. 

italien  babordo  ;  tiibordo, 

espagnol  babor  ;  estribor . 

portugais  boinbordo ;  estribordo  ;  estibor- 
do. 

En  examinant  ce  tableau,  nous  consta- 
tons tout  d'abord  que  bâbord  et  tribord 
n'ont  de  signification  claire  qu'au  moyen 
des  langues  germaniques  ;  bâbord  est  le 
côté  du  dos,  tribord  le  coté  du  gouver- 
nail. Ensuite,  nous  remarquons  que  si  la 
syllabe  finale  reste  régulière  dans  tous  les 
dialectes,  la  syllabe  initiale  subit  au  con- 
traire des  modifications  assez  importantes 
même  dans  les  dialectes  germaniques  : 
ainsi  dans  la  syllabe  bak  la  voyelle  ne  va- 
rie que  dans  le  portugais,  la  palatale  k 
tend  à  s'adoucir  en  g  et  même  disparaît 
La  syllabe  stur ,  steur  se  modifie  profon- 
dément, l'armature  st  r  se  maintient  assez 
fortem.ent  cependant,  mais  la  voyelle  est 
très  instable  ;  le  son  û,  eu  primitif  a  ten- 
dance à  devenir  y  et  même  i  et  la  syllabe 
qui  en  résulte  sttr  a  une  stabilité  assez  fai- 
ble pour  devenir  finalement  stri  et  même 
sti  et  tri. 

Vouloir  examiner  dans  chaque  langue 
prise  à  part  les  raisons  d^  ce  mouvement 
vocalique  serait  une  œuvre  décevante  con 
duisant  même  à  des  absurdités.  En  tenant 
compte  de  l'ensemble  des  langues,  l'étude 
de  chaque  cas  particulier  serait  très  péni- 
ble, et  finalement  on  serait  amené  à  con- 
clure que  ce  sont  les  marins,  (et  quand  je 
dis  les  marins  je  ne  parle  pas  des  officiers), 
qui  ont  imposé  leur  manière  de  voir  et 
leur  prononciation. 

Maintenant  que  signifient  ces  mots  : 
côté  du  dos,  côté  du  gouvernail. 

On  sait  que  les  navires  des  Grecs  et  des 
Romains  étaient  munis  d'un  double  gou- 
vernail, qu'il  y  en  avait  un  sur  chaque 
côté  du  navire  et  que  chaque  gouvernail 
avait  un  timonier  propre.  Il  n'en  était  pas 
de  même  chez  les  Scandinaves  et  kb  Ger- 
mains. Il  n'y  avait  qu'un  seul  gouvernail, 
lequel  ne  se  tenait  pas  à  Tétambot,  mais 
sur  le  coté  droit  du  navire.  Le  timonier 
se  tenait  face  au  gouvernail  et  tournait  le 
dos   au   côté  gauche.    Pour    faciliter   les  ', 


mouvements  du  timonier,  le  chargement 
du  navire  se  faisait  sur  le  côté  gauche,  ce 
qui  explique  le  nom  anglais  ds.  bâbord, 
larboard  côté  du  chargement 

Ces  dénominations  de  bâbord  et  dz  tti- 
bcrd  se  sont  conservées  à  travers  les  siècles 
la  signification  de  ces  mots  cessant  d'être 
claire,  lorsque  la  direction  a  été  portée  à 
l'arriére  du  i.avire.  C'est  l'histoire  du  mot 
/usil,  arme  d'où  la  pierre  à  feu  a  disparu 
depuis  longtemps.  H.  La. 

Tri,  trie  (LXV,  622).  La  supposi- 
tion que  le  tri  du  jeu  de  whist  est  un 
mot  grec  est  inadmissible.  Je  répèle  sous 
une  autre  forme  ce  que  jïai  dit  au  sujet  de 
tribord.  Si  le  tti  français  vient  du  grec 
tri,  on  devrait  le  trouver  comme  subs- 
tantif en  grec,  en  latin  et  surtout  en  fran- 
çais. Or  le  jeu  de  whist  est  un  jeu  très 
récent,  et  le  français  tri  n'apparait  qu'au 
moment  où  le  jeu  s'acclimate  en  France  : 
M.  Daron  serait  bien  empêché  de  trouver 
tri  en  France  avant  Louis  XV. 

En  réalité  tri  est  identique  a  trie  dont 
a  gutturale  s'est  amuï  comme  dans  nom- 
bre de  mots  dont  les  consonnes  finales  ne 
se  prononcent  plus  même  parfois  conser- 
vées dans  l'écriture,  tels  que  broc,  bris., 
btou  jadis  broust,  clé  jadis  clef,  coq,  ctic, 
croc  qui  se  prononcent  cô,  cri,  crô,  etc. 

7"r/,  trie  vient  de  l'anglais  trick,  levée, 
employé  dans  les  cas  suivants  to  make.^  to 
take  a  trick  faire  une  levée,  tomake  tbe 
cdd  trick  faire,  avoir  la  levée, faire  le  trick. 
Ce  mot  anon  seulement  passé  en  français, 
mais  aussi  en  allemand  trick  trie,  levée 
au-dessus  de  6. 

Maintenant,  on  peut  se  demander  d'où 
vient  le  mot  anglais.  La  question  est,  je 
crois,  avec  les  •.onnaissances  actuelles,  à 
peu  près  impossible  à  résoudre. 

Si  Ton  suppose  le  mot  d'origine  ger- 
manique, trtck  se  ramènerait  à  un  radical 
tri'kkj\  avec  le  sens  de  levée,  tirée,  amenée 
à  soi,  se  rattachant  au  germanique  trek- 
kan  trakjan  tirer  Cette  explication  serait 
satisfaisante,  malheureusement  l'anglais 
trick  est  seul  de  iOn  espèce  dans  les  lan- 
gues germaniques,  ce  qui  rend  la  supposi- 
tion douteuse. 

Si  l'on  suppose  le  mot  d'origine  ro- 
mane, trick  se  rattacherait  au  latin  ttîcâie 
triccdre,  ce  qui  est  satisfaisant  pour  la 
forme,  mais  ne  convient  guère  pour  la 
signification.  Le  latin  a  une  signification 


N»  1338  Vo!.   LXVI. 


L'iNTlilRMBDlAlK£i 


267 


i68 


péjorative  qui  ne  se  trouve  pas  dans  l'an- 
glais trick  levée,  et  qui  ne  permet  aucun 
rapport  entre  ces  mots.  Une  seule  solution 
serait  acceptable,  c'est  la  confusion  entre 
le  germain  trekkan  et  le  latin  triccâre.  La 
forme  serait  latine,  la  signification  ger- 
manique, 

H.  Laray. 

Huque  "U  Hugne  (LXV.  99,  786, 
864  ;  LXVI,  7  j.)  —  Si  le  mot  «  hugue- 
not »  exi'^tait  déjà  dans  le  dialecte  tou- 
rangeau, que  fait-on  de  l'étymologie  don- 
née, au  point  de  vue  religieux, par  Bouil- 
let,  et  suivant  laquelle  «  huguenot  » 
viendrait  du  terme  allemand  «  eidgenos- 
sen,  associés  par  serment,  nom  donné 
d'abord  aux  habitants  de  Genève  soule- 
vés et  ligués  contre  le  duc  de  Savoie  ». 
(Bouilletj  ?  Il  faudrait  alors  croire  que 
*<  huguenot  »,  au  xvi«  siècle,  a  été 
d'abord  une  injure  empruntée  aux  supers- 
titions de  Touraine  ?  On  aurait  dit  :  un 
huguenot,  pour  désigner  un  protestant, 
comme  :  un  loup-garou  ? 

Maurice  Charpentier. 

L*Eugénique  (LXVI,  89).  —  Est- il 
bien  nécessaire  de  s'occuper  ici  de  cette 
nouvelle  science,  pour  l'amélioration  de 
l'espèce  humaine,  qui  vient  d'être  décou- 
verte '<:  On  a  mainte  ant  dans  toute  la 
presse  européenne  qui  s'en  occupe, des  dé-- 
tails  ;  sans  compter  les  périodiques  mé- 
dicaux. P.  CoRiMAN. 

[Les  périodiques  parlent  des  choses  qui 
passent.  L'eugénique  passera  :  mais  les 
érudits  de  l'avenir  s'en  occuperont  qui  re- 
trouveront trace  dans  nos  colonnes  de  ce 
qui  fut  le  problème  d'un  jourj. 

Je  ne  vois  pas  très  bien  la  raison  de  la 
question,  puisqu'elle  définit  précisément 
l'eugénique. 

L'explication  du  terme  n'est,  par  suite, 

pas  davantage  nécessaire. 

« 
*  > 

On  dit  aussi  Eugénésie  :  *<  L'Eugéncsie 
des  nègres  et  des  Européens  bruns  est 
hors  dedoute.  //L'adjectif  esteugénésique, 
et  signifie  propre  à  améliorer  la  race  : 
«  Des  croisements  eugénésiqucs.  *  Nous 
trouvons  un  autro  exemple  d'emploi  de  ce 
mot  au  tome  IV,  page  24^,  de  la  Revue 
d'anthropologie  : 


Hybridité    eua;énésique, 
deii.\  ordres  de    métis    sont 
raeiit  féconds  entre  eux. 

Etymologie  :  KO,  bien, 
création,  génération. 


hybridité   oij    les 
chacun  indéfini- 

et  -^b^iQ^i^  pro- 

Nauticus. 


Ce  dont  il  pouvait  s'agir,  c'était  de  la 
formation  du  mot.  Il  est  d'origine  savante, 
pairement  la  plupart  des  termes  scientifi- 
ques ;  il  est  trayt  du  grec  eu,  bien,  bon, 
beau,  et  y-^°?»  race. 

Puisque  c'est  à  propos,  je  recorde  la  dé- 
finition de  l'eugénique  par  sir  Galton,  qui 
en  paraît  le  créateur  : 

L'Eugénique  est  l'étude  des  causes,  sou- 
mises au  contrôle  social,  pouvant  améliorer 
ou  affaiblir  les  qualités  de  race  des  généra- 
tions futures,  soit  mentalement,  soit  physi- 
quement. 

B.-F. 

Du  giec,  eu,  bien,  et  gennân,  engendrer. 
Consulter  le  Larousse  mensuel,  fascicule 
65  —  juillet  1912  —  qui  répond  complè- 
tement à  la  question.  Noël. 


Au  point  de  vue  étymologique,  eugéni- 
que vient  de  deux  mots  grecs  :  su  (eu), 
(bien),  et  :  yiyvaaat  (gignomai),  j'engen- 
dre ;  je  fais  devenir  La  même  origine 
pour  le  prénom  «  Eugène  »,  et,  probable- 
ment, pour  le  nom  de  ><  la  mère  Gigo- 
gne »,  celle  qui  enfante  beaucoup. 

Maurice  Charpentier. 


Le  Futurisme  (LXVI,  97,  228).  — 
Voici, en  réponse  à  la  demande  du  D'  L., 
quelques  renseignements  précis  sur  le 
Futurisme,  au  moins  en  peinture. 

Disons  d'abord  que  le  Futurisme,  d'ori- 
gine italienne  (son  fondateur  fut  M.  Ma- 
rinetti),  n'a  jamais  fait  beaucoup  d'adep- 
tes en  France. 

Tous  ses  propagateurs  restèrent  italiens, 
et,  si  quelques  fumistes  et  quelques  im- 
puissants se  joignirent  à  eux,  ce  fut 
pourtant  à  titre  d'école  «  étrangère  » 
que  nous  pûmes  nous  en  occuper,  et  son 
influence  n'a  guère  eu  de  conséquences 
ici.  même  sur  les  plus  si  Indépendants  » 
de  nos  peintres. 

Voici  quelques  extraits  du  manifeste 
lancé  par    M.    Marinetti,  que  je  retrouve 


Ùhh  CHÊRCHEUKS  HJ  CURïBUX 


30  AoM  191a 


369 

dans  un  Editorial   de  G.  de  Pawlowski, 
paru  en  1910  dans  Comcedia. 

La  construction  des  tal^Ieaux  a  été  jus- 
qu'ici stupidement  traditionnelle;  les  pein- 
tres nous  ont  toujours  montré  les  objets  et 
les  personnes  placées  devant  nous,  nous  pla- 
cerons désormais  les  spectateurs  au  centre  du 
tableau. 

Pour  peindre  une  figure  humaine,  il  ne 
faut  pas  la  peindre,  il  faut  en  donner  toute 
ratmosphère  enveloppante. 

Que  de  fois,  sur  la  joue  de  la  personne 
avec  laquelle  nous  causions,  n'avotis-nous 
pas  vu  le  cheval  qui  passait  très  loin,  au 
bout  de  la  rue. 

Nos  corps  entrent  dans  les  canapés  sur  les- 
quels nous  nous  asseyons,  et  les  canapés  en- 
trenten  nous.  L'autobus  s'élance  dans  les  mai- 
sens  qu'il  dépasse  et  à  leur  tour  les  maisons  se 
précipitent  sur  l'autobus  et  se  fondent  avec 
lui. 

On  trouverait  de  semblables  théories 
exposées  par  les  futuristes  en  matière  lit- 
téraire ;  si  le  D''  L.  veut  me  faire  crédit, 
je  lui  ferai  part  de  cette  partie  de  la  doc- 
trine futuriste  dans  un  des  prochains  nu- 
méros de  V Intermédiaire,  en  même  temps 
que  je  compléterai  ce  que  je  viens  de  dire 
aujourd'hui  sur  les  doctrines  de  M.  Mari- 
netti  et  de  ses  séides. 

Maurice  Charpentier. 


270 


Comme  nous  le  disions  pour  les  cubis- 
tes, les  futuristes  ne  sont  guère  cités  in- 
dividuellement par  la  critique  ;  ils  le  sont 
aussi  moins  souvent,  car  la  définition  de 
leur  titre  est  beaucoup  plus  vague.  Leur 
dénomination  parait  cependant  un  peu 
antérieure  à  la  précédente. 

Le  17  mai  1910  en  efïet,  le  Matin  dans 
un  extrait  qu'il  donnait  de  la  revue  ita- 
lienne Poesia,  publiait  un  manifeste  des 
peintres  futuristes,  signé  de  M.  M.  F.  F. 
Marinetti  :  Umberto  Boccioni  ;  Carlo-D  ; 
Carra  ;  Luigi  Russolo,  de  Milan  ;  Gia- 
como  Balla,  de  Rome  et  Gino  Severini, 
de  Paris.  Ce  dernier  est  un  habitué  du  sa- 
lon des  Indépendants. 

L'espace  n'existe  plus,  dit  ce  manifeste 
d'ailleurs  assez  long..,  Des  milliers  de  lieues 
nous  séparent  du  soleil  ;  cela  n'empêche 
pas  que  la  maison  qui  est  devant  nous  soit 
encsstrée  dan.'  le  disque  solaire  .  Nos  corps 
entrent  dans  les  canapés  sur  lesquels  nous 
nous  asseyons  et  les  canapés  entrent  en 
nous. 

Et  cette  phrase  dont  ia  première  partie 
est  quasi-prophétique  : 


L'autobus  s'élance  dans  les  maisons  qu'il 
dépasse  et,  à  leur  tour  les  maisons  se  préci- 
pitent sur  l'autobus  et  se  fondent  avec  lui... 

Enfin 

...  les  ombres  que  nous  peindrons  seront 
plus  lumineuses  que  les  pleines  lumières  de 
nos  prédécesseurs  ;  nos  tableaux,  auprès  de 
ceux  des  musées,  resplendiront  comme  un 
jour  aveuglant  opposé  à  une  nuit  téné- 
breuse, etc. 

S'il  n'est  pas  contesté  que  l'ombre  en 
peinture  doit  être  lumineuse,  on  peut  se 
demander  si  tout  le  reste  est  dit  bien  sé- 
rieusement ,  quoique  le  manifeste  pro- 
clame l''admiration  due  à  Rembrandt, 
Goya  et  Rodin. 

Le  Salon  des  Humoristes  de  1912 
offrait  aussi  un  «  Futurisme  »  d'André 
Maillos,  faisant  partie,  comme  le  «  cu- 
bisme »  précité,  d'une  série  des  Visions 
de  la  Grâce  aux  différentes  étapes  de  la 
peinture,  la  dernière  école  étant  l'Avé- 
naisme  (école  dite  des  Toiles  Blanches). 

C.  Dehais. 


Le  Cubisme  (LXVl,  97).  —  C'est 
probablement  en  parcourant  les  pério- 
diques d'avant-garde  qu'on  trouverait  le 
plus  de  renseignements  sur  le  cubisme. 
Les  revues  d'art  classiques  en  font  évi- 
demment mention,  mais  sous  une  déno- 
mination générale,  accompagnée  le  plus 
souvent  de  commentaires  fort  sévères. 

Les  quotidiens  sont  un  peu  moins 
sobres  de  détails  et  voici  ce  que,  faute  de 
mieux,  j'ai  f  u  noter  à  ce  sujet 

Le  nom  de  «  Cubistes  v>  ne  semble  ap- 
paraître, dans  les  compte- rendus  de  la 
critique,  qu'avec  le  salon  d'automne  d'oc- 
tobre 1910. 

Jusque  là,  tous  les  peintres  de  tech- 
nique aussi  spéciale  y  étaient  mentionnés 
en  bloc  sous  cette  rubrique  «  les  Fauves  » 
due  à  Pierre  Veber  qui  l'employa  dès  1906 
dans  un  de  ses  articles.  Et  renouvelant  à 
vingt  ans  de  distance  l'aventure  des  dé- 
cadents, ceux  auxquels  s'appliquait  cette 
expression  nouvelle  n'y  avaient  point 
contredit. 

«  Les  cubistes,  dit  M.  Léandre  Vaillat 
«  {Echo  de  Paris,  30  septembre  1910), 
v;  prétendent  ne  voir  dans  la  nature  qu'un 
s»  assemblage  de  cubes  et  soutiennent 
«  qu'un  paysage,  un  être  humain,  se  ré- 
*<  duit  à  un  morceau  de  sucre  candi  ». 


H»  1538.    Vo;. 


LXVI, 

-     271 


iNfiiWMHDïAiKiî 


Leur  théorie,  ajoute  un  écho  d'Excelsioi 
{9  octobre  191 1  ;  est  tout  entière  inscrite 
dans  un  petit  croquis  de  Walter  Crâne 
(reproduit  dans  le  niènie  numéro)  qui  le 
publia  dans  son  livre  «  Lignes  et  formes  »  ; 
et  en  même  temps  que  ce  croquis  qui  re 
présente  un  homme  et  un  cheval  dessines 
par  éléments  carrés,  Walter  Crâne  en 
donnait  d'ailleurs  un  autre  tout  sem- 
blable dessmé  par  éléments  circulaires. 

Les  cubistes  exposent  régulièrement  au 
Salon  d'automue  et  au  Salon  des  Indé- 
pendants, qui  a  lieu  au  printemps. 

Comm.e  illustrations  des  comptes-ren- 
dus du  Salon  d'automne  de  191 1,  écrits 
dans  Excelswr  {i^'  octobre  191  1  et  jours 
suivants)  par  M.  Pascal  Fortuny,  furent 
donnés  les  portraits  (et  dans  le  numéro 
du  30  septembre  3  reproductions  de  leurs 
œuvres)  des  cubistes  GIcizes,  Léger  et 
Metzinger.  Ce  dernier  exposa,  au  salon 
des  Indépendants  de  1910,  un  portrait  de 
M.  Guillaume  Apollinaire,  un  des  fervents, 
dit  M.  P.  Forthuny,  de  la  théorie  parallé 
lipipédique. 

Voir  sur  les  cubistes  les  divers  livrets 
du  salon  d'automne  et  du  salon  des  Indé- 
pendants et,  avec  celles  citées  ci-dessus, 
les  appréciations  générales  de  MM.  Ga- 
briel Mourey,  dans  l'Opinion  (novembre 
191 1),  François  Monod  dans  Art  et  Déco- 
ration  (mai  1912). 

Les  cubistes  n'ont  point  été  sans  exer- 
cer la  verve  des  dessinateurs  humoristes." 
Dans  cet  ordre  d'idées  figuraient  au  Sa- 
lon des  Humoristes  de  1912  «  Cubiste  » 
de  F.  Gottlob,  «  Cubisme  »  de  A.  Maillos. 
Citons  aussi  un  dessin  de  Luc  dans  le 
Journal  amusant  (novembre  1911).  sans 
oublier  l'affiche  de  Barrère,  récemment 
dessinée  à  la  manière  cubiste,  pour  le  Pe- 
tit Café  de  Tristan  Bernard. 

Pour  conclure,  rappelons  le  mot  de 
M.  Maurice  Hamel  {La  Arti,  novembre 
191 1,  p.  2«)  : 

Quelques  cubes  ou  quelques  triangles  ne 
font  pas  une  école.  Espérons  que  ces  jeunes 
gen»  s'amusent.  (Juelqucs-uns  ont  assez  de 
talent,  et  tous  auront  assez  de  bon  sens  pour 
s'évader  de  la  géométrie  et  rentrer  dan»  la 
nature. 

C.  Dhhais. 


Saint  Frusquin   d,XV  ;   LXVI,  74). 

hRUSQUiN.     l'our  portion,    héritage,   patri- 
moiue,  bien.    Voyei   Crcfiin    «    Il   a    man^é 


272 


tout  son  frusquin  à  la   débauche   ».   Il  a  dé- 
pense tout  ce  qu'il  avait  vaillant  de  bien. 

Cképin.  Z.«r  saint  Crèpin.  Pour  biens,  pa- 
tiinioine,  vaillant,  héritage.  On  dit  :  «  cet 
homaie-ià  a  mangé  tout  son  saint  Crêpin  au 
<;.:rvice  du  Roi.  »  Pour  dire,  cet  homme  s'est 
ruiné,  a  mangé  tout  sDn  bien  au  service  du 
Roi. 

{Dictionnaire   satirique,   critique^    etc. 
par  Philibert-Joseph  LeRoux.  Lyon  175s). 

A  l'article  Saint  ^mêine  livre). 

On  appelle  saint  Crespin  tous  les  outils 
d'un  cordonnier,  et  figurément  tout  le  bien 
d'un  pauvre  homme. 

Ed.  Martin 

Les  enseignes  de  la  rue  de  Ri- 
voli (LXVI,  89).  —  En  vertu  de  l'arrêté 
du  1'='"  Floréal  de  l'an  X  signé  Bonaparte, 
premier  consul,  un  plan  fut  dressé,  le  2 
frimaire  an  XI,  par  MM.  Percier  et  Fon- 
taine,architectes  du  palais, et  les  couvents 
des  Feuillants,  des  .Q^ucins  et  de  l'As- 
somption turent  mis  en  vente.  La  lar- 
geur de  la  rue  de  Rivoli  fut  fixée  à 
20  m.  815  c.  Les  conditions  ci-après  fu- 
rent insérées  dans  chaque  contrat  d'alié- 
nation :  «Article  i*"'.  De  bâtir  les  façades 
en  pierre  d'après  les  plans  et  dessins  des 
architectes  du  palais,  approuvés  par  le 
gouverr.ement.  Art  2*.  De  daller  en 
pierre  dure  le  sol  de  la  galerie.  Art  3" 
De  paver  la  rue  dans  la  largeur  vis-à- 
vis  chaque  division  de  terrain,  conformé- 
ment aux  règlements  établis  à  ce  sujet. 
Art.  4".  Les  maisons  ou  boutiques  qui 
seront  construites  sur  ce  lot  ne  pourront 
être  occupées  par  des  artisans  et  ouvriers 
travaillant  du  marteau.  Art.  5«.  Elles  ne 
pourront  non  plus  être  occupées  par  des 
bouchers,  charcutiers,  pâtissiers,  boulan- 
gers, ni  autres  artisans  dont  l'état  néces- 
site l'usage  d'un  four.  Art.  6®.  //  ne  sera 
mis  aucune  peinture^  écriteau  ou  'ensei- 
gne indicative  de  la  profession  de  celui 
qui  occupera  sur  les  façades  ou  portiques 
des  arcades  qui  décoreront  le  devant  des 
maisons  sur  la  dite  rue  projetée  > 

F.  |acotot. 

*  » 

La  bibliothèque  de  l'Hôtel-de-VilIc,  et 
la  bibliothèque  de  la  Ville  de  Paris,  rue 
de  Sévigné,  possèdent  sûrement  des  ou- 
vraj.^es  traitant  d<*  cette  question. 

E.  de  la  Quérière  a  écrit  autrefois  un 
ouvrage  :  Recherches  Historiques  sur  les 
Enseignes,  qui  esta  consulter.       NoEL. 


i 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


30    Août  191a 


273 


274 


Du  port  de  l'alliance  en  Allema- 
gne (LXVI,9t),  229).  —  Est-il  d'usage  de 
porter  l'alliance  a  la  main  droite  en  Alle- 
magne ?  C'est  très  possible  ;  je  puis  au 
moins  affirmer  à  s<  Léda  »  que  la  coutume 
est  très  répandue  dans  tous  les  pays  fla- 
mands, qui,  comme  on  sait,  suivent  vo- 
lontiers les  modes  germaniques. 

Maurice  Charpentier. 

La  confrérie  des  Bourras  (LXVI, 
144).  — Je  ne  suis  aucunement  en  me- 
sure d'essa3-er  de  répondre  à  la  question, 
mais  le  récit  extrait  de  la  Liberté  motive 
mon  intervention. 

J'ai  suivi,  à  l'époque,  avec  attention, 
les  comptes  rendus  que  donnèrent  les 
journaux  contemporains  de  l'exécution  de 
Stibon  et  Toledano.  Tous  deux  étaient 
israélistes.  comme  leur  victime  Greco.  Ils 
étaient  assisté?  par  un  Rabbin.  Celui-ci  a 
dû  veiller  à  leur  inhumation  et  aurait 
probablement  décliné  le  concours  d'une 
confrérie  d'un  autre  culte.  De  plus,  j'ai  le 
souvenir  qu'au  dernier  moment  Toledano 
tourna  la  tête  à  droite  et  à  gauche  avec 
inquiétude  et,  se  voyant  seul,  demanda 
pourquoi  on  avait  gracié  Sitbon  aussi 
coupable  que  lui.  Le  Procureur  de  la  Ré- 
publique lui  dit  que  Sitbon  était  à  quel- 
ques pas  de  là,  derrière  la  troupe,  et  se- 
rait exécuté  immédiatement  après  lui  ; 
cela  me  parait  incompatible  avec  l'em- 
ploi, d'ailleurs  inusité,  de  deux  guilloti- 
nes parallèles. 

Philippe  Leroy. 

* 
»  • 

Est-ce  que  l'exécuteur  des  hautes  œu- 
vres n'a  pas  seul  qualité  (si  Ton  peut 
ainsi  s'exprimer)  pour  faire  jouer  le  fatal 
déclic  dans  les  exécutions  capitales  .''Alors, 
pour  guillotiner  simultanément  Sitbon  et 
Toledano  à  Marseille,  M.  Roch  aurait 
donc...  opéré  tout  à  la  fois  de  la  main 
droite  et  de  la  main  gauche?         Alpha 

Jenny  "Veripré  à  Marseille.  —  Le 
7  septembre  1829,  le  préfet  des  Bouches- 
du  Rhône^.  écrivait  au  ministre  de  l'Inté- 
rieur : 

Monseigneur, 

Mlle  Jenny  Vertpré,  artiste  du  Théâtre  de 
Madame,  est  venue  donner  quelques  repré- 
sentions sur  le  théâtre  de  Marseille.  Le  5  de 


ce  mois,  on  jouait  le  vaudeville  intitulé 
V Actrice  en  voyage^  et  Mlle  Jenny  y  avait 
u'.i  rôle.  Dans  une  scène  où  elle  parlait  des 
livies,  dont  elle  voudrait  composer  sa  biblio- 
tlièque  elle  a  dit  :  J'y  7neitrais  les  ouvrages 
dont  la  Frajice  s'hor.ore  ;  p  ir  e-eniple  les 
admirables  vers  de  WaicrloK  Ces  expres- 
sions n'étaient  pas  dans  son  rôle,  et  en  les  y 
njoutant,  ce  n'a  pu  être  que  dans  des  inten- 
tions répréhensibles.  Ces  paroles  furent  sai- 
sies avec  empressement  par  quelques  specta- 
teurs qui  y  applaudirent  La  grande:  majorité 
garda  le  silence. 

La  conduite  de  cette  artiste  méritait  une 
punition  immédiate,  et  la  police  locale  au- 
rait pu  la  faire  conduire  après  la  représenta- 
tion au  violon  de  l'Hôtel  de  Ville  ;  mais 
coronie  cette  mesure  aurait  pu  occasionner 
des  troubles  sérieux  au  spectacle  du  jour 
suivant,  à  cause  du  "grand  nombre  de  parti- 
sans que  ses  talents  lui  ont  faits,  et  comme, 
dès  lors,  c'eût  été  compromettre  la  tranquil- 
lité du  spectacle  à  l'occasion  d'un  fait  qui 
n'avait  pas  été  trop  remarqué,  la  police  lo- 
cale crut  ne  pas  devoir  provoquer  des  pour- 
suites qui  seraient  demeurées  sans  effet. 

Cependant,  je  ne  crus  pas  devoir  moi- 
même  passer  sous  silence,  uno  conduite 
aussi  blâmable,  et  je  mandai  le  Directeur  des 
théâtres,  à  qui  je  fis  une  réprimande  sévère, 
mais  son  excuse  ne  pouvait  qu'être  fondée, 
parce  qu'il  ignorait  que  l'artiste  se  permît 
d'ajouter  de  pareilles   expressions  à  son  rôle. 

Après  la  représentation,  qui  était  la  der- 
nière de  Mlle  jenny  Vertpré,  de»;  couronnes 
furent  jetées  surla  scène  Mour  cette  actrice, et 
lo  régisseur  se  permit  de  contrevenir  aux  rè- 
glements en  donnant  lecture  aux  "spectateurs 
des  vers  qui  étaient  attachés  à  l'une  de  ces 
couronnes,  sans  en  avoir  préalablement  de- 
mandé l'agrément  à  l'autorité.  M.  le  Maire  a 
fait  rédiger  procès-verbal  de  cette  contraven- 
tion contre  le  Directeur  du  théâtre  responsa- 
ble du  fait  de  son  régisseur,  et  la  condam- 
nation en  sera  légalement  poursuivie. 

J'ai  cru  devoir,  Monseigneur,  ne  rendre 
compte  qu'à  vous  seul  de  cette  circonstance 
oui  fait  supposer  des  sentiments  et  des  opi- 
nions politiques  bien  blâmables  dans  une 
actrice  attachée  au  théâtre  de  S.  A.  R.  Ma- 
dame, et  laisser  à  Votre  Excellence  le  soin  de 
signaler  sa  conduite  à  ceux  qui  exercent  une 
autorité  sur  elle. 

Je    suiS;  etc. 

Le  Préfet. 
De  Villeneuve 

jenny  Vertpré  était  bonapartiste,  ce 
n'était  un  secret  pour  personne.  Il  y  avait 
tant  de  raisons  pour  qu'elle  le  fût  !  N'avait- 
elle  pas  enfant, étant  au  théâtre  des  jeunes 


iN»  1338,  Vol.  LXV! 


J-lNTfiRMEDlAIRB 


275 


Artistes  été  solliciter,  à  la  Malmaison,  le 
tout  puissant  Napoléon  pour  son  théâtre  ? 
Elle  en  était  revenue  bourrée  de  caresses 
et  de  confitures,  et  avec  l'autorisation. 
N'avait-elle  pas  donné  des  représent:îtions 
à  Moscou,  l'année  fatale  ?  N'était  elle  pas 
revenue  avec  les  vieux  grognards  pro- 
tégée comme  une  canlinière? 

jenny,  comme  on  1  appelait,  était  vive, 
espiègle,  cocardière  et  frondeuse.  Scribe 
obtint  de  l'attacher  au  théâtre  de  Ma- 
dame ;  mais  il  n'avait  aliéné  que  son  ta- 
lent ;  elle  était  restée  libre  de  disposer  de 
son  cœur.  A  Marseille  elle  le  fil  voir 
par  une  espièglerie  qui  ne  coûta  qu'une 
lettre  inutile  à  un  préfet  trop  zélé. 

Enfin  une  question  :  qu'étaient-ce  que 
les  admirables  vers  de  Watterloo.^ 

LÉONCE  Grasilier. 

Dominique  Larrey  en  1812.  A  Bo- 
rodmo  età  Moscou.  (Ldtres  intditei)  — 
Dans  la  correspondance  de  Dominique 
Larrey  avec  sa  femme  (née  Laville)  nous 
avons  puisé  souvent.  Les  originaux  de 
cette  correspondance  dont  nous  possédons 
la  copie  intégrale  et  dont  la  place  était 
aux  Archives  ou  à  la  Bibliothèque  na- 
tionale, sont  maintenant  passés  en  Angle- 
terre. Nous  n'avons  aucune  chance  de  les 
revoir  jamais.  La  copie  n'en  est  que  plus 
préci -use puisqu'elle  nousgarde,au  moins, 
le  texte  de  ces  lettres  familières,  si  pleines 
de  renseignements  sincères  sur  la  marche 
de  la  Grande  Armée.  Nous  en  avons  dé- 
montre l'intérêt  dans  un  article  récem- 
ment paru  (1 j . 

Nous  en  extrayons  aujourd'hui  deux 
lettres  inédites  auxquels  les  s  >lennelles 
commémorations  de  Moscou  donnent  une 
pleine  actualité. 

Dans  une  autre  lettre,  postérieure  de 
plusieurs  semaines,  Larrey  remercie  sa 
sœur  qui  dessmait  et  peignait  fort  joli- 
ment, de  lui  avoir  envoyé  un  croquis 
représentant  son  fils  Hippolyte,  alors  âgé 
de  quatre  ans.  Nous  croyons  pouvoir  dire 
que  c'est  celui  que  nous  reproduisons 
dans  ce  numéro,  et  qui  ornait,  à  sa  mort, 
le  cabinet  du  baron  Hyppolylc  Larrey, au- 
quel il  rappelait  sa  toute  petite  enfance  et 
la  tendresse  d'un  père  illustre. 

M. 


(i)<    Larrey    en    i8ia  ».    Semiinc 
Y  aire,  18  août  (5,  rue    Bayard). 


litié- 


276     

* 

A  Mojaïsk,  le  10  septembre  1813, 

Depuis  mon  départ  de  Smolensk  où  je  t'ai 
écrit  deux  mots,  je  n'ai  pu,  très  chère  amie, 
te  donner  de  mes  nouvelles;  je  n'ai  cessé  de- 
puis V/ilna^  J'avoirg.les  blessés  et  en  grand 
nombre  qui  ne  m'ont  pas  laissé  un  seul  ins- 
tant de  repos  :  le  petit  nombre  de  chirur- 
giens que  j'ai  pu  conserver  à  de  si  grandes 
distances,  la  pénurie  ('e  toute  chose  pour  nos 
blessés  ont  rendu  mes  fonctions  extrêmement 
pénibles  et  tu  te  figures  assez,  d'après  ces 
motifs,  tout  ce  que  j'ai  dû  supporter.  Certes, 
sans  cotte  force  de  tempérament  que  tu  me 
connais  et  mon  courage,  ou  plutôt  mon 
a)i)Our  pour  mes  devoirs  et  les  blessés,  j'au- 
rais imm.Hnqiîablement  succombé,  mais  heu- 
reusement ia  nature  m'a  favorisé  du  don 
précieux  d'aug:nenter  progressivement  mes 
forces  à  mesure  que  j'en  fais  usage  et  au 
'milieu  d^  toutes  les  fatigues  et  et  de  mes 
niisères,  je  me    porte  bien  ;  tranquillise-toi. 

Comme  tu  l'auras  appris,  ma  chère  bonne 
amie,  nous  avons  eu  le  7  courant  une  terri- 
ble bataille  (i)  qui  a  duré  toute  la  journée  ; 
je  ne  te  donnerai  aucun  aetail  de  cette  affaire, 
le  Bulletin  tous  les  fera  connaître  ;  mais 
comme  tu  penses  j'ai  eu  à  travailler  nuit  et 
jour  jusquà  ce  moment  sans  m'arrèter.  En 
outie  des  généraux  blessés  que  j'ai  dû  panser 
moi-même,  j'ai  été  forcé  par  la  pénurie  des 
sujets  habiles  de  faire  toutes  les  opérations 
graves  et  difficiles  ;  je  n'en  sais  pas  1 .;  nom- 
bre, mais  je  crois  en  avoir  fait  plus  de  100. 
Et  dâris  quelle  iituation  !  sur  le  sol,  sous  un 
vent  glacial  et  quelque  fois  pluvieux  ou  né- 
buleux, et  ce  travail  pénible  s'est  continué 
les  nuits  et  les  jours  jusqu'à  ce  moment. 
Nous  n'avons  pas  même  fini  de  quelques 
jours  Juge,  chère  amie,  de  ma  situation  ; 
mais  l'humanité  exigeait  tous  les  sacrifices 
de  ma  part  ;  je  l'ai  servie  avec  zèle  et  une 
grande  activité,  tant  pis  pour  ceux  qui  ne  me 
rendront  pas  justice,  telle  est  la  vérité.  Bien 
que  j'aie  porté  mes  secours  au  général  Mont- 
brun,  et  autres  sur  le  champ  même  de  ba- 
taille, je  n'ai  couru  presque  aucun  danger  et 
comme  je  ne  cesse  de  penser  à  tous  mes 
amis,  je  l'évite  le  plus  possible  ;  d'autant  que 
mon  ministère  employé  avec  succès  exige 
une  sorte  de  sécurité. 

Nous  m-.rchons  sur  Moscou  d'où  nous  ne 
sommes  éloignés  que  d'une  vingtaine  de 
lieues.  J'espère  que  nous  y  entrerons  ;  il  est 
temps  pour  nos  blessés  et  pour  nous  tous  car 
nous  sommes  dans  une  sorte  de  désert  im- 
mense et  le  froid  est  très  rigoureux.  Le  ther- 
momètre descend  déjà  pendant  la  nuit  à  s 
et  ''  degrés  au-dessous  de  zéro, 

Je  m'empresserai  de  te  donner  de  mes 
nouvelles  de  Moscou. 


(i)    à    Borodino 
Moskowa. 


c'est    le    combat    de  la 


HIPPOLYTE   LARREY  à  4  ans 


Intermédiaire  LXVI,  colonne  275 


1 

1 


DBS  CHERCHEURS    ET  CURihUX 


30  Août  1914 


277 


278 


Pendant  nos  marches,  j'ai  reçu,  ma  bonne 
amie,  tes  deux  aimables  et  très  tendres  let- 
tres des  8  et  10  du  mois  dernier,  à  la  i"  en 
était  jointe  une  3®  de  mon  Isaure  (i).  La 
lecture  de  ces  lettres  m'a  fait  le  plus  grand 
bien,  chère  Laville,  elles  m'ont  cependatit 
f:iit  verser  bien  des  larmes.  Je  sens  parfaite- 
ment que  mon  éloignement  et  nos  misères 
doivent  vous  donner  de  l'inquiétude.  C'est 
fait  pour  cel;i,  mais  prends  patience,  j'ose  es- 
pérer que  ce  sera  la  dernière  c.impagne 
comme  la  plus  cruelle  de  toutes  celles  que 
nous  ayons  faites. 

J'ai  vu  avec  peine  que  nos  enfants  avaient 
été  malades.  Je  te  recommande  beaucoup  de 
ne  pas  laisser  coucher  ou  trop  approcher  notre 
Isaure, de  sa  petite  cousine,  la  coqueluche  est 
une  maladie  contagieuse  ;  donne  pour  con- 
seil à  la  maman  de  la  faire  consulter  par  M. 
Chaussier,  le  seul  qui  puisse  juger  de  la  nature 
des  causes  de  cette  maladie  Tu  avais  mal 
entendu,  chère  amie,  quand  je  te  disais  que 
je  désirais  que  personne  de  malade  ne  cou- 
chât dans  ma  chambre  ;  c'est  pendant  votre 
absence,  et  je  voulais  pailer  des  beaux-frères 
et  sœurs  dont  la  santé  n'est  pas  intacte. 
Certes  je  coucherais  au  milieu  de  vous  deux, 
fussiez-vous  à  l'agonie,  mes  pauvres  amies, 
vous  savez  bien  que  mon  amitié  ne  connaît 
aucun  obstacle  lorsqu'il  s'agit  d'obliger. 

J'ai  été  vivement  touché  de  tout  ce  que 
vous  avez  dit  de  flatteur  et  d'agréable  de  moi 
le  jour  de  ma  fête  ;  je  l'ai  passée  bien  triste- 
ment, ma  bonne  amie,  aussi  je  la  réformerai 
pour  toujours.  Remercie  bien  notre  ami  Be- 
noist  de  ses  marques  d'amitié,  je  m'en  sou- 
viendrai et  j'attends  avec  impatience  le  mo- 
ment favorable  de  lui  prouver  rr  a  reconnais- 
sance. Comme  tout  ce  que  tu  m'as  dit  dans 
tes  deux  lettres  de  mon  Hippolyte  (2) m'a  in- 
téressé ;  qu'elle  intelligence  chez  cet  en- 
fant !  je  suis  bien  content  que  tu  l'aimes.  Em- 
brasse-le b;en  pour  moi,  embrasse  aussi 
notre  aimable  Isaure  à  qui  j'écrirai  de  Mos- 
cou ;  j'ai  à  lui  rendre  compte  de  notre  mar- 
che depuis. 

Jamais  Desgenettes  n'a  pensé  à  s'en  retour- 
ner bien  qu'il  soit  extrêmement  fatigué  delà 
campagne.  On  n'a  pas  encore  disposé  de  la 
place  de  M.  Sue,  je  pense  qu'elle  sera  donnée 
à  Castel  qui,  par  le  fait,  la  mérite.  Mais  je 
ne  conçois  pas  la  bizarrerie  de  Confenceau 
pourvouloir  tel  ou  tel  remplaçant  àcetteplaçe 
ou  à  la  sienne  et  surtout  pour  vouloir  venir 
à  l'armée.  Pauvre  malheureux.une  seule  nuit 
de  bivouac  le  tuerait.  Nous  sommes  obligés, 
nous,  gens  robustes,  de  battre  la  semelle 
toute  la  nuit  et  de  travailler  comme  des  do- 
mestiques pour  avoir  du  feu  de  l'eau,  des 
fourrages  ;  moi  qui  ai  été  obligé  de  prendre 


(1)  Sa  fille. 
(3)  Son  fils. 


successiveraent  4  domestiques,  j'ai  peine 
braver  les  injures  de  l'air  et  à  pourvoir  à 
mes  premiers  besoins.  Je  suis  obligé  souvent 
de  mettre  la  main  à  la  pâte  si  je  veux  du 
pain  ;  trop  heureux  quand  nous  avons  de 
quoi  en  faire,  et  un  four  pour  le  cuire.  Au 
reste,  je  lui  ai  écrit  une  lettre  qui,  sans  doute 
l'aura  édifié.  Il  pense  peut-être  que  nous 
allons  être  accablés  d'honneurs,  de  richesses; 
mais  au  lieu  de  tout  cela  nous  nous  ruinons 
par  les  dépenses,  l'usure  et  les  pertes  conti- 
nuelles. J'en  suis  déjà  au  3»  cheval  acheté 
que  j'ai  perdu  danscette  circonstance;  presque 
tous  mes  élèves  ont  perdu  leurs  poite-man- 
teaux  et  leurs  chevaux,  nous  n'avons  aucune 
espèce  d'indemnité,  et  à  compter  du  i*'  aoîlt 
nous  allons  être  payés  en  papier  russe  qui 
n'aura  point  de  valeur  ;  enfin  il  faudra  nous 
habiller  comme  les  habitants,  et  les  fourrures 
à  ma  grande  surprise,  sont  plus  chères  ici 
qu'à  Strasbourg.  J'ai  reçu  comme  je  te  l'ai 
annoncé  deux  chevaux  avec  quelques  provi- 
sions de  M.  Moreau.  Les  provisions  de  bou- 
che m'ont  fait  grand  plaisir  et  m'ont  rendu 
service  ;  mais  les  chevaux  m'étaient  superflus, 
j'en  ai  déjà  perdu  un  de  fatigue  et  l'autre 
est  considérablement  appauvri.  S'il  t'écrit 
remercie-le  de  ma  part,  je  loue  ses  bonnes 
intentions  ;  si  j'avais  reçu  tout  cela  à  mon 
retour,  et  près  de  la  France,  certes  c'eût  été 
des  présents  pricieux,  mais  à  sept  ou  huit 
cent  lieues  je  te  demande  !  Cependant  j'es- 
père avoir  sauvé  une  calèche  que  j'avais 
laissée  à  Wilna.  Je  compte  qu'un  honnête 
Monsieur  te  la  ramènera;  quand  j'en  aurai  la 
certitude  je  t'écrirai 

Nous  repartons  ce  soir  chère  amie,  permets- 
moi  de  te  quitter  pour  quelques  jours,  peut- 
être  que  notre  premier  entretien  sera  plus 
agréabi'ï  et  te  satisfera  davantage.  Mais  tou- 
jours mon  cœur  jouira  du  plaisir  qu'il  éprouve 
à  t'exprimer  par  ma  plurne  toute  la  tendresse 
et  la  pure  amitié  qu'il  t'a  vouées  pour  la  vie. 
Adieu,  ma  Laville 

Mes  compliments  à  M.  Pelletan,  M.  et 
Mme  Sabatier  et  toute  la  famille. 

Larrey. 

*  * 
De  Moscou  le  15  septembre  1812. 

Chère  bonne  amie,  j'arrive  à  l'instant  dans 
cette  ville,  l'une  des  plus  reculées  du  globe 
et  je  puis  dire  la  plus  grande  de  toutes  celles 
que  j'ai  vues  comme  ia  plus  belle  ;  mais  elle 
est  déserte,  tous  les  habitants  à  l'exception  de 
quelques  malheureux  du  peuple  l'ont  aban- 
donnée ;  le  feu  y  prend  dans  tous  les  coins  et 
je  crains  bien  qu'elle  ne  devienne  entière- 
ment la  proie  des  flammes  et  du  pillage.  En 
sorte  que  t\ous  serons  privs  des  ressources 
qu'elle  r.ous  offrait  et  notre  situation  sera 
toujours  la  même.  Je  regrette  beaucoup  une 
espèce  de  Palais-Royal  oti  toutes  les  mar- 
chandises anglaises  étaient  réunies  ;  ce  ma- 


N*  1358     Voî.  LXVI. 

279 

gasin    est    entièrement    brûlé  ;    j'aurais  fait 
mes  emplettes  pour  vous  toutes  mes   bonnes 
amies.  La  meilleure  et   la  seule  à  faire  main- 
tenant serait  du    pain    et  de  la    farine,   et  je 
n'en  trouve  pas  ;  peut  être  en  découvrirai-je 
d'ici  à  notre  départ  dont  je   ne  puis  prévoir 
le  moment.  L'armée  s'est  portée  en  avant  de 
la  ville  pour  pours.iivre  l'ennemi  qui  fuit  vers 
la  Russie  asiatique.   J'espère   néanmoins  que 
nous  sommes  au  terme  de  nos  courses  et  que 
l'Empereur    ne  voudra  pas  encore  aller  pour- 
suivre ces  barbares   dans    les   déserts   de  ces 
contrées.    N'importé,    chère    amie,  du   cou- 
rage et    de    la  patience,  il   faut   espérer   que 
nous  nous  en  sortirons.  Nous  avions  lieu  de 
croire  d'après  la  te:rible  bataille  du  7,  dans 
laquelle  plus  de  trente  mille  russes  ont  péri, 
que  cette  nation    demanderait   la    paix,  mais 
*ils  s'obstinent  à  se  faire  tous  tuer  ou  à  se  je- 
ter dans  les  loiêls  pour  y  vivre  avec  les  ours. 
Au  reste,  il  v  a  une  grande   similitude  enire 
ce  peuple  au  physique  et  au  moral  et  les  bê- 
tes féroces  ;  aussi  presque  tous  les  grands  en 
ont-ils    plusieurs   de    privés    avec    eux,    ils 
mangent  et  ils  couchent  ensemble  :  juge  de 
l'aimable  sociélc    Ah  !  le  vilain  peuple  qu'il 
me  tarde  d'en  être  sorti. 

Je  suis  extrêmement  fatigué,  ma  bonne 
amie,  cependant  je  conserve  ma  santé,  ainsi 
tranquillise-toi. 

En  entrant  dans  cette  ville,  j'ai  fait  la  ren- 
contre d'une  personne  à  laquelle  je  ne    pen- 
sais guère,    c  est    Mme   Lamiral,  femme   du 
(mot  illisibie)  que  tu   as  connu,  cetle  pauvre 
femme  avec  deux  demoiselles  de  la  grandeur 
d'Isaure  est  dans  le  désespoir.  Son  mari  a  été 
enlevé  par  les  Russes  et    conduit   avec  plu- 
sieurs autres  en    Sibérie.   Ils   avaient  acquis 
une    assez  grande   fortune    qu'ils   ont  eu  la 
maladresse  de  placer  dans  une  grande  maison 
meublée  à  l'orientale, elle  sera  biiilée  comme 
toutes  les  autres  et  juge  ensuite  de  la  situation 
de  ces  trois  malheureuses  femmes.  Il  y  a  ici 
beaucoup  d'autres   Vrauçais   qui  sont  tians  le 
môme  cas.  Je  ne  sais  ce  qu'ils    vont  devenir 
au  milieu  de  ces  tableaux  déchiran's.  je  vous 
vois  à  travers  une   lueur  plus  heureuse,  je  te 
vois  bonne  amie  aveo  les   enfants  à  la  cam- 
pagne de  la  sœur,  vous  êtes  loin  de  ces  ca- 
lamités, bien  tranquilles  et  à  l'abri  des  vraies 
et  cruelles  piivalioni   où    sont   ici  tar.t  d'in- 
fortunés. Soyez  et   croyez-vous   heureux  ;  ne 
faisons  qu'un  seul  \ceu, c'est  de  nous  retrou- 
ver ensemble  pour  ne  plus  se  quitter.  Nous 
gagnerons  assez  pour  avoir  du  pain,  pourvu 
que  la   Providence   me   conserve    l'usage  de 
mes  sens  ;    après   demain    18    courant,  je  la 
remercierai  de  m'avoir  donne  un  enfant  et  de 
m'avoir    conserve    sa     tendre     mère;    Dieu 
veuille  que  cette  journée  soit  heureu'îe  pour 
moi.  O,  jour  mémorable,  combien  je  te  ré- 
vère ;  quand  pourrai-je  me  réjouir  avec  vous 
tons  en  célébiant  cette  naissance  :  tu  y  au- 


L'INTERMEDiAlRB 


280 


ras  bien  pensé,  pauvre  amie,  car  tu  as  assez 
souffert.  Je  me  rappelle  toujours  le  billet  de 
ma  tendre  et  bonne  Isaure  dont  la  lecture 
faillit  me  tourner  la  tète.  Tu  les  embrasseras 
ces  deux  enfants  et  renouvelle  à  mon 
Isaure  toute  ma  reconnaissance  pour  ses  soins 
et  son  aimable  billet. 

J'ai  reçu  la   tabatière   que   S.  M.  le  roi  de 
Saxe  m'avait  annoncée,  je    l'ai   confiée  à  un 
trésorier  de  l'Empereur  dans  la  crainte  qu'elle 
ne    se    perde;    elle   est   assez   riche  pour  te 
compléter    une    garniture    de   diamants.    Si 
j'avais  eu    le    bonheur    de   voir    l'Empereur 
Alexandre,  certes  j'en  aurais  eu  bien   d'au- 
tres, car  j'ai  sauvé  la  vie  à  un  grand  nombre 
de  ses  soldats  blessés,    par   les  opérations  les 
plus  difficiles  et  les  plus  rares.  Mais  ce  prince 
qui  n'a  point  participé  à  la  guerre  s'est  retiré 
à  Pétersbonrg.   je  compte    voir  notre  souve- 
rain de  nain  ou    après-demain   au  plus  tard, 
je  lui  ferai  un   rapport    général    de   mou  ser- 
vice ;  je  verrai   ce   qu'il   me  dira.  ïu   penses 
que  je  piofiterai  de  l'occasion  pour  l'entretenir 
d<i  nos  intérêts  et  de  ceux  de  Benoist;  en  at- 
tendant l'issue  de  cette  audience,  je  vais  me 
séparer  de  toi,  mais  ce  qui  m'afflige  c'est  de 
te  savoir  tout  à  coup  à  un    millier   de    lieues 
de  l'endioit   d'où   je    m'entretiens   avec   toi. 
Pauvre  amie,  mes   lettres  t'arriveni  difficile- 
ment et  tort  tard  parce  que  j'ai  très  peu  d'oc- 
casions ;  profite  de  celle  que  te  piocurc  M.  le 
Général  Periot,  c'est  le  général  Egyptien  qui 
a  dîné  une  fois   chez  nous.   Ces   lettres   me 
sont  remises   exactement  et    elles  m'arrivent 
très  vite.   Parle-moi  toujours  de    ton    amitié, 
de  celle  d'Isaure   à    qui   je   vais   écrire   sous 
p*>u,  de  mon  Hippolytc  et   enfin  de   tout  ce 
qui  l'intéresse;  surtout  conservez-vous  et  soi- 
gnez vos  santés. 

Mon  ami  avec  qui  je  m'entretiens  souvent 
de  tout  ce  que  nous  avons  de  précieux  dans 
ce  monde,  me  charge  de  le  rappeler  à  ton 
souvenir,  il  se  porte  bien,  il  est  [non  appui  et 
mon  consolateur.  M.  Y  van  me  donne  aussi 
des  grandes  preuves  d'amitié,  j'en  suis  péné- 
tré de  reconnaissance  ;  enfin  j'ai  lieu  d'être 
plus  content  que  bien  d'autres  et  en  me 
comparant  aux  autres  compagnons  je  ne  suis 
pas  le  plus  malheureux. 

Tes  lettres  me  font  le  plus  grand  bien,  ma 
chère  Laville  ;  écris-moi  souvent,  lu  entre- 
liens ce  tendre  amour  que  j'ai  toujours  eu 
pour  toi  et  tu  ranimes  l'amitié  pure  que 
mon  cœur  t'a  vouée  pour  la  vie  Adieu  chère 
et  tendre  amie,  donne  un  baiser  à  nos  en- 
fants et  parle-leur   quelquefois  de  leur  papa. 

Larrey. 


Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 


Imp.  DAHi£L-CHAMiOM,  St-Am«nd-Mont-R^nd 


LXVI«  Volume      Paraissant   Us      ,o.  lo  «    yo  d^  chaque  mois         10  Septembre   1912 


48»  Annéf 

Si  ".r.  %  ictor-MaHHé 

PARIS  <IX«»  Ghtrche»  et  ^ 
vou»  trouverai          s 

'.«ureau    :de3*6beure8  " 


N° 


QDAQDB 


339 


31»<>  r.VIctor-MaM 

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Bureaux:  de 3»  6 heure» 


€  !^nUxméhxaxx( 


DES 


CHERCHEURS 

Fondé   en 


ET    CURIEUX 

1864 


iUBSTiUÎSS     ET     KH^ONSKS     LITTKRAiïŒ.S.     HISTORIQUKS.     SCîKTnPiyUKS     BT    AKTISTIQUES 

TROUVAILLES    ET     CURIOSITÉS 
.- 281 282 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  l<!ur^  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet . 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste.,  La  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


(âuedtionê 


Mirquis  de   Saint-Maurice,  am- 
bassadeur.  —  Qu'était-ce    que  ^aint- 
Maurice,  ambassadeur,  du  duc  de  Savoie 
près  de  Louis  XIV,  dont  la  Revue  de  Paris 
\  vient  de   publier    des   lettres   si    intéres- 
I  santés  ?  V. 

Les  papiers  de  Courtois  et  le  duc 
Decazes.  —  Les  journaux  ont  relaté  der- 
nièrement la  découverte,  faite  par  M. 
Georges  Gain,  à  la  bibliothèque  de  Ghâ- 
I  Ions,  du  livre  de  prières  de  iMarie-An- 
toinette. 

Ge  livre,  sur  une  page  duquel  la  Reine 

1  écrivit  quelques  lignes  avant  de  monter  à 

réchafaud,  fut  recueilli  par  Robespierre. 


Au    lendemain    du    9  thermidor,  le   con- 
ventionnel Gourtois  chargé  d'examiner  les 
papiers    du    .<  dictacteur  »,  s'empara   du 
précieux    livre     et  de    nombreux    docu- 
ments trouvés  chez  Robespierre.  Il   con- 
serva le  tout    soigneusement    dans    une 
cachette  jusqu'à    la    Restauration  ;  mais 
en  janvier  1816,  le  duc  Decazes  fit  enva- 
hir par  la  police  la    demeure  de  Gourtois 
et  fit  saisir  tous  ses  papiers.   Sous  Louis- 
Philippe,  le   fils    de    Gourtois    obtint  du 
mmistère     Gasimir-Périer    la    restitution 
^une    partie  des   documents  saisis  :    les 
plus  intéressants,   dit-on,  avaient  été  dé- 
truits par  le  duc  Decazes. 

Qu'y  avait  il  donc  de  compromettant 
dans  ces  papiers  eî  quel  intérêt  pouvait 
avoir  le  gouvernement  de  la  Restauration 
ou,  personnellement,  le  duc  Decazes  à 
les  détruire  ^. 

Le  problème  parait  d'autant  plus  inté- 
ressant à  creuser  en  ce  moment  où  plu- 
sieurs historiens  envisagent  la  période  de 
la  Terreur  sous  un  nouveau  jour, et  où  un 
écrivain  catholique,  M.  André  Godard  a 
osé  tenter  une  sorte  de  réhabilitation  de 
Robespierre  dans  un  curieux  livre  inti- 
tulé: Le  procès  du  neuf  Thermidor.  (Paris 
1912).  j^  ^^ 

San  Martino.  L^  maison  de  Napo- 
léon à  l'île  d'Elbe.  —  On  vient  de 
vendre  cette  propriété  où  fut  installé  un 
musée,  autrefois.  A  ce  sujet,  une  polé- 
mique s'est  engagée.  M.  Frédéric  Masson 
a  déclare  n'avoir  trouvé  aucune  preuve 
du  séjour  de  Napoléon  I«>^  dans  cette  pro- 
priété. Le  contraire  a  été  soutenu  :  loute- 


N'  Jjjo     Voi,    LXVI 
283 


L'I^.TERMEDiA^Rli 


284 


fois  sans    preuves    négatives  ou  affirma-  I 
tives. 

Sait-on  des  preuves  qui  permettront  de 
trancher  nettement  la  question?         Y. 


Un  innocent  non  réhabilité    -    Je 

retrouve,  dans    mes    notes  de   lecture,  le 
fait  divers  suivant  : 

Le  16  Brumaire  in  V,  le  citoyen  Jarry, 
juge  de  paix  à  Besancon,  écrivait  au  Citoyen 
Siméon,  juge  à  Paris  : 

Entre  temps,  Siméon  fut  révoqué.  La 
lettre  alla  au  parquet,  traîna.  Dieu  sait  dans 
quels  bureaux  !  et  finalement  échoua  au  mi- 
nistère de  l'intérieur,  le  30  septembre  1832, 
trente-six  ans  après. 

Or  elle  contenait  la  preuve  de  l'innocence 
d'un  homme  guillotiné  comme  assassin  en 
1796. 

Quelle  était  cette  victime  d'une  erreur 
judiciaire?  Et  à  quelle  cause  criminelle 
fait  allusion  l'anecdote  ci-dessus  ? 

Sir  Graph 


«  Quo  non  ascendam  »  ou  «  as- 
cendet  ».  —  Le  château  de  Blandi-les- 
Tours  (Seineet-Marnej  est,  on  le  sait,  un 
des  plus  précieux  vestiges  de  l'architecture 
téodale  militaire.  On  est  un  peu  surpris 
d'y  voir  relégués,  au  fond,  d'une  écurie, 
d'admirables  spécimens  de  sculpture  sur 
pierre  ;  entre  autres  un  bel  écusson  aux 
armes  de  Savoie. 

Agnès  de  Savoie  fut  la  femme  de  Fran- 
çois 1",  comte  de  Dunois,  qui  habitait  le 
château  en  1488.  Parmi  ces  pièces  de 
musée,  si  négligemment  abandonnées,  il 
y  a  une  superbe  plaque  de  cheminée  aux 
armes  de  Fouquet.  dont  le  château  de 
Vaulx  était  à  un  quart  dl>eure  de  là. 
Comment  cette  plaque  est-elle  venue  ici  ^ 
Je  ne  sais,  mais  elle  e.st  fort  belle. 

Dans  l'écu  central,  on  voit  l'écureuil 
entre  les  deux  lions  debout  ;  la  devise  en 
haut  est  : 

Qu^i  non  asceniiet 

Je  demande  quelle  était  la  devise  de 
Fouquet  "r 

Ace n dam,  ou  asrendet  ? 

Profitons-en  pour  souhaiter  que  la  mu- 
nicipalité de  Blandi  fasse  un  meilleur  î^ort 
à  tous  ces  documents  si  précieux. 

LÉO  Claretie. 


Baronnie  de  Tallye.  Le  Diction- 
nain'  lit-s  fiefs  de  Gourdon  de  Genouilhac 
mentionne,  en  Beauvoisis,  une  seigneu- 
rie de  Tallye. 

Un  des  coWAhorateurs  de  V Intermédiaire 
pourrait-il  préciser  la  situation  de  ce  fief 
et  me  dire  quels  en  furent  les  possesseurs 
durant  la  première  moitié  du  seizième 
siècle  ? 

11  est  à  remarquer  que  La  Roque  (Hisi. 
de  la  Maison  d' Hat  court],  le  P.  Anselme. 
Moreri,  les  mss.  Bigot  citent  pareille- 
ment une  baronnie  de  Tallye,  Thalie, 
Talie,  ToUie,  etc  ,  dont  le  nom  présente 
bien  des  variantes.  D'après  eux,  elle 
aurait  appartenu  à  Charles  ou  Jean  Le 
Veneur,  mais  leur  documentation  ne  me 
semble  pas  très  assurée. 

Qy.€SlTOR. 

Seigneurie   de    Pontillaud.  —  Je 

serais  reconnaissant  au  confrère  bienveil- 
lant qui  voudrait  bierr  me  donner  des  in- 
dications sur  la  seigneurie  de  Pontillaiid 
fcommune  de  Pontcombault)  Seine-et- 
Marne,    et  ses  seigneurs. 

Labruyère. 

Famille  Barade.  —  Ou  pourrais-je 
trouver  des  renseignements  sur  une  fa- 
mille Barade,  de  Bordeaux  ^  Etait-elle  no- 
ble ?  Quelles  sont  ses  armes  ? 

M.  S. 

Un  aventurier  breton  :  Jean 
Charles  Boctei,  seigneur  de  Mo- 
yaux.  —  Je  possède  des  notes  très  cu- 
rieuses au  sujet  d'un  comte  de  Tourou- 
vres,  aventurier  français  de  la  fin  du  xviii' 
siècle,  paraissant,  en  1777,  à  Heilhronn 
(Souabe)  pour  y  fonder  des  imprimeries, 
des  journaux,  des  maisons  de  jeux,  des 
théâtres,  des  fabriques,  etc.;  il  réunit 
même  un  couvent  maçonnique  a  Heil- 
bronn,  mais  finit  par  être  dévoilé  par 
M-  de  la  Vibraye,  chargé  d'affaires  fran- 
çais à  Stuttgart.  C'était,  selon  M.  de  la 
Vibraye,  un  sieur  Jean-Charles  Boctei, 
seigneur  de  Moyaux,  auteur  de  plusieurs 
mauvaises  brochures  \nX\\u\iç.s  Le  Royaume 
des  Femmes,  Les  Aventures  du  Vicomte 
de  ***,etc.,  et  qui  avait  été  condamné  par 
le  Parlement  de  Bretagne, le  29mars  1768, 
à  être  »<  renfermé  pendant  le  reste  de  ses 
jours  dans  une  maison  de  force  telle  qu'il 
plaira  au  Roi  de  l'indiquer  2».  11  fut  arrêté 


bES  CHERCHEURS    BT  CURIEUX 


10  Septembre  191» 


285 


286 


^11  Bretagne  et  conduit  à  Vincennesen  avril 
1768;  on  Vy  détint  jusqu'en  janvier  177=;, 
où  Malesherbes,  alors  ministre,  lui  rendit 
la  liberté. 

Où  pourrait-on  contrôler  ces  assertions 
de  M.  de  la  Vibraye?  Où  trouverait-on 
des  renseignements  complémentaires  sur 
le  personnage  et  le  procès  de  jean-Charles 
Boctei  ?  A-t-on  parlé  quelque  part  de  ses 
libelles  et  de  ses  aventures  ?  Existe-t-il 
encore  des  exemplaires  du  Rovciwm  des 
femtms  qui,  parait-il,  fut  brûlé  par  le 
bourreau?  Où  et  quand  est-il  mort  ?  Etait- 
il  un  parent  de  Charles-Iean-César,  vi- 
comte de  Moyeaux  (  1)  qui  fut  chargé  d'af- 
faires des  comtes  de  Provence  et  d'Artois 
en  1792  {Moniteur  au  i"^  avril  1792)? 

JOACHIM  KÙHN. 

Boisjourdan.  —   je  désirerais  beau- 
coup connaître  : 

1°  les  noms  des  parents  et  grands-pa- 
rents , 

2°  les  alliances  des  deux  filles  ; 
de  :  Anselme  du  Boisjourdan, chevalier  de 
l'ordre  du  Roi,  prévost  provincial  des 
maréchaux  de  France  à  Chàleau-Gonthier, 
banni  d'Anjou  ei  1671  pour  assassinat, 
exécuté  à  Metz  en  1681,  pour  avoir  fo- 
menté une  révolte  dans  l'armée. 

Vicomte  deNoùel. 

Le  peintre   Champmartin     —   A 

propos  de  la  rétrospective  de  Champmar- 
tin organisée  actuellement  à  Bagatelle  par 
la  Société  des  artistes  deNeuilly,  M.  Mau- 
rice Guillemot  fait  allusion,  dans  les  ar- 
ticles qu'il  a  consacrés  à  ce  peintre,  jadis 
célèbre,  aujourd'hui  oublié,  à  ses  lettres 
écrites  de  Constantinople  et  de  Jérusalem 
en  1825,  et  à  un  ouvrage  relatant  l'inti- 
mité de  Champmartin  avec  Mme  de  Mir- 
bel  dont  il  a  fait  le  portrait  du  Musée  de 
Versailles. 

Que  sont  devenues  ces  lettres  ?  Quel 
est  ce  livre  ?  V. 

La  Juno  et  Félicien  David.  —  j'ai 
acquis,  dernièrement,  à  Saint-Germain-en- 


(1)  Ce  qui  m'oblige  de  poser  cette  question 
complémentaire  qui  paraîtra,  peut-être,  inu- 
tile, c'est  que  plusieurs  journaux  allemands 
du  temps  rapportèrent  que  l'Aventurier  était 
un  seigneur  de  Boctay,  Vicomte  de  Moyeau. 


Laye,  la  petite  propriété  où  est  mort  l'au- 
teur du  Disert  et  de  Lallah-Roiick. 

11  l'avait  achetée  vers  1859.  11  la  céda 
pour  un  prix  nominal,  à  son  amie,  Mme 
Tastet,  la  femme  de  l'helléniste.  Sur  le 
pilier  de  l'entrée  sont  gravés  les  mots  : 
«  La  Juno  ». 

Des  anciens  de  la  localité  m'ont  dit  que 
les  artistes  qui  étaient  reçus  par  elle 
nommaient  ainsi,  amicalement,  Mme  Tas- 
tet. L'amphitryonne  avait-elle  pris  le  nom 
de  la  propriété,  ou,  au  contraire,  le  cha- 
let avait-il  emprunté  l'appellation  fami 
lière  de  la  maîtresse  de  maison.'' 

En  somme,  qu'est-ce  que  «  La  Juno  »  ? 

Avant  de  faire  gratter  ces  mots,  moi- 
tié français  et  moitié  latin,  qui  ne  me  di- 
sent rien,  je  voudrais  être  sûr  que  mon 
ignorance  ne  va  pas  détruire  un  souve- 
nir intéressant.  Mes  érudits  et  obligeants 
confrères m'autorisent-ilsà  commander  le 
tailleur  de  pierres  ?  Je  compte,  dans  ce 
cas,  donner  à  la  maisonnette  un  nom  qui 
rappelle  uneœu-vre  du  compositeur  né  en 
Avignon,  d'une  famille  Angevine  rentrée 
de  l'Ile  Bourbon.  L.  V.  P. 

Des  Raisins,  marquis  de  Saint- 
Marc.  —  Quelque  confrère  bordelais 
peut-il  me  dire  si  Jean-Paul  André  des 
Raisins,  marquis  de  Saint-Marc,  né  en 
1744,  mort  à  Bordeaux  sons  la  Restaura- 
tion, a  laissé  des  héritiers  ?  En  dehors  des 
ouvrages  en  vers  et  en  prose  qui  subsis- 
tent, n'y  aurait-il  pas  un  dossier  le  con- 
cernant, aux  Archives  de  la  Gironde  .? 
•  H.  G. 

L'abbé  Maury,    académicien.    — 

Dans  l'ouvrage  dej.  Le  Fèvre-Deumier  : 
Célébrités  d'autrefois,  Essais  biographi- 
ques et  littéraires  (Paris,  Amyot,  1853), 
on  lit,  pages  84  et  85  : 

Il  avait  si  peu  U  sentiment  deflconve- 
nances,  que  même  à  l'Académie  où  il  s'était 
fait  monseigneuriser,  il  ne  laissait  échapper 
aucuae  occasion  de  placer  un  mot  grivoi.-  ou 
une  anecdote  scabreuse.  Arnault  racontait 
que,  travaillant  un  jour  au  Dictionnaire, 
la  commission  cherchait  un  exemple  en  vers 
de  l'eirploi  du  mot  autres,  et  Maury  proposa 
immédiatement  un  couplet  de  Collé,  qui 
n'est  ni  dos  plus  purs  ni  des  plus  catholiques. 
Je  suis  d'avis  d'employer  la  citation,  dit  un 
des  assistants,  si  l'on  met  dans  le  Diction- 
naire q'i'clle  a  été  fournie  par  M,  ie  car- 
dinal. 


N«  1339,  Vol.  LXVI. 

287     . 

Qu'avait  donc  bien  pu  oser  proposer 
l'abbc  Maury  à  ses  39  immortels  col- 
lègues ?  Simon. 

Portrait  de  Pascal,  par  P;  ilippe 
de  Champaigne.  —  Sait-on  quand  il  a 
été  fait?  L.  R. 

Péron,  naturaliste,  voyageur.  — 
l'ai  lu,  je  ne  sais  plus  où,  que  François 
Péron,  de  l'Institut,  natif  de  Cérilly 
(Allier),  177S-1810,  iivaït  vécu  en  Seine- 
et-Manie. 

Pourrait-on  m'éclairer  à  ce  sujet? 

Simon. 

Jean   Pupil  de  Craponne.   —  Un 

de  nos  érudits  confrères  du  Lyonnais 
nous  obligerait  infiniment  en  nous  indi- 
quant la  généalogie  de  Jean  Pupil  de 
Craponne,  dont  un  fort  beau  portrait,  par 
Nicolas  Largillière,  figure  au  musée  de 
Grenoble  .  Nous  voudrions  notamment 
être  fixé  sur  la  parenté  qui  existe  entre 
lui  et  : 

1"  Jean  Pupil,  seigneur  de  la  Cour-en- 
Garez,  gentilhomme  de  la  grande  écurie 
du  Roi,  qui  avait  épousé  Catherine 
Thomé. 

2" Barthélémy-Léonard  Pupil  de  Mions, 
Premier  président  de  la  cour  des  mon- 
naies de  Lyon  en  1770,  lieutenant  général 
du  Présidial  de  Lyon,  mort  sans  posté- 
rité à  Venise,  en  1807,  'l^'  avait  épousé^ 
Charlotte  de  Loras  et  était  fils  de  Jean- 
Claude  Pupil  de  Mions,  Premier  Président 
de  la  Cour  des  monnaies  de  L)^ii  et  de 
Catherine  de  Sève  de  Flachère. 

Nous  serions  désireux  de  savoir  à 
quelle  source  il  nous  serait  possible  de 
trouver  des  renseignements  précis  sur  les 
alliances  des  Pupil  et  les  charges  occu 
pées  par  les  membres  de  celte  maison 
éteinte  aujourd'hui,  croyons-nous. 

MONTMOREL. 

Famille  de  Itemlly.  —  Je  demande 
si  l'on  connait  une  famille  de  Remilly  qui- 
au  xvii«  siècle,  possédait  deux  fiefs.  La 
Champiniere  et  le  Coudray  (où  situés  ?j 
et  qui  a  fourni,  en  la  personne  de  Jean  de 
Remilly,  Sgr  de  la  Champmiére  et  du 
Coudray,  un  bailli  du  Vendômois  de  l'an- 
née 1652  à  l'année  1708,  époque  de  sa 
mort,  soit  pendant  56  ans.  11  parait  fils(r) 
de  Claude  de  Remilly,  et  de  Jeanne  Pissier 


L'INTERMEDIAIRE 


288 


qui, en  1658, habitaient  paroisse  de  Sainte- 
Gemmes  en  Vendômois. 

Prière  de  donner  l'origine  de  cette  fa- 
mille et  ses  armoiries  si  possible. 

Saint-Venant 

Famille  Sicard.  —  Je  désirerais  sa- 
voir quels  sont  :  la  famille,  les  prénoms 
et  les  armes,  de  Mademoiselle  Sicard,  ma- 
riée au  Premier  Président  Séguier^  belle- 
fille  de  l'avocat-général  Séguier,  et  mère 
du  baron  Armand  Séguier, 

Et  les  armes  des  Le  Pelletier  d'Aunay, 
sont-ce  les  mêmes  que  celles  des  Le  Pel- 
letier St-Fargeau  ? 

Bénédicte. 

Le  marquis  de  Vassé  et  la  mar- 
quise, née  Broglie.  -  Alexis  Bruno 
Hlienne,  marquis  de  Vassi,  lieutenant  gé- 
néral, aide-de-camp  du  prince  de  Condé, 
marié  à  Charlotte  d&  broglie,  a  eu  un  fils 
que  les  dictionnaires  de  la  Sarthe  disent 
interdit  et  se  nommant  jules-AIexis-Ga- 
briel.  Quand  ce  fils  est  il  mort?  Dans  le 
Dicitoniiaire  des  Parlemerttaiics^  Bourloîon 
prétend  que  le  marquis  de  Vassé,  député 
de  la  Noblesse  aux  Etats  généraux,  créa 
en  émigration  une  teinturerie  à  Mùndon 
avec  M.  et  Mme  de  Genouillac,  et  leur 
femme  de  chambre  qu'il  épousa  peu 
après.  Comment  se  nommait-elle?  et 
quand  mourut  la  marquise,  née  Broglie, 
qiii  eut  aussi  deux  filles,  dont  l'une  épousa 
le  marquis  de  Croix,  l'autre,  le  duc  de  Gra- 
mont-Caderousse.  S. 

Preuves  de  noblesse.  —  Les  preu- 
ves de  noblesse  à  fournir  sous  l'ancien 
réi;ime  pour  obtenir  certains  emplois, 
certaines  distinctions  ou  entrer  dans  cer- 
tains corps  ou  communautés  étaient  nom- 
breuses et  très  variables  suivant  les  cas. 
(Malte,  honneurs  de  la  Cour,  Saint-Esprit, 
Ecoles  militaires,  Saint-Lazare,  chanoines 
de  Lyon,  de  Brioude,  etc.,  etc..) 

On  les  trouve  dispersées  et  disséminées 
dans  divers  ouvrages 

Mais  existe-il  un  recueil  où  l'indication 
de  ces  diverses  preuves  ait  été  réunie, 
condensée,  résumée  ? 

Si  cet  ouvrage  n'existe  pas,  ce  serait 
sûrement  un  travail  utile  et  digne  de  ten- 
ter la  patience  et  le  zèle  d'un  érudit. 

COMMANDAIRE, 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


289 


iG  Septembre  191 


290 


Armoiries  d'uns  famille  alliée 
aux  des  Cars.  —  Cette  alliance  est  du 
xix^  siècle  et  j'avoue  que  le  meuble  de 
l'écu  de  la  famille,  que  je  désire  connaî- 
tre, m'est  inconnu.  En  vain  l'ai  je  cher- 
ché dans  les  méthodes  de  blason  ou  ou- 
vrages héraldiques  que  je  possède.  C'est 
comme  une  croix  latine,  la  tête  en  bas, 
dont  3  des  extrémités  touchent  le  haut 
du  chef  et  les  cotés  de  l'écu.  Ces  armes 
sont  :  d'or  à  la...  (meuble  en  question) 
de  gueules,  chargée  de  5  besans  de... 

Orgel. 

Armoiries  d'un  conseiller  d'Etat 
(1"  Empire).  —  Je  serais  heureux  de 
connaître  quel  est  le  conseiller  qui  por- 
tait :  Ecartelé.,  au  i  échiqueté  d'or  et 
d'azur  (comte,  conseiller  d'Htat);  an  2 
de  . .  à  une  ictede  cheval  (?)  issant  de...  ; 
au  ^  de  gueules  au  lion  passant  de...  ;  au 
4  d'or  à  trois  fascea  de  sable. 

La  CoussiÈRE. 

Aigle  au  vol  éployé  :  question 
héraldique.  —  Les  auteurs  ne  sont  pas 
du  tout  d'accord  sur  cette  question.  Si 
l'aigle  a  le  vol  abaissé,  oui,  il  faut  le  spé- 
cifier, mais  quand  on  dit  par  exemple  : 
d'apu  à  l'aigle  d'argent ,  cela  ne  veut-il 
pas  dire  que  l'aigle  a  le  vol  éployé  }  Oui, 
selon  la  généralité  des  auteurs.  Alors 
pourquoi  des  auteurs  anciens,  comme 
Menestrier,  Dubuisson  ;  des  modernes, 
comme  Rietstap,  enseignent-ils  que  quand 
on  dit  :  aigle  au  vol  éplové,  cela  désigne 
une  aigle  à  deux  têtes  ?  Il  y  a  là  une  con- 
tradiction que  je  ne  m'explique  pas, 
puisque  l'aigle  à  une  tête  sans  vol  expli- 
qué est   à    vol  éployé. 

La  CoussiÈRE. 

Ex-librisde  la  famille  de  Gallery. 

—  Un  ex-libris  du  xvii^  siècle,  signé 
/.  Toustatn,  porte  un  écu  :  Ecartelé  :  aux 
I  et  4  de  gueules  à  Vépéc  d'aigent.  garnie 
d'or,  accostée  de  deux  croix  de  Lorraine 
du  même  (Gallery)  ;  aux  2  et  ^  d'j:(ur  à 
trois  mâcle:  d'or.  Casque  taré  de  trois 
quarts  et  luxueux  lambrequins. 

On  désirerait  connaître  :  i"  à  quelle  ta- 
mille  appartenaient  les  arir.es  des  2'  et  3® 
quartiers;  2°  à  quelle  époque  exacte  tra- 
vaillait le  graveur  Jean  Toustam.'^ 

H.  G.  S. 


Propriété  littéraire  des  titres  d'où ' 
vrages.  —  On  n'ignore  pas  que  les  ti" 
très  d'ouvrages  font  partie  de  la  pro- 
priété littéraire  et  appartiennent  aux  au- 
teurs. 

Quel  moyen  pratique  possède-t-on  de 
s'assurer,  avant  de  publier  un  livre  nou- 
veau, qu'on  n'a  pas  involontairement 
usurpé  un  titre  déjà  employé  et  non  en- 
core tombé  dans  le  domaine  public  ? 

E.  R.  G.  O. 

Les  cafés  sont  les  salons  de  la 
démocratie.  —  De  qui  ce  mot  connu 
que  d'aucuns  attribuent  à  Gambetta  ? 

G.  F. 

«Le  corps  d'an  ennemi  mort  sent 
toujours  bon  ».  —  Mot  atroce  attribué  à 

1°  Vitellius  sur  le  champ  de  bataille  de 
Bedriac  (Suétone,  Vitellim  X). 

2°  Charles  IX  suivant  Brantôme. 

3°  Louis  XI,  (Walter  Scott,  Quentin 
Durwatd). 

Voilà  une  quatrième  attribution  qui  me 
paraît  la  dernière  en  date  : 

«  Pour  elles  (les  abeilles)  comme  pour 
les  Suisses  à  Morat,  le  cadavre,  etc.  »  M. 
Forreteux,  «  L'Intelligence  des  insectes  », 
Mercure  de   France,  t.  VIII,  1912,  p.  506.) 

A  qui  le  tour  ?  Dehermamn. 

Chanson  bretonne  sur  Lafayette. 

—  Ma  petite  jeunesse,  il  y  a  60  ans,  a  été 
bercée,  en  Bretagne,  par  une  chanson 
dont  le  refrain  d'une  poésie  toute  popu- 
laire, était  : 

Sont  sont  sont,  les  gars  de  Locminé 

Qu'où  de  Lafayette 

Qu'où  de  La  Fayette 

Sont  sont  sont,  les  gars  de  Locminé 

Qu'où  de  La  Fayette 

Par  sans  leurs  souliers 

Si  l'un  de  nos  vieux  confrères  de  l'Ouest  • 
a  eu  connaissance  de  cette  chanson  mor- 
bihannaise,  peut-être  pourra-t-il  me  don- 
ner la  clef  du  mystère  qui  plane  pour 
moi  sur  le  rapprochement  qui  peut  exis- 
ter entre  La  Fayette  et  l'irrévérence  des 
gars  de  Locminé .? 

FaL!t-il  chercher  celle-ci  dans  le  peu  de 
goût  que  ces  Bretons  auraient  eu  à  suivre 
La  Fayette  dans  ses  campagnes  contre  la 
domination  anglaise  en  Amérique  .? 

Echarpe. 


N«  1530.  Vol.  LXVI. 

— — —     291    

Un  mot  nouveau  :  alaquage,  ala- 
quer.    —    On  sait  quelles  surprises  ré- 
serve au   Français   de   France   un   séjour 
d'études  linguistiques  dans  la  Suisse  ro- 
mande et    les  étranges   détormations  lo- 
cales de  vocabulaire  qu'il  a  ày  constater. 
Sans    parler    des   contaminations  dues  à 
l'inlluence    allemande,     sensibles     même 
dans  des  organes  qui  se  réclament  direc- 
tement  de  notre  culture,  avec    maintes 
réserves,  s'entend  —  le  grave  Journal  de 
Genève  en  tête  — ,   il  est  frappant  d'avoir 
à  relever  des  italianismes    invraisembla- 
bles, docilement  acceptés   par  une  presse 
locale  à  laquelle  fait  défaut,  chaque    fois 
qu'elle  ne  plagie  pas,  ou  ne  reproduit  pas 
des  sources  françaises,  le  sens  profond  de 
la  nationalité,  incarné  dans  un    idiome  à 
frontières  et  à  caractères  nettement  déli- 
mités. Je  me  bornerai   aujourd'hui   à   un 
exemple  entre  cent,  recueillis  au  cours  de 
mes   pérégrinations   dans     le   canton   de 
Vaud.  Ces  jours   derniers,  assistant  à  un 
vol  d'hydroplane  sur  le  Léman,  j'entendis 
prononcer,  par  un  personnage  influent  de 
la  région,    le    vocable   alaquage   dans    le 
sens    d'atterrissage.    Comme    il   ne  sem- 
blait susciter  aucune    surprise  chez  ceux 
auxquels   il  s'adressait,  comme  on  parut 
en  comprendre  instantanément  la  signifi- 
cation,  je    me    permis    d'exprimer    mon 
étonnement  de  ce   néologisme  à  celui  qui 
venait  de  l'employer  comme  inconsciem- 
ment. L'on   m'apprit   alors  que  le  terme 
était  admis,  que   des   feuilles  genevoises 
l'avaient  patronné  et   qu'en   tout    état  de 
cause,  il    eût   été    ridicule   de    maintenir 
l'expression  atterrissage  pour  un  appareil 
qui  ne  se  pose  que  sur  l'eau... 

Il  ne  faut  point  être  grand  clerc  pour 
retrouver,  dans  ce  mot  nouveau,  l'origine 
italienna  :  All'acqua.  à  l'eau,  encore  que 
de  mauvais  plais.uits  n:  manqueraient  pas, 
usant  de  l'esprit  du  crû,  de  n'y  voir  qu'un 
dérivé  de  lac.  —  Alaquer  =  descendre 
sur  le  lac  !  On  se  demandera,  sans  doute, 
si  la  nécessité  d'une  création  do  toutes 
pièces  se  faisait,  en  l'espèce,  sentir,  après 
i'insucces  de  la  tentative  pour  inventer 
un  néologisme  qui  rendit  adéquatement  le 
concept  :  voler  en  aéroplane.  Mais,  dans 
le  cas  aflRrmatir,  ne  vaudrait-il  pas  mieux 
choisir  entre  les  termes  si'ivants  :  aiguer 
et  aiguage,  adiver  et  adivage,  affloter  et 
afflottage  ?  L'on  hésile  à  en  proposer  un 
quatrième  ;  aquerrage   et   aquerrir,    qui, 


L'INTHRMEDlA.iRB 


2q2 


décidément,    ressemble    trop   à  acquérir. 

Le  concours  est  ouvert ou,  plutôt,  le 

pari.  Camille  Pitollet. 

P.  S.  —  La  note  ci  dessus  était  en- 
voyée depuis  un  mois  environ  à  \' Intermé- 
diaire^ qui  n'a  pu  la  publier  faute  d'es- 
pace. Depuis,  le  choix  d'un  vocable  adé- 
quat semble  avoir  préoccupé  la  presse  du 
Léman.  Voici,  en  tout  cas,  le  petit  article 
que  publie  l'un  de  ses  organes,  très  ré- 
pandu dans  la  région  de  Vevey  : 

POUR    AFFLOTTER 

Quelques  journaux,  dont  un  de  Genève, 
ont  adopté  le  mot  affloter,  pour  indiquer 
l'action  d'atterrir.,    sur  l'eau. 

Le  Journal  de  Genève  propose  ce  matin 
le  mot  aquatir.  Il  trouve  \t  mot  alaquer 
peu  giacieux  (i).  Aquatir  l'est  davantage,  il 
est  vrai,  mais  dira  t-on  aquatage  ou  aqua- 
tissiige  ?  Cela  ressemble  beaucoup  à  décatir 
et.  à  décat'ssage,  et,  trop  parent  de  aquatique, 
cela  sent  trop...  le  canard.  Pour  nous,  nous 
continuerons  à  tmp\oyér' a f flotter  et  afflot- 
tage,  mots  à  physionomie  bien  française  ; 
ils  peuvent  s'employer  aussi  bien  à  propos 
d'un  lac  que  d'une  mer. 

Feuille  d'avi->  de  Vevey,  (n"  du  mer- 
credi 21  août  1912.) 

C   P. 

La  couleur  des  cheveux  d*ane 
morte.  —  On  désire  savow,  en  vue  de 
l'identification  d'un  portrait,  si,  à  la  lon- 
gue, les  cheveux  conservés  d'une  per- 
sonne morte  se  décolorent  plus  ou 
moins. 

Au  bout  de  cent  ans,  par  exemple,  des 
cheveux  primitivement  noirs  ou  brun 
foncé  pourraient-ils  être  devenus  châtain 
foncé  ou  châtain  clair  ?  Ft  dans  quelle 
mesure  admettrait-on  la  possibilité  de 
cette  modification  ^.  Fn  pourrait-on  citer 
des  exemples 

Hstime-t-on  au  contraire  que  la  nuance 
primitive  se  maintient  indéfiniment  .'' 

E    R.  G.  O, 

(1)  Nous  lisions,  dans  le  Journal  de  Ge- 
nève du  mardi  20  août  1912,  en  effet  : 
<  Après  un  excellent  et  rapide  voyage,  Burri 
«  alaquait  »  dans  la  rade,  près  du  Jardin 
iinglais,  etc.  »  La  mise  entre  «  »  du  vocable 
n'indiquant  qu'une  adoption  conditionnelle, 
le  Jownal  'fi  Genève  est  donc  revenu  sur  la 
question,  dans  le  n"  que  cite  la  Feuille 
d'Avi.t  de  Vevejf  et  que  nous  n'avons  pas  eu 
sous  les  yeux. 


DUS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10    Septembre  191a 


293 


294 


Képanses 


Le    crâne    de    Richelieu    (T.    G. 

772  ;  LXVI,  138,  244;.  —  Lire  le  cha- 
pitre consacré  par  le  D"^  Cabanes  à 
«  l'Odyssée  d'un  crâne  »,  dans  son  Cabi- 
net secret  de  î' Histoire,  4*'  série  Ce  cha- 
pitre, qui  ne  contient  pas  moins  de  15 
pages,  avec  de  nombreuses  noies,  donne 
non  seulement  la  relation  de  M.  Gréard 
et  les  mensurations  du  colonel  Duhausset, 
mais  bien  d'autres  détails  curieux  ou  pit- 
toresques, et  la  reproduction  du  moulage 
même  de  la  tête  du  cardinal.  M. 

*  * 
Je  lis  l'intéressante  communication  de 
M.  Eim.  H.  sur  le  crâne  de  Richelieu.  Je 
me  permettrai  d'y  relever  une  inexacti- 
tude dont  l'importance  d'ailleurs  est  tout 
à  fait  secondaire.  Le  fils  du  maire  de 
Plourivo,M.  Armez,  dont  il  est  parlé  dans 
cet  article,  ne  fut  pas  ministre  sous  Louis 
Philippe,  mais  simplement  député  des 
Côtes-du-Nord  en  1834,  1837,  1839, 
1842  et  1846.  Il  mourut  en  1883.  11  ap- 
partenait à  la  famille  toujours  existante 
des  Armez  du  Poulpry,  dont  un  membre 
est  actuellement  encore  député  et  maire 
de  Plourivo.  L'abbé  Armez  qui  recueillit 
le  crâne  des  mains  du  bonnetier,  fut  un 
des  trois  commissaires  du  roi,  chargé 
d'organiser  en  1790  les  cantons,  districts 
ii  le  département  des  Côtes-du-Nord. 
Comte  Emmanuel  de  Rougé. 

Où  est  enterré  le  maréchal  Ney  ? 

(LXV,  42,  158,  247).  -  M.  le  ."Vlarquis 
de  Vogué  est  l'auteur  dun  fort  intéres- 
sant travail  sur  le  Maréchal  de  Villars, 
travail  qui  a  paru  chez  Pion.  L'éminent 
académicien  veut  bien  me  mander  ce  qui 
suit  à  propos  de  la  sépulture  du  vainqueur 
de  Denain  : 

*<  ...j'ai  le  regret  de  ne  pouvoir  vous 
donner  de  solution  satisfaisante.  Villars, 
mort  à  Turin,  y  a  été  enterré  avec  pompe  ; 
mais  toute  trace  de  l'inhumation  a  dis- 
paru, et  il  m'a  été  impossible,  jusqu'ici, 
de  percer  ce  mystère  ..  » 

11  résulte  néanmoins  de  cette  note,  que 
c'est  à  Turin  qu'il  faut  chercher  la  dé- 
pouille du  célèbre  maréchal  et,  sans  doute, 
il  ne  faut  pas  désespérer  d'arriver  à  une 
solution  satisfaisante.  S.  G.  L. 


Les  noyades  de  Nantes  (LXII  ;  LXVI, 
185,  250).  —  Le  nom  de  Carrier,  qui  doit 
être  inscrit  parmi  ceux  des  plus  vils  scé- 
lérats qui  aient  stigmatisé,  par  leurs  for- 
faits la  Révolution  Française, esttristement 
immortalisé   par  les  noyades  de  Nantes. 

Au  milieu  de  brumaire  (novembre 
1793)  les  bateaux  à  soupape  ne  sont  pas 
encore  inventés  ;  Perdreau,  l'un  des  sa- 
tellites de  Carrier,  à  Nantes,  à  cette  épo- 
que, plaisante  ainsi  sur  les  atrocités  aux- 
quelles il  est  associé  : 

«  Cette  nuit,  j'ai  noyé  huit  cents  ecclé- 
siastiques.,.  Lorsque  Je  fais  des  baigna- 
des, je  dépouille  les  hommes  et  lesfemmes, 
je  fouille  leurs  vêtements  et  les  mets  dans 
un  grand  mannequin  ;  je  les  attache  par 
les  bras  et  les  fais  venir  sur  les  bords  de 
la  Loire  ;  ils  montent  deux  à  deux  dans 
mon  bateau,  deux  hommes  les  poussent 
par  derrière,  et  les  pr.cipitent  la  tête  la 
première  dans  l'eau,  puis  lorsqu'ils  veu- 
lent se  sauver,  nous  avons  de  grands  bâ- 
tons avec  lesquels  nous  les  assommons. 
C'est  ce  que  nous  appelons  le  Mariage 
Civique.  » 

Plus  tard.  Carrier  et  ses  adhérents  vou- 
lurent se  passer  le  plaisir  des  noyades  ; 
elles  se  firent  publiquement,  à  midi,  afin 
que  personne  n'en  ignorât  ;  c'est  alors 
que  les  bateaux  à  soupape  furent  inau- 
gurés. 

La  soupape  était  une  large  ouverture 
pratiquée  à  fond  de  cale  et  qui,  au  signal 
donné,  laissait  passage  à  ceux  qui  y 
avaient  été  jetés. 

Carrier  les  faisait  accoupler,  de  façon 
qu'un  vieillard  fût  attaché  dos  à  dos,  avec 
une  jeune  fille,  une  vieille  femme  avec 
un  jeune  homme.  Ces  infortunés  restaient 
ainsi  sans  vêtement,  pendant  des  heures, 
et  c'est  au  milieu  de  chants  cyniques, 
vociférés  par  les  noyeurs,  que  la  soupape 
s'entr'ouvrait  pour  précipiter  par  cen- 
taines, ces  innocentes  victimes  dans  les 
flots. 

«  Bientôt  l'eau  de  la  Loire,  dit  Créti- 
neau-Joly,ne  fut  plus  potable  ;  on  en  pro- 
hiba l'usage,  elle  était  empoisonnée  par 
la  décomposition  des  cadavres.  Les  bâti- 
ments qui  levaient  l'ancre  en  faisaient 
monter  par  milliers  à  la  surface.  Au  bord 
des  deux  rives, de  Nantes  à  Paimboeuf,  on 
n'apercevait  plus  que  fossoyeurs  enrégi- 
mentés.Un  arrêt  de  police  défendit  même 


N-  '339    VoJ.  LXVI. 


•INTBHMfiBIAIHE 


395 


396 


aux   habitants  riverains   de  se  nourrir  de 
poisson  >>. 

ECHARPE. 

Quel  pouvait  être  le  nombre  des 
individus  emprisonnés  et  des  con- 
damnés à  la  pei.  <■  capitale  sous 
l'ancienne  monarchie?  LXVI.  137. 
—  Question  de  statistique  assurément 
difficile  à  résoudre  ;  en  tout  cas  1«  parole 
citée  est  de  Ganielin,  et  non  de  l'auttur 
faisant  acte  d'historien  dans  un  roman  ; 
Gamelin,  un  sectaire,  d'instruction  super- 
ficielle faite  de  dogmatisme  et  de  phrases 
classiques.  Ce  protagoniste  de  Les  Jieiix 
ont  soif,  titre  emprunté  à  Camille  Des- 
moulins et  repris  par  Carlyle,  est  bien, 
en  effet,  le  type  «ic  ces  sinistres  jobards, 
nés,  peut-être  pt)i.r  des  vies  très  moyen- 
nes, pas  beaucoup  plus  méchants  que 
d'autres,  qui,  par  étroitesse  d'intelligence 
non  réparée,  par  un  patriotisme  ardent 
mais  mal  entendu^  et  griserie  d'autorité, 
en  arrivent,  dans  les  révolutions,  à  com- 
mettreplusde  crimes  que  de  purs  scélérats. 

11  est  très  représentatif  de  cette  espèce 
d'hommes,  ce  Gamelin,  qui,  du  reste,  va 
crânement  à  l'échafaud  sans  l'ombre  d'un 
remords,  persuadé,  au  contraire,  que  lui 
et  ses  pareils  ont  été  trop  faibles  et 
meurent  pour  n'être  pas  allés  au  bout  de 
leur  devoir. 

La  statistique  en  gros  chiffres  ronds 
donnée  par  Gamelin  est  donc  de  tous, 
points  fantaisiste  et  ressemble  fort  à  un 
'document  de  loge  de  concierge.  Je  ne 
pense  pas  que  la  monarchie,  à  tout  pren- 
dre assez  débonnaire  du  xvme  siècle,  ait 
jamaistenu  400.000 hommes  à  la  f  tis  sous 
les  verrous,  moins  encore  que  bon  an, 
mal  an,  elle  en  ait  pendu  15.000  et  roué 
3000.  Par  contre,  Gamelin  me  semble 
plutôt  modéré  quand  il  parle  de  quelques 
centames  de  tètes  tombées  sur  l'échafaud 
févolutionnaire.  Mais  ce  n'est  pas  de 
cela  qu'il  s'agit. 

Une  trop  vieille  habitude  de  littérature 
oratoire  fait  que  nous  rendons  respon- 
sables les  auteurs  de  ce  qu'ils  font  dire  à 
leurs  personnages  de  roman  ou  de  théâ- 
tre. Or,  Gamelin  parle  comme  un  fana- 
tique, un  ignorant  et  un  sot  devenu 
téroce  ;  si  c'est  son  caractère,  je  ne  sache 
pas  que  ce  soit  celui  de  M.  Anatole 
France  II  s'en  faut  même  plus  que  du 
tout  au  tout.  H.  C.  .M. 


Louis  -  Philippe  le  24  février 
1848,  s  est-il  enfui  en  fiacre  ? 
(LXVI,  18s).  —  Je  l's  dans  l'ouvrage  de 
A.  Vermorel,  intitulé  Les  hommes  de  1848 
paru  en  1869  [Décembre-Alonnier,  li- 
braire éditeur,  20  rue  Suger]  : 

Les  courtisan^  avaient  abandonné  les  Tui- 
leries :  la  famille  royale  restait  complète- 
ment isolée  dans  ces  circonstances  difficiles  : 
c'est  iNl.  Crémieux,  accouru  comme  M.  de 
Girardin  pour  annoncer  qu'on  allait  atta- 
quer les  Tuileries,  qui  protège  la  fuite  du 
roi  dans  des  voitures  de  place  prises  sur  la 
place  de  la  Concorde.  Nul  cortège  pour  le 
convoi   royal. 

La  suite  de  ce  récit,  relative  à  la  du- 
chesse de  Montpensier,  dit  qu'elle  avait 
été  oubliée  sur  la  place. 

Je  me  rappelle  très  bien  avoir  vu,  en 
1848,  une  caricature  représentant  Louis- 
Philippe  montant  dans  un  fiacre,  et  la  lé- 
gende était  : 

«  A  l'heure  not'  bourgeois .''  —  Non,  à  la 
course.  »  V.  A.  1. 

• 

Ce  n'est  pas  en  fiacre  que  Louis-Phi- 
lippe a  fui  devant  l'émeute.  Ça  ne  change 
pas  grand'chose  aux  événements,  mais  ça 
peut  intéresser  ceux  qui  n'acceptent  les 
mots  que  pour  leur  valeur. 

Le  reportage  n'était  pas  alors  perfec- 
tionné comme  de  nos  jours.  C'est  à  peine 
si  les  journaux  du  24  février  1848  consa- 
crent vingt  lignes  à  cet  événement  qu'est 
la  fuite  du  roi. 

Deux  seulement  publient  le  récit  fait 
par  un  témoin  oculaire  qui  vit  sortir 
Louis-Phiiippe  des  Tuileries,  ayant  à  son 
bras  la  reine  vêtue  de  noir  Arrivés  place 
de  la  Concorda,  le  témoin  les  vit  hésiter 
comme  s'ils  cherchaient  quelqu'un  ou 
quelque  chose. 

La  reine,  dit  le  témoin,  saisit  le  bras  de 
Louis-Philippe  ;  ils  retournèrent  sur  leurs 
pas,  à  peu  de  dislance  de  là,  où  stationnaient 
deux  petites  voitures  basses,  noires,  attelées 
chacune  d'un  cheval.  Deux  très  jeunes  en- 
fants se  trouvaient  dans  la  première.  Louis- 
Philippe  prit  la  gauche,  la  reine  la  droite,  les 
entants  se  tinrent  debout,  le  visage  collé  sur 
la  glace  et  regardant  le  public  avec  une  atti- 
tude curieuse.  Le  cocher  fouetta  vigoureu- 
sement. La  voiture  s'enleva  plutôt  qu'elle  ne 
partit  :  elle   passa  devant  moi. 

Cette  même    voiture   est  décrite   dans 
une  relation  d'un  officier  d'éiat-major  de 


1 


ûhS  CHEKCHEUKS  HT  CURIEUX 


397 


la  garde   nationale  qui  a  été  mêlé  à  tous 
les  événements  de  cette  journée. 

Je  suppliai  encore  le  roi  et  la  reine  de  pas- 
ser saos  crainte  au  milieu  de  ce  peuple,  ce 
qu'ils  firent  avec  la  plus  grande  confiance. 
Au  même  instant,  un  petit  coupé  bounreoù 
bLufo-  ce,  attelé  il'un  bel  et  bon  cheval  noir, 
qui  stationnait  avec  un  cabriolet  à  gauche 
du  pont  tournant, approcha  vivement  du  roi. 
Second  témoin,  seconde  déposition  :  le 
fiacre  n'est  toujours  qu'une  confortable 
voiture. 

Qiielle  est  cette  voiture  .?  Le  marquis  de 
Fiers,  dans  ses  Souvenirs,  va  nous  l'ap- 
prendre, d'après  M.  de  Montalivet  : 

Lorsque     l'invasion   populaire    menaça    le 
château,    le    24    février    1848,  vers  midi,   le 
roi,  d-nnant  le  bras  à  la  reine,  sertit  du  pa- 
lais par  l'avenue  centrale  du  jardin  des  Tui- 
leries, accompagnes  de  six  de  leurs  petits  en- 
fants, porté?  dans  les  bras,  et  entourés  d'un 
fort  détachement  de  la  garde  nationale  à  che- 
val, que    le  général    Dumas   avait   prudem- 
ment commandé  pour     protéjerer  le    départ. 
A    la   vue    du    roi,    les    gardes    nationaux 
expriment    leur    sympathie    et   leurs    senti- 
ments de   fidélité   par   les   cris   de  :    Vive  le 
roi.  vive  la  reine  !  Louis-Philippe  s'attend  it 
à  trotivet  ses   voitures  à  la   grille  du  Poni 
Tournant.  Il  ig.iorait  qu'elles  venaient  d'être 
brûlées  place  du   Carrousel  par  la    multitude 
insurgée.  Après  quelques  minutes  d'une  pé- 
nible attente  près  de  l'Obélisque,  au  lieu  des 
voitures   attendues,  parurent   deux    voitures 
appelées  broughams  et  un   cabriolet   à  deux 
roues,  appartenant  à  la  Maison  du  Rot.  Elles 
avaient    été  envoyées,  grâce  à  la  prévoyante 
sollicitude  de  M.  le  duc  de  Nemours  qui  était 
resté  place  du  Carrousel.  Toutes  les  personnes 
de  la  famille  royale  y  montèrent. 

Nous  sommes  édifiés  :  le  fiacre  qui  em- 
porte Louis-Philippe  en  exil  est  une  lé- 
gende :  c'était  une  voilure  de  sa  maison 
envoyée  par  le  duc  de  Nemours. 

Mais  ce  n'était  pas  sa  voiture  person- 
nelle qui  venait  d'être  incendiée  dans  les 
circonstances  suivantes  : 

li  n'est  pas  exact  de  dire  que  la  Révo- 
lution a  surpris  la  famille  royale  :  dès  le 
24  février,  les  berlines  étaient  prêtes,  non 
pour  la  fuite,  mais  pour  le  départ  de  Pa- 
ris. On  avait  attelé  douze  voitures  qui  de- 
vaient se  mettre  en  marche  au  premier  si- 
gnal du  jeune  sous  piqueur  Hairon.  La 
berline  du  roi,  appelée  la  Saverne,  était 
attelée  de  huit  chevaux.  A  midi  et  demi, 
le  24,  1  ordre  arriva  du  château  de  faire 
avancer  les  voitures.  Le  sous-piqueur 
avait  sa  livrée  roîige. 


298 


10  Septembre   191* 


Le  contrôleur  Triel  lui  conseilla  de  re- 
vêtir une  livrée   bleue  qui  le  désignerait 
moins  à  la  fureur  des  émeutiers  :  «'fiastel 
nous  passerons   bien  »,  répondit-il.  Mais 
a  peine  avait-il  franchi  les  portes  de  l'écu- 
rie qu'une  trentaine  d'individus,   cachés 
derrière  l'hôtel   de  Rohan,  ouvraient   le 
feu  sur   les  attelages.  Le  cheval  du  sous- 
piqueur    tombait   raide    mort.   Effaré     le 
jeune  homme  se  dégagea  de  l'animal  et 
courut  vers  l'Arc    de  Triomphe  du  Car- 
rousel   pour   v   retrouver   un   refuge    Un 
des   émeutiers   s'avança   vers    ce   pauvre 
diable,    affolé  et  sans  armes  ;  il  le   tua  à 
bout    portant,  s'empara  de  son  chapeau 
galonné,  et  fit  signe  à  quelques  individus 
de   son    espèce,  qui  dépouillèrent  le  ca- 
davre,  pour   l'abandonner  sur   le  pavé 
sanglant,  nu.  ' 

Le  lendemain,  l'homme  se  présentait 
a  Ledru-Rollin  et  lui  montrait  le  chapeau 
galonné  du  malheureux  qu'il  avaittué  -— 
certificat  d'indéniable  civisme  —  et  im- 
médiatement il  obtenait  sa  récompense  • 
un  emploi  de  gardien  au  musée  du 
Louvre. 

Les  voitures  avaient  le  même  sort  que 
ceux  qui    les  conduisaient.  On  les  avait 
fouillées,  bourrées  de   paille  et   poussées 
tout  enflammées  vers  un  poste  du  Palais- 
Royal  pour  y  consommer  l'asphyxie  des 
malheureux   soldats  qui  y   étaient  enfer- 
mes. On  s'acharna  surtout  sur  la  Saverne 
la  voiture  du   roi.  On  en  brisa  les  glaces 
a  coups  de  crosse  de  fusil.  On  en  détruisit 
les  armes  a  coups  de  baïonnette    «  Ohé 
les  amis,  de   la   paille  à  force,   criait  une 
virago,  car  celle-ci  vaut  la  peine  d'être 
crânement    chauffée  !    ^>    Tandis    que   se 
consumait  la  paille,  la  femme  monta  sur 
le   siège,   des  individus   de  son  stvle  se 
mirent  au  timon  de  la  voiture  en  feu   qui 
recueillit  sur  son  passage  des  applaudis- 
sements frénétiques.  Mais,  à  la  stupeur  des 
incendiaires,  la    paille  s'était   vainement 
consumée  :    le   coffre  restait  intact    On 
lui  assena  des  quartiers  de  pavé  et  des 
coups  de  barre  de  fer  :  construite  pour  la 
sécurité  de  la  famille  royale  et  a  l'épreuve 
de   la  balle,   cette   citadelle  roulante  con- 
serva sa  forme  sans  fléchir.  «  A  l'eau  '  > 
cria-t-on.  On  traîna  la   voiture  au  pont 
des  Saints-Peres  ;  à  force  de  bras,  elle  fut 
précipitée  dans    le   fleuve.  On   l'en  retira 
après  quatre  mois,  à  l'état  de  simple  fer- 
raille.  ^ 


N»  1339  Vol.  LXVl. 

299     

Le  prix  des  voilures  stupidement  dé- 
truites ce  jour-là  monte  à  plus  de 
196,000  fr.  Mais  si  ces  voitures  furent  les 
seules  que  l'on  put  trouver,  il  y  en  avait 
d'autres  :  plus  de  deux  cents,  remisées 
sous  la  bibliothèque  du  Louvre,  rue  du 
Doyenné  ou  au  parc  Monceau.  Ce  fut 
parmi  celles-là  que.  voyant  incendier  la 
berline  royale,  le  duc  de  Nemours  se  hâta 
d'envover  chercher  la  voiture  que  le  roi 
fut  si  étonné  de  voir  à  la  place  de  celle 
qu'il  attendait. 

Le  gouvernement  provisoire  fut  le  pre- 
mier à  se  louer  de  la  discrétion  involon- 
taire de  l'émeute.  Hors  Lamartme  et  1  u- 
pont  de  Nemours,  ses  membres  furent 
trop  heureux  de  pouvoir,  à  leur  tour, 
rouler  carrosse.  Deux  cents  voitures  et 
trois  cent  cinquante  chevaux  furent  un 
équipage  qui  suffit  à  l'austérité  du  nou- 
veau régime.  Pour  leur  seule  part,  les 
membres  du  gouvernement  se  firent  attri- 
buer quarante  et  une  voitures. 

Le  citoyen  Ledru-RoUin  avait,  à  son 
service,  le  yolant,  VHécla,  coupé  bas,  le 
Prince,  coupé  de  cérémonie,  le  Royal* 
char-à-bancs  de  promenade,  la  Marquise, 
calèche  de  ville,  et  le  Phénix,  landau  de 
campagne.  11  avait  dans  ses  écuries 
25  chevaux  ;  un  piqueur  à  ses  ordres, 
Millet,  celui  qui  avait  arrêté  Tassassin  Le- 
comte,  à  Fontaini^bleau  ;  dix  cochers, 
aides-cochers  et  palefreniers.  Sa  puis- 
sance dura  soixante-quinze  jours  :  le  con- 
trôle estima  sa  part  dans  les  frais  de  ce 
service  à  27,750  fr. 

Et  telle  est  la  simple  histoire  du  fiacre 
de  Louis  Philippe,  qui  n'est  pas  un  fiacre 
—  mais  une  confortable  voiture  envoyée 
à  point  pour  suppléer  à  l'absence  de  la 
sienne,  dont  le  peuple  souverain  s'amu- 
sait, avec  une  joie  d'enfant  terrible. 

A.  B.  X. 

C'était  un  brougham  ;  tels  étaient  les 
«  fiacres  *  d'alors.  A.  L. 

L'âme  de  la  f-^  mme  au  concile  de 
Maçon  (T.  G.,  38  ;  LXVI,  138.  241.  — 
Piiere  de  corriger,  colonne  241  en  bas  : 
mulierem  ,  au  lieu  de  muriclen  ;  posse 
au  lieu  de  posce  ;  testamenti,  au  lieu 
de  testamentis  :  edoceat,  au  lieu  de  edo- 
cerat.  Ajouter  à  la  dernière  ligne,  après 
\\œc  causa  :  convicta,  ce  qui  donne  :  hœc 
causa  convicta  quievit. 


L'iNTBRMBi^lÀlKje 


— 300 

A  corriger,   encore  : 
587. 


585,   au  lieu   de 


Contrats  de  mariage  signés  parle 
Roi  avant  la  Révolution  (LXV  ;  LXVI, 
99,  198).  —  Notre  confrère  B.  F.  m'ob- 
jecte Dangeau  et  Saint-Simon.  Je  lui  ac 
corde  bien  volontiers  qu'il  ait  raison  pour 
l'époque  de  Louis  XIV  ;  mais  ses  textes 
ne  prouvent  rien  pour  les  règnes  suivants. 
Louis  XIV  était  un  autocrate, —  «  le  pre- 
mier des  Jacobins  »,  disait,  je  crois,  le 
comte  de  Chambord  ;  et  je  sais  que  Gam- 
betta,  très  étatiste,  l'admirait  beaucoup  de 
ce  chef  ;  —  il  créait,  organisait  sa  Cour 
et  son  royaume  comme  bon  lui  plaisait. 
Mais  ses  successeurs,  Louis  XV  surtout, 
furent  des  Princes  très  %  constitution- 
nels »,  si  j'ose  dire,  qui  ne  se  risquaient 
pas  souvent  à  faire  montre  d'autorité  per- 
sonnelle. 11  dut  en  être  des  faveurs  de 
Cour  comme  de  la  Légion  d'honneur,  qui 
n'est  certes  plus  en  tt)l2  ce  quelle  était 
un  siècle  auparavant,  en  1812.  En  l'an 
présent,  si  j'étais  seulement  dans  l'armée 
capitaine  d'habillement,  avec  25  ans  de 
services,  je  serais  assuré  de  l'avoir  à  mon 
tour  de  rôle.  En  1812.  il  m'aurait  fallu, 
pour  décrocher  sûrement  la  décoration, 
emporter  presque  à  moi  seul  la  redoute 
de  Borodino.  Les  faveurs  anciennes  de- 
viennent facilement  des  droits  acquis  ;  et 
cela  s'appliquerait  même  à  la  croix 
devenue  aujourd'hui  monnaie  électo- 
rale. 

Quant  à  la  réserve  que  fait  notre  con- 
frère Bellechasse,  je  l'admets  dans  une 
certaine  mesure.  Je  ne  puis  lui  donner  de 
preuves  mathématiques.  Je  dirai  simple- 
ment que  y  Intermédiaire  a  déjà,  si  je  me 
souviens,  traitécette  question  des  honneurs 
de  Cour  ,  mais  je  n'ai  pas  les  volumes 
sous  les  yeux.  Et  j'ajouterai  que,  si  ma 
thèse  est  établie  pour  la  présentation,  elle 
me  parait  devoir  emporter  le  reste.  Car, 
certainement  le  Roi  ne  devait  pas  signer 
le  contrat  de  gens  qui  ne  lui  eussent  pas 
été  présentés  dans  les  règles.  Toutefois, 
si,  à  la  fin  de  l'Ancien  Régime,  la  qualifi- 
cation de  noblesse  devait  être  authentique 
pour  cette  présentation,  je  ne  sais  si  les 
titres  indiqués  dans  les  contrats  par  les 
notaires,  un  peu  moins  rigoristes  sur  ce 
détail,  devaient  être  scrupuleusement 
exacts.  Il  eût  été  naturel  que  Louis  XVI 
signât  au    contrat   d'un'  Sévigné  ;   mais 


DfiS  CHERCHEURS   ET  CURIEUX 


1  o  Septembre  1 9 1  a 


301 


302 


eût-on  qualifié  ceSévigné  de  «baron,»  son 
vrai  titre,  ou  de  «  marquis»  son  titre  de 
courtoisie  ?  Là  serait  la  vraie  difficulté. 

La  présentation  est  si  bien  demeurée 
le  préliminaire  essentiel  des  ciioses  de 
Cour,  que,  même  au  xix^  siècle,  un  sou- 
verain étranger  ne  pouvait  rei;evoir  un 
personnage  non  présenté  à  !a  Cour  de  son 
propre  Prince.  On  doit  trouver  à  cet 
égard,  dans  les  Papiers  des  Tuileries  pu- 
bliés après  1 848, des  récriminations  amères 
de  Louis- Philippe  contre  le  Tsar,  pour 
avoir  reçu  deuxgentilshommeslégitimistes 
qui  avaient  naturellement  négligé  de  se 
faire  d'abord  présenter  au  Roi-Citoyen. 

Comment  les  choses  se  passent-elles 
sous  le  règne  du  Président  Fallières  ?  Je 
pense  qu'il  doit  exister  sur  ce  chapitre  un 
aimable  négligé,  bien  que  tel  de  nos  am- 
bassadeurs très  républicains  ne  se  soucie 
pas,  dit-on,  de  recevoir  ou  de  présenter 
le  premier-venu.  Britannicus. 


Le  cor  ou  le  cornet  de  Roland 

(LXV,  785  ;  LXVI.  82,  14s, 2Sî).  Dire 
que  «  le  paladin  Roland,  neveu  de  Cbar- 
lemagne  est  une  figure  purement  légen- 
daire i-  me  paraît  un  peu  risqué. [e  ne  crois 
pas  que  la  Chanson  de  Roland  ait  été  in- 
ventée de  toutes  pièces  et  que  ce  soit 
l'imagination  des  écrivains  du  moyen  âge 
qui  ait  créé  subitement  et  sans  raison  ce 
paladin. Qu'on  ait  brodé,  amplifié,  drama- 
tisé ce  qui  concernait  le  personnage,  nul 
doute.  La  légende  lui  attribue  des  faits 
dignes  des  Demi-Dieux  de  l'Olympe,  c'est 
exact.  Mais  les  peuples  pasteurs  et  sans 
culture  des  Pyrénées  n'ont  pu  concevoir 
des  faits  imaginaires  sans  qu'il  y  ait  un 
fond  de  vérité,  c'est-à-dire  l'existence 
d'un  personnage  extraordinaire  ei  d'une 
vaillance  toute  particulière. 

Nombreux  sont  les  points  de  nos  mon- 
tagnes où  un  exploit  de  Roland  est  rap- 
pelé. A  Itxassou,  c'est  le  Pas  de  Roland  ; 
en  Espagne  près  de  Lusera,  c'est  le  Saut 
de  Roland,  et  dans  la  trajectoire,  la  Brè- 
che à  Gavarnie.  puis  l'empreinte  du  ge- 
nou de  son  cheval  à  Lourdes.  Ailleurs^ 
c'est  le  sabot  de  son  coursier,  etc..  etc.. 

Légendes  tout  cela,  certainement  ; 
mais  vraiment  Roland  est-il  une  <:.  figure 
pmement  légendaire  ?  » 

Un  Pyrénéiste. 


Les  enseignes  de  la  rue  de  Rivoli 

(LXVI,  89,  272).  —  Les  textes  précis  se 
trouvent  dans  le  Recueil  d'actes  adminis- 
tratifs et  de  conventions  relatifs  aux  servitu- 
des spéciales  d'architecture,  aux  servitudes 
non  œdificandi  et  autres  grevant  les  tmmeu- 
hles  riverains  de  certaines  places  ou  voies 
publiques,  publié  sous  la  direction  de  MM. 
Bouvard  et  Taxil,  Paris  1905,  in-4°,  page 
13.  On  y  trouvera,  au  7"  d'un  contrat  de 
vente  du  13  floréal,  an  XI  «  que  l'acqué- 
«  reur  ne  pourra  mettre  (sur  l'immeuble) 
si  aucune  peinture,  écriteau  ou  enseigne 
«  indicative  de  la  profession  de  celui  qui 
«  occupera  sur  les  façades  ou  portiques 
«  qui  décorent  le  devant  de  la  maison  >>. 
Les  différents  contrats  de  vente  se  trou- 
vent du  reste  déposés  aux  Archives  de  la 
Seine,  où  notre  collaborateur  pourra  les 
consulter,  mais  l'article  est  à  peu  près  le 
même  dans  tous  les  actes, 

GOMBOUST. 

*  » 

je  verserai  aux  débats  les  documents 
suivants  qui  répondent,  je  pense,  expres- 
sément à  la  question  :  je  ne  les  crois  pas 
connus.  Ils  sont  tirés  des  Archives  natio- 
nales. LÉONCE  Grasilier. 

Ministère 
de  la  Maison 
du  Roi 

Paris  le  27  jaavier  1823. 

AS.  E.  Monsieur  le  Ministre  de 
l'Intérieur, 

Monsieur  le  Comte,  j'ai  reçu  la  lettre  que 
vous  m'avez  fait  Thonneur  de  m'adresser  le 
9  décembre  dernier,  pour  m'infornier  que 
quelques-uns  des  locataires  des  boutiques  de 
larue  de  Rivoli. ontplacéenavantou  en  travers 
des  arcades,  des  enseignes  qui  défigurent  la 
façade  et  ôtent  le  jour  des  entresols,  et  pour 
m  inviter  à  faire  cesser  cet  abus,  en  vertu  des 
arrêtés  qui  en  concédant  les  terrains  de  cette 
rue,  or.t  prohibé,  par  une  condition  expresse, 
toute  enseigne  ou  tout  empiétement  de  ce 
genre. 

Cet  objet  a  appelé  toute  mon  attention  ; 
j'ai  fait  faire  des  recherches  à  ce  sujet,  et 
j'ai  reconnu  qu'en  effet  le  paragraphe  6  des 
actes  de  vente  des  terreins  des  rues  de  Rivoli 
et  de  Castiglione  porte  textuellement.  «  L'ad- 
judicataire ne  pourra  mettre  aucune  pein- 
ture, écriteau  ou  enseigne  indicatrice  de  la 
profession  de  celui  qui  occupera,  sur  les  faça- 
des ou  portique  qui  décorent  les  maisons  ». 
Mais  jusqu'à  présent  l'exécutioi.  de  cette 
condition  a  été  surveillée  par  la  préfecture  de 


N»  I3J0,  Vol.  LXM. 

303     

police  et  elle  me  paraît  en    effet  rentrer  j^ar 
sa  nature,  dans  la  petite  voierie. 

L'ancien  préfet  de  police  avait  pensé  qu'il 
convenait  de  tolérer  les  inscriptions  plactes 
au  fond  du  portique,  au-dessus  des  vitraux 
des  boutiques,  et  même  liis  inscriptions  po- 
sées sous  les  arcades  extérieures,  pourvu 
qu'elles  ne  fissent  pas  saillie.  II  serait  en 
effet  trop  rigoureux  d'interdire  tout  moyen 
d'annoncer  les  hôtels  garnis  et  les  magasins, 
et  le  but  du  paragraphe  précité,  me  paraît 
être  principalement  d'empêcher  l'interrup- 
tion des  lignes  d'architecture  et  les  dispara- 
tes choquants  que  pourraient  former  des 
peintures  étendues  s.ur  les  arcades  et  leurs 
pilastres  en  même  temps  que  de  prévenir 
les  écarts  de  fantaisies  particulières,  et  les 
erreurs  de  l'ignorance  dans  la  prose  des  ins- 
criptions. 

M.  de  Lavau,  de  son  côté^  a  paru  croir® 
que  l'interdiction  stipulée  était  bornée  au'' 
murs  de  face  des  maisons  et  ne  s'appliquai' 
point  directement  aux  galeries.  Il  a  pensé  en 
outre  que  les  actes  du  gouvernement  dans 
cette  circonstance  i~e  sont  que  des  actes  civils 
dont  l'inexécution  doit  être  poursuivie  par 
la  voie  judiciaire. 

Quoi  qu'il  en  soit  à  cet  égard,  les  ventes 
ayant  été  effectuées  par  le  domaine  de  l'Etat, 
ce  serait  toujours  dans  ce  système,  au  préfet 
du  département,  ou  plutôt  au  préfet  de  po- 
lice, comme  s'agissant  d'un  objet  de  petite 
voierie,  à  se  pourvoir  pour  faire  prononcer 
conformément  à  l'article  i  143  du  code  civil, 
la  suppression  des  obj.ts  posés  en  contra- 
vention aux  conditions  du  contrat. 

En  aucun  cas,  il  ne  saurait  y  avoir  lieu  à 
aucune  intervention  de  ma  part  ;  car  si  les 
infractions  commises  sont  considérées  comme 
infractions  aux  règlements  généraux,  elles 
doivent  être  réprimées  par  les  voies  ordinaires, 
et  si  au  contraire  elles  sont  considérées 
comme  violations  aux  clauses  du  contrat, 
l'administration  de  la  Maison  du  Roi  doit 
encore  y  rtster  étrangère  puisqu'elle  a  été 
étrangère  à  la  vente. 

Je  crois  en  avoir  dit  assez,  Monsieur  le 
Comte,  pour  décliner  ma  compétence  et 
j'aime  à  croire  que  vous  partagerez  mon  opi- 
nion à  cet  éc;ard,  mais  quelque  soit  l'aami- 
nistration  qui  doive  être  chargée  de  ce  soin, 
c'est  en  tout  cas  au  commissaire  de  police  du 
quartier  à  constater  les  contraventions,  et  je 
me  plais  à  reconnaître  en  cette  circonstance 
le  zèle  et  l'intelligence  que  le  sieur  Mazug 
apporte  à  la  surveillance  des  constructions  des 
rues  de  Castiglione  et  de  Rivoli. 

A},'rce7.,  Monsieur  le  Comte,  les  assurances 
de  ma  haute  considérntion. 

Le  Ministre  Secrétaire  de  la 
Maison  du  Roi. 


L*INTER*lBDlAlKB 


304 


Paris,  le  10  février  1825. 

Le   Ministre    de    l'Intérieur  au    Pré  fe 
de  police, 

M.  le  Préfet,  j'ai  l'honneur  de  vous  adres- 
ser copie  d'une  lettre  que  M.  le  Ministre  de 
la  maison  du  Koi  m'a  écrite  le  27  janvier, 
au  sujet  des  enseignes  que  quelques-uns  des 
locataires  des  boutiques  de  la  rue  de  Rivoli 
ont  placées  en  avant  ou  en  travers  des  arca- 
des, et  qui  défigurent  la  façade  tout  en 
interceptant  le  jour  aux  entresols. 

La  prohibition  que  contient  à  cet  égard  le 
paragraphe  6  des  actes  de  vente  des  ter- 
rains des  rues  de  Rivoli  et  de  Castiglione  est 
trop  formelle,  pour  qu'il  puisse  y  avoir  op- 
position. Il  ne  s'agit  donc  que  de  décider 
quelle  est  l'autorité  compétente  pour  récla- 
mer l'exécution  de  cette  clause,  et  quel 
•moyen  elle  doit  employer  à  cet  effet. 

je  vous  invite,  en  conséquence, à  examiner 
les  diverses  questions  qui  naissent  de  l'état 
actuel  des  choses,  et  à  me  communiquer  vos 
vues  sur  les  mesures  qu'il  conviendrait 
d'adopter. 

Agréez, 

(Minute^ 

Paris,  le  la  février  1823. 

Préfecture  de  Police 

3'"«  Division 

3«"e  Bureau 

A,  S.  E.   le  Ministre  Secrétaire  d'Htat. 

au  département  de  l'Intérieur 

Monseigneur, 

J'ai  reçu  avec  la  lettre  que  votre  Excel- 
lence m'a  fait  l'Iionneur  de  m'adresser  le  10 
de  ce  mois,  la  copie  de  celle  qui  lui  a  été 
écrite  le  27  du  mois  dernier  par  S,  E.  le  Mi- 
ministre  de  la  Maison  du  Roi,  concernant  les 
mesures  à  piendre  pour  assuter  l'exécution  du 
§  6  des  contrats  de  vente  des  terrains  situés 
rue  de  Castiglione  et  rue  de  Rivoli. 

En  faisant  observer  à  Votre  Excellence,  le 
30  novembre  dernier,  que  parmi  les  condi- 
tions imposées  aux  acquéreurs,  il  s'en  trou- 
vait qui  semblaient  étrangères  aux  attribu- 
tions de  la  police  et  dont  elle  ne  pouvait  en 
conséquence  requérir  l'exécution,  je  la  pré- 
venais en  mémo  temps  que  j'écrivais  à  ce 
sujet  à  M.  le  Baron  >iounier,  intendant  des 
bâtiments  de  la  couronne,  et  que  je  me  con- 
certerais avec  lui  pour  déterminer  les  objets 
soumis  à  l'action  de  la  police. 

M.  le  Baron  Mounier  m'ayant  fait  connaî- 
tre dans  sa  leitre  du  5  janvier  dernier,  son 
opinion  sur  la  question  dont  il  s'agit,  je  lui 
ai  répondu  le  28  du  même  mois  et  j'ai  lieu 
de  penser  que  nous  sommes  d'accord  sur    le 


Ifhti  CHtl'.CEaURS  ET  CURiEUA 


»o  Septembre  1913 


30s 


principe.  Toutefois  une  ordonnance  de  po- 
lice nie  paraissant  nécessaire  pour  régulari- 
ser la  marche  de  l'administration,  ainsi 
qu'on  l'a  fait  à  ]'ég?.rd  des  galeries  du  Palais- 
Royal,  j'ai  prévenu  M.  le  Baron  Mounier  que 
mon  intention  était  d'employer  ce  moyen. 
Et  afin  que  cette  ordonnance  pvit  compren- 
dre toutes  les  conditions  des  contrats  de 
vente  qui  se  rattachent  aux  attributions  de  la 
police,  je  l'ai  prié  de  vouloir  bien  me  faire 
parvenir  un  exemplaire  de  ces  contrats. 

Aussitôt  que  j'aurai  reçu  cette  pièce,  je 
m'empresserai  de  rendre  l'ordonnance  dont 
il  s'agit  et  J'en  assurer  l'exécution. 

Je  prie  Votre  Excellence  d'agréer  l'assu- 
rance de  la  considération  respectueuse  avec 
laquelle  je  suis, 

Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  servi- 
teur. 

Le  Conseiller  d'Etat,  Préfet  de 
Police, 

E.  Delavau. 

Rue  Madame (LXVI,  1 87 )  —  D'après 
le  Paris-Hachette  de  cette  année  1912, 
page  22,  colonne  ç  de  la  2'  partie,  consa- 
crée à  la  liste  des  4150  rues  de  Paris,  le 
nom  de  la  rue  Madame  actuelle  viendrait 
de  la  comtesse  de  Provence.  Cette  rue 
n'est  pas  mentionnée  dans  le  Guide  prati- 
que à  travers    le  Vieux    Parti,  de    M.   de 

RocheguJe.  V.  A.  T. 

* 

En  1860,  il  y  avait  encore  une  rue  Ma- 
dame qui  n'était  pas  celle  actuelle  et  qui 
allait  de  la  rue  de  Paris  à  la  rue  Saint- 
Germain  à  Charonne.  C'était  autrefois,  dit 
A.  Delvau,  {Dictionnaire  des  rues  de  Paris), 
une  avenue  plantée  d'ormes  qui,  du  châ- 
teau de  Bagnolel,  venait  en  biais  gagner 
le  chemin  de  Charonne  et  p^r  laquelle 
Madame,  Duchesse  d'Orléans,  venait  a  Pa- 
ris. 

Ne  serait-ce  pas  celle  dont  s'enquiert 
le  confrère  H.  M.  ?  Dehermann. 

Château  de  Saint-Loup  (LXVI, 
238).  —  Le  château  de  Saint-Loup  près 
Decize  (Nièvre)  a  été  pendant  longtemps 
la  propriété  de  Monsieur  Humann,  ancien 
trésorier  payeur  général,  fils  du  ministre 
des  finances  de  Louis-Philippe  ;  l'erw-libris 
portant  linitiale  :  H  —  doit  lui  avoir  ap- 
partenu. D. 

*  » 
Le  château  de  Saint-Loup,  commune  de 

Saint-Germain-Chassenay,  à  9  kilomètres 


^06 

de  Decize  (Nièvre)  a  été  construit  par 
M.  Humann,  ancien  trésorier  payeur  gé- 
néral à  Nevers  et  à  Saint-Etienne,  et  fils 
de  l'ancien  ministre  des  Finances  ;  Saint- 
Loup  est  resté  dans  sa  famille  jusqu'à  ces 
dernières  années. 

H  veut  donc  dire  «  Humann  ». 

J.  H. 

Les  prénoms  au -c  Sables-d'Olonne 

(LXlV  ;  LXV).  —  11  n'y  a  pas  que  moi  qui 
ai  été  frappé  par  les  prénoms  des  Sables- 
d'Olonne.  Voici  ce  qu'on  lit, en  effet,  dans 
le  Phare  de  la  Luire  du  14  août  19 12  : 

En  Vendée,  particulièrement  dans  l'arron- 
dissement des  Sables-d'Olonnes,  vous  avej 
beaucoup  de  :  Démétrius,  Héliodore,  Aramis, 
Sylla,  Omar,  Phlladel,  parmi  les  hommes  ; 
et  de  :  Almédérine,  Damarisse,  Athanésie, 
Araerantia,  Arzéline,   parmi  les  femmes. 

Je  crois  que  l'auteur  de  ce  passage, 
M.  Martin,  avocat  à  Nantes,  et  journaliste 
distingué,  a  mis  un  peu...  d'imagination 
dans  son  énumération  !  Mais,  si  ces  pré- 
noms ne  sont  pas  à  retenir  (je  les  crois  un 
peu  fantaisistes),  le  fait  n'en  a  pas  moins 
frappé  ce  spirituel  homme  de  lettres.  C'est 
le  principal.  Marcel  Baudouin. 

Famille  Certain  (LXV,  78?  ;  LVI,  19, 

109).  — Je  trouve  le  nom  de  Certain  no- 
taire, (au  Blanc,  je  crois),  à  la  fin  du  xvi« 
siècle^  au  bas  d'un  acte  dont  l'originalité 
me  paraît  digne  d'une  citation  à  V Inter- 
médiaire. 

Auj  urd'hui  dernier  jour  de  may  l'an  mil 
cinq  cent  quatre  vingt  dix  neuf,  en  l'esglise 
de  nostre  Dame  de  Villesalem  à  la  rive  des 
processions  et  assemblées  du  dit  lieu  s'est 
présenté  René  de  Brossay  escuyer  seigneur 
de  Montan  ayant  charge  et  commandement 
exprès  de  puissante  dame  Phelippe  de  Nail- 
let,  dame  de  Moussy,  des  baronies  de  Chol- 
let  et  la  Jumelière,  des  terres  seigneuries  et 
chastellenies  du  Paimpeau,  de  L'EspJnet,  de 
Roche  et  de  Prugny., 

Lequel  parlant  aux  dames  prieures  reli- 
gieuses du  dit  lieu  de  Villesalem,  les  a  som- 
mées et  requises  de  commander  aux  servi- 
teurs de  leur  maison  de  luy  tnonstrer  ung 
lieu  establi  pour  mestre  son  cheval  et  celuy 
de  son  serviteur,  et  de  luy  donner  à  diner, 
et  à  la  personne  de  son  serviteur,  chevaux 
chiens  et  oiseau,  come  représentant  ladite 
dame  de  Moussy  dame  du  dict  Prugny  et 
suivant  la  coustume  que  de  tousiours  et  sui- 
vant de  longtemps  les  dames  prieures  et  re- 
ligieuses du  dit  couvent  avoient  de  cous- 
tume et  sont  tenues  de  (aire  et  de  donner  \ 


N»  1339    Vol.  LXVI 

• 307     

dîsner  à  la  maison  susdite,  offrant  sous  cette 
condition,  de  leur  payer  et  délivrer  à  leur 
recepveur  ou  autre  de  leur  part,  dans  les  gre- 
niers des  dits  lieux  de  Roche  ou  de  Prunier, 
seize  boisseaux  froment  à  la  mesure  du 
Blanc,  de  rente  annuelle  avec  les  arrérages 
si  aulcunssont  dûs.  A  quoi  les  dictes  dames 
ont  fait  responses  qu'elles  n'ont  point  con- 
gnoissance  du  dit  debvoir  demandé  par  la 
dicte  dame  de  Moussy,  et  qu'elles  sont 
prestes  de  recepvoir  les  dits  seize  boisseaux 
de  froment  mesure  du  Blanc  en  les  apportant 
céans  avec  les  arrérages  parce  qu'elles  les 
ont  envoyé  demander  à  la  dicte  dame  par 
plusieurs  et  diverses  fois,  sans  pour  ce  estre 
tenues  de  bailler  le  dit  dîsner, 

A  quoy  le  dit  de  Broussay  a  dit  aux  dites 
dames,  que  si  leur  aura  phi  de  délivrer  les 
acquis  et  quittances  aux  charges  et  conditions 
susdites  comme  ont  faict  les  précédentes 
dames  prieures  et  religieuses  du  dict  lieu, 
le  dict  debvoir  de  froment  au  nombre  sus- 
dict  leur  eut  esté  délivré; 

Les  dictes  dames  ont  dict  qu'elles  délivront 
(délivreront)  suivant  l'ordonnance  et  cous- 
tume  du  présent  pays,  l'acquit  des  dictes 
rentes  et  arrérages  demandés  en  leur  apr'or- 
tans  céans,  suivant  la  coustume  et  ordon- 
nance, et  non  du  dict  disner. 

Pour  de  ce  que  dessus  les  parties  nous  ont 
requis  actes  par  les  nottaires  soubscripts  es- 
tablis  par  le  Roy  nostre  sire  en  la  sénéchaus- 
sée de  Montmorillon  et  la  chastellenie  dj 
Blanc  pour  Monsieur  du  dit  lieu,  que  leur 
avons  octroyé  pour  leur  servir  et  valoir  en 
temps  et  lieu  ce  que  de  raison.  Les  jour  et 
an  susdits.  Ainsy  signé  en  la  mynute  de  ces 
présentes,  M.  Quinault  prieure  du  dict  lieu, 
René  Broussay  Tuget  et  Certain. 

Et  signé  sur  l'expédition  délivrée 

Certain,  notaire. 

(Archives  départementales  de  la  Vienne, 
série  H  L  41). 

Ce  nom  est  encore  porté  dans  le  Mont- 
morillonnais,  par  une  famille  de  braves 
et  très  aisés  propriétaires  cultivateurs  : 
gens  aux  mœurs  patriarcales,  ayant  des 
serviteurs,  mais  se  servant  ?ussi  eux- 
mêmes  ;  bref,  de  ceux  devenus  rares,  qui 
honorent  la  charrue  et  ne  s'en  trouvent 
nullement  déshonorés.  M.  A.  B. 

Famille  de  Chaamont  (LXVI,  140). 
—  Ni  daiis  lV//«jonj/  Je  la  Rochelle  par 
Laine,  ni  dans  les  ouvrages  sur  la  no- 
blesse de  Saintonge  par  Brémond  d'Ars  et 
la  Morinerie,  il  n'est  question  de  cette  fa- 
mille, qui, en  effet. semble  avoir  tenu  bien 
peu  de  place  en .  Saintonge.  Elle  est  citée 
dans  le  tome   29  des. . /archives ^bistotiçues 


L'INTBRMfiDIAIR» 


308 


de  Saintonge.  Voici  quelques  détails,  tirés 
de  la  Revue  de  Saintonge  et  d  Aunis  (An- 
nées 1899,  p,  114  et  suiv.  et  1902,  p. 
372,  373)  sur  cette  famille,  qui,  comme 
on  peut  le  supposer  par  ses  armoiries, 
pourrait  être  un  rameau  inconnu  des 
Chaumonl-Qi!itry . 

Elie  de  Ravard,  seigneur  de  l'isle,  ar- 
dent huguenot,  avait  eu  des  démêlés  avec 
joachim  de  Ghaumont,  zélé  catholique, 
seigneur  haut  justicier  de  Ribemont-Mor- 
nay,  marié  à  Renée  de  Polignac  (des  Po- 
lignac  de  Saintonge). 

Le  30  mars  1596,  une  transaction  était 
intervenue,  sauf  en  ce  qui  concernait  les 
droits  honorifiques  dans  l'église  de  Saint- 
Pierre-de-Tlsle,  ce  qui  fut  cause  d'un 
procès  terrible,  terminé  seulement  en  1608 
par  une  nouvelle  transaction,  qui  ne  calma 
pas  les  haines,  car  en  1614, dans  une  ren- 
contre à  main  armée,  les  frères  Ravard 
furent,  tués,  joachim  de  Chaumont.  ac 
cusé  d'assassinat,  fut  côhduit  en  prison, 
où  on  le  trouva  mort  le  lendemain  de  son 
incarcération.  Il  laissait  quatre  fils  : 
Emery,  dont  il  va  être  parlé  ;  Joachim, 
seigneur  de  Cherves  (destinée  inconnue)  ; 
Catherine,  femme  de  François  du  Plessis, 
seigneur  de  Châteaudun,  etjeanne,  mariée 
à  Jean  Audouin,  seigneur  des  Brousses. 

Emery  de  Chaumont  survécut  peu  à  son 
père  :  il  décéda  en  1618,  laissant  veuve 
Anne-Françoise  du  Grenier,  qu'il  avait 
.  épousée  en  1601  et  dont  il  n'eut  qu'une 
fille, Elonore.  Celle-ci  fut  dame  de  Bignay, 
de  Bellarbre  (vendu  en  1648)  et  de  Ribe- 
montiMornay,  dont  la  seigneurie  com- 
prenait la  paroissee  de  Saint-Pierre-de- 
risle.  Fille  d'honneur  de  la  Reine  mère, 
puis  dame  d'honneur  de  la  reine  d'Angle- 
terre, elle  s'allia  en  Angleterre,  le  20  dé- 
cembre 1640,  avec  Jacques  Le  Coigneux, 
président  au  parlement  de  Paris,  surin- 
tendant des  finances  de  Gaston  d'Orléans, 
dont  elle  fut  la  troisième  femme  (Il  au- 
rait été  presque  nommé  cardinal  peu  au- 
paravant). 

Gabriel  Le  Coigneux,  marquis  de  Bel- 
larbre, fils  d'Eléonore  de  Chaumont, 
donna  une  cloche,  en  1664,  à  l'église  de 
Bignay,  près  de  Saintjean-d'Angély.  La 
Revue  de  Saintonge  attribue  à  ce  sujet, 
mais  avec  quelque  doute,  au  Chaumont 
en  question  les  armoiries  suivantes,  qui 
figurent  ainsi  que  celles  des  Le  Coigneux 
sur  cette    cloche  :  écartelé    1  et  4  de...   à 


DES  CHERCHEURS  El  CUKIBUX 


lo  Septembre  i^it 


309 

Vépervier  de...,  et  2  et  ^f  de...  à  trois 
fascei  de . ..  Elle  fait  observer  que  les  Chau- 
mont-Quitry  portaient  un  fascé  d'argent 
et  de  gueules,  et  que  Renée  de  Polignac, 
aïeule  d'Eléonore,  portait  en  écartelé  : 
d'argent  à  ^fasces  de  gueules. 

Comte  DE  St-Saud. 

Clésinger.  La  lemme  piquée  par 
un  serpent  (LXV).  —  La  femme  pi- 
quée date  du  Salon  de  1848,  il  en  existe 
des  reproductions  et  descliciiés. 

La  présidente  s'appelait  Mme  Sabatier  ; 
elle  était  la  maîtresse  du  banquier  Mossel- 
man  —  et  fut  celle  aussi  de  Clésinger, 
qui,  en  souvenir  de  son  corps  admirable, 
en  fit  le  modèle  de  sa  statue. 

B.   DE    COURRIÈRE. 

Famille    du    Bois    de     Fiennes 

(LXV,  49,  323,  663,  854;  LXVl,  99,  m). 

—  La  généalogie  de  la  famille  du  Bois  de 
Fiennes  se  trouve  notamment  dans  le  : 
Nobiliaire  des  Pays-Bas  et  du  Comté  de 
Bourgogne.^  par  le  baron  de  Herckenrode, 
Gand  1865,  éditeur  Gyselynck. 

P.    Taffin. 

Le  premier  tableau  médaillé  de 
Jules  Dupré  (LXVl,  193)  Une  eau- 
forte  de  Chauvel,  éditée  parTooth  à  Lon- 
dres, reproduit  de  Jules  Dupré  un  «  Pas- 
sage d'animaux  sur  un  pont  dans  le 
Berri  ».  Ce  doit  être  le  tableau  en  ques- 
tion. 

Cette  eau-forte  a  été  elle-même  repro- 
duite en  hors-texte,  format  in-4,  par  la 
Revue  Illustrée  (L.  Baschet,  éditeur,  12 
rue  de  l'Abbaye, Paris)  dans  le  numéro  du 
i*""  novembre  1889,  parmi  d'autres  illus- 
trations d'une  courte  notice  sur  Jules  Du- 
pré, due  à  M.  Maurice  Hamel. 

C.    Dehais. 

L'amiral  de  Lacrosse  (LXVI,  190). 

—  On  lit  dans  les  Batailles  navales  de  la 
France  par  Troude  (Challamel  aîné  1868) 
tome  IV,  p.  209,  le  passage  suivant  : 

Le  contre-amiral  Lacrosse  a  dirigé  pendant 
quelques  mois  un  démembrement  de  l'ar- 
mée du  vice-amiral  Bruix.  Il  n'a  servi  acti- 
vement qu-  dans  la  flottille  de  la  Manche 
qu'il  a  commande'e  eu  chef.  11  a  été  orouver- 
neur  de  la  Martinique  sous  la  République  et 
préfet  maritime  à  la  fin  de  l'Empire, 

Voir  aussi  dans  le  même  ouvrage,  aux 


310 


pages  280  et  281  du  volume  11  et  aux  pa- 
ges 7,  5ï,  188,  321,   324  du  volume  111. 

V    A.  T. 

Philippe  -  Charles    de    La    Fare 

("LXVl,  209).  — Ne  le  is  février  1687, 
Philippe  Charles  de  La  Fare  entra  aux 
mousquetaires  en  1701  et  se  trouva  à 
l'affaire  de  Nimègue  (1702).  Sous-lieute- 
nant  au  régiment  du  Roi  en  1703,  il  as- 
sista en  cette  qualité  à  la  prise  de  Bri- 
sach  et  de  Landau  et  à  la  bataille  de 
Spire.  Nommé  enseigne  de  la  compagnie 
colonelle  du  régiment  du  Roi  le  16  jan- 
vier 1704,  il  obtient,  le  7  juin  de  cette 
même  année,  le  régiment  d'infanterie  du 
Gâtinais,  qu'il  va  joindre  en  Italie,  où  il 
prend  part  aux  batailles  de  Cassano 
(1705)  et  de  Caicinato  (1706).  En  1707,  il 
est  au  siège  de  Toulon  ;  de  1708  à  1712, 
àl'armée  du  Dauphiné. 

Il  succéda  à  son  père,  Charles-Auguste 
de  La  Fare^  le  29  mai  de  cette  dernière 
année  dans  la  charge  de  capitaine  des 
gardes  du  duc  d'Orléans.  En  1714,  il  est 
à  l'armée  d'Espagne,  où  il  se  trouve  au 
siège  de  Barcelone. Fait  brigadier  en  17  16, 
il  obtient  le  régiment  de  Normandie  en 
1717  et  est  nommé  lieutenant  général  au 
gouvernement  de  Languedoc  pour  le  Vi- 
varais  et  le  Velay,  en  septembre  1718. 
En  17 19,  il  fit  partie  de  l'-^irmée  d'Espa- 
gne,prit  part  aux  sièges  de  Fontarabie,  de 
Saint-Sébastien  et  de  Roses,  et  fut  nommé 
maréchal  de  camp  le  10  avril  1720.  Gou- 
verneur du  château  d'Alais  et  des  Céven- 
nés  le  i''  janvier  1721,  il  fut  chargé  la 
même  année  d'une  mission  en  Espagne, 
où  il  obtint  le  collier  de  la  Toison  d'or 
(21  janvier  1722).  Commandant  en  chef 
en  Languedoc  (22  février  1724)  et  cheva- 
lier des  ordres  du  Roi  le  13  mai  1731,  il 
servit  à  l'armée  du  Rhin  en  1734,  assista 
au  siège  de  Philipsbourg  et  fut  nommé 
lieutenant  général  le  i^'  août  de  cette 
même  année.  Il  resta  à  l'armée  du  Rhin 
jusqu'à  la  paix  et  obtint,  le  29  mars 
1738,  la  charge  de  lieutenant  général  du 
comté  nantais.  En  1741,  il  fit  partie  de 
l'armée  de  Bavière  et  de  Bohême  et  prit 
part  au  siège  et  à  la  retraite  de  Prague.  De 
1743  à  1745,  il  servità  l'armée  d'Alsace 
sous  Coigny,  puis  sous  Conti,  qu'il  suivit 
aux  Pays-Bas  en  1746.  Créé  maréchal  de 
France  le  19  octobre  de  cette  même  année, 
il  obtint, le  3  décembre  1751,1e gouverne- 


N» 


»339. 


Vol.  LXVI. 
Ml 


t'INVHRMÉOIAÏKJa 


ment   de  Gravelines  et,   comme  le  dit  B. 
F.,  mourut  a  Paris  le  4  septembre  17^2. 
J'ignore  le  lieu   de  la  naissance  de  ce 
personnage  militaire.  Nauticus. 

Lamartine  :  où  fut  composé  «  Le 
Lac  »  (LX)  —  M.  Lôon  Séché,  sur  cette 
question,  publiée  dans  le  Gaulois,  29  août 
1912,  un  remarquable  article  d'où  nous 
extrayons  le  passage  suivant  : 

Il  y  a  trois  ou  quatre  ans, une  discussio" 
s'éleva  dans  V Int'rmédiaire  des  Chercheur^ 
et  Curieux  sur  le  point  de  savoir  à  quel  en- 
droit précis  du  lac  du  Bourget  la  poésie  de 
Lamartine  avait  pu  jaillir  de  son  cœur. Je  suis 
en  mesure  do  répondre  à  cette  question.  On 
croit  généralement  que  Le  Lac  fut  composé 
sur  la  colline  de  Tresserye,  à  l'endroit  qu'on 
appelle  encore  aujour.l'hui  «  le  bois  de  La- 
martine »,  bien  que  ce  bois  de  châtaigniers 
n'e.xiste  plus.  C'est  une  légende  que  les  vers 
mêmes  du  poète  suffiraient  à  détruire.  Reli- 
sons-les plutôt  ensemble  : 
O  lac  !  l'année  à  peine  a  fini  sa  carrière. 
Et  près  des  flots  chéris  qu'elle  devait  revoir, 
Regarde,je  viens  seul  m'asseoit  sur  cette  pierre 

Où  tu  la  vis  s'asseoir. 
Tu  mugissais  ainsi  sous  ces  roches  profondes, 
Ainsi  tu  te  brisais  sur  leurs  flancs   déchirés, 
Ainsi  le  vent  jetait  l'écume  de  tes  ondes 
Sur  ses  pieds  adorés. 

Or,  de  l'extrémité  de  la  colline  de  Tres- 
serve  au  lac,  du  côté  du  Petit-Port,  il  y  a 
plusieurs  centaines  de  mètres,  et  le  seul  en- 
droit du  rivage  où  il  y  ait  des  roches  pro- 
fondes et  où  l'on  puisse,  étant  assis,  recevoir 
l'écume  des  eaux,  c'est  le  cap  S  lint-Inno- 
cent.  Ouvrons,  d'ailleurs,  le  roman  de  Ra- 
phael  à  la  page  où  Lanzartine  raconte  la 
promenade  qu'il  fit  au  bord  du  lac  avec 
Julie  (Charles),  la  veille  de  leur  départ  d'Aix- 
lesBains. 

«  Cette  futaie  de  Saint-Innocent,  dit  il, est 
un  cap  qui  s'avance  au  milieu  des  flots  dans 
la  partie  la  pius  mélancolique  et  la  plus  in 
habitable  de  la  rive.  Elle  se  termine  à  quel- 
ques rochers  de  granit  lavés  par  l'écume 
quand  le  vent  la  soulève,  secs  et  luisants 
quant  le  flot  est  retombé.  Nous  nous  assî- 
mes chacun  sur  une  de  cês  pierres  continués. 
Hn  face,  l'.ibbaye  de  Hautecombe  pyramidait 
en  noir  devar.t  nous,  de  l'autre  côté  du  lac, 
Nous  regardions  une  petita  tache  blanche 
qui  brillaitau  pied  des  terrasses  sombres  du 
monastère.  C'était  la  maison  du  pêcheur  où 
ces  flots  nous  avaient  jetés  tous  les  deux 
pour  nous  réunir  éternellement  par  le  ha- 
sard de  cette  rencontre...  > 

Cela  étant,  quoi  de  plus  naturel  que  La- 
martine, en  apprenant  au  mois  de  septembre 
1817  que  Mme  Charles,   mourante,  ne  pour- 


rait pas   le  rejoindre 
sur  une   des    pierres 


j,2    ■ 

à  Aix.  ait  été  pleurer 
où  l'année  d'avant  ils 
s'étaient  assis  tous  deux  ?  A  défaut  d'une  au- 
tre indication,  je  n'hésiterais  pas  une  minute 
à  désigner  la  pointe  avancée  du  cap  Saint- 
Inno>:ent  comme  ét.mt  «  le  lieu  de  l'inspira- 
tion du  Lie  ».  Mais  j'en  ai  trouvé  une  autre 
très  précise  dans  une  lettre  de  Louis  de  Vi- 
gnet  à  Giiichard  de  Bienassis,  qui  est  entre 
mes  mains,  et  l'on  ne  saurait  mettre  en 
doute  la  parole  de  Vignet,  puisqu'il  était  à 
Aix  avec  Lamartine  quand  fut  composée 
ÏOde  au  Lac.  C'est  bien  au  cap  Saint-Inno- 
cent que  jaillirent  ces  stances  immortelles. 
Et  voilà  pourquoi  le  monument  d'Elvire 
sera  érigé  là,  pour  le  centenaire  du  Lac,  en 
1917... 


Famille  de  Malherbe  (LXVI,  190). 
—  Le  poète  François  de  Malherbe, 
Ecuyer.  sieur  de  Digny,  Gentilhomme  de 
la  Chambre  (1555-1628),  de  la  branche 
cadette  de  Missy,  était  fils  aîné  d'autre 
François  et  de  Louise  Le  Vallois.ll  épousa, 
en  Provence,  Madeleme  de  Coriolis,  dont 
il  fut  le  troisième  mari.  Celle-ci,  fille  de 
Louis  de  Coriolis,  Président  au  Parlement 
de  Provence,  et  d'Honorée  d'Escalis,  était 
veuve  en  premières  noces  de  Balthazar 
de  Catin,  seigneur  de  Saint-Savournin, 
et  en  deuxième  mariage  de  Jean  de  Bour- 
don, seigneur  de  Boue. 

Les  auteurs  consultés  ne  constatent 
qu'une  alliance  indirecte  de  la  famille  de 
Malherbe  avec  les  Turgot.  Dans  la  bran- 
che ainée  du  Bouillon,  Jacques  de  Mal- 
herbe, Ecuyer,  seigneur  du  Bouillon  et 
d'Ecorchebœuf,  Lieutenant  général  et  cri- 
mmel  au  Bailliage  et  siège  présidial  de 
Caen,  épousa,  par  contrnt  du  14  février 
1580,  .Marie  Auger,  laquelle  était  sœur 
de  Madeleine,  femme  d'Antoine  Turgot, 
Hcuyer,  seigneur  de  Saint-Clair,  Rcstau- 
dière,  Lanteuii,  Manneville,  etc.  (LaChe- 
naye-Desbois,  tomes  13  et  19). 

M A DEL. 


l'ai  dans  ma  bibliothèque  les  Œuvres 
poétiques  de  Malherbe  éditées  par  Prosper 
Bianchemain  en  1877  ^Librairie  des  Bi- 
bliophiles, rue  Saint-Honoré  338)  en 
tète  desquelles  il  a  mis  d'assez  longues 
notes  biographiques  sur  Malherbe  ;  j'y 
puise  pour  répondre   à  la  question  posée. 

François  de  Malherbe  naquit  à  Caen,  en 
I5S5,  de  François,  sieur  de  Digny,  conseiller 
du  roi  au  siège  présidial  de  Caen  et  de  Louise 
Le  Vallois,  mariés  le  »3  juillet   1554, 


DBS  CHBRCHBUKS  HT  CURIEUX 


31} 


A  propos  de  Le  Vallois,  il  existe  à  Caen 
un  hôte!  Le  Vallois  (ou  d'Escoville)  que  je 
me  souviens  avoir  vu  lors  du  Congrès  ar- 
chéologique tenu  à  Caen  en  1908.  Cet  hôtel 
a  été  bâ'.i  par  Nicolas  Le  Valais,  sieur  d'Es- 
coviile.niort  en   1  S41 . 

François  de  Malherbe  fut  envoyé  succes- 
sivement à  Paris,  Bâie  et  Heidelberg  pour 
compléter  son  éducation,  puis  il  revint  à 
Caen  qu'il  quitta  pour  la  Provence  où  il  de- 
vint secrétaire  de  Henri  d'AngouIéme,  fils 
naturel  de  Heiiri  II.  11  épousa,  à  26  ans, 
Madeleine  de  Carrioiis  ou  Corriolis,  fille 
d'un  Président  au  Parlement  de  Provence  et 
veuve  de  deux  maris.  11  en  eut  Hf  nri,  né  en 
iS^isà  Aix,  mort  à  Caen  en  '^87.  Jourdaiîîe, 
née  en  1591  en  Normandie,  morte  de  la 
peste  à  Caen  en  1599, Marc  Antoine  né  à  Aix 
en  lôoo,  tué  en  duel  en  1626,  par  Paul  Fortia, 
seigneur  de  Piles. 

A  propos  des  alliances  de  la  famille  de 
Malherbe  (seconde  partie  de  la  question) 
je  trouve  dans  mes  archives  familiales 
qu'en  1721,  Louise  Hérault,  fille  de  Ga- 
briel, écuyer,  seigneur  de  Bellesmes,  La 
Petitière,  etc.,  etc.,  épousa  Jacques  de 
Malherbe,  écuyer,  seigneur  et  patron 
d'Augé  et  de  Daltiniere,  et  aussi  qu'en 
1^74  Marie  Hérault  épousa  Charles  de 
Malherbe^  écuyer,  seigneur  des  Carrières 
(on   trouve   aussi    comme  date    1'*''   mai 

Peut-être  encore  Françoise  Hérault 
épousa-t-elle,  en  1572,  Guillaume  de  Ma- 
lherbe, écuyer,  seigneur  de  Clopée. 

D'après  Chamillart,  Michel  Hérault, 
écuyer,  seigneur  de  Brezelle  et  de  la  Be- 
nastière  (1603  f  13  octobre  1675)  aurait 
épouséen  premières  noces  Isabeau  Le  Val- 
lois.  G.  DE  La  Véronne. 


Famille  de  Montsaulnin  (LXVI, 
190).  —  Cette  famille  est  originaire  du 
Dauphiné,  mais  une  branche  importante 
est  fixée  depuis  longtemps  dans  le  Berry, 
et  l'un  d'eux  y  fut  député,  il  y  a  quelques 
années.  Elle  possède, aux  environs  de  Né- 
rondes,  le  château  de  Fontenay.  Le  comte 
de  Montsaulnin,  marquis  de  Montai,  ba- 
ron de  Fontenay,  a  ce  dernier  château, 
parNérondes  (Cher).  En  s'adressant  a  lui' 
on  obtiendrait  certainement  tous  les  ren- 
seignements désirés.  Sinon,  voiràlaBi- 
bliotheque  Nationale,  Cabinet  des  Titres. 
Armes  :  de  gueules.,  à  j  léopards  cVor^  l'un 
sur  l'autre.  E.   Grave. 


10  Septembre  I9l«. 
314 

Philibert  de  Chalon.  prince  d'O- 
range (LXV,  83 1  ;  LXVI,  63,  1 5 5.— 'Voir  le 
livre  d'Ulysse  Robert  (Pion.  1902).  Phili- 
bert de  Chalon,  lils  de  Jean  IV  et  de  Phili- 
berte  de  Luxembourg,  mort  sans  alliance 
en  1550,  avait  une  sœur  aînée,  Claude  de 
Chalon,  morte  en  }52i,  qui  avait  épousé, 
en  I T 1 5 ,  Henri  de  Marsan,  dont  elle  eut  un 
fils,  René. 

Lire  U.  Robert  {Phiiihert-Chilon)  no- 
tamment les  pages  462  et  suivantes  sur 
Philiberte  de  Luxembourg  s'occupant,  dans 
son  château  de  Lons  le-Saunier,  dérégler 
avec  son  gendre  les  questions  relatives  à 
la  succession  échue  au  jeune  René. 

L. 

Randon  de  PuUy  (LXVI,  5).  — 
A  propos  de  cette  famille,  je  trouve 
dans  \  Almanach  du  Poitou  pour  1779  ; 

Randon,  receveur  des  tailles  des  deux  exer- 
cices de  l'élection  de  Fontenay. 

(Page  137). 

et  parmi  les  Receveurs  généraux  des  Finan- 
ces, Randon  d'Hannucourt,rue  de  Richelieu, 
à  Paris,  de  l'exercice  impair. 

(Page  159). 

Ces  Randon  étaient- ils  parents  des 
Randon  de  Pully  ? 

G.  DE  La  Véronne. 


Jean-Jacques  Rousseau.  Sa  mort 

(T  G.  789  ;  i;  IX  ;  XI  ;  XIv'  ;  XXill  ;  LV  ; 
LXVI,  195).  —  Nous  recevons  la  lettre 
suivante  : 

Gouvieux  (Oise) 

Le  28  août  1912 

Monsieur  le  Rédacteur, 

Dans  le  n°  du  20  août  de  ['Intermédiaire 
des  Chercheurs  et  Curieux^  vous  annoncez, 
sous  la  rubrique  :  «  Jean-Jacques  Rousseau 
et  son  genre  de  mort  »,  que  le  D'  Julien 
Raspail  (et  non  Jules)  vient  de  rouvrir 
bruyamment  cette  controverse  par  une  étude 
publiée  dans  la  Revue  de  Paris^  et  vous  le 
qualittez  de  petit-fils  de  Xavier  Raspail. 

Pour  des  raisons  particulières,  je  tiens  à  ré- 
tablir que  le  D""  Julien  Raspail  est  le  fils  de 
mon  frère  Emile,  décédé  en   1887. 

Comptant,  Monsieur  le  Rédacteur,  que 
vous  me  donnerez  satisfaction  en  insérant 
cette  rectification,  je  vous  prie  d'agréer  l'as- 
surance de  ma  considération    distinguée. 

Xavier  Raspail. 


N»  1339  Vol.  LXVI. 


L'IN  TBRMÊDIAIRB 


31Ç    

*  * 
Erratum.  L'étude  du  docteur  Julien  Ras- 

pail  a   été   publiée  dans  la  Grande  Revue^ 

comme  nous  l'avons  écrit,  et  non  dans  la 

Revue  de  Pari<:. 

Maison  habitée  par  Jean-Jacques 
Rousseau,  rue  Platrière  (T.  G.,  590  ; 

LXV'l,  1121.  —  Le  Coniiié  des  Inscrip- 
tions Parisiennes  n'a  jamais  pu  donner 
une  solution  favorable  à  la  question,  et 
quoi  qu'en  dise  M.  Valère  Fanet,  elle  n'est 
pas  encore  résolue.  Les  visits  de  Bernar- 
din de  Saint-Pierre,  d'Eymar  de  Mar 
scille,  et  de  Manon  Philipon  peuvent  fort 
bien,  comme  il  le  reconnaît  lui-même, 
avoir  eu  lieu  dans  des  locaux  différents, 
mais  qui  prouve  que  ce  soitdins  !a  même 
maison?  Kousseau  a  très  bien  pu.  lors- 
qu'il a  donné  une  servante  à  sa  femme 
malade,  aller  dans  un  autre  immeuble. 
D'après  les  uns,  il  demeurait  au  2,  d'après 


316 


les  autres,  au  10:  or,  il   a  fort  bien 


pu 


habiter  les  deux. 

A  ce  propos,  je  tiens  à  rectifier  ma  note 
de  Vltitermédiaire  du  10  mars  1884  Au 
lieu  du  Moniteur  au  4  juillet  1851,  page 
:83i,  col  3.  il  faut  lire  :  i'^  juillet  1851, 
page  1849,  ^'^'-  ^-  L'auteur  de  l'article, 
reproduit  d'après  le  Siècle,  tient  pour  le 
10,  et  en  cela,  il  est  absoloment  d'accord 
avec  le  plan  de  Maire,  qui  ne  place  pas 
du  tout  la  maison  à  l'angle  de  la  rue 
Coquillière.  mais  un  peu  plus  loin,  à 
droite.  Gomboust 

Voici  l'article  du  Moniteur  dont  il  vient 
d'être  parlé  : 

Beaucoup  d'étrangers  parmi  ceux  qui 
se  trouvent  en  ce  moment  à  Paris,  les  An- 
glais principalement,  qui  ont  voué  une  ad- 
miration sincère  à  Jean-Jacques  Rousseau  et 
à  ses  écrits,  se  rendent  dans  la  rue  qui  porte 
aujouid'hiii  son  nom  pour  visiter  la  maison 
où  il  a  passé  les  dernières  années  de  sa  vie 
Mal  renseignés  le  plus  souvent  par  les  per- 
sonnes du  quartier  elles-mêmes,  qui  pensent, 
comme  beaucoup  de  Parisiens,  que  l'illustre 
Genevois  demeura  d^ns  la  maison  portant  le 
n"  2  de  cette  rue,  et  qui  vient  d'être  démolie 
et  reconstruite  pour  l'élaigissement  de  la  rue 
Coquillière,  ils  s'étonnent  à  bon  droit  qu'au- 
cun monument  commeivoratif  ne  rappelle  le 
dernier  séjour  que  ce  philosophe  célèbie  a 
fait  dans  nos  murs. 

Nous  croyons  devoir  rappeler  à  ce  sujet  ce 
qui  a  été  dit  dans  ce  journal  il  y  a  quelques 
mois,  lorsqu'il  fut  quoition  'ie  déniolir  la 
maison  du  n°  3.  Ce  n'est  pas  dans  cette  mai- 


son que  Jean-Jacques  Rousseau  habita.  Celle 
où  il  demeura  pendant  huit  années,  jusqu'à 
son  départ  pour  Ermenonville,  n'a  pas  été 
démolie.  L'aspect  extérieur  n'en  a  pas  été 
changé,  et  c'est  à  peine  si  quelques  légères 
modifications  ont  été  apportées  dans  sa  dis- 
tiibution  intérieure. 

Cette  maison  porte  le  n"  lo  de  la  rue, 
presque  vis-à-vis  de  l'hôtel  de  l'Administra- 
tion des  Poste-.  C'est  là  que  jean-Jacques 
occupait  un  appartement  au  4^  étage  de  cette 
maison,  et  où  il  fut  visité  par  les  hommes 
les  plus  émineiits  de  la  seconde  moitié  du 
xvm*  siècle.  (Siècle) 

Rousseau  (  Généro4  Guillaume- 
Charles)  (LXVI,  142,257).—  Né  le  2-  no- 
vembre 1772  ;  marié  le  8  aoijt  1810  à 
Geneviève-Charlotte  Le  Boul  ;  mort  le 
i"  octobre  1834  ;  officier  de  la  Légion 
d'honneur  ;  major  des  fusiliers  de  la 
garde;  général  de  brigade  1813  ;  che- 
valier de  l'Empire  en  1810  et  baron  par 
lettres  patentes  du  19- juin  1813  ;  dona- 
taire d'une  rente  de  7000  fr.  sur  le  .Mont- 
de-Milan  1808,  en  Illyrie  181 1,  sur  le 
Trasiméneen  181 5.  ~  Il  eut  deux  filles 
dont  l'une,  Michelle-Mathilde  épousa  N... 
Mecquier.  —  Armoiries  :  d'argent  au  Hou 
rampant  de  gueules,  tenant  de  la  dextre 
une  èpct  haute  de  sable  et  appuvè  de  la  se- 
nestre  sur  un  cor-de-cbasse  du  même  ;  au 
comble  d'azur  chargé  de  2  étoiles  d'or  ;  au 
franc-canton  brochant  :  de  gueules  à  Vépée 
haute  en  pal  d'argent  qui  est  de  :  baron 
militaire.  (Armoriai  du  /""  Empire,  par 
Révérend,  IV,  182)         Petracorensis, 

Saint-Aalaire,  acteur  (LXVI,  191). 
—  Ce  fut  le  premier  professeur  dcRachel. 
Pierre,  Jacques  Porlier-Pagnon,  dit  Saint- 
Aulaire,  était  originaire  de  Rouen,  où  il 
naquit  en  1793.  Nous  le  trouvons  en 
1817-18  à  Bordeaux,  aux  appointements 
modestes  de  11500  francs.  Visage  mâle, 
taille  élevée,  bon  timbre  de  voix,  mais 
acteur  froid,  tel  était  Saint-Aulaire  qui 
fut  relégué  dans  l'emploi  des  raisonneurs 
et  des  confidents.  Appelé  à  la  Comédie- 
Française,  il  y  débuta  le  2  mai  1820  et  fut 
nommé  pensionnaire.  Le  i*""  avril  1826,11 
fut  élevé  au  sociétariat. 

Excellent  professeur,  Saint-Aulaire  ou- 
vrit alors  un  cours  de  déclamation  (au- 
jourd'hui, nous  dirions  «  diction  »)  au 
Théâtre  Molière,  rue  Saint-Martin.  C'est 
là  qu'il  donna  les  premières  leçons  à  celle 


OBS  CHBRCftHUR»  HT  CURIBUX 


lo  Septembre  191  s  . 


317 


318 


qui  devait  s'illustrer  dans  la  tragédie  sous 
le  nom  de  Rachel.  Contraint  de  fermer 
ce  cours,  parce  que,  contrairement  aux 
règlements,  il  y  admettait  des  élèves  du 
Conservatoire,  Saint-Aulaire,  acteur  très 
utile,  continua  son  service  à  la  Comédie. 
Mais,  comme  tous  les  acteurs  utiles,  il  fut 
nécessairement  beaucoup  plaisanté,  et 
c'est  à  propos  de  lui  et  de  son  camarade 
Desmousseaux  que  le  sarcastique  Samson 
improvisa  un  jour  cette  boutade  qui  fit 
le  tour  des  coulisses  : 

Entre  ces  deux  talents  je  dem-.'ure  anxieux  : 
Quand  je  vois  Desmousseaux,  j'adore  Saint- 
Aulaire, 
Mais    lorsque    Saint-Aulaire,  hélas  !  s'offre  à 

mes  yeux, 
C'est  Desmousseaux  que  je  préfère. 

Saint-Aulaire  se  retira  le  i*"'  avril  1841, 
et  mourut  à  Paris,  boulevard  des  Italiens  4, 
le  II  mai  1864.  Ayant  eu  une  représen- 
tation de  retraite  à  la  Comédie,  il  en 
abandonna  le  tiers,  soit  frs  654,5c  à  la 
Société  des  Artistes  dramatiques.  Le  Vau- 
deville compta  dans  sa  troupe,  en  1819, 
une  madame  Saint-Aulaire. 

On  vit  au  Salon  de  1839  "'^^  peinture 
de  Planât,  représentant  Saint-Aulaire  dans 
le  rôle  de  Claudius  d'Hamtet,  et  l'on  peut 
voir  encore  son  portrait  dans  le  tableau 
les  Sociétaires  de  la  Comédie  française  en 
1840,  par  Getïroy.  Musée  de  la  Comédie. 

M.  Petracorensis  demande  pourquoi  ce 
brave  artiste  avait  pris  le  pseudonyme  de 
Saint-Aulaire  ?  Mais  probablement  pour 
sacrifier  à  la  mode  de  l'époque  qui  nous 
a  donné  au  théâtre  Saint-Ange,  Saint- 
Aubin.  Saint-Clair,  Saint-Elme_,  Saint-Er- 
nest, Saint-Eugène,  Saint-Fal,  Samt-Fir- 
min,  SaintGérand,  Saint-Hilaire,  Saint- 
Huberty,  Saint-Jules,  Saint-Léger,  Saint- 
Léon,  Saint-Marc,  Saint  Martin,  Saint- 
Preux,  Saint-Prix,  Saint-Romain,  Saint- 
Val.  Saint- Victor  et  Saint-Yves. 

Henry  Lyonnet. 

La  Taglioni  aXVI,  191).  -  On 
trouvera  dans  le  Vapereau  Aq  1870  des  in- 
dications sur  la  célèbre  danseuse,  qui  est 
née  à  Stockholm  en  1804,  d'un  père  né  à 
Milan.  Tous  les  membres  de  la  famille 
sont  des  danseurs,  et  son  frère  Paul  eut 
une  fille,  également  nom.mée  Marie. 

Il  existe  un  portrait  d'elle  gravé  sur 
acier,  par  Vidal  qui  la  représente  dans  le 
rôle  de  la  %<  Sylphide  ».  On   trouvera  en- 


core, si  je  ne  me  trompe,  quelques  anec- 
dotes sur  elle,  dans  les  Petits  Mémoiies  de 
l'Opéra  du  baron  de  Boigne.  Une  lettre 
d'elle  adressée  à  un  M.  Laporte,  n'a  trait 
qu'à  un  compte  qu'elle  désire  voir  termi- 
ner. Elle  est  datée  du  8  octobre  1832. 

E.  Grave. 

* 

Le  petit-fils  de  la  Taglioni  est  le  comte 
Gilbert  de  Voisin  (45  rue  de  Lisbonne). 

11  est  infiniment  plus  simple  de  s'adres- 
ser à  lui. 

Tugdual  de  Kermoysan  (LXVI, 
192).  —  Dit  :  Le  Bourgeois,  chevalier 
sous  le  connétable  de  Richemont,  l'ac- 
compagna dans  toutes  ses  guerres  ;  il  se 
distingua  au  siège  de  Saint  Denis  en 
143  5,  et  entra  le  premier  à  l'assaut  dans 
la  place  ;  battit  les  Anglais  l'année  sui- 
vante, dans  la  plaine  de  Saint-Denis; 
monta  le  premier  sur  la  brèche,  au  siège 
de  Montereau  en  1437  ;  contribua  à  la 
reddition  de  Meaux  en  1439  ^  conduisit 
l'attaque  au  siège  de  Caen  en  1459  et 
y  fut  tué,  dans  la  tranchée,  d'un  coup  de 
couleuvrine.  La  famille  de  Kermoysan,  en 
Cornouailles,  seigneurs  de  Goasmap,  du 
Rumeur,  de  Kericuff,  de  Leslech,  portait  : 
de  gueules  à  7  coquilles  d'argent.  ^,  j  et  i. 
(Pol  de  Courcy,  Nobiliaire  de  Bretagne). 
On  voit  que  le  lieu  et  la  date  de  la  mort 
de  Tugdual  ne  sont  pas  les  mêmes  que 
ceux  indiqués  par  Quaesitor,  mais  quant  à 
la  date,  c'est  P.  de  C  qui  se  trompe,  car 
Cherbourg  et  Caen  rentrèrent  en  posses- 
sion des  Français  en  1450.  Quant  au  lieu, 
je  n'ai  pas  les  éléments  pour  choisir  entre 
Caen  et  Cherbourg.  Nisiar. 


* 
*  ♦ 


Jusqu'au  xiv«  siècle,  les  Kermoysan  por- 
taient le  nom  de  «  Bourc'his  »,  en  fran- 
çais, «  bourgeois  ». 

Le  premier  seigneur  connu  de  cette 
maison  qui  a  possédé  les  fiefs  de  Ker- 
Bourc'his,  Kermoysan  etc.,  (en  Pomme- 
rit-le-Vicomte,  Evêché  de  Tréguier)  se 
croisa  en  1248.  Bernard  donne  quittance 
de  ses  gages  et  de  ceux  de  sa  compagnie, 
servant  aux  guerres  de  Normandie,  à 
Pont-Audemer,  en  1357.  Payen  ratifie 
le  traité  de  Guérande  en  1381.  Guillaume, 
sénéchal  de  Cornouailles, en  1382. 

Yvon,  qui  vivait  en  1380,  est  l'auteur 
de  :  1°  lean,  marié  vers  1409  à  Amice  de 
Kermeur,2°Thugdual;dit«le  Bourgeois  », 


K'    1)39. 


Vol. 


LXvI 

319 


L   NXiiHMJf<»iAIRÈ 


chevalier,  sous  les  ordres  de  l'Amiral  de 
Coëtivy  et  du  connétable  de  Richemont, 
qu'il  accompagna  dans  toutes  leurs  guer- 
res. 11  défendit,  en  1420,  le  château  de 
Mont-Aiguillon,  en  Brie,  dont  il  était  gou- 
verneur, contre  le  duc  de  Bourgogne  et  le 
roi  d'Angleterre  ;  se  distingua  au  siège  de 
Saint-Denis  en  143  ">  et  entra  le  premier,  à 
l'assaut,  dans  la  place  ;  battit  les  Anglais, 
l'année  suivante,  dans  la  Plaine  de  Saint- 
Denis  ;  monta  le  premier  sur  la  brèche, 
au  siège  de  Montereau.  en  1437  ;  contri- 
bua à  la  reddition  de  Meaux,  en  1439; 
fut  capitaine  de  Saint-Germain-en-Laye, 
en  1443  ;  conduisait  l'attaque  au  siège  de 

Caen,  en  1459,  ^^  Y  ^^^  ^"^'  *^^"''  '^  tran- 
chée, d'un  coup  de  coiileuvrine. 

La  branche  ainée  fondue  au  xvi*  siècle 
dans  le  Borgne  de  la  Ville  Balain,  puis  du 
Perrier. 

Thugdual  portait  :  De  gueules  à  sept 
coquilles  d'j/gent,  3,  3  et  i.  Ecu  tmibré 
d'un  heaume  cime  d'une  tête  d'aigle  : 
supports  :  deux  aigles.  (^Sceau  appendu  à 
une  quittance  de  gages  de  Garde  de  la 
place  de  Monteclerc,  10  juillet  1447. 
Coll.  Clair.  R.  2s,  P.  1849). 

Bernard,  en  i-,  S7,  à  Pont-Audemer, 
scellait  d'un  ecu  portant  trois  coquilles, 
au  bâton,  en  bande,  brochant.  [Ibid). 

Potier  de  Courcy,  indique  mêmes  ar- 
moiries, et  aliàs  :  Dr  gueules  à  deux  fnscès 
d'argent  accompagnées  de  sept  coquilles  de 
même,  d'après  un  sceau  de  141b. 

P.  LE  Vayer. 

Une  réplique  delà  «  Simplicité  », 
tableau  de  orreuze  fLXVl,  238).  — 
Col.  239,  ligne  34,  lire  :  *<  Collection 
Morrison  ». 

La  course  des  apothicaires  dans 
«  Monsieur  de  t-ourceaugnac  » 
(LXV,  64.4,  814;  LXVl,  2s).  —Je  crois 
qu'il  n'existe  aucune  édition  de  Molière 
donna  .t  d'autres  indications,  sur  la  mise 
en  scène  de  «  La  Course  dce  apothicaires» , 
que  celles  que  l'on  trouve  partout,  c'est- 
à-dire  pendant  que  les  deux  médecins 
chantent  : 

«  Piglia  lo  su, 
Signor  .-ronsu  ; 
Che  non  ti  fara  maie  »,  etc. 

'<  M.  de  Pourceaugnac,  mettant  son  cha- 
peau pour  se  garantir  des  seringues,  est 
suivi  par  les  deux  médecins  et  par  les  ma- 


320 

tassins  :  il  passe  par  derrière  le  théâtre, 
et  revient  se  mettre  sur  sa  chaise,  auprès 
de  laquelle  il  trouve  l'apothicaire, qui  l'at- 
tendait :  les  deux  médecins  et  les  matas- 
sins  rentrent  aussi. 

...  M  de  Pourceaugnac  s'enfuit  avec  la 
chaise,  l'apothicaire  appuie  sa  seringue 
contre, et  les  médecins  et  les  matassins  le 
suivent.  » 

Voilà  ce  qu'a  écrit  Molière,  et  ce  qui 
ne  semble  pas  supposer  une  poursuite 
dans  la  salle.  Cependant,  cette  tradition 
semble  déjà  assez  ancienne,  si  j'en  juge 
par  le  fragment  suivant,  signé  Emile  de 
La  BédoUière,  et  découvert  dans  une  édi- 
tion qui  doit  dater  du  milieu  du  xix' 
siècle  : 

«  Cizeron-Rival,  auteur  des  Récréations 
littéraires,  prétend  que  Lulli,  ayant  en- 
couru la  disgrâce  de  Louis  XIV,  rentra  en 
faveur  en  jouant  une  seule  fois  le  rôle  de 
Pourceaugnac.  Après  avoir  longtemps 
couru  sur  le  théâtre  p6tiY  éviter  les  apo- 
thicaires, se  voyant  serré  de  près,  il  sauta 
sur  la  boîte  du  clavecin,  qui  était  au  mi- 
lieu de  l'orchestre.  Il  s'y  enfonça  jus- 
qu'au cou,  de  sorte  qu'on  ne  voyait  plus 
que  sa  tête  sortant  des  débris.  Le  roi  rit 
et  fut  désarmé.  La  tradition  veut  que, 
dans  la  dernière  scène  de  l'acte  I,  on  fasse 
paraître  un  nombre  considérable  de  ma- 
tassins, qui,  après  avoir  poursuivi  M.  de 
Pourceaugnac  dans  tous  les  recoins  de  la 
scène,  se  montrent  avec  lui  dans  les  loges 
le  long  des  galeries.  »  (Emile  de  La  Bé- 
doUière.) 

Cependant,  je  remarque  déjà  un  chan- 
gement dans  la  mise  en  scène  actuelle, 
par  rapport  aux  indications  de  Molière, 
contrairement  à  ces  dernières,  en  effet, 
l'apothicaire  suit  Pourceaugnac,  et  ce 
sont  les  deux  médecins,  restés  en  scène, 
qui  l'attendent  (je  veux  dire  les  deux  mé- 
decins de  la  scène  XI,  les  médecins  gro- 
tesques se  mettant  en  effet,  avec  les  ma- 
tas.sins,  à   poursuivre  Pourceaugnac). 

En  ce  qui  concerne  «  Le  Dépit  amou- 
reux >♦,  toutes  les  éditions  que  je  consulte 
me  donnent  le  jeu  descène  :  '<  Eraste,  ti- 
rant son  épée  :  ...  Voici  de  quoi  te  délier 
la  langue.  »  Celle  dont  parle  M.  Henry 
Lyonnet  était  évidemment  une  exception, 
pour  ne  pas  porter  cette  indication. 

L'édition  de  Molière  à  laquelle  a  fait 
allusion  notre  collaborateur  est  dite  «  de 
la  Comédie-Française  » .  Les  annotations 


DES  CHERCHEURS  HT  CURIEUX 


lO  Septembre  1913 


;3l 


322 


en  étaient  faites,  en  effet,  par  des  socié- 
taires, selon  les  mises  en  scène  tradition- 
nelles du  répertoire.  Les  volumes  de  cette 
collection  ont,  à  l'heure  actuelle,  disparu 
de  la  circulation,  sans  avoir  eu,  me  sem- 
ble t-il,  le  succès  qu'ils  méritaient.  Mais 
je  n'oserais  pas  affirmer  que  ^  M.  de 
Pouceaugnac  »  ait  été  édite  de  la  sorte. 
Maurice  Charpentier. 

Voyage  àl'Ile  de  Pâques  (LXVI,  143 
260; .  —  Consulter  le  Bulletin  de  géogra- 
phie de  1895  ;  —  Revue  maritime  et  colo- 
niale, novembre  1872  ;  —  le  Bulletin  de 
de  la  Société  de  géographie  1878^  2*  semes- 
tre et  le  Tour  du  Monde  1878  p,  22s,  qui 
ont  publié  ï Exploration  de  l'Ile  de  Pâques 
par  Pinarl.  Oroel. 

Distique  latin  :  quid  faciès. . .  (LXVI, 
7.  162,  224). 

Q.uid  faciès  faciès  Veneris  cum  venerisante? 
Ne  cedeas  sedeas,  ne  per   eas  pereas 

Le  distique  est  bien  amusant.  Je  ne  le 
connaissais  pas  et  suis  bien  content  de  le 
connaître  ;  mais  il  faut  le  rectifier  de  deux 
façons  ;  car  il  est  faux  de  deux  ma- 
nières. 

ï»  11  ne  faut  pas  :  A^^  cedeas,  car  c'est  à 
la  fois  un  barbarisme,  le  verbe  étant  cedo 
et  non  cedeo  et  il  faut  cédas;  —  et  une  faute 
de  quantité  —  dans  cède  ce  étant  long  {cé- 
dant arma  togœ)  et,  pour  ce  encore,  il 
faut  cédas. 

2"  D'autre  part,  il  ne  faut  pas  sedeas  ; 
car  le  sens  serait  alors  :  pour  ne  pas  céder 
reste  assis;  or  on  peut  très  bien  sedens  fe- 
minœ  misceri  et  donc  le  conseil  serait  ab- 
surde. Il  faut  lire  :  sed  eas,  ce  qui  donne  : 
pour  ne  pas  céder  va,  sauve  toi  (en  latin 
médiocre,  mais  tolérable).  Je  crois  donc 
qu'il  faut  lire  : 

Quid  faciès  faciès  Veneris  cum  veneris  ante? 
Ne  cédas,  sed  eas,  ne  pereas  per  eas. 

Emile  Faguet. 

—  Réflexions  faites,  comme  il  est  natu- 
rel que  l'on  réfléchisse  sur  une  si  grave 
question,  je  propose  une  troisième  lecture 
du  distique.  Bien  entendu,  il  nefautpas  lire 
comme  il  a  été  imprimé  d'abord:  «  Ne  ce- 
deas sedeas...  >  pour  les  raisons  que  j'ai 
dites.  Mais  il  ne  faut  pas  lire  non  plus, 
comme  je  Tai  proposé  :  «  Ne  cédas,  sed 
eas, . .  >  Il  faut  lire  :  «  Ne  sedeas,  sed  eas. . .  » 


(Ne  t'assieds  pas,  ne  resté  pas  assis,  mais 
va  t'en). 

Donc,  à  mon  avis,  le  distique  en  son 
entier  doit  être  lu  ainsi  : 

Quid  faciès  faciès  Veneris  cum  veneris  ante? 
Ne  sedeas,  sed  eas,  ne  pereas  per  eas 

E.  F. 

Bâbord,  tribord  (LXV,  622  ;  LXVI, 
264J.  —  Interrogez  un  vieux  marin  au 
lieu  d'un  professeur  de  linguistique.  Il 
vous  dira  que  sur  le  pont  s'ouvrait  la 
batterie  d'avant,  dont  l'entrée  était  sur- 
montée d'une  large  inscription,  batterie. 
BAT  s  gauche,  d'où  bâbord,  terie  à 
droite,  d'où  tribord.  Ce  n'est  pas  plus 
difficile  que  cela.  Quel  dommage  pour  les 
étymolôgies  celtiques  et  autres! 

NOLLIACUS. 

* 

*  » 

Extrait    de   La  Famille,    Moniteur    des 

Associations  mutuelles,  i^e  Année  n"  i, 
Janvier  1848.  Administration  rue  Saint- 
Etienne  15,  près  le  Boulevard  Bonne- 
Nouvelle,  à  Paris,  page  28,  col.  i  : 

«  Origine  des  noms  Bâbord  et  Tiibord  ». 

Tribord  et  Bâbord, nom  du  côté  droit  d'un 
bâtiment  en  regardant  de  j'arriére  à  l'avant  : 
les  marins  disent  Tribord  pour  droite,  c'est 
l'opposé  de  Bâbord  pour  gauche.  Voici 
quelle  est  l'origine  de  ces  deux  mots  :  on 
écrivait  autrefois  en  grosses  lettres,  dans  la 
batterie  d'un  bâtiment,  sur  le  milieu  du  banc 
de  lanière  des  cuisines  :  Basterie,  or  il  arri- 
vait à  cause  des  cloisons  et  des  épontilles  du 
milieu,  que,  pour  peu  que  l'on  fut  sur  l'ar- 
rière^l'œil  ne  découvrait  jamaisque  la  moitié 
du  mot  ;  d'un  côté,  c'était  Bas  et  de  l'autre 
Terie,  Us  matelot-  fabriquèrent  Bas-bord  et 
terie-bord  ou  tiibord,  et  en  fiient  la  gauche 
et  la  droite  du  navire. 

G.    DE  M. 

Le  chien  Berganza  (LXVI,  193),  — 
M.  Arsène  Alexandre  n'a  qu'à  se  reporter 
à  l'une  des  nombreuses  traductions  fran- 
çaises du  CoJoquio  de  los  Perros,  l'une  des 
plus  &musd.nXQS  l  Novelas  Exemplares  de 
Cervantes,  pour  être  fixé  sur  ce  qu'il  dé- 
sire savoir. 

Camille  Pitollet. 

*  * 

Un  souvenir    un  peu  vague  de  lecture 

me  donne  le  chien  Berganza  pour  une 
création  de  Cervantes  ;  c'est,  si  je  ne  me 
trompe,  un  chien  littéraire  et  l'œuvre 
dans  laquelle  il  figure  une  sorte  de  satire. 


\ 


N* 


«339- 


Voi. 


LXVl. 

-      323 


iNTBRMBDïAiRh 


324 


Le  Don  Quichotte  éclipse  tous  les  autres 
ouvrages  de  Cervantes  c'est  une  injustice 
et  je  réclame  pour  les  Nouvelles  qui  sont 
charmantes,  pour  Numance.  un  drame 
d'une  grandeur  épique,  il  me  semble 
qu'il  est  question  du  chien  Berganza  dans 
les  Cent  es  fantastiques  d'Hotïmann.j'indi- 
que  sous  réserve  ces  références,  n'ayant 
pas  les  moyens  de  vérificaiion  sous  la 
main.  H.  C.  M. 

Boscar  (XLU  ;  XLllI  ;  LXV,62 1  ;  LXVl, 
219^. — Celte  rubrique  a  l'air  toute  neuve, 
parce  qu'elle  ne  comporte,  ainsi  orthogra- 
phiée, que  deux  renvois.  M  ùssi  l'on  veut 
bien  restituer  au  mot  le  ioriginel(et  termi 
nal)  que  lui  avait  donné,  le  siècle  dernier, 
M.PaulBourget,voicicommentrondevrait 
marquer  les  références  :   yXLll,  772,  873, 
955,    980  ;    XLIll,     108,   203,  492,  69^, 
792,  840),  et  il  se   peut  que  j'en  omette. 
Si  je  ne  me  trompe,  c'est  à  propos  de  ce 
vocable  que  M.  Daron,  notre  savant  col- 
lègue,  s'est  manifesté    pour  la  première 
fois  aux  lecteurs  de  V Intermédiaire  et  qu'il 
a  commencé  la  prédication   de  son  évan- 
gile néo-grec.    Quelques    personnes   pro- 
testèrent, parmi  lesquelles  M.  Paul  Arge- 
lès  et  moi-même  (d'où  résulte  que  je  sois 
si  bien  documenté)  ;  et  quand  on  eut  im- 
primé sur  le  mot    boscai  J  la   valeur   de 
deux  fascicules  peut  être  de   la  revue,  M. 
Daron  garda,  je  crois,   pendant  une   di- 
zaine d'années,    un    silence    à    peu    près- 
complet.  Je  supposais  à  tort  que  ses  idées 
s'étaient  assagies,  ou,  s'il  préfère,  modi- 
fiées et   rapprochées  de  celles  de  tout   le 
monde.  Je   me  trompais.   Notre   collègue 
fourbissait  de   nouvelles  armes.  Il  est  re- 
mvjnte,  voici  deux  ans  passés,  sur  son... 
cheval  de  bataille  et   il  est   parti  pour  la 
deuxième  croisade.  Elle  parait  avoir  d'ail- 
leurs à  peu    près   le   même   succès  que  la 
première,  et  les  mécréants  de  jadis  voient 
d'un  œil  amusé  —  quoique  un  peu  las  — 
leurs  successeurs  et    le    toujours  ardent 
champion  du  Pampélaagisme  échanger  les 
mêmes  arguments  {boicard  compris)  qu'il 
y  a  une  douzaine  d'années.  —  Le  grec  est 
comme  le  cœur,  il  ne  vieillit   jamais.  Et 
comme  le  cœur  aussi,   i!  trouve  en  foule, 
sous  la  plume  de  IVl.  Daron,  «  des  raisons 
que  la  raison  ne  connaît  pas.  » 

G.    DE   FoNTENAY. 


Mont  Pagnotte  (LXVl,  187). 

Pagnote,  adj.,  qui  est  sans  courage,  sans 
énergie...  Mont  pagnote,  tout  lieu  élevé  d'où 
l'on  peut,  sans  péril,  regarder  un  combat. 
Exemple  :  J'ai  oublié  de  vous  dire  que,  pen- 
dant que  j  étais  sur  le  mont  pagnote  à  regart 
der  l'attaque,  le  R  P.  de  la  Chaise  étai- 
dans  la  tranchée  et  même  fort  près  de  l'at- 
taque, pour  la  voir  plus  distinctement.  Ra- 
cist.  Lettre  à   Boiîe<iu,  18. 

(Dictionnaire  DE  Littré)  J.  P. 

*  « 
Je  suis  heureux  de   pouvoir   renseigner 
M.  Piton.  J'ouvre   pour  cela  simplement 
bescherelle  : 

Pagnote  s.  m.  de  \'\iz\\Qn  pagnotta,  pe- 
tit pain  que  l'on  donnait  aux  personnes  qui 
se  louaient  pour  escorter  les  grands  dans 
•quelques  cérémonies.  Poltron,  lâche,  surtout 
à  la  guerre.  Tu  ne  seras  jamuis  qu'un  pa- 
gnote. Vieux.  Prov.  et  fig.  Mont  Pagnote. 
Lieu  élevé  d'où  l'on  peut  sans  aucun  péril, 
regarder  un  combat.  Pendant  l'action,  il  se 
tint  sur  le  mont  Pagno"ll.*Vieux. 

Je  ne  sais  si  le  mot  est  trivial  ;  il  est 
seulement  oublié.  Dans  tous  les  cas.  je 
trouve  la  repartie  de  Souvré  fort  spiri- 
tuelle.  Voltaire  a  employé  le  mot  Pagno- 


E.  Grave. 

dictionnaire, 
guerre  »  dit 


terie,  né  de  Pagnote. 

Il    suffisait    d'ouvrir    un 
«  Mont  Pagnote,  terme  de 
Richelet. 

On  appelle  ainsi  un  lieu  élevé  qu'on  choi- 
sit hors  de  la  portée  du  canon  des  ennemis 
et  où  se  placent  ceux  qui  sont  curieux  de 
voir  un  camp,  u*:  siège  ou  un  combat  sans 
être  en  danger.  On  l'appelle  aussi  le  poste 
des  invulnérables . 

Dans  une  lettre  adressée  à  Boileau, 
Racine  a  fait  l'emploi  de  cette  locution 
«  mont  Pagnotte  * . 

La  langue  du  xviii*  siècle  connaissait 
aussi  l'expression  devenue  vieillotte  de 
pignoterie  (poltronnerie,  lâcheté)  et  celle 
de  pagnote,  par  laquelle  on  désignait  un 
homme  dénué  de  courage  et  d'énergie. 

D'après  Ménage,  «  les  Italiens  appellent 
gcntillioniini  di  pagnotta  ces  gentilshom- 
mes que  les  seigneurs  louent  pour  leur 
escorte  aux  jours  de  cérémonie,  à  cause 
qu'on  leur  donnait  des  pains  (pagnotta)  ce 
jour-là.  »  (?) 

De  là,  le  nom  dt  pagnotta  avait  passé, 
avec  un  sens  péjoratif,  aux  soldats  d'occa- 
sion, dont  la  bravoure  était  tenue  en 
mince  estime.  Qu/tsiTOR. 


OBb  CKisRCHKUKS  El  CURIEUX 


10  Septembre   1911 


325 


*  » 


32b 


Ce  mont  existe  dans  la  forêt  de  l'Hal- 
late.  On  y  va  par  Senlis,  ou  par  Creil- 
Fleurines  ou  par  Chantilly.  Il  est  de  fait 
qu  il   n'y  a  trace   d'aucune  construction 

sur  ce  mont.  C.  P. 

* 

•  ♦ 

Il  y  a  au  milieu  de  la  forêt  d'Halatte 
aux  environs  de  Senlis,  ancienne  rési- 
dence royale,  une  colline  boisée  connue 
depuis  un  temps  immémorial  sous  le  nom 
de  mont  Pagnote. 

De  tous  temps  les  rois  de  France  sont 
venus  courre  le  cerf  en  Halatte. 

Baron  de  Maricourt. 


11  existe  sur  le  territoire  du  canton  de 
Senlis,  commune  de  Villers-Snint-Fram- 
bourg,  un  mamelon  boisé  et  froid  qui 
porte  le  nom  de  mont  Pagnote. 

Eleem  de  Cantiliaco. 

»  « 

Le  mont  Pagnote  ou  Pagnotte  a  deux 
significations.  Rester  sur  le  mont  Pa- 
gnotte veut  dire  rester  sans  combattre. 
(Voir  pour  l'étymologie  italienne  le  Dic- 
lionnaire  de  Hatzfeld  et  Darmsteter). 
D'autre  part,  le  mont  Pagnotte  est  une 
éminence  située  dans  la  forêt  de  Hallatte, 
non  loin  de  la  forêt  de  Compiègne  où 
chassait  Louis  XV.  On  voit  l'équivoque  à 
laquelle,  en  pince  sans  lire,  samusait*  le 
marquis  de  Souvré.  Le  sommet  du  Mont 
Pagnotte,  à  230  mètres  d'altitude,  est  un 
des  points  les  plus  froids  du  département 
de  l'Oise. 

En  qualifiant  de  «  trivial  »  ce  mont 
qu'il  a  cru  imaginaire,  en  le  trouvant 
«  caractéristique  par  sa  trivialité  même,  » 
je  crains  que  votre  très  érudit  correspon- 
dant n'ait  été  victime  d'une  assonance,  Pa- 
gnote évoquant  dans  son  esprit  \di  Cagnotte 
d'hilarante  mémoire.  Situé  dans  une  con- 
trée riante,  le  mont  Pagnatte  vaut  le 
voyage,  mais  ne  saurait  prétendre  à  un 
succès  du  même  ordre  que  celui  d'une 
pièce  de  Labiche. 

Autre  particularité  curieuse  :  le  mont 
Pagnotte  de  la  Forêt  de  Hallatte  viendrait 
de  mous  pugiicc,  le  mont  du  combat,  juste 
le  contraire  dz  l'expression  dé-ivée  de 
l'italien.  PoTiauET. 

*  * 
C  est  le  point  le  plus  élevé  de  la  plate 


forêt  d'Halatte,   située,   comme  on   sait 
dans  le  département  de  l'Oise,  entre  Pont- 
Sainte-Maxence  et  Senlis,   au   nord  de  la 
forêt  de  Chantilly. 

Louis  XV  y  chassait,  et  le  mot  que  cite 
M.  Piton,  d'après  le  duc  de  B'-oglie,  n'est 
pas  fait  pour  surprendre  les  veneurs  qui 
fréquentent  cette  forêt. 

\»  Rester  sur  le  mont  Pagnote  »  est  en 
efïet  un  moyen  bien  connu  de  retrouver  la 
chasse  quand  on  l'a  perdue,  car  elle  re- 
passe souvent  dans  ces  parages  :  c'est  en 
tout  cas  la  dernière  chance  qui  reste  à  ceux 
qui  ont  vainement  parcouru  la  forêt  sans 
la  rencontrer. 

Sans  connaître  les  circonstances  dans 
lesquelles  Louis  XV  a  prononcé  cette 
phrase,  je  suppose  que  l'allusion  du  royal 
veneur  à  une  particularité  dont  peut-être 
il  venait  de  faire  la  récente  expérience, 
s'appliquait  à  une  situation  où  l'expecta- 
tive lui  paraissait  devoir  être  employée  de 
préférence  à  tout  autre  moyen. 

Venator. 

¥   » 

C'est  en  souvenir  des  chasses  de  Louis 
XV  aux  en%  irons  de  Compiègne. 

Le  mont  Pagnote  est  une  colline  de 
220  mètres  du  département  de  l'Oise,  qui 
se  trouve  dans  la  forêt  de  Hallate  non  loin 
de  Pont  Sainte-Maxence. 

Le  commentaire  historique  du  mot  de 
Louis  XV  est  donné  par  Tvl.  de  Broglie 
dans  l'article  de  la  Rivue  des  Dcnx-Monda, 
que  cite  M.  Piton.  Le  roi  pensait  avec 
raison  que  la  France  devait  adopter,  au 
d'ib'.it  de  la  guerre  de  la  succession  d'Au- 
triche, une  politique  expectante,  attendre 
les  événements. 

Un  bibliothécaire. 

L'expression  a  beaucoup  vieilli  •  pour- 
tant, on  la  trouve  encore  dans  les  diction- 
naires. II  y  a  dans  Ménage  une  explica- 
tion du  nom  de  pagnotes  donné  d'abord 
aux  hommes  d'escorte,  puis,  comme 
ceux-ci  n'étaient  guère  valeureux,  aux 
poltrons.  Un  pagnote,  c'est  un  lâche. 
Des  troupes  pagnotes,  ce  sont  des  troupes 
qui  lâchent  pied.  La  pagnoterie,  c'est  la 
couardise.  Et  l'on  appelle  familièrement 
«  mont  Pagnote  »  un  lieu  d'où  l'on  peut 
suivre  les  péripéties  d'un  combat  sans 
courir  aucun  risque  ;  de  là,  aussi  un  sens 
figuré  évident. 

A.  Boghaert-Vaché, 


I 


N»   1359   Vol.  LXV. 


L'INTERMEDIAIRE 


327 


Avec  des  armées  relativement  pou  nom- 
breuses et  des  armes  à   portée  médiocre, 
les   batailles    de   l'ancien  temps   avaient 
pour  théâtre  des    espaces  limités  et  l'on 
pouvait  aisément  embrasser  l'ensemble  de 
l'action.  Aussi  les  curieux  de    spectacles 
tragiques     se     donnaient-ils     volontiers 
rendez-vous  sur  un   point  élevé  d'où  l'on 
pouvait  contempler  sans  danger  l'engage- 
ment. On  appelait  ce  belvédère  le  «  Mont 
Pagnotte  ».  Le  mot  «  pagnote  »  (5/1;)  est 
dans  Littié  :  avec  ce  sens  «  Q.ui   est  sans 
courage,    sans   énergie.    Mont    Pagnote, 
lieu  élevé  d'où  l'on  peut  sans  péril  regar- 
der un    combat  ».  Il  me  semblait  que    le 
duc  Albert  de  Broglie  donnait  en  note  le 
sens  du  mot  vulgaire  mis  dans  la  bouche 
de  Louis  XV. 

A  défaut  d'énergie  politique,  ce  dégé- 
néré qu'était  Louis  XV  avait   du   moins 
un  sens  très  droit  ;   il  comprenait  à  mer- 
veille que  la  politique  traditionnelle  de  la 
France  ayant  réussi  à  faire  disparaître  le 
péril  autrichien,  notre  intervention  dans 
les   affaires  de   la  succession  de   l'empe- 
reur   Charles   VI    devenait    sans    intérêt 
national  pour  nous, sauf  à  s'assurer. le  cas 
échéant   quelques    avantages    diplomati- 
ques.   D'ailleurs,    le     roi   Très   Chrétien 
n'avait-il    pas    garanti    la    Pragmatique 
sanction  ?  Ce  sentiment,  le  roi  l'exprima 
dans  ce  langage  trivial   qui    était   volon- 
tiers le  sien,  et  le  timide   Fleury  ne   de- 
mandait que  la  paix.  M.  le  duc  de  Broglie 
a    parfaitement    montré,  dans    son    beau 
livre  d'histoire,  comme  quoi  la  coterie  du 
maréchal  de  Belle-Ule  entraîna  la   France 
dans  la  plus  inutile  des  guerres,  qui  nous 
affaiblit  sans  compensation  aucune,  com- 
mença   la  grandeur  funeste  de    la  Prusse 
et   contribua    fortement     à   créer    contre 
nous  le  mouvement  national  germanique. 

H.C.  M. 
* 
»  • 

Autrefois.dans  le  langage  très  familier, 
pagnote  signifiait  poltron. 

Regarder  les  choses  du  mont  Pagnote, 
rester  sur  le  mont  Pagnote,  c'était  donc 
en  quelque  sorte  faire  comme  les  poltrons 
dans  une  bataille  :  se  retirer  de  la  nièlée, 
se  mettre  hors  d'affaire,  se  désintéresser. 

—  Souvré,  qui  faites-vous  Empereur?  (.il- 
lusion à  lélection  de  l'empereur  d'Autriche). 
—  Ma  foi,  Sire,  dit  Souvrë,  je  m'en  embar- 
rasse peu  ;  mai»  si    S?  Majesté    voulait,   elle 


328 ■ 

nous  en  dirait  des  nouvelles  mieux  que  qui 
que  ce  soit.  —  Nm,  dit  le  roi  (Louis  XV  »,  je 
ne  m'en  mêlerai  pas  ;  je  regarde  cela  du 
mont  Pagnote. 

(Barbier, /fl?ir«fl/  décembre  1740). 

C'est  ce  passage  de  Barbier  qu'a  repro- 
duit le  duc  de  Broglie. 

Voici  un  autre  exemple  : 

J'ai  oublié  de  vous  lire  que,  pendant  que 
j'étais  sur  le  mont  Pagnote  à  regarder  l'at- 
tnqiie,  le  R.  P.  de  la  Chaise  était  dans  la 
tranchée...  et  même  fort  près  de  l'attaque 
pour  la  voir  plus  distinctement. 

(Racine,  Lettre  à  Boileau). 

Gustave  Fustier. 

* 

Mêmes  réponses,  arrivées  après  la  mise 
en  page  :  H.  B.  ;  Ch.  Grégoire  ;  Jacotot  ; 
L.  C.  D.  L.  H. 

Le  grec  dans  la  langue  française 

(LXU  àLXVI,  171,  224,  261).  —  Voulez- 
vous,  à  propos  du  «  Grec  dans  le  fran- 
çais »  ;  me  permettre  de  placer  un  petit 
mot  ? 

MM.  Laray  et  Daron  se  livrent  à  une 
lutte  qui,  il  me  semble,  ne  saurait  finir, 
car  ils  partent  de  prémisses  contradictoi- 
res. Le  premier,  champion  d'une  vieille 
hypothèse  allemande,    reprise  chez  nous 
au  siècle  dernier,  suppose  que  le  français 
en  bloc  vient  du  latin,  que  les  Gaulois 
abandonnèrent  leur   langue    pour    parler 
latin.   Cette  hypothèse  n'est  pas  démon- 
trée. Que  nos  pères  aient  appris  à  parler, 
à  écrire  en   latin,  assez  vite  et  même  pas 
trop  mal,  oui  ;  mais  que  le  latin  fût  deve 
nu  leur  langue  habituelle   :  aucun  texte 
ne  le  dit.  Le  Provençal,  l'Alsacien,  le  Bre 
ton,  ne  font  pas  du  français  leur  langagej 
ordinaire. 

Le  seconvj,  tenant  de  l'hypothèse  fran 
çaise,  croit  que  d'i  latin  aux  langues  ro 
mânes,  il  n'y  a  pas  rapport  de  filiation 
que  les  dialectes  parlés  par  les  Gaulois, 
ne  pas  confondre  avec  Bretons  —  par  lesj 
Espagnols,  par  les  Italiens,  voire  même' 
par  la  plèbe  à  Rome,  étaient  proches  pa- 
rents, frères,  fils  peut-être  du  dorien, 
mais  de  parenté  assez  éloignée  avec  le  la- 
tin, d'importation  relativ»  ment  récente 
(v  •  Enéide)  ;  hypothèse  assez  vraisembla- 
ble, à  en  juger  seulement  par  le  fait  de 
l'article,  manquant  au  latin,  commun  aux 
lanpues  romanes  et  même  à  peu  près  grec 
en  portugais. 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  Septembre  1912 


329 


530 


D'autre  part,  M.  Laray  s'en  réfère  pres- 
que toujours  au  dialecte  attique,venu  d'A- 
sie après  les  autres,  pendant  que  M.  Daron 
invoque  le  dorien,  l'éolien.  Ainsi  nul 
moyen  d'entente  et  controverse  indéfinie. 

Faut-il  ajouter  qu'une  foule  de  mots 
donnés  par  les  dictionnaires  comme  latins 
«  pur-sang»  sont  tout  bonnement  des  mots 
latinisés...  par  les  scribes  ?  Le  scribe  pa- 
risien d'un  ministère  francise  de  même, 
surtout  pour  les  noms  géographiques... 

J.  Chilles, 

Futurisme  et  cubisme  (LXVI,  97, 
228,  268).  —  Les  observations  si  saines 
et  si  intéressantes  à  la  fois,  présentées  par 
M.  W.  D.  sur  le  futurisme,  permettent  de 
supposer  qu'il  serait  en  mesure  de  donner 
une  définition  précise  et  une  théorie  du 
cubisme  dont  il  ne  dit  que  quelques  mots. 
Dans  les  rares  tableaux  cubistes  que  j'ai 
pu  voir,  ou  du  moins  qu'on  m'a  présentés 
comme  cubistes,  j'ai  vainement  cherché  à 
dégager  la  notion  nette  du  cubisme.  Suffit- 
il  qu'une  peinture  soit  lourde  et  terne  pour 
être  cubiste?  J'ai  vu  des  portraits  où  le  vi- 
dage était  — odelé  en  facettes,  mais  je  n'ai 
pas  vu  de  paysages,  et  je  me  suis  de- 
mandé en  quoi  un  arbre  pourvu  de  son 
feuillage  et  peint  par  un  cubiste  différerait 
d'un  arbre  de  François  ou  de  Harpignies. 
Si  M.  W.  D.  ne  trouve  pas  ma  question 
inopportune  ou  indiscrète,  il  voudra  bien 
apprécier  si  le  sujet  mérite  les  honneurs 
de  V Intermédiaire . 

Philippe  Leroy, 

Alezan  :  dans  le  sens  d'agile  (LXV). 

Ce  mot  vient  de  l'espagnol  ala^an, qu\  est 
tiré  de  l'arabe  alh-hassan,  cheval  coura- 
geux, de  bonne  race.  La  couleur  de  la 
robe  variant  par  ses  teintes  du  jaune  au 
rouge  cerise  et  au  brun  marron, n'a  aucun 
rapport  avec  l'adjectif  alej^au  qui  signifie 
autre  chose,  comme  le  prouve  son  étymo- 
logie.  Un  cheval  courageux,  de  bonne 
race  est  forcément  un  animal  vif,  agile. 
Un  maquignon  aura  sans  doute  appliqué 
ce  terme  au  marché  aux  chevaux,  à  des 
individus  lestes  et  débrouillards,  et  le 
mot  aura  fait  son  chemin  dans  certains 
endroits,  F.  Jacotot. 

Donjon.  Son  étymologie  (LXV  ; 
LXVl,  74,  168),  —  Voici  à  titre  de  docu- 
ment, l'opinion  de  F.  V.  Raspail,  dans  son 


almanach  la  Lunette  du    Dotijoii  de   Vin 
cennes,  pour  1849  • 

Le  Donjon  de  Vincennes  s'appelait,  dès  le 
principe,  la  Touy  du  Bois  de  Vincennes.  La 
nom  qu'il  a  poîté  depuis  est  un  abréviatif 
des  deux  mots  latins  i/omus  Joannis,  manoir 
fondé  par  le  toi  Jean.  De  domus  Joannis,  on 
a  fait,  par  corruption  de  langage.  Don  Joan, 
puis  Dow  j  on,  ensuite  Donjon. 

F.  Jacotot. 

Prévoyable  (LXVl,  95).  —  A  mon 
a.v\s,  prévisible,  prévoyable  sont  bien  fran- 
çais. Le  premier  est  un  mot  latin  francisé; 
c'est-à-dire,  il  entre  dans  la  langue  par  la 
voix  savante  ;  le  deuxième  se  déduit  régu- 
lièrement du  verbe  prévoir,  comme  d'au- 
tres par  exemple  les  prévoyants  de  l'ave- 
nir :  on  dit  buvable  de  nous  buvons. 

Prévoyable  est  dans  le  génie  de  la  langue 
française,  qui  tend  de  plus  en  plus  à  se 
différencier  du  latin  et  à  prendre  une  vie 
propre.  H.  La. 

•  * 
le  suis  d'accord  avec  «  Rusticus  »  pour 
l'adoption  de  «  prévisible  »,  de  préférence 
à  «  prévoyable  >>.  Je  ne  vois  pas  pourquoi 
le  mot  n'existerait  pas  :  il  est  très  bien 
formé,  de  «  prévision  »,  comme  «  vi- 
sible »  de  «  vision  ». 

Maurice  Charpentier, 

Réactif  pour  faire  réapparaître 
l'écriture  (LXVI,  194). —  Voici  (d'après 
la  Revue  Encyclopédique  du  25  juin  1896, 
page  120  de  la  Chronique  universelle) 
quelques  procédés  très  simples  pour 
abluer,  c'est-à-dire  faire  revivre  une  en- 
cre qui  a  été  effacée  accidentellement  ou 
volontairement. 

On  plonge  dans  de  l'eau  tiède  le  pa- 
pier sur  lequel  on  désire  voir  réappa- 
raître l'encre,  puis  on  le  plonge  dans  une 
solution  d'acide  gallique  à  raison  de  5 
centigrammes  de  ce  sel  pour  iq  grammes 
d'eau. 

On  peut  encore  laver  le  papier  à  l'eau 
tiède  puis  le  plonger  dans  une  solution  de 
sulfate  de  fer  dans  la  proportion  de  20 
centigrammes  de  sulfate  pour  10  grammes 
d'eau. 

Un  troisième  m.oyen  consiste  à  appli- 
quer sur  la  feuille  de  papier  une  solution 
de  ferro-cyanure  de  potassium  qui  fera 
réapparaître  les  caractères  en  bleu,  s'il 
reste  des  traces  de  fer  de  l'encre  primifivej 


N«  1339 


Vol.  LXV. 
331 


L'iNTHRMÎDiÂiRâ 


332 


Enfin,  s'il  s'agit  d'écritures  falsifiées,  il 
est  encore  possible  de  faire  renaître  l'écri- 
ture originale.  On  a  en  effet  reconnu  que 
lorsqu'une  écriture  a  été  grattée,  même 
avec  le  plus  grand  soin,  il  reste  toujours 
dans  la  pâte  du  papier  quelques  traces 
d'oxyde  de  fer,  traces  suffisantes  pour 
être  visibles  dans  une  épreuve  photogra- 
phique. La  lumière  réfléchie  par  du  papier 
sur  lequel  on  n'a  pas  écrit  agit  sur  la  ma- 
tière photographique  d'une  manière  très 
différente  et  les  endroits  qui  ont  été  an- 
térieurement couverts  d'encre  apparais- 
sent aisément.  I.  P. 


« 
*  • 


Faire  photographier  les  lignes  grattées. 
Sinon  s'adresser  à  un  chimiste  ;  tenter  de 
mouiller  avec  de  l'hydrosulfate  d'ammo- 
niaque ;  essayer  aussi  d'une  solution  de 
tannin  Tout  dépendra  du  papier  et  de  la 
manière  dont  l'encre  primitive  en  a  péné- 
tré la  pâte.  Si  !e  livre  est  précieux,  n'agir 
qu'avec  une  extrême  prudence. 

E.  Grave. 


Les  archivistes  et  les  paléographes  se 
servent  d'un  réactif  quiest,  je  crois,  l'hy- 
posultlte  ;  )e  l'ai  vu  souvent  employer  et 
avec  succès,  mais  sans  l'expérimenter 
moi-même,  mes  très  vieux  yeux  m'inter- 
disant  depuis  longtemps  tout  travail  de 
paléographie.  Toutefois,  si  les  caractères 
dont  il  s'agit  ont  disparu  par  l'effet  d'un 
acide,  je  doute  qu'ils  puissent  réapparaî- 
tre. Quoi  qu'il  en  soit,  le  collaborateur 
L'Ingénu  n'a  qu'à  s'adresser  à  un  archi-, 
viste,  p.'i't-être  même  tout  simplement  à 
un  bon  pharmacien  chimiste. 

H.  C.  M. 

Du  port  de  l'alliance  en  Allema- 
gne (LXVl,  96,  229,273).  —  Notre  con- 
frère H.  de  L.  oublie  qu'en  Allemagne, 
comme  dans  tous  les  pays  prolestants, les 
mariages  lc  font  selon  d'autres  ntes  que 
dans  les  pays  catholiques.  Par  exemple, 
ce  n'est  pas  l'époux  qui,  de  l'autre  côté 
du  Rhir.  pas>e  la  bague  à  la  main  de 
l'épouse,  niais  le  prédicateur.  Pour  ce  qui 
est  de  l'alliance,  on  la  porte  à  la  main 
gauche  .'^.nilement  quand  on  est  fiancé  ; 
chez  les  inarios,  la  bague  se  voit  toujours 
à  la  main  droite.  La  raison  en  est  proba- 
blement que  pour  jurer,  l'Allemand  lève 
la  main  droit.-  et  non  la  main  gauche. 

(Berlin).  JOACHIM   KiJHN, 


La  confrérie  des  Bourras  (LXVI, 
144,  27;).  —  Une  Société  ou  confrérie 
laïque  analogue  à  celle  des  Bourras,  existe 
encore  à  St  Omer,  siège  de  la  Cour  d'as- 
sises du  Pas-de-Calais,  et,  er,  cas  d'exécu- 
tion capitale,  y  rend  les  mêmes  services 
que  les  Bourras  à  Marseille.  Elle  a  pris 
le  nom  de  confrérie  de  St-Léonard  et  a 
fonctionné  en  dernier  lieu  à  la  suite  d'une 
exécution  faite  à  Saint-Pol,  petite  sous- 
préfecture  du  Pas-de-Calais.  (Je  n'ai  pas 
la  date  exacte). 

Je  me  borne  forcément  à  signaler  l'exis- 
tence de  cette  confrérie  et  pour  ses  ori- 
gines, son  costume,  ses  règlements,  je 
me  joins  à  l'interrogateur  anonyme  <  sur 
les  Bourras  •». 

D.  R. 

Les  encriers  célèbres  (LXVl,  193). 
—  Dans  les  dernières  années  du  second 
empire,  on  parla  begyçoup  d'un  encrier 
en  argent  offert  par  souscription  à  un 
agréable  écrivain ,  mort  aujourd'hui  et 
bien  oublié,  Edouard  de  Laboulaye.  Il  était 
dt  l'opposition  tout  court,  mais  plus  lit- 
téraire que  politique,  et  fut  cependant  can- 
didat malheureux  aux  élections  législati- 
ves, à  Strasbourg,  je  crois.  Peu  après,  il 
passa  ou  parut  passer  à  l'opposition  dy- 
nastique, ce  qui  fit  crier  aux  puritains  : 
€  rendez  l'encrier  ».  Qu'elle  est  loin,  cette 
tempête  dans  un  verre  d'eau  ! 

H.  C.  M. 

»  • 
L'accusateur    public,    le  trop    fameux 

Euloge  Schneider,  se  servait  d'un  en- 
crier fastueux  d'où  sortit  plus  d'une  sen- 
tence de  mort  et  qui  est  amplement  dé- 
crit dans  les  Faïences  patriotiques  sous  la 
Révolution  par  Chamfleury,  (Dentu  1875, 
p    346  et  suivantes j. 

Malheureusement  il  a  été  détruit  dans 
l'incendie  de  la  bibliothèque  de  Strasbourg 
où  il  se  trouvait  avec  bien  d'autres  ri- 
chesses pendant  le  siège  de  cette  ville  par 
les  Allemands. 

Un  ami  de  Champfleury,  M.  Charles 
Mehl,  a  prié  M.  Alfred  Kampm;ir.n  de  re- 
lever à  l'aquarelle  les  principales  coupes 
ainsi  que  les  détails  de  sculpture  de  ce 
curieux  monument  qui  se  trouve  repro- 
duit à  la  page  347  du  livre  de  Champ- 
fleury. 

Un  autre  très  bel  encrier  en  faïence  po- 
lychrome, pièce  de  maîtrise  d'une  fabri- 


Oiii  CHKRCHSURS  BTCUKIBUX 


10  Septembre  içift 


333 


334 


que  de  la  région  auxerroise,  portant  les 
deux  inscriptions  :  Guerre  aux  tirjrt 
(stc)  et  Paix  aux  Chaumière  (sic)  est  figuré 
page  Vil  de  l'avertissement  du  même  ou- 
vrage et  a  peut  être  appartenu  à  un  per- 
sonnage célèbre  de  la  Révolution  que  je 
laisse  au  collègue  R,   B.    le  soin  de  nous 

révéler.  Dehermann. 

* 

L'encrier  de  Beaumarchais  appartient 
aujourd'hui  à  M  le  docteur  Abel  d'An- 
gerviUe,  demeurant  à  Varzy  (Nièvre). 

G.  F. 

11  y  a  au  musée  Victor  Hugo  la  table 
aux  quatre  encriers. 

Ne  sont-ils  pas  là  comme  les  quatre 
verts  de  l'esprit  ?  Mme  Victor  Hugo, 
une  année,  à  Hauteville-House,  pour  une 
fête  de  charité,  sollicita  de  ses  amis  leur 
écritoire  et  leurs  plumes  :  ils  s'empressè- 
rent de  déférer  à  son  vœu  ;  puis  on  re- 
douta qu'un  hasard  maladroit  ne  lit  tom- 
ber ces  souvenirs  précieux  en  des  mains 
irrespectueuses,  et  Mme  Victor  Hugo  les 
conserva. 

Seulement,  elle  les  fit  disposer  dans  un 
meuble  bizarre,  dont  l'ébéniste  fut  Victor 
Hugo.  Sur  une  table  était  posé  un  pla- 
teau, aux  angles  formant  tiroirs.  Dans 
chaque  tiroir,  était  la  lettre  d'envoi,  et 
sur  la  tablette  :  l'écritoire  et  sa  plume. 

Or,  voilà  qui  est  matière  à  philosopher, 
car  l'encrier  est,  plus  qu'on  ne  le  suppo- 
serait, révélateur  du  caractère  de  l'écri- 
vain. 

Alexandre  Dumas  père ,  méprisant 
l'élégance  du  décor,  chez  lui  comme  en 
meublé,  jetant,  sur  de  larges  feuilles  de 
papier  azur  ,  sa  grande  écriture  éco- 
lière  envoie,  comme  encrier,  la  petite  to- 
pette  d'encre  achetée  chez  l'épicier  ;  elle 
a  encore  sur  ses  flancs  Tétiq'ette  du  fa- 
bricant. La  plume  est  en  bois,  et  vaut  un 
sou.  11  écrit  : 

Je  certifie  que  ceci  est  bien  l'encrier  avec 
lequel  j'ai  écrit  mes  quinze  ou  vingt  der- 
niers volumes. 

Paris  le  20  avril  1860. 

A.  Dumas. 

L'encrier  de  Lamartine,  au  contraire, 
décèle  l'aristocratie  des  façons  de  son 
possesseur  et  son  élégance  raffinée  jus- 
qu'au féminisme  :  est-ce  un  encrier  ou 
une  bonbonnière,  un  drageoir  ou  un 
brûle-parfum,  ce  petit  vase  de  verre  rose 


translucide  où  courent  de  fines  arabesques 
d'or  .' 

L'envoi  se  complète  de  cette  simple  li- 
gne, révérence  hautaine  du  génie  au  gé- 
nie : 

Offert  par  Lamartine  au  maître  de  la  plume. 

Lamartine. 

George  Sand  a  un  de  ces  encriers  de 
poche,  en  bois^  à  fermeture  hermétique, 
qu'elle  emporte  avec  soin,  dans  la  hâte 
des  fréquents  départs.  Il  est  accompagné 
c'e  cette  lettre  : 

Chère  madame,  j'ai  cherché  depuis  deux 
jours,  et  je  n'ai  rien  trouve'  qu'un  affreux  pe- 
tit morce  lu  de  bois  qui  me  sert  en  voyage  , 
je  le  trouve  si  laid  que  j'y  joins  un  petit 
briquet  de  poche,  guère  plus  beau,  mais  qui 
me  sert  h-^itueliement,  et  comme  c'est  là  ce 
que  vous  voulez,  au  moins  votre  véracité  est 
bien   à  couvert. 

George  Sand. 

Cet  encrier  de  voyage  et  ce  briquet  de 
fumeur  :  n'est-ce  pas  tout  George  Sand 
intime  ? 

Et  maintenant,  voici  -  quatrième  vent 
de  l'esprit  —  Hugo.  C'est  un  encrier  de 
bois  sculpté  en  cathédrale,  massif,  bien 
assis,  et  romantique.  Le  réservoir  est  ma- 
çonné dans  cette  construction  gothique. 
La  plume  qui  s'y  trempe,  flèche  hardie, 
le  bec  ouvert  par  l'énergie  du  choc  sur  le 
vélin,  est  une  plume  d'oie  que  revendi- 
querait l'aigle. 

Hugo  a  écrit  : 

Je  n'ai  point  choisi  cet  encrier  :  le  hasard 
l'a  mis  sous  ma  main  et  je  m'en  suis  servi 
pendant  plusieurs  mois.  Puisqu'on  1j  de- 
mande pour  une  bonne  œuvre,  je  le  donne 
voioutiers. 

Victor  Hugo. 

Kauteville-House,  juin  1860. 

Hugo  est  tout  entier  sorti  de  cet  en- 
crier-là. 

^routjailles  et   (|uriosit<a 

Aventures  de  l'un  des  «  Petit- 
Chapeau  T).  —  Que  sont  devenus  les 
petits  chapeaux  de  Napoléon  ?  Hélas  ! 
les  couvre-chefs  de  l'Empereur  n'ont 
pas  eu  tous  une  heureuse  fin,  et  bien  rares 
sont  ceux  qui  reposent  en  des  vitrines^ 
offerts  à  lu  curiosité  publique,  à  la  véné- 
ration des  fidèles 

Voici  l'aventure  de  l'un  d'eux  qui  faillit 


N»  1339.  Vol.  LXVI 


L'iNTBRMSDîAlRfc; 


3Î7 


Î5<3 


avoir  le  pire  destin  ;  on  en  jugera  par 
cette  simple  note  du  Comte  Angles,  pré- 
fet de  police,  au  Comte  Decazes,  son  mi- 
nistre, rendant  compte  d'une  perquisition 
opérée  par  le  Commissaire  Lafontaine  et 
l'officier  de  paix  Yvrié. 

23  novembre  1815. 
Dufay  établi  boucher  rue  Saint-Louis  au 
Marais,  n"  3,  prévenu  d'être  dépositaire  d'ef- 
fets précieux  et  de  meubles  ayant  appartenu 
à  Bonaparte  ou  à  sa  famille.  Perquisition  a 
été  faite  ce  matin,  à  son  domicile,  il  n'y  a 
rien  été  trouvé  de  relatif  aux  recherches.  Le 
s""  Dufay  a  représenté  un  chapeau  à  trois 
corties  qu'il  dit  lui  avoir  été  donné,  il  y  a 
eiviro'i  trois  ans  par  le  s""  Charvet  con- 
servateur de  la  Garde-roba  de  Buonaparte, 
comme  venant  de  ce  dernier,  et  qu'il  a  ac- 
cepté parce  qu'il  était  de  castor  fin  et  qu'il 
comptait  le  faire  retaper  pour  son  usage. 

Et  le  Comte  Angles  ajoute  : 

Le  chapeau  est  déposé  à  la  Préfecture. 

Decazes  qui,  les  lecteurs  de  ïlntermé- 
diriiic  se  le  rappelleront  (vol.  LVU,  887), 
ekila  en  Angleterre,  moyennant  argent 
comptant,  un  buste  de  Napoléon  par  Bo- 
sio,  qui  se  trouvait  à  cette  même  Préfec- 
ture de  Police,  dut  certainement  exiler 
de  même,  fort  avantageusement  le  Petit 
Chapeau  dangereux  pour  la  sûreté  du 
royaume. 

Les  Américains  ne  collectionnaient  pas 
encore  —  mais  les  Anglais  étaient  grands 
amateurs  et  payaient  très  cher  des  ob- 
jets que  l'on  ne  songeait  pas  alors  à  tru- 
quer ni  même  à  retaper. 

LÉONCE  Gr\silier. 

Casanov  ■  et  Mme  d'Urfé.  —  Casa- 
nova, dans  ■iQS Mémoires^  prétend  que  Mme 
d'Urfé  mou''ut  en  laissant  «  un  testament 
bizarre  par  lequel  elle  instituait  pour  son 
héritier  le  fils  ou  là  fille  qui  naîtrait  d'elle 
après  sa  mort  ;  elle  se  croyait  enceinte 
par  l'opération  du  soleil.  Un  codicille 
m'établissait  tuteur  du  nouveau  né,  qui 
est  encore  à  naître.  En  attendant  l'accou- 
chement posthume,  la  marquise  du  Cha- 
telet  était  entrée  en  possession  des  biens 
de  la  défunte,  évalués  à  plus  de  deux  mil- 
lions >>.  Je  viens  de  décoivrir  un  docu- 
ment qui  ne  concorde  pas  précisément 
avec  ce  qu'avance  Casanova. 

C'est  le  testament  olographe  de  la  mar- 
quise d  Urié  en  date  du  2  février  1774, 
déposé  à  M"  Chavet  le  14  novembre  1775 
et  insinué  le  1 7  janvier  1 776  (Archives  de 


LA  Seine.  Insinuations).  Il  contient  les  dis 
positions  suivantes  : 

Lègue  aux  dames  de  Bonlieu  1200  livres. 

Lègue  à  Sainte  Claire  de  Montbrison  1200 
livres. 

Lègue  à  Sainte  Brune,  sa  femme  de  cham- 
bre, une  pension  de  600  livres  et  la  moitié 
de  sa  garde  robe 

Lègue  à  la  femme  de  chambre  et  à  la  cui- 
sinière qui  se  trouveront  à  son  décès  l'autre 
moitié  de  sa  garde-robe  et  une  année  de 
gages. 

Lègue  au  Suisse  et  autres  domestiques, 
leurs  habits  et  une  année  de  leurs  gages. 

Fait  la  dite  testatrice  le  marquis  du  Cha- 
telet,  son  petit-fils,  son  lég.itaire  universel  et 
au  cas  qu'il  meure  en  minorité  donne  la  tes- 
tatrice au  chevalier  de  Lastic,  son  filleul,  sa 
maison  rue  des  Deux-Portes,  celle  de  la 
Nouvelle-France  et  tous  les  biens  provenant 
de  la  succession  de  sa  mère  dont  néanmoins 
elle  lègue  l'usufruit  au  comte  de  Lastic,  père 
de  son  dit  filleul,  et  au  cas  que  ce  dernier 
mourilt  en  minorité  ou  qu'il  fît  ses  voeux 
dans  l'ordre  de  Malthe,A'«ul  la  dite  testatrice 
que  ce  bien  passe  à  Mlle  de  Lastic,  sœur  du 
chevalier  de  Lastic  pour  la  propriété  seule- 
ment laissant  également  l'usufruit  à  M.  le 
comte  de  Lastic.  Toutes  lesquelles  clauses 
n'auront  lieu  qu'autant  quî  le  marquis  du 
Chatelet  décédera  en  minorité  lui  laissant  à 
sa  majorité  la  liberté  de  disposer  de  son 
bien. 

Lègue  à  M.  le  comte  de  Lastic  toutes  ses 
porcelaines  et  le  tableau  du  piètre  grec  (i) 
qui  est  dans  la  chambre  de  la  testatrice. 

Lègue  sa  végétation  (^tc)  (î)  et  trois  ta- 
bleaux à  M.  le  comte  de  Brizay. 

On  voit  qu'il  n'est  nullement  question 
dans  ce  testament  d'nne  clause  extraordi- 
naire mentionnant  Casanova,  et  que  sa  ré- 
daction n'est  pas  lœuvre  d'une  folle  ni 
même  d'une  excentrique.  Madame  d'Urfé 
avantage  son  petit-fils,  voilà  tout. 

Il  y  a  aussi,  aux  Archives  de  la  Seine, 
dans  les  papiers  des  Juges  Consuls  (Re- 
gistres des  sentenses)  des  sentences  du 
moisd'aoïJt  1759,  qui  renseignent  singuliè- 
rement sur  les  motifs  qui  obligèrent  Ca- 
sanova à  quitter  Paris. 

Gaston  Capon. 

(1)  Sans  doute  du  peintre  Greco. 

(2)  Une  Visitation  ? 

Lt  Directeur-girant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

Imo.  DAMim.-Oi»MBOM,  St-Amand-Mont-Rond 


LXVI»  Volume      Paraissant  les 


lo,  io  gt  }o  de  chaque  mois       20  Septembre  1912 


48»  Année 


PAJJlSdXn  Cherchez  et  *     ^^*^-      r- 


Vou$ trouvêret 


Bureau    :  de3à6heures 


g       II  se  faut 
s        tntr'aider 

o 

o 


N«  1340 

3i»',r.Vlc(orMaas 
f>AKii<i  (IX*) 

Bureaux:  lieS^  6hearei 


DES    CHERCHEURS    ET    CURIEUX 

Fondé   en    1864 
— «<»>. 

^iitlSTUms     ET     KÉPONSES     LITTÉRAIRlilS.     BISTORIQOES.    SCIENTIFIQUES     ET    AlVMSTlQUiS 

TROUVAILLES    ET    CUaiOSlTÉS 
337 _ ^^g     _ __ 

Louis-Philippa  surnommé  «  L'Or- 
dre de  chose  »  et   «  la  Pensée  Im- 
muable ».—  Le  vicomte  de  Brachet  a  pu- 
blie dernièrement,   dans  le  Bulletin  d'étu- 
des historiques  «  Le  Pays  de   GranviUe  » 
un  mteressant  travail  sur  la  visite  du  roi 
Louis-Philippe  à  Granville  en  août  183? 
L  auteur  cite,  à  ce  propos,   quelques-uns 
des  inombrables  pamphlets  et  caricatures 
par  lesquels  des  écrivains  et  des  artistes 
de  talent   cherchaient  alors  à  ridiculiser 
celui  qu'ils  appelaient  tantôt  F  -  Ordre  de 
chose  >>,  tantôt  *  la  Pensée    Immuable», 
tt  M.  de  Brachet  nous  donne  la  reproduc- 
tion de  deux  amusantes,   autant  qu'irres- 
pectueuses,  caricatures  du  célèbre  dessina- 
teur Grandville  représentant  .<  Le  voyage 
de  la  Pensée  Immuable  à  travers  les  popu- 
lations empressées  ». 

auelle  était  loriginede  ces  deux  sobri- 
quets donnés  à  Louis-Philippe  ? 

J.  W. 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
.h  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
uun  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d;  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
sjiil  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 
Qitand  la    question   sollicite  la   connais- 
sance   d'une  liste ^    La   liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s  interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


#ue$tton$ 


Pacification  de  la  Vendée  :  arti- 
cles secrets.  —  Commencée  le  12  mars 
'793.  la  guerre  de  Vendée  se  termina 
deux  ans  après,  par  les  pacifications  de  la 
Jaunaie  (17  février  1795) et  de  la  Mabilais 
(20  avril  1795).  Y  eut-il,  oui  ou  non,  des 
articles  secrets  ?  Un  Vendéen. 

L'émigration  en  Angleterre  sous 
la  Révolution.  —  Quelles  sont  les 
meilleures  sources  de  documentation  sur 
l'émigration  en  Angleterre  et  spéciale- 
ment à  Londres,  pendant  la  Révolution  ? 
Le  moine  Théophile. 


officier  condamné  à  mort  à 


Un  

^^^^-^--..O"  ^*t  dans  le  carnet  du  gêné" 
rai  Coffinieres  de  Nordech,  siège  de  Metz  • 
extrait  du  Carnet  de  la  Sabretacbe.  nasè 


60 


page 


ou-  I    IT  i^7o    e  maréchal    ordonne 

qu  11    soit   sursis    à   rexécution    d'un    officier 
condan:ne  a  mort  par  le  conseil  de  guerre. 

auelqu'un  pourrait-il  nous  dire  quel  est 
cet  officier  ?  et  quel  était  le  motif  de  sa 
condamnation  et  ce  qu'il  est  advenu  de 
lui  après  la  capitulation.? 

Baron  du  Roure  de  Paulin. 

LXV.  -  8. 


I 


N»  1340    vv.  LXVi 


?.'î)Stiii; 


^'ÈD!AÎKjH 


339 


340 


Le  nom  de  l'oflacier  d'ordonnance 
de  ^VimpfeI:.  —  Qiielqu'un  pourrait- 
il  nous  dire  quel  est  le  nom  du  lieutenant 
de  mobile, officier  d'ordonnance  de  Wimp- 
fen,  qui  accompagnait  le  général  a  l'en- 
trevue de  Bismarck  et  de  Moltke  le 
1*'  septembre  1870  pour  traiter  la  cai)itu- 
lation  de  Sedan   ? 

Le  général  d'Orcet  en  parle  dans  ses 
lettres  et  le  désigne  ainsi  :  Le  marquis 
de  L.  B.iron  du  Roure  de  Paulin. 

Le  général  de  Vi  Isneuve  à  Beau- 
mont.  —  Dans  son  livre  Ba{eilles-St\hin, 
le  général  Lebrun,  commandant  le  12' 
corps,  a  écrit  que  le  général  de  Villeneuve, 
qui  commandait,  le  20  a  ùt,  la  2^  brigade 
de  la  division  Grandchamp,  ((  avait  dis- 
paru >'  au  cours  de  la  bataille  (page  73), 
et  qu'il  a  été  remplacé,  le  soir  même,  par 
le  colonel  Mircher. 

Qu'était  devenu  ce  général?  Avait-il  été 
tué,  blessé,  fait  prisonnier  ?  En  ces  c^s,  le 
général  Lebrun  aurait  mentionné  la  mort, 
la  blessure  ou  la  capture  de  son  brigadier. 

SlT. 

Rosine  Debrou  —  Sait-on  ce  qu'est 
devenue  cette  actrice  qui  eut  Ir,  gloire  de 
créer  le  rôle  de  Fortunio, ainsi  que  M.  Man- 
tenay  l'indique  dans  le  bi  curieux  article 
que  voici  : 

Nos  théâtres  subventionnés  s'emparent,  les 
uns  après  les  autres,  des  drames  célèbres  de 
Dumas  père.  La  Comé  lie  Française  joue 
Antony,  l'Odéon  annonce,  pour  sa  réouver- 
ture prochaine,  la  Rein-  Margot. 

La  pièce  a  soixante-six  ans.  Klle  fut  créée 
en  1845, au  !  héâtre  Historique.  L'auteui  vou- 
lait avoir  une  scène  à  lui,  pour  jouer  les 
nombreux  drames  qu'il  avait  tirés  de  ses  ro- 
mans. Mais  il  fallait  l'autorisation  du  gou- 
vernement pour  ouvrir  un  théâtre.  La  re- 
quête que  Dumas  soumit,  à  cet  effet,  au  mi- 
nistre compétent,  fut  accueillie  grâce  au 
bienveillant  appui  du  duc  de  Montpensier. 
Le  dramaturge  aurait  vouUi,  pour  tcuioigner 
sa  gratitude  au  prince,  donner  à  son  théâtre 
le  nom  de  Montpensier.  Louis-Philippe  s'y 
opposa.  On  appela  la  nouvelle  scène  : 
Théâtre  Historique,  hlle  était  située  sur  le 
«  boulevard  du  Crime  »  à  peu  près  à  l'en- 
droit où  ;e  trouve  actiicllcnient  la  caserne 
du  Château  d'Eau. 

Dumas  n'y  joua  pas  seulement  ses  œuvres. 
11  monta,  entre  autres  pièces,  le  Chan'/elter, 
d'Mfred  de  Musset. 

La  chose  est  peu  connue  —  si  peu  connue 
que  les  brochures  de  la  pièce  portent  la  men- 


tion :  «  Représentée  pour  la  première  fois  à 
la  Comédie- Française.  »  A  la  première  page, 
c;i  indique,  comme  ayant  créé  les  rôles,  les 
;  itistv-'s  du  Théâtre-Français  D'après  cette 
liste,  Delaunay  aurait  établi,  à  l'origine,  le 
personnage  de  Fortunio. 

Or,  si  la  Comédie-Française  joua,  en  effet, 
le  Chandth'er,  elle  ne  le  monta  que  plu- 
sieuis  années  après  la  création  faite,  en  1849, 
au  Théâtre  Historique. 

J'ai  découvert  ce  petit  fait,  ignoré  des 
vieux  routiers  de  théâtre,  —  comme  on  dé- 
couvre ces  choses-là,  c'eai-à-dire  par  le  plus 
grand  des  hisards  —  en  compulsant  des 
journaux  datant  de  la  seconde  République. 

Je  me  r:ippelle  à  ce  propos  qiie  Francisque 
Sarcey,  parlant  un  jour  du  Chan'ielier  dans 
son  feuilleton  î^u  lemps^  écrivit  :  «  Deiau- 
nay,  qui  créa  délicieusement  Fortunio,  n'a 
jamais  été  remplacé  dans  ce  rôle     » 

Le  lendemain,  rencontrant  «  notre  Oncle  X' 
à  une  conférence  de  la  Bodinière,  je  lui  fis 
connaître  ma  pi;lite  découverte.  Il  parut  fort 
surpi  is  :  «  En  êtiis-vous  bien  sûr  ?»  me  de- 
nianda-t-il.  —  Absolument.  —  Mais  j'avais 
hier  encore  le  livret  s?iî?  les  yeux  ;  il  indique 
que  la  pièce  fut  créée  à  la  Comédie-Française 
et  qi;e  Delaunay  joua  Fortunio.  —  En  effet, 
mais  c'est  une  erreur,  vous  n'avez  qu'à  con- 
sulter les  journaux  de  1849  et,  notamment, 
le  feuilleton  de  Jules  Janin  dans  les  Débats. 
Il  y  eut  même,  dans  le  Limpion,  un  érein- 
tement  de  l'œuvre  par...  Xaviei  de  Monté- 
pin.  —  Ça,  c'est  drôle!  —  Certes!  —  Et 
quel  est  donc  le  comédien  qui  créa  Fortu- 
nio au  Théâtre-Historique  ?  —  Ce  n'était  pas 
un  comédien,  c'était  une  comédienne.  —  Par 
exemple  !  Fortunio  en  travesti  !  —  C'est 
ainsi,.-  Et  elle  s'appelait  ? —  Rosine  Debrou.» 

Sarcey  fit  la  moue.  «  Connais  pas  I  —  Moi 
non  plus.  —  Elle  n'a  laissé  aucune  trace  !  — 
C'est  vrai,  mais  elle  n'en  a  pas  moins  créé 
Fortunio.  —  Et  d'où  venait-elle  ?  —  Les 
journaux  du  temps  disent  que  c'était  une 
ingénue  du  théâtre  de  Nantes.  —  Oh  !  une 
actrice  de  province  !  Elle  aura  fini  ouvreuse 
quelque  part  !  —  C'est  possible,  mais  les 
faits  sont  là.  » 

Sarcey  se  gratta  furieusement  le  nez,  puis, 
après  une  pause  :  «  Voyez-vous,  me  dit-il, 
vous  n'y  changerez  rien,  c'est  Delaunay  qui 
a  attaché  son  nom  au  rôle,  et,  pour  tout  le 
monde,  il  restera  le  créateur  de    Fortunio.  » 

Et  c'est  ainsi  qu'on  écrit  l'histoire. 

Hettfleisch  von   Ehrenhelm.  — 

Pourrait-on  me  dire  s'il  existe  encore  en 
Autriche  des  membres  de  cette  famille  et 
dans  quelles  localités  .?  P.   Royer. 

Marguet  ite  de  Darval-Carrouges. 
—  A  celte  dame,   mariée  à  Jean  Blosset, 


34" 


DES  CHERCHiiURi  lil   CUiiliiUX                 20  Septembre  (912 
342      


i 


est  attribuée  la  fondation  de  la  collégiale 
de  Carroiigcs,  au  château  de  ce  nom, 
dans  le  diocèse  do  Séez  Que  sait-on  de  la 
famille  de  Darval  ou  d'Arval  qui  aurait 
possédé,  au  xv*  siècle,  la  seigneurie  de 
Carrougesr  Quelles  étaient  ses  armoiries  "r 

Qu.tsiTOR. 

Famille  de  Goret.  —  Qiielqu'un 
pourrait-il  me  fournir  une  note  biographi- 
que sur  une  famille  de  Goret,  et  si  elle 
existe  encore  ?  Armes  :  d'aigsnt  à  ^  hu- 
res Js  sangliers  arrachées  de  sable  et  mirées 
d'argent.  Cette  famille  m'intéresse  parce 
qu'en  1552  Mlle  Philippe  de  Cambourg 
i     épouse  Jacques  de  Goret.      Cambourg. 

ft      Le  salon  du  marquis  de  Pastoret 
kde  1802  à  1807.    —  Pourrait-on   me 
^Pdire  quels   personnages   connus   fréquen- 
taient, de  1802  à  1807,  le  salon  du  mar- 
quis de  Pastoret,  député  de  Paris  et  mem- 
bre de  l'Institut?  V.   R. 

Mile  Gabrielie  de  la  Périne.    — 

Qu'est-C2  que  c'était  que  cette  demoiselle 
autour  de  laquelle  il  semble  qu'on  ait  fait 
pas  mal  de  bruit  à  la  fin  du  second  em- 
pire, et  dont  parait  s'être  beaucoup  occu- 
pé le  monde  du  Boulevard  ? 

Emile  Blondet. 

La  canne  de  Rousseau.  —  La  Révo- 
lution Française ,dAnssts  noies  de  lecture, 
publie  un  article  de  la  Galette  de  France, 
(9  thermidor  an  VIII).  Cet  i;rticle  parle 
dune  canne  de  Rousseau,  montrée  aux 
spectateurs  d'une  salle  ouverte  rue  Neuve 
Saint-Augustin  11  en  coûtait  douze  sous 
pour  la  contempler. 

Elle  avait  4  pieds,  cinq  pouces,  trois  li- 
gnes de  hauteur.  Le  jonc  avait  pu  valoir 
quinze  sous, la  pomme  était  decorne  etd'os. 

On  reconnaît, parait-il,  sur  la  crosse,  la 
trace  des  quatre  doigts  et  d'un  pouce  du 
philosophe. 

«  Or,  on  sait  par  l'enthousiaste  auteur 
de  l'article  que  le  philosophe  de  Genève 
ne  se  lavait  point  les  mains,  qu'il  appelait 
ordinairement  ses  pattes  :  cette  crosse 
forme  sans  contredit,  la  partie  la  plus  pré- 
cieuse de  la  canne  en  ce  qu'on  est  sûr 
qu'elle  a  touché  de  près  les  mains  de  Jean- 
Jacques  Rousseau.   " 

Ce  fut  un  philosophe  de  Vienne  (Au- 
triche) qui  en  fit  l'acquisition. 


Qu'est  devenue  la  canne  de  Rousseau  .? 

Le  compagnon  de  Seurre.  —  Un 
des  descendants  ou  parents  de  ."4.  Seurre, 
statuaire  (né  en  1795,  mort  en  1867) 
pourrait-il  me  dire  avec  quel  artiste  ou 
dessinateur  amateur  Seurre  a  fait,  en  mai 
1819,  un  voyage  aux  environs  de  Rome? 

je  possède  une  aquarelle  représentant 
Seurre  monté  sur  une  mule,  et  en  tenue 
d'excursion,et  j'ignore  quel  est  l'auteur  de 
cette  aquarelle,  qui  l'accompagnait  dans 
son  voyage  R.  Gqdot. 

Thieffries.  —  Serait-il  possible  de  sa- 
voir si;  existe  encore  des  descendants  de 
la  famille  deThietfries  portant  ce  nom? 

Le  dernier  survivant  connu  paraît  être 
le  marquis  de  Thieffries  mort  vers  iSS^jà 
Enghien  les  Bains.  Sa  soeur  Appolline  de 
Thieffries  avait  épousé  le  marquis  de  Ba- 
lathier-Lantages.  L^bruyère. 

Ordre  de  Saint-Michel.  —  Dans 
quel  ouvrage  trouve-t-on  la  liste  des  che- 
valiers de  cet  ordre  ?  Nisiar. 

La  curieuse  épitaphe  du  chanoine 
'Vital  d'Ardengost.  —  La  tombe  du 
chanoine  Vital  d'Ardengost,  dans  la  ca- 
thédrale de  Saint-Bertrand-de-Commin- 
ges,  près  Luchon  (Haute-Garonne),  se  si- 
gnale à  l'attention  des  visiteurs  par  la 
singulière  épitaphe  suivante  : 
H'c  jacit  in  tuinbi    rosa  mundi,  non  rosa 

[munda 
Non  redolet,  aeJ  olet  quod  redolere  solet 

Un  de  nos  savants  confrères  latinistes 
pourrait-il  me  donner  le  sens  de  cette 
curieuse  inscription  à  laquelle  je  n'ai  pu 
trouver,  pour  ma  part,  une  traduction  sa- 
tisfaisante ?  J.  W. 

Date  à  déterminer,  par  lattres  et 
chiffre.  —  [e  désirerais  savoir  quelle 
date  donnent  les  lettres  et  le  chiffre  sui- 
vants, gravés  à  l'entour  d'un  puits,  au- 
dessous  d'un  écu  armorié, 
c  2 
M        V 

I.  B. 

La  plume.  —  Je  lis  dans  le  Mercure 
de  France,  VllI,  1912  p.  568  :  Deux  Aca- 
démiciens collectionneurs^  par  Marcel  For- 
reteux  : 


N»  1^40  Vol.  LXVI. 


L'INTfiRMfiDIAlRB 


343 


En  1701,  après  avoir  pris  part  aux  négo- 
ciations qui  devaient  aboutir  à  la  paix  de 
Riswick,  François  de  Callières  fut  généreu- 
sement récompensé.  A  son  retour  il  re(,ut  Ift 
brevet  de  secrétaire  du  roi,  etc.,  et  enfui  en 
170 1, à  la  mort  de  Rose,  son  collègue  à  l'Aca- 
démie Française  et  successeur  de  Conrart,  on 
lui  confia  la  plume  mission  délicate  qui 
consistait  h  contrefaire  l'écriture  et  la  signa- 
ture du  toi  et  rapportait  outre  10.000  livres 
un  logement  au  château.  Ainsi  s'explique  la 
remarque  de  Dangeau  qu'à  sa  mort  Fr.  de 
Callières  laissa  une  fortune  {owia à' acquit .  Il 
la  légua  àTHôtel-Dieii. 

Cette  fonction  de  la  plume  paraît  au- 
jourd'hui assez  bizarre,  et  pour  être 
aussi  largement  rémunérée  devait  com 
porter  d'autres  obligations  que  celle  ci- 
dessus  indiquée  quoique  ce  fût  déjà  une 
mission  bien  délicate  qu'on  ne  pouvait 
confier  qu'à  un  homme  d'une  honnêteté 
reconnue  :  contrefaire  l'écriture  et  la  si- 
gnature auguste  du  Grand  Roi  ! 

'iuels  étaient  au  juste  les  devoirs  de 
cette  charge  qui  m'est  révélée  par  l'arti- 
cle de  M.  Forreteux  .''  En  trouve-ton 
mention  dans  d'autres  écrivains  anciens 
ou  modernes  .?  Dehermann. 

[Voilà  peut-être  la  réponse.  On  lit  dans 
le  dernier  Bulletin  prix  marqués  de  Noël 
Charavay  : 

Rose  (Toussaint),  secrétaire  de  Mararin> 
puis  de  Louis  XiV,  dont  il  avuit  la  plume  ; 
cet  exercice  consistait,  dit  Saint-Simon,  «  à 
imiter  si  exactement  l'écriture  du  roi  qu'ellç 
ne  so  puisse  distinguer  de  celle  que  la  plume 
contrefait  »,  membre  de  l'Académie  française 
en  remplactment  de  Conrart.  —  V.  s.,  sur 
vélin  ;  Paris  1'''"  août  1609,    i  p.    in-4    Rare. 

Reçu  donné  au  nom  de  ses  petits-enfants 
minsurt.j 

Un  poète  pittoresque.  —  A  pro- 
pos de  la  mort  de  M.  Georges  Bussières, 
président  de  la  Chambre  à  la  Cour  d'Ap- 
pel de  Lyon,Z,(;  Temps,  dans  la  nécrolo- 
gie qu'il  a  consacrée  à  ce  magistrat,  a 
écrit  : 

Citait  un  poète  plein  de  verve  et  un  his- 
torien consciencieux.  Il  passe  pour  avoir 
commis  dans  ses  jeunes  années  un  poème 
hAof-comique  encore  populaire  au  Quartier 
latin. 

Un'  de  nos  collaborateurs  pourrait-il 
nous  dire  quel  est  ce  poème  héroi  comi- 
que et,  au  besoin,  en  faire  une  citation  .' 

1-.. 


Brenet.  —  Quelle  est  l'origine  du 
nom  Brenet,  très  fréquent  en  Franche- 
Comté  comme  nom  de  famille  et  que  l'on 
trouve  également  comme  nom  de  pays  : 
Les  Brenets  (Jura)?  M,  M. 

Expressions  arabes  courantes.  — 

On  admettia  bien  que  rares  sont  les 
Français  qui  comprennent  l'arabe  et  l'on 
nous  concédera  aussi  que  nombreux  son- 
les  lecteurs  de  {'Intermédiaire  qui  s'inté- 
ressent aux  affaires  du  Maroc  Lst-il  per- 
mis de  demander  pour  eux  ce  que  veut 
lent  dire  les  expressions  usitées  tous  les 
jours  dans  les  journaux  ^ 

Voici  quelques-unes  qui  me  viennent  à 
la  pensée,  mais  il  y  en  a  certainement 
d'autres  :  Rekas,  H  irka,  Tabor,  Goum, 
Oulad,  Oulcd,  Ben,  Beni^  Souk,  Oued, 
Djebel,  Cheik,  Mehalla,  Klalefa,  Dar, 
Magzen,  Mogreb  (ces  deux  dernières  ex- 
pressions ont  fait  l'objet  d'une  communi- 
cation en  1903  ;  nul  inconvénient  à  y  re- 
venir). Petracorensis. 

Nicée  :  sources  à  consulter. —  On 

demande  de  sérieuses  indications  biblio- 
graphiques sur  NicÉE,  surtout  au  point  de 
vue  anecdotique,  mœurs  et  civilisation, en 
dehors  de  ce  qui  a  trait  à  l'histoire  pro- 
prement dite  et  aux  Conciles.  On  serait 
désireux  de  savoir  s'il  existe,  en  Grèce  ou 
ailleurs,  des  ouvrages  en  grec,  suscepti- 
bles de  fournir  des  renseignements  à  ce 
sujet.  Le  Moine  Théophile. 

«  Dame  aux  camélias  »  Marie  Du- 
plessis  (T.    G.,    239;   XL;   LU;   LXIl, 

LXIV).  —  Où  se  documenter,  de  façon 
précise,  amusante,  détaillée,  et  véridique 
sur  Marie  Duples^is  (la  Dame  aux  Camé 
lias)  en  dehors  des  pages  qui  lui  ont  été 
consacrées  par  le  comte  de  Contades, 
dans  son  livre  Portraits  et  Fantaisies? 
Le  moine  Théophile. 


iVoir  :  Lij  vérité  sur  la  Dame  aux  Camé' 
lias,  Marie  Du plessis  {ch'-iOWenAori,  1888), 
ci$^ieux  livre,  trop  peu  connu,  par  un  témoin 
de  la  vie  de  Marie  Duplessis,  par  Romain 
Vienne,  la  vie  de  la  DntKÉ  aux  Camélias, 
•ivec  des  portraits  inédits  et  des  ijutographes 
de  .^larie  Duplessis  et  Alexandre  Dumas,  par 
Georges  Soteau  (Editions  delà  Revue  de 
France.  1898.  Intéressante  surtout  pour  une 
généalogie  assez  inattendue.] 


LE  COMTE  DE  LA  MOTTE 


A'oir  Intermédiaire.  LXVI,  345. 


I 


DBS  OHBRCHBUK&  ET  CURIBUX 


20  Septembre  1912 


34^ 


346 


Kcpauôeô 


Le  comte  et  la  comtesse  de  La 
Motte  (T.  G.  491  :  LU).  -  U  est  de  tra- 
dition d'écrire  que  Jeanne  de  Valois- 
Saint-Rémy,  comtesse  de  La  Motte  — 
l'héroïne  de  V Affaire  du  Collier,  —  née  à 
Fontette,  le  22  juillet  1756,  est  morte  à 
Londres  le  23  août  1791. 

D'abord,  est-on  absolument  certain  que 
la  comtesse  de  La  Motte  soit  morte  à  Lon- 
dres ? 

Y  a-l-on  relevé  son  acte  de  décès  ?  Une 
note  deCarlye  l'atteste  :  c'est  tout. 

Le  baron  de  Baye  croit  pouvoir  dire 
qu'il  a  retrouvé  sa  trace  en  Russie,  ce  qui 
est  conforme  à  ce  qu'a  soutenu  Mme 
Krudener  qui  prétend  que  la  comtesse  de  La 
Motte  est  morte  en  Crimée  en  1820. sous  le 
nom  de  Madame  Guacher.  (V.  Internié- 
diaiie,  (VI,  39,  iiy,L,  LU.  834,  957). 

On  veut  bien  admettre  encore,  d'une 
façon  générale,  que,  par  son  père,  elle 
descendait  de  Henri  de  Saint-Rémy,  dit 
de  Valois,  fils  naturel  de  Henri  11  et  de  Ni- 
cole Savigny,  que  l'inconduite  avait  ruiné 
sa  famille^  et  .<  qu'elle  épousa  un  gentil- 
homme Champenois,  Marc-Antoine-Ni- 
colas de  La  Motte,  gendarme  du  roi  >^ 
(H.    Monin.    La    Grande    Encyclopédie). 

M.  Funck-brentâno.,  V  Affaire  du  Collier , 
établit  cette  thèse  d'après  divers  dossiers 
dont  le  dossier  Target  (Bibliothèque  de  la 
ville  de  Paris). 

Or,  en  contradiction  avec  ces  asser- 
tions, nous  trouvons  dans  les  Archives  de 
la  police  un  rapport,  établi  à  l'époque  où 
le  comte  de  La  Motte  écrivait  ses  derniers 
mémoires,  qui  met  en  doute  l'origine  no- 
biliaire de  l'aventurière. 

Ce  rapport  (Archives  nationales)  daté 
du  16  juillet  182c,  est  du  commissaire  de 
police  Morlot,  attaché  au  cabinet  du  Pré- 
fet. 

Nous  n'en  publions  que  ce  qui  est  rela- 
tif à  l'origine  du  comte  et  de  la  comtesse 
de  La  Motte.  Si  ce  qu'il  dit  sur  la  généa- 
logie de  ces  personnages  est  sujet  à  cau- 
tion et  manque  d'exactitude,  les  rensei- 
gnements qu'il  fournit  sur  Lamotte,  «  dit 
Lamotte-CoUier  »,  sont  au  moins  des  plus 
curieux.  Ils  sont  inédits,  et  c'est  pour  ajou- 
ter à  leur  intérêt. 

Nous  connaissons,  depuis  notre  enfance,  le 
comte  Delamotte,  il   est   notre  compatriote. 


et  nous  l'avons  vu  dans  tout  l'éclat  de  sa 
splendeur,  comme  dans  l'abjection  où  il  s'est 
enfoncé  de  plus  en  plus. 

M.  Delamotte  est  le  fils  d'un  simple  parti- 
culier de  Bar-sur-Aube,  qui,  après  aroirfait 
ses  études  au  Collège  de  cette  Ville,  fut  placé 
dans  un  régiment  de  Cavalerie,  au  moyen 
d'une  sous-lieutenance  que  lui  acheta  sa  fa- 
mille. 

Il  était  beau  militaire,  et  possédait  toutes 
les  qualités  comme  tous  les  vices  pour  réus- 
sir dans  des  intrigues.  En  reparaissant  dans 
son  pays  natal,  avec  les  épaulettes  d'offizier, 
il  $e  fit  remarquer,  et  on  pressentit  qu'il 
était  destiné  à  jouer  tôt  ou  tard,  un  grand 
rôle. 

En  effet,  ayant  appris  qu'une  famille,  nom- 
mée Valois,  existait  misérablement  dans  un 
petit  village,  nommé  Fontette,  à  quelques 
lieues  de  Bar-sur-Aube,  il  prit  des  informa- 
tions, compulsa  les  registres  de  décès  et  de 
naissances  et  en  imaginant  un  arbre  généa- 
logique, il  mit  dans  la  tête  du  chef  de  la  fa- 
mille la  Motte  la  vanité  de  s'annoncer  comme 
l'un  des  descendants  ■\c  l'ancienne  branche 
régnante  des  Valois.  Des  mémoires  furent  ré- 
digés ;  des  pièces  plus  ou  moins  authenti- 
ques furent  produites,  et  le  bruit  qu'on  avait 
découvert  la  véritable  famille  des  Valois  ac- 
quit une  telle  publicité  que  la  Cour  en  fut 
promptcment  instruite,  et  que  la  reine  Marie- 
Antoinette  voulut  que  l'enquête  la  plus  scru- 
puleuse eût  lieu. 

Le  S""  Delamotte,  qui  tenait  le  fil  de  l'in- 
trigue, avait  distingué  dans  cette  tamille 
misérable,  une  jeune  fille  dont  la  beauté 
l'avait  séduit.  Il  se  hâta  de  lui  faire  quitter 
ses  vêtemens  de  paysanne,  et  lui  proposa 
d'entrer  dans  un  pensionnat,  pour  y  recevoir 
de  l'éducation. 

Cette  jeune  personne,  ayant  de  brillantes 
dispositions  naturelles,  et  à  qui  l'on  procura 
les  meilleurs  maîtres  de  la  Capitale,  passa 
promptement  de  son  primitif  état  de  simpli- 
cité à  celui  d'une  femme  de  qualité,  capable 
de  figurer  avec  avantage  dans  la  haute  So- 
ciété. 

A  peine  Mlle  De  Valois,  eut-elle  acquis  le 
ton  et  les  manières  qu'on  ne  possède  com- 
munément qu'avec  une  grande  naissance, 
que  son  patron,  M.  Delamotte,  intrigua  et 
réussit  à  la  présentera  la  Cour  de  la  Reine. 

La  jeune  et  séduisante  De  Valois  plut  à 
Sa  Majesté,  qui  l'honora  aussitôt  d'une  pro- 
tection spéciale,  et  voulut  que,  par  des  let- 
tres patentes,  la  noble  origine  de  cette  pay- 
sanne fût  légalement  reconnue, 

A  ce  bienfait  royil  succéda  immédiatement 
le  titre  de  Comtesse.  La  main  de  cette  heu- 
reuse créature  ne  pouvait  appartenir  qu'à  ce- 
lui qui  l'avait  retirée  de  sa  misérable  obscu- 
rité. Le  S""  Delamotte  la  demanda,  l'obtint 
sans  obstacle,  et  fut  ainsi  fait  Comte. 


N«k34o  Vol.  LXVI. 


L'INTBRMBDIAIKjS 


347 


348 


Li  vie  dil  tohnté  fet  de  la  Cotntesse  Dcla- 
□lotté  àpi'èS  leur  èlévàlion,  est  devenue  trop 
célèbre  pour  être  racoiué». 

Toute  la  France  et  lEurojje  enUèrte  la 
connaissent.  Les  compatriotes  dé  ces  deux 
personnages  en  gémissent,  et  ne  peuvent  en- 
tendre sans  indignation  que  M.  Delamotte 
cherche  à  soulever  le  voile  sur  des  turpi- 
tudes qui  le  flétriront  h  iamais,  il  en  est  un, 
surtout,  M.  Le  Comte  de  Beugnot,  contempo- 
irâin  et  condisciple  même  de  cet  homme,  qui 
connaît  tout»  sa  vie,  qui  l'a  vu  au  faîte  de  la 
prospérité,  affichant  le  luxfe  lé  plus  effréné, 
et  qui  le  méprise  maintenant  au  poilil  de  lui 
refuser  les  secours  pécuniers  qu'il  lui  a  ac- 
cordés, pendant  plusieurs  années. 

M.  le  Comto  Delamotte,  aj^rés  l'Affaire  du 
Collier,  s'était  réfugié  à  Londres,  où  il  avait 
emporté  des  sommes  colossales,  qu'il  y  a  dé- 
vorées, en  continuant  ses  prodigalités. 

Il  a  reparu  en  France,  au  commencemeiit 
du  régime  impérii  ,  ayant  encore  quelques 
débris  de  son  an^;nrnne  fortune,  et  qu'il  a 
diksijiés,  sans  Songer  au  tt'iste  avenir  qu'il  se 
préparait. 

Lorsqu'il  à  é\é  au  bout  dé  son  rouleau,  il 
n'a  pas  eu  honte  d'implorer  là  bienfaisance 
de  M.  le  Coriiic  Beu^nbt,  et  celui-ci  a  eu  as- 
séi  de  liénérositc  pour  liai  procurer  des 
moyens  d'existence. 

Pendant  plusieurs  années,  il  a  été  placé  au 
théâtre  de  la  iPorte  StMartin,  alix  appointe- 
mens  de  3000  fr.  et  ensuite  diibs  les  maisons 
de  jeux,  avec  même  rétribution. 

Des  changemens  arl-ivës  siiccessivenièiit 
lui  ont  Ifait  perdre  ces  emplois,  et  l'ont  J-eknis 
sur  le  pavé. 

En  1816,  M,  Delamotte  nous  fut  tecotn- 
hiàndé  et  les  personnages  qui  nous  l'adressè- 
rent nous  iiispir  ient  tiop  de  respect,  pour 
que  leur  lecditimandation  ne  fût  ;  as  pour 
nous  uti  ordre  souverain. 

Nous  sollicitâmes  pour  lui  une  place  d'ins- 
pecteur de  police,  et  nous  l'avons  eu  sous 
ribs  ordres  pendant  cnvlj-on  3  ans,  sous  le 
nom  dé  Dehnoite  (il  est  facile  de  s'eti  coii- 
vaincre  à  la   comptabilité,  ou  au  personnel) 

Dans  lécouis  dé  ses  fonctions,  ceDeimotte 
nous  a  servi  dans  la  Coiif^piration  âa  bord 
ne  l'eau,  et  a  été  a*sez  fidèle  dans  ses  inves- 
tigations. Il  nous  a  été  également  utile  pour 
découvrir  beaucoup  de  p;imphleis,  et  notam- 
ment le  Furet  et   le  Moniteur  rovaliyle. 

M.  le  Diic  d*  Caze'-,  nlors  Ministre  de  la 
Police,  ayant  chargé  rii.specttur  général,  de 
la  part  de  S.  M.  Louis  XVIII,  de  découvrir  si 
le  fameux  Comte  Delamotte  existait  encore, 
rie  fiit  pas  peu  surpris  d'apprendre  qu'il  ap- 
partenait à  la  Police  de  Paris  Le  Roi  en  fut 
informé,  et  ordonna  (jU'on  l'engageât  a  rédi- 
ger ses  mémoires,  que  S  M  voulait  lire 
«*crits  par  lui- mime  Nous  fûmes  charj.,'és  de 
presieritir  M.  Delamotte,  et  nous  parvînmes  à 


le  décider  à  taire  ce  que  le  souverain  désirait. 
Mais,  au  bout  de  qiiël4ues  mois,  cet  original 
vint  nous  dire  qu'il  ne  terminerait  rien,  si, 
avant  tout,  on  ne  lui  assurait  pas  une  Pen- 
sion siir  là  listé  civile, 

CetU  exigeance  drfplùt  au  Roi  et  à  son 
Ministre,  et  on  abandonna  M.  Delamotte 
qui,  depuis  lois,  a  végété  dans  la  Capitale, 
jusqu'au  moriie  t  où  le  S""  Punisset  l'a  entre- 
pris et  livré  à  M.  le  Cte,  De  Pïns,  chef  du 
Bureau  particulier,  sous  l'administration  de 
M.  Delaveau. 


La  condamna: ion  de  Louis  X'VI 
et  là  tranc-mâçonnerie  (LXU  a  LXVI, 
1  1,  50,  249).  —  Cagliostro était  membre 
voyageur  au  service  des  Loges  ;  lui- 
même  nous  l'apprend  Lors  d'une  excur- 
sion qu'i'  fit  de  Pologne  en  France,  il 
s'arrêta  à  Francfort  sur-le-Mein  oii  il  eut 
des  conférences  avec  les  chefs  de  la  secte. 
Voici  ce  qu'il  dit  à  l'Inquisition  de  Rone, 
d'après  les  procès-verbaux  officiels  de  ce 
tribunal  : 

Je  m'en  allai  à  Francfort-sur-le-Mein,  où 
je  trouvai  Messieurs  N,  N.  etN.  N.  qui  sont 
chefs  et  archivistes  de  la  maçonnerie.  Ils 
m'invitèieiit  à  aller  prendre  le  café  avec  eux; 
je  montai  dans  leur  carrosse,  sans  avoir  avec 
moi,  ni  ma  femme,  ni  personne  de  ma  mai- 
son^ ainsi  cju'ils  m'en  avaient  piié,  et  ils  me 
menèrent  à  la  campagne,  à  environ  trois 
milles  de  la  ville.  A  la  faveur  d'une  lumière 
dont  ils  se  munirent,  nous  descendîmes,  par 
quatorze  ou  quinze  marches,  dans  un  sou- 
terrain, et  nous  entrâmes  dans  une  chambre 
ronde  au  milieu  de  laquelle  je  vis  une  table  ; 
on  l'ouvrit  et  au-dessous  était  une  caisse  de 
fer  qu'on  ouvrit  eiicore,  et  dans  laquelle 
j'aperçus  une  grande  quaiitité  de  papiers. 
Ces  deux  personnes  y  prirent  un  livre  ma- 
nuscrit, fait  dans  la  forme  d'un  Misse!,  au 
commencement  duquel  était  écrit  :  Nous, 
1,'rand  tnaihe  des  Tcm/>li-rs,  etc.  Ces  mots 
étiient  suivis  d'une  formule  de  serment  con- 
çue :iaris  les  expressions  les  plus  horribles, 
que  je  ne  puis  me  rappeler,  mais  qui  conte- 
iKtient  l'engagement  de  détruire  tous  le:; 
Souverains...  Ce  qu'on  me  dit  sur  le  con- 
tenu de  ce  livre,  qui  était  écrit  en  françiiis., 
et  le  peu  que  j'en  lus  me  confirma  encore 
que  cette  secte  avait  déteiminô  de  porter 
ses  premtirs  coups  sur  la  f-r,ince.,.;  qu'ils 
étaient  alors  au  for,t  de  l'intrigue  et  que  la 
Société  a  une  grande  quantité  d'argent  dis- 
perse dans  les  banques  de  l'Europe.  .  Enfin 
ils  n'offrirent  des  secours,  en  me  disant 
qil'ils  étaient  prêts  à  donner  jusqu'à  leur 
sang,  et  je  reçus  de  suite  six  cents  louis. 
Nous  retournâmes  ensuite  à  Francfort  d'oà 
je  partis  le  lendemain  pour  Strasbourg, 


Uha  Cri£KCHjBUKiJ  BT  CURIEUX 


20    Septembre  191a 


349 


350 


On  ne  peut  soupçonner  Cagliostro 
d'avoir  voulu,  par  cette  déclaration,  se 
rendre  important  aux  yeux  de  l'Inquisi- 
tion; c'eût  été  jouer  trop  gros  jeu  vis-à- 
vis  de  ce  redoutable  tribunal  :  tout  char- 
latan qu'il  était,  son  audace  n'allait  pas 
jusqu'à  le  priver  du  bon  sens  et  il  aurait 
évidemment  aggravé  le  malheur  de  sa  si- 
tuation, s'il  eût  inventé  cette  fable. 

Qlie  conclure  de  ce  témoignage  de  Ca- 
gliostro, chez  qui  le  jongleur  ne  fait  que 
cacher  l'instrument,  parfois  un  peu  fan- 
taisiste, mais  toujours  bien  attitré,  de  la 
franc-maçonnerie  ? 

Il  en  résulte  très  clairement  que  la  ville 
de  Francfort  était  devenue,  dans  les  an- 
nées qui  précédèrent  notre  Révolution,  un 
centre  maçonnique,  c'est-a-dire,  antimo- 
narchique, de  première  importance,  un 
foyer  régicide  très  intense  au  milieu  de 
l'Europe  et  spécialement  par  rapport  à  la 
France. 

Peut-on  imaginer  une  présomption  plus 
forte  en  faveur  de  la  déclaration  publiée 
dans  V Intermédiaire,  par  le  Père  Abel  ? 

LUNY. 


Santerre  et  la  mort  de  Louis  XVI 

(T  G.  820  ;  LXV;  LXVI,  54).  -  On  n'i- 
gnore pas  trop  les  Essais  kistoriquess  de 
Saint-Foix  sur  Paris  ;  mais  quel  est  le  pari 
sien  de  ce  siècle  fallacieux  et  progressif  qui 
sache  que  le  neveu  de  cet  agréable  auteur 
(qui  ne  voulut  jamais  faire  ses  visites  pour 
l'Académie),  a  publié,  en  l'an  XIII,  une 
suite  a  ces  essais  :  il  s'appelait  Auguste 
PouUain  de  Saint-Foix.  Or,  un  hasard  ai- 
mable me  fait  trouver  à  la  page  299  du 
i®""  vol.  de  cet  ouv'rage  : 

Un  roulement  ordonné  par  le  général  en 
chef  de  r armée  de  V intérieur ,  et  par  suite 
par  le  commandani  de  la  garde  nationale 
parisienne  empêcha  d'entendre  ses  dernières 
paroles. 

Charles- Adolphe  Cantacuzène. 

«  * 
En  attendant  l'article  de  M.  Camille  Pi- 
tollet,  notons  le  passage  suivant  qui  sem- 
ble appuyer  sa  thèse  : 

Santerre  (le  général  I.  L.  a.  s,  de  1802, 
adressée  au  citoyen  Chateauneuf...  Très  cu- 
rieux pour  l'histoire  de  ce  temps.  11  y  a.  au 
dos,  une  note  de  Chateauneuf,  dans  laquelle 
il  prouve  que  ce  n'est  pas  Santerre  qui  or- 
donna le  roulement  de  tambours  qui  coupa 


sur  l'échafaud  la  parole  à  Louis  XVI,  mais 
que  ce  fut  un  ancien  page  de  Louis  XVI, gé- 
néral  républicain  :    25  fr.  50. 

C'est  un  extrait  du  catalogue  de  la 
vente  Boni  de  Castellane  (25-50  avril 
1834)  communiqué  par  M.  de  Lescure 
{Les  Autographes  et  le  ^oût  des  autogra- 
phes en  France  et  à  V étranger.  Paris,  1865, 
P-  77)-  Qu'est  devenue  cette  lettre  de 
Santerre  annotée  par  Chateauneuf.^ 

JOACHIM    KÙHN. 

Louis-P  il  ppe, le  24  février  1848, 
s'e-t-il  enfui  en  fiacr  -  ?  (LXVI,  185, 
296),  —  Ma  réponse  n'est  basée  sur  au- 
cune preuve,  sur  aucun  document  ;  c'est 
une  simple  anecdote  entendue  jadis  et 
peut-être  publiée. 

Le  24  février  Louis-Philippe  quitta  préci- 
pitamment les  Tuileries  avec  Marie-Amélie  ; 
il  arriva  place  de  la  Concorde  où  l'attendait 
un  coupé.  Comme  il  approchait  de  la  voiture, 
un  monsieur  guilleret,  empressé,  s'élança  et 
ouvrit  la  portière  :  «  Merci  !  ifil  le  roi, 
merci  !  » 

—  «  Oh  !  ne  me  remerciez  pas,  sire,  ré- 
pondit l'inconnu  ;  voilà  dix-huit  ans  que 
j'attends  ce  moment-là  !  » 

Marquiset. 

296).  —Je  signale  col.  299  dans  Parti- 
cle  signé  A.  B.  X.  une  inadvertance  de 
plume,  <s  Dupont  de  Nemours  »  au  lieu 
de  «  Dupont  (de  l'Eure)  »  . 

H.  C.  M. 

Thiers  et  Gambetta  :  Un  pré- 
tendu mot  de  Thi  rs  sur  les  Alsa- 
ciens (LXVI,  139,201).  —Le  propos 
que  l'on  prête  à  Thiers  sur  les  Alsaciens 
peut  n'être  pas  vrai,  mais  il  ne  parait 
pas  invraisemblable.  Thiers  préférait  au 
prestige  extérieur  du  pays  le  triom- 
phs  de  ses  sentiments  libéraux.  Nassau 
Senior,  dont  les  intéressantes  conversa- 
tions sont  trop  ignorées  en  France,  —  je 
ne  vois  guère  que  M.  d'Eichtal  qui  s'en 
soit  servi  dans  son  Tocquevitte  —  dînait 
chez  Thiers.  le  1er  mai  1859.  La  plupart 
des  invités,  ce  soir-là,  souhaitait  l'échec 
de  l'hmpereuren  Italie. 

Comme  je  m'en  allais,  Thiers  me  suivit 
dans  l'antichambre  et  nous  nous  promenâmes 
d'un  bouta  l'autre,  pendant  une  demi-heure. 
«  Je  lui  répétais  ce  que  j'avais  dit  à  Tar- 
get. —  Thiers  :  «  C'est  parfaitement  vrai. 
*  li  y  â  dix  ans,  si  l'on  m'avait  prédit  qu'un 


N»  1340.     Vol.  LXVl 


L'iNIfiKMijDiAlRB 


35» 


«  jour  viendrait  où  j'envisagerais  avec  d  au- 
«  très  sentiments  que  ceux  de  la  plus  vive 
«  amertume  un  échec  subi  par  la  France, 
«  combien  me  serais-je  indigné  contre  une 
«  pareille  supposition  !  Eh  !  bien,  ce  moment 
«  est  venu  !  » 

(Conversations  wtih  M.  Thiers,  M. 
Gui^ot,  and  other  distinguished  Persons 
dtiring  the  Second  Empire  ;  Londres 
Hurst  and  Blackett,  1878,  t.  lî  23(5-240. 
—  Se  rappeler  que  Nassau  Senior  faisait 
relire  à  ses  interviewés  leurs  propres  pa- 
roles et  que  Thiers  corrigeait  lui-même 
ce  qui   le  concernait  dans  ces   volumes). 

11  est,  d'ailleurs,  certain  que,  si  nous 
avions  été  vigoureusement  battus  à  cette 
époque,  nous  n'iiurions  point  gagné  Nice 
et  la  Savoie,  mais  nous  n'aurions  eu 
contre  nous,  ni  l'unit-i  de  l'Italie,  ni  celle 
de  l'Allemagne,  et  nous  aurions  écono- 
misé la  perte  de  l'Alsace-Lorraine. 

Malheureusement,  Thiers  mêlait  vite  à 
ses  sentiments  «  libéraux  »  —  d'un  libé- 
ralisme point  du  tout  libertaire,  —  ses 
rêves  d'ambition  et  ses  convoitises  d'in- 
tense vanité,  auxquels  sa  duplicité  per- 
mettait libre  eu.  Lorsqu'il  visita  les 
vieilles  cours  de  l'Europe,  en  1870,  pour 
les  intéresser  à  la  France  vaincue,  il  gé- 
mit en  bon  apôtre  sur  la  disparition  de 
nôtre  monarchie  :  «  Je  suis  honteux  de 
représenter  la  Republique  ».  disait-il  aux 
ministres  du  Tsar,  «  c'est  le  plus  grand 
sacrifice  que  j'aie  pu  faire  s  mon  patrio- 
tisme, moi,  le  représentant  par  excellence 
de  la  monarchie  constitutionnelle  >■>  !  — 
Mais,  au  directeur  de  la  vieille  et  libé- 
rale Revue  d' Edimbourg ,  le  D""  Reeve,  le 
petit  homme  ouvrait  .le  fond  de  son  âme  : 
«  Certainement,  je  suis  pour  la  Républi- 
que 1  Sans  la  République,  qu'est-ce  que 
je  serais,  moi  r  Un  bourgeois,  Adolphe 
Thiers  >  (Rev.  d'Ed.,  Oct.  1898,  p.  539;. 
Il  ne  lui  suffisait  pas  d'avoir  été  Premier 
Ministre  de  la  Monarchie.  Et  cette  Ré- 
publique, il  la  voulait  pour  lui  tout  seul 
11  expli.juait  à  M  Francis  Charmes,  qui 
la  répété  souvent  —  notamment  dans  le 
volume  sur  le  Cenlenaite  du  Journal  des 
Débats  —  qu'un  r<  i  peut  représenter  tout 
son  pays,  mais  qu'un  président  ne  peut 
représenter  que  son  parti  ;  dès  lors  au- 
tant vaut  lui  laisser  omnipotence  et  cou 
dées  franches,  pour  ne  lui  régler  son 
compte  qu'à  Iheure  de  sa   réélection. 

Il    n'est    donc     pas     surprenant     que, 


3S2     

et   surtout 


après  le  24  mai,  et  surtout  après  le 
16  mai,  Thiers  et  son  Dauphin  Gam- 
betta  se  soient  entendus  pour  une  poli- 
tique de  rapprochement  avec  1  Allemagne, 
afin  de  conserver  la  République.  On  peut 
écrire  probablement  du  premier  ce 
qu'une  grande  revue  anglaise  écrivait 
naguère  du  second  :  «  Si  l'on  demandait 
à  l'un  de  ses  amis  survivants  —  /V.  Hé- 
brard,  par  exemple  —  quelle  eût  été 
sa  décision  devant  l'alternative  de  re- 
couvrer l'Alsace-Lorraine  ou  d'être  battu 
dans  les  conflits  de  l'intérieur,  on  obtien- 
drait difficilement  une  ré(;onse,  mais  il 
n'y  aurait  pas  de  doute  sur  sa  nature  » 
[Qttarierlv  Review.,  octobre  191 1).  Le 
journal  du  Prince  de  Hohenlohe  est  abon- 
damment explicite  a  cet  égard  :  Thiers  et 
l'ambassadeur  d'Allemagne  étaient  de- 
venus inséparables.  Qiiand  le  Prince  di- 
sait à  notre  ministre  des  Affaires  Etran- 
gères :  «  Je  vais  chez  M.  Thiers  ?>,  le 
Duc  Decaze  répondait  ;.«  On  dit  que  vous 
n'en  sortt^  pas  »>  (9  janv.  1877.)  ^^ 
pense  bien  que  les  deux  Gaspards  ne  se 
réunissaient  point  pour  gémir  sur  les 
malheurs  de  l'Alsace  ;  au  contraire,  Thiers 
se  montrait  plein  de  reconnaissance  pour 
les  bons  offices  du  Prince  de  Bismarck, 
lors  du  traité  de  Francfort  :  «  Je  ne  dis 
pas  cela  à  mes  compatriotes  qui  trouvent 
qu'on  a  été  beaucoup  trop  dur?  »  (16 
juillet  1874  :  ces  phrases  sont  en  français 
dans  le  texte)  Et  Bismarck,  qui  «  gouail- 
lat  >^  Thiers  impitoyablement  dans  l'in- 
timité, le  soir  ou  il  apprit  la  mort  de 
l'ex-Président,  crut  devoir  proposer  à  sa 
maisonnée  de  boir^;  silencieusement  un 
verre  à  la  mémoire  de  cet  excellent  colla- 
borateur (5  sept.  1877)  —   Prositl 

Je   souhaiterais,  à  mon  tour,  poser  une 
question. 

Quelques  mois  après  la  guerre,  un  de 
mes  plus  intimes  camarades  de  classe, 
fils  d'un  Inspecteur  des  Ponts-et-Chaus- 
sées,  se  préparait  à  la  Cour  des  Comptes, 
où,  du  reste,  les  circonstances  ne  lui 
permirent  pas  d'entrer.  Il  avait,  comme 
les  autres  candidats,  l'autorisation  de 
compulser  les  dossiers  pour  se  former  à 
la  carrière.  Un  matin,  je  le  trouve  dans 
%a  chambre,  devant  quelques  feuilles  de 
papiers  couvertes  de  chiffres.  11  venait  de 
mettre  la  main  sur  le  dossier  de  Thiers 
et  d'en  tirer  des  notes  curieuses  que  je 
regrette     infiniment  de   n'avoir   pas  co- 


t 

M 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Septembre   1919 


353 


354 


piées,    puisque   les    pièces   officielles   de- 
vaient être  jetées   sous  le   pilon.  Je  passe 
sur  les  observations  de  la  Cour  relatives 
aux   dépenses  excessives   de   Thiers  pen- 
dant   sa    mission    de    187071.   La   Cour 
était  dans  son    rôle  de  les  faire  ;  il  serait 
puéril  de  s'y   arrêter  dans    le    formidable 
gaspillage  d'alors.  Mais  voici  un  trait    de 
caractère.    L'Assemblée    Nationale    avait 
voté  un  million   pour  reconstruire  l'hôtel 
de   Thiers,   rasé   par   la  Commune.  Mon 
ami  avait  relevé  minutieusement  les  dates 
et  les  modalités  des  versements  faits  pour 
cette  indemnité.    Il    établissait   que,  par 
divers  artifices  de  trésorerie.  Thiers  avait 
dû  toucher  12    à  1.300.000   francs,  c'est- 
à-dire,  reconstruire  son  hôtel  et  garder  le 
million    net    en    poche.    Or,     c'était    le 
temps  où  ses  journaux   faisaient  campa- 
gne  contre    les    Princes   d'Orléans,  cou- 
pables à    ses    yeux    de    réclamer  ceux  de 
leurs   biens  confisqués   par  Napoléon  III, 
qui  n'avaient  pas  encore  été  aliénés. 

Il  y  a  quelques  années,  je  causais  de 
cette  histoire  avec  un  conseiller  à  la 
Cour  des  Comptes.  <%  Mais  >>,  me  dit-il, 
«  ce  sont  des  choses  bien  connues  ».  — 
Si  connues  que  cela  ?  Un  intermédiai- 
riste  pourrait-il  en  indiquer  une  preuve 
écrite .?  Trop  de  faits  curieux  tombent 
dans  l'oubli  de  l'histoire,  faute  d'avoir 
été  relevés  à  temps,  quand  «  tout  le 
monde  »  les  connaissait  ! 

Britannicus. 

Femmes  à  destination  de  Mada- 
gascar en  1666  (LXVI,  235).  —  Les 
femmes  dont  parle  Souchu  de  Rennefort 
dans  son  Histoire  des  Indes  Orientales,  et 
qui  turent  embarquées  avec  des  colons  à 
destination  de  Madagascar,  provenaient 
sans  aucun  doute  de  la  Salpêtrière. 

Cet  établissement  fondé  en  1656,  sous 
le  nom  d'Hôpital  général,  réunissait  à  cettp 
époque  tous  les  services  affectés  à  un 
hôpital  et  servait  en  même  temps  de  mai- 
son de  correction  pour  filles. 

Les  notes  suivantes  extraites  du  Petit 
journal  du  11  septembre  1903,  qui  les 
reproduit  d'un  de  ses  confrères,  sont  très 
affirmatives  sur  ce  point. 

De  VEcho  de  Paris  : 

Les  Anglais  n'ont  décidément  rien  innové 
en  s'efforçant,  pendant  ces  dernières  années 
et  encore  actuellement,  d'expédier  dans  le  Sud 


de  l'Afrique  leurs  nombreuses  fîlies  et  femmes 
à  inarier. 

M.  Tesson,  le  savant  archéologue  parisien, 
vient  de  retrouver,  dans  l'ancien  reefistre  de 
l'Hôpital  général, qui  échappa  par  hasard  aux 
incendies  de  1871,  quelques  indications  bien 
curieuses  sur  l'envoi  des  filles  de  la  Salpê- 
trière dans  les  colonies,  vers  le  milieu  du 
règne  de  Louis  XIV. 

On  sait  qu'à  cette  époque  la  Salpêtrièie 
contenait,  dans  l'un  de  ses  quartiers,  sur- 
nommé plus  tard  la  «  Prison  de  la  Force  », 
des  filles  absolument  incorrigibles.  C'étaient 
celles-là  qui  étaient  expédiées  aux  colonies, 
oij,  disait  on  alors  comme  aujourd'hui,  «  elles 
pourraient  faire  des  mariages  avantageux  ». 

Voici  quelques-unes  des  notes  retrouvées 
dans  l'ancien  registre  : 

21  octobre  1680.  —  Mlle  la  supérieure  a 
disposé  toutes  choses  pour  l'envoi  de  106 
tilles  en  Amérique.  On  l'a  priée  de  tâcher 
d'en  envoyer  150. 

4  novembre  1680.  —  128  fillcs  sont  em- 
barquées au  Pont-Rouge  pour  aller  au  Havre, 
et  de  là  être  envoyées  à  la  Martinique. 

il  y  £  un  autre  envoi  à  Saint-Domingue. 
Et  enfin   cette  note  touchante   : 

30  septembre  1680  —  La  sœur  Saint-Jo- 
seph, qui  a  mené  autrefois  les  filles  à  Mada- 
gascar, étant  de  retour,  a  été  reçue  à  la  mai- 
son ;  elle  aura  chopine  de  vin  par  jour,  à 
cause  de  son  infirmité  il! 

Il  est  fort  probable  que  les  femmes  ou 
filles  qui  prirent  place  le  14  mars  1666  à 
bord  d'un  des  navires  que  comm.andait  le 
marquis  de  Mondevergne  furent  expé- 
diées à  destination  de  Madagascar  et  ce 
sous  la  surveillance  de  la  sœur  Saint-Jo- 
seph qui  les  accompagnait. 

L.  Capet. 

La  poste  aux  chevaux  de  Hou- 

dan  (LXVI,  236).  —  Les   anciens   livrets 
de  postes  donnent  tous   Houdan   comme 
bureau.    De    plus,  il    est    encore  désigné 
comme  poste  dans   le  Poiiillé  de  Chartres 
de  1738,  où   l'indication  est  donnée  pour 
écrire    ou    aller  dans    toutes  les   cures. 
Maulette   a    bien,    en    effet,    une    ferme, 
mais  c'est   l'ancien   château   du  lieu,  qui 
fut  habité  depuis  les  premières  années  du 
xvii*  siècle  et    jusqu'à    ces    dernières  an- 
nées par  la  famille  des  Petau  de  Maulette. 
La  fille  de  Salomon  de  Brosse,  l'architecte 
de  Henri  IV,  était  femme    de   Gédéon   de 
Petau  de  Maulette,  vers  1630.  L'ancienne 
poste  de   Houdan,   se    trouvait    où  est  la 
gendarmerie  actuelle,  au  n*^  4  de  la  rue  de 
Paris. 


N-  1340.  Vol.  LXVI. 


L'INTBKMÉDIAIRB 


^-î"; 


3^6 


Les  voitures  à  destination  de  Mantes  ou 
de  Cherbourg,  retournaient  à  qi^elques 
centaines  de  mètres  vers  Paris,  pour  re- 
prendre la  route,  près  de  Maulette,  mais 
encore  assez  loin.  Le  dernier  maitre  de 
poste  se  nommait  Davoust. 

E.  Grave. 
9 

Les  Guise,  descendants  des  Caro- 
lingiens (XVll;  LXVI,  33)  -  Cette 
prétention  est  connue  et  avait  cours  au 
temps  de  la  Ligue.  Je  ne  pujs  ni  la  soute- 
nir, ni  la  combattre,  mais  je  crois  qu'on 
trouvera  d'utiles  indications  dans  ce 
qu'on  connaît  sous  le  nom  de  Mémoir€% 
de  CcnJé,  6  vol.  Paris,  1743.  Le  6«  vo- 
lume doit  contenir,  dans  une  pièce  qui  a 
pour  titre  :  Dom  Claude  de  Guise,  la  ré- 
futation de  la  haute  origine  des  Guise.  Je 
n'ai  pas  l'ouvrage  sous  la  main  et  ne  puis 
en  dire  davantage.  E-  Grave. 

•  * 
[La  question  avait  été  posée  déjà  XVII, 

673  :  elle  n'avait  pas  eu  de  solution]. 

*  * 
Alexandre  Dumas,  dans  son  roman  La 

Dame  de  Monsoreau,  parle  de  ces  préten- 
tions des  Guise  (voir,  édition  Michel  Lévy 
1864,  vol.  1,  pages  248  et  249). 

Voici  la  filiation  donnée  par  Dumas  : 
Ranier,  premier  duc  de   Lorraine,  contem- 
porain de  Charlemague. 


I  I 

Guilbert  son  fils,  vleuxiènie  duc.       Ricin 

I 
Henri  3on  tils,  troisième  duc, 

I 
Bonne 
épouse  Charles   connu  sous  fe  nom   de  Char- 
les de  Lorraine,  fils  de  Louis  IV, roi  de  France, 
tige    des   maisons   de    Lorraine  et   de  Guise 

Or,  Charles  de  Lorraine  était  héritier  de 
la  couronne  de  France  à  la  suite  de  la 
mort  de  ses  frères  Louis  V  et  Lothaire. 
Par  suite,  les  ducs  de  Lorraine  seraient  les 
seuls  descendants  directs  des  Carlovin- 
giens  et  les  héritiers  légitimes  de  la  cou- 
ronne de  France. 

je  ne  sais  où  Dumas  a  puisé  ces  rensei- 
gnements. D'ordinaire  la  partie  historique 
de  ses  romans  est  tirée  de  mémoires  an- 
ciens, mais  dont  l'authenticité  est  souvent 
douteuse.  C.  N. 

Les  Mémoires  de  Kûss  CLXVI,  9c, 
155).  —  ]('   mètais,  en   effet,  trompé  en 


notant  que  Kùss  avait  laissé  des  mémoires. 
En  lisant  la  question  d"A.  B.,  je  me  rap- 
pelai avoir  parcouru,  en  son  temps,  un 
récit  très  circonstancié  de  Vlnnniïiation  en 
question  ;  je  crus  devoir  l'attribuera  Kiiss 
lui-même.  L'article  de  M.  Paul  Muller, 
inséré  dans  Vlnieimédtaite  du  30  mai,  et 
qui  me  parvint  seulement  alors  que  j'avais 
expédié  ma  petite  note,  a  précisé  mes 
souvenirs  :  c'étaient  les  mémoires  de 
Schneegans,  et  non  celles  de  Kiiss  que 
j'avais  lues.  -  Je  prie  donc  mes  con- 
frères d'excuser  ma  confusion. 

JOACHIM    KiiHN. 

Marquis  de  Saint-Maurice,  am- 
bassadeur (LXVl,  281'.  —  Le  marquis 
de  Saint  Maurice,  ambassadeur  du  duc  de 
Savoie  près  de  Louis XUl  et  de  Louis  XIV, 
se  nommait  :  Charles  Chabod,  marquis 
de  Saint-Maurice. 

MiGOBERT. 

Stendhal  et  les  Lyonnais  (LXVI, 
189,  214).  —  Notre  note  sur  Stendhal 
nous  a  valu  trois  mentions  honorables 
dans  la  Presse  quotidienne  de  Paris  {Jour- 
nal des  Débats  du  13  août  1912  :  Stendhal 
elles  Lyonnais-,  Gil  Blas  du  23  août  1912  : 
Marchand  de  fer,  par  M.  Jean  Pellerin  ; 
Les  Nouvelles  des  23-24  août  1912  :  Mar- 
chand de  fer)  et  un  blâme  dans  V Intermé- 
diaire. Nous  ne  savons  si  les  premières 
sont  méritées.  Le  second  ne  l'est,  à  coup 
sûr,  point  du  tout.  Que  M.  Victor  Giraud 
daigne  donc  se  reporter  d'abord  à  l'article 
précité  de  la  Revue  des  Langues  Romane* 
(à  laquelle  nous  n'avons  jamais  prétendu 
qu'il  ait  collaboré^  et  il  y  verra,  avec 
l'exacle  référence  bibliographique,  la 
preuve  irréfutable  que  l'erreur  que  nous 
lui  reprochiori3  est  de  lui,  et  de  nul  autre. 
Ou  bien  récuserait  il  aujourd'hui  la  pater- 
nité de  la  Table  alphabétique  et  q\ialytique 
des  Portraits  littéraires,  Nouveaux  Lundis 
et  Portraits  Contemporains  de  Sainte-Beu- 
ve, publiée  sous  son   nom  en  1903? 

Camille  Pitollet. 

Michel  Sublet  (LXVI,  237).  —  Mi- 
chel Sublct  est  de  la  famille  des  Sublet 
des  Noyers  et  d'Hendicourt.  C'est  le  fils 
de  Michel  d'Hendicourt  et  de  Marie  Bou- 
lier. Celui-ci  est  originaire  de  Blois,  et  fut 
intendant  et  contrôleur  des  finances.  Son 
fils  Michel  fut  abbé  de  Vendôme  en  1615, 


DB6  CHKRCHEUHS   BT  CURIEUX 


3S7 

et  de  Ferrières.  Il  mourut  à  Blois  au  mois 
d'août  1649,  et  non  eu  1643,  suivant  le 
P.  Anselme,  où  je  puise  ces  renseigne- 
ments. Moréri  n'a  pas  parlé  de  ce  Sublet. 

E.  Grave. 

On  trouvera  des  renseignements  histori- 
ques sur  iylichel  Sublet,  abbé  de  la  Trinité 
de  Vendôme,  qui  mourut  à  B}ois,  non  en 
1643,  ainsi  aue  le  disent  les  auteurs,  mais 
bien  le  7  août  1649...  en  consultant  |es 
ouvrages  suivants  :  Gallia  ChiUtiana, 
VIII,  p.  1379.  —  Abbé  Simon,  Hi:toire  de 
Vendôme  et  Je  ses  environs,  11,  pp.  374  à 
382.  —  Abbé  Ch.  Métais,  Ùartulaire  Je 
l'Abbaye  Cardinale  Je  la  Trinité  de  l^en- 
Jôme^  Chartes  840,  841,  842  et  856,  et  t. 
IV,  Charte  977,  pp.  200,  looo,  et  looi.  — 
Et  encore  les  Notes  manuscrites  de  l'éru- 
dit  M.  Adrien  Thibault,  à  la  Chaussée- 
Saint-Victor,  près  Blois. 

St- Venant. 


Portrait  de  Pascal  par  Philippe 
de  Champaigne  (LXVI.  287^.  Sui- 
vant M.  A.  Gazier  {Les  artistes  célèbres, 
Philippe  et  Jean-Baptiste  de  Champaigne, 
Paris,  librairie  de  TArt,  1893)  ce  portrait 
n'a  jamais  été  fait  par  Philippe  de  Cham- 
paigne. 

M.  Gazier  s'explique  ainsi  à  ce  sujet, 
p.  44  : 

L'on  ne  saurait  dire  pourquoi  il  n'a  pas 
été  fait,  sans  doute  l'auteur  des  Provinciales 
et  des  Pensées  poussait  l'esprit  de  pénitence 
aussi  loin  que  possible  et  si  les  balais  iui 
semblaient  des  meubles  inutiles,  il  jugeait 
sans  doute  que  les  tableaux  ne  devaient  point 
paraître  chez  un  chrétien  mortifié,  Pascal  re- 
fusa toujours  de  se  laisier  peindre.  Mais 
Pascal  mort  appartenait  tout  entier  à  sa  fa- 
mille et  à  ses  amis  ;  son  visage  fut  moulé 
(ce  précieux  moulage  e.xiste  encore,  h' Art  en 
a  donné  une  reproduction  photographique  îl 
y  a  quelques  années).  Un  portrait  fut  exécuté; 
mais  Champaigne  n'en  est  pas  l'auteur.  C'est 
là  un  de  ces  petits  mystères  que  la  science 
coniemporaine  voudrait  pouvoir. 


P.C. 


Dehfrmann. 


Pradier.  Sa  descendance  (LXV  ; 
LXVI,  21  j.  —  Madame  Drouet.  —  On 
n'ignore  pas  que  Pradier  était  l'amant  de 
Mme  Drouet  qui  devint  la  fidèle  maîtresse 
de  Victor  Hugo. 


30  Septembre  1912 
35? . 

Elle  avait  été  le  modèle  du  sculpteur. 
Ils  eurent  une  fille,  Claire  morte  jeune, 
La  liaison  de  Victor  Hugo  avec  M™'  Drouet 
n  interrompit  pas  les  relations  -  au  moins 
aflectueuses  —  du  sculpteur  et  de  son 
modèle. 

La  lettre  suivante  a  été  écrite  deux  ans 
après  qu'eut  commencé  la  liaison  Hugo. 
L'artiste  s'est  résigné  à  la  séparation.  Et 
de  l'amour  il  ne  reste  plus   que  l'amitié. 

La  lettre  est  inédite.  M.  Noël  Charavay 
veut  bien  nous  la  communiquer  : 

Chère  Juliette, 
Je  viens  par  hasard  de  trouver  un  petit 
billet  chez  le  portier,  car  il  faut  te  dire  que 
n'ayant  plus  rien  à  faire  que  je  bats  le  pavé  et 
l'Exposition  jusqua  dans  ses  plus  petits 
coins  ;  j'ai  été  chez  toi  l'autre  jour,  le  portier 
ma  dit  que  tu  venais  de  softir,  j'étajs  avec 
Chaponnière  qui  v^  mieux. 

J'espèrecjue  tu^epoite  bien, j'espère  cepen- 
dant t'al|er  voir  car  chez  moi  je  n  y  suis  que 
pour  dormir  jusqu'à  ce  que  les  travaux  revien- 
nent. J'irai  voir  Claire  demain.  Adieu. 

T.  à  toi. 

J.  Pradier. 


La  carrière  médicale  de  Flaubert 

T.  G.  ^t.  XX.  XXI).  —  M  Ren^'Des- 
fharmès  publie,  dans  le  Mercure  de 
France  (i"  septernbre  1912),  une  élude 
très  documentée  sous  ce  titre  Les  connais- 
sances médicales  de  Flaubert  ».  Il  soutient 
que  Flaubert,  contrairement  à  l'opinion 
adoptée  niême  par  des  écrivains  spécia- 
listes, n'a  jamais  fait  d'études  médicales. 


André  Villoteau  (LXVI,  142).  — 
Villoteau  fait  partie  du  groupe  de  savants 
et  d  artistes,  que  Bonaparte  emmena  avec 
lui  en  Egypte.  A  titre  de  compositeur  il 
fut  membre  de  l'Institut  du  Kaire  et  de  la 
Commission  des  Sciences  et-Arts. 

A  son  retour,  il  publia  (dans  le  grand 
ouvrage  sur  VEgypte,  je  crois,  alors,  di- 
rigé par  Jomard,  l'aîné)  d'intéressantes 
Recherches  sur  les  iVlusiciens  et  les  ins- 
truments de  musique,  chez  les  Anciens. 

Son  portrait,  de  profil  a  été  dessiné  et 
gravé  par  Du  Tertre,  pour  sa  collection 
de  portraits  des  Membres  de  l'Exposition 
d'Egypte.  De  ce  portrait,  l'eau-foi^te  ori- 
ginale de  Du  Tertre,  seule  est  recher- 
chée. Il  se  retrouve  dans  la  collection,  sj 
fâcheusement  *<  ombrée  »  au  burin,  de 
cçs     mêmes     portraits,     pour    XHistoire 


N»  1340.  Vol. 


LXVI. 

-     ?59 


L'INTERMEDIAIRE 


scieniijiçue  et  militaire  de  V Expédition 
d'Egypte,  de  l'éditeur  Denain.  Paris,  1820- 
36,  10  in-8°  et  2  atlas,  grand  in-4« 
oblong. 

Les  amateurs  de  Costumes  pourront 
remarquer  la  casquette,  —  une  fameuse 
casquette  !  —  dont  est  coiffé,  dans  ce  por- 
trait, Villoteau.  Haute  et  carrée  de  forme 
et  quelque  peu  «  cambossée  »,  avec  un 
large  bandeau  en  fourrure  de  panthère  et 
une  vaste  visière,  protectrice  contre  le  so- 
leil d'Afrique,  elle  est,  assurément,  d'un 
type  qui  ne  se  voit  pas  tons  les  matins. 

Alexandre  Boucher,  le  célèbre  violo- 
niste (ancien  premier,  violon,  je  crois,  à 
la  Gourde  Russie)  retiré  à  Bourges,  dans 
sa  vieillesse,  il  y  a  bien  de  cela,  pour  le 
moins,  soixante  ans,  portait,  les  diman- 
ches, à  la  musique  militaire  du  jardin  pu- 
blic, de  hauts  képis,  bossues,  chamarrés 
d'or,  qui  rappelaient  par  leur  excentricité, 
la  casquette,  ultra-fantaisiste  de  Y  Egyp- 
tien Villoteau. 

Les  Musiciens,  dans  leur  mise,  seraient- 
ils  donc,  tous,  pour  le  panache  ? 

Ulric  Richard-Desaix. 

Famille  deMontsaulnin  (LXVI,i9o, 

313).  —  Aimée  de  Montsaulnin  doit  être 
un  des  dix  enfants  de  François  de  (Mont- 
saulnin -J-  1  574,  seigneur  de  Cancelles,  etc. 
et  de  Catherine  de  Fontenay.  Deux  des 
filles  Yolande  et  Claude  furent  successive- 
ment Abbesses  de  Crisenon. 

L.  C.  D.  L.   H. 

Famille  de  Marie  Angélique  Wal- 


lon   (LXVI,   191).   —  Armes 
hande  de  gueules.  (Rietstap). 


d'or  à 

NlSlAR. 


la 


Zola   :  «   La  genèse   du  Rêve   » 

(LXV,  193).  —  Quand  ondispersa  la  bi- 
bliothèque d'Emile  Zola,  on  trouva  un 
bréviaire  du  milieu  du  xv"  siècle,  exécuté 
pour  Pierre  de  Carmain  de  Nègrepelisse, 
qui  fut  abbé  de  Moissac,  de  1449  à  1483. 
Manuscrit  très  beau, enrichi  de  près  de  100 
miniatures,  avec  encadrements  et  lettres 
ornées  ;  il  a  été  vendu  4.700  fr. 

Voici  son  histoire  : 

Lorsque  la  fortune  lui  arriva,  M.  Emile 
Zola  se  sentit  pris  d'un  goût  très  vif  pour 
la  brocante. 

Un  certain  jour,  qu'à  l'Hôtel  Droiiot 
on    mettait  aux  enchères  des  bibelots  du 


360     ■ 

moyen-âge  dont  il  était  assez  friand,  un 
libraire —  n'était-ce  pas  M. Honoré Cham 
pion  ?  —  qui  l'avait  connu  petit  commis 
chez  Hachette,  à  ses  débuts,  et  avait  con- 
servé avec  lui  son  franc-parler,  lui  poussa 
le  coude. 

—  Monsieur  Zola,  lorgnez-moi  donc 
ce  manuscrit,  il  est  superbe.  Ce  serait 
une  belle  pièce  dans  votre  collection 
moyennageuse. 

Le  romancier  feuilleta  le  bréviaire  :  les 
enluminures  l'amusèrent,  il  fut  acquéreur. 
La  possession  du  chef-d'œuvre  lui  coûta 
deux  mille  et  quelques  cents  francs. 

11  s'en  alla,  son  bréviaire  sous  son 
bras. 

—  Vous  voilà  dehors  avec  un  livre  de 
messe,  cela  vous  change,  lui  dit  son  li- 
braire. Que  vont  penser  tous  vos  Rou- 
gon  ?  Car,  à  vous  dire  vrai,  vous  êtes 
tombé  dans  la  forêt  sociale,  sur  un  fichu 
arbre...  Est-il  assez  pourri  le  tronc  des 
Rougon-Macquart  !..-.*• 

Emile  Zola  fuyait  la  discussion  ;  il  sou- 
rit de  cette  mercuriale,  tendit  la  main  au 
critique  et  s'en  fut  a  Médan,  avec  le  ma- 
nuscrit de  Pierre  Carmain  de  Nègre- 
pelisse. 

Il  faut  croire  qu'il  le  contempla,  avec 
une  ferveur  croissante,  puisqu'il  en  résulta 
un  miracle  :  sur  l'arbre  tourmenté  des 
Rougon,  aux  poussées  vénéneuses,  une 
branche  fleurit,  d'où  tombait  une  ombre 
mystique. 

C'était  le  Rêve. 

Qiii  lui  en  donna  l'idée  ?  Ce  bréviaire 
que,  sur  un  conseil  de  libraire,  et  sans  en- 
thousiasme, il  avait  acquis  à  une  vente 
publique.  Ces  délicates  et  pieuses  images 
l'avaient  jeté  dans  un  monde  où  il  péné- 
tra avec  une  émotion  nouvelle. 

Relisez  le  /?^T'<f,  vous  y  trouverez  la 
description  si  exacte  du  manuscrit,  que 
M.  O.-r.ont  n'aurait  pas,  à  coup  sûr,  été 
plus  fidèle. 

Le  volume  parut  :  Zola  se  hâta  d'en 
envoyer  un  exemplaire  au  libraire,  son 
confident  de  THôtel  Drouot.  Sur  la  pre- 
mière page,  rompant  avec  la  pratique  de 
ses  dédicaces  banales,  il  écrivit  :  «  En 
souvenir  d'une  conversation  ».  C'était 
l'aveu  que  le  Rêve  était  sorti  du  bréviaire 
de  Moissac. 

Le  miracle  devait  avoir  une  secoi  de 
partie  :  l'entrée  à  l'Académie  française  ; 
mais,    sur  ce  point,  il  ne  se  réalisa  pas. 


DBS   CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


361 


Titres  sousTancien  régime  (LXVI, 
7 1 ,  93).  —  Les  exemples  de  titres  de  mar- 
quis, comte,  vicomte,  etc.,  pris  sans  au- 
torisation régulière  et  admis  sans  contes- 
tation sous  l'ancien  régime,  peuvent  être 
fournis  en  grand  nombre. 

Ainsi,  chez  les  Chastellux,  très  ancienne 
famille  bourguignonne.  Les  titres  ordi- 
naires des  Chatellux,  étaient  comtes  de 
Chastellux,  vicomte  d'Avallon,  barons  de 
Quarré  les  Tombes.  Le  roi  Louis  XIII  avait 
érigé  en  comté,  en  faveur  de  l'un  d'eux, 
la  vieille  baronnie  de  Chastellux  qui  leur 
était  arrivée  par  héritage  de  la  r«  maison 
de  Chastellux  ;  la  vicomte  d'Avallon 
qu'ils  possédèrent  durant  des  siècles, 
provenait  d'une  acquisition  et  la  vieille 
baronnie  de  Quarré  figurait  dans  leurs 
possessions  depuis  un  temps  immémo- 
rial. 

C'était  ce  que  j'appellerai  des  titres  de 
bon  aloi  et  jusque  vers  la  fin  du  xvi«  siè- 
cle, ils  n'en  portèrent  point  d'autres. 

Mais  Olivier  d'une  branche  cadette 
ayant  hérité  de  la  seigneurie  de  Cou- 
langes-la- Vineuse,  devint  le  baron  de  Cou- 
langes  et  mourut  en  157=).  Dans  la  même 
branche,  Alexandre  porta  le  même  titre, 
François,  son  fils,  tué  en  1674,  au  combat 
de  Sintzheim,  s'appelait  le  marquis  de 
Coulanges  Guillaume-Antoine  est  dit 
aussi  (1707)  marquis  de  Chastellux,  titre 
qu'il  quitta  en  devenant  le  chef  de  sa  mai- 
son après  la  mort  de  son  frère  (1718).  Il 
est  alors  le  comte  de  Chastellux. 

Après  lui,  ce  fut  l'académicien  qui  com- 
battilen  Amérique  aux  côtés  delà  Fayette; 
né  en  1734,  il  mourut  en  1788  II  porta  le 
titre  de  Chevalier  xie  Chastellur.  avant  de 
prendre  celui  de  marquis. 

Philippe-Louis  de  Chastellux  (1726- 
1784)  prit  d'abord  le  titre  de  comte  de 
Beauvoir.  Beauvoir  était  le  nom  primitif 
de  sa  famille.  Il  s'appelle  ensuite  le  mar- 
quis de  Chastellux  Changy  Roussillon  par 
suite  du  testament  du  dernier  des  Changv 
Roussillon,  mort  en  1772,  qui  lui  laissa  sa 
fortune,  à  condition  qu'il  prendrait  son 
nom  et  ses  armes. 

C'est  lui  dont  M.  Frédéric  Mas5on  a 
fait  un  Chastellux  Changy-Châtillon  dans 
un  article,  du  reste  fort  intéressant,  sur  le 
rôle  de  la  franc-maçonnerie  lors  du  retour 
en  France  de  Napoléon,  prisonnier  à  Lile 
d'Elbe  II  ne  se  maria  point  et  ne  put,  par 
suite,  être  le  beau-père  du  général  de  La-  i 


20  Septembre  içia  . 

362  

bédoyère.  Ce  fut  son  neveu.  L'éminent 
académicien  a  parfois  de  ces  petites  dis- 
tractions. 

On  pourrait  citer  bien  d'autres  familles 
où  les  choses  se  passèrent  de  la  même  fa- 
çon. 

Mais  l'auteur  de  la  question  a  sans 
doute  surtout  en  vue  des  familles  de 
bonne  souche  de  vieille  noblesse,  mais 
n'ayant  jamais  possédé  de  terres  titrées. 
Il  serait  facile  d'en  citer  plus  d'une  à  qui 
le  titre  de  comte,  tout  particulièrement, 
fit  plaisir,  qu'on  leur  laissa  prendre  et  que 
leurs  descendants  portent  toujours.  .V.ais 
ne  serait-il  pas  un  peu  délicat  de  citer  ces 
familles  ?  S.  G.  L. 

*  * 
Dans  le  n°  du  30  juillet,  «  Bellechasse  » 

reproduit  un  extrait  d'un  article  du  30  no- 
vembre 1905  et  demande  si  sous  l'Ancien 
Régime  les  titres  de  noblesse  faisaient 
l'objet  d'une  concession  régulière. 

Tout  d'abord  on  peut  dire  qu'en  fait  de 
noblesse,  d'anoblissements,  d'appellations 
ou  de  titres  nobiliaires,  il  est  impossible  de 
donner   des   règles   rigoureusement  abso- 
lues s'appliquant  à   toute   la   France  et  à 
tous    les    siècles      Les    usages    suivis   en 
ces  matières  ont  varié  de  province  à  pro- 
vince   jusqu'à     en     être    contradictoires. 
C'est    ainsi    qu'anciennement    en    Cham- 
pagne la  femme  noble  qui  épousait  un  ro- 
turier anoblissait  ses  enfants,  tandis  que 
d'une  façon  générale  il  était  admis  que  le 
ventre  n'anoblissait  pas.  C'est  ainsi  qu'en 
Béarn,  Navarre  et   toutes   régions  avoisi- 
nantes,  l'édit  de    1579  était  demeuré  plus 
ou    moins   lettre  morte  ;    l'usage'y    avait 
persisté  que   le    possesseur  d'une  maison 
noble,  d'un  fief,  quelle  que   fût   sa   nais- 
sance, soit  admis  a  jouir  de  tous  les   pri- 
vilèges de  la  noblesse  d'ancienne  extrac- 
tion, et  c'est  de  cette  manière  qu'une  fa- 
mille,  aujourd'hui   ducale,  y   naqui!:  à  la 
noblesse  en     1640   par  l'acquisition   d'un 
àef    (Voir   Les  Trois  Mousquetaires  par  ]. 
de  Jaurgain,  avant- propos,  page  VI). 

Le  temps, lui  aussi,  renversaitles  règles: 
au  Moyen  Age  l'expression  *<  sire  »  s'ap- 
pliquait aux  puissants  seigneurs  terriens, 
plus  tard,  employée  seule,  elle  fut  réservée 
au  Roi  tandis  que  suivie  d'un  nom  propre 
elle  ne  désignait  qu'un  individu  de  la 
plus  basse  classe,  Dans  des  réponses  pa- 
rues ici  même  l'an  dernier  (LXIV,  221  et 
suivantes)  j'ai  indiqué  combien  le  terme 


N  1340,  Vol.  LXVI 


L'INTERMÉDIAIRE 


363 


364 


de  «  noble  homme»  avait  changé  de  sens. 
Après  avoir  été  au  Moyen  Age  indicatif  de 
noblesse,  il  avait  ensuite  perdu  de  sa  va- 
leur, plus  ou  moins  suivant  les  provinces, 
jusqu'à  devenir  souvent  exclusif  de  no- 
blesse, mais  pas  toujours,  puisqu'on  trou- 
vait «  noble  homme  etécuyer.  » 

Ces  réserves  faites,  on  peut  essayer  de 
donner  des  indications  générales.  Mais 
jamais  il  ne  faudra  perdre  de  vuç  la  fré- 
quence des  exceptions.  En  doit-on  con- 
clure, suivant  l'adas^e  connu,  que  la  règle 
s'en  trouvait  confirmée  ?  C'est  fort  dou- 
teux. Je  crois,  au  contraire,  qu'à  la  fin  de 
l'Ancien  Régime  les  règles  présidant  à  la 
naissance  des  titres  étaient  souvent  vio- 
lées. 

Les  annuaires  mondains  sont,  aujour- 
d'hui, remplis  de  titres  pour  la  plupart 
irréguliers  ou  {aux.  11  n'est  pas  prouvé 
que  sur  cinquante  il  y  en  ait  un  de  rigou- 
reusement, vrai,  exact,  régulier  et  au- 
thentique. Régulièrement  les  titres  ne 
sont  iransmissibles  que  de  mâle  en  mâle 
par  ordre  de  primogéniture  ;  ils  sont  indi- 
visibles. Telles  étaient  les  lois  aux  temps 
où  ils  furent  créés,  telles  elles  sont  en- 
core aujourd'hui  ;  l'art.  259  du  Code  Pé- 
nal n'est  point  abrogé.  Si  une  famille  n'a 
qu'un  seul  titre,  il  appartient  exclusive- 
ment à  l'aîné.  Les  cadets,  ou  les  branches 
cadettes,  n'y  ont  aucun  droit  ;  en  le  pre- 
nant ils  commettent  un  faux.  Et  il  ne  suf- 
fit pas  aux  cadets  de  faire  précéder  de, 
leurs  prénoms  les  titres  qu'ils,  s'adjugent 
pour  faire  disparaître  l'illégalité,  ils  la 
soulignent  au  contraire.  Et  sauf  excep- 
tion fort*  rare,  les  barons  Jean,  Jacques, 
ou  Gaston,  les  comtes  Pierre,  Paul, 
Henrj  ou  Io>eph  n'ont  aucun  droit  aux  ti- 
tres dont  ils  se  parent,  comme  le  geai  de 
la  fable. 

Que  voit-on  pour  les  titres  de  Duc  et 
pair  ^  »  Non  seulement  l'octroi  du  titre  et 
la  constitution  d'un  duché,  mais  encore 
l'enregistrement  pour  que  le  titre  ait  une 
vie  officielle.  Je  sais  bien  qu'on  pourra 
objecter  le  droit  des  pairs  d'entrer  au  Par- 
lement et  leur  situation  toute  spéciale.  Il 
n'en  est  pas  moins  vrai  que  l'enregistre- 
ment fixait  seul  l'ordre  d'ancienneté  et 
que  plusieurs  célèbres  querelles  de  pré- 
séances vinrent  de  ce  fait  qu'une  famille 
ayant  reçu  apre<;  une  autre  le  titre  ducal, 
prenait  cependant   le  pas  sur  la  première 


parce  qu'avant  celle-ci  elle  avait  fait  en- 
registrer ses  letties  patentes.  Le  duché  de 
Brancas  érigé  en  1627  ne  fut  enregistré 
qu'en  1716,  et  c'est  à  cette  date  seule- 
ment, d'après  les  Almanachs  royaux,  que 
les  ducs  de  Villars-Brancas  prenaient  rang 
parmi  les  pairs.  Les  Mortemart,  créés 
ducs  en  16^0,  ne  furent  enregistrés  que 
le  1 5  décembre  1663  . 

Pour  les  simples  gentilshommes  rece- 
vant un  titre  il  y  avait  bien  et  réellement 
octroi  officiel  et  la  trace  s'en  rencontre 
d ,ms  les  généalogies  Bien  plus,  il  y  avait 
même  proclamation  publique.  Chacqn 
sait  combien,  dans  la  France  si  religieuse 
de  jadis,  le  prône,  à  la  messe  paroissiale 
du  dimanche,  servait  à  faire  de  commu- 
nications qui  n'avaient  rien  de  commun 
avec  la  religion,  comme  par  exemple  des 
réunions  de  fiefs  et  des  érections  de  terres 
en  comtés  ou  haronnies. 

C'est  une  grande  erreur  dépenser  que 
les  vrais  nobles  ne  S'e"Souciaient  pas  des 
concessions  régulières  de  titres.  Voici 
pour  PAvrachin,  deux  exemples  qui  in- 
diquent le  contraire.  Dans  un  opuscule 
sur  la  baronnie  et  les  seigneurs  de  Do- 
riere,  feu  le  savant  M.  A.  de  Tesson  a 
publié  in-extenso  les  lettres  patentes  d'érec- 
tion de  cette  baronnie.  On  y  lit  : 

Louis  parla  grâce  de  Dieu  Boy  de  France 
et  de  Navarre  ^  tous  présens  et  à  venir  Salut, 
scavoir  faisons  que  nous  ayaiis  rais  en  consi- 
dération les  louables  vertus  et  noblesge  qui 
sont  en  la  personne  de  notre  amé  et  féal 
gentilhomme  ordinaire  de  notre  chambre 
Jacques  Advenel,  escuier,  s''  de  Chaliandrey 
et  avec  quel  zèle  et  affection  il  s'est  toujours 
employé.  ..  que  nous  avons  jugé  raisonnable 
de  luy  laisser  et  à  sa  postérité  quelque  ac- 
croissement d'honneur...  Pour  ces  causes  et 
aultres  à  ce  nous  mouvans,  asseuré  que  nous 
sommes  que  ledit  s'  de  Chaliandrey  a  biens 
et  revenu  suffisant  en  fonds  de  terre  pour  en- 
tretenir l'estat  et  dic;nité  de  baron,  avons  de 
notie  grâce  spéciale,  plaine  puissance  et  au- 
thorité  royalle  les  dits  fiefs  de  Bouffiny,  la 
Lande,  de  Dorières,  hault  et  bas  Surlair,  du 
Boisguillaume,  Islet  de  la  Sulmonnière  et  le 
manoir  du  bourg  St  Laurens  avec  toutes  leurs 
dépendances  uniz  et  incorporez  en  un  seul 
fief  qui  sera  appelle  comme  dict  est  le  fief  de 
Jorieres,  créé ,  eslevé,  érigé,  créons,  esle- 
vons  et  érigeons  par  ses  piésentes  signées  de 
notre  main  en  dignité  tiltre,  nom  et  prîémi- 
nance  de  baron'  pour  et  jouir  et  user  dores- 
navant  pl,iinernent  paisiblement  et  à  jamais 
audit  tiltre  de  baron  par  ledit  Jacques  Adve- 
ne)  ses  «uccesseurj  et  ayanj    cause,    leqi^ej 


DBS  chbr<:hburs  et  curieux 


30  Septembre  1919 


^6:; 


nous  vousions  estre  perpétuellement  censé 
réputé  et  appelle  le  baron  c|e  Dorières... 
sans  touteffois  que  pour  lacjite  mutation  de 
tiltre  et  qualité  lesdits  vassaulx  et  tenanciers 
soient  tenvz  à  aultres  charges  et  debvoirs 
que  de  ceux  quilz  ont  esté  jusques  à  présent 
et  à  la  charge  que  la  justice  qui  sera  exercée 
par  les  olïiciers  du  dit  s""  baron  se  tiendra  au 
lieu  accoustumé  dont  les  appellans  ressorti- 
ront  par  devant  les  mesrnes  juges  ou  ilsdoib- 
vent  ressortir  et  que  pour  raison  de  la  pré- 
sente érection  il  ne  sera  rien  innové  en  la 
justice  et  droict  d'aulti  uy  ny  gaux  nôtres.  Si 
donnons  mandement  à  nos  amez  et  féaux 
Conseillers  lesger.s  tenans  notre  cour  de  par- 
lement et  chambre  de  nos  comptes  à  Rouen, 
viscomte  dudit  Avranches  ou  son  lieutenant 
et  à  tous  aultres  noz  justiciers  et  officiers 
qu'il  appartiendra  que  de  nos  présentes  unions 
de  fiefs  et  création  de  baronnie  de  tout  le 
contenu  cy  dessus  ilz  facent  jouir  et  user  le 
dit  s'  baron  de  Dorières..,  Donné  à  Chan- 
tilly au  mois  de  septembre  I,an  de  grâce 
1633  et  de  notre    règne  le    vingt  quatrième. 

Signé  :  Louis, 
contresigné  :  Duhamel. 

Le  12  juin  1715,  Emmanuel  du  Ques- 
noy  fit  faire  lecture  et  publication  des 
lettres  patentes  portant  érection  de  la  ba- 
ronnie du  Quesnoy  en  marquîsat  {Chr. 
Avr.  p.  226  227). 

On  voit  donc  que  les  titres  réguliers 
avaient  une  naissance  très  officielle.  Mais 
comme  il  y  eut  toujours  des  enfants  légi- 
times et  des  enfants  naturels,  de  même  il 
ne  manqua  jamais  de  gens  fort  enclins  à 
se  passer  de  l'intervention  de  la  puissance 
légitime.  Ils  se  titraient  eux-mêmes, 
c'était  plus  simple.  D'autres  ayant^  acheté 
une  terre  titrée  auparavant  en  faveur 
d'une  famille  toute  différente  en  prenaient 
la  qualification.  Ce  n'était  peint  régulier 
mais  se  faisait  beaucoup  au  xviii'.  Et  le 
nombre  des  titres  dont  la  naissance  se 
trouve  ainsi  frappée  de  bâtardise  est  in- 
calculable. 

L'origine  de  l'abus  est  ancienne. 

Dans  la  Revue  dei>  Deux-Mondes  du 
!"■  octobre  1910,  p.  ^28,  M.  G.  d'Avenel 
cite  le  cas  de  Jean  Bertin,  bourgeois  de 
Péngueux,  qui,  enrichi  dans  la  fabrica- 
tion du  fer,  acquit  en  1730  de  la  descen- 
dance de  Brantôme  le  domaine  de  Bour- 
deilles  et  prit  les  titres  de  comte  de 
Bourdeilles 
niier  baron  de  Périgord 

Un  autre  auteur  (M.    J.    de  Bonnefon, 
p.  61   de  la  Noblesse  de  France  et  Ub  Ano- 


366 


seigneur  de  Brantôme  et  pre- 


blis  de  la  République)  raconte  que  dès 
1671  il  y  eut  un  procès  entre  le  maréchal 
duc  d'Humières  et  une  famille  du  Rouer- 
gue  qui  s'appelait  originairement  Ulmiè- 
res,  puis  Umières,  puisenfin  Humières. 

Le  Dictionnaire  de  Trévoux,  édition  de 
1732  (t.  V,  colonne  246)  constate  que 

Si  l'on  compare  notre  siècle  avec  les  pré- 
cédens,  on  verra  que  les  litres  étaient  fort 
rares  et  que  personne  n'était  assez  effronté 
pour  prendre  ceux  qui  ne  lui  appartenaient 
pas  :  aujourd'hui  chacun  se  les  attribue  tels 
qu'il  lui  plaît. 

Et  il  continue  : 

Aujourd'hui  on  prodigue  les  titres  à  tous 
les  gens  en  crédit. 

Du  haut  en  bas  de  Vécjielle  gociale,  du 
roi  au  bourgeois,  le  besoin  de  titres  ou  de 
décorations  n'a  cessé  de  s'accroître  avec 
les  siècles. 

Au  moyen  âge  le  titre  de  «  Majesté  » 
était  réservé  à  l'Empereur,  11  ne  devint 
d'une  courante  appellation  pour  le  roi  de 
France  qu'à  partir  d'Henri.  Il  Au  Con- 
grès de  Munster,  en  1648,  les  ambassa- 
deiifs  de  l'Empereur  ne  voulaient  donner 
au  roi  de  France  que  le  titre  de  sérénité. 
On  trouve  des  piècesduxiv»  siècle  oii  Char- 
les le  Bel  est  appelé  Monsieur  le  Roi.  Ne 
disait-on  pas  Madame  la  Vierge  en  parlant 
de  la  mère  de  Dieu  ? 

Titres  ou  qualifications,  les  usurpations 
en  ont  toujours  abondé. 

D'oLi  la  nécessité  des  «  Reformations  » 
impuissantes  d'ailleurs  à  tout  remettre  en 
place. 

Ce  serait  un  curieux  ouvrage  qu'un  no-  - 
biliaire  n'acceptant  que  les  pièces  et  docu- 
ments authentiques, conçu  cependant  dans 
un  esprit  libéral  et  largerrient  ouvert  de 
façon  à  admettre  plutôt  quelques  préten- 
tions d'une  douteuse  légitimité  que  de 
s'exposer  à  repousser  certaines  familles 
que  les  malheurs  des  temps  ont  pu  priver 
de  certains  documents  importants. 

Quelles  différences  entre  ces  listes  de 
vraies  et  authentiques  gentilshommes  et 
les  nomenclatures  des  annuaires  mon- 
dains ! 

On  y  verrait  sans  doute  figurer  en 
bonne  place  quelques  familles  qui  n'ont 
plus  peut-être  la  situation  nobiliaire  à  la- 
quelle leur  donnent  droit  les  services  de 
leurs  a^■eux.  Mais,  par  contre,  que  d'ab- 
sences 1  Combien   de    noms  que  l'audace 


N*  1340. 


Vol.  LXVI. 

367 


L'INTBRMÉDIAIKB 


368 


et  la  fortune  de  leurs  porteurs  font  pren- 
dre pour  authentiques  et  qui  ne  sont  que 
des  larcins  ou  des  plagiats  !  Combien  de 
bourgeois  à  particule  et  armoiries  qui  se 
disent  nobles  (et  se  croient  tels  de  bonne 
foi  peut-être)  !  Combien  de  parvenus, 
considérés  comme  de  la  meilleure  société. 
Combiens  de  noms  remanies  et  allongés 
par  la  grâce  du  Conseil  d'Etat  !  Autant  de 
catégories  que  l'examinateur  le  plus  large 
et  le  plus  facile  ne  pourrait  admettre  car 
les  roturiers  authentiques  sont  nombreux 
parmi  ceux  qui  ont  aujourd'hui  la  préten- 
tion de  représ'^nter  l'-îristocratie  fran- 
çaise. 

Mais,  même  en  s'en  tenant  à  la  no- 
blesse authentique,  que  de  prétentions  à 
restreindre  :  que  de  titres  à  enlever,  que 
de  généalogies  à  raccourcir  de  plusieurs 
siècles,  que  de  familles  à  taire  passer  de 
la  classe  des  anciens  nobles  dans  celle 
des  anoblis  ! 

G.  DE  La  Véronne. 

Ex-libris  de  la  famille  Gallery 
(LXVI.  289).  —  Dans  le  numéro  de  no- 
vembre 1910,  page  174  des  Archives  des 
collectionneurs  d'ex-libris  et  de  -reliures  ar- 
tistiques^ cette  question  a  paru  sous  la  si- 
gnature de  M.  Yves  des  Rosiers.  11  fut 
répondu  en  janvier  1911  fpage  9)  par 
M.  Cochon,  et  en  mai  1912  (page  79)  par 
le  lieutenant  H.  de  Gallery  de  Servières. 
Ces  deux  réponses  sont  malheureusement 
incomplètes,  nous  en  extrayons  ce  qui 
suit  : 

La  famille  Gallery  est  originaire  de  la  vi- 
comte lie  bomfront.  On  trouve  dans  l'élec- 
tion  de  Rouen  la  famille  Marc  du  Fresnay 
qui  porte  pour  armes:  d'azur  à  iroi";  mâches 
d'or  ;  dans  l'élection  de  Mortague  on  ren- 
contre les  Lanfemat  qui  portent  :  d^a^ur  à 
trois  losanges  d'or, 

11  se  pourrait  que  la  famille  Gallery  ait 
eu  des  alliances  avec  une  de  ces  deux  fa- 
milles.       Baron  du  Roure  de  Paulin. 

*  • 
Les  /Ircbives  de  la  Société  des  Collection- 
neurs d' hx-Lihris  se  sont  occupées  de  cet 
ex-libris  à  diverses  reprises  (années  1909, 
191001  1911)  ;  aucune  réponse  satisfai- 
sante n'a  été  apportée.  On  a  pensé  que, 
par  suite  d'une  erreur  du  graveur  Tous- 
tain,  qui  aurait  représenté  des  mâcles  au 
lieu  de  losanj^es,  les  armes  des  2  et  3  pou- 
vaient appartenir  a  la  famille  de  Lanfer- 


nat  :  D'a:(ur  à  trois  losanges  d'or^  qui,  au 
xvne  sièfle.  habitait  dans  l'élection  de 
Mortagne.  Les  Gallery  étant  de  l'élection 
de  Domfront,  une  alliance  entre  ces  deux 
familles  est  possible,  mais  elle  n'a  pas  été 
prouvée. 

je  doute  cependant  que  Jean  Toustain, 
qui  était  un  bon  graveur  héraldiste  et  qui 
a  signé  un  certain  nombre  d'ex-libris.  ait 
commis  Terreur  qu'on  veut  lui  imputer. 

Enfin  tout  récemment,  dans  la  même 
publication,  M.  le  lieutenant  de  Gallery 
de  la  Servière  signalait  qu'une  famille 
Marc  du  Fresnay  et  du  Bosc,  dans  la  gé- 
néralité de  Rouen, portait  :  D'azur  à  trois 
màcles  d'or,  mais  il  n'établissait  pas  la 
jonction  avec  celle  de  Gallery. 

P.  LEJ. 

La  grec  dans  la  Inngue  française. 

—  Cabane  (LXllI  à  LXVI,  171,  224, 
261).  —  Bien  que  fort  mal  venu,  après 
les  savantes  et  intéressantes  discussions 
de  MM.  Corman  et  Laray,  je  vais  essayer 
d'apporter  ma  contribution  d'assez  igno- 
rant étymologiste.  j'avoue  donc  que  la 
question  'm'avait  toujours  paru  fort 
claire,  en  dépit  des  lexicographes,  et  que 
je  me  cro\aisen  présence  d'un  mot  orien- 
tal à  peine  défiguré. 

Avant  tout  exposé,  je  remarquerai,  avec 
M.  Laray,  qu'Isidore  de  Cartbagène  ne 
devint  évêque  de  Séville  qu'en  601,  et 
qu'en  conséquence  le  livre  des  étymoio- 
gies  a  été  écrit  entre  cette  date  et  celle  de 
sa  mort,  survenue  en  636,  soit  au  début  du 
vir  siècle  ;  et  qu'en  outre  il  est  le  premier 
auteur  connu, donnant  le  mot:  *Capanna^ . 
Remarquons  encore,  que  le  chapitre  : 
»»  De  ixdifieiis  rusticis  »  (Originum  lib.  XV 

—  cap.  XII),  dont  il  est  ici  question,  ne 
donne  en  somme,  sauf  pour  l'expression 
du  premier  verset  :  «  Cisa  >*,  que  l'ex- 
plication de  néologismes,  ou  tout  au 
moins  de  termes  originairement  étrangers 
au  latin.  C'est  ainsi  que  nous  savons  posi- 
tivement par  Salluste  (Bcll.jug.  XVHI-8), 
que  les  «<  Mapalia  »  sont  un  terme  afri- 
cain pour  désigner  de'-  huttes,  dont  la 
forme  était  celle  d'une  carène  de  navire, 
(en  réalité  d'une  proue  de  galère,  ou  d'un 
cimier  de  casque,  comme  le  prouvent  les 
mosaïques  découvertes  en  Afrique,  no- 
tamment celles  du  musée  du  Bardo,  et  le 
sarcophage  de  Phillippeville.  —  Cf.  Babe- 
lon  ap.  Dictionnaire  de  Saglio). 


iJb..  UiiLRCHiiURb  MT  CURIEUX 
36Q 


20  Septembre  1913 


370 


Mais  Isidore  nous  offre  l'avantage  de 
restituer  l'orthographe  correcte  du  mot 
défiguré  en  latin  (De  verborum  significa- 
tione  de  S.  Pomp.  Festus,  d'après  Verrius 
Flaccus,  citant  Caton,  lib.  orig.  cap  IV. — 
Tite-Live  XXIX.  31.  -  Virg.  Georg.  III. 
340.  —  Silius  Italicus  XVII.  89,  etc,). 
Nous  voyons  ainsi,  après  les  travaux  de 
MM.  Basset  et  de  Motylinski  (Passim  et 
piœsertim  in  :  Notes  de  lexicographie 
berbère,  dans  Journal  asiatique  1883,1885, 
i886,  1888  ;  -  «  Etudes  sur  les  dialec- 
tes berbères  »  1894.  —  »<  Notices  sur  les 
dialectes  berbères  des  Haracta  et  du  Djerid 
tunisien.  »  Woking  1892.  —  «  Etudes  sur 
la  Zenatia  du  Mzab  de  Ouargla  et  de 
rOued  Rir'  >  1892.  —  «  Etude  sur  la  Ze- 
natia de  rOuarsenis  et  du  Maghreb  1895 
—  »>  Le  Djebel  Nefoussa  »  1898  )  que  le 
terme  était,  non  pas  panique;  mais  lybi- 
que.  et  vient  d'un  thème  encore  usité 
chez  nos  Berbères,  sous  les  variétés  /^ger, 
Agour,  Akcr,  louguer.  fgoin\  etc.,  pure- 
ment dialectiques.  Ce  terme  s'est  présenté 
aux  Latins,  tahtôt  précédé  du  préfixe  sé- 
mite, M,  tantôt  du  préfixe  lybique  T. 
C'est  pourquoi  ils  le  connaissaient  tantôt 
sous  la  forme  Mapalia  ou  Magaria.  tan- 
tôt Tuguria,  suivant  que  le  vocable  était 
employé  par  les  Carthaginois  sémites,  ou 
par  le  peuple  Ivbien  des  campagnes. 

C'est  la  hutte  de  garde  contre  les  vo- 
leurs. Ainsi  s'explique  la  non  existence  de 
«<  Tugiirium  »,  chez  les  anciens  auteurs  ; 
on  ne  le  trouve  en  effet  guère  avant  notre 
ère,  sauf  une  fois  dans  Cicéron  (pro  Ses- 
tio). 

Or.  de  même  que  vers  le  début  de  no- 
tre ère,  les  expressions,  Mapalia  et  Tugu- 
ria. entrèrent  dans  la  langue  latine  avec 
la  conquête  africaine  ;  de  même,  cinq  siè- 
cles plus  tard  sansdoute, les  paysans  de  la 
basse  latinité  prirent,  pour  désigner  leurs 
huttes,  un  terme  importé  d'Orient  par  les 
armées  impériales.  Et  ces  expressions, 
d'abord  à  sens  péjoratif,  parce  qu'elles 
venaient  de  peuples  vaincus  et  considérés 
comme  plus  ou  moins  barbares,  firent  vite 
leur  chemin,  s'mtroduisant  dans  la  lan- 
gue. C'est  ainsi  que  de  nos  jours,  nous 
voyons  s'introduire  un  mot  de  sens  simi- 
laire en  français,  le  gourbi  ;  terme  donné 
sans  doute  avec  mépris  tout  d'abord  à 
quelque  humble  chaumière,  par  un  vieux 
soldat  de  notre  armée  d'Afrique.  C'est  là 
une  loi  constante,  dans  les  lingues   des 


conquérants,  de  prendre  aux  vaincus» 
pour  les  appliquer  chez  eux  avec  un  sens 
péjoratif,  des  expressions  désignant  des 
objets  communs  ou  de  peu  de  valeur.  Les 
exemples  abondent,  d'abord  en  argot, 
puis  dans  la  langue  même, où  ces  expres- 
sions finissent  par  conquérir  droit  de 
cité. 

Ceci  posé, examinons  directement  la  dé- 
rivation linguistique  du  terme  Capanna, 
Cabane,  en  partant  des  langues  sémiti- 
ques. 

Or  il  existe  en  hébreu  une  racine 
Qâbab.  avec  le  sens  de  courber,  façonner 
en  forme  courbée  d'où  vient  l'expression 
QjubJh,  i.  e.,  dit  Gesenius,  «  tentorium 
in  tholi  modum  »  Elle  est  employée  au 
moins  une  fois  dans  ce  sens  au  livre 
des  Nombres  XXV  8  ;  si  même  elle  ne 
se  trouve  point  deux  fois  au  même  passa- 
ge, comme  le  pensent  certains  rabbins, 
en  désaccord  avec  saint  Jérôme,  qui  y  a 
vu,  la  seconde  fois,  la  désignation  de  la 
partie  du  corps  transpercée  par  Phinéès. 

Aucun  doute  sur  la  communauté  d'ori- 
gine entre  la  racine  examinée  et  celle  se 
présentant  ailleurs  sous  la  forme  Gâbane, 
avec  le  sens  simplement  modifié  de  être 
courbé  être  façonné  en  forme  convexe, 
en  dôme.  De  là  l'expression  Gôbane^  bos- 
su, employée  au  Lévitique  XXI-20.  Le 
chaldéen  avait  du  reste  (Daniel.  VII-6) 
le  mot  Gab,  dos  échine.  Ezéchiel  (XVI- 
24et  31),  ainsi  que  le  livre  de  Job  (XIlI- 
12),  l'emploient  dans  le  sens  d'habita- 
tion, sans  qu'on  puisse  trop  dire  de 
quelle  sorte.  Remarquons  en  passant 
que  le  thème  radical  existe  en  français 
avec  le  même  sens,  dans  notre  mot  : 
«  gibbosité  >•>. 

Enfin,  il  convient  de  rapprocher  de  ces 
deux  radicaux  le  mot  répandu  dans  tout 
l'araméen,  aussi  bien  que  dans  le  cana- 
néen, qui  veut  dire  casque  ou  cimier  de 
casque  Gobdd. 

Maintenant,  si  de  l'hébreu  et  de  l'ara- 
méen, nous  passons  au  groupe  méridio- 
nal des  langues  sémitiques,  nous  trouve- 
rons en  arabe  la  racine  Qahb,  avec  le 
sens  primitif  de  se  dessécher  (de  l'herbe), 
couper,  abattre,  soulever;  mais  qui, 
quittant  sa  forme  sourde,  prend  avec 
Qabab  le  sens  de  courber,  façonner  en 
dôme,  en  arc,  en  voûte,  former  une  con- 
vexité. De  là  le  mot  bien  connu  Qoubbai, 
coupole,  dôme, et  par  extension  tombeau. 


N»  iJ4d.  Vol.  LXVI. 


L'lNTBRMEDirt.iK. 


37' 


372 


clocher.  Entre  autres,  à  noter  l'expres- 
sion Qpttbhate  oiisk  sbahadati  m.  à  m.  la 
tente,  la  cabane  du  témoi^ïnage,  c'est-à 
dire  le  Ttibernacle  (des  Juifs)  Dans  le 
langage  vulgaire,  tant  en  Orient  qu'en 
Occident,  la  même  racine  a  fourni  l'ex- 
pression Qiiboubat,  hutte  en  forme  de  dô- 
me, cabane  de  gaulis,  ou  de  branchages 
infléchis.  11  est  remarquable  en  outre  que 
cette  dérivation  du  sens  primitif  est  cons- 
tante chei  les  Sémites  pour  cette  même 
idée  ;  c'est  ainsi  que  le  mot  Qous  à  pro- 
prement parler  arc,  est  pris  dans  le  Coran 
avec  le  sens,  hutte  de  chasseur,  et  chez 
les  auteurs  postérieurs  veut  parfois  dire 
une  cellule  d'ermite. 

Mais  il  existe  encore  en  Arabe  littéral 
une  seconde  racine,  très  voisine  de  la 
première  tant  comme  son,  qile  comme 
sens  ;  qui,  chose  singulière,  se  rencontre 
sous  deux  aspects,  étant  tantôt  sourde 
Kabb,  tantôt  quadrilitere  Kahkab^  ayant 
du  reste,  sous  ces  deux  aspects,  et  le 
même  sens,  et  les  mêmes  modalités,  et 
les  mêmes  dérivations.  Elle  a  le  sens  de 
culbuter,  renverser,  répandre,  pelotonner, 
rouler,  former  en  rond.  De  là  les  expres- 
sions littérales  Kabib,  des  pelotes  (de 
ficelle)  ;  Koiibbat^  un  peloton  (de  cavale- 
rie) ;  Kabab,  des  escalopes,  des  paupiet- 
tes ;  etc.,  etc  ;  et  l'expression  vulgaire, 
existant  tant  en  Orient  qu'en  Occident 
Keboubai,  pluriels  Keboubate,et  Kebouba- 
ne.  des  huttes  de  feuillage  en  forme  cir- 
culaire ou   arrondie,  comme   ci-dessus. 

Enfin,  en  Occident,  mais  non  dans  le 
Maghreb  extrême,  c'est-à  dire  en  Eg>'pte. 
en  Cyrénaïque,  en  Tripolitaine,  dans  le 
Sud  Tunisien,  et  partie  de  la  province  de 
Constantine,  l'argot  des  tribus  a  défiguré 
même  l'expression  arabe,  et  la  contrac- 
tant, peut-être  sous  de-  influences  berbè- 
res, en  a  fait  un  mot  nouveau,  qui  ne 
se  rattache  plus  grammaticalement  a 
la  langue  mère  ;  mais  nous  met  sur  la 
voie  de  notre  étymologie,  qu'il  n'y  aura 
plus  lieu,  je  crois,  de  discuter.  En  effet, 
une  hutte  de  garde,  de  branchages  ou  de 
gaulis  (par  opposition  au  ^  gourbi  »  qui 
est  fait  partie  au  moins  de  mottes  ou  de 
pierres)  se    dit  alors  Kib,  pluriel  Kahauc. 

El  Kantara. 

Français  et  François  (LXVI,  1^4). 
—  La  diphtongue  éi  de  l'ancien  français 
(venue  d'un  e  ou  d'un  1  latin)  a,  au  cours 


de  l'évolution   de   la  langue,    changé    à 
plusieurs  reprises  de   prononciation.  Elle 
a  passé  à  oi.  (sauf  dans   les  mots  où  elle 
était  suivi  dune  nasale  ou  d'un  1  mouillé, 
comme  haleine,    soleil),    et  s'y  est  fixée, 
pour  bien  des  mots,  comme  orthographe  ; 
mais  non  comme  son  :  dans  la  prononcia- 
tion, ot'a  passé  à  oe,  puisa  oè,  puis,  selon 
les  cas,  à  è  (surtout  devant  e  muet   ou  5), 
ou    à   oa   (oua)  ;   dans  l'orthographe,  la 
prononciation    è   s'est    traduite,    le    plus 
souvent,  par  la  graphie  at.  Naturellement, 
au  cours  de  cette  évolution,  il  y  a  eu  des 
périodes,  quelquefois  longues,  où  l'usage 
a  hésité  entre  deux  prononciations  ;  l'in- 
fluence des  dialectes  régionaux,  celle  des 
modes,  à  la  cour  et  à  Paris,  est   interve- 
nue. Au  xvi'^  siècle,  au  xvn«,  au  xviii*  en- 
core, la  prononciation  oè  et  la  prononcia- 
tion c  coexistaient    pour   bien    des  mots. 
C'est  au  cours  du  xvi'=  que  la  prononcia- 
tion à  la  fois  normande  et  populaire  pari- 
sienne,   lèle.   vêle,   fAn^èse,   Fiancés,  de- 
vient de  mode  à  la  cour,  au  lieu  de  toèle, 
vo'ele,  Ponthèse,   Fraiiçoès;  Henri    Estiennc 
l'a  vivement  critiquée,  et  d'autres  comme 
lui. 

Le   son  è    l'emporta    rapidement  pour 
les  imparfaits  et  conditionnels  des  verbes, 
et   un  certain    nombre   de    mots  ;    pour 
d'autres  il  resta  en  concurrence  avec  oè. 
Au  cours  du  xvii'  siècle,   il  s'établit   une 
sorte     de    convention    d'après    laquelle, 
dans  la  parole  soignée,  ert  chaire,  au  bar- 
reau, au  théâtre,   en  lisant  des  vers,   ou 
même,    pour    certaines    personnes    atta 
chees  à  la  tradition,  en  causant  dans  un 
salon,  oh  prononçait  oè,    alors  que  dans 
l'usage  courant  on   prononçait  e.  Jusque 
dans  le  xvm«  siècle  la  prononciation  oè  se 
maintint  ains'i  dans  le  parler  d'apparat, et 
rhême  dans  l'usage  de  certaines  familles, 
alors   que  è  (et    pour    d'autres    mots   oa 
{oua))  devenait  de  plus  en   plus  prédomi- 
nant, duand  on  trouve  ôi  dans  les  poètes, 
on  peut  être  sur,  d'une  façon  à  peu  près 
générale,   que   pour    eux   il    correspond, 
dans    leurs    vers,    au    son    oè    (ouè),    dd 
moins  lorsqu'il  s'agit  de    poètes  du  xvii» 
siècle  ;  et  cela  même   dans  les  imparfaits 
et  les  conditionnels. 

Pour   plus  de    détails    et  de   précisions 
sur  cette  question,  voir  Ch.  Thurot  De  la\ 
pronovciation  française  depuis  le  Xl^l*  siè- 
cU,  2  vol.  i8«i.  ItttKE. 


DES  CHEktrtfiuftS  Èr  tUkiEUX 


373 


Belgicismes  ((XV;  LXVI,  34).— 
Une  exposition  universelle  et  internatio- 
nale s'ouvrira  à  Gand  eh  1913.  Déjà  sont 
lancées  dans  le  public  des  réclames  de 
toutes  sortes  en  vuedes»,*  festivitésadel'an 
prochain,  j'ai  sous  les  yeux  plusieurs  car- 
tes postales  illustrées  ;  l'une^  qui  repré- 
sente une  jeune  femme  au  milieu  des 
fleurs,  invite  à  «  visiter  la  ville  des  fleurs 
et  des  vieux  monuments  et  admirei"  l'Ek- 
position  qui  s'ouvrira  le  26  avril  1913, 
par  les  célèbrespLORALiEsquinquennales  >>, 
«  Festi  vite  »  est  depuis  longtemps  déjà  dans 
le  langage  courant,  mais  je  n'avais  pas 
encore  jusqu'ici  rencontré  le  mot  Floralie. 

J.  Lt. 

L'étymologie  de  a  Gui^hërt  » 
(LXV,  95,225).  — Que  M.  Fernand  R.  de 
Lisle  relise  la  Préface  du  CiJ.  Il  y  est 
question  d'un  certain  Guillen  de  Castro. 
Qu'il  compare  cette  forme  romane  avec 
la  forme  germanique  de  Guillaume  et  avec 
ses  divers  dérivés  en  diverses  langues  in- 
do-européennes ou  simplemeiit  néo-latines 
la  conclusion  sera  aisée. 

Camille  Pitollet. 

Frotel  ou  Footel  (LXV,  150,  676, 
770;  LXVI,  30,  120).  —  Monsieur  Ibère 
me  donne  un  qualificatif  que  volontiers  je 
lui  retourne  en  lui  disant  qu'il  l'est  quel- 
quefois de  trop.  Il  répugne  à  M.  Ibère 
que  Foutel  désigne  un  arbre  ;  c'est  plutôt 
un  bois,  et  il  doit  représenter  le  latin  fa- 
gutalis,  foutelaie.  Mais  oui,  cela  fait  bien. 
le  lecteur  ordinaire  ne  trouvera  rien  à 
dire;  c'est  bien  la  bonne  explication. 

Eh  bien!  non;  jamais  Joutel  n'a  signi- 
fié foutelaie  ;  jamais  un  suffixe  latin  talis 
n'a  été  employé  dans  les  langues  romanes 
pour  désigner  les  bois  ;  )amdi\s  fag ut alh 
ne  pouvait  donner  un  français /om/^/. 

fagutalis  z  l'accent  secondaire  sur  /b, 
u  est  atone  et  /  est  placé  entre  une  atone 
et  une  voyelle  qui  a  l'accent  principal. 
Qu'en  résulte  til  ?  Le  c,  le  g,  le  ^y  latin 
placé  entre  une  voyelle  qui  a  l'accent  se- 
condaire et  une  atone,  se  transforme  en 
jod  qui  devient  ensuite  un  t  ;  le  /  s'adou- 
cit en  d. 

Ainsi  cogitare  devient  çotdier,  adjutare 
devient  aidier,  placitare  devient  plaidier. 
En  conséquence /a/M^a/ti  serait  devenu 
faidel. 

Mais  avec  M.  Ibère,  il  y  a  toujours  de 


aè  S£i)temb^é  19^2 
- 374 

la  ressource.  Le  raisohtiement  est  défec- 
tueux, niais  l'idée  peut  être  juste.  Au 
fond  qu'est-cfe/o«/é/ ;  c'est  un  accusatif 
singulier,  c'est  Un  rlominatif  pluriel.  Il  se 
pourrait  que  foutel  ait  été  les  foutaux. 
Pour  éciaircir  la  chose,  il  faudrait  consul- 
ter Ducange  aux  articles  fagutelli,  fagi- 
ielli^  fcUitelli,  foiitelli  etc^  et  voir  si  on 
n'aurait  pas  un  putelli  =  fautel.  Il  est 
possible  qn'on  ne  trouve  rierl,  Hiais  il  se 
peut  qu'on  ait  campi  =  chamb. 

H.  LAkAt. 

^  "Va  (LXII).    —    Va  est   employé    par 
d'excellents  écrivains  : 
Je  lis  dans  Verlaine  : 

Fa,  l'étreinte  jalouse,  et  le  spasme  obsesseur 
Ne  valent  pas    un    long    baiser,    même   qui 

[mente  J 
{Poèmes  Saturniens  :  Lassitude) 
Puisqu'à  ce  point  s^^  trouva 
Facile  ta  destinée, 
Puisque  vers  toi  ramenée 
L'Arcadie  est  proche,  —   Va  ! 

Va  !  le  vin  dans  les  feuillages 
Fait  éclater  les  beaux  yeux 
Et  battre  les  cœurs  joyeux 
A  l'étroit  sous  les  corsages...    (Les  uns  et  les 

[aulres,  se.  I;. 
Albert  Desvoyes. 

Faire  le  Jacques  (LXVI,  144).  _ 
Jacques  (Jacques  Bonhomme)  a  toujoufs 
été  le  type  du  paysan,  de  l'homme  du 
peuple,  français.  Faire  le  Jacques,  c'est 
donc  faire  le  Bonhomme  (le  «  Jacques 
Bonhomme  »),  c  est-à-dire  le  naïf,  le 
lourdaud,  se  donner  Tair  d'un  paysan.  A 
rapprocher  de  ce  mot  de  Jacques  ;  le 
maître  Jacques  (Molière  n'a  pas  inventé 
l'expression),  c'est-à-dire  le  plébéien,  bon 
à  tout.  On  l'appela  plus  tard  jacquet,  qui 
prit  vite  le  sens  de  domestique,  celui  qui 
portait  la  livrée,  et  donna,  au  xviii« siècle, 
le  mot. . .  jockey,  qui,  quoi  qu'on  en  pense, 
n'a  nullement  une  origine  anglaise  ! 

Faut-il,  de  ce  nom  si  populaire  :  JaaucS, 
déduire  l'inspiration  de  la  jolie  et  harmo- 
nieuse chanson  en  «  canon  y>  :  Frère  Jac- 
ques f  Maurice  Charpentier. 

* 
•  * 

Faire  le  Jacques,  faire  l'imbécile.  Jac- 
ques est  un  nom  péjoré  comme  Jean, 
Nicodeme  et  bien  d'autres.  (Sur  cette  si- 
gnification péjorative  de  Jacques  artalo- 


N»   1340  Vol.  LXV. 


L'INTERMEDIAIRE 


375 


376 


gue  à  celle  d'autres  noms,  on  pourra 
consulter  :  Chevaldin  :  Jargons  de  la 
harce  de  Pathelin).  Le  sens  primitif  est 
paysan  parce  qu'autrefois,  le  jaque  était 
le  vêlement  ordinaire  du  paysan.  Du  sens 
de  paysan  on  passe  aisément  au  sens  de 
grossier,  balourd,  imbécile.  Au  moyen 
âge,  ja  'ues.  grossier  (V.  Du  Cange.  V" 
jaqueiv  L'ancien  français  avait  aussi  jac- 
quet, bouffon . 

On  trouve  dans  le  Dictionnaire  du  bas 
langage  de  Dhaiitel  (1808)  : 

Cate-pàte,  sobriquet  que  l'on  donne  à  un 
mauvais  boulanger,  à  un  pâtissier  Jacques 

Le  parler  auvergnat  a  Jacqueline , 
femme  sotte  :  le  Champenois  jacquedal 
(employé  en  argot).  A  Démuin  (Picardie) 
et  en  Saintongeais^  un  Jacques  est  un  im- 
bécile :  en  wallon,  Jacqueline  se  dit  d'une 
femme  sotte. 

C'est  cousu  de  fil  blanc,  vous  me  prenez 
pour  un  Jacques. 

{Echo  de  Paris,  28  février  1897). 

Je  chine  les  faiseurs  de  pallas.  les  four- 
neaux, les  jaquettes. 

(Bruant  :  Lanterne,  n"  74,  i8q8). 

Je  ne  serais   pas   assez   Jacques   pour  aller 
vous  raconter  mes  petites  combinaisons. 
(Journal.  10  février  1902). 

Comme  l'a  dit  jules  Lemaître,  nous  som- 
mes tous  un  peu  Jean-Jacques  et  même  un 
peu  Jacques- 

(Hanotaux  ;  Journal   10  février   1908)., 

Quand  je  pense  à  la  bobine  du  Jacques 
qui  découvrira  ce  truc,  j'en  ai  le  ventre  en 
persienne . 

(Bourget:  L'Etape  1910). 

Vous  ne  croyez  pas  que  je  vais  vous 
chanter  Us  louanges  de  l.istonnet. .  .  un 
grand  jackdale. 

(C.  Pert  :  Petit  Cady,  1910). 

De  la.  l'expression  du  bas  langage, 
faire  le  Jacques,  faire  l'imbécile  qui  re- 
monte au  moins  à  la  première  moitié  du 
xvn*  siècle,  témoin  cet  exemple  : 

Servir  les  grands,  devenir  leur  esclave, 
souftrir  leur  mauvaise  humeur,  taire  le  jac- 
quet. 

{Les  Jeux  de  r Inconnu,  1640). 

Voici  d'autres  exemples  plus  modernes. 

Il  n'était  pas  payé  pour  faire  ainsi  le  Jac- 
ques devant  son  patron  et  ses  collègues. 

(Journal,  !•'  août  1895). 


Il  ne  se  soucie  pas  d'aller  faire  le  Jacques 
devant  des  potaches. 

{Libre  Parole,  24  octobre  1899). 

Il  se  met  à  faire  le  Jacques  et  le  fumiste. 

(Vie  Parisienne,   15  décembre  1906). 

Le  i/roit  nu  bonheur  tiré  par  MM.  Ca- 
mille Lomonnier  et  Pierre  Soulaine  d'un  ro- 
man de  M.  C.  Lemonnier  est  l'histoire  d'un 
mari  qui  fait  le  Jacques  ;  j'entends  qui  se 
modèle  sur  le  Jacques  de  George  Sand. 

(Faguet  ;  Débais,  27  mai  1907). 

De  là,  encore,  par  extension,  les  sens 
suivants  : 

1°  Faire  celui  qui  ne  comprend  pas. 

Ne  fais  donc  pas  le  Jacques,  tu  sais  bien  ce 
que  ie  veux  dire. 

2"  Travailler,  peiner,  se  donner  du  mal 
toutes  choses  considérées  par  certaines 
gens,  comme  stupides  ou  inutiles  —  usité 
en  bas  langage, 

3°  Etre  sous  les  drapeaux,  faire  l'exer- 
cice, être  de  corvée^^^s  très  usité  aussi 
bien  à  la  caserne  que  chez  le  peuple. 

Bon  sang  de  bon  Dieu  !  c'est-y  permis  de 
faire  le  Jacques  pendant  qu'y  a  tant  d'ou- 
vrage  à   la  maison  ! 

(Descaves  :  Sous-ojfs,  1889). 

Ce  n'est  pas  parce  que  vous  avez  fait  le 
Jacques  sous  le  premier  Empire  que  je  vous 
laisserai  dire  des  choses  pareilles  I 

(De  Fiers  et  Caillavet  :  Miquette  et  sa 
mère,  1906).  Gustave  Fustier. 

Blois  et  ses  habitants  (LXVl,  7, 

223).  —  D'après  les  auteurs  locaux, l'épi- 
thète  «  Les  Foireux  de  Blois  »  aurait  été 
donnée  aux  Blésois  à  cause  du  grand 
nombre  de  foires  qui  leur  avaient  été 
concédées  par  les  Ducs  d'Orléans  et  les 
rois  de  France.  .Martellière. 

Quel  pouvait  être  le  nombre  des 
individus  emprivonnés  et  des  con- 
damnés àlapeinecapi'ale  sous  l'an- 
cienne monarchie  ?  (LXVl,  1 37.  295). 
—  Dans  la  communication  signée  de  mes 
initiales.  LXVl,  293,  une  virgule  mise 
intempcstivement  enlève  son  sens  à  une 
phrase  ou  plutôt  lui  enlève  tout  sens  ;  au 
lieu  de  <  »..  par  étroitesse  d'intelligence 
non  réparée,  par  un  patriotisme  ar- 
dent. .  »,  lisez  donc  «...  par  étroitessc 
^  d'intelligence  non  réparée  par  un  patrio- 
€  tisme  ardent...  >  sans,  après  réparée. 

H.  C.  M. 


D.ys  CriERGHBURS  ET  CURiEUX 


377 


20  Septembre    1912 


Quand  et  lui  (LXI  ;  LXIl).  —  Le  bon 
évéquc  Jacques  Aniyct  emploie  maintes 
fois  quand  et  lui.  Voir  p^ir  exemple  sa 
traduction  des  yics  da  hommes  ilhut/es  de 
Plutarque.  Dans  la  vie  de  Thésée  j'ai  re- 
marqué au  moins  cinq  fois  cette  exprès- 
pression  :  %»  ayant  quand  et  lui  Ariane», 
.<  firent  ce  voyage  quand  et  lui  »,  etc. 

Ai.BE'îT  Desvoyes, 

Le  Futaridme  (LXVI,  97,  22S,  268, 
329).  —  Lescollaboiattursquiontrépondii 
jusqu'ici  ne  se  sont  reportés  qu'à  des  pu 
blications  assez  récentes.  En  ce  qui  con- 
cerne spécialement  la  litîérature  futu- 
riste, M.  W.  D.  se  réfère  à  Veis  et  P-rosâ 
(1912),  M.  Maurice  Charpentier  à  Co/nœ- 
dia(\Ç)\o),  et  M.  C.  Dehais  au  Matin  du 
17  mai  1910.  Il  me  semble  qu'il  serait 
intéressant  de  remonter  plus  haut  vers  la 
source  de  cette  tentative  de  création  d'une 
école  nouvelle. 

Les  premiers  essais  datent,  je  crois  bien, 
de  1909.  Mais,  tout  aussitôt  le  manifeste 
lancé,  les  plus  enthousiastes  adhérents,  y 
découvrant  des  idées  jadis  caressées. 
voient  les  premières  maniiestations  du 
Futurisme  plus  loin  dans  le  passé,  vers 
1906... 

J'ai  entre  les  mains  le  n»  3-4-5  6  de 
Poésia,  d'avril,  mai  juin,  juillet  1909,  qui 
contient  :  i»  un  manifeste  de  F  T.  Mari- 
netti,  chef  de  l'école  futuriste;  2°  L'Iiîtei- 
view  de  M.  Marinetti  par  un  rédacteur  de 
Comœdia,  reproduit  sous  ce  titre  :  Les 
premières  victoires  du  Futurii7ne\  3°  une 
série  de  lettres  émanant  de  littérateurs 
connus,  sous  cette  rubrique  :  .1  dhésions  et 
objections . 

Si  le  Futurisme,  en  peinture,  n'eut  que 
quelques  fumistes  et  quel. [ues  impuissants 
pour  adeptes,  comme  le  dit  M.  Maurice 
Charpentier,  il  fut  plus  heureu.x  en  litté- 
rature. 

Voici  quelques  extraits  des  réponses 
faites  à  l'enquête  du  promoteur  du  Futu- 
risme : 

Comment  ne  pas  applaudir  au  Futurisme 
qui  se  propose    d'instaurer    le  lyrisme    de  la 
m.^chine  et  des   miriicîes   fcienlifiques,  toute 
la  gloire  neuve    du    vieux  Prométhée,  quand 
on  a  soi-même  tenté  de  faire  comprendre  la 
magnificence  de  ces  formes   unies   aux    puis 
sances  des  foules  ?... 
^...  Mais  où   je    me   sépaie  du    Futurisme, 
c  est  quand  il  veut  détruire,  abolir,  anéantir. 

Paul  Adam^ 


378 


...  Donc  le  Futurisme  existe  ou  existera. 
Vous  en  seiez  le  maître,  Monsieur,  comme 
Victor  Hugo  fut,  sans  le  vouloir,  le  maître  du 
roiijantisriia  français,  et  comme  M  Francis 
Vielc  Giiftln  est  encore,  délibérément,  le  maî- 
tre   du    symbolisme.    Je    vous   souhaite    des 


élèves  dignes  de  vous 


Charles  Derennes. 


...  C'est  à  cette  époque  que  je  lanç.ii  les 
Ci'és  Futures  (1906),  non  pis  un  recueil  de 
vers,  m.iis  un  grand  poème  de  la  Révolte 
exaltée,  bénie,  rafraîchissante  des  cœurs  et 
des  cerveaux,  chantée  par  les  affranchis  en 
route  pou-  les  Cités  de  lumière  et  d'énergie. 
Ce  fut,  je  crois,  la  première  manifestation 
du  futurisme,  en  Francs... 

André  Ibels. 

S'iendide  Marinet  i  ! 

Me  souvenant  que  j'ai  toujours  chéri  par 
desos  tout  les  «  Conîiadictions  »,  symbole 
de  la  Dialectique  qui  constitue  le  rythme  de 
toute  Poésie,  p,>rtant,  de  tout  Univers, 
j'adhère  volontie  s  au  futurisme. 

Charles  Regïsmanset, 

Passons  maintenant  aux  réfractaires  : 
Vous  m'avez  tout  l'air  de  ces  sauvages  qui 
mangent  leurs  ancêtres  pour  éviter  l'encom- 
brement, ou  de  ces  révoltés  sociaux  qui  ne 
veulent  pas  avoir  de  pères  et  se  complaisent 
dans  les  bâtardises. 

JuLitTTE  Adam. 

J'ai  le  culte  passionné  du  passé,  l'horreur 
et  le  dégoût  du  modernisme.  Si  vous  avez 
lu  une  seule  ligne  de  mes  livres,  comment  ne 
le  savez-vous  pas  et  comment  pouvez  vous, 
sans  rire,  me  demander  une  adhésion,  même 
partielle,  à  votre  manifeste? 

Pierre  Loti. 

^  La  lettre  de  M.  Jules  Claretie  mérite 
d'êtr»  rapportée  en  entier  ; 
Ch  r  Poète, 
Ne  redoutez-vous  pas  le  clignement  iro- 
nique du  regard  des  étoiles  défiées  ?  Et  lais- 
sez-nous au  moins  Montaigne  —  dont  je  suis 
sûr  --  et  Monna  Lisa  qui  maintenant  ne 
îiompe  plus  jersonne.  Son  sourire,  croyez- 
moî,  fait  partie  du  Futurisme. 

Jules  Claretie. 
11  est  assez  piquant  qu'à  propos  du  Fu- 
turisme, l'éminent  académicien  dite  à 
M.  Marinetti  :  <v  Laissez-nous...  la  Jo- 
conde!  »  qui,  précisément,  devait  dispa- 
raître quelques  mois  plus  tard. 

Adrien  H. 

*  ♦ 
On    trouvera  tous  les  renseignements 
relatifs  à  cette  «  école  »  dans  le  catalogue 
publié  au  début  de  1912,  lors  de  l'exposi- 


N»  1340,   Vol.  IXVJ. 

379 

tion  de  cinq  futuristis  ita'icns  MM.  Boc- 
cioni,  Carra,  Russolo,  Bj!!;\  et  Severini, 
chez  Bernheim. 

Ce  catalogue  intitulé  :  Les  Pcin!ies*Fu- 
Itirisles  Italiens.  Exposition  du  lundi  5  au 
samedi  24  février  1012,  Paris,  115  rue 
Richepance  15,  chez  MM.  Bernheim 
Jeune  et  Compagnie,  débute  par  un  mani- 
feste :  Les  Exposants  ni  Public. 

On  y  trouvera  en  outre  des  reproduc- 
tions des  principales  oeuvres  soumises  à 
l'admiration  de  nos  contemporains. 

Gaston  L.  Vuitton. 

Le  Mai  (T.  G..  547,  LXVI.  9s,  229). 

—  La  coutume  du  mai  est  une  pratique 
de  ce  qu'on  ."  nommé  la  magie  imitative. 
Un  des  moyens  des  plus  anciens  que  les 
hommes  ont  cru  trouver  pour  eiurer  en 
rapport  avec  la  N;;ture  a  été  de  faire  ce 
qu'on  voulait  qu'elle  fit.  Les  pratiques  de 
magie  imitative  sont  très  nombreuses  et 
toutes  obéissent  à  cette  idée  maîtresse. 

On  en  trouvera  dans  le  premier  volume 
du  livre  de  Frazer.  Le  Rameau  d'or,  de 
nombreux  exemples. 

Dans  l'intérieur  de  Sumatra,  les  femmes 
ne  plantent  le  riz  qu'en  laissant  pendre 
les  cheveux.  C'est  une  suggestion  à  la  na- 
ture pour  qu'elle  fasse  des  plantes  vigou- 
reuses. Même  coyance  au  Mexiq;ie  avec 
le  maïs,  dont  la  déesse  s'appelait  «  la 
mère  aux  longs  cheveux.   >* 

Déjà,  pourtant,  les  Malais  adoptent  un 
autre  système.  Ils  ne  plantent  le  maïs 
qu'au  moment  ou  ils  sont  avec  le  ventre 
bien  plein.  C'est  dire  à  l'arbuste  :  «  Imi- 
tez nous!  Donnez  nous  des  épis  bien  gros  !>> 

A  Luçon,  le  plant  des  bananiers  se  fait 
p-îr  des  femmes  portant  un  enfant  au  dos. 
Le  bananier  doit  comprendre  ce  qu'on  en 
attend. .. 

Les  semeurs  de  chanvre  en  Souabe  et 
en  Transylvanie  sautent  dans  les  champs. 
Et  les  champs  doivent  savoir  qu'on  leur 
demande  de  donner  des  plantes,  qui 
aillent  jusqu'où  vont  les  sauts. 

Les  habitants  de  Galeta  mettent  des  ju 
pons  aux  arbres  qui   ne    donnent  pas  de 
fruits    Ça  veut  dire   :  «   Fais   comme  les 
femmes  !   Accouch-?  de  beaux  fruits  !   ?> 

Il  y  a  comme  cela  des  milliers  d'exem- 
ples, parce  que  ce  procédé  d'entrer  en 
communication  avec  la  nature,  est  uni- 
versel. 

Dans  la  Serbie  on  fait  —  ou  du  moins 


L'INTERMEDIAIRE 


380 

on  faisait  aussi  le  mai. On  revêtait  une 
jeune  HUe  nue,  de  tleurs  et  de  feuilles  et 
en  la  promerait  processionnellement. 
C'ét.iit  dire  à  la  Nature  :  «  Voilà  ce  que 
nous  voulons  :  couvre  toi  de  tleurs  comme 
cette  jeune  fille  ». 

Dans  plusieurs  endroits  on  peut  signa- 
ler une  évolution  dans  cette  croyance.  On 
a  d'abord  admis  que  certains  arbres 
étaient  divines,  divines  en  elles-mêmes. 
Plus  tard,  on  a  humanisé  c-tte  croyance 
et  on  a  admis  que  ces  arbres  étaient  di- 
vines, parce  qu'elles  abritaient  des  dieux 
ou  enfin  des  génies  protecteurs  de  la  vé- 
gétation. On  leur  faisait  des  offrandes. 
Plus  tard  encore  on  a  chargé  quelques 
personnes,  à  de  certams  jours  de  l'année, 
.de  représenter  cet  esprit.  C'étaient  tou- 
jours des  jeunes  gens  qu'on  parait  de 
feuilles  et  fleurs,  pour  qu'ils  symbolisas- 
sent les  génies  de  la  végétation.  Et  ces 
cérémonies  avaient  lieu  partout  (au 
moins  dans  l'Europey^ra  mois  de  mai. 

je  vous  ai  cité  le   premier  volume  du 
livre  de  Frazer,  Le  Rameau  d'ot.  Le   troi 
sième    s'occupe   spécialement  des   cultes 
agraires  et  sylvestres.  On  y  trouvera  tout 
ce  qu'il  y  a  à  ce  sujet.  Medeiros. 

Les  sœurs  associées  (LXVI,  8,  177, 
230)  —  il  semble  aussi  que  la  sœur  de 
Nietsche  ait  eu  sur  lui  une  influence  très 
salutaire. 

Où  pourrait-on  se  renseigner  non  pas 
sur  la  philosophie  de  Nietsche,  mais  tout 
particulièrement  sur  l'influence  de  sa 
sœur .'' 

Puisque  la  question  s'étend  aux  types 
littéraires  de  l'amour  fraternel,  je  crois 
qu'on  pourrait  citer  1'  «  Electre  »  de  .So- 
phocle et  d'Euripide.  Mais  l'érudition  lit- 
téraire des  intermédiairistes  nous  indi- 
quera certainement  bien  d'autres,  dans  le 
roman  et  le  théâtre.  H.   RoN. 

Los  chevaliers  de  l'Arquebuse 

(LXVI,  178).  —  Fouché  ne  goûta  pas  les 
bonnes  raisons  du  Préfet  de  Police  en  fa- 
veur du  rétablissement  des  Compagnies 
de  l'Arquebuse  et  le  projet  d'en  faire  des 
sociétés  d'instruction  militaire.  Il  ré- 
pondit le  6  ventôse  an  Xlll,par  une  inter- 
diction formelle.  Nous  avons  publié  celte 
lettre  il  y  a  quelques  années  ici-méme. 
d'après  la  minute  qui  est  aux  Archives 
Nationales,  F",  3004.  L.  G. 


:i 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


20  Septembre  1912 


381 


382 


grouuailles  et  ajuviosités 

Enseignes  littéraires  des  coif- 
feurs.—  Ce  mois  passé  (août  i9i2)lorsdu 
congres  del'AFAS  a  Nîmes,  je  me  suis  fait 
r?.ser  chez  un  cciffeur  appelé  M.  Combet, 
sur  le  boulevard  Victor  Hugo,  vis-à-vis 
Ihôtel  Manivet.  l'ai  été  attiré  chez  lui  par 
une  enseigne  en   latin  :  ornate,  juvenes, 

SENES,  REPARATE  CAPILLOS  --et  en  grcC, 
à  côté  :  Kï'.oo)  Ta/iTTa  xa'.  z'.'dtz'o,  ce  qui 
veut  dire  :  je' rase  très  vite  et  je  me  tais. 
—  J"ai  fait  connaître  à  M.  Combet  qu'en 
1859,  j'avais  vu  la  même  enseigne  grec- 
que à  Rochefort  (Charente-Inférieure), 
mais  agrémentée,  en  outre,  d'un  tableau 
qui  représentait  l'artiste  en  fonctions  et 
son  client. 

Ce  n'est  pas  la  seule  enseigne  littéraire 
de  coiffeur  que  j'aie  vue  :  vers  18=,  i,  il  y 
avait  dans  la  rue  de  1  Echaudé  a  Paris,  v'.s- 
à-vis  l'encadreur  Danglcterre,  un  coiffeur 
appelé  DiOT  qui  arborait  ce  quatrain  ; 

O  têtes  sans  coiffeur,  qui  cherchez  au  hasard 
Si  votre  barba  est  longue  et  vos  cheveux  sans 

'art 
Arrêtez  vous  ici,  vous  êtes  à  l'enseigne 
Du  merveilleux  rasoir  et  du  magique  peigne. 

Il  y  avait  aussi,  au  boulevard  des  Bati- 
gnolles,  l'officine  Isopy,  dont  Lamartine 
avait  été  le  client.  Mais  je  crois  que  la 
poésie  qui  décorait  son  enseigne  a  déjà 
paru  dans  Y  Intermédiaire,  n'est-ce  pas:  Si 
non,  je  me  la  rappelle,  et  la  rappellerai 
volontiers.  La  voici  : 

Le  maître  de  cette  officine 
Est  IsoPY,  qui  fut  coiffeur 
Du  grand  poète  Latmarine 

Mort  dans  sa  fleur  ! 
Pour  une  très  modique  somme 
On  peut  acheter  en  ces  lieux 
Des  poils  de  barbe  du  grand  homme 
Ou  des  cheveux  ! 

V.   A.    T. 

Un  livre  sur  le  Maroc.  —  je  viens 
de  trouver  au  fond  d'une  bibliothèque  de 
campagne  un  ouvrage  assez  intéressant,  à 
notre  époque  où  tous  les  yeux  sont  fixés 
sur  la  politique  nord-africaine.  C'est  un 
petit  in- 180  de  470  pages,  édité  à  Ams- 
terdam, chez  Pierre  Martin, en  1731,  sous 
ce  titre  :  Histoire  de  la  Révolution  de 
V Empire  du  Maroc  depuis  la  mott  du  der- 
nier empereur  Muley  hrtiaël.  C'est  la  re- 
lation exacte  des  événements  qui  se  sont 


produits  dans  le  pays  en  1727  et  1728. 
Cet  ouvrage  est  traduit  du  journal  anglais 
du  capitaine  Braithwaite  attaché  au  con- 
sul général  anglais  John  Russel.  Une 
carte  très  exacte  nous  montre  tous  les 
lieux,  villes,  montagnes,  fleuves,  sur  les- 
quels les  dépêches  attirent  chaque  jour 
notre  attention.  Rien  ne  ressemble  plus 
aux  événements  de  191x61  1912  que  ceux 
des  années  1727  et  1728.  La  mentalité  ma- 
rocaine n'a  pas  changé.  La  guerre  civile, 
alors  comme  aujourd  hui,  existait  à  l'état 
endémique,  et  après  deux  siècles,  les 
mœurs  sont  identiques. 

Marcellin  Pellbt. 

Lettres  de  Paul  Arène  à  Mistral 
en  1870.  —  Notre  très  distingué  con- 
frère M.  Georges  Niel,  nous  communique 
le  texte  de  deux  lettres  que  Paul  Arène 
adressa  à  Mistral  en  1S70. 

Djtées  de  l'époque  de  nos  malheurs, 
de  l'aube  tragique  de  la  troisième  Répu- 
blique elles  portent  la  marque  la  plus 
personnelle  de  cet  esprit  délicat  Un 
couplet  contre  la  centralisation  outran- 
cière  est  bien  dun  fils  de  la  Provence,  qui 
ne  veut  abdiquer  ni  sa  langue,  ni  ses 
amours. 

Mon  cber  Mistral, 

Ecrivez-moi    donc.    —   Je 


m  ennuie    ici 


auoiqu'en  République  ;  impossible  de  rien 
taire,  toujours  penser  à  l'avenir,  à  la  guerre 
e  de  guns  en  quart  parla  (i) 

Qu'est-ce  que  vous  faites  là  bas  ? 

Je  voudrais  partir  avec  des  amis  et  m'aller 
battre,  mais  avec  des  amis!  Si  nous  allions 
trouver  Quintana  pour  le  ramener  volon- 
taire? —  Ce  seraiï  beau  pour  vous,  beau 
pour  un  poète,  de  souder  ces  deux  petits  an- 
neaux d'or  intermédiaires,  Provence  et  Ca- 
talogne, dans  la  torte  chaîna  des  pays  latins. 

Vous  y  avez  dû  penser. 

Je  vous  embrasse,  mais  écrivez-moi. 

Avez-vous  des  nouvelles  de  Daudet  ? 

Paul   Arène. 

* 
♦  » 

Mon  cher  Mistral, 

Vous  vous  ennuyez,  moi  aussi,  et  ce  serait 

une  bonne  idée  que  de  mettre  pour  quelques 

jours    nos    deux  ennuie    ensemble    —    pour 

quelques  jours,    c'est-à-dire    pour    tant   que 

vous  voudrez.  —  La    maison  est  étroite    ici, 

la    vie   familiale    modeste,  un    imbécile    s'y 

trouverait    serré    peut-être,    mais   Mistral  s'y 

plaira . 


(i)  et  personne  à  qui   en  parler. 


ji«  1340       Voi.LXV. 


L'tNTiiRMEDÎAlKE 


383  


Venez  donc  voir  les  Alpes,  au  lieu  d* 
vous  tourner  le  sang  sur  place,  et  nous  at- 
tendrons, paisiblement  que  cette  pauvre 
France,  qui  ne  veut  pas  des  poètes  comme 
citoyens,  ait  besoin  d'eux  comme  soldats. 

Votre  lettre  est  belle,  quoique  triste. 

Je  pense  comme  vous  à  l'endroit  de  cette 
centralisation  par  Ir-^p  romaine  qui  ne  nous 
laisse  pas  de  choix  entie  un  empereur  à  Paris 
ou  bien  Paris-Empereur...  Mais  que  faire? 
Dan»  les  circonst.Tnces  où  nous  sommes,  les 
idées,  les  hommes  ne  sont  rien,  les  événe- 
ments, tout.  Or,  qje  nous  voulions  ou  non, 
les  événements  roulent.  —  Mais  ne  désespé- 
rons pas.  La  centralisation,  dites-vous,  tue 
la  France  en  ce  moment.  Qu'en  savez-vous  ? 
C'est  peut-être  la  France  qui  est  en  train  de 
se  guérir  de  la  centtalisation.  Il  f.illnt  bien 
des  malheurs  à  l'enfant  prodigue  avant  qu'il 
se  décidât,  pauvre  et  meurtii,  à  rever.ir 
frapper  à  la  porte  paternelle.  Apres  toutos 
ses  misères  présentes,  si  elle  ne  meurt  pas, 
la  France  peut-être  reconnaîtn  sa  maison. 
Mais  je  comprends  que  votie  cœur  saigne 
à   la    suivre  ainsi    le   long  des   routes. 

Quand  je  considère  les  hommes,  mon  chei 
Mistral,  j'ai  peur  pour  la  République.  On 
n'imagine  pas  combien,  en  général,  les  âmes 
sont  petites  et  ba-  es  Les  Knfers,  inferi  (si 
enfers  il  y  a  où  vont  les  âmes),  doivent  res- 
sembler à  Lillipuf.  J.;  fais  mon  devoir  en  at- 
tendant pour  la  strvir  tant  que  je  peux,  ?ans 
la  compromettre,  cette  chère  République.  Si 
mes  concitoyens  m'ennuient  trop,  après  ça, 
je  n^'engagerai. 

C  onnaissez-vous  M.  Esménard  Dumazet, 
de  Salon-en-Crau,  qu'on  vient  de  nommer 
préfet  de  Digne?  Je  l'ai  vu  hier.  Il  m'a  pro- 
posé d'être  son  secrétaire  particulier.  Ne  le 
connaissant  pas  assez  je  n'ai  répondu  ni 
oui  ni  non.  Je  vous  embrasse  —  et  vais  relire 
dans  l'Almanach,  vos  vers  sur  la  mort  de 
Lamartine  ;  il  me  semblera  que  ce  sont  des 
vers  de  Lamartine  sur  vous. 

Salut  et  fraternité. 

Paul  Arène. 

Une  image  d'Epinal  séditieuse. 

Le  6  juin   182 1 . 
Le  Ministre 

au  Préfet  des  V^/ges 

Monsieur  le  Préfet, 

Je  vous  transmets  ci-joint  un  exemplaire 
d'une  gravure  sur  bois  ayant  pour  titre  Ife- 
traite  ,u  Moscou,  et  paraissant  être  sortie  de 
l'imprimerie  du  S'  Pellerin,  imprimeur  li- 
braire à  Epinal.  Suivant  l'avis  anonyme  que 
vous  trouverez  au  dos  de  l'est  1  ni pe,  le  S""  Pel- 
lerin la  ferait  rt^pandre  aujourd'î^ui,  avec  pro- 
fusion et  gratuitement  dans  les  c^mpignes.  je 
vous  prie  de  faire  vérifier  jusqu'à  quel  point 
cet  avis  peut  être  fondé  et  de  me  communi- 
quer les  résultats  des  informations. 


384     - 


Epinal  le  1 1  juin  182  i. 
Le  Préfet  des   Vcçes 
à  M.  le  Baron   Mounier,  Directeur  général 
de  VAdmlnistraiion  Départementale 
de  la  Police, 
Monsieur  le  Directeur  Général, 

J'ai  reçu  avec  la  lettre  que  vous  m'avez  fait 
1  honneur  de  m'écrire  le  6  de  ce  mois,  un 
exemplaire  d'une  gravure  ayant  pour  titre  : 
Retraite  de  Moscou.  Cette  gravure  est  bien 
réellement  sortie  de  l'iraprimeiie  du  S""  Pel- 
'erin,  imprimeur  libraire  à  Epinal,  dont  les 
ouvrages  consistent  en  grande  partie  en  es- 
tampes gravées  sur  bois,  d'un  travail  des  plus 
co  nmuris,  de  très  mince  valeur,  et  qui  par 
cette  raison  se  débitent  principalement  dans 
les  campagnes 

J'aurai  l'honneur  de  vous  rappeler  au  sujet 
cle  l'estampe  dont  il  s'agit  que  la  publication 
et  la  vente  en  ont  été  autorisées  conformé- 
ment a  l'article  12  de  l'ordonnance  royale  du 
!•='  Avril  1820. 

La  déclaration  du  S'"  Pellerin  en  fut  faite 
l<f  28  juillet  pour  2000  exemplaires  d'impres- 
sion, et  le  même  jou?.j«-vous  fis.  Monsieur 
le  Directeur  Général,  l'envoi  de  cinq  exem- 
plaires déposés.  Cet  ouvrage  est  inséré,  sous 
le  no  <5^2  au  journal  de  l'Imprimerie  de  la 
librairie. 

D'après  cela,  M.  Le  Directeur  Général, 
l'imprimeur  se  trouve  parfaitement  en  règle; 
il  peut  débiter  sa  giavure  en  toute  sécurité. 

Mais  s|il  était  vrai,  comme  on  l'annonce 
dans  l'avis  anonyme  que  vous  m'avez  trans- 
mis, que  cet  ou  'rage  fut  répandu  gratuite- 
ment, soit  par  le  S""  Pellerin,  soit  par  tout 
autre,  alors  on  ne  pourrait  certainement  voir 
dans  ce  fait  qu'une  intention  coupable  ;  il  est 
à  remarquer,  toutefois,  que  la  note  qui  accuse 
le  S""  Pelleiin  est  bien  vague  ;  elle  .se  tait  sur 
les  lieux  et  le  tems  de  la  distribution  qu'on 
lui  impute. 

Je  n'ai  à  cet  égard  aucun  renseignement; 
rien  jusqu'ici  au  surplus  ne  m'adonne  lieu  de 
croire  que  l'estampe  qui  vous  a  été  signalée 
ait  pu  attirer  l'attention  d'une  manière  parti- 
culière. Je  vais  prendre  toutes  les  informa- 
tions possibles  et  je  vous  prie  de  compter  sur 
mon  empressement  à  vous  en  mettre  les  ré- 
Hiltatj  sous  les  yeux. 

Le  conseiller  de  Préfecture  délégué, 

PlfcRKE. 

Talleyrand  avait  raison.  Faut  du  zèle, 
pas  trop  n'en  faut. 

LÉONCE  Grasilier. 


Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTOHGUEIL 


Imp.  Danibl-Chamboh,  St-Amand-?»lont-Rond 


LXVI»  Volnmo      Paraissant  Us     lo,  io  et   ;o  de  chaque  moù        30  Septembre  1912 


48»  Année 

St'-.r.Victor-MMRRé 

PARIS  (IXr>  Chtrchez  et 

— _  voua  trouverez 

Bureau   :  deSàôheures 


QD^QUa 


g       II  te  faut 
g       tntr'aider 

o 


N"  1341 

3t"',r.Victor-llas« 
PARIS  iW) 

Bureoui:  deSà  6heuret 


€  ^nUxmihïaxxt 


OES    CHERCHEURS    ET    CURIEUX 

Fondé   en    1864 


QUESTIONS     ET     RÉPONSES 

Nous  plions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
Sun  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  do,  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n  est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l  auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s  interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  a  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
tttre  d'une  famille  non  éteinte. 


(àwî^ium 


Qui  a  brûlé  Moscou  ?  Est-ce  Ros- 
topchine  ?  —  a^e  la  question  se  pose 
encore  aujourd'hui,  cent  ans  après  l'in- 
cendie, en  le  brasier  duquel  fondit  la  cou- 
ronne impériale,  cela  paraît  stupéfiant 
cependant  c'est  la  vérité.  Deux  versions 
s  affrontent  toujours,  l'une  qui  veut  que 
ce  soient  les  pillards  russes,  abandonnés 
dans  la  ville,  qui  aient  mis  le  feu,  encou- 
rages par  la  négligence  des  sold.<ts  fran- 
çais 5  associant  à  leurs  rapines,  (théorie 
du  général  russe  Nempde,)  l'autre  qui 
veut  que  l'incendie  ait  été  dû  à  la  volonté 
larouche  de  Rostopchine 


LITTÉRAIRES.     HISTORIQUES.    SCIENTIFIQUES     ET   ARTISTIQUES 
TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 

— 386 — . 

Nous  demandons  des  documents  précis. 
Evitons  les  dissertations  à  côté  :  c'est  de 
l'obscurité  assemblée  à  plaisir. 

Des  faits,  des  textes,  des  aveux,  des 
preuves.  Les  Russes  sont  aujourd'hui  nos 
amis  :  qu'ils  nous  aident,  M. 

L'énigme  de  Valmy.  Brunswick. 
Le  vol    des  diamants  en  1792.  — 

M.  Maurice  Talmeyr,dans  le  Gaulois  (du 
22  septembre  1912),  a  publié  un  article 
sous  ce  titre  :  L'énigme  de  Valmy. 

Brunswick  à  Valmy  a-t-il  trahi  la  cause 
qu'il  avait  à  défendre  ?S'est-il  fait  l'homme 
des  Jacobins  sous    son    titre  et  son  uni- 
forme de  général  des  royalistes?  Napoléon 
disait  ne  rien  comprendre  à  la  victoire  de 
Valmy,  «à  moins  qu'il  n'y  ait  eu  quelque 
négociation   secrète   ».   M.  Maurice  Tal- 
meyr   le  pense.  Ses  présomptions    sont 
que  le   duc  Charles-Guillaume-Ferdinand 
de  Brunswick,  avait  des  tendances  et  des 
relations  révolutionnaires  avant  la  Révo- 
lution. Son   manifeste   provocateur  a  été 
écrit  comme  s'il  devait  servir  de  prétexte 
à  toutes  les  horreurs  du  10  août.  Talonnée 
par  le  besoin  d'une  victoire,  la  Révolution 
aurait    pu    payer  celle  de   Valmy.  Avec 
quoi?    M.  Talmeyr  observe   que    dans  le 
même  temps,  eut   lieu    le  vol   des    dia- 
mants de  la  couronne,   au  Garde-Meuble, 
sur  lequel  un  mystère  plane  toujours. 

Il  ne  dit  pas  que  les  diamants  qu'un 
autre  Brunswick  étala  avec  tant  d'ostenta- 
tion en  vinssent,  mais  il  est  frappé  de  la 
coïncidence... 

Il  termine  ainsi  son  article  : 

Qu3  s'est-il  donc  passé  d'exact  du  côté  des 


Le  débat  vaut  la  peine  d'être  rouvert        Ar^"'  ''"*"''  "^""^  ^^"^  'l'"''^'*  '^^  ^°^^  ^^^ 
i^      eu  cire  rouvert,   i  Argonnes,   aux   environ»    du   23   septembre 

LXYI.  -  8. 


N«  1341     Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


387 


388 


1793,  au  moment  de  la  chute  de  la  royauté? 
Il  n'y  a  pas  encore  si  grand  temps,  le  der- 
nier des  Brunswick  vivait  chez  nous  en  1  a- 
risien,  où  il  était  surtout  fameux  par  ses 
merveilleux  diamants.  Ceux  qui  l'apercevaient 
alors  à  l'Opéra  tout  scintillant  de  ses  magni- 
fiques pierreries  voyaient-ils  donc  sur  ce 
singulier  vieillard  les  dernières  reliques  de 
notre  splendeur  monarchique?  Avnient  ils 
sous  les  yeux  l'énigme  de  Valmy  ?  Les  archi- 
vistes et  les  érudits  n'ont  pas  fini  d'en  causer, 
et  V Intermédiaire  des  Chercheurs  et  Cu- 
ritux  aura  encore,  là-dessus,  de  curieuses 
et  saisissantes  pages  à  publier  ! 

Nous  reprenons  très  volontiers  ce 
questionnaire  dans  nos  colonnes.  Dans  le 
volume  XI,  (1878)  il  a  déjà  été  question 
du  vol  des  diamants  de  la  couronne, 
dont  le  prix  aurait  pu  payer  le  concours 
de  Brunswick.  Capefîgue  a  soutenu  cette 
thèse,  il  y  a  longtemps.  Capefîgue  n'est 
pas,  il  est  vrai,  une  autorité  qu'on  puisse 
accepter  sans  contrôle. 

L'énigme  de  Valmy  peut  donner  lieu 
à  une  nouvelle  controverse.  Comme  tou- 
jours, nos  collaborateurs  que  la  place  li- 
mite, et  qui,  en  cela, se  plient  à  notre  dis- 
cipline obligée,  apporteront  surtout  des 
documents  —  (inédits  si  c'est  possible),  à 
tout  le  moins  authentiques  et  d'une  vertu 
probante., .  Une  opinion, c'est  bienquclque 
chose,  mais  ce  n'est  qu'une  opinion. 

M. 


Thiers  à  Berlin.  —  Je  trouve  dans 
La  Guerre  i8/0-i8ji,  par  M.  Arthur 
Chuquet,  Paris  189^,  page  266,  une  con- 
versation de  M.  Thiers  et  du  célèbre  his- 
torien prussien  Ranke.  M.  Thiers  déclara 
que  la  France  n'accepterait  jamais  la  ces- 
sion de  l'Alsace.  Ranke  répondit  : 

Vous  nous  avez  arraché  deux  de  nos  pro- 
vinces de  l'Ouest,  et  nous  les  revendiquons. 
L'Allemagne  a  versé  son  sang;  elle  sait  que 
la  France  ne  lui  pardonneia  pas  Sed.in  ;  elle 
exige  une  sûreté  pour  l'avenir...  Nous  vou- 
lons Stra5bour5  et  Metz  ;  etc.,  etc. 

Cet  entretien  semble  authentique,  sauf 
la  phrase  du  début  de  Ranke.  Ce  profes- 
seur, historien  consciencieux,  n'a  pas  pu 
prétendre  que  la  France  avait  arraché 
l'Alsace  à  l'Allemagne,  par  une  raison 
bien  simple,  c'est  que  l'Allemagne  n'exis- 
tait pas  au  xvii*  siècle,  qu'il  n'y  avait 
qu'une  collection  d'Etats  de  race  germa- 
nique, et  un  Saint-Empire  romain  qui, 
suivant  l'expression  de  Voltaire,    n'était  I 


ni  saint,  ni  romain,  ni  même  un  Empire. 
Ce  qui  me  parait  sujet  à  caution,  c'est  que 
l'entretien  dut  avoir  lieu  à  Berlin;  M. Chu- 
quet dit  que  M.  Thiers  avait  touché  barre 
à  Berlin.  Il  est  probable  que  M.  Thiers  et 
Ranke  se  rencontrèrent  en  dehors  des 
pays  engagés  dans  la  guerre  franco-alle- 
mande, car  la  police  prussienne  aurait 
fait  arrêter  M.  Thiers  chargé  d'une  mis- 
sion officielle  par  le  Gouvernement  du 
4  septembre.  Je  demande  s'il  existe  des 
traces  de  ce  passage  de  M. Thiers  à  Berlin. 

A.  ). 

Le  Prince  Impérial  «  Roi  d'Al- 
ger ».  —  «  Dimanche  16  mars  (1856). 
'<  L'Impératrice  est  accouchée  ce  matin,  à 
«  trois  heures, d'un  prince  qui  portera,  dit- 
«  on,  le  titre  de  roi  d' Alger...  » 

C'est  en  ces  termes  que  le  comte  Horace 
de  Viel  Castel,  dans  ses  Mémoires  sur  le 
règne  de  Napoléon  III,  annonce  la  nais- 
sance du  Prince  Impérial. 

Où,  quand  et  comment  fut-il  question 
de  donner  ce  titre  au  Prince  qui  devait 
mourir  victime  des  Zoulous .'' 

Thix. 


Gi 


Irenadiers  de  la  Marine.  —  Dan» 
la  ((  Correspondance  du  général  dePully, 
pendant  la  campagne  de  l'an  IX  à  lArmée 
des  Grisons  »  publiée  par  le  comte  de 
Pully  (Carnet  de  la  Sabretache  1912,  pages 
449  et  suivantes)  je  trouve  les  phrases 
suivantes  : 

...  d'autant  qu'il  y  a  encore  ici  un  batail- 
lon de  grenadiers  de  la  marine  qu'on  joindra 
à  ceux  venant  du  camp  d'Amiens  et  cela 
vous  fera  au  moins  aooo  grenadier»  en  bon 
état...   » 

(Lettre  du  général  Pully  au  général 
Macdonald  25  brumaire  an  IX). 

Citoyen  général,  la  brigade  de  grenadiers 
de  la  marine  qu'a  amenée  icy  le  général  Sar- 
razin  est  en  état  de  tous  point»,  bien  vêtue, 
bien  armée,  très  bon  esprit,  m.inœuvrant 
facilement,  sa  solde  n'est  pomt  arriérée,  tout 
me  fait  désirer  qu'elle  soit  destinée  à  votre 
armée  et  de  vous  la  conduire  bientôt  ;  en- 
voyez-m'en l'ordre  et  vous  aur«z  une  belle 
division. 

je  pourrais  joindre  aux  200»  ttrenadisrs  de 
la  marine  les  carabiniers  de  la  16'  légère  et 
le»  grenadiers  de  la  47". 

(Lettre  du  général  Pully  au  général 
Macdonald,  28  brumaire  an  IX). 

Qu'est-ce  que  les  grenadiers  de  la  ma- 


I 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


389 


rine  ?  Quand  ce  corps    fut-il    formé  ?  et 
quand  disparut  il  ?  Quels  sont  ses  états  de 

service  ?  C.   N. 

Les  Dandys  sous  Louis-Philippe. 

—  Je  cherche,  en  vue  d'une  prochaine 
exposition,  tout  ce  qui  a  trait  aux  élé- 
gances masculines  de  l'époque  de  Louis- 
Philippe.  Quelques  complaisants  intermé- 
diairistes  pourraient-ils  m'indiquer  des 
costumes,  des  bijoux,  des  tableaux,  des 
autographes,  etc.,  susceptibles  de  pren- 
dre place  dans  cette  galerie  éphémère^ 
mais  curieuse  ?  Après  le  xvii'  siècle,  après 
le  Premier  Empire,  l'époque  romantique 
me  semble  un  champ  intéressant  à  explo- 
rer, et  qui  ménage,  sans  nul  doute,  d'a- 
gréables surprises.         Henri  Clouzot. 

RU"' desMalad-s  —  Dansquelle  ville 
de  France  se  trouvait,  dans  la  première 
moiiié  du  xix'  siècle,  une  rue  de  ce  nom  ? 

NlSIAR. 

Thomas  lllyricu';.  —  Le  Bulletin  de 
la  Société  de  l  Histoire  du  Protestantisme 
Français  (chez  Fischbacher,  33,  rue  de 
Seine),  dans  son  numéro  de  juillet-août 
19 12,  à  la  page  380,  dit,  d'après  la  Revue 
Historique  de  juillet-août  1912,  que  «  la 
«  Réforme  a  d'abord  été  prèchée,  entre 
«  1516  et  1522,  par  un  moine  t'ranciscain 
«  originaire  d'IUyrie  et  appelé  pour  cette 
«  raison  Thomas  Illyricus,  puis  propagée, 
«  à  Bordeaux,  par  les  humanistes  et  no- 
«  tamment  par  le  collège  de  Guienne,etc. 

Or  il  existe,  à  Arcachon,  une  rue  Tho- 
mas Illyricus,  voisine  de  l'Eglise  Notre- 
Dame,  dans  laquelle  a  été  englobée  la 
très  ancienne  chapelle  de  Notre-Dame 
d'Arcachon,  dont  l'existence  est  bien  an- 
térieure à  celle  de  la  ville  actuelle  ;  et 
j'avais  toujours  cru  que  Thomas  Illyricus 
était  le  nom  du  fondateur  de  cet  antique 
lieu  de  culte,  et  non  celui  du  premier  pré- 
dicateur de  la  Réforme  en  Guienne.  —  Y 
a-t-il  eu  deux  Thomas  Illyricus,  et  si  oui, 
à  quelle  époque  vivait  le  premier,  puis 
que  le  second  prêchait  entre  1316  et 
1522  ? 

V.  A.  T. 

D'Aï  bon.  —  Je  désirerais  des  rensei- 
gnements sur  les  ascendants  et  descen- 
dants de  François  Pierre  d'Arbon  de  Bellon 
reçu  le  7  février  1720  maître  en  la  cham- 


30  Septembre  1912 

390 

bre  des  comptes  de  Paris.  —  Est-ce  à  la 
même  famille  qu'appartient  M.  d'Arbon, 
major  de  Picardie,  lieutenant  du  Roi  à 
Verdun,  en  1690,  et  commandeur  du 
Roule  au  faubourg  de  Paris  ?  Lab. 

Le  Bulletin  de  madame  de  Beau- 
mont  (1780-1790).  —Un  aimable  con- 
frère connaitrait-il  l'existence  d'un  exem- 
plaire de  ce  bulletin,  manuscrit  puis  gravé, 
qu'un  prospectus,  d'octobre  1790  dit  «  si 
connu  depuis  dix  ans  »  .?  Et  pourrait-il 
donner  quelques  détails  sur  cette  Mme  de 
Beaumont,  laquellehabitait,  1790-1792,  43 
rue  deBièvreà  Paris.Jusqu'ici  la  personna- 
lité de  ccUe  dame  est  absolument  ignorée 
(cf.  y[. Tournttux, Bibliographie Hn'^'io^yÇ- 
io\6^)  ;  et  le  premier  numéro  du  bulletin 
gravé, que  l'on  connaisse,  est  du  6  janvier 
1787  {ibidem  n°  10359).  ^-  ^• 

Fr.  Bouchard,    de  Besançon.  — 

Un  confrère  pourrait-il  m'indiquer  sur 
Fr.  Bouchard,  professeur  de  médecine  à 
l'Université  de  Besançon,  1670,  quelques 
documents  ? 

Est  l'auteur  d'un  livre  Judicium  de 
Metallicis  aquis,  Besançon  1677  in-4. 

Introuvable!  La  Nationale  ne  le  possède 
pas. 

Y  a-t-il  des  ouvrages  sur  l'Ecole  de  mé- 
decine de  Franche-Comté  et  l'ancienne 
Université  de  Besançon  ? 

A.  Callet 

André  Chénier  et  Reinhold  Dezei- 
meries.  —  M.  Anatole  France  présidant 
une  réunion  de  la  Société  des  «  Amis  de 
Montaigne  »  y  porta  un  toast  intéressant 
qui  figure  in-extenso,  dans  le  journal  le 
Temps  du  lendemain  (lo  juin  191 2)  et 
dans  lequel  faisant  une  énumération  des 
«  Montaignistes  »  les  plus  distingues,  il 
:ite: 

"  le  fin  et  délicat  M.  Reinhold  Dezeimerie? 
le  plus  élégant  des  philosophes,  qui  ripporta 
un  jour  au  texte  d'André  Chénier   un  amen- 
dement immortel...  » 

Parlant  devant  une  assemblée  de  let- 
trés, dont  beaucoup  sont  en  même  temps 
des  bibliophiles.  M,  Analole  France,  qui, 
en  d'autres  circonstances,  a  pitié  des  igno> 
rantset  nelesdédaigne  pas, n'avait  pas  be- 
soin de  s'expliquer  plus  amplement  Un 
lecteur  de  V Intermédiaire }^ourr3i\\.-\\  four- 
nir _une  précision  sur  la  rectification  de 


N«  134». 


Vol.  LXV. 

391 


L'INTBRMÊDIAIRB 


39: 


texte  à  laquelle  le  grand  écrivain  a  fait 
allusion  ?  Philippe  Leroy. 

Descendance  actuelle  de  Fouché. 

—  D'après  une  note  de  M.  Louis  Madelin 
dans  son  remarquable  livre  sur  Fouché, 
la  fille  du  duc  d'Otranle  aurait  épousé  le 
comte  de  Terner.  De  cette  union  seraient 
nées  deux  filles,  qui  seraient  entrées  dans 
les  familles  de  Castelbajac  et  de  Saint- 
Roman.  Peut-on  m'indiquer  quelle  est  la 
descendance  actuelle  de  ces  deux  filles  ? 

Kiouzic. 

La  reine  Pomaré,  de  Mabille.  — 

Le  drame  que  Busnach  a  tiré  du  roman  de 
Zola,  }^ana  que  l'on  vient  de  reprendre, 
met  en  scène  la  reine  Pomaré.  Cette  reine 
Pomaré  est  la  fameuse  danseuse  de  Ma- 
bille, de  son  nom  Use  Sergsnt,  amie  et 
rivale  de  Mogador.  D'après  le  romancier, 
elle  vécut  vieille,  et  Nana,  descendant 
d'un  cabinet  particulier  à  l'aube,  la  re- 
vit,   pauvresse    balayant    le    boulevard. 

Dans  ses  mémoires  Mme  Lionel  de  Cha- 
brillan  (Mogador),  raconte  que  Pomaré 
mourut,  âgée  de  21  ans,  en  pleine  gloire 
et  en  pleine  détresse  (six  mois  d'oubli  et 
dans  ce  monde-là,  c'est  tout  de  suite  la 
misère),  et  que  ce  fut  elle  qui  la  fit  enter- 
rer à  Montmartre,  qui  lui  donna  un  tom- 
beau sur  lequel  on  lisait  : 

Ici  reàosê  Lise  Sergeui,  net  le  22  février 
i8a$,  morte  le  8  décembre  1846.  Son  amie 
Céleste. 

Soixante  ans  plus  tard,  Mogador  me 
confirmait  la  véracité  de  ce  récit.  Elle 
ajoutait  :  <  Je  vais  encore  au  cimetière 
Montmartre  quelquefois  lui  porter  des 
fleurs  ». 

J'ai  voulu  vérifier  ses  dires  : 

11  n'y  a  pas  eu  de  convoi  au  nom  de 
Lise  Sergent,  à  la  date  dont  il  est  parlé. 
11  n'y  a  pas  de  concession  à  perpétuité  au 
cimetière    Montmartre  pour  cette  morte. 

Mogador  a  brodé  quand  elle  a  écrit  et 
brodé  quand  elle  m'a  parlé. 

Peut-on  dire  avec  exactitude  quand  est 
morte  la  fameuse  Pomaré  que  Zola  conduit 
jusqu'aux  limites  de  la  vieillesse? 

M. 

Armes  à  déterminer  :  d'or  à  la 
bande  de  vair.  D'or  à  la  bande  de 
vair  :  couronne  ducale.  (Sur  une  plaque 
de  chcmiiéc  au   château  de  la  Vrilliere, 


près   Blois, 
peaux). 


ancien    château 


des   Phely- 
P.   DU  C. 


Armes  à  déterminer  :  d'azur  à  la 
Croix  d'argent.  —  D'azur  à  la  croix 
d'argent  cantonnée  aux  i  et  /f  de  liais 
larmes  d'argent  posées  i  et  2  ', 
d'une  étoile  d'argent.  P.  du  C 


aux  2  et  j 


Armes  à  déterminer  :  chevron  de 
gueules.  —  D'argent  au  chevron  de 
gueules  accompagné  en  chef  de  2  fleurs  de... 
et  en  pointe  d'une  épée  de...  terminée  par 
une  fleur  de...  P.  du  C. 

Ex-libris  à  déterminer  :  Trois 
têtes  de  paon.  —  D'or  à  trois  têtes  de 
paon,  arrachées  d^a^ur.^  posées  2  et  i .  Ecu 
sur  un  manteau  doublé  d'hermine.  Cou- 
ronne de  comte  surmontée  d'un  mortier 
de  magistrat.  Supports  :  deux  lévriers 
affrontés-  GÉo  Filh. 

Ex-libris  à  déterminer  :  D'azur  à 
trois  glands  d'or.  —  D'azur  à  trois 
glands  d'or  tiges  et  feuilles  de  sinople  posés 
2  et  i  ^  accompagnés  d'une  étoile  d'or  en  chef. 

Ecu  ovale  accolé  d'une  croix  de  Malte 
entourée  du  chapelet  portant  la  croix  de 
l'ordre. 

Couronne  de  marquis.  Tenants  :  deux 
hercules.  GÉo  Filh, 

Boyer  de  Fonscolombe  :  gravu- 
res qui  lui  sorrt  dédicacées.  —  On 
désirerait  savoir  si  des  gravures,  autres 
que  celles  gravées  d'après  deux  tableaux 
de  Greuze,  ou  deux  gouaches  de  Bau- 
douin, existent,  dédicacées  à  Boyer  de 
Fonscolombe. 

Voici  les  intitulés  de  ces  gravures  : 

D'après  Greuee  :  La  Paresseuse  ;  Le 
Donneur  de  Sérénade. 

D'après  Baudouin  :  La  Soirée  des 
Thuileries  ;    Le   Danger  du  Te  te  a  Tête. 

Saint-Carm. 

Médecins  modèles  de  Grand  ville. 

-Quels  étaient,  vers  183^,  les  deux  méde- 
cins célèbres,  l'uncommeoptimiste,  l'autre 
comme  pessimiste,  qui  servirent  (à  leur 
insu),  de  modèles  à  Grandville  pour  la 
fable  «  les  médecins  >  dans  l'édition 
illustsée  des  F.  de  La  Fontaine  publiée 
chez  Garnier  frères.  G.  de  C. 


I 


393 


DBS  CHERCHEURS  HT  CUKiiiUX  30  Septembre  1912 

394     


Je  n'ai  d'autre  parti  que  celui 
de  mon  cœur.  —  Dans  le  charmant 
article  de  M.  Emile  Faguet  sur  «  Le  vi- 
comte de  Launay  »  (Mme  Emile  de  Girar- 
din)  que  publie  la  Revue  des  Deux- Mon  des, 
je  lis  ceci  : 

...elle  (Mme   de   Girardin)   pourrait  dire 
avec  le  poète  —  de  qui  du  reste   j'ignore   le 
nom  : 
Je  n'ai  d'autre  parti  que  celui  de  mon  cœur. 

Quelqu'un  de  nos  collaborateurs  pour- 
rait-il nous  dire  de  qui  est  le  vers  en  ques- 
tion ?  H.  GOUDCHAUX. 

Jurons  en  langue  portugaise.  — 

Existe-t-il  un  ouvrage,  ancien  ou  récent, 
en  langue  française  ou  en  langue  portu- 
gaise, où  l'on  trouverait  les  jurons  profé- 
rés par  les  marins  portugais  du  moyen 
âge  et  par  le  peuple  portugais? 

Doit-on  se  référer  aux  jurons  espa- 
gnols de  la  même  époque  ?  Et  dans  ce  cas, 
existe-t-il  des  ouvrages  où  le  sujet  soit 
spécialement  traité  ? 

Jean  Marqjuerose. 


Morvan,  origine  de  noms  de  vil- 
lages. —  Je  passe  mes  vacances  dans  un 
petit  bourg  du  Morvan,  de  l'arrondisse- 
ment de  Chàteau-Chinon  Le  pays  est 
charmant  et  très  pittoresqu<^  et  mériterait, 
entre  parenthèses,  d'être  plus  visité  par 
les  touristes  ;  mais  les  noms  des  localités 
de  ce  petit  coin  morvandiau,  pour  être 
aussi  pittoresques,  manquent  néanmoins 
quelque  peu  de  charme. 

Ainsi  je  suis  entouré  de  bourgs  et  de 
hameaux  qui  portent  les  noms  peu  har- 
monieux de  :  Ouroux,  Chamerelle.  Razou, 
Poil,  Moux,  Goulou,  Boulard,  la  Machine, 
Poireaux  dessus,  Poireaux  dessous,  etc. 

Je  me  suis  informé,  auprès  des  sympa- 
thiques habitants^  de  l'origine  de  tous  ces 
noms  bizarres  ;  personne  n'a  pu  me  ren- 
seigner. J'aurai  peut-être  plus  de  chance 
en  m'adressant  à  mes  aimables  confrères 
de  V Intermédiaire.  Roan. 

Muets.  —  j'extrais  de  Arthur  ou  Sei:(e 
ans  après,  drame  vaudeville  en  2  actes,  de 
Dupeuty,  Fontan  et  Davrigny,  le  frag- 
ment de  dialogue  suivant  : 

Arthur.    —   Et   bien  !    Madame,    comment 
trouvez-vous  le  parc  de  Melvil  ? 


Marie.  —  Ce  que  j'en  ai  vu  me  donne  îa 
plus  haute  idée  de  ce  domaine.  Mylord  est 
donc  bien  riche  ? 

Arthur.  —  Il  possède  tout  un  comté,  et 
avant  la  Réforme,  ses  fermiers  et  tenanciers 
envoyaient  régulièrement,  chaque  année, 
trois  muets  à  la  chambre  des  Communes. 

L'action  se  passe  en  Angleterre. 

Je  désire  savoir  ce  qu'étaient  ces  muets 
qui,  avant  la  Réforme,  étaient  ainsi  en- 
voyés à  la  chambre  des  Communes. 

G.   Lantz. 


Poème  de  Goraeille  sur  les  cham- 
pignons. —  Je  désirerais  connaître  in 
extenso  ce  poème  écrit  en  latin  avec  tra- 
duction française  dont  Sergines,  dans 
les  Annales  poliiiques  et  littéraires  du 
15  septembre  présente  année,  a  donné 
quelques  extraits  ao  étissants. 

J'ai  en  vain  feuilleté  le  volume  des  poé- 
sies diverses  de  Corneille  dans  l'Edition 
des  Grands  Ecrivains  français  ;  j'ai  con- 
sulté dans  la  même  édition  les  tables  des 
Œuvres  complètes  du  grand  poète. 
—  J'ai  trouvé  de  petits  poèmes  sur  diffé- 
rentes espèces  de  lleurs  [notamment  la 
fleur  de  grenade]  mais  rien  sur  le  Crypto- 
game dont  il  fait  parait-il  un  pompeux 
éloge.  Aurait-on  découvert  cette  pièce  de 
vers  depuis  la  publication  des  Grands 
Ecrivains?  Où  pourrai-je  la  trouver  si  elle 
est  réellement  de  Corneille  .'' 

Dehermann. 


Tijé.  —  Dans  l'article  :  Stendhal,  can- 
didat à  Polytechnique,  paru  dans  VOpi- 
nion  an  14  septembre  courant,  je  lis  la 
phrase  suivante  : 

Je  faillis  tout  quitter.  Un  adroit  et  bon 
tijé  aurait  pu  me  convertir  à  ce  moment  en 
commentant  cette  maxime  :.. . 

Le  Grand  Larousse  dit  au    mot   tijé  : 
nom  indigène  du  manakin  noir  huppé,  et 
au  mot  manakin   :   genre  de   passereaux 
dentiroslres  d'Amérique.  On  dit  aussi  : 
manaque. 

Le  sens  de  ce  qui  précède  et  de  ce  qui 
suit  la  phrase  citée,  ne  me  paraissant  pas 
s'accorder  avec  la  définition  ci -dessus  du 
mot  tijé,  je  demande  à  V Intermédiaire 
quelle  signification  doit  être  donnée  à  ce 
mot,  tel  que  l'emploie  Stendhal. 

Nauticus. 


N-  ij4>.  Y^l!.  LÎ^VI 


L'INTERMEDIAIRE 


w 


3Qf) 


Ilép0n^c6 


Les  dr  peaux  de  Metz   LXVI,  2^3). 

Nous  avons  questionna   sur  ce  sujet 

l'un  des  survivants  de  ce  lamentable 
drame,  notre  vieil  ami  le  lieutenani-colo- 
nel  Coste,  porte-drapeau,  en  70,  des 
zouaves  de  la  garde.  Voici  son  récit  ;  nos 
collaborateurs  de  V hittimedtaire  en  tire- 
ront eux-mêmes  les  déductions  : 

«  Le  2-  octobre^  les  officiers  des  zoua- 
«  ves  ont'  su  que  le  commandant  en  chef 
«  de  l'armée  du  Rhin  avait  prescrit  de 
¥.  faire  porter  le  lendemain  notre  drapeau 
«  à    l'arsenal.    11^   exprimèrent   au  colo- 

<  nel  et  au  lieui.  nant-colonel  leur  an- 
¥.  ffoisse  :  ils  n'avaient  plus  confiance 
c  dans  la  parole  du  maréchal  bazaine  et 
i<  craignaient  q  'en  ne  remît  le  drapeau 
«  aux  Allemands. 

^  Le  lendemain,  28,  à  midi,  le    colonel 

*  Giraud  mande   à   l'adjudant    major  de 

<  service,  le  capitaine  Correard,  de  com- 
«  mander  l'escorte  du  drapeau  pour  le 
«  porter  à  l'arsenal.  Bouleversé  par  cet 
«  ordre,  Correard  dit  de  nouveau  au  co- 
«  lonel  les  désirs  du  régiment  de  ne  pas 
«  rendre  le  dépôt  sacré  qui  lui  a  été  con 
«  fié.  Le  colonel  lutte  entre  son  patrio- 
*,  tisme  et  son  devoir  de  soldat  ;  il  ne 
«  sait  que  décider.  Le  capitaine  Correard 
«  emi'loieun  dernier  argument  pur  faire 
^  taire  les  scrupules  du  colonel  et  pour 
»<  gagner  du  temps  .  Je  suis  persuadé, 
<.  lui  dit-il,  que  le  drapeau  du  premier 
<A  grenadiers  ne  sera  par  rendu  (le  i''gre- 
«  nadiers  faisait  brigade  avec  les  zoua- 
«ves).  Si  vous  le  permettez,  je  vais  en 
«  chercher  la  confirmation  ».  A  demi  au- 
«»  tori5é,le  capitaine  Correard  s'en  va  chez 
<,  le  colonel  du    i*'  grenadiers.    Pendant 

*  qu'il  faisait  celte  démarche,  notre  dra- 
«  peau  était  apporté  dans  la  maison  duvi 
«  gneron    ou    demeurait    notre    colonel. 

*  Ulficiers,  sous-officiers,  zouaves,  tous 
«  se  pressaient  pour  le  contempler  une 
«  dernière  fois. 

4  Correard  ne  revenait  pas  ,  tout  le 
«i  monde  s'exaltait.  CLuclqu'un  émit  l'opi- 
«  nion  que  si  le  drapeau  devait  être 
4(  porté  a  l'arsenal  pour  y  être  détruit, 
««  personne  d  autres  que  ceux'auxqucls  la 
«  garde  enavaiteiéconfiéen  étaient  mieux 
K  qualifies  pour  accomplir  ce  sacrifice.  Le 


«  colonel  répondit  :  «  Que  faire  ?  Je  me 
«  vois  dans  la  dure  obligation  de  m'incli- 
«  ner.  ]'ai  un  ordre  form  ;1  >v  Alors,  dans 
«  un  moment  de  rage,  j'arrache  le  dra- 
«  peau  de  La  hampe,  j'en  donne  la  cravate 
«  au  colonel.  Avec  des  ciseaux,  je  découpe 
«  la  soie  en  bandes  en  plus  de  cent  lam- 
«  beaux  que  je  distribue  aux  assistants.  Je 
«  garde  le  morceau  du  centre  sur  lequel 
ti  était  écrit  :  Séhastopol,  Magenta^  Solfe- 
«  r«>!0  ;  je  dévisse  l'aigle,  enlève  le  pied 
^  carré  portant  la  mention  :  «  Régiment 
«  de  Zouaves  de  la  Garde  Impériale  >».  Me 
«  servant  d'un  marteau,  je  fais  de  ce 
«  pied  un  morceau  informe  qu'on  en- 
«  terre  dans  le  jardin.  J'entoure  ensuite  la 
«  hampe  d'un  turban  pour  laisser  croire 
w  que  le  drapeau  s'y  trouve.  Toujours  ac- 
¥.  compagne  de  la  garde,  je  porte  ce 
«  pseudo-drapeau  à  l'arsenal. 

«  Pendant  ma  captivité,  j'ai  porté  ces 
«  reliques  dans  une  ceinture  placée  sous 
«  ma  chemise,  Notte.  jétcndard,  reconsti- 
s<  tué  maintenant  en  grande  partie^  est 
«  dans  la  salle  d'honneur  du  4'  zouaves.  » 

AcciTE. 

«  * 

Les  témoignages  suivants  entre  beau- 
coup d'autres,  répondent  aux  deuxprem.iè- 
res  questions  posées  par  notre  confrère 
O.  Spada. 

Je  recueille  le  premier  dans  le  carnet 
df  notes  inédit  d'un  jeune  officier  du  66* 
de  ligne,  le  capitaine  Ad.  le  Flo,  fils  du 
général,  carnet  de  notes  journalières  et 
brèves,  mais  saisissantes  dans  leur  laco- 
nisme. 

Camp  de  Montlgny,  26  octobre. 

Nouvelks  désastreuses,  qui  n'ont  encore 
aucun  caractère  officiel,  mais  dont  le  fond  se- 
rait sûr.  Le  maréchal  [Bazaine]  accepterait 
une  convention  sans  condition.  Quelle  honte 
et  quelle  humiliation  I 


1 


28  octobre, 

La  situation  est  aussi  honteuse  que  possi- 
sible.  C'est  une  capitulation  à  dlBcrétion . 
On  accuse  Bazaine  de  trahison. 

Les  drapeaux  viennent  d'être  envoyés  à 
Met\  où  on  les  brûlera . 

Je  vais  à  Met/,  essayer  de  trouver  le  comité 
d'opposition. 

Visite  au  général  Changarnier.  Scène  poi- 
gnante. 

[Ici   se    place    une  scène  très  curieuse 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


397 


|o  Septembre  191a 


dont  le  récit  sera  publié  plus  tard,   mais 
qui  est  en  dehors  du  sujet]. 


398 


39  octobre. 

C'est  fini.  Les  armes  et  le  matériel  déposés 
hier  dans  les  forts  ont  été  remis  aux  com- 
missaires prussiens. 

Les  drapeaux  nont  pas  été  brûlés.  On 
nous  a  trompés.  Nos  pauvres  soldats  ont  été 
admirables  de  dignité,  de  simplicité,  de  gran- 
deur. J'ai  voulu  accompagner  ma  chère 
compagnie...  etc.  » 

Second  témoignage:  je  l'emprunte  aux 
Souvenirs  et  observations  sur  la  campagne 
de  i8jo  (lu général Devaureix  (Lavauzelle, 
s.  d.,  8»),  alors  lieutenant  au  même  régi- 
ment, et  ami  du  capitaine  le  Flo,  ouvrag* 
excellent,  rédigé  en  captivité  un  mois  à 
peine  après  les  événements. 

Samedi,  29  octobre. 

Dès  le  matin,  lecture,  dans  tous  les 
camps,  de  deux  ordres  émanant  directement 
du  grand  quartier  général  : 

Le  premier  prescrit  aux  commandants  de 
corps  d'armée  de  réunir  les  drapeaux  et  les 
étendards  de  leurs  régiments  et  de  les  faire 
transporter,  dans  un  fourgon  d'artillerie,  à 
l'arsenal  de  Metr,  où  ils  doivent  être  brûlés. 
Un  récépissé  doit  y  être  délivré  et  adressé, 
en  échange,  à  chaque  colonel  comme  dé- 
charge. 

Le  second  ordre  exprime  les  adieux  de 
Bazaine  à  son  armée  ;  en  voici  la  copie  tex- 
tuelle : 

«  Ban-Saint-Martin,  28  octobre  1870. 

<  A  l'armée  du  Rhin. 

«  Vaincus  par  la  famine,  nous  sommes 
contraints  de  subir  les  lois  de  la  guerre  en 
nous  constituant  prisonniers.  (P.  423). 

«Soyons  dignes  dans  l'adversité;  respectons 
les  conventions  honorables  qui  ont  été  stipu- 
lées, si  nousvoulons  être  respectés  comme  nous 
le  méritons.  Evitons  surtout,  pour  la  répu- 
tation de  cette  armée^  les  actes  d'indi^^ci- 
pline,  comme  la  destruction  d'armes  et  de 
matériel,  puisque,  d'après  hs  usasses  mili- 
taires, places  et  arriement  doivent  faire  re- 
tour à  la  France,  lorsque  la  paix  est  si 
gnèe...  etc.  »  (P.  424). 

Après  avoir  exprimé  son  indignation  le 
général  Devaureix  ajoute  : 

«  Une  remarque  faite  par  beaucoup,  le 
jour  rnême,  c'est  que  personne  de  nous  ne 
connaissait  encore  les  clauses  de  la  capitula- 
tion que  nous  étions  cependant  condamnés 
à  subir.  Pourquoi  donc  nous  les  cachait- 
on  V  . . 

Quant  â   Vordre  relatif  aux  drapeaux,  il 


trompa  les  uns,    mais   sembla    hien    suspee* 
aux  autres,  (p.  425). 


etc.  » 


Un  peu  plus  loin,  reprenant  son  ré- 
cit : 

«  Puis  le  colonel  ajoute  quelques  mots  re- 
latifs à  la  remise  de  notre  pauvre  drapeau 
qui,  depuis  si  longtemps  et  surtout  depuis 
trois  mois,  a  vu  mourir  tant  de  braves  com- 
pagnons d'armes  pour  sa  défense.  C'est  alors 
qus  le  capitaiiie  Rivière,  faisant  un  pas  en 
avant  vers  le  milieu  du  cercle,  prononce  les 
paroles  suivantes,  que  je  crois  entendre  en- 
core : 

«  Mon  colonel, permettez-moi  de  vous  sou- 
mettre une  observation  qui  n'est  pus  de 
moi  seulement.  Il  me  semble  que  l'orare  du 
commandant  en  chef,  relatif  à  la  remise  des 
drapeaux,  n'est  pas  du  tout  conforme  aux 
règlements.  Pourquoi  donc  les  fait-il  trans- 
porter à  l'arsenal  ? 

—  «  Pour  les  brûler,  répond  le  colonel, 
l'ordre  le  dit  d'une  manière  positive. 

—  *  Pour  les  brûler  ?  dit  le  capitaine 
Rivière  d'un  ton  ironique,  souligné  par  son 
accent  méridional.  Est-ce  bien  sûr  qu'ils  y 
seront  brûlés  ?  » 

—  Oh  !  réplique  le  colonel,  vous  ne  pou- 
vez mettre  en  doute  la  parole  d'un  maréchal 
de  France  !  » 

—  «  Eh  bien  1  mon  colonel,  je  n'ai  pas  du 
tout  confiance,  attendu  que,  si  le  maréchal 
Ba^a^ne  tient  tant  à  faire  détruire  nos  dra- 
peaux, pourquoi  donc  ne  charve-t-il  pas 
chaque  chef  de  corps  de  faire  briller  le  sien 
tous  tes  yeux  ?  ce  serait  à  la  fois,  beaucoup 
plus  rapide  et  beaucoup  plus  sûr.  >  (P.  426)*, 

A  la  fin  du  chapitre,  l'auteur  ajoute 
l'observation  suivante  : 

Si  le  capitaine  Rivière,  d'ailleurs  fort 
intelligent,  fit  preuve  d'une  grande  perspi- 
cacité, la  bonne  foi  du  colonel  Ameller  et  de 
la  grande  majorité  de  ses  officiers  est  bien 
excusable.  Qui  pouvait  sérieusement  croire 
alors  qu'un  maréchal  de  France  eût  le  projet 
bien  arrêté  de  livrer  nos  drapeaux  à  l'ennemi, 
en  masquant  ce  projet  sous  le  plus  odieux 
parjure  ?  Carnous  savons  aujourd'hui,  hélasl 
à  quoi  nous  en  tenir  sur  ce  point,  d'après  les 
récits  ultérieurs  des  journaux  allemands  et 
belges,  (i  ) 

(P-  447)- 


{\)  Le  procès  de  Trianon  a  fait,  depuis,  la 
pleine  lumière  sur  cette  fourberie  suprême  de 
Bazaine  C'est  bien  par  ordre  de  ce  dernier 
que  l'on  mentit  aux  chefs  de  corps  et  qu'on 
livra  ensuite  nos  drapeaux  à  l'ennemi.  (Note 
ultérieure)  [du  général  Devaureix]. 


N*  1341   Vol.  LXVl. 


iL'iNlilKMluDlAiiKb 


399 


400 


De  tels  témoignages,  qu'il  serait  facile 
de  mullipli«r,  prouvent  deux  choses  : 

!•  L'ordre  de  Bazaine  «  aux  chefs  de 
corps  >»  spécifiait  que  les  drapeaux  de- 
vaient être  portés  à  l'arsenal  pour  y  être 
brûlés. 

2"  Cet  ordre  fut  exécuté  par  les  chefs 
de  corps,  bien  innocents  de  la  «criminelle 
mollesse  »  que  leur  reproche  M.  Geor- 
ges Baiaine. 

Reste  à  connaître  l'ordre  donné  par 
Bazaine  «  à  l'arsenal  >>.  C'est  le  nœud  du 
débat.  En  tous  cas,  la  juste  remarque  du 
capitaine  Rivière  subsistera  toujours  : 
Pourquoi  ne  pas  charger  chaque  chef  de 
corps  de  faire  brûler  son  drapeau  sous 
ses  yeux  ?  A.  B.  N. 


« 


Paris  le  8  septembre  1913. 
164,  boulevard  Péreire.  Paris  XVII* 

Monsieur, 

.X  Dans  l'article  du  19  août  1912  paru 
dans  Le  Temps,  je  n'ai  pu,  limité  par 
l'espace,  donner  les  preuves  de  mes  affir- 
mations en  ce  qui  concerne  la  question 
des  drapeaux  de  l'armée  de  Metz. 

«  Permettez-moi  de  venir  vous  les  ap- 
porter avec  les  témoignages  et  les  docu- 
ments qui  viennent  corroborer  mes  affir- 
mations. 

**  Les  drapeaux  taisant  toujours  partie 
du  matériel  de  guerre  d'une  place,  si  le 
maréchal  Bazaine  avait  >*  voulu  y  les  li-. 
vrer,  ainsi  que  l'affirment  encore  certains 
critiques  peu  documentés,  il  n'avait  qu'à 
suivre  le  protocole  de  la  capitulation  de 
Sedan,  <  qui  lobiigeait  a  les  rendre  ». 

Personne  aujourd'hui  ne  s'étonne  que 
Jules  Favre  et  les  deux  généraux  qui  l'ac- 
compagnèrent a  Versailles  pour  négocier 
la  capitulation  de  la  garnison  de  Paris 
aient  rendu  les  drapeaux  avec  le  matériel 
de  la  place.  Personne  ne  songe  également 
à  louer  le  comte  d  Hérisson  dont  la  seule 
initiative  les  empêcha  de  tomber  entre  les 
mains  de  l'ennemi  {journal  d'un  officier 
d'ordonnance,  p.  372  373;. 

Le  maréchal,  lui,voulutsauver  les  dra- 
peaux de  son  armée.  Il  usa  de  ce  moyen  : 
faire  dire  pjr  le  général  de  Cissey  ?u  gé- 
néral de  Stiehle,  lors  des  négociations 
officieuses,  que  les  drapeaux  avaient  été 
brûlés  après  la  proclamation  du  4  septem- 
bre, de  façon  a  ce  qu'on  ne  pût  s'étonner 
de  ne  pas  les  trouver  ;   donner   ordre    en 


même  temps  à  tous  ses  chefs  de  corps  de 
les  brûler. 

Ainsi,  au  moment  des  négociations  offi- 
cielles et  de  l'envoi  du  général  jarras,  il 
pouvait,  sans  mentir,  affirmer  que  les  dra- 
peaux n'existaient  plus. 

Lès  le  25,   il  appert  d'une  lettre  du  gé- 
néral de  Cissey  que   l'ordre  de  brûler  les 
drapeaux  a  été  donné  par  le  maréchal.  Le 
général  de  Cissey  regarde  »\  comme  cer- 
tain >  que  l'ordre  a  été  donné,  sans  cela, 
dit-il,  «  il  eût  prescrit  à  ses  quatre  colo- 
«  lonels  de   les  détruire  en    présence  de 
c  leurs  corps  d'officiers  ».    Le  26,    avant 
que  le  conseil  de  guerre  ne  se  séparât,  le 
maréchal  Bazaine  donna  Tordre  au  général 
Soleille   de  recevoir   à    l'arsenal  de    Metz 
toutes  les  aigles  que  possédait  l'armée  et 
de  les  brûler.  L'extrait  du  rapport  du  gé- 
néral d'Autemare  au  conseil  de  guerre, les 
dépositions  si    formelles   et  si    nettes   du 
noble  général  Desvaux,    «  dont   la  parole 
est  d'or  »     dit  le  onajrichal    Canrobert, 
«  qu'on  ne  peut  pas  ne  pas  croire  ?y,  vien- 
nent confirmer  que  cet  ordre  a  été  donné. 
Il  fut  réitéré  le  26  au  général  Soleille  de- 
vant le  capitaine  Gudin,  qui  en  déposa  au 
procès  de   Trianon  et    s'exprima    ainsi  : 
.<  L'ordre  de  les  détruire  a   tellement  été 
«  donné  qu'à  propos  des  aigles  le  maré- 
«  cha'  a  dit  au  général  Soleille,  —   je  me 
*<  le  rappelle  bien,    —   qu'afin   qu'il   n'en 
«  reste    aucune    trace  ,     on    fera  ,    a-t-il 
«  ajouté,    jeter    les   aigles   dans    un   des 
.*  fourneaux    qui     doivent  se   trouver    à 
ss  l'arsenal  et  elles  seront   détruites  immé- 
«  diatement.  >/ 

Les  trois  dépositions  du  général  Pé  de 
Arros,  du  général  Picard  et  du  capitaine 
de  Mornay-Soull  prouvent  également  que 
le  maréchal  a  cru  jusqu'au  27,  daris 
l'après-midi,  que  son  ordre  avait  été  exé- 
cuté. C'est  seulement  en  recevant  une 
note  du  général  Picard  lui  demandant 
pourquoi  les  drapeaux  devaient  être 
transportés  a  l'arsenal,  qu'il  connut  la 
non  exécution  de  ses  instruction»  ver- 
bales 

«  Si  l'on  s'étonne  qu'il  n'ait  pas  encore 
doime  d'ordre  écrit .  c'est  évidemment 
que  l'on  ne  rélléchit  pas  qu'il  ne  pouvait, 
sans  rendre  inutile  son  subterfuge,  donner 
à  jarras  des  instructions  officielles  pour 
dire  que  tous  les  drapeaux  n'existaient 
plus  et  en  même  temps  donner  des  or- 
dres écrits,  qui  évidemment  devaient  être 


Des  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30    Septembre  191a 


401 


402 


enregistrés,  pour  dire  de  les  brûler.  11 
s'exprime  fort  nettement  là-dessus  en  di- 
sant :  <  Je  croyais  tous  mes  chefs  de 
corps  aussi  intéressés  que  moi  à  les  faire 
disparaître  ;  tout  le  monde  aurait  dû 
s'identifier  avec  moi  pour  une  chose  aussi 
importante.  » 

«  La  communication  du  général  Picard 
le  surprit  tellement  que  devant  le  capi- 
taine de  Mornay-Soult  il  s'écria  :  «  Mais 
ils  doivent  être  brûlés  !  »  et  elle  le  décida  à 
donner,  par  écrit,  des  instruction?  qu'il 
eût  voulu  seulement  donner  verbalement. 
Le  colonel  Nuguès  fut  chargé  d'envoyer 
aux  commandants  de  corps  d'?!"mée  une 
lettre  circulaire  pour  leur  notifier  d'avoir 
a  porter  les  drapeaux  à  l'arsenal  afin  d'y 
être  brûlés.  Tous  les  commandants  de 
corps  reçurentcet ordre  le  27  dans  l'après- 
midi,  entre  4  h  1/2  et  5  heure<;  ;  mais 
pour  que  le  prince  Frédéric-Charles  n'eût 
pas  connaissance  de  cette  lettre  signée  du 
maréchal,  si  nos  archives  tombaient  entre 
ses  mains,  sur  les  observations  de  Jarras, 
trouvant  sa  situation  trop  délicate,  le 
feuillet  fut  arraché  du  registre  sur  lequel 
la  lettre-circulaire  avait  été  copiée.  L'opé- 
ration de  Tincinération  des  drapeaux  au- 
rait dû  donc  être  terminée  le  28  au  ma- 
tin ;  elle  ne  le  fut  pas  cependant  pour 
tous  les  corps. et  certains  chefs  montrèrent 
dans  l'exécution  des  ordres  qu'ils  reçurent 
une  mollesse  extraordinaire.  La  déposi- 
tion du  maréchal  Canrobert  est  typique. 
11  constate  que  les  commandants  de  corps 
étaient,  tout  d'abord,  invités  à  verser 
leurs  étendards  à  l'artillerie  de  leurs  corps, 
qui  devait  les  conduire  à  l'arsenal.  «  Nous 
»  n'étions  pas  soucieux,  dit-il,  de  nous 
<*  dépouiller  de   nos  drapeaux  sur  cet  or- 

<  dre  et  on  ne  l'exécuta  pas  pour  une 
«  affaire  aussi  grave  et  l'ordre  émanant 
«  seulement  du  général  Soleille  (au  nom 
«  du  maréchal,  il  est  vrai),  nous  fîmes  le 
<.  mort  et  nous  n'avons  rien  exécuté.  Mais 

<  ensuite  arriva  un  ordre  signé  du  maré- 
«  chai  commandant  en  chef  qui  disait  : 
«  Vous  enverrez  vos  drapeaux  par  votre 
«  artillerie  à  l'arsenal  de  Metz  où  ils  se- 
«  ront  brûlés.  Une  fois  que  nous  eûmes 
«  reçu    cet  ordre,   nous  n'avions   plus   à 

<  nous  occuper  d'autre  chose  que  de 
«  l'exécuter.  « 

f.  Si  l'on  se  rapporte  aux  interrogatoires 
du  général  Soleille,  on  constate  que  le  di- 
recteur de  l'artillerie  est  obligé  de  conve- 


nir <  qu'au  conseil  du  26  octobre  il  a  été 
<  question  des  drapeaux  et  que  le  maré- 
«  chai  a  témoigné  l'intention  de  les  faire 
«brûler».  A  la  question  du  duc  d'Au- 
inale  lui  demandant  si  le  maréchal,  après 
avoir  pris  cette  résolution,  avait  changé 
d'avis,  il  répond  :  «  Pans  une  question 
*  aussi  grave  que  celle  de  l'incinération 
«  des  drapeaux,  je  n'avais  pas  à  prendre 
«  de  mesure";  officielles  en  dehors  de  celles 
«  présentées  par  le  maréchal  et  rien  n'a 
«  pu  et  ne  peut  me  faire  supposer  que  le 
«  maréchal  ait  changé  de  résolution  à  ce 
«  sujet  ».  A  cette  autre  question  :  «  Au- 
riez-vous  reçu  du  maréchal  Bazaine  des 
instructions  pour  passer  sous  silence  dans 
votre  dépêche  du  27  l'incinération  des 
drapeaux  ?  »  il  répond  :  «  Non,  je  n'ai 
«  reçu  aucune  instruction  An  maréchal 
«  Bazaine  pour  passer  sous  silence  l'inci- 
«  nération  des  drapeaux  ». 

«  La  vérité,  écrit  le  colonel  Melchior, 
est  que  si  l'ordre  du  maréchal  Bazaine 
avait  été  partout  et  par  tous  compris 
ainsi  que  nous  le  fîmes  nous  mêmes,  les 
Prussiens  n'eussent  pu  déployer  en  tro- 
phées aucun  des  drapeaux  de  la  malheu- 
rnuse  armée  de  Metz.  >  En  effet,  tous 
les  drapeaux  de  la  garde,  qui  entou- 
rait le  quartier  général,  furent  brûlés, 
et  le  colonel  Melchior,  en  terminant  sa 
lettre,  qui  a  paru  dans  La  Légende  de 
Met:^,  du  comte  d'Hérisson  (page  185), 
conclut  que  «  la  destruction  des  drapeaux. 
«  de  la  division  Deligny  n'a  pu  être  ins- 
«  pirée  par  d'autres  motifs  que  ceux  de 
«  l'exécution  sérieuse  et  des  plus  impor- 
«  tantes  dans  ses  moindres  détails,  de 
*<  l'ordre  donné  au  nom  du  maréchal  ». 

«  Le  général  Soleille  avait  toujours  été 
opposé  à  la  destruction  du  matériel  et  des 
fusils.  Cela  ressort  très  nettement  des  dé- 
positions du  général  '^e  Ba'-kheim  et  de 
celle  du  capitaine  Gudin.  Celui-ci  rappor- 
tant la  conversation,  tenue  le  26  entre  le 
maréchal  et  le  directeur  de  l'artillerie  , 
dit  ceci  :  «  Le  maréchal  voulait  faire  dé- 
ff  truire  les  fusils  de  l'armée,  et  de  son 
«  côté  le  général  Soleille  lui  faisait  obser- 
■r  ver  avec  insistance  que  la  destruction 
«  des  fusils  était  pour  le  soldat  sa  ma- 
«  nière  d'exprimer  son  état  d'indiscipline 
<<  et  que  cette  mesure  pourrait  amener  les 
«  plus  grands  dangers  après  les  souffran- 
ts ces  endurées  par  l'armée  et  les  dou- 
«  leurs  de  la  capitulation  ».    C'est  sur  le 


N»  1341  Vol.  LXVI. 

. 403     

conseil  du  général  Soleille  que  les  dra- 
peaux devaient  être  réunis  par  le  comman- 
dant d'artillerie  et  conduits  dans  des  voi- 
tures couvertes,  accompagnées,  à  l'arse- 
nal de  Metz  pour  y  être  détruits. 

Metz  était  plein  d'espions  ;  faire  brûler 
les  drapeaux  devant  le  front  des  troupes 
devait  immanquablement  attirer  leur  at- 
tention et  l'ennemi  pouvait  aussitôt  en 
être  informé.  C'est  ce  qui  se  produisit  en 
effet  lorsque  les  généraux  Laveaucoupet 
et  Lapasset  firent  brûler  ou  détruire  leurs 
étendards  par  leurs  régiments.  Le  général 
de  Stiehle,  ayant  ainsi  la  preuve  que  les 
drapeaux  existaient  encore,  écrivit  le  28, 
vers  1 1  h.  1/2,  au  général  Jarras  au  nom 
de  Frédéric-Charles  une  lettre  commina- 
toire, qui  fit  craindre  lu  maréchal  des  re- 
présailles pour  l'armée  de  Metz,  si  toutes 
les  clauses  de  la  capitulation  n'étaient  pas 
tenues  C'est  alors  seulement  que  l'ordre 
de  suspendre  la  destruction  des  drapeaux 
fut  donné  le  28  dans  l'après-midi  ;  ils  au- 
raient dû  être  sauvés  si  tous  les  chefs  de 
corps  avaient  agi  comme  le  général  Des- 
vaux qui  obéit  a  l'esprit  et  à  la  lettre  de 
l'ordre,  ou  comme  les  généraux  Laveau- 
coupet et  Lapasset,  qui  obéirent  à  l'es- 
prit de  cet  ordre.  Il  est  impossible  de  leur 
faire  un  reproche  d'avoir  contrevenu  à 
des  prescriptions  de  sagesse  pour  suivre 
seulement  le  mouvement  généreux  de  leur 
cœur. 

Le  général  Lapasset  apporte  une  preuve 
importante  et  le  plus  formel  document 
de  l'ordre  donné  par  je  maréchal.  En 
effet,  dans  sa  déposition  au  procès  de 
Trianon^il  s'exprime  ainsi  :  «  Pour  com- 
pléter ma  déposition  et  dans  l'intérêt  de 
la  vérité,  je  dois  dire  que  dans  ma  bri- 
gade mixte  il  y  avait  un  régiment  de  cava- 
lerie, le  58  lanciers,  dont  suivant  Tordre 
qui  avait  été  donné  au  début  de  la  campa- 
gne, j'avais  fait  verser  l'étendard  à  l'arse- 
nal. Cet  étendard  n'était  donc  pas  dans 
les  rangs  de  ma  brigade  ;  je  voulus  qu'il 
fût  brûlé  comme  les  autres  et  j'ordonnai 
au  colonel  du  3'  lanciers  de  se  rendre  à 
l'arsenal  et  de  s'assurer  qu'il  était  brûlé. 
En  effet  le  colonel  revint  et  me  remit  un 
procès  verbal,  duquel  il  résulte  que  le 
27  octobre  l'étendard  du  y  lanciers  a  été 
brûlé  d'après  les  ordres  du  maréchal 
commandant  en  chef.  J'ai  la  pièce  sur 
moi  >. 


L'il^TERMÊDIAlKË 


«  Cette    pièce, 
ainsi  libellée  : 


404     . 

versée  au   dossier,    est 


Procè --verbal  d'incùiération.  —  L'an  mil 
huit  cent  soiyante-dix,  le  vingt-sept  octobre, 
Nous,  colonel  directeur  d'artillerie,  assisté  de 
Monsieur  Grivaux,  garde  principal  d'artille- 
rie, avons  procédé  à  la  réception  d'incinéra- 
tion de  l'étendard  du  3'  régiment  de  lanciers, 
en  exécution  de  l'ordre  de  Monsieur  le  Maré- 
chal commandant  en  chef  de  l'armée  du 
Rhin.  En  foi  de  quoi  nous  avons  signé  le 
présent  procès-verbal.  Signé  ;  Mony,  lieute- 
nant-colonel —  Grivaux  —  Thorel,  colonel 
du  3»  lanciers. 

Ajoutons  enfin  que  par  les  soins  du  co- 
lonel de  Girels  tous  les  drapeaux  conte- 
nus dans  l'arsenal  furent  brûlés ,  sauf 
deux  étendards  de  régiments  de  dragons. 

Quant  à  la  lettre  écrite  le 27  mais, adres- 
sée le  28,  au  nom  du  maréchal  par  le  gé- 
néral Soleille  au  colonel  de  Girels,  les  dé- 
positions citées  plus  haut  prouvent  bien 
qu'elle  est  de  son  fait;  La  plaidoirie  de 
Lachaud  est  tout  à  fait  probante  sur  ce 
point. 

«  C'est  le  27,  dit  Lachaud,  qu'd  a  écrit 
cette  lettre  au  colonel  de  Girels.  Il  Ta  gar- 
dée par  devers  lui  jusqu'au  28.  Pourquoi? 
S'il  était  à  cette  audience,  si  sa  santé  ne 
l'avait  pas  empêché  de  venir  à  ce  grand 
débat,  je  lui  aurais  fait  une  question  à  la- 
quelle il  lui  aurait  été  impossible  de  ré- 
pondre. C'est  le  maréchal,  dites-vous, 
qui  vous  a  chargé  le  27  au  matin  d'écrire 
au  colonel  de  Girels  que  les  drapeaux  se- 
raient compris  dans  un  inventaire  ;  pour- 
quoi cette  lettre  que  vous  avez  préparée  le 
27  au  matin,  ainsi  que  cela  a  été  établi 
d'une  manière  précise,  l'avez-vous  gardée 
jusqu'au  28,  à  8  ou  9  heures  du  matin  ? 
Quel  est  donc  cet  ordre  qui  vous  est 
donné  et  que  vous  n'exécutez  pas  ?  Si 
tout  le  monde,  à  l'exemple  de  la  Garde, 
s'était  hâté,  cet  ordre  serait  arrivé  trop 
tard  et  il  ne  serait  plus  resté  un  seul  dra- 
peau. Voilà  ce  que  je  lui  dirais,  et  il  serait 
bieii  oblige  de  reconnaître  que  s'il  avait 
reçu  un  ordre,  en  tout  cas  il  ne  l'avait  pas 
exécuté  ?  D'où  la  conséquence  forcée  que 
jamais  ordre  semblable  ne  lui  a  été  et  n'a 
pu  lui  être  donné  ».  —  ht  comment  ne 
pas  s'apercevoir  que  cette  lettre  est  en 
contradiction  formelle  avec  les  déposi- 
tions du  général  Soleille  !  » 

Telles  sont  ,  Monsieur  ,  très  briève- 
ment  exposées,    les  preuves   qui    m'ont 


4 


DBS  CHER.CHBURS  KT  CUS-IBUX 


|o  Septembre  ipii 


f 


405 


406 


ait  affirmer  que  le  maréchal  avait  donné 
par  trois  fois  l'ordre  de  brûler  les  dra- 
peaux, que  tous  les  drapeaux  de  la  Garde 
ont  été  détruits  ainsi  que  ceux  de  l'arse- 
nal, que  si  tous  leschefs  de  corps  avaient 
agi  comme  le  général  Desvaux,  comman- 
dant la  Garde, aucun  étendard  n'eût  été  li 
vré  à  l'ennemi  et  que  c'est  donc  par  la 
mollesse  seule  dans  l'exécution  des  ordres 
donnés  que  ^3  drapeaux  de  Tarmée  de 
M«tz  sont  aujourd'hui  à  Berlin,  avec  ceux 
de  l'armée  de  Chàlons.         G.  Bazaine. 

San-Martino.  La  maison  de  Na- 
poléon à  llle  d'Elbe  (LXVl  282)  — 
Dans  le  récit  du  général  Bertrand,  Grand 
Maréchal  du  Palais  :  L'Ile  d'Elbe  et  les 
Cent-Ionrs  publié  dans  le  XXXI*  vol.  de 
la  Coirespondance  de  Napoléon  /e"",  il  est 
question  de  la  villa  Saint-Martin  : 

^\  L'Empereur  débarqua  à  Porto-Ferrajo,le 
4  mai,  18 14,  et  il  n'y  fut  guère  bien  logé  à 
son  arrivée.  Mais  bientôt  des  artistes,  archi- 
tectes et  peintres,  arrivèrent  de  Toscane  et 
de  Rome  offrir  leurs  services  ;  ils  arrangè- 
rent un  petit  pavillon  à  deux  étages  oij  se 
logea  1  Empereur.  Il  fallut  démolir  grand 
nombre  de  maisons  ;  les  soldats  de  la  Garde 
y  travaillèrent  avec  zèle.  On  établit  ainii, 
en  peu  de  semaines,  une  plaine  et  un  jardin 
près  du  pavillon  de  l'Empereur.  Ce  pavillon 
avait  vue  sur  les  côtes  de  Toscane  et  de 
Piombino.  On  appropria  un  très  beau  cou- 
vent situé  tout  près,  pour  le  logement  delà 
Garde.  Madame  Mère  fut  logée  à  la  maison 
Vantini. 

La  princesse  Pauline  avait  acheté  des  vi- 
gnes et  fait  construire  un  pavillon  ou  villa  à 
la  mode  d'Italie,  à  trois  milles  de  la  ville  et 
dans  une  position  charmaate  ;  elle  comptait 
s'y  établir  ;  mais  à  son  arrivée  des  eaux  de 
Naples,  en  septembre,  sa  villa  de  Saint- 
Martin,  qui  lui  avait  coûté  100.000  écus, 
n'étant  p»s  entièrement  meublée,  elle  occupa 
un  apoartement  dans  le  pavillon  impérial. 

La  villa  de  Saint-Martin  fut  décorée  avec 
beaucoup  de  goût  par  de  très  bons  peintres 
romains  qui  travaillaient  avec  beaucouo  de 
zèle  parce  qu'ils  étaient  conduits  plus  par 
leur  opinion  et  leurs  sentiments  que  par 
l'appât  du  gain. 

Avant  la  fin  de  l'année  Napoléon  était 
passablement  logé  :  il  avait  un  pavillon  à 
Porto-Ferraio,  un  à  Porto-Longone,  la  villa 
de  Saint-Mart'n,  où  il  allait  quelquefois  et 
l'ermitage  de  Marciana,  cù  il  s'y  plaisait 
beaucoup  ;  il  voyait  de  là  les  Alpes,  l'Apen- 
nin ligurien,  les  montagnes  de  la  Corse,  et 
dominait  toute  la  Méditerranée..  ,    > 

DÉSIRÉ  Lacroix. 


'-'reuvesde  noblesse  (LXVl,  288).  — 
S"agit-il  de  savoir  le  genre  de  preuves  à 
faire  ?  Dans  ce  cas,  ce  n'est  point  un  tra- 
vail de  patience  qu'il  faut  solliciter.  Cette 
indication  n'est  pas  longue  et  se  trouve 
partout. 

S'agit-il  de  connaître  les  familles  qiiî 
ont  eu  des  preuves  à  fournir  ?  Le  gros  vo- 
lume manuscrit  du  Fonds  Français  à  la 
Bibliothèque  Nationale  est  là,  à  la  dispo- 
sition de  qui  veut  consulter  cet  inven- 
taire, où  le  nom  des  familles  est  classé 
alphabétiquement. 

S'agit-il  de  connaître  toutes  les  preuves 
faites?  Dans  ce  cas  il  faudrait  publier 
cent  volumes,  sinon  plus.  îA.  Vindry, 
rien  que  pour  relever  le  nom  des  Demoi- 
selles de  Saint-Cyr,  les  identifier,  sariâ 
donner  les  preuves  nécessaires  à  leur  ad- 
mission, a  travaillé  fort  longtemps  avant  ^ 
de  publier  le  résultat  de  ses  recherches. 

En  réalité,  c'est  dans  l'inventaire  ma- 
nuscrit, dont  je  parle  ci-dessus  et  dont  la 
confection  ne  remonte  guère  qu'à  une 
quinzaine  d'années,  qu'on  trouvera  la  ré- 
ponse au  «  recueil  où  l'indication  de  ces 
preuves  »  existe.  La  Coussière. 

Une  parole  de  Guillaume  P""  (LXIV, 
LXV,  24).  ~  J'ai  demandé  (20  sep- 
tembre 191 1)  où  et  quand  le  roi  de  Prusse 
Guillaume  I"",  commençant  la  guerre  de 
1870,  a  déclaré  «  qu'il  faisait  la  guerre, 
non  à  la  France  mais  à  la  dynastie  impé- 
riale, qu'il  attaquait  Napoléon  et  ses  sol- 
dats, et  respectait  la  nation  >.J'ai  rappelé 
les  affirmations  précises  à  ce  sujet  du  mi- 
nistre des  affaires  étrangères  Jules  Favre 
dans  la  circulaire  du  9  septembre  1870 
aux  agents  diplomatiques  de  la  France  à 
l'étranger,  et  dans  le  rapport  du  21  sep- 
tembre au  gouvernement  de  la  défense 
nationale  Un  seul  de  nos  collaborateurs, 
M.  A.  1.  a  répondu  ;  il  a  prétendu,  ce  qui 
est  aussi  mon  opinion,  que  Jules  Favre 
s'est  exprimé  avec  légèreté,  a  dénaturé  le 
sens  d'une  proclamation  du  roi  de  Prusse, 
et  il  a  i-oproduit  d'après  le  Courrier  du 
Haut-Rhin  du  21  août  1870  une  proclama- 
tion de  Guillaume  I"  datée  de  Sarrebruck. 

La  légèreté  de  ]ules  Favre  ne  peut  pas 
être  niée.  Dans  sa  circulaire  du  21  novem- 
bre 1870  aux  agents  diplomatiques  du 
gouvernement  de  la  défense  nationale  le 
iiîinistre  des  affaires  étrangères  parle  de  U 
c  trahison  de  Sedan  >,  ce  qui  serait    déjà 


N»  1341.  Vol.  LXVI. 

407  

énorme  dans  une  lettre  privée  et  est  inad- 
missible dans  une  circulaire  officielle.  On 
peut  se  demander  comment,  si  le  minis- 
tre a  rédigé  lui-même  le  texte,  la  direc- 
tion des  affaires  politiques  du  quai  d'Or- 
say qui  s'occupe  de  la  correspondance,  a 
pu  laisser  passer  l'expression  «  la  trahison 
de  Sedan  >v  Pour  ce  qui  concerne  la  pro- 
clamation du  roi  de  Prusse,  Jules  Favre 
a  répété  son  affirmation  du  6  septembre  et 
du  21  septembre  dans  la  circulaire  du  18 
octobre  aux  agents  diplomatiques  du  gou- 
vernement de  la  défense  nationale  à 
l'étranger  :  s.<  après  avoir  solennellement 
annoncé  au  monde  par  la  bouche  de  son 
roi  qu'elle  n'en  voulait  qu'à  Napoléon  et  à 
ses  soldats,  la  Prusse  s'acharne  à  détruire 
le  peuple  français.  » 

Comme  M.  A.  J.  a  donné  le  texte  com- 
plet de  la  proclamation  du  roi  de  Prusse, 
je  ne  reproduis  que  le  passage  saillant  : 
Guillaume  !"  s'adresse  aux  habitants  des 
provinces  françaises  occupées  par  les  ar- 
mées allemandes  : 

Jg  fais  la  guerre  aux  soldats  français  et 
non  aux  cittvens  de  la  France.  Ceux-ci  con- 
tinueront à  jouir  d'une  yécurrté  complète 
pour  leurs  personnes  et  leur"!  propriétés 
aussi  lonsrtemp'^  que,  par  des  entreprises 
hostiles  contre  les  troupes  allemandes ,  ils  ne 
m'ôieron^  pas  le  drott  de  leur  accorde^  ma 
proiectiofi. 

Ce  langage  est  très  net  ;  il  indique  les 
usages  de  la  guerre  pratiqués  par  la 
Prusse  et  ses  alliés  ;  l'interprétation  de 
Jules  Favre,  admise  encore  aujourd'hui 
par  les  badauds,  est  purement  fantaisiste. 

A  la  suite  de  cette  proclamation  qui 
enjoignait  aux  généraux  en  chef  de  porter 
à  la  connaissance  du  public,  par  des  or- 
dres spéciaux,  les  mesures  assurant  l'exé- 
cution des  règlements  contre  les  commu- 
nes et  les  particuliers  qui  se  mettraienten 
opposition  avec  les  usages  de  la  guerre, 
le  prince  royal  de  Prusse  adressa  .  le 
18  août,  l'ordre  suivant  aux  habitants  de 
la  Lorraine  : 

L'Allemagne  fait  la  guerre  à  l'Empereur 
de?  Français  et  non  aux  Français.  La  popu- 
lation n'a  pas  à  craindre  qu'on  prerme  des 
mesures  hostiles  contre  elle.  Je  m'occupe  de 
rendre  à  la  nation,  et  spécialement  J>  la  ville 
de  Nancy,  les  moyens  de  circulation  inter- 
rompus par  l'armée  française.  J'espère  que 
l'industrie  et  le  commeice  vont  être  rétablis 
et  toutes  les  autorités  resteront  à  leur  place. 
Je  ne  demande   pour    l'entretien   de    l'armée 


L'INTERM€DlAiR£ 


408 


que  le  surplus  des  provisions  non  exigées 
pour  la  nourriture  de  la  population  française. 
La  nation  paisible  et  principalement  la  ville 
de  Nancy  devront  compter  sur  les  plus 
grands  mét.agements. 

Le  commandant  de  la  3*  armée. 

Frédéric-Guillaume 
prince   royal  de    Prusse. 

Un  ordre  du  18  août  des  commandants 
supérieurs  des  armées  allemandes  s'ex- 
prime ainsi   : 

Vu  la  proclamation  de  S.  M.  le  roi  de 
Prusse  qui  autorise  les  généraux  comman- 
dants en  chef  à  établir  des  dispositions  spé- 
ciales relativement  aux  mesures  à  prendre 
contre  les  communes  et  les  personnes  qui  se 
mettraient  en  contradiction  avec  les  usages 
de  la  guerre,  etc.,  etc. 

1°  La  justice  militaire  est  instituée.  Elle 
sera  établie  dans  toute  l'étendue  du  terri- 
toire français  occupé  par  les  armées  alleman- 
des à  toute  action  tendant  à  compromettre  la 
sécurité  des  troupes,  à  leur  nuire,  ou  à  prêter 
assistance  à  l'ennemi. 

2°  Toutes  les  petsonnVs  qui  ne  font  pas 
partie  de  l'armée  française  et  n'établiront 
pas  leur  qualité  de  soldats  par  des  signes 
extérieurs,  et  qui  serviront  l'ennemi  en 
qualité  d'espions,  égareront  les  troupes  al- 
lemandes quand  elles  serviront  de  guides, 
tueront,  blesseront,  ou  pilleront  des  person- 
nes appartenant  aux  armées  allemandes,  dé- 
truiront ponts,  canaux,  chemins  de  fer  té- 
légraphes, routes,  incendierontdes  munitions, 
des  provisions  des  casernements,  prendront 
les  armes  contre  les  troupes  allemandes,  se- 
ront punies  de  mort.  Un  conseil  de  guerre 
prononcera  le  jugement  ;  la  mort  est  l'unique 
peine.  Le  jugement  sera  exécuté  immédiate- 
ment. 

Les  communes  auxquelles  les  coupables 
appartiennent  seront  passibles  daris  chaque 
cas  d'une  amende  égale  au  montant  de  l'im- 
pôt foncier,  etc.,  etc. 

Cet  ordre  est  le  corollaire  de  la  procla- 
mation du  roi.  Guillaume  avait  déclaré 
qu'il  n'admettait  les  hostilités  que  de  la 
part  des  soldats  ;  les  généraux  firent  sa- 
voir comment  ils  frapperaient  les  ci- 
toyens. Rien  dans  ces  pièces  ne  permet 
de  conclure  que  la  Prusse  n'en  voulait 
qu'à  la  dynastie  impériale  C'était  la  na- 
tion allemande  qui  se  battait  contre  la 
nation  française.  Tous  les  patriotes  al- 
lemands, et  ils  étaient  nombreux  au  sud 
comme  au  nord  du  Mein,  appelaient  la 
France  l'ennemie  héréditaire, r«Erbfeind», 
et  désiraient  l'écraser. 

L'opinion  émise  par  Jules  Favre  n'a  pu 
se  répandre  que  grâce  aux  souvenirs  his- 


DBS  CHERCHEURS   ET  CURIEUX 


30  Septembre  191a 


409 


410 


toriques,  à  l'évocation  des  Cent  Jours. 
Après  le  20  mars  181  s,  Napoléon  fut  mis 
au  ban  de  l'Europe.  Dès  le  début,  Metter- 
nich  déclara  que  les  puissances  ne  sau- 
raient souffrir  Bonaparte  (elles  disaient 
Bonaparte  et  non  pas  Napoléon)  sur  le 
trône  deFrai:ce,  qu'elles  lui  feraient  une 
guerre  à  outrance  et  ne  la  feraient  pas  à 
la  France.  Le  23  juin,  au  qnartier  général 
de  Heidelberg,  le  maréchal  prince  de 
Schwarzenberg,général  en  chef  des  armées 
impériales  autrichiennes  et  alliées  lança 
une  proclamation  :  «  Français,  c'est  à 
vous  de  décider  delà  paixou  de  la  guerre. 
L'Europe  veut  la  paix  avec  la  France  ; 
elle  fait  la  guerre  à  l'usurpateur  du  trône 
français...  L'Europe  veut  la  paix,  et  parce 
qu'elle  la  veut^  elle  ne  transigera  jamais 
avec  celui  qu'elle  regarde  comme  un  obs- 
tacle perpétuel  à  la  paix...  Les  armées 
alliées  vont  franchir  les  frontières  de  la 
France.  Elles  protégeront  les  paisibles  ci- 
toyens ;  elles  combattront  les  soldats  de 
Bonaparte;  elles  traiteront  en  amis  les 
princes  qui  se  prononceront  contre  lui,  et 
elles  ne  connaîtront  d'autres  ennemis  que 
ceux  qui  soutiendront  sa  cause.  »  C'est 
un  langage  bien  différent  de  celui  que  155 
ans  plus  tard  Guillaume  devait  tenir  dans 
sa  proclamation  de  Sarrebruck.  En  1870, 
le  roi  de  Prusse  regardait  Napoléon  111, 
avec  qui  il  avait  eu  des  entrevues  à  Bade, 
à  Compiègne  et  à  Paris,  comme  le  souve- 
rain régulier  de  la  France. 

Paul  Muller. 

Rue  Madame  (LXVI,  187,  305).  — 
Avant  de  poser  une  question,  je  ne  sau- 
rais trop  conseillera  nos  collaborateurs  de 
remonter  aux  sources,  c'est-a-dire,  dans 
le  cas  présent,  à  l'édition  originale  de  Du 
Pradel.  Or,  il  y  a,  page  33  de  cette  édition 
publiée  en  1692  :  dans  la  liste  des  «  six 
vingt  Huissiers  seuls  réservez  d'entre  les 
Huissiers  à  Verge  par  Edit  du  mois  de 
Février  1691  pour  la  fonction  de  Priseurs 
et  Vendeurs  de  biens  meubles  en  la  Ville, 
Fauxbourgset  Banlieue  de  Paris  »  :  Nico- 
las Cabaille  :  rue  Ma —  Le  reste  du  nom  de 
la  rue  est  tombé  à  l'impression.  Edouard 
Fournier,  dans  sa  réédition,  a  traduit  rue 
Madame  ;  le  malheur  est  qu'il  n'y  avait 
pas,  en  1692, de  rue  de  ce  nom.  L'édition 
de  1691  ne  contient  malheureusement  pas 
la  même  liste,  et  il  faut  recourir  aux  hy- 
pothèses pour  se  demander  quel  est  le 


nom  dont  nous  n'avons  qu'une  moitié. 
Serait-ce  la  rue  Maçon?  En  tous  cas,  les 
intermédiairistes  feront  bien  de  renoncer 
à  chercher  une  rue  Madame  au  xvii«  siè- 
cle, ils  ne  la  trouveraient  dans  aucune 
nomenclature,  Gomboust. 

La  Junoet  Félicien  David  (LXVI, 
28c).  —  M.  L.  V.  P.  commetune  erreur, 
Félicien  David  n'est  nullement  né  en  Avi- 
gnon, mais  àCadenet,  chef-lieu  de  canton 
de  l'arrondissi-ment  d'Apt,  Vaucluse.  Le 
territoire  de  Cadenet  louche  aux  Bouches- 
du-Rhône  et  cette  petite  ville  est  à  20  ou 
215  kilomètres  au  plus  au  nord  d'Aix.  Ce 
qui  explique  que  David  ait  commencé  son 
éducation  musicale  comme  élève  de  la 
maîtrise  métropolitaine  de  Saint-Sauveur- 
d'.Aix.  11  n'était  nullement  juif  comme 
Drumont  Ta  jadis  soutenu,  mais  absolu- 
ment catholique  ;  l'archevêque  d'Aix 
n'aurait  pas  admis  un  juif  parmi  les  en- 
fants de  chœur  de  sa  cathédrale, 

X. 

Le  crâne  de  Descartes  (III,  IV).  — 
On  lit  dans  Excehior^  24  septembre  1912  : 

L'Académie  des  Sciences  s'est  occupée 
h'er  du  crâne  de  Descartes.  Voici  dans 
quelles  conditions.  La  savante  compagnie 
avant  reçu  un  recueil  de  la  correspon- 
dance échangée  entre  Berzélius  et  Berthol- 
let,  M.  Darboux  fut  étonné  d'y  trouver  uns 
lettre  qui  n'était  autre  chose  qu'un  ac- 
cusé de  réception  du  crâne  de  Descartes.  Il 
semblait  donc  indiqué  que  le  squelette  du 
grand  philosophe  français  n'avait  pas  échappé 
aux  vicissitudes  qu'ont  connues  toutes  les 
dépouilles  historiques.  Voici,  en  effet,  d'après 
les  renseignements  que  nous  avons  pu  obte- 
nir, quelle  fut  l'odyssée  de  ce  crâne  célèbre. 
Disons  de  suite  qu'elle  nous  fait  craindre 
pour  son  sort. 

Descartes  mourut  à  Stockholm,  en  1650, 
d'une  fluxion  de  poitrine  qu'il  avait  con- 
tractée, assurait,  hier,  M.  Darboux,  en  se  dé- 
plaçant de  bon  matin  pour  aller  donner  des 
leçons  de  mathématiques  à  la  reine  de 
Suède.  Notre  ambassadeur  qui  était  très  lié 
avec  le  savant  français,  fit  expédier  le  corps 
en  France.  Louis  XIV  empêcha,  on  ne  sait 
pourquoi,  que  l'éloge  funèbre  fût  prononcé, 
et  l'inhumation  fut  effectuée  en  l'église 
Sainte-Geneviève.  Le  corps  fut  dépose  en- 
suite au  Musée  des  monuments  historiques, 
puis  dans  la  chapelle  de  Saint-François  de 
Sales,  et  enfin  dans  l'église  Saint  Germain 
des  Prés.  Maison  croyait  la  dépouille  com- 
plète, et  on  la  vénérait  comme  telle. 


N    1^4»,  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


411 


412 


En  182 1,  Berxélius  écrivit  de  Stockholm 
à  Cuvier  pour  lui  offrir  le  ciine  de  Defcartes, 
qui  était  demeuré  en  Suède,  alors  que  le 
reste  du  corps  quittait  la  sépulture  royale  qui 
lui  avait  été  donnée  pour  être  dirigé  sur  la 
Fiance  Ce  crâne  portait  l'inscription  sui- 
vante :  <  Crâne  de  Dtscartes  pris  par 
Hanstrom,  Vannée  lôôé,  lorsqu'on  devait 
renvoyer  le  corps  en  France.  » 

Près  d'un  siècle  plus  tard,  l'écrivain  sué 
dois  Anders  Anton  von  Iljermann  devenait  le 
possesseur  dece  chef  et  gravaitsonnom  sur  U 
calotte  crânienne  avec  la  mention  de  l'année 
1751.  Le  crdne  passa  dès  lors  entre  les  mams 
de  nombreux  propriétaires,  parmi  lesquels  on 
p^ut  citer  Hans  Celsius,  Hteger,  Flyoht, 
Ahgren,  Spar  aann  et  Amgren.  Ce  dernier 
l'avait  même  obtenu  pour  la  somme  dérisoire 
de  37  francs. 

Le  crâne  fut  reçu  par  l'Académie  des 
Sciences,  qui  «  accepta,  dit  Berthollet,  avec 
une  déférence  religieuse,  le  présent  qui  lui 
était  fait  ».  On  compara  le  crâne,  affirme  le 
même  auteur,  avec  un  portrait  de  Descartes, 
et  la  comparaison  fut  jugée  assez  frappante... 
Enfin,  le  crâne  fat  envoyé  au  Muséum,  si 
l'on  en  croit  les  comptes  rendus  de  lAcadé- 
mie  des  Sciences. 

Cette  présence  du  crâne  de  Descartes  dans 
les  collections  du  Muséum  d'histoire  natu- 
relle sembla  étonner  les  savants  et  les  profes- 
seurs de  cet  établissement  que  nous  pûmes 
joindre.  Nous  ayant  déclaré  ne  rien  savoir 
à  ce  propos,  nous  primes  le  parti  d'aller 
consulter  les  archives,  où  nous  avions  quel- 
que chance  de  trouver  une  trace  de  ce  dé- 
pôt. 

C'est   au    laboratoire   de    M.    Verdeau    que 
nous  nous  adressâmes.     Sur  les  tables  de  cet 
ossuaire   scientifique,    nous    dépouillons  les 
catalogues   des    richesses    où    les   restes  d'un 
Mérovingien  voisinent  avec  le  crâne  d'un  mu- 
sicien célèbre  et   le  moulnge   de  Jean-Jacques 
Rousseau.    Dans    la    célèbre    confection   Gall, 
nous  trouvons    mentionnée,    à    la  cote  82,  la 
c  copie  en  plâtre  d'un    crâne  qui  est    déposé 
au  Muséum  du  Jardin    du  roi  et    qu'on  croit 
être  celui   de    Descartei    ».   Ce   moulage    tut 
étudié  par  le  célèbre  phrénologiste,  qui  écri- 
vit, à  son  propos,  la  consultation  suivante  : 
f  Les  organes  les   plus  développés   sont  ceux 
de  réducabilité,  des   rapports   de  l'espace,  du 
calcul.    »   En  marge   se   lit  l'annotation    sui- 
vante :  «  Original  venu  lieputs.  u 

Ce  moulage  fut  donné  au  musée  de  Bou- 
logne-3ur-Mer  ;  quant  au  crâne  lui-même, 
nous  n'en  n'avons  trouvé  trace  nulle  part.  La 
trace  de  son  entrée  est  marquée  par  l'atino- 
tation  sus-indiquée,  mais,  depuis  lors  qu'est- 
il  devenu  ?  S'il  est  encore  au  Muséum,  nous 
dàclara-t-on,  il  doit  être  avec  la  collection 
dont   les  inondations    de    1910   ont     troublé 


l'ord 


re. 


et  c'est  parmi  le  tas  d'ossements 
qu'elle  constitue  aujourd'hui  que  doit  se 
trouver  le  crâne  de  Descartes. 

Des  recherches  n-us  semblent  s'imposer 
qui  permettraient  de  rendre  à  la  dépouille  de 
Descartes  l'intégrité  qu'il  eût  été  facile  de  lui 
donner,  en  1821,  lors  du  retour  en  France 
du  crâne  que  des  mains  sacrilèges  lui  avaient 

dérobé. 

Henry  Vadol  . 


Capitaine  d'IUiers  (LXIV)  —  En 
consultant  la  série  des  annuaires  de 
l'armée,  on  ne  trouve  vers  1837  qu'un 
seul  officier  de  ce  nom  dans  le  corps 
d'état-major  :  Léon  Arthur  Patas  d'IUiers. 

Sorti  de  Saint-Cyr  à  la  fm  de  1831  et 
de  l'école  d'hJat-Major  à  la  fin  de  183?,  il 
est  lieutenant  au  7"  d'infanterie  légère  à 
Lyon,  puis,  vers  1837  au  u*  dragons  à 
Paris  et  ensuite  à  Vcsoul.  Capitaine  le 
5  mars  1838,  il  figure,  en  1839,  au  1 1» 
dragons  (à  Huningue)-«"en  1840  à  l'état- 
major  de  la  place  de  Paris. 

En  1841,  il  est  aide  de  camp  du  géné- 
ral de  Lamoricière  à  Oran,  poste  qu'il 
conserve  et\  passant  chef  d'escadron  le  24 
avril  1845  et  qu'il  occupe  encore  en 
1847.  En  1848,  il  est  toujours  aide  de 
camp  du  général  de  Lamoricière,  devenu 
ministre  de  la  guerre  et  représentant  du 
peuple. 

En  1849,  il  est  à  l'état-major  de  la  divi- 
sion de  Lyon,  commandée  par  le  général 
Gémeau 

11  ne  figure  plus  sur  les  annuaires  des 
années  suivantes. 

Il  est  chevalier  de  la  légion  d'honneur 

à  partir  de  1848.  .      d       -, 

Les  Souvenirs  du  Général  du  Baratl, 
(tome  l,  p.  139)  portent  à  son  sujet  la 
mention  suivante  :  L'aide  de  camp  du  gé- 
néral de  Lamoricière  était  le  capitame 
Patras  d'IUiers  qu'une  mort  prématurée 
atteignit  dans  le  grade  de  chef  d'esca- 
dron. ^ 

J.  G.  T. 

Le  buste  de  Jean-Jacquea  Rous- 
se u  1790)  —  Des  Estangs  (LXVI, 
,y8).  — Jolibois:  LaHante-Mame,^.  186 
longue  notice  sur  Nicolas-Charles  Des 
Estangs.  Résumé  :  né  à  AUichamps 
Haute-Marne)  1766,  mort  à  Paris  1847, 
son  frère,  maître  de  forges.  Dès  sa  jeu- 
nesse, idées  avancées,   assiste  à   la    prise 


LES  PETITES    CELEBRITES    DU    SECOND  EMPIRE 

GABRIELLE  DE  LA  PÉRINE,  la  marchande  de  Journaux 


Intermédiaire  LXVI,  Colonne  413. 


D£S  CHERCHEURS  ET  ClJR^bUA 


30  Septembre  1919 


413 


414 


de  la  Bastille,  engagé  volontaire  au  7*  ba- 
taillon de  Paris,  inspecteur  des  subsis- 
tances militaires  à  Brest.  Hn  1796,  fonda 
une  institution  à  Clignancourt,  1809,  ins- 
pecteur des  domaines  français  en  Autri- 
che, —  directeur  de  l'imprimerie  et  li- 
brairie, 1819  conservateur  des  estampes 
jusqu'à  1836,  misa  la  retraite  à  cause  de 
SCS  opinions  avancées. 

Connu  surtout  par  ses  œuvres  maçon- 
niques, président  de  la  loge  des  trinoso- 
phes,  réformateur  de  l'ordre. 

Un  ami  a  publié  un  travail  de  lui  ina- 
chevé :  Œuvres  tnaçonuiqites  de  N .  C.  Des 
Estangs . ..  ornéesdeson  portrait  par  P.  D. 
Pilloi,  Paris  1868,  in-8. 

Noter  que  cette  notice  est  de  jolibois, 
ou  plutôt  de  son  maître  Pierre  Laloy, 
tous  deux  connus  parleurs  opinions  révo- 
lutionnaires ;  par  conséquent  suspects  de 
partialité  dans  le  cas  présent. 

La  famille  Des  Etangs  habite  actuellement 
Andelot  (Haute-Marne.  Un  autre  Nicolas- 
Charles  Des  Etangs  né  à  Andelot  1801-1876  : 
avocat,  juge  de  paix  à  Barsur-Aube  en 
1848. 

Est  uniquement  connu  comme  botaniste,  a 
publié  une  quantité  (au  moins  40)  de  mé- 
moires sur  la  flore  de  l'Aube  et  "'e  la  Haute- 
Marne. 

Sur  ce  dernier,  notice  biographique  dans 
la  Flore  de  la  Haute  Marne  par  Aubriet, 
p.  00. 

jolibois  ne  dit  pas  que  N.  C.  Des  Es- 
tangs fut  médecin,  au  contraire  :  il  com- 
mença dans  une  étude  de  notaire  De 
même  il  n'y  est  pas  dit  qu'il  ait  été  maire 
d'un  arrondissement  de  Paris,  mais  ceci 
est  très  possible.  Marthe. 

Gabrielle  de  La  Perrine  (IX;  XIII; 
LXVI,  341).  —  Il  a  déjà  été  question  de 
cette  personne  -  qui  fut  une  petite  célé- 
brité du  Second  Empire  au  même  titre 
qu'Isabelle  laBouquetière  —  dansles  tomes 
IX  et  XIII. 

Un  de  nos  collaborateurs  nous  envoie 
son  portrait,  publié  dans  les  journaux 
d'alors  —  qui  étaient  pourtant  moins  que 
les  nôtres,  prodigues  d'illustrations.  Celui 
que  l'on  nous  communique  a  paru  dans  la 
Chronique  illustrée  du  25  octobre  1868. 

Ce  n'est  pas  là  tout  a  fyit  de  l'histoire 
—  c'est  cependant  un  peu  de  l'histoire 
de  Paris. 

Cette  demoiselle,  dite  Gabrielle  de  La 
Perrine,   était  marchande   de   journaux, 


I  simplement,  mais  le  Jockey  Club  dont  son 
kiosque  était  voisin  l'avait  adoptée, 
comme  il  avait  adopté  Isabelle. 

Sollicitée  de  donner  quelques  rensei- 
gnements sur  sa  personne,  elle  répondait  : 

Vous  avez  bien  voulu  vous  intéresser  à 
moi  eti  me  priant  de  vous  envoyer  quelques 
notes  sur  ma  bibliographie  que  vous  désirez 
publier.  Je  regrette  donc  aujourd'hui  de 
n'avoir  à  vous  fournir  que  des  renseigne- 
ments bier:  courts  à  cet  égi-rd  ;  et  cela  d'au- 
tant plus  que  plusieurs  journaux  s'en  sont 
déjà  occupés  dans  leurs  colonnes,  et  que  je 
ne  ferais  que  vous  répéter  ce  que  probable- 
ment vous  devea  connaître. 

Ainsi  qu'on  l'a  an  oncée,je  suis  née  à  Sé- 
ville,  où  mon  père,  que  des  revers  de  for- 
tune venaient  d'atteindre,  alla  résider  ainsi 
que  dû.ns  plusieurs  autres  villes  d'Espagne, 
afin  d'essayer  de  faire  fructifier,  dans  un» 
entreprise  commerciale,  les  quelques  débris 
qui  lui  restaient  encore. 

Malheureusement  pour  lui  ainsi  que 
pour  moi,  il  fut  encore  déçu  dans  ses  espé- 
rances et  nous  fûmes  obligés  de  revenir  en 
France  dans  un  état  voisin  de  la  gène  -,  gêne 
qui  ne  fit  que  s'accroître  avec  les  charges 
qu'entraîne  une  nombreuse  famille.  Pour 
comble  d'infortune,  la  mort  vint  ravir  notre 
père  à  notre  affection  :  de  sorte  qu'aujour- 
d'hui je  reite  seule  avec  ma  raère  pour  la  se- 
conder dans  une  tâche  si  difficile  à  remplir, 
quand  on  est  pas  fortuné,  en  me  dévouant 
à  l'éducation  de  mes  sœurs. 

Signé  :  G.  DE  LA  Perrine. 

Il  est  visible  que  cette  lettre  est  un  ai- 
mable arrangement.  11  y  a  des  gens  qui 
se  disent  espagnols  et  qui  ne  sont  pas  es- 
pagnols, mais  sa  beauté  très  réelle  était 
un  peu  d'une  andalouse. 

Mlle  de  La  Perrine  ou  plutôt  Laperrine, 
troublée  par  les  attentions  dont  elle  était 
l'objet,  quitta  le  kiosque  doré  du  Grand- 
Hôtel  et  débuta  au  théâtre  sans  succès. 
Elle  avait  étudié  le  chant.  Elle  renonça  au 
théâtre  qui  l'avait  si  mal  accueillie,  fit  le 
commerce  des  fleurs,  fut  un  peu  lingère, 
puis  disparut  comme  disparaissent  ces 
vagues  météores  du  ciel  fantaisiste  de 
Paris 

Mais  il  est  probable  que  ceux  qui  écri- 
ront sur  les  mœurs  et  le  pittoresque  de 
nos  rues,  demanderont  encore  quelquefois 
et  durant  longtemps  ;  v<  Cette  demoiselle 
de  la  Perrine,  qui  était-ce-donc  ?  >*  C'est 
pour  eux  que  V Intermédiaire  qui  doit 
avoir  réponse  a  tout,  publie  ces  notes  et 
cette  image.  M. 


N-  1341.  Vol.  LXVI. 


L'INTERMÉDIAIRE 


4i'5 


416 


Famille  de  Montsaulnin  (LXV,i9o, 
313,  ^S9-  — Le  comte  de  Montiaulnin, 
ancien  député  du  Cher,  est  mort  depuis 
plusieurs  années  ;  son  frère,  le  vicomte 
de  Montsaulnin  est  mort  aussi,  tous  deux 
sans  postérité  masculine.  Le  nom  paraît 
complètement  éteint.  H. 


*  • 


La  famille  de  Montsaulnin  nest 
pas  originaire  du  Dauphiné  comme  le 
pense  M.  E.  Grave,  mais  du  Nivernais 
dans  le  comté  de  Chàteau-Chinon  où  on 
la  trouve  au  commencement  du  xix*  siè- 
cle. Par  ailleurs  le  regretté  comte  de 
Montsaulnin  1  François-Charles)  est  mort 
en  1910  et  son  frère  Emmanuel-Louis,  vi- 
comte de  Montsaulnin  est  décédé  le  1  1 
juillet  1912. 

Us  n'ont  pas  laissé  de  postérité  mascu- 
line. 

Les  armes  de  cette  famille  sont  :  de 
gufiilfs  à  ^  léopards  d'ot  couronnés  de 
même  l'un  sur  l'autre. 

Les  sources  indiquées  et  bien  d'autres 
ont  été  consultées.  S.  G    L. 

Ulysse  Pic  (LXIV  ;  LXV  ;  LXVL  i  s6, 
277).  — N'avait-on  pas  fait  venir  un  jour 
naliste  du  nom  d'Ossian  Pic  à  Rochefort 
(Charente-Inférieure),  en  1869,  pour  l'op- 
poser, dans  le  journal  officieux  d'alors,  au 
journal  Le  Contributible  Jor\dépsr  un  grou- 
pe d'adversaires  de  l'Empire,  lesquels,  de 
leurcôtè.avaient  fait  venir, pour  le  rédiger, 
le  puhliciste  Charles  Habeneck  ?  Ce  der- 
nier eut  bientôt  un  procès  de  presse 
dans  lequel  il  fut  défendu  par  Jules  Favre, 
qui  vint  exprès  à  Rochefort  et  y  parla 
dans  une  réunion  publique  à  La  Halle.  Ce 
fut  alors,  à  Rochefort,  un  événement  im- 
portant. Ossian  Pic  était-il  frère,  ou  pa- 
rent, d'Ulysse  Pic  .i*  V.  A.  T. 

Famille  Sicard  (LXVI,  288).  —  En 
ce  qui  est  des  le  Peletier  d'Aunay  et  des 
le  Peletier  de  Saint-Fargeau  et  de  leurs 
armes  il  a  été  répondu  par  avance  dans 
une  note  qui  n'a  pas  encore  paru  dans 
Y  Intermédiaire.  S.  G.  L. 


Le  marquis  de  "VaRsé  ^\  la  m-r- 
quise,  née  Broglie  (LXVI,28H;.  —  il  y 
a  ccrtaineipcnt  erreur  dans  le  Dirtionnairr 
des  Parlementaire^  en  ce  qui  concerne  un 
second  mariage  du  marquis  de  Vassé,  at- 


tendu que  la  marquise  née  Broglie  mou- 
rut seulement  le  2  1  octobre  1827,  ayant 
survécu  plus  de  sept  ans  à  son  mari  dé- 
cédé 27  mai  1820.  La  généalogie  de  la 
branche  française  de  la  maison  de  Broglie 
à  laquelle  Remprunte  ces  détails,  est 
muette  sur  la  date  de  décès  de  Jules,  mar- 
quis de  Vassé,  fils  des  susdits. 

D.  A. 


Jenny  Verpré  à  Marseille  (LXVI, 
273).  —  duétaient-cequeles  <  admirables 
vers  de  Waterloo  >  ;  que  qualifiait  ainsi 
l'enthousiaste  jenny  Verpré?  Eh!  parbleu, 
c'étaient  ceux  du  virulent  petit  poème  de 
Waterloo, dt  Méry  et  Barthélémy,  qui,  tout 
justement,àce  moment  même,  venaitd'ètre 
publié,  avec  sa  hardie  Dédicace,  cinglante 
comme  un  coup  de  cravache,  en  toutes 
lettres  imprimée  sur  son  titre  ot  sur  sa 
couverture  :  «  Au  Général  Bourmont  >v 

De  ce  poème,  nous  a^  citerons  que  sa 
seule  finale,  qui  lui  sert  de  conclusion  : 

Va,  rion  ne   peut,  casser  l'immuable  anathftme, 
Quand  le  peuple    a  maudit,  son    arrAt    est    eu- 

[prAme, 
Sa  just.icn  inflejàblo   interdit  tout  i>ardou  ; 
Tn  peux,  sur  ra  poitrine,  étaler  un  cordon. 
Tu  peux   fléchir  du  Roi  li  bonté  paternelle, 
Mais,  aux  regards  do  tous,   la  taolie   est  éter- 

[nelle, 
Quatorze  ans  ne  font  point  oublier  oea  forfaits  ; 
La  peine  se  prescrit,  et  la  boute  jamais. 

Ce  Waterloo,  naturellement,  fut  pour, 
suivi,  sur  le  moment.  Le.s  exemplaires- 
brochés,  de  sa  première  édition  (Pans, 
Denain  libraire,  imprimerie  de  |.  Tastu, 
182Q.  71  pages  in  S",  avec  couverture 
imprimée,  et  ornes  dune  petite  vignette 
emblématique  de  Henry  Monnier,  gravée 
sur  bois  par  Thompson)  en  sont  donc  de- 
venus très  rares. 

Les  mêmes  poètes,  l'année  précédente, 
avaient  déjà  publié  la  première  édition  de 
leur  beau  poème  :  Napoléon  tn  Bjc>\pte, 
que  rendirent  si  populaire,  les  belles  édi- 
tions illustrées  de  Ralîet 'in-B",  183s)  et  de 
Horace  Vernet  et  Hi(^polyte  Bellangé 
I  grand  in-8°,  1841,  plusieurs  fois  réim- 
prime). 

Si  cette  époque  était  celle  des  piètres 
préfets,  par  contre,  elle  était  bien  aussi 
celle  des  beaux  livres,  des  beaux  vers,  et, 
encore  plus,  convenons-en,  celle...  des 
beaux  sifflements  de  cravache 

Ulric  Richard-Desaix. 


DBS  QHB1iCHËUi<î)   8T  CURIbUK 


30  Septembre  1913 


417 


418 


OÙ   est  enterré   le  maréchal   de 

Villars  (LXV,  LXVl,  42.  158,  247).  — 
Puisque  j'en  ai  l'occasionj'apporterai quel- 
ques précisions  à  l'article  que  M.  Teste  a 
publié  dans  V Echo  de  Paris,  au  sujet  des  hé- 
ritiers du  tils  du  maréchal,  le  dernier  des 
Villars.  Ainsi  qu'on  la  déjà  dit,  Honoré 
Armand,  duc  de  Villars, n'eut  qu'un  enfant 
de  son  mariage  avec  Amable  Gabr:elle  de 
Noailles,  une  fille  qui,  veuve  de  Félix  Pi- 
gnatelli  d'Egmont  et  sans  enfants,  se  fit 
religieuse  du  Calvaire. 

Elle  n'existait  plus  sans  doute,  lorsque 
le  8  octobre  1764,  le  duc  de  Villars,  prince 
de  Martigues,  fit  son  testament  par  lequel 
il  institua  pour  ses  légataires  universels 
Eléonore  de  Choiseul  Trades,  Comtesse 
d'Andigné  de  Vesins,qui  avait  pour  mère 
Louise  de  Villars,  sœur  du  maréchal,  et 
Pierre  de  Vogué, comte  de  Vogué,  dont  la 
mère  était  Charlotte  de  Villars  également 
sœur  du  maréchal.  Seul,  parmi  les  héri- 
tiers du  côté  maternel,  le  marquis  de  Ra- 
depont  reçut  un  legs  de  150.000  livres. 
Le  duc  de  Villars  mourut  à  Marseille  le 
27  avril  1770. 

M.  le  Marquis  de  Vogué,  l'éminent  aca- 
démicien, ne  compte  point  les  Villars 
parmi  ses  descendants,  comme  on  l'a  pu- 
blié car  il  ne  descend  pas  de  Pierre  de  Vo- 
gué, mais  du  cousin  de  ce  dernier, 
Charles-François  Elzéar,  marquis  de  Vo- 
gué à  qui  Pierre  mort  le  10  juin  1773, 
par  actes  des  20  mai  1772  et  28  février 
1773  avait  assuré  le  marquisat  de  la  Nocle 
en  Nivernais,  avec  tous  les  droits  qui  y 
étaient  attachés,  y  compris  la  grandesse 
d'Espagne.  Ce  marquisat  faisait  partie  de 
la  succession  du  duc  de  Villar.;. 

Charles-François  Elzéar,  marquis  de  Vo- 
gué, mort  le  15  septembre  1782  et  le  tri- 
saïeul du  marquis  actuel. 

S.  G.  L. 

Armoiries  d'une  famille  alliée  aux 
des  Cars  (LXl,  289).  —  Il  s'agit  ici  de 
la  tamille  Lafond,  dont  l'auteur, Narcisse- 
Antoine  Lafond,  pair  de  France,  député, 
régent  de  la  Banque  de  France,  fut  créé 
comte  romairi  héréditaire  et  adopta  le 
blason  ;  d'or,  à  la  croix  haussée,  renversée 
de  gueules,  chargée  de  cinq  hesanis  d'ar- 
gent. 11  mourut  le  29  décembre  186b, 
laissant  le  comte  Edmond  Lafond,  mort 
en  1875,  ayant  épousé  iMUe  Marie-Elise 
du  Temple  de  Chuvigny,   dont   deux  en- 


fants :  i*MlIe  N.  Lafond,  mariée  à  Louis 
de  Pérusse,  marquis  des  Cars,  fils  du  duc  ; 
2°  le  comte  Louis  Lafond,  marié  (L.  de 
Magny  :  Armoriai  des  princes,  ducs,  mar- 
quis, barons  et  comtes  romains  en  France. 
Paris,  1879,  in-8).  Scohier. 


Ce  sont  les  armoiries  de  la  famille  La- 
fond. Le  duc  des  Cars  actuel  est  veuf  de- 
puis le  4juin  1912,  de  Marie-Thérèse  La- 
fond, fille  du  comte  Lafond. 

Les  armoiries  ont  été  concédées  par  le 
Saint-Siège  avec  le  titre  de  comte  à  Nar- 
cisse Lafond  aïeul  de  la  duchesse  des 
Cars.  L.  C.  D.  L.  H. 

Armes  à  déterminer  :  trois  trè- 
fles (LXVI^  237)  —  Limosin,  en  Lyon- 
nais, porte  :  D'apir  au  chevron  d'argent  ; 
au  chef  d'or,  chargé  de  trois  trèfles  de  si- 
nople.  P     LE  J. 

Propriété  littéraire  des  titres 
d'ouvri^ges  (LXVl,  290).  —  Je  ne  vois 
pas  d'autre  moyen  que  de  s'informer  des 
titres  déjà  déposés,  auprès  d'un  des  mem- 
bres des  Sociétés  des  gens  de  lettres,  des 
auteurs  et  compositeurs  de  musique,  etc. 
Maurice  Charpentier. 

*  » 

Le  titre  d'un  ouvrage  constitue  une  pro- 
priété d'une  nature  spéciale,  analogue  à 
l'enseigne  ou  a  la  marque  de  fabrique,  et, 
comme  tel,  il  est  susceptible  de  donner 
naissance  à  un  droit  privatif.  11  est  même 
des  titres  qui,  par  leur  originalité,  leur 
caractère  de  création  intellectuelle,  peu- 
veut  constituer  à  eux  seuls,  et  indépen- 
damment de  l'œuvre,  une  véritable  pro- 
priété littéraire.  Dans  la  plupart  des  cas, 
le  titre  fait  corps  avec  l'ouvrage  et  son 
usurpation  peut  être  regardée  comme  une 
manière  de  contrefaçon. 

Il  faut  néanmoins  excepter  une  série  de 
titres  qui  sont  du  domaine  public  et  ne 
peuvent  être  revendiqués  par  aucun  au- 
teur. Pour  désigner  le  même  genre  d'ou- 
vrages (ouvrages  didactiques  surtout  : 
Traités,  Manuels,  etc.)  on  est  obligé  de 
recourir  à  ces  titres  passe-partout,  d'usage 
courant,  sans  qu'il  puisse  être  élevé,  là 
contre,  aucune  revendication. 

Quant  au  moyen  pratique  de  s'assurer, 
avant  de  publier  un  livre  nouveau,  qu'on 
n'a  pas  involontairement  usurpé  un  titre 
déjà  employé,  il  n'en  existe,  à  notre  con- 


N»  1341     Vol. 


LXVI. 

419 


LINTBRMBDiAiRB 


430 


naissance,  aucun  de  satisfaisant  et  pou- 
vant donner  une  certitude  absolue.  On 
n'a  guère  que  la  ressource  de  consulter 
les  répertoires  bibliographiques  (Lorenz, 
Le  Soudier,  Tables  de  la  Bibliographif  de 
la  France^  etc.)  et  les  catalogues  d'édi- 
tenr?;,  en  aiguillant  les  recherches  dans  le 
sens  du  genre  d'auteurs  ou  d'ouvrages 
traitant  de  la  même  question  ou  de  ques 
tions  connexes.  Mais  il  est  bien  évident 
que  ces  recherches  ne  peuvent  donner 
qu'une  sécurité  relative,  et  ne  sauraient 
vous  prémunir  contre  la  désagréable 
surprise,  le  livre  étant  paru,  de  lui  dé- 
couvrir parmi  ses  aines  un  homonyme 
dont  l'auteur  serait  fondé  à  protester 
contre  une  concurrence  fâcheuse. 

F.  B. 


La  Fo  taine  et  M.  de  Gourmont. 

—  .M.  Rémv  de  Gourmont  ajoute  a  sa 
dernière  «  Promenade  littéraire  »  du 
Temps,  ce  post-scriptum  : 

PS.  —  Privé  moinentant;ment  de  mes  li- 
vres, j'ai  fait  quelques  attributions  et  citations 
inexactes,  dans  mon  article  sur  le  Caractère 
de  La  Fontaine.  Le  vers  «  tenir  entre  ses 
bras...  »  figure  non  dai.s  les  Fable:,  mais 
dans  les  Poésies  Jivenes .  11  faut  lire  non 
«  Et  les  sombres  attraits..,  »,  mais  : 
Jusqu'aux  sombres  olaisirs  d'un  cœur  mélan- 
colique, 
ce  qui  exige  un  remaniement  de  la  phrase. 
J'ai  déjà  eu  l'occasion  de  communiquer  ces 
rectifications  à  V Inlermédiaire  des  chercheurs 
et  cwieux.  —  A".  G. 

Nous  avons  adressé  à  M.  de  Gourmont 
la  lettre  de  celui  de  nos  collaborateurs  qui 
avait  fait  cette  remarque.  M.  de  Gour- 
mont y  a  répondu  avec  son  obligeance 
coutumière,  et  nous  avons  envoyé  la  ré- 
ponse a  l'auteur  de  la  question  sans  la 
poser. 

On  sait  assez  quel  est  le  souci  d'exacti- 
tude de  ce  parfait  lettré,  pour  deviner 
qu'il  serait  le  premier  à  corriger  ce  lapsus, 
et  combien  ils  sont  rares  sous  sa  plume! 

Chanson  bretonne  ;  les  gars  de 
Locminé  iLXVl,i9oj.—  Que  le  confrère 
Echarpe  permette  a  un  vieux  Breton  une 
rectification  au  texte  de  la  poésie  popu- 
laire qu'il  cite. 

J'ai  entendu,  moi  aussi,  il  v  a  longues 
années,  le  refrain  de  la  chanson  et  il  était 
celui-ci  : 


Sont,  sont,  les  gars  de  Locminé 
Qu'ont  de  la  maill-'tte  (h'xs) 
Sont,  sont,  les  gens  de  Locminé 
Qu'ont  de  la  maillette 
Sous  leurs  souliers. 

La  maillutîe  me  paraît  être  synonyme 
des  clous  pour  sabots  et  souliers  qu'on 
appelle  à  Paris  des  bombés  ou  des  gen- 
darmes. 

Quelle  est  la  bonne  version  ? 

Dehermann. 

* 
>  » 

Je  suis  né  et  j'ai  passé  une  partie  de 
ma  jeunesse  aux  environs  de  Locminé 
CVlorbihan)  ;  bien  des  fois  j'y  ai  entendu 
la  chanson  dont  parle  le  collaborateur 
Echarpe.  D'un  rithme  très  vif  et  très  dan- 
sant,elle  était  fort  populaire  et  je  me  sou- 
viens que  la  musique  municiixile  de  josse- 
lin,  localité  voisine  de  Locminé,  la  jouait 
jadis  fréquemment. 

Mais,  à  mon  avis,  il  n'est  nullement 
question  de  Lafayette  en  tout  ceci. 

C'est  maillette  ou  -mn-velte  (je  n'ai  ja- 
mais vu  le  mot  écrit)  qu'il  faut  compren- 
dre. 

En  ce  coin  de  Bretagne,  on  désigne 
sous  ce  nom  de  maillette  une  sorte  de 
clou,  à  tige  très  courte,  et  dont  la  tête, 
lort  grosse,  est  striée  et  convexe.  Les 
paysans  en  garnissent  eux-mêmes  le  des- 
sous de  leurs  sabots  et  la  semelle  de  leurs 
souliers  ce  qui  en  prolonge  la  durée. 

On  dit  mettre  des  maillettes  ou  de  la 
maillette  à  ses  sabots. 

Le  refrain  de  la  chanson  en  question  1 
toujours  été  pour  moi  : 

Sont,  sont,  sont  les  gars  d«  Locminé 

Qui  ont  de  la  rnaillett» 

^^ar  sous  l«urs  souliers.  ^ 

Par  sQus  est  synonyme  de  par  dessous. 
11  y  avait  à  cette  chanson  plusieurs  cou- 
plets que  je  ne  me  rappelle  plus  bien, 
mais  où  il  n'était  certes  pas  question  de 
la  guerre  d'Amérique. 

Maintenant  quel  est  le  sens  de  cette  ex- 
pression avoir  Je  la  maillette  sons  ses  sou- 
liers ?  Est  ce  ironique?  Il  se  pourrait, 
car  je  crois  me  souvenir  qu'on  se  mo- 
quait un  peu  des  gars  de  Lo«;miné  dans  le 
reste  de  la  chanson. 

En  tout  cas,  cette  expression  serait  à 
rapprocher  de  avoir  du  foin  dans  ses  bot- 
ter et  aurait  peut  être  une  signification 
analogue. 

Y.  H. 


DK   CRERCHHUaS  fiT  CURIfiUX 


421 


30  Septembre  191». 
422  


Je  ne  vois  pas  ce  que  vient  faire  dans 
cette  chanson  ce  pauvre  Lafayette  !  Le 
texte  réel  de  cette  chanson  est  : 

Sont,  sont,  sont  les  gens  de  Locminé 

Qu'on  d'Ia  mayette  (i) 

Qu'ont  d'Ia  mMyette 

Sont,  sont,  sont  les  gars  de  Locminé 

Qu'ont  d'Ia  mayette 

Sous  leurs  souliers . 

Marquis  de  Bellevùb. 

* 
*  * 

Voici  non  pas  un  éclaircissement,  peut- 
être,  mais  une  variante  au  couplet  relaté 
par  fccharpe.  Je  me  rappelle,  en  effet, 
avoir  entendu  souvent,  il  y  a  quelque  70 
ans.  chanter  ce  refrain  assez  étranger,  je 
crois,  à  Lafayette  : 

Sont,  sont,  sont  les  gars  de  Lominé, 

Qu'ont  de  la  mayette. 

Qu'ont  de  la  mayette, 

Sont,   sont,  sont  les  gars  de  Lominé, 

Q_u'ont  de  la  mayette 

Par  tous  leurs  souliers 

Sans  avoir  bien  approfondi  ce  qu'était 
cette  mayette  ou  maillette  ,  il  m'avait 
paru  qu'elle  devait  avoir  quelque  rapport 
avec  le  mailletage  des  marins,  et  que  ce 
devait  être  une  sorte  de  ferrure. 

P.   Du  GuB. 

La  Fayette  n'a  absolument  rien  a  voir 
avec  la  célèbre  chanson  «  des  Gars  de 
Locminé  »  (prononcez  :  «  Gâs  de  Lo- 
miné »j 

Car  voici  le  refrain  textuel  : 

Yo  1  Yo  !  Yo!  les  gâs  de  Lominé 

qui  ont  des  maiilettes 

qui  ont  des  maiilettes 

Yo  !  Yo  !  Yo  !  les  gâs  de  Lominé 

qui  ont  des  maiilettes 

Sous  leurs  souliers. 

Les  <  maiilettes  »  sont  des  clous  à 
grosse  tète,  taillée  à  facettes. 

Les  gars  de  Locminé  sont,  dans  la 
chanson,  très  fiers  de  porter  des  souliers 
à  clous,  au  lieu  de  vulgaires  sabots. 

Cette  chanson  se  chante  du  reste  en 
dansant,  et  au  refrain,  on  lève  les  pieds 
très  haut  pour  en  montrer  les  semelles. 

Cette  chanson,  très  célèbre,  se  chante 
encore  dans  le  pays  entre  Pontivy  et 
Vannes.  Georges  Mareschal. 


(i^  De  la  mayette,  de   la  ....  (on  devine). 


* 
»  • 


Ou  le  texte  donné  par  notre  confrère  a 
été  défiguré,  ou  il  est,  à  mon  avis  du 
moins,  totalement  dépourvu  de  sens,  et 
je  ne  vois  pas  dès  lors  qu'on  puisse  y  re 
lever  trace  d'irrévérence  à  l'égard  de  La 
Fayette.  Mais  voici  mieux.  Je  crains  que 
l'oreille  de  notre  confrère  (ou  sa  mémoire) 
l'ait  singulièrement  trahi.  J'ai  moi  aussi, 
en  effet,  entendu  chanter  ce  couplet  ou 
ce  refrain  (si  tant  est  qu'il  y  ait  toute 
une  chanson),  mais  le  texte  n'était  pas  le 
même  ;  le  voici  : 

Sont  sont  sont,  les  gâs  de  Locminé 
Qu'ont  de  la  maillette. 
Qu'ont  de  la  maillette 

Sont  sont  sont,  les  gâs  de  Locminé 
Qu'ont  de  la  maillette 
Sous  leurs  souliers. 
Je  dois  dire  que  je  ne  suis  pas  très  sûr 
des  mots  que  je  souligne,  et  que  peut  être 
aussi^  au  lieu  de  «  qu'ont  de  la  maillette  > , 
il  faudrait  dire  <  qui  ont  des  maiilettes  ». 
Quoi  qu'il  en  soit  de  ces  détails,  il  y 
aurait  donc  tout  simplement,  dans  le 
premier  texte,  confusion  entre  La  Fayette 
et  maillette  (nom  que  l'on  donne  dans  le 
Morbihan  -  et  ailleurs  —  aux  clous  à 
à  grosse  tête  dont  on  garnit  les  semelles 
des  souliers  et  des  sabots).  Cette  sorte  de 
confusion  de  sons  n'est  pas  si  rare,  et  il 
en  est  de  fort  amusantes,  Hugues  Le 
Roux,  par  exemple,  dans  les  pages  qu'il 
a  intitulées  O  mon  passé  (p  53.  édit  La- 
fitte),  nous  dit  ceci  :  «  J'entendais  distmc- 
tement  dans  le  Credo  cette  phrase  un  peu 
surprenante  :  »  Et  ta  sœur  Titine  Sé- 
nat. :»  (Et  ascendit  in  cotlum)  !  —  Voilà 
de  quoi  se  consoler  d'avoir  confondu 
Marie-JosephPaul  Roch  Yves  Gilbert  du 
Motier,  marquis  de  La  Fayette  avec  unr 
poignée  dt  matllettes .  F.  Vallée. 


*  « 


Une  bretonne  me  dit  qu'on  nomme 
faïUette,  en  breton,  la  bride  en  fer  blanc 
des  sabots. 

La  faillette  à  leurs  souliers  voudrait  donc 
dire  des  brides  de  fer  à  leurs  souliers. 

M. 

Donjon,  étymologie  (LXV,  LXVI, 
74,  168,  329;.  —  ûunum  junctum, 
Dunum,  Elévation,  partie  haute;  junc- 
tum,  jointe,  ajoutée  au  Castellum.  Lors- 
qu'à proximité  du  Castellum  se  trou  • 
vait  un  monticule  de  terre,  on  le  fortifiait 
en    manière    d'ouvrage  avancé,    et   cela 


N« 


1341 


Vol.  LXVI. 
423 


L'INTi^KMlDlAlKb 


424 


s'appelait  un  Don;on.  Exemple  :  au  Mans, 
le  chàteiu  construit  par  Guillaume  le  Con- 
quérant, avec,  à  proximité,  le  Mont  ou 
Motte-Barbet  (Mans  barbutus^  Mont  hé- 
rissé) ;  la  ruelle  qui  conduit  à  ce  dernier 
s'appelle  encore  rue  du  Donjon.      O.  D. 

Mont  Pagnotte  (LXVI,  187,324).— 
M. Piton, abonné  de  V Intermédiaire  des  cher- 
cheurs... a  été  très  intrigué  par  le  passage 
des  Etudes  Diplomatiques  du  duc  de  Bro- 
glie  paru  dans  la  Revue  des  Deux-Mondes 
du  i*""  déc.  1881,  p.  4q6.  Il  s'agit  des 
difficultés  consécutives  à  la  mort  de 
Charles  VI  : 

s<  Nous  n'avons  qu'une  chose  à  faire, 
dit  Louis  XV  ,  c'est  de  rester  sur  le 
mont  Pagnote  ».  A  quoi  le  marquis  de 
Souvré  répliqua  vivement  :  «.  Votre  Ma- 
jesté aura  froid,  car  ses  ancêtres  n'y  ont 
pas  bâti...  »  Le  mot  de  Louis  XV  est  ca- 
ractéristique par  sa  trivialité  même. 

Nous  remarquvirons  de  suite  : 

1°  Qye  la  réflexion  sur  t  le  mot  de 
Louis  W  >  est  du  duc  de  Broglie  et  non 
de  M.  Pilon,  bien  que  l'emploi  des  guille- 
mets et  des  caractères  différents  fait  par 
V Intermédiaire,  laisse  croire    le  contraire. 

2°  Qye  la  question  posée  par  M.  Piton 
w  Qye  signifie  le  mot  trivial  :  Mont  Pa- 
gnote !  »  ne  peut  être  posée  ainsi.  En 
effet  le  «  mont  Pagnote  >  est  un  nom  de 
lieu,  c'est-à-dire  un  nom  propre  ;  il 
n'est  pas  plus  trivial  qu'un  nom  de  rue  ou 
qu'un  nom  de  cascade,  etc.  Il  ne  peut  être 
qualifie  ni  bas,  ni  vulgaire,  ni  commun, 
ni  trivial. 

Ensuite  un  mot,  dans  le  sens  présent, 
est  une  parole  mémorable,  une  phrase 
courte,  simple,  typique  et  pleine  d'à  pro- 
pos. 

Dans  le  cas  présent  le  mot  de  Louis  XV 
est  composé  uniquement  par  l'expression 
«  rester  sur  le  mont  Pagnote  »,  et  c'est 
elle  que  nous  allons  étudier. 

Ce  passage  avait  frappé  un  autre  lec- 
teur avant  M.  Piton.  Feu  le  général  de 
Bellegarde,  alors  qu'il  commandait  une 
brigade  de  dragons  à  (3ompiègne  en  l'an- 
née 1900,  nous  avait  signalé  ce  passage  et 
demandé  de  faire  des  recherches  sur  l'éty- 
mologie  du  Mont  Pagnotte  à  la  bibliothe- 
<|ue  municipale  de  Senlis. 

Les  grands  dictionnaires  donnent  tous 
<  pagnote  »  comme  qualificatif  d'origine 
italienne,  synonyme  de  peureux,  couard  ; 


la  logique  dans  les  roms  de  lieu  est  par- 
fois difficile  à  trouver  et  à  admettre.  Ici 
la  filière  sémantique  est  la  suivante.  Les 
sei;.'!:neurs  italiens,  de  tout  âge  qui  gra- 
vissaient un  petit  monticule  pour  voir  se 
dérouler  à  leurs  pieds  un  combat  parfois 
d'assez  longue  durée  entre  partisans,  — 
combat  genre  Combat  des  Trente ,  — 
étaient  suivis  chacun  par  un  serviteur  por- 
tant pour  un  petit  pain  dit  pagnota 
(de  panis,  pain)  Le  nom  de  pagnote  passa 
ainsi  des  pains  à  ceux  qui  les  portaient, 
et  ensuite  au  lieu  de  leur  rassemblement  ; 
de  plus,  à  cause  de  leur  rôle  de  témoins 
inactifs,  ce  vocable  devint  qualificatif 
avec  le  sens  péjoratif  de  paresseux  et  de 
couard. 

En  France  le  nom  de  «  Pagnotte  »  a 
toujours  été  orthographié  à  tort  avec 
deux  t  sur  les  vieilles  cartes  et  les  mo- 
dernes. Quant  au  terme  ^atw  servant  par 
comparaison  à  qualifier  des  élévations 
de  terrain,  il  se  retfou've  dans  les  nom- 
breux lieux  dits  Pain-de-sucre  en  Nor- 
mandie et  dans  nos  colonies. 

Un  mont  ne  peut  être  dit  couard  ou 
poltron,  pas  plus  qu'un  chêne  ne  peut 
être  qualifié  menteur  ;  il  y  a  pourtant  au 
haut  du  Mont  Pagnotte  le  carrefour  du 
Chêne  Menteur.  , 

Un  mont  peut  être  dit  «  des  Poltrons  > 
pour  ùes  faits  historiques  quelconques, 
mais  rien  d'historique  ne  peut  légitimer 
cette  dénomination  dans  le  cas  présent. 

Selon  une  version,  les  habitants  de  la 
contrée  l'auraient  appelé  ainsi  jadis  parce 
qu'en  temps  de  périodes  troublées  à  Pont- 
Saint-Maxence  ,  les  habitants  effrayés 
fuyaient  se  cacher  sur  cette  élévation 
boisée.  Aucun  document  ne  le  prouve. 

Dans  plusieurs  anciens  manuscrits  la- 
tins, le  mont  Pagnotte  est  appelé  mons 
pugnoe,  mons  pugnatoria,etc.,  mais  nous 
n'avons  jamais  pu  trouver  la  justification 
de  l'existence  de  ces  formes  latines,  tra- 
ductions malheureusesde  termestrès  vieux 
français  et  non  ;  aucun  fait  historique 
connu  ne  faisant  allusion  à  un  combat 
quelconque  en  ces  parages. 

La  plus  ancienne  forme  manuscrite  que 
nous  ayons  trouvée  a  été  «  Mont  Paillon  » 
Elle  est  du  xiV  siècle.  Elle  a  fait  penser 
que  l'étymologie  de  ce  nom  pouvait  être 
Pail,  nom  celte,  signifiant  lieu  élevé,  hu- 
mide et  boisé,  dont  Prez-en-Pail  en  Nor- 
mandie nous  donne  un  exemple,  mais  on 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Septembre  191a 


425 


426 


ne  peut  se  prononcer,  car  il  ne  reste  aux 
environs  aucunlieudit  comportant  la  men- 
tion «  en  Pail  »  D'ailleurs  le  Silvacum, 
—  et  nous  y  sommes,  —  a  donné  Servais 
et  Serval,  nom  conservé  par  le  village  de 
la  Chapelle-en-Serval. 

Les  grands  dictionnaires  répètent  tous 
le  sens  donné  au  nom  commun  «  mont 
pagnote  »,  «  lieu  élevé  cioù  l'on  peut 
voir  un  combat  sans  être  forcé  d'y  pren- 
dre part.  »  Ce  sens  ne  conviendrait  guère 
au  Mont  Pagnotte.  La  face  Nord  est  en 
pente  très  raide  ;  sur  ia  face  sud,  la  pla- 
nimétrie  est  des  plus  irrégulières,  le  ter- 
rain, parsemé  de  fondrières,  comme  du 
reste  tout  autour  du  Mont  Pagnotte,  est 
très  impropre  à  une  action  de  guerre. 

Bref  la  dénomination  de  Mont  Pagnotte 
peut  être,  sinon  une  corruption  de  mont 
Paillon,  du  moins  une  simple  allusion  à 
la  forme  générale  du  terrain,  petit  plateau 
supérieur  allonge  dominant  toute  la  forêt 
et  même  la  région.  Quand  la  chasse  passe 
au  nord  ou  au  nord-est  de  ce  terrain,  elle 
y  revient  presque  toujours;  quand  on  n'a 
pas  le  luxe  d'un  relais,  il  faut  n'en  des- 
cendre qu'à  bon  escient  sous  peine  de 
crever  son  cheval  pour  y  remonter. 

En  Hallaite,  rester  au  mont  Pagnotte 
c'est  attendre  pour  ménager  son  cheval  en 
attendant  de  savoir  si  la  chasse  va  prendre 
une  des  deux  principales  directions,  soit 
vers  l'Ouest,  c'est-à-dire  vers  la  route  de 
Fleurines  à  Pont-St-Maxence  en  longeant 
la  face  Nord,  soit  vers  le  Sud  sur  Cha- 
mant  en  contournant  l'extrémité  Est  du 
plateau. 

Cette  élévation  indispensable  à  sur- 
veiller pendant  la  chasse,  n'a  pas  de  va- 
leur stratégique.  Aussi  les  rois  qui  rési- 
dèrent beaucoup  dans  cette  région,  n'eu- 
rent jamais  l'idée  d'y  bâtir. 

Pour  la  même  raison,  croyons-nous,  le 
château  de  Saint-Cristophe  en  Halatte  élevé 
sous  Philippe  de  Valois  au  commence- 
ment du  xiv*  siècle,  fut  dit  «  bâti  au 
sommet  de  l'Isle  de  France  »,  bien  qu'il 
soit  placé  en  contre-bas  du  Mont  Pa- 
gnotte. 

La  chasse  ne  s'y  termine  presque  ja- 
mais ;  en  dix  années  consécutives  l'équi- 
page d'Hallate  n'y  a  pris  que  trois  cerfs. 
Le  mot  de  Louis  XV  et  la  réponse  du 
Marquis  de  Souvré  font  indiscutablement 
allusion  au  Mont  Pagnotte  en  Halatte 
«  Rester  sur  le  mont  Pagnotte  »,  dans  la 


bouche  de  Louis  XV  nous  semble  simple- 
ment signifier  aitendie  le  moment  favora- 
ble pour  faire  connaître  aux  puissances, 
notamment  à  Frédéric  II,  la  ligne  de  con- 
duite politique  qu'il  allait  suivre  au  sujet 
de  la  succession  d'Autriche.  Le  marquis 
de  Souvré  estimait  que  Louis  XV  ne  de- 
vait pas  attendre  pour  la  faire  connaître. 

11  semble  que  le  duc  de  Broglie  fasse 
plutôt  allusion  au  sens  péjoratif  donné 
ordinairement  à  l'expression  «  être  sur  le 
mont  pagnote  ».  Louis  XV  n'en  a  peut- 
être  pas  pensé  si  long  :  les  mots  des  rois 
n'ont  pas  toujours  toute  la  profondeur 
que  les  historiens  cherchent  à  leur  trou- 
ver par  la  suile. 

Le  roi  de  France  était  en  présence  de 
deux  alternatives,  *<  l'une  plus  conforme 
aux  exigences  délicates  du  point  d'hon- 
neur,l'autre  mieux  appropriée. ..auxlégiti- 
mes  suggestions  de  Vintirét  national...  1  » 

Promettre  à  l'avsnce  et  préparer  l'exé- 
cution des  engagements  pris  par  le  traité 
de  1735  envers  l'ordre  de  succession 
réglé  par  la  Pragmatique,  ou  éviter  de 
s'expliquer  sur  les  moyens  de  les  remplir 
jusqu'au  jour  où  la  nécessité  aurait  réduit 
Marie-Thérèse  d'Autriche  à  invoquer  le 
recours  des  alliés  »...  Se  faire  l'ami  poli- 
tique de  Marie-Thérèse,  alors  qu'elle 
craignait  les  ambitions  de  Frédéric  II,  et 
«  obtenir  par  ia  suite  un  lambeau  de  ses 
colonies  pour  la  France...,  étaient  là  sans 
doute  la  chance  qu'entrevoyait  Louis  XV 
et  qu'il  conseillait  d'attendre.  » 

Attendre  pour  l'avantage  d'un  peuple, 
cela  peut  être  qualifié  de  manœuvre  poli- 
tique, non  de  trivialité. 

Vouloirattendre  les  événements,  comme 
il  attendait  au  haut  du  Mont  Pagnotte  le 
retour  de  la  chasse,  quand  e!le  allait  faire 
une  randonnée  au  nord  ou  au  nord-est  de 
cet  observatoire,  la  comparaison  n'offre 
rien  de  choquant,  ni  de  déplacé. 

^<  Appliquer  la  théorie  du  moindre  ef- 
fort, c'est  une  manœuvre  n'ayant  abso- 
lument rien  de  trivial  ». 

Nous  aurons  sûrement  de  notre  bord 
au  moins  les  veneurs  d'Halatte,  qui,  au 
milieu  de  la  chasse,  laissent  la  meute  con- 
tinuer, l'écoutent  de  loin  et  attendent  son 
retour,  en  restant  sur  le  mont  Pagnotte, 
à  l'instar  de  Louis  XV. 

Le  général  de  Bellegarde  n'a  jamais  pu 
comprendre  que  le  mot  de  Louis  XV  pro- 
noncé au  cours  dune  conversation  politi- 


N"   1341.     VoJ.  LXVI. 

— ' 427  

que,  ait  ôté  si  sévèrement  apprécié  par 
le  duc  de  Broglie.  M.  Piton,  justement 
étonné  lui  aussi,  se  rangera  sans  doute 
à  cette  opinion  comme,  sans  nul  doute, 
tous  les  veneurs  d'Halatte. 

Cap.  G.  de  Marolles. 

•  * 
Erratum  :   Au   lieu    de   gentilccomini , 

on  a  imprimé  gentilliomini. 


L'iNllîRMSDîAÎiitb 


* 


Comme  contribution  plus  ou  moins  di- 
recte aux  articles  déjà  publiés  sur  ce  sujet, 
je  hasarde  l'expression  argotique  «  se  pa- 
gnoter  (se  coucher)  et«  pagne  »  (lit)  très 
usitée,  je  crois,  parmi  1-s  militaires. 

D.  R. 


4>   * 


Ceux  qui  ont  passé  par  le  régiment  doi- 
vent se  rappeler  cette  expression  ;  aller 
«  se  pagnotter>>,  qui  voulait  dire  aller  se 
coucher,  se  mettre  au  lit...  généralement 
pour  éviter  des  corvées  en  un  mot  pour 
tirer...  au  flanc. 

Je  ne  sais  si  elle  est  encore  en  usage 
actuellement,  mais  lors  de  mon  volon- 
tariat, il  y  a  vingt  cinq  ans,  elle  était 
très  répandue  dans  mon  régiment  d'ar- 
tillerie qui  tenait  garnison  à  Orléans. 

Ce  mot  se  «  pagnotter  »  tirait  peut- 
être  son  origine  du  mont  Pagnotte  ;  je 
risque  d'ailleurs  cette  opinion  bien  timi- 
dement. ROAN. 

La  couleur  des  cheveux  d'une 
morte  (LXVI,  202).  —  Je  possède  un  re- 
liquaire, provenant  de  la  comtesse  de  Pu- 
gct,  née  Conti,  qui  à  sa  mort  en  avait  fait 
don  au  P.  Baufreton. 

Entre  autres  souvenirs  royalistes,  il 
contient  des  cheveux  de  la  famille  royale. 
Les  cheveux  de  Louis  XVI  sont  châtain 
foncé,  ceux  de  Marie-Antoinette  d'un 
blond  cendré  très  -.lair,  ceux  de  Mme  Eli- 
sabeth, d'un  blond  foncé,  ceux  de 
Louis  XVII  et  de  Marie-Thérèse  sont  d'un 
blond  pâle,  d'un  blond  d'enfant. 

Nous  savons  que  Louis  XVI  était  châ- 
tain et  Marie  Antoinette  blonde.  Ces  che- 
veux que  j'ai  sous  les  yeux  ont  ils  con- 
servé leur  teinte  vivante  ?  Mon  impres- 
sion est  qu'ils  n'ont  pas  changé.  Nous 
aimerions  qu'un  de  nos  confrères  nous 
donnât  un  point  de  comparaison  pour 
conclure  à  la  décoloration  ou  au  mamiien 
de  la  nuance  des  cheveux  d'une  personne 
'"orte.  Ex-LiBRis. 


428 


*    ¥ 


La  question  posée  soulève  un  problème 
très  délicat  et  très  complexe  de  chimie 
biologique.  Il  est  impossible  de  donner 
une  réponse  précise,  mais  on  peut,  en 
se  basant  sur  les  données  acquises  par  la 
médecine  légale, répondre  ceci  : 

1"  Les  cheveux  se  conservent  très  long- 
temps, et  c'est  un  signe  important  à  ob- 
server dans  la  recherche  d'identité  d'un 
cadavre  exhumé.  Dans  l'enfouissement, 
les  cheveux  sont  placés  dans  des  condi- 
tions d'altérations  particulières,  par  suite 
de  la  double  action  des  bactéries  et  des 
insectes  sur  le  corps,  et  il  peut  arriver 
que  la  teinte  soit  n'odifiée  sous  l'influence 
de  la  putréfaction,  or  on  a  constaté  dans 
certaines  exhumations  tardives  que  les 
cheveux  *out  en  étant  devenus  très  fria- 
bles, avaient  conservé  leur  nuance. 

2°  Les  cheveux  conservés  sont  dans  des 
conditions  autrement  pieilleures  pour  re- 
tarder la  désagrégation  de  la  matière  or- 
ganique, et  ces  conditions  sont  encore 
plus  favorisées  si  la  conservation  a  lieu 
dans  une  enveloppe  imperméable.  Sans 
admettre  la  pérennité  de  la  conservation, 
ont  peut  en  concevoir  une  très  longue, 
Dans  certains  hygromètres  de  Saussure, 
la  coloration  du  cheveu  a  persisté  pen- 
dant de  nombreuses  années. 

3°  En  l'espèce  qui  nous  occupe,  on 
peut  rationnellement  admettre  qu'après 
cent  ans,  si  les  cheveux  ont  été  convena- 
blement conservés  ,1a  teinte  a  peuchangé. 

Il  est  bien  évident  que  cette  réponse  ap- 
proximative suppose  que  les  cheveux 
n'ont  pas  subi,  du  vivant  de  la  personne, 
un  traitement  chimique  pour  les  colorer 
ou  les  décolorer,  et  qu'aucune  alTection 
paraçifdire  spéciale  ne  les  atteignait. 

Rhamnus. 

*  » 

La  nature  ne  crée  pas  deux  choses  ab- 
solument semblables 

Deux  chevelures  ne  se  ressemblent  pas 
plus  entre  elles  que  deux  personnes.  Dans 
une  chevelure  on  rencontre  de  grandes 
dil^érences,  entre  les  mèches  diversement 
situées  d'abord,  puis  entre  la  base  et 
l'extrémité  de  ces  mèches  ;  enfin  dans  la 
même  mèche  on  ne  trouve  encore  que  des 
cheveux  dissemblables. 

Pour  répondre  d'une  manière  valable, 
il  fiudrait  par  conséquent  examiner  ces 
cheveux  ettenir  compte  :  i*de  leur  teinte  ; 


DBS  CHfiRCHfiURS  UT  CURIBiOÂ 

429  . _ 


30  Septembre  191  a 


2°  de  leur  race  ;  3°  de  l'endroit  de  la  che- 
velure et  de  la  mèche  où  ils  ont  été  cou- 
pés ;  4°   de  leur  arosseur  ;  50  de  leur  po- 
rosité ;  6"  de  l'âge  qu'avait  la    personne 
lorsqu'on  les  lui  a  coupés  ;  7"  de  l'époque 
à    laquelle  ils   ont  été   coupés  ;  8"  de  la 
condition    sociale    de    la  personne  ou  du 
milieu    dans    lequel    elle    vivait  ;    9°   de 
quelle  manière  et  avec   quels  produits  ces 
cheveux  étaient    entretenus   de   leur  vi- 
vant ;  lo"  où  et  comment  ils  ont  été  con- 
servés depuis. 

11  serait  un  peu  long  et  sans  doute  fas- 
tidieux, pour  le  plus  grand  nombre  des 
lecteurs,  de  développer  le  pourquoi  de 
chacune  de  ces  sous  questions,  dont  quel- 
ques-unes s'expliquent  d'ailleurs  assez 
bien  d'elles-mêmes, 

D'une  manière  générale  on  peut  dire 
que  les  cheveux  coupés  changent  très  peu 
de  teinte,  même  après  cent  ans,  surtout 
s'ils  ont  été  conservés  dans  un  endroit 
tempéré,  à  l'abri  des  courants  d'air  et  de 
la  grande  lumière.  S'ils  devaient  changer 
tant  soit  peu ,  ce  serait  évidemment  en 
devenant  plus  ternes  et  à  peine  plus 
clairs,  mais  non  dans  le  ton  clair  des 
cheveux  vivants.  Il  existe  des  tonalités 
spéciales,  pour  les  cheveux  coupés  depuis 
longtemps. 

On  sait  que  les  cheveux  plus  ou  moins 
blonds  contiennent  plus  ou  moins  de 
soufre,  comme  les  plus  ou  moins  bruns 
contiennent  plus  ou  moins  de  fer.  Ces 
denx  produits  finissent  à  la  longue  par 
s'oxyder  sous  l'influence  de  l'oxygène  de 
l'air  ;  de  là  viennent  les  légers  reflets 
jaunes  ou  roux  que  présentent  les  cheveux 
coupés  d'ancienne  date. 

On    peut   même   ajouter  que   l'air,  qui 
lentement  oxyde  la  couleur   des   cheveux 
déchus,   finit    par    désagréger  aussi  leur 
texture.    Ainsi,  ceitaines  chevelures  pré- 
servées  pendant    plusieurs  milliers  d'an- 
nées par  des   sarcophages  enfouis  dans  le 
sable    Africain     et    retrouvées    intactes, 
s'etîritent     à    présent    assez    rapidement 
dans  les   vitrines  du  British   Muséum,  à 
Londres.    On    peut  voir  là,  sur  un  sup- 
port, une  perruque  Egyptienne  datant  de 
plus   de  quatre    mille  ans,  n'ayant   rien 
perdu  de  sa  couleur  ;  mais,  sous  ses  che- 
veux pendants  et  encore   frisés,   chaque 
année  on  recueille   dans  un  bocal  voisin 
les  parcelles   qui    tombent   de   dessèche- 
ment. 


4?o 


Non  loin,  dans  une  autre  vitrine  et  da- 
tant de  la  même  époque,  se  trouve  un  ca- 
davre humain  entier,  à  la  peau  nue  au 
crâne  encore  chevelu.  Cette  chevelure  est 
crépue  et  raccourcie  par  l'usure;  sa  teinte 
est  encore  brune  près  du  cuir  chevelu 
mais  elle  a  subi  à  tel  point  l'oxydation 
dont  il  est  parlé  plus  haut,  que  graduelle- 
ment elle  arrive  au  roux  brique  vers  .les 
pomtes,  dont  les  plus  longues  n'ont  guère 
plus  de  dix  centimètres. 

A  Paris,  au  musée  Guimet,  on  peut 
voir  sur  les  momies  de  Thaïs  et  autre-; 
bien  moins  anciennes  il  est  vrai,  des  che-^ 
velures  ne  paraissant  pas  avoir  souffert 
dans  .eur  longueur  qui  est  très  grande 
mais  comme  on  ne  les  a  jamais  débarras- 
sées de  la  chaux  et  des  poussières  accu- 
mulées, personne  ne  pourrait  dire  de 
quelle  couleur  elles  sont,  et  encore  moins 
de  quelle  couleur  elles  furent. 

E.  Long. 


irouuailUs  tt  €unmtén 


L5  duchesse  d'Abrantès.  Lettre 
iîî édite  à  Victor  Hugo.  —  Ecrire,  tou- 
jours écrire,  aura  été  le  lot  de  cette  pro- 
digue à  qui  laProvidence  a  ménagé  toutes 
les  grandeurs  et  toutes  les  déceptions. 
Ecrire  des  romans,  écrire  des  menaces^ 
écrire  des  lettres.  Sa  plume  incontinente 
n'a  pas  connu  d'arrêt. 

La  lettrequ'on  va  lire  et  qui  se  trouvait 
chez  Mme  Juliette  Drouet,  fait  partie  du 
fonds  inépuisable  de  Noël  Charavay.  Elle 
a  été  é  rite  à  Victor  Hugo. 

Mme  d'Abrantès  vient  d'éprouver  une 
fois  de  plus  l'inconstance  du  cœur  ;  Bal- 
zac songe  à  faire  une  fin.  Elle  n'est  plus 
jeune,  elle  se  débat  contre  le  temps  et 
contre  la  gêne.  Elle  cherche  un  nouveau 
personnage  illustre.  Elle  songe  à  Hugo. 
Elle  révérait  d'un  vo3'age  avec  lui,  en  Es- 
pagne. Elle  cajole,  elle  le  flatte  ;  elle  le 
prend  par  son  faible.  C'est  un  dieu  exclu- 
sif et  jaloux  :  elle  sacrifie  sur  son  autel 
Lamartine.  Ruse  inutile.  ' 

Le  poète  resta  de  glace.  Il  avait  ses 
habitudes,  et  son  souci  de  l'économie,  le 
gardait  des  aventures  onéreuses. 

La  duchesse  d'Abrantès  s'en  consola 

pour  s'en  repentir  —  dans  les  bras  d'un 


I 


fjo  134 1    Vol.  LXV. 


L'INTBRMED4AIRE 


431 


mauvais  sujet  :  ce  fut  le  dernier  rayon  de 
ce  cœur  vagabond,  la  dernière  épine 
d'une  couronne  de  roses,  avant  la  mort 
lamentable,  sur  un  grabat  d'emprunt  de 
cette  descendante  des  Comnène  qui  avait 
été  la  femme  d'un  conquérant  du  Portugal 
aux  pouvoirs  plus  étendus  que  ceux  d'un 
roi... 

30  Décembre  1835. 

le  sais  que  vous  n'aimez  pas  ce  qu'on  peut 
appeler  des  intrigues,  mais  je  sais  aussi  que 
vous  savez  compter  sur  une  amie  telle  que 
moi. Comment  vous  ne  m'avez  pas  dil^u'enfin 
vous  faisiez  l'honneur  à  l'Académie  de  vous 
présenter  —  oui,  VJionneur .  Je  ne  le  dis 
qu'à  vous  pour  ne  pas  fâcher  ou  blesser  leur 
orgueil!...  et  moi  qui  n'ai  pas  fini  votre 
biographie!...  Si  l'on  pouvait  en  mettre  un 
fragment  aux  débats  comme  objet  de  litté- 
rature ?  Je  ne  leur  en  demande  rien, seulement 
qu'ils  le  mettent  et  qu'ils  le  placent  à  temps 
et  en  place  opportune  à  cause  de  mon  atta- 
chement pour  vous.  Ce  serait  la  partie  la 
plus  littéraire  de  l'article. 

Venez  donc  nie  voir,  quMl  y  a  longtemps 
que  je  ne  vous  ai  vu  —  et  Madame  Hugo  et 
les  petits  :  il  me  somble  qu'il  y  a  des  siècles 
que  je  n'ai  aperçu  tout  ce  qui  vous  tient. 
Quant  à  vous,  mon  immortel  ami,  vous  qui 
survivez  comme  Homère  aux  siècles  et  aux 
hommes  de  notre  âge,  salut  à  vous  à  cette 
fin  d'année  où  vous  grandissez  encore  comme 
le  jour  vient  après  ce  crépuscule,  cette  lueur 
incertaine  que  ^ous  avez  donnée  pour  mar- 
raine à  votre  dernière  œuvre.  Salut  à  vous, 
mon  immortel  ami  !  Vous  êtes  aussi  vous 
comme  Homère!  vous  êtes  le  grand  Poëte  de 
l'époque...  on  peut  vous  traduire  dans  toutes 
les  langues,  vous!...  partout  vous  y  serez 
grand,  partout  vous  y  serez  >.ompris!...  J'ai 
souvent  des  luttes,  dont  au  reste  je  sors 
triomphante. 

Comprenez-vous  qu'hier  on  me  disait  que 
M.  de  Lamartine  était  jaloux  de  vous  I  Ja- 
loux de  vous,  bon  dieu...  et  pourquoi  ?  et 
de  quoi.>a-t-il  la  prétention  d'être  poëte?  il 
fait  des  vers,  à  la  bonne  heure,  voilà  tout  : 
mais  si  ce  n'est  que  cela  Danglemont  rime 
mieux  qu'homme  de  France.  Vous  allez  vous 
récrier.  Danglemont  et  M.  de  Lamartine  ! 
Sans  Joute  c'est  ur:  blasphème,  mais  je  ne 
me  traîne  pas  vulgairement  sur  les  traces  du 
jugement  des  autres  et  je  ne  m'agenouille  pas 
devant  M.  de  Lamartine  parce  qu'on  s'y  est 
.ngenouillé.  Je  le  lis  —  il  m'ennuie  et  je  le 
juge.  Je  ne  force  personne  à  prendre  mon 
opinion,  je  ne  l'émets  même  pas  en  public. 
Je  me  borne  à  n'en  pas  parler. 

Et  le  silence  alors  est  la  leçon  des  Rois  ! 

Mais  vous  mon  immortel  ami,  vous  !  vous 
à  qui  l'envie  ne  peut  ilonner  que  des  coups 
de  griffes  mal  appliqués,  quoique  bien  allon- 


ges, vous  êtes    mon 
dieu  des  vers,  de   la 


432   

héros  de  poésie  !  mon 
prose  et  de  la  parole 
écriie  et  parlée.  Vos  vers  renferment  des 
pensées,  et  ces  pensées  traduites  font  la  gloire 
de  toutes  les  littératures.  Je  ne  puis  vous  dire 
mieux. 

Maintenant  que  pouvons-nous  demandera 
la  littérature?  —  des  hommes  comme  vous, 
mais  ils  sont  rares,  mon  Dieu  I... 

M.  de  Lamartine  n'a  que  du  coton  dans  le 
cœur.  C'est  un  cœur  de  coton  et  une  tête  de 
vent.  Il  ne  parle  que  de  lui.  Voyez  plutôt 
son  Voyage  en  Egypte?  C'est  une  moquerie 
et  une  volerie  —  d'argent  et  de  temps.  Ah  I 
si  vous  taisiez  un  voyage  !  Allons  à  Gre- 
nade, voulez-vous?  Allons,  je  serai  votre 
guide  au  milieu  des  Ruines  de  l'Alhambra  et 
du  Généralif  J'y  ai  passé  de  si  longues 
heures  !..  Ah  !  que  j'y  ai  été  tout  à  la  fois 
heureuse  et  malheureuse  !  Combien  l'époque 
de  ma  vie  où  le  cœur  me  battait  au  bruit 
d'un  pas,  au  son  d'une  voix,  se  rattache  à  ces 
vieilles  murailles  mauresques  dont  le  maibre 
blanc  aux  délicates  marguerites,  aux  versets 
pieux  de  l'Alcoran  sont  .encore  imprégnés 
pour  ainsi  dire  du  parfum  de  rose  des  tètes 
de  jeunes  filles  qui  s'appuyaient  contre  leurs 
fraîches  saillies.  Eh  oui  partons  pour  l'Anda- 
lousie !  mais  comment  aller  dans  ce  pays  qui 
est  un  Eden  habité  par  des  Démons  !  Hélas  ! 
sommes-nous  mieux?  non.  —  Mais  j'avoue 
que  le  rêve  de  ma  vie  serait  de  faire  avec 
vous  ce  voyage,  ou  celui  de  Naples  ou  de 
Venise  !  AI!ons-y  cet  été  I  voulez-vous  ?  ..En 
s'embarquant  à  Marseille  sur  le  bateau  à  va- 
peur, nous  y  serons  en  3  jours.  Votre  petite 
Dédé  et  puis  Dine  s'-n  trouveraient  bien  et 
.elles  auraient  deux  mères.  Allons  mon  cher 
Victor,  venez!  Quant  à  moi,  j'en  serai  heu- 
reuse comme  d'un  autre  bonheur,  et  c'est 
beaucoup  dire  pour  une  âme  comme  la 
mienne. 

Adieu,  dites-moi  rapidement  et  prompte- 
ment  ce  que  vous  voulez  faire  des  Académi- 
ciens, dites  cela  à  votre  sœur,c\sr  moi  ;  dites- 
moi  quels  sont  ceux  que  vous  craignez,  et 
ceux  qui  vous  aiment.  Votre  lettre  sera  brû- 
lée aussitôt,  je  vous  le  jure  sur  l'honneur, 
comme  un  homme.  Et  puis  une  autre  chose. 
Voulez-vous  que  je  vous  dédie  un  ouvrage, 
un  roman  que  je  fais  à  présent,  c'est-à-dire 
des  scènes  de  la  vie  espagnole.  Dites-m.oi  si 
cela  ne  vous  déplairait  pas?  Ou  cela  ou  un 
roman  de  mœurs  que  je  fais  dans  ce  moment. 
Adieu,  mille  amitiés  bien  tendres, 
La  duchesse  d'Abrantès. 


Lt  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUHIL 

Imp.  Oanuîl-Chambom,  St-Amand-Mont-Rond 


LXVI'  ?Olnm«      Paraissant  Us     lo,  ao  et    jo  de  chaque  mois 


10  Octobre  1112 


48»  Année 

SS  ".r.Victor-Mttssé 
PAKIS  (iX«> 

Bureau   :  de3  iCbeures 


QU^âCB 


Chirchez  et 
voua  trouverez 


g       //  se  faut 

S       intr'aider 

a 
o 


N»  1342 

Sl'^'.r.VIctor.Uass 
PARIS  (IX«) 

Sureaux:  àeSh  Gbemos 


nUxméb  xaixe 


DES    CHERCHEURS    ET   CURIEUX 

Fondé   en    1864 


QUESTIONS     ET     RÉl-ONSES     LITilîlUlUES,     HISTORIQUES,    SCIENTIFIQUES     ET    AUHSTlQUiS 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


433 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonvme,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signes  di  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Qtiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pat  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


434    — 


\ 


(âueôtioiîd 


Le  second  testament  de  touisXVI. 

—  M.  Henri  Rochefort  écrit  dans  la  Pa- 
trie (!•'•  octobre   19 12)  : 

Je  viens  de  faire  une  découverte  qui  compte 
dans  la  vie  d'un  homme  et  même  d'un  peu- 
ple :  celle  du  testament  de  Louis  XVI,  écrit 
tout  entier  de  sa  main  et  portant  ces  mots  : 
fait  douhl:  à  ].i  tour  du  Temple,  le  25  dé- 
cembre 1793.  Ce  document  provient,  pa- 
raîtil,  des  descendants  de  Cléry,  entre  les 
mains  duquel  il  aurait  été  remis.  En  tout 
cas,  son  authenticité  est  incontestable, 
l'écriture  de  Louis  XVI  étant  d'ailleurs  très 
connue.  Il  est  même  à  peu  près  certain  que 
c'est  là  le  premier  testament  qui  a  été  écrit, 
comme  l'attestent  deux    ratures,  dont    l'une 


assez  longue  et  qu'il  m'a  été  impossible  de 
déchiffrer.  C'est  à  Aix-les-Bains  même  que 
j'ai  fait  cette  trouvaille.  Autant  que  je  me 
le  rappelle,  le  testament  du  roi  avait  été  re- 
mis à  la  Convention  par  Malesherbes,  et 
c'en  est  le  double  qui  est  aujourd'hui  entre 
mes  tiiains.  En  effet,  Louis  XVI,  qui  pou- 
vait s'attendre  à  tout,  aura  tenu  à  ce  que  ce 
précieux  papier  ne  fût  pas  soit  égaré,  soit 
supprimé  par  elle.  Le  malheureux  y  fait 
mention  de  son  procès,  dont  on  ne  peut  pré- 
voir l'istue.  Mais,  plus  loin,  il  ajoute  :  «Si 
Dieu  me  conserve  la  vie  »,  ce  qui  prouve 
qu'il  ne  croyait  que  vaguement  à  sa  con- 
damnation. N'ayant  pas  le  texte  du  premier 
testament  sous  les  yeux,  j'ignore  s'il  est  ab- 
solument conforme  à  celui  que  je  possède. 
11  y  affirme  de  la  façon  la  plus  orthodoxe  ses 
croyances  religieuses,  et  s'y  proclame  sou- 
mis sans  restrictions  à  toutes  les  lois  de 
LEglise.  A  maintes  reprises,  il  revient  sur 
l'obéissance  qu'il  leur  doit.  11  est  impossible 
de  se  montrer  plus  soumis  aux  décrets  de  la 
Providence. 

Le  papier  de  cette  pièce  historique  est  très 
jauni  et  tant  soit  peu  endommagé,  sans  qu'il 
ait  souffert  de  détérioration  sensible,  car  pas 
un  mot  n'y  manque.  On  voit  dans  le  fili- 
grane apparaître  nettement  les  armes  roya- 
les. Or,  les  rois  de  France  seuls  se  servaient 
de  ce  pjpier-là.  Au  surplus,  aucun  homme 
un  peu  versé  dans  la  connaissance  des  auto- 
j^raphes  ne  songera  à  discuter  celui-ci.  11  est 
possible  que  le  roi,  qui  n'avait  rien  à  faire 
dans  sa  prison,  ait  modifié  ou  même  refait 
son  testament,  mais  les  corrections  qu'il  y 
aurait  pratiquées  ne  le  rendraient  que  plus 
cuiieux. 

D'ailleurs,  cette  expression  fait  double, 
indique  qu'il  a  rédigé  deux  fois  ses  dernières 
vo'ontés.  Que  serait  devenu  le  second  manus- 
crit, s'il  n'était  pas  resté  à  Cléry  ?  Une 
picce  de  cette  importance   ne    se  perd  pas    il 

LXVL  -  10. 


N»  1343  Vol.  LXVl. 


L'INTBRMBDlAlRfi 


435 


436 


faut  nécessairement  qu'elle  soit  quelqtae  part. 
Il  n'y  a  donc  rien  de  surprenant  à  ce  qu'elle 
soit  chez  moi. 

C'est  peut-être  l'occasion  de  poser  celte 
question  :  sait-on  ce  qu'est  devenu  le 
double  .''M.  Henri  Rochefort  croit  qu'il  a 
été  donné  à  Cléry.  iVl.  Léon  GsuUier, dans 
son  recueil  :  L'Histoiie  de  France  par  le 
document  dit  qu'il  fut  reçu  par  Maksherbes 
qui  réussit  à  le  faire  passer  à   Tétranger. 

S'il  y  eut  deux  testaments,  que  sait-on, 
d'exact,  sur  celui  qui  n'est  pas  venu  aux 
Archives  .?  M. 

La  voiture  de  Napoléon  à  Water- 
loo. —  Ou  peut-on  trouver  des  renseigne- 
ments ï'Ur  la  voiture  que  Napoléon  perdit 
à  la  bataille  de  Waterloo  et  qui,  le  soir 
du  i8  juin  1815,  fut  capturée  par  les 
Prussiens?  il  est  bien  entendu  que  je 
connais    les  renseignements   donnés   sur 


ce  point  par  H.  Houssaye. 


X.  X. 


Le  lieutenant-colonel  StofEel  et 
l'histoire  des  Cent  Jours.  —  Le  lieu- 
tenant colonel  Stoflel  avait  écrit  un  livre 
relatif  à  {'Histoire  militaire  des  Cent  Jours 
et  dont  le  manuscrit  n'était  pas  encore 
livré  à  l'impression  lorsqu'il  mourut. 

Un  de  nos  confrères  pourrait-il  nous 
dire  quels  sont  les'  héritiers  du  Colonel 
qui  possèdent  actuellement  ce  manuscrit 
et  s'ils  ont  l'intention  de  le  faire  paraître  ? 

A.  D.  S. 

Contrôle  sous  l' Ancien-Régime. 
—  J'avais  toujours  entendu  dire  que  le 
Contrôle,  organisé  à  la  fin  du  xvii«  siècle, 
(précurseur  Je  l'Fnregistrement)  ne  por- 
tait que  sur  les  actes  notariés.  Or,  dans 
le  Bulletin  du  Vieux-Papier,  du  i*"' sep- 
tembre, on  cite  une  circulaire  adressée 
aux  Contrôleurs  des  actes,  où  il  est  dit 
que  )e  «  Relevé  des  Extraits-Mortuaires 
est  imparfait...  préjudiciable  à  la  Fer- 
me ..  //  Cette  circulaire,  datée  de  175s, 
vient  de  Bordeaux.  Comment  les  contrô- 
leurs pouvaient-ils  examiner  les  registres 
paroissiaux  concernant  les  décès  .^  Que 
fa'sait  on  de  ces  extraits  mortuaires  ?  Le 
Giand  Larousse  ne  dit  rien  du   Contrôle. 

Garumnus. 

Famille  Le  Pelletier  de  Saint- 
Fargeau.  —  Louis- Michel  Le  Pelletier 
de  Saint-Fargcau,   le    conventionnel  régi- 


cide assassiné  le  20  janvier  1793,  avait 
un  frère,  Félix,  qui  adopta,  comme  Mi- 
c'iîïl,  les  principes  de  ia  Révolution,  fut 
compromis  dans  l'alTaire  Babeuf,  dans 
lafTaire  de.  la  machine  infernale,  exilé  par 
la  Restauration  et  mourut  à  Paris  en 
1837.  M.Ch.  Sellier, L'/?ciW  de  Saint-Far- 
geau  (Corresp.  histor.  et  archéol.,  1895,  p. 
290-293), donne  à  Félix  le  nom  de  Le  Pel- 
letier des  Forts.  Je  désirerais  savoirquelle 
parenté  unissait  les  deux  frères  à  Etien- 
ne-Fer Jinand-Michel  Le  Pelletier  des  Forts, 
qui  épousa  Pauline  Terray,  fille  d  Antoine- 
Jean  Tcrray,  guillotiné  en  1794,  et  nièce 
du  fameux  abbé  Terray.  Existe-t-il  quel- 
que ouvrage  ou  article  sur  cette  famille  ? 

A.  B.  R. 
[Voir    Révolution     Française^    14   sep- 
tembre 19 12.   «  Félix  Le  Pelletier  »  par 
Ph.  Daily.] 

Famille  Paynel  en  Normandie.  — 

Existe  t-il,en  dehors  de  celle  que  donnent 
Lachenaye  Desbois  et  Badier  une  généalogie 
des  Paynel,  seigneurs  de  Hambyeaux  xiv" 
et  xv"  siècles  .''Quels  furent  les  ascendants 
de  Philippe  Paynel,  abbesse  de  Mau- 
huisson  (-f  en  1  390)  ?  Le  tombeau  de  cette 
dernière  portait  quatre  écussons  :  i°  D'or 
à  deux  fasces  d'azur  et  neuf  merlettes  du 
même  mises  en  or  h,  4,  2  et  ^  (Paynel)  ;  2° 

De a  H   lion  de ;  3     De plein  ; 

4°  Fuselé  de etde Peut-on  identifier 

ces  armoiries  d'alliances  ?      Qu^snOR. 

Maison  natale  de  Madame  de 
Staël.  —  Je  ne  sais,  vraiment,  comment 
témoigner  ma  reconnaissance  à  Messieurs 
les  intermédiairistes  qui  ont  bien  voulu 
répondre  à  ma  question  sur  le  mont  Pa- 
gnctte.  Qu'il  me  soit  permis,  en  manière 
de  remerciement,  de  leur  soumettre  un 
renseignement  sur  {'Histoire  de  Paris  que 
je  crois  inédit  :  c'est  le  lieu  de  naissance 
de  Madame  de  Stacl. 

Necker,  associé  de  Thélusson,  se  ma- 
riait, à  Paris,  à  la  chapelle  protestante  de 
l'Hôtel  de  HolLmde.  Il  demeurait  alors 
rue  Michel  Le  Comte.  Sa  fille,  la  future 
Madame  de  Staël,  baptisée  à  la  chapelle 
de  l'Hôtel  de  Hollande,  était  née  dans 
cette  même  rue,  en  1766.  Il  est  donc, 
d'après  cela,  vraisemblable  que  iVlme  de 
Staël  naquit  au  n"  28  (actuel)  de  la  rue 
Michel  le  Comte,  dans  l'hôtel  de  la  Trousse 
ou  de  Bouligneux,    charmante    demeure 


DES  CHERCHEURS  UT  GLiRlliUX 


10  Octobre  1912 


43: 


438 


que  l'on  peut  voir  encore  aujourd'hui, 
mais  il  faut  se  hâter,  parce  que  le  prolon- 
gement de  la  rue  Etienne-Marcel  va  le  faire 
prochainement  disparaître,  Maisles  Necker 
déménagent  cette  même  année,  et  si  Co- 
rinne n'est  pas  née  rue  Michel  le  Comte, 
elle  serait  venue  au  monde,  rue  de  Cléry  : 
je  ne  le  crois  pas.  Dans  tous  les  cas,  si 
elle  n'est  pas  née  là,  elle  y  a  été  connue. 
J'ai  fait  prendre  deux  clichés  de  l'hôtel 
n»  28.  A-t-on  la  preuve  de  la  naissance 
rue  de  Cléry  ? 

Piton. 

Armoiries  de  Paris  en  écartelé. 

—  j^  possède  l'écusson  suivant  (gravure 
sur  bois)  signé  Millière,  177J.  Dans  un 
cartouche  rond  entre  deux  demi-corps  de 
sphinx,  les  pattes  appuyées  sur  un  livre, 
sont  les  armoiries  suivantes  :  écarteléaiix 

1  et  /f  d' a:(iir  à  ^  fleur delys  d'or^  au  nuage 
d'argent  mouvant  du  bord  du  chef,  duquel 
se  détache  une  main  tenant  un  livre  ;  aux 

2  et  ^  les  armes  de  la  ville  de  Paris  sans  le 
chef  ;  au  chef,  sur  le  tout,  d'a:(ur  semé  de 
fleurdely%  d^or.  ' 

11  semble  qu'il  s'agit  de  quelque  collège, 
ou  corporation  savante,  du  xviu^  siècle. 
Puis-je  le  savoir  ?  St-Saud. 

Archevêque  de  Rîaodes.  -—  Qui 
était  évêque  ou  archevêque  de  Rhodes  en 
1495,  portant  comme  armoiries  :  écaitelé 
de.  ..    à  la  croix  de...   et  de...  à  la  croix 

ancrée  de ? 

La  Coussière. 

Armoiries  à  déterminer  :  3  abeil- 
les —  Au  chanib  d'azur  cb.ir^é  de  trois 
abeilles  (probablement  d'or)  posées  2  et  i . 

Couronne  de  comte.  Semble  apparte- 
nir à  une  famille  bourguignonne. 

G.  DE  Massas. 

Armoiries  sur  un  livra  de  1671. 

—  Au  i  et  4  d'argent  ,  à  la  fasce  de 
gueules  ;  au  2  et ^  d\..  semé  de  fleurs  de 
lys  d' ...  Un  autre  écu  est  accolé  au  pre- 
mier :auiet^  d' .  .  au  sautoir  d'  . .  ;  au 
2  et  ^  d'hermine  an  ch^f  cousu  de  gueules. 

L'écu  double  surmonté  d'une  couronne 
de  duc,  manteau  de  pair,  colliers  de 
Saint-Louis,  Saint-Michel,  etc.,  etc.  Ces 
armoiries  appartiennent  à  une  duchesse, 
femme  d'un  pair  en  1671. 

Qui  Êst  elle  .?  L.-Léon-Dufour. 


Plaque  de  garde-chasse  du 
XVIII"  siè 4e.  Armes  à  identifier. 
—  D'argent  à  trois  hures  de  sanglier  de.  . 
accompagné  d'argent  au  chevron  d'azur 
chargé  de  six  fleurs  de  lys  de...  et  accompa- 
gné de  ^   coq%  hardis  de timbré  d' une 

couronne  de  mirquis  et  entouré  d'un  riche 
cartouche  Louis  X  VI.  Cette  plaque  a  été 
trouvée  en  terre  dans  les  environs  de 
St-Quentin  et  appartenait  probablement 
à  une  famille  picarde.  M.  H.  B. 

L'épitaphe  de  Philibert  de  Né- 
restan  à  Angers.  — ■  A  t-on  conservé 
et  où  pui5-je  trouver  le  texte  de  cette 
épitaphe,  qui  existait  autrefois,  gravée 
sur  un  cuivre,  dans  l'église  de  la  Bau- 
mette.  C'est  en  effet  là  que  fut  déposé  le 
cœur  de  ce  Nérestan,  blessé  mortellement 
à  l'attaque  du  Pont-de-Cé  en  1620. 

D.  A. 

La  «  Tribune  des  Départements  » 
à  retrouver.  —  le  viens  vous  prier  de 
m'assister  dans  les  recherches  que  j'ef 
fectue  en  ce  moment  au  sujet  d'un  jour- 
nal qui  a  paru  en  1830  et  que  je  ne  re- 
trouve ni  dans  les  collections  de  la  Bi- 
bliothèque Nationale  de  France,  ni  dans 
celles  de  Belgique,  ni  de  La  Haye,  ni  au 
British  Muséum  de  Londres. 

Je  pense  ainsi  avoir  épuisé  toute  la  do- 
cumentation ordinaire  à  laquelle  je  pou- 
vais m'adresser. 

Je  fais  d'aucres  recherches  cependant 
encore^  mais  j'ai  cru  qu'il  serait  bon  de 
demander  l'intervention  de  votre  pré- 
cieuse revue. 

je    recherche    une  «  lettre    ouverte    » 
d'un  homme  politique  de  la  période  révo 
lutionnaire  belge  de  1830,  M.  de  Potter, 
qu'il  a  adressée  au  roi  Guillaume  de  Hol- 
lande. 

Cette  lettre  a  été  publiée  dans  un  or- 
gane ou  revue  dit  La  Tribune,\tt  elle 
était  datée  de  Paris,  le  24  août  18^0. 

J'ai  recherché  dans  nos  archives, et  voi- 
ci le  seul  journal  qui  me  paraît  répondre 
à  l'appellation  donnée  par  de  Potter  : 
«  La  Tribune  des  Départements,  journal  po 
litique  qui  parut,  avec  quelque  interrup- 
tion, du  8  juin  1829  au  11  mai  1835  et 
porta  successivement  le  titre  de  Tribune 
des  Départements,  Tribune  du  Mouvement, 
puis  Ttibune  politique  et  Littéraire.  Fondée 
par  Auguste    et  Victorin   Fabre,  rédigée 


N» 


1343, 


Vol.  LXVI. 
439 


L'INTBRMtDlAIRB 


440 


avec  autant  d'habilité  que  d'énergie  suc- 
cessivement par  Germain  Sarut,  Bascans 
et  le  brillant  polémiste  Armand  Mar- 
rast.  » 

Où  pourrait-on  retrouver  ce  ou  ces  nu- 
méros du  24  soùt  1830  de  l'organe  en 
question,  afin  d'en  avoir  communication 
ou  faire  copier  la  lettre  ouverte  dont  il 
s'agit?  B. 

Charapfleury  :  plaquette  sur  H. 
de  Balzac.  —  Champfleury,  dans  les 
dernières  années  de  sa  vie,  publia  une  sé- 
rie de  petites  plaquettes  in- 16,  carré,  im- 
primées sur  papier  de  Hollande,  qu'il  in- 
titulait modestement  :  Documents  pour 
servir  à  la  Biographie  de  Bali^ac  :  1°  Bal- 
zac propriétaire,  1875  ;  —  2°  Balzac  au 
Collège^  1878,  — -  3"  Balzac,  sa  méthode 
de  travail,  1879;  —  et  4"  (celui-ci,  an- 
noncé seulement,  ainsi  sur  la  couverture 
des  premiers  :  «  Pour  paraître  prochaine- 
ment >*  :  Bal:(ac.  Vhomme  et  l'ceuvre,  et 
non  publié,  que  je  sache.) 

Sait-on  si  Champfleury,  à  sa  mort, 
laissa  quelques  notes  dignes  d'intérêt, 
destinées  dans  la  pensée,  aux  autres  pla- 
quettes balzaciennes,  qu'il  se  proposait 
de  publier.?  Ulric  R.-  D. 

La  ((  hanche  »  du  Lièvre  et  du 
perdreau.  —  Chassant  en  Seine  ct-Oi«c 
non  loin  de  Rambouillet  (mais  pas  chez 
notre  Président)  je  demandais  à  un  garde 
s'il  n'avait  pas  vu  giter  un  lièvre  ou  *<  re- 
mettre »  un  perdreau 

—  Non,  me  répondit-il.  Le  lièvre  ?  le 
perdreau  ?  On  en  a  perdu  la  hanche  (sic). 

j'ai  cru  deviner,  mais  je  n'ai  pas  com- 
pris exactement. 

Et  je  voudrais  bien  comprendre  ? 

A.  d'E. 

Vombrissement.  —  Ce  mot,  assez 
souvent  employé  en  parlant  du  «  chant  /> 
desai^eilles...  ou  des  feuilles,  n'est  ni  dans 
le  «  Larousse  »  ni  dans  le  «  Littré.>  D'où 
vient-il  ?  A.  d'E. 

Portrait  par  Guérin  à  identifier 

—  Unportraitdhommc  (Guérin  delincavit 
B    Rr'ger  sculpsit),  avec  cette  légende  : 

Du  feu  de  son  génie  il  anima  la  Danse  : 
Aux  beaux  jours  de  la  Grèce  il  tut  la  rappeltr, 


Et  recouvrant  par  lui  leur  antiqae  éloquence. 
Les  Gestes  et  les  Pas  aprirent  (sic)  à  parler. 


Indiculus  universalis.  —  Un  de  nos 
confrères  pourrait-il  me  donner  le  titre 
plus  complet,  la  date  et  le  lieu  de  publi- 
cation et  le  nom  de  l'auteur  d'un  petit 
volume  in- 12  ou  in- 18,  publié  au  xviieou 
xviii*  siècle,  qui  était  un  dictionnaire 
français  latin  des  mots  représentant  des 
objets  dont  les  rom.ains  n'avaient  pas  eu 
connaissance  ? 

Cet  ouvrage  devait  être  antérieur  à  ce- 
lui que  Noël,  inspecteur  général  de  l'Uni- 
versité, a  critiqué  dans  la  préface  de  son 
Dictionnaire  français-latin,  pour  être  par- 
venu à  grossir  son  volume  en  y  insérant 
la  traduction  (ou  la  paraphrase)  en  latin, 
de  mots  tels  que  alanniste,  chouan,  liher- 
ticide,  ultra-révolutionnaire .  —  De  ce 
dernier  ouvrage  au9«t,»je  serais  désireux 
d'avoir  la  spécification  plus  précise.  — )e 
n'ai  plus  le  Dictionnaire  français-latin  de 
son  successeur  et  concurrent  Noël  (Fran- 
çois Joseph)  qui  le  définit  dans  sa  pré- 
face . 

V.  A,  T. 


La  chevelure  des  musiciens.  — 
C'est  un  fait  reconnu  que  les  chanteurs, 
les  pianiites,  portent  volontiers  leurs  che- 
veux plus  longs  que  le  commun  des  mor- 
tels. Qyelle  en  est  la  raison  ?  Est-elle 
d'ordre  physiologique,  psychologique,  ou 
bien  faut-il  reconnaître  la  survivance  de 
cette  croyance  générale  et  très  ancienne 
qui  attribue  aux  longues  chevelures  une 
valeur  magique  ?  (cf.  Frazer,  Le  Rameau 
d'or,  trad.  Sticbel-Toutain,  1,  p.  29';  sq.). 
Dans  l'Eglise  primitive,  au  vi*  siècle,  les 
chanteurs  et  les  diacres  aimaient  à  entre- 
tenir leur  longue  chevelure  étalée  sur 
leurs  épaules,  et  Grégoire  le  Grand  dut 
leur  interdire  de  «  nourrir  leur  cheve- 
lure v>  (Gastoué,  Lart  grégorien,  p.  18, 
29).  W.  D. 

Un  temps  de  demoiselle.  ~  Pour- 
rait-on me  donner  quelque  explication 
sur  le  sens  et  l'origine  de  cette  expres- 
sion :  Un  tjmps  de  dcnioiscUc  ?  Fst-ce  un 
provincialisme.?  Si  oui,  de  quelle  pro- 
vince ?  + 


DBS  CHERCHiiUKS  HT  CUKIKUX 


lo  Octobre  191a 


441 


442 


fiépan^e^ 


Louis  XVII.  Sa  mort  au  Temple  : 
Documents  inédits.  —  Le  récit  de 
Bergoeiag  (T.  G..  534  ;  XLIX  ;  LXI  ; 
LXIU  à  LXV).  —  On  vient  de  trouver 
un  document  qui,  en  dépit  de  certaines 
inexactitudes  matérielles,  confirmera,  une 
fois  de  plus,  que  Louis  XVII  est  bien  mort 
au  Temple. 

Le  document  dont  il  s'agit  qui  n'a 
jamais  été  publié,  et  dont  l'authenticité 
est  indiscutable,  nous  est  communiqué 
par  M.  Noël  Charavav,  qui  >Ie  détient 
dans  ses  riches  collections  d'autographes. 
C'est  une  relation  manuscrite,  écrite  par 
un  inconnu,  datée  de  décembre  1824,  et 
qui  reproduit  un  récit  fait  à  cet  inconnu 
par  Bergoeing,  des  derniers  moments  du 
royal  prisonnier  du  Temple. 

Bergoeing,  chirurgien,  était  député  de 
la  Gironde. 

Il  avait  été  nommé,  en  prairial  an  III, 
membre  du  Comité  de  sûreté  générale.  Ce 
fut  à  ce  titre  qu'il  s'associa  à  la  désigna- 
tion de  Desault,premierofficier  de  santé  de 
l'Hôtel-Dieu  pour  visiter  le  Dauphin  dont 
on  venait  de  signaler  le  grave  état  ;  qu'il 
signa  l'arrêté  du  17  prairial  qui  nommait 
Pelletan  à  la  place  de  Desault  mort  subi- 
tement ;  l'arrêté  du  19  prairial  qui  adjoi- 
gnait Dumangin  à  Pelletan,  et  l'arrêté  du 
20  prairial,  permettant  aux  chirurgiens 
et  médecins  de  désigner,  pour  le  Dauphin, 
une    garde   malade  de  leur  choix 

Enfin,  après  la  mort  de  Louis  XVII, 
c'est  Bergoeing  qui,  ^vec  Kervélégan,  est 
désigné  pour  s'assurer  que  ces  derniers 
ordres  ont  tous  été  exécutés. 

«  A  onze  heures  du  soir,  sont  arrivés 
les  représentants  du  peuple  Kervélégan 
et  Bergoeing,  chargés  par  le  Comité  de 
Sûreté  Générale,  dont  ils  sont  membres, 
de  s'assurer  de  l'exécution  de  différents 
arrêtés  pris  par  le  Comité  concernant  Ca- 
pet  fils.  » 

(D'après  l'extrait  fait  par  Darnont,  des 
procès-verbaux  du  20  et  21  prairial, et  en- 
registré sur  le  registre  du  Temple  (aujour- 
d'hui disparu). 

Bergoeing   entra  plus    tard   au  Conseil 
des  Cinq  Cents  ;  il  s'y  montra  anti-roya- 
liste acharné.    11   aida  le  Directoire   au    18   I   qu'elle  avait  alors  et  celui  qu'elle  -ut  pi 
fructidor,   et   donna    sa  démission  après  l  ce  qui  rend  le  manuscrit  peu  lisible. 


brumaire.  Le  roi  de  Naples,  Murât,  lui 
confia  un  emploi  dans  ses  Etats.  Au  re- 
tour des  Bourbons,  il  se  tint,  à  l'écart  de 
la  politique.  H  mourut  en  1829. 

Il  n'a  pas  laissé  de  mémoires.  Un  de  ses 
amis  voulut  tenir,  d-  sa  bouche,  en 
1824,  le  récit  de  ce  qu'il  avait  remarqué 
au  Temple,  en  raison  de  son  rôle  et  de 
ses  missions.  Il  écrivit  la  relation  sui- 
vante d'après  les  déclarations  directes  de 
Bergoeing  un  peu  confuses  ou  qu'il  ne 
comprit  pas  toujours  très  bien. 

Détails  relatifs  à  la  mort  du  Dauphin 

relation  que  je  tiens  de  Bergoeing, 

mon  ami. 

Vers  les  premiers  jours  de  prairial,  l'on 
vint  rendre  coiopte  au  Comité  de  Sûreté  gé- 
néfi'le  que  le  Dauphin  était  malade. Dessault. 
membre  de  la  Convention,  fut  chargé  d'aller 
le  visiter  :  en  rendant  compte  de  sa  mission 
il  s'engagea  à  le  rétablir  :  mais  les  troubles 
qui  agitaient  la  capitale  et  les  dangers  qui 
menaçaient  la  Convention,  le  4  prairial, 
frappèrent  à  tel  point  l'imagination  de  Des- 
sault qu'il  tomba  malade  et  mourut  cinq 
jours  après. 

Vers  le  1 1  ou  le  12  l'o  vint  annoncer  que 
le  Dauphin  était  mort.  Le  Comité  de  Sûreté 
générale  envoya  deux  commissaires(Bergoeing 
et  Kervélégan)  constater  le  décès  et  visiter  le 
dongeon  pour  s'assurer  si  Mme  (la  du- 
chesse   d'An )     (i)     ne     manquait     de 

rien.  Les  commissaires  furent  introduits  dans 
une  chambre  qui  avait  été  pratiquée  dans 
l'épaisseur  des  murs  et  qui  tirait  son  jour 
d'une  étroite  et  haute  barbacane  non  vitrée. 
La  largeur  de  cette  chambre  en  pointe  était 
d'environ  6  pieds  sur  2  de  profondeur  :  elle 
était  fermée  par  une  cloison  (B .  ne  se  rap- 
pelle pas  si  elle  était  en  maçonnerie  ou  en 
planches)  l'enfant,  alors  âgé  d'environ  13 
ans,  était  étendu  sur  un  lit  de  sangle  :  il 
avait  toutes  les  articulations  enflées,  les 
commissaires  apprirent  qu'il  avait  toujours 
été  réduit  à  faire  ses  ordures  dans  cette 
chambre  :  ils  visitèrent  le  dongeon  et  l'ap- 
partement de  la  Duchesse  qui,  pendant  cette 
visite,  se  promenait  en  bas  ;  ils  trouvèrent 
tout  assez  bien  ordonné  :  les  cuisines 
bien  propres  et  bien  pourvues  de  tout  ce 
qui  était  nécessaire  ;  le  linge  beau  et  en 
grande  quantité. 

A  la  sortie  du  dongeon,  ils  trouvèrent  la 
Duchesse  appuyée  sur  la  margelle  d'un 
puits  :  (elle  était  avec  Mme  Chanteraine)  mon 
ami  lui   adressa   la    parole  ;  elle  lui  répondit 

(i)  L'interlocuteur  surcharge  cette  expres- 
sion, cherchant  à  la  fois  à  lui  donner  le  titre 

us  tard. 


N»  134a.  Vol.  LXVI. 

'■ 443 

très  facilement  ;  il  lui  demanda  entre  autres 
choses,  s'il  était  vrai  que  Robespierre  fut 
venu  la  voir  ;  elle  confirma  le  fait  et  lui 
marqua  l'endroit,  peu  éloigné  d'elle,  où  il 
était  placé,  sans  mouvement  et  à  la  regarder 
aller  et  venir  ;  il  avait  des  besicles.  Cette 
scène  muette  dura  près  d'une  demi-heure  et 
pendant  ceteups  elle  craignit  plusieurs  fois 
de  tomber  en  faiblesse,  il  revint  une  seconde 
fois:  mais  elle  était  chez  elle  et  ne  le  vit 
point. 

Bergoeing  de  retour  de  sa  proscription  (il 
avait  été  mis  hors  la  loi)  rencontra  Collot 
d'Herbois  à  Orléans  ;  ils  se  reconnurent  et 
Beigoeing  lui  demanda  entre  autres  choscsce 
au'ils  avaient  projeté  pour  le  Dauphin;  la  ré- 
ponse de  Collot  fut  :  Ah  I  ma  loi,  nous  en 
avons  fait  l'affaire  des  médecins. 

11  paraît  donc  que  sa  mort  a  été  le  résul- 
tat de  l'intention  d  1  Comité  de  Salut  public, 
et  que  le  choix  de  la  chambre  où  il  était  ex- 
posé au  vent,  au  fro  et  à  l'humidité,  ainsi 
que  la  nécessité  où  il  était  de  faire  ses  or- 
dures dans  le  lieu  même  où  il  était  enfermé, 
ont  été  la  cause  de  sa  mort. 

Bergoeing  croit  se  rappeler  que  le  Dau- 
phin était  à  deux  étages  au-dessus  de  la  Du- 
chesse, il  ne  saurait  assurer  si  sa  relation 
comprend  deux  visites  ou  une  seule  :  il  croit 
cependant  qu'il  a  été  deux  fois  visiter  cette 
prison. 

Écrit  en  décembre  1824. 

Bergoeing  ne  cherche  pas  à  se  faire  va- 
loir auprès  des  Bourbons  dont  il  n'attend 
rien  ;  c'est  à  un  ami  qu'il  parle  et,  il  ex- 
pose le  rôle  qu'il  a  joué,  sommairement, 
sans  broderies.  La  date  du  1 1  ou  12  est 
erronée  :  c'est  un  lapsus  du  fait  de  sa 
mémoire  ou  de  celle  de  son  interlocuteur: 
c'est  le  20  que  le  Comité  de  Sijreté  géné- 
rale a  appris  la  mort,  c'est  le  21  que 
Bergoemg  a  visité  le  Temple  avec  la  mis- 
sion de  s'assurer  surtout  de  la  manière 
dont  était  traitée  la  sœur  du  Dauphin. 

11  constate  l'état  du  cadavre,  et  les 
conditions  volontairement  cruelles  dans 
lesquelles  le  pauvre  enfant  a  vécu. 

Le  mot  cynique  de  Collot  d'Herbois  *<  Ah  ! 
ma  foi,  nous  en  avons  lait  l'affaire  des 
médecins  >  trahit  ce  que  fut  la  pensée 
secrète  du  Comité  de  Salut  public 

Il  y  a  des  réserves  à  faire  sur  le  pas- 
sage qui  concerne  Marie-Thérèse.  Ber- 
goeing place  la  rencontre  de  ce  dernier 
avec  Madame  royale  le  lendemain  de  la 
mort  du  Dauphin,  et  c'est  en  présence  de 
Mme  Chanteraine,  qu'il  parle  de  Ro- 
bespierre, alors  que  la  prisonnière  «  se 
promenait  en  bas  w. 


LINTËRMBDIAIRB 


444 


Que  Robespierre  soit  venu  voir  la  fille 
de  Louis  XVI  :  cela  semble  certain  et 
d'après  les  mémoires  mêmes  de  Mme 
Royale,  mais  ce  fut  dans  sa  chambre 
qu'entra  Robespierre  : 

ii  11  vint,  un  jour,  un  homme,  que  je 
crois,quiétaitKobespierre;  les  municipaux 
avaient  beaucoup  de  respect  pour  lui  et  sa 
visite  fut  un  secret.  Il  vint  chc:(  nioi.me 
regarda  insolemment,  regarda  les  livres, 
et  après  avoir  chuchoté  avec  les  muni- 
cipaux, il  s'en  alla.  » 

D'après  le  récit  de  Bergoeing,  qui  disait 
tenir  ses  détails  de  la  bouche  de  Marie- 
Thérèse,  la  scène  se  serait  passée  <\  en 
bas  >. 

Or,  Marie-Thérèse  ne  fut  autorisée  à  se 
promener  dans  l'enceinte  qu'après  la  mort 
de  son  frère.  Si  Bergoeing  a  dit  l'avoir 
rencontrée  ,  avec  Mme  Chanteraine, 
appuyée  à  la  margelle  d'un  puits,  le 
8  juin  1795,  il  commet,- semble  t  il,  une 
erreur  de  date,  ce  ne  fut  que  le  20  juin 
que  Mme  Clhanteraine  fut  donnée  comme 
dame  de  compagnie  à  Mme  Royale  ;  et 
c'est  seulement  le  26  juin  que  la  prison- 
nière fut  autorisée  à  se  promener  dans 
l'enceinte  oii  était  située  la  tour. 

Comment  expliquer  ces  inexactitudes  ? 
Par  l'effet  de  la  mémoire  infidèle  de  l'in- 
terprète, ou  parce  que  les  souvenirs  d'un 
homme  de  74  ans  peuvent  être  brouillés  ? 

Plus  vraisemblablement,  parce  que, 
comme  il  croit  d'ailleurs  se  le  rappeler, 
Bergoeing  n'a  pas  fait  qu'une  visite  au 
Temple,  mais  deux,  et  que  c'est  à  la 
deuxième  visite,  qui  a  pu  être  posté- 
rieure, que  cette  rencontre  avec  la  future 
duchesse  d'Angoulême  a  eu  lieu. 

Malgré  certaines  contradictions  et  cer- 
taines défaillances  (i)  qui  se  rencontrent 
dans  ce  récit,  il  n'en  demeure  pas  moins 
un  document  intéressant,  pour  ce  qu'il  fait 
parler  un  des  témoins  les  plus  directs  de 
ce  drame  que  fut  la  mort  du  Dauphin  au 
Temple,  M. 

Les  papiers  de  Courtois  et  le  duc 
Decazes  (LVXl,  281  ).  —  J'ignore  si  une 
partie  des  papiers  saisis  chez  Courtois  a 
été  détruite,  mais  il  est  certain  que  le  duc 
Decazes  s'intéressa  vivement  aux  docu- 
ments recueillis  par  Courtois.  Il  en  joignit 
quelques-uns,  et  non  des  moindres,  à  i^es 

(i)  Comme  Desault  qualifié  membre  de  la 
Convention. 


DBS  CHERCHEURS   BT  CURIEUX 


lo  Octobre  \^i» 


445 


446 


papiers  personnels  et  l'on  pouvait  voir 
dans  les  archives  du  feu  duc,  il  y  a  peu 
de  temps  encore,  des  documents  qui  ont 
figuré  sur  l'inventaire  des  papiers  saisis 
chez  Courtois.  Ces  documents  composent, 
peut-être,  la  partie  que  l'on  croit  détruite. 
M.  Ernest  Daudet  pourrait,  mieux  que  (}ui 
ce  soit,  donner  des  détails  précis. 

B.  (de  Ch.). 


Du  dernier  catalogue  Noël  Chavaray  : 

740^0  Louis  XVlll  (document  sur).  — 
Minute  aut.,  avec  ratures  et  correction,  d'une 
lettre  du  comte  de  Damas;  Paris,  3  novembre 

1824,3  P-  '"-4- 

Curieusô  lettra  dans  laquelle  il  donne 
des  instructions  pour  le  rachat  de  lettres  de 
Louis  XVlll  d'un  intérêt  particulier,  détenues 
par  l'ancien  conventionnel  Courtois,  qui 
avait  invântorié  les  papiers  de  Robespierre 
et  qui  s'était  constitué  une  curieuse  collec- 
tion de  documents  révolutionnaires. 

Pacification  de  la  Vendée  :  ar- 
ticles secrets  (LXVl,  337).  —  ]e  crois 
qu'il  n'y  eut  point  d'articles  secrets,  au 
traité  de  la  Jaunaie,  près  Nantes,  le  17  fé 
vrier  1795,  aussi  bien  qu'au  traité  de 
Saint-Florent-le-Vieil  conclu  avec  Stofflet 
le  2  mai  suivant. 

On  a  dit  qu'aux  articles  publics  furent 
joints  des  articles  secrets  par  lesquels  le 
gouvcrnernent  républicain  s'engageait  à 
rendre  aux  armées  catholiques  et  royales 
Louis  XVU.  alors  renfermé  au  Temple. 
Questionné  à  cet  égard,  M.  Auvynet,  qui 
était  secrétaire  intime  de  Charette  en 
179:5,  a  toujours  répondu  que  ce  fait  lui 
semblait  entièrement  controavé  ;  disant 
qu'il  avait  la  confiance  entière  de  Charette, 
et  qu''il  était  persuadé  que  rien  ne  s'était 
passé  et  n'avait  pu  se  passer  en  dehors  de 
lui.  {Anjou  H^torique, \om.Q  X,  pages  ^77- 

578). 

M.   Auvynet,  député  de  la  Vendée  en 

1815,  devint  plus  tard  souspréfet  des 
Sables  d'Olonne  et  mourut  au  mois  d'oc- 
tobre 1853. 

F.   UZUREAU, 

Directeu    de  V Anjou  Historique. 

L'émigration  en  Angleterre  sous 
la  Révolution  (LXVl,  337).  Voir 
l'article  intitulé  :  Les  Emigrés  en  Angle- 
terre pendant  la  Révolution.  «  Nouvelle 
revue  »,  de  mai  1905. 

Je  ne  me  souviens  pas  si  c'est  M.Bittard 


des  Portes  M.  Gustave  Bord  ou  un  autre 
historien  de  l'émigration,  qui  cite  un  regis- 
tre spécialement  affecté  à  l'état-civil  d'une 
église  catholique  de  Londres, pour  les  émi- 
grés français.  Le  renseignement,  pour  être 
vague,  est  facile  à  vérifier,  R.  S. 

L'énigme  de  Valmy.  Brunswick. 
Le  vol  des  diamants  en  1792  (LXVl, 
386).  —  M.  Paul  Gaulot,  dans  son  livre. 
Un  ami  de  la  reine,  établit  que  le  mani- 
feste attribué  à  Brunswick  n'est  pas  de 
Brunswick^  mais  d'un  émigré,  M.  de  Li- 
mon. Le  texte  fut  revu  par  Fersen,  qui  y 
a  mis  la  plupart  des  violences  qui  s'y 
trouvent. 

M  Paul  Gaulot  a  publié,  en  décembre 
1909,  dans  la  Revue  de  Paris,  une  étude 
sur  le  vol  des  diamants  de  la  couronne. 
Des  documents  consultés  par  lui,  aux  ar- 
chives, il  résultait  que  le  vol  avait  été 
accompli  par  de  vrais  filous,  au  nombre 
d'une  cinquantaine.  On  en  a  guillotiné 
quelques-uns,  ce  qui  exclut  toute  hypo- 
thèse de  vol  simulé  ;  de  plus,  presque 
tous  les  diamants  ont  été  retrouvés.  On 
ne  les  avait  donc  pas  vendus  pour  faire 
de  l'argent  et  payer  le  concours  de  Bruns- 
wick. Telles  étaient  les  conclusions  de 
l'historien.  I. 

*  * 
De  M.   Edouard  Drumont   (Libre   Pa- 
role) : 

Quant  au  vol  des  Diamants  du  Garde- 
Meuble,  c'est  l'histoire  la  plus  extraordi- 
naire que  j'ai  rencontrée,  à  une  époque  oii 
toutes  les  histoires  étaient  mystérieuses  et 
embrouillées.  J'ai  publié  à  ce  sujet  une 
étude  très  documentée  dans  la  revue  la  Ré- 
volution, de  mon  éminent  et  toujours  re- 
gretté ami  Charles  d'Héricault,  qui,  avec 
Biré  et  Sardou,  était  l'homme  de  France  qui 
connaissait  le  mieux  la  Révolution.  Un  ti- 
rage à  part  a  été  fait  de  cette  étude.  Je  ne 
puis  qu'engager  mes  lecteurs  à  sa  la  procu- 
rer, quoiqu'elle  soit  difficile  à  découvrir 
aujourd'hui.  Ils  trouveront  là-dedans  les 
personnages  les  plus  bizarres  :  Sergent-Mar- 
ceau, qui  raconte  un  épisode  fantastique, 
une  mulâtresse  "ui  travaillait  à  notre  éman- 
cipation, au  club  des  Jacobins. 

Mme  Roland  était  bien  convaincue  que 
c'était  Danton,  avec  Fabre  d'Eglantine  et 
peut-être  Westermann,qui  avaient  organisé 
ce  vol  du  Garde-Meuble  qui  dura  longtemps. 
Pendant  quinze  jours,  des  malfaiteurs  grim- 
pèrent par  un  bec  de  gaz,  s'introduisirent 
dans  le  Garde-Meuble    par    la  colonnade   et 


N-  1343.  Vol.  LXVI. 


L'INTERMEDIAIRE 


447  

mirent  au  pillage  les  trésors  que  la  monar- 
chie avait  entassés  pendant  des  siècles  et 
qui,  depuis  le  commencement  de  la  Révolu- 
tion, avaient  été  rassemblés  là. 

On  s'abstint  d'emporter  les  diamants  trop 
connus,  comme  le  Sancy  et  le  Régent  On 
n'avait  pas  encore  dans  ce  temps-là  l'aplomb 
qui  a  permis  d'enlevei  \3.  Joconie  au  Louvre. 
D'autres  diamants  aussi  célèbres  revinrent 
au  bercail  sans  qu'on  sache  comment. 

C'est  à  M.  Germain  Bapst,  qui  a  déjà  pu- 
blié sur  ce  sujet  tant  de  travaux  intéressants, 
qu'il  appartiendrait  de  nous  raconter  par 
quelle  filière  ont  passé  les  diamants  qui 
avient  repris  place  dans  les  écrins  de  la 
couronne  et  qui  figuraient  parmi  les  riches- 
ses nationales  jusqu'au  jour  où  une  nou- 
velle République  a  songé  à  compléter  l'œu- 
vre de  pillage  et  de  destruction  de  la  Révo- 
lution. 

* 
»  * 

11  faudrait  cependant  en  tlnir  avec  ces 
contes  historiques  : 

Les  véritables  causes  de  la  retraite  de 
l'armée  prussienne  après  la  bataille  de 
Valmy  étaient  connues  de  Du  Mouriez 
depuis  le  mois  de  mai  1792. 

Leduc  de  Brunswick,  de  Valmy. n'était 
pas  Is  Grand  maître  de  la  Stricte  Obser- 
vance Templière  réformée  d'Allemagne, 
ni  l'auteur  du  manifeste,  attendu  qu'il 
était  mort  depuis  plusieurs  semaines. 

Le  fameux  manifeste  qui  porte  le  nom 
de  son  neveu  a  été  rédigé  par  Limon  et 
Fersen. 

Les  diamants  de  la  couroime  étaient, en 
1794.  entre  les  mains  du  Comité  de  salut 
public  qui  les  estimait  22  millions. 

Pour  la  démonstration  de  ces  affirma- 
tions, voir  ma  prochaine  étude  qui  pa- 
raîtra dans  le  courant  du  mois  d'octobre  : 
Autour  du  Temple.  Tome  I*'  p.  197  à  203 
et  III  p.  152  et  60. 

Gustave  Bord. 

Qui  a  brûlé  Mo  cou  ?  Est-ce  Ros- 
topchine?  (LXVl.  385).  —  Dans  une 
lettre  adressée  à  la  Galette  de  France.^  le 
marquis  de  Ségur,  arrière-petit  fils  de 
Rostopchine,  rappelle  l'étude  qu'il  a 
écrite  sur  la  question,  il  y  a  quelques 
années,  et  recueillie  dans  le  volume  inti- 
tulé Gens  d'autrefois.  Il  ajoute  : 

Je  n'ai  pas  à  revenir  sur  la  démonstration 
que  j'ai  faite  a  ce  moment,  m  sur  les  diffé- 
rents HiOtifs  qui,  à  mon  sens,  ne  sauraient 
l.iisser  aucun  doute  sur  le  rôle  actif  et  direct 
du  gouverneur  de  Moscou  dans  cette  grande 


448 


catastrophe.  J'ai  dans  cette  même  étude, 
également  expliqué  comme  quoi  depuis  six 
ans  exilé  de  Russie  pour  cet  acte  sauveur  et 
farouche,  il  a  cédé,  bien  peu  avant  sa  fin,  à 
unft  crise  de  découragement,  qu'excusent 
suffisamment  son  âge,  sa  santé  ruinée,  son 
désir  de  mourir  dans  la  maison  paternelle  et 
sur  le  sol  natal,  et,  désavoué,  dans  une  heure 
de  faiblesse,  ce  qui  est  la  gloire  de  sa  vie.  11 
me  semble  superflu  de  revenir  maintenant 
sur  cette  démonstration,  et  je  me  borne  à  y 
renvoyer  ceux  que  cette  question  pouirait 
intéresser. 

L'affaire  Lesurques  (LXVI,  283). 
—  Il  s'agit  de  Lesurques,  et  Tanec- 
dote  est  racontée  dans  toutes  les  relations 
détaillées  de  l'afïairedu  Courrier  de  Lyon. 
Mais  la  lettre  ne  contenait  pas  la«  preuve  » 
de  l'innocence  de  Lesurques  --  qu'il  se- 
rait, et  pour  cause,  bien  difficile  de  four- 
nir !  A.  Boghaert-Vaché. 


11  s'agit  de  l'affaire  Lesurques  Voici 
ce  qu'on  lit,  à  ce  sujet,  dans  une  excel- 
lente étude  parue  au  mois  de  juin  dernier, 
p  412,  dans  les  Archives  d'Anthropologie 
criminelle  sur  l'Histoire  vraie  du  Courrier 
de  Lyon  par  M  Appleton,  professeur  à  la 
faculté  de   droit  de  l'Université  de  Lyon  : 

Le  16  biumaire  an  V,  quelques  jours  après 
l'exécution  ,de  Lesurques],  un  ancien  juge  de 
paix,  Jarry,  écrivait  au  député  Siméon  une 
lettre  où  il  révélait  la  personnalité  de  Dubosc, 
son  passé,  ses  crimes.  Il  l'avait  fait  arrêter  en 
1788.  «  L'avant-veille  de  son  jugement,  écri- 
vait Jarry,  l'accusé  escalada  les  murs  de  sa 
prison.  Sa  femme  ne  fut  pas  plutôt  à  la  mai- 
son de  force  qu'il  l'en  tira,  et  tous  deux  sont 
libres.  .  Eh  bien  !  cet  homme  est  Dubosc. 
C'est  l'homme  indiqué  par  Couriol.  Ce  Du- 
bosc avait  les  cheveu.^  châtains  et  une  per- 
ruque blonde.  Je  trouvai  dans  sa  valise  une 
autre  perruque  noire.  Il  en  changeait  à  vo- 
lonté pour  opérer  les  déguisements  qu'il 
souhaitait  ». 

Cette  lettre  fut  transmise  par  Siméon  au 
Directoire.  Mais  la  justice  n'en  eut  connais- 
sance qu'en  1832,  trente-six  ans  après  sa 
date  I  Elle  était  restée,  jusque-là,  soigneuse- 
ment enfouie  dans  les  cartons  du  ministère 
de  l'Intérieur  ! 

A.  Lamoureux. 

Billets  de  confiance  dits  patrioti- 
ques (LXIV,  4s,  4i9,i5"58;  LXVL199).  - 
Nous  Ignorons  si  des  billets  en  parche- 
min furent  émis  en  province.  Le  nombre 
de  ceux  émis  a  Paris  dut  être   considéra- 


DBS  CHERCHEURS  El   CURIEUX 


lo    Octobre  1913 


449 


450 


ble.  En  vertu  des  articles  5  et  4  de  la  loi 
du  9  janvier  1793.  un  registre  fut  ouvert 
au  siège  de  chaque  district  pour  y  ins- 
crire tous  les  dépôts  de  <*  Billets  dits  de 
parchemin  et  de  la  maison  de  secours  ». 
Nous  avons  rencontré  aux  Archives  dé- 
partementales de  l'Oise,  dans  la  série  L- 
p.,  Jeux  de  ces  registres  :  celui  du  dis- 
trict de  Beauvais  et  celui  du  district  de 
Grandvilliers.  Ce  dernier,  contenant  26 
feuillets,  coltés  et  paraphés  par  le  vice- 
président  du  district,  fut  commencé  le 
15  février  1793  et  clos  le  10  mars  sui- 
vant, L.  A.  M. 

Le  nom  de  1' ;  fficier  d'ordonnance 
de  Wimpffen  (LXVI,  339.  —  Cet  offi- 
cier d'ordonnance  était  le  marquis  de 
Laizer.  Il  a  publié  un  livre  sur  la  catas- 
trophe de  Sedan,  ayant  pour  titre  :  Sedan, 
souvenirs  d'un  officier  supérieur .  Ce  vo- 
lume a  été  édité  à  Paris,  en  1885,  par  Hin- 
richsen.  Alfred  Duq.uet. 

Erratum  :  [11  fallait  lire  30  août  et  non 
20  août]. 

»  * 
Selon   toute  vraisemblance,  le  marquis 

de  L.,  officier    d'ordonnance   du  général 

de  Wimpfem  dont  la  présence  est  signalée 

à  l'entrevue  du  1'=''   septembre    1870  entre 

le  général   Bismarck  et  de  Moltke,  est  le 

marquis  de  Laizer,    auditeur  au  Conseil 

d'Etat. 

Par  lettre  adressée  le  3  septembre  1870 
au  comte  de  Moltke,  le  général  de  Wimp- 
fen  demandait  à  être  accompagné  en  cap- 
tivité de  quatre  de  ses  officiers  d'ordon- 
nance dont  il  donnait  les  noms  : 

Comte  d'Ollone,  capitaine  au  12*  chas- 
seurs, Daram,  lieutenant  au  92*"  d'infan- 
terie, Desgranchamps,  lieutenant  au  6^ 
hussards,  marquis  de  Laizer,  officier  de 
mobiles  et  auditeur  au  Conseil  d'Etat. 

Cette  lettre  figure  dans  l'ouvrage  du 
général  sur  Sedan.  Paul  G. 

Le  cor  ou  le  cornet  de  Roland 

(LXV,783;  LXVI,  82,  145.2^3,301). 
—  Déterminer  avec  certitude  l'élément 
de  réalité  que  peut  renfermer  l'histoire 
de  Roland  serait  à  coup  sûr  malaisé.  Mais 
il  ne  faut  pas,  dans  cette  recherche,  in- 
voquer les  légendes  relatives  au  paladin, 
attachées  à  tel  ou  tel  lieu  des  Pyrénées.^ 
Elles  ne  sont  pas  primitives.  Gaston  Pa- 
ris, qui  a  toute  sa  vie  étudié  les  questions 


relatives  au  cycle  carlovingien,  et  joint  à 
l'étude  des  textes  celle  des  lieux,  écrivait 
en  1901  {Revue  de  Paris,  15  septembre)  : 
Les  lieux  appelés  aujourd'hui  en  France 
Pas  de  Roland,  Brèche  de  Roland,  etc.  n'ont 
reçu  ces  dénominalions  qu'à  une  époque  très 
récente  (on  n'a  trare  d'aucune  avant  le  xviu» 
siècle),  et  les  doivent  à  l'invention  de  poètes 
ou  d'érudits  locaux.  Il  en  est  sans  doute  de 
même  du  Salto  de  Rolan  i  en  Espagne. 

Ceci  pour  les  prétendus  souvenirs  de 
Roland  gardés  dans  des  lieux  très  éloignés 
de  Roncevaux,  et  où  à  coup  sûr,  sauf  dans 
le  poème  d'Alfred  de  Vigny,  les  armées 
de  Charlemagne  n'ont  jamais  passé.  Mais 
à  Roncevaux  même  et  aux  environs,  il  en 
est  de  mêm.e. 

Les  Basques,  écrit  Gaston  Paris,  n'ont  ni 
légendes  historiques,  ni  chants  historiques  ; 
leur  rapide  oubli  du  passé  contraste  avec 
leur  attachement  à  leurs  vieilles  coutumes  et 
à  leur  genre  de  vie  héréditaire. 

Puis,  eussent  ils  d«-  ces  souvenirs,  que 
Roland  sans  doute  n'y  aurait  tenu  aucune 
place.  Ce  Roland,  préfet  des  marches  de 
Bretagne.  qu'Eginhard  (ou  Einhard) 
nomme  après  deux  autres  chefs  par 
ailleurs  absolument  inconnus,  comme 
ayaiit  péri  dan  ^  la  surprise  du  15  août 
778,  —  dont,  du  reste,  il  ne  désigne  pas 
le  lieu  -  ,  ce  Roland  nullement  apparenté 
à  Charlemagne,  qu'était-il  pour  les  vain- 
queurs, Sarrasins  ou  Basques  ^  Un  mort 
anonyme,  probablement,  un  officier  su- 
périeur tué  entre  plusieurs  autres, et  dont, 
en  supposant  qu'ils  aient  su  son  nom,  ils 
n'avaient  aucune  raison  de  garder  un  sou- 
venir particulier.  Pour  qu'au  pays  même 
de  Roncevaux  naquît  une  légende  de  Ro- 
land, il  fallait  que  cette  figure  revint 
d'ailleurs,  grandie,  poétisée. 

D'où  est  elle  revenue  .?  De  France,  sans 
doute.  Le  système,  aujourd'hui  battu  en 
brèche,  qui  voit  dans  la  Chanson  de  Ro- 
land et  les  autres  chansons  de  geste,  le 
remaniement,  l'amplification  de  chants 
épiques  plus  anciens,  remontant  sous  leur 
forme  première  à  l'époque  même  —  ou 
presque  —  où  ont  vécu  leurs  héros,  con- 
duirai!: naturellement  à  supposer  que  la 
légende  poétique  de  Roland  a  dû  naitre, 
à  la  fin  du  vin''  ou  au  cours  du  ix'  siècle, 
danslaseule  partie  de  la  France  oùsamort, 
semble-t-il,  ait  pu  produire  une  émotion 
vive,  dans  ces  marches  de  Bretagne  dont 
il  était  gouverneur.  Quoi  qu'il  en  soit  de 


N«  1343    Vol.  LXVI 


L'INTBRMÊDIAIRS^ 


4';i 


452 


ce  point^  de  l'avis  même  de  Gaston  Pa-  î 
ris,  qui  entre  ici  dans  Tordre  de  faits  au- 
quel la  théorie  plus  récente  de  M.  Josepii 
Bédier  attribue  une  si  grande  importance 
dans  la  genèse  de  nos  légendes  épiques, 
cette  tradition  a  été  apportée  à  Roncevaux 
à  l'occasion  des  grands  pèlerinages  à  St- 
Jacques  de  Compostelle.  Ni  Eginhard,  ni 
les  autres  annalistes  ne  nomment,  je  le 
disais  tout  à  l'heure,  le  lieu  de  la  défaite 
de  778.  Le  souvenir  du  nom  de  Ronce- 
vaux  s'était-il  conservé  dans  d'anciens 
chants, d'où  il  a  passé  à  notre  Chanson  de 
Roland  ?  La  présence,  dans  ces  parages, 
déserts  avant  le  xii*  siècle,  d'une  antique 
c  chapelle  de  Charlemagne  »,  que  Gaston 
Paris  tenait  pour  élevée  en  effet  par  lui  en 
commémoration  du  désastre,  a-t-elle,  très 
anciennement,  donné  l'idée  aux  pèlerins 
de  St-Jacques,  qui  prenaient  presque  tous 
cette  route,  de  localiser  là  l'événement 
que  de  vieux  poèmes  leur  avaient  fait  con- 
naître ?  Toujours  est- il  que  dès  le  xi°  siè- 
cle au  moins  —  notre  Chanson  de  Roland 
remonte  à  la  fin  de  ce  siècle  —  c'est  à 
Roncevaux  qu'à  bon  droit  sans  doute  les 
poètes  rattachaient  la  légende  des  der- 
niers exploits  de  Roland.  Dès  qu'au  com- 
mencement du  xii»  siècle  eut  été  construit 
là  un  «  hospice  »  où  les  pèlerinages  fai- 
saient une  halte  de  deux  jours,  on  com- 
prend que  les  pèlerinseux-mêmes,lesmoi- 
nes  qui  les  hébergeaient,  les  jongleurs  qui 
les  divertissaient  de  leurschants,  aient  peu 
àpeu,par  un  travail  d'imagination  en  partie 
inconscient,  en  partie  volontaire, multiplié 
les  liens  qui  rattachaient  la  tradition  aux 
lieux.  Comme  on  montre  au  Château  d'If 
des  souvenirs  de  Monte  Cristo,  on  en  vint 
à  montrer,  à  l'hospice  et  aux  alentours, 
le  cor  fendu  par  le  souffle  de  Roland,  la 
roche  ouverte  par  son  épée,  la  source  où 
il  avait  bu,  son  tombeau  même,  quoique, 
sur  la  route  de  Roncevaux,  on  le  montrât 
aussi  à  Blaye,  tout  un  bric  à  brac,  en  un 
mot,  qui  a  en  grande  partie  disparu  au 
cours  des  siècles,  et,  comme  le  dit  G.  Pa- 
ris, mérite  peu  de  regrets.  Le  souvenir 
même  du  paladin  et  de  la  bataille,  s'est 
affaibli,  et  ce  qui  fait  aujourd'hui,  dit-il 
encore,  la  véritable  attraction  de  Ronce- 
vaux aux  yeux  des  gens  du  pays,  ce  n'est 
ni  Roland,  pi  la  défaite  la  France,  c'est 
une  Vierge  en  bois  tenue  pour  miracu- 
leuse. 

Ibère. 


Le  costume  des  timbaliers  (LXIV 
LXV  ;  LXV!,  17).  —  Voici  encore  un 
tin-ibalier  assez  bizarre  et  relativement 
moderne  que  j'ai  trouvé  dans  un  coin 
obscur  (oh,  combien  !)  du  Musée  de  l'Ar- 
mée —  sous  le  n°  529  F.  C. 

La  lithographie  finement  coloriée  sans 
date  ni  signature  et  d'un  travail  élégant 
et  soigné  dépendait,  dit  une  mention  ma- 
nuscrite, de  la  collection  de  Bourquenay. 
Elle  a  été  éditée  par  Martinet  à  Paris, 

Son  titre  :  8*'  hussards,  timbalier  «  or- 
donnance création  29  septembre  1841  » 
et  plus  loin  «  ordonnance  11  avril  1852 
Fontainebleau  ». 

Elle  représente  un  tout  jeune  homme 
imberbe  et  ressemblant  avec  ses  cade- 
ncttes  noires  tombant  sur  les  joues  plutôt 
à  une  femme  qu'à  un  homme  (c'était  sans 
doute  un  enfant  de  troupe).  Son  costume 
consiste  en  un  dolman  blanc,  une  pelisse 
rouge,  bottes  rouges^  et  colback  sans  vi- 
sière (forme  iVlirliton  comme  ceux  des 
hussards  de  la  Monarchie  et  de  la  première 
République)  avec  flamme  blanche  et  bleu- 
clair  enroulée  autour  de  la  forme  et  ai- 
grette rouge  et  blanche,  gants  noirs  à 
crispin.  Le  pantalon  est  caché  par  les 
housses  des  timbales.  Celles-ci  sont  blan- 
ches avec  faisceaux  de  6  drapeaux  trico- 
lores brodés  de  chaque  côté. 

Le  timbalier  est  encadré  de  2  hussards 
portant  l'uniforme  traditionnel  du  8^,  c'est 
à  dire  le  pantalon  et  le  dolman  bleus  et  la 
pelisse  blanche. 

Il  n'est,  pas  plus  que  le  timbalier  des 
lanciers  que  j'ai  décrit  LXV,  316,  com- 
pris dans  une  fanfare  et  est  suivi  à  grande 
distance  par  les  autres  cavaliers.  Les  2 
hussards  l'accompagnaient  sans  doute 
pour  tenir  les  brides  de  son  cheval  pen- 
dant qu'il  jouait  et  les  trois  cavaliers  pa- 
raissent ainsi  former  un  petit  groupe 
isolé. 

Cet  uniforme  ou  plutôt  ce  costume  un 
peu  suranné  mais  élégant  devait  être  d'un 
piquant  effet  au  milieu  de  nos  soldats  à  la 
tenue  plutôt  sévère  de  la  2"  moitié  du 
xix'  siècle.  Dehermann. 

Généraux  manchots  (LXIV;  LXV; 
LXVI,  131.  200).  —  11  faut  citer, 
parmi  les  généraux  manchots,  le  gé- 
néral Durutte,  qu'un  décret  du  3  mai 
1812  mit  à  la  tête  de  la  division  des 
réfiactaires,  A  Waterloo,  il  reçut  un  coup 


DES  CHfiRCHfiURS  BT  CURIBUX 


I 


19  Octobre  191 


455 


454 


de  sabre  qui  lui  fit  une  longue  cica- 
trice à  la  face,  et  une  autre  qui  lui 
abattit  le  poignet,  ce  qui  nécessita  une 
amputation  au  tiers  inférieur  de  l'avant- 
bras.  Durutte  ne  mourut  qu'en  1827. 

D"^  Max  Billard. 

Standesherren  allemands  (LXVI, 
192).  —  La  situation  des  cliefs  d'état  mé- 
diatisés en  1806  a  été  réglée  par  l'article 
14  du  Deutscher  Bundesact,  8-10  juin 
181 5.  Ils  gardaient  tous  les  droits  non 
régaliens.  En  1825,  un  nouvel  acte  donna 
aux  princes  le  titre  «  Durchlaucht  ou  al- 
tesse sérénisisme  >*;  en  1829  les  comtes 
obtinrent  le  titre  «  Erlaucht  »  intradui- 
sible en  français,  qui  les  fait  appeler  en 
France  Monseigneur, 

En  1833,  tous  les  membres  d'une  fa- 
mille reçurent  le  titre  qui  auparavant 
n'appartenait  qu'aux  chefs.  Aujourd'hui 
le  chef  d'une  famille  princière  médiatisée 
est  Fiirst,  les  membres  Prinz.  Ainsi  l'aîné 
des  fils  du  Chancelier  impérial  Hohenlohe 
est  Fùrst»  le  second,  qui  a  édité  les  mé- 
moires de  son  père,  est  le  Prinz  Alexan- 
der. 

La  Constitution  impériale  de  1871  et  le 
Code  civil  introduit  en  1900  ont  respecté 
les  privilèges  des  seigneurs  médiatisés  ; 
ils  sont  encore  aujourd'hui  dispensés  du 
service  et  des  charges  militaires.  Ils 
étaient  exemptés  des  impôts  pour  leurs 
propriétés  patronymiques,  Mais  en  Prusse 
ils  ont  été  indemnisés  par  une  loi  du  18 
juillet  1892  et  sont  assujettis  à  l'impôt  sur 
le  revenu  depuis  le  i""  avril  1893  On 
peut  consulter  Hefïter  «  die  Sonderrechte 
der  souverainen  und  der  mediaîisirten, 
vormals  reichsstaendischen  Haiiser  Deuts- 
chlands  ;  Berlin  1871). 

Le  fidei  commis  est  le  majorât. 

Le  Rittergut,  la  traduction  littérale  est 
bien  équestre,  est  une  propriété  aliénable, 
réglementée  dans  chacun  des  Etats  de  la 
Confédération  (l'Empire  est  une  Confédé- 
ration) qui  en  possède.  L'Alsace-Lorraine, 
formée  de  départements  français,  n'en  a 
pas.  En  général  le  propriétaire  jouit  de 
quelques  privilèges  dans  l'administration 
locale. 

Quant  à  la  freie  Standesherrschaft,  j'en 
ai  parlé  antérieurement,  P    M. 

Famil'e  Barade  (LXVI  284).  —  Il 
n'existe  pas  de  farnille  noble  du  nom  de 


Barade  en  Bordelais.  On  trouve  dans  le^ 
registres  paroissiaux  de  cette  ville,  con- 
servés aux  Archives  municipales,  des  Ba- 
rada,  bourgeois.  Mais  vu  l'a  final  il  est 
douteux  qu'il  s'agisse  de  la  même  fa- 
mille. 

Le  registre  Guyenne  de  V Armoriai  de 
i6ç6  ne  donne  pas  ce  nom.  Il  indique  un 
Barradas  curé  de  Mairans,  qui  portait 
3  roses.  Garumnus, 

Marguerite  de  Darval  Carrouges 

(LXVI,  540).  — •  Voir  dans  \t  Bulletin  de 
Li  Société  historique  et  archéologique  de 
l'Orne  {Excursion  archéologique  dans  le 
Hoiilme,24  août  içoy)  un  intéressant  tra- 
vail sur  Carrouges  :  le  fief  —  les  sei- 
gneurs  —  la  collégiale  (p.  355). 

La  pierre  tombale  de  Jean  Blosset,  cheva- 
lier, seigneur  de  St-Pierre  et  de  Carrouges, 
vicomte  de  Cariât,  conseiller  chambellan  du 
Roi,  grand  sénéchal  de  Normandie  et  de  ses 
deux  épouses  (dont  Tune  fut  Marguerite  dé 
Chateaugiron,  dame  de  Darval  et  de  Males- 
troit,  j  le  27  octobre  1493)  existe  encore 
près  du  chapitre  de  Carrouges. 

Rosine Debrou (LXVI,  339),  —Voici 
ce  que  dit  .Musset  à  propos  du  Chande- 
lier :  Œuvres  complètes^  édition  Charpen- 
tier, in-8'',  tome  IV,  page  319)  : 

Cette  comédie  publiée  dans   la    Revue  des 
Deux-Mondes^    en    1835,  a   été    représsntée 
pour  la  première  fois,  le    10  août  1848,    au 
ïhéâtre    Historique.    Une  jeune    actrice    de 
grande    espérance  ,    mademoiselle    Maillet  , 
remplissait  le    rôle    de   Jacqueline.    —    Elle 
mourut  peu  de  temps  après.  —  La  distribu- 
tion des  autres  rôles  était  si   défectueuse  e 
l'exécution  si  insuffisante,  que  le  public  pu 
à  peine  comprendre  la  pièce  ;  mais  le  29  juin 
1850,  elle  reparut    sur  l'affiche  du    Théâtre- 
Français  et  cette  fois  elle  fut  jouée  avec  une 
rare  perfection  :    c'est    pourquoi    l'on   peut 
considérer  les  a»tistfs  de  la    Comédie-Fran- 
çaise comme  ayant  créé  les  rôles. 

Musset  ne,  semble  donc  guère  avoir  été 
satisfait  de  l'interprétation  du  rôle  de 
Fortunio.  Le  Chandelier  a  tenu  l'affiche 
jusqu'en  décembre  et  on  continuait  à  le 
donner  dans  des  spectacles  coupés. 

En  outre  de  Fortunio,  Rosine  Debrou  a 
joué  les  rôles  de  Georgina  dans  Y  Argent, 
drame  de  Paul  de  Guerville,  Clara  dans 
une  reprise  d'Antony,  Marg.  Trévor  dans 
ies  Mystères  de  Londres^  de  Paul  Féval  ; 
elle  semble  avoir  quitté  le  Théâtre-  Histo- 
rique à  la   fin  de  l'année. 


N»  134a   Vol.  LXVI. 


L'INTERMEDIAIRE 


4S5 


456 


L'auleur  de  l'article  commet  une  lé- 
gère erreur  relative  à  l'emplacement  du 
théâtre  qui  ne  s'élevait  pas  là  où  se 
trouve  la  caserne  du  Chàteau-d'Eau,  mais 
à  droite  de  la  rue  du  Faubourg-du-Tem- 
ple,  sur  le  sol  de  la  place,  vers  lepoint  de 
départ  des  tramways  d'Aubervilliers  et 
de  Pantin.  |e  me  rappelle  avoir  vu,  en 
1862,  lors  de  l'inauguration  du  boulevard 
du  Prince-Eugène  (boulevard  Voltaire), 
le  théâtre  encore  debout,  tel  qu'il  est  re- 
produit dans  les  photographies  du  temps. 
11  était  devenu  le  Théâtre  Lyrique,  et 
c'est  sous  ce  nom  qu'il  a  émigré  cette 
même  année,  place  du  Châtelet,  dans  la 
salle  actuelle  du  théâtre  Sarah-Bernhardt. 

GOMBOUST. 


L'article  cité  de  M.'Mantenay  contient 
plusieurs  inexactitudes.  On  lit,  en  effet, 
à  la  6»  ligne  : 

La  pièce  (la  Reine  Margot)  fut  créée  en 
1845  au   Ihéàtre  Historique. 

Première  erreur.  La  Reme  Margot  fut 
donnée  pour  l'ouverture  du  Théâtre  His- 
torique le  2o/<?f/-i5r  184"]. 

On  lit  à  la  20®  ligne  : 

que  le  Théâtre  Historique  se  trouvait  à  peu 
près  à  l'endroit  de  la  caserne  du  Chàteau- 
d'Eau. 

Deuxième  erreur. Le  Théâtre  Historique 
se  trouvait  i  la  droite,  et  non  à  la  gauche 
de  1  entrée  du  faubourg  du  Temple  dont  il 
était  encore  séparé  par  un  immeuble. 

On  lit  à  la  36*  ligne  : 

La  création  (du  Chandelier)  faite  en  1849 
au  Théâtre  Historique,  etc. 

Troisième  erreur.  Le  Chandelier  d'Al- 
fred de  Musset  fut  publié  par  la  Revue  des 
Deux-Mondes  en  1835,  et  représenté  au 
Théâtre  Historique  le  10  août  1848  avec 
la  mention  >  «  Comédie  à  tableaux  >  en  3 
actes.  La  distribution  était  la  suivante  : 

Maître  André.  Matis  —  Clavaroche, 
Peupin  —  Guillaume,  Colbrun  —  Lan- 
dry, Castel  —  Jacqueline,  .Mme  Maillet 
—  Fortunio,  Mile  R.  Debrou  —  Made- 
lon,  Mlle  Racine. 

Un  fait  reste  donc  acquis  :  c'est  que  le 
rôle  de  Fortunio  fut  établi  la  première 
fois  au  théâtre  par  une  femme,  Mlle  R. 
Debrou,  mais  le  chroniqueur  se  trompe 
encore  quand  il  semble  croire  que  cette 
première  passa  inaperçue,  ou    à  peu  près. 

M .  Mantenay  nous  dit  que  Sarcey ,  igno- 


rait que  le  Chandelier  eût  été  joué  au 
Théâtre  Historique  avant  d'avoir  été  re- 
présenté au  Théâtre  Français.  Eh  !  bien, 
cela  prouve  tout  simplement  que  »<  notre 
oncle  >■>  n'avait  pas  lu  les  feuilletons  de 
son  grand  confrère  Théophile  Gautier, 
car  il  n'aurait  certes  pas  oublié  les  300  li- 
gnes environ  que  celui-ci  consacra  à  ce 
chef-d'œuvre  à  son  apparition  à  la  scène 
{Histoire  de  l'art  dramatique  en  France, 
s"  série,  pages  301  à  3015).  Tous  les  his- 
toriens de  théâtre  qui  se  sont  occupés  du 
Théâtre  Historique  ont  parlé  de  cette  re- 
présentation du  Chandelier  (L. -Henry  Le- 
comte,  Histoire  du  Théâtre  Historique). 

Voici  exactement  ce  que  Théophile 
Gautier  disait  de  Mlle  Debrou  :  «  Fortu- 
nio qui,  à  cause  de  son  extrême  jeunesse, 
a  dû  emprunter  les  traits  d'une  femme,  a 
été  joué  par  Mlle  Debrou  avec  intelli- 
gence et  sensibilité  ;  nous  aurions  pré- 
féré que  le  personnage  fût  représenté  par 
un  jeune  homme,  car  'Tl'y  a  dans  ces  ti- 
rades de  passion  dites  en  voix  de  soprano 
quelque  chose  qui  contrarie  l'esprit,  quel- 
que large  que  soit  la  part  qu'on  fasse  à 
l'illusion  théâtrale.  » 

L'on  nous  demande  qui  fut  cette  demoi- 
selle Debrou?  Mlle Clermont-Debrou, Rose 
(dite  Rosine)  Euphémie,  était  fille  de  co- 
médiens. Sa  mère,  MmeClermont-Debrou, 
Françoise,  Catherine,  Rosine  née  Valen- 
tin,  avait  joué  les  s<  mères  nobles  »,  à 
Caen  1833,  Orléans  ^^}4<  ^^  s'était  reti- 
rée du  théâtre  en  1838.  Devenue  veuve, 
elle  accompagnait  sa  fille  dans  ses  dépla- 
cements. En  18158,  Mme  veuve  Clermont- 
Debrou  avait  72  .ins,  43  ans  de  théâtre, 
et  recevait  500  francs  de  pension  de  la 
Société  des  artistes  dramatiques.  Nous 
perdons  ses  traces  après  1868. 

Mlle  Clermont-Debrou,  Rose-Euphémie, 
sa  tille,  fut  élevée  sur  les  planches.  En 
1833,3  Caen  elle  jouait  déjà  des  rôles 
d'enfants,  Orléans  1834.  Elle  fut  une  des 
premières  adhérentes  à  la  Société  des  ar- 
tistes lors  de  sa  fondation  (1840).  Nous  la 
retrouvons  à  Nantes  comme  ingénue, 
1846-1847.  Au  Théâtre  Historique,  elle 
ne  parut  guère  que  six  mois  :  10  août 
1848,  Fortunio  du  Chandelier  ^création)  ; 
10  décembre  1848,  Georgi .a  de  V At gent 
(création)  17  décembre  1848,  Clara  d'/in- 
/o«v  (reprise)  ,  28  décembre  1848,  Mary 
Trésor  des  Mystères  de  Londres  (création). 

En    1850-51,  elle  fait  partie  du  Théâtre 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  Octobre  19 1  a 


457 


4S8 


National  (ancien  Théâtre  du  Cirque)  ;  en 
i8s2,  elle  passe  à  la  Porte-Saint-Martin. 
Voici  en  quels  termes  en  parle  Darthenay 
en  1853  :  »<  Il  y  ^  cl'x  ans  on  applaudis- 
sait au  Théâtre  de  Nantes  une  gentille  in 
génue,  Mlle  Rosine  Debrou.  Après  avoir 
passé  plusieurs  années  au  théâtre  des 
Folies-Dramatiques,  Mlle  Rosine  Debrou 
a  créé  d'une  piquante  façon,  au  Théâtre 
Historique,  le  rôle  de  Fortunio  dans  le 
Chandelier  de  M.  Alfred  de  Musset.  A  la 
Porte-Saint-Martin,  elle  joue  très  conve- 
nablement les  petits  rôles  dramatiques  et 
comiques,  > 

Mlle  Debrou  quitta  vers  i^^<^  le  théâ- 
tre de  la  Porte  Saint-Martin  pour  aller  à 
Mons,  à  Bruxelles  1857-62,  à  Brest  1865, 
à  Genève  1867-72  Elle  se  fixa  à  Paris  de 
1873  à  79,  et  Eug.  Garraud,  le  rappor- 
teur de  1880  à  l'Association  des  Artistes, 
annonça  la  mort  de  Mme  Rose  Clermont- 
Debrou 

Mais  le  cas  d'une  femme  jouant  le  rôle 
de  Fortunio,  n'est  pas  unique  au  théâtre, 
et  lorsque  le  maestro  Jacques  Offenbach 
donna  aux  Bouffes  Parisiens  sa  ravissante 
Chanson  de  Fortunio,  c'est  encore  à  une 
femme,  à  Mlle  Pfotzer,  qu'il  confia  la  par- 
tie de  son  Fortunio. 

Ce  n'est  pas  trop  nous  écarter  de  notre 
sujet,  croyons  nous,  que  de  dire  quelques 
mots  de  cette  charmante  artiste  si  peu 
connue.  Mlle  juliaZoé  Pfotzer  avait  joué  à 
Moscou,  puis  à  Saint-Pétersbourg  lors- 
qu'elle parut  au  passage  Choiseul  vers 
i86i,  et  M.  F.  Gittens  dans  la  Nouvelle 
Revue  Internationale  du  15  mai  1901, 
nous  a  conté  une  bien  touchante  histoire 
à  propos  de  la  mort  du  maestro  Peter  Be- 
noit. 

Lorsque  Mlle  Pfotzer  créa  le  rôle  de 
Fortunio  aux  Bouffes,  Benoit  occupait  le 
pupitre,  La  jeune  chanteuse  produisit  sur 
lui  une  impression  profonde,  mais  il  n'osa 
jamais  se  déclarer  Ce  grand  Flamand 
était  d'une  timidité  extraordinaire.  L'été 
venu,  la  troupe  des  Bouffes  partit  en 
tournée,  en  Belgique,  puis  en  Allemagne. 
Un  jour,  Benoît  s'en  va  visiter  un  musée, 
et  se  rencontre  devant  un  chef-d'œuvre 
de  peinture  avec  Mlle  Pfotzer.  Les  jeunes 
gens  examinèrent  longtemps  le  tableau, 
échangèrent  leurs  impressions,  et  se  sur- 
prirent se  tenant  tendrement  les  mains. 
L'arrivée  de  camarades  interrompit  le 
tête-à-tête,  et  quelques  heures  plus  tard. 


la  troupe  se  séparait.  Puis,  lorsque  quel' 
ques  mois  après,  Benoit  se  décidait  à 
demander  en  mariage  la  jolie  Pfotzer,  il 
apprenait  que  la  pauvre  poitrinaire  n'exis- 
tait plus  Le  grand  maître  Peter  Benoît 
n'oublia  jamais  cette  vision,  et  ses  yeux 
se  mouillaient  de  larmes  à  ce  seul  souve- 
nir. Henry  Lyonnet. 

Comté  et  comte  d'Harcourt  (LXVI, 
141).  —  Lorsque  Jean  Vil, comte  de  Har- 
court, mourut  en  1452  sans  héritier  mâle, 
il  laissait  deux  tilles  :  Marie,  qui  avait 
épousé  Antoine  de  Lorraine,  comte  de 
Vaudernont,  et  Marie,  femme  de  Jean, sire 
de  Rieux. 

Les  deux  soeurs  ne  purent  s'entendre 
au  sujet  de  la  succession  de  leur  père, 
chacune  voulant  prendre  le  Comté  de 
Harcourt.  On  proposa  de  le  partager  et, 
après  un  arrêt  du  Parlement  qui  déclara 
le  Comté  divisible,  le  partage  de  la  suc- 
cession fut  fait  en  1493. 

Chacune  des  parties  ayant  obtenu  une 
partie  du  Comté  de  Harcourt,  les  héri- 
tiers des  deux  sœurs  continuèrent  à  por- 
ter le  titre  de  Comte  de  Harcourt  ;  c'est 
ainsi  que  Claude  de  Rieux  s'intitulait  en 
1518,  comte  de  Harcourt. 

En  15  50,  René  de  Lorraine  épousa 
Louise  de  Rieux,  héritière  de  sa  maison 
et  le  Comté  de  Harcourt  se  trouva  recons- 
titué entre  les  mains  de  la  maison  de  Lor- 
raine, qui  le  conserva  jusqu'en  1739. 

H. 

Le  Pelletier  d'Auînay  (LXVI,  288). 
—  Soultrait  {^Armoriai  du  Nivernais,  édi- 
tion de  1847)  donne  une  mauvaise  des- 
cription des  armes  de  cette  famille  qui 
doivent,  d'après  Poplimont,  se  blasonner 
comme  suit  :  bcartelé  :  aux  i  et  ^d'a:(iir, 
à  la  croix  paitée  d'argent,  chargée  en  cœur 
d'un  chevron  de  gueules  et  en  pointe  d'une 
lose  du  même  boutonnée  d'or^  le  dit  chevron 
accosté  de  2  molettes  de  sable  sur  la  tra- 
verse de  la  croix.  (Le  Pelelier  r,  aux  2  et  ^ 
d'argent  au  lion  de  sabU  lampassé  et  cou- 
ronné d'or  (Mesgrigny). 

Soultrait  donne  la  rose  comme  étant  de 
sable  et  dit  qu'elle  accompagne  le  che- 
vron, alors  que  sa  position  sur  la  croix  ne 
lui  confère  aucune  relation  avec  celui-ci. 

Quant  aux  Le  Peletier  (ou  Le  Pelletier) 
de  Saint  Fargeau,  ou  de  Rosanbo,  La 
Chesnaye  des   Bois   donne  pour  eux  les 


N«  i34«. 


Vol.  LXVI. 

459 


L'INTBRMâDlAlHB 


460 


mêmes  armes  que  celles  qui  figurent  aux 
1  et  4  décrits  plus  haut,  mais  en  com- 
mettant la  même  erreur  que  Soultrait  ; 
Rietstap,  à  son  tour,  renouvelle  cette  er- 
reur dans  son  Armoriai  général,  en  ajou- 
tant encore  que  la  croix  est  pattée  et  alé- 
sée et  que  la  rose  est  d'or. 

La  vraie  définition  des  armes  Le  Pele- 
tier  est  celle  de  Poplimont. 

Elle  correspond  exactement  aux  bla- 
sons gravés  que  je  connais  de  cette  fa- 
mille. NlSlAR. 

Jean  Pupil  de  Craponne  (LXVI, 
•287 J.  —  Montmorel  trouvera  les  rensei- 
gnements demandés  dans  {'Armoriai  des 
Bibliophiles  dn  Lyonnais^  ¥ore:(  et  Beaujo- 
lais (Lyon  1907)  pp.  =535-136.  Jean  Pupil 
de  Craponne  est  le  même  personnage  que 
Jean  Pupil  de  Craponne  seigneur  de  la 
Tour-en-jarez,  et  grand-père  de  Barthé- 
lémy-Léonard. 

D,  A. 

«  * 

D'après  La  Chesnaye  des  Bois,  il  avait 
épousé  Catherine  Thomé. 

Il  eut  pour  fils  Barthélémy-|ean-Claude 
Pupil,  seigneur  de  Mions-Courbas,  la 
Tour  en  Jarret,  etc.,  premier  président  de 
la  Cour  des  Monnaies  de  Lyon  en  1726. 

Celui-ci  eut  pour  fils  Barthélémy-Léo- 
nard Pupil,  marié  à  Louise  de  Loras,  fille 
deN...  marquis  de  Loras  et  de  la  mar- 
quise née  de  Merlée. 

La  Chesnaye  des  Bois  donne  les  autres 
alliances  de  cette  famille.  On  peut  consul- 
ter aussi  :  Notes  héraldiques  et  géttcalogi- 
ques  sur  le  Lyonnais,  le  Forc:(  et  le  Beaujo- 
lais,  par  M.Poidebard  (Lyon  \%^b).V As- 
semblée de  la  noblesse  du  Bailliage  de  Fore^ 
en  1/8'),  par  Henri  de  Jouvencel;  Armoriai 
des  Bibliophiles  du  Lyonnais  par  Poide- 
bard,  etc.  et  Armoriai  général  du  Lyonnais, 
par  Steyert.  Nisiar. 

*  * 
1.  — Jean  Pupil  de  Craponne,  seigneur 

de  la  Tour  en  Jarez,  Saint  Jean  de  Bonne- 
fond  et  La  Fay,  gentilhomme  de  la  Grande 
Vénerie  (peint  par  Nicolas  Largilliére) 
marié  à  Catherine  Thomé*  dont  : 

1°  Anne,  mariée  à  Gabriel  Dervieu  de 
Villieu  (171  ij, 

2"  Bonne,  mariée  à  Léonard  Bathéonde 
Vertrieu  ''1713;. 

3"  Barthélémy  Jean   Claude    qui  suit  : 

H.  —  Barthélémy   Jean  Claude  Pupil, 


chevalier,  seigneur  de  Mions,  Corbas,  la 
Tour  en  jarez,  St-jean  de  Bonnefond,  pre- 
mier président  en  la  Cour  des  Monnaies 
de  Lyon  (1726),  marié  en  1722  à  Mar- 
guerite Sève,  fille  de  Pierre,  seigneur  de 
Fléchères  et  de  Marie  Vérot,  d'où  : 

1°  Barthélémy  Léonard,  qui  suit  : 

2°  Anne,  née  en  1725  mariée  à  Arthur 
Joseph,  marquis  d'Ornacieux,  président  à 
mortier  au  Parlement  de  Dauphiné. 

3°  Françoise,  née  en  1741,  mariée  à 
Claude,  marquis  de  Sarron. 

4°  Mathieu  Gabriel. 

',°  Pierre  Bonne. 

6°  Marie. 

7^'  Jeanne  Marguerite. 

III.  —  Barthélémy  Léonard,  chevalier, 
seigneur  de  Mions,  né  en    1730,  premier 

"président  en  la  Cour  des  Monnaies  de 
Lyon  ;  il  émig'"a  en  Italie  pendant  la  Ter- 
reur et  s'y  fixa.  Par  son  testament  fait  à 
Mirano  (département  de  l'Abrinta),  en 
1806,  il  institue  p»«p^  héritier  Etienne 
Horace  Gabriel,  marquis  de  Sarron,  son 
neveu. 

De  son  mariage  avec  Louise  Charlotte 
de  Loras,  il  eut  : 

IV.  —  Barthélémy  Jean  Claude,  né  en 
17:56,  mort  jeune. 

Pupil  de  Mions,  lamille  éteinte,  por- 
tait :  d  a:(ur  à  trois  lartnes  d'argent,  2  et  i. 

Joseph  Balloffet. 

Maison  habité  •  par  Jean  Jacques 
Rousseau  rue  Plâtrière  (T.  G.,  590  ; 
LXVI,  112,  315;.  —  Dans  un  petit  al- 
bum devenu  assez  rare,  publié  en  1819, 
sans  nom  d'auteur,  par  le  comte  Charles 
de  Lasteyrie,  l'un  des  premiers  initiateurs 
en  France,  de  l'art  lithographique,  Vues 
de  différentes  habitations  ie  J .  J.  Rousseau, 
avec  son  paîtrait  et  le  fac-similé  d'un  air  de 
sa  composition.  Paris  de  l'imprimerie  li- 
thographique de  C.  de  L\..,  lithographe 
du  Roi  et  de  S.  A.  R.  M.  le  duc  d'An- 
goiilême,  in-4°,  12  planches  lithographiées 
tirées  hors  texte  et  2=;  pages  de  texte  im- 
primées par  Firmin  Didot,  on  trouvera 
une  vue  lithographiée  (planche  VI°)  de  la 
maison  habitée  par  J.-j.  Rousseau,  rue 
Plâtrière.  Larmeau  Ft.  Lithog.  de  C.  de 
L...,  en  hauteur.  Cette  maison  est  bien 
celle  qui  fait  l'angle  de  la  rue  Plâtrière  et 
de  la  rue  Coquillière.  A  son  rez-de- 
chaussée,  se  voit  la  boutique  de  «  Henry, 
au  Café  de  Rousseau.  » 


4^1 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


lO  Octobre  191» 


Cette  planche  est  accompagnée  du 
texte  suivant,  que  je  reproduis  parce 
que,  sous  la  plume  d'un  contemporain 
célèbre  de  Rousseau,  son  émule  en  art 
musical,  il  peint  bien  le  caractère  et  les 
habitudes  de  vie  modeste  de  l'illustre 
Genevois  : 

<  Qu'est-ce  qu'un  savant  dans  le  pays 
de  l'ignorance  ?  Je  dirai  plus,  qu'est-il 
pour  certaines  classes,  même  au  sein  des 
grandes  villes  P  Jadis,  je  regardais  comme 
inutile  d'apprendre  à  une  jeune  fille,  que 
son  voisin,  qui  la  visitait,  chaque  jour, 
était  Jean-Jacques.  De  quoi  lui  eût  servi 
d'en  être  instruite  ?  elle  ne  savait  pas  ce 
que  c'est  qu'un  sage.  Depuis  sa  mort, 
cent  femmes  m'ont  dit  :  J'aurais  aimé 
ce  Jean-Iacques,  tel  vieux  qu'il  fût. . .  J'ai 
connu,  leur  disais-je,  une  fille  très  ordi- 
naire que  lean-Jacques  allait  voir  souvent  ; 
elle  demeurait  dans  la  même  maison  que 
lui,  rue  Plâtrière.  Il  y  a,  me  dit,  un  jour, 
cette  fille,  un  bon  homme  „.  é  tout  là- 
haut  ,  qui  entre  souvent  chez  moi , 
lorsqu'en  descendant  il  m'entend  chanter. 
Quel  est  cet  homme,  lui  dis-je  ?  Quel  est 
son  nom  ?  Je  n'en  sais  rien  ;  il  m'a  dit 
qu'il  n^  donnerait  des  avis  sur  mon  ta- 
lent ;  je  l'ai  regardé  en  riant.  Est-ce  que 
vous  chantez,  vous,  lui  ai-je  dit  ?  Oui, 
m'a-t-il  répondu,  je  compose  même  quel- 
quefois de  la  musique.  Quelles  sont  vos 
conversations  ?  —  11  me  regarde  beau- 
coup et  ne  me  dit  rien.  —  Et  vous  ?  Ma 
foi,  je  fais  mes  affaires  du  ménage  ;  je 
chante  et  le  laisse  dans  son  coin.  »  (Gré- 
try.  Mémoires  ou  Essais  sur  la  Musique, 
t.  II,  page,  204). 

Le  bon  Grétry,  n'avait-il  pas  là,  un 
gentil  brin  de  plume,  voisinant  avec  son 
clavecin  .?  Ulric  Richard-Desaix. 

Thieffries  (LXVl,  342).  —  Le  mar- 
quis de  Thieffries  de  Layens  est  mort  no- 
nagénaire, il  y  a  peu  d'années,  au  château 
de  Boucly  par  Roisy  (Somme).  Ses  deux 
filles  vivent  ;  elles  sont  :  la  Comtesse  de 
Laistre  et  la  Baronne  Lucien  de  Perthuis 
de  Laillevault.  Son  fils_,mort  capitaine  de 
cavalerie, (a  eu  de  Mlle  de  Boisdenemets) 
deux  fils  qui  habitent  Paris,  4  avenue  Eli- 
sée Reclus,  le  marquis  et  le  comte  de 
Thieffries  de  Layens.  R,  S. 

Titres  sous  l'ancien  régime  (LXVI, 
93,    361).   —  Je  lis    le  très   intéressant 


46a 


article  de  M.  de  la  Vérone.  Je  serais  re- 
connaissant à  ce  dernier  ou  à  quelque  ai- 
mable intermédiairiste  de  me  dire  si  l'ar- 
ticle XII  de  la  deuxième  ordonnance  royale 
du  25  août  1817  a  été  ou  non  aboli.  Cet 
article  est  ainsi  conçu  : 

Le  fils  d'un  duc  et  pair  portera  de  droit  le 
titre  de  marquis  ;  celui  d'un  marquis  et  pair 
le  titre  de  comte  ;  celui  d'un  comte  et  pair  le 
titre  de  vicomte  ;  celui  de  vicomte  et  pair  le 
titre  de  chevalier.  Les  fils  puînés  des  pairs 
porteront  de  droit  le  titre  immédiatement  in- 
férieur à  celui  que  portera  leur  frère  aîné. 

Cet  article,  s'il  n'est  pas  aboli,  est  en 
tout  cas  bien  peu  observé  par  les  descen- 
dants des  pairs,  si  j'en  juge  d'après  ce 
que  je  vois  autour  de  moi     Ont-ils   tort? 

De  Rougé. 

Preuves;  de  noblesse  (LXVI,  287, 
406). —  Le  baron  du  Roure  de  Paulin, dans 
son  ouvrage  le  Juge  d'armes  de  France  et  les 
Généalogistes  des  Ordres  du  roi,^aru  chez 
Daragon  en  1908,  répond  entièrement  à 
cette  question.  Dans  son  chapitre  V,  inti- 
tulé Compétence  des  d'Ho:(ier,  il  étudie  en 
détail  toute  la  procédure  des  preuves  de 
noblesse  que  l'on  faisait  devant  eux  ; 
puis  dans  le  chapitre  VI  il  s'occupe  des 
preuves  qui  étaient  faites  par  les  Généa- 
logistes des  ordres, c'est-à-dire  les  preuves 
pour  les  Ordres  du  Roi,  les  honneurs  de 
la  Cour,  les  régiments  et  la  marine. 

Enfin,  dans  un  appendice,  il  donne  la 
liste  complète  des  différentes  preuves  de 
noblesse  que  l'on  faisait  en   France  sous 

l'Ancien  Régime.  Henry-André. 

* 
♦  * 

L'ouvrage  demandé  par  notre  con- 
frère «  Commandaire  ^  existe  parfaite- 
ment. Il  a  pour  titre  :  La  France  chevale- 
resque et  chapitrale,  par  le  vicomte  de 
G  [abrielly].  Paris,  chez  Leroy,  libraire 
MDCCLXXXVIl.  I  vol.  in-32.0n  y  trouv' 
l'indication  précise  des  preuves  de  noe 
blesse  à  fournir  pour  les  pages,  la  Marinç- 
l'Ecole  Militaire,  les  maisons  de  Saint. 
Cyr,  de  l'Enfant  Jésus,  les  divers  chapi. 
très,  etc..  Brondineuf.     . 

Aigle  au  vol  éployé  :  question 
héraldique  (LXVI,  289).  —  M.  La  Cous- 
sière  est-il  bien  sûr  de  ne  pas  se  tromper 
en  nous  disant  que  des  auteurs  anciens  en- 
seignent qu'un  aigle  éployé  veut  dire  un 
aigle  à  deux  têtes  ^  Je   crois  pouvoir  lui 


N»  134a  Vol.  LXVÏ 


L'INTERMEDIAIRE 


465 


464 


dire  qu'au   moins  en  ce  qui  est  du  P.  Mé- 
nestrier  il  se  trompe. 

En  effet,  je  trouve  dans  sa  Méthode  de 
Blason  les  exemples  suivants  :  Ronchivol 
en  Beaujolais  :  .  d'or  à  l'aigle  éployé  de 
gtu'u/es  membre  et  hequè  d'azur.  La  gra- 
vure ne  représente  bien  qu'une  aigle  à 
une  tête.  Par  ailleurs  il  dit  au  sujet  d'une 
aigle  à  deux  tètes.  \%Gourreau  delà  Prous- 
tière  à  Paris  :  d'or  à  V aigle  de  sable  au  chef 
parti,  c'est-à-dire  à  deux  têtes.  Les  vieux 
armoriaux  blasonncnt  ainsi  les  deux  têtes 
d'aigle  ».  S.  G.  L. 


* 
»  > 


Quand  on  lit  héraldiquement  des  bla- 
sons, on  ne  doit  pas  mentionner  que  les 
pièces  que  l'on  énonce  suivent  la 
règle  héraldique  ;  au  contraire  on 
doit  énumérer  avec  soin  les  particu- 
larités et  les  exceptions  aux  règles  hé- 
raldiques. Ainsi  quand  il  y  a  trois  pièces 
dans  un  écu  elles  doivent  être  placées  i  et 
2.  il  est  donc  inutile  de  dire  dans  une  lec- 
ture que  tels  ou  tels  meubles  sont  posés 
I  et  2,  z\  contraire  quand  ils  sont  2  et  i 
il  faut  le  spécifier.  De  même  la  règle  veut 
qu'un  lion  soit  rampant,  donc  quand  on 
voit  dans  un  blason  un  lion  rampant,  il 
est  inutile  de  spécifier  qu  il  est  dans  cette 
position  ;  au  contraire,  s'il  est  passant,  on 
aura  bien  soin  de  le  dire.  Pour  l'aigle,  la 
règle  est  qu'elle  soit  représentée  les  ailes 
ouvertes,  donc  inutile  de  rien  ajouter 
quand  on  voit  une  aigle  dans  cette  posi- 
tion. Le  mot  qu'il  faudrait  employer  dans 
ce  cas  est  déployée.  Quant  au  mot  éployé, 
chez  tous  les  bons  auteurs  héraldiques  il 
désigne  toujours  une  aigle  à  deux  têtes  ; 
s'il  est  utilisé  dans  une  autre  acception, ce 
n'est  qu'un  fâcheux  contre-sens. 

Baron  du  Roure  de  Paulin. 


EpJoyé,  veut  dire  aigle  à  deux  tètes. 

Il  y  en  a  qui  ont  pris  ce  mot  pour  desplié, 
qui  dirait  .^esployé  et  de  là  i's  ont  cru  que 
quand  l'on  blasonne  une  aigle  e-ployée,  c'es- 
tait  à  dire  qui  avait  les  aisles  ouvertes  et  es- 
tendues  ;  ce  qui  n'est  point  ains,  ce  mot 
Espl >yé  s'entend  de  la  teste  et  du  col,  qui 
estant  ouverts  et  comme  séparés  en  deux, 
semblent  faire  deux  cols  et  deux  testes, 
ainsi  qu'en  '.Mgle  de  l'Empire  que  l'on  qua- 
lifie Esployée,  autrement  à  deux  testes  cer- 
clées, à  ce  seul  sujet  et  non  pas  pour  avoir 
les  aisles  ouvertes,  ce  qu'il  fiudrait  dire  de 
touteà  les  aigles,  puce  qu'il  ne  s'en  présente 


point  en   armoiries,  sinon  fort  rarement,  qui 
n'ayent  les  aisles  de  cette  sof^te. 

Tel  est  le  passage  de  Palliot  cité  par  le 
comte  A  de  Foras  {Le  BUson)  qui  ajoute  : 
Les  héraldistes  qui  raisonnent  se  range- 
ront tous  à  l'avis  parfaitement  motivé  de 
l'illustre  Palliot.  En  effet,  il  est  inutile  de 
dire  qu'un  aigle  est  déployé  ou  éployé  — 
en  le  l'apportant  aux  ailes  étendues  — 
puisque  c'est  la  position  indispensable  du 
roi  des  airs.  L'aigle  est  toujours  repré- 
senté de  face,  avec  les  ailes  ouvertes  et  la 
tète  tournée  à  droite  ;  dire  qu'il  est  éployé, 
—  dans  son  sens  faux  ou  vrai.  —  consti- 
tue un  pléonasme, 

P.  C.    C.    NlSlAR. 


Depuis  le  xix"  siècle, l'art  héraldique  est 
tombé  dans  une  telle  décadence  que  tous 
les  auteurs  modernes  se  contredisent  ;  les 
termes  n'ont  plus  la  même  signification 
et  les  pléonasmes,  dcrrrrle  P.  Ménestrier  a 
donné  le  funeste  exemple,  font  de  la  belle 
langue  héraldique,  un  charabia  souvent  in- 
compréhensible. Il  est  à  noter  que  tous  les 
généalogistes,  à  commencer  par  les  d'Ho- 
zier,  furent  d'exécrables  héraldistes  et 
V Armoriai  Général  de  i6ç6  en  est  un 
exemple  frappant 

Le  vrai  traité  de  blason  reste  encore  à 
faire  ;  il  en  existe  peut-être  un,  celui  du 
comte  de  Foras,  mais  il  me  reste  inconnu, 
son  prix  excessif  et  sa  rareté  ne  le  mettant 
pas  à  la  portée  de  toutes  les  bourses. 

Pour  résoudre  la  question  posée  par  La 
Coussière,  il  n'y  a  qu'à  se  reporter  aux 
bons  auteurs  du  xvii*  siècle,  et  les  lec- 
teurs de  V  Intermédiaire  voudront  bien 
excuser  ces  citations  un  peu  longues,  né- 
cessaires pour  l'éclaircissement  du   sujet, 

Segoing.  —    Trésor  Héraldique,  ib^-]  : 

La  figure  de  l'Aigle  en  matière  de  Blnzon 
est  foit  dissemblable  à  la  naturelle,  comme 
on  peut  voir  par  les  Armes  cy-après  dé- 
peintes, pour  blazonner  lesquelles  il  faut  ob- 
server les  différences  et  termes  ruivans  : 
«  Lorsqu'il  a  deux  testes  et  deux  ailes  esten- 
dii-s  il  est  dit  e-plnvè,  etc.,  L'Aygle  qui  n'a 
qu'une  teste  n'est  point  dit  csployé,  etc  ..  » 

Palliot.  —  La  vraye  et  parfaite  science 
des  Armoiries,  1660  : 

Pour  ceux  qui  s'en  sont  servis  en  Armoi- 
ries ils  l'ont  diversifié,  représentant  par  lois 
l'Aigle  à  une  leste,  tintost  avec  deux,  en  ce  } 
cas  on  le  qualifie,  esployé  mais  pourtant  elle  '" 
n'a  jamais  qu'un  corps,  deux  Jambes,  et  deux 


DBS  CHBRCHBUKS  fiT  CURIBUX 


10  Octobre  191a, 


465 


466 


aisles  tousj ours  ouvertes  et  estendues  et  mon- 
trant entièrement  l'estomach...   » 

» 

VULSON       BE      LA       COLOMBIERE.      —      La 

Science  héroïque,  1669  : 

Et  quant  à  la  raison  pour  laquelle  dans  les 
Armoiries  Ton  peint  les  Aigles  le  plus  sou- 
vent avec  les  ailes  éployées  et  ét':ndùes  en 
haut,  et  la  queue  aussi  éparpillée.  C'est  pre- 
mièrement pource  qu'elles  remplissent  mieux 
l'Escu  estant  posées  de  la  sorte,  et  que  la 
proportion  qu'il  faut  qu'il  y  ait  entre  le  champ 
et  l'assiète,  y  est  mieux  observée  ;  seconde- 
ment, c'est  que  le  naturel  d^  1  Aigle  est  de  se 
tenir  en  cette  posture,  lorsqu'il  veut  renou- 
vçUer  son  plumage  et  reprendre  ses  forces, par 
le  moyen  de  vent  de  midi,  et  de  la  chaleur 
du  soleil,  auquel  il  se  présente  de  la  sorte 

L'Empire  des  Romains  à  présent  porte, 
d'cr  à  l'Aigle  de  sable  à  deux  testes,  dia- 
dème, langue,  becqué  et  membre  de  gueules  ; 
quelques  Auteurs  modernes  disent  éployé, 
pour  dire  à  deux  testes  et  disent  un  Aigle, 
lorsqu'il  n'a  qu'une  teste  ;  surquoy  je  me 
rapporte  à  l'usage,  et  laisse  le  lecteur  à  juger 
lequel  est  mieux  et  plus  clairement  bia- 
sonné. , .  » 

Il  est  maintenant  facile  de  conclure  : 

L'aigle,  tout  court,  se  représente  à  une 
tète,  les  ailes  étendues  dirigées  vers  le 
chef  ;  l'aigle  éployée  est  à    deux  têtes. 

Le  vol  abaissé,  c'est-à-dire  les  ailes  di- 
rigées vers  la  pointe,  doit  se  spécifier  en 
blasonnant,  puisqu'il  sort  de  la  position 
normale. 

Aigle  an  vol  éployé  est  un  pléonasme 
qu'il  faut  éviter.         Palliot  le  Jeune, 

Ordre  de  Saint-Michel  (LXVI 
542).  —  La  Revue  Nobiliaire,  tomes  XVI 
et  XVII  (1879  et  1880),  avait  commencé 
la  publication  du  Recueil  historique  des 
chevaliers  de  l'ordre  de  Saint-Michel, 
dressé  par  Jean  François  d'Hozier.  Mais 
cette  publication  est  restée  inachevée. 

D.  A. 

♦  * 
Voir  :  Les  chevaliers  de  Saint-Michel  de 

la  Province  de   Poitou^  depuis  la  fondation 

de  l'ordre  en  1^68^  jusqu'à  l'ordonnance  de 

i66y.  Notices  écrites  par],  F.  L.  d'Hozier 

et  publiées  avec  des  notes  par  le  Vicomte 

de  Chabot.  Vannes,    1896,  in-8. 

Louis  Calendini. 

René  Gueuble.  Armoiries  (LXVI. 
6,  117,  258.  —  j'ai  répondu  d'après 
V Armoriai  du  Nivernais  de  de  Soultrait, 


édition  de  1847,  qui  ne  mentionne  pas  le 
nom  de  Gueuble.  M.  S  G.  L.  m'appre- 
nant,  ce  que  j'ignorais,  qu'il  y  a  une  der- 
nière édition  de  cet  ouvrage,  je  lui  serai 
reconnaissant  de  m'en  indiquer  la  date  et 
le  nom  de  l'éditeur,  afin  que  je  puisse  me 
la  procurer  1 -oi  qu'il  en  soit,  d'après 
mon  édition  je  ne  me  suis  pas  trompé, 
comme  l'écrit  M.  S.  G.  L.  Nisiar. 

La  curieuse  épitaphe  du  chanoine 
Vital  d'Ardengost  (LXVI,  342).  — 
J'avais  toujours  entendu  attribuer  cette 
épitaphe  à  une  Rosemonde.  Etait  ce  la 
femme  d'Alboin  roi  des  Lombards  (567) 
ou  la  maîtresse  du  roi  Henri  II  d'Angle- 
terre (1173)  '<:  Le  jeu  de  mots  s'explique 
alors  entre  la  Rose  du  mondt  et  la  Rose 

pure.  BÉNEAUVlLLE. 

Le  journal  de  Collé  (T.  <^.-  221). 
—  Charles  Collé,  Journal  Historique  inédit^ 
pour  les  années  fjôi  et  IJ62,  publié  sur 
le  manuscrit  original  et  annoté  par  Ad. 
Van  Bever,  avec  la  collaboration  de  M. G. 
Boissy,  portrait  d'après Jeaurat  et  Carmon- 
telle,  191 1,   {Mercure  de  France), 

Documents  sur  le  Concile  de  Ni- 

cée  (LXVI,  344).  —  Voir  parmi  les 
derniers  travaux,  Richert,  Turner,  Ber- 
nouUi,  Loescheke,  dont  les  ouvrages  sont 
à  la  Bibliothèque  nationale. 

M.  Eugène  Revillout,  notre  éminent 
collaborateur,  dont  l'obligeance  est  in- 
finie, peut  aider.  «  Le  moine  Théophile  » 
dans  ses  travaux. 

Lire  de  lui  le  Concile  de   Nicée  d'après' 
les  textes  coptes  et  les  diverses  collections 
canoniques   (Maissonneuve    éditeur). 

Distique  latin  à  identifier  (LXVI, 
7,162,  224,  321). —  On  trouve  de  nom- 
breux distiques  de  ce  genre  dans  les 
œuvres  d'un  certain  Jean  Owen  (en  latin 
Audoenus)  né  à  Armon,  dans  le  comté 
de  Caernarvon.  mort  a  Londres  en  1622. 
En  parcourant  ses  Epigrammes,  on  y 
trouverait  peut  être  le  distique  dont  le  D' 
A.  B.  demande  l'identification.  Voici 
quelques  distiques  de  Jean  Owen,  qui 
pourront  intéresser  les  latinistes  lecteurs 
de  Vlntermédtaite  : 

Est  mihi  librorum  iiunc  copia  ;  doctior  essem 

Si  mihi  librarum  copia  tanta  foret. 
Accipi  i  oblatum  medicus,  dare  non  solet  aurum 


N'  134>.  Vol. 


LXVI. 

•     467 


L'INTfiRMEDIAlRB 


468 


Pharmaca  dat  medicus,  non  solet  accipere_ 
Ordonner  medicos,  œgros  or  donner  opoitet_ 

Infligat  Mars  multa  licet  tibi  vuInera,non  tani 
Mars  nocet  armatus  ijuani  tibi  nuda  Venus. 

ReniediuTi  anioris, 
Igni  subtr.ihilo  lignuna  (jejunia  servans)  ; 

A  niuiiere  sede  (sicut  ab  igné)  procul  ; 
Si  tuus  istorum  neutre  consumitur  ardor, 

Uxor  ducendd  est  :  iiaec  erit  instar  aquae. 

Nascitur  in  certam  miserandus  homuncio  mor- 

[tem, 
Ut  raacer  in  canipo  bos,  ut  edalur,  edit. 

Rarus  amatur  amans  :  ut  araeris  amabilis  est** 
Omnibus  :  a  nulla  vis  utameris?  — ama- 

Ut  visco  capiuntur  ave?  (fiscus  quasi  viscus 
Dicitur)  a  fi  se  o  sic  capiuntur  opes. 

Divitias  et  opes  Hon  lingua  Ebraîa  vocavit  : 
Gallica  gen^aurumOr  ;  indequevenithon  or. 

Ne  siccus,  volvente  rota,  crepet,  ungitur  axis  : 
Causi4icurn  mos  est  ungere,  ne  taceat. 

P.  RoYER. 


Il  faut  d'abord  donner  la  version  exacte 
de  ce  distique  que  l'impression  comme 
le  fait  remarquer  M.  Emile  Faguet  sem- 
ble avoir  étrangement    défiguré, 

Quid  faciès,  faciès  Veneris  cum  veneris  ante 
Ne  sedeas,  sod  eas  ;  ne  pereas  per  eas. 

Que  ferez-vous  quand  vous  vous  trou- 
verez en  face  de  Vénus  ?  ne  vous  asseyez 
point,  mais  fuyez,  pour  ne  pas  périr  par 
elle. 

j'observe  d'abord  qu'on  peut  écrire  in- 
différemment la  fin  du  distique  Ne  pereas 
per  eas  ou  ne  per  cas  pereas.  Et  cette  der- 
nière leçon  semble  plus  classique.  Mais 
quelle  en  est  l'origine  ?  l'ai  vainement 
cherché  une  indication.  Les  traités  de 
théologie  ont  quelquefois  cité  ce  distique, 
mais  ceux  que  j'ai  pu  consulter  ne  sont 
pas  très  anciens.  En  tout  cas^  voici  quel- 
que chose.  Le  père  Jérémie  Drcxellius, 
dans  son  livre  Nicela.  ossia  il  triotifo  sulla 
incontinen^a,  chap.  Vil,  §  7,  cite  ce  dis- 
tique, mais  il  ne  s'en  attribue  point  la  pa- 
ternité. Or  ce  jésuite,  car  il  appartenait  à 
cet  ordre,  vivait  au  milieu  du  xvii*  siècle. 

Ce  genre  de  distique,  qui  était  bien 
dans  le  goût  de  l'époque,  me  fait  souvenir 
de  deux  autres  liés  ensemble  comme  cause 
à  effet. 

Un  écolier,  au  lieu  d'aller  en  classe, 
avait  fait  l'école  buissonnicre  et  passé 
toute  sa  journée  au  cabaret.  C'était  une 
faute  grave  que  les  statuts  de  l'Université 


punissaient  sévèrement.  Espérant  adou- 
cir son  recteur  par  sa  littérature,  il  lui 
envoya  comme  lettre  d'excuse  les  deux 
vers  suivants  : 

Pinta  trahit  pint^m,  trahit  ahera  pintula  pin- 

[tapi 

Et  SIC  post  pintas,  nascitur  ebrietas. 

Le  recteur  fit  donner,  selon  l'usage  de 
l'époque,  les  verges  au  coupable,  et  en 
plus  le  chassa  del'Université  ;  mais  comme 
il  se  piquait,  lui  aussi,  de  littérature,  il  lui 
signifia  son    rejivoi  par  ce  distique  : 

Virga    trahit    virgam,   trahit   altéra   virgula 

[virgatn 
Et  sic  post  virgas,  nascitur  ire  foras. 

Et  le  pauvre  écolier  fut  obligé  d'aller 
chercher  enseignement  ailleurs,  je  crois 
qu'en  feuilletant  des  collections  d'ana  on 
trouverait  bien  d'autres  exemples  de  ces 
jeux  de  mots,  qui  ont  été  à  la  mode,  et 
aujourd'hui  encore  qç, manquent  pas  de 
charme  pour  les  latinistes.       D'  A.  B. 

Poésie  monosyllabique  (LXIII  ; 
LXIV;  LXV;  LXVI.  124,  223).  —  Ma- 
xime du  Camp  s'est  trompé  en  attribuant 
à  Iules  de  Rességuier  le  sonnet  monosyl- 
labique dont  s'occupe  Vlntcimédiairc  et 
qui  est  en  réalité  l'œuvre  du  comte  Paul 
de  Rességuier,  fils  aine  du  comte  Jules  ; 
mais  il  n'est  ni  le  premier  ni  le  seul  à 
avoir  commis  cette  confusion  dont  le 
père  et  le  fils  étaient  fort  vexés. 

Jules  de  Rességuier  (un  vrai  poète  au- 
quel Léon  Séché  a  consacré  plusieurs 
pages  dans  le  Cénacle  Je  la  Muse  Fran- 
çaise), jugeait  indigne  de  lui  pareil  exer- 
cice d'acrobatie,  tandis  que  Paul,  qui  était 
cité  à  la  quatrième  page  des  journaux 
comme  devineur  de  rébus  et  de  mois  car- 
rés, se  montrait  très  fier  de  ce  qu'il  con- 
sidérait comme  un  petit  tour  de  force. 
Le  vicomte  de  Bonald. 


Juré  de  l'œuvre  de  cahouet  (LXV, 
4'>4).  —  Un  «  cahoucr  »,  que  l'on  a 
écrit  aussi  «  caier  »,  «  quaier  »,  «  que- 
houer  »  et  «  quahoer  »,  du  latin  quart  cllus 
(fax  qu.idrata,  dit  Du  Cange),  était  un 
fiambeau  de  cire.  Il  y  en  avait  pour  le 
poing,  en  façon  de  quatre  bougies  cylin- 
driques soudées  ensemble,  et  d'autres 
pour  la  able,  de  même  forme  mais  plus 
petits    cl    n'ayant    qu'une   seule    mèche, 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


10  Octobre  191a 


469 


470 


ainsi  que  l'explique  fort  bien  V.  Gaydans 
son  Glossaire. 

Le  corps  de  métier  de  «  l'oeuvre  de 
cahouet  »  se  rattachait  donc  à  celui  des 
Merciers  Ciriers-Chandeliers. 

Comme  dans  les  autres  corporations, 
la  mission  des  gardes-jurés,  au  nombre 
de  deux  ou  trois  et  qui  étaient  élus  chaque 
année,  consistait  à  défendre  les  intérêts 
communs,  à  veiller  à  l'observation  des 
statuts  et  ordonnances,  à  recevoir  les 
nouveaux  maîtres  et  apprentis,  à  prévenir 
les  procès,  à  visiter  les  ouvrages  et  mar- 
chandises pour  s'assurer  de  leur  confec- 
tion bonne  et  loyale.  Ils  devaient  enfin, 
selon  que  le  montre  la  pièce  signalée  par 
l'intermédiairiste  H.  de  Brion.  percevoir 
sur  les  *<  défaillants  »des amendes »<  a  ap- 
plicquer  moitié  au  Roy...  et  l'autre 
moitié  aux  dictz  jurez  et  maistres 
du  dict  mestier,  tant  pour  les  affaires 
d'icelluy  mestier  que  pour  autres  choses 
ordonnez  et  establiz  par  les  dictz  jurez  et 
maistres.  » 

Le  «  cahuet  >  fut  également  un  capu- 
chon, la  partie  de  l'aumusse  qui  couvrait 
la  tète,  mais  ce  terme  n'a  rien  de  com- 
mun, je  crois,  avec  la  question  posée. 

Qy.tsiT0R. 

Leuss  (LXVI,  239).  —  Ce  mot,  bien 
connu  en  géologie,  s'écrit  ordinairement 
lœss  et  se  trouve  dans  la  plupart  des  dic- 
tionnaires scientifiques.  Le  Nouveau  La- 
rousse le  définit  ainsi  : 

s<  Limon  fin,  sans  stratification  ni  fos- 
siles,qui  recouvre  la  surface  du  sol  en  plu- 
sieurs pays  ».  J.  G.  T. 

»  * 

On  écrivait  autrefois  ainsi  :  aujour- 
d'hui les  géologues  ont  adopté  l'ortho- 
graphe Loess.  Ce  terme  désigne,  sur  les 
bords  du  Rhin,  une  terre  remaniée,  limo 
neuse,  à  grain  fin,  contenant  en  général 
beaucoup  de  fossiles. 

Dans  la  Chine  du  Nord,  le  lœss  couvre 
d'immenses  espaces,  en  général  très  fer- 
tiles ;  dans  les  saisons  sèches,  H  s'élève 
du  sol  d'épais  nuages  de  poussière  im- 
palpable. 

Il  semble  donc  évident  que  le  vers  qui 
intrigua  Nauticus  se  rapporte  à  ce  genre 
de  terrain.  D-  Vogt. 

Une  citation  un  peu  plus  étendue 
eut   peut-être    facilité    la  réponse,   mais 


je  crois  pouvoir  conclure  du  carac- 
tère rythmé  de  la  phrase  :  «  Rose  granit 
que  poudroyait  le  Leuss  »  que  c'est  un 
vers,  dont  l'auteur  a  eu  besoin  d'une 
rime.  Celle  que  le  mot  Leuss  a  fournie,  ne 
doit  pas  être  bien  rïchè,  et  encore,  pour 
l'obtenir,  le  poète  a-t-il  dû  en  fausser  l'or- 
thographe. 

Si  mes  déductions  sont  exactes,  le 
poète  a  voulu  dire  :  Granit  rose  recouvert 
d'une  couche  de  sable. 

Lôss,  orthographe  d'origine  allemande 
qui  se  prononce  Leuss,  et  que  le  poète  a 
francisée,  est  un  terme  employé  par  les 
géologues  pour  désigner  une  formation 
quaternaire  diluvienne  constituée  par  une 
couche  de  sable  qui  recouvre  de  vastes 
étendues  de  terrain  dans  diverses  parties 
du  monde,  notamment  en  Chine  et, en 
Amérique,  dans  la  vallée  du  Mississipi. 
On  peut  le  voir,  sans  aller  aussi  loin, 
dans  la  vallée  du  Rhin,  notamment  entre 
Bàle  et  Strasbourg.  Les  Alsaciens  l'appel- 
lent aussi  :  Lehm. 

Philippe  Leroy. 


Leuss,  Lehm.  ou  Loess.  Dépôt  de  limon 
argileux,  bien  connu  en  Géologie.  Ce  dé- 
pôt qui  date  de  l'ère  quaternaire,  époque 
Pleïslocène,  est  une  boue  argileuse  à  élé- 
ments fins,  assez  fortement  chargée  de 
calcaire,  ei  en  général  de  couleur  brun- 
clair  ou  jaune-foncé.  Cette  formation,  du 
moins  dans  le  Nord  de  la  France,  où  elle 
est  très  répandue,  parait  due  à  un  phéno- 
mène de  ruissellement.  Mais  certains  géo- 
logues lui  donnent  une  origine  glaciaire,, 
ou  même  éolienne,  c'est-à  dire  due  au 
transport  et  à  l'accumulation  de  pous- 
sières par  le  vent,  poussières  transformées 
ensuite  en  limons  par  la  pluie. 

UErgeron  des  géologues  Belges  est  une 
variété  de  loess,  non  calcarifère,  ainsi  que 
certaines  de  nos  «  Terres  à  briques  ». 

En  Picardie,  et  dans  le  bassin  de  Paris, 
le  loess  jaunâtre  est  souvent  recouvert 
par  le  «  Limon  des  plateaux  »,  avec  le- 
quel, du  reste,  il  a  beaucoup  d'analogie. 

Les  couches  de  Loess  les  plus  considé- 
rables sont  les  limons  des  plaines  du 
Rhin,  les  pampas  de  La  Plata,  et  surtout 
les  fameuses  steppes  du  bassin  du  Hoang- 
Ho,  Chine,  appelées  «  Terre  jaune  v>. 

«  Là,  cette  argile  très  légère  est  soule- 
vée au  moindre  vent  en  nuées  de  fine 
poussière  ^  [La  Terre  par  Priem).  Je  cite 


N»I343  V"».  L-^VI, 


l.'iNïJBRMBOiAAKb 


47» 


472 


exprès  cette  phrase  qui  explique  le  vers 
dont  parle  l'intermédiairiste  Nauticus 
dans  sa  demande. 

Enfin  ce  dépôt  de  Leus!^  ou  Loess  peut 
s'observer  aux  portes  mêmes  de  Paris,  no- 
tamment à  Villejuif,  Seine. 

P.  Taffin. 

Moabit  (LXIl;  LXVl,  123,  73). 
—  Merci  aux  intermédiairistes  <  Qui- 
setti  »  et  >i;  V.  A.  T.  »  qui  se  sont  inté- 
ressés à  l'étymologie  de  Moabit.  Celle  que 
donne  V.  A.  T.  est  aussi  fort  vraisem- 
blable. Mais  je  me  demande  si  le  mot 
«  Moabit  »,  prononcé  par  des  Français, 
avec  une  ditïérence  d'accent  tonique  très 
sensible  serait  resté  intact,  sans  aucune 
déformation,  jusqu'à  nos  jours,  n'étant 
plus  prononcé  que  par  des  Prussiens  }  Au 
reste,  je  ne  défends  pas  non  plus  spéciale- 
ment mon  étymologie,  que  j'ai  simple- 
ment noté'.;,  telle  qu'elle  m'a  été  fournie, 
et  à  titre  de  curiosité. 

MAURICë  ChaRPENTIFR. 

Origine  du   nom  de   Mistinguett 

(LXVI.     194).     —     L'ouvrage    que   cite 
M.  Paul    Edmond  me  fait   déjà   l'efiet  de 
faire  allusion   à  un    «  sieur    Mistanguet  »^ 
imaginaire.  D'où,  hélas  !  pas  d'origine  de 
noblesse    pour    la   gracieuse    artiste  tant 
applaudie   à    Paris.    D'autre    part    -    et 
Mlle  Mistinguett  seule  pourrait  répondre 
~  son  nom.   à  elle,  n'est-il  pas  un  pseu-^ 
donyme  ?  J'en  ai  peur,  et  je  croirais  plu- 
tôt que  la  charmante  créatrice  du  %<  Bon- 
heur sous  la  main  »,  des  v*  Midinettes  >\ 
etc.,   etc.,   se  serait    inspirée  d'un  vieux 
mot'  français   (dont    j'ignore,    du    reste, 
l'origine  et  la  signification),  m/5/m;y»^,  que 
je  rapprocherais  volontiers  de   misti,  mis- 
tigris,  et  du  nom  de  Mistingue,  donné  par 
Labiche      à     l'un     des     personnages     de 
€  L'Affaire    de   la    rue  de  Lourcine.  »   A 
Mlle  Mistinguett,   donc,  de   parler,  et  de 
nous  dire  si    elle   s'est   appelée   «  Mistin- 
guett  »,  de  naissance,  ou  si  elle  l'est  de- 
venue  pour   affronter   la    rampe,  et  rem- 
porter  les  succès  que    lui   ont  valus   son 
esprit,  son  talent  et  son  charme  ? 

Maurice  Charpentier. 

Réactif  pour  faire    réapparaître 

l'écriture  LXVi,  194.330;.  Dans  V Al- 
bert OTOt/<'r«(f, Paris,  1773, on  trouvera  deux 
recettes  pour   «  faire  revivre  la   plus  an- 


cienne écriture,  en  redonnant  aux  carac- 
tères presque  entièrement  efïacés  leur  pre- 
mière appi>rence  et  la  couleur  de  l'encre 
avec  laquelle  ils  ont  été  tracés  »  L'inven- 
teur de  la  première  recette  assure  l'avoir 
éprouvée  avec  succès  sur  des  titres  des 
treizième  et  quatorzième  siècle,  presque 
totalement  effacés.  Cette  recette  est  utile, 
dit  l'ouvrage  en  question,  non  seulement 
aux  gens  de  lettres,  mais  à  ceux  qui  ont  à 
fouiller  dans  les  manuscrits  anciens,  dans 
les  chartes  et  les  vieux  actes.  Comme 
elle  es^  un  peu  longue,  en  voici  une  plus 
courte  et  moderne  : 

^.  On  prend  de  l'acide  chlorhydrique 
étendu  dans  quatre  fois  autant  d'eau,  on 
passe  un  pinceau  imbibé  de  cette  prépara- 
tion sur  l'écriture  effacée  afin  de  dissoudre 
l'oxyde  de  fer  de  l'ancienne  écriture  ;  on 
trempe  ensuite  le  pinceau  dans  une  disso- 
lution d'hydrochlorate  de  potasse  (prus- 
siate  de  potasse),  et. Qpje  passe  une  se- 
conde fois  sur  récriture  et  les  caractères 
efïacés  deviendront  visibles  ». 

Un  autre  procédé  consiste  à  faire  une 
forte  infusion  de  noix  de  Galle,  dont  on 
imbibe  l'écriture  que  l'on  veut  faire  repa- 
raître. F.  Jacotot. 


«  * 


11  est  peut-être  assez  difficile  de  raviver 
uneécriture  effacée  par  un  produit  chimique 
quand  on  ignore  la  nature  du  produit  em- 
ployé.Il  est  probablequ'il  s'agitdel'oxalate 
de  potasse,  ou  de  l'acide  chlorhydrique. 
Dans  ce  cas,  l'emploi  d'une  solution  de 
ferrocyanure  jaune  peut  alors  faire  réap- 
paraître les  caractères,  mais  avec  une 
couleur  bleue  Pour  raviver  les  écritures 
passées  par  l'action  du  temps,  on  emploie 
le  sulphydrate  d'ammoniaque,  mais  ce 
produit  qui  donne  d'assez  bons  résultats 
est  assez  dé.sagréable  à  employer  à  cause 
de  son  odeur  infecte. 

Martellière. 

Les  e ■  criers  célèbres  (LXVI.  193, 
332;.  Nous  demandons  que  la  «  liste  » 
en  soit  close  par  la  reproduction  photogra- 
phique, dans  Vlnteimcdiaire,  de  l'un  de 
ceux  que  l'administration  de  notre  Biblio- 
t/tcqii^:  Nationale  met  a  la  disposition  du 
public,  de  sa  salle  de  travail  avec  l'aima- 
ble mention,  gravée  et  symbolique,  qui 
s'y  lit  de  la  Bibliothèque  Impériale.  Cela 
est,  en  vérité,  trop  peu  Troisième  Répu- 
blique pour  que  l'on  nous  refuse  cette  pe- 


J 


d 


DES  CHERCHHUKS  ET  CURIEUA 


10  Octobre  1919 


473 


474 


tite  récréation,  ou  ce  petit  enseignement. 
Mais  que  venons-nous  d'écrire  ?  Les  en- 
criers de  la  Nationale  ne  rappellent  ils 
point  les  monnaies  que  ladite  Troisième 
République  maintient  si  bizarrement  en 
circulation,  et  où  l'on  voit  des  Napoléons 
du  I"^  Empire  à  côté  d'écus  de  Bonaparte 
I*'  Consul,  de  Louis  XVIII,  de  Charles  X, 
de  Louis  Philippe,  de  Louis-N'apoléon,  de 
Napoléon  111  !  Les  sous  eux-mêmes  ne 
sont-ils  point  encore,  pour  la  plupart,  à 
l'effigie  de  V Empereur  des  Français,  Napo- 
léon 111,  déjà  cité?  C'est  ainsi  que,  malgré 
l'intérêt  politique  que  l'on  devrait  éprou- 
ver, en  haut  lieu,  à  faire  disparaître  ces 
souvenirs  de  régimes  déchus,  le  conserva- 
tisme férocement  routinier  des  bureaux 
semble  être  seul  responsable  du  maintien 
en  vigueur  de  tant  d'archaïquesvieilleries  ; 
ce  qui  cause  si  souvent  les  moqueries  d'or- 
ganes étrangers,  même  de  ceux  qui  appa- 
raissent peu  suspects  d'inimitié  à  notre 
«  démocratie  »  :  voyez-en  un  exemple 
récent  dans  la  feuille  libérale  de  Lau- 
sanne :  La  Revue,  numéro  du  samedi  24 
août  1912,3  l'article  :  Noire  monnaie. 

Il  est  vrai  —  détail  connu  des  seuls 
numismates  —  qu'un  certain  nombre  des 
louis  d'or  que  frappe,  depuis  une  dizaine 
d'années,  la  Monnaie,  sont  faits  iiniqiu- 
ment  de  l'or  extrait  d'anciens  écus  de 
cinq  francs  aux  effigies  de  Napoléon  I'"', 
Louis  XVIII  et  Charles  X,  qui  contiennent 
dans  leur  alliage  4,  millèmes  d'or,  rai- 
son pour  laquelle  TEtat  ne  les  remet  pas 
en  circulation,  quand  ils  arrivent  aux 
caisses  publiques.  La  raison,  on  le  voit, 
est  d'ordre  trop  pratique  pour  être  allé- 
guée contre  nous.  Et,  en  tout  état  de 
cause,  n'est-il  pas  d'une  douce  ironie  de 
voir  les  «  despotes  »  d'antan  alimenter 
encore,  bien  qu'indirectement,  le  budget 
de  notre  République? 

Camille  Pitollet. 

Du  port  de  ralhance  en  Alle- 
magne (LXVl,  96,  229,  273,331).  — Ce 
que  dit  notre  collaborateur  «  H.  de  L,  », 
sur  le  rite  catholique  qui  impose  le  port  de 
l'alliance  à  la  main  gauche,  ne  peut 
guère,  me  semble-t-il,  nous  éclairer  sur 
la  façon  de  se  comporter,  à  cet  égard,  en 
Allemagne,  c'est-à-dire  dans  un  pays 
dont  plus  des  deux  tiers  des  habitants 
sont  protestants. 

Maurice  Charpentier. 


M  Joachim  Kùhn  n'avait  point  parlé  des 
protestants  ;  aussi  ai  je  simplement  rap- 
pelé le  rite  catholique,  incomparablement 
plus  intéressant  que  ceux  des  protestants, 
qui  varient  à  l'infini,  comme  leurs 
croyances,  selon  la  fantaisie  de  chaque 
pasteur  ou  de  chaque  «  congrégation  ». 

C'est  ainsi  que  ie  sacrement  même  du 
baptême  n'est  plus  administré  validement 
chez  la  majorité  d'entre  eux,  et  que  l'Eglise 
catholique  est  obligée,  de  nos  jours,  de 
baptiser,  au  moins  sous  condition,  la  plu- 
part des  catéchumènes  sortis  de  leurs  rangs 
pour  revenir  à  elle. 

j'ajouterai  qu'au  point  de  vue  de  la  li- 
turgie catholique  l'anneau  matrimonial 
n'a  point  sa  raison  d'être  pour  l'époux, 
quoique  la  plupart  des  maris  ayent  pris 
l'habitude  déporter,  comme  leurs  femmes, 
l'anneau,  dit  :  alliance,  depuis  la  Révolu^ 
tion,  qui  a  fait  perdre  aux  choses  et  aux 
mots  tant  de  leur  vraie  siijnification. 

H.  DE  L. 

Le  Cubisme  (LXVI,  97,  270).  —  Le 
cubisme  est  l'art  de  peindre  des  ensembles 
nouveaux  avec  des  éléments  empruntés 
non  à  la  réalité  de  vision, mais  à  la  réalité 
de  conception. 

Il  ne  faudrait  pas  pour  cela  faire  à  cette 
peinture  le  reproche  d'intellectualisme. 
Tout  homme  a  le  sentiment  de  cette  réa- 
lité intérieure.  Il  n'est  pas  besoin  d'être 
un  homme  cultivé  pour  concevoir,  par 
exempk-,  une  forme  ronde. 

L'aspect  géométrique  qui  a  frappé  si  vi- 
vement ceux  qui  ont  vu  les  premières 
toiles  cubistes  venait  de  ce  que  la  réalité 
essentielle  y  était  rendue  avec  une  grande 
p  :reté,  et  que  l'accident  visuel  et  anec- 
dotique  en  avait  été  éliminé. 

En  représentant  la  réalité  conçue,  le 
peintre  peut  donner  l'apparence  des  trois 
dimensions,  peut  en  quelque  sorte  cubi- 
quer.  Il  ne  le  pourrait  pas  en  rendant 
simplement  la  réalité-vue, à  moins  défaire 
du  trompe-l'œil  en  racourci,  ou  en  pers- 
pective, ce  qui  déformerait  la  qualité  de 
la  forme  conçue. 

L'importance  que  cette  nouvelle  école 
française  donne  au  dessin  fait  comprendre 
qu'ainsi  que  j'avais  l'honneur  de  le  dire  à 
M.  Henry  Lapauze.  après  l.:.:!'.!, .;  de  son 
bel  ouvrage  sur  le  maître  de  fviontauban, 
les  cubistes  peuvent  se  réclamer  d'Ingres 


N   1342,  Vol,  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


475 


476 


car  pour  eux,  —  comme  i!  l'était  pour  lui 
— ,  le  lîcssin  est  la  t^rohite  de  l'art. 

Le  nom  de  Cubisme  que  porte  cette 
nouvelle  école  lui  fut  donné  en  dérision 
par  Henri-Matisse  qui  venait  de  voir  un 
tableau  représentant  des  maisons  dont 
l'apparence  cubique  le  frappa   vivement. 

Cette  école  que  je  dus  longtemps  dé- 
fendre seul,  eut  comme  fondateurs  Pablo 
Reasso  dont  les  inventions  corroborées 
par  le  bon  sens  de  Georges  Braque  qui 
exposa  dès  1908  un  tableau  cubiste  au 
Salon  des  Indépendants, se  trouvèrent  con- 
firmés par  les  études  de  lean  Metzinger, 
qui  exposa  le  premier  portrait  cubiste  au 
Salon  des  Indépendants  en  1910,  et  le 
premier,  fit  admettre  la  même  année,  une 
œuvre  cubiste  par  le  Jury  du  Salon  d'Au- 
tomne. 

C'est  en  1910.  également,  que  parurent 
aux  Indépendants  des  tableaux  de  Marie 
Laurencin  qui  ressortissaient  à  la  même 
école,  et  de  cette  année-là  date  l'adhésion 
du  peintre  Albert  Gleizes  qui  allait  pren- 
dre une  part  prépondérante  à  ce  nouveau 
mouvement,  et  celle  des  peintres  Le  Fau- 
connier, Robert  Delaunay  et  Fernand  Léger. 

La  première  exposition  d'ensemble  du 
cubisme  eut  lieu  en  1911,  aux  Indépen- 
dants où  la  salle  43  réservée  aux  cubistes 
causa  une  profonde  impression.  On  y 
voyait  des  œuvres  savantes  et  séduisantes 
de  |ean  Mct/.inger  ;  des  paysages  : 
r Homme  nu  et  la  {"cmme  aux  phlox  d'AK 
bert  Gleizes  ;  le  portrait  de  Mme  Fernande 
X'"  et  les  jeunes  filles  par  Marie  Lauren- 
cin ;  la  Tour  Eiffel  de  Robert  Delaunay, 
y Àhonlance  de  Le  Fauconnier  ;  les  Nus 
dans  un  paysage  de  Fernand  Léger. 

La  première  manifestation  des  cubistes 
à  l'étranger  eut  lieu  à  Bruxelles,  la  même 
année,  et  dans  la  préface  de  cette  exposi- 
tion, j'acceptai  au  nom  des  exposants  les 
dénominations  :  Cubisme  et  cubistes. 

A  la  fin  de  1911,  l'Exposition  des  cu- 
bistes au  Salon  d'Automne  fit  beaucoup 
de  bruit,  les  moqueries  ne  furent  épar- 
gnées ni  à  Gleizes  {La  Chass.-,  Portrait  de 
Jacques  Navrai)  ni  à  .Metzinger  (La  Femme 
à  la  cuiller)  ni  à  Fernand  Léger.  Aux  ar- 
tistes s'était  joint  un  nouveau  peintre, 
Marcel  Ducliamp,  et  un  sculpteur  archi- 
tecte, Duchamp-Villon. 

D'autres  expositions  collectives  eurent 
lieu  en  1911 ,  à  P^ris  dans  la  Galerie  d'Art 
contemporain,  rue  Tronchet,  en  1912,  au 


Salon  des  Indépendants  qui  fut  marqué 
par  l'adhésion  de  Juan  Gris,  au  mois  de 
mai,  en  Espagne  où  Barcelone  accueillit 
avec  enthousiasme  les  jeunes  Français,  et 
enfin  au  mois  de  juin  à  Rouen,  exposi- 
tion organisée  par  la  Société  des  Artistes 
normands  et  qui  fut  marquée  par  l'adhésion 
de    Francis    Picabia   à  la   nouvelle  école 

11  faut  encore  noter  qu'un  certain  nom- 
bre de  peintres  cubistes  faisaient,  il  y  a 
quelques  années,  partie  des  Fauves  dont 
ils  étaient  les  plus  jeunes. 

Ce  sont  :  Mlle  Laurencin,  MM.  Geor- 
ges Braque,  Jean  Metzinger,  Le  Faucon- 
nier, et  Robert  Delaunay. 

Picasso  dont  l'œuvre  était  déjà  consi- 
dérable quand  il  instaura  le  cubisme, 
s'était  tenu  à  l'écart  du  mouvement  des 
Fauves.  Quant  à  MM.  Jean  Metzinger  et 
Robert  Delaunay,  à  leurs  débuts,  ils 
avaient  appartenu  au  mouvement  di\i- 
sionniste  de  Seurat  et  de  Signac. 

Au  mois  d'octobre* 'prochain  aura  lieu 
l'exposition  de  la  Section  d'Or,  qui  sera  la 
plus  importante  des  expositions  cubistes. 

On  y  verra,  outre  les  œuvres  des  ar- 
tistes déjà  nommés,  les  statues  du  sculp- 
teur Agéro  qui  depuis  longtemps  déjà  au- 
rait dû  faire  partie  du  nouveau  mouve- 
ment artistique  et  les  belles  gravures  de 
Louis  Marcoussis,  qui  se  trouve  être  le 
plus  nouveau  des  cubistes.  Le  plus  jeune, 
M.  Georges  Denikcr,  qui  fait  en  ce  mo- 
ment son  service  militaire  dans  les  aéros- 
tiers,  n'a  pas  encore  exposé  de  ses  œu- 
vres cubistes  et  l'on  n'a  vu  de  lui  qu'une 
sculpture,  à  la  Nationale,  en  1911. 

L'art  français  du  cubisme  a  déjà  de 
l'influence  à  l'étranger,  et  particulière- 
ment en  Espagne  et  en  Bohême  où  toute 
la  jeune  école  de  peinture  est  cubiste,  et 
par  une  singulière  coïncidence  l'un  des 
cubistes  Tchèqu:s  se  nomme  Kubicsta  de 
son  nom  véritable.  Il  y  a  également  des 
Cubistes  en  Allemagne  où  par  une  coïn- 
cidence presque  aussi  singulière,  l'un  d'eux 
se  nomme  Kubin.  J'ai  vu  dans  une  revue 
q'.ii  parait  à  Prague,  les  photographies  de 
mobiliers  cubistes  qui  ne  m'ont  point 
paru  sans  intérêt. 

Dans  peu  de  jours  paraîtront  chez  Fi- 
giiièrc,  deux  ouvrages  où  l'on  trouvera 
des  renseignements  sur  la  nouvelle  école 
française  de  peinture  :  Le  Cubisme,  par 
Jean  Metzinger  et  Albert  Gleizes,  ouvrage 
avant  tout   théorique,  et  les  Méditations 


f 


\ 


l«K>-*%S.. 


Intermédiaire  LXV'I,  col.  17S 


I 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


10  Octobre  1913 


477 


esthétiques  où,  après  quelques  considéra- 
tions générales,  j'ai  tenté  de  caractériser 
la  personnalité  de  la  nouvelle  école,  les 
cubistes  :  Mlle  Marie  Laurencin,  MM.  Pi- 
casso, Georges  Braque,  Jean  ivietzinger, 
Albert  Gleizes,  Fernand  Léger,  Marcel 
Duchamp,  etc.,  etc. 

Guillaume  Apollinaire. 

Le  Futurisme  (LXVl,  97,  228,  268, 
329,  377). —  LeFi!turismeest,àmon  sens, 
une  imitation  italienne  des  deux  écoles 
de  peinture  française  qui  se  sont  succédé 
dans  les  dernières  années  :  les  Fauves  et 
les  cubistes.  J"ai  moi-même  fait  connaître 
à  M.  Marinetti  qui  fut  le  premier  théori- 
cien de  la  peinture  futuriste,  les  œuvres 
des  nouveaux  peintres  français  et  j'ai  ra- 
conté dans  le  Mercure  de  France^  la  visite 
des  peintres  futuristes  Boccioni  et  Sévé- 
rini  à  l'atelier  de  Picasso. 

Ni  Boccioni,  ni  Sévérini  ne  sont  sans 
talent.  Toutefois  ils  n'ont  pas  bien  com- 
pris la  peinture  des  cubistes  et  leurs  mé- 
prises leur  ont  fait  instaurer  en  Italie  une 
sorte  d'art  de  la  dispersion,  art  populaire 
et  tapageur. 

Le?  éléments  avec  lesquels  ils  veulent 
peindre  la  réalité  conçue,  les  futuristes 
les  empruntent  à  la  réalité  de  vision,  si 
bien  que  pour  figurer  un  objet,  ils  en  re- 
présentent les  différents  aspects,  comme 
ont  fait  quelquefois  les  images  populaires, 
et  tandis  que  les  cubistes  groupent  les 
différentes  idées  qu'ils  ont  d  un  objet,  afin 
de  provoquer  une  seule  émotion,  les  fu- 
turistes qui  ne  pensent  pas  à  tenir  compte 
de  la  durée,  voudraient  provoquer  autant 
d'émotions  qu'ils  se  font  d'idées  d'un 
seul  objet. 

Les  cubistes  peignent  les  objets  non 
comme  on  les  voit,  mais  comme  on  se 
les  représente,  et  leur  art  est  extrême- 
ment lucide  et  pur. 

Les  futuristes  qui  dispersent  dans  une 
toile  les  différents  aspects  d'un  objet  et 
les  nombreux  sentiments  que  provoquent 
ces  aspects  arrivent  aisément  à  la  confu- 
sion. 

Une  discipline  rigoureuse  régit  l'art  des 
cubistes.  L'arbitraire  est  la  règle  de  l'art 
futuriste  en  dépit  des  explications  et  des 
manifestes. 

Les  artistes  futuristes  soutenus  par 
la  caisse  bien  remplie  du  mouvement  fu- 
turiste dont  le  siège   est   à    Milan,  voient 


478 


leurs  affaires  prospérer,  tandis  que  la  plu- 
part des  jeunes  cubistes  dont  l'art  est  le 
plus  noble  et  le  plus  élevé  qui  soit  au- 
jourd'hui, abandonnés  de  tous,  moqués 
par  la  presse  presque  tout  entière,  vé- 
gètent dans  la  demi  pauvreté  quand  ce 
n'est  pas  dans  le  dénuement  le  plus  com- 
plet. Guillaume  Appolinaire. 

Ls  sec;  étaire  de  la  plume  (LXVI, 
342)   -  Roze(Tous5aint)  était  président  à 
la  chambre  des  comptes  et  secrétaire  du 
cabinetdu  roi.  «  Avoirla  plume,  dit  Saint- 
Simon,    c'est   être     faussaire  public,    et 
faire  par  charge  ce  qui  coûterait  la  vie  à 
tout   autre.  Cet  exercice  consiste   à  imi- 
ter  si  bien    l'écriture  du   roi,    qu'on    ne 
puisse  distinguer  la  copie  de  l'original, et 
à  écrire  de  cette    sorte  toutes   les  lettres 
que  le  roi  doit  ou  veut  écrire  de  sa  main 
sans  en  prendre  la  peine.  Il  y    a   de  ces 
lettres  aux  princes  étrangers  et   aux  su- 
jets de  haut  rang  pour  secret    d'affaires, 
à  l'insu  des  ministres,  ou  par  marque  de 
bonté   et   de    distinction.   Il   n'était  pas 
possible   de    faire  parler  Louis  XIV  avec 
plus  de  dignité,  ni   plus   convenablement 
à   chacun,  et  sur   chaque    matière,    que 
faisait    Roze.   Fidèle  et  secret,  le   roi  s'y 
fiait  entièrement.  Fin,  rusé,  adroit,  il  était 
d'2,utant  plus    dangereux  pour   ceux   qui 
l'ofïensaient^qu'il avait  infiniment  4'esprit 
des  saillies  et  des    reparties   très  salées, 
beaucoup  de  liberté  et  de  hardiesse  avec 
son    maître.    Mazar'n    le  donna    à  Louis 
XIV  ;  il  travailla  cinquante  ans  sous  celui- 
ci,   jusqu'à    l'âge   de     quatre-vingt-sept 
ans,  gai,   dispos,  et   doué  jusqu'à  la  fin 
d'une  mémoire  nette  et  admirable  qui  le 
rendait  fort  utile  au  roi.  » 

P.  c.  c.  F.  Jacotot. 

Dominiquô  Larrey.  Lettre  (iné- 
dité) que  lui  adresse  sa  femme 
après  Moscou.  —  Nous  avons  publié 
différentes  lettres  intimes  de  Dominique 
Larrey  à  sa  femme,  écrites  durant  la  cam- 
pagne de  1812.  Elle  lui  répondait  avec 
la  même  fidélité  ;  il  conservait  précieuse- 
ment ses  lettres  et  malgré  les  travers  du 
retour, il  les  rapporta  à  Paris,  Celle  qu'on 
va  lire,  en  dehors  des  petits  détails  de  la 
vie    domestique,     dépeint   l'état     d'âme 


N»  1342       Vol.LXV. 

" 479 

d'une  mère  et  d'une  épouse  angoissée,  et 
trahit  l'inquiétude  et  la  lassitude  qui 
commencent  à  peser,  en  général,  sur  les 
esprits. 

De  la  Motte  ce  H  odobre  1812. 

Mon  bien  cher,  que  ta  lettre  de  Moscou 
m'a  suiprise  par  la  promptitude  avec  laquelle 
je  l'ai  Tttçue  et  les  détails  que  tu  me  donnes. 
Tout  le  monde  ici  partageait  mon  étonne- 
ment  et  chacun  répétait  :  de  Moscou  cela 
eat-il  possible?  En  effet,  cher  ami,  cette 
conquête  est  un  miracle  attaché  aux  roues 
de  l'armée  française  «t  surtout  de  l'inconce- 
vable puissance  qui  vous  conduit.  Mais  pour 
acheter  ces  grandes  conquêtes  que  de  maux 
vous  éprouvez  et  que  je  partage  d'âme  et  de 
pensée  vos  peines,  et  vos  misères.  Hélas 
oui  mon  bon  smi  il  ne  faut  faire  d'autres 
vœux  que  ceux  de  nous  retiouver  tous  en- 
semble Peu  importe  le  manquede  fortune. 
Par  ma  dernière  lettre  je  t'apprenais  que  mes 
deux  enfants  avaient  été  malades  l'un  après 
l'autre  et  Isaure  surtout  d'une  manière  in- 
quiétante. Juge  de  mes  angoisses  et  de  mes 
soms,  je  puis  te  dire  à  présent  et  dans  la 
plus  grande  vérité  qu'ils  sont  remis  l'un  et 
l'autre  dans  une  santé  parfaite.  Combien  tu 
jouirais  de  voiriiolrt.-  bon  petit  avec  un  teint 
si  frais  faisant  de  la  journée  un  emploi  char- 
mant etsalutaiie.  On  lui  a  fait  faire  ici  une 
brouette  et  des  petits  instruments  de  jardi- 
nage ;  il  bêche,  il  plante  et  ratisse,  il  pour- 
suit les  moutons,  il  mange  la  soupe  chez  le 
fermier  du  domaine,  il  boit  du  lait  enfin, 
depuis  les  m.aîtres  jusqu'aux  domestiques  et 
aux  paysans,  tout  le  monde  est  à  se>  ordres. 
La  belle  et  bonne  Isaure,  fait  aussi  la  con- 
quête de  tous  les  coeurs,  elle  est  si  Jouce  et 
si  gracieuse  que  l'on  m'assure  que  l'on  voit 
peu  de  jeunes  personnes  si  aimables,  M.  et 
Mme  de  Julie  qui  ont  passsé  avec  nous  10 
jours,  raffolent  de  nos  enfants  et  même  de 
leur  mère  car  Mme  m'a  prise  en  véritable 
tendresse  elle  veut  que  je  l'appelle  ma 
sœur,  elle  m'invite  à  aller  la  voir  à  Ciiâteau- 
briant  qui  est  une  terre  près  d'A'.gers.  J'ose 
croire  que  mon  séjour  à  la  Motte  ne  peut 
être  important  car  j'ai  achevé  de  décider  Mme 
de  Julie  a  établir  une  dotation  pour  Prosper. 
Ainsi  nous  aurons  encore  un  b-ron  dans  la 
famille  et  ma  sœur  alors  trouvera  j'espère 
que  c'est  une  chose  très  bien  établie  que  la 
nouvelle  noblesse. 

Je  n'ai  qu'à  me  It.uer  de  la  manière  fran- 
che avec  laquelle  je  suis  reçue  moi  et  mes 
enfants  et  l'amitié  tendre  que  chacun  exprime 
pour  tci,  mon  cher  Larrey.  Mme  de  Julie  m'a 
priée  avec  les  larmes  aux  yeux  de  te  dire 
combien  elle  s'intéresse  à  toi  et  à  tes  suc- 
cès, son  mari  m'a  montré  les  mêmes  s.-nti- 
ments.  Je  ne  suis  pas  si   contente  des  Détri- 


L'INTHRMEDlAlRi*. 


480 


cher  le  mari  à  la  vérité  tombe  en  imbécilité 
et  en  attaque  d'apoplexie  ce  qui  ne  le  rend 
pas  supportable  à  voir,  les  femmes  ont  la 
tète  perdue  excepté  la  langue  car  elles  parlent 
sans  cesse  et  me  font  tourner  à  la  ri;ouô 
quand  je  vais  chez  elles  où  un  air  méphitique 
vous  saisit  dès  que  l'on  y  reste  un  quart 
d'heure.  On  nomme  leur  châtel  h's  Loges, 
mais  en  vérité  il  est  bien  nommé  car  il  est 
rempli  de  fous  et  d'imbéciles,  leur  fils  sur- 
tout en  est  le  héros.  Nous  voyons  bonne  et 
grande  compagnie  M.  le  compte  de  Séram 
était  hier  ici.  M.  et  Mme  de  Coilin  ci-devant 
duc,  dont  la  femme  est  jeune  simple  et  jolie 
sont  nos  voisins,  elles  sont  très  bonnes  amies 
avec  Isaure.  Mme  Cavai  est  arrivée  hier  et 
nous  reste  tout  le  mois,  ensuite  nous  se- 
rions heureuses  dans  cette  bonne  terre  et 
avec  cette  aimable  compagnie  si  nous  n'avions 
l'extrême  inquiétude  qui  dirige  toutes  nos 
pensées  vers  toi  et  cette  belle  et  grande  ar- 
luée  sur  laquelle  tous  les  regards  sont  fixés  1 

Ces  féroces  tusses  ont  donc  mis  le  feu  à  leur 
belle  ville  et  font  eux  mêmes  le  malheur  de 
leur  peuple  plus  qu'ils  n'auraient  eu  à  crain- 
dre de  Iturs  ennemis.*  <3e  hu'letin  fait  hor- 
reur contre  cette  nation  et  ce  que  tu  me 
traces  diî  leurs  mœurs  est- aussi  curieux  que 
plaisant,  assurément  ils  ont  là  de  jolis  ani- 
maux domestiques  que  MM.  les  ours  et  les 
tigres.  Cette  anecdote  peint  leur  férocité 
d'un  seul  trait.  Quand  sortirez-vous  de  ce 
repaire,  mes  bons  amis,  car  je  comprends  ton 
ami,  toi  et  le  Grand  dans  mes  vœux.  Quand 
te  reverrai-je,  mon  cher  Larrey,  et  pourrai-je 
remettre  entre  tes  bras  les  deux  plus  aimables, 
enfants  que  l'on  puisse  voir,  alors  je  ne  dé- 
sirerai plus  rien  il  me  semble, et  leur  tendresse 
et  leurs  grâces  te  dédommageront  de  toutes 
tes  peines,  je  m'emploierai  aussi  a  tacher  de 
te  les  faire  oublier.  Continue  à  m'écrire  mon 
ami,  tes  lettres  sont  des  trésors  pour  moi  et 
les  miens  et  puisque  les  miennes  te  font 
plaisir  aussi  j'écrirai  le  plus  souvent  pos- 
sible. Assure  M.  Ribes  de  mon  amitié  et 
crois  en  ma  tendresse.  Ton  Hippolyte  l'au- 
tre jour  a  griffonné  sur  un  petit  papier  et 
l'a  plié  en  lettre  privée,  il  a  voulu  un  pain  à 
cacheter  et  avec  un  air  capable  et  sérieux  il 
me  d.l  hier  :  tu  enverras  à  pap.i  ma  lettre 
avec  la  liennef.  Tout  le  monde  riait  aux  larmes, 
et  moi  je  l'ai  embrassé  aussi  avec  les  yeux 
baignés  mais  par  un  autre  sentiment. 

Adieu  ami,  mille  tendresses. 

[Charlotte  Larrey.] 


Le  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

Imp.  Oamifî-Cjiambok,  St-Amand-.V.ont-R'-'né 


Ê 


LXVI*  Volnme     Paraissant  les     to,  ao  et   io  de  chaque  mois 


20  Octobre  1912 


48»  Année 

81  '",r.  Victor-MAHsé 
PAItlS  (IX*> 

RiKesu    :  deS  àSheures 


QUAQDB 


Chirckez  et 
voua  trouverez 


g       II  se  faut 

Bo       $ntraider 

z 
a 
o 


N»  1343 

3f*»,r.VIctor-!Ua8« 
PAItlS  (IXO 

Bur«aux  :  de  3  à  6  hea>'«j 


€3nUxméb  laixe 


DES 


CHERCHEURS    ET   CURIEUX 

Fondé   en    1864 


H,  ^'^ 

^QCKSTIONS     ET     URI'ONSES     LITTÉRAIRES,     HISTORIQUES,    SCIENTIFIQUES-  ET    ARTISTIQUIS 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme ,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  lafeuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  d?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Qiiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sanj  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou.  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


(âue0îion0 


Les  billets  de  Marie-Antoinette  à 
Jarjayes.  —  M.  Paul  Gaulot,  en  un  pas- 
sionnant feuilleton  du  Figaro;  M.  le 
comte  de  Pimodan,  dans  une  brochure 
d'un  vif  intérêt,  claire  et  concise,  ont 
parlé  du  complot  jarjayes,  qui  aurait  per- 
mis à  Marie-Antoinette  de  s'évader  si  son 
dévouement  aux  siens  ne  l'avait  retenue. 

Que  sont  devenus  les  billets  que  la 
Reine    avait   pu  faire  passer  à  jarjayes  ? 

D^  L. 

Contribution  de  Bourgogne.  — 
Quelle  était  cette  taxe  pour  la  réparti- 
tion de  laquelle  des  rôles  furent  dressés 


dans  le  Verdunois,  en    1658 
lier  ? 


en 


particu- 
E.  R. 


Louis-Philippe  le  24 février  1848 
était-il  en  fiacre  (LXVl,  185,  294,350). 
—  Le  général  Atthalin. —  C'est  à  des- 
sein que  nous  plaçons  cette  question 
avec  ses  réponses  dans  le  compartiment 
des  questions,  en  raison  du  nouveau 
point  d'interrogation  qu'elle  pose, 

La  lettre  qu'on  va  lire  est  écrite  par 
feu  M.  Rabaroust,  ancien  magistrat  ;  elle 
met  en  scène  dans  cette  scène  d'histoire, 
M.  Laurent-Atthalin  qui,  malheureuse- 
ment, ne  pourra  répondre  à  la  question 
posée  :  la  magistrature  vient  d'avoir  la 
douleur  de  le  perdre. 

Mon  cher  ami, 
En  lisant  l'autre  jour  un  article  sur  le  pré- 
tendu fiacre  de  Louis-Philippe,  au  24  février 
1848,  je  me  suis  rappelé  l'anecdote  racontée 
par  le  cocher,  non  pas  du  fiacre,  mais  de  la 
voiture.  J'étais  bien  jeune.  C'est  déjà  loin, 
Mais  si  vous  voulez  plus  de  précision, 
adressez-vous  à  un  confident,  plus  sérieux 
que  moi,  au  cocher  en  question  ;  à  un  confi- 
dent qui  pourrait  bien  en  avoir  les  mémoires 
écrits  ;  au  petit-fils,  M.  Laurent-Atthalin, 
Conseiller  à  la  Cour  de  Cassation.  Car  le 
cocher  de  la  circonstance  fut  son  grand-père 
maternel,  le  général  Atthalin. 

A  vous  toutes  mes  amitiés 
Rabaroust. 

Qii'est  devenue  la  bibliothèque  de 
Saint-Cloud  ?  —  Le  château  fut  incen- 
dié le  13  octobre  1870.  Une  partie  de  la 
bibliothèque  fut  sauvée.  Le  roi  de  Prusse 
ordonna  à  son  lecteur,  Louis  Schneider, 
de  mettre  les  livres  en  ordre  pour  les  ren. 

LXYI.  -  11, 


N» 


'343. 


Vol.  LXVI. 

485 


L'JNTBRMÉDlAlRïi 


484 


dre  à  Napoléon  III,  après  la  guerre  Schnei- 
der s'occupa  du  classement  jusqu'en  jan- 
vier 1871.  11  dit  dans  l Evipereur  Guil- 
laume Souvenirs  intimes,  traduction  fran- 
çaise, tome  3,  piige  4^  :  t<  J'ignore  ce  qu'il 
est  advenu  de  cette  précieuse  collection.  » 

A.  B.  M. 

Cond  mriations  pour  participa- 
tion à  la  Commune.  —  (Jù  peut-on 
prendre  connaissance  des  condamnations 
prononcées  pour  fails  insurrectionnels  en 
1871? 

Existe  t-il  un  recueil  de  ces  condamna- 
tions ou  jugements.^  Si  un  tel  recueil  a 
été  imprimé,  quel  en  est  le  titre  e.xact  .f* 
qui   l'a    édité  .f"  et  en    quelle  année  a-t  il 


paru 


Remus. 


[M.  Gaston  Dacosta,  dans  ?m  Commune 
vécue  a  publié  la  liste  des  condamnés  aux 
travaux  forcés.  Je  possède,  manuscrit, 
l'état  nominal  de  ces  condamnés  dressé  à 
l'ile  Nou  (matricules,  noms  propres,  âges, 
date  de  la  condamnation,  motifs)  sur 
lequel  M,  Dacosta  a  fait  cette  publica- 
tion]. G.  M. 

Plaques  coramémoratives.  —  A- 
t-on  lo  droit  de  les  enlever  ?  —  La 
ville  de  Bordeaux  s'était  honorée  jusqu'ici 
d'avoir  jadis  donné  asile  à  Goya,  et  des 
mains  pieuses  (Municipalité  .f*  Artistes? 
ou  Archéologues  ?  je  ne  sais)  avaient 
placé  sur  la  maison  du  grand  peintre  es- 
pagnol—  Rue  Voltaire  1,  à  l'angle  du 
Cours  de  l'Intendance  41,  —  une  plaque 
de  marbre  pour  rappeler  que  l'artiste 
avait  habité  cette  maison  et  y  était  mort 
en  1828. 

Survient  un  industriel  qui,  pour 
mieux  étaler  son  ensc'gne  tapageuse, 
trouve  tout  simple  d'enlever  la  plaque^  et 
le  tour  est  joué.  N'y  a-t  il  pas  dans  ce 
fait  une  profanation  historique  ?  A  qui 
réclamer,  et  à  quel  titre  ^  11  est  assez 
probable  que,  dans  le  cas  présent,  pro 
priélaire  et  locataire  se  soucient  fort  peu 
de  la  mémoire  de  Goya  ;  mais  enfin  n'ap- 
partient-il  pas  aux  amis  des  Arts  de  faire 
entendre  leurs  voix,  d'autant  plus  que, 
sans  gêner  l'enseigne  du  nouveau  venu, 
on  pourrait  très  b:en  replacer  l'enseigne 
à  la  hauteur  du  second  étage  de  la  mai- 
son, du  côte  de  la  rue  Voltaire.  N'étant 
pas  Bordelais  moi-mêtne,  je  n'ai  que  le 


droit  de  constater...  et  celui  de  me  taire. 
Mais  enfin,  je  signale  le  fait  à  nos  amis 
de  la  Gironde,  si  fiers  à  juste  titre  de  leurs 
souvenirs.  H.  L. 

Le  peintre  B.vpobie.  — Je  possède 
un  portrait  au  pastel,  fait  à  Copenhague 
et  signé  J.  C   (entrelacés)  B\pobie,  pinxit 

'774- 
Je  souhaiterais  quelques  renseignements 

sur  ce  peintre.  Waltérus. 

* 

Mort  du  conventionnel  Courtois. 

—  En  quelle  année  est  mort  le  convention- 
nel Courtois  ? 

Voici  pourquoi  je  pose  cette  question  : 
Je  relève  dans  Bouillet  les  dates  175^- 
1816  —  dans  Larousse  —  1750-1816. 

Et,  d'après  la  minute  autographe  d'une 
lettre  du  comte  de  Damas,  je  vois  qu'en 
novembre  1824,  Courtois,  le  régicide^ 
habite  Bruxelles.. 

Le  conventionnel  .Ççurtois  a  t-il  laissé 
des  descendants .''  Colline. 

[Le  Dictionnaire  Robinet  précise  ainsi  : 
mort  à  Bruxelles  le  6  décembre  1816.] 

Antoine  Crochart.  —  Que  sait-on  de 
ce  personnage,  âgé  de  43  ans  en  1689, 
qui  portait  comme  armoiries  ;  de...  à 
V aigle  éplovée  de. .  accompagnée  de  trois 
hermines  de  ..  au  chef  de...  chargé  d'un 
soleil  de...  ?  et  de  sa  famille  ? 

D.  A. 

Crottus.  —  Quelqu'un  pourrait-il 
donner  des  renseignements  surEliusJu- 
lius  Crottus,  poète  latin  erotique  moder- 
ne, dont  on  trouve  des  morceaux  dans 
Erotopaegnion  sir  e  Priapcia  yeterum  et 
Reccnsioium.  Paris,  1798.  Je  sais  seule- 
ment que  c'était  un  italien. 

R.  G. 

Danquetil.  —  Victoire  Dufour  qui 
épousa  à  la  fin  du  xvin"  siècle  Louis- 
Marie  Danquetil,  conseiller  du  Roi,  à 
Beaufort  (actuellement  Maine  et  Loire) 
eut-elle  postériié  ? 

Célestin  Port  signale  un  hôtel  Dan- 
quetil à  Beaufort  et  un  D,  maire  de  cette 
ville  sous  la   Restauration  . 

Comte  DE  GUENYVEAU. 

Famille  de  Dracy.  -  Existe-t  il  en- 
core une  famille  de  Dracy,  qui  aurait  été 


Bf^URSCURÎBUXB 


20  Octobre  \g\a 


485 


486 


propriétaire  du  château  de   Dracy,  dans 
l'Yonne,  avant  la  Révolution  ? 

Sinon,  quel  en  a  été  le  dernier  repré- 
sentant ?  Etait-elle  alliée  à  une  famille 
de  Sampigny  ?  Mask. 

Le  papitrede  Madame  de  Genlis 
—  N'avez-vo.i?  pas  été  frappé  d'un  cu- 
rieux détail  dans  un  tableau  qui  est  au 
Musée  de  Versailles,  et  qui  représente 
Madime  de  GenlJs  ?  Assise  dans  son  fau- 
teuil, devant  sa  table,  où  la  lampe  intime 
répand  une  calme  clarté,  elle  écrit.  Mais 
elle  écrit  le  plus  drôlement  du  monde. 
Son  pupitre  est  sur  ses  genoux.  Elle  a  évi- 
demment posé  pour  ce  portrait  ~  que 
\' Intermédiaire  devrait  bien  reproduire  (i  ). 
Ce  n'est  donc  pas  un  geste  symbolique 
mais  habituel. 

L'usagea-t-il  existé  d'écrire  de  la  sorte  ? 
ou  n'était-ce  qu'une  habitude  particulière 
à  l'institutrice  de  Louis-Philippe  ? 

A.  B.  X. 

Le  peinire  Galard.  —  Je  possède 
un  portrait,  à  l'huile,  fait  à  Bordeaux  et 
signé  :  G.  de  Galard,  1826. 

Je  souhaiterais  quelques  renseignements 
sur  ce  peintre.  Waltérus. 

Un  Portrait  en  pied  de  Mme  de 
Hanska,    peint  par  Waldmùller,  en 

1835.  —  Dans  ce  portrait,  devenu  un 
«  Portrait  historique  »,  et  que  j'ai  sous  les 
yeux  [Haut,  79  cent.,  sur  64  cent.  Labg.J, 
la  comtesse  de  Hanska  est  représentée, 
assise,  sur  une  terrasse,  donnant  sur  un 
grand  fond  de  paysage,  tout  au  loin,  à 
l'horizon,  borné  par  une  longue  chaîne  de 
hautes  montagnes.  Le  corps  légèrement 
tourné  à  droite  et  le  visage  de  face,  la 
tête  nue,  ses  beaux  cheveux  bruns,  tor- 
sadés sur  le  chignon  el  bouchés  en  spi- 
rales, à  l'anglaise,  sur  les  côtés,  Mme  de 
Hanska  est  la,  en  grande  toilette  de  soi- 
rée, vêtue  d'une  robe  de  soie  jaune  clair, 
décolletée,  agrémentée  de  grosses  man- 
ches bouffantes  «  à  gigots  »,  en  rnoussc- 
Ime  blanche  qui  laisse  entrevoir,  sous  sa 
transparence,  le  rosé  des  bras  nus.  Les 
oreilles,  le  corsage  et  le  nœud  de  la  cein- 
ture, suivant  la  mode  d'alors,  sont  ornés 
de  bijoux  d'un  riche  et  précieux  travail. 


(1)  11  sera  reproduit  dans    le   numéio    pro- 
chain. 


1 


L'une  des  mains, posée  sur  la  jupe,  tient, 
tout  ouverte,  un  face-à-main.  L'autre, 
pendante  sur  le  côté,  caresse  une  chienne 
qui  tend,  câlinement,  son  fin  museau, 
vers  sa  maîtresse.  Cette  chienne,  uneépa- 
gneule  de  chasse,  blanc  et  orange,  est 
merveilleii?ement  peinte  :  on  voit,  qu'elle 
aussi,  là,  est  un  portrait. 

Ce  tableau  est  signé  et  daté,  en  très 
petites  lettres  :  «  Waldmijller,  1835.  >^ 

Cette  date,  remarquons-le,  est  juste- 
ment celle  de  l'époque  où  commença  le 
long  flirtage  de  Mme  de  Hanska  avec  H.  de 
Balzac,  lequel  flirtage  devait,  quinze  ans 
après,  en  1850,  se  terminer  par  une  légi- 
time union. 

L'auteur  de  ce  portrait,  F. -G.  Wald- 
mùller, peintre  autrichien,  était  profes- 
seur de  peinture  à  l'Ecole  impériale  des 
Beaux-Arts  de  Vienne.  A  l'Exposition  uni- 
verselle de  Paris,  en  1855,  il  envoya  six 
tableaux  de  genre,  qu'on  trouve  men- 
tionnés, sous  les  numéros  47  à  52,  dans 
le  livret  officiel  de  l'époque. 

Pourrait-on  me  dire  si  ce  beau  portrait 
de  la  future  Mme  de  Balzac  a  été  repro- 
duit par  la  gravure,  la  lithographie  ou  la 
photographie,  —  puis,  me  donner  aussi 
les  dates  précises  de  la  naissance  et  du 
décès  de  l'auteur  de  cette  peinture  F. -G. 
Waldmùller, —  et, de  plus,  me  faire  savoir 
également  s'il  a  peint  d'autres  Portraits  de 
personnages  qui  soient  connus  ? 

Ulric  Richard-Desaix. 

Lanes,    seigneur    huguenot.    — 

Dans  les  Mémoires  de  Duphssis-Mornav 
(Mornay,  seigneur  du  Plessis)  écrits  au 
commencement  du  xvu'^  siècle,  que  je  ne 
puis  consulter,  il  est  parlé,  paraît  il,  de 
Guy-Odet  de  Lanes,  baron  de  la  Roche, 
comme  un  des  principaux  seigneurs  pro- 
testants d'Henri  de  Navarre.  Pourrait-on 
me  faire  connaître  sur  ce  personnage  ce 
qu'en  dit  cet  auteur  et,  si  la  France  Pro- 
testante de  Haag  en  parle,  ce  qu'elle 
donne  sur  lui.  Je  sais  qu'il  fut  assiégé  et 
pris  dans  son  château  de  la  Roche  par 
Montluc  en  i  568.  Saint-Saud. 

Famille  Pillavoyne.  —  Une  bran- 
che de  la  famille  de  Pillavoyne  résidant  en 
Normandie  et  se  disant  issue  de  la  Maison 
de  Trie,  vint  se  f>?cer  en  Bretagne  dans  le 
courant  du  xiv^  siècle.  Elle  donna  son 
nom  à  un  maioir  situé  à  Pordic,  diocèse 


N  1343,  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


487 


488 


de  Saint-Brieuc.  Quelqu'un  pourrait-il  me 
fournir  des  renseignements  sur  cette 
branche  bretonne  de  la   famille  de  Pilla- 

veyne? 

Vicomte  de  N. 

Prévost -Paradol  :  «  Le  roman 
d'un  homme  politique.  »  —  Dans 
le  numéro  de  la  Rn'ue  de  Paris  du 
!•' octobre  1912,  M.  Emile  Faguet  pu- 
blie un  article  des  plus  intéressants, 
comme  toujours,  *<  Le  roman  d'un  homme 
politique  y;  cet  homme, il  ne  le  nomme  pas 
mais  c'est  manifestement  Prévost  Para- 
dol dont  le  délicat  psychologue  analyse 
de  main  de  maître  le  caractère  très  di- 
vers. Il  s'agit  d'une  grande  passion  pour 
une  femme  du  monde  séparée  de  son 
mari,  qui  aima  l'écrivain  marié  et  père 
de  famille,  mais  lui  résista  vaillamment. 
Ce  serait  donc  plus  par  désespoir  passion- 
nel que  pour  des  causes  politiques  que 
Prévost-Paradol,  neurasthénique,  d'ail- 
leurs, se  serait  tué.  Elle-même  est  morte 
inconsolée  en  1909  d'une  maladie  cruelle 
et  dans  la  gène. 

Il  y  a  quarante-deux  ans  de  la  mort  de 
Prévost-Paradol  ;  la  femme  aimée  a  dis- 
paru sans  laisser  d'enfants,  le  drame 
d'amour  quia  traversé  sa  vie  la  laisse  in- 
tacte dans  sa  dignité  :  serait  il  donc  in- 
discret de  poser  à  ce  sujet  une  question 
et  de  demander  le  nom  de  cette  très  no- 
ble aimée,  avec  quelques  détails  de  bio- 
graphie ?  Je  ne  pense  pas  qu'il  puisse  y 
avoir  scandale  ;  on  sait  tout  dire  à  l'/w- 
termfdiaire  et  je  n'ai  pas  besoin  d'ajouter 
que  ma  curiosité  est  faite  de   la  plus  ei.- 

ticre  sympathie. 

H    C.  M. 

Famille  Robilant.  —  Ya-t-il  en 
Belgique  actuellement  une  famille  de  Ro- 
bilant et  celle-ci  serait-elle  parente  des 
Robilant  du  Piémont  ?  S.  F. 

Tou^nemine.  -  Absent  de  Paris,  je 
serais  heureux  d'avoir  L-  renseignement 
suivant  : 

Qycls  sont  les  degrés  et  alliances  sépa- 
rant lean  III  de  T. ,  seigneur  de  la  Guerche, 
fils  de  jran  11  et  de  Jeanne  de  SalTré,  — 
de  Julieii-Rcnc  de  T.  seigneur  de  la  Guer- 
che, époux  de   Françoise  Hingant  (1526- 

Comte  DE    GUENYVEAU. 


Waldteufel.  —  Quelle  est  la  n.itiona- 
lité  de  ce  coîiipositeur  .''  Les  biographes  ne 
s'accordent  pas.  Y  eut-il  deux  Waldteu- 
fel ? 

ZoPPi. 

"Vir  fugiens  denuo  pugnabit.  — 
J'ai  vu  citer,  à  plusieurs  reprises,  cette 
sentence  comme  provenant  d'Horace.  Ce- 
pendant, elle  ne  se  trouve  point  dans  son 
œuvre.  Quelque  collaborateur  obligeant 
pourrait-il  m'en  indiquer  la  source  ? 


Un  mot  de  Bossuet  «  Deux  bras 
levés  au  ciel..  ».  —  J'ai  entendu  attri- 
buer à  Bossuet  une  pensée  analogue  à 
celle-ci  :  «  Deux  bras  levés  au  ciel  font 
plus  pour  obtenir  la  victoire  que  les  plus 
nombreux  bataillons.  » 

Je  désirerais  savoir  si  cette  phrase  est 
bien  de  Bossuet,  et-àrjucl  endroit  de  ses 
œuvres  elle  se  trouve. 

G.  G. 

Le  rire  de  Mirabeau.  —  Nous  li- 
sons, dans  les  Conversations  de  Gœlhe 
recueillies  par  Eckermann  et  traduites  par 
Emile  Delérot.  (Tome  II,  page  225)  : 

Uiné  chez  Goethe.  11  me  parle  d'une  poésie 
française...  Elle  a  pour  titre  :  ïe  Rire  de 
Mirabeau.  Cette  poésie,  a  dit  Goethe,  est 
pleine  d'esprit  et  d'aud.ace  ;...  il  semble  que 
Méphistophélis  ait  préparé  l'encre  dont  s'es 
seivi  le  poète. . 

Le  traducteur  ajoute,  en  note   : 

Cette  poésie,  qui  a  pour  auteur  Cordelier- 
Delanoiie,  mort  en  1854.3  été  publiée  dans 
un  recueil  intitulé  les    Sillons  (Paris   1855). 

Serait-il  possible  à  un  obligeant  inter- 
médiairiste  de  me  communiquer  le  texte 
de  cette  pièce  de  vers  qui  pourrait  peut- 
être,  si  elle  n'est  pas  trop  longue,  trouver 
place  dans  ces  colonnes  .'' 
^  J.P. 

Origii  e  du  salut  masculin.  —  Au 
moment  où  le  snobisme  invente  une  for- 
mule nouvelle  qui  consiste,  pour  les 
jeunes  gens,  à  ?c  promener  nu-tètc  dans 
les  rues,  je  désirerais  connaître  l'origine 
du  salut  masculin,  c'est-à-dire,  du  geste 
de  retirerson  chapeau. 

ROAN. 


DBS  CHERCHEURS  HT  CURIEUX 


489 


ao  Octobr*  1913 


490 


ft^pouded 


L'énigme  de  Valmy  Brunswick. 
Le  vol  des  diamants  de  la  couronne 

(LXVI,  386,446).  —  M.  Gustave  Bord 
veut  bien  citer  un  article  où  je  suis  invité 
à  vider  cette  question  ;  je  ne  crois  pas 
pouvoir  mieux  faire  aujourd'hui  qu'en 
1888  où  j'ai  publié  :  Un  essai  sur  l'histoire 
dts  joyaux  Je  la  couronne. 

Germain  Bapst. 

Le    second    testament  de    Louis 

XVI  (LXVI,   453).    —J'ai    vu,   avant  M 
Henri  Rochefort,  la  pièce  qu'il  a  signalée 
dans  la  Patrie.^    comme    une   découverte 
rarissime,  et  j'ai  le  regret  de  lui  apporter 
une  désillusion  qui  devra  lui  être  pénible. 

De  prime  abord  la  teinte  de  l'encre, l'as- 
peci  du  papier  évoquent  le  soupçon  d'un 
simple  fac  simile,  qui  se  révèle  effronté- 
ment par  le  filigrane  très  net  et  très  apparent. 

Sur  la  première  feuille,  en  eff'et,  on  lit 
en  toutes  lettres  Louis  XV!!!  roi  de  France 
inscrit  en  médaillon  autour  du  buste  de 
ce  roi  et  sur  la  seconde  est  tracé  l'écusson 
royal  aux  trois  fleurs  de  lys 

Ce  genre  de  papier  était  d'ailleurs  très 
en  usage  sous  la  Restauration  et  chacun 
pouvait  l'acheter,  à  partir  de  1814,  bien 
entendu,  mais  pas  en  1793. 

J'ai  du  reste  tenu  à  prévenir  l'ancien 
possesseur  qui  n'a  voulu  vendre  que  sans 
aucune  garantie  ce  prétendu  double  docu- 
ment apocryphe,  et  ne  pouvant  invalider 
l'opinion  de  M.  Gaultier.  Sus. 

[  M.  Henri  Rochefort,  dans  le  document 
qu'il  possède,  ne  relève  que  les  armes  roya- 
les]. 

Premier  projet  matrimonial  de 
Robespierre  (LXIV).  —  Le  premier 
projet  matrimonial  de  Robespierre,  en- 
visagé dans  ["Intermédiaire  du  30  dé- 
cembre 1911,  ne  doit  pas  être  !e  premier 
projet  de  mariage  du  conventionnel,  puis- 
que d'après  une  note  de  mes  archives  de 
famille,  note  dont  l'auteur  est  depuis  long- 
temps décédé,  je  relève  ceci  : 

Avmt  la  Révolution,  Robespierre  allait 
dans  le  monde.  Il  était  agréable...  Il  avait 
demandé  en  mariage  Mlle  Eugène,  Marie, 
Joseph  Leducq.  fille  de  M.  LeJucq  et  de 
Mlle  Ansart  de   Mouy  (cette  dernière,  fille  de 


Pierre  Ansart  de  Mouy,  conseiller  de  ville- 
dôputé  aux  Etats  d'Artois) 

Les  Leducq  avaient,  à  Arras,  une  grande 
situation  d'avocats  à  plusieurs  générations. 

La  famille  Ansart  de  Mouy  était  une  vieille 
famille  du  PaSfde-Calais. 

La  note  n'indique  cas  pourquoi  le  ma- 
riage n'eut  pas  lieu. 

Nous  savons  que  les  placards  des  con- 
damnations prononcées  par  le  tribunal 
criminel  et  révolutionnaire  d'Arras  étaient 
faits  dans  l'imprimerie  du  citoyen  Leducq. 

Ce  dernier  appartenait-il  a  la  famille 
des  avocats  du  même  nom  ?  Un  intermé- 
diairiste  du  Pas-de-Calais  le  saurait  peut- 
être  ?  G...  A. 

Qui  a  brûlé  Moscou  ?  Est-ce  Ros- 
topchine  ?  (LXVI, 38:;  ,447).  —  Le  géné- 
ral Nempde  du  Puget,  directeur  des  parcs 
d'artillerie  pendant  la  campagne  de  Rus- 
sie, a  publié, en  1826,  chez  Dilauney,  une 
brochure  très  rare  aujourd'hui, sur  ce  qu'il 
a  vu  de  l'incendie.  Selon  lui  il  fut  du  à  la 
négligence  tant  des  Russes  que  des  Fran- 
çais, surtout  des  Français  En  effet,  dans 
cette  ville  de  bois,  ceux-ci  allumaient  des 
fours  pour  cuire  leur  pain  et  négligeaient 
de  les  éteindre.  L'auteur  a  constaté  lui- 
même  le  fait  et  n'a  vu  aucun  signe  d'in- 
cendie allumé  par  ordre  et  sciemment. 
On  doit  se  rappeler  aussi  que  Rostopchine 
s'est  toujours  défendu  d'avoir  donné  des 
instructions  pour  la  destruction  par  le  feu 
de  la  grande  ville,  de  la  ville  sainte  où 
les  Français  s'attendaient  à  passer  com- 
modément l'hiver  dans  l'abondance  de 
toutes  choses. 

11  me  semble  bien  qi^e  dans  «  La  Guerre 
et  la  Paix  »,  ce  touffu  et  prodigieux  ro- 
man historique,  Tolstoï  donne  la  même 
explication  de  Tificendie.  Mais  ce  ne  se- 
rait pas  un  argument  à  produire  sans  ré- 
serve, étant  donnée  la  tendance,  la  manie 
si  l'on  veut,  de  l'auteur,  à  éliminer  des 
faits  historiques  le  facteur  homme  et  le 
facteur  volonté.  Sans  supérieur  dans  la 
littérature  romanesque  pour  les  grands 
tableaux  synthétiques,  les  mouvements 
par  masses,  Tolstoï  n'est  pas  dans  le  dé- 
tail des  faits  un  guide  très  sur.  Ainsi, 
pour  lui  la  journée  de  Borodino  est  une 
victoire  russe,  et  de  fait  ce  fut  la  version 
officielle,  si  bien  qu'il  a  été  frappé  une 
médaille  de  commémoration  et  de  glorifi- 
cation. Les  Russes  peuvent,  en  eff'et,  être 


N»  I34J  Vol.  LXVI. 


L'INTfiRMfiDIAIRIi 


49' 


492 


fiers  d'une  journée  où  ils  firent  preuve  de 
leur  héroïsme  ordinaire.  Mais  enfin  Boro- 
dino  ou  la  Moskova,  pour  conserver  à  la 
bataille  son  nom  sonore  et  Français,  ne  fut 
pas  pour  eux  une  victoire  puisqu'ils  bat- 
tirent en  retraite  et  abandotinèrent  Mos- 
cou. Talleyrand  dit  dans  ses  «  Mémoires  » 
que  Napoléon  a  *«  un  peu  gagné  la  bataille 
d'Evlau  »\  ce  qui  est  exact  ;  il  me  semble 
que  les  Français  ont  plus  qu'un  peu  gagné 
la  bataille  de  la  Moskova, mais  ils  y  ont  eu 
de  la  peine. 

Je  note  encore  dans  *<  La  Guerre  et  la 
Paix  >*  l'importance  hors  de  toute  pro- 
portion donnée  à  un  minuscule  échec  des 
Français  à  Schongraben,  dans  la  guerre 
de  1805  ;  cet  imperceptible  combat  de 
brigade  occupe  autant  de  place  qu'Auster- 
litz. 

Mais  c'est  là  une  digression  et  revenant 
à  la  question  posée  par  le  collaborateur 
M.,  je  lui  signale  un  article  des  <?;  Débats  » 
du  10  septembre  dernier,  sur  les  causes 
de  l'incendie  et  la  brochure  du  général 
Nempde  du  Puget.  H.  C.  M. 

San  Martine.  La  maison  de  Napo- 
léon à  l'ile  dElbe  (LXVI,  282,  405). 
—  Lj  Dépèche  de  Toulouse  a  publié,  dans 
son  numéro  du  jeudi  22  août  19 12,  sous 
le  titre  :  San  Martino,  un  article  de 
M.  Gustave  Gefîroy  sur  la  villa  Saint-Mar- 
tin. D'ailleurs,  celle-ci  avait  déjà  été  dé 
crite  de  visu  par  M.  Paul  Gruyer  en  1906 
et  l'on  ne  conçoit  guère  qu'une  «  p>o!émi- 
que  y*  ait  pu  s'engager  à  ce  sujet.  Acquise 
en  185 1  par  le  prince  A.  Demidoff 
époux  de  la  princesse  Mathilde,  fille  de 
Jérôme  Bonaparte  —  celui  ci  y  avait  ins- 
tallé sa  précieuse  collection  napoléonienne 
car  elle  était  alors  presque  vide  de  souve- 
nirs et  d'objets  se  rapportant  à  l'Empe- 
reur. On  sait  qu'elle  fut  vendue  aux  en- 
chères à  la  mort  du  prince,  en  même 
temps  qu'était  dispersée  sa  collection, 
dont  le  catalogua  est  au  département  des 
estampes  de  la  Nationale.  Ce  fut  un  El 
bois  qui  en  tut  acquéreur.  En  tout  cas,  le 
bruit  qu'on  a  fait  lors  de  la  nouvelle 
vente,  décidée  par  la  municipalité  de  l'Ile 
d'Elbe,  n'était  guère  justifie,  car  cette 
maison  ne  possédait  plus  rien  qui  put  at- 
tirer le  visiteur.  C'est  dans  l'ile  totale,  et 
non  entre  quelques  murs,  qu'il  faut  aller 
évoquer  la  figure  de  son  fatidi(|ue  souve- 
rain de  dix   mois   Cela,  M.  Gustave  Gef- 


fVoy  l'a  dit,  on  pourra  s'en  convaincre  à 
la  lecture,  excellemment  à  la  fin  de  son 
article. 

Camille  Pitollet. 

Les  drapeaux  de  Metz  (LXVI,  233, 
39')).  —  < 'n  ne  saurait  voir  sans  sympa- 
thie M.  Georges  Bazaine  se  donner  à  la 
noble  tâche  de  disculper  son  oncle,  et  tout 
le  monde,  je  pense,  applaudira  à  son  gé- 
néreux effort.  Sans  préjuger  du  résultat 
qu'il  obtiendra,  il  me  permettra  de  ne 
pas  discuter  son  argumentation,  mais  de 
lui  de  lander  quelques  compléments  d'in- 
formation. 

Il  cite  une  lettre  du  général  de  Cissey, 
du  2  s  octobre  et  en  reproduit  une  seule 
phrase  :  cette  phrnse  est  très  importante, 
mais  il  comprendra  qu'elle  n'a  de  valeur 
qu'avec  le  texte  complet  de  la  lettre,  et  la 
date  exacte  et  le  destinataire  de  la  lettre. 

11  me  permettra  aussi  de  lui  demander 
s'il  connaît  la  lettre  aatographe  du  général 
Melchior, reproduite  par  M.Irisson  d'irris- 
son,  dit  le  comte  d'Hérisson,  dans  la  Lé- 
gende de  Mct:(.,  et  s'il  peut  affirmer  qu'elle 
est  exactement  reproduite  par  M.  Irisson 
d'Irrison. 

L'authenticité  bien  établie  de  ces  deux 
pièces  servira  beaucoup  la  cause  qu'il  a 
embrassée. 

A.  C. 

Une  parole  de  Guillaume  I"^  (LXIV; 
LXV  ;  LXVI,  406).  -  La  proclama- 
tion du  roi  de  Prusse  est  bien  celle  que 
Vhilcrméd  taire  a  reproduite.  D'après 
Schneider,  lecteur  du  roi,  qui  suivit  son 
maître  pendant  la  campagne  {V Empereur 
Guillaume,  Souvenirs  intimes,  traduction 
française,  tome  2,  page  183*,  elle  fut  écrite 
à  Saint-Avold,  le  \\  août,  envoyée  à 
Sarrebruck  pour  l'impression,  retournée 
le  12  à  Saint-Avold,  afin  d'y  être  aftichée 
et  répandue  ensuite  à  mesure  qu'on  avan- 
cerait. 

D'après  Schneider  (tome  2,  pages  186 
et  187)  le  13  août,  le  quartier  général 
avait  envoyé  à  Frédéric  Charles  qui  de- 
mandait à  être  rensei'.^nc  sur  Iji  situation 
politique  les  instructions  suivantes  :  «  On 
enlèvera  à  la  France  l'Alsace  et  toutes  les 
parties  de  la  Lorraine  011  l'on  parle  alle- 
mand, mais  pour  les  donner  à  la  Bavière 
o\.\  au  grand-duché  de  Bade  ;  on  pourra 
adopter  également  d'autres  combinaisons; 


DES  CHBRCHBURS  BT  CURIEUX 


30  Octobre  19I» 


493 


494 


etc.  etc.  »  Le  16,  (tome  2, page  191)  le  roi 
dit  à  Schneider  :  «  Le  mieux  serait  de  pou- 
voir conclure  la  paix  avec  Napoléon,  car 
ni  une  république,  ni  les  d'Orléans,  ni  les 
Bourbons  ne  gouverneront  le  pays  aussi 
bien,  il  est  vrai  que  la  France  ne  voudra 
pas  supporter  un  empereur  aussi  humi- 
lié ».  L'opinion  affirmant  que  le  roi  de 
Prusse  a  prétendu  faire  la  guerre  à  Napo- 
léon 111  et  non  à  la  France  ne  tient  pas 
debout. 

J.A.M. 

Thiers  et  Gambetta  :  un  prétendu 
mot  de  Thiers  sur    les  Alsaciens 

(LXVl,  139,  201,  350).  —  Ce  mot  a-t-il 
été  prononcé  ?  Nous  ne  saurions  le  dire, 
mais  c'est  assez  vraisemblable.  Nous  con- 
naissons une  phrase  de  Thiers  qui  a  quel- 
que ressemblance  avec  ce  prétendu  mot. 
Elle  fut  prononcée  devant  M.  le  comte 
Chaudordy,  délégué  du  ministère  des 
Atfaiies  étrangères.  Dans  les  marges  de 
X Histoire  de  la  diplomatie  du  gouvernement 
de  la  défense  nationale  par  J.  Valfrey,  IVl.  le 
comte  de  Chaudordy  a  inscrit  de  curieu 
ses  remarques  qui  complètent  ou  recti- 
fient le  texte.  A  la  page  72  du  Tome  I" 
on  lit  le  paragraphe  suivant  : 

M.  Thiers  partit  de  Londres  le  18  (sep- 
tembre), se  dirigeant  sur  Tours.  Par  suite 
d'un  accident  survenu  à  la  gare  de  cette  ville, 
il  fut  obligé  de  descendre  de  wagon  à  Met- 
trây,  où  il  trouva  le  délégué  des  Afïaires 
étrangères  qui  s'était  porté  à  sa  rencontre. 

En  face  de  ce  paragraphe  M.  de  Chau- 
dordy écrit  : 

M.  Thiers  a  raconté  dans  sa  déposition  de- 
vant la  commission  d'enquête  que  l'accident 
était  arrivé  presque  an  moment  ai  son  arrivée 
à  la  gare.  L'accident  était  survenu  le  matin 
un  peu  avant  la  gare,  et  nous  fûmes  le  cher- 
cher avec  M.  de  Franqueville,  le  soir  à  Met- 
tray,  en  voiture.  J'entrai  dans  son  wagon  et 
je  le  réveillai.  En  revenant  avec  lui,  sa  femme 
et  sa  belle-sœur  en  voituie,  il  me  dit,  à  mon 
grand  étonnement,  qu'il  valait  mieux  céder 
des  territoires  que  de  l'argent,  parce  qu'on 
pouvait  reprendre  les  territoires,  mais  l'argent 
on  ne  le  retrouverait  plus.  Il  ajouta  qu'il  fal- 
lait diminuer  la  marine  qui  n'était  plus  très 
utile. 

Dans  le  n°  du  20  septembre, Britannicus 
nous  rappelait  la  proposition  de  Bismarck 
«  de  boire  silencieusement  un  verre  à  la 
mémoire  de  cet  excellent  collaborateur  * 
lorsqu'il  apprit  la  mort  de  Thiers.  A  ce 


sujet  voici  ce  qu'écrivait  M.  de  Chaudordy 
sur  un  exemplaire  de  V Histoire  diplomati- 
que de  la  guerre  Franco- A  ilemande  par 
Albert  Sorel,  T.  II,  p.  79  : 

Thiers  bavard  avait  fait  comprendre  à  M. 
de  Bismarck  que  Paris  n'avait  que  très  peu 
de  vivres.  —  D'après  les  récits  que  M.  Thiers 
me  fit  à  son  retour  à  Tours,  de  ses  entrevues 
et  de  ses  conversations  répétées  avec  M.  de 
Bismarck,  il  en  résulta  que  M.  Thiers  avait 
été  plus  utile  à  celui-ci  que  beaucoup  d'es- 
pions. 

J.  R.  Marboutim. 

Vitesse  du    cours    de    la    Seine 

(LXV).  -—  11  me  parait  difficile  de  pouvoir 
donner  des  précisions  à  cet  égard  puisque 
la  vitesse  est  variable  suivant  la  hauteur 
des  eaux  et  suivant  l'endroit  où  elle  est 
calculée. 

Des  expériences  ont  été  faites  au  Pont 
des  Arts,  pendant  les  inondations  de  1910, 
par  le  service  technique  de  la  Navigation. 
Ces  expériences  ont  permis  de  constater 
des  vitesses  variant  de  o  m.  85  à  i  m.  98 
à  la  seconde  suivant  les  arches  sous  les- 
quelles les  appareils  étaient  placés,  la 
plus  grande  vitesse  étant  naturellement 
constatée  sous  les  arches  du  milieu  du 
fleuve. 

Mais  il  s'agit  ici,  bien  entendu,  de  vi- 
tesses exceptionnelles.  Quand  les  eaux 
sont  basses,  la  vitesse  du  courant  est^  en 
moyenne,  de  0,50  à  la  seconde,  soit 
t  k.  800  à  l'heure. 

Eugène  Grécourt. 

Rue  des  Malades  (LXVI,  389).  —  La 
rue  des  Paris,  à  Lille  portait,  il  y  a 
soixante  ou  soixante-dix  ans,  le  nom  de 
«  Rue  des  Malades  »,         G.  Plaisant. 

Le  château  des  Coques  (LXVI,  139, 
2^5).  —  Le  château  des  Coques  apparte- 
nait en  effet  à  la  baronne  Amaury  de 
Maistre  née  Sainte-Marie  et  sœur  de  M. 
de  Sainte -Marie,  le  camarade  de  Maurice 
de  Guérin  au    collège  Stanislas. 

M  .  de  Sie-Marie  et  sa  sœur  la  baronne 
de  Maistre,  quej'ai  connus  dans  ma  très 
prime  jeunesse,  étaient  des  personnes 
d'infiniment  d'esprit  ayant  tout  ce  qu'il 
fallait  pour  sympathiser  avec  les  Guérin. 
La  baronne  de  Maistre  eut  deux  filles, l'une 
morte  jeune  et  l'autre  qui  épousa  le  comte 
de  Mauduit.  C'est  le  fils  de  ces  derniers 


N»  I34J      Vol.LXV. 

495  

qui    possède    aujourd'hui  le    château  des 
Coques  toujours  un  peu  délabré. 

S.   G     L. 

Contrôle    sous     l'ancien    régime 

(LXVi.  43t)  —  I.ts  anciens  registres  du 
contrôle  étaient  conservées  dans  les  bu- 
reaux d'Enregistrement  avant  leur  verse- 
ment très  récent  aux  archives  départe- 
mentales, d'autant  plus  urgent  que  sou- 
vent plusieurs  des  bureaux  d'enregistré 
ments  actuels  se  trouvent  compris  dans 
leur  ancien  périmètre  très  étendu  qui  ne 
correspond  avec  aucune  circonscription 
adttiinistialive^  judiciaire  ou  fiscale  et  qui 
leur  est  absolument  piopre 

Un  bureau  de  contrôle  qu'il  m'a  été 
permis  d'étudier  datait  de  1644,  quoique 
ses  archives  ne  remontassent  qu'a  1694 
(cfr.  l'Edit.  de  1693). 

Le  receveur  qui  débitait  la  formule 
(papier  timbré)  fut  successivement  chargé 
de  la  marque  des  cuirs,  des  toiles  et  toile- 
ries,etc. 

I!  faut  bien  supposer  que  les  officiers  de 
l'Etat  civil,  c'est  à  dire  les  curés,  leur 
donnaient  connaissance  des  décès  dans  les 
paroisses,  je  ne  vois  pas  quels  autres 
officiers  auraient  pu  en  être  chargés  dans 
les  campagnes,  car  pour  les  syndics  ou 
sénéchaux,  cela  me   paraît  fort  douteux. 

j'ajoute  que  ce  relevé  des  décès  leur 
devait  bien  être  communiqué.  Comment 
autrement  auraient-ils  pu  établir  le>  droits 
afférents  aux  successions,  centième  denier 
ou  autres  ? 

Et  maintenant, de  ce  que  ces  relevés  des 
extraits  mortuaires  ont  certainement  été 
fournis  aux  contrôleurs,  il  n'en  résulte 
nullement  qu'ils  aient  été  conservés. 
'  Ont-ils  même  jamais  compris  les  noms 
des  décédés  qui  ne  laissaient  après  eux 
aucune  succession  payable  ? 

J'en  augure,  pour  cette  raison  et  beau- 
coup d'autres,  qu'ils  ne  peuvent  que  très 
imparfaitement  suppléer  aux  Etats  civils 
perdus. 

P.  c.  C.  LÉDA. 

Bureau  général  des  falots  (I-XV, 
49b,  t)S7).  —  Le  privilège  accordé  à 
l'abbé  Laudati  était  perpéinel  m;ns  par 
lettres  enregistrées  le  26  août  1665,  il 
fut  réduit  à  20  ans,  et  subordonné  aux 
prescriptions  suivantes  : 

«<  Tous  les  flambeaux  dont  se  serviront 


L'INTERMEDIAIRE 


496 


*<  les  commis  seront  de  bonne  cire  jaune, 
**  achetés  chez  les  épiciers  de  la  Ville,  ou 
«  par  eux  fabriqués  et  marques  des  armes 
«  de  la  Ville  »  . 

Les  cierges  étaient  divisés  en  10  por- 
tions et  coûtaient  ^  sous  par  portion.  Les 
porte-lanternes  étaient  distribués  par  sta- 
tions éloignées  chacune  de  100  toises.  Ils 
recevaient  1  sou  d'un  poste  a  l'autre,  ou 
3  sous  par  quart-d'heure. 

L'accompagnem  nt  d'un  carrosse  coû- 
tait 5  sous  par  quart-d  heure. 

Le  Bureau  des  falots  était  située  rue 
St  Honoré,  à  proximité  des  piliers  des 
Halles. 

Eugène  Grécourt. 

Fr. Bouchard,  Te  Besançon  (LXVI, 
390).  —  François  Bouchard,  médecin  à 
Besançon,  ne  pouvait  être  «  professeur  de 
médecine  à  l'Université  de  cette  ville, 
en  1670  »,  parce  que  Louis  XIV  transféra 
l'Université  de  Dôle  a  "Besançon  en  1691 
et  qu'avant  cette  date  il  n'y  eut  point 
d'université  à  Besançon. 

Le  i^""  juillet  1D71,  il  envoyait  à  un 
journal  publié  en  Allemagne  et  intitulé  : 
Mtscellanea  curiosa  medico-physica  Acade- 
miœ  nalura'  cuiiosoriim,  six  observations 
médicales  rédigées  en  latin,  lesquelles 
parurent  dans  le  tome  III  (année  1672, 
pp.  II  à  i6j  dudit  journal  (II  figure  en 
tête  du  volume,  parmi  les  collaborateurs, 
avec  le  titre  de  Professor  regnis,  ah  l-iispa- 
niae  rege  designaim) . 

Son  livre  introuvable  sur  les  eaux  mi- 
nérales de  Besançon  est  mentionné  dans 
le  Dicttontiaire  niinéralogique  et  hylrolo- 
gique  de  la  France  par  Buc'hoz  (t.  I,  partie 
l''',  p.  179,  Paris,  1772J  de  la  façon  sui- 
vante :  «  Pendant  l'été  de  l'année  1677, 
on  a  découvert  à  Besançon  une  source 
d'eau  minérale,  sur  laquelle  François 
Bouchard,  docteur  en  médecine,  a  porté 
son  jugement  dans  un  ouvrage  qui  a 
pour  titre  :  francisa  Bouchard,  D.M.Bi- 
snntini,  judiciutn  de  metallicis  aquis  Ve- 
suntione  invenlis.per  medianiaestatcm  anni 
1677.  yesuntione,  '^77'  •"-4°    » 

On  rencontie  le  nom  de  François  Bou- 
chard dans  un  article  des  Memoucs  de  la 
Société  d'émulation,  du  Duubs  (f  série,  5» 
volume,  1890,  p.  2î;i)  :  »<  L'Ecole  de 
médecine  et  de  pharmacie  de  Besançon, 
SCS  origines  et  ses  vicissitudes,  sa  réorga- 
nisation, par  le  D'  Chapoy  »,qui  indique 


DES  CHERCHEURS  HT  CURIEUX 


20  Octobre  191 9 


497 


498 


parmi  les  «  ouvrages  et  travaux  »  qu'il  a 
consultés  :  Les  Universités  de  Francbe- 
Cotnté  par  Beaune  et  d'Arbaumont,  Di- 
jon, 1870;  «  Les  Médecins  à  l'Univer- 
sité de  Franche-Comté  »  («'»  Bulletin  de 
r  Académie  des  sciencrs,belU's-/itti:s  et  arts 
di  Besançon,  1880)  ;  etc. 

Dr  Maxiaie. 

Famille  de  Ch.aumont  (LXVI,  140, 
307).  —  Me  serait-il  permis  de  pour- 
suivre la  question  tout  en  la  faisant  un 
peu  dévier  à  propos  de  l'alliance  de 
Ciiaumont-LecoigneuxdeBellarbre  (v-ulgo 
Beiàbre). 

J'ai  quelques  notes  sur  cette  seigneu- 
rie de  Belâbre,  et  les  Lecoigneux  eux- 
mêmes,  notes  que  j'aime  à  étendre  et 
compléter  à  chaque  occasion  qui  s'en 
présente. 

En  1458,  Pierre  de  Pocquières  est  sei- 
gneur «  de  Belâbre  «  et  en  cette  qnalité, 
il  reçoit  le  28  iui'.let  par  son  procureur 
Tando,  aveu  de  Gillot  >avary  '<  pour  le 
«  lieu  de  Forges  et  autres  bénéfices  tenus 
N<  dudit  seigneur  dans  les  paroisses  de 
«Journet.  La  Trimouille  et  Thollet  ». 

En  1539,  la  même  seigneurie  est  en- 
core possédée  par  la  même  famille,  et 
Jacques  de  Pocquières,  fils  de  Préjend  de 
Pocquières,  en  fait  l'aveu  avec  dénom- 
brement à  Monseigneur  l'évêque  de  Poi- 
tiers à  cause  de  sa  baronnie  d'Angles 
(8  mars  1539). 

En  1598  (le  30  juillet)  Claude  de 
Chausy,  écuyer  seigneur  de  Belâbre,  ayant 
conclu  un  accord  au  sujet  de  cette  sei- 
gneurie avec  Louis  de  Chazerac  gouver- 
neur du  Berry,  seigneur  de  Courtevrault 
où  il  demeure,  celui-ci  remet  les  titres 
concernant  ladite  seigneurie  de  Belâbre 
le  28  octobre  de  la  même  année  1 598. 

En  1624  (le  lï  février)  aveu  avec  dé- 
nombrement est  fait  par  Léon  de  Dur- 
fort  chevalier  seigneur  de  Bors,  Belâbre 
et  les  Chàtelliers  a  Monseigneur  l'évêque 
de  Poitiers  baron  d'Angles. 

A  sa  suite  :  Maximilien-Armand-Léon 
Dufort  qui  fut  inhumé  le  16  septembre 
1658  dans  la  chapelle  de  son  château  de 
Courtevrault  (reg.  par'''  de  Liglet)  n'est 
point  qualifié  seigneur  de  Belâbre,  mais 
prince  seigneur  de  Bors  et  surintendant 
des  fortifications  de  France. 

A  cette  époque,  c'est-à-dire  entre  1624 
et  1658  ;  ou  plus  exactement  encore,  en- 


tre 1624  et  1648,  en  1648  même,  d'après 
M.  de  Saint-Saud.  doit  se  placer  la  vente 
qui  fit  passer  la  seigneurie  de  Belâbre, 
des  de  Durfort  aux  Lecoigneux. 

Mes  propres  notes  sur  les  Lecoigneux 
seigneurs  de  Belâbre,  sont  une  confirma- 
tion de  ce  fait.  En  1665  le  14  août,  An- 
toine Jacquet,  sieur  des  Aages,  ayant  ac- 
quis la  terre  du  Grand  Ajoux,  la  mention 
de  la  perception  des  droits  de  lods  et  ven- 
tes porte  :  «  pour  monseigneur  le  prési- 
«  dent  Lecoigneux  :  (signé)  Marcilly  ». 
Mais  celui  qui  est  appelé  ici  président, 
aurait  été  Gabriel,  fils  de  Jacques  Lecoi- 
gneux et  d'Eléonore  de  Chaumont. 

J'ai  donc  tout  lieu  de  croire  que  M.  de 
Saint-Saud  est  parfaitement  informé  sur 
les  Lecoigneux  de  Belâbre  aussi  bien  que 
sur  les  de  Chaumont.  Aussi  lui  serais-je 
vraiment  reconnaissant  s'il  voulait  bien  ré- 
pondre aux  questions  suivantes: 

Cette  vente  de  1648  à  laquelle  il  se  ré- 
fère, fut-elle  faite,  comme  mes  notes  me 
porteraient  à  le  croire,  par  un  Durfort  ? 

En  second  lieu  :  Gabriel  Lecoigneux 
fut-il  investi  de  la  même  magistrature 
que  son  père,  c'est-à-dire  président  au 
parlement  de  Paris  ? 

fe  remercie  d'avance  le  comte  de  Saint- 
Saud,  s'il  veut  bien  donner  satisfaction  à 
un  confrère  de  Vlnietniédiaite^  qui  est  en 
même  temps  son  confrère  aux  Archives 
historiques  du  Poitou.  M.  A.  B. 

La  Juno  et  Félicien  David  (LXVI, 
2815,  410).  —  Je  n'ai  fâcheusement  au- 
cune solution  à  donner  au  petit  problème 
qui  s'est  posé  relativement  au  nom  de  la 
villa  Juno.  où  l'auteur  du  Désert  est  mort 
à  St-Germain,  le  2q  août  1876.  Mais  cette 
villa, située  dans  la  direction  de  'Versailles 
et  portant  le  n"  29  de  la  rue  des  Monts 
Grevets,  n'appartint  jamais,  que  je  sa- 
che, à  Félicien  David,  comme  le  croit  son 
nouveau  propriétaire.  Je  lis,  dans  un  jour- 
nal publié  à  l'époque  de  sa  mort  :  — 
«  On  sait  que  Félicien  David,  ami  intime 
de  M.  Tyrtée  Tastet,  un  homme  de  let- 
tres à  qui  l'on  doit, entre  autres  ouvrages, 
/t's  Quarante  fauteuils  de  V Académie  fran- 
çaise, avait  reporté  sur  sa  veuve  la  sin- 
cère amitié  qui  les  liait  tous  les  deux. 
L'habitation  de  Mme  Tastet  avait  de  quoi 
séduire  Félicien  David,  qui  aimait  à  culti- 
ver les  roses  et  à  s'occuper  de  jardinage 
en  amateur...  »    Il  semble  bien,  d'après 


N*  I34J,     Vol.  LXVI. 

499  

ces  mots,  que  David  ne  fut  jamais  en  pos- 
session delà  villa /««o, dont  le  nom  reste 
d'orifçine  mystérieuse. 

Félicien  David  n'était  nullement  juif, 
comme  l'affirme  justement  notre  colla- 
borateur X;  mais  était  il  «  absolument 
catholique  >,  comme  ajoute  celui-ci  r  11  y 
a  lieu  d'en  douter,  je  suppose  volontiers 
qu'il  était  déi.^te  ;  mais,  en  sa  qualité 
d'ancien  Saint-Simonien,  il  était  assuré- 
ment libre-penseur.  Ce  qui  U-  prouve, c'est 
qu'à  l'approche  de  sa  Hn  il  refus;;  le  mi- 
nistère d'un  prêtre,  et  qu'il  voulut  être 
enterré  civilement,  sans  passer  par 
l'église,  ce  qui  donna  lieu  au  scandale 
dont  furent  l'objet  ses  funérailles,  lors- 
qu'on refusa  à  son  convoi  la  présence  et 
le  concours  de  l'armée,  dus  à  cet  officier 
de  la  Légion  d'honneur.  A.  P. 

Le  crâne  de  Descartes  (III  ;  IV  ; 
LXVI,  410J.  —  En  déposant  sur  le  bu- 
reau de  l'Académie  des  sciences  le  crâne, 
que  l'on  croit  être  celui  du  grand  philoso 
phe  Descartes,  M.  Edmond  Perrier  s'est 
exprimé  textuellement  en  ces  termes  ; 

Ces  jours  derniers,  à  la  suite  de  la  présen- 
tation d'un  ouvrage  relatif  à  Descartes,  on 
s'est  demandé  ce  qu'était  devenu  un  crâne 
envoyé  par  Berzéhus  en  1821  à  l'Académie 
des  sciences,  et  que  le  «savant  chimiste  avait 
acheté  à  Stockholm  comme  étant  celui  du 
grand  philosophe  et  mathématicien  français. 
Ce  crâne  fut  déposé  par  Cuvier  dans  la  col- 
lection d'anatomie  comparée  du  Muséum  ; 
mais  la  plupart  des  professeurs  du  Muséum 
étant,  à  ce  moment  de  l'année,  en  congé  ré- 
gulier, on  s'est  demandé,  sans  qu'il  fût  possi- 
ble d'y  répondre,  si  ce  crâna  existait  encore 
dans  la  collection,  et  l'on  est  allé  jusqu'à 
supposer  qu'il  avait  été  égaré. 

j'ai  l'honneur  de  déposer  sur  le  bureau  de 
l'Académie,  avec  tout  le  respect  dû  à  cette 
précieuse  relique,  même  au  cas  où  elle  ne 
serait  pas  apocryphe,  le  crâne  que  Berzélius 
a  renvoyé  en  France,  ainsi  que  les  origin.iux 
de  deux  lettres  de  ce  chimiste  célèbre,  l'une 
datée  du  6  avril  adressée  à  Berthoilet,  l'autre 
du  30  juillet  1853,  adressée  à  Cuvier,  qui 
relatent  quelques-unes  des  circonstances  de 
l'acquisition  de  ce  crâne.  Ce  crâne,  quoi 
qu'on  en  ait  dit,  n'a  jamais  été  égaré  ;  en 
1872,  il  f.iisait  partie  des  collections  d'ana- 
tomie comparée  du  Muséum  dont  M.  Paul 
Gervais  avait  la  charge  et  il  fut  représenté 
en  tête  du  premier  volume  de  son  Journal 
de  ^oologie  qui  parut  cette  année-là.  Rn 
1878,  il  passa  dans  les  collections  d'anthro- 
pologie, alors    dirigées  par  M.    da  Quatrefa- 


LlMTHRMâDlAlRE 


S  00 


ges,  il  n'en  est  pas  sorti  depuis,  et  le  pro" 
tesseur  actuel  d'anthropologie  du  Muséum' 
M.  le  docteur  Verneau,  m'a  prié  de  le  pié- 
senter  tel  qu'il  est  à  l'Académie  en  même 
temps  qu'il  m'a  donné  sur  ses  origines  les 
indications  qui  :  uivent.  Le  crâne  de  Descar- 
tes aurait  été  pris  en  1666  par  !e  capitaine 
des  ga'des  Israël  Planstrœm  qui  avait  été 
chargé  de  présider  à  l'exhumation  du  corps 
du  grand  philosophe  cui  devait  être  trans- 
porté en  France.  Un  autre  crâne  avait  été 
substitué  au  crâne  véritable,  ce  qui  explique 
le  bruit  répandu  et,  dit-on.  sur  l'aveu  même 
du  coupable,  que  le  crâne  revenu  en  Fiance 
avec  le  reste  du  squelette  aurait  été  lui-mê- 
me détourné  et  aur:<it  servi  à  découper  des 
bagues  distribuées  à  des  cartésiens  notoires, 
le  vrai  crâne  étant  resté  en  Suède 

Quoi  qu'il  en  6oit,  Berzélius  a  acheté  à 
Stockhohn,  en  1821,  pour  37  fr.  5  ,  d'un 
nommé  Arngren,  tenancier  d'une  mai5.on  de 
jeu,  secrètement  tolérée,  un  crâne  que  celui- 
ci  avait  payé  le  même  prix  à  la  vente  aux 
enchères  du  mobilier  et  de  la  bibliothèque 
du  voyageur  Sparrman  et  qui  passait  pour 
le  crâne  de  Descartes  ;  c^est  le  crâne  que  je 
présente  aujourd'hui  à  l'Académie,  Sparrman 
tenait  ce  crâne  d'ArkenhoItz,  qui  le  tenait 
lui-même  d'Haegcrflycht.  venant  lies  mains 
d'Olaus  Celsiu-i  fils,  évêque  de  Luud,  après 
avoir  passé  entre  celles  d'Anders  Anton  von 
Stjermann,  lequel  était  son  possesseur  en 
175  1  .Le  nom  de  chacun  de  ces  perso  nuages  est 
inscrit  sur  ce  crâne  et  il  n'y  a  aucune  raison 
de  supposer  que  cette  profusion  de  signatu- 
res soit  le  fait  d'une  imposture.  Entre  cette 
date  de  17s  i  et  l'année  1666,  qui  fut  celle 
de  l'exhumation  de  Descartes,  soit  pendant 
quatre-vingt-cinq  ans,  on  ne  sait  quelle  fut 
la  destinée  de  notre  relique.  Mais  on  s'ex- 
plique aoez  bien  que  la  famille  du  capitaine 
Plaasfrœ  n  n'ait  pas  été  très  soucieuse  de  ré- 
véler son  pieux  larcin.  Le  nom  du  c.ipilaine 
se  trouve  d'ailleurs  également  sur  le  crâne 
ainsi  qu'une  inscription  latine,  parfaitement 
lisible,  sur  le  frontal.  S^  l'on  admet  l'hypo- 
thèse d'une  substitut  on,  les  diiïicullés  qu'a 
pu  présenter  cette  opération  ne  sont  pas  suf- 
fisantes pour  établir,  en  présence  de  l'aveu 
de  celui  qui  prétend  l'avoir  fnile,  qu'elle  n'a 
pas  été  faite,  et  tous  les  arguments  de  De- 
lambre  tombent  d'eux-mêmes,  ainsi  que  tous 
ceux  qu  ont  été  présentés  depuis  contre 
l'authenticité  de  ce  crâne.  Il  reste  Ii  compa- 
raison faite  par  Cuvier  entre  les  caractéristi- 
ques du  crâne  envoyé  par  Berzélius  et  celles 
des  portraits  authentiques  de  Desc;'rtes,  com- 
paraison qui,  pour  Cuvier,  parut  convain- 
cante. 

Le  crâne  parvenu  en  1821  au  Muséum  n'a 
d'ailleurs  jamais  fait  partie  de  la  collection 
de  Gall.  qui  n'en  poss/ilait  qu'uiy  moulage. 
Cette  collection  fut  achetée  200  francs  par  le 


DBS  GHHRCHBURS  BT  CURIBUX 


se  Octobre   1911 


ÎOI 


502 


Muséum  seulement  en  1831.  Malgré  l'intérêt 
qu'elle  peut  présenter,  nu  point    de  vue  his- 
torique, elle  n'est  pas  exposée  dans  les  gale- 
ries publiques  parce  que    des  crânes    ou  des 
moulages  de  crânes  de  personnages  illustres 
dont  les  familles  existent  encore  y  voisinent 
avec  ceux  d'individus  dont    la  notoriété    n'a 
rien  d'enviable.  Cette  collection    -tint   placée 
dans  les  viiiincs  des  beaux  sous-sols    des  ga- 
leries construiies  pv.r  Dutart,  en    bordure  de 
la  ru3  de  BulTon  ;  ces  galeries  ont  été  iron- 
dées.  àub'nergées    par  i  m.  so  d'eau    durant 
le;,  inondation^?    de  19.0,  et   il  a  fallu  démé- 
nager en  hâ(e  ce  qu'elles   contenaient  ;  mais 
elies  n'ont    pu  encore     réintégrer  leur     place 
parce  que   les  réparations  nécessitées  par    les 
inondations  ne  sont  pas  encore    terminées. 

Famillôdu  Bois  deFieniîe^  (LXV, 
49,854  ;LXVI,5C),  III,  309).  Ledernier 
tenant  de   celte   famille  jadis   illustre  — 

originaire  des  environsd'Ardres  et  de  Juines 
—  s'est  étein'i   il  y  a  une  vingtaine  d'an- 
nées dans  le  petit  village  de  Lefaux  (près 
d'Etaples,  Pas-de-Calais)  où  il  s'était  fait 
construire  une  petite  «  gentilhommière  ». 
C'était  un  vieux  garçon,  à  la  barbe  brous- 
sailleuse, au  teint  coloré,  à  l'abord  facile 
et  bon.  Il   était   estimé  et  aimé   de  tous. 
Passionné  du  cheval.,    et  de  la  pipe,  on  le 
voyait   constamment   caracoler    seul,  sur 
les  routes  de   l'Ouest- Artois,  la  pipe  à  la 
bouche.   On  l'appelait   le   «  Chevalier  de 
Fiennes  »    C'était  une  «  figure  d'un  autre 
âge  »,    l'un   des  derniers   de   nos   Boyaux 
Rouges  d'Artois  1... 

Hector  Hozier. 

La  des'^endance   actuelle  de  Fou- 

ché  (LXVl.  39i).  —  Le  duc  d'Otrante 
n'eut  qu'une  seule  fille,  mariée  au  comte 
de  Thermes. 

De  ce  mariage,  vinrent  :  un  fils  mort 
a  vingt  ans  sans  alliance,  et  une  fille  qui 
épousa  le  comte  de  Castelbajac,  dont  elle 
a  laissé  deux  filles.  L'ainée  a  épousé  le 
comte  de  Saint-Roman. 

La  descendance  masculine  du  duc  d'O- 
trante est  fix°e   tn  Suède  (V.    le  Gotha). 

Bénédicte. 

« 
*  « 

On  peut  trouver  la  descendance  de 
Fouché  dans  Révérend,  Titres  de  la  Res- 
tauration. La  comtesse  de  Termes  eut 
une  fille  qui  «épousa  le  comte  de  Cas- 
telbnjac,  et  iut  la  mère  de  la  comtesse  de  > 
Saint  Roman  dont  on  trouvera  la  deàcen-  ^ 


dance  dans  les  documens  généalogiques 
sur  les  familles  du  Rouergue  par  le 
vicomte  de  Bonald. 

La  famille  de  Goret  (LXVI,  341). 
—  Cette  famille  portait,  d'après  JoufTray 
d'Eschav-  nnes  :  d'or  à  ^  hures  de  sanglier 
de  sable.  A  dire  vrai,  ce  n'est  point  trois 
hures  de  sanglier  qu'il  faut  dire,  mais  : 
trois  têtes  de  porc.  En  effet,  un  porc  se 
disait  (et  se  dit  encore  dans  le  peuple)  en 
vieux  français  de  l'ouest  de  la  France 
goiet.  On  est  donc  en  présence  d'armes 
parlantes.il  y  avait, d'après  cet  auteur,  des 
Goret  en  Bretagne  et  des  Goret  à  Paris. 
Ces  derniers  ne  portaient  qu'une  seule 
tète  de  porc  de  sable  sur  champ  d'argent. 
Rietstap  indique  des  Goret  de  la  Couldre 
avec  les  3  hures  sur  fond  d'or.  11  semble 
que  c'est  dans  les  nobiliaires  de  Breta- 
gne qu'il  faut  chercher  les  Goret,  alliés 
aux  Cambourg. 

La  Coussière. 

Goret,  seigneur  du  Gravier,  de  la  Tal- 
manchère,  du  Tartre-Barré,  de  la  Grande 
Rivière,  de  la  Tandourie,  de  la  Coudre, 
des  Ormes, des  Marsinais.  etc.,  sous  Saint- 
Malo,  Paramé  et  Fougères. 

Famille  fort  ancienne  de  la  ville  de 
Saint  Malo,  qui  fut  maintenue  dans  sa  no- 
blesse en  1098  et  1704.  Elle  produisit  dès 
le  commencement  du  xvi"  siècle  des  arma- 
teurs et  des  capitaines  de  vaisseau,  puis 
des  secrétaires  du  Roi  et  des  Colonels  gar- 
de-côtes. 

Elle  s'est  alliée  entre  autres  aux  de 
Seré,  Trublet,  Descartes^  de  Trémereuc, 
et  s'est  fondue  à  la  fin  du  xviii^  siècle  en 
Rogon  de  Carcaradée  et  Fournier  de  la 
Pommeraye. 

Elle  s'armait  :  d'or  à  trois  hures  de  san- 
glier de  sable.  Jacques  Goret,  époux,  en 
1^52,  de  Philippe  de  Cambourg,  devait 
être  le  frère  d'Etienne  Goret,  seigneur  du 
Gravier,  époux,  en  1554,  de  Françoise 
Hamon,  et  dont  la  descendance  s'est  per- 
pétuée jusqu'au  commencement  du  xix* 
siècle. 

Marquis  de  Bellevue. 


Georges-  Joseph  de  Momigny, 
compositeur  de  musique  (LXV  ; 
LXVI,  61,  256).  —  Weckerlin,  dans  son 
Nouveau   Mttsiciana,   cite    la  réclame  que 


K»  1343.  Vol.  LXVI. 

50? 

s'était  faite  M.  de  Mr.mignydans  l'article 
sur  le  mot  s*  trio  »  {Encyclopédie  métho- 
dique, série  musique)  : 

La  bourgeoisie  musicale  connaît  plus  le 
trio  de  Razetti  en  fa  que  ceux  des  grands 
maîtres  qui  sont  tncore  trop  au-dissus  de< 
amateurs  inèatocres.  La  reconnaissance  me 
fait  un  devoir  de  ne  pas  terminer  cet  article 
sans  parler  de  l'élégance  et  de  i'éneigie  avec 
laquelle  Mme  de  Lanoue  exécute  i:;on  trio 
de  piano  en  ut  mintur  accompagnée  d«  »on 
mari,  véritable  amateur,  et  de  M.  Vidal,  vio- 
lon plein  d'habileté,  de  déhcatesse  et  d'es- 
prit. 

Mme  Céleste  Boucher  et  M.  Alexandre 
Boucher  son  époux,  sont  les  premiers  qui, 
par  leurs  rares  talents  réunis,  ont  fait  goii- 
ter  ce  trio,  dont  ib  rendent  /-»  grandiose  et 
la  noblesse  avec  cette  largeur  de  style  qui 
caractérise  les  grand.»,  artistes. 

Il  faut  bien  prévenir  nos  lecteurs,  con- 
clut Weckerlin.  que  les  bourgeois  du 
commencement  de  ce  siècle  n'étaient  pas 
aussi  crétins  en  musique  que  M.  de  Mo 
migny  veut  le  faire  accroire  ;  on  préfé- 
rait le  trio  de  Rasetti  au  sien,  parce  qu'il 
était  encore  un  peu  moips  mauvais,  et 
non  parce  que  la  musique  des  grands 
maîtres  (comme  .Momigny)  était  trop  au- 
dessus  de  la  portée  des  amateurs. 

Eugène  Grécourt. 

FarrilledeMontsaulninfLXVl,  190, 
3  13; 3 59,  41  S)-  — Col.  41  T, ligne  12,  au  lieu 
de  «  au  commencement  du  xix«  siècle  » 
il  faut  lire  «  au  commencement  du 
xiv«  siècle  )>.  S.  G.  L. 

Le  compositeur  P^jër,  le  20  mars 

1815  (LXV).  —  II  ne  s'agit  p^s  d'un  in- 
cident particulier  auquel  aurait  été  mêlé 
Paër,  le  20  mars  1815,  mais  d'une  sim- 
ple demande  de  renseignements  sur  la 
conduite  du  compositeur  le  jour  du  dé- 
part de  Louis  XVllI  et  de  la  rentrée  de 
Napoléon  à  Paris. 

11  n'y  a  rien  d'étonnant  a  ce  que  Pnër 
ait  été  suspect  à  la  Rof^uration,  puis- 
qu'il était  directeur  de  la  musique  des 
concerts  et  du  théâtre  de  la  Cour  Impé- 
riale depuis  1806. 

Voici,  à  titre  de  curiosité,  la  copie  de 
son  acte  d'engagement  : 

Articlt  premier.  -  M.  Paër  dirigera  la 
musique  des  coi. cerfs  et  du  théâtre  de  la 
cour,  et  compo»era  toutes  les  pièces  de  mu- 
sique qui  lui  seront  commandées  par  l'ordre 
de  S.  M.  1, 


L'INTBRM€D1AIRB 


504 


Art.  2.  —  Il  jouira  d'un  traitement  an- 
nuel .le  28.000  francs  payés  en  12  parties 
égales,  de  mois  en  mois. 

Art.  ^.  —  L'engagement  que  prend  M. 
Paër  est  pour  toute  la  durée  de  la  vie,  et  il 
conservera,  en  conséquence,  sa  vie  durant, 
le  titre  de  compositeur  de  S.  M  ,  ainsi  que 
le  traitement  susmentionné. 

Art.  4.  —  Il  entrera  en  jouissance  à  partir 
du  i»""  janvier  1806,  date  à  laquelle  son  ser- 
vice a  commencé. 

Art.  5  -  Lor^que  M.  Paër  devra  suivre 
la  Cour  dans  ses  voyage^■,  il  recevra  une  in- 
demnité, calculée  sur  le  pied  de  10  fr.  par 
poste,  de  24  fr.  par  jour. 

Art.  6.  —  H  lui  sera  accordé,  chaque  an- 
née, un  congé  pendant  les  mois  de  juin, 
juillet  et  août. 

Art.  -p.  —  M.  Paër  recevra,  pour  frais  de 
voyage  de  Varsovie  à  Paris,  la  somme  de 
3  000  fr. 


Varsovie    le   i*""  janvier  1807. 
Signé  :  Ch.  Maurice  de  (  alleyrand, 
prince  de  Bénévent.  Ferdinand 
Paër. 
Approuvé  : 
Napoléon. 

Napoléon  ajoutait,  en  outre,  une  grati- 
fication 3iinuelle  de  12.000  francs,  et  fai- 
sait une  pension  de  6.000  francs  à  Mme 
Paër. 

Paër  fut  également  directeur  de  la  mu- 
sique de  la  Cour,  sous  Charles  X. 

Eugène  Grécourt. 


Portrait  de  Pascal,  par  Philippe 
de  Cl:ampaigne(LXVl,287,  557).  Le 
plus  beau,  sans  conteste,  et,  peut-être 
bien  aussi,  le  plus  ressemblant,  des  Por- 
traits de  Biaise  Pascal,  est  celui  qui  fut 
gravé  par  Gérard  Edelinck,  pour  les  Hom- 
mes illustres  qui  oui  pani  en  France  pen- 
dant ce  siècle,  avec  leurs  portraits  au  natu- 
rel, de  Charles  Perrault.  Paris,  2  vol.  in- 
folio,  1696-1700. 

C'est,  en  cfl'et,  ce  portrait  la  qui  a 
servi  de  modèle,  pour  presque  tous  les 
portraits  de  Pascal  (et  ils  sont  légion!) 
qui,  depuis  cette  lointaine  époque,  ont  été 
publiés. 

Tout  comme  pour  le  porîrait  de  An- 
toine Arnaiild,  docteur  de  Sorbonnc,  de 
ce  même  ouvrage,  ce  portrait  de  Pascal 
eiy;  à  subir  de  fâcheuses  vicissitudes. 
L'un  et  l'autre,  purement  e^  simplement, 
furent  is  supprimes  >/,  le  texte  des  notices 
biographiques  qui  les  accompagnait  ayant 


DBS  CHERCHEURS  HT  CURIEUX 


ao  Octobre  1912 


505 


506 


eu  la  malchance    d'encourir  les  rigueurs 
de  la  Censure. 

Dans  la  plupart  des  exemplaires  de  ces 
Hommes  illustres^  ces  deux  portraits  fu 
rent  subtilement  remplacés,  aux  chiffres 
mêmes  de  leur  pagination,  par  les  vies  et 
portraits  de  Thomassin  et  de  Du  Gange. 
De  là,  provient  la  cause  de  leur  réci- 
proque rareté,  actuelle. 

De  ce  portrait  de  Pascal,  d'Edelinck, 
dont  j'ai  lous  les  yeux  deux  bonnes 
épreuves,  anciennes,  l'une  sur  papier  or- 
dinaire, l'autre  sur  papier  fort  et  d'un  su- 
perbe tirage,  je  constate  que  toutes  les 
deux  ne  portent,  avec  les  noms  et  les  ar- 
moiries symboliques  de  Biaise  Pascal,  sur- 
montées d'un  casque  empanaché(Z^'.i4{-»r, 
à  l'Agneau  pascal  d'Argent), que  les  seuls 
nom  et  titre  du  graveur,  ainsi^isposés  : 
<s  Edelinck  sculp.  C.  P.  R.  »,  sans  qu'il 
y  soit  fait  aucune  mention  du  nom  du 
peintre,  auteur  de  ce  dit  portrait. 

Par  contre,  pour  les  portraits,  du 
même  ouvrage,  de  Antoine  Arnauld,  tant 
des  épreuves  ordinaires  que  des  épreuves 
de  luxe.  —  et  ;:es  portraits  de  Arnauld. 
remarquons  le,  sont,  au  nombre  de  deux, 
absolument  différents  entre  eux,  et  d'ex- 
pression et  de  physionomie,  Pun  gravé 
par  Lud.  Simonneau,  assez  médiocre 
d'exécution,  l'autre  gravé  par  G.  Ede- 
linck, et  qui  est  un  pur  chef-d'œuvre^  — 
chacun  d'eux  porte,  nettement  indiqués, 
avec  le  nom  respectif  de  son  cfraveur  la 
mention  toute  spéciale  du  nom  de  son 
peintre  :  «  Champagne  pinx,  » 

D'où  je  conclus  que,  si  l'original  du 
portrait  de  Pascal  d'Edelinck  eût  été  de 
Ph.  de  Champaigne,  le  graveur  n'eût, 
certes,  pas  négligé  de  mentionner  cette 
importante  particularité.  S'il  ne  l'a  pas 
fait,  c'est  que  ce  portrait,  tout  beau  qu'il 
fut,  n'était  pas  de  Philippe'  de  Gham- 
paigne. 

N'est-ce  pas  là,  l'évidence  même  ? 
Ulric  Richard-Desaix. 


Stendhal  et  les  Lyonnais  (LXVI, 
189,  214.  356).  —  M.  Victor  Giraud  nous 
adresse  la  lettre  suivante 

Paris  le  25  septembre  1912. 

Monsieur  le  Directeur. 
J'ai  donc  à    m'accuser  publiquement  d'un 
double  crime  : 

I*)  J'ai   confondu   deux   Reboul  différents 


dans  ma  Table  analytique  de  Sainte- 
Beuve  ; 

3")  j'ai  commis  un  contresens  sur  une 
phrase  de  M.  Camille  Pitollet. 

Faut-il  maintenant  plaider  coupable? 

Voici  d'abord  la  phrase  de  M,  Camille  Pi- 
tollet : 

«  Nous  avons,  dans  un  article  de  la  Revue 
des  Langues  romanes,  déjà  relevé  la  comique 
bévue  de  M.  Victor  Giraud,  lequel,  à  pro- 
pos précisément  des  Mémoires  d'un  /o«- 
r<5^f,  s'imagine,  en  190^,  que  le  Reboul  qui 
y  est  cité  comme  s'étant  entretenu  avec 
Mme  Rolanà  dans  son  cachot  en  1793,  n'était 
autre  que  le  poète  nîmois,  auteur  de  l'Ange 
et  l'Enfant,  qui  naquit  en  1796  !  ■>■> 

Si  j'avais  encore  l'honneur  d  être  professeur 
de  rhétorique,  j'oserais  faire  observer  à 
M.  Camille  Pitollet  que  sa  phrase  est  un  peu 
....  embarbouillée  ;  que  le  mot  «  relever  », 
tel  qu'il  l'emploie,  est  amphibologioue  ;  et 
que  l'on  est  donc  un  tantinet  excusable  de 
ne  pas  bien  entendre  sa  pensée. 

Il  reste  que  M.  Camille  Pitollet  ayant  re- 
levé, —  pardon  !  découvert,  une  erreur  dans 
ma  Table  de  Sainte-Beuve,  a  cru  devoir  la 
relever,  —  pardon  !  signaler,  —  dans  la  Re- 
vue des  Langues  romanes,  et  qu'il  a  éprouvé 
le  besoin  de  la  relever  encore,  —  pardon  ! 
dénoncer,  —  dans  V Intermédiaire. 

O  fière  intransigeance,  ô  acharnement 
inexorable  de  la  jeunesse  !  Car  il  faut  être 
bien  jeune  pour  relever,  —  pardon  !  flétrir, — 
aussi  vertement  les  erreurs  de  ses  devanciers. 

Pour  moi,  quii  ne  suis  plus  tout  jeune,  je 
fais  ici  un  voeu  Peut-être  quoique  jour  ar- 
rivera-t-il  à  M.  CamiPe  Pitollet  lui-même  de 
composer,  pour  les  vingt-etun  gros  volumes 
d'une  œuvre  encyclopédique  comme  celle  de 
S-iinte-Beuve,  une  Table  alphabétique  ft 
analytique  :  travail  utile  et  ingrat  entre  tous! 
Evidemment  il  ne  se  trompera  jamais  ;  et  les 
quatre  mille  fiches  qu'il  aura  à  manier  seront 
toutes  impeccables.  Mais  enfin,  s'il  n'en  était 
pas  ainsi  ;  si  la  Némcsis  venait  à  lui  jouer 
un  de  ces  tours  dont  elle  est  coutiiniière  ;  si 
je  venais  à  découvrir  dans  sa  Tabh  quelque 
menne  ou  même  grosse  inadvertance,  eh 
bien  !...  je  la  garderais  pour  moi,  ou  plutôt, 
je  la  signalerais  discrètement  à  son  auteur  ; 
—  et  je  me  garderais  bien  d'en  prendre  à 
témoin  les  lecteurs  de  deux  Revues  succes- 
sives. 

Veuillez  trouver  ici.  Monsieur  le  Direc- 
teur, l'assurance  de  mes  meilleurs  et  plus  dis- 
tingués sentiments. 

Victor  Gira^jd. 

M.  Camille  Pitollet  ayant  témoigné  le 
désir  de  répondre  à  cette  lettre,  nous  la 
lui  avons  communiquée. 

Voici  sa  réponse  : 


N'  1343.  Vol. 


LXVI. 

•     S07 


L^NTBRMBDIAIRE 


508 


Nîmes,  (villa  Pellet,  à  la  Tour  Magne), 
le  s  octobre  19!» 
Monsieur  le  Directeur, 

M.  V.  Giraud  reconnaît  sa  bévue.  Pour- 
quoi fallait  il  qu'il  la  niât  d'abord?  Nous 
avions,  dans  la  Revue  des  Langurs  Romanes 
(t.  LlV,  \.\  ^04,  tiot£  2),  à  propos  de  con- 
fusions dont  fui  victime  Jean  Reboul,  écrit  : 
<  ...L'anachronisme,  toutefois,  était  moins 
considéiable  que  celui  qu'a  commis,  à  l'en- 
droit de  ce  pauvre  Reboul,  M.  Victor  Gi- 
raud, prolesseur  de  littérature  françai";c  en 
Suisse,  lequel  —  dans  sa  Tadlg  alphabétique 
et  analytique  des  P.  L,  N  L.  et  P.  C.  de 
S linie-Beuve  (Paris,  .-.  a.  [1903,  a*  éd. 
1904],  p.  293)  —  s'imagine  que  le  M.  R[r- 
boul\  dont  parle  Stendhal  dans  ses  Mémoires 
d'un  Touri  te  comme  s'étant  entretenu  avec 
Mme  Roland  dans  son  cachot  en  1793,  était 
le  poète  nîmois,  tié  en  1796  (cf.  Nouveaux 
Lundis,  \.  VII  ,  p.  261).  .  »  Si  M.  V.  Gi 
raud  s'était,  avant  de  réclamer  une  première 
fois  à  Vlntermédtaire^  reporté  à  ce  passage, 
il  eût  évité  le  «  contre -sens  a>  sur  notre 
phrase  du  ;;«  du  10  août.  Mais  ce  «  contre- 
sens >,  y  avait-il  lieu  de  l'avouer  ?  Ouvrons 
Littré,  II,  1580,  5.  V.  Relever.  Nous  y  li- 
sons :  «  20.  faire  remarquer  en  bien  ou  en 
mal  ..  22  noter,  consiiiner ,  enregistrer.  — 
O  fière  intransigeance, 0  acharnement  inexo- 
rable de  la  jeune  se,  s'écrie,  sur  le  mode  ly- 
rique, cet  ex-professeur  de  rhétorique.  Nous 
prenons,  cependa.it,  !e  Loren^,  t.  XXI,  p. 
626,  et  y  trouvons  que  M  Victor  Giraud, 
professeur  en  congé  de  l'Université  catholi- 
que de  Fribourg,  rédacteur  <à  la  Revue  des 
Deux-Mondes,  vit  le  jour  à  Mîcon  en  1868. 
Q^ue  M.  Victor  Giraud  consulte  le  même  ré 
pertoire,  au  t.  suivant,  p.  334,  il  constatera 
que  nous  sommes  né  en  187.+.  Notre  jeunesse 
est,  on  le  voit,  relative  et  ce  n'était  point  à 
lui,  en  tout  cas,  à  en  lirer  argument.  Il  lui 
eût  suffi,  peut  être  simplement,  de  nous  ac- 
cabler sous  le  poids  molicresque  de  l'épi- 
thète  que,  par  deux  fois,  il  lui  a  pki  d'ap  li- 
quer  à  Stendhal,  et  qui  est  celle  de  pauvre 
homme  ! 

Daignez  agréer.  Monsieur  le  Directeur,  etc. 

C.VMILLE   PlTOLLKT. 

•  *      . 

Qu'il  nous  soit  permis  de  redire  que 
la  courtoisie  est  de  règle  stricte  dans  nos 
controverses  et  que  nous  entendon.s  gar- 
der la  bonne  habitude  d'appeler  les  er- 
reurs, des  erreurs,  tout  simplement. 

Nous  ajouteronsquenousestimons  avoir 
mieux  à  faire  qu'à  relever  celles  d'autrui  : 
c'est  d'éviter  d'tncommettre  nous-mêmes. 

C'est  en  partant  de  ce  principe  que  nous 
avons  suppriiné  une  rubrique  'f  inadver- 
tances» trop  lib'rrdement  ouverte, ce  dont 


nos  collaborateurs  se   sont   unanimement 
félicités.  M. 

Villoteau  (André)  (LXV!,  142, 358).— 
Je  possède  deux  lettres  de  Villoteau  qui, 
ainsi  qu'il  le  dit  lui  même,  fit  partie  de  la 
Commission  des  Sciences  et  Arts  comme 
membre  de  première  classe, lors  de  l'expé- 
dition militaire  destinée  pour  l'Egypte,  et 
fut  membre  associé  correspondant  de  di- 
verses Académies  et  Sociétés  savantes. 
Ces  deux  lettres  dont  copies  ci-après  pour- 
ront intéresser  le  collaborateur  L.  C. 

G.  Lantz. 

Tours  9  décembre  1825. 
Monsieur, 

C'est  avec  un  très  sensible  regret  que  je 
me  vois  en  retard  pour  répondre  à  la  lettre 
flatteuse  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de 
m'adresser  sous  la  date  du  i^""  novembre  der- 
nier, ne  l'ayant  pu  recevoir  qu'à  mon  retour 
de  la  campagne  où  j'ai*  ^Té  obligé  de  me  ré- 
fugier et  de  demeurer  pendant  tout  le  temps 
qu'a  duré  la  maladie  contagieuse  dont  était 
infestée  la  maison  que  j'habite  à  la  ville  et  où 
je  ne  suis  rentré  qu'après  l'avoir  fait  bien 
nètoyer  (sic)  et  parfumer  dès  que  le  malade 
a  eu  succombé  à  sa  fatale  maladie. 

je  dois  donc  m'empresser  de  répondre  aux 
différents  points  de  votre  lettre,  et  je  vais 
faire  mon  possible  pour  les  suivre  avec  ordre 
et  r.e  rien  omettre  de  ce  que  vous  semblez 
désire;  par  ce  que  vous  me  mandez. 

En  vous  occupant  du  soin  de  composer  un 
nouveau  Dictionnaire  historique  ds  Musi- 
ciens, plus  complet  et  plus  exact  que  celui 
qu'ont  publié  'vlM  Choron  et  Fayoile,  votre 
entreprise  mérite  la  reconnaissance  de  tous 
les  musiciens  et  en  général  de  tous  les  litté- 
rateurs philosophes  qui  savent  apprécier 
l'importance  de  tous  les  ouvrages  qui  tendent 
à  encourager  les  progrès  des  arts  et  des 
sciences,  en  faisant  connaître  par  quels 
moyens  ceux  qui  s'en  sont  occupés  le  plus 
particulièrement  ont  plus  ou  moins  réussi. 
Celte  production  que  vous  annoncez  ne 
peut  être  que  le  frut  des  longues  recherches 
et  des  trav?ux  assilus  d'un  mu?i.;isn  littéra- 
teur aussi  instruit  que  zélé  pour  la  gloire  de 
son  art.  C'est  surtout  dans  un  ouvrage  de  la 
nature  d'un  Dii.tionn.iire  en  quelque  sorte 
Biographique,  oCl  un  auteur  est  obligé  d'al- 
lier l'exactitude,  la  franchise  h  la  délicatesse 
les  convenances,  qu'on  peut  juger  des  qua- 
lités de  son  cœur  et  de  son  esprit,  en  même 
temps  qu'on  a  l;^  juste  mesute  de  l'élcvation 
de  son  âme  et  de  la  rectitude  de  son  jugement. 
Je  ne  doute  nullement  Monsieur  de  votre 
?iuccès,  sous  tous  ces  rapports  les  précautions 
que  vous  avez  prises  p  ur  l'assurer,  et  la  mo- 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


ao  Octobre  tçis 


509 


10 


destie  avec  laquelle    vous  vous  énoncez   en 
sont  les  plus  surs  garants. 

Je  n'ai  communiqué  à  MM.  Choron  et 
Fayolle  aucune  note  sur  les  circonstances  de 
ma  vie.  Certes  la  manié  e  un  peu  satyrique 
dont  a  été  rédigé  l'article  qui  me  concerne 
dans  leur  dictionnaire  prouve  assez  que  ces 
Messieurs  ne  m'ont  pas  consulté  en  Is  com- 
posant, car  je  les  aurais  prié  de  s'abstenir  au 
moins  du  persiflage  qui  ne  pouvait  que 
déshonorer  et  avilir  la  dignité  d'auteur  à  la- 
quelle ils  s'élevaient. 

Les  Epoques  très  variées  de  ma  vie  ne  sont 
pas  moins  honorables  que  remarquables.  Fils 
d'un  homme  de  lettres   professant  les  arts  et 
d'une  famille  respectable,  musicien  dès  l'en- 
fance avec  des  dispositions  qui  m'ont  assuré 
dès  lors  une  réputation  que  j'ai    toujours  eu 
à  cœur  de  justifier,  j'ai  été  tonsuré  à  Tâge  de 
dix  ans  et  j'ai  obtenu  en  même  temps  un  bé- 
néfice simple  ecclésiastique  qui    me  donnait 
le    titre   de   chanoine.  Je   fis    mes  études  au 
Collège  du  Mans  sous  les  pères  de  l'Oratoire. 
Après  avoir   terminé    mon    cours  de   p'ailo- 
Sophie,  voulant   me   soustraire   aux   sollicita- 
tions pressantes  de  mes  parents,  de  mes  pro- 
tecteurs et  de  mesamisqui  voulaient  me  déter- 
miner à  me  faire  prêtre  quelque  fut  la  répu- 
gnance que  je  leur  témoignais  pour  embras- 
ser un  état  qui  exigeait   une  perfection  dont 
je  ne    me   sentais  pas  capable,  je  me  mis  à 
voyager  comme   musicien,  ce   qu'en  langage 
de  cette  profession,   d  ms   les   cathédrales  on 
appelait   Vicarier  quand  on    s'y   faisait  en- 
tendre.    Poursuivi      partout    je    n'imaginai 
ci'autre  expédient   pour   éviter   qu'on   ne  me 
contraignit  à  la  fin  à  souscrire  à  ce  qu.  l'on 
exigeait  de  moi,  que  celui  de  m'enrôler  dans 
un  régiment  de   Dragons.   Mais  ayant  appris 
combien    mes    parents   étaient    profondément 
affligés  des  démarches  que   l'on    faisait   pour 
me  trustrer  de  mon  bénéfice  par  dévolu  étant 
sensé   y   avoir    renoncé   de    fait,  s'il   eut  été 
prouvé  que  je  l'eusse  abandonné  depuis  un 
an  et  un  jour,  je  m'occupai  aussitôt  da  né- 
gocier  mon   congé   avec  le  chef  du  corps  où 
j'étais  aidé  des  secours  empressés  et  des  bons 
offices  d'un  chanoine  de    mes  amis  qui  était 
intimement   lié    avec    la   famille    de  ce   chef 
qu'il  connaissait    d'ailleurs   très  particulière- 
ment, et  je  réussis  à  faire  limiter  par  la   date 
de    mon   congé,    la  durée  de    mon  service  de 
Dragon,  au  tems  (vie)  convenable  pour  avoir 
la  faculté  de  rentrer  en  jouissance  de  mou  bé- 
néfice. Depuis  on  me  laissa  libre,  et  je  conti- 
nuai de  professer  l'art  de  la  musique  et  d'en- 
seigner les  connaissances  que  j'avais  acquises 
dans  le  cours  de   mes  études,  d'abord  en  pro- 
vince,   puis  à    Paris    où    j'entrepiris    de   f.iire 
mon  Quinquennium  dont  deux  ans   de  Phi- 
losophie au  Collège  de  Montaigu  et  trois  ans 


en  Sorbonne  où   )'ai    pris    mes   grades   après  i 


avoir  suivi  les  cours  de  MM.  Us  docte 


après   I 
urs  de  i 


la  Hogue  et  Asseline  sur  l'Ecriture  Sainte  e 
sur  l'interprétation  da  texte  hébreu  dont  on 
nous  enseigna-t  en  même  temps  la  langue, 
qui  plus  tard  m'a  beaucoup  facilité  l'étude 
des  langues  orientales  à  laquelle  je  me  suis 
livré  tant  en  Egypte  qu'eu  France. 

|e  ne  me  serais  cependant  jamais  dégagé 
peut-être  entièrement  d.  l'état  ecclésiastique 
si  la  révolution  ne  m'en  eut  en  quelque  sorte 
arraché  en  me  privant  pour  toujours  des 
ressources  et  des  expectatives  qui  m'y  étaient 
assurées.  Privé  de  mes  moyens  d'existence, 
il  m'en  fallut  chercher  de  nouveaux  pour 
subsister.  Je  les  trouvai  dans  le  culte  de 
Thalie  et  successivement  dans  celui  de  Po- 
lymnie  au  grand  Opéra,  où  je  partageais  avec 
Lais  le  même  etuploi,  sans  cesser  pour  cela 
de  m'occuper  des  belles-lettres,  ce  qui  me  fît 
nommer  membre  de  1 1  Société  «  I^'Athenée 
des  Arts».  Quelques  années  après  je  fus 
choisi  et  nommé  pour  faire  partie  de  la  com- 
mission des  Sciences  et  Arts  comme  membre 
de  première  classe,  lors  de  l'expiidition  mi- 
litaire destinée  pour  l'Egypte.  Je  remplis  ma 
mission  comme  je  le  devais  à  la  satisfaction 
du  gouvernement.  Dans  la  même  temps  je 
reçus  de  diverses  Académies  et  Sociétés  sa- 
vantes des  diplômes  de  membre  associé  cor- 
respondant. Mais  ces  succès  furent  bientôt 
troublés. 

Assailli  inopinément  et  coup  sur  coup  par 
des  malheurs  et  des  revers  de  toute  espèce, 
sentant  l'inutilité  de  mes  efforts  pour  adoucir 
la  rigueur  de  l'injustice  et  de  la  mauvaise 
foi  qui  m'enlevaient  i;ihum:'.inemetit  tout  ce 
que  j'avais  acquis,  par  mes  travaux,  par  mes 
services  et  par  mes  économies,  je  prib  la  ré- 
solution de  me  retirer  à  la  campagne  dans  la 
Touraine,  là,  je  partageai  mon  tems  entre 
mes  travaux  littéraires,  ceux  de  lagriculture 
et  diverses  fonctions  gratuites  d'administra- 
tion publique  qui  m'ont  été  confiées  jusqu'à 
ce  jour.  Plus  de  seize  ans  se  sont  écoulés  de- 
puis que  je  vis  re'égué  dans  ^e  pays.  L'âge 
m'a  contraint  de  renoncer  à  mes  occupations 
géoponiques,  et  je  me  suis  rendu  à  la  ville 
où  je  réside  depuis  environ  sept  années. 

Quelque  singulière  que  puissent  paraître  les 
vicissitudes  dont  ma  vie  a  été  sans  cesse  agi- 
tée, les  circonstances  qui  les  ont  amenées  et 
celles  qui  les  ont  accompagnées  et  suivies, 
offrent  des  détails  non  moiiij  intéressants 
que  peu  communs  bien  dignesdes  méditations 
des  philosophes  qui  .^e  livrent  à  l'étude  du 
<:oeur  humain  ;  mais  ils  dépasseraient  les 
bornes  d'un  simple  article  historique,  et  ne 
pourraient  être  contenus  dans  une  seule 
lettre. 

Les  ouvrages  que  j'espérais  publier  si  les 
circonstances  ne  s'y  étaient  opposées, 
sont  : 

Un    mémoire    que  j'ai    com.posé  où   je 


donne  l'explication   de   l'objet  allégorique  et 


N»  1345   Vol.  LXVI. 


L'INTERMEDIAIRE 


5H 


■512 


du  sens  naturel  qu'il  donne  au  motif  des 
l'êtes  dans  l'antique  Egypte  lesquelles  étaient 
toutes  relatives  aux  travaux  de  l'agriculture 
et  aux  observations  astronomiques  qui  ser- 
vaient à  les  diriger  dans  toutes  les  époques 
de  l'année  auxquelles  ils  convenaient. 

3°  Un  autre  également  composé  sur  la  na- 
ture et  le  caractère  de*;  divers  genres  de  chants 
et  de  poésie  en  u^age  dans  l'antique  Egypte. 
T<.us  deux  eussent  depuis  bien  des  années 
fait  partie  du  grand  ouviage  de  la  Commis- 
sion de  Sciences  et  Aits  d'Egypte. 

3"  Un  autre  sur  les  n  oeurs  et  les  usages 
des  Egyptiens  d'après  ce  que  j'ai  eu  l'occasion 
d'observer  par  moi-même  et  ce  que  j'ai  pu 
apprendre  dans  le  pays  ;  sur  les  diverses  di- 
gnités et  les  divers  états  de  la  vie  religieuse  ou 
de  \i  vie  civile  ;  sur  les  cérémonies  relit^ieuses 
et  civiles,  sur  les  mosquées,  sur  les  londa- 
tions  qui  y.-:ont  établies  pour  leur  entretien, 
pour  celui  des  Imans  qui  viennent  y  annon- 
cer les  heures  de  la  prière,  pour  ceux  qui 
doivent  y  présider  et  y  enseigner  la  morale 
religieuse,  pour  les  diverses  confréries  de  re- 
ligieux connus  sous  le  nom  de  Fogarah,  etc., 
sur  les  principales  fêtes  religieufes,  civiles 
et  particulières,  telles  que  sont  celles  des 
Mauled ;  de  la  Fête  du  prophète;  celle  des 
Saints  mulsulnvjns  ;  celle  du  Ramadan,  celle 
du  mahmal  ;  celles  du  Baptême  ;  celles  de  la 
circoncision  ;  celles  du  mariage  ;  celles 
qui  se  font  à  l'occasion  de  quelqu'événe- 
ment  heureux;  celle  qui  a  lieu  tous  les 
ans  lors  de  l'ouverture  des  canaux  et  du 
renversement  de  la  digne  qui  arrête  l'écou- 
lement des  eaux  du  Nil  jusqu'à  ce  que  ce 
fleuve  soit  parvetiu  à  sa  plus  grande  éléva- 
tion ;  sur  les  cérémonies  funèbres  ;  sur  les 
principales  parties  de  l'enseignement  pu- 
blic ;  sur  les  lieux  où  il  se  fait  ordinairement, 
sur  la  marche  et  le  mode  de  l'Enseignement 
qu'or,  y  suit,  sur  les  écoles  pour  les  enfants  ; 
sur  les  divers  jeux  d'exercice,  sur  ceux  de 
récréation  de  plsisii  et  de  calcul,  sur  les  di- 
vers jeux  d'enfants  ;  sur  les  jongleries,  sur 
les  superstitions  populaires. 

Mes  notes  sur  tous  ces  points  ne  sont  pas 
encore  complètement  ordonnées  ni  rédigées: 
mon  âge  avancé  ne  me  permet  guère  d  espé- 
rer de  pouvoir  terminer  ce  travail  avec  le  peu 
de  loisir  et  de  nn^yens  pécuniaires  dont  je 
puis  disposer  Ce  sera  probablement  mon  fils 
qui,  quand  il  sera  en  âge  de  l'entieprendre, 
exécutera  un  jour  cet  ouvrage.  Il  en  sera 
probablement  de  même  d'un  Dictionnaire  mu- 
sical de  tout  ce  qui  concerne  la  théorie  et  la 
pratique  de  la  musique  Orientale,  comme  la 
traduction  et  l'explication  des  termes  tech- 
niques de  la  musique  Arabe,  Turque,  Per- 
sane, Ethiopienne,  Arménienne  et  Grecque 
moderne,  les  noms  des  divers  instrumens,  ce- 
lui des  inventeurs,  des  auteurs  et  des  artistes 
en  musique.  Pour  cet  ouvrage  les  matériaux 


sont  presque  tous  préparés,  il  ine  reste  peu 
de  chose  à  faire  [lour  achever  de  les  mettre 
en  ordre. 

Je  m'occupe  en  ce  moment  d'un  travail 
qui  est  le  fru't  des  recherches  et  des  médi- 
tations les  plus  suivies  pendant  la  plus 
grande  partie  de  n'a  vie  et  le  résultat  d'une 
expérience  de  plus  de  50  ans.  C'est  un  traité 
où  je  démontre  la  propriété  expressive  des 
sons  et  des  inflexions  de  la  voix  humaine 
d'après  des  faits  que  l'expérience  journalière 
permet  à  chacun  de  vérifier  et  de  constater 
sans  peine  et  à  chaque  instant,  ce  qui  me 
donne  lieu  d'établir  une  théorie  de  la  pro- 
priété expressive  des  divers  sons  et  des  di- 
vers intervalles  dont  se  compose  l'étendue 
de  la  voix,  et  des  diverses  qualités  que  son 
timbre  reçoit  dans  les  diftérentes  alïections 
de  joie  ou  de  douleur.  Cette  théorie  est  d'ail- 
leurs fondée  sur  des  principes  reconnus  in- 
contestables par  tous  les  savants  Physiciens, 
Physiologistes  et  Médecins  les  plus  célèbres. 
Elle  ne  sera  pas  moins  utile  aux  orateurs, 
aux  comédiens  et  aux  tragédie  'S  qu'aux  mu- 
siciens. Ainsi  que  tous  les  ouvrages  didacti- 
ques elle  seia  d'un  fibîe  secours  à  la  vérité 
pour  les  progrès  et  les  élans  du  génie,  mais 
elle  serviia  à  le  diriger  dans  ses  premiers 
essais  et  le  préservera  des  écarts  auxquels  il 
est  assez  naturellement  porté  à  s'aban- 
donner. 

Je  ne  pourrais  vous  donner,  Monsieur 
d'autre  détails  sur  la  Musique  Orientale  et 
sur  les  auteurs  Arabes,  Turcs,  Persans,  det 
cet  art,  que  ceux  que  j'avais  consignés  e- 
rassembiés  dans  un  grand  Tableau  synoptiz 
que  des  divers  systèmes  de  l'art  musical  che- 
Ics  Orientaux,  où  l'on  trouve  rangés  par  ors 
dre  et  en  reg-ard  dans  des  colonnes  parallèle, 
et  correspondantes,  le  nom,  l'origine  de  chag 
cim  des  douze  modes,  leur  analogie  avec  le 
quatre  tempéraments,  le  bilieux,  le  sanguiuj 
le  phlegmatique  et  l'atrabilaire  ;  avec  le. 
qi.atre  élémens,  le  feu,  l'air,  l'eau  et  la  terre  ^ 
avec  les  douze  signes  du  zodiaque  ;  avec  le 
sept  planètes  ;  avec  le  jour  et  la  nuit  des 
sept  jours  de  la  semaine  et  même  avec  les 
vingt-quatre  heures  du  jour.  Dans  ce  tUileau 
sont  rassemblés  tous  les  détails  curieux  sur 
le  système  musical  des  Orientaux  suivant  les 
divers  auteurs.  On  y  distingue  d'un  seul 
coup  d'œil,  les  rapports  qu'ils  ont  entre  eux 
ou  les  différences  qui  les  distinguent  les  uns 
des  autres.  Par  ce  moyen  on  peut  facilement 
juger  de  ce  qui  appartient  réellement  à  l'art 
et  de  ce  qui  a  été  causé  par  la  désuétude  ou 
par  l'ignorance  des  copistes  qui  en  trancri- 
vant  les  uns  après  les  autres  ce  qu'ils  ne 
conipreiiaiett  pas  ont  accumulé  erreur  sur 
erreur  sans  le  prévoir  ou  même  en  cherchant 
3  corriger  ce  qui  leur  paraissait  vicieux,  mais 
qu'ils  ne  connaissaient  pas  assez  pour  le  no- 
tifier convenablement. 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


20  Octobre  191s 


513 


5M 


Les  quatre  premiers  systèmes  de  ce  tableau 
sont  sans  nom  d'auteur  parce  que  je  ne  les 
ai  trouvés  que  dans  des  tableaux  particuliers, 
qui  n'étaient  actompagnés  d'aucun  traité  de 
Théorie  qui  les  concernent  spécialement. 

Le  cinquième  est  celui  du  traité  en  arabe 
sur  la  musique  par  Kodja-abJ-el-gadry-el- 
Roumy,  traduit  en  français  par  moi 

Le  sixième  est  extrait  du  traité  en  arabe 
sur  la  musique  par  Nycba-Poury,  traduit  en 
français  pai   feu  M.   Auguste  Herbiu. 

Le  septième  est  extr.iit  du  traité  arabe  sur 
la  musique  par  Say-Daouy,  traduit  également 
par  feu  M.  Auguste  Herbin. 

Le  huitièine  est  extrait  du  traité  en  arabe 
sur  la  musique,  intitulé,  L'arbre  couvert  de 
fleurs,  dont  les  calices  renferment  les  prin- 
cipes de  l'art  musical,  traduit  à  ma  prière 
en  français  par  M.  Sédilot. 

Le  neuvième  est  extrait  du  traité  arabe 
sur  là  musique  par  Djemal-ed-Dyn-el-Mar- 
dyny,  c'est-à-dire  de  la  ville  de  Mardine  (en 
Diarbec)  traduit  également  en  français,  à 
ma  prière  par  M.  Sédilot. 

Le  dixième  est  extrait  du  tiaité  en  arabe 
sur  la  musique  pai  l'illustre  Muzifer,  fîls  de 
Houcein  el  Ashafy,  le  musicien,  traduit  à  ma 
prière  en  français  par  M.  Sylvestre  de  Sacy 
et  en  italien  par  L)om  Raphaël,  prêtre  g  ec 
natif  habitant  du  Kaire. 

Le  onzième  est  extrait  d'un  manuscrit  arabe 
de  la  Bibliothèque  Royale  cotté  n»  i  132  (?) 
contenant  un  traité  de  musique  arabe^  traduit 
en  français  par  feu  M    Auguste  Herbin. 

Le  douzième  est  extrait  d'uo  autre  manus- 
crit cotté  n°  1054  contenant  un  traité  de 
musique  arabe,  traduit  en  français  par  feu 
M.  Auguste  Herbin. 

Le  treizième  est  extrait  du  traité  de  mu- 
sique arabe  de  MouIana-Sefy-ed  Dyn-  bd-el 
moumen. 

Le  quatorzième  est  extrait  du  traité  de 
musique  à  l'usage  du  Roi  Duruchikou,  ma- 
nuscrit du  xvii®  siècle  traduit  également  en 
français  par  feu  M.  Herbin. 

Tels  sont  les  systèmes  contenus  dans  le 
grand  tableau  synoptique  que  j'avais  com- 
posé pour  faire  suite  à  mon  mémoire  sur  la 
musique  des  Orientaux  ;  mais  qui  a  paru 
être  d'une  trop  grande  étendue  par  ses  nom- 
breux détails,  pour  être  imprimé  dans  le 
grard  ouvrage  de  la  commission,  vu  qu'il 
aurait  dépassé  par  sa  forme  celle  du  format 
adopté  pour  le  texte  de  cet  ouvrage 

Vous  choisirez  ce  qui  vous  semblera  le 
plus  utile  pour  votre  objet  dans  cette  lettre, 
et  vous  le  rédigerez  comme  il  vous  plaira, 
n'ayant  pu  moi-même  y  apporter  tout  le 
soin  que  j'aurais  désiré  à  cause  de  la  multi- 
plicité des  réponses  que  j'ai  à  faire  aux  1  -tires 
qui  sont  restées  a  Tours  pendant  mon  séjour 
à  la  cami.agne  et  que  j'ai  trouvées  accumu- 
lées à  mon  retour  en  ville. 


La  longueur  de  la  présente  missive,  quel- 
que précaution  que  j  ai  pris  pour  être  concis, 
me  justifiera  sans  doute  auprès  de  vous, 
Monsieur,  si  sans  le  vouloir  j'ai  omis  quel- 
ques points  sur  lesquels  vous  auriez  désiré 
des  renseignemeris. 

Je  ne  puis  cependant  terminer  encore 
avant  de  vous  avoir  prié  d'agréer  mes  re- 
niercimens  pour  le  cadeau  que  vous  me  pro- 
posez et  qui:;  je  recevrai  avec  reconnaissance 
pour  mon  instruction,  de  même  que  j'en  ai 
reçu  un  du  même  genre  de  mon  intime  ami 
feu  M.  Langlé 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  une  parfaite 
considération. 

Monsieur 

Votre  très  humble  serviteur 
Signé  :  ViLLOTEAU 

Rue  des  Acacias  n°  14 
faub.  Le  Riche. 
A  Monsieur 
Monsieur  Fétis 
Professeur  de  Composition 
de  l'Ecole  Royale  de  Musique 
Rue  Montholon  n"  20 
à  Paris,  dépait.  de  la  Seine 

P.  c.  c.Çi.   Lantz. 

Titres  sous  l'ancien  régime  (LXVI, 
93,  361,461)  Décidément,  je  ne  suis 
pas  heureux  avec  les  protes  de  ïlntcrmé- 
diaire  :  j'ai  eu  beau  m'appliquer,  à  deux 
fois  diflFérentes,  pour  que  l'on  ne  confonde 
pas  Chaugy  avec  Chanzy,  j'ai  perdu  mon 
temps.  On  a  mis  partout  Changy. 

Or,  il  faut  lire  <-<  Il  s'appelle  ensuite  le 
marquis  de  Chastellux-Cliaugy-Roussil- 
lon  par  suite  du  testament  du  dernier  des 
Chaugy-Roussillon,  etc.,  el  ne  nen  chan- 
ger î  la  phrase  «  c'est  lui  dont  M.  Frédé- 
«  rie  Masson  a  fait  un  Chastellux-Changy- 
«  Châtillon,  etc.  » 

Cette  rectification  faite  (il  y  en  aurait 
bien  encore  quelques  autres  à  faire  mais 
elles  n'ont  point  d'importance)  j'ajouterai 
que  je  trouve  les  réflexions  de  M.  G. 
de  la  Véronne  fort  justes  en  général.  Ce- 
pendant, je  n'irais  pas  aussi  loin  que  lui, 
car  il  fut  un  temps,  sous  la  Restauration 
par  exemple,  oij  il  fut  admis,  même 
«  officiellement  »,  que  les  enfants  pou- 
vaient prendre  les  titres  inférieurs  à  celui 
que  portait  leur  père.  Ainsi,  du  vivant  du 
marquis  de  Chabannes  de  Vergers,  son 
fils  aine  est  qualifié  de  comte  dans  toutes 
les  pièces  officielles  qui  le  concernent. 
J'ai  même  une  vague  souvenance  d'une 
ordonnance  réglant  cette  question. 

Maintenant,  lorsque  dans  une  famille, 


M»  1343  V«l.  LXVI. 


L'INTBRMeeiAlllB 


515 


516 


il  V  a  un  titre  bien  authentique,  je  serais 
moins  sévère  que  M.  de  la  Véronne  et  je 
ne  crois  pas  que,  dans  ce  cas,  il  y  ait 
grand  abus  à  ce  que  les  frères  prennent  le 
même  titre  en  le  faisant  suivre  de  leur 
prénom,  aujourd'hui,  surtout,  que  les 
titres  ne  sont  plus  attachés  à  une  terre 
proprement  dite,  mais  sont  purement  ho- 
norifiques. 

En  Lorr;une,  il  était  admis  que  tous 
les  membres  de  la  même  famille,  même 
les  fîlles,  prissent  le  titre  attaché  à  leur 
nom  patronymique.  Ainsi,  les  Sampigny 
d'isboncourt,  d'origine  lorraine,  prennent 
tous  le  titre  de  comte  ou  de  comtesse  et, 
cela,  d'une  façon  régulière. 

Sous  l'ancien  régime  ce  qui  distinguait 
surtout  l'iùné  d  une  maison,  c'est  que  lui 
seul  avait  le  droit  de  porter  pleines  les 
armes  de  sa  maison  :  tous  les  autres  mem- 
bres de  la  famille  devaient  les  briser  d'une 
laçon  ou  d'une  autre. 

11  y  aurait  beaucoup  à  dire  sur  ce  cha- 
pitre. Aujourd'hui  c'est  une  loi  complète- 
ment ignorée  ou  mise  de  côté  en  France, 
même  par  les  princes  de  la  maison  royale 
qui  devaient  porter  les  armes  du  duché 
ou  du  comté  dont  ils  prennent  le  nom  ou 
tout  au  moins  les  écarteler  avec  celles  de 
leur  maison.  Ils  sont  tout  surpris  quand 
on  leur  rappelle  cette  loi  héraldique. 

S.  G.  L. 

Armoiries  d'urne  famille  alliée  aux 
des  Cais  (LXVI,  289,  417).  —  Oui,  les 
armes  :  é'or  a  Li  croix  de  St-Pitrre  ou  ren- 
venég  de  guculei  chargée  de  cinq  besants 
d'argent  sont  bien  celles  des  comtes  La- 
fond. 

Ce  fut  M.  Edme  nd  Lafond,  fils  de 
M.  Narcisse  Lafond,  député  de  la  Nièvre, 
puis  pair  de  France  en  1846,  qui  reçut  du 
pape  Pie  IX  le  titre  héréditaire  de  Comte. 
Les  meubles  héraldiques  de  son  blason 
sont  un  souvenir  de  l'organisation  de 
l'Œuvre  du  Denier  de  St-Pierre  à  Paris 
due  en  grande  partie  à  linitiative  du  très 
regretté  comte,  père  de  la  duchesse  des 
C&TS.  S.  G.  L. 


C'est  Edmond  Lafond  et  non  Narcisse 
son  père,  qui  fut  créé  Comte  Romain  en 
Décembre  1869.  La  devise  de  ses  armes 
est  :  «  S>mper  pro  Pétri  sede.  » 

P.DUC. 


Armes  à  déterminer  :  Bande  vair 
sur  or  (LXVl,39i).  —  L'Armortal  géné- 
ral ne  donne  pas  de  bande  de  vair  sur 
or  :  il  ne  mentionne  que 'la  famille  Rof- 
fin  ou  Rafïîn  (Cambrésis),  qui  porte  d'or 
à  une  bande  de  contre-vair . 

NlSlAR. 

Ex-libris  à  déterminer  :  D'azur  à 
trois  glands  d'or  (LXVI,  392).  —  Ce 
sont  les  armes  de  la  famille  Bocaud,  en 
Languedoc. 

P.  leJ. 

«  * 
Bocaud.  Languedoc,   porte  d'azur  à  3 
glands  d'or,  les  queues  en   bas,  accompa- 
gnés en  chef  d'une  étoile  du  même 

NlSlAR. 

Albanay  (LXVI,  23S).  —  L'oiseau  qui 
figure  dans  les  armes  Maillard  de  Tour- 
non  dans  \' Aytnorial  de  Savoie  du  comte 
de  Foras,  a  tout  à  faittair  d'une  grue. 

La  définition  de  VArnierisla  :  Oiseau 
aquatique  avec  un  long  bec,  semblable pout 
le  reste  à  tin  canard,  ne  concorde  pas 
avec  l'oiseau  en  question,  qui  n'a  certes 
pas  des  pattes  de  canard  !    t 

Il  me  parait  difficile  de  faire  dériver 
Alby,  Albani  ou  Albanay  de  Albran  (soit 
halebrandj  qui  signifie  petit  canard  sau- 
vage de  l'année. 

11  est  possible  que  l'on  ait  désigné  par 
le  mot  Albanus  (de  albus,  blanc)  quelque 
oiseau  d'argent  héraldique,  mais  les  trai- 
tés n'en  parlent  pas.  La  présence  de  cet 
oiseau  sur  l'écu  des  Maillart  s'expliquerait 
par  le  fait  qu'ils  étaient  marquis  d'Alby. 

NlSlAR. 

Ex-libris  à  déterminer  :  d'azur  à 
la  croix  d'argent  (LXVI,  94,  217,259). 
—  Les  le  Peletier  et  non  le  Pelletier  étaient 
originaires  du  Mans.  Outre  les  branches 
citées,  cette  famille  a  formé  aussi  la  bran- 
che des  le  Peletier  d'Aunay  encore  repré- 
sentée dans  la  personne  du  sénateur  comte 
d'Aunay.  Les  armes  de  cette  branche 
sont  ;  Ecartelé  :  aux  /"■  et  4  d'a:^ut  à  la 
croix  pattée  d'argent  chargée  en  cœur  d'un 
chevron  de  gueules  accompagné  en  chef  de 
deux  molettes  de  sable  et  en  pointe  d'une 
rose  du  ^'  émail  qui  est  le  Peletier  et  aux  2 
et  ?  d'argent  au  lion  de  sable  qui  est  Mes- 
grigny. 

Cette  branche  des  le   Peletier  tient  le 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30   Oetcbre  191 


5«7 


518 


comté  d'Aunay  dont  elle  prit  le  nom,  des 
Mesgrigny  à  qui  cette  terre  était  arrivée 
par  une  fille  du  maréchal  de  Vauban. 

S.  G.  L. 

Poème  de  Corneille  sur  les  cham- 
pignons (LXVI,  394).  —  Le  poème  en 
question  n'est  pas  de  Corneille,  il  est  de 
Pierre  de  Marcassus  comme  je  l'ai  dé- 
montré dans  la  Revue  d'hisioire  littéraire 
de  la  France  II  est,  en  etïet,  annoncé 
dans  le  privilège  des  Réflexions  morales  et 
chrétiennes,  Paris,  ibba,  in- 12,  dudit  Mar- 
cassus.   Ce  dernier  ouvrage  est   en  vers. 

Lach. 

Champfleury  :  plaquettes  sur  H. 
de  Balzac  (LXVI,  439).  —  Dans  les  pa- 
piers de  Champfleury,  on  n'a  rien  trouvé, 
après  sa  mort,  de  relatif  à  cette  suite,  pro- 
jetée par  lui,  de  plaquettes  sur  Balzac 
L'mventaire  en  fut  fait  par  Paul  Eudel  et 
par  celui  qui  signe  en  ce  moment  cette 
réponse  à  M.  Ulric  R.-D. 

Jules  Troubat. 

Quel  est  l*autecr  de  la  b-ochure  : 
Comme  quoi  Napoléon  n'a  jamais 
existé?  (T.  G.  629).  —  Cette  plaquette, 
qui  est  très  connue,  et  dont  une  réimpres 
sion  a  paru  récemment,  porte  comme 
nom  d'auteur  ;  «  Feu  M.  j.-B.  Pérès,  Bi- 
bliothécaire de  la  ville  d'Agen  ». 

Or,  le  journaliste  Balathier  de  Brage- 
lonne, toujours  si  bien  renseigné  sur  le 
monde  littéraire  du  xiv'  siècle,  a  écrit, 
dans  le  journal  le  Voleur,  1 1  décembre 
1884,  p.  785  :  si  La  plaquette  Comme 
quoi  Napoléon  n'a  jamais  existé  n'est  pas 
de  M.  labbé  Pérès  ;  elle  est  l'œuvre  d'un 
petit  professeur  de  province,  absolument 
inconnu,  mais  dont  on  pourrait  retrouver 
le  nom  dans  la  collection  du  journal  le 
Cabinet  de  lecture,  où  l'article  parut  pour 
la  première  fois  en  1834  ou  1835.  Com- 
muniquée au  rédacteur  en  chef  par  Le- 
roux de  Lincy,  bibliothécaire  à  l'Arsenal, 
la  brochure,  qui  s'appelait  alors  Napoléon 
mythologique  ou  quelque  chose  d'appro- 
chant, reçut  le  nouveau  baptènie,  qui  lui 
valut  la  moitié  de  son  succès.  >» 

Les  recherches  que  j'ai  faites  dans  le 
Cabinet  de  Lecture  {dont,  en  1834  et  1835, 
Balathier  de  Bragelonne  était,  je  crois 
bien,  rédacteur,  sinon  rédacteur  en  chef), 
ont  été  infructueuses.  Quelque  lecteur  de 


{'Intermédiaire,  d'après  les  dernières  ré- 
ponses faites,  aurait  il  trouvé  à  cette  bro- 
chure un  autre  auteur  que  Pérès? 

Albert  Cim. 

Téjé  (LXVI,  394).  —  Je  ne  pense  pas 
qu'il  faille  être  commentateur  de  Henry 
Beyle  le  Milanais,  pour  savoir  que  dans 
son  imaginative  «  téjé  »  était  le  renverse* 
ment  partiel  de  :  «  Jésuite  ». 

D.     A.C-hC 

♦ 

Sans  manquer  le  moins  du  monde  au 
respect  que  je  lui  dois,  mon  vénérable 
confrère  Nauticus  me  pardonnera-t-il  de 
lui  dire  que  sa  question,  agrémentée  de 
ses  recherches,  va  causer  une  douce  gaieté 
aux  Stendhaliens?  il  faut  n'avoir  pas  lu 
une  seule  ligne  de  V  Auto  biographie  à' Hcnx'x 
Beyle  pour  ignorer  que  «  tejé  »  (imprimé 
tijé  par  erreur)  est  l'anagramme,  employé 
couramment  par  Stendhal,  pour  désigner 
un  «  jésuite  »,  genre  d'oiseau  qui  n'a  rien 
de  commun  avec  le  «  manakin  noir  », 
même  «  huppé  2>.  A.  Paupe. 

Une  poésie  pittoresque  de  Geor- 
ges Bussières^LX  VI,  543).  -  Georges 
Bussières  naquit  à  Brantôme  en  1844.  Il 
écrivit  l'histoire  de  cette  petite  ville  du 
Périgord,  et  au  moment  où  la  mort  est 
venue  le  frapper  il  publiait, dans  le  Bulle- 
tin de  la  Société  archéologique  du  Péri" 
gord,  une  étude  d'art  sur  sa  curieuse  loca- 
lité natale.  Il  tournait  les  vers  de  merveil- 
leuse façon.  Le  poème  héroi-comique  de- 
mandé serait-il  La  Truffe  ?  ou  bien  certai- 
ne poésie  lue  au  banquet  de  la  St-Charle- 
magne  du  Lycée  Louis -le-Grand  en  1863  ? 
11  doit  s'agir  plutôt  d'une  poésie, peut-être 
poème,  un  peu  licencieuse  qui,  je  crois, 
ne  fut  jamais  imprimée.  La  Truffe  a  été 
imprimée  en  1898, chez  Joucla  àPérigueux. 
On  a  du  même  auteur  :  Brantôme  et  Mar- 
guerite, poème  également. 

Petracorensis. 

Les  versions  de  cette  «  joyeuseté  » 
célèbre  qui  se  dit  p?r  cœur  et  se  trans- 
met depuis  quarante-huit  ans  de  bouche 
en  bouche  sont  toutes  fautives  et  défigu- 
rées à  plaisir.  Il  n'en  existe  que  deux 
exemplaires  exacts  ;  un  manuscrit  qui 
est  entre  les  mains  d'un  médecin  de 
Paris,  compatriote  de  Bussières,  si  je  ne 
me  trompe,  et  une  épreuve  d'imprimerie. 


N-  134).  Vol.  LXVI. 


L'INTBRMËDIAIRB 


519 


520 


Cette  épreuve  est  corrigée  de  la  main 
même  de  l'auteur  en  vue  d'une  publica- 
tion qu'il  se  serait  probablement  décidé 
à  faire  après  sa  mise  à  la  retraite. 

Cette  épreuve,  qui  constitue  évidem- 
ment le  seul  texte  tie  vartetnr  est  en  la 
possession  d'un  de  mes  amis  qui  fut  le 
camarade  d'études  de  Bussières  et  qui, 
au  Qjiartier  latin,  en  1854  et  1865,  avait 
assisté  à  la  composition  successive  des 
ditTérentes  parties  du  poème  qui  com- 
prend 408  vers. 

Il  n'est  guère  possible,  à  mon  avis, 
d'en  faire  des  citations  même  partielles, 
et  il  est  peut-être  aussi  difficile  den  don- 
ner 1-?  titre  Mais  en  voici  la  dédicace, 
qui,  d'ailleurs,  est  loin  de  donner  une 
idée  de  la  verve  de  l'auteur.        A    ]^ . 

à  Léon  R 

Etudiant  en  médecine 

A  toi,  mon  vieil  ami,  l'épopée  en  deux  chants 
Qui  naquit    sans    forceps,   «n    n«s   jours    de    bon 

Iiemps. 
Dans  ce  morceau  gaulois,  rarement  je  caponne 
Devani  la  crudité  de  mots  ;i  la  Cambronne 
Et  j'ai  iiiéme  engaifé  le  curé  du  quartier, 
A  ne  pas  le  produire  au  prône  en  son  e  lier. 

Ce  nest  pas  toutetois  comme  on  pourrait  le  croire, 
Une  tarte  de  pitre  ou  d'hislriOTi  de  foire. 
Tu  trouveias,  par  ci  par  là,  quelques  propos 
Oii  la  verve  est  moins   crue,    oU    hi    sel  est  moins 

gros. 

J'aurai  d'aiHeurs  ait  int  le  but  auquel  j'aspire, 
Si  j'ai  pincé  chez  loi  la  cor.ie  du    gros  rire. 
Car  t'homme  qui    fait    rire    un    auti'e    homme   est 

||iour  moi 
Plus  grand  qu'on    philosophe    et    plus  riche  qu'un 

poi. 
Paris  20  décembre  1865. 

Expressions    arabes    courantes 
(LXVI,  344). 

Ben  (pluriel   Béni)  :  fils. 

Souk  :  M,-ii;lié.  Souk  el  Arba,  marché  du 
4*  jour. 

Oued:  rivière.  Oued  el  Kebir  :  la  grande 
rivière(en  Espagnol  Guadalquivii). 

Djebel  :  montagne. 

Dai   :  maison. 

Djetian  :  jardin. 

'Btr  (pluriel  Biar)  :  puits. 

Kanlara  :  port  fd'où,  en  Espagnol  Alcan- 
tarai. 

Ksar  :  tort  (d'où  l'Espagnol  Alcazar). 

PlHRRE  T. 


Rekiis 
fijrka  : 

breuse. 
Mehalla 

breux. 


»  « 
courrier. 

troupe    irrégulière   peu    nom 
armé-j  ou  détachement  nom- 


Tahor  :  bataillon  ou  escadron  réguliers. 

Goum  :  Troupe  indigène  de  police, 
commandée  par  des  officiers  des  affaires 
indigènes. 

Chcik^  s'écrit  cheikh  :  chef  élu  de  tribu 
ou  de  fraction. 

Ciïiii  :  chef  supérieur  au  cheikh. 

Khalifa  :  calife  ou  lieutenant  d'un 
grand  chef  ou  du  sulian. 

Mag:(en,  s'écrit  Makhzen  :  gouverne- 
ment. 

Dar  :  maison,  palais. 

Souk  :  marché. 

Oued  :  rivière. 

Djebel  :  montagne. 

Mechia  :  village. 

Zaoïiïa  :  Ecole  et  édifice  religieux  où 
elle  se  tient 

Btr  :  puits. 

Bab  :  porte. 

Hadjar  :  pierre,  rocher. 

Chabct  :  ravin. 

Koubba  :  coupole  -  qui  surmonte  un 
tombeau. 

DjemacL  (Berbère)  :  conseil  municipal, 
mosquée. 

Ouled,  ben  (pluriel  Oulad.  béni)  :  fils. 
Il  y  a  lieu  d'observer  que  99  fois  sur  loo, 
béni  s'applique  à  une  tribu  berbère,  ou- 
lad à  une  tribu  arabe. 

Mogieh  est  un  mot  arabe  estropié. 

Magrib  :  Maroc. 

Maghreb  ou  Marreb  :  occident  ou  cou- 
cher du  soleil. 

Noter  en  outre  que  gh  correspond  à 
une  seule  lettre  arabe,  qu'on  écrit  r'  dans 
la  transposition  actuelle.  L'apostrophe 
n'est  pas  un  signe  d'éli.-ion,  mais  un  signe 
pour  faire  distinguer  les  deux  lettres  r'  et 
r'.  Cette  dernière  se  prononce  comme  un 
r  grasseyé  fortement. 

/iïn  :  source,  pluriel  aioun. 

Mouley  :  maître. 

Bon    :    Se   traduit     généralement 
père  de. 

En  réalité,  ce  mot  veut  dire  qui  a  un 
rapport  avec.  Ainsi  on  surnomme  un 
homme  Bou  Sebsi,  cela  ne  peut  vouloir 
dire  le  père  de  la  pipe,  mais  l'homme  à  la 
pipe. 

FXT. 

Frot  1  ou  Footel  (LXV.    150,    676, 
770  ;  LXVI,    30,    120,    -57 î).  —   je 
dit    nulle    part    qu'un    sutTîxe     talis 
fourni,    dans   les   langues  romanes, 


par 


n  ai 
et'it 
des 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


ao  Octobre  191». 


521 


522 


mots  servant  à  désigner  les  bois.  J'ai  noté 
ce  fait,  qu'un  mot  dérivé  de  l'adjectif  fa- 
gutalis  a  existé  à  Rome  comme  nom  pro- 
pre d'un  certain  bois  de  hêtres  ;  et  je  me 
suis  demandé  si  ce  mot,  dont  nous  ne 
connaissons  que  cet  emploi,  n'avait  pas 
été  dans  le  latin  populaire  d'un  usage 
courant,  et  n'avait  pu  donner  le  dérivé 
fouteî  ou  fautel. 

Maintenant,  à  cette  dérivation,  M.  La- 
ray  oppose  les  lois  de  l'évolution  phoné- 
tique. Je  reconnais  avoir  prêté  à  cette  cri- 
tique en  parlant  d'une  forme  fagutale 
comme  antécédent  possible  de  l'hypothé- 
tique foutel.  Encore  pourrait-on  remar- 
quer que  fouteau,  désignant  un  hêtre,  est, 
semble-t-il,  dérivé  d'un  fagutellus  auquel 
le  raisonnement,  théoriquement  juste,  de 
M.  Laray,  devrait  s'appliquer  aussi  ;  là 
comme  dans  fagutale,  Vu  devait  tomber, 
le  g  devenir  jod,  le  dérivé  être  faidel  ; 
mais  le  mot  qui  existe  est  fouteau  ;  et  s'il 
est  né  contrairement  aux  lois  ordinaires 
de  la  dérivation  —  qui  ne  sont  pas  sans 
connaître,  çà  et  là,  quelques  exceptions 
—  pourquoi,  dans  la  même  famille  de 
mots,  le  cas  ne  se  serait-il  pas  produit  deux 
fois  ?  Dira-t-on  que  fouteau  s'est  formé 
defou  (hêtre)  en  français,  directement,  par 
addition  du  suffixe  dérivé  du  latin  ellus  ? 
Mais  alors  d'où  viendrait  le  t  ?  pourquoi 
le  dérivé  n'a-t-il  pas  été  foue!,ou  foel  ? 

Quoi  qu'il  en  soit  de  ce  point,  l'argu- 
mentation de  M.  Laray,  si  elle  vaut,  au 
moins  théoriquement,  pour  fagutale,  ne 
vaut  plus,  ce  me  semble,  pour  fagutal, 
qui  est  précisément  la  forme  constatée  en 
latin,  comme  nom  de  la  hêtraie  de  l'Es- 
quilin.  Ici  «  n'est  pas  la  contre-finale 
atone  qui  doit  tomber,  il  est  la  voyelle 
accentuée  qui  reste  ;  et  devant  cet  m  ac- 
centué ,  c'est  le  g  intervocalique  qui 
tombe,  comme  dans  augurium  devenant 
heur  (eùr),  comme  dans  legumen  deve- 
nant en  vieux  français  leùn. 

Mais  peut-être  est-ce  bien  longuement, 
même  en  matière  étymologique,  argu- 
menter sur  des  hypothèses  (je  n'ai  pas 
donné  ma  suggestion  pour  autre  chose  ). 
N'oublions  pas,  le  titre  de  la  question  le 
rappelle,  que  le  foutel,  ou  le  fautel,  dont 
nous  cherchons  l'origine,  est  lui-même 
hypothétique.  Ibère. 

Prévoyable  (LXVl,  95,  330).  -—  Ni 
prévoyable,  ni  prévisible.  C'est  par  un  tour 


qu'ilfaut  rendre  cette  idée.  Aquoi  bon  com- 
pléter par  analogie  les  séries  verbales  ? 
Manquons-nous  à  ce  point  de  moyens 
d'écrire  avec  monotonie.?  Et  quel  écrivain 
raffiné  nous  ne  parlons  pas  de  philoso- 
phes, dont  le  jargon  a  adopté  prévisible 
et  imprévisible  voudrait  user  d'un  tel  néo- 
logisme .?  Trouverait-on  bonne  grâce  à 
des  phrases  de  cette  sorte  :  C'était  un  dan- 
ger redoutable,  mais  prévisible  ?  Par 
grâce  !  quand  l'absence  d'un  terme  oblige 
les  plus  négligents  auteurs  à  varier  leur 
style,  et  par  conséquent  à  y  ajouter  un 
agrément,  n'allons  rien  faire  contre  ce 
bienfait. 

Au  reste,  est-ce  bien  à  nous  qu'il  con- 
vient de  forger  des  mots  nouveaux?  Je  ne 
le  pense  point  :  bien  plus,  je  crois  que  toute 
assemblée,  s*  docte  soit-elle,  qui  entre- 
prendrait une  pareille  besogne  se  donne- 
rait un  ridicule. 

Qu'il  serait  d'un  intérêt  plus  plausible, 
de  rechercher  ceux  qui  naissent,  ou 
d'observer  ceux  qui  se  transforment.  Et  à 
ce  propos  je  me  permets  de  poser  ici  une 
question. 

Autour  des  aérodromes, dans  les  milieux 
les  plus  populaires,  j'ai  bien  des  fois  ob- 
servé la  forme  aéroplane,  et  son  diminu- 
tif aéro,  employée  pour  aéroplane,  et 
aéro.  Je  serais  obligea  quelque  confrère 
qui  aurait  vu  ces  formes  nouvelles  écrites, 
s'il  me  les  signalait. 

+ 


Quiroga,  nom  de  vêtement  (LXVI, 
50,  123,  163).  —  M.  M.  d'A.  n'est  pas  exac- 
tement informé  surjuan  Facundo  Quiroga. 
C'est  très  mal  le  connaître  que  de  le  com- 
parer à  Cartouche  et  Mandrin.  M,  d'A., 
sans  doute,  s'inspiradu  Grand  Dictionnaire 
Larousse  où  l'on  rencontre  parfois  des  er- 
reurs, car  Qyiroga  ne  fut  jamais  ni  ber- 
ger, ni  président  de  la  République.  Maria 
Paz  ne  le  fut  jamais  non  plus  quoique  le 
Grand  Larousselç  dise,  ils  furent  simple- 
ment gouverneurs  d'une  province. 

D'ailleurs,  M.  d'A.  n'a  qu'à  lire  la 
dernière  édition  du  Larousse  illustre  pour 
être  mieux  renseigné. 

Si   M.  d'A.   s'intéresse   à    l'histoire  de 

Juan  Facundo  Quiroga,je  lui  recommande 

de  lire  sa  viedans  Civilisation  et  Barbarie, 

maiurs,  coutumes,  caractères   des  peuples. 

Vie  de  Juan  Facundo  Quiroga,  par  Do- 


N«I343  V-1.  LXVI. 


L'INTERMÊDiAlKb 


523 


«524 


mingo  Faustino  Sarmiento,  qui  a  été  tra- 
duit en  anglais,  p-r  M.  Horace  Mann, 
en  Irançais  par  A.  Giraud  en  1853,  et  en 
italien  en  1889. 11  voudra  lire  aussi  la  très 
intéressante  critique  que  M.  Charles  de 
Mazade  fit  de  cet  ouvrage  dans  la  Revue 
des  Deux  Mondes  du  is  Novembre   1846. 

America. 

L'orgue  des  saveurs  (L\V,6o4,823; 
LXVI,  81,  130).  —  Havelock  Ellis,  dans 
son  ouvrage  sur  Le  Momie  des  Rêves,  [Xr-Aà. 
G.  de  Lautrec,  Mercure  de  France, 1^12). 
rapproche  des  cas  d'associations  colorées, 
dont  il  cite  la  bibliographie  récente,  les 
cas  de  gustation  audilivr,  auxquels  appar- 
tient «  lorgne  des  saveurs  *,  et  men- 
tionne sur  ce  su  et  le  travail  de  M  A.  M. 
Pierre,  à^ns  American  Journal  of  Psvcho- 
logv  '907.  (Havelock  Ellis,  op.  1  ,  p.  188, 
note  I).  W.  D. 

Voyage  à  lile  de  Pâques  (LXVI, 
143).  — Je  ne  sais  s'il  existe  de  volume 
spécial  sur  rile  de  Pâques,  maison  pourra 
consulter  :  John  Tarbell  :  «  Voyage  fait 
autour  du  monde.,  dans  lequel  il  a  visité 
les  il:s  principales  de  l'Océan  Pacifique  » 
rParis  1807)  —  Les  Voyages  de  Kotze- 
bue  — J.  MacCarlhy  :  «  Choixde  Voyages. 
Voyages  dans  la  Mer  du  Sud,  »  tome  l""", 
(Paris  1822)  —  «  L'Univers  Pittoresque. 
Malaisie  et  Polynésie,  etc.  »  Paris.  Didot 
1836-37  ;  3  vol.  in-8  —  «  La  relation  de, 
l'expédition  du  «  Seignelay  »,  en  1877  — 
le  Bulletin  de  la  Société  de  Géographie  de 
Paris  (1878)  —  Henri  Mager  :  «  Le 
Monde  Polynésien  »  (Paris,  Schlcicher 
1902).  15    —  F. 

<  Que  nwn  ascendam  »  ou  «  iis- 
cendit  »  (LXVI,  283).  —  La  devise  de 
Fouquet  était  Qjio  non  ascendam. 

B.    -   F. 

Fête  des  Innocents  (LXVI,  142J,  -— 
Sur  la  fètc  des  Innocents,  consulter  :  cha 
noine  Louis  Le  Gendre  :  «  Les  Mœurs  et 
Coutumes  des  Français  »  Paris,  Jacques 
Collomhat  1712  —(do  La  (^hesnaye  des 
Bois)  :  <c  Dictionnaire  historique  des 
Mœurs,  Usages  et  Coutumes  des  Fran- 
çais »  Paris,  Vincent  1767  —  d'Artigny  : 
«  Notice  générale  sur  la  Fètc  des  F^us  > 
(in. Mémoires  1749-17^6).  —  Le  Grand 
d'Aussy    :  *«    Histoire  de    la    Vie    privée 


des  Français.  »  Paris,  Ph.-D.  Pierres 
1782  —  (Marquis  de  Pimodan  .?)  :  «  Pré- 
cis d'une  Histoire  générale  de  la  Vie 
Privée  des  François  »  (Tome  III  des  «  Mé- 
langes tirés  d'une  Grande  Bibliothèque,  » 
par  Contant  d'Orville,  Paris,  Moutard 
1769)  —  C.  Leber,  J.-B.  Salgues  et  J. 
Cohen  :  «  Collection  des  meilleures  Dis- 
sertations, Notices  et  Traités  relatifs  à 
l'Histoire  de  France.  -»  Paris,  J.  G.  Dentu 
1826.  Tome  IX  —  baron  de  La  Fons-Mé- 
licoq  :  «  Cérémonies  dramatiques  et  An- 
ciens Usages  dans  les  églises  du  nord  de 
la  France.  »  Paris,  Victor  Didron  1850  — 
).-X.  C.  de  Busserolle  :  «  Notice  sur  la 
Fête  des  Anes  et  des  Fous  »,  Rouen,  D. 
Brière  s.  d.  — Eugène  Cortet  :  «  Essai  sur 
les  Fêtes  religieuses  et  les  Traditions  po- 
pulaires qui  s'y  rattachent.  2*  Paris,  Ernest 
Thorin  1867  —  Alfred  des  Essarls  :  «  Les 
Fêtes  de  nos  Pères  ».  Paris,  Duprav  de 
la  Mahérie  et  0«  1863.—  C.  M.  Guechot  : 
«  Les  Fêtes  Poputaires  de  l'ancienne 
France.  »  Paris,  Charles  Bayle  1889.  — 
Collection  de  la  revue  :  «  La  Tradition- 
Kevue  du    Traditionnisme.  »     B. —  F. 

Le  quatre  de  chiffre.  —  Chiffre 
énigmatique  (T.  G.,  741  ,  XLlll  ;  LXV  ; 
LXVI,  524).  —  A  cette  étude,  qui  a 
fait  pâlir  tant  d'érudits^  pour  ne  pas  nous 
livrer  le  mystère  de  ce  chiffre,  le  D'' Jour- 
din,  dans  La  Revue  de  Bourgogne,  n°  5, 
année  1912.  a  apporté  une  contribution 
de  la  plus  haute  miportance.  Déjà  on  a 
pu  lire  de  lui  un  travail  au  sujet  du  signe 
4  des  commerçants  {Bibliographie  de  la 
France,  1912.  N°  19  et  suivants). 

Sa  thèse  très  séduisante,  et  qui  pour- 
rait approcher  de  la  vérité  tant  cherchée, 
est  celle-ci  :  le  4  de  commerce,  est  un 
signe  religieux,  l'évocation  des  trois  per- 
sonnes divines,  pour  lequel  le  D'  Jour- 
din  propose  le  nom  de  Signedela  Trinité. 

Il  a  eu  la  bonne  fortune  de  découvrir  un 
grand  nombre  de  ces  signes  dans  les  mi- 
nutes d'actes  notariés  du  xvi»  siècle,  des 
Archives  de  la  Chambre  des  Notaires  de 
Dijon,  et  il  en  a  reproduit  les  plus  caracté- 
ristiques à  l'appui  de  sa  thèse.  La  Re- 
vue de  Bourgogne  a  la  gracieuseté  de  nous 
prêter  l'une  des  planches  qui  a  accompa- 
gné son  travail  :  celle  qui  a  trait  aux 
monogrammes  isolés  : 

^<  Les  monogrammes  isolés  (fig.  i  à 
12)  dit-il,   semblent  avoir  été  employés 


V 


V'^^ 


^.^ 


3 

SE 


-T^ 


<r 


...  £^^ 


^ 


44 


le 


3 


^yr^hyy 


T   I)  é-^^  SATi^ 


X^ 


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pM^<^j/<xi^ 


K^Xt^ 


7 


Sk--w    ■^ 


13 


r 


'< 


H 


>H.-vJ^..>-<. 


oA^i  Al  .^. 


(i 


LE  SIGNE  DE  LA  TRINITE 
{cliché  de  la  «  Revue  de  Bourgogne  ») 


Voir  Intermédiaire  XL VI  col.  524 


DES  CHERCHEURS  IfT  CURÎBUX 


20  Octobre  1912 


525 


526 


b 


pour  les  illettrés  :  ils  consistent  dans  un 
signe  de  la  Trinijté  auquel  sont  adjointes 
une,  deux  ou  trois  initiales,  la  troisième 
étant  celle  du  surnom  (fig.  1).  Ces  ini- 
tiales sont  placées  sur  la  branche  verti- 
cale du  signe,  ou  de  chaque  côté. 

«  Les  notaires  désignaient  ces  mono- 
grammes sous  le  nom  de  marques,  soit 
dans  le  texte  de  la  minute,  soit  à  côté  de 
la  signature,  comme  je  l'ai  reproduit  dans 
les  ligures  9  et  12). 

cLes  marques, adjointes  aux  signatures, 
leur  servaient  en  quelque  sorte  de  para- 
phe ;  aussi  les  rencontre-t-on  rarement 
en  avant  du  nom  (fig.  13  à  16).  Elles 
sont  placées  le  plus  souvent  en  arrière  de 
la  signature  (fig.  17  à  29).  Dans  celle  de 
Pierre  Pichard  (fig.  33),  la  marque  se 
trouve  entre  le  prénom  et  le  nom  >. 

Le  D'  jourdin  signale  la  fréquence  des 
signes  doubles  auxquels  il  a  attaché  une 
importance  spéciale,  du  fait  que  l'un 
d'eux  reproduit  le  signe  de  la  croix,  d"où 
il  a  fait  dériver  sa  théorie  de  la  Trinité. 

H  a  une  preuve  encore  que  ce  signe 
avait  une  signification  religieuse  avant  de 
devenir  emblème  du  commerce^  dans  une 
figure  qui  reproduit  la  signature  de  Jac- 
ques Thomereau,  vicaire  de  \'illemer,  en 

'594-  ,  ,       . 

D'autre  part,  son  attention  a  ete  atti- 
rée par  la  fréquence  de  l'emploi  des 
chiffres  dans  les  signatures  des  xvi®  et 
xvn«  siècles,  et  notamment  du  chiffre  3, 
qu'il  considère  comme  une  évocation  des 
trois  personnes  divines. 

Le  judicieux  et  ingénieux  travail  du 
docteur  Charles  Jourdin  a  été  l'objet 
d'un  tirage  à  part.  [Le  signe  de  la  Tri- 
nité dans  quelques  >ignatutes  bcurgui- 
gnonnes.  Imprimerie  Darantière^  à  Dijon). 

Muets  (LXVJ,  393).  —  La  ré- 
forme dont  il  s'agit  doit  être  la  réforme 
électorale  qui  eut  lieu  en  Angleterre  à  la 
fin  du  dix-huitième  siècle,  je  crois,  et  qui 
supprima  les  bourgs  pourris.  On  appelait 
ainsi  d'anciennes  villes,  devenues  villages 
ou  même  disparues  complètement  qui 
avaient  conservé  le  droit  d'envoyer  des 
députés  à  la  Chambre  des  Communes. 
Certains  grands  seigneurs  qui  possédaient 
dans  l'étendue  de  leurs  fiefs  un  ou  plu- 
sieurs des  emplacements  de  ces  anciennes 
villes  se  trouvaient,  par  le  fait,  maîtres 
d'un  ou   plusieurs   sièges  au  parlement. 


C'est  évidemment  ce  que  veut  dire  Ar- 
thur en  parlant  des  «  trois  muets  envoyés 
à  la  Chambre  des  Communes  ». 

C.  N. 


*  * 


Mais  il  s'agit  évidemment,  selon  moi, 
de  ces  députés  silencieux,  de  ces  machines 
à  voter  que  les  bourgs  pourris  envoyaient 
aux  Communes  avant  la  réforme  de  1832. 
Il  y  a  de  ces  «  muets  »  là  dans  tous  les 
parlements, seulementils  étaient  plus  nom- 
breux encore  aux  Communes  avant  la 
réforme  opérée  par  le  ministère  whig  de 
lord  Grey  et  de  lord  Brougham.  au  temps 
où  l'on  disait  communément  que  les  élec- 
tions se  faisaient  dans  les  salles  à  manger 
des  lords  grands  propriétaires.  Ce  qui 
n'empêchait  pas,  d'ailleurs,  les  Communes 
d'Angleterre  d'être  parfaitement  repré- 
sentatives de  l'esprit  national. 

H.  C.  m. 

Reliures  en  peau  humaine  (T.  G., 

761  ;  LXVl,  12).  —  Le  professeur  Cor- 
nil,  décédé  il  y  a  quelques  années,  était, 
paraît-il,  un  amateur  passionné  de  ces 
reliures  bizarres. 

Il  recherchait  plus  spécialement  les 
peaux  humaines  tatouées,  et  il  était  par- 
venu à  réunir  une  collection  de  reliures 
parsemées  de  dessins  d'une  originalité 
particulière.  Eugène  Grécourt. 


irauiiailUsj  et  Ol/uriosités 


Une  fabrique  de  fausses  lettres  de 
Mme  de  Pompadour.  —  En  ce  mo- 
ment, on  fabrique  avec  une  ardeur,  sans 
doute  récompensée,  de  fausses  lettres  de 
Mme  de  Pompadour.  Il  en  court  partout. 
Nous  en  publions  u.ne  qui  nous  est  tom- 
bée sous  les  yeux.  Le  papier  est  grossier, 
la  salissure  maladroite,  l'écriture  n'est 
pas  mêm.e  étudiée,  et  un  cachet  placé  à 
contre  sens,  porte  des  fleurs  de  lis.  Le 
faussaire  y  montre  une  connaissance  aussi 
superficielle  de  l'histoire  que  des  usages 
de  la  cour. 

Les  lettres  qui  ont  trompé  des  honnêtes 
gens,  sans  parier  de  quelques  érudits,  ont 
un  même  auteur.  Il  est  si  habile  à  se  dis- 
simuler, qu'il  n'a  pas  encore  été  surpris, 

Voici  l'une  de  ses  mystifications  ; 


N«  1343    Vol.  LXVI 


L'INTERtviEBlAmi* 


^37 


Cher  Marquis  de  Beaussac, 

Les  Russes  savent  obéir  ;  mais  ils  savent 
aussi  se  défaire  de  leurs  maîtres,  qnand  ils 
osent  abuser  de  leur  pouvoir. 

La  révolution  de  1740,  à  laquelle  il  doit 
sa  couronne,  est  un  exemple  récent  et  terri- 
ble qui  le  retiendra  peut-être,  la  défection 
du  Prince  Pierre  III  serait  surtout  déplora- 
ble dans  la  circonstance,  car  l'Alexandre  du 
Nord  est  perdu,  si  la  guerre  dure  seulement 
quatre  mois. 

Tachez  donc  de  parer  au  coup,  s'il  est 
possible  de  le  parer. 

Les  fourrures  que  vous  m'avez  envoyées 
sont  fort  belles  et  je  vous  remercie  b>en  de 
vos  peines.  Elles  valent  mieux  que  celles  du 
Canada,  mais,  hélas  I  celles  du  Canada 
ctaient  à  nous. 

Le  Roi  est  fort  satisfait  de  votre  conduite  : 
il    a     beaucoup    de    confiance    dans  vos  lu 
miéres  et  personne  ne  doute  que   si    le   Czar 
abandonne  ses  amis,  vous   n'aurez  rien  né- 
gligé pour  l'empêcher. 

Je  vous  salue  bien,  mcn  cher  de  Beaussac, 
portez-vous  bien  et  aimez  vos  amis. 

La  Marquise  de  Pompadour. 

Paris  25  juillet  1762. 

Cette  lausse  lettre  de  Mme  de  Pompa- 
dour que  nous  citons  comme  exemple  de 
Iruquage,  a  pour  pendants  des  lettres 
d'Henri  IV  qu'un  journal  de  province  a 
publiées  cette  semaine. 

Les  cloches  des  Tuileries. 

Dam,  Conseiller  d'Etat,  Intendant  Général 

lie  la  maison  de  l' Empereur 

A  Mrs    Le  Curé  et  Administrateurs  de   la 

fabrique  de  Saint-Siilpice 

Paris,  ^i  juillet  1806 

J'ai  reçu,  Messieurs,  la  lettre  que  vous 
m'avez  fait  l'honneur  de  m'écrire  le  7  de  ce 
mois,  relativement  aux  trois  cloches  servant 
à  l'horloge  du  Palais  des  Tuileries  et  qu'on 
vous  a  assuré  avoir  appartenu  autrefois  à  l'an- 
cienne sonnerie  de  votre  église. 

j'ai  l'honneur  de  vous  informer  qu'il  ré- 
sulte des  renseignements  que  je  me  suis  pro- 
curés à  cet  égard,  qu'une  seule  des  trois  clo- 
ches de  cette  horloge  a  app.irtenu  à  l'église 
St-Sulpice  et  qu'elle  a  été  prise  pour  cet 
usage,  il  y  a  plus  de  10  ans. 

Vous  concevrez  facilement.  Messieurs,  la 
difficulté  qu'il  y  aurait  à  remplacer  aujour- 
d'hui cette  cloche  qui  parmi  plus  de  600 
s'est  trouvée  la  seule  qui  fut  d'accord  avec 
les  deux  autres. 

Agréez,  etc. 

La  résignation  philosophique  des 
vieux  grognards.  —  Un  aimable  cor- 
respondant nous  adresse  cet  extrait  typi- 


528 


que  des  Mémoires  d'un  vieux  grognard  de 
Napoléon,  le  sergent  Sicateau,  natif  de  La 
Flotte  en  l'île  de  Ré. 

J'ai  vu  que  les  Egyptiens  à  défaut  de  four- 
chettes, se  servaient  des  quatre  doigts  et  du 
pouce.  J'ai  campé  dans  la  vallée  de  Josaphat 
où  nous  devons  tous  nous  réunir  au  juge- 
ment dernier.  Au  siège  d'Arc, Napoléon  nous 
a  fait  distribuer  trois  figues  sèches,  pour 
ration  d'un  jour,  après  une  longue  marche 
dans  le  désert.  C'est  pour  nous  désaltérer  l'es- 
tomac. Après  vingt  cinq  jours  de  privation 
de  pain,  nous  sommes  arrivé  au  Caire.  Notre 
ration  se  compose  de  120  grammes  de  café 
pour  nous  purifier  de  nos  péchés.  Fait  pri- 
sonnier par  les  Anglais,  je  rentre  en  France 
après  avoir  parcouru  4205  lieues,  8  capitales. 
48  villes,  80  bourgs,  267  villages. 

En    partant,    j'avais   l'espoir    de    revenir 
maréchal  de  France,  je  suis  sergent    major! 

Les  gants  de  Louis  XVI  à  Va- 
rennes.  —  II  n'est  pas  de  petite  contri- 
bution à  l'histoire,  et  ce  certificat  donné  à 
une  paire  de  gants  ro'ya'ux  a  sa  valeur  re- 
lative comme  témoignage  sur  les  détails 
de  la  Journée  de  Varennes. 

Je  soussigné  déclare  sur  mon  honneur  qu^ 
ces  gants  sont  conservés  depuis  53  ans  danS 
ma  famille  et  regardes  comme  les  même» 
dont  il  est  question  dans  l'Etat  de  service  d* 
feu  mon  père,  dernier  Colonel  du  régiment 
des  Hussards  de  Chamboran,  où  il  est  dit  : 
«  Après  l'arrestation  du  Roi  à  Varennes  le 
baron  de  Malzen  a  recouvert  les  bijoux  de 
Mme  Elisabeth  et  les  a  envoyés  aux  Princes 
par  ;le  Lieutenant  Boudet,  du  régiment  de 
Lauzun.  qui  leur  a  demandé  pour  le  colonel 
de  Malzen  la  permission  de  conserver  les 
gants  du  Roi  qui  étaient  dans  son  habit  et 
que  Monsieur  a  reconnus  pour  avoir  été  por- 
tés par  le  Roi  le  jour  de  la  Fédération,  d'après 
le  rapport  que  lui  en  fit  le  sieur  Bouclet. 
Stuttgard,  le  21  janvier  (845. 

Le  baron  de  Malzen,  chevalier  de  Justice  de 
l'Ordre  de  Malthe,  Envoyé  Extraordinaire, 
Ministre  plénipotentiaire  de  S.  M.  le  roi  de 
Bavière  à  la  Cour  de  VVurttemberg.     L.S. 

Les  gants  er  le  certificat  annexé  sont 
conservés  à  Bourges,  28  rue  Gambon,  par 
M3dame  de  La  Perrière,  qui  répondra  vo- 
lontiers à  toute  communication  à  leur  su- 
jet. S.  C. 

Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

Imp.  Oanuii.-Chamboh,  Sî-Amand-Mont-Rand 


LXVI*  Volume      Paraissant  les     lo,  io  et    io  d*  chaque  mois 


30  Octobre  1912 


48»  Année 

81"',r.Victor-Ma88é 
PAKIS  (iX'> 

ftaresu   :  de  3  à6heures 


Qn^QUS 


Chtrches  et 
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Il  se  faut 
tntr' aider 


N<>^344 

3i>",r.¥ictor-Ua«s 
PARIS  (IV) 

Bureaux  :  de  3  à  6  bearei 


€3nUxméb  taire 


DES 


CHERCHEURS    ET   CURIEUX 

Fondé   en    1864 


'QUESTIONS     ET     REl'ONSRS     LITTERAIRES,     HISTORIQUES,    SCIENTIFIQUES     ET   ARTlSTlQUtS 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 

5  îo    -- — 


iVjMS  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme,  et  Je  n'écrire  que 
d'un  côté  Je  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  J?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  in.iérês. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Qiiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


<Bllue6tian0 


Tribut  annuel  du  roi  de  N  pies 
au  pape. 

«Clément  XJV  profita  de  tous  ces  moyens 
Ipour  ne  lien  ignorer.  II  lui  importait  de 
Iconnaître  les  Cours  et  leurs  agents,  et  en- 
'core  plus  utile  de  se  les  attacher.  11  y  réus- 
sit au-delà  de  ses  espérances.  Le  roi  d'Espa- 
Igne  le  pria  d'être  parrain  de  son  petit-fils, 
let  le  roi  de  Naples  qui,  encore  irrité  des 
[procédés  du  dernier  Pontificat,  eût  refusé  à 
[tout  autre  pape  le  tribut  annuel  de  la  haque- 
jnée  et  des  douze  imille  ecus  romains,  laissa 
[subsister  cet  ancien  usage,  par  considération 
[pour  Ganganelli   » . 

{La  Vie  du  pape  Clément  XI V). 

A  quelle  époque  remontait  l'usage  de  ce 
[tribut,  et  à  quelle  époque  cet  usage  a-t-il 
[pris  fin?  Nauticus. 


Le  Directoire  a- t-il  été  payé  par 
l'Espagne  ?  —  Je  lis  dans  Villiaumé 
(V Esprit  de   la  guerre,  Paris   1870,   page 

99): 

Le  gouvernement  espagnol  payait  aux  Di- 
recteurs de  la  République  française  des 
sommes  annuelles  considérables,  de  peur 
qu'on  ne  lui  déclarât  la  guerre.  Ceux-ci 
commettaient  un  abus  de  confiance  envers 
la  République,  parce  qu'ils  conservaient  pour 
eux-mêmes  cet  argent. 

P.  M. 

La  promesse  de  fidélité  à  la  Cons- 
titution de  l'an  VIII.  —  La  loi  du  1 1 

janvier  1800  ordonna  a  tous  les  ministres 
du  culte  de  faire  la  promesse  de  fidélité  à 
la  Constitution  de  l'an  Vlll.  Ainsi  les  prê- 
tres fidèles  qui  avaient  échappé  à  la  guillo- 
tine ou  aux  fusillades  pouvaient  repren- 
dre leur  ministère  :  on  ne  leur  demandait 
que  de  garder  obéissance  au  Gouverne- 
ment établi.  Dans  l'Ouest,  comme  les 
prêtres  répugnaient  à  toute  espèce  de  ser- 
ment, le  Premier  Consul  usa  de  ménage- 
ment, et  le  14  mai  1800,  Fouché  manda 
aux  préfets  des,  départements  de  l'Ouest 
qu'il  s'en  rapportait  à  leur  prudence  per- 
sonnelle sur  la  conduite  à  tenir  à  l'égard 
des  prêtres.  Où  se  trouve  cette  circulaire 
de  Fouché  ? 

Un  Vendéen. 


L'Anniversaire  du  21  janvier.  -— 

Je  lis  dans   les  Mémoires  de   Lafajette  (T . 
IV,  p.  358)  l'anecdote  suivante  : 

A    Londres,     en    17^5,    des    émigrés    ou- 
blièrent tellement  la  mort  du  roi    que  l'an-, 
niversaire  du  21  janvier  fut  choisi  par  dis* 

Lin.  -  12. 


N»  1544 


VoI.LXVl. 
53» 


l'INÎBRMÉbiAlUb 


532 


traction,  et  maintenu  par  embarras,  pour  une 
fête  chez  M.  de  "•,  ancien  favori  de  la 
reine.  I.e  mot  du  proveibe  qu'on  y  joua  fut 
Iln'tft  pas  d'ètsrnflles  douUurs. 

Le  fait  est-il  exact  ?  La  dernière  phrase 
surtout  le  rend  invraisemblable.  En  tout 
cas,  quel  pouvait  bien  être  cet  ♦<  ancien 
favori  de  la  reine  >»,  qui  s'était  fait  l'or- 
donnateur d'une  telle  fête  ? 

dE. 

Le  géant  de  Waterloo.  -  Quel  est 
le  nom  du  soldat  qui  brisa  la  porte  de  la 
ferme  d'Hougoumont.  H  Houssaye  dit 
que  ce  géant  surnommé  Ven/onceui  était 
le  lieutenant  Legros,  du  \^'  léger  ;  Can- 
robert,  dans  le  tome  I  de  ses  Mémoires, 
rapporte  qu'il  rencontra,  en  Algérie,  le 
commandant  du  génie  Vieux,  un  géant, 
héros  (^e  Waterloo,  qui  enfonça  cette  porte 
d'un  coup  d'épaule.  B.  ).  B. 

Régiments  Nôrestang,  Saint-For- 
geux.  —  Un  aimable  confrère  pourrait-il 
m'indiquer  l'existence  de  monstres  du  ré- 
giment de  Nérestang  vers  1600,  et  du 
régiment  de  St-Forgeux,  1629-1636  ? 

Lar. 

Hôpital  militaire  du  Ivoule.     -  En 

1850,  Paris  possédait  4  hôpitaux  mili- 
taires :  deux  qui  existent  encore, le  Val  de- 
Gràce  et  l'hôpital  St-.Martin,  rue  des  Ré- 
collets, et  deux  qui  ont  disparu,  l'hôpital 
du  Roule  et  le  Gros-Caillou. 

Un  inteimediairiste  pourrait-il  me  dire 
l'errplacement  exact  Je  l'hôpital  militaire 
du  Roule,  situé  dans  le  faubourg  du  même 
nom,  près  des  Champs-Elysées.  —  A 
quelle  époque  fut-il  démoli?  —  Quelle 
était  son  importance  ?  Quel  était  le  nom- 
bre de  ses  lits  ?  D^  Bonnette. 

Dizy-le-Gros  Prieuré.  —  Pourrait 
on  me  renseigner    sur   un   Prieuré  ayant 
existé   à    Dizy-le-Gros  (Aisne),    avant   la 
Révolution  .'' 

De  quel  ordre  était  il  ?  Sa  date  de  fon- 
dation ? 

La  liste  de  ses  Prieurs  Réguliers  et 
Commendataires  .''  La  Sangliette 

Henri  Archereau  et  l'éclairage 
électrique.  —  Qui  pourrait  m'indiquer 
des  sources  officielles  ou  scientifiques, 
concernant  ce  savant  malheureux  ? 


11  a,  non  seulement  réalisé  pratiquemen 
le  premier  —  bien  qu'on  le  lui  ait  mala- 
dioitement  contesté  —  l'éclairage  électri- 
que du  Passage  des  Panoramas  et  de  la 
place  de  la  Concorde  ;  mais  encore  la  fabri- 
cation des  agglomérés  de  charbon,  dont 
le  brevet  lui  fut  volé  par  des  Anglais. 
C'est  grâce  à  lui  que  les  hôpitaux  de  Paris 
purent  être  chauffés  pendant  le  siège  de 
1870-71. 

J'ai  les  brochures  de  MM.  Docteur  Mar- 
cel Baudouin  et  René  Vallette  et  les  docu- 
ments publiés  par  la  famille  Archereau  et 
par  le  Figaro. 

Camilliacus. 

Couibon  de  Elénac  et  La  Roche- 
Courbon.  —  On  désirerait  savoir  si  la  fa- 
mille de  Courbon  de  Blénac  et  de  la  Roche- 
Courbon,  une  des  plus  illustres  de  Sain- 
tonge,  compte  encore  des  représentants. 
Cette  famille  était  représentée  au  milieu 
du  xix«  siècle  par .  £harles-Hippolyte^ 
comte  de  Courbon,  décédé  sans  alliance 
en  i8s9,  ^"*^  BeauchetFilleau  dit  avoir 
été  le  dernier  de  son  nom,  et  par  ses  cou- 
sins, Théodore,  né  en  i8ùo,et  Arnould,né 
en  1809,  qui  peuvent  très  bien  avoir  laissé 
des  descendants.  Lascombes. 

Femille  Le  Boiteulx.  —  Que  con- 
nait-on  sur  la  famille  Le  Boiteulx  et  en 
particulier  sur  Charles  Le  Boiteulx,  ecclé- 
siastique, et  Jean-Baptiste  Le  Boiteulx, 
écuyer  ?  Ce  dernier  a  un  ex  libris  avec  les 
armes  .simples  de  Le  Boiteulx,  et  un  au- 
tre :  écartelé  lux  l  <t  ^  d'azur  à  2  fasces 
d'argent  au  chef  de  gueules,  chargé  d'un 
lion  naissant  d'or  ;  aux  2  et  ^  écaitdé  en 
sanloii  en  grêlé  de  gueula  accompagné  en 
chef  et  en  pointe  d'une  tour  d'argent  (?)  sur 
champ  d'azur,  et  aux  côtés  d'un  lion 
rampant  de  sable,  celui  de  dextre contourné, 
sur  un  champ  d'argent  ;  sur  le  tout,  de 
gueules,  au  lion  rampant  d'or^  au  chef 
d'argent  chargé  de  ^  quintefi utiles  de  si- 
ncpie  :  Le  Boiteulx. 

Mêmes  armes  pour  l'ecclésiastique. 

L.  UE  S, 


Letellier.  —  Quel  intermédiairistc 
aurait  l'obligeance  de  me  documenter  sur 
le  normand  Letellier  qui  se  fit  tuer  brave- 
ment pour  le  roi  Louis  XVI  pendant  la 
nuit  du  10  août  .?  Spécialement,  a-t-M 
I  laissé  postérité  ^  J.  de  V. 


DES  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


30  Octobre  1912 


533 — 

Famille  Mestayer.  —  Charles  Mes- 
tayer  et,  après  lui,  son  fils  ou  son  neveu 
lacques  M...  ont  été  gretTiers  en  chef  de 
l'Election  de  Paris,  entre  167461  1715. Où 
pourrais-je  trouver  des  renseignements 
biographiques  et  généalogiques  sur  cette 
famille  ?  Appartenaient-ils  à  la  famille 
Mestayer  de  la  Rancheraye  habitant  le 
p.tys  de  Richelieu  depuis,  au  moins,  le 
XVII'  siècle  ?  Un  membre  de  cette  dernière 
famille  fut  sénéchal  de  l'Isle  Bouchard.  Un 
M.  Gaston  Mestayer,  de  Paris,  se  distin- 
gua pendant  la  guerre  de  1870  71,  dans 
les  Eclaireurs  du  Corps-Franc  de  Catheli- 
neau  ;  notamment  en  avant  d'Orléans  et 
à  la  bataille  du  Mans. 

H,  Baguenier  Desormeaux. 

Marquis  de  Mond;an.  —  Je  serais 
désireux  d'avoir  quelques  renseignements 
sur  la  famille  et  les  armes  de  Joseph 
Louis,  marquis  de  Mondran,  grand  maî- 
tre des  eaux  et  forêts  de  la  Normandie, 
mari  de  Charlotte-Louise  Masson  et  père 
de  Louise-Alexandrine,  née  en  1776  à 
Paris,  qui  le  5  mars  1800,  épouse,  à  Mi- 
lan, le  comte  Octave  Ernest  Fanzi.  Ces 
Mondran  sont-ils  identiques  avec  ceux 
que  Rietstap  dit  être  originaires  du  Lan- 
guedoc ?  A.  VON  DOEUR. 

Famille  de  Pardieu.  -  A  plusieurs 
reprises,  dans  mon  enfance,  j'ai  entendu 
raconter  qu'un  Pardieu  avait  assisté  à  la 
bataille  de  Bouvlnes,  et  qu'un  autre  avait 
été  le  compagnon  de  Tancrède  de  Haute- 
ville.  J"ai  même  eu  sous  les  yeux,  des 
livres  où  se  trouvait  reproduite  cette  dou- 
ble affirmation.  Faut-il  pourtant  la  t'inir 
co.Time  légendaire?  J.  de  V. 

Petitot  de  BO'Spréau.  —  Dans  le 
dernier  catalogue  de  M.  Geoflfroy,  mar- 
chand d'estampes  à  Paris,  je  vois  un  por- 
trait en  gravure  de  ce  Petitot.  Un  colla- 
borateur pourra,  j'espère,  me  donner  des 
renseignements  biographiques  et  géné;i- 
logiques  sur  ce  personnage  peu  connu,  je 
crois.  Est-il  de  la  famille  de  |ean  Petitot, 
le  peintre  en  émail  de  Charles  1"  et  de 
Louis  XIV  ?  XVI  B. 

Henri  Plessis.  --  Quelque  confrère 
pourrait-il  me  donner  des  renseignements 
sur  la  date  et  le  lieu    de  naissance,  ainsi 


534 


que  sur  la  date  de  la  mort, de  Henri  Plessis 
l'artiste  de  café-concert  bien  connu  ? 

E.  H. 

Famille  de  Sabatier  en  Provence, 

—  J'ai  trouvé  la  généalogie  de  la  famille 
de  Sabatier,  seigneur  de  l'Armeillère,  près 
d'Arles,  pendant  les  xvie  et  xvn^  siècles 
par  les  preuves  pour  la  grande  écurie 
faites  par  Pierre  de  Sabatier  en  1700. 

Ce  Pierre  était  fils  de  Marc-Antoine  de 
Sabatier,  seigneur  de  l'Armeillère  ;  et  de 
Marie-Thérèse  Roy  de  Vaquières  ;  je  vou- 
drais savoir  avec  qui  ce  Pierre  se  maria  et 
quelle  fut  sa  descendance. 

Cette  famille  dut  se  continuer  au  moins 
pendant  tout  le  xviii'^  siècle  au  cours  du- 
quel elle  s'allia  aux  d'An  tonel  le  et  d'Aria  tan. 

Quelqu'un  au  courant  des  familles  de 
Provence  pourrait-il  me  donner  cette  gé- 

L.J. 


néalogie  .'' 


Chapitres  de  l'ordre  de  St-Lazare 
et  de  N.  D.    du  Mont-Carmel.  —  A 

partir  de  quelle  époque  ces  chapitres  se 
tinrent  ils  dans  la  maison  conventuelle 
des  Carmes  du  Saint  Sacrement  des  Bil- 
létes?  Gautier  de  Sibert  mentionne  un 
traité  conclu  entre  les  Carmes  et  l'Ordre, 
sans  indiquer  la  date.  Un  aimable  con- 
frère pourrait-il  me  renseigner  ?  m'indi- 
quer  où  se  trouve  l'original  de  ce  traité.'' 

D.  A. 

Armoiries  à  identifier  :  corps  de 
lion.  —  A  quelle  famille  appartenaient 
les  armoiries  suivantes  :  De  gueules  à 
trois  quint  cf eu  nies  Je  (métal  invisible)  ; 
supports  ;  deux  animaux  à  têle  d'aigle  et 
corps  de  lion  ;  cimier  :  couronne  de  mar- 
quis,armoiries  sur  une  plaque  de  cheminée 
Louis  XIII  ou  Louis  XIV  trouvéeà  Auxonne 
ou  environs.  Saint-Elme. 

Armoiries  à  identifier  :  trois  roses. 

—  A  quelle  famille  appartiennent  les  ar- 
moiries suivantes  :  de  gueules  à  trois  roses 
de  (métal  invisible)  .?  Saint-Elme. 

Armoiries  à  déterminer  :  soleil 
d'or  —  D'argent  au  ch^vion  d'azur  ac- 
compagné de  trois  abeilles  de  sable  posées 
deux  et  un  ;  au  chef  d'azur  charge  d'un 
soleil  d'or.  Couronne  de  comte.  Le  ca- 
chet qui  porte  ces]  armes  n'est  peut-être 
pas  français.  Bibl.  Mac. 


N»  1344     Vol.  LXVI 


L'lNTBRMBDlAlRi< 


535 


5î6 


Fer  de  reliure  à  identifier  en 
pointe  d'un  rocher.  —  De...  an  chevron 
de...  accompagné  en  chef  de  deux  croissant  i 
de...  et  en  pointe  d'un  rochet  de  ..  Sup- 
ports ;  deux  griffons  ;  couronne  de  mar- 
quis ;  cimier  :  un  grillon  naissant.     Lab. 

Tableau  de  Cermak  :  >-  Guerre  du 

Monténégro  ».  —  Au  Salon  de  1873,  le 
peintre  J.  Cermark  exposait  une  remar- 
quable toile  intitulée  : 

«  Episode  de  la  guerre  du  Monténégro, 
en  1 862  » . 

Pourrait-on  me  dire  où  se  trouve  ac- 
tuellement ce  tableau  que  la  maison  Gou- 
pil et  C"  a  reproduit  en  photographie 
dans  son  Album  de  1875,  planche  n°  1 3  ? 

Victor  Deséglise. 

La  Vénus  de  Miio  (T  G).  —  M.  Vou- 
tier,  dans  un  renvoi  au  bas  de  la  page  15 
de  sa  notice  Découverte  et  acquisition  de  la 
Venus  de  Mile,  Parisji874,  parlant  de  des- 
sins faits  par  lui,  au  moment  de  la  décou- 
verte dit  :  «Je  possède  encore  ces  dessins 
ainsi  que  la  vue   du  lieu  de  la  dècouvcite.  » 

Les  dessins  de  la  Vénus  et  des  deux  Her- 
mès qui  raccompagnaient  sont  reproduits 
dans  l'ouvrage  de  M.  Ravaisson  :  La  Venus 
de  Milo.  (Extrait  des  Mémoires  de  l' Acadé- 
mie des  inscriptions,  Tome  XXXIV  pre- 
mière partie),  mais  il  n'est  pas  question 
de  la  «  vue  du  lieu  de  la  découverte.  >* 

Ce  dernier  document  a-t  il  été  publié  ?, 
Existe-t-il  encore  ?  La  famille  de  M.  Vou- 
tier  l'a-t-elle  en  sa  possession  ?  Connait-on 
quelque     document     iconographique     de 
même  nature?  Georges  Pelissier. 

Une  c(  Histoire  de  la  famille  de 
Rothschild  ».  —  On  lit  dans  le  journal 
La  Liberté  du  16  octobre  1872  : 

On  parle  de  la  pioch.iinc  publication  d'une 
Histoire  de  la  famille  Rothschild  par  un  de 
ses  membres,  iNL  Nathaniel  de  Rotschild.  Ce 
livre  contiendrait  Ac^  lettres  inédites  de  Na- 
poléon i"^  et  de  plusieurs  autres  personnages 
eélèbret. 

Le  livre  a-t-il  paru.f*  G    F. 

Marcadé-Marcadal.  —  J'ai  trouvé 
ce  nom  appliqué  a  une  voie  publique  dans 
le  voisinage  d'un  marché  à  Lourdes. 

Je  l'ai  retrouvé,  non  sans  surprise, à  Ab- 
bcvilie  et  à  Hesdin.  Serait-ce  un  vieux  sou- 
venir de  l'occupation  espagnole  ?     A.  d'E. 


Mme  '.  oyerde  M^romme.   —    M 

Casimir-Périer  en  1862,  dans  la  Rcvuedes 
Deux- Mondes^  incomplètement,  et  M  . 
Pierre  Calmettes  en  1898  dans  la  Revue 
hebdomadaire,  in-extenso,  ont  publié  les 
Souvenirs  intéressants,  — parfois  inexacts, 
—  de  Mme  Loyer  de  Maromme,  sur  la 
jeunesse  de  Charlotte  Corda}'. 

Ces  deux  éditeurs  n'ont  pas  renseigné 
sur  l'identité  de  l'auteur  du  manuscrit 
par  eux  publié.  Mais,  s'il  fallait  croire 
Chéron  de  Villiers,  —  qui  certainement 
se  trompe  —  Mme  Loyer  de  Maromme 
serait  née  Loyer.  Il  est  acquis  qu'elle 
mourut  au  début  de  l'hiver  1860,  Casi- 
mir-Périer  [le  dit.  Tandis  que  M°"  Loyer 
née  Loyer  mourut  au  Houlme  seulement 
en  janvier  1875,  et  son  mari  en  1880.  De 
plus,  son  nom  était  Le  Vaillant. 

Peut-on  savoir  ses  prénoms,  le  lieu  et 
la  date  de  sa  naissance,  de  son  mariage 
et  de  son  décès  ^  X. 


Les  Souvenirs  de  Massenet.  —  A 

propos  de  ce  livre  récemment  paru  en 
librairie,  notre  confrère  Arthur  Pougin 
écrit  dans   le  Ménestrel  du  14  septembre: 

Si  le  pauvre  Massenet  avait  pu  voir  son 
livre,  publié  comme  il  l'est,  avec  son  nom 
ainsi  inscrit  en  tète  du  titre  Jules  Massenet, 
il  serait  entré  dans  une  de  ces  fureurs  bleues 
que  lui  causait  la  vue  de  ce  prénom  dans  un 
article  de  journal,  ou  sur  une  lettre  à  lui 
adressée.  Nul  de  ceux  qui  la  connaissaient, 
n'ignorait  cette  bizarrerie,  dont  quelques- 
uns  d'entre  nous  seulement  savaient  la  cause. 

Serait-il  indiscret  de  cheicher  à  la 
connaitre  ?  Alpha. 


Notes  manuscrites  de  Gousselin. 

-  -  Dans  son  beau  livre  sur  /é?/5,  le  re- 
gretté Henry  Houssaye  cite  fréquemment, 
à  titre  de  de  référence,  ces  notes  manus- 
crites qui  devaient  être  rédigées  par  le 
journaliste  révolutionnaire  Rousselin  de 
Saint-Albin. 

Henri  Houssaye  les  donne  comme  fai- 
sant partie  de  la  collection  Bégis,  lorsqu'il 
écrivait  iSf^  —  de  1892  à  1895,  autant 
qu'il  m'en  souvienne. 

Depuis,  la  collection  Bégis  a  été  disper- 
sée. Sait-on  ce  que  sont  devenues  les 
notes  de  Rousselin  et  si  leur  propriétaire 
actuel  autoriserait  à  les  consulter  ? 

D'E. 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Octobre  191a. 


537 


538 


%é}fonBe9> 


Les  billets  de  Marie-Antoinette 
à  Jarjayes  (LXVI,48i).  — Le  Figaro  pu- 
blie  (numéro  du  25  octobre  191 2)  l'inté- 
ressant écho  suivant  : 

Au  mois  de  mars  1703,  un  officier  munici- 
pal nommé  Toulan  et  le  chevalier  de  Jarjayes 
formèrent  un  complot  pour  délivrer  la  famille 
royale,  prisonnière  au  Temple.  La  Reine  fît 
alors  tenir  à  Jarjayes  divers  billets  par  l'en- 
tremise de  Toulan . 

Vlnterméiiaire  de^.  chercheurs  et  curieux 
pose,  à  ce  sujet,  la  question  suivante  :  «  M. 
Paul  Gaulot,  en  un  pa";sionnant  feuilleton 
du  Figaro,  M.  le  comte  de  Pimodan,  dans 
une  brochure  d'un  vif  intérêt,  claire  et  con- 
cise, ont  parlé  du  complot  Jarjayes,  qui  au- 
rait permis  à  Màrie-Antoinette  de  s'évader, 
si  son  dévouement  aux  siens  tié  l'avait  rete- 
nue. 

«  Que  sont  devenus  les  billets  que  la  Reine 
avait  pu  faire  passer  h  Jarjayes  ?  » 

Ces  billets  ont  eu  des  sorts  divers  ;  quel- 
ques-uns, reproduits  en  fac-similé  par  le  ba- 
ron de  Goguelat,  à  la  suite  de  son  récit  sur 
la  fuite  dv-  Varennes,  ont  été  détruits.  Les 
autres  appartiennent  à  une  personne  qui  les 
tient  d'un  descendant,  par  alliance,  du 
chevalier  de  Jarjayes. 

De  ces  billets^  le  plus  noble  et  le  plus 
touchant,  celui  oiî  la  Reine  déclare  renoncer 
à  un  projet  qui  la  séparerait  de  ses  enfants, 
et  ajoute,  pour  consoler  les  serviteurs  dé- 
voués, que  cette  «  idée  ne  lui  laisse  pas  de 
regret»,  a  été  donné  en  \^T)  au  comte  de 
Chambord.  On  ne  sait  ce  qiié  ce  billet  est 
devenu  ;  à  la  mort  du  comte  de  Chambord, 
il  n'a  pas  été  retrouvé  parmi  ses   papiers. 

Disons  à  ce  propos  que,  â  part  la  corres- 
pondance de  la  Reine  avec  Marie-Thérèse, 
correspondance  qu'  se  trouve  dans  les  Archi- 
ves impériales  à  Vienne,  les  autographes  de 
Marie-Antoinette  sont  très  rares.  Le  baron 
Zangiacomi,  conseiller  à  la  Cour  de  cassation 
sous  l'Empire,  en  possédait  un  grand  nom- 
bre. 

Pendant  la  Corrimune,  des  individus,  qui 
se  souvenaient  que  le  baron  Zangiacomi 
avait  fait  partie  des  commissions  mixtes, 
instituées  au  moment  du  coup  d'Etat,  mirent 
le  feu  à  son  appartement  et  brûlèrent  sa  pré- 
cieuse collection. 

Et  l'infortuné  Reine  se  trouve  ainsi  avoir 
été  une  victime  indirecte  dé  la  Commune  de 
Paris. 

Dans  toute  la  correspondance  de  la 
Reine  — dont  on  a  si  peu  de  chose  —  rien 
n'est  plus  précieux  que  ces  billets.  Et  le 
plus  précieux  de  tous  venu  aux  mains  du 


comte  de  Chambord,  a  disparu.  Il  n'est 
peut-être  qu'égaré,  et  M.  François  Lau- 
rentie,  qui  a  obtenu  de  la  libéralité  et  de 
la  bonne  grâce  des  héritiers  du  comte  de 
Chambord,  si  soucieux  d'établir,  en  toutes 
choses,  la  vérité  historique,  le  droit  d'ex- 
plorer les  papiers  de  la  maison  de  Bour- 
bon, ramènera  peut-être,  au  jour,  ce  bil- 
let. 

Les  autres  billets,  qui  ont  servi  au  ba- 
ron Goguelat  à  publier  les  fac-similé,  ont 
été,  x<  quelques-uns  »  du  moins,  dé- 
truits par  leur  possesseur.  Combien  nous 
devons  regretter  cette  inexplicable  déci- 
sion. 

Heureusement  qu'il  en  reste  encore.  Ne 
les  voudrait-on  point  mettre  au  jour, 
comme  autant  de  reliques  d'un  prix  inex- 
timable,  auxquels  l'ombre  ne  convient 
point  ? 

Enfin,  puisqu'on  a  soulevé  un  coin  du 
voile,  qu'on  aille  jusqu'au  bout.  Quelle 
est  la  personne  qui  tient  d'un  descendant, 
par  alliance,  du  chevalier  de  Jarjayes, 
ces  billets  émouvants?  On  en  a  tant  parlé 
qu'il  est  bien  naturel  qu'on  soit  désireux 
de  les  voir.  D""  L. 

Santerre  et  la  mort  de  Louis  XVI 

(T.  G.  820  ;  LXV  ;  LXVI,  54,  349).    — 
J'ai  promis  de  reprendre,   en    octobre,  la 
question  Santerre  dans  l'Intermédiaire.  Et 
voici  qu'au  moment  de  la  rédaction  défi- 
nitive de  mon  matériel   documentaire,  je 
m'aperçois  que  la  masse  déborderait  trop 
sensiblement  l'espace  restreint  qui  pour- 
rait m'ètre  concédé  ici.  Or  le  problème,  à 
peine  effleuré  par  Louis  Combes,   négligé 
par  M.    le    marquis   de  Beaucourt  —   qui 
eût  peut-être  été  à  même   de   l'amener  à 
une   solution    satisfaisante,    —  escamoté 
par  le  comte  Fleury,  est  de  ceux  qui  doi- 
vent être  traités  à    fond,    ou   laissés   là, 
comme  tant  d'autres    «  énigmes  »  histo- 
riques, sur  lesquelles  l'histoire  courante, 
celle  des  manuels  et    des   vulgarisations, 
passe  cavalièrement,  ayant  pour  elles  une 
solution  ne  varietur,  celle   de   la  «  tradi- 
tion »  et  du  «  bon  ton  >\  jusqu'à  ce  que 
Lefifort  d'un  érudit  contraigne  l'attention 
générale  et  décide  les  faiseurs   de   livres 
—    pas   toujours  —    à    se  corriger  eux- 
mêmes.  En  essayant  de  rouvrir  la  discus- 
sion à  cette  place  et   en  orientant  l'atten- 
tion des  collaborateurs  de  V Intermédiaire 
vers  le  pseudo- bâtard  de  Louis  XV.  —  Cf. 


N«  {^44  Vol.  i.XVl 


L^Nl^RMED: 


■•^  i'i 


539 


1540 


l'article  de  feu  Ch.-L.  Chassin  :  Un  bâ- 
tard Je  Louis  XV  général  républicain  en 
yenJée  dans  la  Revue  Bleue  du  1 3  sep- 
tembre 1890,  p.  335-339(1)  <^t  '^  rectifica- 
tion de  M.  E.  Welvert  dans  les  Archives 
historiques,  artistiques  et  littéraires  du 
i"  novembre  1890  :  Un  pseudo-bâtard  de 
Louis  XV  général  républicain  —  que  fut 
le  général  Charles-Antoine  Beaufranchet 
d'AyU,  mon  but  était  d'amener  la  pro- 
duction de  sources  de  moi  ignorées  rela- 
tives à  la  conduite  de  ce  personnage  lors 
de  l'exécution  de  Louis  XVI,  plus  encore 
que  toute  autre  chose.  J'y  ai  partielle- 
ment abouti,  puisque,  dans  le  numéro  du 
20  juillet  1912,  «  F.  Arverne  »  a  produit 
l'acte  de  décès  authentique  de  Beaufran- 
chet et  que,  dans  le  numéro  du  20  sep- 
tembre. M.  Joachim  Kùhn  a  communi- 
qué une  découverte  véritable. 

Avant,  donc,  de  livrer  moi-même,  en 
un  article  cohérent,  au  public  le  résultat 
de  mes  recherches  —  j'indiquerai,  ici, 
plus  tard,  où  il  aura  paru  -  je  crois 
qu'il  ne  sera  pas  inutile  de  fournir  préa- 
lablement à  w  F.  Arverne  »  l'indication 
<  imprimée  il  y  a  près  de  30  ans  »  dont 
je  parlais  dans  la  petite  réplique  que  je 
fis,  de  Suisse,  dans  le  numéro  du  10  août. 
Elle  se  trouve  dans  un  journal  nimois, 
alors  rédige  par  le  père  de  M.  Joséphin 
Péladan,  Adrien  Péladan  :  Le  Châiimeni, 
n°  57,  numéro  du  dimanche  20  juillet 
1873,  p.  42: 

Il  est  ùux  que  ce  soit  Santerre,  toutefois 
d'horrible  mémoire,  qui  ait  ordonné  le  rou- 
lement de  tambour  lorsque  Louis  XYI  vou- 
lut parler  au  peuple  du  haut  de  l'échafaud. 
En  Auvergne,  ou  s'est  toujours  accordé  à  at- 
tribuer cet  ordre  à  M.  Heaufranchet.  gentil- 
homme du  bourg  d'Ayat,  arrondissement  de 
Riom,  etc.,  etc. 

L'auteur  de  ces  <  précieuses  notes  iné- 
dites, V.  était  le  frère  de  M.  joséphin  Péla- 
dan, le  D'  Adrien  Péladan  fils,  mort  à 
Nimes  dans  des  conditions  si  tragiques 
11  affirme  que  son  récit  '<  est  une  certitude 
en  Auvergne».  Il  ignorait,  à  coup  stjr, 
qu'en  1H47,  Lamartine  ayant  écrit,  au  t. 
V,  p.  113.  de  son  Histoire  dei  ^ironJins 
que 


(i)  V.>yez  Nur  le  Nantais  Ch.-Chissin 
(1831-1901),  i'étudtf  documentaire  de  M.  H. 
Monin  commeticJe  dans  la  Rfvue  historique 
lie  la  Révolution  française  de  janvier-mars 
et  non  encore  achevée. 


le  chef  d'état-major  des  troupes  de  camp 
sous  Paris,  Be.iufranchet,  comte  d'Oyat  ^5^V), 
fils  de  Louis  XV  et  d'une  favorite  nommée 
Morphise,  ordonna  aux  tambours    de  battre, 

le  neveu  du  s>  sieur  »  Beaufranchet,  le 
vicomte  Beaufranchet  de  la  Chapelle, avait 
publié  une  réclamation,  qu'Alfred  Net- 
tement avait  acciieillie  en  janvier  1848 
dans  son  volume  :  Les  Historiens  de  la 
Révolution.  Etudes  critiques  sur  les  Gi- 
rondins. Mais  déjà  Bertrand  de  MoUeviUe 

—  dont  M.  Aulard  reconnaît  [Grande  En- 
cyclopédie, VI,  470)  que  l'ouvrage  con- 
tient «  une  foule  de  détails  intéressants  » 

—  n'avait-il  pas.  au  t.  V,  p.  430,  note  de 
son  Histoire  de  la  Révolution  de  France, 
parue  à  Paris  de  i8oi  à  1803  en  14  vol. 
in-80  et  publiée  originairement  en  anglais 
à  Londres  1800  sous  le  titre  :  Annals  of 
the  french  Révolution,  attribué  nettement  à 
Beaufranchet  le  fameux  roulement.? 

Quant  à  M.  joachim  Kijhn,  je  lui  dois 
les  plus  cordiaux  remerciements.  Sa  note 
m'est  d'autant  plus  p"r'écieuse  qu'elle  me 
permet  de  déterminer  en  toute  certitude 
la  provenance  de  la  lettre  de  Santerre 
possédée  par  Guilbert  de  Pixerécourt  et 
citée,  en  1840,  dans  le  Catalogue  de  ses 
autographes  et  manuscrits,  au  n»  867, 
comme  a  bien  voulu  me  le  transcrire 
l'aimable  et  très  érudit  bibliothécaire  mu- 
nicipal de  Nantes,  M.  Marcel  Giraud- 
Mangin  : 

867.  Santerre  (Claude),  brasseur  dans  le 
faubourg  Saint-Antoine,  devenu  général  di- 
visionnaire —  Paris,  5  vendémiaire  an  10  ; 
aut  sig.  3  pag.  —  Au  citoyen  Chateauneuf, 
littérateur  et  historien.  Cette  lettre  contient 
des  détails  sur  la  journée  du  10  :ioiit  et  un 
panégyrique  complet  de  la  conduite  du  ^é- 
néralWestermanii  pendant  la  Révolution. 
On  lit  au  verso,  à  la  date  du  29  juin  iSaa, 
une  page  autographe,  signée  par  M.  de  t-.ha- 
teauneuf,  et  contenant  ces  mots  remarqua- 
bles :  '  11  I  Santerre]  assista  au  supplice  de 
Louis  XVI,  et  ce  lut  M.  B...  d'A...,  ancien 
page  de  Louis  XVI,  qui  ordonna  le  roule- 
ment d-'s  t  imbours  pour  empêcher  le  mo- 
narque de  parler  au  peuple.  »  —  Cette  as- 
sertion, tout  à  fait  nouvelle,  renverse  les 
idées  reçues  jusqu'alors  sur  ce  grand  crime. 
Cependant  Santerre  était  mort  tranquille- 
ment depuis  1808  :  personne  n'avait  réclamé 
la  piiorité  du  forfait.  L'Europe  tout  entière 
était  convaincue  de  l'épouvantable  parricide 
du  général  républicain.  Quel  intérêt,  si  ce 
n'est  la  vérité  jusqu'ici  inconnnue  et  révélée 
soudain    au   bout  de   30    ans,    a    pu  porter 


DES  CHERCHEURS  BT  CURiEUAH 


54» 


M.  Châteauneuf    à    publier   cette  anecdote  ? 
Point  historique  à  décider. 

Cette  «  vérité  jusqu'ici  inconnue  », 
l'auteur  deVBloge  funèbre  de  Louis  XVh 
du  nom  (Neufciiastel,i796,  in-8°), le  Mont- 
joie  auquel  j'en  appelais  dans  mon  arti- 
cle du  10  juin,  l'avait-il  déjà  annoncée, 
lorsqu'en  termes  voilés,  il  disait  au  t.  111 
(Paris,  1796)  de  son  Histoire  de  la  Cons- 
piration de  J.-Ph.-Jos.  d'Orléans,  surnommé 
Egalité,  que  l'initiative  du  roulement  ap- 
partenait, non  à  Santerre,  mais  à  un 
«  monstre  »  qu'il  n'était  point  encore 
temps  de  nommer?  (i)  C'est  ce  que  nous 
verrons  en  détail  dans  le  travail  que  je 
vais  rédiger. 

En  fait,  ce  travail  n'eût-il  d'autre  mé- 
rite que  celui  d'apporter   un    s<  confirma- 
tur  >*     typique    à  l'ancienne  et   toujours 
nouvelle  certitude  de  la    «  relativité  »  de 
l'histoire,  qu'il  vaudrait  d'être   entrepris. 
Quand  M.    de   Mortagne   m'opposait,  au 
numéro  du  30  juin,  les  citations  tirées  du 
t.  1    du  Journal    d'un   bourgeois    de  Paris 
pendant  la  Terreur  d'E.    Biré,  j'ai   seule- 
ment regretté  qu'il  ne  se  fût  pas  donné  la 
peine  d'élargir  le  champ  de   son  investi- 
gation et  de  rapporter,  d'après   les  origi- 
naux et  après  consultation  personnelle  de 
ceux-ci ,     les    témoignages     bizarres   — 
dont  quelques-uns  émanent  d'auteurs  net- 
tement suspects  —  recueillis  par  un  écri- 
vain dont  l'ouvrage,  inutile  et  ennuyeux, 
n'est,  du  point  de  vue   de  l'histoire  véri- 
table, valable  que  par  ses   notes,  et  pas 
toujours  {cf.  R.  Reuss  dans  la  Revue  bis- 
torique  de  mai-août  1898,    p.    121 -122). 
Cette  besogne  nécessaire   et  primordiale, 
faut-il  noter  ici  que   c'a    été  la  première 
que  j'aie   entreprise  ?    Elle    dor.nera,   je 
l'espère,    la    mesure   de    la    partialité  de 


(i)  Op.  cit.  III,  p.    105,  en   note   au    pas- 
sage relatif  aux  dernières  paroles  du  roi  : 

mais  un  homme  féroce  lui  arracha  cette  der- 
nière consolation  en  ordonnant  le  roulement 
continuel  des  tambours .,  Montjoie  a  mis  : 
«  On  croit  généralement  que  cet  homme  fé- 
roce ce  tut  Santerre,  on  est  dans  l'erreur  : 
Santerre  ne  put  retenir  ses  larmes.  Il  n'est 
pas  temps  encore  de  dire  le  nom  du  monstre 
qui  priva  Louis  de  donner  aux  Parisiens  un 
dernier  témoignage  d'intérêt. ..  y>  L'édition 
de  1796  et  celle  de  1800  oi;t  été  lues  dans 
l'exemplaire  de  la  Bibliothèque  Nationale, 
(Lb,  41888). 


50  Octobre  191s. 

542  ■ 

Biré  dans  le  choix  de  ses  sources,  de 
Biré  qui,  en  18915,  en  était  toujours  à  ju- 
ger l'ambitieux  brasseur  de  Saint-Michel- 
en-Tiérache  ,  Antoine- Joseph  Santerre, 
comme  un  individu  sans  aveu,  le  rangeant 
parmi  les  <  gens  perdus  de  crimes  > 
{La  Bastille  sous  Louis  Xl^l^  dans  Légen- 
des Révolutionnaires  [Paris,  MDCCCXCV] 
p.  63)  et  se  gaussant  à  l'étourdie  du 
»<  patriote  Santerre  »  ^ La  Vérité  sut  les 
Girondins,  Ibid.,  p.  133J.  Q.ue  ne  lisait-il, 
dans  la  peu  suspecte  Qjtotidienne  du  27 
janvier  1827,  l'article,  réimprimé  des 
A/fiches  et  Annonces  de  Lille,  où  était 
consigné  le  «  fait  précieux  à  recueillir  » 
suivant  : 

11  n'est  pas  inutils  de  réparer  ici  une  in- 
justice que  l'opinion  publique  commet  en- 
vers un  homme  trop  malheureusement  célè- 
bre, et  né  djns  notre  département.  Il  est 
question  du  brasseur  Santerre,.  né  à  Cam- 
brai {sic),  et  établi  ensuite  dans  le  faubourg 
Saint-Antoine  à  Paris.  On  a  dit,  on  a  im- 
primé, et  tout  le  monde  croit  que  le  roule- 
ment de  tambours  qui  a  empêché  Louis  XVI 
d'être  entendu  de  la  multitude  avait  été  or- 
donné par  Santerre  ;  il  n'en  est  rien,  etc. 

Que  ne  lisait-il  —  lui  qui  lisait  tout  — 
dans  l'une  des  deux   éditions  de  Santerre 
général  de  la  République  'française,   sa  vie 
politique  et  pi  ivée,  écrite  d'après  les  docu- 
ments originaux  laissés  par  lui  et  Us  notes 
d'Augustin    Santerre   son  fils   aîné.,    par 
A.  Carro  (Paris,    1847,    in-8»,    avec  por- 
trait ;  réimprimé,  mais  sans  portrait,  en 
1869  à  Meaux    par  Jules  Carro.    fils  du 
Breton  A.  Carro),  le  passage  où   il  est  dit 
que  «   quelques   personnes,    existant  en- 
core   sans  doute  > ,   entendirent  affirmer 
par  le  maréchal  Mortier,  duc  de  Trévise, 
que  c'était  en  vertu  d'une  <  inexactitude  » 
que  l'initiative  du  roulement  était  imputé 
à  Santerre  ?  Parmi  ces  personnes,  Carro 
mentionnait  l'abbé  Frignet,    chanoine  de 
la  cathédrale  de  Meaux,    oncle  de  Mor- 
tier, auquel  celui-ci  en  avait  fait  la  con- 
fidence, en  présence  de  nombreux  invités, 
dans  un    banquet,  sous  la  Restauration. 
Que   ne    lisait-il    la  note  manuscrite    de 
Santerre  reproduite  par  ce   même  Carro 
et  dont  l'affirmation  est   si  catégorique  .? 
Que  ne  lisait-il  la  version  ^  authentique  » 
des  Mémoires  de  l'abbé  Edgeworth  de  Fir- 
mont,  «  recueillis  par  C.  Sneyd  Edgeworth 
et  trad.    de    l'anglais   par    le    traducteur 
d'Edmund  Burke  «  [Dupont ,    conseiller 


N<  1344. 


Vol.  LXV. 

54? 


L'INTBRMÈDIXmB 


544 


à    Paris    en    octobre 


d'Etat],   et    parus 
i8i5(t)ti.  95: 

11  [Louis  XVIJ  allait  continuer,  mais  un 
homme  h  cheval,  et  en  uniforme  national 
[ce  qui  ne  signifie  pas  :  en  uniforme  de  la 
gardenationale,commele  croit  «  F.  Arverne* , 
qui  ne  semble  pas  soupçonner  que  le  con- 
fesseur de  Louis  XVI  connaissait  parfaitement, 
de  visu.  Santerre,  qu'il  nomme  p.  81]  fon- 
dant tout  à  coup  l'épée  à  :i  la  main,  et  avec 
des  airs  féroces  sur  les  tambours,  les  obligea 
de  rouler...  ?  » 

Je  dis  :  version  <■<  authentique  >\  parce 
que,  malgré,  ce  qu'en  pense  M.  de  Beau- 
coutt  {Captivité  et  derniers  moments  de 
ioHisXFI,t.\,  Taris,  1892],  p.  LVII), 
je  considère  la  version  de  Bertrand  de 
iVlolleville,  «  rédigée  de  mémoire  »  ,  pro- 
duite pour  la  première  fois  en  1797  et  lé- 
gèrement remaniée  en  1802  et  en  1816, 
comme  suspecte  en  quelques  détails.  Que 
ht  lisait-il  ceci,  que  ne  lisait-il  cela  1 

Mais  il  faut  clore  ces  notes  préliminai- 
res. A  bientôt,  je  l'espère^  la  réalisation 
complète  de  ma  promesse,  qui  prouvera 
que  j'ai  lu  ce  qu'il  importait ,  avant 
d'écrire,  de  lire.  Au  demeurant,  je  ne  me 
dissimule  pas  que  la  première  affaire  San- 
terre est  beaucoup  moins  piquante  que  la 
seconde,  dont  A.  Daudet  a  tiré  un  parti 
si  piquant  datis  ses  Rois  en  Exil  (cf.  sur 
elle  le  //«  Supplément  du  Larousse,  XVlll, 
0.   1815).  Camille  PiTOLLET. 

Le  roulement  de  tambour  a  été  attribue, 
dans  V Intermédiaire,  au  cours  de  polémi- 
<4ues  qui  ont  duré  plusieurs  années,  et 
qui  ne  sont  pas  closes  à  ce  que  je  vois,  à 
Santerre,  à  Beaufranchet  d'Ayat,  à  Du- 
gazon,  à  Berruyer,  à  Pierrard  (tambour- 
major). 

Les  auteurs  de  ces  réponses  ont  ren- 
voyé, comme  sources,  à  Charles-Maurice 
Descombéfe,  U  Théâtre  fiançais  (1860); 
Dauban,  Paris  de  ijp.f  à  fjg^  (Note  écrite 
par  Chatcautieuf  sur  une  lettre  de  San- 
terfé)  ;  Lamartine,  les  Girondins  ;  la  Bio- 
graphie Didot;  Louis  Combes,  Episodes  et 
Curiosités  révolutionnaires  (qui  cite  l'abbé 

()}  L't<dilion  aiigl.iire  :  Memoirs  of  ihc 
ahbi  Edgeworth,  contatning  ihe  narrative  of 
thf  lait  hours  nf  Louii  KVI,  hy  C.  Sneyd 
Bdgevorth,  est  entre  mes  mains.  Elle  pa- 
rut à  Londres  en  uSis  chez  R.  Hunier,  in-S» 
de  IV  et  323  pages.  La  traduction  française 
est  fidèle. 


Edgewoth);  Carro,  Vie  politique  et  privée 
du  général  Santerre.  La  Quotidienne.,  (ar- 
ticle du  27  janvier  1827).  La  Biographie 
universelle.  Le  Patriote  français.  Le  Jour- 
nal de  Marai.  Le  Républicain.  Le  Journal 
dePerlet.  Le  journal  des  Amis.  Les  Révo- 
lutions de  Paris  (consultation  négative). 
Mémoires  du  comte  d' Allonville . . . 

De  tout  cela,  il  n'est  rien  sorti  de  pré- 
cis —  pas  même  que  l'anecdote  du  rou- 
lement de  tambour  ordonné  pour  couper 
la  parole  au  roi  avant  qu'on  lui  coupât  la 
tète  est  authentique. 

Je  crois,  vieil  abonné  qui  a  l'habitude 
de  ces  i-edites,  la  question  insoluble. 

Mais  comme  dit  la  chanson  du  jambon 
de  Mayence,  si  cette  histoire  vous  amuse, 
vous  pouvez  la  recommencer. 

Un    INTERMÉDIAIRISTE    DEPUIS    1867. 


* 


[Notre  ancien  collaborateur  —  qui  est 
chartiste  —  doit  savoir  qu'une  contro- 
verse qui  n'a  pas  atteint  son  but  n'est  ja- 
mais close  ;  nous  ne  demandons  à  ceux 
qui  le  peuvent  que  d'y  introduire  des  élé- 
ments nouveaux,  et  de  nous  épargner  les 
raisonnements,  les  hypothèses  et  les  dé- 
ductions. \J Intermédiaire  est  avant  tout 
documentaire  ;  toute  digression  y  est  su- 
perflue, toute  critique  personnelle  et 
même  toute  expression  critique  sur  les 
œuvres  et  les  hommes  n'y  a  point  place^ 
ou  y  est  déplacée.  Nous  devons  notre  du- 
rée à  cette  doctrine  —  et  nousaurons  tan- 
tôt cinquante  ans.] 

L'énigme  dô  Valmy.  Brunswick, 
L9  vol  des  diamants  en  1792  (LXVI, 
386,  44b,  489).  —  Je  n'ai  pas  un  seul 
instant  visé  M.  G.  Bapst  dans  ma  ré- 
ponse du  10  octobre,  mais  l'article  visé 
dans  la  question  du  30  septembre. 

j'ai  signalé  dans  La  Conspiration  révo- 
lutionnaire de  i-jSç,  p.  30,  que  Cliarles 
(Guillaume  Ferdinand  de  Brunswick  ('1735- 
1H06),  l'auteur  du  manifeste,  et  le  géné- 
ral prussien  commandant  à  Valmy  n'était 
pas  le  chef  de  la  f.*.  m.,  ;  que  le  chef, 
non  de  la  f.'.  m.-,  mais  le  G.'.  M.-,  dé 
la  Stricte  Observance  Templière  réformée 
d'Allemagne,  a\eç  lequel  on  le  confond, 
était  Ferdinand,  duc  de  Brunswick-Lune- 
bourg  (1721-3  juillet  1792)  mort  avant 
le  rnanifeste  et  par  conséquent  avant 
Valmv.  G.  Bord. 

LG'cst  M.  Edouard  Drumont  qui  demen- 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEOX 


545 


546 


jo  Octobff)  191» 


dait  à  M.  Germain  Bapst  ce  renseigne- 
ment, dans  l'article  de  la  Libre  Parole^  re- 
produit au-dessus  de  l'article  de  M.  G. 
Bord.  L'important  était  la  réponse  de  M. 
Germain  Bapst  très  précise  quant  à  la 
question  posée  par  M.  Drumont]. 

Les  papiers  de  Courtois  et  le  duc 
Decazes  (LXVI,  281,  444).  —  Consulter 
sur  cette  question  :  Le  Testamittti  de  la 
Reine  Marie- Antoinette,  Histoire  de  sa  dé- 
couverti,  par  le  baron  A.  de  Benojst. 
Thonne-lesPrés,  autographie  Albertine, 
1890,  grand  in-S".  Bibl.  Mac. 

Qui  a  brûlé  Moscou  ?  Est-ce  Ros- 
topchine  ?  ^LXVl,?85,447,49o).  —  M... 
demande  l'aide  des  Russes  pour  éclaircir 
cette  question.  Le  compte  rendu  suivant, 
extrait  de  la  Revue  de  la  Société  impériale 
d'Histoire  militaire  russe  (fascicule  V, 
1910)  lui  donnera,  je  l'espère,  satisfac- 
tion. 

Le  5  novembre  1910,  le  «  Cercle  des  Amis 
du  souvenir  de  1812  »  tenait  à  Moscou  sa 
réunion  générale  mensuelle.  Un  de  ses  mem- 
bres, M.  Kouzminsky,  y  donna  lecture  d'un 
substantiel  rapport  sur  les  causes  de  l'incen- 
die de  M«»scou.  En  s'appuyant  sur  les  sources 
historiques  imprimées  et  manuscrites,  Mon- 
sieur Kouzminsky  établit  avec  précision  les 
dates  auxquelles  furent  allumés  des  incen- 
dies et  leurs  auteurs.  Il  fit  ressortir  que,  le 
feu  ayant  été  rais  en  divers  endroits  et  à 
plusieurs  reprises,  dès  le  14  septembre  et 
avant  l'installation  des  Français  à  Moscou, 
cette  ville  fut  bien  incendiée  par  les  Russes. 
Cette  assertion  souleva  de  vives  discussions 
dans  l'assistance,  dont  une  partie  vivait  sur  le 
souvenir  de  la  tradition  populaire  russe 
(corroborée  par  Rostopchine  lui-même),  qui 
fait  retomber  la  responsabilité  du  sinistre 
sor  les  troupes  napoléoniennes.  Mais  l'au- 
teur du  rapport  fut  énergiquement  soutenu 
par  certains  membres  éclairés  et  la  citation 
d'un  passage  des  Chroniques  de  famille  de 
la  comtesse  de  Lydie  Rostopchine  (Paris 
1909)  mit  fin  au  débat. 

La  comtesse  affirme  dans  cet  ouvrage 
que  son  oncle  écrivit  en  1823  sa  fameuse 
brochure  La  vètité  sur  l'incendie  de  Moscozi 
sous  l'influence  de  sa  femnae  ou  ,  pour 
mieux  dire,  à  l'instigation  des  jésuites  qui 
inspiraient  celle-ci  et  que,  contrairement  à 
ce  qu'il  y  laisse  entendre,  ce  fut  bien  par 
son  ordre  que  le  feu  fut  mis  à  la  ville,  lors- 
qu'il fut  avisé  par  Koutouzov  qu'elle  serait 
livrée  sans  combat.  Devant  ce  témoignasse, 
la  majorité  de  l'assemblée  s'accorda  à  recon- 
naître que  les  habitants  avaient  pu  mettre  le 


feu  eux-mêmes  pour  soHs(raire  à  l'ennemi 
les  richesses  de  la  ville,  mais  plie  exprini^ 
le  désir  que  des  recherches  fussent  faites 
pour  élucider  complètement  la  questiqn. 

A  la  rëui)ion  suivante,  9  décembre,  le  dé- 
bat fut  repris.  Oa  examina  successivement 
les  témoignages  de  divers  auteurs  russes, 
et  étrangers  :  tous,  sauf  les  Russes,  attri- 
buaient aux  habitants  l'incendie  4e  Mosfou, 
et  cette  version  fut  acceptée,  s^ns  prptest^- 
tion  cette  fois,  par  les  «  Ami?  çJm  souvenir 
de  181?   *. 

Ainsi  «  |a  question,  restée  en  suspens  peri- 
dant  près  d'un  siècle,  a  été  définitivement 
tranchée  à  la  veille  du  centenaire  de  1812, 
à  la  plus  grande  gloire  des  Russes,  qui, 
dans  un  sentiment  patriotique,  n'hésitèrent 
pas  à  sacrifier  tous  leurs  biens  pour  exter- 
miner l'envahisseur  et  sauver  leijf  honneur, 
sapg  cédera  la   force.  » 

On  sait  d'ailleurs  que  Rostopchine 
donna  l'exemple,  en  mettant  de  sa  pro- 
pre main  le  feu  à  sa  propriété  de  Voro- 
novo.  Eu.  G. 

La  voiture  de  Napoléon  à  "Wa- 
terloo (LXVI,  435).  —  X.  X.  connaît  le 
passage  d'Henry  Houssaye  dans  Waterloo 
(3*  édition,  Paris,  1898, pages  420-421).  Je 
lui  signalerai  encore  celui  de  Léon  Van 
Neck  dans  Waterloo  iUustrâ  (i'*  édition, 
Bruxelles,  1903, pages  155-156).  Van  Neck 
reproduit  la  notice  du  catalogue  du  Musée 
Tussaud,  à  Londres,  et  illustre  son  texte 
de  deux  «  Capture  of  Napoleon's  carriage 
at  Genappe  »,  d'après  deux  artistes  an- 
glais :  Hillingford  et  Crofts. 

A.  BoGHAERT- Vaché. 

Iles  de  Paris  (LXV).  —  Dulaure 
dit,  en  effet,  qu'il  n'existait,  autrefois, 
que  cinq  îles,  à  Paris,  mais  c'est  une 
inexactitude  car,  en  réalité,  on  en 
comptait  au  moins  une  dizaine  sous  Phi- 
lippe-Auguste, savoir  : 

I.  —  L'île  Loiiviers,  ou  île  aux  faviaux, 
île  Bouteçlou,  île  aux  Ourmetiaux. 

Cette  île  qui,  en  1468,  appartenait  à 
Nicolas  Louviers  fut  acquise  par  la  ville 
en  1700,  et  en  1847,  ^^  P^*'^  t»ras  qui  la 
séparait  de  la  rive  droite,  devant  l'Arse- 
nal, fut  comblé  et  remplacé  par  le  quai 
Morland  • 

II.  —  Les  îles  Notre-Dame  et  aux  fau- 
ches aujourd'hui  fie  Saint  Louis. 

Ces  deux  îles  étaient  séparées  par  un 
canal  (emplacement  actuel  de  la  rue 
Poulletier). 


N-  1344.  Vol.  LXVI. 


L'INTBKMËDIAIRE 


•547 


548 


C'est  en  1614. qu'un  entrepreneur  nom- 
mé Marie. obtint  avec  l'aide  de  deux  finan- 
ciers, Regratier  et  Poulletier,  l'autorisa- 
tion d'y  élever  des  constructions  à  la 
condition  de  réunir  les  deux  îles  en  une 
seule, 

III.  —  L'île  de  la  Cité. 

IV.  —  L'île  du  Palais  qui  se  trouvait  à 
la  pointe  occidentale  de  la  Cité  et  qui 
était  elle-même  divisée  en  2  :  la  plus 
grande,  dite  île  aux  Treilles  ou  aux  Juifs, 
et  la  seconde,  île  de  la  Gourdamé  ou  de 
Buce. 

Ces  deux  iles  furent  réunies  en  1578, 
lorsque  Henri  111  fit  construire  le  Pont- 
Neuf. 

Henri  IV  en  fit  don  au  président  de 
Harlay  qui.  à  son  tour,  les  réunit  à  la 
Cité  et  en  forma  la  Place  Dauphine  et 
l'éperon  du  Pont-Neuf. 

V.  —  Ile  du  Louvre.  Banc  de  sable  dis- 
paru lors  de  la  construction  du  port 
St-Nicolas 

VI.  —  Iles  aux  Treilles  et  de  la  Seine, 
situées  entre  le  pont  de  la  Concorde  et  le 
pont  des  Invalides. 

Vendues  en  1645  pour  être  réunies  à  la 
rive  gauche.  Elles  occupaient  une  super- 
ficie de  20  arpents. 

VU.  —  lie  du  Groi-Caillou  ou  des  Cy- 
gnes. Banc  de  sable  à  proximité  de  la 
pompe  à  feu  de  Chaillot,  détruit  en  1820. 

Eugène  Grécourt. 

Parc  de  Neuilly  (LXVI,  187).  -  11 
n'y  avait  pas  d'étang  dans  le  parc  de 
Neuilly.  Le  pont  suspendu,  —  construit 
par  les  frères  Séguin  —  traversait  la  ri- 
vière et  menait  aux  iles.  On  peut  avoir 
des  renseignements  sur  le  parc  de  Neuilly 
dans  le  volume  Château  de  Neuilly,  Do- 
maine privé  du  Roi,  1836.  Imprimerie  de 
Pihan  Delaforest  (Morinval),  34  rue  des 
Bons-Enfants.  Ce  livre  est,  je  crois,  très 
rare.  L'exemplaire  que  je  possède  porte 
le  cachet  de  la  bibliothèque  du  Palais- 
Royal.  La  planche  n"  21  (en  couleurs) 
représente  le  pont  en  question. 

W.  Katenefk. 

L'&me  de  la  femme  au  concile  de 
Mâcon  (T.  G.  38;  LXVI,  138,  241, 
299).  —  Voici,  d'après  les  Questions  actuel- 
les, qui  veulent  bien  s'intéresser  à  l'en- 
quête de  1 /«/«^rm/rt/iair^  (5   octobre    1912) 


sur  cette  même   question,  l'article  inséré       voit  obhgé  de  reprendre   celui  des  deux  ter 


dans  le  Dictionnaire  apologétique  de  la  foi 
catholique  (fascicule  VI,  col.  1897  et  1898) 
et  dû    au  célèbre    historien    belge  Gode- 

FROID  KURTH   : 

Une  légende  opiniâtre  veut  que  le  Con- 
cile de  Mâcon  ait  délibéré  sur  la  question  de 
savoir  si  les  femmes  avaient  une  âme,  et 
même  qu'il  la  leur  ait  formellement  refusée. 
On  va  voir  ce  qui  en  est, 

11  s'agit  du  deuxième  Concile  de  Mâcon, 
en  585.  Saint  Grégoire  de  Tours  [Historia 
Francorum),  VIII,  xx)  raconte  en  ces  termes 
un  incident  qui  s'y  produisit  : 

11  y  eut  dans  ce  Synode  un  évêque  qui  di- 
sait que  la  femme  ne  pouvait  pas  être  appelée 
homme  {homo).  Cependant,  il  se  tint  tran- 
quille lorsque  les  évéques  lui  eurent  fait  en- 
tendre raison,  en  alléguant  le  passage  du 
Vieux  Testament  qui  dit  qu'au  commence- 
ment, quand  Dieu  créa  l'homme,  il  les  créa 
mâle  et  femelle  et  leur  donna  le  nom 
d'Adam  »  Gènes.,  V.  2)  ce  qui  veut  dire 
homme  de  terre,  appelant  ainsi  du  même 
nom  d'homo  la  femme  et  l'homme.  D'ail- 
leurs, Notre-Seigneur  jésus-Christ  est  aussi 
appelé  le  Fils  de  l'homme,  parce  qu'il  est  ni 
de  la  Sainte  Vierge  qui  est  une  femme. 
Lorsqu'il  changea  l'eau  en  vin,  il  lui  dit  : 
«  Femme,  qu'y  a-t-il  entre  toi  et  moi  ?  » 
Elucidée  par  beaucoup  d'autres  témoignages, 
cette  question  fut  ainsi  assoupie. 

Tel  est  l'unique  témoignage  par  lequel 
nous  connaissions  l'incident.  Les  actes  du 
Concile  de  Mâcon,  qui  sont  conservés  et  qui 
se  composent  de  vingt  canons  (Sirmond, 
Concilta  G*llia,  1. 1 .  Maassen,  Concilia  t.  1, 
p.  163  sq.  dans  Monumenta  Germaniœ  his- 
torica,  collection  in-4°)  se  rapportant  aux 
plus  importants  devoirs  des  fidèles  et  du 
clergé,  n'y  font  pas  la  moindre  mention.  Il 
est  manifeste  que  ce  n'est  pas  au  Concile 
même,  mais  dans  des  conversations  privées, 
en  dehors  des  séances,  que  la  question  aura 
été  discutée.  Un  seul  évêque  a  contesté  â  la 
femme  le  titre  de  homo,  mais  convaincu  par 
les  arguments  de  ses  collègues,  il  n'insista 
pas  et  tout  fut  dit. 

Nous  pourrions  donc  clore  ici  l'article  re- 
latif au  débat  du  Concile  de  Mâcon  sur  l'âme 
des  femmes,  s'il  n'était  essentiel  de  montrer 
par  un  exemple  saisissant  comment  se  for- 
ment les  légendes,  surtout  celles  qui  calom- 
nient l'Eglise.  Comme  on  le^  voit  par  Gré- 
goire de  Tours,  la  difficulté  soulevée  par  un 
évêque  anonyme  était  d'ordre  grammatical 
et  non  t'néologique.  Pour  la  bien  compren- 
dre, il  faut  se  rappeler  certains  faits  linguis- 
tiques, tandis  que  le  français,  comme  toutes 
les  langues  néo-latines,  ne  possède  pas  de 
terme  générique  pour  désigner  tous  les  indi- 
vidus humains  sans  différence  de    sexe   et  se 


DBS  CHBRCHBUR3   BT  CURlbUX 


30  Octobre  1912 


549 


5=50 


mes  pacifiques  qui  désigne  l'in-lividu  mâle 
{homme),  le  latin,  comme  le  grec  et  comme 
l'allemand,  possède,  outre  les  deux  termes 
spécifiques  {vtr ,/émfna,  ivr^p,  Yjvr(.  —  mann, 
weib),  un  terme  génériqu"  désignant  tout 
individu  appartenant  à  l'espèce  humaine 
Ihomo  avOofo-o;  mensch).  L'existence  de  ce 
terme  générique  est  un  avantage  pour  les 
langues  qui  le  possèdent  ;  il  augmente  la 
clarté,  empêche  la  confusion  et  facilite  la 
discussion  philosophique  et  théologique. 

Seulement,  il  arrivait  en  latin  qu'on  ne 
gardât  pas  toujours  au  mot  homo  son  sens 
générique  et  qu'on  l'employât  pour  désigner 
tantôt  un  personnaage  masculin,  tantôt  une 
femme.  De  la  première  de  ces  deux  accep- 
tions les  exemples  sont  tellement  nombreux 
qu'il  est  inutile  d'en  citer;  de  la  seconde,  au 
contraire,  ils  sotit  relativement  rares,  si 
rares,  qu'on  pouvait,  à  première  vue,  les 
considéier  comme  des  exceptions  (Ciceron, 
Fro  Cluent.,  LXX  ;  Ad  Familiares,  IV,  v  ; 
OviDÈ,  Past.,  V.  620;  JuvÉNAL,  Vl,  282; 
Pline,  Hist.  Nat.  XXVlil,  ix,  33).  Les  gram- 
mairiens latins  toléraient  cet  usage,  mais  ils 
n'admettaient  pas  que  dans  ce  cas  on  allât 
jusqu'à  donner  au  mot  homo  le  genre  gram- 
matical féminin. 

Hères,  parens,  homo  —  écrit  Charisius, 
etsi  in  communi  sexu  intelligantur,  tamen 
masculino  génère  semper  dicuntur.  Nemo 
enim  aut  secmdam  hereicm  dicit  aut  bonam 
parentem  aut  malam  hommem,  sed  mascu- 
line, tarnetsi  de  femina  habeatur  (Dans  Keil, 
Grammatici  latini,  t.  l.  p.    102). 

Les  écrivains  latins  du  haut  moyen  âge 
ont  plus  d'une  fois  fait  usage  de  la  liberté 
accordée  par  Charisius.  Grégoire  de  Tours. 
Hist.  Franc,  IX,  xxvi,  écrit,  en  relatant 
une  visite,  faite  par  lui  à  Ingeberge,  veuve 
du  loi  Charibert  :  Accejsi,  fateor  vidi  ho- 
MiNE.M  timentem  Deum,  qui  cum  me  bénigne 
excepisset  etc.  (Voir  encore  le  même,  Mirac. 
Maritnt,  11,  xxx  ;  Leblant,  Iiiscriptions  chré- 
tiennes de  la  Gaule,  t.  Il,  p.  515,  n"  641  ; 
Vita  sanctce  Gertrudls,  III,  12,  dans  Acta 
Sanctorum,  17  mars,  p.  397,  n"  12  Vjta 
Sanctce  juliancs,  dans  le  même  recueil, 
5  avril,  p.  467b.)  Le  langage  féodal  dans  le- 
quel !e  mot  homme  est  synonyme  de  vassal, 
devait  particulièrement  favoriser  l'acception 
dont  il  s'agit  ;  aux  chartes  françaises  de 
1225  et  de  1241,  citées  par  moi  dans  la  Re- 
vue des  questions  historiques,  t.  Ll,  p.  558, 
note  2,  j'en  puis  ajouter  plusieurs  autres  ; 
v,  MoLANUs,  Historiée  lotartienses,  IV.  4, 
éd.  de  Ram,  t.  1,  p.  170  {QuoJ  mulieres 
sinl  etiam  homines  suncti  Petri)  ;  Duvivifr, 
La  querelle  des  d'Avesnes  et  des  Dampierre, 
t.  Il,  p.  395  {Sire,  si  vos  requier  com 
vostre  cousine  et  vostre  hom,  écrit  la  com- 
tesse Marguerite  de  Flandre  à  ."^aint  Louis  ; 
Chronique   artésienne^   éd.  Funck-Brentano, 


p.   2  [jou  contesse  estoie  hom    monseigneur 
le  roy). 

On  voit  maintenant  sur  quoi  portait  l'ob- 
servation de  l'évêque  dont  parle  Grégoire 
de  Tours.  11  protestait  contre  un  u.sage  rare, 
sans  doute,  mais  néanmoins  autorisé  qui 
consistait  à  employer  le  mot  homo  pour  dé- 
signer un  individu  du  sexe  féminin.  Lors- 
qu'on lui  eut  montré,  par  des  exemples  tirés 
de  l'Ecriture  Sainte  elle-même,  que  sa  criti- 
que n'était  pas  fondée,  il  la  retira,  etl'incident 
n'eut  pas  d'autres  suites  pour  lors.  Les  mo- 
dernes qui  ont  voulu  lui  en  donner  auraient 
été  bien  avisés  si,  avant  d'attribuer  une 
monstruosité  et  une  absurdité  à  un  Concile, 
ils  avaient  pris  la  peine  de  se  renseigner.  On 
peut  dire  la  même  chose  des  écrivains  catho- 
liques qji  ont  été  assez  impressionnés  par 
la  légende  pour  en  garder  une  partie,  admet- 
tant, par  exemple,  lUe  l'évêque  en  ques- 
tion ait  dénié  uneâme  aux  femmes,  maispro- 
clamant  qu'il  resta  seul  de  son  avis. 


Crottus  (LXVl,  484). 
non  iir  e. 


Lire  sive  et 


Rosine  Bebrou  (LXVI,  339,  454).  — 
Rectifions  d'abord  une  erreur,  à  propos  de 
la  Reine  Margot.  Ld.  pièce  n'a  pas  soixante- 
six  ans  et  ne  fut  pas  créée  au  Théâtre 
Historique  en  184^,  comme  il  est  dit  dans 
l'article  cité  ;  cela  par  une  bonne  raison  : 
c'est  qu'en  1845  ce  théâtre  n'existait  pas. 
Le  Théâtre  Historique  maugura  son  exis- 
tence, avec  ce  drame  superbe,  seulement 
le  20  Février  1847.  Un  an  après  éclatait 
la  révolution  qui  renversait  le  trône  du 
«  roi  citoyen  »,  et  cet  événement,  bien- 
tôt suivi  d'un  autre  plus  sanglant,  l'in- 
surrection de  Juin,  vint  mettre  le  désar- 
roi dans  toutes  nos  entreprises  dramati- 
ques, dont  certaines  furent  acculées  à  la 
faillite.  Le  Théâtre-Historique  dut, comme 
tousses  confrères,  fermer  ses  portes  pen- 
dant quelque  temps,  et,  pour  occuper  ses 
artistes,  eut  l'idée  de  les  envoyer  à  Lon- 
dres, 011  ils  essayèrent  de  donner,  au 
théâtre  de  Drury-Lane,  des  représenta- 
tions qui  furent  le  signal  de  troubles  vio- 
lents et  de  véritables  émeutes,  et  qu'ils 
durent  cesser  en  présence  de  l'hostilité 
dont  ils  étaient  l'objet. 

La  tranquillité  rétablie  ici,  le  Théâtre- 
Historique  rouvrit  ses  portes  le  20  juillet, 
en  donnant  quelques  représentations  du 
fameux  drame  de  Balzac,  La  M^rStre, 
dont  pourtant  la  chute  récente  avait  été 
éclatante.  C'est  alors  qu'il  mit  à  la  scène 
le  Chandelier,  de  Musset,  que  la  Comédie_ 


N* 


■  344.  Vol.   LXVI. 
55» 


L'INTBRMeDIAIRB 


Française  lui  disputait,  mais  qu'il  sut 
pourtant  s'approprier.  Vais  la  prose  ex- 
quise de  Musset  ne  convenait  guère  aux 
spectateurs  du  boulevard  du  Temple,  et 
la  carrière  du  Chandelier  fut  courte  alors, 
bien  qu'on  ait  cru  devoir  le  flanquer,  sur 
l'affiche,  d'une  grande  scène  lyrique, 
Aiala,  dont  les  paroles  étaient  le  début 
au  théâtre  d'Alexandre  Dumas  fils,  et  dont 
la  musique,  chantée  par  Montaubry, 
Junca  et  Mlle  Moisson,  était  l'œuvre  de 
Varney,  le  chef-d'orchestre  du  théâtre^  et 
l'auteur  du  Ckant  des  Girondins  qui  avait 
produit  tant  d'effet  dans  le  Chevalier  de 
Maison-Rouge. 

Nous  voici  loin  du  Chandelier  et  de  Ro- 
sine Debrou.  )'y  reviens,  pour  faire  con- 
naître d'abord,  rien  de  ce  qui  concerne 
Musset  n'étant  indifférent,  la  distribution 
complète  du  joli  chef-d'œuvre  au  Théâtre 
Historique  ;  la  voici  : 

Clavaroche         Peupin  (pour  ses  débuts). 

Mailre-André      Matis 

Guillaume         Colbrun 

Landry  Castel 

Jacqueline  Mme  Maillet 

Fortunio  Mlle  Rosine  Debrou  (pour 

ses  débuts) 
Madelon  Mlle  Racine. 

Rosine  Debrou  était  une  gentille  comé- 
dienne, dont  l'histoire  théâtrale  parait 
avoir  été  courte.  Darthenay,"  qui  était 
alors  un  des  feuilletonistes  dramatiques 
du  Siîxle,  publiait  en  18^3  sous  ce  titre  : 
«  La  acteurs  et  actrices  de  Paris,  biogra- 
phie complète,  »  une  brochure  d'une 
centaine  de  pages,  dans  laquelle  il  passait 
en  revue  tous  les  théâtres,  avec  quelques 
rr-ots  sur  chacun  de  leurs  artistes.  Voici, 
en  parlant  de  la  Porte-Saint-Martin,  où 
elle  était  alors,  la  petite  note  qu'il  consa- 
crait à  Rosine  Debrou  :  «  11  y  a  dix  ans 
on  applaudissait  au  théâtre  de  Nantes  une 
gentille  ingénue,  mademoiselle  Rosine 
Debrou.  Après  avoir  passé  plusieurs  an- 
nées au  théâtre  des  Folies-Dramatiques, 
mademoiselle  Rosine  Debrou  a  créé, d'une 
façon  piquante,  au  Théâtre-Historique,  le 
rôle  de  Fortunio  dans  le  Chandelier  de  M. 
Alfred  de  Musset.  A  la  Porte-Saint-Mar- 
tin, mademoiselle  Rosine  Debrou  j«ue 
très  convenablement  les  petits  rôles  dra- 
matiques et  comiques.  > 

(^est  tout.  Et  j'ai  beau  chercher,  je  ne 
trouve  rien,  par  la  suite,  sur  cette  artiste 
restée  obscure.  A-  P- 


çça     . 

L'Intermédt'air*  des  chercheurs  m'a  fait 
l'honneur  —  honneur  que  j'apprécie, 
mais  que  je  n'avais  point  sollicité  —  de 
reproduire  un  article  que  j'avais  publié 
sur  le   Chandelier   de  iVlusset. 

Je  disais  —  fort  modestement  —  dans 
cet  article,  que  j'avais  appris  par  hasard, 
en  feuilletant  de  vieux  journaux,  que 
Fortunio  fut  créé  au  théâtre  historique  par 
une  femme,  Mlle  Rosine  Debrou.  J'ajou- 
tais que  le  fait  était  peu  connu,  et  qqe 
j'ignorais  ce  qu'était  devenue  cette  ac- 
trice. 

Or,  M.  Henry  Lyonnet  relève  mon  ar- 
ticle avec  un...  manque  de  courtoisie  et 
une  aigreur  qui  ne  sont  pas  dans  les  tra- 
ditions de  l'intermédiaire,  et  dont  j'ai  le 
droit  d'être  surpris  : 

Il  écrit  : 

L'article   cité    de    M.    Mantenay    contien 
plusieurs   inexactitudes.  On  lit,  en  effet,  à  la 
6°  ligne  : 

La  pièce  (la  Reine  Margot)  fut  eréée  en 
1845  ^^  Théâtre  Historique. 

Première  erreur.  La  Reine  Margot  fut 
donnée  pour  l'ouverture  du  Théâtre  Histo- 
rique le  io  février  1S47. 

On  Ut  à  la  2o«  ligne  : 
que  le  Théâtre  Historique  se   trouvait   à  peu 
près    à  l'endroit  de   la   caserne  du   Château- 
d'Eau. 

Deuxième  erreur.  Le  Théâtre  Historique 
se  trouvait  à  la  droite,  et  non  à  la  gauche 
de  l'entrée  du  faubourg  du  Temple  4ont  il 
était  encore  séparé  par  un  immeuble. 

On  lit  à  la  30»  ligne  : 

La  création  (du  Chandelier)  faite  en  184c 
au  Théâtre  Historique,  etc. 

Troisième  erreur.  Le  Chandelier  d'Alfred 
de  IVlusset  fut  publié  par  la  Revue  des  Devx- 
Mondes  en  1S3S,  et  représenté  au  Théâtre 
Historique  le  10  août  1848  avec  la  mention  : 
«  Comédie  à  tableaux  »  en  }  actes.  La  dis- 
tribution était  la  suivante  : 

Maître  André,  Matis  —  Clavaroche,  Peu- 
pin  —  Guillaume,  Colbrun  —  Landry,  Cas- 
te! —  Jacqueline,  Mme  Maillet  —  Fortunip, 
Mile  R.  Debrou  —  Madelon,  Mlle  Racine. 

Un  fait  reste  donc  acquis  :  c'est  que  le 
rùle  de  Fortunio  fut  établi  la  première  fois 
au  théâtre  par  une  femme,  Mlle  R.  Debrou, 
mais  le  chroniqueur  (uc)  se  trompe  encore 
(î/c)  quand  il  semble  croire  que  cette  pre- 
mière passa  inaperçue,  ou  à  peu  près. 

Je  réponds  : 

M.  Henry  Lyonnet  commet   plusieurs 
inexactitudes  : 
Première  çr^eur. 


DES  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


50  Octobre  191 2 


553 


554 


Je  n'ai  jamais  dit  que  la  «  première  »  du 
Chandelier  passa  inaperçue.  L'œuvre  fut, 
au  contraire,  très  remarquée,  mais  plus 
tard  quand  elle  passa  à  !a  Comédie-Fran- 
çaise,  on  oublia  les  artistes  de  la  création. 

Seconde  erreur  : 

J'^i  dit  incidemment  que  le  Théâtre  his- 
torique se  trouvait  à  peu  près  à  l'endroit 
de  la  caserne  du  Château  d'Eau.  J'ai  dit 
vrai.  M.  Henry  Lyonnet  écrit  que  ce 
théâtre  se  trouvait  à  la  droite  et  non  à  la 
gauche  de  l'entrée  du  faubourg  du  Tem- 
ple. Pure  ergoterie  en  dehors  de  la  ques- 
tion. 

Troisième  erreur. 

En  parlant,  tout  à  fait  incidemment,  de 
la  Reine  Margot^  j'ai  cité  la  date  de  la  créa- 
tion :  1847.  Une  coquille  m'a  fait  dire  : 
1^45  ;  mais  même  si  j'avais  commis  cette 
légère  inexactitude,  cela  serait  encore  en 
dehors  de  la  question. 

Quant  aux  indications  que  nous  donne 

un  peu  abondamment  M.  Henry  Lyonnet 

sur  la  Chanson  de  ForUmio  d'Offenbach.  ce 

sujet  est  de  plus  en  plus  en  dehors  de  la 

question,  mais  je  me  garderai  de  discuter 

^es  dires  par  la  simple  raison  que  cela  ne 

me  regarde  pas.  Je  ne   me  permettrais  de 

demander  la  parole  que  si  j'avais  sur  ce 

point  des  renseignements  particuliers   à 

soumettre  à  V Intermédiaire  et  je  n'en  ai 

pas.  }.  Mantenay. 

* 

♦  * 
[M.  J.  Mantenay,  qui  est  l'un  de  nos 

plus  distingués  confrères,  ses  chroniques 
quotidiennes  dans  l'Univers  témoignent, 
dans  un  style  toujours  si  courtoisement 
surveillé,  de  la  curiosité  la  plus  instruite, 
peut  être  persuadé  que  tous  ses  collabo- 
rateurs, à  l'Intermédiaire,  apprécient  son 
talent  et  son  érudiion.  M.  Henry  Lyon- 
net  dont  la  science  dans  les  choses  de 
théâtre  est  si  grande  et  l'autorité  si 
incontestable,  n'a  certes  pas  voulu  donner 
à  s^s  assertions  un  caractère  direct  et 
agressif;  sans  lui  avoir  soumis  la  riposte, 
nous  l'attestons  pour  lui.  Et  }a  suite  de 
leur  double  et  cordiale  collaboration  si 
précieuse  à  l'œuvre  commune,  en  sera  le 
meilleur  témoignage  ] 

Le  Cheyalier  de  Guer  (LXV,  353, 
513,  666).  —  Ce  personnage,  dont  V Inter- 
médiaire 2i  reproduit  un  billet  «  ironique», 
fut  un  agent  royaliste,  des  plus  actifs,  et 
des  plus  adroits,  car,  maintes  fois  soup- 


çonné, dénoncé,  signalé  dans  les  rapports 
de  police,  il  parvint  toujours  à  se  sous- 
traire, sinon  aux  recherches,  du  moins, 
semble-t-il,  à  la  prison. 

L'avis  qu'il  envoya,  de  Montpellier,  le 
5  janvier  1791,  hiVAmi  dit  Roi,  et  que 
cette  feuille  publia  dans  son  n"  XII  (12 
janvier  1791),  nous  apprend  que  les  jour- 
nalistes l'avaient  accusé  d'avoir  pris  part 
à  une  conspiration,  et  que  ses  «  bons 
amis  »  les  révolutionnaires  décachetaient 
les  lettres  à  lui  adressées  de  Paris,  sans  y 
trouver,  d'ailleurs,  la  moindre  preuve 
d'une  complicité. 

Pour  mettre  fin  à  ces  dénonciations  et 
à  cette  surveillance  gênante,  le  chevalier 
de  Guer  déclare  —  ce  qui  est  vrai  — 
qu'il  «  n'a  point  été  arrêté  ».  11  ajoute 
qu'il  «  n'a  pas  couru  un  seul  instant  le 
risque  de  l'être,  et  n'a  pas  pu  le  courir 
parce  qu'il  n'a  donné  aucun  prétexte, 
etc.  etc.  » 

Qu'est-ce  que  vaut  ce  démenti? 

Président  à  mortier  au  Parlement  de 
Rennes,  intrépide  et  obstiné  défenseur 
des  Etats  de  Bretagne,  le  chevalier  de 
Guer  avait  eu,  en  1788,  «les  honneurs 
(\e  la  Bastille  »,  pour  avoir  fait  prêter, 
par  la  Noblesse  bretonne,  le  serment  de 
maintenir  la  «  Constitution  de  la  pro- 
vince »,  «  sans  céder  à  des  ordres  évi- 
demment surpris  » . 

Ayant  ainsi  poussé,  jusqu'à  braver  le 
roi,  la  défense  des  anciens  privilèges,  le 
chevalier  de  Guer  demeura  un  contre-ré- 
volutionnaire ardent.  Au  mois  de  juillet 
1790,  il  rejoignit  à  Turin  le  comte 
d'Artois  et  les  Condé.  Les  princes  tra- 
vaillaient à  soulever  les  provinces  du 
Midi,  de  l'Est  et  de  l'Ouest.  Le  moment 
venu,  ils  devaient  passer  les  Alpes,  à  la 
tête  des  gentilshommes  émigrés  et  d'un 
corps  de  volontaires  piémontais  fournis 
par  le  roi  Victor-Amédée  111,  puis  se  ren- 
dre à  Lyon,  où  de  nombreux  royalistes, 
appuyés  par  les  troupes  du  maréchal  de 
camp  de  La  Chapelle,  auraient  arboré 
le  drapeau  blanc  et  «  commencé  la  con- 
tre-révolution ». 

Au  mois  d'octobre,  des  émissaires  du 
prince  de  Condé  se  jetèrent  dans  la  place, 
afin  de  sonder  l'opinion  des  Lyonnais  et 
de  hâter  les  préparatifs  de  l'insurrection. 
Le  chevalier  de  Guer  les  suivit  bientôt. 
Il  intriguait  à  Lyon  vers  la  fin  de  novem- 
bre, à  la  veille  de  l'explosion  générale. 


L'INTERMEDIAIRE 


N»  1344  Vol.'LXVI 

5S5    

Mais,  déjà,  la  conspiration  était  éven- 
tée. Dénoncés  par  des  agents  subalternes, 
un  des  chefs  royalistes  lyonnais,  Guillin 
de  Pougelon,  et  deux  émissaires  de  Condé, 
le  chev.tlier  Terrasse  de  Tessonnet  et  le 
marquis  d'Eccars,  furent  arrêtés  le  10  dé- 
cembre au  matin  et  enfermés  au  château 
de  Pierre-Scize.  D'autres  étrangers  sus- 
pects étaient  conduits  à  l'Hôtel-de-Ville  et 
interrogés. 

A  leur  réveil,  les  gentilshommes  ras- 
semblés à  Lyon  apprirent  que  la  conspi- 
ration était  découverte.  Craignant  une 
perquisition  générale,  une  foule  d'entre 
eux  quittèrent  précipitamment  la  ville  et 
allèrent  se  cacher  dans  les  faubourgs  ou 
les  campagnes  voisines  ;  les  plus  compro- 
mis, sous  divers  déguisements,  essayaient 
de  gagner  la  Savoie. 

Le  chevalier  deGuer  fut  au  nombre  des 
fugitifs.  Il  se  dirigeait  vers  Pont-de-Beau- 
voisin,  par  la  route  de  Bourgoin.  Parvenu 
à  Saint-Laurent-dc-Mure,  à  une  petite 
distance  de  Lyon,  il  aperçut,  entre  les 
mains  des  gardes  nationaux,  qui  venaient 
de  l'arrêter,  un  gentilhomme  lyonnais, 
le  chevalier  de  Silans,  capitaine  de  vais- 
seau, marié  à  une  bretonne,  Yvonne  de 
Botdéru.  Payant  d'audace,  l'ex-président 
au  Parlement  de  Rennes  harangua  la 
milice  villageoise,  et  réussit  à  faire  relâ- 
cher le  mari  de  sa  compatriote.  Lui-même 
poursuivit  son  chemin,  sans  être  inquiété 
{Docum.  inéd.  ). 

Vers  les  premiers  jours  de  janvier  1791, 
le  chevalier  de  Guer  se  trouvait  dans  le 
Languedoc.  11  avait  sans  doute  l'intention 
de  se  joindre  aux  contre-révolutionnai- 
res, du  Midi,  au  moment  où  le  comte 
d'Artois,  qui  partait  pour  Vienne,  se  se- 
rait assuré  le  concours  de  l'empereur 
Léopold  II.  Mais  les  royalistes  du  Viva- 
rais,  las  d'attendre,  se  soulevèrent  avant 
l'heure,  et  le  mouvement  partiel  n'abou- 
tit qu'à  un  échec. 

L'histoire  de  ces  premières  tentatives 
de  Contre-Révolution  sera  prochainement 
racontée  en  détails. 

Quant  au  chevalier  de  Guer,  s'il  passa 
*<  aux  eaux  de  Spa  »  les  mauvais  jours  de 
la  Terreur,  il  reparut  à  Lvon  peu  après 
Thermidor.  On  l'y  voit  de  nouveau  cons- 
pirer, en  179s  et  1796.  Jusque  sous  le 
Consulat,  l'entêté  Breton  jouera  sans  ré- 
pit, son  rôle  d'agent  royaliste  il  mourra, 
peut-être,  de  lefîctfidrement  de  ses  rêves, 


556 


à  l'heure  où  Bonaparte  escaladera  les  mar- 
ches du  trône. 

Emmanuel  Vingtrinier. 

Le  pupitre  de  madame  de   Gen- 

lis  (LXVl,  48s).  —  j'ai  entendu  souvent 
conter  par  mon  père  qu'unedame.  veuve, 
je  crois,  du  maréchal  Dode  de  la  Brunerie 
mort  en  1851,  écrivait  ainsi  fréquemment, 
sur  ses  genoux,  et  qu'il  en  résultait  des 
lignes  d'une  obliquité  ascendante  accen- 
tuée. Sglpn. 

« 

Je  ne  sais  pas  précisément  s'il  a  été  une 
habitude  générale  d'écrire  à  la  manière  de 
Madame  de  Genlis.  L'usage  cependant  a 
existé  aussi  en  Allemagne.  Les  amateurs 
d'autographes  savent  que  toutes  les  lettres 
d'Alexandre  de  Humboldt  sont  écrites  en 
direction  oblique  :  c'est  parce  que  l'auteur 
du  Kosmos  aimait  à  mettre  sur  ses  genoux 
la  feuille  à  laquelle  il  voulait  confier  sa 
missive. 

JOACHIM  KÙHN. 

RandoadePully(LXVl,  5,  314).  - 
Je  conserve  dans  mes  papiers,daté  du  7  mars 
1838,  le  transport  à  M  Guillaume-Raoul 
Randon  de  Pully,  propriétaire,  demeurant 
aux  Graines  VailUérescommune  de  Saint- 
Sauveur-la-Foucaudière,  près  de  Châtelle- 
rault  (Vienne),  d'une  rente  annuelle  et 
perpétuelle  de  296  fr.  25,  à  capital  de 
5.925  fr.  (6000  livres  tournois),  faisant 
partie  d'une  plus  forte  rente  due  par 
Mme  Marie-Renée-Sophie  Fournier  de 
Boisairault,  veuve  de  M.  Charles-Marie- 
Jean- Baptiste  Daubery,  demeurant  à  Poi- 
tiers, rue  de  la  Comédie,  qui  en  avait  été 
chargée  par  l'acte  de  vente  à  elle  faite  par 
M.  Charles-Pierre  Le  François  Descourtis, 
marquis  de  la  Groie,  et  dame  Agathe- 
Louise-Renée  Sahuguet  Amarzit  d'Espa- 
gnac,  son  épouse  non  commitie  en  biens 
avec  lui,  demeurant  en  leur  terre  de  Lan- 
donnière.  commune  de  Saint-Maurice, 
canton  deGençay,  .-irrondissemcnt  de  Ci- 
vray,  et  Dlle  Àntoinette-Dieudonnée  Le- 
françois  Descourtis,  demeurant  au  même 
lieu,  du  fond  et  superficie  de  la  Forêt  de 
la  Groie  qui  s'étend  dans  les  communes 
de  Laigny,  (Jiré,  Ingrande,  Dangé  et  au- 
tres, circonvoisines,  arrondissement  de 
Chàtellerault. 

A  cette  même  famille  appartenaient  : 
a)Jeanne-Pauline-Louise  Randon  dePul- 


LA  COMTESSE  DE  GENLIS 
et  son  pupitre 


Voir  Intermédiaire.  LXVI,  Colonne  556 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Octobre  191» 


557 


558 


ly  mariée  :  1°  à  Jean  Louis-Henri,  comte 
Greffulhe  ;  2°  par  contrat  du  1 1  octobre 
1821,  à  Pierre  Raymond-Hector  d'Aiibus- 
son,  dit  le  comte  de  la  Feuillade,  Cham- 
bellan de  l'Impératrice  Joséphine,  ambas- 
sadeur à  Naples  en  1807,  pair  de  France, 
etc.,  etc. 

Elle  est  morte  à  Paris  le  21  mai  1859, 
âgée  de  83  ans. 

b)  William-Enguerrand  Randon,  comte 
de  Pully,  mort  en  juillet  1892,  petit-fils 
du  lieutenant  général  de  ce  nom,  comte  de 
l'Empire  (12  novembre  1809),  et  époux  : 
en  premières  noces  de  Laure-Marie  de 
Voyer  de  Paulmy  d'Argenson,  morte  au 
château  de  Puygirault  (commune  de 
Saint-Pierre-de-M.aillé,  Vienne)  le  23  dé- 
cembre 1852.  d'où  Charles-Marc  Randon, 
vicomte  de  Pully,  décédé  à  Paris  le  24  no- 
vembre 1909  sans  postérité  ;  —  et,  en 
secondes  noces,  de  Marie-Caroline  Clai- 
ret, veuve  depuis  1858  de  Jacques-Charles 
Lecoigneux,  marquis  de  Bélàbre,  morte  à 
Puygirault  le  19  septembre  1905.  De 
cette  dernière  union  étaient  nés  trois  en- 
fants, dont  Jeanne-Marie-Geneviève  Le- 
coigneux de  Bélàbre  mariée  enjanvier  1870 
â  Charles-Marc  Randon  de  li  Uy  sus- 
nommé. 

Les  Randon  de  Pully  portaient  :  d'aptr 
à  la  fasce  d'or  (alias  d'argent) chargée  d'un 
cœur  de  gueules,  accompagnée  en  chef  de 
deux  gerbes  d'or  et  en  pointe  d'une  ancre 
d'argent. 

Les  Randon  d'Hannecourt  et  les  Ran- 
don du  Lauloy  étaient  de  la  même  famille 
puisqu'on  retrouve,  à  part  de  légères  va- 
riantes dans  les  émaux,  les  mêmes  meu- 
bles dans  leurs  armes. 

Mais  il  est  à  noter  que  celles  des  Ran- 
don de  Massane,  aussi  en  Poitou,  et  des 
Randon  de  la  Randonnière  différent  et  se 
décrivent  :  Echiquete  d' or  et  d'a:(ur,  de  12 
pièces  ;  à  une  tige  de  trois  lis  de  jardin  au 
natuiel,  brochant  sur  le  tout.  —  Différentes 
encore  celles  des  Randon  de  Groslier  (ou 
GroUiet)  et  des  Randon  du  Thilqui  sont  : 
d'or,  à  l'arbre  d'azur,  et  au  renard  d'ar- 
gent brochant  sur  le  tout. 

Pierre. 

Où  est  enterré  le  maréchal  de 
Villars  (LXVI,  42,  158,  247,  417). 
—  Javais  accepté,  sans  la  contrôler,  la 
note  parue  dans  VEcho  de  Paris  et  repro- 
duite dânsV Intermédiaire  (LXVI,  158)  con- 


cernant les  descendants  du  maréchal  de 
Villars.  D'après  cette  note  le  fils  du  vain- 
queur de  Denain  aurait  eu  de  sa  femme 
Amable  Gabrielle  de  Noailles,  une  fille, 
Amable  Angélique,  mariée  au  comte  d'Eg- 
mont. 

La  vérité  est  quelque  peu  différente. 

La  comtesse  d'Egmont,  bien  que  por- 
tant le  nom  de  Villars,  était  en  réalité  la 
fille  illégitime  de  la  duchesse  de  Villars 
née  Noailles  et  du  chevalier  d'Orléans, 
enfant  bâtard,  puis  légitimé,  que  le  Ré- 
gent avait  eu  de  Mlle  de  Séry,  comtesse 
d'Argenton. 

Voici  du  reste,  ce  que  raconte  Madame 
Duhausset  dans  ses  Mémoires  (p.  199,  Ed. 
Baudoin)  concernant  la  comtesse  d'Eg- 
mont, comme  le  tenant  de  Mme  de  Pom- 
padour  : 

Le  dernier  comte  d'Egmont  avait  épousé 
la  fille  du  duc  de  Villars,  mais  la  duchesse 
n'avait  jamais  habité  avec  son  mari,  et  la  com- 
tesse d'Egmont  est  fille  du  chevalier  d'Or- 
léans. A  la  mort  de  son  mari,  belle,  jeune,  ai- 
mable et  héritière  d'une  immense  fortune 
elle  étoit  l'objet  des  voeux  de  tout  ce  qu'il  y 
avoit  de  plus  distingué  à  la  Cour.  Le  direc- 
teur de  la  mère  de  la  comtesse  d'Egmont  en- 
tra un  jour  chez  elle  et  lui  demanda  un  en- 
tretien particulier  ;  alors  il  lui  révéla  qu'elle 
étoit  le  fruit  d'un  adultère  dont  sa  mère  fai- 
soit  depuis  vingt-cinq  ans  pénitence.  Elle  ne 
pouvoit,  dit  le  directeur,  s'opposer  à  votre 
premier  mariage  dont  elle  a  gémi  ;  Dieu  n'a 
pas  permis  que  vous  ayez  eu  des  enfants  ; 
mais,  si  vous  vous  remariez,  vouscourez,  Ma- 
dame,le  hasard  de  faire  passer  dans  une  famille 
étrangère  des  biens  immenses  qui  ne  vous  ap- 
partiennent pas  et  qui  sont  le  produit  du 
crime. 

Madame  d'Egmont  écouta  ce  détail  avec 
terreur.  Sa  mère  entra  au  même  instant,  fon- 
dant en  larmes  et  demanda  à  genoux  à  sa 
fille  de  s'opposer  à  sa  damnation  éternelle. 

Madame  d'Egmont  tâchoit  de  rassurer  sa 
mère  et  elle-même  et  lui  dit  :  ■<  Qiie  taire?  » 
Le  directeur  lui  répondit  :  «  Vous  consacrer 
entièrement  à  Ûieu  et  effacer  ainsi  le  péché 
de  votre  mère.  » 

La  comtesse  qui  étoit  tout  effrayée  promit 
ce  qu'on  exigeoit  et  forma  le  projet  d'entrer 
aux  Carmélites.  J'en  fus  instruite  ajoute 
Mme  de  Pompadour,  et  je  parlai  au  Roi  de 
la  barbarie  que  la  Duchesse  et  le  Directeur 
exerçoi.;nt  sur  cette  malheureuse  femme, mais 
on  ne  savoit  comment  l'empêcher.  Le  Roi, 
plein  de  bonté,  engagea  la  reine  à  lui  offrir 
une  pince  de  Dame  du  Palais,  fit  parler  alors 
adroitement  à  la  Duchesse  par  ses  amis  pour 
qu'elle  détournât    sa  fille    d'entrer  aux   Car- 


M»    1344.     Vol.  LXVI, 


^59 


LINTBRMÈDIAIRB 


milites.  Tout    fut  inutile  et  la   malheureuse 
victime  fut  sacrifiée. 

Certes,  il  est  incontestable  que  la  pau- 
vre comtesse  n'était  pas  du  tout  obligée 
de  s'enterrer  dans  un  cloître,  surtout  en 
faisant  choix  d'un  ordre  aussi  austère  que 
celui  des  Carmélites,  mais  la  pécheresse 
impénitente  qu'était  la  Pompadour  était- 
elle  bien  qualifiée  pour  apprécier  ce  qu'il 
convenait  de  faire  dans  une  situation  aussi 
délicate  ? 

Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  que  ni 
dans  le  testament  du  dernier  Villars,  en 
date  d'octobre  1764.  ni  dans  les  deux  co- 
dicilles qui  suivirent, il  n'est  question  de 
la  comtesse  d'Egmont  et  qu'il  est  à  peine 
fait  mention  de  la  Duchesse  sa  mère  dans 
ce  même  testament  et,  seulement,  en  rai- 
son de  son  douaire. 

Néanmoins,  par  son  codicille  du  29 
avril  1769,  codicille  dont  c'est  le  princi- 
pal objet,  le  Duc  lègue  à  celle  qui  porte 
son  nom,  les  deux  tiers  d'un  domaine  en 
Provence,  part  qu'il  estime  valoir  70.000 
livres.  C'était  peu  de  chose,  vu  l'énorme 
ortune  du  duc  de  Villars,  prince  de  Mar- 
i  gués,  marquis  de  la  Nocle,  et  cela  était 
donné  dans  une  forme  bien  sèche  :  «  Je 
^  donne  et  lègue  à  madame  la  Duchesse 
de  Villars,  mon  épouse,  etc.  »  Mais,  sans 
doute,  l'indulgente  pitié  du  testateur,  si 
7ong  qu'eût  été  le  repentir  de  la  malheu- 
reuse, ne  crut  pouvoir  faire  davantage. 

S.  G.  L. 


Col.  417,  ligne  17,  il  faut  lire  :  «  Eléo- 
nore  de  Choiseuil  Traves  et  non  Trades.A 
la  fin  du  même  article,  il  faut  lire  encore 
Charles-François  Elzéar,  marquis  de 
Vogué,  mort  le  15  septembre  1782,  est  le 
trisaïeul  du  marquis  actuel. 

S.  G.  L. 


Villoteau(LXVl,42,  358,  508).  —  M. 
G.  Lantz  annonce  deux  lettres,  mais  n'en 
donne  qu'une.  La  seconde  sera  sans  doute 
reproduite  dans  un  prochain  numéro. 
Fctis,  à  qui  s'adresse  la  lettre  du  9  dé- 
cembre 182,,  s'en  est  servi  pour  rédiger 
l'article  ydloteaii  dans  sa  Biographie  uni- 
venelle  des  mu^iciem^  où  il  en  donne  même 
un  fragment  textuel. 

G.  Allix. 


560     . 

Voir  la  seconde  lettre  : 

Paris        Juillet  {§31 
Monsieur 

La  lettre  que  vous  m'ayez  fait  l'honneur 
de  ni'adresser  h  Tours  il  y  a  quelques  années, 
m'a  fait  concevoir  tout  ce  que  j'aurais  à  ga- 
gner en  faisant  votre  connaissance,  et  je 
m'empiesse  de  vous  annoncer  que  je  suis 
arrivé  à  Paris  où  je  resterai  peu  de  tems.  Je 
désire  beaucoup  de  profiter  de  cette  occasion 
pour  avoir  avec  vous  une  et^trevue  concertée 
réciproquement  ;  car  ne  ni'arrétant  presque 
pas  à  l'Hôtel  d'Amiens  rue  des  'V'ieujf  Augus- 
tins  où  je  demeure,  l'pn  m'y  trouverait  dif- 
ficilement si  je  n'étais  prévenu  d'avance  que 
quelqu'un  doit  venir  m'y  trouver  tel  jour  et 
h  telle  heure. 

J'ai  apporté  avec  moi  un  ouvrage  manus- 
crit que  je  compte  livrer  à  l'impression  in- 
cessamment ;  il  a  pour  objet  la  démonstra- 
tion rigoureuse  et  mathématique  de  la  pro- 
priété expressive  des  sons  naturels  de  la  voix 
en  ce  qui  concern»  les  divers  arts  du  ressort 
de  cet  organe  et  des  inst^Umens  de  musique, 
par  conséquent  en  tout  ce  qui  appartient  au 
chant,  à  la  récitation  poétique,  à  la  déclama- 
tion, à  la  prononciation  et  à  l'élocution  ora- 
toire, au  simple  discours,  à  la  conversation, 
à  la  lecture  à  h^ute  voix  et  enfin  à  la  musi- 
que instrumentale.  Je  n'emploie  d'autre^ 
raisqnnemens  que  ceux  de  l'expo^ifion  et  de 
l'explication  des  faits  eux-même§,  constatés 
par  l'expérience  de  chacun  et  qu'on  peut 
avoir  occasion  d'observer  et  de  vérifier  pres- 
que à  chaque  instant  du  jour.  Mon  ancien 
ami  Lesueurqui  a  lu  ce  travail  en  a  saisi  par- 
faitement l'ensemble  et  les  détiils  ;  il  en  a 
senti  toute  l'importance  ;  car  ce  travail  ne 
tend  à  rien  moins  qu'à  rétablir  entre  la  mu- 
sique, l'art  oratoire,  les  scjences,  la  philosp- 
phie,  la  morale  et  la  politique  toutes  conr 
naissances  où  elle  entra  jadis  comme  partie 
intégrante.  En  effet,  comme  toutes  ces  coi: 
naissances  n'existent  que  par  l'homme  e 
pour  l'homme,  elles  exigent  nécessairement' 
pour  être  bien  comprises  et  devenir  profita 
blés  que  l'on  fasse  une  étude  particulière  d^ 
l'homme  ;  et  quel  autre  moyen  peut  êtr® 
plus  favorable  à  cette  étude  que  la  connais" 
sance  exacte  du  langage  des  passions  ?  Et  c^ 
langage  peut-il  être  intelligible  pour  celu' 
qui  ignore  absolument  la  propriété  expressive 
des  sons  natureh  de  la  voix  *"  Aussi  combien 
de  mauvais  orateurs  !  combien  de  chanteurs 
extravagants  !  combien  de  compositions  mu- 
sicales insignifiantes  !  Mais  le  mal  est  assez 
connu,  il  fallait  chercher  le  remède  et  jp 
crois  l'avoir  découvert  et  assez  clairement  in- 
diqué :  On  en  jugera.  Excusez  s'il  vous  plait 
mon  bavardage  ;  car  quoique  déjà  fort  vieux, 
je  suis    encore  tout    artiste  :  je    sens    et    je 


i 


DES  CHERCHEURS   ET  CURIEUX 


30  Octobre  içts 


561 


562 


m'ëmeus    prohlptcment    lorsque    les   choses 
m'ihtéresseht. 

J'attends  votre  réponse  avec  un  vif  désir  et 
vous  prie  de  croire  à  la  haute  estime  avec 
laquelle  je  suis 

Monsieur 

Votre  très  humble 

et  très  obéissant  serviteur 

ViLLOTEAU 

A  Monsieur 
Monsieur  Fétis 
bibliothécaire  de  l'Ecole  Royale 
de  musique  et  de  Déclamation 
lyrique 

A  Paris. 

P.  c.  c.  G.  Lantz. 


Archevêque  de  Rhodes  (LXVI, 
437).  —  Le  siège  archiépiscopal  de  Ko- 
lossi  (île  de  Rhodes)  fut  occupé  de  1475  à 
1 506  par  un  nommé  Marc,  dont  on  ignore 
la  famille  (jÉ'Mè^/,  II,  148). 

D.  A. 

Ces  armés  appartiennent  à  Pierre  d  Au- 
busson,  grand-maître  de  l'Ordre  de  Saint 
Jean  de  Jérusalem  (1476-1505).  Elles  se 
blasonnent  :  Ecartelé  :  aux  l  et  ^  de 
l'Ordre  :  De  gueules  à  la  croix  d'argent; 
aux  2  et  3  d'Aubusson  :  D'or  à  la  croix 


ancrée  de  gueules. 


P.  leJ. 


Les  armes  de  la  maison  d'Aubus- 
son sont  ;  d'or  à  la  croix  de  gueules  ancrée. 
Pierre  d'Aubusson,  dit  le  Bouclier  de 
VEglise,  de  la  maison  de  la  Feuillade 
(1423  H-  15015),  se  fil  recevoir  chevalier  à 
Rhodes,  fut  élu  grand-maître  en  1476  et 
devint  cardinal-diacre 

F.  }acotot. 

Aigle  au  vol  éployé,  question  hé- 
raldique (LXVI,  289,  462).  —  Puisque 
M.  S.  G.  L.  cite  le  P.  Ménestrier,  je  me 
permettrai  de  lui  donner  la  définition 
tournie  par  cet  auteur  lui-même  :  «  De 
tous  les  oiseaux,  le  plus  commun  dans  le 
blason,  est  laigle.  S'il  a  deux  têtes  il  est 
éployé.  Nouvelle  méthode  raisonnée  du 
Blason  Lyon,  Bruyset-Ponthus,  1770, 
p.  147).  Il  ne  faut  pas,  en  héraldique, 
prendre  pour  évangile  les  blasons  gravés, 
les  artistes  ayant  commis  de  nombreuses 
erreurs.  D'or  à  Vaigle  de  sable,  au  chef 
parti,  ne  signifie  pas,  comme  le  croit  M. 
S.  G.  L.  que  l'aigle  a  deux  tétés,  car  la 


tête  d'un  aigle  ne  se  nomme  pas  chef  ;  en 
outre  le  terme  parti  correspond  à  une  di- 
vision en  deux  par  une  ligne  verticale  et 
non  au  dédoublement  d'une  pièce  ou 
d'un  meuble. 

Je  suis  pleinement  d'accord  avec  la  ré- 
ponse de  M.  du  Roure,  sauf  en  ce  qui 
concerne  l'indication  concernant  le  pla- 
cement des  pièces  dans  un  éeu  ;  c'est 
lorsque  les  pièces  ou  meubles  sont  placés 
I  et  2  que  cette  disposition  anormale  doit 
être  signalée,  et  non  lorsqu'ils  sont  pla- 
cés normalement  c'est-à-dire  2  et  i, 

NlSIAR. 

* 

*  » 
M.  le  baron  du  Roure  de  Paulin,  qui  à 

publié  plusieurs  ouvrages  héraldiques  es- 
timés, a  commis  une  erreur  qu'il  est  à 
peine  besoin  de  relever,  la  plume  ayant 
sûrement  travesti  sa  përisée.  Trois  meu- 
bles dans  un  écu  se  posent  2  et  i  (posi- 
tion normale  que  1  'on  ne  doit  pas  bla- 
sonner)  et  non  1  et  2,  que  l'on  désigne 
par  le  terme  mal  ordonnés. 

Je  ne  comprends  pas  qu'on  puisse  citer 
le  P.  Ménestrier  comme  référence  en  ma- 
tière héraldique.  Ge  fut  un  auteur  néfaste 
et  les  éditions  successives  de  sa  Méthode 
raisonnée  du  Blason  ont  empoisonné  le 
xviii*  siècle,  préparant  ainsi  la  décadence 
dé  l'art  héraldique. 

Palliot  le  Jeune. 

Armoiries  sur  un  livre  de  1671 

(LXVI,  437).  —  Les  Béthune-Charost 
portent  d'argent  à  la  fasce  de  gueules.  Le 
deuxième  quartier  des  Béthune-Sully  est 
d'a{ur  semé  de  fleurs  de  lys  d'or.  II  est 
donc  fort  probable  que  ce  fer  de  reliure  a 
appartenu  à  un  membre  de  la  famille  de 
Béthune,  qui  a  compté  douze  officiers  des 
Ordres  du  roi.  En  recherchant  des  allian- 
on    trouvera   les   armes   du   second 


ces, 
écii 


NlSlAR, 


Lé  premier  écu 
bre  de  la   famille 


appartient  a  un  mfehi- 
des  Béthune  de  Sully. 
Les  I  et  3  sont  les  armes  de  famille  ;  les 
2  et  3  doivent  se  lire  :  D'azur  semé  de 
fleurs  de  lis  d'of^  ;  à  la  tour  d'argent  bro- 
chante sut  le  tout.  Ces  armes  furent  don- 
nées par  Henri  IV  à  son  fidèle  Maximilien 
de  Sully,  lorsqu'il  érigea  en  sa  faveur  la 
principaulé  souveraine d'Hennchemont et 
Boisbelle,  dans  le  Berry.  P.  le  J. 


N'  1344,  Vol, 


LXVI. 


L'INXaKMBDlAIRE 


Les  d'O,  seigneurs  de  Franconville,  de 
Menou  etde  Courteille,  portent  :  J'heimt- 
nes  au    chef  ou  dentelé  de  gueules. 

NlSlAR. 

Armoiries  de  Paris  en  écartelé 

(LXVI,   437).  —  Ce  sont  les  armoiries  de 
l'Université  de  Paris. 

Comte  Pasini  frassoni. 
Mêmes  réponses  :   P.  leJ.  ;  Nisiar. 

Armes  à  déterminer  :  trois 
abeilles  (LXVL  437).  —  Les  familles 
qui  portent  j  abeilles  d'or  sur  a^ur  sont  : 
Barberini,  Brugières,  Melet  de  Saint-Mar- 
tin, Portière  de  Beaujours,  Regnon  de 
Chaligny  et  Simon. 

(Rietstap,   Armoriai  général.) 

NlSIAR. 

•  * 

Ne  serait  ce  pas  les  armes  de  l'illustre 
famille  italienne  des  Barberini  (dont  un 
pape),  qui  blasonne  :  D'a:(ur  à  trois 
abeilles  d'or  ? 

je  ne  connais  pas  en  Bourgogne  de  fa- 
mille portant  des  armes  semblables 

P.   LE  J. 

Ex-libris  à  déterminer  :  Trois 
têtes  de  paon  (LXVI,  392).  —  Appar- 
tient a  la  famille  Ponnat,  en  Dauphiné. 
Un  autre  ex-libris  anonyme  de  cette  fa- 
mille, porte  les  armes  de  Ponnat  écarte- 
lées  de  celles  de  Garcin  de  Larnage  : 
Ecartelé  d'azur  et  d'or  ;  à  la  fasce  d^ ar- 
gent, brochante  sur  l'écattelé  et  chargée  de 
trois  molettes  de  sable. 

P.  LEj. 

Deux  familles  portent  d'or  à  ^  têtes  de 
paon  d'azur  :  Marchant  de  la  Châtelaine 
et  Ponat  ou  Ponnat.  Rietstap  dit  ces  Mar- 
chant francomtois. 

J'ajoute  pour  eux,  que  le  Nobiliaire  de 
Franche- Comte  par  de  Lurion  dit  que  les 
têtes  de  paon  sont  de  sable,  avec  filiation 
du  XV*  siècle  à  1858.  La  Chesnaye  des- 
Bois,  lui,  dit  les  tètes  de  sinople. 

Petracorensis. 

Un  ex-libris  inconnu  (LXIil,303j. 
—  C'est  la  marque  de  j.  Liber,  l'auteur 
des  Pantagruélique*. 

Gramadoch. 


564 

Plaque  de  garde-chasse  du  XVIII» 
siècle.  Armes  à  identifier  (LXVI, 
438).  —  La  description  donnée  par  M. 
M.  H.  B.  n'est  pas  compréhensible,  hé- 
raldiquement  parlant.  D'argent...  accom- 
pagné d'argent. ..  et  accompagné  de  trois 
coqs  n'a  aucun  sens. 

NlSlAR. 

«  Quo  non  ascendam  >  ou  «  as- 
cendit  »  (LXVI,  283,923).  — LaMevise  de 
Fouquet  était  Quo  non  ascendam. 

B.  —F. 

La  curieuae  épitaphe  du  cha- 
noine Vital  d'Ardengost  (LXVI,  342, 
406).  —  L'  \nscn^\\ox\  Hic  j  acet  intumba... 
m'est  depuis  longtemps  connue.Je  l'ai  lue 
tant  de  fois  sur  les  murs  du  cloître  atte- 
nant à  la  cathédrale  de  l'antique  évèché 
de  Comminges  (500)  !  Le  regretté  baron 
d'Agos  s'en  est  fort  savamment  occupé 
dans  son  ouvrage  sur  saint  Bertrand  . 
l'en  pourrais  donner  Ta  tradu'-tion,  mais 
le  confrère  j  -W.  a  tout  intérêt  à  recourir 
à  la  ^' ie  et  miracles  de  saint  Bertrand , 
avec  une  notice  historique,.,  par  Louis 
de  Fiancette  d'Agos,  Saint-Gaudens  , 
1894.  in-i2  que,  malheureusement  je  n'ai 

plus  à  ma  disposition.  F. 

• 

•  * 
Je  ne  sais  si,  pour  décacher  le    sens  de 

cette  épigraphe,  je  suis  un  «  savant  lati 
niste  »,  mais  il  m'a  l'apparoir  assez  fa- 
cile à  expliquer.  Pour  ce,  je  cuide  qu'il 
ne  faut  pas  s'en  tenir  à  la  signifianse 
strictement  littérale  de  certains  mots, 
mais  à  un  sens  en  rapport,  ainsi  que  cela 
arrive  moultes  fois.  Il  y  a  un  jeu  de  mots 
d'une  ironie  macabre  sur  le  parfum  de  la 
rose  du  monde  et  celui  qu'elle  exhale  de- 
venue cadavre  : 

Ici  git  dans  la  tombe  une  rose  du  monde, 
non    une    rose  pure. 

Elle  n'exhale  pas  de  parfum.,  mais  elle 
sent  ce  quelle  a  coutume  de  sentir. 

B.  -F. 

Poésie  monosyllabique.  (LXIII  ; 
LXIV  ;  LXV  ;  LXVI.  123,  2^^,468).  —  Il 
va  sans  dire  qu'au  lieu  de  terre,  il  faut  lire 
une.  Je  n'ai  pas  eu  l'occasion  de  revoir  les 
épreuves.  JoACHiM  KÙHN. 

Indiculus  universalis  (LXVI,  440). 
—  L'indication  donnée  par  Fr.Noél  relati- 


DE^  CHKRCHhURS 
Ç65 


vementau  Diction); aire  français  latin  qui 
avait  admis,  selon   lui,  trop  de  néologis- 
mes,   n'est   pas  1res  précise  ;   au   moins 
dans  sa  3«  édition,  que  j"ai  sous  les  yeux. 
Il  l'appelle  d'abord  »<  le  Dictionnaire  publié 
par  M.  Villiers,   de   l'Oratoire  »  et   plus 
loin  :  «  la  dernière   édition    de  Lallemant 
par  M.  Villiers  >*  ;  et  il  en  indique  la  date  : 
18015     II  s'agirait   donc  d'une   édition  re- 
maniée  du   Dictionnaire  publié   d'abord  à 
Rouen   en    1760  (d'après  Vapereau).  par 
Lallemant,  sous  ce  titre  :  Le  petit  apparat 
royal    ou    Nouveau    dictionnaire   français- 
latin,  ouvrage  adopté  au  xviii»  siècle  par 
l'Université   de    Paris,    et    plusieurs   fois 
réimprimé.  Ibère. 


«  « 


Il  s'agit  sans  doute  de  l'ouvrage  sui- 
vant :  «  Indivclvs  vniversalis  Rerum  fere 
omnium  qu«  in  Mundo  sunt,  Scientiarum 
item  Artiumque  nomina  Apte  breuitenjue 
colligens.  L'Vnivers  en  abrégé,  Où  sont 
contenus  en  diuerses  Listes  presque  tous 
les  Noms  des  Ouurages  de  la  Nature,  de 
toutes  les  Sciences,  et  de  tous  les  Arts, 
auec  leurs  principaux  Termes,  Par  le  P.' 
F.  P.  de  la  Compagnie  de  lesus.  A  Lyon, 
chez  Antoine  Molin.  M.D.C.  LXVl'l.  » 
(In- 12,  pp.  276,  sans  les  dédicaces  et  les 
liminaires.  Dédié  au  Dauphin). 

Les  initiales  F.  P  désignent  le  jésuite 
François  Pomey  (1618-1673),  natif  de 
Pernes  (Vauclusej,  longtemps  professeur 
d'humanités  et  de  rhétorique,  puis  préfet 
des  études  au  collège  de  Lyon,  où  il  mou- 
rut âgé  de  55  ans.  Cet  Indiculm,  de  1672 
à  1703,  fut  souvent  réédité  ou  réimprimé, 
a  Lyon  surtout  mais  aussi  a  Liège, 
Rouen,  Douay,  Toulouse,  Bordeaux,  Châ- 
lons  (1692,  pp.  486),  Limoges,  Pau.  11 
fut  traduit  en  italien  (1680).  flamand,  an- 
glais, allemand,  portugais,  espagnol,  et 
même  en  chilien.  (Voir  pour  le  détail  : 
Sommervogel,  Bibliothèque  de  la  Compa- 
gnie de  Jésus,  t.  VI,  col.  986-9,  n°  13).  En 
',7.54-'55,  l'abbé  Dinouart  en  publia  une 
édition  «  corrigée,  augmentée  et  mise  dans 
un  nouvel  ordre  »  (Paris,  pp.  520). 

Dasserc. 

[  Même  réponse  :  F.  B.  (qui  a  la  bonne 
grâce  de  mettre  son  exemplaire  à  la  dispo- 
sition de  l'intermédiairiste  qui  le  désire- 
rait) ,  G.  0.  B.  ;  Boghaert-Vaché;  Deher- 

MANNI. 


HT  CUiUBUX  30  Octobre    191a 

566 

Les  Mocos  et  la  Mocotie  (LXV, 
S96).  —  Voici  l'explication  que  donne 
Mistral  dans  lou  Trésor  don  Felibrige  : 

Comme  les  Provençaux  emploient  fré- 
quemment la  locution  'm'  acd  —  {emi  acà, 
avec  cela,  ensuite)  —  qu'ils  prononcent 
quelquefois  'm'  ocb,  les  marins  des  ports  de 
l'Océan  désignent  par  le  sobriquet  de  mocb 
les  Provençaux  du  littoral  et  ceux  de  Toulon 
en  particulier.  Les  officiers  de  marine  pré- 
tendent que  le  matelot  mocô  est  incivilisé, 
raisonnear  et  peu  disciplinable. 

Les  Toulonnais  sont  encore  appelés 
manjopoupre,  mangeurs  de  poulpes. 

D'Heuzel. 

La  ((  hanche  ^^  du  lièvre  et  du 
perdreau  (LXVI,  439^.  —  M.  A.  d'E... 
n'aurait-il  pas  dû  entendre  la  «  ranche  > 
au  lieu  de  *'  hanche  ?  »  En  Bourgogne, 
ranche  veut  dire  sillon,  piste,  rang,  ran- 
gée. Bibl  Mac. 

Guilhem  (LXVI,  95,  225,  373).  ~ 
Une  famille  Gudhem  originaire  du  Lan- 
guedoc existait  au  Moyen  Age  ;  elle  alla 
habiter  en  Bretagne.  .  Elle  avait  pour  de- 
vise : 

Tel  cret  guilha  Guilhem,  que  Guilhem 
le  guilho . 

Tel  croit  vaincre  Guilhem,  c'est  Guil- 
hem qui  le  vaincra. 

Guilhem  ou  Guilhem  signifie  vainqueur  ', 

C'est  la  souche  de  Wilhelm  et  de  Guil- 
laume. 

G.  DE  Marolles. 

Chanson  bretonne  :  t  Les  Gars  de 
Locminé  »  fLXVl,  290,  419). 

Sont,  sont,  sont,  les  Cas  de  Locminé, 

Qu'ont  de  la  maillette, 

Qu'ont  de  la  maillette, 
Sont,  sont,  sont,  les  gas  de  Locminé, 

Qu'ont  de  la   maillette 

Dessous  leurs  souliers. 

C'est  dessous  leurs  souliers  qu'il  faut 
dire,  et  non  sous.  La  mesure  n'y  serait  pas, 
d'ailleurs. 

La  maillette  est  une  monnaie  ancienne, 
qui  se  confond  avec  la  maille  C'était  une 
menue  monnaie  :  «  être  sans  sou  ni 
maille  > .  Il  y  avait,  cependant,  en  Lor- 
raine, des  mailles  d'or. 

Ce  doit  être  une  très  vieille  chanson, 
que  celle  des  Gas  de  Locminé,  et  proba- 
blement dorigine  basse-brète  ;  car  cet  air 
est  très  connu  dans  la  Bretagne  breton- 


s*  1344  Vol.  LXVI. 
1J67 


LINTBRMÊDIAIRB 


568 


nante.  Le  rythme  en  est  fort  beau,  quand,   [  l'auteur  de  la  Chartreuse  de  Parme.  Quel 


au  lieu  d'en  faire  un  air  de  danse,  on  le 
chante  un  peu  lentement,  en  le  scandant 
avec  énergie.  Alors,  la  chanson  prend  les 
allures  d'un  chant  de  guerre  ;  et  je  ne 
serais  pas  surpris  qu'à  l'origine  il  en  fut 
ainsi. 

Frédéric  Le    Gujader. 

Origine  du  nom  de  Mistinguett 
(LXVI,  194,  471).  Mlle  Mistinguett  a 
répondu  elle-même  dans  une   interview  : 

—  ...  Enfant  dès  mon  tout  jeune  âge,  je 
ne  grandis  que  plus  tard,  en  apprenant  à 
jouer  du  violon.  Un  jour,  j'ai  rencontré 
«  un  auteur  ».  qui  m'a  dit  :  «  Toi,  tu  as  le 
genre  anglais,  tu  devrais  l'appeler  miss... 
«  J'ai  justement  une  chanson...  la  Mistitt- 
gtto . ..  »  Et  c'est  en  chantant  : 

O  la  Mistinguo, 
O  là  Mistinguette  ! 

que  je  devins  Miss  Tinguette,  puis  Mistin- 
guett tout  court,  court  comme  mes  cheveux 

L.  Capet. 

Mont-Pagnotte  (LXVI,  187,  524, 
423).  —  Erratum  :  col.  427,  lire  :  genti- 
luomini. 

Tejé  (LXVI,  394,  518).  —  M.  Paupe 
a  déjà  répondu  à  ma  question,  en  termes 
identiques,  dans  le  Mercure  de  France 
(n°  du  i6  octobr^i  courant,  p.  87 2J,  et 
bien  queje  ne  sois  pasStcndhalien  -  avec 
un  grand  S  —  son  amusante  rcjionse  me, 
cause  cependant  une  douce  gaieté,  par 
l'explication  qu'il  donne  de  la  devinette, 
«  et  non  anagramme  »  contenue  dans  le 
mot  «<  tejé  >>.  je  dis  :  «  et  non  ana- 
gramme *,  car  mon  vénérable  confrère 
A.  Paupe,  bien  que  stcndhalien  —  avec 
un  petit  s,  cette  fois,  —  n'a  certaine- 
ment pas  lu  la  déHnition  de  Tanagramme  : 
«  transposition  des  lettres  d'un  mot  ou 
de  plusieurs  mots  d'une  phrase,  de  telle 
façon  que  ces  lettres  forment  un  autre  ou 
d'autres  mots  ayant  une  signification 
toute  différente  ». 

Les  anagrammatistes  auront  donc  quel- 
que peine,  malgré  toute  leur  bonne  vo- 
lonté, à  reconnaître  dans  w  tejé  »,  dont 
l'anagranmic  unique  est  «*  jelé  v»^  celle  de 
«jésuite  >  ;  et  l'ignorance  de  M.  Paupe, 
relativement  à  la  signification  exacte  du 
mot  anagramme,  leur  causera  une  douce 
gaieté,    qi»e    partagera,     dans  sa    tombe, 


dommage  que  les  manakins  noirs,  hup- 
pés ou  non,  ne  lisent  pas  le  Mercure  de 
France  ou  notre  cher  Intermédiaire  :  eux 
aussi  poufferaient  de  rire,  j'en  suis  cet- 
tain  ! 

J'habite  le  pays  de  la  galéjade  (galé- 
ger  :  gallus  agete),  et  je  suis  le  premier  à 
déplorer  mon  ignorance  coupable  de  l'au- 
tobiographie d'Henri  Beyie,  que  tout 
Français  devrait  évidemment  savoir  par 
coeur.  Cette  ignorance  — felix  cuipa  1  — 
aura  cependant  eu  pour  effet  d'apprendre 
à  un  certain  nombre  de  mes  confrères  de 
Xhdertnèdiaire.  ce  que  savent  tous  les 
stendhaliens,  mais  ce  qu'on  a  peut  être  le 
droit  d'ignorer  en  dehors  de  leur  cénacle, 
où  l'on  parait  se  complaire  à  l'aimable 
jeu  de  la  devinette,  Par  contre,  cette  même 
ignorance  m'aura  permis  d'apprendre  à 
M.  Paupe  ce  qu'est  une  anagramme. 

Nauticus, 
de  la  ttibu  des  dentirostres. 

»  ♦ 
Nauticus     qui   sait    tant    de    choses  et 

les  répand  dans  nos  colonnes,  avec  une  li- 
béralité si  généreuse,  pouvait  bien  igno- 
rer ce  que  tejé  veut  dire.  Nous  l'ignorions, 
nous  aussi, qui  avons  laissé  passer  sa  ques- 
tions. M.  Remy  de  Gourmont,  dans  le 
charmant  petit  entrefilet  qu'il  a  consacré 
à  ce  sujet,  s'en  est  aperçu  avec  indulgen- 
ce, et  nous  connaissons  trop  M.  Paiipe, 
stendhalien  fervent  et  passionné, pour  avôit* 
attaché  à  la  rectification  qu'il  a  faite  et 
qui  nous  atteint  de  surcroit,  comme 
éditeur  responsable,  un  sens  désobligeant 
qui  n'est  pas  dans  sa  manière.  C'est  dans 
cet  esprit  que  le  Mercure  de  Fiance,  qui 
est  le  miroir  lé  plus  fidèle  des  Idées  depilis 
vingt  trois  ans,  en  France,  et  qUi  ne  cesse 
de  nous  prodiguer  les  marques  de  sa  pré- 
cieuse confraternité  a  soulighé  cette  petite 
polémique.  fElle  a  eu,  du  moins,  l'avaM- 
tage  de  répandre  dans  le  public  —  car  la 
presse  s'en  est  emparée  —  ce  tejé  sigrii- 
fiant  mystérieusement  jésuite  et  qui  était 
peut-être  une  anagramme  tout  de  même 
pour   Stendhal  ]. 

Reliures  en  peau  humaine  (T.  G., 
7t)i  ;  LXVI,  12.  s 2^.)  —  Le  professeur 
Cornil  n'était  pas  le  seul  aniaienr  île  peaux 
humaines  tatouées.  Nous  lisons,  en  effet, 
dans  le  Journal  (ti"  du  8  octobre  dernier) 
sous  ce  titre  :  Les  collections  bi:(arres  : 


DJiS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30    Octobre  1913 


569 


570 


Une  respectable  dame  américaine  collec- 
tionne les  tatouages.  Elle  propose  des  som- 
mes considérables  aux  personnes  qui  portent 
sur  la  corps  la  déclaration  indélébile 
qu'«  Adèle  est  leur  bien- aimée  '•>  ou  qui 
«/a  clwise  »  est  souhaitable,  moyennant  quoe 
plusieurs  de  ces  obscurs  illustrés  ont  con- 
senti à  se  laisser  découper  le  fragment  d'épi- 
deime  révélateur. 

P .  c.  c.  F.  Bargallo. 


SlroucatUcî}  et  (Çurtoaites 

H 

g 
Les  No  ailles  rentrent  d'émigration  • 
on  leg   dépouille  de  :eurs  insignes- 

—  C'est  un  curieux  dossier  que  celui  que 
nous  publions  Nous  regrettons  que  le 
cadre  de  la  revue  ne  nous  permette  pas 
de  lui  apporter  tous  les  éclaircissements 
nécessaires. 

Nous  voyons  débarquer  à  Calais,  Louis - 
Philippe-Marc-Antoine  de  Noailles,  duc  de 
Mouchy,  prince  de  Poix,  qui  a  été  gou- 
verneur de  Versailles,  capitaine  des  gar- 
des du  roi,  maréchal  de  camp,  qui  est 
chevalier  de  la  Toison  d'or  et  grand  d'Es- 
pagne, avec  sa  femme, Anne-Louise-Marie 
de  Beauvais,  et  leur  fils  Antoine-Claude- 
Dominique-just  comte  de  Noailles,  qui 
sera  duc  de  Mouchy  et  prince  de  Poix, 
qui  deviendra  chambellan  de  Napo- 
léon i*',puis  ambassadeur  de  Louis  XVIIl 
e  n  Russie. 

Ces  personnages  sont  parmi  les  pre- 
miers gentilshommes  de  grande  noblesse, 
q  ui  crurent  pouvoir  rentrer  en  France,  à 
la  faveur  des  excellentes  dispositions  du 
C  onsulat,  qui  rouvrait  si  largement  la 
p  orte  aux  émigrés. 

Mais  l'administration  n'est  pas  débar- 
assée  de  son  personnel  jacobin  ;  et  l'un 
des  plus  représentatifs  et  des  plus  pittores- 
ques échantillons  de    cette  espèce,  est  le 
citoyen  Mengaud,  commissaire  de  police 
àBouIogne.  Son  pouvoir  nocif  est  sensible- 
ment diminué,    mais  il  peut   encore,  au 
nom  des  principes  qui  l'animent, tracasser 
ceux  en  lesquels  il  voit  des  hommes  de 
l'ancien  régime,  et   exercer  contre  la  no- 
blesse les  sarcasmes  d'un  esprit  qui  n'est 
pas  de  premier  choix. 
jB.        Les  Noailles  Poix,  à  cette  rencontre,  ne 
perdirent^que    les    insignes   de  leurs   di- 
gnités  ;    c'est  peu  de  chose  en  considé- 
ration de  ce  qu'ils  eussent  perdu,  en  de 


pareilles  circonstances,    cinq   ou   six  ans 
plus  tôt.  LÉONCE  Grasilie^. 

Le  Comm'ssaire de  Police  nu  Minière  delà 
l^olice  générale. 

Calais  30  prairial  an  8 
Citoyen  Ministre, 

Je  vous  ai  dit  dans  mon  n"  87,  qu'une  des 
raisons  qui  m'ont  empêché  de  mettre  Le 
Beigne  en  détention,  d'une  toute  autre  ma- 
nière que  j'ai  été  forcé  de  le  faire,  a  été  à 
cause  du  monde  logé  dans  la  maison  d'arrêt 
depuis  la  veille.  Voici  quel  est  ce  monde  : 

Un  soi-disant  Martin,  muni  d'un  passe- 
port de  la  fabrique  de  Jacobi  à  Londres  et 
que  j'ai  bientôt  reconnu  pour  un  ancien  offi- 
cier de  la  marine  royale  ;  ensuite,  le  com- 
mandant et  trois  matelots  d'une  espèce  de 
paquebot  qui  était  déjà  venu  ici  avec  des 
passagers  et  à  qui  il  avait  été  défendu  de  ré- 
cidiver sous  peine  d'arrestation  du  navire  et 
de  l'équipage,  ce  que  je  viens  de  faire,  en 
quoi  j'ai  été  secondé  par  le  Commissaire  de 
marine  qui  doit  en  avoir  écrit  à  son  Minis- 
tre. )e  vous  en  écrirai  plus  au  long,  sitôt 
mon  expédition  à  Boulogne  terminée. 

La  même  embarcation  nous  a  fait  le  ca- 
deau de  Philippe  Nonlles^  cx-prince  de 
Poix  ;ou  moins  se  prétendant  tel,  it  se  disant 
de  plus  rayé  sous  ce  dernier  nom,  de  la  per- 
sonne duquel  je  n'ai  pu  m'assurer  qu'au 
moyen  du  cautionnement  par  écrit  d'un  né- 
gociant. Comment  aurais-je  pu  faire  autre- 
ment ?  La  prison  ou  maison  d'arrêt  est  plei- 
ne ;  il  n'y  a  point  de  gendarmes  ici,  (ceux 
qui  ont  conduit  Duperou  n'étaient  point 
encore  de  retour)  que  le  brigadier  Pierredon, 
qui  ne  vaut  rien  ,  l'ivrogne  Dorlé  qui  a 
laissé  échapper  Duperou  et  un  autre  mauvais 
sujet,  nommé  Ravaut.  qui  pourrait  bien 
être  la  première  cause  de  la  fuite  de  Dupe- 
rou, ce  que  je  m'occupe  d'éclaircir.  C'est  ce- 
pendant ce  même  Ravaut  que  je  suis  obligé 
de  placer  chez  Le  Bègue,  n'osant  en  confier 
la  garde  aux  appariteurs  dont  il  y  aura  tout 
à  l'heure  deux  de  destitués  sur  quatre  qu'ils 
sont,  sans  qu'on  puisse  encore  voir  où  l'on 
prendra  pour  les  remplacer.  On  n'attend  que 
mon  retour  pour  renvoyer  Lamote,  celui  qui 
parait  avoir  partagé  les  sottises  du  brigadier 
Pierredon,  lors  de  la  conduite  de  Berlioz  et 
de  la  femme  Chalamet.  Je  vous  avoue  que, 
vu  le  désir  que  j'aurais  de  bien  travailler  et 
de  voir  chacun,  comme  moi,  n'écouter  que 
son  devoir,  je  me  tiouve  dans  une  situation 
fâcheuse,  Contrarié  par  un  polisson  de  com- 
mandant de  place,  gêné  par  les  petites  con- 
sidérations individuelles  des  membres  de 
l'administration,  dénué  de  l'autorité  supé- 
rieure nécessaire,  je  vous  donne  ma  parole 
d'honneur  de  l'impossiblité  où  je  suis  de 
rester  ici,  à  moins  que  la  gendarmerie,  sauf 
deux   et  le    commandant   de  place,    ne    soit 


N»  1344  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


57» 


572 


transplantée  ailleurs.  Quant  à  ce  dernier  sur 
lequel  je  vous  écrirai  plus  amplement,  rien 
de  plus  aisé.  Qu'au  nom  île  la  Constitution 
qui  fixe  un  général  de  brigade  pour  l'im- 
portante place  de  Cahis,  il  aille  végéter  dans 
sa  nullité,  là  où  elle  ne  pourra  nuire  à  la 
chose  publique.  Que  voulez-vous  qu'on  fasse 
d'un  commandant  de  place  et  de  gendarmes 
amenés  ici  par  des  intérêts  de  famille.  Ou 
ils  sont  du  pays, ou  ils  sont  mariés  avec  des 
femmes  qui  en  sont.  Ces  réflexions  seraient 
fort  inutiles  s'il  s'agissait  il'un  autre  posle 
que  Calais,  qui  semble  être  aujourd'hui  le 
pont  le  plus  fréquent  des  ennemis  de  la  Ré- 
publique. La  multitude  des  voyageurs  allant 
et  venant  sous  toutes  sortes  de  prétextes,  le 
tripotage  de  passeports  de  Jacobi  et  de 
Talleyrand,  auquel  il  parait  que  le  Ministie 
de  Danemarck  à  Londres,  s'est  associé,  la 
contrebande,  etc..  tout  semble  exiger  que  le 
service  dans  Calais  soit  fait  par  des  hommes 
probes  et  inaccessib'es  à  toute  autre  consi- 
dération que  celle  de  la  chose  publique. 

M.  le  Prince  de  Poix,  témoin  de  la  ma- 
nière dont  j'ai  fait  fouiller  le  prétendu  mar- 
chand Martin,  ancien  officier  de  la  marine 
française,  me  prenait,  me  serrait  la  main, 
voulait  m'entretenir  en  particulier,  quand  il 
s'est  apeiçu  de  la  paralysie  de  mes  affections 
morales  au  sujet  de  ces  démonstrations,  il  a 
mis  en  avant  son  nom,  ses  jadis  qualités  que 
des  lettres  de  recommandation  trouvées  sur 
lui  sembleraient  annoncer  comme  devant  en 
faire  de  rechef  l'un  des  satellites  d'une  pla- 
nète monarcliiqne  ;  moi,  de  mon  côté,  j'ai 
mis  en  avant  ces  deux  talismans  effrayants 
pour  les  gens  c jmme  il  faut  et  que  Talley- 
rand répète  tous  les  jours  du  plus  profond , 
de  son  cœur:  Libtrté,  Egalité,  nous  sommes 
tous  libres,  tous  égaux  sous  la  loi  et  par  cela 
même  elle  est  une  pouy  tous,  je  ne  connais 
qu'une  balance,  qu'une  mesure  fcn  consé- 
quence je  me  suis  permis  de  fa're  fouiller  et 
déshabiller  Monseigneur,  homme  fort  aima- 
ble d'ailleurs,  tout  comme  on  avait  fait  à 
M.  Martin,  marchand  de  soie  allant  à  Franc- 
fort-sur-l'Oder,  en  vertu  de  la  toute  puis- 
sance de  M.  Jacobi,  qui  voulait  y  envoyer 
Duperou.  Vous  me  demanderez  d'où  vient 
que  je  n'ai  pas  traité  la  principauté  comme  le 
serviteur  de  Neptune,  quant  à  la  détention. 
D'abord  I  hilippe  Noailles  ou  le  Prince  de 
Poix,  comme  on  voudra,  je  ne  le  connais 
point,  s'est  annoncé  d'une  manière  aussi 
franche  que  Lajard,  il  s'est  dit  émigré,  ren- 
trant parce  qu'il  ^e  croyait  rayé  et  je  crois 
qu'il  restera  aussi  tranquille  que  ce  dernier 
en  attendant  vos  ordres,  au  lieu  que  M.  l'offi- 
cier de  marine  nous  en  a  imposé  d'une  ma- 
nière si  évidente  que  l'administration  n'a 
pas  cru  lui  devoir  les  mêmes  égar.  s  qu'à 
Noailles  ;  et  dans  la  nécessité  de  prendre  des 
mesures  de  réclusion,  surtout  quand  le  local 


est  restreint,  il  est  toujours  plus  juste  de 
Irapper  le  coupable  que  celui  qui  n'est  que 
présumé.  Au  reste,  à  mon  retour  de  Boulo- 
gne, j'aurai  peut-être  quelques  lumières  sur 
Lajard  et  Noailles  dont  je  vous  ferai  paît.  Je 
verrai  le  C"  républicain  sous-Préfet  qui  me 
dira  probablement  quelque  chose  aussi  des 
protections  puissantes  dont  ces  MM.  m'ont 
parlé,  et  au  moyen  desquelles  on  est  sûr 
d'obtenir,  de  faire  de  grandes  choses  bien 
précieuses  pour  la  République.  Les  incura- 
bles sont  toujours  incurables.  Jusqu'à  pré- 
sent, je  n'ai  rien  trouvé  dans  les  papiers  de 
Noailles.  Il  ne  reste  plus  qu'à  examiner  le 
contenu  de  sa  malle,  ce  qui  se  fera  cette 
nuit. 

Sur  le  même  bâtiment, est  arrivé  un  M.  Ri- 
vier,  négociant  d'Aubonne,  canton  Léman  en 
Helvétie.dont  le  passeport  était  tombé  entre 
mes  mains  depuis  is  jours  et  que  je  vous 
envoie.  A  l'arrivée  de  ce  particulier,  qui  pa- 
raît être  de  très  bonne  foi  et  à  qui  il  n"a  été 
donné  un  surveillant  pour  l'accompagner  à 
Paris,  guère  que  pour  la  forme,  j'ai  soumis 
son  passeport  à  l'examen  de  l'administra- 
tion, tous  ont  été  d'accord  qu'il  portait  une 
empreinte  de  faux,  quant  à  l'écriture  à  la 
main  qui  par?it  avoir  été  placée  sur  des  ra- 
tures. Vous  jugerez  peut-être  à  propos.  Ci- 
toyen Ministre, d'en  conférer  avec  le  M.  Hel- 
vétique afin  d'éclair^ir  ce  qu'il  en  peut  être. 
En  parlant  de  passeports  me  ferez-vous  une 
réponse  sur  ceux  qui  font  l'objet  de  mon 
n°  37.  J'en  aurais  d'autant  plus  besoin  que 
je  suis  très  décidé  à  faire  ce  que  je  vous 
annonce  dans  mon  n°  83. 

J.  Mengaud. 

'Archives  nationales.  F  7.7749.  D' 5740.) 

Calais  /e""  Messidor  an  8 
L6  Maire  de  Calais 
au  Ministre  de  la  Police  générale, 
Citoyen  Ministre, 
J'ai  l'honneur  de  vous  informer  que  le  bâ- 
timent danois  le    Mercure,    capitaine  Bachu- 
sen,est  entré  le  19  dernier  en  ce  port  et  a  dé- 
barqué  les   passagers   suivants    :    F.   Martin, 
mis  dans  là    maison    d'arrêt      Rivier  et  son 
épouse,  n''gociant  d'Aubonne.  Noailles  et  son 
domestique  mis  et:  surveillance  sous  le  cau- 
tionnement du  citoyen  Becquet  de  Calais. 

Vous  recevrez  du  Commissaire  de  Police 
les  passeports  des  trois  premiers  et  divers 
renseignemer.ts  qui   les  concernent. 

Salut  et  Respect, 
Signé  Blanquart. 

(F.  7,  77^6.  D''  S726) 

Boulogne  a  Messidor  an  8, 

Le  Commissaire  de  Police  au  Ministre  de  la 
Police  Générale. 

Citoyen  Ministre, 
Préiumant,  d'après  l'expédition  d'un  cour- 


OÈS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


573 


3:  Octobre  191^ 


rier  pour  atteindre   la    malle  et  qui    a    couru 
jusqu'à  Luzarches,  que  l'ordre  concernant  les 
nommés  Butler  et    Maclet.du  28,  n'admettait 
aucun  délai,  j'ai  remis  à  mon  retour  de  Bou- 
logne à  Calaisjl'examen  des  effets  de  ceux  des 
débarqués  détenus,  dont    je  vous  parle  dans 
mes  lettres  d'hier  et  d'avant  hier.  Cependant 
au  moment  de  partir, il  a  fallu  céder  au  be- 
soin qu'ils  avaient  de  leurs  nippes  et  en  con- 
séquence je  fis  procéder  à  l'ouverture  et  per- 
quisition  des   malles.  Tous  les  papiers,  sans 
distinction,  ont  été  mis  de  côté  et  en  sûreté 
et  avec  eux  d'autres  objets  aussi  que  j'ai  cru 
devoir  déposer  à  la  municipalité   qui  m'en  a 
délivré  une  reconnaissance  et  qui  sont  la  pro- 
priété du  ci-devant  prince  de  Poix   :    i»  une 
toison  d'or  avec   son   grand   collier  et  autres 
accompagnements   tels  que   cela  se  porte  les 
jours  de  cérémonie,  2°   deux   petites  décora- 
tions idem  à  chaînettes  pour  la  boutonnière  ; 
3"  une  croix  de  St-Louis,    4"  idem  de  Malte, 
50  une   grande   pièce  (crainte   de    disett»  les 
manufactures  de   c«t  objet   n'allant  plus  en 
France)  de  plusieurs  aunes  de   cordon  rouge. 
11  ne  manquait  pour  compléter  cette  intéres- 
sante colieLtion  que  le  licou  et  le  crachat  du 
St  Esprit. 

Si,  ainsi  que  je    vous  l'ai  mandé    en  vous 
parlant   de    l'arrivée    du  seigneur  porteur  de 
ces  joujoux  qui,  matériellement, ne  valent  pas 
30  louis,  mais  qui    semblent  avoir   conservé 
leur  valeur  idéale, nous  avions  eu  du  monde, 
et  une  prison   et  moi  des   moyens   suffisants 
d'autorité,  et  quoique  avant  la  découverte  de 
ces   emblèmes  contraires    à  l'esprit  d'égalité, 
j'eusse  consenti  à  laisser  M.  de  Poix  sous  le 
cautionnement  dun  négociant,je  ne  me  serais 
cependant  pas  arrêté  à   l'éloquence  mielleuse 
de    M.    notre   Maire,  et    j'aurais   fait    coffrer 
Monseigneur  que  je  trouve  par  trop  original 
de  rentrer  sans  passeport  et  de   venir  sollici- 
ter sa  radiation  avec  de  pareils  titres. Au  reste, 
comme  pour  avoir  donné  mon  consentement 
à  la  surveillance  sous  cautionnement  et  qu'à 
cet  égard  j  ai  tort,  autant  que    notre  sensible 
et    très  respectueux    Maire,   je  vous    engage 
Citoyen  Ministre,à  nous  envoyer  une  mercu- 
riale   telle  que   nous  la  méritons  tous  deux. 
Cela  fera  qu'une  autre  fois,  dans  pareil  cas, le 
citoyen  Maire  ne   transformera  plus  les  déli- 
bérations en  séances  de  l'Institut, et  que  moins 
gêné   par   des  talents    oratoires    que  Je  n'ai 
point,  je  pourrai  abréger  et  tout  faire  décider 
strictement  au  nom  de  la  loi    et   des  princi- 
pes. En  voyant  l'étalage  de  tous  ces  précieux 
bijoux,  le  Maire  a  finement  observé  que  tout 
ce  que  Monseigneur  le  Piince  de  Poix  avait  à 
faire  de  mieux,  pour    réparer   ce  défaut   de 
prudence,  était  de  déclarer  qu'il  ne  les  avait 
conservés    qu'afin    d'en    faire    hommage    en 
preuve    de    son    républicanisme.   Un    pareil 
conseil,  tout  simple   qu'il   est,  eût    été  digne 
du  généralat  parmi  les  frères  de  Jésus.  Comme 


574 


il  ne  faut  faire  de  la  peine  à  personne,et  que 
1  ordre  entier  des  successeurs  de  jason  pour- 
rait prendre  pour  u:;e  pollution, le  maniemen- 
frëquent  que  je  ferais  des  roarques  honorifit 
ques  d'une  société  aussi  utile,  je  vous  prie  de 
donner  des  ordres  directs  à  l'administration 
sur  la  destination  de  ces  amulettes  de  la  char- 
latanerie  monaichique. 

Salut  et  fraternité, 

J.  Mengaud. 
Le  Commissaire  de  Police  au  Ministre  de  la 

Police  générale. 

Calais  5  Messidor  an  8 
CitoVen  Ministre, 

Pendant  les  deux  fois  vingt  quatre  heures 
que  j'ai  passées  à  Boulogne,  le  citoyen  Noail- 
les  ex-prince  de  Poix  a  écrit  à  l'administra- 
tion une  lettre  qu'elle  vient  de  me  commu- 
niquer, dans  laque], e  il  fait  l'offre  à  la  com- 
mune, en  faveur  des  pauvres,  des  décora- 
tions matérielles  dont  je  vous  ai  parlé  dans 
mon  n»  92.  Présumant  qu'une  destination  de 
cette  nature  ne  peut  qu'obtenir  votre  suffrage, 
j'ai  cru  devoir  consentir,  d'autant  que  ces 
objets  passeront  sous  le  marteau  pour  être 
réduits  à  la  valeur  du  poids.  Cependant  il 
ne  sera  pris  aucune  décision  avant  votre  ré- 
ponse. 

Salut  et  fraternité, 

J.    MtNGAUD. 

Calais  5  Messidor  an  8«  de  la  R.  F. 
Le  Maire  de  Calais 

au  Ministre  de  la  Police  générale . 
Citoyen  Minstre, 
J'ai  eu  l'honneur  de  vous  informer  que 
Philippe  Noailies  a  débarqué  en  ce  port  le 
29  dernier,  sur  l'assurance  qui  lui  a  été  don- 
née qu'il  avait  été  rayé  de  la  liste  des  Emi- 
grés. 

Il  a  été  trouvé  dans  sa  malle  des  ordres  de 
la  Toison  d'or  et  autres  dont  il  a  déclaré 
vouloir  faire  un  don  en  faveur  des  indigents 
de  cette  ville. 

La  valeur  de  ces  différens  objets  déposés  à 
la  municipalité  est  d'environ  trois  cents 
francs.  J'ai  répondu  à  celui  qui  en  était  le 
possesseur  qu'en  connaissant  le  grand  nom- 
bre de  mes  concitoyens  dont  la  misère  ré- 
clamait une  portion  de  ce  don,  je  ne  pou- 
vais cependant  l'accepter  sans  avoir  été  auto- 
risé à  en  faire  un  semblable  emploi.  Je  vous 
prie  donc.  Citoyen  Ministre,  de  permettre 
que  ces  vaines  décorations  soient  consacrées 
aujourd'hui  à  un  but  de  bienfaisance.  Elles 
seront  brisées  en  présence  de  la  municipalité 
et  du  Commissaire  de  police  et  vendues  par- 
consécuent  pour  leur  seule  valeur  intrinsè- 
que, dont  l'argent  sera  déposé  au  bureau  de 
charité. 

Je  ne  prétends  pas  que  les  pauvres  de  cette 
commune  aient  plus  de  titres  que  d'autres  à 
cette  distribution,  mais  trop  répartie,  elle  de- 


N   1344,  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


"^15 


57b 


Calais 
qu'on 


viendrait   insensible    et   peut   être  est-il  bon 
que  quelques  individus  s'en  ressentent. 

Salut  et  respect. 
A.-J.  Blanouard. 
Ministère 
de  la  police  i;énèr aie 
j"  Division 
5«  Bureau 

Note  pour  le  Ministre, 

Philippe  Noailles  est  débarqué  à 
venant  d'Angleterre,  sur  la  certitude 
lui  avait  donnée  qu'il  était  rayé  ;  le  Ministr« 
a  donné  sur-le-champ  lies  ordres  pour  qu'il 
puisse  pénétrer  dans  l'intérieur. 

Le  maire  de  Calais  rend  compte  que  lors 
de  la  visite  de  sa  malle  on  a  trouvé  des  or- 
dres de  la  Toison  d'or  et  autres  objets  dont 
Noailles  a  déclaré  vouloir  faire  don  aux  indi- 
gents de  Calais  ;  la  valeur  se  monte  à  peu 
près  à  300  francs. 

Le  Maire  annonce  qu'il  n'a  pas  voulu  ac- 
cepter sans  y  avoir  été  autorisé  en  consultant 
le  ministre,  :i  cel  égard,  il  obseive  qu'il  se- 
rait convenable  de  distribuer  cette  somme 
entre  les  plus  nécessiteux  seulement. 

Je  pense  que  le  ministre  ne  peut  pas  dés- 
approuver la  conduite  du  maire  et  qu'il  peut 
s'en  rapporter  à  sa  prudence  et  à  sa  sagesse 
pour  la  plus  juste  distribution   de  la  somme. 

Le  Comtn.ssaiie  de  Police  au  Ministère  de  la 

Police  générale. 

Calais,  10  Messidor  an  8 
Citoyen  Ministre, 

Conformément  à  vos  ordres  il  a  ité  délivré 
un  passeport  au  citoyen  Noailles,  pour  con- 
tinuer sa  loute  sur  Paris  et  que  j'ai  signé. 
J'ignore  s'il  est  parti,  mais  je  le  présume 
d'après  ce  que  la  voix  publique  répand  de 
l'arrivée  et  du  départ  d'une  dame  et  d'un 
jeune  Monsieur  que  l'on  dit  être,  l'une 
l'épouse,  l'autre  le  fils  du  citoyen  Noailles- 
Poix.  Je  ne  puis  rien  vous  atfirmer  à  cet 
égard,  n'ayant  eu  aucune  communication  des 
passeports  de  ces  deux  individus  qui,  logés 
chez  Grandsine  y  auront  appris,  peut-être, 
comme  tant  d'autres  que  l'obligation  aux  lois 
et  règlements  n  est  pas  une  affaire  de  néces- 
sité. 

Le  citoyen  Noailles-Poix  paraît  avoir  laissé 
entre  les  mains  du  maire,  les  ornements  dont 
je  vous  parle  dans  mes  n"'  92  et  95,  afin, 
a-t-il  été  dit,  d  être  passés  sous  le  marteau, 
pour  le  produit  en  être  distribué  aux  indi- 
gcns.  Cependant,  je  serais  assez  d'avis  que 
vous  demandassiez  l'envoi  entre  vos  mains 
de  ces  objets  Vous  me  direz  que  cela  ne 
s'accorde  guère  avec  ce  que  j'ai  eu  l'hon- 
neur de  vous  écrire  à  ce  sujet  dans  mon 
n*  95.  Voici  de  quoi  expliquer  cette  contra- 
diction apparente. 


Le  citoyen  Noailles-Poix  avait  un  registre 
de  correspondance  dans  lequel  il  se  trouvait, 
tant  en  lettres  originales  qu'en  copies,  des 
preuves  de  son  dévouement  à  la  famille  royale 
et  des  preuves  qu'il  a  été  sacrifié  par  elle,  en 
ayant  reçu  sa  démission  de  capitaine  des 
gardes,  mais  cependant  avec  la  recon- 
naissance d'un  brevet  de  retenue  de 
soo.ooo  f rs . ,  laquelle  reconnaissance  col- 
lée contre  un  des  feuillets  de  ce  registre  et 
toute  de  la  main  de  Louis  XVill,  en  a  été  dé- 
tachée pour  être  conservée  par  le  citoyen 
Noailles-Poix,  qui  sans  doute  y  attache  proba- 
blement encore  quelque  importance, ne  fut-ce 
que  celle  de  se  faire  rembourser  en  dédom- 
magement de  ses  frais  de  rentrée  en  France. 
Sous  tous  les  rapports,  je  pensais  que  le  re- 
gistre en  question,  malgré  son  peu  de  vo- 
lume devait  vous  être  renvoyé,  d'autant  qu'il 
était  en  plus  d'un  endroit  très  avantageux 
au  cilOA'en  Noailles-Poix.  L'opinion  du  Maire 
a  été  qu'il  fallait  le  détruite  et  j'en  ai  vu  ef- 
fectuer, non  pas  la  lacération,  mais  l'enlève 
ment  des  feuil.ets  écrits  et  j'ignore  ce  qu'ils 
reste,  ils  ont  été  détachés 
plus"  'g'rand  soin  par  M.  le 
qui    déjà    avait    eu    celui 


sont  devenus.   Au 
du   livie   avec    le 
Maire    lui-même, 
de...  {sic) 


Salut  et  fraternité, 
Mengaud. 


—  Calais,  aç  Messidor  an  8 

Z/  '  Maire  de  Calais 
au  Ministre  de  la  Police  générale, 

Citoyen  Ministre, 

D'après  l'autoriiation  que  vous  m'aver 
donnée  par  votie  lettre  du  17  de  ce  mois,  je 
viens  de  faire  vendre  à  un  orfèvre  de  cette 
ville,  les  ordres  dont  le  citoyen  Philippe 
Noailles  avait  disposé  en  faveur  des  indi- 
gents de  cette  commune,  lors  de  son  arrivée 
à  Calais, 

Cette  vente,  qui  a  eu  lieu  en  présence  des 
deux  adjoints  et  du  Commissaire  de  Police,  a 
produit  3^0  fr.,  qui  ont  été  versés  dans  la 
caisse  du  bureau  de  charité. 

Ce  secours,  tout  léger  qu'il  est,  nous  est 
arrivé  fort  à  propos  pour  soulager  quelques 
malheureux,  et  je  vous  prie  d'agréer  leurs  re- 
merciements pour  le  consentement  que  vous 
avez  donné  à  l'emploi  de  cette  somme. 

Salut  et  respect, 

Blanquart. 


Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 


Imp.  Dahusi.-Cham90m,  St-Amand-Mont-Rond 


LXVI*  Volnme     Paraissant  les     lo,  »o  cl   )o  de  chaque  mais         10  Novembre  1912 


48*  Année 

81*",r.V'ictor-M«e«té 
PARIS  (»X«> 

'î'jieeu    •  de  3  à  6 heures 


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Il  ae  faut 
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PARIS  (iX*) 

Bureaux  :  de  3  5  6  beur«]i 


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CHERCHEURS    ET   CURIEUX 

Fondé   en    1864 


JUÎÎSTIONS     RT     R;îI'().'^S5;S 


LITTÉRAIRES.     HISTORIQUES,    SClRiSTIPIQlJES     KT    ARTISTIQUES 
TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 

578 ~ 


Nous 


nos    correspondants 


ptions  nos  correspondants  de 
voïiloir  bien  répéter  leur  fwrn  au-dessous 
Je  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille .  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  di  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  eu  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


fl5lue0tian0 


Rodolphe  Gerltier.  Une  prophé- 
tie sur  la  chute  de  l'empire  de  Ma- 
homet. —  La  Revue  des  Deux-Mondes, 
dans  son  numéro  du  15  septembre  1855, 
publiait  un  article  de  John  Lemoine.  Cet 
auteurestpeu  suspectdece  que  l'onappelle 
aujourd'hui  cléricalisme,  et  peu  tendre 
pour  les  prophéties  qui  dénoncent,  de  par 
leur  essence,  l'action  d'un  être  supérieur 
pour  qui  le  présent  et  le  futur  ne  sont 
qu'un  seul  acte  de  vision  saisissant  immé- 
diatement ce  qui  a  été,  ce  qui  est  et  ce 
qui  sera  Dans  une  note,  qui  tient  bien  la 
moitié  d'une  page,  M.  John  Lemoine  cite 
une  prophétie  très  curieuse.   Il   n'en  est 


pas  le  découvreur,  car  il  l'a  lue  dans  un 
ouvrage,  intitulé  The  End  (la  fin), de  Cum- 
ming,  auteur  anglais  qui  écrivait  ce  livre 
entre  1850  et  1854.  Cet  auteur  disait 
avoir  trouvé  le  texte  de  cette  prophétie 
dans  un  livre  De  fliictibus  mysticœ  navis, 
imprimé  à  Augsbourg  en  1675,  et  qu'il 
avait  vu  à  la  bibliothèque  Angelica  de 
Rome.  Voici  le  texte  que  publie  John  Le- 
moine et  que  j'ai  soigneusement  colla- 
tionné  sur  la  Revue  des  Deux-Mondes. 

Je  sépare  par  un  alinéa  les  différentes 
périodes  pour  mieux  diviser  la  série  des 
événements  qui  sont  énoncés. 

Ante  médium  seculi  XIX  seditiones  undi- 
que  iii  Europa.  Erigentur  respublicse,  occi- 
dentur  reges,  optimales,  ecclesiasti  et  regu- 
lares  cœnobia  sua  deserent  ;  famés,  pesti- 
tenti*  et  teriaemotus  plures  devastabunt  ci- 
vitates. 

Roma  amittet  sceptrum  propter  obsessio- 
nes  pseudo  phuilosophorum  ;  Papa  a  suis 
captivabitur,  et  sub  tributo  ponetur  Ecciesia 
Dei  quae  bonis  temporalibus  exspoliabitur. 

Post  brève  tempus,  Papa  non  erit,  Prin- 
ceps  Aquilonarius  cum  ingente  exercitu  per- 
curret  Êuiopam,  respublicas  avertet,  rebelles- 
que  omnes  exterminabit.  Elus  gladius,  mo- 
tus a  Deo,  Ecclesiam  Dei  acriter  defendet, 
fidem  orthodoxam  propugnabit,  et  imperium 
mahumetanum  sibi  subiiciet.  Novus  pastor 
finalis  e  littore  per  signum  cœleste  veniet  in 
cordis  simplicitate  et  doctrina  Chisti,  et 
pax  erit  reddita  saeculo. 

De  ce  texte  le  premier  alinéa  ne  con- 
tient que  des  choses  générales  qui  peu- 
vent plus  on  moins  s'appliquer  à  toutes 
les  époques.  Une  homélie  de  saint  Gré- 
goire le  Grand  qu'on  lit  au  Bréviaire  ro- 
main disait  de  son  temps  les  mêmes  cho- 

LXVï,  -  18. 


N*  I 


344" 


Vol.LXVI. 

579 


L'INTBRMÉDIAÎFB 


>8o 


ses  au  peuple  qui  Técoutait,  et  ces  mal- 
heurs lui  semblaient  le  prélude  de  la  fin 
du  monde. 

Le  Second  alinéa  est.  au  contraire,  non 
pas  de  la  prophétie,  mais  de  l'histoire  et 
il  serait  difficile  de  définir  plus  briève- 
ment et  plus  exactement  l'ensemble  des 
événements  qui  ont  abouti  à  la  captivité 
de  Pie  IX  en  1870  et  à  la  spoliation  com- 
plète du  Saint-Siège.  Or  ces  événements 
ne  pouvaient  pas  être  humainement  pré- 
vus quand  Cumming  a  découvert  cette 
prophétie  qu'il  a  insérée  dans  son  livre. 

La  troisième  partie  est  à  réaliser,  et  il 
est  à  remarquer  qu'elle  prédit  la  ruine  de 
l'empire  de  Mahomet  par  un  prince,  ou 
qui  est  du  nord  (nquilonarius},  ou  qui 
aurait  un  aigle  dans  ses  armes.  11  serait 
bien  diflîcile  de  savoir  qui  est  désigné, 
car  on  ne  voit  pas  le  Tzar  de  Russie  dé- 
fendre la  foi  catholique,  que  l'auleur  ap- 
pelle orthodoxe  et  rétablir  le  Pape  sur 
son  trône  après  avoir  protégé  l'Eglise  de 
Dieu. 

Mais  ce  que  je  voudrais  savoir  est  la 
solution  du  petit  problème  suivant. 

M.  Cumming  déclare  avoir  vu  ce  vo- 
lume de  Rodolphe  Gerltier  (Gualterius, 
Geltherius)  dans  la  bibliothèque  Angelica 
à  Rome.  Cette  bibliothèque,  qui  apparte- 
nait aux  Augustins  et  se  trouve  à  côté  de 
l'église  dédiée  à  ce  grand  docteur,  a  été 
naturellement  prise  par  le  gouvernement 
Italien,  mais  il  a  conservé  les  religieux 
augustins  qui  axaient  le  soin  de  la  biblio- 
thèque. J'y  ai  fait  des  recherches  pour  re- 
trouver cet  ouvrage  de  Rodolphe  Gerltier, 
mais  ni  dans  la  Bibliothèque,  ni  dans  les 
anciens  catalogues  qr.i  contiennent  des 
ouvrages  qui  n'existent  plus,  je  n'ai  pu  en 
trouver  trace.  Pensant  que  peut-être  un 
certain  nombre  de  volumes  avaient  émi- 
gré à  la  Bibliothèque  Victor  Emmanuel 
où  ont  été  centralisées  (avec  de  nombeu- 
ses  pertes,  vols  ou  détournements)  les  bi- 
bliothèques des  religieux,  j'ai  fait  des  re- 
cherches qui  n'ont  pas  abouti  J'y  ai 
trouvé  un  certain  nombre  d'ouvrages  de 
Gerltier,  ce  qui  me  prouve  qu'il  était  un 
auteur  fécond,  mai*^  n'ai  pu  mettre  la 
main  sur  l'ouvrage  De  /Itictihus  viystica 
ttavix.  Je  sais  de  plus  que  d'autres  person- 
nes ont  tenté  les  mêmes  recherches  sans 
arriver  à  un  meilleur  résultat. 

Jesaisquej'aurais  pu  m'adresser  à  Augs- 
bourg  otj  il  semble  qu'on  aurait  dij  con- 


server trace  des  volumes  de  cet  auteur  à 
la  bibliothèque  de  la  ville  qui  certaine- 
ment a  dû  concentrer  les  ouvrages  sortis 
do  ses  presses,  je  ne  lai  pas  fait.  Cette 
prophétie  fut  rééditée  il  y  a  une  quin- 
zaine ou  vingtaine  d'années  par  le  Péle^ 
r.'Mqui,  du  reste,  reproduit  exactement  le 
texte  de  la  Revue  des  Deux-Mondes.  Au- 
jourd'hui ce  texte  emprunte  un  regain  de 
nouveauté,  parce  qu'il  prédit  la  fin  de 
l'empire  de  Mahomet. 

Ce  n'est  point  d'ailleurs  la  première 
fois  que  l'on  prédit  la  chute  de  cet  empire. 
L'abbé  Rorbacher,  dans  son  Histoire  uni- 
verselle de  l'église,  au  livre  XXVI,  après 
avoir  commenté  à  sa  manière  l'Apoca- 
Ivpsc,  complète  ce  qu'il  vient  de  dire  par 
l'examen  d'une  prophétie  de  Daniel  (cha- 
pitre VU)  où  le  prophète  parle  d'une  pe- 
tite corne  (corne,  d'après  le  sens  biblique 
est  ici  synonyme  de  puissance),  qui  doit 
grandir  rapidement,  en  détruire  deux  au- 
tres, et  dominer  unr temps,  deux  temps  et 
la  moitié  d'un  teir.ps.  Or,  dit  Rorbacher, 
les  interprètes  voient  dans  cette  petite 
corne  l'empire  mahométan  ;  les  jours 
sont  des  années  et  par  conséquent  en 
1260  ans,  à  compter  de' la  puissance  de 
Mahomtt,  l'ère  de  l'hégire  en  622,  nous 
arrivons  à  Tannée  1882  qui  doit  être 
celle  de  la  fin  de  l'empire  du  Croissant. 
Le  bon  abbé  écrivait  en  1840,  ce  qui  est 
une  circonstance  atténuante,  la  prophétie 
était  encore  à  longue  échéance.  De  plus, 
le  texte  latin  (le  grec  et  l'hébreu  sont  iden- 
tiques) ne  dit  pas  tempus  et  duo  tempora, 
mais  simplement  tempus,  et  tempora  et 
dimidium  temporis,  ce  qui  ruine  par  la 
base  toute  l'argumentation  de  Rorbacher 
sur  ce  texte  de  Daniel. 

Cela  étant,  pourrait  on  retrouver  l'ou- 
vrage cité  de  Rodolphe  Gerltier  De  flucti- 
bus  vivsticœ  navis,  imprimé  à  Augsbourg 
en  167c  ;  et,  dans  l'affirmative,  contrôler 
le  texte  de  ce  passage  que  nous  avons  cité, 
et  dire  à  quelle  occasion,  pourquoi  et 
comment,  cet  auteur  a  été  amené  à  citer 
dans  son  livre  cette  prophétie  ? 

D^A.  B. 

Quelles  langues  parlait  Charles 
Quint?  —  Charles  Quint,  né  à  Gand, 
parla  llamand  dès  son  enfance.  Mais  il  eut 
tour  à  tour  à  gouverner  l'Espagne,  l'Alle- 
magne, le  Milanais,  le  royaume  de  Naples, 
les  Indes,  etc.  Quelle  langue  parlait-il  dans 


DES  CHBRCHfiURS  ET  CURIEUX 


581 


ses  relations  journalières  avec  son  entou- 
rage ?  Quelles  langues  connaissait  il  ? 

H.  L. 

Lettres  de  Marie-Antoinette  à 
Barnave.Qui  était  l'agent  secret  ?  - 
M.  O.  G,  de  Heidenstam  commence,  dans 
la  Revue  de  Paris  (i""  novembre  1912)  la 
publication  d'une  étude  sur  un  dossier 
appartenant  à  la  comtesse  Emilie  Piper, 
conservé  actuellement  au  château  de 
Lôfstad. 

Ce  dossier  contient  quarante-quatre  let- 
tres de  Marie-Antoinette  «  non  signées^ 
mais  dont  l'écriiure  est  facile  à  reconnaî- 
tre et  l'authenticité  certaine  »,  dit-il.  Il 
contient  autant  de  lettres,  «  également  sans 
signatures,  et  d'un  style  élégant  et  cor- 
rect. Ecriture  et  style  font  contraste  avec 
l'écriture  négligée  et  hâtive  des  lettres  de 
la  Keine  ;  celles-ci  sont  les  réponses  à 
celles-là  ». 

Des  explications  d'une  note  attribuée  à 
la  Reine,  il  ressort  que  c'est  la  copie 
exacte  de  ce  que  la  Rt-ine  a  écrit  à  Bar- 
nave  et  les  réponses  de  celui-ci. 

Cette  correspondance  a  été  établie  après 
Varennes.  Ce  fut  au  cours  de  ce  voyage 
que  Barnave  devint  amoureux  de  Marie- 
Antoinette  et  qu'il  employa  à  sauver  la 
monarchie  le  zèle  qu'il  avait  montré  à  la 
perdre. 

On  ne  nous  dit  pas  pourquoi  ce  dossier 
fut  établi,  mais  vraisemblablement  ce  fut 
pour  tenir  Fersen  au  courant  de  ce  qui 
avait  été  fait  ;  ce  qui  explique  la  présence 
de  ce  dossier  aujourd'hui  chez  la  comtesbO 
Piper. 

L'auteur  de  l'article  parle  du  style  «  né- 
gligé et  hâtif»  delà  reine,  c'est  le  juger 
bien  sévèrement.  Ce  qui  frappe,  au  con- 
traire, c'est  l'excellente  tenue  de  ces  let- 
tres, la  fermeté  des  idées  qu'on  y  rencon- 
tre, et  leur  remarquable  et  souple  logi- 
que. 

Il  y  a  là  une  Marie-Antoinette  si  au- 
dessus  de  l'idée  qu'on  se  fait  ordinaire- 
ment de  sa  culture  politique  et  de  son 
caractère^  si  mûrie  et  si  réfléchie,  si  grave, 
si  habile  à  se  mouvoir  au  milieu  des  plus 
tragiques  difficultés,  qu'on  en  reste  con- 
fondu. 

Les  lettres  sont-elles  matériellement  de 
sa  main  ?  M.  de  Heidenstam  le  dit,  qui, 
sans  doute,  en  publiera  le  fac-similé,  pour 
en    prendre   les  connaisseurs  à    témoin. 


10  Novembre  191s 
. -82 

Pour  le  texte,  si  remarquable  à  tout  point 
de  vue,  sont  elles  spontanément  de  la 
Reine,  ou  lui  ont-elles  été  dictées  par 
l'agent  mystérieux  qu'on  ne  nomme 
point  ? 

Cet  agent,  la  Reine  le  désigne  parles 
chiffres  «  i  :  o  » .  C'était  lui  qui  se  chargeait 
de  porter  les  messages  de  la  Reine  à  Bar- 
nave et  à  Lameth  et  de  rapporter  leurs  ré- 
ponses. 

Qui  pouvait  être  «  o  :  i  ?  »  V. 

La  fortune  des  généraux  sous  le 
Directoire.  —  Comment  s'enrichissaient- 
ils  ?Je  lis  dans  Villiaumé,  Lesprit  de  la 
guerre  6'"-  édition,    page  305  : 

Après  la  mort  de  Moreau,  sa  femme  avait 
nne  fortums  de  600.000  francs  dont  plus  des 
trois  quarts  provenaient  d'économies  faites 
par  Moreau,  à  l'instar  de  plusieurs  de  ses  col- 
lègues du  Directoire  et  du  Consulat 

P.  M. 

Les  émigrés  au  château  de  "Ver- 
sailles. —  Un  confrère  intermédiairiste 
aurait-il  l'obligeance  de  m'indiquer  où  je 
pourrais  trouver  des  documents  sur  la  fa- 
çon dont  le  château  de  Versailles  était  ha- 
bité sous  la  Restauration  .''Je  n'ignore  pas 
que  de  nombreux  anciens  émigrés  furent 
autorisés  à  s'y  loger,  mais  je  voudrais  sa- 
voir s'il  y  a  une  liste  de  leurs  noms. 

Nemo. 

Troupe  royale   de  Chambord.  — 

Je  me  demande  ce  que  peut  bien  être  la 
troupe  dont  faisait  partie  un  certain  Va- 
liot  ainsi  mentionné  dans  les  registres  de 
Dax  (Landes)   : 

p-5  septembre  16S4  mort  de  «  Marie  Agne 
de  Valiot, fille  légitime  de  .Vl.Valiot  cominé- 
diôn  de  la  troppe  royaile  de  Charnbort  »  .  Elle 
fut  enterrée  chez  les  Corde'iiers  de  Dax. 

(Archiv.  de  Dax  GG.  8). 

Qui  renseignera  sur  l'existence,  le  per- 
sonnel, la  valeur,  les  avatars  de  cette 
troupe  .''  AuRiBAT. 

Pourquoi  Le  s  âge  et  Beaumarchais 
ne  furent  pas  de  l'Académie  fran- 
çaise. —  Une  lettre  inédite  d'Alexandre 
Duval,  datée  du  12  novembre  1834  et  pu- 
bliée dans  l'intéressant  article  de  M.  Paul 
Bonnefon  sur  cet  auteur,  que  publie  la 
Revue  d'histoire  littéraire  de  la  France 
(juillet-sept.  1912),  prétend  que  Lesage  et 


N  1544,  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


=^83 


584 


Beaumarchais  <*  furent  repoussés  indirec- 
tement de  l'Académie  parce  qu'ils  n'avaient 
point  écrit  en  vers  ». 

D'abord  ces  deux  auteurs  dramatiques 
avaient-ils  jamais  manifesté  l'intention  de 
se  présenter  à  l'Académie  r  Et  puis,  est- 
il  exact  que  les  Immortels  ne  voulussent 
pas  admettre  parmi  eux  des  auteurs  dra 
matiques  qui  n'eussent  pas  «  écrit  en 
vers  .''  »  d'E. 

La  Calderona.  —  Où  puis-je  trouver 
des  renseignements  biographiques  sur  la 
Calderona,  maîtresse  de  Philippe  IV,  roi 
d'Espagne,  et  mère  de  Don  Juan  d'Au- 
triche (deuxième  du  nom)  .>* 

H.  L. 

Hallays-Dabot    et     Galeron.    — 

Qu'était-ce  que  V bniitiition  Hallays-Dabot 
et  Galeton  qui  distribuait  des  prix  à  ses 
élèves  à  l'époque  de  la  Restauration?  Une 
lyre  qui  figure  sur  les  plats  des  volumes 
laisse  supposer  qu'il  s'agissait  d'une  école 
de  musique.  Dans  quelle  ville  existait- 
elle  }  En  sait-on  quelque  chose  ? 

NlSlAR. 

Abbé  Emmanuel  Lacrole.  —  L'abbé 
Lacrolc  ou  de  Crolle,  curé  constitutionnel 
de  la  paroisse  Notre-Dame  de  Cholet 
(Maine-et-Loire),  mort  victime  de  son  dé- 
vouement, en  soignant  les  victimes  du 
choléra  de  1832,  à  Auteuil,  dont  il  était 
curé  depuis  i8oS  ?  est  né  à  Châtenay,  près 
Pans.  11  était  fils  du  régisseur  de  la  famille 
de  Rougé,  à  Cholet.  Sa  mère  était  née 
Duquel  ;  sa  sœur  épousa  un  fournisseur 
des  armées  de  la  République,  du  même 
nom,  son  cousin,  et  devint  l'aïeule  du 
célèbre  historien  de  la  guerre  franco-alle- 
mande, M.  Alfred  Duquet,  que  tout  le 
monde  connaît.  L'abbé  Lacrole  fut  élevé 
au  collège  Ste-Barbe,  à  Paris,  puis  au 
Grand  Séminaire  d'Angers.  Il  était  vicaire 
à  Vitry-sur-Seine,  lorsqu'il  prêta  le  ser- 
ment exigé  par  la  constitution  civile  du 
clergé  et  fut  élu  curé  de  N  -D.  de  Cholet. 
Quelques  intermédiairistes  pourraient-ils 
m'indiqueroù  je  trouverais  des  documents 
sur  ce  prctre  "r  Les  archives  du  (jrand  Sé- 
minaitc  d'Angers  sont  perdues.  J'ai  i"tout 
ce  qu'on  peut  rencontrera  Cholet,  Angers 
et  Auteuil,  y  compris  le  Bulletin  de  la  So- 
ciété historique  d' Auttuil-Passy  qui  s'est 
occupé  de  lui  à  plusieurs  reprises  ;  a"  tout 


ce  que  possèdent  sur  lui  MM.  Alfred  Du' 
quet  et  les  chanoines  Pisani  et  Uzureau, 
auxquels  je  me  permets  d'adresser  ici  mes 
plus  respectueux  remerciements. 

H.  Baguenier  Desormeaux. 

Le  capitaine  Lanoue.  —  11  existe  à 
la  Bibliotlièque  nationale,,  section  des  im- 
primés, une  plaquette  rarissime  intitulée  : 

Discours  au  vray  de  la  cruauté  plus  que  bar- 
bare exercée  par  le  capitaine  La  Noue, lequel 
tenoit  logis  entre  Bayonne  et  Bourdeaux,  et 
esgorgeoit  misérablement  les  marchands  qui 
y  venoient  loger,  luy,  sa  femme,  ses  deux 
fils  et  sa  fille  et  son  valet,  avec  leur  prinse  et 
lamentable    deffaite    à    Bourdeaux  le  7   juin 

l()I0. 

Qui  pourrait  dire  : 

i"  Qiiel  était  au  juste  ce  capitaine  La- 
noue ? 

2"  Son  ascendance  et  sa  descendance  au 
moins  immédiates. 

3*  En  quel  endroitprécis  (qui  n'est  pas 
une  seule  fois  mentionné  dans  le  corps 
du  récit)  cet  ogre  exerçait  sa  cruelle  hos- 
pitalité .f* 

4''  Si  on  a  jamais  réimprimé  cette  pla- 
quette .''  AURlBAT. 

Anne  Le  "Veyrier,  comtesse  de 
Pardieu.  —  Que  sait-on  sur  les  parents 
et  les  grands-parents  de  cette  richissime 
créole,  que  ruina  la  Révolution  Française 
et  qui  mourut  à  Paris,  chez  un  docteur 
qui  s'appelait,  je  crois,  Darzike.? 

J.    DE   V. 

Mme  Loyer  de  Maromme.  —  M. 

Casimir-Périer  en  1862,  dans  VàRevuedes 
Deux-Mondes,  incomplètement,  et  M. 
Pierre  Calmettes  en  1898  dans  la  Revue 
hebdomadaire,  in-extenso,  ont  publié  les 
Souvenirs  intéressants, —  parfois  inexacts, 
—  de  Mme  Loyer  de  Maromme,  sur  la 
jeunesse  de  Charlotte  Corday. 

Ces  deux  éditeurs  n'ont  pas  renseigné 
sur  l'identité  de  l'auteur  du  manuscrit 
par  eux  publié.  Mais,  s'il  fallait  croire 
Chéron  de  Villiers,  —  qui  certainement 
se  trompe  —  Mme  Loyer  de  Maromme 
serait  née  Loyer.  Il  est  acquis  qu'elle 
mourut  au  début  de  l'hiver  1860,  Casi- 
mir-Pcncr  le  dit.  Tandis  que  Mme  Loyer 
née  Loyer  mourut  au  Houlme  seulement 
en  janvier  1875,  et  son  mari  en  1880.  De 
plus,  son  nom  était  Le  Vaillant. 


DES  CHERCHJtlURS  HT  GUKÏBOX 


lo  Novembre  1912 


585 


586 


» 


Peut-on  savoir  ses  prénoms,  le  lieu  et 
la  date  de  sa  naissance,  de  son  mariage 
et  de  son  décès  ?  X. 

La  maison  natale  de  Mirabeau.  — 

Dans  quelle  communese  trouve L<?  Bignon, 
propriété  de  Y  Ami  des  hommes,  où  naquit 
Mirabeau  ?  Le  château  existe  t-il  encore  ? 

Nérac. 

Comte  de   Montlazev^r.   —  Michel 
del  Verms,  chroniqueur  de   Gaston  Phœ- 
bus,  comte  de  Foix  (1331-391)  écrit  : 
L'an  mil  très  cens  sixante  et  dos, 
Le  comte  de  Foix  talent  et  pios, 
Ajustât  a  m  sa  Baronnie 
En  décembre  lo  cinq-je  die, 
Prengue  batailhe  campai, 
Armeiihac,  sou  ennemie  mortal 
Et  de  Comenge,  son  cousin. 
Le  comte  appelât  Mertin 
Et  après  le  comte  de  Montla^^eur, 
Que  y  ère  p-r  son  malheur 
Et  le  vicomte  de  Fesensaguet 
Et  de  L'abnl  tout  le   troupet. 

Ce  passage  est  cité  par  l'abbé  Duclos, 
Histoire  des  Aricgeois,  page  228. 

On  identifie  Montlazeur  et  Monllezun  ; 
on  voudrait  les  armes  de  l'un  et  de  l'autre. 

MOULIS. 

Perier  et  Casimir  Perier.  —  Beyle, 
l'écrivain,  était,  si  mes  souvenirs  sont 
exacts,  tils  ou  petit-fils  d'une  demoiselle 
Perier.  Quel  confrère  pourrait  me  com- 
muniquer le  tableau  de  la  descendance  de 
M.  Perier,  l'aïeul  de  Stendhal  ^ 

Quelle  parenté  existait  entr«  le  dit  Pe- 
rier et  Casimir  Perier,  le  ministre  de  Louis- 
Philippe  ?  J.   DE  V. 

Nobl-  sse  et  Légion  d'honneur.  — 

Je  retrouve  les  textes  suivants  : 
'     I.    -  Statut  du  /"  mars  1808  : 

Art.  II  :  Les  membies  de  la  Légion  d'hon- 
neur et  ceux  qui,  à  l'aveniv,  obtien  iront  cette 
distinction,  porteront  le  titre  de  chevalier. 

Art.  13.  —  Ce  titre  sera  transmissibleà  la 
descendance  directe  et  légitime,  etc. 

II.  Ordonnance  Royale  du  8  octobre  1814, 
déterminant  le  cas  dans  lequel  la  noblesse 
sera  acquise  héréditairement  aux  membres 
de  la  Légion  d'honneur. 

Art.  2.—  Quand  l'aïeul,  lefils  et  le  petit-fils 
auront  été  successivement  membres  de  la  Lé- 
gion d'honneur  et   auront  obtenu  des  lettres 


patentes  conformément  à  l'article  i*'  (le  dit 
article  demande  seulement  que  l'on  justifie 
devant  le  garde  des  sceaux  d'un  revenu  de 
3.000  fr.  en  immeubles  situés  en  France, 
cette  justificationcomport.int  comme  sanction 
l'envoi  de  lettres  patentes),  le  fils  et  le  petit- 
fils  sera  noble  de  droit  et  transmettra  la  no- 
blesse à  toute  sa  descendance. 

Art.  ^.  —  Les  dispositions  contraires  sont 
abrogées. 

Je  demande  1")  :  l'ordonnance  Royale 
du  8  octobre  1814  peut-elle  être  considé- 
rée comme  non  abrogée  ? 

"2/  :  Un  légionnaire  à  la  3"^  génération,  à 
qui  des  circonstances  de  force  majeure,  et 
notamment  les  Révolutions,  n'ont  pas  per- 
mis d'obtenir  les  dites  lettres  patentes, 
mais  qui  est  en  mesure  de  justifier  éven- 
tuellement que  lui  et  sa  famille  n'ont  cessé 
de  remplir  la  condition  relative  aux  im- 
meubles, peut-il  affiimersa  noblesse  héré- 
ditaire ? 

J.  DE  V. 

Port  des  Grands-Croix  d'Ordres. 

—  Pourquoi  le  ruban  de  certaines  Grand- 
Croix  se  portent-ils  de  gauche  à  droite  et 
d'autres  de  droit  à  gauche  .?  Pourquoi, 
avec  l'habit,  cet  usage  bizarre,  et  même 
de  mauvais  goût,  de  les  mettre  sur  la 
chemise  }  Qu'ils  ne  soient  pas  par  dessus 
l'habit,  passe^  mais  pourquoi  tout  au 
moins  ne  pas  les  porter  sur  le  gilet  ? 
avec  l'habit  à  la  française  de  certains  uni- 
formes, ouand  on  ne  les  met  pas  dessus 
ils  sont  en  tout  cas  sur  le  gilet.  - 
J'ajoute  ceci  :  pour  les  ordres  étrangers 
les  plaques  se  mettent-elles  indifféremment 
à  droite  ou  à  gauche  de  la  poitrine  ? 

Oroel. 

Armes  à  déterminer  :  deux  écus 
accolés.  —  A  gauche  :  D'or  au  sautoir 
de  sable. 

A  droite  :  De  gueules  aux  huit  besans  (?) 
de...  encerclant  une  coquille  (?)  de.. 

Supports  :  2  lions. 

Le  Tout  timbré  d'une  couronne  de 
comte.  L.  DENiaUET. 

lason  dont  il  ne  reste  que  ce 
mot  :  Staoœize.  -  La  Bibliothèque 
de  Mons  (Belgique)  possède  un  incunable 
dont  la  reliure,  du  xyi^  siècle,  porte  sur 
l'un  des  plats  un  blason  dont  il  ne  reste  de 
visible  que  la  devise  :  Staomize. 


N»  1344  Vol,  LXVI 


L'INTBRMBDfAIRE 


587 


588 


}e  suis  très  désireux  de  savoir  à  quelle 
famille  appartient  cette  devise  et  ce  qu'elle 
signifie. 

E.  H.  M. 

Prévost-Paradol  -  Madame  Fa- 
rine. —  Je  crains  bien  qu'on  ne  réponde 
pas  a   ma  question  pourtant  intéressante. 

Connaîtrait  on  le  pseudonyme  que  prit, 
en  librairie,  une  Madame  Farine  qui  pu- 
blia (où  ?)  des  contes  pour  les  enfants  ? 

Cette  charmante  femme  serait,  me  dit- 
on,  l'héroine  du  roman  qu'a  remarquable- 
ment conté  récemment  M.  Faguet.  Et  le 
héros  n'en  serait-il  point  Prévost-Para- 
dol? 

Cherchez.  Cherchons.  Ego. 

Les  œuvres  gala;  tes  de  Joseph 
Prudhomme.  —  Dans  les  journaux  de 
1856,  je  trouve  la  note  suivante  : 

Du  7  Décembre.  Outre  les  Scènes  popu- 
lairei  que  tout  le  monde  connaît,  Henri  Mon- 
nier  en  avait  en  portefeuille  d'autres  dont  les 
familiarités  galantes  n'avaient  pas  eu  juiqu'ici 
les  honneurs  de  la  pubi  cité. 

11  vient  d'être  autorisé  à  les  faire  tirer  à 
cent  exemplaires. 

Chaque  exemplaite  ne  coûtera  pas  plus  de 
cent  francs. 

Cette  édition  est-elle  parue  ? 

Où? 

Quand  .'' 

Connait-on  quelques  exemplaires.'' 

J... 

Guy  de  Maupassant.  Un  conte 
perdu.  —  Dans  la  Grande  Rcvue.i  une 
amie  >*  de  Guy  de  Maupassant  rôvcle  le 
canevas  d'un  conte  que  Maupassant  lui  a 
lu,  sur  manuscrit,  et  qu'elle  n'a  retrouvé 
dans  aucun  des  ouvrages  publiés.  C'est 
l'histoire  d'un  chemineau  que  le  spectacle 
de  l'amour  de  jeunes  gens  beaux  et  élé- 
gants exalte  d'abord,  puis  irrite  et  rend 
presque  fou  furieux.  L'aventure  se  termine 
au  Dépôt.  Et  la  narratrice  demande  :  «  Où 
peut-il  être,  ce  petit-chef-d'œuvre  du  plus 
admirable  de  nos  conteurs  ?  y- 

Talence.  —  C'est  le  nom  d'un  élé- 
gant quartier  de  Bordeaux.  C'est  le  nom 
d'une  rue  et  d'un  pont  d'Abbcville 
(Somme). 


Y  a-t-il  une  corrélation  quelconque  en- 
tre cette  appellation  gasconne  et  cette  dé- 
nomination picarde  ? 

Le  sait-on  ?  A.  d'E. 

Joachim  (prononciation).  —  Com- 
ment faut-il  prononcer  Joachim  ?  La 
question  n'est  pas  sans  intérêt  car  nom- 
bre de  gens  plus  ou  moins  illustres  ont 
porté,  portent  ou  porteront  ce  prénom  qui 
était  celui  de  la  sainte  Vierge  et  parmi  les 
illustres,  Joachim  du  Bellay,  Joachim  Mu- 
rat,  etc. 

De  plus,  il  y  a  une  commune  et  un 
bourg  de  France  dans  la  Loire-Inférieure 
dénommés  Saint-Joachim. 

Les  habitants  du  bourg  et  en  général 
ceux  de  l'arrondissement  prononcent 
«  Joachain  »,  avec  chuintement,  si  j'ai 
bonne  mémoire.  D.  R. 


Du  Ferrier.  —  A*-t-il  été  publié  une 
étude  spéciale  sur  du  Ferrier,  ancien  mi- 
nistre protestant  de  Nimes,  puis  conseiller 
de  Louis  XllI  après  son  abjuration  }  Plus 
complète  comme  biographie  et  bibliogra- 
phie que  les  articles  des  Diciionnaii es  de 
Moreri  et  autres  et  de  la  France  proies- 
tante  ?  Mandel. 

Une  traduction  de  l'ouvrage  de  Jacob 
Brucker  :  Historta  critica  philoiôpbùe  a 
mundi  ittciinabulis  ad  nos  tram  usqtic 
œtatem  deducta^  Editio  secunda  Lipsiœ 
MDCCLVII?  A.   L. 


"Villemanzy.  -  Quelle  est  la  vérita- 
ble orthographe  de  ce  nom  propre  :  l^ilU- 
man:(v  ou  y'iîmati{}\  ce  modèle  d'inté- 
grité parmi  les  commissaires  des  guerres 
si  peu  scrupuleux.  Généralement  on  écrit 
Villcmanzy.  Pourtant  Percy  écrit  à  son 
collègue  Larrey,  le  27  thermidor,  an  5^,  de 
Strasbourg  : 

Pourquoi  tous  les  commissaires  des 
«guerres  ne  ressemblciU-ils  pas  ;iu  modèle 
de  vertus,  de  probité,  de  bonté  et  de  lumiè- 
res que  leur  fournit  leur  ancien  et  incompa- 
rable chef,  le  commissaire  Vilmaniy  ? 

On  sait  que  l'ancien  hôpital  militaire 
des  Colinettes  à  Lyon  porte  le  nom  de 
l'intègre  administrateur  de  l'Armée  du 
Rhin 

Dr  Bonnette. 


DES  GHBRGHBURS  ET  CURIEUX 


10   Novembre  1912 


589 


590 


ViéçonBCB 


Les  billets  de  Marie-Antoinette  à 

Jarjayes  (LXVl,  481,  537).  —  Le  Figaro 
apporte  dans  un  «  écho  »  complémentaire 
(n"  du  1*"^  novembre  1912)  les  précisions 
que  l'on  pouvait  souhaiter. 

Complétons,  en  les  précisant.  les  rensei- 
gnements que  nous  avions  donnas  au  sujet 
des  billets  do  Marie-Antoinette  à  Jarjayes. 

11  en  existe  encore  quelques-uns  de  ces 
billets  ;  M.  le  marquis  de  l'Aigle  en  pos- 
sède un  ;  les  autres  appartiennent  à  Mme 
Frédéric  de  Parseval.  Ils  avaient  été  laissés 
par  Jarjayes  à  sa  fille,  Mme  de  Bourcet  ;  ils 
passèrent  en^uite  à  la  fille  de  celle-ci,  Mme 
de  Beaumont,  laquelle  épousa,  en  secondes 
noces,  M.  Frédéric  de  Parseval.  Celui-ci  se 
remaria  avec  Mllede  Pierreclos,  et  fit  don,  en 
mourant,  de  ces  bi'lets  (et  d'une  lettre  du 
comte  de  Proveqce  à  Jarjayes)  à  sa  femme. 
Ce  lut  pour  obéir  aux  intentions  du  défunt 
que  !e  billet  où  la  i<eine  déclare  renor.cer  à 
«  un  beau  rêve  »  fut  donné  au  comte  de 
Chambord. 

Quant  aux  autres  billets,  qui  apparte- 
naient à  M.  Zangiacomi.  ils  furent  détruits, 
non  dans  l'appartement  de  celui-ci,  mais  à 
l'Hôtel  de  Ville,  où  ils  avaient  été  transpor- 
tés, lors  de  l'incendie  de  mai  1871. 

* 
*  » 

Je  puis  ajouter  quelques  détails  complé- 
mentaires de  l'écho  du  Figaio.  Les  billets 
que  possède  Mme  Frédéric  de  Parseval 
m'ont  été  communiqués,  et  je  les  ai  re 
produits  en  fac-similé  dans  le  volume  que 
j'ai  consacré  au  récit  de  la  tentative,  faite 
en  mars  1793,  par  Toulan  et  Jarjayes 
pour  délivrer  la  famille  royale^  Un  com- 
plot sous  la  Terreur. 

Ces  billets  sont  au  nombre  de  trois. 

Le  premier  présente  cette  singularité 
que  le  verso  seul  e^  écrit  de  la  main  de 
la  Reine  ;  le  recto  est  d'une  autre  écri- 
ture qu'il  ne  m'a  pas  été  possible  d'identi- 
fier ;  certains  mots  ont  été  raturés  ;  de 
plus,  le  langage  y  est  quelque  peu  si- 
byllin ;  on  y  parle  de  Roxane.,  de  Lucms, 
de  Mercimis,  etc.  J'en  ai  proposé,  dans 
mon  livre,  une  explication  que  je  ne  ga- 
rantis point,  mais  qui  me  semble  fort  ac- 
ceptable. 

Le  second  billet  est  celui  qui  commence 
par  ces  mots  :  «  Votre  billet  m'a  fait 
«  bien  du  bien. ..  » 

Le  troisième  débute  ainsi  :   «  t..,  vous 


<  remettra  les  choses  convenues  pour 
«  ha...  l'empreinte  que  je  joins  icy  est 
«toute  autre  chose.  Je  désire  que  vous  la 
«  remettiez  à  la  personne  que  vous  savez 
«  être  venu  me  voir  de  Bruxelles  l'hiver 
»<  dernier,  et  que  vous  lui  disiez  en  même 
«  tems  que  la  devise  n'a  jamais  été  plus 
«  vraye...  » 

T...  désigne  Toulan  ;  ha..,  veut  dire 
Hamm.où  résidait  alors  le  comte  de  Pro- 
vence. J'ai  eu  plus  de   peine  à  découvrir 

<  la  personne  venue  de  Bruxelles  »,  c'est 
Fersen.  Cette  découverte  m'a  donné  l'idée 
d'étudier  le  rôle  joué  par  le  gentilhomme 
suédois  prés  de  Marie-Antoinette,  et  il  en 
est  résulté  Un  ami  de  la  Reine. 

Quant  à  la  lettre  du  Comte  de  Pro- 
vence à  Jarjayes,  également  reproduite 
en  fac-similé  dans  Un  complot  sous  la  Ter- 
reur, elle  est  datée  de  «  Hamm,ce  19  mai 
1793  ».  La  première  partie  en  était  iné- 
dite ;  la  fin  avait  été  donnée  par  le  baron 
de  Goguelat  dans  son  Précis  des  tentatives 
qui  ont  été  faitei  pour  arracher  la  reine  à  la 
captivité  du  Temple. 

Paul  Gaulot. 

* 

M.  le  marquis  de  l'Aigle  conserve,  si 
mes  souvenirs  sont  exacts,  un  de  ces  bil- 
lets dans  sa  belle  collection  d'autographes. 

B.  DE   Ch. 

*  * 

L'un  des  billets  écrits  par  Marie-Antoi- 
nette à  Jarjayes  appartient  à  M.  le  mar- 
quis de  L'Aigle.  Je  crois  qu'il  lui  a  été 
vendu,  il  y  a  bien  des  années,  par  l'expert 
en  écritures  Charavay,  lequel  l'avait  trouvé 
en  explorant  un  fatras  de  vieux  papiers. 

Comte  DE  PiMODAN. 

* 

*  * 
Da.ns\Tntermédiaiye  du  30  octobre  der- 
nier,M    le  docteur  L.. .  méfait  l'honneur 
de  me  mettre  en  cause  au  sujet  de  ces  bil- 
lets. 

Si  je  n'avais  pas  dit  jusqu'ici  le  peu 
que  je  sais  de  leur  sort,  c'est  que  la  ques- 
tion posée  dans  l'Intermédiaire  du  20  oc- 
tobre me  paraissait  formulée  d'une  façon 
un  peu  imprécise.  «  Qiie  sont  devenus,  y 
lisions-nous,  les  billets  que  la  Reine  avait 
pu  faire  passer  à  Jarjayes  ^  » 

Faire  passe?  est  équivoque,  et  l  écho  du 
Figaro,  reproduit  par  le  docteur  L...  con- 
tinue la  confusion. 

Il  y  avait,  en  effet  :  1°  les  billets  desti- 
nés à  Jarjayes  lui-même  ;    2°   les    billets 


N»  1344.      Vol.LXV. 

59,  

confiés  à  Jarjaycs  pour  qu'il  remit,  l'un 
au  comte  de  Provence,  l'autre  au  comte 
d'Artois. 

Les  premiers,  je  ne  sais  pas  où  ils  se 
trouvent.  Mais  c'est  sans  doute  de  ceux- 
là  que  le  Figaro,  dit  : 

Ils  appartiennent  à  une  personne  qui  les 
tient  d'un  descendant,  par  alliance,  du  che- 
valier de  Jarjayes. 

(Par  alliance,  entre  parenthèses,  est  un 
lapsus,  il  faut  lire  :  par  les  femmes).  — 
Ce  que  je  puis  dire,  en  tout  cas,  c'est  que, 
contrairement  à  l'opinion  d'un  érudit 
bien  connu  des  lecteurs  de  Y  Intermédiaire, 
ils  n'appartiennent  pas  à  la  famille  d'Alle- 
magne {aliàs  Dallemagne),  M.  le  baron 
J.  d'Allemagne  ayant  bien  voulu  m'écrire 
il  y  a  quelques  mois  que  ce  bruit  était  lé- 
gendaire. 

Mais  il  faut  encore  distinguer,  paraît- 
il. 

Dans  les  lettres  de  ce  premier  groupe, 
c'est-à-dire  dans  les  billets  adressés  par 
Marie-Antoinette  à  jarjayes,  le  texte  le 
plus  important  :  «  Nous  avons  fait  un 
beau  rêve...  »  aurait  été  remis  au  comte 
de  Chambord  en  1873.  Si  le  rédacteur 
anonyme  du  Figaro  peut  faire  connaître 
l'auteur  du  don.  la  vérification  du  fait 
sera,  je  pense,  facile.  «  A  la  mort  du 
comte  de  Chambord  >>,  ajoute  le  Figaro, 
ce  document  «  n'a  pas  été  retrouvé  dans 
ses  papiers  »,  -  Pour  ma  part,  je  ne  l'y 
ai  pas  vu  davantage. 

je  croyais  d'ailleurs,  que  c'était  ce   bil-" 
let  qui  avait  été  volé    à  M.  le  duc  de  Bla 
cas. 

Voici,  en  effet,  où  se  trouvent  actuel- 
lement les  billets  du  second  groupe, 
c'est-à  dire  les  lettres  destinées  aux  frères 
de  Louis  XVI  et  confiées  à  )ar)ayes  : 

L'un  («  Ayant  trouvé  enfin  un  moyen, 
etc.,  etc.  »)  appartient  à  M.  Victor  Gille, 
—  collection  de  M.  Philippe  Gille,  son 
père,  —  et  provient  de  Cléry.  Papie»- 
vélin  ultra-mince,  encre  noire,  longueur 
en  haut  :  197  mm.,  hauteur  à  gauche  : 
31  mm.  ;  à  droit-.  :  30  mm.  ;  hauteur 
minima  :   28  mm. 

L'autre  (s<  Ayant  un  être  fidèle...  y)  ap- 
partient à  M .  le  duc  de  Blacas.  C'est  le  billet 
adressé  iui  comte  de  Provente,  Régent,  et 
le  seul  texte  connu  que  Louis  XVII  ait  si- 
gné comme  roi.  Même  papier,  même  en- 
cre que  le  piecédent.  Longueur  au  mi- 
lieu :  192  mm.  ;  en  haut  :  191  mm.  ;  en 


L'INTfcRMÊDlAïKii 


592 


bas  :  190  mm,  ;   longueur  maxima  :  194 
mm.  ;  hauteur  au  milieu  :  si  mm. 

Un  volume  sur  Louis  XVII  que  je  vais 
faire  incessamment  paraître,  avec  illu.«tra- 
tions  d'André  Marty,  donnera  ces  deux 
textes  en  fac-similé  d'après  les  originaux 
autographes. 

Mais  M.  le  duc  de  Blacas  possédait  un 
autre  billet  du  Temple,  et  je  croyais,  —  à 
tort  (si  le  Figaro  a  raison),  —  que  c'était 
le  fameux  billet  :  «  Nous  avons  fait  un 
beau  rêve  ». 

François  Laurentie. 


Le  isecond  testament  de  Louis  XVI 

(LXV!,  433.4S9J.  —  M.  Henri  Rochefort 
écrit  dans  la  Patrie  : 

Plusieurs  jouri^aux  ont,  à  propos  île  la  dé- 
couverte que  j'ai  faite  en  Savoie  du  testa- 
ment olographe  de  Louis  XVI,  parlé  de  fac- 
similé,  me  supposant  assez  ignare  pour  con- 
fondre un  fac-similé  avec  un  original.  Or,  le 
document  que  j'ai  entrèTes  mains  ne  souffre 
pas  de  discussion.  La  rature  qui  se  trouve  à 
la  3''  page  et  qui  porte  sur  ces  mots  :  s'ils 
avaient  le  malheur  de  perdre  leur  mère  a 
sans  doute  paru  une  trop  cruelle  allusion  au 
sort  possible  de  Marie-Antoinette  et  le  roi 
les  a  rayés  sur  les  deux  manuscrits.  Celui 
que  je  possède  contient  d'ailleurs  une  faute 
d'orthographe  qui,  probablement,  a  été  repro- 
duite dans  l'autre,  à  moins  qu'elle  n'ait  été 
corrigée  sur  le  fac-similé  qu'a  fait  fabriquer 
Louis  XVIll  et  que  je  ne  connais  pas. 
Louis  XVI  écrit  :  «  Je  n'ai  jamais  prétentiu 
me  rendre  juge  drns  les  différentes  manières 
d'expliquer  les  dogmes  qui  déchire  l'Eglise 
de  Jésus-Christ  >>  .mettant  ;  insi  au  singulier  le 
mot  déchire  qui  devrait  être  au  pluriel. 

Il  est  évident  qu'il  est  difficile  de  con- 
fondre un  fac-similé  avec  un  original. 
C'est  cependant  arrivé  déjà,  et  à  des 
hommes  avertis,  quand  il  s'agit  d'un  fac- 
similé  ancien,  tiré  slir  papier  ancien  et 
bien  gravé  ;  c'est  le  cas  pour  le  fac-similé 
exécuté  par  ordre  de  Louis  XVIII. 

Possesseur  d'un  de  ces  fac-similé,  qui 
porte  dans  le  filigrane  une  coquille  de 
Saint-Jacques  —  et  non  les  armes  de 
France,  — je  trouveà  la  troisième  page, la 
même  rature  sur  les  mots  s  ih  avaient  le 
malheur  de  perdre  leur  mère  et  la  même 
faute  d'orthographe  «  déchire  w  au  sin- 
gulier. 

J'ajoute  que  ce  fac-similé  très  fidèle, 
œuvre  de  Pierre  Piquet,  n'a  pas  manqué 
de  faire  figurer  à  la  troisième  page,  sur  le 


DES  CHBKGHBURS    HT  CURIEUX 


lo  Novembre  1919 


593 


594 


mot  «  solide  »  la  tache   d'encre  qui  est 
sur  l'original  des  Archives. 

S-  .terre  et  la  mort  de  Louis  XVI 

(T.G.82o;LXV  ;LXVI;=;4,549.738).— La 
légende  d'après  laquelle  Louis- Charles- 
Antoine  de  Beaufranch^t  d'Ayat  serait  fils 
de  Louis  XV,  est  éclose  dans  l'imagina- 
tion de  chroniqueurs  avides  de  scandales. 
En  effet,  Marie-Louise  O'  Murphy  de 
Boisfailly  a  epousé,le  25  novembre  17=55, 
Jacques  de  Beaufranchet,  chevalier,  sei- 
gneur d'Ayat,  de  Grandmont  et  de  Beau- 
mont.  Elle  en  a  eu  d'a'oord  une  fille,  née 
au  château  d'Ayat  le  30  octobre  1756 
l'onze  mois  après  son  mariage)  et  un  fils, 
Louis-Charles-Antoine,  celui  dont  s'oc- 
cupe l'auteur  de  l'ariicle  du  30  octobre 
dernier,  également  né  au  château  d'Ayat, 
le  22  novembre  1757,  c'est-à  dire  deux 
ans  après  le  mariage  de  ses  parents.  Per 
sonne  n'a  donc  le  droit  de  dire  que  Louis 
Charles-Antoine  n'était  pas  fils  de  son 
père.  Ceci  bien  établi,  nous  allons  appor- 
ter notre  contribution  à  la  question  du 
roulement  de  tambours. 

Nous  dirons  d'abord,  ou  plutôt  nous 
répéterons  ce  que  nous  avons  écrit  dans 
Vlntermédinre  du  20  juillet  1912,  à  sa- 
voir que  le  général  de  Beaufranchet  rem 
plissait,  le  21  janvier  1793,  les  fonctions 
de  chef  d'Etat  major  général  de  l'armée 
commandée  par  le  Général  Berruyer.  Au- 
cun écrivain  de  bonne  foi,  et  tant  soit 
peu  au  courant  des  règlements  militaires, 
ne  pourra  admettre  que,  ce  Général  étant 
présent,  son  subordonné  ait  pu  donner  un 
ordre  quelconque,  Si  cet  ordre  a  été  réel- 
lement donné  —  ce  qui  reste  encore  à 
prouver —  il  n"a  pu  l'être  que  par  un  des 
chefs  sous  le  commandement  desquels 
Beaufranchet  se  trouvait,  et  celui-ci,  en 
pareille  circonstance,  n'avait  d'autre  pou- 
voir que  celui  de  le  transm  ttre. 

11  est  un  témoignage,  qui  nous  parait 
de  la  plus  grande  importance,  et  qui 
semble  avoir  échappé  à  l'auteur  de  l'ar- 
ticle du  30  octobre,  c'est  celui  du  Général 
Berruyer  lui-même. 

On  lit  en  effet  dans  les  mémoires  du 
Conventionnel  Choudieu,page  277  :  (Pion, 
éditeur,  1897)  : 

A  la  fin  de  Janvier  1793  je  dînais  chez  le 
Général  Berruyer.  Le  Général  Valence  et  le 
Général  Beurnonville  y  vinrent  à  dire  dans 
la  conversation  qu'ils  n'approuvaient   pas  la 


conduite  de  Santerre.  Mais  Berruyer  les  in 
terrompit  :  on  a  assez  calomnié  ce  pauvre 
Santerre,  et  je  ne  dois  pas  souffrir  qu'on  l'ac- 
cuse de  ce  qu'il  n'a  pas  fait.  S'il  y  a  quel- 
qu'un de  coupable  dans  cette  circonstance, 
ce  n'est  pas  lui,  c'est  moi,  et  c'est  sur  moi 
que  doit  porter  la  responsabilité.  Santerre, 
gui  neit  que  général  de  bru^ade,  n'' avait  pas 
d'ordres  i  donner  la  ou  comviandait  un  géné- 
ral DE  division,  et  c'e:'t  moi  qui  ai  ordonné  le 
roulewenl .  J'ai  cru  bien  faire,  et  je  le  crois 
encore. Telles  furent  les  paroles  de  Berruyer. 
Je  me  fais  un  devoir  de  les  rapporter. 

Voici,  ce  nous  semble,  un  document 
bien  autrement  probant  que  la  note  écrite 
par  M.  Châteauneuf  au  verso  d'une  lettre 
de  Santerre,  base  bien  fragile  pour  écha- 
fauder  une  supposition.  Ce  n'est  rien 
d'affirmer,  il  faut  encore  et  surtout  prou- 
ver, et  comme  d'aulre  part  Santerre  a 
formulé  la  même  revendication  que  Ber- 
ruyer, nous  sommes  d'avis  comme  «  Un 
iniermédiairiste  depuis  1867  »  que  la  ques- 
tion est  et  demeurera  insoluble. 

F.  Arverne. 

«  * 

M.  Léo  Claretie  parle,  dans  sa  chro- 
nique, de  VBvènemeJit,  du  Journal  de 
Liège  : 

Louis  XVI  fut  exécuté  le  21  janvier.  Le 
numéro  du  23  ianvier  contient  un  compte 
rendu  de  sept  ou  huit  colonnes  !  Et  voyez 
comme  les  courriers  étaient  rapidas  :  deux 
jours  après,  l'article  paraissait  à  Liège  !  11 
était  donc  arrivé  le  22  au  soir  ! 

A-t-on  consulté  cet  article  qui  contient 
peut-être  quelque  chose  relativement  au 
roulement  de  tambour  ? 

L'énigme  de  Valmy.  Brunswick. 
Le    vol    des    diamaats    en     1792 

(LXVl,  386.  446,  489,  544).  —  Je  crois 
avoir  répondu  à  la  question  de  la  façon 
la  plus  nette  dans  :  «  Histoire  des  joyeux 
delà  couronne  de  France?»  ;  (Paris -Hachette 
in-4''  1889).  Si  l'un  de  nos  collaborateurs 
désire  quelques  explications  supplémen- 
taires, je   suis  à  sa   disposition. 

Germain  Bapst. 

San  Martino.  La  maison  de  Napo- 
léon à  nie  d'Elbe  (LXVL  282,  40^, 
491). — Je  trouve  le  renseignement  ci-après 
copié  dans  un  volume  intitulé  (Notes  de 
Voyage,  par  N.  J.  Colbert  édité  par  Vic- 
tor Havaid,  1880. 

Corse   13  octobre  1841. 
Entrée  à  Porto-Fei:ajo,  Visite   à  la  maison 


N»  1344  Vol.  LXVI. 

— ^^(,5    , 

de  l'Empereur  ;  on  y  a  conservé  une  partie 
de  son  ameublement  ;  elle  est  occupée  par  le 
gouverneur  de  l'Ile. 

Pèlerinage  à  San  Martino,  maison  de  cam- 
pagne qu'habitait  quelquefois  Napoléon,  à 
une  bonne  lieue  de  Porto-Ferrajo  ;  un  che- 
min de  traverse  mène  à  cette  modeste  mai- 
son où  la  vue  s'étend  sur  la  rade  et  la 
villa. 

Dans  la  salle  à  manger,  peintures  à  fres- 
ques, du  reste  assez  médiocres,  qui  représen- 
tent quelques  scènes  de  la  Campagne 
d'Egypte  ;  Bustes  d'ElisaBacciochi  et  de  son 
mari.  La  maison  appartient  à  Marie-Louise 
qui  la  loue  1000  fr.  par  an. 

Que  de  pensées  assaillent  lesprit  en  visi- 
tant cette  modeste  demeure  I  et  c'est  là  qu'on 
croyait  enfermer  celui  dont  la  couronne  de 
Charlemagne  ceignait  le  front. 

P.  c.  c.  Madame  Vincent. 


Qui  a  brûlé  Moscou  ?  Est-ce  Ros- 
topchine  ?  LXVI.  385,  447'  490-  S4S)- 
—  Peut-être  notre  honorable  confrère  M. 
trouvera-t-il  quelque  chose  d'intéressant 
dans  les  pages  281  et  suivantes  du  3*  volu- 
me de  :  LaRusste  en  i8^p,  par  le  marquis 
de  Custine,  a*'  éd.  Paris,  Amyot,  1843. 

P.  A.  T. 

Thiers  et  Gambetta  :  un  prétendu 
mot   de   Thiers  sur    les    Alsaciens 

(LXVI,  139,  201,  3^0,  493).  --  A  propos 
de  l'affirmation  de  M.  de  ChauJordy, 
(no  du  20  octobre  i9i2),jeme  permets  de 
signaler  le  passade  suivant,  que  je  trouve 
dans  Gtaf  Bismarck  und  seine  Lente,  de 
Moritz  Busch. 

Dans  un  de  ses  propoc  de  table  (Ver- 
sailles 1'^  novembre  1870),  le  Chancelier 
de  fer  s'exprima  en  ces  termes  : 

Thiers  avait,  au  cours  de  la  conversation, 
voulu  parler  des  provisions  de  vivres  se 
trouvant  alors  à  Paris.  Je  l'ai  alors  interompu 
en  disant  :  a  Pardon,  nous  sommes  mieux 
informés  que  vous,  qui  n'avez  passé  qu'un 
seul  jour  dans  la  ville.  Ils  ont  des  vivres 
jusqu'à  fin  janvier  »  —  M  fallait  voir  la 
figure  étonnée  qu'il  fit  !  Or,  je  n'avais 
essayé  que  de  lui  tirer  les  vers  du  nez  (auf 
den  Z'thn  gefvhH=Xo\iché  la  dent  sensible), 
et  son  étonnement  me  montra  qu'il  n'en 
était  rien. 

2  Novembre.  «  C'est  un  homme  intelli- 
gent et  aimable,  spirituel,  mais  il  n"a  rien  du 
diplomate,  il  est  trop  sent'mental  pour  ce 
métier-là.  »  —  "11  ne  vaut  rien  comme  né- 
gociateur, pas  même  comme  maquignon  ». 
—   On  le  stupéfie   facilement,    il   trahit    ses 


L'INTBRMËDIAIRB 


596 


sentiments  et  se  livre.  J'en  ai  appris  bien 
des  choses,  et  entre  autres,  qu'ils  n'ont  là- 
bas  que  pour  trois  ou  quatre  semaines  d'ap- 
provisionnement complet  ». 

D^  VOGT. 


Femmes  à  destination  de  Mada- 
gascar (LXVI,  23s,  3Sî)-  -  L'hospice 
de  la  Salpètrière  fut,  dès  son  origine, 
destiné  spécialement  aux  pauvres  femmes. 
Vers  1684,  on  construisit,  au  centre  de 
l'hôpital,  la  prison  de  la  Force  où  étaient 
détenues  les  mcorrigiblcs. 

Les  filles  envoyées  en  Amérique  en 
1680,  n'étaient-elles  donc  pas  plutôt  des 
orphelines  ou  des  pauvres,  que  des  filles 
de  mauvaise  vie  ? 

La  sœur  St-joseph  (Mlle  de  Laferrière, 
dont  il  est  question  dans  les  notes  de  M. 
Tesson  citées  par  notre  collaborateur  L. 
Capet),  ne  fit  pas  le  voyage  de  Madagas- 
car en  i666.  C'est  en.;.^73,  qu'elle  accom- 
pagna 16  filles  à  Madagascar  Plusieurs 
de  ces  malheureuses  moururent  peu  de 
mois  après  leur  arrivée  ;  d'autres  périrent 
dans  le  massacre  de  Fort-Dauphin  en 
1674,  et  les  survivantes  cherchèrent  un 
refuge  sur  la  côte  d'Afrique.  La  sœur 
Saint  loseph  se  retira  à  Chaul,  côte  de 
Malabar,  d'où  elle  revint  à  Paris,  comme 
l'indique  l'ancien  registre  de  la  Salpè- 
trière, à  la  date  du  30  septembre  1680. 

L'expédition  de  1666  se  composait  d^ 
200  personnes,  équipages  compris.  De  c^ 
nombre,  400  moururent  durant  la  tra- 
versée, et  200  autres  étaient  in-exttemi^ 
à  leur  arrivée.  Des  32  femmes,  27  étaient 
mortes.  Outre  les  célibataires,  on  avait 
ainsi  embarqué  plusieurs  familles  sur  le 
vaisseau  amiral,  le  «  Saint-jean  ».  Ceci 
explique,  à  mon  avis,  la  présence  d'un 
certain  nombre  de  filles  de  14  à  15  ans, 
qui  n'avaient  peut  être  pas  été  tirées  de 
l'Hôpital  général.  Ma  question  avait  pour 
but  de  préciser  les  passagères  de  la  Hotte 
du  marquis  de  Mondcvergue.  L'ancien  re- 
gistre de  la  Salpètrière,  à  la  date  1666 
(février  ou  mars)  pourrait  nous  renseigner 
sur  ce  point.  Mais  ou  se  trouve  ce  regis- 
tre actuellement? 

Les  archives  de  la  Compagnie  des 
Indes  Orientales  révéleraient  peut-être  les 
noms  des  passagers  des  diverses  flottes 
expédiées  à  Madagascar  au  xvii°  siècle. 
Où  se  trouvent-elles?  D'' P. 


DBS  CHBRCHBURS  BT  CURIEUX 


10  Novembre  1919. 


597 


598 


Rue  desMalades'^LXVI,38g,494). — 

Il  s'agit  sans  doute  de  la  ville  de  Lille,  où 
une  rue  des  Malades  a  existé  jusqu'à  la 
Révolution,  époque  à  laquelle  elle  prit  le 
nom  de  Paris  qu'elle  porte  encore.  C'était 
alors  la  plus  importante  de  la  ville. 

Pierre  T. 

* 
«  * 

La  même  question  a  été  posée  par 
moi,  et  probablement  pour  le  même  mo- 
tif, dans  la  très  intéressante  Chronique 
Médicale  que  dirige  notre  collaborateur 
le  docteur  Cabanes  (XVII,  372  r""  Juin 
i9io).Un  libraire  de  Roubaix  m'avait  en- 
voyé un  ex-libris^  simple  étiquette  typogra- 
phiée,  portant  ces  quelques  mots  : 

LE  FEBVRE 
Rue  des  iMalades. 

De  nombreuses  réponses  parvinrent  a 
la  Chronique,  signalant  à  Lille  et  dans 
plusieursvilles  belges  (Bruxelles,  Tournai, 
Malines,  Huy;  des  rues  de  ce  nom  exis- 
tantes ou  disparues,  qui,  toutes,  condui- 
saiejit  à  un  hôpital,  on,  le  plus  souvent,  à 
une  léproserie, 

le  reproduis  une  de  ces  réponses,  celle 
du  docteur  G.  Dutilleul  : 

Jadis  la  rue  de  Paris,  la  porte  de  Paris  et 
le  faubourg  de  Paris,  à  Lille,  s'appelaient 
rue  des  Malades,  porte de%  Malades, faubourg 
des  Malades.  J'ai  connu,  dans  mon  enfance, 
la  rue  des  Morts,  la  rue  des  Os  rongés .... 

11  subsiste  encore  une  «  courette  »  au 
cœur  du  vieux  Lille,  qui,  bien  que  grouil- 
lante de  vie,  porte  le  nom  peu  engageant  de 
cour  des  Trépassés . 

Quant  à  l'origine  de  ces  dénominations, 
elle  est  facilement  explicable. 

La  rue  des  Malades  conduisait  à  une  ma- 
ladrerie  (maison  des  Lépreux),  située  au  tau- 
bourg  des  Malades,  et  qui  disparut  en 
1637. 

La  rue  des  Morts  et  celle  des  Os  rongés 
occupaient  l'emplacement  d'un  de  ces  cime- 
tières qui  jadis  entouraient  les  églises. 

Le  nom  de  Cour  des  T.rèpnssés  z.  sans  doute 
la  même  origine. 

L'Ex-libris  envoyé  à  M.  B.  doit  provenir 
d'un  Lillois  et  être  antérieur  à  la  Révolution. 
Le  nom  de  Lefehvre  est  en  effet  très  répandu 
à  Lille,  et  la  rue  des  Malades  n'a  perdu  son 
nom  qu'à  la  Révolution.  » 

Il  me  faut  renoncer  à  reproduire  d'au- 
tres réponses  fort  documentaires,  dont 
une  d'un  savant  lillois,  M.  L.  Quarré- 
Prévost.  On  les  trouvera  dans  les  années 
1910  et  1911  de  la  Chronique  /Médicale. 

F.  Bargai.lo. 


Château  Villain  (LXV;LXVI.  59).  — 
Cechef-lieude  canlonest  situésurla  rivière 
l'Aujon,  c'est  pourquoi  on  l'a  appelé  Ville 
surAujon  et  non  Ville  sur  Laujeon, comme 
l'orthographie  le  sergent  Fricasse.  La 
substitution  du  nom  de  Ville  sur  Aujon  à 
celui  de  Châteauvillain  se  trouve  aux 
actes  de  l'Etat  civil  de  la  commune,  du  i^' 
octobre  1793  au  11  juillet  1815.  Aux  re- 
gistres des  délibérations  du  Conseil  mu- 
nicipal on  ne  parait  pas  avoir  observé 
aussi  strictement  qu'aux  registres  de 
l'Etat  civil  la  dénomination  nouvelle.  Une 
délibération  du  Conseil  municipal  en  date 
du  27  juillet  1793  se  termine  par  la  men- 
tion :  «  Fait  et  délibéré  à  la  maison  de 
Ville  sur  Aujon  »,  mais  une  autre  du  13 
octobre  de  la  même  année  commence  par 
ces  mots  :  «  Le  Conseil  municipal  de 
Châteauvillain  » .  Dans  une  délibération 
du  Conseil  municipal  du  12  mai  1814 
figure  une  adresse  au  Koi  Louis  XVIII  et 
dans  cet  écrit  on  lui  demande  notamment 
de  réintégrer  la  commune  dans  son  ancien 
nom  de  Chateauvillam  «  qui  était  le  nom 
d'un  Duché  ».  Est-ce  à  la  suite  de  cette 
adresse  que  le  nom  de  Châteauvillain  a 
prévalu  ?  En  tout  cas  des  recherches  effec- 
tuées à  Châteauvillain,  il  résulte  que  cette 
commune  a  été  nommée  Ville  sur  Aujon, 
de  1793  à  181 5.  YsEM. 

Famille  Barade  (LXVI,  284,  453). 
—  Est-ce  Barade  ou  Baratte  ?  Il  existait 
dans  les  Landes  une  ancienne  famille  Ba- 
ratte titrée  et  vivant  noblement.  S'il  était 
question  de  cette  dernière,  nous  pourrions 
fournir  quelques  données  généalogiques 
intéressantes.  Auribat. 

La  mort  du  conventionnel  Cour- 
tois (LVII  ;  LXVl,4S4).  —  L' Intermédiaire, 
dans  son  numéto  du  10  mars  igo8,  coL 
381  à  384,  nous  donne  un  article  très 
détaillé,  signé  Jacques  de  Bartier,  dans  le- 
quel est  reproduit  le  texte  intégral  de 
l'acte  de  décès  de  Courtois. 

Il  est  aussi  question,  dans  cet  article, 
du  fils  de  ce  conventionnel,  auquel  il 
laissa  ses  suprêmes  instructions,  en  lui 
remettant  certains  documents  relatifs  à 
de  prétendus  secrets  d'Etat. 

Victor  Deséglise. 

Portrait  par  Guéri n  à  identifie 

(LXVI,  439),  —  11  doit  s'agir  du  portrai 


V  1344    Vol.  LXVI 

599     

de  Jean-Georges  Noverre,  né  à  Paris  le  zg 
août  1727,  mort  à  Saint-Germain-en-Laye 
le  iq  novembre  1810,  d'après  Tardieu 
{Dictionnaire  iconographique  des  Parisiens, 
Herment  1885,  col.  22s),  qui  cite  un  por- 
trait in-8  ovale  de  ce  niaitre  de  ballets, 
signé  B.  Roger  se.   Guérin  del. 

Dans  ses  lettres  sur  la  danse,  publiées 
en  1767,  Noverre  exposait  de  quelle  ex 
tension  prodigieuse  était  susceptible  Tart 
chorégraphique  en  s'alliant  à  la  panto- 
mime et  en  exprimant  d'une  manière  va- 
riée les  passions  et  les  affections  de  l'âme. 
Cette  substitution  de  conceptions  drama 
tiques  aux  ballets  dénués  d'invention  et 
monotones  dans  leur  symétrie  qui  plai- 
saient alors,  fut  rapidement  appréciée  ; 
Noverre  eut  le  titre  de  maître  des  ballets 
en  chef  de  l'Académie  royale  de  musique 
et  fut  ordonnateur  des  fêtes  du  Petit  Tria- 
non  (Voir  Michaud,  Biogiaphic  universelle 
t.  XXXI  p.  94).  Ceci  correspond  assez 
bien  aux  vers  qui  figurent  sous  le  por- 
trait en  question. 

C.  Dehai  . 

Lanes,  seigneur  huguenot  (LXVI, 
486)  —  Comme  le  pense  le  collabora- 
teur Saint-Saud,  la  France  protestante  de 
Haag  renferme  un  article  sur  la  famille 
qui  l'intéreî-se.  XVI  B. 

[XVI  B  a  eu  l'amabilité  de  recopier  cet 
article.  Nous  ne  le  publions  pas,  parce 
qu'il  est  facile  à  trouver  dans  un  ouvrage 
de  grande  [bibliothèque  publique,  qu'ilest 
un  peu  long,  et  qu'il  intéresse  particuliè- 
ment  l'auteur  de  la  question,  qui  le  rece- 
vra avec  gratitude.  Nous  lui  avons  trans- 
mis le  manuscrit]. 

* 
•  * 

La  France  protestante  de  Haag  men- 
tionne seulement  Guy-Odet,  dans  l'inté- 
ressant article  qu'elle  consacre  à  Henri  de 
Lanes,  seigneur  de  Saint- Michel,  fils  du- 
ditGuv-Odet  et  d'Anne  de  Gontaut-Biron  ; 
lequel  Henri  s'est  fait  connaître  par  son 
dévouement  au  duc  de  Rohm  Pendant  la 
dernière  guerre  civile.  Lab. 

Mêmes  réponses  :  V.  A.  T.  ;   (2.  N. 

Famille  Le  Peletier  de  Saint- 
Fargeau  (LXVI,  ^y-,)-  —  Les  Le  Pele- 
tier et  non  Le  Pelletier,  des  Forts,  de 
Saint-Fargeau,  de  Rosanbô  et  d'Aunay 
sont  tous  de  la  même  famille  de  parle- 
mentaires.   Mais    les  documents  sur  eux 


L'iNTfiKMfiDIAlKJH 


600 


sont  rares  et  difficiles  à  obtenir  ;  pourtant 
ils  sont  encore  représentés.  Si  on  veut 
consulter  LaChesnaye-Desboisà  la  Biblio" 
thèque  Nationale,  on  trouve  toutes  les  pa- 
ges consacrées  aux  Le  Peletier,  arrachées- 
Ce  que  je  crois  savoir  sur  la  question, 
c'est  que  Louis  Michel,  le  conventionnel, 
la  victime  du  garde  du  corps  Paris,  et 
Ferdinand-Louis-Félix, n'étaient  que  demi- 
frcres.  Leur  père,  Michel-Etienne,  baron 
ou  comte  de  Saint-Fargeau,  avait  été  ma- 
rié d'abord  à  Suzanne  ou  Louise  de  Beau- 
pré et  ensuite  à  Louise-Adélaïde  Randon 
de  Massane;  Louis-Michel  était  né  du  pre- 
mier mariage  et  Félix  du  second. 

Je  serais  très  obligé  à  mes  collègues  de 
V Intermédiaire  s'ils  pouvaient  me  dire  de 
quel  Saint-Fargeau  les  descendants  de  Le 
Peletier  des  Forts  portaient  le  titre  ;  il  y 
en  a  un  en  Seine-et-Marne  et  un  autre 
dans  l'Yonne.  E    Grave. 

Famille  Paynel  «en  Normindie 
(LXVI,  4?6).  -  Philippe  Paynel  d'Ham- 
bye  ou  d'Hambnye  fut  abbesse  de  Mau 
buisson  vers  1362.  Elle  était  fille  de 
Foulques  et  d'Agnès  de  Cantelou,  nièce 
de  Blanche  d'Avaugour.  Elle  mourut  le 
28  janvier  130)0,  c'est-p-dire  1391.  Je  ne 
connais  ni  les  armes  de  ces  Cantelou,  ni 
celles  d'Avaugour.  E.  Grave. 

Pinet,  délégué  aux  armées  (LXV, 
3^S,  429}.  —  Un  essai  de  réhabilitation 
du  féroce  conventionnel  Pinet  a  paru  en 
iq07.  sous  le  titre  : 

Le  Conventionnel  Pinet,  d'après  ses  mé- 
moires inédits,  par  Henri  Labroue,  in-8» 
de  122  pagts.  C'est  d'ailleurs  la  repro- 
duction de  5  articles  insérés  dans  la  Révo- 
lution française^  année  1906. 

Naturellement  Pinet,  dont  on  imprime 
un  s<  Mémorandum  »  manuscrit,  se  donne 
libéralement  un  blanc-seing  à  peu  près 
complet.  Il  s'y  exerce  au  rôle  de  barbier  ; 
mais  à  vouloir  blanchir  un  nègre  un  bar- 
bier perd  son   savon. 

Rendons  cependant  justice  à  M.  La- 
broue :  il  a  voulu  contrôler  l'audacieux 
pan<g\rique  de  son  grand  parent  en  re- 
courant à  de  nombreuses  références. 
Heureusement  pour  .son  héros,  il  ne  fait 
que  les  indiquer  :  car  nous  ne  connaissons 
pas  de  réqinsitoire  plus  sanglant  contre 
Pinet,  que  la  correspondance  de  Pinet  lui- 
même  avec    le  Comité  de    Salut  Public, 


DES  CHERCHEURS  ET   CURIEUX 


10  Novembre  19 (a 


boi 


602 


correspondance  tout  au  long  imprimée 
dans  le  Recueil  de  M.  Aulard.  11  faut  donc 
nécessairement  recourir  aux  sources, 
c'est-à-dire  au  Recueil  dêi  Actes  du  co- 
mité de  Saluf  Public  pour  jup,er  l'homme 
et  rapprécic  à  sa  juste  valeur. 

AURIBAT. 

La  reine  Pomaré,  eMabille  (LXV, 
591).  Henri  Heine,  dans  son  Romancero 
publié  fin  iSi,!.  parle  delà  Reine  Po- 
maré. Dans  la  quatrième  et  dernière  p  é- 
sie  qu'il  consacre  à  la  danseuse,  il  en  dé- 
crit la  mort,  auprès  de  sa  mère,  dans 
une  pauvre  mansarde,  et  son  enterre- 
ment. Le  cercueil  n'aurait  été  suivi  que 
du  coiffeur  de  la  morte,  et  de  son  chien, 
recueilli  dans  la  suite  par  Rose  Pompon, 
la  rivale  de  la  Reine  Pomaré. 

Dans  la  Kristische  Geiamnitauig.ibe  pu- 
bliée par  Karpelcs  à  Berlin  (1887)  cette 
poésie  se  trouve  t.  II.  p.  284. 

NlMRAK. 

* 
»  ♦ 

Le  journal  La  Liberté,  qui  chaque  jour 
reproduit  les  Nouvelles  d'il  y  a  qua- 
rante ans,  publiait,  dans  son  numéro  du 
14  juin  1Q09,  les  lignes  suivantes  : 

Liberté  du  14  juin  1869  : 

La  reine  Pomaré,  qui  fut,  vers  1845,  une 
des  célébrités  des  bals  publics,  vient  de  mou- 
rir misérablement,  à  l'âge  de  cinquante-huit 
ans,  dans  un  garni  de  la  rue  Maubuée.  qu'elle 
louait  15  francs  par  mois. 

Alimno. 

Une  fabrique  de  fausses  lettres  de 
Mme  de  Pompadour  (LXVI,  526). 
—  Pour  mettre  en  garde  les  amateurs 
novices  d'autographes  de  Mme  de  Pom- 
padour, voici  une  lettre  authentique,  qui 
donnera  idée  du  style  et  de  l'orthographe 
de  la  marquise.  L'écriture  est  fine,  assez 
régulière;  l'orthographe  est  du  temps. 
Dans  une  autre  lettre  elle  dit  que  s'étant 
évanouie  on  l'a  tirée  derrière  un  rido.  Il 
n'y  a  presque  pas  de  majuscules,  pas  rie 
ponctuation,  et  pas  toujours  d'apostro- 
phes. Des  lettres  que  je  connais,  pss  une 
n'es:  signée.  Sa  correspondante  est  la  com- 
tesse de  Lutzelbourg.  La  date  doit  être  le 
26  avril  1748,  date  de  la  mort  de  Marie- 
Thérèse  de  France. 

Il  y  a  vn  siècle  que  je  ne  vous  ay  écrit  grande 
femma.  Les  spectacles  milles  l'/ooses  ditïerentes 
m'en  ont  emjé-hé.  le  malheur  du  pauvre  Coigny 
nous  a  'mis  au  desespoir  Le  roy  en  a  été  u  me  taire 


peur  il  a  donné  des  marques  de  son  bon  cœur 

dont  j»y  craint  les  suilles  pour  sa  santé  heu'eu 

senif-nt  la  raison  a  pris  le  dessus,  après  avoir 

attendu  longtt'mps  mi-  votre  fi  ère  je  lay  vu 

hier     ous  t.'av.ons  pu  nous  joindre  il  ma 

donne  vn  beau  Livre  et  ma  promis  de  vous 

retirer  sa  m.iion  afin  de  vous  forcer  a 

revtnir  icy  vous  ju^re  aisément  que  je 

lui  en  scais  bon  gré  jay  abandonné 

tiilou  et  ay  achepté  a  la  olace  L.a  Cède 

petit  cdalean  près  dicy  assez  joly  jav  besoin 

de  mes  basins  man'lés  moy  ce  que  je  vous 

dois  car  je  n'en  scais  plus  rien   jay  parle 

à  mr  de  levolle  il  ma  dit  que  sil  luy  éloit 

possible  il  vou^  oteroit  le  magasin 

La  petite  madame  vient  d^  mouiir  des  dents 

mr  le  Dauphin  s'en  désole  bmsoir 

grand  femme  vous  connaisses  mon 

aniitie 

ce  26  a  madame 

Madame  La  comtesse  de  Lusbourg 
a  Strasbourg. 

P.  c.  c.  E.  Gravf. 


Le  lieutenant-colonel  Stoflfel  et 
l'histoire  des  Cent  Jours  (LXVI  , 
435).  —  Le  colonel  baron  Eugène-Geor- 
ges-Henri-Céleste Stofifel,  commandeur  de 
la  Légion  d'honneur,  naquit  à  Paris  le 
14  mars  1821, entra  à  l'Ecole  polytechni- 
que en  1839,  à  l'Ecole  d'application  de 
Metz  en  1841,  fit  la  guerre  de  1859 
comme  officier  d'ordonnance  du  général 
Niel,  fut  fait  chef  d'escadron  d'artillerie 
en  1862,  et  devint  officier  d'ordonnance 
de  l'Empereur.  Attaché  militaire  à  Berlin, 
il  adressa  de  1866  à  1870  des  rapports 
devenus  célèbres  sur  la  situation  militaire 
en  Prusse.  Son  rôie  pendant  la  guerre  de 
1870-1871,  sa  déposition  un  peu  confuse 
dans  le  procès  du  maréchal  Bazaine  ne 
sont  point  de  mon  sujet,  je  rappellerai 
seulement  qu'une  instruction  fut  ouverte 
contre  lui  mais  abandonnée  comme  on 
!e  put  apprendre  par  le  Journal  officiel 
du  19  octobre  1871.  Stofïel  qui  était  co- 
lonel du  21  juin  1870  se  présenta  sans 
succès  à  la  députation  en  1871  et  rentra 
dans  la  vie  privée. 

Son  œuvre  archéologique  comprenant 
les  travauxexécutésà  Alesia,  Alise  Sainte- 
Reine, Côte  d'Or, sa  collaboration  à  la  Vie 
de  César,  de  Napoléon  III,  je  me  borne 
à  la  signaler  ici.  J'ajoute  :  Napoléon  III 
lui  légua  tous  les  papiers,  documents  et 
matériaux  accumulés  par  de  nombreux 
érudits  comme  préparation  à  l'œuvre  im- 
périale et  qui  avaient  une    grande  valeur. 

L'auteur  n'avait  conduit  son  héros  que 
jusqu'au  passage  du  Rubicon,  le  colonel 
Stoffel  ajouta  deux  derniers  volumes  :  le 
[):'ôinier  va  du  Rubicon  à  Pharsale,  le  se- 
cond se   termine   au    drame  des  Ides  de 


I 


M» 


>344- 


Vol. 


LXVl. 

-     603 


L'rNTHRMÈDîAlRB 


—     604 


Mars  Ce  complément  est,  paraît-il,  une  j 
œuvre  des  plus  considérables  ;  publiée 
avec  atlas  par  rimprimerie  nationale  en 
1887,  elle  fut  très  appréciée  en  Allemagne. 
Mais  en  France  elle  est  à  peu  près  incon- 
nue, Stotïel  qui  passait  pour  avoir  le  ca- 
ractère assez  difficile  et  fantasque,  ayant 
conservé  l'édition  presque  entière.  Je  n'ai 
appris  l'existence  de  l'ouvrage  que  par  un 
article  de  M  Salomon  Reinach,  Revue  ar- 
chéologique, mars  avril  1907.  La  mort  de 
l'auleur  survenue  à  Paris  le  5  avril  1907, 
at-elle  rendu  libres  les  exemplaires  rete- 
nus captifs  ? 

Pendant  les  dix  dernières  années  de  sa 
vie,  le  colonel  StolTel  étudia  la  campagne 
de  1815,  sur  laquelle,  selon  lui, le  dernier 
mot  n'était  pas  dit.  11  avait  fait  graver 
par  M.  Ehrard,  quarante  pierres  lithogra- 
phiques donnant  les  mouvements  et  posi- 
tions des  armées. 

Comme  le  colonel  est  mort  sans  alliance 
et  intestat, le  manuscrit  de  1815  joint  à  un 
volumineux  dossier  de  notes  et  papiers, 
parmi  lesquels  se  trouvait  le  journal  in- 
time de  son  père,  le  colonel  Augustin- 
Antoine  S.  qui  commandait  un  régiment 
d'infanterie  dans  le  corps  de  Vandamme, 
armée  de  Grouchy,  ensemble  les  qua- 
rante pierres  lithographiques,  fut  mis  en 
vente  par  les  héritiers.  Le  tout  a  été  ad- 
jugé le  12  juillet  1907,  en  Tétude  de 
M"  Saucier,  notaire  à  Paris,  à  M.  Chop- 
pin  de  janvry.  La  bibliothèque  avait  été. 
vendue  dès  le  13  juin.  H.  CM. 


♦  * 


11  y  a  peu  de  temps  encore,  le  manus- 
crit visé  ci-dessus  était  entre  les  mains  de 
la  famille  Choppin  de  Janvry  qui  habite 
Versailles.  1-  L. 

»  * 
Le  colonel  Stoflfel  avait  passé  de  lon- 
gues années  h  préparer  un  travail  sur 
IVaterloo.  Le  livre  complètement  achevé 
était  encore  maniiscrit  ;  il  a  été  vendu  en 
adjudication  publique  par  ministère  de 
M«  Albert  Saucier,  notaire,  à  Paris,  le 
J2  juillet  1907. 

En  réponse  à  la  demande  relative  à 
«  L'histoire  militaire  des  Cent  jours  »  par 
le  lieutenant-colonel  Stoftel.  il  est  à  ma 
connaissance  que  le  manuscrit  du  colonel 
Stoffcl  relatif  à  la  campagne  de  iBis  et 
plus  particulièrement  à  la  bataille  de  Wa- 
terloo, a  été  acquis   par  M.  Choppin  de 


Jauvry,  aujourd'hui  décédé  et  est  entre  les 
mains  de  ses  héritiers  qui  habitent  Ver- 
sailles. J'ignore  quelles  peuvent  être  leurs 
intentions  quant  à  la  publication  de  cet 
ouvrage. 

P.V. 

Titres    sous    l'Ancien    Régime 

(LXVl, 93,  361,461,^14).— Lesiéflexions 
de  notre  confrère  G. de  la  Véronne,  sur  les 
titres  de  noblesse,  sont  d'une  justesse  par- 
faite si  l'on  se  place  au  point  de   vue  des 
Français,  qui  s'obstinent  à  ne  regarder  les 
choses    qu'à   travers     les    souvenirs    de 
l'Ancien  Régime    et  de    la   Révolution. 
Mais,    puisque   la    question    revient    fré- 
quemment dans  V Intermédiaire  et  qu'elle 
est  certainement  en  France  poUr  un  tiers, 
ou  pour  une  moitié,  le  fonds  de   la  poli- 
tique actuelle,  il  serait  peut-être  utile  de 
la  montrer  sous  un  aspect  plus  général. 
A  la  regarder  de   près   elle  n'a   pas  l'im- 
portance qu'on   lui  âtlàche  et  ne  mérite 
pas  lanimosité  qu'elle  soulève.  Les  titres 
sont  peu  significatifs  :  c'est  le  classement 
social  qui  seul  oflre  de  l'intérêt  et  qui  de- 
meure  assez  indépendant  des  privilèges 
de  noblesse  ou  des  droits  de  bourgeoisie. 
Ecartons  d'abord  une  erreur  fréquente. 
Si  l'on  étudie  l'organisation  de  l'Inde  an- 
glaise, on  a  la  surprise  de  constater  que 
les    fameuses    grandes   castes    du    pays, 
—     Brahmanes,    Kchâtryas,    Vaicyas   et 
Soudras  — auxquelles  l'opinion  compare, 
exceptis   excipiendis,  nos  prétendues  cas- 
tes de  l'Ancien   Régime,   —  Clergé,  No- 
blesse, Bourgeoisie,  Peuple,  —  n'existent 
pas  en  réalité  ;  qu'elles  représentent  sim- 
plement l'idéal  de  la  littérature  sacerdo- 
tale ;  que  les  vraies  castes,  étrangères  en 
principe    à   la    vie    publique,    infiniment 
nombreuses,  sont  les  petits  groupes  de  la 
vie    privée,   pour  laquelle    surtout    ils  se 
créent,  unis  par  la  possibilité  du  mariage 
et  par   lintimité  des   repas,  le  connubium 
et  le   convivium  :  et,  finalement,   que  ces 
castes   ont  toujours  été  bien   moins  im- 
muables qu'on  ne   l'imagine  chez  nous. 
M.  Bougie   a   voulu  récemment  traiter  le 
sujet  {Essais  sur  le  Résrime  des  Castes,  Pa- 
ris, Alcan,  1908);  mais  il  ajoute  à  la  caste, 
pour  élément  essentiel,  l'hérédité  du  mé- 
tier, parce  que  cette  hérédité  ayant  dis- 
paru en  Occident,  il  se  propose  de  mon- 
trer que  les   castes  n'y  ont   plus  raison 
d'être.  Le  livre  de  M.  Sénart  {Les  Castes 


DBS  CHERCHEURS  HT  CUKîEUX 


605 


10  Novembre  191 2 


606 


dans  l'Inde.  Paris,  Leroux,  i8q6)  et  les 
travaux  d'autres  indianistes  prouvent,  au 
contraire,  que  le  métier  n'est  qu'un  motif 
de  caste,  comme  parmi  nous  l'esprit  de 
corps  professionnel  ;  et  les  Hindous  qui 
viennent  en  Europe  n'hésitent  pas  à  re- 
trouver chez  nous  l'équivalent  de  leurs 
castes,  en  s'appuyant  uniquement  sur 
nos  relations  sociales.  Yule  et  Burnell, 
dans  leur  Glos'^aire  Anglo-Indien  (Lon- 
dres, Murray,  rééd.,  1886.  V.  «Caste») 
font  même  remarquer  que  ce  mot  est  en- 
tré couramment  dans  le  langage  politique 
de  la  France,  sans  établir  à  cet  égard  de 
distinction  spéciale. 

Ouoi  qu'il  en  soit,  dans  l'Inde,  pour 
monter  en  grade,  on  prend  un  chapelain 
et  un  cuisinier  brahmanes  (Maine,  Ancien 
Droit  et  Coutume  primitive,  Paris,  Thoiin, 
1884,  pp,  378-9),  ainsi  qu'en  France  on 
se  donne  un  titre  ou  une  particule,  en 
Angleterre, un  «  crest  »  usurpé,  (P.  G.  Ha- 
merton,  French  and  Engîish,  éd.  Tauch- 
nitz,  t.  II,  p,  n6).  Si  l'on  est  Musulman, 
on  enterme  les  femmes,  (Quarterly  Rev.^ 
avril  1899,  p.  328);  tout  au  moins  chez 
les  Arabes  riches  commencent-elles  d?  se 
voiler  la  figure  {Tour  du  Monde,  1882, 
t.  1,  p.  4)  :  coutume  qui  n'est  point  essen- 
tielle à  l'Islam,  comme  chacun  sait,  mais 
qui,  par  les  gynécées  de  Byzance,  re- 
monte à  ceux  de  la  vieille  Athènes,  sinon 
aux  harems  de  Ninive  et  de  Suse.  Bref, 
nous  apercevons  ici  comme  une  ouverture 
pour  étudier  ce  que  l'on  a  spirituellement 
appelé  la  «  Capillarité  sociale  »  ;  mais  il 
faudrait  un  volume  pour  la  montrer  sous 
toutes  ses  apparences,  et  nous  devons 
nous  borner  à  quelques  courtes  conclu- 
sions. 

Prenons  une  de  ces  vastes  maisons-ca- 
ravansérails qui  forment  nos  grandes 
villes  modernes,  peuplées  de  gens  de  toute 
provenance.  La  couleur  des  locataires  in- 
diquera sommairement  la  race  ;  leur  na- 
tionalité désignera  la  classe,  le  groupe 
auquel  ils  doivent  allégeance,  toute  opi- 
nion intellectuelle  à  part  ;  la  religion^  par 
contre,  représentera  le  parti,  auquel  on  se 
rattache  par  un  lien  d'esprit  et  de  cro- 
yances ;  l'étage  correspondra  d'assez  près 
à  la  classe  sociale  ;  et  l'appartement  ren- 
fermera la  caste,  Pintimité  du  petit  groupe 
formé  par  les  parents  et  les  amis.  Ces  di- 
visions pourront  s'entremêler  quelque 
peu,  des  rapprochements  individuels  pour- 


ront s'opérer,  mais  rarement.  Si,  par  un 
coup  du  sort,  toutes  les  différences  exté- 
rieures, artificielles,  d'Etat,  de  dénomina- 
tion religieuse,  de  costume,  étaient  sup- 
primées, les  séparations  fondamentales 
n'en  subsisteraient  pas  moins,  comme 
persistent  en  France  les  séparations  pro- 
vinciales, bien  que  les  noms  de  nos  an- 
ciennes provinces  ne  se  rencontrent  plus 
dans  notre  nomenclature  administrative. 

11  existe,  donc,  entre  autres  divisions, 
des  classes  sociales,  —  je  ne  dis  J)as 
supérieures  l'une  à  l'autre  en  valeur 
absolue,  mais  en  fait  trè^  réelles  —  mar- 
quées par  une  psychologie  très  distincte  : 
même  aux  Etats-Unis,  les  sociologues  en 
conviennent.  C'est  d'abord  la  classe  où 
l'on  vit  surtout  d'un  travail  manuel,  d'or- 
dinaire au  jour  le  jour  ;  puis,  celle  où  l'on 
subsiste  d'un  travail  surtout  intellectuel, 
mais  plutôt  sans  revenu  déterminé,  c'est- 
à-dire  la  classe  où  l'on  s'efforce  d'édifier 
une  fortune  ;  enfin,  celle  où  la  fortune  est 
acquise  où,  si  l'on  travaille  d'une  pro- 
fession définie,  on  considère  moins  le 
traitement  que  le  prestige  de  la  carrière^ 
A  cestrois  classes  sociales  correspondaient 
asscz  exactement  les  trois  classes  laïques 
de  notre  Ancien  Régime,  lesquellesétaient, 
ne  l'oublions  pas,  des  «  classes  »  et  non 
des  «  castes  »,  car  elles  se  subdivisaient 
en  un  grand  nombre  de  castes  familiales, 
dont  les  dernières  de  chaque  classe  s'al- 
liaient et  faisaient  caste  avec  les  premières 
de  la  classe  suivante. 

Il  est  facile  de  comprendre  que  le  chan- 
gement de  fortune  et  de  situation,  pour 
un  citoyen,  amené  chez  lui,  ou  dans  sa 
famille  au  bout  de  quelques  générations, 
—  «  il  en  faut  trois  »,  prétendent  les  An- 
glais, «  pour  former  un  gentleman  »,  — 
une  transformation  d'idées  et  de  senti- 
ments qui  le  font  passer  d'une  classe  à 
l'autre  «  L'année  dernière,  j'étais  un  tis- 
serand » ,  dit  une  chanson  du  Pandjab  ; 
«  cette  année,  je  suis  un  sheik  ;  l'année 
prochaine,  si  le  grain  est  cher,  je  serai  un 
suyud  »  (Sir  John  Strachey,  \  Ivdc,  trad. 
Harmand,  p.  222)  ;  ainsi  devient-on  des- 
cendant du  Prophète. 

*<  Si  l'archevêque  de  Cantorbéry  était 
obligé  de  trimballer  son  baluchon  sur 
l'épaule,  comme  je  fais,  »  remarquait  un 
tramp  aistralien  cité  par  le  Times,  «  il  de- 
viendrait radical  comme  je  suis.  »  Hay- 
ward   raille   doucement   la  duchesse   de 


N-  1344.  Vol.  LXVI. 


s'INTBHMBDIAIRB 


607 


608 


Douglas  qui  invitait  à  sa  table  un  tailleur 
de  Londres,  sous  le  prétexte  qu'il  appar- 
tenait lointainement  à  sa  famille  {«  Vicis- 
situdes of  Families  >»  Seîected  Essavi,  II, 
189-190)  ;  l'humble  artisan  ne  pouvait 
plus  être  de  ce  milieu  ducal,  à  moins  de 
refaire  fortune.  Sous  l'Ancien  Régime,  les 
anoblissements  étaient  faciles  et  fré- 
quents ;  ils  donnaient  forme  et  valeur 
officielles  à  ce  déplacement  de  situation. 
En  Angleterre,  on  estimait  aussi,  — 
c'était  l'avis  de  Robert  Cotton,  (le  fonda- 
teur à  Oxford  de  la  Bibliothèque  Cotto- 
nienne)  de  Robert  Walpole,  et  do  Pitt,  — 
que  tout  citoyen  avant  10.000  livres  ster- 
ling de  revenu  devait  faire  partie  de  la 
Chambre  des  Lords  (Price  Collier,  Bns;land 
and  the  Bnglhh,  London,  Duckworth, 
1909,  p.  67).  En  France,  la  Révolution  a 
supprimé  les  anoblissements,  mais  elle 
n'a  pas  supprimé  les  changements  de 
psychologie  amenés  par  les  changements 
d'intérêts.  Ces  transformations  ont  tou- 
jours assurément  été  moins  rares  que  ne 
voulait  l'admettre  l'ancienne  noblesse  ; 
mais  elles  sont  aussi  sûrement  moins 
rapides  et  nombreuses  que  ne  le  souhaite- 
rait la  démocratie. 

L'erreur  du  Français  est  donc,  tout  en 
protestant  contre  les  distin'^tions  de  nais- 
sance, de  s'obstiner  à  les  maintenir  en- 
vers et  contre  tous  :  le  noble  d'origine,  à 
ses  yeux,  doit  être  clérical  et  réaction- 
naire ;  le  bourgeois,  libéral  et  incrédule  ; 
le  peuple,  révolutionnaire  et  athée.  Il  se 
figure  que  si  Ion  pouvait  démonétiser 
tel  noble  d'apparence  et  prouver  sa  bour- 
geoisie native,  on  l'obligerait  à  rentrer 
dans  le  rang  et  à  marcher  aux  ordres  dos 
chefs,  dans  l'armée  libérale,  contre  la 
droitii  ou  la  gauche,  suivant  les  besoins 
delà  stratégie  politique.  Rêve  enfantin!  Ce 
bourgeois,  classé  comvm  tel  d'après  la 
stratification  de  l'Ancien  Régime,  arrêtée 
ne  varietm  à  la  date  du  4  août  1789,  ne 
fait  plus  partie  de  la  classe  moyenne.  S'il 
cause  avec  un  bourgeois  appartenant  en- 
core manifestement  à  celle-ci.  négociant 
ou  industriel  ordinaire,  ils  ne  s'entendent 
plus.  Le  bourgeois  actuel  s'inquiète  fort 
peu  des  principes  ni  de  l'avenir  ;  il  dé- 
clare —  je  l'ai  entendu  moi-même,  et  les 
lettres  de  M.  Levret  dans  le  Temps  con- 
firment cet  aveu,  —  que  ses  affaires  mar- 
chent fort  bien  ;  <|u'on  aura  toujours  be- 
soin du  drap  qu  il   vend   pour  tailler  des 


culottes,  ou  des  conserves  qu'il  fabrique 
pour  s'approvisionner  de  vivres.  On  sait 
qu'aux  Etats-Unis,  partant  de  ce  scepti- 
cisme, la  classe  mercantile  verse  des  sub- 
sides électoraux  aux  deux  partis,  qui  sont 
assez  absurdes  pour  accepter  cette  im- 
partiale et  des  lors  inutile  offrande.  L'an- 
cien bourgeois,  à  l'inverse,  devenu  pro- 
priétaire ou  rentier,  qui  plante  ou  bâ- 
tit en  vue  de  sa  descendance,  est  plus  sou- 
cieux du  lendemain.  La  différence  est  si 
foncière  que  déjà  l'Ancien  Régime  avait 
l'idée  —  partout  reprise  aujourd'hui  en 
France  et  ailleurs,  -  d'organiser  la  repré- 
sentation provinciale  suivant  les  intérêts 
et  non  d'après  les  «  ordres  >*  de  nais- 
sance. D'autre  part,  j'ai,  plus  d'une  fois 
constaté  que  les  républicains  inclinent 
spontanément  à  décerner  des  titres  nobi- 
liaires au  bourgeois  indépendant,  simple- 
ment parce  qu'ils  le  sentent  en  dehors  de 
la  classe  moyenne. 

En  tout  cas,  je  n'a'i'jàmais  observé  que 
les  titres  pour  les  conservateurs,  ni  les 
rubans  décoratifs  pour  les  démocrates, 
fissent  un  grand  changement  dans  la  si- 
tuation sociale  d'un  citoyen,  —  quoique, 
dit-on,  le  ruban  puisse  devenir  une  bonne 
réclame  pour  développer  la  clientèle 
commerciale,  je  ne  crois  pas  qu'aux  Etats- 
Unis  les  titres  de  juge,  de  général,  ou  de 
colonel,  que  l'on  s'octroie  sans  avoir,  du 
reste  appartenu,  à  la  magistrature  ou  à 
l'armée,  ajoutent  non  plus  sérieusement 
au  prestige  individuel.  Mais  je  ne  serai 
pas  de  la  même  indifférence  pour  les 
noms.  L'idée  du  Français  égalitaire, qu'ex- 
primait naïvement  une  Parisienne  à  Nas- 
sau Senior,  serait  que  tout  le  monde  s'ap- 
pelât d'un  nom  très  ordinaire,  —  Leblanc 
Legris,  ou  Lenoir  ;  peut-être  tolérerait-on 
Leroux,  Lebrun,  Lebleu  ou  Levert  - 
pour  que  nul  n'attirât  l'attention  plus 
qu'un  autre  en  le  présentant,  pour  la  pre- 
mière fois,  dans  le  monde,  j'entendais, 
un  jour,  discuter  ce  problème  des  noms 
entre  deux  savants,  tous  les  deux  mem- 
bres de  notre  Institut,  mais  dont  l'un  ap- 
partenait à  une  célèbre  Université  des 
Etats-Unis.  L'Américain  avait  donné  à 
ses  fils  des  prénoms  sonores,  relatifs  à 
l'iiistoire  de  sa  famille.  «  Après  tout,  > 
disait-il,  «  on  a  un  nom  pour  se  distin- 
guer d'autrui  //.  Absolument.  Il  y  aurait 
de  graves  inconvénients  à  rencontrer  trop 
de  noms  semblables.  Au  contraire,  même 


DBS  GrtKRCHBURS 

609 

dans  le  monde,  il  est  précieux  de  savoir  à  \ 
qui  l'on  s'adresse,  pour  éviter  les  impairs 
et  ne  parler  ouvertement  qu'entre  gens 
de  même  sorte.  Ici,  la  liberté  de  la  cau- 
serie, du  laisser-aller,  chère  à  Montaigne, 
La  Bruyère  (^Caractères,  ch.  V)  et  à  tant 
d'autres,  prime  et  primera  toujours,  heu 
reusement,  le  désir  d'égalité,  je  com- 
prends fort  bien  en  conséquence  cette 
nouvelle  noblesse  républicaine  ou  bour- 
geoise, critiquée  ici  même  assez  verte- 
ment, qui  se  forme  dans  les  noms  de  fa- 
mille par  le  trait  d  union.  Je  n'en  con- 
nais personnellement  aucun  titulaire  ; 
mais  j'accepte  volontiers  qu'il  y  ait  des 
Ernest-Picard,  des  Jouineau-Gambetta, 
et  des  [ules-Simon.  Je  trouve  fort  plai- 
sant de  constater  que  tel  républicain 
sous  l'hmpire,  dont  je  possède  un  auto- 
grapheantimilitaristeà  l'extrême,  ait  laissé 
des  enfants  qui,  aujourd'hui,  écrivent  des 
livres  d'un  militarisme  parfait. 

Quant  au  rêve  de  placer  tous  les  gens 
sur  une  même  ligne  de  départ  au  début 
de  la'vie,  c'est  une  chimère  cornue. D'ail- 
leurs, dit  la  Revue  d' Edimbourg  qui  la  re- 
jette sans  pitié,  «  ceux  qui,  partis  d'en 
bas,  arrivent  au  sommet  ne  valent  guère 
mieux  d'habitude  que  c^.ux  qui  pourraient 
s'y  trouver  naturellement  (janvier  1912  ; 
p.  125).  Et  ïeugénte  vient  renchérir,  en 
demandant  que  dorénavant  toutes  les  fa- 
milles, riches  ou  pauvres,  nobles,  bour- 
geoises, ouvrières  ou  paysannes,  aient 
leurs  annales  ou  leur  dossier,  ce  que  je 
ne  saurais  troD  approuver  pour  ma  part, 
(Quarterly  Rev.,  juillet  1912,  pp.  65-66). 
Non,  nous  ne  marchons  pas  dans  le  sens 
de  la  fusion  démocratique  et  sociale. 

En  résumé,  dites  à  un  Français  :  «  Nous 
ne  pouvons  frayer  ensemble  parce  que 
nous  ne  sommes  pas  de  la  même  caste  » , 
—  il  bondira  de  colère  et  d'indignation. 
Mais  dites-lui  posément  :  «  Nous  ne  pou- 
vons vivre  dans  l'intimité,  parce  que 
nous  n'avons  «  ni  les  mêmes  sentiments, 
«  ni  les  mêmes  idées,  ni  les  mêmes  be- 
«  soins, ni  lesmêmes  croyances  », il  s'incli- 
nera, d'autant  plus  qu'il  s'isole  de  même 
quand  il  y  trouve  intérêt.  Cependant  ce 
sera  la  vraie  cause  des  séparations  so- 
ciales ;  et  je  tire  précisément  la  formule 
d'un  livre  sur  l'Inde. 

Uue  réformation  des  titres  de  noblesse, 
telle  que  sous  Louis  XIV,  ne  changerait 
absolument  rien  aux  situations  présentes. 


HT  CURIEUX                 lo  Kovembre  191  9 
610     


Il  n'existe  point  de  titres  aux  Etats-Unis  ; 
pourtant,  les  relations  y  sont  difficiles, 
distantes  ;  les  politiciens  y  semblent  en 
quelque  sorte  à  l'index,  «  la  politique  et 
la  société  mondaine,  au  grand  dommage 
de  l'une  et  de  l'autre,  n'ayant,  pour  ainsi 
dire,  aucun  rapprochement  »  (Le  Times, 
éd.  hebd.,  9  Août  1912;  p.  622). 

Un  dernier  mot.  En  Angleterre,  la  pai- 
rie est  restée  le  monopole  de  l'aînesse 
dans  les  familles  parce  que  le  Royaume 
insulaire  s'est  trouvé  devenir  naturelle- 
ment une  monarchie  plus  parlementaire 
que  militaire  ;  et,  dans  une  assemblée  dé- 
libérante, il  suffit  qvte  la  famille  soit  re- 
présentée, mais  il  ne  convient  pas  qu'elle 
le  soit  par  plas  d'un  membre  :  voyez 
nos  conseils  municipaux.  La  France  au 
contraire,  avec  ses  frontières  vulnéra- 
bles, n'eut  jamais  trop  d'officiers  :  tous 
les  nobles  furent  enrôlés  au  service  ;  et, 
depuis  la  disparition  du  régime  féodal, 
tous,  aines  et  cadets,  jouant  à  l'armée  le 
même  rôle,  ont  réclamé  les  mêmes  titres 
qui  les  consolaient  de  prendre  leur  re- 
traite avec  une  mince  pension  et  une  sim- 
ple décoration  sur  leur  «  uniforme  de 
capitained'infanterie  :  habit  blanc,  revers 
roses  ou  bleu  de  ciel,  frisure  à  l'oiseau 
royal,  »  —  ce  qui  fut  advenu  à  ces  deux 
contemporains  illustres, Napoléon  de  Buo- 
naparte  et  François  de  Chateaubriand,  si 
l'ancienne  Monarchie  eût  persisté.  (Mém. 
if  Outre- Tombe,  Vl,  8).  Les  mœurs  ont, 
en  matière  nobiliaire  comme  en  bien 
d'autres,  primé  l'ancienne  règle,  ainsi 
que  le  langage  du  peuple  finit  par  pri- 
mer le   Dictionnaire  de  L'Académie. 

Britannicus. 


En  ce  moment  à  la  campagne,  je  n'ai 
pas  sous  la  main  les  éléments  néces- 
saires pour  répondre  à  la  question  de 
M.  de  Rougé  relative  aux  titres  des  fils 
de  pairs  de  France.  ^ 

G.   DE    LA    VÉRONNE. 


Armoiries  à  déterminer  :  3  abeilles 

(LXV1,437,  563).  —  Les  Barberini, de  Flo- 
rence, portent  :  D'azur  a  ^  abeilles  d'ar- 
gent. La  famille  de  Barberin  a  la  même 
origine.  11  est  probable  qu'elle  porte  les 
mêmes  armoiries. 

Faultimont. 


N» 


1344 


Vol. 


LXVI. 
—    611 


L'INTERMEDIAIRE 


61. 


Ex-libris  à  déterminer  :  Tro  s 
têtes  de  paons  (LXV,  392,  563).  —  Ap- 
partient à  la  famille  Ponnat,  en  Dauphine. 
Un  autre  ex-libris  anonyme  de  cette  fa- 
mille, porte  les  armes  de  Ponnat  écarte- 
lées  de  celles  de  Garcin  de  Larnage  :  Ecar- 
ielc  d'ii^ui  et  d'or  ;  à  la  fasce  d'argent, 
brochante  sur  l'écartelé  et  chargée  Je  trois 
molettei  de  sablé.  P.  le  J. 

•  « 
Cet  ex-libris   est  aux  armes  de  la  fa- 
mille   Ponnat    {D  or    à    ^    têtes   de  paons 
d'a^iii)   France.    Je  ne  sais  pas  à  quelle 
province  appartenait  son  possesseur. 

NlSlAR. 

René  Gueuble.  Armoiries  (LXVI, 
6,  117,  25^,  465;.  —  L'édition  de  1847 
de  V Armoriai  du  Nivernais  ayant  été 
annulée  par  celle  de  1879,  il  est  très  exact 
de  dire  que  M.  Nisiar  s'est  trompé  en 
avançant  que  le  nom  de  Gueuble  n'existe 
pas  dans  l'Armoriai  du  Nivernais,  par  le 
comte  de  Soultrait. 

Mais  cette  erreur  est  on  ne  peut  plus 
excusable,  puisque  M.  Nisiar  n'avait 
jamais  entendu  parler  de  l'édition  de 
1879. 

Cette  édition  se  compose  de  deux  vo- 
lumes grand  in-octavo  que  l'on  peut  se 
procurer  en  s'adressant  à  M.  le  Secrétaire 
de  la  Société  Nivernaise  des  lettres, 
sciences  et  arts,  à  N.n'er?.  S.  G.  L. 

Puebla  a  Gaudino  (LXVI,  230;  — 
Sans  en  être  certain,  j'avance  cette  expli- 
cation : 

Puble,  patois    publo,  égale  peuplier. 

Gaudin,  famille  de  Nyon,  de  «  gau- 
detc  ï  (porte  dans  ses  armoiries  un  fol). 

Conclusion  : 

Un  lieu  où  il  y  avait  des  peupliers  ap- 
partenant à  un  membre  delà  famille  Gau- 
din. A.  0.  H.  S. 

^<  Quo  non  ascendam  »ou  «  ascen- 

dit  »  (LXVI,  283,  523,504;.  —  L'Art  Or- 
nemental, revue  hebdomadaire  illustrée,  a 
publié  en  1886  Hivraison  d'août,  page 
114)  un  dessin  de  Le  Brun  ayant  pour 
titre  :  Cartouche,  aux  armes  de  Foncquet., 
avec  sa  devise.  Ce  dessin  parait  être  un 
modèle  de  tapisserie. 

Au  dessus  du  cartouche  ovale,  conte- 
nant l'Ecureuil  des  armoiries,  se  trouvent 
deux  amours  soutenant  une   couronne  de 


rnarquis  et  une  banderole    portant  la   de- 
vise : 

Q.UO    NON   ASCENDE 

11  est  probable  que  la  devise  adoptée 
par  Foucquet  se  retrouve  dans  les  ancien- 
nes décorations  du  château  de  Vaux.  Une 
simple  question  au  propriétaire  actuel 
éluciderait  la  question.       Faultimont. 


La  curieuse  épitaphé  du  chanoine 
Vital  d'Ardengost  (LXVI.  342.  466, 
564).  —  Cette  épitaphé  n'est  point  dans 
l'église  de  Saint-Bertrand  de  Comminges 
(ville  aussi  près  de  St  Gaudensque  de  Lu- 
chon),  mais  dans  le  cloître  de  cette  cu- 
rieuse cathédrale,  dont  Téglise  voisine  de 
St-Just  de  Valcabrère,  en  partie  mérovin- 
gienne et  construite  avec  des  pierres  arra- 
chées à  des  inon-iments  gallo-romains, 
offre  grand  intérêt  et  mérite  une  visite  sé- 
rieuse. (Elle  n'est  quAJ^oo  mètres). 

Le  sarcophage  de  Vitil  d'Ardengost  est 
parmi  ceux  rangés  le  long  du  cloître, 
dans  la  muraille  duquel  sont  enchâssées 
les  inscriptions  lapidaires  relatant  les  sé- 
pultures des  principaux  personnages,  in- 
humés autour  de  l'église  de  l'antique  cité 
Lngdiimim  Convenarnm.  Dans  la  Monogra- 
phie de  Saint- Bertrand  de  Comminges  par 
M.  d'Agos,  la  plupart  de  cts  inscriptions 
ont  été  relevées 

Comme  celle  en  question  est  «fréquem- 
ment citée  par  son  originalité  »  dit  Pierre 
Bedin,  dans  son  Guide  du  ToHri:te  à  St- 
Bertrand,  voici  la  traduction  qu'en  donne 
cet  auteur  : 

L'an  du  Seigneur  le  17  des  calendes  de 
janvier  mourut  Pierre  .le  Ardengost,  clerc  et 
prébendier  de  cette  église.  Que  son  iViie  re- 
pose en  paix.  Ainsi  soit-il.  —  Là  gît,  dans  sa 
(ombe, cette  rose  du  monde  aujourd'hui  souil- 
lée et  flétrie.  Elle  ne  répand  plus  sa  bonne 
odeur,  mais  celle  qui  s'exhale  de  la  pourriture 
des  tombeaux. 

M.  Bedin  ajoute  que,  pas  plus  que  M. 
d'Agos,  il  ne  voit  là  une  intention  satiri- 
que. 

G-  Vital,  dit-il,  a  dû  mourir  à  la  fleur 
de  l'âge,  dans  le  plein  ëpinouissement  de  la 
vie,  alors  que  lien  ne  faisait  prévoir  une  fin 
si  piématurée.  Si  jeu  de  mots  il  y  a,  c'est 
celui  d'un  moraliste  chrétien. 

Un  Pyrénéisie. 


DBS  CHERCHEURS   ET  CURIEUX 


10  Novembre    1912' 


613 


614 


Jardins  dessinés    par  Le  Nôtre 

(LXV  ;  LXVI.  23,68,  218). 

<  Le  Saint  Père  aprèsavoir  quitté  ses  habits 
Pontificaux,  revint  au  Palais  Quirinal,  autre- 
ment Monte  Cavallo,  séjour  que  les  Papes 
habitent  depuis  longtemps,  à  raison  de  la 
salubrité  de  l'air,  et  où  le  fameux  le  Nôtre 
traça  les  plus  magnifiques  jardins,  lorsqu'il 
fut  envoyé  à  Clément  XI  par  Louis  le 
Grand.  » 

(La  Vie  du  pape  Clément  XIV  (Gan- 
ganelli),  par  Caraccioli  ;  à  Paris,  chez  la 
veuve  Desaint,  libraire,  rue  du  Fuin- 
Saint-Jacques.  Edition  de  1775). 

Je  lis  d'autre  part,  dans  le  Baedeker  que 
le  jardin  du  Quirinal  a  été  dessiné  par 
Ch.  Maderna, 

Quelle  est  la  vérité  à  ce  sujet  ? 

Nauticus. 

Notes  manuscrites  de  Rousselin 

(LXVI,  536).  —  (Et  non  Jousselin).  Le 
collaborateur  d'E.  trouvera  une  partie  du 
dossier  Bégis  chez  M.  Noël  Charavay. 

La  a  Tribune  des  départements  » 
à  retrouver  (LXVI,  438).  —  A-t-on  bien 
cherché  à  la  Nationale  ?  D'après  la  façon 
dont  Halin  cite  le  ']Ouxnd\{Bibliogi aphte  de 
}  presse  périodique  française  y  Paris  1866, 
pages  XXXVII  et  368),  les  dix  volumes 
de  la  collection  —  1829  à  1835  —  de- 
vraient s'y  trouver. 

Quant  à  la  lettre  écrite  de  Paris,  le  24 
août  1830,  par  Louis  de  Potter  au  roi  des 
Pays-Bas  et  que  voudrait  retrouver  l'au- 
teur de  la  question,  je  ne  suis  pas  du  tout 
certain  qu'elle  ait  paru  dans  la  Tribune. 
De  Potter,  en  ses  Souvenirs  personnels 
(tome  Y\  Bruxelles,  1839),  analyse,  aux 
pages  127-13/,  les  articles  qu'il  a  donnés 
à  ce  journal  :  le  premier,  une  <;<  Adresse 
au  peuple  belge  >>,  est  du  7  septembre 
1830.  D'autre  part,  ce  n'était  pas  une 
«  lettre  ouverte  »  ;  l'auteur,  qui  ne  l'a 
point  reproduite  parmi  les  pièces  justifica- 
tives de  son  livre,  nous  en  parle  ainsi 
(pages  iioiii  ;  conf.  pages  124-125) : 

Je  me  rappelai  que  c'était  le  24  août  P 
fête  anniversaire  du  roi  Guillaume.  Voulant 
la  célébrer  à  ma  manière  par  un  dernier  avis 
bien  franc  et  bien  utile,  je  lui  adressai  ce 
jour-là  même  une  lettre  dans  laquelle,  com- 
prenant mieux  les  circonstances  de  la  révolu- 
tion des  trois  journées,  je  lui  prouvai,  en  les 
retraçant,  que  partout  où  l'on  s'entêterait 
dans  le  système  maladroit  et  perfide  que  peu- 
vent seuls  soutenir  un  ministère  exécré  et  une 


cour  inepte,  ministère,  cour  et  dynastie  dis- 
paraîtraient devant  la  colère  du  peuple,  et 
l'arbre  de  la  liberté  reverdirait  sur  les  ruines 
d'un  trône  vermoulu.  Puis,  je  comparai  le 
miniitère  Van  Maanen  au  ministère  Polignac, 
le  message  du  1  1  décembre  aux  funestes  or- 
donnances du  2S  juillet,  l'exploitation  batave 
à  la  prépondérance  des  émigrés  et  des  jésui- 
tes français  Enfin,  j'exhortai  le  roi  à  provo- 
quer lui  même  le  rappel  de  l'union  de  la 
Belgique  avec  la  Hollande,  pour  autant 
qu'elle  confondait  les  deux  peuples  sous  le 
malheur  commun,  les  Belges  d'être  opprimés 
aujourd'hui  par  les  Hollandais,  les  Hollan- 
dais de  devoir  être  plus  tard  dominés  par  les 
Belges  ;  je  lui  signifiai  qu'à  ce  prix  il  pouvait 
continuer  à  régner  sur  le  royaume  entier, 
mais  qu'il  ne  le  pouvait  plus  qu'à  ce  prix. 
Guillaume  reçut  ma  lettre  le  27,  par  le  même 
courrier  qui  lui  apporta  la  nouvelle  de  l'in- 
surrection de  Bruxelles  dupj. 

Il  serait  curieux   qu'on  retrouvât  cette 
lettre  en  Hollande... 

A.  Boghaert-Vaché. 


S'adresser  à  l'office  international  de  Bi- 
bliographie annexé  à  la  Bibliothèque 
Royale  de  Bruxelles,  à  Bruxelles,  i  rue 
du  Musée.  Joachim  Kuhn. 

Les  premi  rs  Guides  (LXII  :  LXIIl). 
—  Sir  H.  George  Fordham,  chairman  of 
the  Cambridgeshire  County  Council,  vient 
de  publier  un  opuscule,  imprimé  à  Hert- 
ford,  chez  S.  Austin  intitulé:  Notes  on 
British  and  Irish  itineraries  and  roaad- 
books,  où  il  est  aussi  question  de  quel- 
ques anciens  guides  imprimés  en  français. 
L'auteur  donne  en  fac-simile  le  titre  : 
4  La  Guidf  des  Chemins  d'Angleterre...  A 
Paris  cbe:(  Mallet  1579.  » 

Il  cite  un  livre  imprimé  en  1480,  sous 
Louis  XI,  intitulé  :  «  Le  voyage  de  la 
Saincte  Cité  de  Hierusalem.  Avec  la  des- 
cription des  lieux,  portz,  Villes,  citez  et 
autres  passiages  Faict  l'an  mil  quatre 
cents  quatre  vingtz...  Régnant  Loys 
onzeisme...  imprimé  à  Paris.  »  Je  m'ar- 
rête n'ayant  pas  à  faire  l'analyse  de  cette 
curieuse  brochure,  très  intéressante  au 
point  de  vue  bibliographique.     St-Saud. 

Combien  de  mots françaissont  em- 
ployés dans  le  langage  usuel  (LXIV; 
LXV).  -  Grâce  au>  nombreux  emprunts 
qu'elle  a  faits  de  tout  temps  aux  langages 
des  divers  peuples,  la  langue  anglaise 
semble  posséder  aujourd'hui   le  vocabu- 


N«  1344  Vol.  LXVl. 


L'iNTBRMBDIAlK» 


615 


616 


laire  le  plus  étendu  qui  soit  au  monde  ; 
ainsi,  le  Stanard  Dictionary,  publié  aux 
Etats-Unis,  donne  la  définition  d'envi- 
rop  3^0.000  mots  anglais  ou  anglicisés 

li  y  a,  à  coup  sûr,  beaucoup  dt=;  mots 
techniques  dans  le  nombre.  11  n'est  pas 
besoin  d'autant  de  termes  pour  se  tirer 
d'atîaire  dans  la  vie  quotidienne.  Sliakes- 
peare,  qui  passe  pour  avoir  eu  le  vocabu- 
laire le  ()lus  étendu  de  tous  les  écrivains 
de  langue  anglaise,  n'a  fait  usage  que  de 
ib.ooo  mots  ;  Milton  n'en  a  employé  que 
8.000  ;  et  à  l'heure  présente,  un  homme 
très  instruit  ne  se  sert  à  l'ordinaire  que 
de  3  à  4.000  mots. 

Les  gens  sans  grande  culture  n'ont 
besoin  que  de  500  mots  habituellement, 
et^  dans  certains  villages  lointains  on 
peut  se  tirer  parfaitement  dafTaires  avec 
un  petit  bagage  de  200  expressions. 

Pour  lire  les  journaux  et  les  livres  de 
littérature  courante,  il  est  suffisant  de 
connaître  2  000  mots. 

Le    Tout  Savoir   universel,   Paris,  Rueff 
1897,  p. 60  [et  répété  p.  297). 

Sglpn. 

Chère  Madime  (LXV,  206,  388,487; 
LXVl,  70).  —  N'exagérons  ni  le  côté  s<  in- 
time »,  ni  le  côté  *<  affectueux  »  de  :  Chère 
Madame.  Dans  beaucoup  de  cas,  ce  peut 
être  une  appellation  de  simple  politesse  : 
en  affaires,  par  exemple,  d'un  médecin  à 
une  cliente,  etc.  Cher  ne  veut  rien  dire, 
après  tout.  Voyez  dans  combien  de  cas 
on  emploie  :  Cher  Monsieur,  ou  même  : 
Mon  cher  ami,  vis-à-vis  de  gens  presque 
indifférents  !  En  anglais,  on  a  tendance 
aussi  à  exagérer  le  «  dear  ?>.  Je  me  sou- 
viens d'avoir  écrit  à  des  hôteliers  anglais 
pour  leur  demander  leurs  tarifs,  et  d'avoir 
reçu  des  réponses  commençant,  presque 
invariablement,  par  «  Dear  Sir  '>  De 
même,  lorsque  les  lecteurs  d'un  journal 
écrivent  au  Rédacteur  ei  chef,  par  exem- 
ple. Et  lorsque  nous  disons  :  Mon  cher 
Confrère,  ou  :  Madame  et  Chère  Collègue, 
est-ce  beaucoup  moins  familier  que  de 
dire  :  Chère  Madame,  ou  :  Cher  Mon- 
sieur.''  Maurice  Charpentier. 


Un  temps  de  demoiselle  d.XVI, 
440).  —  L'expression  est  très  connue  et 
très  employée,  au  moins  autour  de  Paris. 
Pour  être  complète  il  faut  :  C'est  un  temps 


de  demoiselle,  ni  pluie,  ni  vent,  ni  soleil. 
Ainsi  citée,  elle  se  comprend  assez  bien. 

E.  Grave. 

* 

*  * 
J'ai  entendu  plusieurs  fois  cette  expres- 
sion dans  le  Gâtinais  Orléanais.  II  s'agis- 
sait d'un  temps  doux,  sans  soleil,  ni  pluie, 
ni  vent.  Il  est  fort  difficile  d'expliquer  le 
sens  et  l'origine  de  cette  locution  assez 
extraordinaire.  Il  est  probable  qu'elle  est 
employée  dans  d'autres  localités  que   le 

Gâtinais.  Martei.lif.re. 

* 

L'expression  n'est  nullement  un  provin- 
cialisme ;  elle  figure  dans  tous  les  dic- 
tionnaires, qui  l'expliquent  en  termes 
identiques  :  Académie  (  «  Il  ne  fait  ni 
poussière  ni  soleil  »)  ;  Li7/rc  («  Ni  pluie, ni 
vent,  ni  soleil  »)  ;  Hat:{feld  et  'Darmetes- 
ier  («  Ni  pluie,  ni  vent,  ni  soleil  »)...  Le 
sens  en  est  d'ailleurs  évident,  et  il  serait 
oiseux  de  vouloir  rechercher,  pour  cette 
expression,  de  forn>a<k>n  populaire  certes, 
une  ^<  origine  »  littéraire  ou  historique. 
Elle  est  depuis  très  longtemps  en  usage 
dans  la  France  entière  et  aussi  en  Belgi- 
que. A.  Boghaert-Vaché. 


*  • 


C'est  un  temps  clair  et  beau,  ni  trop 
chaud,  ni  trop  frais, quand  le  soleil  rayonne 
sans  vive  ardeur,  un  temps  calme  par  le- 
quel une  demoiselle  peut  sortir  sans  para- 
pluie ni  ombrelle,  sans  risque  pour  sa 
toilette,  sans  crainte  de  voir  le  hâle  gâ- 
ter son  teint.  Cette  expression  est  assez 
courante  en  Champagne  où  je  l'ai  enten- 
due   maintes    fois,     notamment    à    Chau 

mont  (Hte  Marne). 

« 

»  • 
On   appelle   temps   de    demoiselle,    un 

temps  doux,  légèrement  couvert  et  un 
peu  brumeux.  C'est  par  des  temps  sem- 
blables que  les  libellules  appelées  aussi 
«  demoiselles  *  sortent  en  grand  nombre. 
C'est  de  cette  remarque  qu'est  venue  l'ex- 
pression «  temps  de  demoiselle,  de  même 
que  certaines  personnes  appellent  un 
temps  pluvieux  %<  temps  de  canard  », 
parce  que,  ces  jours-là  les  canards  sor- 
tent et  s'ébattent  plus  bruyamment  que 
les  autres  jours. 

Troisette-'Whale. 

Réactif  pour  faire  réapparaître 
l'écriture  (LXVl,  194,  330,  471).  -- 
Pour  raviver  les  écritures  effacées  sur  les 


/l 


DBS  CHBRCHfiURS  Bî  CURIEUX 


10  Novembre    19H 


617 


618 


vieux  titres  et  les  parchemins,  on  ramol- 
lit rapidement  le  parchemin  dans  l'eau 
froide  sans  l'agiter,  ni  le  froisser  ;  on 
égoutte  la  feuille,  puis  on  la  plonge  pen- 
dant cinq  secondes  dans  une  dissolution 
d'acide  oxalique  au  i/ioo  ;  on  lave  alors 
rapidement  le  parchemin  entre  deux  eaux 
pour  le  débarrasser  de  l'oxalate  de  chaux 
qui  a  pu  se  produire.  Qiiand  la  feuille  a 
subi  cette  manipulation,  on  l'introduit 
dans  un  vase  contenant  une  solution  de 
10  grammes  d'acide  galique  dans  300 
grammes  d'eau  distillée  ;  dès  que  les  ca- 
ractères ont  apparu,  on  lave  à  grande 
eau,  on  sèche  entre  des  feuilles  de  pa- 
pier Joseph  et  l'on  soumet  en  dernier 
lieu  le  tout  à  la  presse.  S'il  s'agit  simple- 
ment de  faire  apparaître  quelques  mots 
sur  un  titre  on  se  sert  d'un  pinceau  en  se 
conformant  soigneusement  au  procédé 
qui  vient  d'être  décrit.  On  applique  al- 
ternativement une  solution  d'acide  et  du 
papier  buvard,  puis  de  l'eau  et  un  papier 
qui  l'absorbe.  Il  faut  toutefois  dans  l'em- 
ploi de  ce  procédé  agir  avec  délicatesse 
et  promptitude,  car  les  parchemuis  im- 
prégnés d'acide  gallique  se  colorent  sou- 
vent en  rose,  et  même  en  noir  sous  l'in- 
fluence de  la  lumière  du  jour  et  l'écriture 
devient  illisible  si  les  feuilles  sont  frois- 
sées. Toutes  les  encres  ne  ressortent  pas 
également  bien  par  ce  procédé  ;  quelque- 
fois l'encre  s'étale  sur  la  surface  du  par- 
chemin, et  rend  la  lecture  impossible. 

Pour  la  manière  de  faire  revivre  l'encre 
effacée  sur  les  parchemins,  il  suffit  d'éten- 
dre au  moyen  d'un  pinceau  une  légère 
couche  d'hydrosulfure  d'ammoniaque  ; 
ce  procédé  est  employé  depuis  fort 
longtemps  à  la  la  bibliothèque  d'Oxford  : 
M.  Alcius  Ledieu  conservateur  de  la  bi- 
bliothèque d'Abbeville,  a  toujours  em- 
ployé cette  recette  avec  succès. 

P.  CORMAN. 


Chasse  aux  renards  (LXIl  ;  LXIII  ; 
LXIV  ;  LXV. 

Du  Monde  Economique  : 

Un  document  trouvé  aux  Archives  Na- 
tionales nous  apprend  qu'au  xvii^  siècle,  le 
mot  «  renard  >  était  employé  par  certaines 
corporations  ouvrières  dans  le  sens  même  où 
il  est  usité  aujourd'hui. 

C'est  le  préambule  de  l'arrêt  de  la  Cour  du 
Parlement   du  9  septembre  1760,  portant  rè- 


glement pour  les    compagnons  charpentiers 
de  la  ville  d'Etampes. 

«  Vu  par  la  Chambre  des  vacations  la  re- 
«  quête  du  procureur  général  du  roi.  concer- 
<  nant  que  dnns  la  Ville  d'Etampes  il  s'est 
ft  formé  depuis  plusieurs  années  une  société 
«  parmi  les  compagnons  charpentiers,  la- 
«  quelle  ils  appellent  parmi  eux  compagnons 
«  du  devoir  ou  bons  drilles  ;  que  ces  compa- 
«  gnons  s'assemblent  chez  le  nommé  Jacques 
«  S.Tuvet,  cabaretier  d^ins  cette  ville,  lequel 
«  ils  appellent  leui  mère;  que  ledit  Sauvet 
«  tient  un  registie  dans  lequel  est  inscrit  le 
«  nom  de  tous  les  compagnons  charpentiers 
«  du  devoir  ;  que  ceux  qui  ne  sont  point  ins- 
«  crits  sur  ledit  registre  .sont  appelés  par  les 
«  compagnons  du  devoir  renar-ds  ;  que  les 
«  compagnons  du  devoir  sollicitent  lesdits 
«  compagnons  r^Wizr^s  à  entrer  dans  la  so- 
€  ciété  du  devoir  ou  bous  drilles,  et  lorsqu'ils 
«  ne  veulent  pas,  les  compagnons  du  devoir 
«  les  maltraitent  et  insultent  les  maîtres  char- 
<<  pentiers  chez  qui  ils  demeurent,  ce  qui 
«  oblige  les  compagnons  désignés  sous  le 
(I  nom  de  renards  de  quitter  la  pays  ;  que  le 
«  prccur-ur  général  du  roi  est  en  outre  in- 
"  formé  que  les  compagnons  forment  jour- 
«  nellement  des  attroupements  et  qu'ils  sont 
«  armés  de  cannes  et  bâtons, qu'ils  troublent 
«  le  repos  public,  insultent  et  maltraitent  les 
'<  habilants  de  la  Ville  d'Etampes.  » 


Les  petits  vitriers  (LXV,  LXVI  ,36, 
130).  —  Du  Petit  Parisien  : 

On  ne  devrait  jamais  soulever  des  problè- 
mes Historiques,  petits  ou  grands,  parce  que 
le  dernier  mot  n'est  jamais  dit  sur  ces  ques- 
tions. Ce  sont  alors  des  contioverses  qui 
n'en  finissent  pas,  et  pendant  lesquelles  la 
clarté  ne  se  fait  guère,  contrairement  à  l'a- 
dage connu  :  «  De  la  discussion  jaillit  la  lu- 
mière. » 

C'est  pourquoi  j'aurais  mieux  fait  de  ne 
pas  me  mêler  de  l'affaire  embrouillée  des 
chasseurs  de  Vincennes,  car  je  reçois  de  tous 
les  côtés  des  lettres  se  contredisant  avec 
énergie,  chacun  ayant  sa  petite  histoire  en 
poche  sur  l'origine  du  surnom  de  ces  braves 
soldats. 

Pour  en  terminer,  voici  ce  que  m'écrit  un 
lecteur,  dont  le  père  fut  incorporé  au  8^  ba- 
taillon de  chasseurs,  en  formation  à  Saint- 
Omer,  le  4  octobre  1S40  : 

«  A  cette  époque,  comme  aujourd'hui,  on 
cherchait  à  apporter  des  innovations  dans  la 
tenue  et  dans  l'équipement  de  l'armée,  et, 
comme  il  s'agissait  d'une  arme  nouvelle,  on 
créa  quelque  chose  de  nouveau.  On  rem- 
plaça le  sac  en  peau  de  veau,  revêtu  encore 
du  poil,  que  portait  l'infanterie,  par  un  ha- 
vresac  en  cuir  bouilli. 


N'  l|44.  Vol.     LXVI. 

-T 619      

«  Or,  quand  un  bataillon  de  chasseurs  de 
Vincennes  défilait  on  tenue  de  campagne, sac 
au  dos,  le  soleil,  dardant  ses  rayons  sur  le 
cuir  bouilli,  faisait  étinceler  les  sacs,  comme 
autant  de  vitres.  Le  troupier  a  vite  trouvé  le 
mot  juste  dans  du-  semblables  circonstances. 
Les  petits  chasseurs  nouvellement  créés  fu- 
rent baptisés  vitriers  pour  toujours. 

u  Donc,  si  on  a  crié  en  1848,  sur  le  pas- 
sage des  chasseurs  :  «  Voilà  les  vitriers  qui 
passent  !  >  c'est  parce  qu'on  les  désignait 
ainsi  depuis  longtemps. 

«  A  l'appui  de  ce  que  je  vous  dis  plus 
haut  j'ajouterai  qu'il  n'était  pas  du  goût  des 
officiers  de  chasseurs  de  s'entendre  qualifier 
de  la  sorte,  et  qae  le  commandant  du  8"  ba- 
taillon, pendant  la  campagne  d'Algérie,  con- 
sidérait comme  une  injure  faite  h  tout  le 
bataillon  cette  appellation  de  vitrier  adres- 
sée mime  à  un  simple  troupier. Tout  homme 
du  bataillon  qui  ne  provoquait  pas  en  duel 
le  soi-disant  insulteur  avait  la  face  rasée  du 
côté  droit.  Les  hommes  portant  la  mousta- 
che et  le  bouc,  personne  ne  laissait  passer  le 
mot.  Mon  père,  de  qui  je  tiens  ces  détails, 
est  allé  deux  fois  sur  le  terrain  fiour  avoir 
été  traité  de  vitrier,  et  cela  bien  avint 
1848    > 

Te:i  5ns  pour  définitive  cette  explication, 
et  prenons  congé  des  petits  chasseurs,  des 
alertes  vitriers,  qui,  maintenant  ne  cassent 
pas  les  vitres  pour  si  peu. 

H.J. 


Enseignes  Lttéraires  descoiffeu  s 
(LXVI,  381).  —  je  m'étonne  que  le  con- 
frère V.  A.  T.  n'ait  pas  relaté  sous  cette 
rubrique  —  l'enseigne  d'un  coiffeur  de  la 
rue  de  Tournon,  n°  21,  que  maints  pari- 
siens doivent  connaître,  car  outre  l'ins- 
cription grecque  de  Paris,  boulevard  Vic- 
tor-IIugo  et  de  Roch  fort  fCharente-Infé- 
rieure),j'en  trouve  plusieursautres  sur  les 
panneaux  de  sa  devanture  que  je  crois  in- 
téressantes pour  les  lecteurs  de  V hi terme- 
diaiie. 

Au  surplus,  je  les  reproduis  littérale- 
ment. 

—  Sur  la  porte  vitrée  se  lit  le  nom  du 
patron  actuel  : 

JOUSSELIN 

MAITRE    BARBIER,  PERRUQUIER  DU  SENAT 
I.T    AUI.TRES. 

et  au-dessous  le  distique  latin  : 

Hic  fmgit  Solcrs  hodiemo  mère  capillos, 
Dextra  noturaeque  novos  ars   addit  honores, 

—  £t  sur  le  panneau  de  droite  : 

le  Kcipw  Ta/.'.aTa  /a:  a'MT.C)  (tant  apprécié 


L'iNTHRMBDIAlRH 


620 


des  clients  taciturnes  et  pressés^.    Et  ce^ 
vers  français  en  vieux  languaige  : 

Vous  qui  resvez  d'avoir  peau  dou'ce  blanche 

[et  fine 
Oignez-vous  chacun  soir  de   chresme  floreine 

(Dom  Emilio  d'Excideuil  1315-1385). 

Icy  Maistre  Jousselin,  barbier  rase  le  Sé- 
nat, accomode  la  Sorbonne,  frise  l'Académie. 

—  Enfin  on  lit  sur  le  panneau  de  gau- 
che. 

Sta,  viator,  crede  caput  auresqu  mihi 

Dehermamn. 

Le  mai  (T.  G.  547  ;  LXVI,  96, 229,379). 
—  ACherbourg,il  y  a  20  ans  environ, dans 
une  petite  rue  aboutissant  vers  le  terrain 
de  Chantereyne,  j'ai  vu  plusieurs  fois  des 
rondes  de  jeunes  gens,  garçons  el  filles, 
sous  une  couronne  de  fleurs  suspendue 
au  milieu  de  la  rue.  Je  crois  que  c'était 
aussi  au  mois  de  mat f  de  même  qu'une 
traditionnelle  promenade  à  Martinvast  où 
l'on  dansait  sur  l'herbe  et  buvait  du  lait. 

Sglpn. 

Origine  du  salut  masculin  (LXVI, 
488).  —  Cette  demande  intéressante  sou- 
lève deux  questions  connexes  : 

A,  Rôle  social  du  chapeau.  —  La  mode 
nouvelle,  citée  par  notre  collègue,  de  se 
promener  dans  les  rues  nu  -tète,  mode 
sans  doute  éphémère  introduite  par  hy- 
giène ou  plutôt  par  snobisme,  implique 
une  rupture  avec  d'anciennes  traditions 
concernant  la  valeur  sociale  attribuée  au 
port  du  chapeau.  Sans  qu'il  soit  néces- 
saire de  remonter  au  légendaire  chapitre 
d'Aristote  sur  les  chapeaux,  les  exemples 
sont  nombreux  qui  confirment  l'impor- 
tance attribuée  au  couvre-chef.  Dans  l'an- 
tiquité, comme  aux  temps  modernes,  il 
pouvait  être  : 

i)  Embl'cme  de  classe  sociale^  tout 
comme  d'autres  objets  mobiliers  ou  im- 
mobiliers, canne,  trône,  etc.  Les  esclaves 
romains  prenaient  le  pileus  au  moment 
de  leur  atTranchisseinent  (capere  pileum, 
Saglio-Pottier,  Dict  des  ant.,  s.  v.  Pileus 
p.  481).  Saint  Louis  avait  imposé  aux 
Juifs  le  port  d'un  chapeau  pointu,  et  au 
temps  de  l'Inquisition,  les  hérétiques 
étaient  conduits  au  bûcher  la  mitre  dis- 
tinctive  en  tête.  Est-il  nécessaire  de  rap- 
peler le  rôle  du  chapeau  dans  l'Eglise,  où 


! 


DES  CHERCHEURS  BT  CURiBU.XH 


10  Novembre  19  is. 


621 


t22 


la  tradition  se  maintint  avec  plus  de  force 
que  partout  ailleurs,  mitre  d'évêque, 
chapeau  de  cardinal  ?  Enfin,  aujourd'hui 
encore,  malgré  le  nivellement  des  classes, 
le  chapeau  garde  sa  valeur  sociale,  puis- 
que dans  certaines  régions,  il  est  consi- 
déré comme  l'emblème  des  classes  bour- 
geoises, et  que  les  femmes  du  peuple, 
coiffées  de  fichus,  n'oseraient  le  porter^ 
sans  avoir  l'air  de  vouloir  s'élever  à  une 
condition  supérieure  à  I2  leur.  Les  exem- 
ples analogues  ne  manquent  pas  à  toutes 
les  époques. 

Aussi  la  prise  de  chapeau  a  donné  lieu 
à  maintes  cérémonies,  analogues  à  ces 
rites  d'initiation  par  lesquels  le  jeune 
garçon  passe  encore  aujourd'hui,  chez  les 
peuples  demi-civilisés,  du  rang  négligé  de 
l'enfance,  à  celui  de  l'adolescence,  et 
compte  désormais  parmi  les  membres  de 
sa  tribu.  M.  van  Gennep  a  cité,  dans 
ses  «  Rites  de  passage  >,  la  cérémonie 
qui  confère  aux  gars  de  Savoie  le  droit  de 
porter  le  chapeau  (cf.  Rev.  d'Hisf.  des 
Religions,  1910,  61,  p    45). 

2)  Emblème  politique.  — Le  chapeau,  par 
dérivation,  a  pu  devenir  emblème  poli- 
tique, signe  de  ralliement.  Comme  le  pi- 
leus  était  réservé  aux  affranchis  à  Rome, 
tout  le  monde  s'en  revêtait  lors  de  la  fête 
des  Saturnales,  où  régnait  une  licence 
générale,  et  c'est  coiffée  de  ce  symbole 
de  la  liberté  que  la  plèbe  se  répandait 
dans  les  rues  de  Rome  après  la  mort  de 
Néron  [Dict.  des  ant.^  s.  v.  Pileus,  p.  481). 
Faut-il  rappeler  la  légende  du  bonnet  au- 
trichien, symbole  de  tyrannie,  fiché  au 
sommet  d'un  pieu^  qui  fut  l'origine  du 
soulèvement  des  cantons  primitifs  de  la 
Suisse  ?  Citer  le  bonnet  phrygien  de  la 
Révolution,  les  chaperons  blancs,  noirs, 
au  Moyen  Age  (Quicherat,  Histoire  dit 
Costume.,  s    v.)  ? 

En  résumé,  l'origine  très  ancienne  du 
chapeau  ne  doit  pas  tant  être  cherchée 
dans  le  désir  de  protéger  la  tête  contre 
les  ardeurs  du  soleil  et  contre  les  intem- 
péries, que  dans  les  rites  religieux  et  so- 
ciaux, tout  comme  celle  des  couronnes, 
,  des  diadèmes. 

B.  Pourquoi  retirer  son  chapeau  pou^ 
saluer?  La  forme  du  salut  varie  suivant 
les  pays  ;  les  Turcs  saluent  de  la  main  ; 
quelques  peuplades  demi-civilisées  se 
frottent  réciproquement  le  nez. 

Toutefois,  l'Européen  soulève  son  cha 


.1 


peau.  Il  semble  que  ce  geste  soit  la  conti- 
nuation d'une  forme  de  salut  employée 
déjà  dans  l'Em.pire  romain,  où  la  coutume 
voulait  qu'on  se  découvrît  pour  honorer 
une  personne  supérieure  (Dict.  des  ant . 
s.  V.  Salutatio^  p.  1060).  Quelle  en  est  la 
signification?  11  s'agit  sans  doute  de  l'at- 
ténuation d'un  principe  très  ancien,  celui 
de  la  nudité  rituelle,  par  laquelle  l'homme 
se  présentait  nu  devant  son  supérieur, 
dieu  ou  vainqueur.  Se  découvrir  la  tête 
serait  l'abréviation  du  dévoilement  total. 
L'inclinaison  de  la  tête  et  du  torse,  qui 
accompagne  le  plus  souvent  le  salut  du 
chapeau,  est  également  une  survivance 
d'une  forme  ancienne  de  salut,  qui  con- 
sistait à  incliner  la  tèle  ou  le  corps  entier 
{Dict.  des  ant.  s  v.  Adoratio,  p.  80  sq), 
et  qui  elle-même  n'était  que  l'abréviation 
de  la  prosternation  du  mortel  devant  la 
divinité,  le  roi,  ou  du  vaincu  devant  son 
vainqueur. 

Ainsi,  le  geste  machinal  que  nous  fai- 
sons pour  honorer  la  personne  que  nous 
rencontrons,  est  une  survivance  de  vieux 
rites  oubliés,  comme  tant  d'autres  for- 
mules de  notre  vie  journalière.  Je  serai 
heureux,  pour  ma  part,  de  recevoir  de 
plus  amples  renseignements  sur  les  divers 
points  que  j'ai  indiqués  brièvement  dans 
ces  lignes.  W.  D. 


irouuailUs  et  OJuvhsités 


Le  violoniste  Boucher,  Sosie  de 
Napoléon.  —  On  sait  que  le  violoniste 
Boucher  que  l'on  nommait  «  l'Alexandre 
du  violon  »  aurait  pu  en  être  le  «  Napo- 
léon »  tant  il  avait  de  ressemblance  avec 
l'Empereur.  Il  ne  dissimulait  point  qu'il 
le  savait,  et  comme  il  n'était  pas  ennemi 
d'une  certaine  pose,  il  s'efforçait,  par  tous 
ses  tics,  d'être  un  Sosie  irréprochable. 

Cette  attitude  lui  joua,  sous  la  Res- 
tauration, un  vilain  tour.  11  fut  accusé  de 
conspiration  bonapartiste.  N'évoquait-il 
pas  l'image  de  «l'autre»  pour  donner  l'idée 
de  son  retour  ?  Qui  sait  même,  s'il  ne  se 
présentait  pas  aux  populations  comme  le 
vrai  Napoléon  déguisé  en  musicien  et 
poussant  l'astuce  jusqu'à  jouer  du  violon 
en  virtuose  ? 


N»  1344.  Vol.  LXVI. 
623   

Cette  pensée  traversa  l'esprit  fertile  du 
procureur  général  de  cour  royale  de  Col- 
mar  qui,  le  36  octobre  1820,  adressait  le 
rapport  suivant  —  qui  est  inédit  —  au 
Garde  des  Sceaux  : 

11  est  assez  naturel  que  dès  qu'on  a  parde- 
vers  soi  la  conviction  que  l'on  trame,  on 
devienne  soupçonneux,  méfiant,  ombrageux 
si  l'on  veut  ;  or  maintenant  que  les  anciens 
émissaires  bonapartistes  tels  que  Caron, 
Fabvier,  Brac,  Michelct,  Bourjoli,  Roger  et 
autres  ou  sont  arrêtés  ou  n'osent  plus  circu  • 
1er,  l'apparition  du  musicien  Boucher  et  sa 
direction  sur  Mulhausen  et  autres  lieux  nous 
a  paru  suspecte.  Cet  hnmme  n?e  et  abuse  de 
sa  ressemblance  avec  Bonaparte,  il  en  prend 
le  costume  et  en  singe  les  manières  à  s'y  mé- 
prendre, cela  lui  a  valu  des  applaudisse- 
ments au  théâtre  de  Strasbourg  et  des  vers 
intitulés  «  Les  trois  Alexandre  >,  où  on  met 
par  dessus  tout  le  bonheur  de  le  voir  et  de 
l'entendre. 

11  est  arrivé  à  Colmar  il  y  a  plus  de  is 
jours  sans  que  l'autorité  l'y  ait  trop  engagé  : 
il  a  dit  ne  venir  que  parce  que  sa  voiture 
était  cassée  à  Strasbourg;  parlant  au  Maire, 
il  a  dit  que  c'était  sa  ressemblance  avec  Bo- 
naparte qui  l'obligeait  à  quitter  Paris,  qu'il 
avait  le  malheur  de  déplaire  aux  entours  du 
Roi,  mais  que  Monsieur  avait  pour  lui  les 
plus  grandes  bontés  tt  lui  avait  promis  un 
jour  de  le  taire  son  maître  de  Chapelle;  si  ce 
fait  n'est  pas  vrai,  et  il  est  facile  à  vérifier,  il 
peut  démasquer  son  imposture. 

11  a  donné  ici  un  concert  fort  applaudi,  en 
partie  pour  la  ressemblance,  la  culotte  blan- 
che, l'hibit  noir,  les  bras  croisés  sur  le  théâ-- 
tre,  les   gestes,    la    prise   de   tabac,  toute  la 
singerie  y  était  ;  il  a   exécuté   des    variations 
sur  l'air    de    la  Scntimlle,  ce    qui  peut  être 
l'effet  du  hasard,    mais  cet  air   est  celui    sur 
lequel    on  a  chanté    une  chanson    allemande 
qui    appelle   les    militaires  à  la    sédition    et  à 
combattre  pour  la  liberté  de  leur  patrie,  à  la 
conquérir   etc.,  etc.    Sans   doute,   il  répétera 
ces  variations  en    Allemagne  où  elles  seront 
plus  généialement  comprises.  Bjucher    n'est 
suivi  d'aucun    instrument,    il  doit   les   avoir 
laissés  avec    ses   ellcts  et    sa  voilure  à  Stras- 
bourg; il  est  purti  environ  le  9  pour  Mulh.iu- 
sen,  il  devait   revenir    sous    peu,    il  n',i    pas 
encore   repassé,  et  je  tiens    à   savoir   s'il  n'a 
pas  été  en  Suisse  et  jusqu'à   Constance,  s'il 
n'en  rapportera  pas  des  papiers,  s'il  n'est  pas 
un    émissaire    de    la    faction  libérale  ;  c'est  h 
quoi   une   bonne   brigade  à  St-Louis  pourrait 
aider   beaucoup.    Mais   déjà  à  Paris   on   peut 
avoir  des    données   sur   cet    homme,    savoir 
quelles   sont   ses   liaisons    intimes  ;  il    peut 
rr.ême  être   entré   dans    les   piojets  des  mal- 
intentionnés d'en    faire,   de   toutes    les  ma- 
pières,    un    mannequin    libéral   à  l'usage  de 


L'lNTBRMBDiAl?.B 


624 


l'Allemande,  ou  en  le  montrant  mystérieuse- 
ment laisser  entendre  que  c'est  Bonaparte 
lui-même  déguisé  en  musicien  et  devenu 
musicien.  Il  n'y  a  pas  de  sottises  dont,  dans 
certaines  circonçt-inces,  on  ne  puisse  abreuver 
certaine-  gens  :  peut-être  serait-il  très  bon 
que  les  papiers  publics  continssent  un  article 
sur  Boucher,  sur  sa  ressemblance,  son  talent 
et  ses  succès  et  sur  ses  voyages  sur  lesquels 
il  est  même  extraordinaire  que  les  papiers 
aient  gardé  le  silence. 

J'instruirai  V.    E.    de    ce   que  je  pourrai 
apprendre  à  son    sujet. 

Je  suis,  etc.  Millet  »s  Chavres. 

Cette  lettre  terminée,  j'apprends  que  le 
S""  Boucher  est  de  retoui  i  Colmar,  où  il  don- 
nera un  nouveau  concert  :  il  dit  avoir  été 
dans  le  vignoble  et  avoir  donné  un  concert  i 
Basle  et  à  Fribourg  en  Brisgaw  ;  je  vérifierai 
.toujours  ces  circonstances.  Il  débite  du  reste 
des  anecdotes  sursa  ressemblance  qui  doit 
avoir  trompé  Las-Cazes. 

Le  ministre  de  la  Justice  dénonça 
immédiatement  le  fait,  au  ministère  de 
l'Intérieur,  qui  mit  en  mouvement  la  Pré- 
fecture de  police. 

Par  chance,  ses  limiers  ne  firent  point 
de  zèle  inutile.  Ils  représentèrent  le  fa- 
meux violoniste  (qui.  entre  parenthèses, se 
donnait  pour  l'auteur  de  la  Marseillaise), 
sous  les  traits  d'un  artiste  uniquement 
occupé  de  musique  et  ne  fréquentant  que 
les  premiers  artistes  de  Paris.  Il  était 
bien  le  Sosie  de  Napoléon  :  il  n'en  était 
point  le  Warvick. 

LÉONCE  Grasilier. 

Nécrologie 

Nous  avons  le  très  vif  regret  d'appren- 
dre la  mort  subite,  à  Montpellier,  de  M. 
Léon  Pélissier,  doyen  de  la  faculté  des 
lettres. 

Historien  consciencieux  et  littérateur 
distingué,  M.  Léon  Pélissier  était  une  des 
physionomies  les  plus  sympathiques  de 
l'université  montpelliéraine.  L'affection  et 
l'estime  de  ses  collègues  Lavaient  unani- 
mement désigné  au  ministre  pour  les 
fonctions  du  décannat.  Il  meurt,  à  peine 
âgé  de  cinquante  ans,  douloureusement 
frappé  par  des  deuils  de  famille,  laissant 
au  cœur  de  ceux  qui  le  connurent  et  qui 
l'aimèrent,  de  profonds  regrets. 

Li  Directeur-gérant  : 
GHORGl-S  MONTORGUEIL 

Imp.    Danihi-Chamrom,  St-Amand-Mont-Road 


LXVI»  Volame      Paraissant  les      to,  ao  et    io  de  chaque  mois         20   Novembre  1912 


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Fondé   en    1864 


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TROUVAILLES 

Nous    puons     nos     coirespouJanis    Je 
\   vouloir  bien    répéter    leur  nom    au-dessous 
'    de  leur   pseudonyme ,     et    de   n'écrire   que 
d'un    côté    de    la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou   signés    d?  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  insérés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 
Quand  la    question  sollicite  la   connais- 
■   sauce   d'une  liste,   la  liste,  sauf  exception, 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une   famille  non  éteinte. 


ET    CURIOSITES 


amueôîwnô 


Les  funérailles  de  Charles-Quint. 

—  La  légende  est  tenace  qui  veut  que 
Charles  Quint  ail  assisté,  vivant,  à  ses 
funérailles.  Sur  quoi  s'appuie-t-elle  ? 

Alex.  G, 
[Cette  question  a  été  posée   (XVIl)  :  il 
ne  lui  a  été  fait  que  des  réponses  qui  n'ont 
rien  de  définitif]. 

Pétrarque  était  il  épileptique  et 
boiteux  ?  —  Dans  la  Revue  des  Deux- 
Mondes,  le  15  novembre  1886,  M.  J. 
Guardia,  dans  un  article  sur  la  langue  et 
la  littérature  catalanes,  écrit  : 


626 


L'amant  transi  de  Lauie  était  boiteux  et 
épileptique. 

Ce  serait  pour  expliquer  tant  de  choses 
—  et  notamment  la  vertu  de  Laure  — 
qu'il  est  permis  dedemanderdesprécisions. 

Le  savant  docteur  Guardia,  s'il  est  en- 
core de  ce  monde,  pourrait  peut-être  les 
donner.  On  n'avance  pas  à  la  légère  de 
pareilles  affirmations  dans  la  Revue  des 
Deux-Mondes.  Alex.  G. 

Les  papiers  de  M.  de  Sartines.  — 
Le  lieutenant  de  police  avait  laissé  des 
papiers  :  ce  fait  est-il  exact  ? 

Et  s^il  est  exact  :  que  sont  devenus  les 
papiers  de  M.  de  Sartines  ?  D""  L. 

Qu'est  devenu  Denis   Papin  ?  — 

L'inventeur  de  la  machine  à  vapeur  qui 
était  allé  en  Allemagne, écrivit  à  Leibnitz. 
Cette  lettre  est  la  dernière  manifestation 
que  nous  possédions  de  l'admirable  gé- 
nie qui  nous  a  doté  de  l'invention  qui  de- 
vait révolutionner  le  monde.  Que  lui  ad- 
vint-il ?  Fut  il  tué  ?  Mourut-il  dans  son 
lit  ?0ù  ?  Quand  ?  Mystère. 

De  ce  mystère,  la  clef  est  en  Allemagne 
selon  toutes  probabilités.  Les  Allemands 
n'ont-ils  jamais  rien  trouvé  sur  notre 
glorieux  compatriote  ?  Les  archives  de 
Ca.ssel  sont-elles  muettes  à  ce  sujet  ? 

V. 

Ange,  peintre  flamand,  XVIIP 
siècle.  —  Dans  une  lettre  au  baron  de 
Joursanvault,  du  22  décembre  1766,  il 
donne  A.  de  W.  comme  les  initiales  de 
son  nom  véritable. 

LXVI.  -  13. 


N»  1346.    Vol.  LXVI. 

627  

Quel  est  ce  nom  ? 

Avant  cette  date,'  Ange  a  habité  quatre 
ans  Paris,  puis  Auxerre  et  Semur. 

L.  Morand. 

Mémoires  du  Cardinal  de  Bernis. 

—  On  lit  Jans  les   Célébnlés  d'autrejois^ 
par  Lefèvre  Deumier,  $853  : 

Il  avait  écrit,  dans  les  heures  perdues  de  sa 
magnificence,  trois  volumes  de  Mémoires, 
qu'il  légua  par  codicile  à  ses  neveux,  en  leur 
recommandant  de  ne  pas  les  impriraer.  On 
lui  obéit  ponctuelleinent,  et  je  me  permets 
de  penser  qu'on  eut  tort. 

Qui  détient  aujourd'hui  ces  Ménidircs 

manuscrits  ? 

Simon. 

De3  châteaux  de  Champrel.   -  Je 

serais  reconnaissant  au  contrere  qui  vou- 
drait bien  me  donner  une  généalogie  de 
cette  famille  depuis  1750,  en  m'indiquant 
si  possible  les  lieux  de  naissance  .? 

j.    DE  V.     . 

César  Franck.  —  On  sr.it  que  le 
grand  musicien  est  né  à  Liège  en  1822. 
Mais  sa  famille  est  elle  originaire  de  cette 

ville  .? 

Son  père,  son  grand-père  étaient-ils 
belges  ?  Albinoni. 

Léona/d  Limosin,  émailleur, 
deuxième  du  nom.  —  je  trouve  parmi 
des  vieux  papiers  qui  m'ont  été  confiés 
pour  les  classer,  une  obligation  pour  pi  et 
de  la  somme  de  quatre  cents  livres  tour- 
nois, consentie  par  X...  à  «  Léonard  Li- 
mousin le  jeune,  maître  émailleur  de  la 
ville  de  Limoges  »  :  Acte  reçu  par  M''  Des- 
vignes notaire  à  Limoges,  le  =5  janvier 
Mil  SIX  cent  vingt-quatre.  Expédition  si- 
gnée Desvignes 

D'après  le  Dictionnaire  de  Larousse,  seul 
ouvrage  que  je  sois  à  même  de  consulter 
pour  Tinstant,  il  y  eut  dans  la  dynastie  des 
Limosin,  deux  Léonard  :  et  ce  fut  Léo- 
nard r'  qui,  sous  François  l""  et  Henri  II, 
acquit  la  plus  glorieuse  renommée  à  ce 
nom  des  Limosin  émailleurs. 

Mais  puisque  après  avoir  consacré  une 
courte  notice  à  Léonard  1",  le  Latousse  ne 
d(jnne  de  Léonard  11  que  son  nom  sans 
plus  s'étendre,  quelques  uns  de  nos  con- 
frères intcrmcdiairistes  ne  poui  raient-ils 
pas  suppléer  à  cette  lacune  f' 


JL'lNTfiRMÉDIAIRfi 


628 


Que  sait-on  de  ce  I  éonard  Limosin  qui 
vivait  sous  Louis  XIII,  même,  je  crois, 
sous  Louis  XIV  ? 

Il  ne  me  paraît  pas  possible  qu'il  ait  été 
fils  de  Léonard  I".  Etait-il  son  petit- 
fils.? 

)e  désirerais  aussi  savoir  avec  qu'il  fut 
marié,  et  s'il  eut  des  enfants  continua- 
teurs des  traditions  artistiques  des  Limo  • 
sin. 

M.  A.  B. 


Le  général  Pierre    d'OUone.    — 

Qiiel  fut  le  rôle  du  général  dOllone  dans 
la  guerre  pour  l'Indépendance  des  Etats- 
Unis  d'Amérique  ? 

Où  pourrais-je  me  documenter  sur  la 
vie  et  les  services  de  cet  officier  ? 

N'avait-il  pas  u'es  frères,  officiers  géné- 
raux, eux  aussi,  l'un  au  service  du  Por- 
tugal, l'autre  au  service  de  la  Russie  ? 

J.deV. 


De  ATontchanin.  —  Je  désire  connaî- 
tre la  date  exacte  de  la  mort  de  Jacques- 
Pierre  Héliodore  de  Montchanin,  décédé 
à  Paris  entre  1820  et  1830. 

Je  recevrais  avec  reconnaissance  des 
renseignements  généalogiques  sur  cette 
famille  encore  représentée,  je  crois. 

Mac-Ivor. 

Familles  d'Estavayer  et  de  Mol- 
londins.  —  l'ai  sous  les  yeux  un  exem- 
plaire de  l'édition  originale  du  discours 
sur  V Histoire  Universelle  de  Bossuet  pu- 
bliée à  Paris  chez  Sébastien  Mabre  Cra- 
inoisy,  imprimeur  du  roi,  rue  Saint- 
Jacques-aux-Cigognes,  1681. 

Cet  ouvrage  relié  en  veau  porte  sur  le 
plat  les  armoiries  delà  famille  d'Estavayer 
et  à  l'intérieui-  un  exlibris  de  cette  fa- 
mille. 

En  outre,  la  page  du  titre  porte  écrit  à 
la  main  :  Le  ChcrdemoUondin  1700  :  lire 
le  chevalier  de  Mollondins. 

Je  désire  avoir  quelques  renseigne- 
ments : 

1"  sur  la  famille  d'Estavayer  et  la  bi- 
bliothèque dont  faisait  partie  cet  exem- 
plaire de  l'Histoire  Universelle.  . 

2"  sur  la  famille   de    Mollondins.  ^' 

P.  N. 


DES  CHERCHEUitS  El   CURîEU/S 


629 


Famille  de  Robillard- Champa- 
gne. —  Existe-t-il  encore, en  France,  des 
membres  de  la  famille  de  Robillard,  sei- 
gneur de  Champagne,  dont  un  membre, 
Josias,  marié  à  Marie  de  la  Rochefou- 
cauld, passa  en  Angleterre  au  moment 
de  la  révocation  de  l'édit  de  Nantes  ? 

C.  N. 


Madame  Rostand  descend  elle 
de  Madame  de  Genlis  ?  E--.t-il  vrai  que 
Mme  Edmond  Rostand  descende  de  Mme 
de  Genlis  ? 

F.L.  C. 


Bibliographie  de  toute  la  littéra- 
ture héraldique.  —  Qui    pourrait  m'in- 
diquer  s'il  y   a     une   bibliographie  con- 
cernant toute  la  littérature  héraldique? 
-  C.  A   D. 

w'   Armoiries  de  Pingre  ouPingrez. 

|—  Queiks  étaient  les  armes  de  Margue- 
rite Pingre  ou  Pingrez,  mariée.  1(091,  à 
Vincent  Le  Gillon,  conseiller  au  Présidial 
d'Amiens,  fille  de  Nicolas  Pingre  ou  Pin- 
grez, lieutenant  général  criininel  audit 
siège,  —  et  de  Marguerite  Du  Fresne? 

La  Cbesnaye  des  Bois  donne  deux  ver- 
sions différentes  des  armes,  sans  détailler 
hs  filiations,  ni  même  indiquer  si  ce  sont 
des  familles  différentes, 

Bénédicte. 


l 


Armoiries  d'Angélique Nacquart. 

--  Qiielles  sont  les  armes  d'Angélique 
Nacquart,  fille  de  François,  écuyer,  sei- 
gneur de  Pétigny,  né  1652,  mort  1718, 
maire  d'Epernay  et  lieutenant-général  dû 
Bailliage,  —  laquelle  Angélique  épousa, 
171 1,  Louis  Guillaume,  alias  Louis  Fran- 
çois, seigneur  de  Saint  Eulien,  lieutenant 
des    Maréchaux    de    France     en    Cham- 


pagne 


Benfdicte. 


^  Cachets    de    collection  :   HL    et 

I.  P.  Z.  —  Pourrait-on  me  dire  à  quelles 

collections  ont   appartenu  deux    cachets 

que  je  relève  sur  un  petit  dessin  italien. 

I"'  HL,  inscrit  danj  un  cercle. 


20  Novembre  191a, 
— —     b3o  — . 

2»  L  P.  Z.,  inscrit  sur   une   petite  ban- 
derole :  I 


Croix  en  ivoire  à  un  collier  du 
Saint  Esprit.  —  Par  qui  pouvait  être 
porté  un  collier  du  Saint  Esprit,  formé 
d'une  grande  croix  en  ivoire  (ayant  la 
même  grandeur  et  forme  que  celle  du 
même  ordre  en  or)  suspendue  à  un  col- 
lier de   boules  d'ivoire  d'égale  grosseur. 

Sur  le  revers  de  la  croix  cassée,  on  lit 
en  caractères  gothiques,  les  lettres  sui- 
vantes :  MPEN.  Quel  peut  être  ce  mot  et 
sa  signification  ? 

Omer. 


Epitaphes  contenant  un  jeu  de 
mots.  —  Courval-Sonne't,  le  rude  satiri- 
que, composa  cette  épitaphe  qu'on  peut 
lire  dans  le  ill«  volume  de  l'Edition  Blan- 
chemain. 

Dialogus 

Viatoris  et  Lapidis,  super  tumukim  M    Guii- 

[lermi 
Savaiii,    doctissimi  et  officiossimi  pharmaco- 

[polae. 
V.  Qi^)is   jacet    hic  ?    L.    NuIIus  !     V.     Quis 
[saxo  hoc  clauditur.  L.  Omnis. 
V.  Clarius  ista  rogo,  die,  âge,  vera,  lapis  I 
L.  Giiillermus   parva  situs  est  Savarius  urna 
Qui  sibi   NuUus  erat,   omnibus    Omnis  erat! 

Il  en  donne  à    la    suite   la    traduction 
française. 

Quel  corps  gît  en  ce  lieu  ?  Nul  ce  tombeau 
n'enserre,  etc. 


Un  mot  de  Virgile.  —  Tous  les  au- 
teurs de  Dictionnaires  attribuent  à  Vir- 
gile le  mot,  devenu  proverbial  «  E  (ou 
De  Stercore  Enniï.  »  11  m'a  été  impossi- 
ble de  le  trouver  dans  les  œuvres  de  Vir- 
gile, même  avec  l'aide  d'un  '<  Index  vo- 
cabulorum  omnium  ».  Un  lettré  de  ï In- 
termédiaire pourrait  il  me  dire  où  se 
trouve  ce  mot  ? 

D'  Cordes. 

Capétiens.  —  Qui  employa  le  pre- 
mier le  mot  capétiens  pour  désigner  les 
rois  de  la  troisième  dynastie  ?  V. 


N»  1J46.  Vol.  LXVI. 
631 


L'INTKRMEDiAIKB 


632 


Hépon$ed 


Lettres  de  MariG-Antoinette  à 
Barnave  iLXVl,  s8i).  -  Je  ne  puis  que 
me  répéter  :  il  serait  bien  que  M.  O.  G. 
de  Heidenslam  publiât  le  fac-similé  de 
quelques  pages  des  manuscrits  qu'il  con- 
sulte. 11  n'est  pas  douteux  qu'ils  soient 
authentiques.  Son  dernier  article  dans  la 
Revue  de  Pans  (15  novembre)  en  apporte 
une  nouvelle  démonstration. 

Marie-Antoinette  avait  dit  à  Fersen,  en 
parlant  de  sa  correspondance  avec  Bar- 
nave et  ses  amis: 

«  Vous  en  jugerez  vous  même,  car  je 
garde  tout  cela  pour  vous». 

Elle  lui  communiqua  donc  les  lettres 
échangées,  et  le  pria  cIj  les  euiporter  et  de 
les  conserver  soigneusement.  On  ne  pou- 
vait savoir  en  quelles  mains  elles  tomberaient 
si  elle  les  conservait  après  d'elles.  Et  Fersen 
emporta  la  correspondance,  il  la  confia  à  la 
garde  de  sa ïœur  Sophie  Piper, dépositaire  de 
tous  ses  secrets.  Voilà  commer.t  elle  se 
trouve   aujourd'hui  au    château  l'e  Lofstad. 

Louis  XVI  ne  fut  pas  aussi  prudent  que 
Marie-Antoinette.  Il  laissa  traîner  dans  un 
tiroir,  un  écrit  qui  révélait  les  rapports  de 
Barnave  et  ses  amis  avec  la  cour.  Après  le 
10  août,  ce  paquet  fut  retrouvé  ;  et  le 
IS  août  1793  le  député  Rivière  dénonçait  à 
la  tribune  un  écrit  trouvé  dans  le  secrétaire 
du  Koi  et  intitulé  Projet  du  comité  d,-s  mi- 
nistres concerté  entre  MM  Biimave  et  La- 
wth. 

Et  Barnave  et  Alexandre  Lameth  furent 
décrétés  d'accusation  ainsi  que  les  minis- 
tres. 

Lameth  fut  sauvé  par  La  Fayette  qui 
l'emmena  avec  lui  à  l'armée  du  Nord.  Mais 
Barnave  fut  arrêté  à  Grenoble,  et  après  y 
avoir  passé  nn  an  en  prison,  il  comparaissait 
le  18  novembre  1S93,  devant  le  tribunal  ré- 
volutionnaiie,  en  mémo  temps,  que  Duport- 
Dutertre,  ur,  des  minisires.  Ils  furent  con- 
damnés à  mort  et  exécutés  le  lendemain. 

La  correspondance  échangée  entre  la 
Reine  et  Barnave,  et  qui  vient  seulement 
de  nous  être  révélée,  prouve  que,  contrai- 
rement à  une  opinion  perfide,  Marie-An- 
toinette ne  joua  pas  une  comédie  pour 
cacher  les  intrigues  de  la  cour  ;  qu'elle 
fut  sincère  et  loyale  envers  le  parti  cons- 
titutionnel et  qu'elle  fit  tout  ce  qu'il  était 
possible  de  faire  pour  conjurer  le  désas- 
tre et  ramener  la  paix. 

Ojielle  part  avait  le  Roi  dans  ces  pour- 
parlers ?  Y  était-il  étranger  ?  Ne  dictait-il 


pas  ces  lettres  qui,  si  elles  sont  de  l'écri- 
ture de  la  reine,  ne  sont  peut-être  ni  com- 
plètement de  son  style,  ni  complètement 
de  sa  pensée  ? 

U  nous  reste  to  jours  à  percer  le  mys- 
tère du  messager  secret,  celui  que  la  Reine 
nomme  «  O  :  1  ». 

Enfin  —  et  ceci  est  moins  difficile  à  ob- 
tenir :  on  aimerait  voir  un  fac  simile  Je 
l'écriture  que  M.  O.-G  de  Heidenstam 
attribue  à  Barnave  —  avec  raison  nous 
n'en  doutons  pas.  Mais  ridcniiùcation 
n'est  ici  qu'une  affairi."  d'expertise  et  un 
Charavay  y  est  plus  compétent  qu'un 
historien.  V. 

La  promesse  de  fidélité  à  la 
Constitution  de  l'an  VIII  (LXV,  S30). 
—  Le  préfet  de  Maine-et-Loire,  le  citoyen 
Pierre  Montault  des  Isles,  installé  le  2q 
mars  1800,  avait  reçu  des  instructions 
modérées  en  ce  qui  concernait  la  promesse 
de  fidélité.  De  plu?,*tlans  une  lettre  du 
14  mai  suivant,  le  ministre  de  la  police 
générale  de  la  République  manda  aux 
préfets  des  départements  de  l'Ouest  qu'il 
s'en  rapportait  à  leur  prudence  person- 
nelle sur  la  conduite  à  tenir  à  l'égard  des 
prêtres.  D'accord  avec  l'autorité  mili- 
taire, le  citoyen  Montault  n'exigea  la  pro- 
messe d'aucun  ecclésiastique.  Voici  la 
circulaire  de  Foiiché,  d'après  l'original 
conservé  aux  Archives  de  Maine-et-Loire 
{Série  V). 

F.   UZUREAU, 

Directeur  de  V Aujou  Historique. 

Parmi  les  mesures  adoptées  pour  pacifier 
les  départen-.ents  de  l'Ouebt,  il  en  est  quel- 
ques-unes qui  se  trouvent  en  contradiction 
avec  des  lois,  qui  ne  sont  point  abolies. 
Telle  est  l'autorisation  donnée  par  les  géné- 
raux aux  ministres  du  culte  d'exercer  Icuis 
fonctions  sans  taire  la  promesse  de  soum's- 
si.  n  à  la   République. 

11  ne  fallait  rien  moins  que  li  nécessité  de 
événements,    que     le    désir    de    terminer  untf 
guerre   déplorable,    en    détruisant    toutes  ses 
cau-csel  tous  ses  prétextes,  pour  déleiminer 
cet  acte  de  l'autonté  militaire. 

La  nécessité  de  maintenir  la  paix  com- 
mande aujourd'hui  de  respecter  tous  les 
moyens  qui  ont  concouru  à  l'établir. 

Vouloir  assurer  l'empire  de  certnines  lois 
par  des  mesures  brusques  et  indiscrètes,  ce  _ 
serait  risquer  de  perdre  les  fruits  que  le  Gou-  ^ 
\criiement  commence  à  recueillir  de  sa  sa- ** 
gesse  et  de  sa  nîodération. 

Dans  l'état   actuel    des   choses,  vous  vous 


» 


BARNAVE 
Portrait  contemporain 


Intermédiaire  LXVI  col.  H31 


oas  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


^3? 


abstiendrez  de  toute  mesure  directe  et  posi- 
tive relativement  aux  ministres  du  culte. 
Vous  tolérerez  qu'ils  exercent  leurs  fonctions 
sans  avoir  fait  la  déclaration  de  fidélité  à  la 
République,  toutes  les  fois  que  vous  aurez  la 
certitude  morale  qu'on  l'exigerait  vainement. 

Cette  tolérance  applicable  aux  conditions 
du  libre  exercice  des  cultes  ne  doit  néan- 
moins pas  létre  à  l'abus  de  cet  exercice,  et 
rien  ne  devra,  même  dans  les  circonstances 
actuel'es,  absoudre  le  délit  d'un  ministre  du 
culte  qui  aurait  provoqué  des  troubles. 

Que  les  prêtres  insoumis  sachent  que  vous 
les  surveillez  ;  qu'ils  s'en  aperçoivent  même  ; 
mais  gardez-vous,  dans  l'état  présent  des 
choses,  de  ;eur  fournir  un  prétexte  contre  le 
Gouvernement. 

Rendei-moi  un  compte  assidu  et  détaillé 
de  leur  conduite  Observez  avec  attention  de 
quelle  manière  leur  influence  sur  l'opinion 
populaire  sera  graduellement  modifiée  par 
l'habitude  du  lepos  domestique  et  par  l'esprit 
de  l'administration  généra'e. 

Ne  dites  rien  d'absolu  et  de  positif  sur  les 
intentions  du  gouvernement  à  leur  égard, 
mais  seulement  ce  qu'il  est  nécessaire  qu'ils 
sachent  et  qu'ils  croient,  pour  n'être  pas 
inquiets  sur  eux-mêmes.  Ne  manquez  pas 
surtout  de  leur  faire  envisager  la  tolérance 
dont  ils  sont  l'objet,  comme  la  condition  es 
sentislle  du  bon  usage  qu'ils  feiont  de  leur 
influence. 

Ne  vous  entretenez  d'eux  et  avec  eux  que 
le  moins  souvent  possible.  Il  faut  mieux  les 
observer  qu'en  parler  ;  et  cela  est  même  plus 
aisé. 

Au  reste,  mon  intention  n'est  pas  de  vous 
tracer  ici  des  règles  invariables  et  détaillées 
de  conduite.  Dans  des  cas  pareils  à  celui  dont 
il  s'agit,  l'autorité  .  ne  se  détermine  bien 
qu'autant  qu'elle  se  détermine  d'après  le  cal- 
cul de  toutes  les  circonstances  de  moment  et 
de  lieu,  circonstances  trop  variables  et  trop 
diverses  pour  être  comprises  dans  des  règles 
générales  et  absolues. 

Vos  moyens  de  faire  le  bien,  de  réparer  le 
mal,  sont  assez  étendus  ;  vous  avez  assez  de 
latitude  dans  l'exercice  de  vos  fonctions 
pour  quï  le  Gouvernem.^nt  ait  droit  de  comp- 
ter sur  l'efficacité  de  votre  zèle. 

Quoi  qu'il  arrive,  vous  aurez  rempli  votre 
tâche,  et  vous  aurez  concilié  le  plus  possi- 
ble les  intérêts  généraux,  de  la  République 
avec  les  intérêts  locaux  des  contrées  de 
l'Ouest,  si  vous  y  avez  maintenu  et  consolidé 
la  paix  et  disposé  les  esprits  à  l'empire  absolu 
des  lois. 


L'énigme  de  Valmy.  Brunswick. 
Le  vol  des  diamants  en  1792  (LXVI. 
38b.  446,  4^9,  544J.  -  Charles  de 
Brunswick,    le    général    commandant    à 


3.3  Novembre  191» 
■ 634 

Valmv;,  auteur  du  manifeste  n'était  pas 
plus  étranger  que  les  deux  autres  Bruns- 
wick (Ferdinand  et  Frédéric)  à  la  franc- 
maçonnerie  allemande.  Il  avait  été  nommé 
en  1775  M  protecteur  e  toutes  les  lo- 
ges. /.  A.  G. 

Qui  a  brûlé  Moscou  ?  Est-i..e  Ros- 
topchine?  (LXVl.  38=,,  447,  490,  545, 
595).  —  Au  sujet  de  l'incendie  de  Moscou 
et  durôlede  Rostopchine,  M.  le  Marquis  de 
Ségur,  petit-fils  de  la  célèbre  comtesse 
de  Ségur,  née  Sophie  '^ostopchine,  et 
l'arrière-petit-neveu  du  général  de  Ségur, 
auteur  de  l'Histoire  de  la  Retraite  de  Km- 
ne  ,  a  donné  une  très  intéressante  confé- 
rence à  Mulhouse  en  191  i.  Publiée  dans 
la  Revue  Napoléonienne  de  mars  et  d'avril 
1911,  cette  conférince  a  donné  lieu  à 
deux  articles  d'un  écrivain  anonyme, 
mais  fort  bien  renseigné,  signant  Philinte, 
Ils  ont  paru  dans  V Express  de  Mulhouse, 
n°*  du  20  mars  et  du  3  avril  1 9 1 1 .  On  les 
retrouvera  dans  la  Revue  Napoléonienne 
précitée,  avril  et  mai  191 1.  Voir  en  outre 
le  Baron  de  Baye,  Voronovo,  le  château 
de  Rostopchine,  Paris  1909:  le  Comte 
Rostopchine,  La  vérité  sur  V incendie 
de  Moscou^  Paris  1823  ;  bagatelles  tra- 
duites librement  du  russe  en  français  par 
Simon  Thomas,  Strasbourg  1830  et  1835  ; 
la  Comtesse  A.  L.  Rostopchine,  Les  Ros- 
topchine, Pans  s.  d. 

JOACHIM    KiiHN. 

La  réponse  à  cette  question  se  trouve 
dans  les  Mémoires  laissés  par  le  général 
baron  de  Jomini  :  mémoires,  hélas  !  restés 
inédits.  Je  vous  ai  fait  part  cette  année-ci 
de  l'existence  de  ces  Mémoires,  qui  sont 
demeurés  dix  ans  par  prudence  (?)  en 
Belgique,  chez  mon  ami  le  conseiller  de 
cassassion  Corbisier  de  Méaultsart.  Ces 
Mémoires  doivent  se  trouver  entre  les 
mains  des  héritiers  du  général  qui  a  laissé 
un  fils  et  deux  filles  :  la  comtesse  de 
Courville  et  Madame  Petit  de  Barancourt. 

Le  général  jugeait  que  ses  Mémoires 
pouvaient  paraître  trente  ans  après  sa 
moi  t. 

Le  général  de  Jomini  en  savait  plus 
long  que  les  autres  :  il  avait  été  en  plein 
au  milieu  de  la  débâcle  de  Moscou  dans 
le  camp  français.  Plus  tard  il  avait  passé 
au  service  russe  comme  aide  de-camp  de 
l'empereur  Alexandre, 


N'  1346    Voi.     LXVÏ. 

635 — 

D'après  ces  Mémoires  on  saura  si  Tin- 
cendiaire  fut  Rostopchine  par  ordre  ou  de 
son  propre  mouvement,  ou  si  le  feu  a 
pris  par  accident.  Wellington  préférait 
croire  à  un  accident  plutôt  qu'à  un  acte 
d'égarement  (sublime  du  reste). 

Je  m'empresse  de  déclarer  (pour  l'avoir 
entendu  dire  par  le  Général  Jomini  lui- 
même')  qu'il  n'imposerait  pas  de  date  pour 
la  publication  de  ses  Mémoires.  Il  écrivait 
pour  l'Histoire,  en  historien,  et  non  comme 
pamphlétaire. 

NOLLÉE    DE    NODUWEZ. 

*  . 

Les  Annales  ont  publié  les  mémoires  de 
la  comtesse  Rostopchine  dont  voici  un 
passage  intéressant  qui  répond  bien  à  la 
question  : 

J'ai  entrepris,  actuellement,  d'écrire  la  bio" 
graphie  de  mon  grand-père,  le  comte  Théo- 
dore Rostoptchi.ie,  gouverneur  général  :'.e 
Moscou  en  1812,  <'t  d'établir  definitivenient 
cette  vérité,  discutée  si  passionnément  jus- 
qu'ici :  à  savoir  que  c'est  bien  lui  qui  a 
brûlé  Moscou,  portant  amsi  un  coup  décisif 
au  prestige  de  Napoléon  et  délivrant  l'Eu- 
rope du  joug  de  cet  insatiable  conquérant 
dont  j'admire  le  génie  et  la  gloire  militaire, 
non  la  soif  de  victoires  toujours  nouvelles. 
J'ai,  depuis  plusieurs  années,  travaillé  dans  la 
Bibliothèque  impériale  de  Saint-Pétersbourg 
et,  avec  l'autorisation  spéciale  de  S.  M.  Ni- 
colas U,  dans  les  Archives  les  plus  secrètes 
du  ministère  des  affaires  étrangères,  dans 
celles  de  l'état-major  général  des  archives 
moscovites  du  palais  Lefort  ;  j'ai  compulsé 
les  documents  les  plus  précieux  de  l'admi- 
rable et  unique  collection  de  M.  de  Volo- 
dégoff  (qui  a  réuni  dans  sa  terre,  située 
sur  la  Bérézina,  près  du  passage  histori- 
que, plus  de  huit  mille  volumes  concernar.t 
notre  guerre  nationale)  ;  j'ai  lu,  annote  et 
copié  en  partie  les  innombrables  nrticles  con- 
cernant mon  grand-père  dans  le  Mcssu^^fr 
Russe,  les  Archives  de  Bartèn^^,  les  Annalis 
Historiques,  etc.,  etc.  je  suis  donc  documen- 
tée et,  malgré  quo  je  ne  sois  pas  encoie 
arrivée  à  la  moitié  de  ma  formidable  tâche, 
ma  conviction  est  faite.  Elle  corrobore  toutes 
mes  tr.iditions  de  famille,  tous  mes  souve- 
nirs d'enfance  et  de  jeunesse,  ceux  des  amis 
de  mes  parents  :  c'est  le  comte  Théodore 
Rostoptchine  qui  a  mis  le  feu  à  Moscou  et  en 
a  donné  l'ordie  immédiatement  après  avoir 
rvçu  le  13  septembre,  à  onze  heures  du  soir, 
la  lettre  de  Koutousoff  lui  annonçant  sa  re- 
traite sans  combat.  Pourquoi  donc,  alors, 
a-t-il  réfuté  cet  acte  héroïque  dans  son  opus- 
cule célèbre  :  la  Vérité  sur  l'hucndie  d* 
Moscou^   publie    par   lui    à   Pari.   '^'^     'f^:?  ? 


L'INTiiRMBÛiAIRE 


6t6 


Pourquoi  at-il  délibérément  arraché  de  sa 
tète  la  couronne  que  la  Renommée  y  avait 
déposée  ?  Pourquoi,  hélas  !  n'a-t-il  pas  dit 
la  vérité  dans  cette  prétendue   Vérité  ? 

C'est  que  l'influence  de  sa  femme  avait 
lentement  sapé  en  lui  les  principes  éternels 
de  la  vérité  ;  il  avait  adoré,  passionnément 
admiré  la  comtesse  Cntherine  ;  elle  était, 
pour  lui,  l'incarnation  vivante  de  la  perfec- 
tion et  de  la  vertu  (on  était  encore  sous  l'im- 
pression de  Rousseau).  11  lui  écrivait  ainsi  : 

«  Je  baise  tes  pieds,  ma  bienfaitrice.  Prie 
Dieu  pour  moi  :  les  prières  des  J'jstes  par- 
viennent jusqu'à  Lui.  Je  t'embrasse  le  cœur 
plein  de  tes  vertus  et  l'esprit  occupé  du 
bonheur  dont  nous  jouirons  un  jour  ». 

Puis,  ie  16  septembre  1812  (il  avait  quitté 
Moscou  le  14  et  sa  famille  était  partie  pour 
une  province  éloignée)    : 

«  Serge  (son  fils  aîné,  alors  officier)  mé 
précède  de  deux  jours,  je  n'ai  pas  voulu  re- 
tarder le  moment  de  son  entrevue  avec  la 
plus  digne  mère  et  la  plus  respectable  femme 
au  monde  ». 

Kt  encore,  le  30  octQlj^^  1812,  soir  : 

«  Reviens  dans  une  ville  qui  est  détruite, 
dans  une  maison  qui  est  pillée,  auprès  d'un 
mari  qui  t'adore  et  te  respecte  au  delà  de 
toute  expression  ». 

Qu'on  n'oublie  pas  que  ces  expressions 
passionnées  étaient  adressées  par  un  homme 
de  quarante-sept  ans  à  une  femme  de  trente- 
cinq  ans,  qui  lui  avait  donné  déjà  six  en- 
fants (dont  trois  morts  en  bas  âge). 

Par  son  testament,  daté  de  1811,  le  comte 
laissait  à  sa  femme  toute  sa  fortune.  Le  der- 
nier, signé  la  veille  de  sa  mort  (18  janvier 
i826\  ne  lui  accordait  que  sa  légitime. 
Pourquoi  ce  changement  ? 

Pourquoi  cet  amour  et  cette  adoration  res- 
pectueuse avaient-ils  disparu  ?  Qi^iel  drame 
de  f.imille  avait  exercé  une  action  si  dissol- 
vante sur  des  sentiments  professés  pendant 
tant  d'anuccs  ? 

Voici  ces  i-aisons  cn.'iôes  :  la  comtesse 
Catherine  avait  abjuré  la  religion  orthodoxe 
et  embrassé  le  catholicisme  à  l'inau  de  son 
mari.  Elle  avait,  pendant  plusieurs  années, 
professé  et  pratiqué  sa  nouvelle  religion  aux 
côtés  d'un  époux  sans  méfiance,  qui  ne  se 
Joutait  pas  que  le  cœur  de  sa  femme  lui  était 
désormais  fermé,  que  son  âme  lui  échappait 
et  qu'au  fond  de  cette  âme  exaltée  elle  trai- 
tait son  mari  de  schismatique  damné  . .. 

On  peut  juger  du  désenchantement  amer 
qui  envahit  l'âme  de  cet  homme,  du  désar- 
roi de  toutes  ses  croyances,  lorsqu'il  vit  ainsi 
sombrer  tout  ce  qui  avait  été  sa  religion  in- 
time pendant  plus  de  la  moitié  de  son  exis- 
ttncu  !  Plus  il  avait  aimé  et  estimé  sa 
femme,  plus  grande  fut  sa  désillusion  . 

La  découverte  de  ce  secret,  si  bien  dissi- 
riiiilc»  pTi  \,<  intéressés,  fut  np  .-r-mp  <;i  terrible 


AJ£>  GHBRCHjtiUKa  iii  CUKiliUA 


io  ^Novembre    1919 


637 


638 


Pour  le  comte  Théodore  qu'il  en  garda  le 
Silence  jusqu'à  sa  mort  ;  mais  il  en  garda 
aussi  l'amertume  éternelle.  Quelques  phrases 
obscures,  dans  ses  lettres  à  ses  amis,  quel- 
ques paroles  éch;ippées  à  sa  faiblesse  pen- 
dant sa  dcrniè'e  maladie,  mais  principale- 
ment le  testament  révélateur  et  sa  lettre  au- 
près du  jeune  empereur  Nicolas,  auquel  il 
confiait  la  garde  de  son  fils  cadet,  André 
(mon  père,  né  en  1813  ;  mort  en  1^92),  alors 
âgé  de  douze  ans  :  voilà  les  seuls  témoigna- 
ges de  ce  que  sa  fiert  '  emporta  au  tombeau 
avec  elle.  J'aurais  voulu  la  respecter.  Je  l'au- 
rais certes  fait  sans  l'obligation  où  je  me 
trouve,  comme  histarien,  d  analyser  les  ori- 
gine? de  cette  néfaste  brochure  :  la  Vérité 
sur  VIncendie  de  Moscou. 

Fatigué,  vieilli  avant  l'âge  par  des  maux 
opiniâtres,  devenu  atrabilaire  et  morose, aigri 
par  les  plaintes  et  les  dolé?.nces  des  Mosco- 
vites ruinés  par  l'incendie  et  qui  ne  lui  mé- 
nageaient pas  les  lettres  anonymes  les  plus 
menaçantes,  l'ex-général  gouverneur  voulut 
expliquer,  un  jour,  ce  qu'avait  été,  en  réa- 
lité, cet  inccnd'e  qui  donnait  matière  à  tant 
de  controverses.  11  saisit  une  plume...  Mais, 
hélas  1  subissant  les  influences  qui  l'envelop- 
paient, il  écrivit  sa  brochure. 

Ce  fut  la  seule  défaillance  de  cette  noble 
et  grande  existence,  qui  se  résume  en  deux 
mots  :  dévouement  absolu  au  souverain, 
abnégation  complète  de  ses  propres  intérêts 
devant  ceux  de  la  patrie.  Napoléon  a  dit  que 
«  l'Histoire  n'était  que  la  peinture  du  cœur 
humain  ».  Pour  moi,  c'est  la  conscience  de 
l'humanité.  Fidèle  à  cette  maxime,  je  dirai 
loyalement  tout  ce  que  je  sais,  et  le  lecteur 
en  tirera  ses  conclusions. 


On  discute,  ici  même,  en  ce  moment, 
la  question  :  qui  a  hrûlé  Moscou? 

A  ce  propos  pourrait-on  me  dire  pour- 
quoi le  célèbre  tableau  de  Meissonier 
porte  t-il  le  titre  :  1814,  alors  que,  de 
l'avis  général,  il  représente  la  Retraite  de 
Moscou  ? 

L'édition  Nelson  de  <•  la  Campagne  de 
Russie  »  par  le  général  comte  de  Ségur 
en  fournit  une  nouvelle  preuve  :  on  y 
trouve  la  reproduction  en  gravure  de 
l'œuvre  de  Meissonier  avec  ce  titre  :  «  La 
Retraite  de  Napoléon  de  Moscou.  » 

ROAN. 

La  voiture)  de  Napoléon  à  Water- 
loo (LXVI,  .^35,^46).  —  La  question  était 
résolue  avant  d'être  posée.  Dans  son  petit 
livre  sur  Le  Quartier  Général  de  Napoléon 
â  Waterloo  (publié  pour  la  société   «  Les 


Amis  de  Waterloo  »,  56,  rue  Michel- 
Ange,  à  Paris),  M.  Hector  Fleischmann  â 
longuement  étudié  tous  les  documents 
concernant  la  berline  de  l'Empereur  prise 
à  Waterloo.  On  y  trouvera,  au  surplus, 
une  curieuse  photo  de  la  célèbre  voiture. 

JOACHIM  KuHN. 

Louis-Philippe  le  24  février  1848 
était-il  en  fiacre  ?  (LXVI.  18:;,  294, 
350.  482).  — Le  général  Atthalin  — 
V Alsace  noble  de  M.  Ernest  Lehr  dit, dans 
la  notice  Atthalin.  que  le  général  oaron 
Atthalin  était  cloué  sur  un  lit  de  douleur 
le  24  février  1848.  Cette  notice  a  été 
vraisemblablement  rédigée  sur  les  indica- 
tions de  la  famille.  Le  cocher  qui  condui- 
sit le  roi  fugitif  n'était  donc  pas  le  géné- 
ral Atthalin. 

La  Révolution  de  1848  (bulletin  de  sep- 
tembre-octobre 1912)  publie  des  notes 
très  intéressantes  de  Villcmain  sur  les 
journées  de  février  1848.  L'illustre  acadé- 
micien, qui  se  trouvait  au  Château,  a 
suivi  les  événements  minute  par  minute  ; 
il  les  décrit  consciencieusement,  il  mon- 
tre le  roi  comme  assommé,  le  duc  de  Ne- 
mours, régent  légal,  passif  et  stérile.,  le 
duc  de  Mnotpensier  actif  de  peur.,  M. 
Thiers  sous  un  accablement  de  stupéfaction, 
le  maréchal  Soult,  vieux  lion  grondant.^ 
mais  desarmé.,  indigné  de  la  conduite  in- 
grate et  étourdie  de  Nemours  ;  etc,  etc.  Il 
raconte,  page  258,  la  fuite  du  roi  dans 
trois  modestes  voilures  de  service,  avec 
les  siens  et  quelques  personnes  affidées 
ou  accidentelles.  H  ne  mentionne  à  aucun 
moment  le  général  Atthalin, 

Rectifions  ce  qui  concerne  l'origine  de 
M.  Laurent-Atthalin,  le  distingué  magis- 
trat récemment  décédé.  Il  était  le  petit- 
neveu,  et  non  le  petit-fils  du  général.. Son 
père,  fils  de  M.  Laurent,  officier  du  génie, 
et  de  Mlle  Atthalin, sœur  du  général,  avait 
sollicité  et  obtenu,  sous  la  Monarchie  de 
juillet,  l'autorisation  de  s'appeler  Laurent- 
Atthalin  ;  mais  le  général,  marié  en  1836, 
sans  enfants,  ne  lui  fit  pas  transmettre 
son  titre  de  baron.  Ces  faits  sont  très 
connus  à  Colmar,  ou  le  général,  fils  d'un 
membre  du  Conseil  souverain  d'Alsace, 
était  né  et  où  il  est  inOrt  en  1855,  et  où 
M.  Laurent-Atthalin,  son  neveu,  a  résidé 
depuis  1848  jusqu'à  l'annexion. 

Paul  Muller, 


N   1346,  Vol.  LXVl 


L'INTERMEDIAIRE 


039 


640 


Le  Prince  Impérial  «  Koi  d'Al- 
ger »  (LXVI.  388).  —  Des  journaux 
allemands  et  italiens  du  temps,  il  résulte 
que  ce  litre  a  été  employé  du  16  au  20 
mars  i8s6  Le  ib  mars,  la  Galette  Uni- 
verselle ir.4ngibouig{n''  du  18  mars  i8s6, 
supplément)  affirme  que  l'héritier  de  Na- 
poléon 111  portera  sans  doute  fbestimmt) 
le  titre  de  roi  d'Alger. 

JOACHIM  KiJHN. 

De    M.  J.   Mantenay,  dans   l'Univers  : 

Les  Mémoires  dont  il  s'agit  sont  remplis 
de  commérages.  Il  n'a  jaruais  été  question 
de  donner  ce  titre  au  fils  de  Napoléon  lU. 
Ce  qui  est  vrai,  c'est  qu'une  deputation  de 
Corses  demanda  à  l'Empereur  d'appeler  le 
prince  impérial  :  «  duc  de  Corse  ».  La  re- 
quête, au  moins  indiscrète,  et  qui  n'aurait  pu 
être  accueillie  sans  inconvénients, fut  vejetée. 
Mais,  à  ce  moment,  se  produisit  un  incident 
peu  connu  ;  une  deputation  de  Biscaye,  pré- 
sentée par  le  maréchal  Seirano,  vint  appor- 
ter à  l'Empereur  un  doci  menr  d'après  lequel 
la  junte  de  cette  province  c  reconnaissait  au 
jeune  prince  les  titres  et  privilèges  atta- 
chés à  la  qualité  de  seigneur  de  Biscaye  ». 

11  va  sans  dire  qu'il  s'agissait  là  d'un  titre 
de  pure  courtoisie,  et  que  le  prince  impérial 
ne  le  porta  jamais.  ^ 

Quant  au  titre  de  «  prince  d  Alger  »,  c  est 
à  un  fils  de  France  qu'il  avait  été  question, 
seize  ans  plus  tôt,  de  le  donner. 

hn  partant,  an  print<-mps  de  1840,  pour 
l'expédition  qui  devait  se  terminer  par  la 
prise  de  Meddah,  le  fils  aîné  de  Louis-Phi- 
lippe  avait  écrit  son  testament  :  «Je  de- 
mande respectueusement  au  Roi,  di'.ait-il 
dans  ce  document,  de  vouloir  bien,  si  1  en- 
fant que  porte  Hélène  est  un  fils,  lui  don.-.er 
le  titre  de  »  prince  d'Alger  »,  pour  rappeler 
\cs  hauts  faits  accomplis  en  Algérie  par  les 
princes  de  notre  Maison. 

Peut-être  Louis-Philippe  n'eut-il  point 
connaissance  de  ce  vœu.  En  effet,  le  duc 
d'Orléar.s  revint  sain  et  sauf  de  son  expédi- 
tion et  son  second  fils  naquit  quelques  se- 
maines après  son  retour.  C'est  seulement 
vingt  mois  plus  tard,  c'est-adue  au  '^nae- 
mam  de  la  catai,trophe  delà  route  de  la  Ré- 
volte ■  ue  le  testament  du  prince  fut  ouvert. 
11  se  peut  donc  4  e  le  duc  d'Orléans  n  ait 
pas  soumis  veibalement  son  désir  au 
Roi. 

Thiersà  Berlin  (LXVl,  ^87)-.—  '• 
va  sans  dire  que  Tliiers  na  pas  ete  a  Ber- 
lin en  1870  La  conversation  avec  Leo- 
poid  de  Ranke,  citée  par  M.   Chuquet,  a 


eu  lieu  à  Vienne.  Ranke  en  a  rédigé  un 
compte  rendu  ;  on  le  trouvera  dans  un 
des  derniers  volumes  des  Œuvtes  com- 
plète.^ du  grand  historien  allemand. 

JOACHlM  KiiHN. 

Les  drapeaux  de   Metz  en  1870 

(LXVl,  233,  395,492)-  - 

28/ 10/12 
Monsieur  le  Directeur, 

Permettez-moi  tout  d'abord  de  remer- 
cier votre  abonné  des.  sentiments  de  sym- 
pathie qu'il  veut  bien  m'exprimer  avec 
une  si  haute  courtoisie. 

La  lettre  du  général  de  Cissey,  à  laquelle 
je  faisais  allusion  dans  la  réponse,  que 
Vlntermédiaiie  des  Chercheurs  a  insérée 
dans  son  numéro  du  30  septembre  1912, 
a  été  lue  par  Lachaud  dans  sa  plaidoirie 
devant  le  conseil  de  guerre  du  Trianon. 
LUe  est  du  3  décembre  187.2  ;  la  voici, 
en  entier  : 

Tours,  le  3  diîctJnbre  1872, 
Le  général  de  Cissey  n'a  pas  été  appelé  en 
témoignage  par  le  ministère  public  parce 
qu'il  était  ministre  de  la  guerre  lors  de  l'ins- 
truction du  procès.  Depuis,  ni  le  ministère 
public,  ni  la  défense  n'ont  jugé  à  propos  de 
le  faire  citer. 

S'il  l'avait  été,  il  aurait,  en  ce  qui  concer- 
ne la  question  des  drapeaux,  déclaré  sous  la 
foi  du  serment,  que  le  25  octobre  dans  son 
entrevue  au  château  de  Frescaty,  avec  le  chef 
d'état-major  général  de  l'armée  allemande, 
celui-ci  lui  ayant  posé,  entre  autres  condi- 
tions si  dures  pour  l'armée  française  l'obliga- 
tion de  remettre  ses  drapeaux  au  prince  Fré- 
déric-Charles, il  répondit  catégoriquement  : 
«  Que  les  drapeaux  étant  des  aigles,  insignes 
«  politiques  au  premier  chef,  ils  avaient  dii 
«  être  remis  à  l'artillerie,  après  la  connais- 
<v  sance  des  événements  du  4  septembre  et 
«  quf  l'artillerie  avait  dû  les  incinérer,  ainsi 
«  que  cela  s'est  toujours  pratiqué  après  cha- 
«  cun  de  nos  changements  de  gouverne- 
«  ment.  » 

Le  général  se  rtgarde  comme  certain  d'a- 
voir rendu  compte  de  cet  incident  au  Conseil 
réuni  le  26  octobre  au  matin  chez  M.  le  ma- 
réchal Bazaine.  S'il  se  trompait  sur  ce  der- 
nier point  {ce  qu'il  considère  comme  impossi- 
ble) c'est  qu'il  en  aurait  rendu  compte  le  25 
au  soir  à  Monsieur  le  maiéchal,  en  lui  faisant 
le  récit  de  sa  douloureuse  mission  et  en  lui 
remettant  la  copie  du  protocole  de  Sedan, 
qu'il  s'était  fait  donner  par  M.  le  général  de 
Stiehle,  tant  il  avait  trouvé  exorbitantes  les 
prétentions  du  quartier  général  allemand. 

Le  général  tient  pour  certain  que  l'ordre 
de  brûler  les  drapeaux  a  été   donné  par  M. 


DBS  CHffiRCHHUKSBT  CURIEUX 


30  Novembre  19  n. 


641 


642 


le  maréchal  Bazaine  ;  sans  cela  il  eût  prescrit 
à  ses  quatre  colonels  de  les  détruire  en  pré- 
sence de  leurs  corps  d'oflficiers  et  se  fût  bien 
gardé  de  les  remettre  à  l'artillerie  pour  les 
transporter  à  l'arsenal  de  Metz,  bien  que  l'or- 
dre lui  en  eût  été  donné. 

Signé  :  Général  de  Cissey. 

Quant  à  la  lettre  du  colonel  de  Mel- 
chior,  elle  a  été  reproduite  très  exacte- 
ment par  le  comte  d"Hérisson  dans  La  Lé- 
gende de  Met:{.  Elle  avait  été  donnée  in- 
extenso  par  le  maréchal  Bazaine  dans  son 
livre  Episodes  de  la  guerre  de  iS-jo  et  le  Blo- 
cus de  Met  :(,  paru  en  1883, bien  avant  la 
légende  de  Metz.  Cette  lettre,  non  datée, 
n'est  d'ailleurs  que  le  résumé  de  la  déposi- 
tion du  colonel  Melchior  devant  le  Conseil 
de  guerre^  déposition  confirmée  par  celle 
du  général  Desvaux,  commandant  la 
garde,  son  chef. 

Celui  ci,  après  avoir  affirmé  que  le  ma- 
réchal Bazaine,  à  l'issue  du  conseil  de 
guerre  du  26  octobre, où  tous  les  comman- 
dants de  corps  ont  été  réunis,  «  donna 
l'ordre  à  haute  voix  de  porter  les  drapeaux 
à  l'arsenal,  oii  ils  seraient  brûlés  »  ;  après 
avoir  reconnu,  [  moins  affirmativement, 
il  est  vrai,  mais  comme  le  général  Soleille 
dut  l'avouer  lui-même  ]  que  l'ordre  fut 
donné  devant  lui  à  ce  dernier  de  faire 
brûler  les  drapeaux  ;  ajoute  plus  loin  :  s<  le 
«  lendemain  28  octobre  le  colonel  Mel- 
«  chior,  chef  d'état  major  de  l'artillerie  de 
»<  la  garde,  se  rendit  à  l'arsen-d  de  Metz, 
**  où  il  fit  brûler  devant  lui  les  drapeaux 
«  des  voltigeurs  et  des  chasseurs  à  pied  ; 
«  en  rentrant  à  son  bivouac,  il  activa  la 
«  destruction  des  hampes  et  d/s  aigles  des 
«  drapeaux  des  grenadiers,  ainsi  que  des 
<<  parties  flottantes  de  ces  drapeaux,  qui, 
«  au  lieu  d'avoir  été  détruites,  avaient  été 
«  déchirées  et  partagées  entre  les  sol- 
dats. » 

Veuillez  recevoir.  Monsieur  le  directeur, 
l'expression  de  mes  sentiments  distin- 
gués. 

G.  Bazaine. 

Ues  de  Paris  (LXV  ;  LXVI,  346).  — 
Les  lies  de  Paris  ont  fait  l'objet  d'un  tra- 
vail de  Tisserand,  publié  dans  les  Mémoi- 
res de  la  Société  de  l'Histoire  de  Paris  et 
même  dans  les  Livres  verts. 

L'auteur  n'a  rien  compris  aux  notes 
qu'il  avait  réunies  et  qu'il  n'a  pas  su  in- 
terpréter   parce    que    ce    n'était    pas  son 


métier.  Quant  à  Dulaure.  il  a  inventé  — 
par  suite  d'une  mauvaise  lecture,  —  l'île 
aux  Ourmetiaux,  qui  n'a  jamais  existé.  11 
ne  mérite  confiance  que  pour  les  événe- 
ments contemporains  qu'il  a  vus  ;  quant 
aux  autres,  il  ne  les  a  interprétés  que 
comme  un  sectaire  aveuglé  par  l'esprit 
de  parti,  et  ne  mérite  pas  d'être  cité  par 
les  historiens  soucieux  de  la  vérité. 

Voici  la  liste  des  iles  de  Paris  à  la  fin 
du  xV  siècle,  telle  que  nous  l'établissons 
avec  preuves  à  l'appui, et  telle  qu'on  ne  la 
trouve  nulle  part. 

Les  îles  sont  de  plus  en  plus  nombreu- 
ses à  mesure  qu'on  remonte  plus  haut 
dans  Il'histoire  et  disparaissent  forcément 
avec  le  temps.  Actuellement,  il  n'y  en 
a  plus  que  deux  L'île  des  Cvgnes  n'est 
pas  une  île  naturelle  et  son  nom  même 
ne  remonte  qu'à  Louis  XIV.  Notre  énu- 
mération  suit  le  cours  du  fleuve.  Ile  de 
Bercy,  île  Louviers,  île  Saint-Lcuis,  la 
Cité,  île  aux  Bureau,  île  à  la  Gourdaine, 
île  Maquerelle,  île  aux  Treilles,  île  de 
Seine  ou  île  aux  Vaches,  île  Merdeuse,  île 
de  Longchamp  ou  ile  aux  Dames,  île  de 
jéru^^alem,  île  des  Garennes,  île  de  Chail- 
lot,  île  du  Gravier,  ile  Furnel  ou  Ny- 
beui,  île  du  Bras  ou  ile  de  Javel,  ile  de 
Bussy.  Total  :   19  îles  ou  îlots. 

L'ignorance  des  vulgarisateurs  au  sujet 
des  îles  est  telle  que  tous  placent  l'ile  de 
Bussy  à  l'extrémité  de  la  Cité,  malgré  les 
textes  ! 

Nous  nous  tenons  à  la  disposition  de 
M  VI.  les  intermédiairistes  que  la  question 
intéresse,  et  notre  dossier  est  ouvert  à 
tous  les  chercheurs  et  les  curieux. 

Piton. 


Contrôle    sous    l'ancien    régime 

(LXVI,  45t,  495).  —  Pour  étudier  1  orga- 
nisation et  le  fonctionnement  du  Contrôle 
sous  l'ancien  régime,  on  ne  peut  mieux 
faire  que  de  consulter  le  Répertoire  de  Ju- 
risprudence de  Guyot,  au  mot  Contrôle 
(T.  IV).  L'article  ne  comprend  pas  moins 
de  37  pages  in  4°. 

Les  curés  étaient  simplement  tenus  de 
remettre,  six  semaines  après  chaque 
année  expirée,  la  grosse  et  la  minute  de 
leurs  registres  au  greffe  du  jusje  royal 
qui  les  avait  cotés  et  paraphés.  (Cf.  LXl, 
609,  794  et  846;. 

De  Mortagne. 


N« 


«34«>- 


Voi.  LXVl, 
643 


L'lNiJbKMâDlAiK& 


644 


Les  contrôleurs  des  actes  étaient  invi- 
tés à  relever  exactement  les  extraits  mor- 
tuaires parce  que  ces  fonctionnaires 
étaient  les  percepteurs  des  droits  de  mu- 
tation à  cause  de  décès  comme  nos  mo- 
dernes enregistreurs  sont  encore  les  per- 
cepteurs des  droits  de  succession.  11  ne 
faudrait  pas  croire  d'ailleurs  que  le  con- 
trôle ne  s'exerçait  que  sur  les  actes  no- 
tariés ;  il  portait  aussi  sur  les  sous-seings 
privés.  BiBL,   Mac. 


Le  contrôle  sous  l'ancien  régime,  re 
présentait  à  peu  de  choses  près  1  adminis- 
tration actuelle  de  l'enregistrement,  mais 
une  foule  de  droits  échappaient  au  fisc  ; 
Nous  avons  fait  justice  de  ces  abus  ;  au- 
jourd'hui sous  peine  d'une  forte  amende, 
la  moindre  convention,  le  moindre  bout  de 
papier  est  soumis  à  l'enregistrement  ;  ne 
voit-on  pas  tous  les  jours  des  tribunaux 
ordonner  l'enregistrement  même  des  let- 
tres missives  !  Mais  une  des  ressources 
les  plus  importantes  du  fisc  consiste  dans 
les  droits  de  succession.  II  en  était  de 
même  sous  l'ancien  régime^  et  les  agents 
cherchaient  par  tous  les  moyens  possibles 
à  connaître  le  moindre  héritage.  C'est 
pour  cela  que  les  contrôleurs  se  faisaient 
représenter  dans  les  paroisses  les  regis- 
tres mortuaires  :  ils  étaient  ainsi  rensei- 
gnés sur  les  décès  pouvant  donner  ouver- 
ture à  des  droits  de  mutations,  même, 
les  plus  minimes.  Mais  ces  registres 
étaient  la  plupart  du  temps  fort  mal  tenus. 
Les  rédacteurs  souvent  se  bornaient  à 
constater  qu'ils  avaient  procédé  à  l'inhu- 
mation de  N  ..  décédé  en  cette  paroisse, 
paraissant  âgé  de...  m.ais  nulle  indication 
de  la  parenté,  ni  de  l'identité  du  défunt. 
Quand  il  s'agissait  de  grands  enterre- 
ments, on  y  mettait  toutes  les  herbes  de 
la  Saint-jean,  nous  avons  vu  des  regis- 
tres où  ces  mentions  tenaient  une  grande 
page,  mais  à  côté  les  enterrements  des 
pauvres  étaient  relatés  en  trois  lignes, 
ce  qui  était  bien  insuffisant  pour  les 
agens  du  fisc  ;  c'était  comme  le  dit  la 
circulairede  Bordeaux  de  17^=;  préjudicia- 
ble à  la  ferme.  Aussi  recommandait-on 
aux  contrôleurs  de  surveiller  le  «  relevé 
des  extraits  mortuaires  ». 

Aujourd'hui  que  les  registres  des  décès 
sont  très  bien  tenus,  rien  ne  peut  plus 
échapper  au  trésor,  pas  même  une  succes- 


sion de  cent  francs.  C'est   la  loi  du  pro 

Un    ANCiEN   MAGISTRAT. 


grès 


* 
*  * 


Le  contrôle,  précurseur  de  l'Adminis- 
tration de  l'Enregistrement,  des  Domai- 
nes et  du  Timbre,  ne  portait  pas  unique- 
ment sur  les  actes  notariés.  Au  début,  il 
est  vrai,  l'édit  de  création  du  mois 
de  juin  1581  ne  prévoyait  que  les  «  actes 
et  contracts  » .  Cette  formalité  avait  sur- 
tout pour  objet  de  constater  la  date  des 
actes  et  de  leur  donner  plus  de  force  et 
d'authenticité.  L'acte  non  contrôlé  ne 
conférait  ni  privilège,  ni  hypothèque,  ni 
propriété  ;  en  un  mot,  il  était  radicale- 
ment nul  (Edit  de  mars  1^93). 

Etabli  à  l'origine  dans  un  but  d'utilité, 
le  contrôle  devint  plus  tard  un  véritable 
impôt  qui  fut  étendu  successivement  à 
tous  les  actes  notariés  sans  exception, 
aux  exploits,  aux  actes  judiciaires  et  aux 
actes  sous  seing  privé  (Edits  d'août  1669, 
mars  1695  et  octolTr'e  1705).  Quant  au 
centième  denier,  il  fut  créé  par  un  édit 
de  décembre  1703 . 

On  peut  trouver  tous  les  renseigne- 
ments sur  la  question  dans  l'ouvrage  qui 
porte  le  titre  suivant  : 

«  Dictionnaire  raisonné  des  Domaines 
«  et  Droits  Domaniaux  ,  des  droits 
«  d'échange,  et  de  ceux  de  contrôle  des 
«  actes  des  Notaires  et  sous  signatures 
«  privées,  Insinuations-Laïques,  Centième 
*<  Denier,  Petit-Scel,  Contrôle  des  ex- 
«  ploits.  Formules,  Grèfes,  Droits-Réser- 
«  vés,  Francs  Fiefs,  amortissement  et 
«  nouvel-acquêts  ».  A  Rouen  de  l'im- 
primerie de  Jacques-Joseph  Le  Boullen- 
ger,  1763,  en  deux  volumes. 

Avant  l'année  1780,  tous  les  droits 
dont  rénumération  précède  étaient  recou- 
vrés par  des  Fermes  Générales. 

Le  centième  denier,  remplacé,  avec  des 
majorations  sensibles,  par  le  droit  de 
mutation  par  décès  actuel,  en  faisait 
donc  partie. 

Dans  les  obituaires  paroissiaux  tenus 
par  les  curés,  les  commis  de  contrôle 
étaient  chargés  de  prendre  toutes  les  in- 
dications donnant  naissance  à  l'exigibilité 
du  droit.  Car,  si  la  taxe  frappait  toute 
mutation  de  propriété,  d'usufruit  d'im- 
meubles, de  rentes  foncières  et  de  tout 
autre  droit  réel,  opéré  à  titre  gratuit  ou 
onéreux,  avec  ou  sans  t'tre,  les  succes- 
sions en  ligne  directe,  de  même  que  les 


DES  CHERCHEURS  Bî  CURŒUX 


645 


îO  Novembre   191  : 


646 


donations,  également  en  ligne  directe,  ou 
faites,  par  contrats  de  mariage,  aux  fu- 
turs époux,  en  étaient  exonérées. 

Toute  omission  ou  fausse  mention  dans 
le  relevé  des  extraits  mortuaires  pouvait 
donc  être  préjudiciable  à  la  Ferme.  Il  est 
probable  que  ces  commis  s'acquittaient 
mal  de  leur  besogne,  et  que.  sans  doute, 
la  circulaire  de  1755  était  destinée  à  com- 
battre ce  défaut  de  zèle. 

Geo  FiLH. 

Dizy-le-Gros.  Prieuré  (LXVI,  531). 
—  Si  M.  La  Sangliette  n'a  pas  encore 
consulté  le  Diciionnaire  topooraphique  de 
l'Aisne  de  A.  Matton,  il  y  trouvera  des 
données  intéressantes  au  point  de  vue  de 
recherches  à  faire  sur  le  prieuré  en  ques- 
tion. 

De  Mortagne. 


Henri  Archereau  et  l'Eclairage 
él-'Ctrique  (LXVI,  532).  —  Depuis  ma 
publication  sur  mon  compatriote  Henri 
Archereau  [Henri- Adolphe  Archereau,  phy- 
sicien (1819-1895).  Extrait  de  \2i  Revue  du 
Bas-Poitou,  1894],  j'ai  peu  appris  sur  sa 
vie  ;  mais  j'"ai  agi,  j'ai  réussi  à  faire  éle- 
ver, dans  sa  commune  natale,  à  St-Hilaire- 
des  Vouhis,  un  modeste  Monument  à  ce 
Vendéen  de  génie.  Il  s'aj^itd'un  h:isie,  pla- 
cé sur  un  piédestal,  érigé  sur  la  place  de 
l'Eglise.  J'ai  fait  placer  aussi  une  plaque 
commétnoraiive  sur  la  maison  où  il  est  né, 
à  la  ferme  de  La  Roulière. 

j'ai  pu  obtenir  que  la  ville  des  Sables 
d'Olonne,  où  florit  désormais  l'industrie 
des  agglomérés  de  houille,  donnât  le 
nom  d'Archereau  à  l'un  des  quais  où 
abordent  les  grands  charbonniers  arri- 
vant d'Angleterre.  Je  possède  des  photo- 
graphies de  La  Roulière,  du  monument 
de  St-Hilaire-le-Vouhis,  etc.,  que  je  tiens 
à  la  disposition  de  mon  confrère. 

D'ailleurs  Buste  et  Médaillon  sont  ^n- 
hWés  [Revue  du  Bai-Poitou,  1896,  p.  354) 
et  le  neveu  d'Archereau  vit  toujours  à 
Fontenay-le-Comte.  Il  n'y  a  qu'à  lui 
écrire,  pour  avoir  la  confirmation  des 
faits  ci-dessus. 

Depuis  1894,  j"ai  retrouvé  un  nouveau 
brevet  d'Archereau  [(lô  nov.x^^i  .Parfec- 
tionnemerit  à  la  fabrication  des  carreaux 
mosaïques  et  autres  produits  en  ciment,  n" 


»  et  littéraire  (Paris,  1894,  V,  p.  180-182, 
n»  56,  15  déc.  1895  ;  VI,  15  février, n»  58,' 
p.  228-230)  la  reproduction  de  notre  ar- 
ticle de  la  Revue  du  Bas-Poitou  [1894, 
p.  305-308,  l'e  partie] 

Les  listes  de  souscription  pour  le  mo- 
nument ont  paru  dans  V Ouest  artistique, 
en  1894  (Voir  p.  197  et  251)  et  1895)^ 
(Voir  p.  23).  organe  de  la  société  qui  a 
pris  l'initiative  de  l'érection  du  Buste  et 
de  la  Plaque.  L'inauguration  officielle  du 
Buste  et  du  Médaillon  a  eu  lieu  plus  tard 
(Voir  Marcel  Baudouin.  Le  Médaillon 
d' Archereau  à  StHilaire  de  Fouhis.  Liber, 
de  la  Vendée,  La  Roche-sur- Yon,  1875, 
8  février),  comme  en  fait  foi  l'article  sui- 
vant [Inauguration  Ju  Monument  Arche- 
reau en  Vendée  (27  7bre  1896).  Ouest 
artistique  et  littéraire,  Vil,  n»  78^  15  oct. 
1896]. 

Le  buste  est  dû  au  sculpteur  Dolivet  et 
le  médaillon  à  J,  Robuchon  ;  les  discours 
au  Préfet  de  la  Vendée,  au  Sénateur,  au 
Député,  au  représentant  du  Conseil  géné- 
ral, au  P"'  Grimaud,  membre  de  l'Institut, 
L.  Bonnemière,  président  du  Comité,  etc. 
etc.  (i). 

Malgré  les  sonnets  du  regretté  D^'  Bour- 
geois, député  de  la  Vendée,  à  son  con- 
frère le  Dr  M.  Baudouin,  tout  cela  est 
bien  oublié  aujourd'hui  !  Mais  le  Monu- 
ment reste  :  Verha  volant, petrœ  manent  ! 
Puissent  nos  deux  petits  Bronzes  durer 
autant  que  \'  Airain  préhistorique  àt  France, 
qui, —  bizarre  coincidence,  — est  précisé- 
ment né  dans  cette  Haute-Vendée  ! 

Marcel  Baudouin. 


217-471    Brevet  de    15  ans)] 

On   trouvera  dans   V  Ouest     artistique 


Crottus  (LXVI,  484,  550).  —  La  Bio- 
graphie Didot  consacre  une  courte  notice 
a  ce  poète  latin  moderne,  originaire  de 
Crémone,  qui  vivait  au  xv!«  siècle.  On  y 
renvoie  à  Tirabo?chi,  Storià  délia  lettera- 
tura  italiana,  t.  XXV. 

De  Mortagne. 


(1)  Voici  encore  quelques  indications  bi- 
bliographiques récentes  :  Marcel  Baudouin, 
H.  A.  Archereau,  Rev.  scient.,  Paris,  1895, 
no  23,  Sjuin,  718-722,  —  Archereau.  Dis- 
cours prononcé  sur  sa  tombe,  Font.-le- 
Comte,  1894,  in-8°,Libr  Gouraud.  —  Ar- 
chereau. Publ.  de  la  Vendée  1894,  21  déc. 
—  Thomas  Grimni.  —  Un  martyr  de  la 
science.  Le  Petit  Journal,  189=;,  28  juin, 
3  col.,  I  fig.,  p.  1. —  Archereau.  Le  Ven- 
déen de  Parts,  1908, XII, n»  10,  nov.,  p.  a-3. 


I 


N»  1346  Vol.  LXVI. 


L'ïNTBKMEDIAmB 


647 


La  descendance  actuelle  deFou- 

ché(LXVI,39i,5oi)  — En  1894, je  crois, 
pendant  le  cours  de  mon  service  militaire 
à  Versailles,  j'ai  rencontré  un  jeune 
homme  qui  faisait  une  période  de  réser- 
viste comme  maréchal  des  logis  aux  sa- 
peurs conducteurs  du  s'  régiment  du 
génie  et  l'ai  vu  signer  ^^  Fouché  dOtran- 
te  ».  11  semble  donc  qu'une  partie  de  la 
descendance  masculine  de  Fouché  doit 
être  redevenue  française.  C,  N. 

Le  pupitre  de  Madame  de  Gen- 

lis  (LXVI,  485,  ss6).  —  Ma  mère  décé- 
dée en  1888  à  89  ans,  écrivait  toujours 
sur  une  planchette  placée  sur  ses  genoux, 
ayant  près  d'elle  sa  table  de  travail  sur 
laquelle  était  posé  l'encrier. 

Je  pourrais  citer  d'autres   personnes  de 
la  même  génération  qui   écrivaient  ainsi. 

G.  O.  B. 

Touslesvieillards  se  rappelleront  comme 
moi, avoir  vu  leurs  mères  et  leurs  ayeules 
écrire  sur  leurs  genoux,  comme  l'indique 
le  portrait  de  la  comtesse  de  Genlis  publié 
par  V Intermédiaire.  Les  petits  pupitres, 
étroits,  incommodes,  quelquefois  recou- 
verts de  toiles  peintes  ou  d'étoffes, mais  le 
plus  souvent  d'un  cuir  léger, servaientuni- 
quement  à  cet  usage.  Ceux  qui  étaient 
destinés  à  être  posés  sur  des  tables  étaient 
beaucoup  plus  grands  et  plus  conforta- 
bles. Ils  étaient,  d'ailleurs,  moins  nom- 
breux et  on  en  trouve  maintenant  fort 
peu,  tandis  qu'il  y  a  bien  peu  de  maisons 
ayant  conservé  d'anciens  mobiliers  de  fa- 
mille, où  Ton  ne  rencontre  des  petits  pu- 
pitres à  genoux,  lesquels  ne  servent  plus  à 
rien,  d'ailleurs,  l'usage  auquel  ils  étaient 
destinés  étant  tout  à  fait  tombé  en  désué- 
tude. 

Comte  DE  Caix  de  Saint  Aymour 

Le  chevalier  de  Guer  (LXV;  LXVI, 
|>53)-  —  Amon  avis,  ce  chevalier  de  Guer 
était,  non  l'ancien  Président  à  mortier  au 
Parlement  deBretagne,  qui  était  et  signait 
«MarquisdeGuerr>,maissonfiIs,  Armand- 
Constant  de  Marniere  de  Guer.  néà  Rennes  ' 
le  31  mai  1 769,  officiera  l'arméedesPrinces 
et  l'un  des  agents  des  insurrections  roya- 
listes. Il  épousa,  vers  1804.  Angôlique-Ma- 
rie-Emilie  de  Gourden  de  Locmaria  ;  fut 
nommé  préfet  à  la  Restauration,  chevalier 
de   Saint-Louis   et   de  la    Légion   d'hon- 


648 


neur  et  mourut  à  Paris  le  27  juin  1816  ' 
ayant  eu  :  un  fils,  Julien-Ange  de  Mar- 
niere, marquis  de  Guer,  né  le  14  juin 
i8o5,  qui  a  laissé  postérité  de  ses  deux 
mariages;  l'un  en  1832,  avec  Charlotte  de 
Montesson,  l'autre  en  1842  avec  Char- 
lotte du  Couédic  de  Kergoaler  ;  et  un^- 
fille,  Louise  Angélique-Camille  de  Mar- 
niere de  Guer,  qui  épousa  en  1832  (ou 
1836)  Charles,  comte  de  Viton  de  Pey- 
riais,  dont  elle  a  eu  postérité 

Marquis  de  Bellevûe. 

Miss  Howard  (LU  ;  LV  ;  LIX  ;  LXV, 
3S3-  —  Connait-on  des  portraits  de  Miss 
Howard?  Ces  portraits  ont-ils  été  publiés? 

X.  X. 

Philippe-Charles  de  la  Fare  (LXV; 
LXVI,  92,  209,  310). 

3  novembre  191  2. 
Monsieur  le  Rédacteur, 

Dans  un  de  vos  précéfléilts  numéros  (LXVI 
210)  et  à  propos  du  maréchal  de  la  Fare, 
vous  avez  publié  une  note  dans  laquelle  on 
disait  que  les  chercheurs  pouvaient  s'adresser 
au  D'  Lucas,  beau-frère  de  la  comtesse  de  la 
Fare. 

Il  y  a  là  une  erreur. 

Le  fornte  Eugène  de  la  Fare  a  eu  cinq  en- 
fants dont  : 

1°  Mlle  Bérengère  de  la  Fare  quia  épousé 
M.  Félix  Lucas.  Ingénieur  des  Ponts  et 
chaussées. 

Je  suis  le  fils  de  .M.  Félix  Lucas  et  de  Ma- 
dame Lucas,  née  de  la  Fare. 

2°  Le  comte  Régis  de  la  Fare  qui  a  épousé 
Mlle  Logeard. 

C'est  donc  M.  Félix  Lucas,  mon  pète  qui, 
est  le  beau-frère  de  la  comtesse  de  la  F'are, 
8  rue  Vineuse,  dont  je  suis  le  neveu. 

Les  autres  enfants  du  comte  E.  de  La  Fare 
sont  : 

Mlle  Christine  de  la  Fare,  qui  a  épousé  M. 
Dangiers  de  Montaigu  ;  Mlle  Edmée  de  la 
Fare  qui  a  épousé  le  D^  Fort.  Enfin  le  vi- 
comte Christian  de  la  Fare 

Recevez,  je  vous  prie,  l'expression 
de  mes  salutations  empressées, 
Docteur  Lucas 
Médecij  consultant  à  Monte  Carlo. 

Le  Peletier  d'Aunay  (LXVI,  288, 
4158).  Si  m.  Nisiar  qui  vise  Lédition 
de  1847  avait  consulté  l'édition  de  1879, 
il  aurait  vu  qu'elle  rectifie  l'erreur  de  celle 
de  1847,  en  ce  qui  est  de  l'émail  de  la 
rose  qui  accompagne  en  pointe  le  che- 
vron de  gueules  des  armes  des  le  Peletier 


DBS  CHERCHEURS  ÉTf  CUKlbUX 


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20  Novembre  19 12 


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d'Aunay.  Quoi  qu'en  disent  Poplimont  et 
M.  Nisiar,  cette  rose  de  gueules  accom- 
pagne bien  an  pointe  le  chevron,  aussi  de 
gueules,  dont  la  croix  est  chargée. 

Je  ne  crois  pas  pouvoir  en  donner  une 
meilleure  preuve  qu'en  disant  que  tel  est 
Tavis  des  le  Peleiier  d'Auna\'  à  qui  ce 
blason  appartient. 

J'ai  eu  la  borne  fortune  de  connaître 
très  particulièrement,  la  regrettée  com- 
tesse Anatole  de  Vibraye  née  le  Peletier 
d'Aunay.  La  science  du  blason  n'avait  pas 

f  de  mystères  pour  Sun  esprit,  très  averti, 
du  reste,  en  toute  espèce  de  connaissan- 
ces. Sa  mère  était  une  Colbert  et  par  celle- 
ci.  elle  descendait  des  Quengo  de  Crenolle 
qui  la  rattachaient  aux  Rohan,  aux  du 
Guesclin  et  autres  grandes  maisons  de 
Bretagne. 

Elle  avait  un  tableau  généalogique  ar- 
morié de  ces  Quengo  de  Oenoile,  et  de 
leurs  alliances,  datant  d'avant  la  Révolu- 
tion et  qui  avait  un  peu  subi  les  injures 
du  temps.  Ayant,  à  son  grand  plaisir, 
identifié  les  blasons  de  ce  tableau,  je  lui 
procurai    encore    la    satisfaction  de    faire 

■■  continuer  ce  même  tableau  jusqu'à  ses 
petits-enfants.  Or,  à  cette  occasion,  elle 
me  donna  les  armes  de  sa  maison  qui 
sont  bien  telles  que  M  de  Soultrait  les 
a  données  et  représentées  : 

EcarteJé  aux  i  et  ^  d' a^w  à  la  croix 
pattée  d'argent,  chargée  en  cœur  ifun  che- 
vron de  gueules  accompagné  en  chef  de  deux 
molettes  Je  sable  et  en  pointe  d'une  rose  du 
/  émail  qui  est  le  Peletier,  et  aux  2  et  j, 
d'argent  qui  est  Mesgrigny. 

S.  G.  L. 

Famille  le    Pelletier  de     Saint- 

Fargeau  (LXVI, 43  5 .  599).  ~  Félix  Le  Pel- 
letier de  Saint-Fargeau  est  mort  a  Neuilly, 
ainsi  i\ut  le  prouve  l'acte  suivant  qui  est 
extrait  des  registres  de  l'Etat-civil  de  no 
tre  commune. 

L'an  mil  huit  cent  trente  sept,  le  cinq 
janvier  neuf  heures  du  matin,  acte  de  décès 
de  Ferdinand  Louis  Félix  Mic.hei  le  Peletier 
de  Saint  Fargeau, propriétaire  âgé  de  soix  nte 
neuf  ans,  décé.ié  hier  à  onze  heures  du  rra- 
tin,  en  son  domicile  à  Neuilly,  rue  de  Clichy 
n»  5,  célibataire,  né  à  Paris  et  fils  de  Michel- 
Etienne  Le  Peletier  de  Saint  Fargeau  et  de 
Louise -Adélaïde  Marsanne,  sa  femme  décé- 
dés. 

La  fiche   administrative    du     cimetière 


ancien  réservée  à  la  concession  Félix  le 
Peletier  est  ainsi  conçue  : 

Divi.it on  j'  séné  70  «°  ^. 
il  a  été  concédé,  à  M  .  Duplan  aîné,  un 
terrai(\  à  perpétuité  de  2  mètres  ceutièmes 
superficiels  pour  la  sépultuie  de  Ferdinand- 
Louis-Michel  i.e  Peletier  de  St-Fargeau, 
décédé  le  4  janvier  1837. 

Neuiily,  le  23  octobre  1841^ 

M.  Maindron,  dans  la  notice  qu'il  a  fait 
paraître  sur  Félix  le  Pelletier  de  St-Far- 
geau,noub  apprend,  en  outre,  que  la  mai- 
son qu'occupa,  jusqu'à  sa  mort,  Félix  le 
Pelletier,  se  trouvait  très  près  du  château 
de  Villiers. 

La  maison  en  question  existe  encore, 
mais  elle  a  subi  des  modifications  impor- 
tantes. Elle  forme  le  coin  de  la  rue  de 
Villîers  et  de  la  rue  Greffuhie,  à  Levallois- 
Perret. 

Chose  singulière  :  cette  maison  formait 
autrefois  l'ancien  presbytère  de  Villiers 
qui  subsista  alors  que  Léglise  St-Martin  de 
Villiers  disparut  en  1797. 

Henri  Corbel. 

Portrait  de  Pascal,  par  Philippe 
de  Champagne  (LXVI,  287,  357).  — 
iVl.  Ambroise  Tardieu,  dans  son  Diction- 
naire iconographique  de  l'ancienne  Auver- 
gne. Clermont-Ferrand,  impr.  Raclot, 
gr.  in-4'',  1904,  page  155,  donne  ce  ren- 
seignement : 

«  Philippe  de  Champagne  a  peint  Pascal^ 
d'après  nature,  tableau  de  In  Cène,  au  Musée 
de  Lyon.  Pascal  est  sous  la  figure  d'un  apô- 
tre des  solitaires  du  Port-Royai,  dans  les 
apôtres,  et  le  P.  Lachaise  a  posé  pour  Judas  ». 

Puis,  à  l'article  suivant,  concernant 
Mme  Florin  Perier  -  Françoise  -  Gilberte 
Pascal,  sœur  aînée  de  B.  Pascal  (Auteur 
d'une  Vie  de  Pascal,  1684,  in- 12,  dont 
nous  avons  ici  même,  récemment  parlé, 
au  sujet  d'un  exemplaire  de  ce  petit  livre 
relié  aux  Armes  du  grand  Bossuet), 
M  Tardieu  dit,  également,  qu'il  existe  de 
celle-ci,  »<  un  portrait  sur  toile  à  l'Hôpital 
général  de  Clermont-Ferrand,  peint  par 
Philippe  de  Champagne,  et  aussi,  au 
Musée  de  Riom,  une  copie  de  ce  même 
portrait  >>. 

Ce  qui  serait  intéressant  et  ce  que  ne 
dit  point  M.  Tardieu,  ce  serait  de  savoir 
s'il  existe,  de  ces  deux  portraits  de 
B.  Pascal  et  de  sa  sœur  Mme  Perier,  l'un 
et  l'autre  peints  par  Philippe  de  Champa- 


N»  1340  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


651 


652 


gne,  des  reproductions,  gravées  ou  litho- 
graphiées,  qui  soient  véritablement  artis- 
tiques et  dignes,  tout  à  la  fois,  par  leur 
exécution,  du  grand  renom  de  ce  peintre 
et  de  la  célébrité  de  ses  modèles. 

P.  S.  —  J'y  pense  !  si  ces  reproduc- 
tions existent  réellement,  elles  doivc^nt  se 
trouver  dans  la  collection  spéciale  des 
Portraits  de  personnages  de  l'Auvergne, 
de  feu  François  Boyer,  de  Volvic,  à  la 
Bibliothèque  de  Clermont-Ferrand.  Cette 
collection  tut  achetée,  en  bloc, en  1904,  par 
la  ville  de  Clermont,  lors  du  décès  de  cet 
érudit  et  regretté  iconophile.  —  Si,  par 
comparaison,  je  puis  en  juger  par  la  série 
de  beaux  portraits  de  Desaix,  que,  vers 
les  derniers  temps  de  ?a  vie,  m'envoya  à 
choisir,  François  Boyer,  cette  collection 
doit  contenir  encore  de  merveilleuses  ra- 
retés. Je  dis,  encore,  car  par  malheur  et 
précédemment  à  son  acquisition  finale  par 
la  ville  de  Clermont,  elle  fut,  du  vivant 
même  de  son  possesseur,  quelque  peu 
«  écrémée  *■»,  dans  son  ensemble,  par  les 
amateurs  de  la  région. 

Ulric  Richard-Desaix. 

La  reine    Pomaré,    de    Mabille 

(LXVI,  391 ,601).-- Je  ne  sais  pas  si  la  date 
donnée  par  .Mogador  est  exacte  ;  toujours 
est-il  que  Zola  a  rêvé  en  esquissant  Po- 
maré, vieille  femmebalayant  le  boulevard. 
Sans  doute  elle  est  morte  avant  1851, 
date  où  parut  le  Romansero  de  Henriv 
Heine.  Je  n'ai  peut-être  pas  besoin  de  rap- 
peler que  ce  recueil  de  poésies  renferme 
quatre  chansons  consacrées  par  Hciiie  à 
Pomaré  ;  or  la  quatrième  de  ces  chansons 


'  reconnaissant  à  M  Ballofet  qui  a  si  obli- 
geamment répondu  à  ma  question  sur 
Pupil  de  Craponne,  de  me  prêter  encore 
le  concours  de  son  érudition  pour  me  ren- 
seigner sur  Louise  Charlotte  de  Loras, 
épouse  de  Barthélémy  Léonard  Pupil. 

|e  serais  désireux  de  connaître  les  noms 
et  prénoms  de  ses  père  et  mère  et  l'ori- 
gine des  Pupil,  comme  celui  d'entre  eux 
qui  le  premier  acquit  la  noblesse, 

MONTMOREL. 

N'est-ce  point  par  erreur  que  notre 
confrère  le  fait  seigneur  de  la  Cour  en 
Garez? 

11  y  a  dans  le  Lyonnais,  en  pays  de 
Jarei^,  la  Tour-en-Jarez.  On  peut  trouver 
d'utiles  renseignements  dans  l'histoire  du 
Jarez  de  l'abbé  Condamin,  Saint-Etienne, 
chez  Théolier,  libraire. 

MouLis. 

La  Taglioni  (LXVI,  191,  317).  —  On 
a  répondu  en  citant  les  descendants  ;  l'au- 
teur de  la  question  demandait  qu'on  Tin- 
formàt  sur  les  mâles,  et  en  outre  il  sollici- 
tait des  renseignements  inédits  ou  des 
sources  permettant  d'en  rencontrer. 

La  famille  n'est  pas  seule  dépositaire 
de  tous  les  détails  qui  permettraient  d'é- 
clairer cette  admirable  figure. 


Où  est  enterré    le  maréchal  d^^ 

Villars(LXVl,42,  158,  247,417,557).— 
J'ai  toujours  cru  Vme  la  comtesse  d'Eg- 
mond  la  fille  du  maréchal  de  Richelieu, 
j  qui  avait  épousé  en    1756  le  comle  d  Eg- 


relate    la  mort    et  les  funeraïUos  de    Lise  ;    -       .      ,,        .          .                    r ^„f 

c           »        •        1       u            <■        ♦  I  mont,  el  e  est  morte  en  1773.  Comment 

Sergent   qui,    selon  Heine,    furent   assez  ,.'             ^^                .  '<,  »       a'v^ 

^  .  7    f  ,^       111       4  ■•      1-  I  \  I  -•     ♦  expliquer  cette  seconde  comtesse  a  bg- 

tristes  (etwas  kahl  und  armlich).L  auteur  "-^i  '  m               ,     ,       ■  *    j              ^ 


(etwas  kahl  und  armlich) 
des  Reisehilder  ne  dit  rien  de  Céleste  Mo- 
gador ;  il  note  que  son  cercueil  fut  suivi 
seulement  de  son  coiffeur  et  de  son  chien. 
Si  je  me  souviens  bien,  M.  Léon  Séché, 
dans  son  livre  sur  La  Jeunesse  dorés  sous 
Louis- Philippe,  ignore  la  date  du  décès  de 
la  reine  Pomaré  ;  peut-être  qu'on  se  ren- 
seignerait mieux  dans  Le  vovage  autour 
de  la  reine  Pomaré,  par  Gustave  Bourdin  ; 
le  titre  est  séduisant. 

JOACHIM    KiiHN. 

Jean  Pupil  de  Craponne  'LXVI, 
287,  459).  —  N'cttmt  pas  a  même  de  con- 
sulter La  Chesnaye  des  Bois,  je  serais  très 


mont,  femme  du  dernier  comte  de  ce  nom, 
fille  illégitime  de  la  duchesse  de  Villars 
et  du  chevalier  d'Orléans? 

D--  KochJ'. 

Waldtaufel  (LXVI,  487).  Ce  com- 
positeur de  valses  célèbres  est  mon  aima- 
ble collègue  au  conseil  d'administration 
de  h  société  des  Auteurs,  Compositeurs  et 
Editeurs  de  musique,  il  est  né  le  9  du 
mois  de  décembre  1837,  à  Strasbourg;  il 
a  fait  son  devoir  militaire  en  1870,  et  a 
opté  pour  la  France  au  moment  de  l'a'^- 
neyio:^    *>f>n  nère  était  aussi  compositeur. 

A.  Patay. 


DBS  CHBRCHiURS  fiT  CURIBUX 


20    Novembre  191 3 


<";3 


6154 


Plaques  commémorativ  es  —  Goya 

(LXVI,483y.  -  Il  est  certain  qu'on  ne  peut 
appliquer  une  plaque  commémorative  sur 
le  mur  d'une  maison  sans  l'assentiment 
du  propriétaire.  Mais,  une  fois  l'autori- 
sation donnée  et  la  plaque  installée,  le 
propriétaire  qui  enlève  ou  laisse  enlever 
cette  plaque,  manque  à  sa  parole  et  viole 
le  dépôt  dont  il  avait  accepté  la  garde. 
Malheureusement,  ce  n'est  qu'une  ques- 
tion de  conscience.  Le  propriétaire  qui 
passe  outre  et  ne  fait,  en  cela,  que  faire 
cesser  un  acte  de  pure  tolérance  de  sa 
part,  n'encourt  aucune  sanction  et  ne 
peut  être  obligé  à  remettre  les  choses  en 
état. 

M.  H.  L.,  en  sera  donc  pour  ses  re- 
grets —  du  reste  fort  légitimes  —  d'avoir 
vu  disparaître  sous  une  enseigne  *■  tapa- 
geuse »  la  plaque  consacrée  à  la  mé- 
moire de  Goya  A  moins  que  proprié- 
taire et  locataire  se  laissent  convaincre 
par  les  admirateurs  du  grand  peintre... 
Mais  peut-on  l'espérer  .''  L'art  et  les  sou 
venirs  du  passé  importent  si  peu,  à  côté 
de  la  spéculation  et  de  la  réclame,  ou 
seulement  de  l'indifférence  ! 

QUiïRENS. 

Le  Nouvelliste  de  Bordeaux  du  22  octo- 
bre a  publié,  au  sujet  de  r;;rticle  de  X In- 
termédiaire du  20  octobre  sur  les  plaques 
commémoratives,  la  note  suivante  qui 
peut  lui  servir  de  réponse  : 

"L' Intermédiaire  des  cherclieurs  et  curieux 
du  20  de  ce  mois  publie  un  article  relatif  à 
la  plaque  co^i-mémorative  de  la  mort  de 
Goya  qui  avait  été  placée,  il  y  a  quelques 
années,  sur  la  maison  qui  fait  le  coin  du 
cours  de  l'Intendance  et  de  la  rue  Voltaire  à 
Bordeaux  «  plaque  qu'un  irdustriel  vient  de 
faire  enlever  pour  mieux  étaler  son  enseigne 
tapageuse.  N'y  a  t-il  pas  dans  co  fait  une 
profanation  historique  ?» 

Ce  que  l'auteur  de  cet  article  ignore,  c'est 
que  la  plaque,  une  fois  scellée  dans  le  mur, 
on  s'est  aperçu  que  ce  n'est  pas  dans  cette 
maison  qu'était  mort  le  célèbre  peintre  espa- 
gnol. Qui  avait  fait  phcer  là  cette  plaque  ? 
Etait-cc  la  municipalité,  ou  le  consulat 
d'Espagne  ou  quelque  archéologue  ?  On  n'a 
jamais  pu  le  savoir,  tout  le  monde  s'est  dé- 
robé. Goya  est  décédé  dans  la  maison  du 
cours  de  l'Intendance  qui  porte  le  numéro 
57,  en  face  de  la  rue  Vital -Caries.  On  en  a 
depuis  acquis  la  certitude. 

Mais  le  marbre  en  question  n'est  certai- 
nement pas  perdu,  il  a  dû  être  conservé  par 


l'entrepreneur  des  travaux  et  il  serait  des 
plus  faciles  de  le  faire  placer  sur  la  maison 
où  le  grand  peintre  a  réellement  rendu  le 
dernier  soupir. 

Un  autre  grand  peintre,  français  celui-là 
et  tout  aubSi  illustre  que  Goya,  Carie  Vernet, 
est  né  dans  notre  ville  le  14  août  17^8,  pen- 
dant que  son  père,  Jo!>eph  Vernet,  y  était  oc- 
cupé à  peindre  les  deux  belles  vues  de  notre 
port  que  tout  le  monde  connaît  bien. 

Un  érudit  bordelais  a  ublié,  il  a  quelques 
années, une  notice  sur  les  deux  vues  de  Bor- 
deaux de  Joseph  Vernet,  et  il  a  pu  découvrir 
la  maison  qu'habitait  ce  dernier  pendant  le 
séjour  de  deux  années  qu'il  fit  dans  la  cité 
bordelaise  (i)  Il  a  relevé  dans  les  registres 
d'enregistrement  des  baux  à  loyer  que  Ver- 
net avait  loué  à  un  monsieur  Pitard  «  une 
maison  située  fossés  du  Chapeau  Rouge, 
ayant  accès  sur  la  rue  du  Port-de-la-Mous- 
que  ».  Mais  l'auteur  de  cette  notice  n'a  pu, 
faute  de  numéro  sur  ces  registres  d'enre- 
gistrement, désigner  exactement  l'immeuble 
en  question  ;  il  croit  cependant  que  c'est  ce- 
lui qui  porte  actuellement  le  numéro  22, 
presque  en  face  de  l'hôtel  de  la  Préfecture, 
et  il  ajoutait  :  «  L'administration  compé- 
tente pourrait  facilement  s'en  assurer  et  faire 
placer  une  plaque  commémorative  sur  la 
maison  où  est  né  ce  grand  artiste  français  »  . 

Mais,  selon  sa  noble  habitude,  l'adrainis- 
tratiou  compétente  n'a  pas  bougé  pour  une 
affaire  d'aussi  peu  d'importance  pour  elle. 

X. 

De  La  Liberté  du  Sud-Ouest,  25  octo- 
bre  1912  : 

Pauvre  Goya  !  quelle  destinée  !  La  mal- 
chance qui  troubla  sa  vie,  si  agitée,  le  con- 
traignit d'habiter  Bordeaux  pendml  qua- 
torze ans  et  "y  fii  ir  ses  jours,  semble  le 
Doursuivre  jjsoue  dans  la  tombe. 

Il  fallut    1 
concitoyens 

qu'elle  devait  donner  aux  cendres  du  .:élè 
bre  peintre,  i'une  de  ses  plus  belles  gloires 
artistiques^  un  dernier  asile  sur  le  sol  de  sa 
patrie.  Le  modeste  monument  qui,  au  cime- 
tière de  la  Chartreuse,  recouvrait  lei>  dépouil- 
les mortelles  de  Goya  y  Lucientes  n'était  di- 
gne ni  de  lui  ni  de  l'Espagne. 

Le  gouvernement  espagnol  se  décida,  en- 
fin, en  1888,  à  réclamer  les  restes  confiés  à 
la  terre  bordelaise. 

En  prévision  d'une  translation  au-delà  de 


(i)  Ern  Lab^die.  Les  Deux  vues  du  port 
de  Bordeaux  au  X  III^  siècle  de  Joseph 
Vernet,  gravées  par  Cochin  et  Lebas.  .  . 
1907,  in-S",  avec  le  portrait  de  Vernet  et  les 
deux  vues  du  port  de  Bordeaux. 


insistance  de   plusieurs    d;  nos 
pour    que     l'Espagne     comprît 


N«  1346    Vol.  LXVI 
655 


L'iNTBRMEDiAÎRF 


656 


Pyrénées,  on  voulut  identifier  le  corps  du 
grand  peintre  ;  mais  son  cercueil  tombait  de 
vétusté  et  les  ossements  de  Goya  se  mêlèrent 
à  ceux  de  son  beau-père. 

Nous  ne  nous  rappelons  pas  au  juste  pour 
quelles  raisons  les  précieux  restes  furent  en- 
core laissés  à  Bordeaux,  dans  le  même  ca- 
veau de  la  famille Goicœchea. 

De  temps  en  temps  la  presse  bordelaise 
constatait  l'état  de  délabiement  dans  lequel 
se  trouvait  l'humble  cénotaphe  surmo'\tant 
le  tombeau.  Nous  l'avons  nous  même  décrit 
il  y  a  quelque  vingt  ans  ;  nous  nous  souve- 
nons avoir  demandé  que  puisque  l'Espagne 
semblait  se  désintéresser  de  la  dernière  de- 
meure de  l'un  de  ses  plus  célèbres  enfants, 
la  ville  de  Bordeaux  fît  restaurer  la  grille  et 
replacer  les  plaques  de  marbre  qui  s'étaient 
détachées  du  cippe  et  gisaient  entre  les  her- 
bes poussées  dans  les  interstices  des  pierres. 

Bien  des  années  s'écoulèrent  encore  et  les 
ossements  de  Coya  et  de  son  beau-père  pri- 
rent la  route  de  Madrid.  Là,  nouveau  dé- 
boire :  le  tombeau  définitif  du  grand  peintre 
n'était  pas  prêt. 

Nous  osons  croire  que  les  dépouilles  mor- 
telles de  l'ancien  hôte  des  bordelais  sont 
depuis  longtemps  déposées  dans  leur  astle  dé- 
finitif. 

A  !a  Chartreuse,  l'administration  munici- 
pale a  conservé  le  cénotaphe  qui  constitue  un 
petit  monument  historique 

Et  voilà  quo  n^uititenant,   on  apprend  que 
la   plaque    de    marbre    posée   sur  l'ancienne 
maison  habitée   par  Goya  vient    de  disparaî 
tre  ! 

Ne  pouvait-on  pas  simplement  la  déplacer  . 
si  elle  gênait    l'installation    d'une   nouvelle 
devanture? 

Nouj  laisserons  aux  lecteurs  de  Vlntermi- 
diiirc  d-'S  Chercheurs  le  soin  <lc  répondre  à 
sa  qu::siion  ;  mais  n  jus  deman  iorcns  à  MM. 
les  adjomts  délégu^-s  aux  services  des  beaux- 
art*  et  de  l'instuiction  publique  de  vouloir 
bien  intervenir  auprè.?  du  propriétaire  de 
l'immeuble  qu'habita  Goya  y  Lucientc:s  afii\ 
que  l'inscripiion  commemorative  y  soit  re- 
placée. 

Si  la  plaque  avait  été  perdue  ou  brisée 
peidant  les  travaux  récents,  si  le  propriétaire 
refusait  de  faire  une  dépense  qui  conserve- 
rait à  sa  maison  un  titre  historique.  la  Ville 
est  encore  assez  riche  pour  payer  un  peu  de 
marbre  et  quelques  lettres  dorées. 

A  moins  que  la  colonie  espagnole,  si  nom- 
breuse à  Bordeaux,  n'en  prît  A  sa  ch.irge  les 
frai^  rel.itiveinent  minimes  et  ne  revendi- 
quât l'honneur  de  contribuer  à  pe;  pi  tU'*r 
paimi  nous  le  souvenir  d'un  de  leurs  plus 
illustres  compatriotes. 

J.  O. 


Pour  l'amour  de  la  vérité  je  suis  heu- 
reux de  déclarer  quo  la  plaque  comme- 
morative qui  figurait  sur  la  maison  mor- 
tuaire de  Goya  y  a  été  replacée  (simple 
coïncidence,  sans  doute)  quatre  jours 
après  que  ma  réclamation  eut  paru  ici. 
La  question  n'en  reste  pas  moms  posée 
pour  les  autres.  H.  L. 

Armoiries  de  Pans  en   écartelé 

(LXVI.  437,  S63).  — Les  armes  écartelées 
avec  celles  de  la  ville  de  Paris,  appartien- 
nent à  l'Université  de  cette  ville. 

P.  LE  J. 

Armoiries  à  identifier  :  corprj  de 
lion;  trois  quintef-uilles  (LXVI,  554J. 
—  Vergy,  en  Bourgogne, portait  :  û^^  ^(/^m- 
les  a  trois  quintefeuilles  d'or,  avec,  pour 
supports,  deux  griffons  d'or. 

Baron  A. -H. 

•  * 
Les  armes  de  cette  plaque  de  cheminée, 

trouvée  aux  environs  d'Auxonne,  peu- 
vent avoir  appartenu  à  Clériadus  de 
Vergy,  dernier  représentant  de  cette  illus- 
tre famille,  mort  sous  le  règne  de 
Louis  XIII.  Les  Vergy  blasonnaient  :  De 
gueules  a  trois  quintefeuilles  d'or .  Cimier  : 
tin  griffon  issant  d'or.  Je  n'ai  pas  ren- 
contré   leurs   armes    ornées  de    griffons 

pour  supports.  P.  le  j. 

* 

La  maison  de  Vergy  porte  : 
De  gueules  à  trois  quintefeuilles  d'or. 
Les  branches  cadettes  de   cette  maison 
portent  les  mêmes  armes  avec  des  brisu- 
res voriécfi.  Henry  Prior. 

Armoiries  sur  un  livre  de  1671 
(LXVI,  437,  562).  —  En  répondant  de 
mémoire,  j'ai  commis  une  erreur  qu'il 
importe  de  réparer  immédiatement.  Les 
armes  de  la  principauté  d'Henrichemont 
ne  comportent  pas  de  tour  et  doivent  se 
lire  :  D'ai^ur  semé  de  fleurs  de  hs  d'or. 
Sur  le  tout  de  Béthune  qui  est  d'argent  a 
la  face  de  gueules.  P.  LE  ). 

Fer  de  relmre  à  identifier  en 
pointe  d'un  rocher  (LXVI,  ^3^) 
L' .\rmoriid  du  Bibliophile,  de  Guigard, 
attribue  ce  fer  à  G.ispard  Fieubet  de  Nau- 
iac,  conseiller  au  parlement  de  Toulouse, 
mort  en  1694,   âgé    de   67  ans.   Armes  : 


DES  CHERCHEURS  ET   CURIEUX 


t,j   . . 

D'azur  au  chevron  d'or ,  accompagné  en 
chef  de  deux  croissants  d^ argent  et  en  pointe 
d'un  rocher  du  même.  P.  le  J. 

Armoiries  à  identifier  :  trois  roses 

(LXVI,  534).  —  Dans  le  Trjité  du  blason 
de  M.  Pautet,  faisant  partie  de  V Encyclo- 
pédie Roret,  on  trouve,  page  282,  la  des- 
cription d'un  écusson  écartelé,  intitulé  : 
de  Riquetti  Mirabeau  et  de  Riquet  de  Ca- 
raman  :  au  premier  et  quatrième  :  d'a:^ur, 
à  la  bande  d'or .  accompagnée  en  chef  d'une 
demi-fienr  de  lis  du  même,  défaillante  à 
dextre^  et  flotencée  d'argent^  et  en  pointe  de 
trois  roses  du  même,  qui  est  de  Riquet  de 
Caraman .  V.  A.  T. 


•  * 


Si  ces  armes  ont  une  provenance  ana- 
logue à  la  précédente,  on  peut  les  at- 
tribuer à  la  famille  Rémond,  du  Châtil- 
lonnais,  qui  fut  titrée  marquis  de  MoMt- 
mort.  Elle  portait  :  De  gueules  à  trois 
roses  d'argent,  mais  dans  toutes  les  pro- 
vinces on  trouve  des  familles  portant  des 
armes  identiques.  P.  leJ. 

»  » 

La  famille  des  comtes  d'Antras  (Gasco- 
gne) porte  : 

D'argent  à  trois  roses  de  gueules  bouton- 
nées d'or .  Henry  Prior 

Villemanzy  (LXVI,  588).  —  Une  let- 
tre circulaire  autographe  de  ce  commis- 
saire des  guerres,  qui  devint  sénateur  en 
1809  et  pair  de  France  en  1814,  adressée 
de  Lille  le  13  janvier  1814  au  baron 
Soult,  préfet  du  département  de  la  Lys  à 
Bruges,  est  signée  :  Le  sénateur  :  de  Vil- 
lemanzy. C'est  donc  la  véritr-ble  ortho- 
graphe de  ce  nom.  G.  Laniz. 

La  curieuse  épitaphe  du  chanoine 
Vital  d'Ardengost  (LXVI,  342,  466, 
564,  tti2j.  —  On  cite  ordinairement  ces 
vers  comme  épitaphe  de  la  «  fair  Hosa- 
mond  »  fille  de  Walter  Lord  Clifford .  Poly- 
dore  Vergile,  par  exemple,  Anglica  bis- 
toria,   lib.   XIll,nous  dit  que 

Hoc  lacet  in   tumulo   Rosa    mundi,  non    rosa 

[munda, 

Non   redoiet,  sed  olet,  quae    redolere  solet 

[Sous  ce  tombeau  repose  la  Rose  du  monde, 

une  rose   immonde;    elle   ne    sent   pas   bon, 

elle  sent,   elle  qui  sentait  toujours  bon]. 

fut  inscrit  à  Godstow,  près  d'Oxford,  sur 


20  Novembre  1 9  i  a 
6.j8  

Henri  II  d'Angleterre,  qui  «  non  contentus 
uxore  multas  dilexit  feminas,  et  in  primis 
puellam  quandam  succi  plcnam  quam  ipse 
Rosamundam,  vulgus  vero  Rosam  mundi 
appellabat  »  Mais  W.  L.  Hertslet,  dans 
son  œuvre  Der  Trtppenwii:^  der  Weltge- 
schichte,  affirme  que  par  les  vers  on  dési- 
gnait anciennement  une  autre  «  Rose  du 
monde,  >  Rosamonde,  reine  des  Lom- 
bards. Toutefois  il  ne  donne  pas  d'auto- 
rité. Edward  Bensly. 

Vir  fugiens  denuo  pugnabit(LXVI, 

488).  La  source  de  cette  sentence  est 
le  proverbe  grec 

avr,p  ô  osûyojv  xaî  -oîÀtv  [AayrîasTat 
qui  se  trouve    parmi   les   monosticba  Me- 
nandri{4^).    Erasme,  A da g ia,  donne  ces 
vers  grec  av'ec  l'équivalent  latin  î^«>/m- 
giens  et  dcnuo  pugnabit . 

Selon  Aulu  Gelle  (XVll,  xxi),  c'est  par 
ce  vers  grec  qu'aurait  riposté  Démosîhène 
a  ses  ennemis  quand  on  lui  reprochait  sa 
fuite  dans  la  débâcle  de  Chaeronea.  Mais 
si  le  vers  existait  deja  au  temps  de  Dé- 
mosthène,  ce  n'est  pas  Ménandre  qui  Ta 
conçu. 

E.  Bensly. 

Jeux  de  l'arqueb  se  (LXV  ;  LXVI, 
178,  380).  —  A  la  fin  de  l'article  LXV, 
149,  on  lit  :  «  il  conviendrait  de  lire  le 
savant  et  si  agréable  ouvrage  du  comte 
Albert  de  Bertier  :  Le  tir  à  l'arc.  Hachette 
1900.  »  Ce  renseignement  n'est  pas  tout 
à  fait  exact,  le  livre,  très  estimable,  de 
M.  de  Bertier  ne  traitant  que  de  l'arc  dans 
tous  les  tem^s  et  dans  tous  les  pays  ;  la 
véritable  source  de  renseignements  pour 
les  jeux  de  l'arquebuse  et  les  sociétés  qui 
les  pratiquaient  est  le  grand  ouvrage  de 
L.  A.  Delaunay  :  Etudes  sur  les  anciennes 
compagnies  d' Archets,  d' Arbalétriers  et 
d'Arquebusiers.  Paris,  Champion,  1879, 
in  A°,  riches  illustrations 

Jean  Coqjuatrix. 

Donjon,  étymologie  (LXV,  359,574, 

674,820,  870;  LXVI.  74,  168,329,422).-- 
M.E.L.  E.  A.  proteste  contre  une  phrase, 
dans  le  numéro  LXV,  870.  Puis  sans  s'in- 
quiéter de  ce  que  je  dis  au  sujet  de  dûni, 
il  y  va  de  sa  petite  étymologie  nécessaire- 
mentsansvaleur  d'après  mesobservations. 
Il  aboutit  a   ce  résultat  extraordinaire  que 


la  tombe  de  Rosamonde,  maîtresse  du  roi  1  donjon    signifierait    :    petite     forteresse 


I 


N-  1346.  Vol.  LXV. 


L'INTfiHMBDlAlRfi 


659 


660 


C'est  à  croire  que  M.  E.  L.  E.  A.  n'a  jamais 
vu  un  castel  du  moyen  âge  dominé  par 
son  donjon, 

M.  E.  L.  E.  A.  confond  le  suffixe  celti- 
cjue  o;i,-io'i  avec  le  suffixe  latin  ôn^-ion  ; 
le  premier  a  toujours  l'o  bref,  le  second 
1*0  long  ;  ce  qui  amène  dans  la  dérivation 
des  uitïérences  capitales.  M.  E.  L.  E.  A. 
semble  ignorer  qu'en  français  toute 
voyelle  brève  placée  entre  consonne  et  n 
final  a  tendance  à  disparaître,  le  n  final 
devenant  un  r.  Exemple  :  Londinium  Lon- 
dres, cophiniis  coffre,  diacotim  diacre,  etc. 
Par  conséquent  le  celte  imaginaire  dihuo 
ne  pourra  donner  qu'un  français  tel  que 
par  exemple  dungre,  cela  s'éloigne  joli- 
ment de  donjon. 

Tout  cela  vient  évidemment  que  M.  E. 
L.  E.  A.  ne  se  rend  pas  compte  de  ce 
qu'était  un  dthion.  C'était  un  lieu  fortifié 
dressé  sur  un  plateaa  et  en  ayant  les  di- 
mensions. 11  n'y  avait  pas  de  petit,  de 
gran.1  diinon.  D'autre  part,  Xt'dûnon  était 
un  abri  où  les  seigneurs  celtes  déposaient 
leurs  dieux,  leur  famille,  leur  bien,  leur 
clientèle,  leurs  soldats  et  le  petit  peuple 
industriel.  En  cas  de  guerre,  on  recevait 
tout  le  menu  peuple  qui  pouvait  y  trouver 
place,  le  surplus  était  réduit  à  aller  se  ca- 
cher dans  les  bois  où  il  m.ourait  de  mi- 
sère. 

On  conçoit  que  le  peuple  gaulois  était 
peu  satisfait  de  ceiie  .situation  et  que  lors- 
qu'après  Auguste,  le  peuple  étant  admis 
à  la  gestion  de  la  cité,  on  adopta  bien' 
vite  les  usages  romains,  où  les  villes,  au 
lieu  dètre  bâties  dans  les  hauteurs,  s'é- 
tendirent dans  la  plaine  avec  un  meilleur 
bien-être  pour  tout  le  monde. 

Le  dûnum  si'  dépeupla,  tomba  en  rui- 
nes et  le  nom  prit  avec  le  temps  une  si- 
gnification géographique,  tel  que  Chaleau- 
dun,  Dittt  U  Roi,  etc 

Pour  un  linguiste,  un  radical  din  avec  i 
bref  n'aura  jamais  la  même  racine  que 
di'fi.  Du  reste  on  semble  d'accord  pour 
trouver  que  Londinium  n'est  pas  r -'t-'  «t  a 
une  origine  préceltique. 

Depuis  quelques  années,  le  français 
dune  a  été  rapprt;)ché  du  hollandais  duin, 
les  deux  remontant  à  un  germain  dûnô 
participe  passif  féminin  du  verbe  dû  agi- 
ter, mettre  tn  mouvement.  La  dûnô  est 
l'amas  de  sable  que  le  vent  soulève  et  met 
en  mouvement. 

Il  est  étrange  de  dire  que  dûnum  qui  a 


cessé  d'être  en  France  au  1®'  siècle,  a  pu 
donner  le  gallois  din,  mot  du  moyen  âge 
en  Ancrleterre.  Du  reste  on  est  porté  à 
admettre  que  din  provient  du  vieil  irlan- 
dais. 

M.  E.  L.  E.  A.  fait  bien  d'être  prudent 
au  sujet  de  town.  Il  peut  avoir  confiance 
dans  ce  que  je  dis  LXV.  871. 

H.  La. 

Soubs  la  corde  des  saincts  (LXIV  ; 
LXV;LXV1,   75,    126,   169,   224).  —Je 
lis  dans    Y Intermcdiaife   des    Chercheurs, 
LXVI«  vol  ,  225,    un  document   relatif  à 
l'expression  ancienne   «  Soubs  la   corde 
des  Saincts  ».   Le  texte  cité  est  clair  et 
précis,   et  il  n'y  a  aucune  obscurité   ni 
aucun    doute   pour   le    sens  du  passage 
'  «   soulx  le   cruxefis   et    soulx   les  sains 
d'icelle  chapelle».  Il  signifie  sous  le  jubé, 
à    l'entrée  du  jubé,   clôture  transversale 
ajourée  qui  divisait  les  églises  du  Moyen- 
Age  en  deux  compa*4iiHents,  la  nef  et  le 
chœur.  Au-dessus  de  cette  clôture  s'éten- 
dait une  tribune  d'où  se  faisaient  les  ser- 
mons, les  annonces  et  toutes  les  procla- 
mations aux  fidèles.  Le  jubé  était  orné  et 
surmonté,  du   côté  de  la  nef,  c'est-à-dire 
face  au  peuple,  d'une   croix  avec  les  sta- 
tues de  la  Vierge  et  de  saint  Jean  l'Evan- 
géîiste  «  le   cruxefis    et  les  sains  »  dont 
parle  le  texte  cité. 

On  peut  consulter  sur  cette  question 
Camille  Hnlart,  Manuel  d'archéolooie 
française,  i""*  partie,  Architectuie  reli- 
gieuse page  752  et  suivantes,  et  aussi 
avec  avantage  un  article  paru  dans  la 
lùvue  Moibihannaise  (Vannes,  Lafolye) 
année  1908,  et  qui  a  pour  titre  V Ancienne 
l'iifoisse,  l'Acte  Prônai. 

X. 

Vombrissement  ou  Vrombisse- 
ment (LXVI,  4}y>.  —  Je  pose  la  même 
question  que  M.  A  d'E  en  ajoutant  toute- 
fois que  je  l'ai  trouvé  plusieurs  fois  écrit 
yromhissement.  Est-ce  une  erreur  typo- 
graphique bien  excusable  du  reste  pour 
un  mot  aussi  nouveau  et  étrange  ? 

J'ai  même  trouvé  l^ronibir  et  divers 
teinps  de  ce  verbe,  au  cours  de  mes  lec- 
tures, mais  toujours  dans  des  romans 
très  modernes  et  non  dans  des  ouvrages 
scientiliqu-S  (à  part  peut-être  Fabre  — 
Souvenirs  cntomolûgiques).  En  tous  cas, 
•  quelle  est  l'origine  du  mot  qui  se  distin- 


OBS  GHBRGHBUfcS  BT  CURIKU>: 


20  Novembre  1919 


661 


662 


gue  par  une 
préciable  ? 


harmonie  imitative  très  ap- 
Dehermann. 


l 


C'est  vrombissement  et  non  vonibrisse- 
ment.  Ce  terme  ne  s'applique  pas  au 
«  chant  »  des  feuilles^  mais  recorde  la 
vibration  du  vol  des  abeilles,  guêpes  et 
bourdons. 

R.  —  F. 

Vromlissement  —  et  non  vombriss-'ineitt 
qui  n'est  que  bizitrre  et  nullement  iinita- 
ti(,  est  im  des  néologismes  les  plus  heu- 
reux du  XIX'  siècle.  Certes,  il  s'applique 
tout  d'abord  au  bourdonnement  impé- 
tueux d'un  msecte  qui  vole  sur  place,  en 
tournoyant  —  mais  peut-^ètre  en  fera  t-on 
mieux  sentir  la  valeur  exacte  en  disant 
qu'il  exprime  à  la  fois  le  mouvement  gi- 
ratoire de  la  toupie  et  son  ronflement 
joyeux. 

Il  se  peut  que  RolUnat  ail  cce  l'un  des 
premiers  acquéreurs  de  ce  mot  si  bien 
fait  pour  lui  plaire,  mais  c'est  Richepin 
qui  l'a  créé  et  lancé,  soit  dans  la  Chanson 
lies  Gueux  soit  dans  la  Gti. 

L'mfinitif  vrombir  est  si   parlant  qu'il 

mble  devoir  être  compris  du  premier 
coup  par  tout  esprit  un  peu  observateur. 

George  Auriol. 

« 

»  * 
Je  ne  connais  pas   vombrissemsnt^  mais 

ie  verbe  vrombir. 

M.  Argeliès  [Intermédiaire,  10  nov. 
1898;  voit  dans  vrombir  l'anagramme  de 
l'allemand  brummen^  bourdonner.  M  Jo- 
ret  indique  le  latin  funJa,  fronde;  pour 
moi,  je  suis  porté  à  voir  là  un  verbe  ono- 
matopéique,  t'«,  vri,  vton  rappelant  le 
bruit  strident  de  quelque  chose  qui  fend, 
déchire  l'air. 

Comparez  avec  le  Bcssin  vionder,  vron- 
't-r,  bourdonner  ;  le  Champenois  bron- 
àinirr  qui  se  dit  du  bruit  produit  quand 
le  tablier  d'une  cheminée  est  baissé  ; 
brondir  en  parlant  du  bruit  que  fait  une 
toupie  d'Allemagne  fortement  lancée  ;  le 
Bourguignon,  vrombi,  frombi, action  d'un 
orps  qui  en  s'agitant  ou  après  avoir 
été  lancé,  détermine  le  frémissement  de 
l'air  ;  Mignard  tire  vrombi  et  frombi  du 
latin  fremere  ;  le  ('.haroUais  vionner,  bour- 
donner, faire  entendre  le  ronflement  de  la 
toupie  ;  dans  la  Côte  d'Or,  fromhir  en 
parlant  du  bruit  d'une  toupie  et  aussi 
d'un  cheval  emballé.  Le  Jurassien  a  bron- 


dener,  produire  un  bourdonnement  ;  dans 
le  Maine,  v.'oJer,  c'est  faire  du  bruit  à 
la  manière  d'une  toupie;  dans  le  Morbi- 
han, les  enfants  nomment  le  hanneton, 
un  vronrron.  En  Normandie  la  vrottde  est 
une  fronde  ;  vronder,  vronner,  c'est  faire 
résonner  une  fronde  ;  vrouste  se  dit  d'un 
cours  rapide  ;  vionner,  viondir,  c'est  vi- 
brer sourdement  et  brondir  signifie  bour- 
donner ;  toujours  en  Normandie  vrondre 
c'est  bruire  et  une  femme  bruyante  est 
une  vredi-vreda  ou  encore  une  vronvron. 
A  Rennes,  hrjndir^  bourdonner  ;  en  Sain- 
tonge,  le  verbe  brondir  est  synonyme  de 
gronder  sourdement  comme  une  pierre 
lancée  avec  une  fronde  ;  on  dit  brondener 
en  Saônè-et-Loire.  En  Savoie,  ebrondclla., 
vertige  produit  par  un  coup  sur  la  tête 
et  encore  bruit  du  canon  ou  du  tonnerre. 
Le  parler  de  Thaon  (Calvados)  a  le  verbe 
viodei ,  bourdonner.  Voici  quelques  exem- 
ples de  ce  verbe  vrombir  : 

Les  gamins  sortent  de  l'école  en  vrombis- 
sant coiiinie  un  tourbillon  d'abeille». 

(Richepin  Pavé,  1884). 

Ralph  qui  voltigeait  et  vrombissait  ça  et 
là  par  les  groupes. 

(Daudet  :  Pajs  des  Parlement "^ur s  1900). 

L'élément  médical  domina,  di  sorte  que 
vrombissent  dans  la  gargote,  en  un  bour- 
donnement ininterrompu,  des  vocables  d'un 
hellénisme  effrayant. 

Willy  :  Môme  Picrate,  1904^. 

La  sirène  vrombit  des  sifflements  déchi- 
rants. 

(Randon  :  Les  Explorateurs,  1909). 

Gustave  Fustier. 
Mêmes   réponses    :     Nauticus  ;   D""   A. 
Cordes  ;  Paul  Helf.  Bibl.  xMac. 

Goienflot  (LXVl,  240).  —  A  Dijon, 
pour  exprimer  qu'il  a  bien  mangé,  qu'il 
est  rassasié,  le  peuple  dit  :  )e  suis  boiir- 
renfié,  c'esl-à-dire  Je  suis  Nourri,  comme 
dit  le  parler  vulgaire.  Dans  certaines  pro- 
vinces italiennes,  borenfio,  repu. 

Gustave  Fustier. 

Cubisme  et  jfuturisme(LXVl,97,27o, 
474). —  je  viens  de  lire  l'article  sur  le  cu- 
bisme et  le  futurisme. Je  n'y  ai  rien  com- 
pris.J'ai  saisi  seulement  unechose, c'est  que 
les  cubistes  ont  le  génie,  les  futuristes 
l'argent,  mais  je  me  demande  si  les  uns 
et  les  autres  ont  le  bon  sens. 

A.  B. 


N«  1346     Vol.  LXV. 


L'IN  lijRMlîDiAiRJbi 


_ 6t3  

Prévoyable  (LXVi  19=;.  :j30,  "522). 
—  Dans  ma  dernière  note  LXVI,  1522,  j'ai 
voulu  opposer,  à  la  prononciation  régu- 
lière aéroplane,  la  prononciation  popu- 
laire jr<!oplane.  Ce  qu'une  faute  d'impres- 
sion empêche  d'apercevoir.  -h 


Brucker.  -  Y  a-t-il  une  traduction 
de  l'ouvrage  de  |acob  Brucker  :  Histoiùi 
critica  philoiophice  a  mumii  incunabitlis 
ad  nos  trous  cesque  œtateus  deducta.  Edi- 
tio  seconda  Lipsice  MDCZLVll  ? 

A.   L. 

[Question  déjà  posée, mais  sans  titre.] 

Les  titres  au  dos  des   plaquettes 

(LXV).  —  Nous  lisons  dans  le  Courrier  du. 
Livre  16  août  1912)  : 

Sur  la  question  postée  par  ?>1.  A  Gué- 
bhard  dans  V Intermédiaire  des  Chercheurs 
et  relevée  par  notre  sagace  confrère  Louis 
Morin  {Courrier  du  Livre,  n»  317,  p  057), 
je  ne  prétends  apporter  aucune  «justifica- 
tion ».  Quant  à  une  explication,  je  v^is  es- 
s.iyer. 

Un  jour,  quelqu'un  me  soutenait  que  la 
lumière  sélénitesse  était  plus  utile  que  celle 
de  Phébus.  Mis  au  pied  du  mur  (ce  n'était 
pas  un  maçon),  il  accoucha  de  ceci  :  le  so- 
leil n'éclaire  jamais  que  le  jour,  tandis  que 
la  lune,  si  son  éclairage  est  intermittent,  du 
moins  elle  le  fournit  la  nuit. 

Celui  qui,  tout  de  go,  a  qualifié  A  absurde 
l'usage  des  typos  et  des  relieurs  de  faire  lire 
de  bas  eu  haut  le  titre  imprimé  sur  le  dos 
des  plaquettes  est  au  moins  de  la  force  du 
facétieux  qui  trouva  cette  défaite,  qui  vaut, 
ma  foi,  exactement  ce  que  valait  celle  d'Esooe 
pour  que  son  maître  !ie  fût  pas  obligé  de 
boire  la  mer. 

Mais  parlons  sérieusement. 

Les  langues  d'origine  latine  ou  grecque 
s'écrivent  d?  gauche  à  droite  ;  celles  d'ori- 
gine crientale.  de  droite  à  gauche  ;  le  bous 
Irophédon  (?;  (i)  alternativement  de  gau^'he 
à  droite  et  de  droite  à  gauche,  comme  les 
sillons  que  trace  l.i  charme  dans  un  champ, 
ce  qui  fait  que  le  même  parchemin  était  ren- 


664 


(  0  Lorsqu'aura  paru  —  j'estime  à  3  ou 
4  000  heures  le  travail  qu'il  me  reste  à  taire, 
aux  loisirs  que  me  laisse  le  souci  de  la  vn.\- 
térielle,  avnnt  de  remettre  la  copie  à  l'im- 
primeur, -  lorsqu'aura  paru  mon  Aidr-mè- 
moirc  procédant  du  simple  au  recherché,  du 
vuli^aire  au  savant,  du  mofernf  a  t' ancien  et 
d  l'archaïque,  il  sera  plus  facile  de  irnuver 
ce  mot  et  son  orthographe  réelle  que  de  dire 
bonjour. 


versé  de  tête  à  pied  et  de  pied  à  tête  à  cha- 
que ligt.e,  enfin,  le  chinois,  de  haut  en  bas 
et  de  droite  à  gauche. 

Faute  d'en  connaître  davantage,  le  sens 
des  mots  «  ail  lieu  de  haut  en  bas,  suivant  le 
sens  normal  de  la  lecture  »,  m'échappe  to- 
talement. 

Sans  doute.  1  ;  première  ligne  est  en  hsut 
de  la  pige,  la  dernière  à  son  pied,  et  cela 
d'une  façon  générale,  mais  «  le  sens  de  la 
lecture  »  est  de  gauche  à  droite.  Je  ne  vois 
et  ne  veux  voir  que  cela. 

Dans  un  prospectus  fianqué  de  deux  lignes 
verticales,  l'un.,  au  commencement,  l'autre  à 
la  fin  des  lignes,  la  ligne  de  gauche  qui  par- 
tirait d'en  haut  risquerait  de  ne  pas  être  lu.;. 
C'est  d'instinct,  cela,  ce  n'est  pas  du  domaine 
du  raisonnement  ni  de  celui  de  la  discussion. 

Ce  qui  est  vraisemblable  sur  un  prospec- 
tus l'est  également  sur  les  rayons  d'une  bi- 
bliothèque. Si,  pour  les  rayons  inférieurs,  il 
y  a  atténuation  à  la  gène  de  lire  de  haut  en 
bas,  pour  ceux  supérieurs,  il  ne  me  semble  pas 
dis'-utable  qu'il  est  plus  facile  de  lire  de  bas 
en  haut, 

A  celui  qui  me  dénsewtrera  que  six  mille 
ans  d'histoire  écrite  Oîit  appris  au  troupeau 
humain  à  distinguer  sa  dexîre  de  sa  sénes- 
tre,  je  dirai  :  Je  m'incline  !  Je  n'ai  rien  dit  ! 
Mais  l'humanité  n'en  est  pas  là  encore. 

Moralité  :  L'auteur  eût  dû  écrire  «  discu- 
table »  au  lieu  de  <<  ridicule  >. 

Lazark  Cassigneul. 

* 

A  M.  A.  Guebhard,  qui  s'étonne  de  la  fa- 
çon dont  on  dispose  le  titre  des  plaquettes  et 
trouve  absurde  cet  usage,  on  pourrait  ré- 
pondre qu'il  est  faciL-  d'eu  dire  autant  de 
presque  tous  les  usages.  Il  n'y  avait  que  deux 
manières  de  disposer  le  titre  en  question  : 
la  lecture  pouvant  se  faire  d«  bas  en  haut  ou 
de  haut  en  bas  On  a  adopté  la  première 
manière,  probablement  pa,-  analogie  avec  le 
placement  des  pages,  tableaux  ou  gravures 
■..n  largeur  dans  le  cours  d'un  ouvrage  Tous 
les  manuels  sont  d'accord  à  ce  sujet  :  même 
en  page  paire,  les  tableaux  et  gravures  dé- 
bordant par  trop  de  la  justification  se  placent 
de  façon  que  le  cAté  droit  soit  dans  le  blanc 
de  tète  lors  de  l'imposition. 

La  raison  de  cet  usage  est  difficile  à  trou- 
ver ;  peut-être  est-ce  i;elle  qu'en  donne  le 
D'  Marcel  Baudouin  :  il  est  plus  facile  d'in- 
cliner la  tête  â  gauche  qu'à  droite.  En  tout 
cas,  ce  ne  sera'.l  qu'affaire  d'habitude,  et  l'on 
pourrait  tout  aussi  bien  critiquer  l'autre  dis- 
position si  on  l'adoptait.  Le  sens  normal  de 
toute  lecture  est  évidemment  de  haut  en  bas  ; 
mais,  lorsqu'il  s'agit  d'un  texte  autrement 
disposé  qu'une  p.rge  courante  le  sens  habi- 
tuel n'a  plus  aucune  raison  d'être,  puisqu'il 
s'agit  alors  d'incliner  la  tête  soit  à  gauche, 
soit  à  droite,  afin  de  pouvoir  lire  le  titre,  le- 


ORS  CaSRCREURS  Hî   GURliiUX 


2  0  Novembre   191a 


665 


666 


quel  doit  êi;e  le  plus  succinct  possible  dans 
ce  cas...  Un  imprimé  recto  verso,  dont  les 
deux  pages  r,e  sont  pas  dans  le  même  sens 
(l'une  en  hauteur,  l'autre  en  largeur),  se  dis- 
pose habituellement  suivant  le  même  pro- 
cédé :  la  tête  de  la  partie  en  hauteur  tom- 
bant en  retir;ition  sur  le  coté  d  oit  de  U  par- 
tie en  largeur,  ce  qui  oblige  le  lecteur  à 
tourner  l'imprimé  sur  la  gaucnr  pour  passer 
du  recto  au  verse,  ou  vice  vers  ■. 

Toutefois,  afin  de  ne  pas  av-^i;  dux  façons 
de  procéder,  on  pourrait  adoptjr  uniformé- 
ment l'usag--  des  litres  se  l:si.nt  de  haut  en 
bas  pour  toutes  les  plaq-'jeUes,  puisqu'il  est 
admis  qu'on  doit  les  disposer  ainsi  pour  les 
opuscules  destinés  à  rester  à  plat  sur  l.is 
rayons  de  bibliothèque,  les  partitions  de 
musique  par  exemple.  Ce  serait  p-nit-ètre  le 
moyen  le  plus  siaiple  de  concilier  les  deux 
parties  et  d'unifier  deux  usages  pouvant  se 
soutenir  chacun  isolément,  l'un  n'étant  pas 
plus  absurde  que  l'autre.  J.  Derny. 

Noms  des  habitants  des  Etats- 
Unis  (LXV,  170,  317.  367,  467,  559, 
706,756;  LXVI,  i8j.  —  Si  le  mot  Yankee 
a  une  signification  plutôt  défavorable,  je 
crois  que  c'est  suiiotiî  en  France.  Cepen- 
dant, à  en  croire  l'origine,  il  ne  devrait 
jamais  être  agréable  aux  oreilles  améri- 
caines, auxquelles  il  rappelle  le  nom  des 
envahisseurs  du  territoire  des  Etats-Unis. 
Il  paraîtrait  que  Yankee  ne  serait  qu'une 
déformation  du  mot  English,  transformé 
en  Yangui  par  les  Indiens  habitant  l'Amé- 
rique du  Nord.  Au  moment  de  l'invasion 
anglaise,  les  gens  qui  vinrent  s'établir 
dans  celte  région  furent,  par  les  indigènes, 
désignés  indistinclement  comme  Englisli, 
d  où  yangui  et  yankee  II  vaut  donc  peut 
être  mieux  faire  chorus  avec  notre  corres- 
pondante Lillie  Laulor,  et  demander 
l'adoption  du  mot  :  Etats-Uniens. 

Seulement,  le  problème  se  pose,  de  sa- 
voir comment  l'on  dira  en  anglais.  On  ne 
peut  songer  à  faire  avec  man  (homme), 
employé  comme  sufffixe,  un  mot  ana- 
logue à  Englishman  ou  Frenchman.  On 
devrait,  en  effet,  dire  :  United  Statesman, 
ce  qui  prêterait  à  confusion  avec  le  nom 
composé  :  Statesman  (homme  d'état)  déjà 
existant.  L'expression  :  Northern  Ameri- 
can (^Américain  du  Nord),  que  je  me  per- 
mets de  préconiser,  serait  déjà  meilleure, 
puisqu'il  n'y  aurait  plus  confusion  qu'en- 
tre les  habitants  des  Etats  Unis,  ceux  du 
Mexique  et  ceux  du  Canada,  les  Améri- 
ques Centrale  et  du  Sud   étant,  par  prin- 


cipe, écartées  de  h  pensée  de  l'auditeur. 
A  moins  qu'on  n'arrive  à  dire  couram- 
ment :  He  is  a  man,  she  is  a  man,  she  is 
a  woman.  a  girl,  from  Ihe  States,  c'est- 
à-dire  :  c'est  un  homme,  une  femme, 
une  jeune  fille,  des  Etats...  Est-ce  très 
pratique  ?  Et  n'en  faut  il  pas  revenir  plu- 
tôt à  la  coutum.e,  chère  aux  Anglais,  des 
abréviations  par  lettres,  qui  amènerait  à 
dire  :  He  is  from  U.  S.  A.  ? 

)e  me  résuine  en  unissant  mon  vote  à 
celui  de  Lillie  Laulor  pour  le  mot  :  Etats- 
Uniens, et  j'offre,  en  anglais,  l'expression  : 
Northern  American,  qui,  si  elle  ne  tran- 
che pas  absolument  la  question,  diminue 
au  moins  les  chances  d'erreur. 

Maurice  Charpentier. 

Ojigine  du  salut  masculin  (LXVI, 
488,  Ô20).  -  -  Voici  l'origine  que  donne 
M.  Abel  Hermant  dans  un  de  ses  plus  cé- 
lèbre romans  : 

Musignv.  — l'e;u-z  vous    la  Morvan- 

dière,  vous  êtes  un  jeui'e  homme  bien  éle- 
vé? Votre  hérédité  ot  votre  éducation  sont 
telles  que  vous  souff;  iriez  véritablement  si, 
en  prenant  place  dans  un  wagon  de  chemin 
de  fer,  vous  ne  souleviez  pas  votre  chapeau 
.^vec  une  légère  inclination  de  la  tète.  Eh 
bien  :  savez-vous  quelle  est  l'origine  de  cette 
cérémonie  ? 

ia  Morvandière  —  Je  ne  m'en  doute 
même  pas. 

Musignv.  —  i  n  vous  intiinant,  au  seuil 
du  wagon,  devani  une  personne  inconnue, 
vous  reprod'.iisez,  par  habitude,  le  geste  pro- 
pitiatoire de  votre  plus  P'  irrjitif  ancêtre,  lors- 
que, *:e  trouvant  tout  à  coup  en  présence 
d'un  ennemi  plus  fort  que  lui-même,  pour 
le  désarmer,  il  faisait  mine  de  lui  offrir  sa 
tête  nue  h  trancher. 

Charlct.  —  Est-il  possible? 

Mw-^n  .  —  je  vous  demande,  après  l'cla, 
si  vous  trouvez  la  cérémonie  du  salut,  et, 
tn  général,  toutes  les  maniiestations  de  po- 
litesse beaucoup  mieux  fondées,  en  raison, 
que  le  Mardi  des  Français  ou  que  le  Vendredi 
de  rilippodrome  ? 

[Z-a  Carrière,  ch.  III,  Propos  de  taMe] . 
Et  je  pense  que  Musigny  a  raison  :  en- 
lever son  couvre-chef,  c'est  se  désarmer; 
incliner  la  tête,  c'est  s'humilier...  en  re- 
montant aux  origines  ! 

Georges   Mareschal. 
* 

*  » 
On    lit    Jrfns     Bourdeau,     Hisioire   de 

l'habillement  et  de  la  parure,  p.    250  : 
Une  fois    l'usage  des    coiffures    établi,    les 


N»  1346  V'I.  l  XV 


L'îNîERMgDlAibJb 


667 


668 


maîtres  voulurent  seu'.s  en  ètie  parés,  et  les 
esclaves  restèrent  dans  leur  denûment  anté- 
rieur. Par  suite,  le  droit  d'nvoir  la  tête  cou- 
verte devint  le  privilège  des  h"inmcs  libres. 
L'accorder  à  un  eschve  équivalait  à  le  libérer 
de  la  servitude.  La  formule  latine  de  l'atïiau- 
chissement  était  en  effet  «  appeler  l'esclave  liu 
bonnet  ».  De  la  dérivent  la  s'gnification  sym- 
bolique des  bonnetc  de  liberté,  dont  la  Révo- 
lution françaises  popularisé  l'imago,  et,  d'une 
manière  plus  généiale  la  tradition  des  bon- 
nets de  médecine,  de  maitre  ésarts,  etc.,  in- 
diquant la  condition  nouvelle  d'élèves  affran- 
chis de  la  dépendance  des  maîtres  et  davenus 
maîtres  à  leur  tour.  On  peut  encore  ratta- 
cher au  même  usage  les  toques  honoiifiques 
de  la  magistrature  ou  du  baiieau,  et  le  droit 
conféré  à  la  grandesse  espagnole  de  rester 
couverte  en  présence  du  souverain.  Peut  être 
même  faut-il  expliquer  ainsi  la  coutume, 
maintenant  commune  à  tous  les  peuples  de 
civilisation  européenne,  de  se  découvrir  pour 
saluer.  Dans  le  principe,  cet  acte  devait  être 
un  signe  d'humilité,  la  reconnaissance  polio 
d'une  sorte  de  serv-ige  à  l'égaid  de  la  person- 
ne qu'on  voulait  honorer,  de  même  que,  par 
une  formule  obséquieuse,  on  dit  ou  l'on  écrit  : 
<  votre  serviteur  »,  i  line  témoigne  que, chez 
les  Romains,  on  devait  avoir  la  tête  décou- 
verte devant  les  images  des  dieux  ou  en  pré- 
sence du  magistrat. 

P.  c.  c.  Medeiros. 

Du  port  de  l'alliance  en  Allema- 
gne (LXVI,  96,  229,  273,  331,  473)  — 
Je  me  souviens  d'avoir  toujours  vu,  pen- 
dant mon  long  séjour  en  Allemagne, 
l'alliance  dans  l'annulaire  de  la  main 
gauche  des  fiancés  et  à  celui  de  droite 
des  mariés.  La  raison  je  ne  la  connais 
pas,  et  les  nomi^reux  Allemands  auxquels 
je  viens  de  poser  la  question  n'ont  pas  su 
me  donner  une  explication  satisfaisante. 
Ce  qu'il  y  a  de  plus  curieux,  c'est  que 
l'AUenicigne  semble  le  seul  pays  où  on 
rencontre  cet  usage.  America. 

Les  pfitits  vitriers  fLXV;  LXVI  ,  36, 

618;.  --  Du  IKtil  Parisien  : 

Quand  on  voit  combien  il  est  difficile  de 
savoir  la  véiité  sur  de  petites  questions  con- 
temporaines, on  se  prend  à  sourire  à  l'idée 
que  certaine?  gens  prélenilent  raconter,  sans 
erreur,  l'histoire  des  siècles  écoulés. 

J'ai  parlé  récemment  des  chass:;urs,  et  de 
leur  suri.om  de  «  vitrii.rs  »,  à  propos  di;qucl 
V Intermédiaire  (tes  Chercheurs  a  ouvert  une 
enquête.  Or,  d'après  un  de  mes  lecteurs,  les 
origines  indiquées  par  les  coll.»borateuis  de 
ce  précieux  recueil  ne  seraient  pas  exactes. 


«  Le  25  février  1848,  me  dit-il,  j'habitais 
le  n"  10  de  la  rue  du  Cygne,  lorsque  tous  les 
commerçants  de  notre  quartier  apprirent  que 
le  banquet  de  la  Réforme  n'aurait  p^s  lieu. 
Tout  le  monde  ^e  mit  à  faire  des  barricades 
dans  le.s  rues  du  Cygne  et  du  Cloître-Sairrt- 
Jiicques.  La  rue  Saint-Denis  et  la  rue  Saint- 
Martin  étaient  éga'ement  barricadées. 

«  Dans  la  journée  du  24,  on  envoya  les 
soldats  du  régiment  de  ligne  caserne  à  la 
Nouvelle-France  prur  enlever  ces  barricades, 
m.nis  quand  lis  virent  qu'ils  se  trouvaient  en 
face  de  tous  les  commerçants  du  quartier,  ils 
levèrent  la  crosse  eir  l'air  et  reprirent  le  che- 
min de  leur  caserne 

«  On  fit  alors  venir  de  Viircenne.s,  au  pas 
de  course,  les  petits  chasseurs  d'Orléans, 
qui  furent  reçus  par  de-;  coups  de  fusils  tirés 
des  barricades,  et  aussi  à  travers  les  barreaux 
des  persiennes  fermées.  Ces  chasseurs  d'Or- 
,lc3ns  se  mirent  à  crier  ;«  Ouvrez  les  persiennes 
«  Fermez  les  croisées  I  »  Ceux  qui  n'obéissaient 
pas  à  cet  ordre  étaient  fûrs  qu'il  ne  restait 
pas  un  carreau  à  leur  fenêtre.  Le  25,  le  peuple 
étant  victorieux,  les  chasseurs  d'Orléans  re- 
prirent le  chemin  de-*Vincennes.  On  leur 
criait  ;  «  Voilà  les  vitriers  qui  passent  !  » 

«  Des  ce  moment,  à  la  vue  d'un  de  ces 
petits  soldats,  on  s'amusait  Ji  dire  :  «  Au 
vitrier  !  Au  vitrier  !  »  Les  journaux  s'em- 
parèrent du  mot.  C'était  fini.  Les  c!insseuis 
d'Orléans,  devenus  les  chasseurs  de  Vin- 
cennes,  étaient  baptisés  Je  vous  affirme, 
monsieur,  que  le  nom  de  «  vitriers  »,  donné 
aux  chasseurs,  leur  vient  d'avoir  cassé  les 
carieaux  aux  croisées  des  rues  Saint-Denis  et 
Saii.t-Martin  à  la  révolution  des  24  et  25  fé- 
vrier 1848. 

«  Comme  ious  le  dites  dans  votre  article, 
il  n'y  a  pas  trente-six  vérités.  Les  hommes 
de  mon  temps  qui,  comme  moi,  habitaient 
le  quartier  en  question,  peuvent  vous  certifier 
que  mon  récit  est  vrai  ». 

Il  ne  me  reste  qu'à  remercier  le  témoin  de 
ces  événements  de  sa  communication,  dont 
l'intérêt  est  très  vif,  et  qui  fixe  peut-être  un 
petit  point  d'histoire.  H.  J. 


♦ 
*  * 


Nous  recevons   la    lettre    suivante  : 

Monsieur  le  Directeur, 

Vous  avez  d.ms  votre  journal  du  mois  de 
juin  dernier  inséré  la  question  suivante  :  D'où 
vient  le  surnom  de  Vitriers  que  l'on  a 
donné  aux  chasseurs  à  pied  ? 

J'ai  lu  les  réponses  de  vos  lecteurs,  et  à 
mon  avis  il  n'y  en  a  aucune  de  vraie. 

Je  crois  connaître  la  véritable  origine  de 
ce  surnom,  ell--  m'a  été  donriée  par  un  Capi- 
taine retraité,  qui  était  bien  placé  pour  la 
coirnaltre,  il  était  en  Afrique  à  l'époque  de 
la  création  de  ce  corps  d'élite,  il  a  pu  ainsi 
assister  au  baptême. 


DES  CHERCHHURS  Bî  CUHIKUX 


20  Novembre  1912 


669 


670 


Ce  capHtaine  a  repris  du  service  en  1S70  ;  \ 
il  était  Capitaine  Adjudant  Major  au  i6«  Ré- 
giment de  Paris,  qui  était  le  Régiment 
d'Henri  Kegnault  et  aussi  !e  mien,  c'est  lui 
qui  a  vu  Henri  Regnault  le  19  janvier  1871, 
c'était  le  soir  vers  4  heures  nous  battions  en 
lalrnite,  notie  Régiment  était  au  parc  de 
Buzenval.  Henri  Regnault  ne  reculait  pas,  le 
Capitaine  lui  dit  :  Allons  Kegnault,  nous 
sommes  en  retraite  il  faut  rallier  le  bataillon. 
li  répondit  :  Capitaine  il  me  reste  encore  des 
cartouches  je  veux  les  user  avant  de  partir, 
le  Capitaine  partit  seul. 

Les  Allemands  étaient  revenus  au  mur 
crénelé  du  parc  d'où  nous  les  avions  délogés 
le  matin.  Vous  savez  le  reste. Henri  Regnault 
a  été  tué  d'une  balle  dans  l'œil,  son  corps  a 
été  retrouvé  le  lendemain  par  les  brancar- 
diers ;  a  l'intérieur  de  sa  capote  était  cousu 
une  carte  d'identité,  H.  Regnault,  fils  de  Re- 
gnault de  l'institut. 

Le  Capitaine  a  été  fait  officier  de  la  légion 
d'hon^-ieur  il  avait  été  fait  chevalier  en  1842, 
alors  qu'il  servait  en  Afrique  comme  simple 
soldat. 

L'explication  que  j'ai  fournie  peut  diffici- 
lement s'imprimer  dans  un  joLirnal.  Si  la 
personne  qui  a  posé  la  question  en  juin 
s'intéresse  encore  à  cela,  qu'elle  m'écrive,  je 
lui  répondrai.  Je  puis  aussi  vous  la  fournir 
de  vive  voix  si  elle  vous  intéresse. 

Je  vous  prie  d'agréer,  Monsieur  le  Direc- 
teur, mes  civilités  empressées. 

A.   Arnoux. 

Un  gymbolô  politique  :  le  collier 
de  barbe  (LXVI,  240).  —  Le  collier  de 
barbe  fui  en  effet  adopté  comme  symbole 
politique  par  les  »  Unitarios  >■>  pendant  la 
tyrannie  de  Rozas  183 5-1 85  3.  Rozas  fut, 
comme  on  sait,  le  champion  du  fédéra- 
lisme dans  In  Confédération  Argentine. 

Seulement  je  ferai  l'observation,  que 
tous  les  unitaires  ne  portaient  pas  la  barbe 
en  forme  d'U,  il  fallait  même  être  bien 
courageux  pour  le  faire,  car  les  «  Mazor- 
queros  >»  de  Rozas  égorgeaient  non  seule- 
ment qui  en  avait  le  courage,  mais  aussi 
ceux  qui  avaient  la  fantaisie  de  porter 
une  barbe  avec  une  ressernbl^ice  plus  ou 
moins  grande  avec  un  U;  car  ils  ne  re- 
gardaient pas  de  si  près  America. 


IrouîjatlUs  ii  Curiosités 

M.  Guillounet-Merville  et  Scribe. 

—  M.Guillounet)-Merville,avoué  à  Paris, 
frère  du  conseiller  à  la  Cour  de  Cassation, 


défenseur  de  Louis  XVI,  avait  eu,  presque 
en  même  temps  que  Balzac,  Scribe  conime 
clerc  dans  son  élude.  Ce  dernier, paraît-il, 
beaucoup  plus  raffiné  que  son  collègue, 
était  possédé  de  l'amour  du  théâtre,  ce 
qui  désolait  son  patron. 

M.  Guillounet  disait  :  «  Ce  jeune  homme 
finira  mal,  c'est  dommage,  car  il  est  in- 
telligent». Et,  fort  de  cette  pensée,  il  es- 
pérait le  dégoûter  du  théâtre  —  Un  soir, 
de  concert  avec  son  frère,  il  usa  du  strata- 
gème suivant  —  Scribe  faisait  représenter 
sur  un  théâtre  de  Paris  une  petite  say- 
nette,  M.  Guillounet  et  son  frère  s'y  ren- 
dirent, non  sans  avoir  pris  leurs  précau- 
tions pour  faire  échouer  la  pièce, et  de  fait, 
les  rires  ironiques  de  la  salle,  les  quoli- 
bets, les  sifflets  firent  tant  et  si  bien  que 
ce  fut  un  four  noir. 

Scribe  était  dans  la  salle  et  vo3ant  au 
premier  rang  des  spectateurs  les  deux 
Guillounet-Merville,  ne  doute  pas  qu'ils 
sont  pour  quelque  chose  dans  son  in- 
succès ;  il  en  eut  la  certitude  le  lende- 
main. 

En  effet,  les  deux  frères  appelèrent 
Scribe  dans  leur  cabinet  et  après  l'avoir 
beaucoup  plaint  du  mécompte  qu'il  avait 
éprouvé  la  veille,  lui  conseillèrent  une 
bonne  fois  à  renoncer  au  théâtre,  car,  di- 
saient-ils, il  n'y  réussirait  jamais,  tandis 
qu'il  était  bien  mieux  doué  pour  la  pro 
cédure  qui  le  conduirait  aux  plus  hautes 
destinées. 

Scribe  ne  fut  pas  dupe  et  leur  demanda 
s'ils  n'étaient  pas  pour  quelque  chose 
dans  l'échec  de  la  veille,  car,  disait  il,  il 
les  avait  vus  se  réjouir  eî  être  parmi  les 
siffleurs.  Ils  avouèrent  sans  peine,  ne  vou- 
lant en  somme  que  le  bien  du  jeune 
homme. 

—  Mais  voyons, Monsieur  le  conseiller, 
dit  Scribe. pourquoi  me  décourager  et  ma- 
nifester uiie  telle  hoireur  pour  les  choses 
de  théâtre.?  Il  me  semblait,  ajouta-t-il,  que 
vous-même,  jadis,  vous  vous  étiez  essayé 
dans  le  vaudeville  et  que  vous  y  aviez 
réussi. 

—  Hélas!  en  efïet,  répondit  M  Guillou- 
net, je  Tavoue,  ce  fut  un  péché  de  jeu- 
nesse, mais  je  ne  fus  pas  joué  ;  j'ai  bien 
écrit  une  petite  scène,  mais  c'est  tout  ; 
je  n'ai  pas  voulu  persister,  car  je  sais  que 
cela  ne  conduit  à  rien  de  bon  dans  la 
vie. 


N-  134V0I.     Lxvr 


671 

—  Je  vous  en  prie,  daignez  me  la  con- 
fier, cela  m'intéresserait  tellement  de  la 
lire  !  » 

Le  conseiller  ne  se  fait  pas  davantage 
prier,  et  au  fond,  peut-être  flatté  de  tant 
d'insistance,  va  chercher  dans  un  tiroir 
son  manuscrit  qu'il  remet  au  jeune 
homme. 

Quelques  jours  après.  Scribe  rapporta 
l'œuvre  «jn  questioii.  et,  afïect;nt  un  air 
quelque  peu  penaud  :  *<  j'ai  lu  votre  œu- 
vre, dit-il,  et  l'ai  trouvée  parfaite,  mais  il 
faut  m'excuser  encore  et  solliciter  votre 
indulgence.  Mon  penchant  irrésistible 
pour  les  choses  de  théâtre,  m"a  encore 
conduit  à  écrire,  ce  sera,  je  vous  le  pro- 
mets, la  dernière  fois,  maisj'aiue  mieux 
vous  le  dire  de  suite,  ma  pièce  est  accep- 
tée et  va  être  jouée,  et  je  vi-ns  vous  ollrir 
deux  places  en  vous  demandant  d'assister 
à  la  représentation.  L'accueil  du  public 
décidera  de  mon  avenir  >->. 

Le  soir  de  la  représentation  arrive, 
MM.  Guillounet  Merville  sont  au  premier 
rang  des  spectateurs.  L'œuvre  commence, 
la  salle  composco  en  grande  partie  d'amis 
de  Scribe  fait  à  la  pièce  un  succès.  Le 
conseiller,  dès  le  début  de  l'audition,  sem- 
ble bien  '.rouver  à  cette  œuvre  un  air  de 
connaissance.  A  mesure  que  la  pièce  se 
poursuit  il  n'y  a  plus  de  doute,  c'est  son 
œuvre  que  Ion  joue,  ce  «  péché  de  jeu- 
nesse i>  qu'il  s'accusait  d'avoir  commis, 
mais  dont  le  titre  a  été  changé,  dont  les 
personnages  sont  modifiés.  La  soirée 
s'achève  dans  un  véritable  triomphe,  et 
lorsqu'il  s'agit  de  nommer  l'auteur  on  se 
borne  à  annoncer  au  public  que  celui-ci 
est  un  jeune  homme  qui  désire  conserver 
l'anonymat  et  dont  ce  sont  les  tlébuts  au 
théâtre. 

Le  lendemain,  M.M.  Guillounet  compli- 
mentaient Scribe  sur  la  façon  spirituelle 
dont  il  s'était  vengé  et  lui  conseillaient  de 
ne  plus  résister  à  sa  vocation  en  ajoutant 
qu'il  était  sur  de  trouver  en  eux  aide  et 
protection  dans  la  vie.  Et  de  fait,  les 
meilleurs  rapports  s'établirent  entre  le 
jeune  clerc  devenu  auteur  dramatique  et 
ses  anciens  patrons  dont  il  devint  et  resta 
toujours  l'ami. 

Eue.  RoGÉE  Fromv. 

L'épitaplie  du  maréchal  de  canp, 
baron  de  Gauville.  -  Le  jour  des 
morts  a  vu  défiler  dans  les  journaux  le  cor- 


L'INTERMEDIAIRE 

^^2 

tège  des  épitaphes,la  plupart  connues.  En 
voici  une  curieuse  et  inédite,  celle  que  de 
son  vivant,  composa  pour  lui  même,  le 
baron  de  Gauville,  né  le  17  juillet  1750  à 
Orléans,  décédé  en  1823,  maréchal  de 
camp,  !*'■  lieutenant  des  gardes  du  corps 
de  Monsieur,  compagnie  Puységur. 

Elle  est  relatée  dans  une  lettre  que  ce 
militaire  original  adressa  au  ministre  de 
la  guerre  et  qui  est  conservée  dans  les  ar- 
chives du  ministère. 

L.  G. 

Chàlons-sur-Marne,  12  janvier  1822. 
A  S.    Ex.  le   Ministre  de    la  Guerre 
Monseigneur, 

L'arrêté  aussi  sage  que  juste  et  bienfaisant 
pris  par  Votre  Excellence  à  l'égard  des  bu- 
reaux de  son  ministère,  m'autorise  à  m'adres- 
ser  directement  à  elle  pour  lui  reromraan- 
dcr  le  mémoire  appuyé  de  toutes  les  pièces 
exigées,  qui  a  été  déposé  d^n:-.  le  mois  d'août 
dernier,  aux  fios  d'oi)<.»Nir  sur  l'ordre  de 
Saint-Louis  la  pension  de  mon  grade. 

J'espère  de  la  justice  de  Monseigneur,  qu'il 
voudra  bien  s'en  faire  rendre  compte,  le 
prendre  en  considération  et  supplier  Sa  Ma- 
jesté d'y  avoir  égard. 

Mon  dge  et  mes  infirnulés  rendent  ce  bien- 
fait d'autant  plus  urgent,  étant  sur  le  bord 
de  raa  tombe,  déjà  mon  épitaphe  m'y  pré- 
cède ;  ainsi  qu'il  suit  : 

D'apiès  un  mandat  spécial, 
Ici  repose  un  trépassé, 
Qui  fut  toujours  un  libéral, 
Comme  on  l'était  au  temps  passé  ; 
De  CTOip,  il  était  maréchal, 
Sans  en  être  plus  engraissé  ! 
Passait- il  pour  original  ? 
Ceci  peut  vous  en  dire  assez  ; 
Et  mériter  l'acte  banal 
D'un  acquiesçât  in  pnce . 

En  attendant,  je    suis    avec    une  haute  tt 
respectueuse  considération 
Monseigneur, 

de  Votre  Excellence 
Le  très  humble,  très  dévoué  et 
très  caduque  serviteur 

Le  baron  dk  Gauville. 
Maréchal  de  camp,    retiré  à    Châloiis  sur- 
Marne. 


Lt  Direclcur-gdrant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 


\n\X).    DANiei-CHAMBOM,  f't-Amand-Mont-Rond 


LXVÎ*  Tolame      faraéssant  la     /•,  sû  tt   jo  de  chaque  nrnt         30  N«TfMtea  19l2 


48»  Année 

3  f  *•*,  r .  VIctor-M  asBé 
PAKI8  (IVk 

Bureau   :ds3à6Leurei 


QUiBQDB 


Cherchez  et 
vouf  trouverei 


g       /(  te  (mut 
M       tntr'aider 

a 

o 


N»  1347 

8f*",r.TI«tor-ilaM 

PAKIS  (LV> 

Boréaux:  de 3 à  6heurei 


C  3nt^rîn^&iairf 


DES 


CHERCHEURS 

Fondé   en 


ET    CURIEUX 

1864 


n'KSTIONS     KT     URfONSKS     LITTÉRAIRES,     HISTORIQUES.    SCIKNTIFIQUKS     KT   ABTISTIOUkS 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


Nous  fitiom  nos  correspondants  de 
vouljir  bien  répéter  leur  nom  au-dessom 
de  leur  pseudonyme ,  et  de  n'écrire  que 
d'un  càlà  de  lafeuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  di  pseudonymes  inconnus 
tw  ieiont  pas  imérès. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Qiiand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception, 
ri* est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  tonte  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
tUre  d' une  famillg  non  éteinte. 


\ 


fliilueâitonô 


Guerres  de  Vendée.  Les  prison- 
Hiers  de  Saint-Florent-le- Vieil.  — 

Est  il  historiquement  certain  que  les  Ven- 
déens ont  épargné  cinq  mille  prisonniers 
lors  du  passage  de  la  Loire  à  Saint-Flo- 
rent-le-Vieil  (Maine-et-Loire)  le  18  octo- 


bre 


1793 


Un  Vendéen. 


Le  compas  de  Napoléon  I"^  et  le 
cadet  Louis  de  «Juny.  —  (De  M.  Fré- 
déric Masson,  Gaulois  13  novembre 
1912)  : 

En  1898,  un  prince  ami  de  la  France,  le 
plus  instruit  de  l'Histoire  napoléonienne, 
collectionneur  émérite  aussi  bien  qu'écrivain 
remarquable,    —     le      grand-duc     Nicolas 


Mikhaïlovich  de  Russie  —  se  trouvait  à 
Cannes.  Le  hasard  d'une  rencontre  l'amena 
à  déjeuner  sur  le  yacht  du  baron  Nathaniel 
de  Rothschild,  de  Vienne.  On  était  en 
pleine  Affaire  ;  le  second  procès  était  eom- 
mencé  ;  et,  après  déjeuner,  on  en  parla  ; 
M.  de  Rothschild  soutint  que  le  procès  se 
terminerait  par  un  acquittement  ;  le  grand- 
duc  ne  fut  point  de  cet  avis  ;  on  paria  pour 
ou  contre.  Et  l'enjeu  fut  un  objet  sans  autre 
valeur  que  de  souveni-r,  d'histoire  ou  de  cu- 
riosité. 

Le  baron  Nathaniel  mourut  et  depuis 
longtemps  le  Grand-Duc  ne  pensait  plus  à 
ce  pari,  lorsqu'il  reçut  à  Borjom,  au  Cau- 
case, une  petite  t>Ȕte  qu'accompagnait  cette 
note  : 

Tienne,  20  avril  18^8 . 

Règle  en  ivoire  avic  ornements  en  argent 
prise  a  la.  Malmaison  par  le  cadet  Louis  de 
Cuny  et  léguée  à  sa  petite-fille  Mme  Phi- 
lippe Sichel. 

Cette  régie  m'a  été  donnée  par  le  mari  de 
Mme  Sichel  demeurant,  2^  rue  Blanche,  à 
Paris . 

Signé  :  Baron  Natha*el  de  Rothschild. 

Rien  de  plus.  Dans  cette  boîte  cette  règle. 
Elle  e^t  de  la  dimension  d'un  denri-piedet 
porte  sur  deux  faces  une  échelle  en  pouces 
et  lignes  ;  sur  la  troisième,  en  centimètres  et 
millimètres  ;  à  l'une  des  extrémités  est  une 
olive  en  argent  qui  sert  de  tète  vissée  à  un 
crayon  épais  qui  semble  un  Conté  de  la 
première  espèce  ;  à  l'autre  extrémité  est  la 
tète  en  argent  contrôlé  d'un  compas  en 
acier  qui  -^e  visse  également.  La  règle  est 
comme  usée  et  certaines  divisions  en  sont 
presque  cftacées  à  force  que  le  compas  se 
soit  promené  sur  elles,  allant  d«  la  carte  à 
la  iègle  et  de  la  règle  à  la  carte. 

Voilà  tout. C'est  cette  règle  que  le  grand-duc 
Nicolas  restitue  à  Malmaison.  Ce  sera  affaire 
aa  conservateur  du  musé»  de  rechercher  qui 

LXVI.  -  li. 


N»  1347     Vol  LXVI 

675 

fut  Louis  de  Cuny,  mais  l'objet  porte  en   soi 
un  caractère  d'authenticité  indéniable. 

Qyi  était  le  cadet  Louis  de  Cuny  ? 

Alex.  G. 


Shakespeare  est-il  Fauteur  de 
ses  œuvres  ?  (T.  G  ,  836).  —  Lord 
Rutland.  —  Nous  devons  signaler 
l'étude  que  vient  de  publier  (premier  vo- 
lume) M.  Célestin  Damblon,  député  de 
Liège,  professeur  à  la  Faculté  de  Bruxel- 
les :  Lord  RiilLuii eu  Shakespcùte. 

C'est  à  lord  Rutland  que  M.  Damblon 
attribue  les  œuvres  de  Shakespeare. 

Ce  qui  l'a  mis  sur  la  piste,  c'est  un 
reçu  de  44  sliellings,  en  or,  pour  service 
semi-professionnel,  payé  par  le  noble 
lord  à  Shakespeare.  Shakespeare  n'avait 
pas  l'éducation  nécessaire,  dit-il  ,  pour 
écrire  les  œuvres  qu'on  lui  prête  ;  il  les 
signait  simplement.  Lord  Rutland,  qui 
était  un  esprit  très  cultivé,  le  pouvait,  au 
contraire.  Et  il  montre  quelle  analogie  se 
rencontre  entre  la  biographie  de  loi  J 
Rutland  et  la  chronologie  de  l'œuvre  dite 
de  Shakespeare. 

A  peine  si  M.  Damblon  s'embarrasse  de 
ce  détail  que  Rutland  avait  treize  ans 
quand  parut  Henri  Vl . 

Henri  K/  n'est  pas  le  chef-d'œuvre  d'.i 
chefs  d'œuvre  ;  tout  de  même,  cela  seni- 
ble  au  dessus  d'un  gamin  de  treize  ans. 

Qu'en  pense  t-on  ?  V.  ' 


Maison  d'Artois  —  D'après  cer- 
tains auteurs,  Robert  111  d'Artois,  comte 
de  Beaumont-le-Roger,  épouse,  1318, 
Jeanne  de  Valois. 

Leur  (ille  (?)  Catherined' Artois  épouse, 
1320,  Jean  11  de  Ponlhieu,  comte  d'Au- 
mak,  dont  la  fille  aince  Blanche  de  Pon- 
thieu,  comtesse  d'Aumale,  épouse,  en 
1340.  Jean  V,  comte  d'Harcourt,  vicomte 
de  Châlellerault. 

1  1  semble  qu'il  y  a  erreur  manifeste  : 
ou  Catherine  d'Artois  n'est  pas  la  fille 
de  Jearre  de  Valois,  ou  Blanche  de  Pon- 
thieu  ri'pst  pas  la  fille  de  Catherine  d'Ar- 
tois r 

La  Chesnaye  des  Bois  dit.  en  eflet.  que 
Blancht  de  Ponthieu  était  fille  d'Anne 
d'Artois  :  de  qui  était  fille  cette  Anne 
d'Artois  r  E,  Baudoin. 


Î/1NT3EM»DIAÎR.B 


676 


Csgny-BoufEiers-Crilloii.  ~  On  lit 

dans  la  Nouvelle  iiesaipilon  de  la  Fiance, 
tome  i'''  (lie  de  France).,  p.  329  (Il  s'agit 
des  environs  de  Beauvais). 

Cagny  ou  Bouiflers  est  une  duché  pairie 
où  le  fi  arcciial  ^luc  de  BoulHers  a  fait  cotr.- 
nier.cer  un  magnifique  château,  mais  dont 
les  ouviages  sont  anêtés  depuis  longtemps 

Cagny-Boi.'flflers  s'appelle  aujourd'hui 
Ciillon  ;  dansl  e  voisinage,  un  bois  porte 
encoie  le  nom  de  Cagny  ;  quant  à  Bouf- 
flers  il  n'en  est  plus  question  (le  château 
existe  toujours). 

Je  voudrais  savoir  si  le  nom  de  Gril- 
lon vient  de  la  famille  noble  de  ce  nom, 
qui  était,  ce  me  semble,  d'origine  proven- 
çale. 

[c  voudrais  savoir  de  plus  s'il  existe 
d'autres  exemples  de  village  ayant  changé 
deux  fois  de  nom  dans  l'espace  d'un  siè- 
cle ou  deux.  C'est  le  seul  que  je  connaisse 
jusqu'à  présent, alots,4i4Je  les  changemenis 
simples  sont  assez  fréquents  (Broglie,  an- 
cien Chambrais  ;  NoaiUes,  ancien  Lonj.'^- 
villiers;  Carignan,  ancien  Ivry  ;  Chalercii. 
ancien  Charnoy;  Philippeville, ancien, Cor- 
bigny).  Pierre  T. 

Portrait  de  Casanova  de  Sein- 
galt.  —  Où  trouver  un  portrait  de  Cas  - 
nova  (Giovanni  Jacopo)  tle  Seingalt  ? 

Rien  au  cabinet  des  Estampes.  Rien 
non  plu.«  en  tète  des  diverses  éditions  des 
fameux  Mémoires.  D.  R. 

Correspondance  de  Château  - 
bîiand.  —  Dans  la  Conespondance  .'<■- 
tiérale  de  Cbdlrauhriand  que  public  i^'. 
Louis  Thomas,  chez  H  et  E.  Cliampi(  1;, 
éditeurs,  et  dont  les  tomes  i  et  2  ont 
paru  cette  année,  Je  ne  vois  pas  la  lettie 
de  >  hatcaubriand  partant  pour  Jérusalem, 
m  1806,  adressée  à  )oseph  Michaud,  ;ii - 
leur  de  V Histoire  des  Croiiades,  où  il 
dit: 

Si  je  laisse  mes  os  en  Orient,  je  vous  le- 
coinmaiide  ma  mémoire. 

Je  ne  connais  que  ce  seul  passage  dt 
ladite  lettre  dont  il  est  parlé  par  Poujouj 
lat,  dans  sa  f^te  de  Michaud,  tome  i*""  dl 
{'Histoire  des  Croisades  (Furne  et  C'»] 
éditeurs,  1841 ,  6e  édition). 

Je  serais  aussi  très  désireux  de  connaî 
tre  la  lettre  de  Chateaubriand  au  nair^ 
de  Sainl-Malo,  M.  de  Bizien,  du  (?)  1828, 


Jean-Charles-Franvois  DUMERIL, 
tarirait  par  'Boilly 


Inlermédiaiie,  LXVI,  Colonne  678 


DBS  CHERCHiiliKïJ  lil  CUKIKUX 


30  Novembre  191a 


677 


678     — 


par  laquelle  l'illustre  Malouin  sollicite  un 
petit  espace  sur  le  rocher  du  Grard  Bé, 
pour  son  t  rr-beau.  Celte  lettre  a  été  re- 
produite en  pa:lie,  en  fac-simile,  dans  le 
numéro  du  M)u.!e  illustré  du  13  août 
1898. 

Si  quelques  lecteurs  pouvaient  et  vou- 
laient donn-T  in  ex'.eiiso,  dans  V Intermé- 
diaire, les  deux  lettres  énumérées  ci- 
dessus,  je  leur  en  serais  très  reconnais- 
sant. Jules  Lesche. 

Chodruc-Duclos.p  eudo  pou  fea- 
deui'  d'un  La  Roch^jaquelefn.  — Je 

ne  connais  ni  ne  puis  consulter  les  ouvr;i- 
ges  suivants  :  L' Homme  à  la  longue  barbc^ 
Vie  et  Aventures  de  Chodtuc-Duclos.  Paris 
1829.  —  Nouvelle  Histoire  de  Chodnic- 
Diiclos.  Paris  1830,  —  Mémoires  de  Cbo- 
dntc-Duclos  publiés  par  Arago  et  Gouin 
'  en  1842.  Surnommé  le  Diogène  Moderne^ 
car  il  se  ;  romenait  presque  nu  dans  Paris, 
après  av()ir  été  Duclos  le  superbe,  favori 
des  dames  à  Bordeaux  sous  la  première 
République  et  sous  l'Empire,  emprisonné 
comme  royaliste,  Chodruc-Duclos  est  une 
figure  bizarre,  semble  t-il,  digne  de  tenter 
la  plume  de  Lenôtre.Mais  le  plus  étrange, 
c'est  qu'on  lit  ceci  dans  la  Statistique 
gèf'.nal:'  de  la  Gironde^  volume  Biographie 
(1889)  à  l'article  le  concernant  : 

Pendant  les  Cent-Joiirs,  il  retourna  en  Ven- 
dée ;  là,  traité  de  roturier  par  un  jeune  offi- 
cier, le  marquis  de  la  RocheJHCquel.in,  il  le 
provoqua  et  le  tua  en  duel  ;  il  s'enfuit  en  ;ta- 
lie,  poursuivi  oir  l;i  puissante  famille  qu'il 
venait  de  mettre  en  deuil. 

C'est  le  CM?  de    dire  :    qui  trompe  t  on 
ici  ?  En  fait   de  la    Rochejaquelein,  il  n'y 
aviïit  sous  ^i^:npi;equJ Auguste,  fait  géné- 
ral sous  la  Restauration,  mort  en    1867  ; 
son  frère  aîné.  Louis,  tué  au   combat  des 
Mathes,  en  18115,    à   la   tête  des   contin- 
gents vendéens  Ce  derni'zr  eut  un  fils,  sé- 
nateur, mort    en    1868,    et  un  autre  tué 
devant  Lisbonne,  en    1S32.   —   Chodruc- 
Duclos    a-t-il    vraiment    inséré    une    pa- 
reille chose  dans  ses    Mémoires^  ou    bien 
le  rcJacteur  de  i'.Trlicle  du  La^omse^  dont 
iOticc-  ci  des5;ii5  est  un  résumé,  a  t  il 
1  copié  le  nom   du  pourfendu,  ou  bien 
;ore  a  t  il  voul  j  pr^rîer  d'un  officier  des 
jpes   de   M.     de    La    Ro.'hejaquelein  .? 
iuaisalors  pour^i'i)!  ajouter  que  les  La  Ro- 
chejaquelein l'obligèrent  à  s'expatrier  et 
prêter  à  Louis  XV'iïl  une  réponse  tout  au 
moins  bizarre  ?  Saint-Saud. 


Desmousseaux.  —  Dans  les  Actes 
delà  C.mxmune  de  Paris  de  S  Lacroix, 
à  l'Index  (Bibl.  Nat.  casier  N,  3^5.  page 
30J).  je  lis  : 

Desmousseaux..  ,  président  du  district  de 
Sair.te-Opportune...  mcTibre  du  comité  de  la 
Confédération  Nationale... 

Je  demande  : 

i°Qiielleest  la  signification  exacte  de 
chacune  de  ces  deux  expressions  ? 

2°  Quelles  étaient  les  limites  exactes 
du  district  Sainte-Opportune  ? 

3"  Où  se  trouvait  exactement  la  mai- 
son occupée  par  ledit  Desmousseaux,  rue 
du  Chevalier-Du-Guet  ^ 

(Il  est  bien  entendu' que  je  connais  déjà 
Rochegude).  J.  de  V. 

François  Duméril  et  Boilly.—  Un 

des  plus  jolis  portraits  de  Boilly  est  celui 
de  Jean-Charles  François  Duméril,  ancien 
magistrat  à  Amiens. Ce  Duméril  a  eu  pour 
fils  le  savant  Duméril  de  l'Académie  de 
médecine,  qu'on  a  nommé  le  «  Père  de 
l'erpétologie  y>. 

Le  portrait  du  magistrat, peinten  1816, 
—  il  était  alors  âgé  de  83  ans  —  a  été 
dessiné  par  Jacob  «  dessinateur  du  prince 
Eugène  ». 

Ne  pourrait-on  savoir  par  suite  de 
quelles  circons;ances  Boilly  est  devenu  le 
portraitiste  du  magistrat?  V. 

Gennes  (de).  —  Sur  cette  famille, 
établie  en  lUe  etVilaine,  pourrait-on 
donner  quelques  1  enseignements  (armoi- 
ries, alliances  etc..  ?).  Plusieurs  de  ses 
membres  furent  religieux  bénédictins. 
L'un  d'eux  fut  le  dernier  bibliothécaire 
de  l'abbaye  de  Saint-Vincent  du  Mans. 
Sait-on  quelque  chose  de  leur  vie  ?      ---.-. 

L.  C. 

J.  S.,  dessinateur  romantique    — 

Au  risque  de  passer  auprès  de  mes  con- 
frères po  ir  un  ignorant  ou  même  pour 
un  «  philistin  *,  je  me  permets  de  de- 
mander à  plus  compétent  que  moi  le 
nom  du  dessinateur  qui  signait,  aux  envi- 
rons de  1830,  des  initiales  J.  S.  ou  I.  S, 
Je  possède  plusieurs  petits  tableaux  colo- 
riés de  ce  temps  signés  de  ces  initiales. 

Adroite,  imprimés,  les  mots  :  «  Liihog. 
de  Villain.  »  Puis,  à  gauche,  ceux-ci  ma- 
nuscrits et  à  l'encre  :    «  Chez  Martinet  ». 


N«i347  Vol.  LXVI. 


L'INTERMEDIAIRE 


679 


680 


Ces  lithographies  portent,    en  outre,  des 
légendes. 

Celle-ci,  par  exemple,  sous  laquelle  on 
lit  :  «  8  heures  du  soir  »,  représente  un 
galant  <  dandy  >.  étriqué  dans  un  habit 
mirron  le  serrant  à  la  taille,  avec  1«  large 
pantalon  blanc  à  sous-pieds,  et  le  chef 
couvert  d'un  énorme  chapeau  gris  en 
tromblon.  Ce  dandy  offre  le  bras  à  une 
gentille  brunette,  les  cheveux  en  papil- 
lottes  rtcouverts  d'une  sorte  de  bonnet 
tuyauté  dont  les  fanfreluches  sont  nouées 
sur  sa  gorge  haut  corsctée,  et  qui  refuse 
l'avance  tentatrice  avac  un  geste  de  pro- 
testation et  tn  baissant  modestement  les 
yeux.  Le  grand  tablier  auquel  des  ciseaux 
sont  suspendus  par  un  long  cordonnet 
indique  assez  la  profession  de  la  vertueuse 
jeune  personne  que  j'appellerais  une  «  mi- 
dinette *  si  la  scàne  ne  se  passait  à  <  8 
heures  du  so'r.  » 

Un  autre  de  mes  tableauti-ns  reproduit 
une  seconde  modiste  ou  couturière  — 
comme  nous  le  voyons  encore  par  le  ta- 
blier et  les  ciseaux  —  à  laquelle  une 
jeune  femme  de  la  même  classe,  mais 
celle-là  la  tête,  les  bras  et  le  cou  nus,  ra- 
conte ses  chagrins  d'amour,  si  nous  en 
croyons  la  légende  :  «  Il  m'a  fait  des 
traits,  ma  chère  !...  *  Toute  la  série  est, 
d'ailleurs,  exclusivement  formée  de  sujets 
analogues,  que  j'ose  à  peine  qualifier  de 
galants,  tellement  ils  sont  décents  et  ré- 
5«rvés,  tout  en  demeurant  spirituels,  en 
êomparaison  de  ce  que  l'on  fait  aujour- 
d'hui. 

Je  serais  donc  très  reconnaissant  à  celui 
i9  mes  confrères  qui  pourrait  me  dire  le 
no»J  du  dessinateur  qui  signe  J.  S. 

Lb  Bes acier. 

Un  filg  de  Le  Franc  de  Pompi- 
gnan.  —  On  sait  de  qu^l  ridicule  Vol- 
taire couvrait  Le  Franc  de  Pompignan,qui 
l'avait  si  malencontreusement  attaqué  et 
qui  cependant  connut  l'mspiration,  le 
jour  ou  il  écrivit,  dans  son  ode  à  la  mé- 
moire de  J.  B.  Rousseau,  la  fameuse  stro- 
phe : 

L«  Nil  a  vu  sur  ses  rivages. . . 

En  1793-1794,  son  fils,  dit  le  baron  de 
Bonpilon  dans  les  Archives  de  Toulouse 
{3"  fascicule  1912)  fit  jouer,  sous  le  nom 
de  Lefranc,  une  comédie  en  vers,  intitulée 
le  Patriote  Généreuse  ou  le  Factionnaire, 
à'%ù  «ous  d«tich*M&  ces  quatre  vers  : 


La  cocarde,  je  crois,  vaut  mieux  qu'une  cou- 

[ronne 
Mon  sceptre   est   mon    fusil,   ma    guérite  est 

[mon  trône. 
Tout  soldat  citoyen  et  défendant  la  Loi, 
Lorsqu'il  est  à  son  poste   est  au    dessus  d'un 

[roi. 

On  ne  pouvait  lui  appliquer  le  dicton 
Tel  pète,  tel  fils.  Mais,  au  fait,  ce  Lefranc 
était  il  bien  le  fils  de  Le  Franc  de  Pompi- 
gnan  ?  Sir  Graph. 

Le  Gras  de  Demuyn  (Franco  s- 

Anne).  —  Je  désirerais  savoir  quelles 
campagnes  a  fait^^ce  personnage,  frère  du 
marquis  Aimé-Jean  Le  Gras  du  Luart,  et 
qui,  sur  un  autre,  est  qualifié  de  «  ancien 
capitaine  de  vaisseau  » .  Ne  fut-il  point 
engagé  dans  les  guerres  de  la  Révolution 
et  de  l'Hmpireet  notamment  dans  l'Expé- 
dition d'Egypte  ?  Je  n'ai  besoin  d'aucunes 
références  sur  sa  famille  qui  m'est  connue, 

L.  C. 


L«  peintre  Le  Maître  —  En  quelle 
année  et  où  mourut  le  peintre  décora- 
teur et  portraitiste  Le  Maître  qui  vivait  à 
Paris  en  1780  ? 

N'existerait-il  plus  de  ses  œuvres  ? 

F^«  V. 

La  bibliothèque  personnelle  du 
président  Le  Pelletier  de  Saint- 
Fargeau.  -  Grâce  à  la  libéralité  de  Louis 
Arnauldet,  député  des  Deux-Sèvres  en 
1830,  président  du  tribunal  civil  de  Niort, 
f  en  1873,  la  bibliothèque  de  cette  ville 
possède,  depuis  plus  d'un  demi-siècle, 
l'une  des  plus  anciennes  coutumes  du 
Poitou. 

Ce  beau  manuscrit  est  orné  de  fort  cu- 
rieuses miniatures,  elles  ont  été  l'objet 
d'une  note  restée  inédite,  d'Antoine  Bau- 
gier,  représentant  du  peuple  en  1848,  qui 
fut.  pendant  peu  d'années,  bibliothécaire 
de  Niort,  7  en  1863. 

Baugier  nous  apprend  que  la  «coutume» 
avait  appartenu  à  Jacques  Suzanne  Mori- 
ccau,  notaire  à  Niort,  époux  de  Marie  Sté- 
phanie Arnauldet,  sœur  du  président,  et 
mentionne,  avant  Moriceau,  L.  Michel 
Le  Pelletier  de  St-Fargeau,  avocat  général, 
président  à  mortier  du  parlement  de  Pa- 
ris. Je  viens  de  retrouver  la  note  dans  les 
papiers  de  Btugiwr  confiés  par  la  famille, 


BEé  CHERCHCLMi  ET  CURIEUX 


j«  Novetnrlire  191g 


681 


b82 


j'ajoute  qu'il  y  a  tout  lieu  de  croire  à  son 
assertion. 

St-Fargeau  ne  laissa  qu'une  fille  âgée 
de  8  ans,  adoptée  par  la  Convention. 

Y  eut  il  vente  de  la  bibliothèque  du 
président  au  parlement,  après  son  assassi- 
nat !  (20  janvier  1793)? 

On  s'expliquerait  mieux  ainsi  comment 
le  manuscrit  de  la  coutume  vint  à  Niort 
et  passa  au  notaire  Moriceau. 

La  bibliothèque  de  la  ville  de  Paris  a 
pris  le  nom  du  président  assassiné,  ce  qui 
me  porterait  à  croire  qu'il  se  fit  un  nom 
comme  bibliophile.  J'eus  le  tort  de  ne  pas 
m'en  informer  au  temps  où  je  la  fréquen- 
tais. 

Redevenu  n-.odeste  provincial,  j'ai  la 
seule  ressource  de  \  Intfrmédiatre  pour 
savoir  quelle  fut  la  destinée  de  la  biblio- 
thèque du  malheureux  président  à  mor- 
tier. LÉDA 

Lettre  de  Taine  sur  le  x  Disoi- 

pie  > .  —  Quelque  aimable  confrère  pour- 
rait-il me  rendre  le  service  de  m'indiquer 
où  je  pourrais  trouver  la  lettre  de  Taine 
sur  «  le  Disciple  »  à  laquelle  font  allu- 
sion plusieurs  commentateurs  du  cMèbre 
roman  de  Paul  Bourget. 

HUMANUS. 

Henry  Ctte.  —  Que  sait-on  de  cer- 
tain sur  Henry  Otte,qui  fut,  au  i8*  siècle, 
conseilUr  à  la  Cour  Impériale  de  Luxem- 
bourg.? j.  DE  V. 

Lacommanderie  de  Saint-André 
de  Colmesnil.  —  Un  membre  de  ma 
famille  chevalier  de  Saint-Lazare  en  1726, 
est  dit  commandeur  de  SaintAndré-de- 
Colmesnil  en  Normandie. 

Existait  il  donc  des  commanderies  ter- 
ritoriales attachées  à  l'ordre  de  Saint- 
Lazare  ? 

Quelqu'un  pourrait-il  me  fixer  sur  ce 
point  et  me  donner  quelques  renseigne- 
ments sur  la  commanderie  de  Saint-An- 
dré-de-Colmesnil 

Vicomte  de  Nouël, 

Noms    et  armes    de    la  femme 
de     Maximilien    de    "Wign;*. court. 

—  Qyi  était  la  femme  de  François  Maxi- 
milien de  Wignacourt,  baron  d'Hum- 
bercourt,  vivant  dans  la  deuxième 
moitié    du    xvn»    siècle?   La   Chesnaye 


des  Bois  la  nomme  N...  de  Rousisy 
de  Lille,  sans  plus  ;  un  autre  document 
que  l'on  m*  signale  l'appelle  Catherine  de 
Rossilie  de  Lille,  fille  du  Gouverneur  de 
Casai  en  Piémont. 

Qpels  étaient  exactement  les  nom,  pré- 
noms et  armes  ? 

BfiNeDlCTÊ. 

Armoiries  sur  un  tftlble&u  à  déter- 
miner. —  Par'j  :  \*  à  dextre  écbiqneté 
d'or  d'a:(ur,  a"  à  senestrt  de  gneMUs  6 
étoiles  à  la  fasct  d'argent,  accompagné  e*i 
ch*f  de  j  gtoiles  d'or  à  6  rais  mis  en  fasce  et 
en  pointe  de  ?  étoiles  d'or  à  6  rais  poséfs  2 
et  i. 

Cette  question  qui  s'adresse  partici- 
lièrement  aux  héraldiates  des  Pays-Bas  et 
de  la  Belgique,  a  été  posée  déjà,  LXVI,  5, 
mais  il  est  apporté  quelques  modifications 
dans  sa  rédaction. 

C.  T. 


Armoiries  à  identifier  :  Sur  des 
▼itraux  du  X'VI»  siècle.  —  A  quelle 
famille  appartenaient  les  armoiries  sui- 
vantes : 

Sur  des  restes  de  vitraux  du  xvi*  sic- 
cle(.'')  qui  existent  dans  l'église  d'Ormoy 
(Yonne)  se  trouve  une  verrière  qui  re- 
présente dos  anges  portant  les  instru- 
ments de  la  Passion  avec  un  écnaon  d'or 
à  deux  chevrons  de  gueules.  Je  désire  aussi 
les  renseignements  concernant  la  famille. 

R.  Durand. 


Maine  de  Biran.  —  Qyels  sont  les 
portraits  de  Maine  de  Biran,  gravures  ou 
tableaux  ? 

HiRAM. 


PeuSon  faire  disparaître  l'éori- 
ture  sans  détériorer  le  papier?  — 

D'excellentes  réponses  ont  été  apportées 
à  la  question  :  réactif  pour  taire  réap- 
paraître l'écriture.  Qu'il  me  soit  permis 
de  retourner  la  question.  Y  a-t-il  moyen 
de  faire  disparaître  l'écriture  sans  dimi- 
nuer l'épaisseur  du  papier  ? 

Pour  effacer  une  rature,  une  tache 
d'encre,  en  serons-nous  toujours  réduits 
au  procédé  primitif  «lu  grattoir  ou  de  la 
gomme  ?  N...  N... 


N»  i>47  Vol.  LXVI 


L'INTfiRMEDlAlRii 


685 


684 


ftépoitdcd 


Tribut  annuel  du  roi  de  Naplo3 
au  Pape  (LXVI,  529).  —  Nauticus  trou- 
vera tous  les  renseignements  relatifs  au 
tribut  de  la  «  Chinea  »  dans  Moroni  Di- 
^tonario  Ji  Erudi^ione  atoricoecclesiaitica 
Venise,  1842,  vol.  Xlll,  p.  88  à  99.  Ils  y 
sont  un  peu  confusément  ordonnés  selon 
la  coutume  de  ce  bon  Moroni,  mais  Nau- 
ticus  saura  se  diriger  dans  ce  Maie  ma- 
gnum. 

CuRiosus, 


Ce  tribut  s'appelait  en  italien  Chinea 
ou  Gbinea,  qui  est  le  nom  d'un  cheval 
ordinairement  blanc  ou  bai.  C'est  de  ce 
mot  qu'est  probablement  venu  le  vieux 
mot  français  Haquenée.  Ce  tribut  annuel 
date  du  xi*siècle,  époque  à  laquelle  les  Pa- 
pesdonnèrentaux  ducs  et  princesdeNaples 
l'investiture  de  ces  terres,  exigeant  d'eux 
en  retour  un  acte  de  vasselage  très  carac- 
térisé pour  montrer  à  tous  qu'ils  tenaient 
leur  principauté  du  Saint-Siège  et  lui  en 
rendaient  hommage  à  titre  de  vassaux. 
Dans  la  suite  des  temps,  les  rois  de  Na- 
pies  ont  cherché  à  faire  dévier  la  signi- 
fication de  cet  acte,  en  voulant  faire  con- 
sidérer ce  tribut  annuel  comme  une  au- 
mône, un  témoignage  de  dévotion  envers 
le  Siège  apostolique,  mais  les  Papes  se 
sont  toujours  énergiquement  opposés  à, 
telle  déviation  de  l'acte  de  vasselage,  et 
ont  toujours  rappelé  les  rois  de  Naples  à 
son  observation.  Quand  les  Papes  élevè- 
rent le  duché  de  Naples  (autrement  dit 
des  Deux-Siciles)  à  la  dignité  de  royaume, 
celle-ci  ne  changea  aucunement  la  mo- 
dalité de  cette  offrande  de  vasselage,  et  les 
premiers  rois  de  Naples  suivirent  l'exem- 
ple des  ducs  et  princes  leurs  prédéces- 
seurs dans  ces  terres.  Clément  IV  codifia, 
en  1265,  les  règles  de  cette  investiture  et 
vasselc^ge  quand  il  donna  à  Charles  !*■' 
d'Anjou,  frère  de  saint-Louis,  le  royaume 
de  Naples,  à  l'exception  de  Bénévent  qui 
était  réservé  au  Saint-Siège.  Le  tribut 
devait  être  annuellement  de  8000  onces 
d'or.  Ces  8000  onces  d'or  faisaient  228 
kilogrammes  d'or  qui  devaient  valoir 
434.000  francs  de  notre  monnaie.  Ils  fu- 
rent dans  la  suite  évalués  à  ^o,ooo  écus 
d'or,  ce  qui  revenait  à  peu  près,   vu  l'in- 


certitude sur  la  valeur  exacte  de  l'écu 
d'or,  à  la  même  somme  De  plus,  le  roi 
devait  donner  tous  les  trois  ans  un  che- 
val blanc  à  la  personne  du  Pape  avec 
obligation  de  le  présenter  partout  où 
serait  le  Pape. 

Jules  11,  ayant  égard  à  des  circons- 
tances spéciales,  exempta,  le  17  août 
içio,  le  roi  de  Naples  du  payement  du 
tribut  annuel,  mais  ne  transigea  point 
sur  l'acte  de  vasselage,  exigeant  que 
chaque  année  la  veille  de  la  fête  des  saints 
apôtres,  le  roi  de  Naples  fît  présenter  par 
un  ambassadeur  extraordinaire  la  haque- 
née blanche  devant  la  confession  de  Saint- 
Pierre  unum  palafreniim,  album  et  pul- 
crum  et  honum  et  décanter  ornalum. 

Je  passe  sur  la  manière  solennelle  dont 
se  faisait  cette  présentation,  le  cérémo- 
nial particulier  y  était  observé  et  indiquait 
clairement  l'acte  de  vasselage.  Celui  qui 
serait  curieux  de  ces  renseignements  les 
trouvera  dans  l'ouvrage  de  Borgia,  Brève 
sforia  del  dominio  îemporale  délia  Sede 
apostolica  nelle  Duc  Sicile,  Rome  1788- 
1789. 

En  1777,  le  prince  Colonna,  chargé  de 
par  le  roi  de  Naples  de  présenter  la 
Chinea  à  Saint-Pierre  au  pape  Pie  VI, 
varia  à  l'improviste,  et  sans  avertir 
personne,  l'ancienne  formule  de  vasse- 
lage, déclarant  la  présenter  en  signe  de 
dévotion  de  son  Souverain  aux  Saints 
apôtres.  Pie  IV,  surpris,  se  ressaisit  aus- 
sitôt et  déclara.  *<  Nous  acceptons,  dit-il, 
cette  Chinea  en  signe  d'hommage  pour 
les  deux  royaumes  qui  sont  au-delà  du 
Faro  »  (rivière  qui  formait  la  limite  entre 
les  terres  pontificales  et  celles  du  royaume 
de  Naples).  Des  représentations  furent 
faites,  et  les  années  suivantes,  grâce  aux 
bons  offices  de  Charles  III,  roi  d'Espagne, 
les  rois  de  Naples  reprirent  l'ancienne 
formule  de  vasselage  telle  qu'elle  exis- 
tait avant  cet  incident. 

En  1788,  le  gouvernement  de  Ferdinand 
IV  roi  de  Naples.  prit  la  résolution  de 
ne  plus  faire  cet  hommage,  et  Pie  VI  ne 
manqua  point,  après  la  fête  de  la  Saint- 
Pierre,  de  protester  solennellement  en 
consistoirecontre  l'absence  de  l'hommage 
lige  de  la  part  du  roi,  et  chaque  année, 
il  renouvela  cette  protestation.  Le  roi  de 
Naples,  qui  avait  alors  pour  ambassa- 
deur à  Rome  le  chevalier  Ricciardelli,  le 
chargea  de    présenter   cette  même  année 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Novembre  191  « 


685 


686 


au  cardinal  Boncompagny,  secrétaire 
d'Eiat,  une  somme  de  7.000  ducats  d'or 
di  Caincra  (près  de  80.000  francs)  et  au- 
tre 30J  ducats  d'or  en  remplacement  de 
la  haquenée  ;  mais  le  cardinal  refusa  de 
recevoir  l'un  et  l'autre,  disant  que  c'était 
dans  la  cérémonie  solennelle,  dans  la  no- 
mination d'un  ambassadeur  extraordmaire 
pour  l'accomplir  que  consistait  précisé- 
ment l'hommage  que  le  roi  de  Naples  de- 
vait au  Pape.  Ricciardelli  répliqua  que  Sa 
Majesté  était  prête  à  continuer  cetle  of- 
frande, non  comme  un  acte  de  vasselage 
ou  d'hommage,  mais  par  dévotion  pour 
les  Saints-Apôtres,  et  qu'en  conséquence, 
il  ferait  déposer  celte  somme  au  Mont- 
de  Piété  de  Rome.  De  fait,  il  continua 
pendant  plusieurs  années  à  déposer  au 
Mont  de  piété  la  somme  de  1 1 .830  écus 
et  75  baioques,  qui  équivalaient  aux  sept 
mille  ducats  d'or  di  Caméra.  Le  Saint- 
Siège  ne  toucha  point  à  ces  sommes^  qui 
furent  plus  lard  retirées  par  le  roi  de 
Naples. 

Pour  terminer  cette  question,  car  l'of- 
frnnde  à  titre  d'aumône  ou  de  dévotion 
n'était  point  ce  qu'avait  droit  d'exiger  le 
Saint  Siège,  le  roi  de  Naples  fit  des  pro- 
positions pour  convertir  ce  tribut  annuel 
en  une  somme  de  500.000  ducat*:.,  soit 
cinq  millions,  mais  à  la  condition  que  la 
remise soîennellede  la  haquenée  blanche  ou 
chinea  n'aurait  plus  lieu.  De  pareilles  con- 
ditions ne  furent  jamais  acceptées,  puis- 
que Pie  VI  continua  toujours  à  protester 
solennellement  à  Saint-Pierre  contre  l'ab- 
sence de  l'hommage  traditionnel  du  roi 
de  Naples. 

Survint  la  Révolution,  emportant  dans 
son  tourbillon  tous  ces  souvenirs  du  passé, 
et  le  Souverain  pontife  lui-même  qui  allait 
mourir  prisonnier  à    Valence    le  29   août 

Ce  qui  ne  se  fit  pas  alors  a  eu  lieu 
sous  Pie  IX.  Le  roi  de  Naples  François  II, 
entre  1850  et  1860,  donna  au  Souverain 
pontife  Pie  IX  une  forte  somme  d'argent 
dont  j:  ".:  connais  pas  le  chiffre.  Le 
pape  de  l'avis  des  cardinaux,  renonça 
pour  toujours  à  toute  revendication  de 
vasselage  sur  le  royaume  de  Naples. 
Celui-ci  d'ailleurs,  devint  peu  après  la 
proie  de  Garibaldi,  et  fut  incorporé  dans 
le  nouveau  royaume  d'Italie. 

D^  A.  B. 


Les  billets  de  Marie-AntoiDette  à 
Jarjayes  (LXVI,  481,  537,  589).  —  Le 
billet  de  Marie-Antoinette  à  Jarjayes  : 
«;  Nous  avons  fait  un  beau  rêve...  »  a  été 
envoyé  au  comte  de  Chambord,  en  1873 
(ou  1875)  (je  ne  me  rappelle  pas  exacte- 
ment la  date,  mais  cela  a  peu  d'impor- 
tance), par  Mme  Frédéric  de  Parseval,  qui 
obéisssait  ainsi  à  la  volonté  dernière  de 
son  mari.  M.  de  Blacas  lui  accusa  récep- 
tion de  l'envoi,  et  lui  transmit  les  remer- 
ciements du  comte  de  Chambord,  remer- 
ciements accompagnés  d'une  photographie 
du  prince. 

En  1896,  lorsque  M.  Maxime  de  la  Ro- 
cheterie  et  le  marquis  de  Beaucourt  pu- 
blièrent, pour  la  Société  d'Histoire  con- 
temporaine, le  Recueil  des  lettres  authen- 
tiques de  la  Reine,  je  priai  le  marquis  de 
Beaucourt  de  s'informer  si  le  billet  en 
question  avait  été  trouvé  dans  les  papiers 
du  comte  de  Chambord.  11  voulut  bien  se 
charger  de  la  chose  ;  quelque  temps  après 
il  me  dit  qu'il  avait  fait  faire  la  démarche 
par  M.  de  Saint-Victor,  et  que  le  résultat 
des  recherches  avait  été  négatif  ;  on  n'a- 
vait trouvé  nulle  trace  du  billet. 

Paul  Gaulot, 

La  ?.îanufacture  de  Réveillon  au 
faubourg  Saint- -ft  ntoine  (LXV,  589, 
695,  745  ;  LXVI,  1 1,  los).' — S'iln'est  pas 
trop  tard  pour  ajouter  un  mot  aux  co- 
pieuses réponses  qui  ont  été  si  bien  faites 
à  cette  question,  je  signale  un  article  du 
dernier  catalogue  de  M.  Dumont  : 

625.  Réveillon,  fabricant  de  papiers  peints 
dont  la  maison  (ancien  hôtel  de  Titon  du 
Tillet,  rue  de  Montreuil)  fat  pillée  le  28 
avril  1789  Lettre  signés.  Paris,  15  novem- 
bre 1778.  3  p.  in-4». 

11  remercie  son  correspondant  d'avoir  fait 
parvenir  ses  réclamations  et  celles  de  ses 
confrères,  au  lieutenant-général  de  police.  11 
s'agit  d'une  demande  des  fabricants  de  pa- 
piers peints,  pour  la  réglementation  des  des- 
sins, P.  c.  c.  E.  Grave. 

L'émigration  en  Angleterre  sous 
la  Révolution  (LXVI,  337,  445.  —Je 
retrouve  dans  mes  fiches  la  note  qui  com- 
plète le  renseignement  trop  vague  donné 
par  moi,  le   10  octobre. 

Le  28  octobre  1796,  a  été  baptisé  en  la 
chapelle  du  roi  de  Bavière  Warwick  Street, 
à  Londres,  Charles-Philippe-Louis-Joseph 
Alfred  de  Rigaud,  comte  de  Vaudreuil. 


N»  1347  Vcl.  LXV!. 


L'INTERMÈDlAIKr. 


687 


688 


II  me  semble  que  les  registres  de  cette 
chapeile  catholique  fréquentée  par  les 
émigrés  sont  certainement  conservés  aux 
archives  et  peuvent  être  très  instructifs 
pour  le  moine  Théophile  du  20  septem- 
bre. 

R.  S. 

La  condamnation  de  Louis  X"I 
et  la  franc-maçonnerie  (LXII  à  LXVI 
II,  56,  249,  348).  —  J'attendais,  pour 
adresser  ma  réponse  à  l'article  de  M. 
Bord,  que  le  père  Abel  m'eût  envoyé  la 
sienne,  saui  à  passer  outre.s'il  ne  m'avait 
pas  répondu.  Je  viens  de  recevoir,  en 
effet,  quelques  notes  de  l'éminent  Reli- 
gieux qui  ne  parait  pas  d'ailleurs  bien 
ému  des  objections  élevées  contre  son  té- 
moignage. 

je  réponds  point  par  point,  selon  ma 
coutume,  à  mon  savant  contradic- 
teur. 

Si  quatre  années  successives  ont  pu 
être  assignées  au  vote  de  Francfort,  cette 
variation,  dailleurs  peu  étendue,  est 
assez  explicable,  non  seulement  par  une 
légère  erreur  de  date,  mais  encore  par 
cette  considération  qu'il  ne  s'agit  pas  né- 
cessairement ici  d'une  réunion  exception- 
nelle et  unique,  d'une  seule  assemblée  à 
date  fixe,  mais  qu'il  doit  y  avoir  eu  à 
Francfort,  au  cours  des  années  1782- 
1786,  une  série  de  réunions  de  la  grande 
Loge  éclectique  dans  lesquelles  la  fameuse 
sentence  de  mort  contre  Louis  XVI,  une 
fois  prononcée,  a  pu  être  plusieurs  fois 
reprise  et  confirmée.  Chaque  témoin  vi- 
serait ainsi  une  réunion  différente  et  les 
divers  témoignages,  loin  de  se  contredire, 
pourraient,  au  contraire,  se  coordonner  et 
se  compléter. 

Mais  il  ne  s'agit,  dans  l'espèce,  que  de 
la  réunion  de  1784.  Qye  cette  réunion 
soit  qualifiée  de  »<  grand  Congrès  >v  ces 
expressions  ne  semblent  pas  trop  déme- 
surées, si  l'on  considère  qu'il  s'agit  effec- 
tivement, comme  le  remarque  le  père 
Abel,  d'une  réunion  très  importante  des 
membres  de  la  grande  Loge  éclectique, 
c'est-à-dire,  des  Illuminés  réunis  aux 
francs-maçons  depuis  le  convent  de  Vil- 
lemsbad,  et  des  Rose-Croi.x  Au  surplus, 
cette  manière  de  s'exprimer  peut  être  plus 
ou  moins  heureuse,  plus  ou  moins  exacte, 
/"et  ici  le  père  Abel  s'excuse  de  l'inexpé 
rience,  d'ailleurs  très  visible,  de  son  tra- 


ducteur,) mais  elle  n'en  constitue  pas 
pour  cela  une  erreur  historique,  comme 
si.  par  exemple,  le  texle  eût  porté  les 
mots  de  «  grand-Convcnt  ». 

Il  y  aurait  eu,  dans  ce  cas,  une  vérita- 
table  méconnaissance,  ou  de  l'histoire, ou 
du  vocabulaire  maçonnique,  car  il  n'y  eut 
pas,  en  effet,  de  grand  Convent  à  Franc- 
fort, en  17B4,  ainsi  que  M.  Bord  l'a  très 
bien  observé  au  cours  de  cette  polémique. 
Mais  rien  n'empêche  l'auteur  ou  plutôt  le 
traducteur  de  qualifier  la  réunion  de 
Francfort  de  «  grand  Congrès,  »  comme 
il  aurait  pu  la  qualifier  de  «  grande  As- 
semblée» ou  de  «  grande  Séance  », toutes 
expressions  d'un  caractère  général  et  qui 
n'ont  1  ien,  dans  tous  les  cas,  d'exclusive- 
ment maçonnique.  Il  a  tout  au  plus  péché 
contre  la  langue  française,  (ce  qui  est  bien 
pardonnable  pour  un  Allemand)  mais  au- 
cunement, je  le  répète,  contre  la  science 
maçonnique  ou  contre  l'histoire. 

M.  Bord  prétend  encore  que  la  loge  de 
Wetzlar  ne  pouvait  pas  avoir  de  Grand 
mailre.  Pas  de  Grand  maître  !  Pas  de 
grnn.i  Congrès  !  Décidément,  M.  Boni 
fait  Li  guerre  à  cette  épitbète  de  «  grand  » 
que  le  traducteur  du  père  Abel  accole  un 
peu  tr''.p  généreusement  peut-être  à  tous 
les  s;ibtantifs,  comme  s'il  subissait  la  dis- 
position contagieuse  de  la  langue  ma- 
çonnii]ue  à  agrandir  tout  ce  qu'elle 
nomme  (  i) 

Quoi  qu'il  en  soit  de  cette  mégalomanie 
phraséologique,  il  n'est  pas  sans  exemple 
en  maçonnerie  de  rencontrer  cette  quali- 
fication de  Gr.^nd  maitre  appliquée  aux 
fonctions  de  simple  vénérable  ou  de 
maitre  de  loge,  et  je  ne  suppose  pas  que, 
dans  ces  conditions,  les  prérogatives  qui 
s'y  réfèrent  offrent  beaucoup  de  ressem- 
blance avec  les  attributions  souveraines 
d'un  comte  de  Clcrmont  ou  d'un  duc  de 
Brunswick. 

QLiant  à  la  loge  «  Joseph  de  l'Aigle  im- 
périal ùt  Wetzlar  »»,  ce  n'était  pas  la  pre- 
mière venue  des  loges  allemandes.  Elle  était 
unie  à  la  grande  loge  de  Francfort  par 
un  rapport  tellement  étroit  qu'elle  ne  for- 
mait, pour  ainsi  dire,  avec  elle  qu'un  seul 
et  même  établissement  maçonnique  ;  ces 

(i)  11  n'est  pas  rare,  par  exemple,  de  trou- 
ver dans  un  texte  maçonnique  des  phrases 
comme  celle-ci  :  Le  gr/tnd  orateur  à\i  grand 
collège  des  rites  du  Grand  Onzni  de  France  ! 


J 


DES  CHfJRCHKURS  BT  CURIBU.H 


689 


30  Novembre  i$i«. 


690 


deux  loges  avaient  adressé  un  appel  com- 
mun à  tous  les  maçons  ;  elles  avaient  un 
Directoire  commun  et  un  orient  intérieur 
au  sein  de  ce  Directoire  (établi  en  1784) 
Enfin,  c'est  dans  cette  même  loge  de 
Wetzlar  que  le  baron  de  Dirfurth,  person- 
n.ilité  maçonnique  de  première  marque, 
avait  été  décoré  du  grade,  non  pas,  il  est 
vrai,  de  Grand  maître,  mais  de  iVlaitre 
écossais 

Au  surplus,  le  vocabulaire  maçonni- 
que n'a  jamais  eu  une  unité,  une  préci- 
sion telles  qu'on  puisse  faire  éiat  et  tirer 
argument  de  l'emploi  ou  de  l'omission 
d'une  simple  épithète. 

Mais  laissons-là  cette  discussion  pres- 
que grammaticale,  et  voyons  si  l'objec- 
tion suivante  a  plus  de  consistance.  M. 
Bord  nomme  plusieurs  souverains  conser- 
vateurs en  Europe,  autres  que  Louis  XVI 
et  Gustave  III.  Le  père  Abel  aussi  en 
avait  fait  une  énuméralion  que  rien  ne 
nous  autorise  à  déclarer  limitative  et  à 
laquelle  il  aurait  peut-être  pu  ajouter,  en 
tout  ou  en  partie,  celle  de  M.  Bord,  d'au- 
tant qu'on  trouve  au  moins  un  nom,  ce- 
lui de  Joseph  II,  porté  sur  les  deux  listes  ; 
mais  il  avait  pris  soin  d'expliquer  pour- 
quoi ces  souverains,  quoique  conserva- 
teurs, n'avaient  pas  été  compris  dans  la 
sentence  de  mort  qui  frappait  leurs 
frères  en  souveraineté.  Qiu  nous  dit  que 
la  franc-maçonnerie  n'avait  pas,  par  rap- 
port aux  monarques  cités  par  M.  Bord, 
des  motifs  d  abstention  semblables  ou 
plus  ou  moins  analogues  à  ceux  indiqués 
par  le  père  Abel,  eu  égard  aux  souverains 
qu'il  mentionne  lui-même  ?  Si  M.  Bord 
trouve  que  Joseph  11^  par  exemple,  père 
du  joséphisme,  était  un  souverain  conser- 
vateur, je  renonce  à  pénétrer  l'idée  qu'il 
se  fait  du  véritable  esprit  de  conservation, 
Comment  les  francs-maçons  auraient-ils 
cherché  à  se  débarrasser  d'un  prince  qui 
faisait  si  bien  leurs  affaires  contre  le 
catholicisme  romain  ? 

Une  seule  exceptijn,  mais  elle  est  radi- 
cale, en  ce  qui  concerne  Pie  VI,  au  sujet 
duquel  la  question  ne  peut  même  pas  se 
poser,  puisqu'il  a  été,  lui  aussi,  comme 
Louis  .XVI.  un  vrai  martyr  de  la  Révolu- 
tion et  que  sa  mort,  d'après  plusieurs 
historiens,  a  été  précisément,  quoique 
survenue  plus  tard,  le  résultat  d'une  con- 
damnation prononcée  par  les  Loges,  dont 
le   Directoire,   si   fortement    latomisé,    se 


'  fit  l'exécuteur.  Seulement,  au  lieu  d'avoir 
été  voué  à  une  exécution  par  l'écha- 
faud  ou  par  le  poignard,  il  a  été  con- 
damné à  ce  qu'on  pourrait  appeler  une 
exécution  par  df placement,  exécution 
plus  hypocrite  et  non  moins  criminelle 
que  celle  de  Louis  XVI  et  de  Gustave  III, 
Après  avoir  parcouru,  de  Rome  à  Valen- 
ce, paralytique  et  plus  qu'octogénaire, 
au  milieu  de  l'hiver,  quinze  citations  di- 
versement et  on  peut  dire  progressive- 
ment douloureuses,  Pie  VI  expira,  de  fa- 
tigue et  d'épuisement,  dans  cette  dernière 
ville,  et  il  ne  fallut  rien  moins  que  l'op- 
position indignée  de  ses  médecins  et  la 
constatation  brutale  de  son  agonie  pour 
h\re  contremander  le  dernier  déplacement 
qui  devait  le  conduire,  mort  ou  vivant, 
jusqu'à  Dijon  ! 

Nous  arrivons  à  l'objection  la  plus  sé- 
rieuse, la  seule  qui  serait  décisive,  si  elle 
prévalait  dans  le  sens  absolu  où  elle  est 
posée.  «  Bode  et  Busche  vinrent  à  Paris, 
objecte  M  Bord,  en  ijSc  :  leur  voyage 
(sous-entendu  et  c'est  le  seul  qu'ils  y  firent) 
ne  peut  donc  avoir  aucun  rapport  avec 
des  décisions  prises  en  1784.  »  Mais  de  ce 
que  Bode  et  Busche  vinrent  à  Paris  en  1781 
faudrait-il  conclure  que  cette  capitale  ne 
les  revit  jamais  plus  dans  ses  murs  après 
cette  date  ?  Ces  commis  voyageurs  en 
franc-maçonnerie  n'étaient-ils  pas  tout 
désignés,  au  contraire,  pour  reprendre 
utilement,  anrès  1784,  un  chemin  et 
un  rôle  qu'ils  connaissaient  déjà  si  bien 
dès  1781  ? 

Ces  va-et-vient  plus  ou  moins  mysté- 
rieux n'auraient-ils  pas  laissé  de  traces, 
qu'il  n'en  résulterait  nullement  qu'ils 
n'aient  pas  eu  lieu.  Les  loges  n'étalent 
jamais  leur  action  au  grand  jour  et  se 
préoccupent  plutôt  d'efîacer  leurs  em- 
preintes. Le  tort  de  M  Bord,  malgré  son 
incontestable  expérience  des  choses  ma- 
çonniques, est  de  vouloir  appliquer  à 
l'histoire  occulte  les  méthodes  à  ciel  ou- 
vert qui  ne  peuvent  convenir  qu'à  l'his- 
toire au  grand  jour. 

Mais  nous  n'en  sommes  pas  tout  à  fait 
réduits,  sur  ce  chapitre,  aux  simples  hy- 
pothèses, si  logiques  soient  elles,  et  les 
biographes  de  Bode  nous  apprennent 
qu'en  1787,  député  par  les  loges  d'Alle- 
magne, il  vint  (ou  revint)  à  Paris,  visiter 
celle  de  Philalèlhes  dont  \qs  Amis  réunix 
étaient  le  titre  distinctif.  Son    nom  figure 


I 


N»  1347. 


Vol.  LXVI. 

691 


LINTBRMBDiAlRfa 


692 


de  même  parmi  ceux  des  délégués  alle- 
mands au  convent  de  17815.  11  est  vrai 
que  cette  même  loge  des  Amis  réunis,  qui 
ne  s'occupait  ostensiblement^  à  cette  épo- 
que, que  de  questions  générales  concer- 
nant l'origine  et  le  but  de  la  franc-ma- 
çonnerie, n'a  pas  pris  la  précaution  de 
nous  laisser  un  procès-verbal  authenti- 
que, pour  nous  découvrir  le  véritable 
objet  de  la  visite  de  Bode  ! 

Pour  ce  qui  est  de  la  loge  des  Aints 
réunis^  si  elle  ne  se  transforma  pas  maté- 
riellement en  Club  des  Jacobms,  il  est 
historiquement  indéniable  qu'elle  n'en 
eut  pas  moins  par  ses  doctrines  et  ses 
menées,  (ce  n'est  pas  l'auteur  de  la 
Franc- maçonner  te  en  France  qui  me  con- 
tredira sur  ce  point,)  l'influence  la  plus 
considérable,  la  plus  directe,  la  plus  per- 
sévérante sur  la  naissance  et  le  dévelop- 
pement du  parti  jacobin,  et,  par  là,  sur  la 
condamnation  de  Louis  XVI,  sa  plus  illus- 
tre victime.  Les  Amis  réunis  n'ont  donc 
rien  à  envier,  sous  ce  rapport,  au  Club 
breton . 

Remarquons  en  outre  que  cette  mise 
en  parallèle  des  Amis  réunis  avec  le  club 
breton,  considérés  respectivement  comme 
point  de  départ  du  club  des  Jacobins,  ne 
saurait  être  entièrement  précise,  car  il 
n'y  a  pas  à  comparer  rigoureusement  la 
transformation  d'un  club  en  un  autre 
club  avec  la  transformation  d'une  loge 
en  club,  opération  nécessairement  plus 
clandestine  et  plus  occulte,  la  seule  qui 
mérite  effectivement  le  nom  de  transfor- 
mation. Du  club  breton,  en  effet,  au  club 
des  Jacobins, tv\  passant  parle  club  des  Amis 
de  la  Constitution,  comme  plus  tard  du 
club  des  Jacobin:  au  club  de  8g  (et  je  rac- 
courcis rénumération,)  il  y  eut  moins 
changement  de  forme  que  simple  change- 
ment de  nom.  Ce  qui  est  acquis,  en  tout 
cas,  et  suffisant  pour  notre  thèse,  à  dé- 
faut de  transformation  respective  de  telle 
loge  en  tel  club  déterminé,  c'est  que, 
d'une  façon  générale,  le  club  ne  fut  que 
la  transformation  de  la  loge  et  que  les 
excitations  de  la  loge  préparèrent  les  vio- 
lences du  club.  Le  mot  d'ordre  régicide, 
après  être  passé  de  la  loge  allemande  à  la 
loge  p.irisienne,  passa  ainsi  de  la  loge  pa- 
risienne au  club  révolutionnaire  et  du 
club  révolutionnaire,  à   la  Convention. 

Rnfin,  je  dois  faire  connaître  à  M. Bord, 
après  avoir  v.  puisé  aux  sourccsj»»,  que  le 


père  Abel  a  reçu  le  témoignage,  non  de 
Charles,  mais  de  Joseph  d'Abel,  son  frère 
puiné,  qui,  en  1870,  avait,  non  pas  82, 
mais  seulement  70  ans.  Ce  Joseph  d'Abel 
était  officier  de  la  finance  bavaroise  et 
rose-Croix.  11  y  a  donc  lieu  de  rectifier 
dans  ce  sens  l'annotation  tendancieuse 
par  laquelle  M.  Bord  a  cru  pouvoir  résu- 
mer son  article. 

Qiie  dire  maintenant  de  cette  annota- 
tion ?  Habile  peut-être,  mais  peu  bien- 
veillante et  par  trop  compliquée,  elle 
semble  vraiment  rédigée  de  façon  à  mettre 
en  reliefla  sénilité  des  témoins  et  à  faire 
perdre  au  lecteur  le  compte  des  témoi- 
gnages. C'est  pourquoi,  revenant  à  mon 
article  de  ^/«/f^wI<'(itJl^e  du  30  décembre 
igi  i,  dont  il  n'a  pas  été,  ce  semble,  tenu 
assez  compte,  je  proposerai  à  mon  tour 
cette  annotation  plus  simple  : 

Aveu  de  culpabilité  d'un  père  à  son  fils, 
qui  le  transmet  lui-même  au  petit-fils, 
lequel  en  fait  d'abord  *rob)et  d'une  con- 
fession publique  et,  en  second  lieu,  d'une 
déclaration  authentique  et  signée. 

Et,  pour  ce  qui  est  de  l'âge  des  témoins 
et  de  l'ancienneté  des  témoignages,  j'a- 
jouterai ces  courtes  réflexions  qui  seront, 
je  l'espère,  mon  dernier  mot  dans  ce  dé- 
bat. Le  témoignage  des  vieillards,  sur- 
tout lorsqu'il  intervient  dans  le  sein  de  la 
famille  et  sur  des  affairesi  intéressant  son 
honneur,  est  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  au- 
torisé et  de  moins  récusable.  Il  est  d'au- 
tant plus  grave  qu'il  se  produit  plus  près 
delà  tombe.  Il  est  d'autant  plus  pondéré 
quil  échappe  davantage  à  l'empire  des 
passions.  11  est  d'autant  plus  lucide  qu'il 
se  rapporte  à  des  faits  plus  éloignés. 
Henri  Heine  n'a  t-il  pas  dit  :  La  mémoire 
est  presbyte  et    c'est  de  loin    qu'elle  voit 


le  mieux 


Gai.l. 


Le  Directoire  a-t-il  été  payé  par 
l'Espagne  (LXVI,  ^^oV  --  f)'autres 
diront  peut-être  si  le  Directoire  fut  payé 
par  l'Espagne  ;  mais  il  semble  que  cette 
Puissance  avait  déjà  versé  de  l'or  secret, 
en  France,  au  début  de  la  Révolution. 
Des  le  mois  d'août  1790.  les  relations 
étaient  tendues  avec  l'Anglelerre.  On  hé- 
sitait a  Paris  entre  le  maintien  du  Pacte 
de  famille  et  l'alliance  anglaise.  Il  était  a 
croire  que  certains  députes  de  la  Consti- 
tuante subissaient  l'influence  de  l'or  espa- 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30   Novembre  19 12 


693 


694 


gnol.  Aussi  l'Angleterre  engagea-t-elle, 
de  son  côté,  des  négociations  pirticulières, 
et  sans  doute  rémunérées,  avec  les  princi- 
paux chefs  de  l'Assemblée,  par  l'intermé- 
diaire de  Hugh  EUiot,  l'ami  de  iVlirabeau. 
Le  fait  positif  est  que  sa  cause  l'emporta, 
mais  dans  des  conditions  fort  suspectes, 
de  l'aveu  des  historiens  anglais  d'aujour- 
d'hui. 

fVoir  les  Dépèches  de  l'ambassadeur 
Anglais,  à  Paris,  Lord  Gower,  publiées 
par  Oscar  Browning,  en  1885,  à  l'Univer- 
sité de  Cambridge  ;  pp.   xvii-xviii,  et  38- 

39)- 

Britannicus. 

Louis-Philippe  le  24  février  1848 
était-il  en  fiacre?  (LXVI,  185,  294, 
350,  482,  058).  —  Dans  le  dossier  icono- 
graphique assez  important  que  je  possède 
sur  les  événements  de  Février  1848,  se 
trouve  une  lithographie  d'assez  bonne 
facture,  représentant  le  départ  de  Louis 
Philippe  et  de  sa  famille  du  château  des 
Tuileries. 

Les  fugitifs  sortent  par  une  petite  porte 
donnant  sur  la  place  de  la  Concorde  et 
la  voiture  qui  les  attend  paraît  bien  être 
un  fiacre. 

Louis  Tesson. 

Le  nom  de  l'offlcier  d'ordonnance 
de  "Wimpffen  :   le  Comte  d'OUone 

(LXVI,  599,  449).  —  M.  Paul  G.  pour- 
rait-il me  dire  si  le  comte  d'Ollone, 
capitaine  au  I2'°«  chasseurs,  qu'il  in- 
dique comme  aide  de  camp  de  M.  de 
Wimpffen,  était  ce  même  comte  d'Ol- 
lone, aujourd'hui  décédé,  qui  épousa  Mlle 
d'Amandre  et  eut,  entre  autres  enfants, 
Henri  d'Ollone,  explorateur,  et  Max  d'Ol- 
lone, le  grand  prix  de  Rome  de  musique? 

I.  DE  V. 

Condamnations  pour  participa- 
tion à  la  Commune  (LXVI,  483)  — ^ 
Dans  sa  publication  intitulée  :  Le  fond  de 
la  Société  ious  la  Commune, C.  A.  Dauban 
nous  fait  savoir  qu'il  a  pris  connaissance 
de  pièces  d'Archives  pour  son  travail, 
grâce  au  bon  vouloir  du  général  de  Cis.«:ey, 
alors  Ministre  de  la  guerre,  des  officiers 
chargés  du  classement  des  dossiers  et, 
plus  particulièrenent,  de  M.  le  Lieutenant 
colonel  Carré  placé  à  la  tête  de  ce  service. 

Ces  documents  furent  saisis  dans  les 


localités  occupées  par  les  autorités  com- 
munalistes,  notamment  à  la  Mairie  du 
XI"  arrondissement.  Il  en  ressort  que  le 
gouvernement  insurrectionnel  était  avant 
tout  un  gouvernement  de  Police,  En  deux 
mois,  la  Commune  s'était  outillée,  à  cet 
égard,  aussi  complètement  que  peut  l'être 
une  vieille  monarchie  despotique. 

Je  ne  sache  pas  qu'il  ait  été  édité  un 
recueil  des  condamnations  ou  jugements 
pour  faits  insurrectionnels  de  1871. 

Dauban  n'est  pas  précisément  tendre 
pour  la  Commune  qui  n'a  été  qu'un  gâ- 
chis de  socialisme,  de  jacobinisme  et  de 
destructivisme  :  Les  documents  les  plus 
curieux  abondent  sous  sa  plume.  Il  cite, 
entr'autres,  un  ordre  donné  par  Dacosta 
pour  assurer  le  service  des  mœurs.  On 
réquisitionnait  jusqu'à  des  filles  publi- 
ques. Un  citoyen  dénonce  Assi  comme 
un  déserteur  et...  un  inverti,  le  défiant  de 
prouver  le  contraire.  On  voit  le  comman- 
dant des  «  Vengeurs  de  Paris  »  Maurice 
Delovy,  porter  plainte  contre  H.  Filleau 
de  Saint-Hilaire,  forçat  libéré,  lâche  avant 
tout,  voleur,  sous  le  coup  d'une  poursuite 
comme  vol  avec  effraction  à  Auteuil  et  au 
château  de  la  Boissière,  et  néanmoins  ca- 
pitaine adjudant  major  aux  «  Enfants  per- 
dus de  Paris  ». 

Evidemment,  c'est  un  autre  son  de 
cloche  que  donne  M.  Dacosta  qui,  lui,  fut 
orfèvre.  Quoi  qu'il  en  soit,  les  commu- 
nistes,les  communeiix, commt  disait  le  Po- 
pulo, au  temps  du  siège,  ne  donnaient 
point  sur  la  bête  puante,  en  l'espèce,  le 
prussien,  mais  ils  se  réservaient  pour  un 
gibier  de  choix,  évèque,  archevêque, 'gé- 
néraux, voire  un  président  dont  ils  ou- 
bliaient les  hauts  faits  de  juillet  1830. 

Les  Archives  de  la  guerre  doivent  ren- 
fermer encore  les  jugements  rendus  par 
les  conseils  de  guerre  de  187 1 .  Notre  con- 
frère Remus  pourrait  s'adressera  M.  Hen- 
net,  chef  des  Archives  du  Ministère  de  la 
Guerre  qui  lui  donnerait  fort  aimablement 
tous  les  renseignements  qu'il  pourrait  dé- 
sirer. Y.    DU    RUSQ.UEC. 

* 

Remus  trouvera  les  renseignements 
qu'il  demande,  dans  les  deux  rapports  à 
l'Assemblée  nationale  de  la  Commission 
des  grâces  insérés  au  Journal  Officiel  de 
l'année  1876,  p.  481  et  suiv.  et  page 
2587  et suiv. 

Par  la  suite,  de  nombreux  décrets  ac- 


H*  i>47   Vol.  WCVI 


L'INTERMEDIAIRE 


OtS 


696 


cordèrent  des  grâces,  des  commutations 
et  des  réductions  de  peines  à  des  condam- 
nes pour  faits  relatifs  à  l'insurrection  de 
1871.  Nauticus. 

GoBtrati  d*  mariage  signés  par 
le  roi  (LXV  ;  LXVI,  99,  198,  300).—  l'ai 
lu  avec  un  vif  intérêt  l'article  de  Britan- 
nicus  et  suis  en  mesure  ds  confirmer  ce 
qu'il  dit  sur  l'admiration  de  Gambetta 
pour  Louis   XIV,  autocrate. 

Mon  oncle  Allain-Targc,  qui  fut  député 
et  ministre  radical  (cabinets  TirardetJ. 
Ferry)  était  très  lié  avec  Gambetta  dont 
il  partageait  les  préjugés  et  les  payions 
politiques  ;  comme  Gambetta  et  comme 
Louis  XIV,  il  était  atteint  d'intolérance  re- 
ligieuse et  considérait  l'établissement  d'un 
monopole  comme  un  progrès. 

Cet  étrange  état  d'esprit  lui  faisait  ad- 
mirer également  Louis  XIV  et  Gambetta, 
et  il  avait  installé  de  part  et  d'autre  de  la 
cheminée  de  sa  bibliothèque  à  Targé,  près 
Saumur,le  portrait  dccesdeux  autocrates. 

I.  DE  V. 

L*  Cor  ou  le  Cornet  de  Roland 

(LXV,  783;  LXVI,  82,  145,  353,  301, 
450).  —  II  est  impossible  d'admettre 
l'opinion  de  Gaston  Paris  (Rev.  de  Paris^ 
15  septembre  1901),  soutenant  que  les 
lieux-dits,  appelés  en  France  «  Pas  ds 
Roland(i)  »  etc.,  n'ont  pris  ces  dénomina- 
tions qu'à  une  époque  récente,  puisque, 
dit-il,  «  on  n'a  trace  d'aucune  avant 
le  xvm'  siècle  !  > 

Or  cet  argument  n'est  qu'un  argument 
«  négatif  »  et  par  conséquent  n'a  aucune 
valeur  scientifique,  du  moins  «  s'il  est 
isolé  »  de  toute  autre  preuve  «  négative  » 
et  surtout  <  positive!  d  II  y  a  longtemps 
que  j'ai  dit  qu'un  «  homme  de  science  », 
ne  doit  tenir  compte  que  des  <  faits  >  (po- 
sitifs ,  bien  entendu)  !  Certes,  une  «  sé- 
rie de  faits  négatifs  >  a  delà  valeur  ;  mais, 
si  importante  soit-clle,  elle  ne  vaut  pas 
un  seul  fait,  positif. 

Or  les  lieux  dits,  où  le  mot  «  Roland  > 
figure,  sont  innombrable-^  en  France  ;  et 
il  n'est  pas  douteux  qu'il  y  en  ait  beau- 
coup qui  soient  antérieurs  au  xviii*  siè- 
cle   (malgré   Gaston    Paris),   quoiqu'une 

(i)  Mire»!  Baudouin,  La  NitropoU  it 
Trouisepoil  su  M*rnsrJ,  Ptris,  190^    (Voir 

p.  »f). 


«  preuve,  matérielle  »,soitdifficile  à  trou- 
ver. 

Je  crois  pourtant  en  avoir  découvert 
une  en  Vendée,  où  nous  avons  :  le  «  Pont 
Rolland  >  près  Le  Bernard  (fameuse  né- 
cropole gallo-romaine)  ;  et  surtout  «  La 
Mothe  du-Rullan  »,  à  Fontenay-le-Comte. 

-i  RuUan  »  (1)  est  ici  pour*  Rolland  » 
(Benjamin  Fillon,  Poitou  et  Vendée,  Fon- 
lenay,  p.  9,  note  1)  ;  et  la  «  Mottc-du- 
RuUan  »  est  citée  «  dans  les  documents 
«  écrits  »  des  xiv»  et  xv«  siècles  »  1  Ah  utio 
diice  0  tu  nés. . . 

Voici  une  autre  preuve,  celle-ci  encore 
plus  irréfutable  !    A  Pouzauges  (Vendic) 
existait   jadis  une  abbaye,  appelée  «  Ab 
baye  du   Bois-Rolland  ».   Or  ce  nom  est 
cité  dans  des  documents  du   xui*  siècle  ! 

Ce  nom  doit  s'écrire  «  Roland  »,  et 
non  Rolland.  Il  est  très  probable  qu'il  a 
remplacé  du  viii«  au  x*  siècle  un  autre 
nom,  celui  d'un  héros  plus  ancien  que 
le  célèbre  «  préfet  des  Marches  de  Bre- 
tagne !  >  On  trouve  surtout  les  lieux-dits 
à«  Roland  »>dans  l'Ouest  de  la  France  (de 
Bretagne  aux  Pyrénées)  : 

<  Bretagne  :  Pied  du  Cheval  de  Ro- 
land » . 

«  Charente  :   Combe   à  Roland  »,  avec 
«  fontaine   »    [célèbre  station  préhistori 
que] 

«  Ckarente-Inf,  :  Puy-Rolland  ;  Puy- 
RoUi!  ;  » 

«-  Corrèze  Grave  de  Rolbnd  » 
(Menhir). 

c  Lozère  :  Pas  de  Roland  ». 

«  Allier  :  Corne  de  Rollet  »  (à  rappro- 
cher de  ((  Rolîit  »,  ci-dessus)  (2). 

Sans  parler  du  «  Pas  de  Roland  »  (Pas- 
sage), du  ((  Salto  de  Rolando  «(Espagne), 
et  la  de  «  Brèche  de  Rolland,  >  si  connue  ! 

Marcel  Baudouin. 

(i)  En  Vendée,  n»as  avons  au»si  plusieurs 
Ru  lin  n. 

(3)  Lei  terme»  RalUt,  Rollit,  Rullon,  Rul- 
Isn  font, cil  effet,  songer  à  un  héros  (gaulois 
ou  plus  ancien), du  nom  de  Rull  uu  de  Ro/l, 
que  Roland  a  remplacé  plut  tard. 

Hti  patois  vendëcn  nous  avons  encore 
le  mot  Roller  comme  en  vieux  français,  pour 
«  rouler  Alicnor  :  de  Poictiors,  signifiant  spé- 
cialement border  le  lit  (action  de  faire  rentrer 
le  drap  supérieur  sous  U  mateits). 

J'ignore  l'étymologie  de  ce  terme,  stns 
d«ute  vieux  celtique  {Roll,  rouleau  ;  roUtd, 
ce  qui  est  plii  en  long).  Le  terme  français 
est  r0uler. 


697 


DBS  CHERCHEURS  BT  CURîBUX 


30  NovemWe  191a 


La  Juno  et  Félicien  Darid  (LXVI, 
285,  410,  498).  —  Les  minutes  notariales 
prouvent  que  ma  petite  propriété  a  bien 
été  acquise  par  Félicien  David,  en  juillet 
1855,  janvier  et  février  1856.  Il  y  cons- 
truisit un  châl«t. 

En  1860,  il  rétrocéda  le  tout  à  M.  Tyr- 
tée  Tastet,  homme  de  Lettres,  et  à  sa 
femme,  née  de  Laboulaye,  demeurant  7, 
rue  de  la  Verrerie  (actuellement  rue  Louis 
IX)  à  St-Germain-en-Laye. 

Le  compositeur  y  revint  chaque  année, 
jusqu'à  sa  mort. 

Le  jardinet  renferme  d'assez  beaux  ro- 
siers. On  peut  croire  que  c'est  en  respi- 
rant le  parfum  de  ses  fleurs  préférées  que 
Félicien  David  composa*  Lalla  Roukh», 
où  elles  sont  délicieusement  chantées. 

C'est  un  vénérable  correspondant,  qui 
n'est  malheureusement  plus  là  pour  les 
compléter,  qui  m'avait  fourni  quelques 
renseignements  sur  la  famille  de  Félicien 
David,  sur  sa  parenté  éloignée  avec  le  sta- 
tuaire David  d'Angers.  L'un  et  l'autre 
sortaient  d'une  ancienne  famille  ange- 
vine ;  braves  terriens  qui  auraient  encore 
des  descendants  dans  la  région. 

Tous  ces  David  n'ont  certes  pas  une 
goutte  de  sang  hébreu,  et  il  serait  tout  à 
fait  injuste  de  s'en  prendre  à  eux  des  vile- 
nies dont  furent  victimes  les  généraux 
Goliath  et  Uri. 

Mais  pourquoi,  diable. 'ma  maisonnette 
se  nomme-t-elle  *<  La  Juno  >-  ? 

L.  V.  P. 


,vw*  ®''*^®  ^®  Desoartes  (III,*  IV, 
LXVI,  410,  499).  —  Peisse,  La  Médecine 
et  les  Médecins,  tome  2,  page  69,)  s'ex- 
prime ainsi  : 

En  1831,  le  docteur  Spurzheim  nous  mon- 
tra le  moule  en  plâtre  d'un  crine  qu'il  ve- 
naît,  disait-il,  de  recevoir  de  Suéde  et  qui 
était  celui  de  De.cartes.  Je  pourrais,  au  be- 
soin, citer  quelques-unes  des  personnes  qui 
assistaient  à  cette  communication,  entre  au- 
tres M.  Mignet.  j'ignore  si  ce  crâne  existe 
dans  quelque  collection  ;  je  ne  me  his  pas 
garant  de  son  authenticité  ;  je  ne  garantis 
que  le  témoignage  de  Spurzheim. 

Les  dépouilles  mortelles  de  Bichat  ont 
éprouvé  de  singulières  vicissitudes.  La  tête 
était  resté»,  comme  précieuse  relique  entre 
lai  mains  de  M.  I-iaen,  tandi.  que  le  corps 
«ait  obscurément  enfoncé  dans  le  cimetière 
abandonné  de   Sainte-Catherinc,    à   Clamart 


698 


où  il  aurait  bien  pu  n'être  pas  retrouvé,  si 
des  soins  pieux  n'avaient  de  temps  en  temps 
renouvelé  les  signes  qui  marquaient  cette  sé- 
pulture. Enfin,  après  quarante  deux  ans,  le 
16  novembre  1843,  les  ossements  furent 
inhumés;  on  y  loignit  la  tète,  et  on  !•• 
transporta  au  cimetière  de  l'Est. 

Aujourd'hui  qu'on  parle  beaucoup  des 
voyages  du  squelette  de  Descartes,  il  me 
semble  opportun  de  rappeler  que  les  os- 
sements de  Bichat  ont  aussi  été  prome- 
nés.  p.  M. 

Le  peintre  Galard  (LXVI,  485).  — 
Voir  :  Gustave  Labat.  —  Gustave  de  Ga- 
lard, SA  vie  et  son  œuvre  {lj']ç-i84i). 
Bordeaux  et  Paris,  1896.  gr.  in-8°,  —  Un 
artiste  provincial  sous  la  Restauration.  Gus- 
tave de  Galard,  par  Paul  Bonnefon. 
L'Artiste,  1899    PP-  '7-32. 

L.  Morand. 

« 

Il       •  •  * 

Il  existe  un   ouvrage   de  M.  Labat  sur 

les  œuvres   de  G.   de  Galard.  Je  le  tiens 

à  la  disposition  de  M.  Walterus, 

A.  G. 

Le  comte  de  Galard  (Philippe),  né  en 
1777,  dédédé  près  de  Bordeaux  en  1841, 
fut  ruiné  par  la  Révolution,  ayant  émi- 
gré en  Angleterre.  De  retour  en  France 
il  chercha  par  la  peinture  et  par  le  dessin 
des  moyens  d'existence.  Il  exerça  son 
talent  dans  tous  les  genres.  Ses  lithogra- 
phies, ses  Albums  du  Bordelais,  si  variés, 
ses  recueils  de  types  et  de  costumes,  ses 
dessins  gravés,  tout  donne  de  son  esprit 
observateur  et  de  son  cra3'on  infatigable 
et  spirituel  la  meilleure  idée.  II  commit 
des  caricatures  piquantes  contre  Louis 
Philippe  et  certaines  notabilités  de  l'épo- 
que.Ajoutons  que  plusieurs  de  ses  dessins 
n'ont  jamais  été  reproduits. 

Garumnus 

« 

Nous  ne  pouvons  mieux  faire  que  de 
renvoyer  le  collègue  Walterus  à  l'excel- 
lent ouvrage  de  M.  Gustave  Labat  :  Gus- 
tave de  GalarJ  {i-j-ji^  1841  )  Sa  vie  et  son 
asuvre.  Bordeaux,  Féret,  1896  II  y  trou- 
vera tous  les  renseignements  désirés. 

QVMUEHS. 


11  s'agit  de  Gustave  de  Galard,  né  dans 
le  Gers,  au  château  de  Magnas.  II  vécut  à 
Bordeaux,    laissant    de     très     nombreux 


N'  IJ47.  Vol. 


LXVI 

■     699 


L'NTBRMBDIAIRB 


700 


portraits  et  sujets  bordelais  reproduits 
par  la  gravure.  11  mourut  jans  postérité. 
Pour  Je  plus  amples  renseignements, 
s'adressera  son  petit-neveu,  le  marquis 
de  Galard,  au  château  de  Captan,  Audi- 
gnon  (Landes).  L.  Lédn-Duf'^ur. 

• 

M.  Guédy,  dans  son  '"Dictionnaire  des 
peintres,  le  cite  ainsi  : 

Comte  Gustave  de  Gilard,  peintre  et  dessi- 
nateur, né  au  château  de  Lille,  près  Lectoure, 
vers  1777,  Mort  à  Bordeaux  en   1840. 

Il  a  laissé  un  fils,  Georges  de  Galard,  né 
à  Bordeaux,  florissait  en  1830. 

Le  nriusée  de  Bordeaux  possède  quel- 
ques toiles  de  ces  deux  peintres. 

Victor  Déséglise. 

«  * 
Philippe-Gustave,   comte    de     Galard, 

naquit  le  18  mai  1779,  au  château  de 
risle-Bozon  (Gers).  11  fut  élevé  au  collège 
de  Sorèze.  Après  la  mort  de  son  père 
sur  l'échafaud  àAuch,  le  15  avril  «793. 
il  échappa  aux  gendarmes  sous  un  dé- 
guisement féminin, réussit  à  passer  en  Es- 
pagne et  de  là  gagna  avec  son  frère  les  îles 
Sainte-Croix  et  Saint-Thomas  (Antilles) 
y  vivant  de  son  art  et  de  ses  pinceaux. 

Rentré  en  France  lors  de  l'amnistie  des 
émigrés,  il  s'établit  à  Bordeaux  qui  devint 
sa  ville  d'adoption  qu'il  ne  quitta  plus 
que  pour  aller  faire  quelques  séjours  dans 
le  Gers,  chez  le  marquis  de  Galard,  son 
frère,  où  il  a  laissé  quantité  d'études, 
d'aquarelles  et  de  sépias. 

Formé  sans  maître,  l'œuvre  de  G.  de 
Galard  est  considérable,  se  rapportant 
surtout  aux  usages,  coutumes  et  costumes 
bordelais  :  trois  toiles  de  lui  sont  au  mu- 
sée de  Bordeaux,  une  autre  au  musée  de 
Montpellier. 

M.  G.  Labat  a  publié  :  Gustave  de  Ga- 
lard, sa  vie,  son  œuvre,  grand  in-S"  Bor- 
deaux, librairie  Féret,  1896  (ouvrage  très 
complet;.  MM.  Pierre  Lacour  et  Jules  Del- 
pit  lui  ont  consacré  une  longue  notice 
dans  le  catalogue  du  musée  de  Bordeaux 
(Bordeaux,  Vve  Duviella,  rue  Porte  Di- 
jeaux-iSs^). 

Gustave  de  Galard  mourut  à  Bordeaux 
le  7  mai  1841 . 

La  ville  de  Bordeaux  a  donné  le  nom  de 
cet  artiste  a  une  rue  du   quartier  sud. 
Marquis  de  Galard. 

Mêmes  réponses  :  L.  Sagf.t  ;  H.  de  B.  ; 

DE    MORTAGNE. 


Famille  de  Goret.  —  (LXVI,  341, 
502)  — Le  collègue  La  Coussière  signale, 
d'après  jouffray  d'Eschevanne^une  famille 
Goret  à  Paris. 

Les  percements  de  la  rue  Dante  et  de  la 
rue  Lagrange  ont  fait  disparaître,  il  y  a 
quelques  années, lecurieux  domicile  d'une 
famille  de  ce  nom,  les  Goret  de  Saint- 
Martin. 

C'était  un  logis  du  cominencemcnt  du 
xvue  siècle.  11  était  situé  rue  de  l'Hôtel 
Colbert  et  gardait  encore  une  pittoresque 
allure  sous  la  lèpre  qui  le  recouvrait. 

Une  rampe  d'escalier  en  fer  forgé,  d'un 
beau  travail,  subsistait  encore  dans  l'aile 
gauche  au  fond  de  la  cour. 

Mais  la  partie  la  plus  intéressante  était 
cette  cour  elle-même  décorée  de  bas-reliefs 
en  plâtre  dus  au  sculpteur  Thibaud  Pois 
sant. 

Cet  artiste  avait  obtenu,  grâce  à  Goret 
de  St-Martin,  une  çopimande  pour  la 
grande  salle  de  la  chambre  des  comptes 
dont  il  reste  deux  bas-reliefs  replacés  au 
Palais  de  justice  et  attribués  longtemps 
par  erreur  à  Germain  Pilon. 

Champvolant. 

* 

A  ce  qui  a  été  dit  par  MM.  la  Cous- 
sière et  le  marquis  de  Bellevue,  j'ajoute 
qu'a  cette  famille  appartenait  certain  abbé 
Goret  des  Martinais,  né  à  Fougères  en 
17153,  très  digne  et  vertueux  prêtre, 
d'ailleurs,  fondateur  à  la  suite  de  la  Ré 
volution,  d'une  secte  anticoncordataire, 
dite  des  Louisets,  (soit  à  cause  de  leur 
fidélité  à  la  mémoire  de  Louis  XVI,  soit 
parce  qu'ils  commencèrent  à  exercer  leur 
culte  dans  la  chapelle  de  l'hôpital  Saint- 
Louis  de  Fougères),  secte  ayant  plus  ou 
moins  de  rapports  avec  celle  de  la  Petite 
Eglise,  et  qui  ne  disparut  tout  à  fait 
qu'après   1830.  P.  du  Gué. 

Le  chevalier  de  Guer  (LXV,  333. 
c;!3,  666;  LXVI.  553,  647).  —  Contrats 
de  mariage  signés  par  le  roi  avant 
la  Révolution  (LXV;  LXVI,  99,  198, 
300).  —  Dans  l'intéressante  note  de  l'/w- 
termcJiaire  sur  le  chevalier  de  Guer  (30 
octobre),  on  raconte  comment  il  défendit, 
contre  les  gardes  nationaux,  le  chevalier 
de  Silans  et  sa  femme,  une  bretonne, 
Yvonne  du  Botdéru.  Ce  n'était  pas  seule- 
ment à  titre  de  compatriote,  vis-à-vis  de 
Mme  de  Silans,  qu'il  dut  incliner  à  inter- 


1 


DBS  CHERCHEURS    ET  CURIEUX 


701 

venir.  Il  existait  entre  eux  un  lien  de 
parenté  Ils  '^taient  probablement  cousins 
au  io«  degré,  suivant  notre  mode  de  cal- 
cul. Le  marquis  de  Pontcallec  se  trouvait, 
en  efïet,  cousin  au  8«  degré  de  Jacques 
René  du  Botdéru,  père  de  Mme  de  Silans, 
lui-même  (ils  de  Claude,  petit-fils  de 
Paul,  arrière-petit-fils  de  Hycrosme,  qui 
avait  épousé  Anne  de  Guer,  d;i  Pontcal- 
lec, l'arrière'-grand'  tante  du  marquis, 
lequel  remontait  par  Charles,  son  père,  et 
Alain  son  grand-père,  à  Olivier,  frère 
d'Anne  de  Guer,  Dame  du  Botdéru. 

Je  profite  de  la  circonstance  pour  com- 
pléter ma  notice  sur  les  Botdéru,  au  sujet 
du  contrat  de  mariage  dont  il  a  été  ici 
question.  Victor  du  Botdéru  fut  admis 
aux  honneurs  de  la  cour,  le  7  juin  1787  ; 
son  contrat  de  mariage  fut  signé  par  le 
roi  et   la  famille   royale,   à   Versailles,    le 

29  juin  1788.  et  le  lendemain  seulement, 

30  juin,  par  les  futurs  époux  en  leurs 
hôtels,  à  Paris.  —  La  signature  ne  se 
donnait  donc  pas  en  cérémonie,  ainsi  que 
l'on  pourrait  l'imaginer  de  nos  jours. 

Britannicus. 

Hallays-Dabot  et  Galeron  (LXVl, 
583).  —  L'Institution  Haliay-Dabot  exis- 
tait à  Paris  en  1831  :  mon  père  y  était 
élève  :  elle  n'avait  sûrement  rien  de  par- 
ticulièrement musical.  }e  crois  qu'elle 
était  située  rue  de  la  Pépinière  à  peu  près 
à  l'endroit  où  se  trouve  actuellement  la 
rue  Roy  :  (la  rue  de  la  Pépinière  se  pro- 
longeait alors  par  la  rue  actuelle  de  La 
Boëtie).  A.  By. 

On  trouvera  dans  V Intermédiaire  du 
7  mai  1000  (volume  XLl,  col.  801")  ré- 
ponse à  la  question.  L'institution  Hallays- 
Dahot  établie,  sous  le  règne  de  Louis  XVl^ 
à  Paris,  place  de  l'Estrapade,  distribuait 
des  prix  dont  les  plats  de  la  reliure 
étaient  ornés  d'un  fer  à  lyre.  La  lyre 
n'était  placée  là  que  comme  ornement  et 
emblème  de  la  poésie.  G.  P.  L. 

Un  portrait  inédit  de  ?.Ime  Hans- 
ka,  p»r  Waldmûller  (LXVI.  485).  — 
Sur  Waldmiiller  (1793-1865)  on  trouvera 
des  renseignements  dans  les  chroniques 
d'Autriche-Hongrie  publiées  dans  L'Art  et 
les  artistes  par  William  Ritter  (Le  mou- 
vement artistique  à  l'étranger)  notam- 
ment en  avril  et   mai    191 1.   Cet  auteur 


30  Novembre  i^it 
7O2 

indique   un   ouvrage   consacré   à    Wald- 
miiller par  M.  Arthur  Rœssler. 

Pierre  T. 

L'impression,  un  peu  hâtive,  de  cette 
question,  m'a  laissé  commettre  au  sujet 
de  la  li:iison  de  Mme  de  Hanska  avec  son 
futur  époux,  H.  de  Balzac,  une  petite 
erreur  de  date,  qui  mérite  d'être  relevée. 

Ce  n'est  point  en  1835,  mais  en  1833, 
(et  même,  pour  être  plus  précis, en  1832), 
que  commença  cette  longue  liaison. 

La  première  des  Lettres  de  H.  de  Bal- 
zac à  Mme  de  Hanska  qui  soit  imprimée 
dan';  les'  Lettres  à  V Etrangère,  est  datée  de 
<i  Pans. janvier  1853  ».(Vid.  Paris,  Calm. 
Lévy,  Let.  de  1833  ^  '844,  2  vol.  in  8°, 
1879  et  1896). 

Mme  de  Balzac  ne  l'oubliait  pas,  cette 
date,  elle  en  parlait  même  et  fort  genti- 
ment, dans  une  lettre  autographe,  que 
j'ai  là,  sous  les  yeux,  (datée  de  Dresde,  je 
crois  1«  nom  de  lieu  n'y  étant  pas  indiqué) 
<  le  9  mai  i8so  »  et  qui  fut  par  elle 
adressée  à  sa  fille,  Mme  Anna  de  Mmnis- 
zech,  née  de  Hanska,  lors  du  retour  des 
nouveaux  époux  de  Volhynie  àParis,  deux 
mois  après  leur  union,  célébrée  comme 
on  sait  à  Berditchew,  en  Russie,  le  14* 
mars  18^0 

Qu'il  me  soit  permis  de  citer,  et  même, 
un  peu  longuement,  quelques  passages 
de  cette  jolie  lettre.  Elle  est  vraiment 
charmante  quoique,  par  endroits,  bien 
triste.  Sous  les  larmes  qu'on  y  voit  poin- 
dre, elle  peint  bien  les  qualités  de  cœur 
et  d'esprit  de  son  auteur,  envers  son  in- 
fortuné mari,  déjà  si  gravement  atteint 
dans  sa  santé  que,  trois  mois  après, 
s'ouvrait  pour  lui  la  tombe  finale  (18 
août  1850). 

...  <  Je  suis  à  V Hôtel  de  Russie . ,.  Notre 
cher  excellent  B.,  malgré  son  état  de  souf- 
france, court  de  tous  les  côtés.  Notre  Con- 
sul Russ^  est  charmant  pour  lui,  il  l'ac- 
compxgne  partout,  il  lui  facilite  toutes 
les  affaires.  Rien,  ni  de  nos  caisses,  ni 
de  nos  bagages  de  la  voiture  ne  sera  ou- 
vert !  Juge  de  quelle  affreuse  perte  de 
temps  cela  nous  sauve  et  combien  d'em- 
barras ceU  nous  épargne,  —  Sois  tran- 
quille, mon  cher  Ange,  pour  les  chemins 
de  la  Gallicie,  ils  sont  excellents  et  par- 
faitement sûrs,  aussi  voyagerons  nous, 
jours  et  nuits... 

«  Mon  mari  revient,  dans  ce  moment. 


H-  1347     Vol.   LXV. 


L'INTBKMÉDIAIPB 


703 


704 


il  i  fait  toutes  ses  affaires  avec  une  acti- 
vité admirable,  nous  partons  aujourd'hui. 
Je  ne  me  faisais  pas  l'idée  de  ce  que  c'est 
que  cet  adorable  être.  )e  le  connais  depuis 
17  ans,  et,  tous  les  jours,  je  m'aperçois 
qu'il  y  a  une  qualité  nouvelle  que  je  ne 
lui  connaissais  pas. 

«  Si  seulement  il  pouvait  avoir  de  la 
santé  !  Parles  en,  je  t'en  prie,  à  M.  Kno- 
thé  [r]  Tu  nas  pas  d'idée  comme  il  a  souf- 
fert, cette  nuit  !  J'espère  que  l'air  natal  lui 
fera  du  bien,  mais  si  cette  espérance  me 
manque,  je  serai  bien  à  plaindre,  je  t'as- 
sure. C'est  si  bon  d'être  ainsi,  aimée, 
protégée.  Ses  pauvres  yeux  vont  aussi 
1res  mal,  je  ne  sais  pas  tout  ce  que  cela 
veut  dire  et  je  suis,  par  moments,  bien 
triste  et  bien  inquiète,  j'espère  te  donner 
de  meilleures  nouvelles  demain,  d'où  je 
t'écrirai... 

«  ...  Notre  bon  B.  baise  tes  menottes 
et  te  supplie  de  ne  pas  t'inquiéter,  qu'il 
sera  bien  dès  qu'il  aura  touché  le  sol  de 
la  France...  Etc.  » 

Et,  à  trois  mois  delà,  hélas  !  survenait 
le  fatal  18  Août  i8so  ! 

Voyez- vous  bien  ici  comme  moi  ?  J- 
trouve  qu'elle  repose  cette  honnête  petite 
♦  page  des  insanités  sans  nom, que  se  laissa 
aller  à  publier,  sur  cette  aimable  femme,  il 
y  a  quelques  années,  un  grand  journal, 
d'habitudes  bien  autrement  puritaines,  à 
l'ordinaire.         Ulric-Richa^d  Desaix. 

*  ♦ 
Georges-Ferdinand    Wa'dmùller,   né  à 

Vienne  en  1795,  décédé  en  186";,  fut 
élève  Jj  Lampi ,  commença  comme 
peintre  de  portraits  parmi  lesquels  un 
des  plus  fameux  est  celui  de  l'Empe- 
reur François  1",  fut  imitateur  de 
Lawrence,  copia  avec  grande  habileté 
les  anciens  maitres  à  Vienne  et  à  Dresde. 
11  existe  de  lui  aussi  de  nombreux  pay- 
sages très  fmemcnt  exécutés,  mais  il  excel- 
lait surloiit  dans  les  tableaux  de  genre. 
.Ses  peintures  représentant  des  scènes  de 
la  vie  de  campagne  sont  d'une  fraîcheur 
et  d'une  fmesse  exquises.  Waldmùller 
ayant  été  remis  à  la  mode  ces  dernières 
années  par  plusieurs  expositions  rétros- 
pectives, ses  tableaux  se  payaient  de* 
prix  exorbitants.  Austriacus. 

M.  de  La  VauK  (LXV,  97I.  —  Mon- 
sieur Roland  Je  la  Vaulx,  étudiant  en  Sor- 
bonne,  2,  avenue  de   Villars,  possède  une 


généalogie  fort  bien  faite  de  la  famille  de 
La  Vaulx. 


Le  Peletier  d'Aunay  (LXVl,  288, 
458.  648).  -  Une  omission  a  été  com- 
mise à  propos  des  armes  de  Mesgrigny 
dans  le  dernier  article  publié.  11  aurait 
fallu  imprimer  :  et  aux  2  et  3  d'argent 
au  lion  Je  sable  qui  est  Mesgrigny 

Puisque  je  parle  de  ces  derniers,  j'ajou- 
terai que  le  Comté  d'Aunay  leur  était  ar- 
rivé par  le  mariage  de  l'un  d'eux  avec 
une  Régnier  de  Guerchy.  Jacques-Louis 
de  .Mesgrigny,  comte  d'Aunav,  épousa  en 
1679  Charlotte  le  Prcstre,  fiU:  aînée  du 
maréchal  de  Vauban.  Ils  eurent  deux  fils 
Pierre-Antoine,  abbé  de  Cervon,  et  Jean 
Charles, comte  d'Aunay,  dont  la  fille  uni- 
que, Marie  Claire  Aimée  de  Mesgrigny, 
épousa  Louis  Le  Peletier  de  Rosambo. 
président  à  mortier  au  P.'.rlcment  de  Pa- 
ris qui  eut  deux  fils,  l^ouis  Le  Peletier  de 
Rosambo,  aussi  président  au  Parlem.-nt  de 
Paris,  dont  la  descendance  e.siste  toujours, 
et  Louis  Le  Peletier  qui  hcrita  du  Comté 
d'Aunay  et  en  prit  le  nom  que  continuent 
à  porter  ses  descendants  qui  écartèlent 
les  armes  des  Le  Peletier  avec  celles  des 
Mesgrigny. 

D'après  un  ex-libris  fort  bien  gravé  que 
j'ai  eu  le  plaisir  d'offrir  à  la  regrettée 
comtesse  de  'v'ibraye  née  Le  Peletier  d'Au- 
nay, Jean-Charles  de  Mesgrigny,  comte 
d';\unay, avait  un  écu  beaucoup  plus  com- 
pliqué. 11  portait  en  effet  écartelé  :  au  i^, 
contr'écartelé  de  France  et  de  Courtenayi 
Armes  des  Courtenay  Biéneau  ;  au  2  parti 
d'Etampes  et  de  du  Chesnay  ;  au  3  part 
de  Giverlay  et  de  Régnier  de  Guerchy  ; 
au  4  parti  de  Spitame  et  de  Le  Prestre  de 
Vauban  et  sur  le  tout  Mesgrigny. 

S.  G.  L. 

Le  C'ipitaine   Lanoue  (LXVI,  584). 
—  Le  scélérat  dont   il  est  question  dan! 
la    plaquette  citée    par  M.    .-\uribat,   bien' 
qu'homomme  du  célèbre  Lanoue  dit  Bras, 
de  fer,  l'un  des  capitaines   huguenots  les 
plus  connus     au  temps    des   guerres  de 
religion,  ne  parait  avoir  aucune   parentéi 
avec  lui  ni  avec  aucun  de  ses  descendants,! 
ainsi  que    je  viens    de    m'en  assurer   en 
consultant  La  France  Protestante  au  nomj 
de  La    Noue. 

V.  A.  T. 


'^ 


I 


DiJS  CHiiRCHJiURS  BT  CURIEUX 
705 


30  Ntvembi'e    191* 


706 


Marquis  de  Mondran  (LXVI,  535). 
—  Je  rappellerai  que  le  célèbre  fermier 
général  Le  Riche  Ji  la  Poupinière  épousa 
en  secondes  noces  une  Mlle  de  Mondran 
originaire  du  Languedoc. 

SiR  Graph. 

Portrait  de  Pascal  (LXVI  287,357, 
504,  650).  —  D'après  M.  Cjardias,  Di- 
vers portraits  de  Pascal  ei  des  siens,  p.  10 
(Paris,  Champion,  1910),  il  y  a  au  Cabi- 
net des  Estampes  un  Pascal.  <  from  the 
original  picture  by  Philippe  de  Champai- 
gne  ». 

Le  portrait  de  Gilberte  Perier  est  repro- 
duit dans  cette  brochure  de  M.  Ojardias, 
p.  15,  et  dans  l'édition  des  Pensées  de 
Pascal  donnée  par  M.  Gazier  d'après  le 
manuscrit  de  Port  Royal,  p.  20  (Paris, 
Société  française  d'imprimerie  et  de  li- 
brairie, 1907), 

Georges  Goyau  . 

Perier  et  Casimir  Perier  (LXVI, 
585).  —  Chérubin-Joseph  Beyle,  père 
d'Henri  Beyle  (Stenahal),  épousa,  le  20 
février  1781,  Caroline- Adélaïde-Henriette 
Gagnon,  fille  du  docteur  en  médecine, 
Henri  Gagnon,  qui  devint  par  suite 
l'aïeul  maternel  de  l'auteur  du  Rouge  et 
Noir,  D'autre  part,  Pauline-Eléonore, 
sœur  de  Stendhal,  épousa,  le25  mai  1808, 
François  Daniel  Perier-Lagrange  .  pro- 
priétaire à  Grenoble,  fi's  de  François  et 
de  Marie-Louise  Lagier.  (Edmond  Mai- 
gnien.  La  famille  Je  Beyle-Stettdbal^  Gre- 
noble, 1889J.  A  l'époque  où  virait  Sten- 
dhal, les  Perier  étaient  très  nombreux  à 
Grenoble.  Sa  Correspondance  (édition 
Bosse,  1908;  mentionne  neuf  Perier  diffé- 
rents, y  compris  Casimir,  sans  que  leurs 
liens  de  parenté  apparaissent  clairement 
Dans  la  ^ie  de  Henri  Brulard,  publiée 
par  Stryienski,  Beyle  cite  «  Mlle  Marine 
Perier,  sœur  du  Ministre  Casimir  »  et 
c'est  tout.  Ce  dernier  était  peut-être  cou- 
sindu  beau-frère(d'Henri),  Beyle  rCe  qu'il 
y  a  de  certain,  c'est  que  «  M.  Perier  » 
n'était  pas  <  l'aïeul  de  Stendhal  ». 

Ad.  Paupe. 

Aigle  au  vol  éployé,  question 
héraldique  (LXVI,  289,  462,  561).  — 
Vraiment,  mon  éionnement  est  profond 
quant  au  sujet  de  l'expression,  aigle  au 
vol  éployé. On  vient  prétendre  qu'il  s'agit 


'  non  des  ailes  mais  de  la  tête.  Où  at-on 
vu  qu'une  aigîe  peut  voler  avec  sa  tête  et 
non  avec  ses  ailes  .••  Du  reste  qu'est-ce 
qu'un  vol  en  blason  .<*  Deux  ailes  éten- 
dues nous  disent  les  maîtres  de  cette 
science.  Aussi  quand  le  P.  Menestrier 
(qui,  quoi  qu'on  en  dise,  est  une  grave 
autorité  en  fait  de  blason)  nous  explique 
en  ces  termes  la  signification  du  mot  es- 
ployt^  :  «  Esployé  se  dit  des  oiseaux  dont 
les  aisles  sont  étendues  »  il  a  parfaite- 
ment raison. 

Gheusi,  avec  lequel  je  ne  suis  pas  tou- 
jours d'accord,  mais,  qui  s'honore,  très 
justement,  d'avoir  eu  pour  maitre  M.  Au- 
gustin Tailhade,  bien  qu.;  ce  dernier  ne 
soit  pas  toujours  infaillible,  dit  de  son 
côté  :  «  Eployé.  De  face  et  ouvrant  ses 
ailes  de  toute  leur  envergure  ascendante, 
a  été  pris  quelquefois  mais  à  tort  pour  ; 
«à  deux  têtes  ».  C'e^t pourquoi  l'explica- 
tion de  ce  mot  donnée  par  Paillot  n'est 
pas  admissible  :  elle  va,  du  reste,  à  ren- 
contre des  règles  de  la  grammaire 

Vulson  de  la  Colombière  dont  on  in- 
voque l'autorité,  me  paraît  au  contraire 
considérer  comme  une  nouveauté  le  sens 
donné  au  mot  éployé  pour  dire  à  deux 
tètes.  «  (^yelques  auteurs  modernes  2^ 
dit  il,  non  sans  un  certain  dédain  ;  mais, 
pour  lui,  l'aigle  à  deux  têles,  est  tout 
simplement  l'aigle  à  deux  tê  •.  s,  de  même 
que  pour  le  P.  Menestrier  et  beaucoup 
d'autres.  On  comprendrait  encore  l'ex- 
pression, «  au  chef  parti  >,  mais  le  mot 
éployé  en  parlant  d'une  r.igle  à  deux  têtes, 
franchement  cela  n'a  pas  de  sens. 

Il  est  bien  vrai  qae  l'aigle,  qu'il  ait 
une  ou  deux  têtes  a,  le  plus  souvent,  le 
vol  éployé  :  cependant,  quoi  qu'en  pense 
M.  Nisiar,  il  y  a  de  nombreuses  excep- 
tions. 

Aussi,  je  ne  condamnerais  point, 
comme  le  fait  M.  Palliot  le  Jeune,  ceux 
qui  pour  plus  de  précision  croient  devoir 
dire  au  vol  éployé. 

M.  du  Roure  de  Paulin  ne  me  plonge 
pas  dans  un  moins  profond  étonnemcnt 
quand  il  vient  nous  dire  que  s'il  y  a  trois 
pièces  dans  un  écu,  elles  doivent  être 
placées,  d'après  les  règles  du  blason,  i 
et  2,  et  que  dès  lors  il  est  inutile  dans 
une  lecture  d'en  indiquer  la  position  et 
de  dire  :  posées  i  et  2  ;  mais  que  si  elles 
sont  placées  2  et  1  il  faut  le  spécifier,  je 
lui  avouerai  que  jusqu'ici  j'avais  cru  topt 


N»   1347.  Vol.LXV 


L'iNTJBRMEDÎAlRii 


707 


708 


le  contraire.  Je  croyais  même  que  quand 
elles  étaient  placées  i  et  2,  il  fallait  tout 
en  indiquant  leur  position,  y  ajouter  l'ex- 
pression mal  ordonnées.  S.  G    L. 

• 
»  * 

je  remercie  MM.Nisiar  et  Palliot  le  Jeune 
d'avoir  aimablement  signalé  le  lapsus  ca- 
lami  que  j'ai  commis  page  462.  je  suis 
tout  à  fait  de  l'avis  de  ces  savants  héral- 
distes.  Trois  pièces  ou  meubles  dans  un 
écu  doivent  cire  rangées  deux  et  un  : 
quand  elles  sont  mises  un  et  deux,  c'est 
anormal,  elles  sont  dites  alors  mal  ordon 
nées  et  il  faut  le  signaler. 

le  pourrais  dire,  suivant  l'habitude 
de  certains  auteurs,  que  si  on  voit  le  con- 
traire dans  la  colonne  462  de  X'intermé- 
dtaire^  c'est  parce  que  le  prote  a  mal 
composé  mon  texte.  Mais  comine  l'inter- 
version des  chiffres  est  répétée  deux  (ois, 
il  est  probable  que  c'est  moi  qui  ai  eu 
une  distraction  en  rédit;eant  ma  note  et  )e 
m'en  excuse  auprès  de  tous  mes  collè- 
gues. Baron  du  Roure  de  Paulin. 

La  plume  Secrétaires  ce  la  mnn 
(LXVl,  342,478).  —  A  une  époque  où  les 
tampons  à  encre  humide  n'étaient  pas 
inventés,  et  où  la  paperasserie  chère  à 
nos  administrations  régnait  déjà,  le  nom- 
bre des  pièces  à  signer  par  le  Roi  était 
considérable.  Aussi  nos  monarques,  pour 
éviter  cette  corvée,  possédaient  des  Secré- 
taires de  11  main,  c'est-à-dire  des  gens  qui 
avaient  la  main  ou  la  plume  du  Roi  et 
étaient  chargés  de  signer  pour  lui  et 
d'écrire  des  lettres  à  sa  place  ;  le  plus 
souvent  toutes  les  lettres  de  politesse 
émanaient  d'eux 

En  comparant  à  différentes  dates  les 
signatures  de  Louis  XI  et  de  Charles  VIll, 
on  voit  que  les  secrétaires  de  la  main 
existaient  déjà.  Aux  Archives  Nationales, 
sur  un  millier  de  pièces  comptables  si- 
gnées «  Françoys  »,  il  n'y  en  a  peut-être 
pas  une  qui  soit  réellement  de  la  main 
de  François  \^^. 

Les  lettres  d'Henri  iV,  qui  ne  sont  que 
des  lettres  de  politesse  ou  des  lettres  de 
pure  formalité,  sont  presque  toutes  de 
deux  secrétaires  de  la  main. 

On  raconte  que  le  président  Rose  con- 
trefaisait si  bien   l'écriture  de  Louis  XIV, 
que  ce  Souverain  s'y  trompait  lui-même. 
Baron  ou  Roure  de  Paulin. 


Titres    sous     l'Anciçn    Régime 

(LXVl,  9:5,  361.  461,  1514,  b04).  —  Une 
légère  faute  d'impression  rend  incompré- 
hensible un  passage  de  ma  dernière  notice. 
P.  005,  ligne  II  (en  commençant  par 
le  bas),  il  faut  lire  :  «  leur  nationalité  dé- 
signera le  clan  [et  non  la  classe],  le 
groupe  auquel  ils  doivent  allégeance, 
toute  opinion  intellectuelle  à  part.   « 

11  est  facile  de  se  rappeler  ici, par  exem 
pie,  les  anciens  clans  d'l:cosse  et  les 
clans  politiques  de  la  Corse  actuelle.  Pour 
les  Ecossais,  notamment,  au  lendemain 
de  la  terrible  répression  de  174s,  Pilt 
sut  gagner  plusieurs  chefs  de  clan,  et 
leurs  hommes  les  suivirent  sans  discuter 
au  Canada,  pour  se  battre  contre  nous, 
en  faveur  de  l'Angleterre. 

La  Démocratie  tend  aussi  à  s'organi- 
ser en  clans.  Un  sous-préfet,  cité  par  un 
journal  républicain,  présente  dos  électeurs 
à  son  préfet.  «  Quelles  sont  les  opinions  de 
ces  Messieurs  ?  >>  dciroande  le  haut  fonc- 
tionnaire. —  «  Ces  messieurs  sont  avec 
nous.  »  Britannicus. 

Noms  des  habitants  des  Etats- 
Unis.  —  LXV,  ISO,  317,  367,  467, 
559,  706,  7^6,  849  ;  LXVl,  18,  665). 

Comme  les  lecteurs  de  Vlniermédiaiie 
ont  dû  le  penser,  je  sais  trop  bien  l'an- 
glais pour  avoir  écrit  dans  mon  aiticle 
paru  vol. LXVl, 665  :  The  is  a  »îj».j'avais 
mis,  naturellement  :  a  'ivomin.  Il  y  a  eu 
une  erreur  typographique        M.  des  P. 

Distique  latin  à  identifier  (LXVi, 
7,  ib2,  224,  321,  46b).  —  Assurément 
Jean  Owen  n'est  pas  l'auteur  de  ces  vers 
qui  ne  se  trouvent  pas  dans  ses  Epigram- 
w«.  D'ailleurs  le  premier  livre  dOwen, 
«  Epig  ramma  tu  m  libri  très»,  ne  parut  qu'en 
1606  (à  Londres),  et  le  distique  «  Quid  fa- 
ciès ..  »  est  dans  1'  «  Aenigmatographia  >  , 
de  N<colaus  Reusnerus,  Pars  11, imprimé  à 
Francfort  en  iboi,  comme  je  l'ai  déjà  in- 
diqué à  la  p    224.         Edward  Bensly. 

Une  poésie  pittoresque  de  Geor- 
ges Bussière  (LXV,  343,  518).  —  J'ai 
connu  M.  Georges  Bussière.  11  assistait, 
tn  1905,  au  banquet  du  Congrès  préhis- 
torique de  France,  qui  eut  lieu  à  Brantôme 
le  29  septembre  1905. 

A  ce  déjeûner,  où  il  y  avait  près  de 
cent  personnes,  M.  G.  Bussière  lut  quel- 


DES  CHERCHEURS  BT  CURIEUX 


709 


ques  vers  d'une  belle  poésie  sur  le  Dol- 
men d<  Brantôme.  Cette  pièce  de  vers  a 
d'ailleurs  été  publiée  sous  le  titre  de  Pierre 
Levée  (Poème).  Elle  est  dédiée  à  M.  Jules 
Claretie  et  cette  dédicace  déclare  qu'au- 
teur et  directeur  de  la  Comédie-Française 
ont  un  même  ancêtre  :  <  Le  Troglodyte  de 
la  Vézère  »  ! 

J'ai,  à  l'heure  présente,  sous  les  yeux 
celte  plaquette,  qui   débute  ainsi  : 

Assez  des  vieux  donjons,   assez   des  cathé- 

[drales. .. 

M.  G.  Bussière  (sans  s  final)  était  un 
excellent  homme,  des  plus  érudits,  et 
poètv;  fort  délicat  II  connaissait  admira- 
blement son  pays.  C'est  d'ailleurs  lui  qui 
pilota  dans  sa  ville  le  Congrès,  lors  de 
notre  passage  11  nous  retraça  avec  feu 
l'histoire  des  fameuses  grottes  ornées  de 
curieux  bas-reliefs,  datant  du  xvi*  siècle 
et  sculptés  dans  le  rocher  même  ;  on  sait 
qu'ils  représentent  le  Jugement   dernier  ! 

Quelle  foi,  quel  artiste,  et  quel  brave 
homme  1 

Marcel  Baudouin. 

Mont  Pagnotte  (LXVÎ,  187,  324,423, 
567).  —  Nous  somm.es  loin  de  prétendre 
dire  le  dernier  mot  sur  le  Mont  Pagnotte, 
mais  nous  tenons  à  dire  :  i"  que  nous 
avons  longtemps  cherché  la  plus  ancienne 
carte  mentionnant  le  Mont  Pagnotte  et 
que  c'est  la  carte  de  M.  de  la  Vigne  faite 
en  1724,  qui  le  porte  la  première.  Cela 
coïncide  avec  le  percement  des  nouvelles 
«  route,  de  chasse  »  du  commencement 
du  règne  de  Louis  XV.  Cette  élévation  de 
terrain  portait  simplement  le  nom  de 
Haut  Merdun  antérieurement  sur  les 
cartes  plus  anciennes. 

2°  qu'aucune  charte  avant  1572  ne  le 
mentionne,  même  sous  un  nom  latin  dé- 
guisé ;les  «  mons  pugnœ  ou  pugnatoria  » 
ctc,  ne  sont  que  des  suppositions  sans 
l'ombre  de  documents. 

3°  que  diverses  personnalités  du  pays 
ont  cru  que  l'ancien  nom  du  Haut  Mer- 
dun était  «  L'homme  Mort  >  ;  erreur,  et 
cette  erreur  vient  du  fait  que  le  chemin 
de  la  Montagne  qui  part  du  pont  Saint- 
Maxence  et  arrive  à  Yvillers  après  avoir 
changé  deux  fois  de  nom  en  route(chemin 
du  Belvédère  et  chemin  de  l'Homme 
mort)  passe  au  planier  du  Mont  Pagnotte. 
Dès  avant  1724,  L'Homme  Mort  était  le 
nom  donné  à  l'enceinte  face  à  Yvillers  et 


3'>  Novembre  1911 

—    •     710 

contenant  le  piton  d'Yvillers,  moins  élevé 
que  le  planier  du   Haut    Merdun, 

4°  que  nous  avons  omis  de  citer  un  ou- 
vrage intéressant  à  ce  sujet,  Lei  Causeries 
du  Besacier,  par  le  vicomte  de  Caix  de 
St-Amour,  i"*  série,  où  un  chapitre  spécial 
est  intitulé  «  Autour  du  Mont  Pagnotte  > 
(p.  199).  Le  passage  du  duc  de  Broglie  y 
est  cité  et  celui   du  marquis  d'Argenson. 

Une  seule  chose  nous  étonne  dans  cette 
étude,  c'est  que  M.  de  Caix  n'ait  envisage 
le  terme  «  pagnotte  »  que  comme  qualifi- 
catif au  lieu  d'envisager  le  sens  ordinaire 
donné  à  l'expression  «  mont  pagnotte  »  ; 
ce  sens  de  «  lieu  dominant  »,  nous  paraît 
avoir  été  donné  officiellement  au  nom 
propre  en  1724  ;  il  n'était  sans  doute 
qu'une  traduction  de  la  dénomination  po- 
pulaire, puisque  M.  de  la  Vigne  l'ortho- 
graphie à  tort  «  Monpagnotte  >  ;  il 
est  vrai  que  la  faute  en  est  peut-être  à  son 
graveur,  mais  La  Vigne  n'en  est  pas  moins 
responsable. 

Cette  élévation  était  bien  connue  de  la 
Cour,  non  seulement  parce  qu'on  la  voit 
de  tout  le  pays  au  loin,  mais  encore  parce 
que  la  Cour  passait  deux  fois  par  an  en 
vue  de  cette  hauteur,  lorsqu'elle  suivait  la 
route  de  Flandre  en  allant  séjourner  à 
Compiègne  ou  en  revenant. 

G.  DE  Marolles. 


Joachim     (Prononciation)   (LXVI, 

588).  —  Cette  question  a  été  traitée  dans 
V  Intermédiaire. 

Voir  XXVIl,  522,  703,  XXVlll,  64. 

11  résulte   des    réponses    faites    que  la 

prononciation   kime  est  latine,   italienne, 

espagnole  et  que    la    prononciation  chin 

est  française.  G,  Lantz. 

« 

»  ♦ 
Col.  588,  ligne  lo,  on    a  imprimé  «  ce 

prénom  était  celui  de  la   sainte  Vierge  > 

au   lieu   de   <   celui  du  père  de  la   sainte 

Vierge  2>.  D.  R. 

Origine  du  nom  de  Mistinguett 

(LXVI,  194,  471,  567).  —  11  reste  main- 
tenant à  chercher  quelle  est  la  significa- 
tion du  mot  «  Mistinguette  »,  refrain,  a- 
t-elle  dit  elle  même,  d'une  chanson,  et 
qu'elle  a  pris  comme  pseudonyme  ?  J'ai 
déjà  dit  que  je  crois  le  mot  ancien  ; 
mais  quelle  est  son  origine  ? 

Mauricb  Charpentier. 


N   1347,  Vol.  LXVl 


L'INTERMEDIAIRl 


1 1 


712 


MlleMistinguett, l'artiste  bien  connue  de 
nos  musics-halls,etdes  théâtres  parisiens, 
est  née  Jeanne  Bourgeois.       A.  Patay. 

Le8  usuriers  de  Cahors.  —  La  ques- 
tion a  été  traitée  dans  V Intermédiaire  en 
1906  ;  si  nous  y  revenons, c'est  que  le  ha- 
sard, cette  providence  des  chercheurs,  à 
laquelle  les  intcnnédiairisles  doivent 
«  de  fières  chandelles  »,  nous  a  fait  ren- 
contrer une  dissertation  historique  sur  les 
uiurien  de  Cabors  qui  a  ceci  de  particuliè- 
rement curieux  qu'elle  émane  d'un  cadur- 
cien  nomme  Lacoste-Glandière,  victime 
d'un  de  ses  compatriotes,  le  sieur  B..  ,qui 
perpétuait,  en  1809,  la  profession,  avec 
une  âpreté  digne  des  vieux  ancêtres. 

Lacoste-Glandière,  ruiné,  battu  en  jus- 
tice et  pas  content,  adressa  lettres  sur 
lettres  aux  ministres  de  la  Justice  et  de  la 
Police  qui  ne  l'écoutèrent  point,  lança 
factum  sur  factum  contre  B...  et  les  ma- 
gistrats, toujours  en  pure  perte. 

C'est  d'un  appendice  à  son  dernier  mé- 
moire, imprimé  en  juillet  1809,  que  nous 
extrayons  le  passage  suivant. 

Nous  devons  faire  remarquer  que  l'au- 
teur, au  début  de  son  factum,  prévient  le 
lecteur  qu'il  <  ne  vise  point  au  style  aca- 
démique >  ;  remarque  et  précaution  qu'on 
jugera  assurément  superflues 

Léonce  Grasilier. 

Juillet  1809, 
L«s  habitants  de  Cahors  ont  toujours  ^t^ 
très  misérable».  On  trouve  dans  les  anciennes 
Géographies,  Cahors, ville  très-pauvre.  De  là 
vient  que  les  usuriers  qui  s'engendrent  et 
croissent  dans  la  misère,  comme  les  insectes 
dans  la  corruption,  étaient  acclimatés  dans 
cette  ville,  longtemps  avant  le  la»  siècle. 
Quoique  depuis  cette  époque  on  ait  abattu 
les  arbres  qui  couvraient  les  montagnes  qui 
dominent  la  ville  de  Cabors,  et  qu'on  les  ait 
défrichées,  le  climat  n'a  pas  changé,  les  usu- 
riers sont  toujours  très  nombreux  dans  cette 
Tille,  et  y  jouissent,  grâces  à  Dieu,  d'une 
parfaite  santé.  En  1177  un  habitant  de  Cahois 
nommé  Jean  Latuca,  dont  les  ancàtres  qui 
avaient  eu  la  banc  rompu,  (bancorotto), 
étaient  venus  s'établir  d'Italie  dans  cette  ville, 
pour  y  faire  la  banque,  ou,  pour  mieux  s'ex- 
pliquer, le  métier  d'usurier  ;  Jean  Latuca, 
pour  soutenir  l'honneur  de  sa  famille,  fut, 
comme  sosie,  marqué  parJerriere,  pour  avoir 
été  trop  homme  de  bien.  Après  avoir  fait 
amende  honorable,  demandé  pardon  à  Dieu, 
%\i  roi  et  à  la  justice,  il  fut  se  réfugier  à  Flo- 


rence, avec  quelque»  autre»  habitants  de  Ca- 
hors, qui,  comme  lui,  s'étaient  brouillés 
avec  la  justice.  Les  uns  et  les  autres  devin- 
rent bientôt  fameux  par  leur  usure,  et  fu- 
rent appelés  à  Florence  les  Cahorcins  ou  Ca- 
hourcins,  comme  on  appelait  avant  la  Révo- 
lution Française,  Champagne, Saintonge, Lan- 
guedoc, des  marchands  qui  venaient  s'établir 
d'une  province  dans  une  autre.  Les  Cahor- 
cins se  répandirent  de  Florence  dans  toute 
rilalie  ;  et  quelque»  uni  de  leurs  descen- 
dants revinrent  dans  la  ville  de  Cahors,  au 
commencement  du  13'  siècle,  et  furent  par- 
tout connus  sous  le  nom  de  Cahorcins  ou 
Cahourcins. 

Les  Cahorcins,  fameux  par  leur  usure, 
devinrent  !>i  nombreux,  que,  ne  trouvant 
plus  de  victimes  à  immoler  dan»  les  endroits 
qu'ils  habitaient,  un  grand  nombre  se  ré- 
pandit comme  un  torrent,  en  1237,  dans  le 
reste  de  la  France,  en  Angleterre,  dans  les 
Pays-Bas  et  en  Sicile.  Henri  III  les  chassa 
d'Angleterre  en  1340.  Le  pape  Gréjfoire  VIII 
ayant  intercédé  pour  eux,  dix  ans  après  ils  y 
revinrent,  et  furent  chassés  une  seconde  fois 
en  lajl,  l'année  après  leur  rétablissement.  En 
1260  Henri  lil,  duc  de  Brabant,  ordonna  par 
son  testament,  qu'on  les  chassât  aussi  de  ses 
Etats.  £n  ia68,St-Louis  fit  contreles  Cahor- 
cins un  Edit  sévère,  au  point  qu'on  les  enle- 
vait dans  les  rues,  à  proportion  qu'ils  parais- 
saient. De  là  est  venu  cette  manière  de  parler 
proverbiale  : 

€  Enlevé  comme  un  Cahorcin  >  ,  et  par 
corruption,  comme  un  corps  sair;t.  Les  ca- 
horcins, ne  pouvant  plus  se  produire  nulle 
part  sans  être  arrêtés  ou  chassés,  revinient 
dans  la  ville  de  Cahors,  et  y  continuèrent  leur 
infâme  trafic.  Le  cardinal  Valentin,  pour 
mettre  un  frein  à  leurs  brigandages,  préleva 
sur  eux  tant  de  giosses  amendes,  qu'il  fit 
bitir  à  Cahors  sur  le  Lot,  et  à  leurs  dépens, 
le  pont  de  Valentres,  qui  existe  encore 
•ujourd'hiii,  c'est  pourquoi  le  vulgaire  dit  que 
ce  pont  a  été  bâti  par  le  diable. 

Le  p-^pe  Jean  XXII,  qui  aimait  passablement 
l'argent,  touché  da  compassion  sur  le  sort 
des  Cahorcins,  ses  compatriotes,  qui  étaient 
poursuivis  partout,  à  cause  de  leur  excessi- 
ve usure,  les  envoya  à  Rome  en  1317, 
l'année  après  son  élection.  Les  Cahorcins 
soutenus  par  le  pape,  ne  mirent  aucun  frein 
à  leurs  brigandages.  'Voilà  pourquoi  le  Dante, 
poète  italien,  qui,  en  1311,  mourut  de  mi- 
sère à  Ravenne,  place  dan»  son  enfer  les 
usuriers  de  ia  ville  de  Cahors.  En  attendant 
que  ceux  qui  existent  encore  aujourd'hui 
dans  cette  ville,  aillent  occuper  la  place  que 
le  Dante  leur  a  assignée  dans  l'autre  monde, 
il  faut  espérer  que  S.  M.  Impériale  et  Royale, 
qui  ne  veut  que  le  bonheur  de  ses  sujets,  en 
peuplera  les  bagne*  de  Brest,  Toulon  et  Re- 
chcfort. 


7 


..JÈUU 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Novembre  19 11 


7»3 


7M 


Topographie  française  par  Claude 
ChastiUomLXV.  778;  LXVI,  35,  161). 
—  11  est  fâcheux  que  M.  Alex  n'indique 
pas  les  régions  où  se  trouvent  les  loca- 
lités qu'il  cherche  à  identifier  ;  en  com- 
pulsant les  cartes  de  l'époque,  dont  l'or- 
thographe est  souvent  fort  éloignée  de 
l'orthographe  actuelle,  on  pourrait  peut- 
être  retrouver  quelques  noms. 

En  tous  cas,  les  Evelle*  sur  la  rivière 
de  Meuse  s'appelle  aujourd'hui  les  Ay- 
velles  (entre  Mézières  et  Sedan)  ;  il  y 
avait  même  en  ce  point,  il  y  a  une  ving- 
taine d'années  un  fort  ;  j'ignore  si  ce  fort 
a  été  déclassé.    • 

Pierre  T. 


Quel  est  l'auteur  de  la  brochure  : 
«  Coname  quoi  Napoléon  n'a  jamais 
existé  >  (T.  G.,  629).  —  C'est  en  mai 
1836  que  Le  Cabinet  de  lecture  et  Le  Vo- 
leur ont  publié  chacun  le  même  extrait  de 
cette  brochure,  mais  dans  aucune  de  ces 
Revues  l'auteur  est  nommé.        ,; 

Bien  au  contraire  Le  Cabinet  de  Lecture 
2  fait  précéder  son  article  de  la  note  ci- 
après  : 

Nous  avons  sous  les  yeux  une  petite  bro- 
chure fort  originale,  imprimée  à  Agen,  où 
l'auteur  qui  ne  se  fait  pas  connaître  prétend 
prou%-er  par  les  plus  bizarres  et  en  même 
temps  les  plus  spirituels  raisonnemens  que 
Napoléon  n'est  qu'une  allégorie. 

C'était  bien  M.  Balath^er  de  Brage- 
lonne qui  était  le  directeur  littéraire  du 
Cabinet  de  Lecture  qui  paraissait  concur- 
remment avec  Le  Voleur.  Quand  ces 
deux  Revues  fusionnèrent  pour  n'en  for- 
mer qu'une  seule  :  Le  Voleur-^  M.  Balathier 
de  Bragelonne  en  devint  le  directeur  peu 
après  cette  fusion.  G.  Lantz, 


Brenet  (LXVI,  344).  —  Brenet,  Bré- 
nier  et  Brénot  sont  :  1°  les  formes  de  Ber- 
net,  Bernier  et  Bernot.  2°  les  formes  de 
Brunet,  Brunier  et  Brunot.  Ainsi,  Brénot 
signifie  «  Bœuf  brun  ».  Roquefort  dit 
'<  Bœuf  d'un  rouge  brun  ».  3°  Les  dérivés 
de  s<  bren  »  qui  fait  «  embrener  ». 

«  Les  Brenets  ».  Domaine  de  Brunet 
nom  de  lieu  (Jura). 

«  Brunetière  »  Domaine  de  Brunet  nom 
de  lieu  (Ouest). 

Aimé  Thouvenin. 


Siffler  au  disque  rouge  (LXV,  693' 
LXVI,  29).  —  La  couleur  blanche  ne  joue 
aucun  rôle  dans  les  signaux  de  chemins 
de  fer,  contrairement  à  ce  qu'a  dit  C.  R. 
dans  sa  réponse  (LXVI,  29) 

L'article  12  du  «  code  des  Signaux  » 
dit  :  Le  disque  ou  signal  rond  peut  pren- 
dre deux  positions  par  rapport  à  la  voie 
qu'il  commande  :  «  perpendiculaire  »  ou 
«  parallèle  ».  Le  disque  fermé,  c'est-à- 
dire  présentant  au  train  sa  face  rouge 
«  perpendiculaire  »  à  la  voie,  le  jour,  ou 
un  feu  rouge  la  nuit,  commande  l'arrêt. 

Le  disque  effacé,  c'est-à-dire  disposé 
<  parallèlement  »  à  la  voie,  le  jour,  ou 
présentant  un  feu  blanc  la  nuit,  indique 
que  la  voie  est  libre. 

(On  entend  ici,  par  feu  blanc,  une  lu- 
mière vue  à  travers  un  verre  incolocej. 
Par  suite,  le  mécanicien  ne  peut  aperre- 
voir  la  face  blanche  du  disque. 

Aimé  Thouvenin. 

Kerr  (LXV,  646;  LXVI,  73).  —  La  dé- 
finition de  ce  mot  donnée  par  M.  Cor- 
man,  ne  répond  pas  à  ma  demande  (LXV, 
646). 

Je  signale  que  dan'^  ma  demande  pré- 
citée on  doit  lire  :  «  Cayolar  »  et  non 
Cagolan  ;  «  Habert  »  et  non  Hubert.^ 

Aimé  Thouvenin. 

La    chevelure     des     musiciensr 

(LXVI,  440).  — D'un  articule  de  M.  Henri 
de  Parville,  i'extrais  ces  passages  plutôt 
humoristiques  qui  répondent  à  la  ques- 
tion posée  : 

La  musique  exerce  une  action  manifeste 
sur  le  système  nerveux,  et  le  système  ner- 
veux peut  lui-même  agir  sur  la  nutrition  de 
nos  tissus  ;  on  peut  donc  en  conclure  que 
d'une  façon  générale  la  musique  possède  une 
influence   sur  l'indivi>lu  physiologique. 

La  proportion  des  individus  chauves  est 
de  II  p.c  pour  les  professions  libérales,  avec 
aggravation  pour  les  docteurs  anglais  qui 
semblent  détenir  le  record  de  la  calvitie, avec 
le  chiffre  élevé  de  30  p.c. 

Ce  sont  les  musiciîns  qui  ont  été  surtout 
passés  en  revue  ;  ceux  là  sont  chauves  aussi 
dans  la  proportion  de  i  i  p.  c  ;  seulement 
chez  les  instrumentistes  l'influence  des  vibra- 
tions musicales  se  fait  sentir  dans  deux  di- 
rections opposées  selon  l'instrument,  ainsi 
tandis  que  les  instruments  à  corde  prévien- 
nent, et  arrêtent  la  chute  des  cheveux,  les 
instruments  de  cuivre  excercent  la  plus  fatale 
action  sur  le  cuir  chevelu. 


N*  1347  ^o'-  LXVI. 

Le  piano  et  le  violon,  le     '  rincipale- 

iiient  ou!  une   action   ron'-  indénia- 

ble .  les  hommes  ri-'nistcs  o.t  tous  une  che- 
velure y>aÏ3nne, 

Le  violoncelle,  la  harpe,  Ij  contreb.i.-se  ; 
participent  Hes  effets  ph'îocomes  du  piano, 
le  hautboii  est  inférieur  h  U  contrebasse,  la 
clarinette,  la  flûte  ne  possèdent  plus  qu'une 
action  aiténuee  ;  et  vers  I.1  inquanfaine  les 
cheveux  s  ecbiicissent  liés  sensiblement. 

Réciproquement  Là  cuivres  sont  déplora- 
bles, le  cornet  à  pist  11,  le  cor  d'harmonie 
détériorent  l'homme  le  plus  chevelu  avec 
une  sûreté  et  une  rapidité  surprenante,  le 
trombone  est  1  instriKi;enl  le  plus  nifaste  pur 
excellence  ;  en  cinq  ou  six  années  l'instru- 
mentiîte  le  plus  chevvlu  a  peidu  ai:  moirs 
60  p. c. de  S'js  chvveux  ;  on  donne  à  ce  résul- 
tat désagréable  îe  nom  de  calvitie  des  fan- 
lares  ;  parce  que  lo  mal  sévit,  sntiout  parmi 
les  mnsicens  de  régiment. 

Pour  quelle  raison  le  trombone  hàte-t-il 
b  chuto  de  ces  chcvîux  et  le  piano  l'jrrê**- 
t-il  ?  on  n'en  sait  rien  Action  des  vibrations 
et  influence  du  timbre  mus  csl,  c'eît  certain  ; 
peu  impoite  la  ciuse  eriacte  si  le  tait  est  réel  : 
pour  se  convaincre  il  n'y  a  qu'à  examiner  le 
crâne  des  musiciens  d'un  oichestre,  c'est  fa- 
cile ;  et  dans  un  orchestre  il  y  a  beaucoup 
d'exécutants  ;  parmi  ceux-ci  il  n'y  a  pas 
beaucoup  de  trombones,  il  sera  donc  ficile  de 
contrôler.  ' 

Il  n'y  a  pas  seulement  que  les  musiciens 
ayant.une  abo:  dante  chevelure  :  l'on  pjut 
même  observer  chez  la  plupart  des  passion- 
nés de  musique,  ne  manquant  aucun  drs 
concerts  en  été  comme  en  hiver,  sar-.s  oublier 
des  repr  isentaticns  d'opéra  et  d'opéra-comi- 
que,  même  à  leurs    répétitions   :  et  ce    tont 

P.    CORMAN. 


Enseignes  littéraires  des  ooiflEeurs 
CLXVl,  ^bi,  'J19).  —  Jvi  me  rapp^jHt  fort 
bien  que  dans  mes  jeunes  années,  à  une 
époque  où  la  Porte  S:iint-Denis  n'était  pas 
':  comme  aujourd'hui,  et  où  elle 
^...  .1  ^n  quelque  sorte  encaissée  entre  un 
groupe  de  maisons  qui  terminaient  la 
rue  du  faubourg  Saint-Denis,  il  y  avait  a 
gauche  de  la  Pi.-rte  (en  venant  du  houle 
vard),  une  boutiqiu;  de  perruquier-coif- 
feur, dont  la  porte  vitrée  était  garnie  d'un 
store  rcpré^entant  Absdlon  arrêté  dans  sa 
tuile  par  un  arbie  auquel  ses  longs  che- 
veux l'avalent  accro .hé.  Au-dessous  de 
l'image,  le  perruquier  jovial  avait  placé 
ce  quatrair.  : 

Passant,  cor.l   nrple  la  douleur 
D'Absaloti  pendu  par  la  nuque  ; 


.'l.-viJJKAlBDiAlilr'vi; 


„ ^10  -. 

Il  eût  évité  ce  malheur 
S'il  vùi  parte  perruque. 

je  suis  peut-être  le  seul  Parisien  qui  ait 
conservé  ce  souvenir  ;  mais  il  est  encore 
1res  précis  dans  ma  mémoire,  et  je  crois 
bon  de  le  rappelé.',  parce  que  ce  sont  ià 
les  petits  côtés  de  l'histoire  pittoresque 
de  Pans. 

A    P. 


Les  enseignes  de  la  rue  de  Rivoli 


(LXVl,  89,  272.  502, 


Celte  qiics'i 


a  eie,  dès  le  début  dos  constructions  de  la 
rue  de  Rivoli  et  de  la  rifc  Castiglione, 
l'objet  de  nombreuses  réclamations,  soit 
de  !a  part  des  commerçants,  soit  de  la 
part  du  ffuhlic  ;  elle  a  donné  lieu  à  une 
volumineuse  correspondance  éghangce 
entre  le  iViinistère  de  l'Intérieur,  le  Minis- 
tère de  la  Maison  du  Roi,  la  Préfect  ire  de 
la  Seine  et  la  Préfecture  fle  Police. 

Vlyiiennédiaire  a  pu^Fé  une  petite  ;;ir- 
tie  de  cette  correspondance  et  un  ex'.r:iit 
du  cahier'des  charges  imposées  au\  ad- 
judicataires des  terrains,  mais, pour  cc'ai- 
rer  définitivement  les  débats,  il  me  parait 
utile  d'y  verser  d'autres  documents. 

1p  ferai  observer,  tout  d'abord,  que  le 
§  6  du  cahier  des  charges  doit  être  com- 
plété comme  suit  : 

L'adjudicataire  du  présont  lot  ne  pourra 
mettre  aucune  peinture,  ocriteau  ou  enseigiT'S 
indicatives  de  la  profession  de  celui  qui 
occupera,  sur  les  portiques  ou  façades  qui 
décoreront  les  maisons  sur  les  rues  de  Cnsti- 
•rjione  et  cie  Rivoli  ;  il  seya  te}iu  de  laisser 
libre  c  publique,  dmi  tous  les  te» ps  de 
lann'e,  cf  à  t^cypètnité,  h,  na'erie,  r<ûn^ 
pouvoir,  sous  aucun  pyt'text^'  qu/^  ce  soit,  en 
itiierroinp  c  la  libre  circula/ion,  ni  ériger 
de  planchers  à  la  hauteur  de  ceux  de  l'en- 
tresol. 

Cette  clause  fut  immédiatement   violée 
par  les  premiers  propriétaires  qui  fermè- 
rent les  iircades  par  des  grilles  et  qui  hrs- 
sèrent    les   boutiquiers    installer   des 
bleaux,  des  enseignes,  etc. 

Les  plaintes  et  les  réclamations 
afllucrent  aussitôt,  et  les  grilles,  furent 
supprmiées.  Il  n'en  fut  pas  de  même  des 
enseignes  qui  se  multiplièrent,  et  le  préfet 
de  police  dut  saisir  l'autorité  supérieure. 
Celle  ci  pencha  d'abord  pour  la  tolérance 
et  invit^^    le  préfet  de   police  à  étudier  la 


(ES    C HkBCBiJlîKi   El  CURiiiUX 


30  Novembre  1912 


7»7 


718 


question  avec  bienveillance.  Le  Préfet 
consulta  l'inspecteur  delà  voirie  qui  lui 
adressa  le  rapport  ci-après  : 

Lorsqu'on  a  construit  la  ruo  de  Rivoli,  on 
a  voulu  avoir  une  siiiio  de  bâtiments  qui 
accompagnât  le  Palais  des  Tuileries  il  ne 
fallait  pour  cela,  aucune  tache  sur  ces  bâti- 
ments, aucun  petit  detiil  ;  la  décoration  de 
toute  la  rue  devait  êire  uniforme,  et  c'est 
pour  cela  qu'on  i  imposé  commL.'  condition 
à  la  vente  des  terrains  qu'on  ne  mettrait  au- 
cune peinture,  écriteau  ou  enseignes  sur  les 
façades  ou  portiques. 

Tolérer  ce  que  le  cahier  des  c>iarges  a 
formellement  défendu,  c'est  introduire  les 
abus;  et  la  réforme  des  abus  loisqu'ils  sont 
devenus  intolérables  est  une  résoluiion  qui 
froisse  les  intérêts  d'un  grand  nombre  d'in- 
dividus. 

Je  ne  peux  donc  pas  partager  l'opinion  de 
M,  le  baron  Mounier  qui  voudrait  que, pour 
accélérer  la  construciiou  des  bâtiments  i^e 
la  rue  de  Rivoli,  on  sut  lifât  des  tableaux 
ou  enseignes,  à  condition,  toutefois,  qu'ils 
n'auraient  aucune  saillie. 

Un  tableau  en  saillie  ne  sera  pas  une  tache 
pius  sensible  sur  ies  bàtimenis  qu'une  pein- 
ture rouge,  verte  ou  jaune  et,  à  cet  égard,  h 
décoration  de  la  rue  des  Colonnes  qui  n'a  pas 
d'enseignes  saillantes  n'en  est  pas  moins  dé- 
truite par  les  couleurs  dont  on  a  barioiélesco- 
Icnnes. 

Si  on  tolère  les  enseignes, et  qu'on  ait  encore 
le  projet  de  faire  revivre  un  jour  les  clauses 
du  contrat  de  vente  des  terrai::s,  n'est-ce 
pas  tromper  les  propriétaires  et  les  locati.i- 
res  qui  auront  fait  des  frais  ou  loué  dans  la 
persuasion  qu'on  leur  permettrait  de  faire  ce 
qu'ils  voudraient 

Je  dis  oUis.  Si  en  tolère  les  enseignes  ou 
tableaux,  on  ne  pourra  pius  les  faire  détruire. 
A  une  enseigne  modeste  succédera  un  tabicau 
en  saillie  ;  celte  saiI  ie  augmentera  à  chaque 
mutation, et  bientôt  Its  £rcades,les  piliers  et 
les  murs  serontcouvertsd'inscripticnset  d'en- 
seignes qui  en  cacheront  toutes  les  piopor- 
lions. 

1!  est  certain  ue  si  on  lai-^se  subsister  tes 
enseignes  qui  déparent  les  maisons  construi- 
tes et  qu'on  défende  d'en  placer  d'autres, les 
boutiques  frappées  de  cette  défense  ne  pour- 
ront plus  se  loier  Une  marchande  de  modes 
s  e-t  établie  rue  Je  Rivoli, eiie  a  fait  pbcer  une 
enseigne  ;  à  peu  de  distance,  une  autre  m.'.r- 
chande  de  modes  a  loué.mais  ayant  demandé 
la  permission  défaire  placer  son  enseigne  on 
la  lui  a  refusée  ;  ede  veut  se  retirer  parce 
qu'elle  cr^^int  que  les  personnes  qui  vou- 
draient venir  chez  elle  ne  soient  trempées 
par  les  t.ibleaux  de  sa  voisine.  On  ne  peut 
donc  pas  refuser  de  nouvelles  enseignes  si 
on  laisse  subsister  les   anciennes  et  si   on  ne 


veut  pas  que  cette  me  devienne  aussi  bigar" 
rée  que  le  Palais-Royal,  il  faut,  pour  éviter 
lei  plaintes  des  gens  qui  s'établiront,  faire 
supprimer  tout  ce  qui  -st  contraire  aux  clau- 
ses du  cahier  des  charges.  Alors,  les  mar- 
chands n'ayant  aucune  rahon  de  craindre 
leurs  voisins  se  contenteront  d'écrire  sur  les 
carreaux  de  leurs  boutiqi!.;s,  et  les  hôtels  gar- 
nis sur  les  panneaux  de  leurs  portes. 

Sans  doute,  si  on  laissait  subsister  les  an- 
ciennes enseignes  et  qu'on  défendît  d'en 
étiiblir  à  l'avenir,  cette  ditfuulte  nuirait  à  la 
location  des  boutiques  nouvelles,  et,  par 
conséquent,  à  la  construction  de  nouvelles 
maisons,  in.iis  si  on  ne  voit  aucune  ensei- 
gne, je  ne  puis  croire  que  limpossibilitéd'en 
établi--,  empêche  les  cipitalistes  de  faire  une 
spéculation  ni  les  marchands  de  s'établir 
parce  que  je  suis  persur.dé  d'après  tout  ce 
que  disent  les  gens  en  boutique,  qu'ils  ne 
font  autant  de  frais  que  pour  ne  pas  rester 
en  arrière  de  leurs  confrères,  et  qu'ils  auront 
encore  assez  de  moyens  de  se  faire  distinguer, 
soit  par  l'arrangement  de  leurs  montres,  soit 
psr  une  enseigne  ultéiieure  ou  peinte  sur 
leurs  vitres. 

Sous  le  rappoiL  de  la  police,  il  me  semble 
qu'il  y  a  un  grand  avnntr^';  à  se  renfermer 
dans  la  stricte  observation  des  lois,  régle- 
aiurits  el  ordonnances.  Peur  peu  qu'on  s'en 
écarte,  les  abus  croissent  sous  les  pas  avec 
une  promptitude  qui  met  dans  l'impossibi- 
lité d'en  arrêter  le  cours. 

Ainsi,  au  Palais-Royal  il  faut  transiger 
avec  les  marchands.  Dans  les  rues,  l'abus  est 
devenu  si  intoléiabi--  -n'on  est  obligé  d'avoir 
recours  à  une  ordoiuiance  du  Roi,  et  que  de- 
puis six  ans, on  aitend  le  moment  de  la  solli- 
citer sans  oser  en  venir  à  cette  extrémité. 

Ne  pouvant  pas  croire  qu'on  ait  l'intention 
de  renor.cet  pour  jani-^is  à  la  régularité  de  la 
rue  de  Rivoli,  bien  convaincu  que,  si  on 
laisse  faire  les  marchands,  ccUe  rue  ne  pré- 
sentera bientôt  que  le  spectacle  de  la  rue 
St-Honoré,  spectacle  indigue  du  palais  des 
Tuileries  et  du  Jardin  dont  elle  lait  pour 
ainsi  di.e  partie  je  pense  que,  pour  empê- 
cher les  maichands  de  dénaturer  les  décoia- 
tions  de  cette  rue,  pour  conserver  aux  bâti- 
ments le  caractère  qu'on  leur  a  donné  pour 
en  faire  un  accessoire  des  Tuileries,  il  est 
indispensable  le  reiuser  toute  demande 
contraire  aux  conditions  du  cahier  des  char- 
ges, et  de  faire  retiier  sur  le  champ  toutes 
les  enseigi.es  qu'on  y  a  placées  makré  ces 
conditions. 

Signé  : 
Rahault. 
28  mai   i8i8. 

M.  Rahautet  le  Préfet  de  Police  ne  de- 
vaient obtenir  satisfaction  que  5  ans  plus 
tard.  En  effet,  pendant  ces  cinq  années,  le 


N«  1347     Vol.  LXVI 

719      

Préfet  de  Police  fut  assez  embarrassé,  car 
d'un  côté  le  Ministère  de  la  Maison  du 
Roi  l'invitait  à  laisser  les  choses  en  l'état, 
et  de  l'autre  le  Ministère  de  l'Intérieur  lui 
reprochait  son  inertie. 

C'est  en  1823  seulement,  que  le  Minis- 
tère de  la  Maison  du  Roi  se  décida  à  ne 
plus  s'occuper  de  cette  affaire  en  se  décla- 
rant incompétent. 

A  la  suite  de  la  lettre  du  12  février 
1833,  découverte  par  M.  Léonce  Grasili;;r 
aux  Archives,  le  baron  Mounier  fit  con- 
naitre  au  Préfet  de  Police  qu'il  adoptait 
son  opinion,  et  le  pria  de  lui  communi- 
quer un  projet  d  ordonnance  qui  fut 
approuvé. 

M.  Delavau  rendit  donc,  le  15  octobre 
182?,  une  ordonnance  qui  régla  définiti- 
vement la  question,  et  qui  est  encore  en 
vigueur  aujourd'hui. 

Nous  la  reproduisons  à  titre  de  conclu- 
sion. 

Paris  le  13  octobre  1823. 
Nous,  Conseiller  d'Eiat,  Préfet  de  Police  ; 
Considérant    1°  que    les    galeries  des   rues 
Casliglione  et  de  Rivoli  sont  un  passage  livré 
au  public  ; 

Que  cette  destination  est  établie  par  les 
termes  exprès  des  contrats  de  vente  des  t«r- 
rains  sur  lesquelles  on  a  construit  les  mai- 
sons riveraines  debdites  rues  ; 

Qu'sn  conséquence,  les  propriétaires  et  lo- 
cataires de  ces  maisons  sont,  de  droit,  assu- 
jettis aux  lois  et  règlements  relatifs  à  la  sû- 
reté et  à  la  liberté  de  la  voie  publique  ; 

Qu'indépendamment  de  ces  lois  et  règle- 
ments, ils  sont  assujettis  par  leurs  contrats, 
à  deux  conditions  particulières  qui  tendent 
au  même  but  ; 

Que,  notamment,  il  leur  est  interdit  de 
mettre  aucune  peinture,  écriteau  ou  ensei- 
gne sur  les  façades  ou  portiques  des  maisons, 
et  qu'ils  sont  tenus  de  laisser  libre  et  publi- 
que; dans  tous  les  temps  de  l'année,  et  à 
perpétuité,  la  galerie,  sans  pouvoir,  sous  au- 
cun prétexte,  en  interrompre  la  circulation, 
ni  ériger  le  plancher  h  la  hauteur  de  ceux  de 
l'entresol  ; 

3°  Qy'au  mépris  des  règlements  généraux 
da  police  concernant  la  liberté  et  la  sûreté 
de  la  voie  publique,  et  des  conditions  énon- 
cées aux  contrats  de  vente,  des  propriétaires 
ou  locataires  des  boutiques  situées  dans  les 
galeries,  se  so  it  permis  et  se  permettent 
d'établir  des  étalages,  monties,  tableaux  et 
auties  objets  en  saillie,  et  que  d'autres,  occu- 
pant les  logements  supérieurs,  ont  égale- 
ment établi  des  tableaux  ou  autres  objets  en 
saillie  des  murs  de  face  donnant  immediate- 
DQsnt  sur  les  rues  Castiglione  et  de  Rivoli, 


L'INlËRMBDIAIRii 


720 


Vu  la  loi  des  16-24  *°ût  1790,  titre  XI, 
art.  \«'  ; 

L'art.  471  §  3,  4,  5  et  6  du   Code  pénal  ; 

Les  ordonnances  de  police  des  16  août 
1819  et  90  août  1811,  concernant  les  gale- 
rie? du  Palais-Royal  et  les  passages  livrés  au 
public  sur  propriétés  particulières  ; 

En  vertu  de  l'arrêté  du  Gouvernement  du 
I  2   messidor  an  Vlll  ; 

Ordonnons  ce  qui  suit  : 

1 .  Il  est  défendu  d'établir  sous  les  gale- 
ries des  rues  Castiglione  et  de  Rivoli, des  de- 
vantures de  boutiques,  tableaux,  montres, 
enseignes,  étalages  ou  autres  objets  en  saillie 
du  nu  des  murs  de  face  intérieurs  desdites 
galeries,  et  d'appliquer  contre  les  murs  de 
face  des  galeries,  opposées  aux  boutiques,  au- 
cun objet  quelconque  pouvant  gêner  ou  res- 
treindre la  circulation  et  occasionner  des  ac- 
cidents ; 

11  est  pareillement  défendu  d'établir  aucun 
objet  en  saillie  du  nu  des  murs  de  face  exté- 
rieurs donnant  immédiatement  sur  les  rues 
Castiglione  et  de  Rivoli. 

2.  Dans  huit  jours,  à  compter  de  la  pro- 
mulgation de  la  présente  ordonnance,  seront 
supprimés  et  eulevés  toute  espèce  d'ojets  en 
saillie  établis  contrairement  aux  dispo:itions 
de  l'article  précédent  ; 

3  H  est  défendu  de  faire  dans  les  galeries 
dont  il  s'agit,  aucun  dépôt  de  marchandises, 
d'y  faire  travailler  si  ce  n'est  aux  réparations 
des  bâtiments,  d'y  placer  des  tables,  chaises 
ou  autres  objets  qui  pourraient  gêner  la  cir- 
culation. 

4.  Il  est  défendu  de  déposer  sur  les  croisées 
et  entablements  donnant  sur  la  rue,  des  cais- 
ses, pots  à  fleurs,  et  autres  objets  pouvant 
nuire  par  leur  chute. 

5.  Les  propriétaires,  principaux  locataires 
et  sous  locataires  des  maisons  et  boutiques 
dépendant  des  galeries,  seront  tenus  de  ba- 
layer ou  faire  balayer  tous  les  jours,  chacun 
au  droit  de  soi,  et  aux  heures  prescrites  par 
les  règlements,  le  sol  desdites  galeries,  et  de 
porter  ou  faire  porter  dans  la  rue  adjacente, 
les  ordures  provenant  du  balayage. 

6.  Les  propriétaires  de  ces  maisons  seront 
l'galement  tenus,  chacun  pour  ce  qui  le  con» 
cerne,  de  faire  réparer  avec  soin  les  enfonce- 
ments et  autres  dégradations  qui  surviendront 
au  sol  des  galeries,  à  l'effet  de  prévenir  les 
accidents. 

Le  Conseiller  d'Etat,  Préfet  de  Police, 

DfcLAVAU. 

Eugène  Grecourt. 

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Fondé   en    1864 


QUESTIONS     ET     RÉPONSES     LITTÉRAIRES.     HISTORIQUES.    SCIENTIFIQUES     ET   ARTISTlQUhS 

TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 


721 


Nous  prions  nos  corresponJanis  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
de  leur  pseudonyme,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  lafeuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  di  pseudonymes  inconnus 
*ie  seront  pas  imkrés. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un 
seul  objet. 

Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception^ 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  on  U 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


pour   100  unités,  ce  qui  représente  un  peu 
plus  de  18  pour  100  ». 

La  presse  fait  ainsi  une  distinction  ; 
qu'en  pensent  nos  collaborateurs  ? 

Le  masque  de   Charette.  —  On  lit 

dans  la  Liberté  du  28  novembre  1872  : 

Le  docteur  Hess  a  fait  don  au  musée  Du- 
puytren  du  moule  en  plâtre  de  la  tête  de 
Charette  le  général  vendéen.  Des  pièces  cons- 
tatent l'authenticité  de  l'objet. 

due  sait-on   de    l'histoire   de  ce 
que  ? 


mas- 


ailluedttan$ 


Qu'est-cequ'un  Turc?  —«Voilà,  on 
peut  le  dire,  une  question  d'actualité  brû- 
lante. Tout  sujet  de  Mahomet  V  est-il  un 
Turc  .?  Il  s'en  faut  de  beaucoup.  Tout  su- 
jet de  Mahomet  V  est  Ottoman.  Mais  ne 
peuvent  prétendre  au  nom  de  Turcs  aue 
les  conquérants  venus  de  l'Asie  qui  en- 
vahirent l'ancien  empire  d'Orient  et  pri- 
rent,en  i453,Consiantinople.  Pans  la  par- 
tie européenne  de  l'empire  ottoman,  pour 
100  Turcs  authentiques,  l'on  rencontre 
120  Grecs,  153  Albanais,  60  Bulgares, 
18  Serbes,  36  Arméniens,  24  Zingares, 
M  Juifs  et  12  Tziganes.  En  d'autres  ter- 
mes, sur  536  habitants  de  la  <  Turquie  » 
d'Europe,   les  Turcs   ne    comptent    que 


Bernard   Palissy,    pendu.  —  Je 

croyais  que  Bernard  Palissy  était  mort 
en  prison^  en  1590.  D'où  vient  la  version 
qi.i  veut  qu'il  ait  ^té  pendu.-'       Ch.  L. 

* 

La  question  a  été  posée  XVII. 

Dans  une  note  sur  l'Introduction  de  la 
chymie  de  Diderot,  manuscrit  inédit,  pu- 
blié par  M.  Charles  Henry  (^Revue  scienti- 
fique, 26  juillet   1884)  on  Ht  : 

On  apprend  par  un  registre  de  la  Cham- 
bre des  comptes  que  le  malheureux  Bernard 
Pahssy  s'était  trouvé  lié  dans  une  société 
de  gens  qui  faisaient  de  la  fausse  monnoye 
subit  le  sort  qu'ils  méritaient  c'est-à-dire 
qu'il  fut  pendu. 

Au  moment  oit  nous  corrigeons  cette 
épreuve  en  page,  les  Débats  (9  décembre) 
nous  apportent  un  article  qui  est  l'analyse 
du  récent  travail  de  M.  Weis  dans  le 
Bulletin  de  la  Société  de  l'Histoire  du  Pro- 
testantisme   français,  qui  apporte  sur   ce 

LXVI.  -  16. 


N«  1348     Vol,  LXVl 


L'iNTiîaMBi>IAmf< 


723 


724 


point  de  cutieux  éclaircissements.  Nous  les 
reportons  au  prochain  numéro. 

Foire  sur  la  place  de  la  Concorde . 

—  Le  14  tloréal  an  X,  le  citoyen  Francy 
législateur  rappelle  au  Premier  consul  le 
projet  d'une  foire  sur  la  place  de  la  Con- 
corde présenté  par  le  citoyen  Auvray,  et 
lui  présente  la  soumission  du  citoyen 
Tremouilles  pour  les  constructions  que 
cette  foire  exigeait. 

Le  projet  fut  renvoyé   par   Bonaparte  à 
l'examen  du  Ministre  de  l'Intérieur. 

Cette  foire  a-t  elle  jamais  existé  ? 

G.  L. 

Etats  militaires   de    France.    — 

Existc-t-il  des  éditions  différentes  des 
Etats  militaires  de  France  d'avart  1791  ? 
Les  unes  portent  comme  auteur  M.  de 
Roussel,  d'autres  MM.  de  Roussel  et  de 
Montandre.  Ces  éditions  doivent-elles  se 
confondre  ou  bien  y  en  a-t-il  de  plus 
complètes  les  unes  que  les  autres  ? 

P.  L.  C. 

Gardes  du  corps.  —  Dans  l'ouvrage  : 
Etat  de  la  Compagnie  Ecossaise  des  Gatdes- 
du-Corps  du  Roi  à  Coblent{  en  /jy/  et 
i-]^2,  il  est  fait  allusion  à  un  «  Etat  des 
quatre  Compagnies  des  gardes  du  Corps 
au  I"  juillet  1791 ,  imprimé  en  1792  par 
ordre  de  l'Assemblée  Nationale,  in  8°,  de 
34  pages  ».  J'ai  vainement  demandé  en 
communication  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale ce  dernier  ouvrage.  Un  intermédiai- 
riste  pourrait-il  me  dire  où  je  pourrais  le 
consulter  .''  P-  L.  C. 

Saint  Irénée,  évêque  de  Lyon.  — 

Quelque  lecteur  de  V Intermédiaire  serait- 
il  en  mesure  de  me  communiquer  les  ti- 
tres des  ouvrages,  récemment  découverts, 
de  saint  Irénée,  évêque  de  Lyon  ?  S'ils 
sont  publiés,  où  lestrouve-t-on  ? 

La  Colline. 

Marcellus,  évêque   d  Ancyre.  — 

Je  voudrais  savoir  si  le  traité  De  suhjec- 
tionc  Domini  Chrisii  écrit  en  grec,  pour 
combattre  l'hérétique  arien  Asterius,  par 
Marcellus,  évêque  d'Ancyre,  en  Asie  Mi- 
neure, a  été  découvert. 

Marcellus,  né  en  274  environ,  mort  en 
374,  occupa  le  ?iège  épiscopal   d'Ancyre 
depuis  314. 


Son  traité  fut  attaqué  par  Eusèbe  Césa- 
réen,  dans  l'ouvrage  de  ce  dernier  inti- 
tulé :  Lihri  duo   contra    Marcelliivi,  ainsi 
que  dans  ses  Libri  très  de  eccîesiasiica  theo 
logia. 

Le  traité  de  Marcellus  a-t-il  été  publié  ? 
A-t- il  été  traduit  du  grec  ^  Dans  quelles 
langues  ?  Par  qui  il  aurait  été  édité  ? 

La  Colline. 

L'abbé  Barnave.  —  Dans  la  même 
promotion  de  l'Ecole  normale  figuraient 
Taine,  About,  Weiss,  Challemel-Lacour, 
Perraud  et  Barnave. 

Ce  derniei  était  neveu  du  célèbre  con- 
ventionnel ;  il  entra  dans  les  ordres  et 
mourut  prêtre.  Un  confrère  pourrail-il 
donner  quelques  détails  sur  sa  carrière 
ecclésiastique  ?  J... 

Maréchale  Eazaioe.  —  11  me  serait 
très  agréable  d'avoir  quelques  renseigne- 
ments biographiques  5ur  la  maréchale 
Bazaine,  une  mexicaine  de  distinction  que 
le  maréchal  épousa  au  Mexique.  11  n'en- 
tre pas  dans  mon  intention  de  prier  mes 
confrères  de  me  fournir  de  longs  détails, 
mais  seulement  de  me  renseigner  sur  les 
noms,  prénoms,  qualités  de  la  famille, 
dates  de;la  naissance  et,  s'il  y  a  lieu,  du 
décès, union  nouvelle.      Emile  Blondet. 

Famille  de  Binos.  —  je  désire  avoir 
quelques  renseignements  sur  cette  fa- 
mille. 

Prière  aux  honorables  correspondants 
qui  possèdent  des  ouvrages  héraldiques 
de  vouloir  bien  les  compulser  à  ce  sujet. 

G.  DE  B.  de  g. 

Chauvet  ou  Chauvette  du  Breuil. 

—  En  annonçant  récemment  la  mort  de 
la  comtesse  Quivogne  de  Luna,  fille  du 
D'  Chartroule  de  Montifaud,  et  décédée 
au  mois  de  septembre  1912,3  Neuilly-sur- 
Marne,  un  journal  ajoutait  qu'elle  était  la 
petite-fille  de  ^'essire  Chauvet  du  Breuil, 
chevalier  de  St-Louis  et  préfet  mari- 
time (?)  de  Rochefort  en  1780.  Je  serais 
très  reconnaissant  a  celui  de  nos  confrères 
qui  pourrait  me  dire  à  quelle  province 
appartenait  cette  famille  Chauvet  ou  Chau- 
vette. de  quel  Breuil  elle  tirait  son  sur- 
nom et  quelles  relations  de  parenté  exis- 
taient entre  le  Chauvet  du  Breuil  vivant 
à  Rochefort  en  1780  et   le  personnage  du. 


VAUCANSON 


Intermédiaire,  LXVI.  col.  726. 


ti 


72  5  

même  nom  qui,  presqu'à  la  même  épo- 
que, commandait,  si  je  suis  bien  rensei- 
gné, le  fort  de  St-Louis  en  Haute-Loui- 
siane. Le  fort  est  devenu  l'embr)  on  de 
la  grande  ville  du  même  nom,  aujour- 
d'hui la  capitale  de  l'Etat  du  Missouri. 
Le  Chauvet  du  Breuil  dont  il  s'agit  est 
resté  en  Amérique  où  il  a  laissé  une  nom- 
breuse postérité  féminine.  Mais  je  désire- 
rais savoir  s'il  y  a  encore,  soit  en  Europe, 
soit  aux  Etats-Unis,  des  représentants 
mâles  de  la  famille  Chauvet  ou  Chau- 
vctte  du  Breuil.  Le  Besacier. 

Cora  Pearl.  —  Connait-on  le  vérita- 
ble auteur  des  Mémoires  de  Cora  Pearl  ? 
E.xisie  t-il,  en  dehors  de  ces  mémoires, 
une  biographie  sérieuse  et  documentaire 
de  cette  fameuse  demi-mondaine  ^ 

XXX. 

Emery,  chirurgien  du  1'^'^ Empire. 

—  On  sait  que  Napoléon  i^"^  coucha  sur 
son  testament  le  nom  de  trois  chirurgiens 
militaires  :  celui  de  Larrey  «  L'homme 
le  plus  vertueux,  que  j'aie  connu  ».avec 
une  dotation  de  100,000  francs,  celui  du 
baron  Peicv,  chirurgien  en  chef  des  ar- 
mées impériales,  avec  une  dotation  de 
50,000  francs,  et  celui  du  chirurgien 
Emery  —  nom  bien  obscur,  —  avec  une 
dotation  de  50.000  francs. 

Un  intermédiairiste  pourrait-il  nous 
fournir  quelques  renseignements  biogra- 
phiques sur  Emery  et  nous  expliquer  lés 
causes  de  ce  choix  inexpliqué,  tandis  que 
l'illustre  Des  Genettes  est  complètement 
oublié  dans  le  testament  de  l'Empereur  ? 

D'  Bonnette, 

Princesse  Ghica.  —  Je  possède  un 
portrait-carte  d'une  princessse  Ghica  fait 
par  Disdéri, boulevard  des  Italiens, n°  8,  vers 
1860  La  princesse  est,  je  crois,  la  veuve 
de  Grégoire  Ghica,  mort  en  1858,  mais 
j'ai  cherché  v-'inement  son  nom  de  fa- 
mille. Un  confrère  de  V Intermédiaire 
pourrait-il  venir  à  mon  aide  .'' 

Emile  Blondet. 


DBS  CHERCHEURS  ET   CURIEUX  10  Décembr»  1919 

respondance  de  Mme  Adèle  Victor  Hugo 
écrite,  de  Jersey,  à  sa  sœur  Julie  Foucher 
(Mme  Paul  Chenay)  et  qu'a  publiée 
M.  Léon  Séché  dans  le  Supplément  litté- 
raire du  F ig.no  du  Sam.  3  août  i9i2,je 
lis  ce  passage  :  (Lettre  du  32  Mai  18^^). 
<  ...  Nous  dépensons  douze  à  quinze 
mille  francs  par  an,  c'ci,t  trop  pour  nous 
qui  avons  le  marché  de  la  France  fermé. 
Tu  sais  qu'on  joue  les  pièces  de  mon  mari, 
et  que  les  tribunaux  ont  décidé  qu'il  ne 
devait  prélever  aucuns  droits.  C'est  tout 
comme  si  un  tribunal  décidait  qu'un  in- 
dividu ayant  pris  ton  mouchoir  dans  ta 
poche,  avait  le  droit  de  le  prendre.  Voilà 
la  justice.  » 

En  admettant  que  le  fait,  ici  rapporté, 
ait  bien  réellement  été  authentique,  —  a- 
t-il  pu  se  continuer,  de  même  pendant 
toute  la  durée  du  second  Empire  ? 

Truth. 


Herz.  —   Où  trouver  une 
complète  du  pianiste  Herz  .'' 


biographie 
XXX. 


Les  Droits  d'auteur  théâtraux  de 
'Victor  Hugo,  exilé,  supprimés  sous 
l'Empire.  —  Dans  une  intéressante  cor- 


Lenoncourt.  —  Quelle  fut  la  date 
exacte  du  mariage  de  Barbe  de  Barrois  de 
Morhaigne  (famille  luxembourgeoise)avec 
Charles  de  Lenoncourt  de  Sernemart  ?  De 
qui  était  fils  ce  Charles  de  Lenoncourt  ? 
et  dans  son  centrât  de  mariage  comment 
était-il  qualifié  ^  R.  de  R. 

Vaucanson.  —  Où  est  le  Auteur  de 
Vaucanson  ?  dont  parle  Gœthe. 

On  le  disait  au  musée  de  Vienne  :  il  ne 
s'y  trouve  pas  ;  on  le  disait  au  cabinet  du 
célèbre  Beireis  à  Helmstadt,  en  Allema- 
gne :  il  ne  s'y  trouve  pas.  (T.  G.  775). 

M.  Monval  (T,  G.  201,)  a  demandé  ce 
qu'est  devenu  le  célèbre  «  aspic  mécani- 
que sifflant  »  que  Vaucanson  fabriqua 
pour  la  Cléopàtre  de  Marmontel,  tragédie 
représentée  pour  la  première  fois  sur  le 
Théâtre  français  (salle  de  l'Ancienne  co- 
médie) le  20  mai  1750,  Pas  de  réponse. 

En   somme,    combien    nous    reste  t-il 


d'oeuvres 
sont-elles 


du   célèbre 


mécanicien   et 
:  •.    Jt   D'  L, 


OU 


Famille  Thirion.  —  Un  de  nos  obli- 
geants confrères  pourrait-il  me  donner  des 
renseignements  sur  cette  famille  : 

François  Thirion,  procureur,  marié  à 
Anne  Martin,  à  la  paroisse  Saint-Honoré, 
à  Blois,  le  i*""  août  1643,  •{•  le  2  octo- 
bre 1676,  duquel  mariage  :  .v  ;' 

i^François,  procureur,  né  le  27  mai 
1644, 


N«  1348.    Vol.LXVI. 

727  

2"  Jacques,  avocat  au  parlement,  prési- 
dent en  l'élection  du  Grenier  à  sel,  marié 
à  Charlotte  Humblot,  duquel  mariage  : 
N*"  Thirion, conseiller  du  Roy,  président 
en  l'élection  de  Bloia. 

3"  Anne-Elisabeth,  née  le    13   janvier 

4"  Etienne,  né  le  6  janvier  1658,  capi- 
taine au  régiment  de  Piémont. 

Peut-on  retrouver  trace  de  la  descen- 
dance ?  Thix. 

Walton  a-t-il  existé  ?  —  En  1821, 
M.  C.  d'Orhigny,  ancien  médecin  mili- 
taire,** esquissait  succinctement  l'origine 
et  les  usages  des  bouchots  à  moules  », 
c'est-à-dire  l'historique  de  la  mytilicul- 
ture, dâns\e  Journal  de  Physique  de  l'abbé 
Rozier,  continué  par  Ducrotay  de  Blain- 
ville  {t.  93,  p.  194-200,  Paris  1821).  11 
y  disait  notamment  que  : 

Le  premier  bouchot  fut  établi  à  l'embou- 
chure de  la  Sèvre  Niortaise  en  1346,  par 
un  Irlandais  nommé  Walton,  et  il  prétendait 
avoir  tiré  ce  fait  d'un  livre  intitulé  :  Théâtre 
des  ?nerveilles  de  l'industrie  humaine,  par 
D...t  V...t,  gentilhomme  ordinaire  de  la 
Chambre  du  Roi.  Rouen  1398,  chez  Jacques 
Caillove,  cour  du  Palais. 

Vingt-six  ans  plus  tard,  il  publiait  une 
brochure,  dont  voici  le  titre  in-extenso  : 
Histoire  des  parcs  ou  bouchots  à  tiioules  des 
côtes  de  V arrondissement  de  La  Rochelle,  lue 
à  la  Société  d'Agriculture  et  à  celle  des 
Sciences  Naturelles  de  cette  ville,  les  26 
décembre  1846  et  11  janvier  1847,  par 
M.  C.-M.-D.  d'Orbigny  père,  médecin 
militaire  en  retraite,  naturaliste  corres- 
pondant du  Muséum  Royal,  membre  de 
diverses  Académies  et  Sociétés  savantes 
françaises  et  étrangères  (in-8  de  11-14 
pages). 

Dans  cette  brochure,  d'Orbigny  fait  de 
nouveau  l'historique  de  la  mytiliculture, 
mais  avec  plus  de  détails,  toujours  d'après 
le  fameux  livre  de  1598,  dont  il  indique 
le  titre  de  la  façon  suivante  :  Théâtre  des 
merveilles  de  l'industrie  humaine,  par  D 
T,  V.  T.,  gentilhomme  ordinaire  du  Roi, 
chez  Caillon,  cour  du  Palais,  Rouen. 
Son  historique  débute  ainsi  : 

Origine  des  Bouchots.  Vers  la  fin  de  103^ 
(aie),  une  barque  chassée  des  côtes  d'Irlande 
par  un  violent  coup  de  vent  du  nord-ouest, 
après  avoir  franchi  une  assez  grande  étendue 
de  mer,  ëvité  plusieurs  écueils  et  traversé  le 
Perthuis  Breton,  fut  jetée  sur   les  rochers  de 


L'INTfiRMftDlAlRB 


7^8 


la  Pointe  de  l'Escale  à  l'ouest  et  à  demi-lieue 
du  port  d'Esnandes.  Les  pêcheurs  du  pays 
s'empressèrent  de  porter  secours  aux  naufra- 
gés ;  mais  malgré  leurs  efforts,  ils  ne  purent 
sauver  qu'un  des  trois  hommes  qui  compo- 
saient l'équipage.  Cet  homme  en  était  le  pa- 
tron, se  nommait  Walton,  et  fut,  par  la 
suite,  le  fondatenr  du  premier  bouchot. 

Intrigué  par  la  discordance  de  ces  deux 
historiques,  j'ai  essayé  de  me  procurer  le 
livre  cité  par  d'Orbigny  :  j'ai  même,  à  ce 
sujet,  envoyé  à  \' Iniermédiaiie   (1909,   1" 
semestre,    col.    170)  une    question,  à  la- 
quelle   il    a  été  répondu    (col.  425)   que 
«  l'auteur  de  cet  ouvrage  est  peut-être  le 
cosmographe    Davity    »    ;    mais,    Pierre 
Davity,  seigneur  de  Montmartin,  dont  j'ai 
parcouru  les  nombreuses   publications,  a 
ignoré  Walton.  Après  avoir  cherché  en 
vain  le  Théâtre  des  merveilles  de  l'industrie 
humaine  dans  les   diverses    bibliothèques 
de  Paris,  je  l'ai  demandé  par  le  canal  du 
Bulletin  de  V Association  des  bibliothécaires. 
Personne  n'ayant  pu-me  signaler   l'exis- 
tence de  ce  livre,  faut-il  en  conclure  qu'il 
n'a  jamais  existé  ? 

L'histoire  de  Walton,  développée  dans 
le  Magasin  pitioresque{iS4^,  p.  242,254, 
257,  265)  par  madame  Belloc,qui  a  donné 
à  cet  hypothétique  Irlandais  le  prénom  de 
Patrice,  a  été  reproduite  par  les   auteurs 
les  plus  graves  :  A.    de  Q.uatrefages.dans 
ses  Souvenirs  d'un   naturaliste  {Revue  des 
Deux  Mondes  âm   15  mai  1853,  et  tirage  à 
part  en  2  vol.)  ;  Coste  dans  son    Voyage 
d'exploration  sur    le  littoral   de  la    France 
(Paris,  i8ss  ;   2=  édition,   Paris,  i86i)  ; 
Alfred  Frédol    (pseudonyme  de    Moquin- 
Tandon),  dans  le  Monde  de  /(Z  w^rr  (p.253, 
Paris,  1864)  ;  Louis   Figuier  dans  la    Vie 
et  les    mœurs   des   animaux.    Zoophytes    et 
Mollusques  (p.    32c,    Paris,    1865)    ;    C. 
Millet,    dans    la    Culture  de  l' eau    fp.  83, 
Tours,  1869)  ;    Georges  Roche,  dans    la 
Ciiltuie  des  mers  en  Europe  (p.  277, Paris, 
1898)  ;   Albert  Granger,  dans    \'Hiitoire 
naturelle  de  la  France  (7*  Partie  :  Mollus- 
ques, p.  57,  Paris,  1891)  ;  etc.. 

Aucun  de  ces  auteurs  ne  met  en  doute 
la  véracité  de  D'Orbigny.  Cependant,  si 
le  Théâtre  des  merveilles  de  Vindustrie  hu- 
maine est  un  livre  imaginaire,  que  devient 
l'histoire  de  Walton  ?  Une  supercherie 
littéraire,  ni  plus  ni  moins. 

Je  suis  d'autant  plus  porté    à    le  croire 

qu'il  n'est   fait   aucune    mention   de   cet 

'   Irlandais  ni  dans  le  Mcmoite  sur  les  bon- 


i;fcS  CHBKCHiiURS  bi  CUKIliUA 


lo  Décembre  1912 


729 


750 


chois  à  moules,  lu  par  Mercier  du  Paty 
dans  TAssemblée  publique  de  l'Académie 
de  la  Rochelle,  le  5  mai  17Ç0,  ni  dans 
V Histoire  Je  la  ville  de  la  Rochelle  et  du 
pays  d  Auliiis,  par  le  P.  Arcère  (La  Ro- 
chelle, i^îà).  Qu'en  pensent  les  savants 
arcnéologues  de    la   Charente-Inférieure  ? 

Df  Maxime. 

Comtesse  du  Syint-Empire.  —  due 

signifie  ce  titre  ?  Quelle  en  est  l'origine  ? 
Quels  honneurs  particuliers  confère-t-il  ? 
Est-il  héréditaire  ou  personnel  ? 

J.B. 

Armoiries  de  Quentine  de  La 
Pierre.  -  Quelles  étaient  les  armes  de 
Ernestine  Françoise  Quentine  de  La  Pierre 
chanoinesse  à  Denain  ?  On  me  signale 
deux  familles  de  ce  nom,  l'uneen  Flandre, 
l'autre  en  Hainaut,  portant  des  armes  dif- 
férentes :  je  voudrais  savoir  à  laquelle  ap- 
partenait cette  Dame,  mariée  à  Joseph 
Ignace  comte  de  Sainte- Aldegonde. 

Bénédicte. 

Armoiries  de  Mme  de  Bellefor- 
rière.  —  Quelles  étaient  les  armes  de 
M.  jos  Ant.  de  Belleforrière,  femme  en 
1706,  de  Phil  -Alb  -Jos.  de  Landas,  comte 
de  Louvignies,  ou,  pour  préciser,  appar- 
tenait-elle à  la  famille  de  Seiglières-Bois- 
franc,  substitués  au  nom  de  Belleforrière, 
et  qui  écartelait  de  ces  deux  familles,  ou 
bien  à  la  branche  cadette,  devenue  la 
seule,  qui  portait  les  armes  de  Bellefor- 
rière pleines  ?  Bénédicte. 

Armoiries  à  identifier  :  croix  an- 
crée. —  D'or  à  la  croix  ancrée  de  sable, 
cantonnée  de  quatre  molettes  Jiimême.  Cou- 
lonne  de  marquis,  amoiries  sur  la  re- 
liure d'un  ouvrage  français  imprimé  en 
Hollande  en  1671.  '       O.  G.  M. 

Armoiries  à  déterminer  sur  un 
plat  J.ouis  X"V  —  A  qui  peuvent  ap- 
partenir les  armoiries  gravées  dans  des 
plats  d'argent  Louis  XV,  et  que  je  lis 
ainsi  ; 

D  argent  à  deux  chevrons  Je  gueule, 
l' écusson  accolé  est  d\j^ur  au  chevron 
d'or,  accompigné  de  trois  roses  (?)  d'ar- 
gent  [?) 

Couronne  de  marquis. 

Vicomte  DE  S. 


Famille     de  Sansac.    Armoiries. 

—  En  1584,  haut  et  puissant  seigneur 
M.  Jehan  de  Sansac,  seigneur  et  baron  du 
dit  lieu,  seigneur  de  Cellefrouin  et  Mon- 
turoreau,  gouverneur  de  Bordeaux  et  du 
pays  Bordelais,  étai:  un  personnage  re- 
nommé. 

Quelles  étaient  ses  armoiries  ? 

En  outre,  je  voudrais  savoir  s'il  eut  des 
enfants  de  Jeanne  de  Maillé  son  épojse, 
et  quels  étaient  ses  ascendants  et  ses 
frères.  Hussson. 

Ex-libris  à  détermi'^er.  —  D'or  à 
trois  palmes  de  sinople  liées  d'ar- 
gent. —  Couronne  de  comte,  heu  ovale 
dans  un  cartouche  de  style  Louis   XIV. 

Geo  FiLH. 

Ex-libris  à  détsrininer  :  D'ar- 
gent au  chevron  d'azur.  —  D'argent 
au  chevron  d'a;(ur  chargé  au  sommet  d'un 
croissant  du  premier,  accompagné  de  trois 
roses  au  naturel. 

Heaume  taré  de  trois  quarts.  Cimier  : 
un  lévrier  issant.  Supports:  deux  lévriers. 

Geo.  FiLH. 

Livres  d'heure  A.  J.  —  Le  Jour- 
nal de  Rouen  reçoit  la  lettre  suivante  : 

Paris  22  novembre  1912. 
Monsieur  le  directeur, 

Vous  avez  annoncé  dans  le  numéro  du  22 
novembre  1912  la  vente  à  New  York,  pour 
la  somme  de  32.0  o  francs,  d'un  livre 
d'Heures  manuscrit  du  xv"  siècle,  orné  de 
seize  belles  miniatures  et  de  nombreux  enca- 
drements, et  très  piobablement  exécuté  à 
Rouen. 

Il  est  peut-être  intéressant,  pour  connaître 

—  sinon  l'auteur  —  tout  au  moins  le  premier 
pos?esseur  de  ce  livre  d'Heures,  d'ajouter 
quelques  renseignements  complémentaires. 
Le  livre  porte,  en  effet,  une  armoirie,  une  de- 
vise et  des  initiales. 

L'armoirie  est  la  suivante  :  de  sable,  à  la 
ban  le  d'argent  accomp  ignée  de  troiit  be~ 
San' s  d'or,  posés  deux  en  chefs  à  senestre  et 
un  en  pointe  à  dextre. 

La  devise  se  lit  ainsi  :  «  A  mal  vouloir  pe- 
tit pover  »  (povc-r,  pouvoir).  Les  initiales 
sont  :  A.  J.  Ce  livre  d'Heures,  à  l'usage  de 
Rouen,  appartenait  à  la  seconde  moitié  du 
xve  siècle,  de  i  ,30  à  1510  environ. 

Peut-être  quelque  érudit  normand  pour- 
rait-il fournir  quelques  renseignements  sur 
ces  armoiries,  cette  devise  et  ces  iniales,  et 
retrouver  le  nom  de  celui  qui,  le  premier,  a 
^   fait  composer  pour  son  usage  et   à   ses    frais 


N«  1348  Vol.  LXVI. 


L'iNTfiRMKDïAllKib 


7^' 


732  - 


le  manuscrit  qui  vient  d'obtenir  un  prix  si 
élevé  à  New- York? 

Un  Bibliophile. 

Jetons  dans  leur  boîte.  —  J'ai  ac- 
quis dernièrement,  chez  un  bijoutier-anti- 
quaire,une  petit  boite  en  argent,  cylindri- 
que, mesurant  un  centimètre  et  demi  de 
hauteur  et  deux  centimètres  de  diamètre. 
Sur  le  couvercle  de  cette  boite,  qui  est  tn 
réalité  un  étui,  sont  gravés  grossière- 
ment deux  cœurs  flamboyants,  accolés  et 
percés  d'une  flèche.  Au-dessous,  deux  pe- 
tites palmettes  croisées  ;  en  exergue  se 
trouvent  les  mots  suivants  :Z)«  2  m«  . 

Cette  boîte  contient  encore  (elle  pour- 
rail  en  contenir  une  quinzaine)  treize  mé- 
dailles ou  jetons  de  la  taille  d'une  pièce 
de  cinquante  centimes,  portant  d'un  côté  : 
au  centre  deux  mains  s'étreignant  et  sur- 
montées d'une  couronne  vaguement  du- 
cale et  au-dess  )  is,  entre  trois  étoiles, une 
tête  d'ange  En  exergue  ces  mots  :  La 
Foy  nous  unit. 

Sur  l'autre  face  :  deux  cœurs  flam- 
boyants surmontés  d'une  couronne  du 
même  genre  que  la  première  et  aux  deux 
cœurs,  est  suspendue  une  sorte  de  croix 
étoilée.  En  exergue,  ces  mt)ts  :  Elle  nous 
est  due. 

Je  serais  très  reconnaissant  qu'un  inter- 
mediairiste  avisé  put  me  dire  quelle  est 
la  provenance  de  cet  objet  et  à  quel  usage 
il  était  destiné.  L.  L. 

S&cerdos,    sacerdoti   lupissimus. 

—  Dans  Le  Testament  d  un  antisémite^  de 
M.  Drumont,  au  livre  l'V,  intitulé  le 
Cierge  fin  de  siècle.^  on  trouvera  ce  triple 
proverbe  : 

Homo  homini  lupus 
Multer  mulieri  liipior 
Sacrrdos  sacerdoti  lupissimus 
La  première  partie  est    connue  depuis 
longtemps,  mais    de    qui  est-elle  ?    Et  de 
qui  sont   les  deux  autres  P  Ont-elles  paru 
antérieurement  ?  V.  A.  T. 

La  Société  Polysoph  que  et  sa 
bibliothèque.  —  Sur  un  ouvrage  en 
2  vol.  intitulé:  Anecdotes  littéraires  on 
histoire  de  ce  qui  est  arrivé  aux  écrivains 
/tançais,  etc.,  à  la  Haye,  chez  Pierre 
Gosse  Junior  1746  :  je  trouve  un  ex-libris 
étiquette  64  X  54  typo,  avec  l'inscription 
en  trois  lignes  :  Btbliothrque  de  la  Socié- 
té Polysopkique .  je  serais  très  reconnais- 


sant à  qui  pourrait  me  donner  des  rensei- 
gnements sur  cette  Société  et  sur  sa  bi- 
bliothèque ?  Henry -André. 

Acteur  et  comédien.  —  La  Société 
de  l'Histoire  du  Théâtre  se  met  à  la  ré- 
daction du  Dictionnaire  du  théâtre.  L'une 
des  premières  questions  étudiées,  et  dont 
lA.  Paul  Ginisty  a  été  le  rapporteur,  est 
celle-ci  :  Quelle  différence  y  â  t-il,  au 
point  de  vue  théâtral,  entre  le  mot  acteur 
et  le  n\o\.  comédien. 

C'est  une  question  curieuse  :  la  Société 
de  l'Histoire  du  Théâtre  nous  permettra 
bien  de  la  reprendre  très  modestement. 

Protagoniste  —  Dans  ses  Mémoires 
qu'il  a  écrits  en  français,  Carlo  Goldoni 
s'exprime  ainsi  : 

Les  disputes  s'écha\iffèrent  davantage  à 
l'égard  de  mx  dernière  pièce  Mes  athlètes 
soutenaient  que  VHonnête  Fille  é\.z\i  utie  co- 
médie sans  défauts,  oi.ies  rigoristes  trou- 
vaient que  j'avais  mal  choisi  le  protago- 
niste. 

Je  demande  pardon  à  mes  lecteurs  si 
j'ose  me  servir  ici  d'un  mot  grec,  qui  doit 
être  connu,  mais  qui  n'est  guère  usité  :  ce 
mot  ne  se  trouve  ni  dans  les  dictionnaires 
français  ni  dans  les  dictionnaires  italiens.  Ce- 
pendant des  auteurs  célèbies  de  ma  nation 
s'en  sont  servi  et  s'en  servent  communé- 
ment. Castelvetro,  Crescimbeni,  Giavina, 
Quadrio,  Muratori,  Malïéi,  Métastase,  et 
tant  d'autres,  ont  employé  le  terme  de  pro- 
tagoniste, pour  dire  le  sujet  principal  de  la 
pièce.  Vous  voyez  l'utilité  de  ce  grécisme 
qui  renferme  la  valeur  de  si.\  mots,  et  je  de- 
mande la  permission  d'en  faire  usage  pour 
éviter  la  monotonie  d'une  phrase  qui,  dans 
le  cours  de  mon  ouvrage,  pourrait  devenir 
ennuyeuse 

Littré  ne  cite  qu'un  exemple  de  l'em- 
ploi du  mot  en  question  : 

« Ce  qui  mettrait  le  gouvernement 

français,  s'il  pouvait  être  de  mauvaise  foi, 
dans  la  situation  d'un  protagoniste  de 
théâtre  qui  voudrait  commencer  tout  seul 
une  pièce,  où  nul  ne  consentirait  à  lui 
donner  la  xk^\\(\\ic-». {L'Indépendance  Belge 
du  1 1  août  i8b8). 

Je  demande  à  V Intermédiaire  si  1  intro- 
duction dans  notre  langue  du  mot  prota- 
goniste, doit  être  réellement  attribué  à 
l'auteur  du  Bourru  bienfaisant.  Peut-on 
citer  des  auteurs  l'ayant  employé  après 
Goldoni  et  avant  V Indépendance  Belge? 

Nauticus. 


DBS  CHERCHIiURS  Êï  CURllîTJX 


10  Décembre  191  a 


733 


734 


Réponees 


Les  funérailles  de  Charles- Quint 

fLXVl,  625).  -  Tous  les  historiens  par- 
lent de  ces  funérailles  anticipées  de  Char- 
les-Quint. Je  viens  de  lire  l'article  que 
lui  a  consacré  Bayle  :  il  est  copieux  et  sur 
le  point  spécial,  précisé  par  la  question 
de  M.  Alex.  G.  Le  fait  est  attesté  par 
Framicn  Strada,  De  Bello  Belgico,  livre 
premier,  décade  13,  page  14  : 

Quelques  jours  avant  sa  mort,  il  fit  célébrer 
ses  lunérailles  et  y  assista  en  personne. 

Il  mourut  le  21  septembre  i  55,8. 

E.  Grave. 

*  * 
Charles  Quint    a-îil   assisté  vivant  à 

SCS  ob'-èques  ? 

i"  Le  .V,an;tscyit  hiciouvKnl-:  analysé 
par  \A.  Bakhuisen  C.  XXXIÎI,  r.,ffirme. 

2'*  Sandoval  qui  rend  compte   des  der- 
niers  moments   de    l'Empereu'"    Vida  del 
etnperador    Carlos   y  en    Y uste  t     II.    p 
826)  n'en  parle  pas. 

■i.  Les  serviteurs  de  Charle?  Quint  qui 
l'avaient  accompagné  au  Monastère  de 
Yustc,  tels  q':2  le  majordo'ne  QuîjaJa,  le 
secrétaire  Gazteîù.  le  médecin  Ma^hys, 
qui,  dans  leur  correspondance  *  privée 
rendaient  compte  des  acte;:-  religieux  de 
l'Empereur,  ne  font  nulle  part  mention 
de  celte  cérémonie. 

4°  Robertson,  d?ns  son  îiistoue  d,r 
Charles  Qitint,  tombe  dans  le  roman.  Non 
seulement  il  fuit  assister  l'empereur  à  ses 
propres  funérailks,  mais  il  le  couche 
comme  un  mort  dans  sa  bière,  d'où  il 
mêle  sa  voix  à  celles  des  moines  qui  chan- 
tent les  prières  des  trépassés.  Cette  ver- 
sion, qui  ne  repose  sur  rien,  fut  celle  qui, 
naturellement,  eut  le  plus  de  succès. 

^°  M.  Gachard,  qui  écrivit,  vers  1854- 
55  ses  deux  volumes  Retraite  et  mort  de 
Charles  Quint,  penche  en  faveur  du  récit 
des  moines  :  l'Empereur  assi-^tant  à  la 
messe  de  ses  funérailles,  et  allant  faire 
l'offrande  de  son  cierge  entre  les  mains 
du  prêtre. 

6°  Mignet,  dans  son  Charles  Quint,  son 
abdication,  son  séjour  et  sa  mort  au  monas- 
tère de  Yiiste,  s'élève  formellement  contre 
cette  légende.  11  invoque  les  règles  reli- 
gieuses qui  s'opposent  à  de  telles  cérémo- 
nies ;  il  rappelle  la  santé  de  l'Empereur 
qui,  sortant  à  p'r'P.r"   '^'•!'?"  -moN--*-  -**- 


que  de  goutte  n'avait  pu  assister  à  d'au" 
très  services  funèbres  en  l'honneur  de  ses 
parents  et  de  sa  femme  ;  il  insiste  sur  le 
silence  gardé  par  tous  ses  serviteurs  et 
par  son  médecin  sur  un  acte  aussi  peu 
ordinaire.  11  cherche  à  démontrer  que  la 
plupart  des  circonstance  racontées  par  les 
moines  sont  invraisemblables  ou  fausses, 
et  que  le  31  août,  jour  assigné  par  ceux- 
ci  aux  obsèques.  l'Empereur  était  depuis 
24  heures  retenu  dans  sa  chambre  par  sa 
maladie.  Il  cite  la  lettre  du  médecin  Ma- 
thys  à  Vasquez  en  date  du  i  septembre, 
racontant  tous  les  petits  faits  de  la  vie  de 
l'empereur,  ainsi  que  le  nom  de  la  ma- 
ladie. 

Tel  était  à  peu  près  l'état  de  la  ques- 
tion il  y  a  quarante  ans.  Nous  ignorons 
absolument  si  quelques  découvertes  plus 
récentes  ont  précisé  ce  fait  resté  bien 
obscur,  qui  n'avait  pour  base  que  le  ré- 
cit des  moines,  et  que  des  romanciers  —  en 
admettant  même  la  célébration  possible 
d'une  messe  — avaient  dramatisé  à  plaisir. 

Henry  Lyonnet. 

L'émigration  en  Angleterre  sous 
la  Révolution  (LXVI,  337,445,686).  — 
Lanote,  trouvée  dans  ses  fiches,  par  M.  R. 
S.  repose  sur  une  erreur.  Il  n'y  eut  point, 
en  1796,  de  chapelle  du  roi  de  Bavière 
dans  Warwick  Street  de  Londres,  pour  la 
bonne  raison  qu'il  n'y  avait  pas  de  roi  de 
Bavière  à  cette  époque 

Par  contre,  l'électeur  Charles  Théodore 
de  Bavière  et  du  Palatinat,  décédé  le  16 
février  1799,  et  le  duc  Max  Joseph  des 
Deux  Ponts,  lequel  a  succédé  sur  le  trône 
électoral  de  Bavière  et  du  Palatinat,  ont 
p;j  avoir  une  chapelle  au  siège  de  leur 
Légation  respective. 

.  Fromm,  de  V Univers. 

Les  blessures    de    Napol -on    J"' 

(LXIV  ;  LXV:  110,  557;  LXVI, 57).  —  Le 
maior  générai  sic  George  Ribout  Bin- 
gham,  un  des  officiers  anglais  qui  voya- 
gèrent sur  le  *•.  Northumberland  »  en  com- 
pagnie de  Napoléon  l"",  a  laissé  un  «jour- 
nal »  de  la  traversée  de  Berryhead  à 
Sainte-Héline,  qui  a  été  publié  par  le  ca- 
pitaine C  W.  Thompson  dans  k  BLuk- 
wcod's  Maga:^ine  d'octobre  1896. Une  tra- 
duction   française   de  tout   ce    qui    avait 


N*  1348.    vo;. 


LA  VI. 
-    73=) 


L'INïliKMîiD,.AiK« 


73b     - 


mois  suivant  dans  la  Revue  des  Revues  où 
on  peut  lire  : 

Samedi  iç  août  (181',).  -  Au  dîner  Napo- 
léon a  parle  de  Toulon  avec  animation.  Il 
dit  que  la  seule  blessure  qu'il  eût  jamais  re- 
çue était  un  coup  de  pique  à  la  main,  que  lui 
avait  porté  un  matelot  anglais  à  l'assaut  du 
fort  Mulgrave,  dont  la  possession  avait  con- 
duit à  révacuatioii  de  la  ville. 

lien  ressortirait,  si  ce  témoignage  pou- 
vait être  pris  à  la  lettre  de  préférence  a 
tous  les  autres  : 

i«  que  Napoléon  aurait  reçu  une  unique 
blessure  de  guerre  et  que  ce  fut  à  Tou- 
lon ; 

2"  que  la  blessure  de  Toulon  avait  son 
siège,  non  pas  à  la  tète,  ni  à  la  cuisse 
gauche,  ni  au  moUet,  comme  on  l'a  dit, 
mais  bien  à  la  main  ;  et  que  cette  blessure 
très  connue,  «  à  l'annuaire  de  la  main 
gauche  »,  n'avait  pas,  par  conséquent,  la 
cause  qu  on  lui  attribue  généralement  : 
un  coup  de  boutoir  de  sanglier  au  cours 
d'un>'.  chasse  à  Marly. 

Mais  je  crains  bien  que  ma  réponse,  au 
lieu  de  solutionner  la  que  tion,  aboutisse 
à  l'embrouiller  encore  davantage  ! 

Pierre. 

Le  compas  de  Napoléon  ï"  "^  et  le 
cadet  Louis  de  Cuny  iLXVI,  673).  - 
M.  Alex.  G  demande  qui  était  le  cadet 
Louis  de  Cuny.  On  désignait  dans  le  saint 
Empire,  et  on  désigne  encore  dans  l'Alle- 
magne moderne,  sous  le  nom  de  cadets: 
les  élevés  des  écoles  de  guerre  des  divers 
Etat?  confédérés. 

Les  Cuny  paraissent  être  originaires  de 
la  Champagne  ;  c'était  une  famille  de  re- 
lii^ionnaires  français,  réfugiée  dans  les 
Erats  des  princes  protestants  allemands. 
Le  nom  de  Cuny  est  porté  dans  l'armée 
et  dans  les  fonctions  administratives, 
mais  la  noblesse  de  la  famille  n'est  fondée 
que  sur  un  brevet,  puisqu'elle  ne  possède 
point  de  domaines  de  noblesse. 

Fromm,  de  V  Univers, 

M.  Frédéric  Masson, disent  les  Annales, 
nous  communique  une  copie  de  la  lettre 
de  Mlle  Sichel  : 

La  règle  de  l'Empeieur  tut  léguée  à  ma 
mère  par  le  cadet  Louis  de  CUiny,  son  gran.l- 
pere.  Louis  de  Cuny,  Belge  de  nais-ance, 
ra^is  apparenté  à  d'illustres  familles  fran- 
yaises,    servit  dans  les  armées  alliées.  A  leur 


suite  il  entra  dans  Paris  et  à  Malmaison,  où 
Napoléon,  après  le  désastre  de  Waterloo,  ve- 
nait de  passer  cinq  jours  avant  son  départ 
pour  Rochefort.  Il  emporta  la  règle  comme 
souvenir.  Dans  la  suite,  il  épousa  Mlle  de 
Noydanset  vécut  à  Paris  oi^i  il  mourut  h  l'âge 
de  quatre-vingt-quatorze  ans.  Il  repose  au 
Père  Lachaise.  Ma  mère,  sa  petite  fille,  s'est 
remariée  au  baron  de  Richter,  le  collection- 
neur connu,  petit-fils  du  général  de  l'Em- 
pire et  de  la  Restauration. 

Une  parole  de  Guillaume  V'  (LXIV; 
LXV  ;  LXVl.  406,  492J.  -  La  thèse  sou- 
tenue par  deux  collaborateurs  de  Y  Inter- 
médiaire est  celle  qu'ont  essayé  d'accré- 
diter les  journaux  allemands  dès  le  lende- 
main du  4  septembre    1870. 

Elle  a  été  réfutée  à  cette  époque  par  des 
organes  de  la  presse  européenne.  Elle  est 
à  la  fois  spécieuse  et  fausse.  Les  docu- 
ments produits  à  l'appui  de  cette  thèse 
sont  des  documents  à  côté.  Ce  que  nous 
venon.'=  de  voir  dans'la  guerre  des  Bal- 
kans éclaire  d'un  jour  éclatant  les  événe- 
ments de  la  guerre  de  1870-1871.  A  la 
veille  des  hostilités,  les  h.tats  balkaniques 
protestaient  à  l'envi  de  leurs  sentiments 
modérés.  Au  lendemain  de  leurs  victoires, 
ils  proclament  hautement  le  dessein  de 
se  partager  l'empire  Ottoman.  Ainsi  en  a- 
t-il  été  en  1870. 

Les  documents  qu'il  faut  interroger 
pour  répondre  à  la  question  posée,  sont 
les  documents  contemporains  de  la  décla- 
ration de  guerre  ou  immédiatement  pos- 
térieurs Le  discours  adressé  par  le  roi 
Guillaume  au  Parlement  allemand  le  19 
juillet  1870  discours  visé  par  Frédéric 
Godet  dans  une  lettre  à  son  ancien  élève 
le  prince  royal  Frédéric  Guil'aume  de 
Prusse,  lettre  lécemment  publiée  par  le 
Journal  de  Gi'u'eve.  est  le  premier  de  ces 
documents.  L'Adresse  du  Parlement  en 
réponse  à  ce  discours  est  le  second.  Il 
suffit  de  les  l're  pour  constater  que  le  rot 
et  le  Parlement  ont  fait  une  expresse  dis- 
tinction entre  la  France  et  le  gouverne- 
ment de  Napoléon  III.  Le  Parlement 
allemand  prend  texte  des  discours  de 
MM.  Thiers.  Jules  Favre,  Gambetta,  le 
iS  juillet,  pour  dire  que  «  la  partie  sé- 
rieuse du  peuple  français  n'a  pu  empêcher 
le  forfait  »  de  la  déclaration  de  guerre. 

Ce  n'est  pas  tout.  Apres  Wissembourg, 
après  Freschwiller,  après  Forbach,  le 
prince  royal  de   Prusse  entrant  en  vain- 


DBS  CHBKGhBURS   HT  CURIEUX 


10  Décembre  191a 


737 

queur  dans  les  départements  de  la  Lor- 
raine, a  adressé  aux  populations  envahies 
une  proclamation  dans  laquelle  il  a  écrit 
textuellement  ceci  :  «  L'Allemagne  fait  la 
guerre  à  l'empereur  des  Français  et  non 
aux  Français  »  (G.  Valfrey,  Histoire  de  la 
diplomatie  du  Gouvernement  de  la  défense 
nationale,  t.  111,  p.  157)  C'est  le  mot 
contesté  et  nié  par  les  deux  collaborateurs 
de  V Intermédiaire.  La  démonstration  est 
complète,  A.  T. 


ht  Journal  des  Débats,  16  octobre  191 21 
dans  un  article  consacré  à  Frédéric  Godet, 
pasteur  suisse,  qui  fut  le  précepteur  fran- 
çais du  prince  Frédéric  de  Prusse,  le  futur 
empereur  éphémère  Frédéric  111,  reproduit 
une  lettre  adressée  le  3  novembre  1870 
par  M.  Godet  au  prince  royal  a  Versailles. 
L'ancien  précepteur  entretenait  son  élève 
de   l'opinion  publique  en  Suisse  : 

On  aurait  voulu,  dirait  M.  Godet,  que  la 
Prusse,  une  fo;s  l'empereur  prisonnier,  fît  la 
paix  avec  la  France,  conformément  à  la  fa- 
meuse parole  royale  à  l'ouverture  du  Parle- 
ment. 

Il  répétait  l'erreur  qui  s'était  propagée 
par  la  publication  des  circulaires  de  Jules 
Favre  ;  il  mettait  ce  qu'il  appelait  la  «  fa- 
meuse parole  royale,  »  non  pas  comme  le 
ministre  des  affaires  étrangères  du  Gou- 
vernement de  la  Défense  nationale,  dans 
la  proclamation  du  roi  de  Prusse  au  Peu- 
ple français,  mais  dans  le  discours  du 
Trône.  Or  le  propos  se  trouve  aussi  peu 
dans  ce  discours  que  dans  la  proclama- 
tion. 

Le  Reichstag  de  la  Confédération  du 
Nord  se  réunit  le  19  juillet.  Le  roi  de 
Prusse,  président  de  la  Confédération,  la 
tête  couverte  du  casque,  lut  le  discours. 
Nous  ne  traduirons  pas  ce  discours  ;  il 
prendrait  une  page  entière  de  Vlntcrmé- 
diaire  La  langue  officielle  allemande  est 
longue,  enchevêtrée;  on  peut  la  comparer 
à  un  écheveau  de  fils,  et  la  langue  fran- 
çaise à  un  tissu  serré.  La  première  phrase 
du  discours  du  19  juillet  a  sept  lignes,  la 
seconde  dix,  la  troisième  quinze.  Nous  ne 
voulons  pas  nous  risquer  à  mettre  ces  fils 
allemands  sur  le  métier  français  ;  nous 
n'arriverions  pas  à  fixer  la  trame  sur  la 
chaîne.  Nous  nous  contenterons  d'un 
court  résumé.  Le  roi  de  Prusse  déclare  que 
les  peuples  allemand  et  français,  jouissant 


738 


des  bienfaits  de  la  civilisation  chrétienne, 
vivant  dans  une  prospérité  croissante, 
étaient  faits  pour  la  concurrence  pacifique 
et  non  pour  la  lutte  sanglante  des  armes; 
que  cependant  les  chefs  (machlhaber)  de 
la  France  par  des  manœuvres  préméditées, 
et  dans  un  but  personnel,  ont  su  exploiter 
l'amour-propre,  légitime  mais  suscep- 
tible, du  grand  peuple  français  ;  que  l'Al- 
lemagne est  obligée  de  tirer  l'épée  pour 
défendre  son  honneur  et  son  indépen- 
dance, qu'elle  luttera  contre  l'oppression 
d'un  conquérant  étranger,  sans  autre  bu 
que  d'assurer  .^  l'Europe  une  paix  du- 
rable. En  dehors  de  ce  qui  vise  les 
«  machthaber  »,  rien  ne  concerne  Napo- 
léon 111.  Nous  défions  l'argumentateur  le 
plus  subtil  de  trouver  dans  ce  discours 
que  Guillaume  I*"^  a  séparé  la  France  de 
son  souverain.  Si  après  trois  mois  un 
homme  aussi  loyal  que  le  vénérable  pas- 
teur Godet  a  été  victime  d'une  défaillance 
de  mémoire  dans  une  lettre  adressée  au 
fils  du  Roi  lui  même,  faut-il  s'étonner  de 
voir  répéter  par  des  écrivains  passionnés 
une  erreur  affirmée  à  diverses  reprises  par 
un  ministre  des  affifires  étrangères  ?  Dès 
1872,  cependant,  Dussieux,  le  professeur 
de  Saint-Cyr.  dans  sa  très  remarquable 
Histoire  générale  de  la  guerre  de  i8yo-i8j  i , 
avait  proclamé  la  vérité.  «  11  ne  s'agit  pas 
d'isoler,  comme  on  l'a  dit,  l'Empereur  et 
les  Bonaparte  de  la  nation,  mais  de  sépa- 
rer la  nation  de  1.  rmée  »,  et  il  ajoutait 
judicieusement  :  «  pour  réussir,  le  rei  de 
Prusse  faisait  appel  a  l'égoïsme,  à  l'intérêt 
personnel,  et  malheureusement  son  appel 
trouva  trop  d'écho  dans  le  pays.  » 

Comme  nous  voulons  vider  la  question, 
nous  allons  examiner  les  proclamations 
successives  du  roi  de  Prusse  ;  dans  au- 
cune nous  n'apercevons  la  moindre  trace 
de  la  parole  que  le  pasteur  Godet  attribue 
au  père  de  son  élève. 

Le  2<^  juillet,  le  roi  adresse  une  procla- 
mation au  Peuple  allemand  où  il  dit  qu'il 
espère  que  la  guerre  amènera  une  paix  du- 
rable, et  que  le  sang  répandu  fera  sortir 
de  terre  une  moisson  bénie  de  liberté  et 
d'unité. 

Le  31  juillet,  avant  de  quitter  Berlin_,  il 
accorde  uneamnistie  politique  et  termine  : 
«  Provoqués,  nous  sommes  résolus,  pa- 
reils à  nos  pères,  fermement  confiants  en 
Dieu  à  entreprendre  la  lutte  pour  le  salut 
de  la  Patrie.  >» 


N    1348    Vût.     LXvl, 


739 


L  i::i.Lh,.i£fiauu-\iiUi. 


Le  2  août,  de  Mayence,  il  lance  une 
proclamation  à  l'armée  : 

«  Toute  l'Allemagne  se  dresse  unani- 
mement en  armes  contre  un  Etat  voi^in 
qui  nous  a  déclaré  la  guerre  à  l'impro- 
viste  et  sans  motif.  11  s'agit  de  la  défense 
de  la  Patrie  menacée,  de  notre  honneur,  de 
notre  foyer,  je  prends  aujourd'hui  le  com- 
mandement des  armées,  et  commence 
avec  confiance  une  lutte  analogue  k  celle 
que  nos  pères  ont  glorieusement  sou- 
tenue. 

La  Patrie  entière  vous  contemple  avec 
espoir.  Dieu  soutiendra  notre  juste 
cause  » . 

Le  8  août,  nouvelle  proclamation  à 
l'armée,  où  il  indique  à  ses  soldats  la  con- 
duite à  tenir,  comme  il  le  fera  quelques 
jours  plus  tard  dans  sa  proclamation  au 
Peuple  français  : 

«  Nous  ne  faisons  pas  la  guerre  aux  ci 
to\cns  pacifiques.  C'est  le  devoir  de  tout 
soldat,  soucieux  de  l'honneur,  de  respec 
ter  la  propriété  privée  et  de  ne  pas  per- 
mettre que  le  bon  renom  de  l'armée  soit 
souillé  par  des  actes  isolés  d'indiscipline. 
Je  compte  sur  le  bon  esprit  qui  anime  l'ar- 
mée, sur  la  sévérité  et  la  prévoyance  des 
chefs.  » 

Le  même  jour,  Steinmetz,  commandant 
de  la  i''"  armée,  qui  avait  acquis  dans  sa 
longue  carrière  une  réputation  de  dureté, 
dit  dans  un  ordre  :  '<  Le  pacifique  citoyen 
est  sous  la  protection  de  l'humanité,  sous 
la  discipline  prussienne  ». 

Le  9  août,  le  général  de  Beyor,  chargé 
des  opérations  en  Alsace,  adressa  un  appel 
aux  populations.  *<  Les  soldats  se  battent 
contre  les  soldats  loyalement,  ouverte- 
merii.  Nous  voulons  ménager  les  citoyens 
désarmés,  citadins  et  villageois.  Mais 
nous  exigeons  impérieusement  que  les  ci- 
toyens s'abstiennent  de  toute  hostilité  ou- 
verte ou  secrète.  Des  violences,  des  cruau- 
tés, nous  ont  forcés  à  de  sévères  repré- 
sailles. J'espère  que  les  autorités,  les  prê- 
tres, les  instituteurs,  les  chefs  de  famille 
empêcheront  toute  hostilité  contre  mes 
soldats  à. 

Enfin  arriva  la  célèbre  proclamation  du 
Roi  au  Peuple  français,  si  souvent  citée, 
presque  toujoure  dénaturée,  que  nos  lec- 
teurs connaissent.  Elle  fut  suivie  de  l'ordre 
dra(;onien  des  chefs  d  armée,  son  vrai  com- 
mentaire, que  nous  p^'  >ns  reproluit 
(îo  septembre  IQ12). 


740 

La  seule  pièce  qui  prête  à  l'amphibolo" 
gie  est  la  proclamation  du  Prince  royal 
à  Nancy  qui  débute  parées  mots  :  «  L'Al- 
lemagne fait  la  guerre  à  l'Empereur  des 
Français  ».  Ces  mois  n'ont  jamais  abuse 
personne  en  Lorraine.  Le  Prince  royal 
poursuivait  mollement  les  débris  de  l'ar- 
mée de  Mac-Mahon.  S'il  avait  déployé  la 
fougue  de  Napoléon  après  lénaet  du  vieux 
Blucher  après  Waterloo,  il  serait  arrivé 
avant  la  fin  du  mois  d'août  devant  Paris 
dont  la  mise  en  état  de  défense  était  à  peine 
commencée.  La  prudence  de  Moltke  l'ar- 
rêta à  Nancy  pour  qu'il  restât  à  portée  des 
deux  armées  de  Steinmetz  et  de  Frédéric- 
Charles.  11  ne  fut  remis  en  marche  que  le 
21  août.  Il  séjourna  à  Nancy  du  ib  au  21 . 
La  municipalité  de  Nancy  était  affolée  ; 
on  ne  savait  comment  nourrir  les  habi- 
ta ^ts  d'une  ville  complètement  isolée  par 
le  fait  de  la  guerre,  et  les  soldats  qui  l'oc- 
cupaient. Pour  calmer  les  esprits,  le 
Prince  royal  publia  1^'proclamation  que 
nous  avons  reproduite  (50  septembre 
1912).  Cette  pièce  est  la  seule  où  Napo- 
léon 111  est  séparé  de  la  nation. 

Le  14  août  le  roi  nomma  le  comte  de 
Bismarck-Bohlen  gouverneur  général  de 
l'Alsace,  et  le  21  il  assigna  à  ce  gouver- 
nement le  Haut-Rhin,  le  Bas-Rhin,  et  le 
nouveau  département  de  la  Moselle  formé 
par  les  arrondissements  de  Metz.  Thion- 
ville,  Sarreguemines,  Château-Salins  et 
Sarrebourg.  Bientôt  parut  la  carte  officielle 
représentant  ce  pays.  C'est  cette  carte,  où 
la  frontière  était  marquée  par  un  liseré 
vert,  qui  servit  en  1871  à  la  délimitation. 
Assurément  la  Prusse  dès  le  début  des  hos- 
tilités voulait  le  démembrement,  et  savait 
ce  qu'elle  désirait  annexer. 

Le  30  août  .Vi.de  Bismarck-Bohlen  lança 
une  proclamation  dans  le  sens  de  celle  du 
Roi  au  Peuple  français  :  r  Les  institutions, 
la  sécurité  des  personnes  et  des,  pro- 
priétés seront  assurées  ;  nous  ferons  tout 
pour  amoindrir  les  charges  lourdes  mais 
inévitables  de  la  guerre.  Ce  but  ne  sera 
atteint  que  si  les  habitants  répondent  à  la 
confiance  de  la  nouvelle  administration,  ■ 
etc.,  etc.  » 

Le  31  août,  le  comte  He.iekel-Donners- 
m.irck,  préfet  de  la  Moselle,  publia  à  Sar- 
regiiemines  une  proclamation  analogue  :  m 
€  je  défeiidr  il  ardemment  les  intérêts  de  ' 
U  population,  j'assurerai  la  sécurité  des 
personnes  et  des  propriétés  ;  je  compte 


DBS  GHBRCHJîURS  ET  CURIEUX 


10    Dé  embre  191  ; 


741 


742 


I 


sur  la  coopération  des  administrés  pour 
remplir  ma  tâche  ;  le  préfet,  si  les  affaires 
le  lui  permettent,  sera  tous  les  jours  prêt 
à  recevoir  les  habitants.  > 

Voilà  les  pièces  officielles.  Assurément 
on  ne  détruit  dans  un  champ  le  chiendent 
qu'avec  une  extrême  difficulté.  Je  pense 
cependant  être  arrivé  à  extirper  un  chien- 
dent historique,  l'erreur  relative  à  la  pa- 
role de  Guillaume  I*^"^.      Paul  Muller. 

Fataille  Barade  (LXVl,  284.  483, 
1598).  —  Je  lis  dans  le  livre  La  No- 
blesse de  France,  par  Jean  de  Bonne - 
fon,  que  «  la  fantaisie  orthographique 
des  iioms  propres  fut  infinie  jusqu'à 
la  Révolution  »  ;  moi  aussi,  j'ai  trouvé 
dans  les  papiers  de  cette  famille  Barade, 
et  dans  un  même  acte  le  nom  écrit  :  Ba- 
llade, et  aussi  Barada.  Peut-être  cela  peut- 

donner  raison  à  M.  Auribat  ? 

M.   DE  LA  S. 

f  _ 

Mémoires  du  cardinal  de  Bernis 

(XVI,  627).  —  Les  Mémoires  du  cardinal 
de  Bernis  ont  été  publiés  chez  Pion,  en 
1878,  par  M.  Frédéric  Masson.     G.  G. 

>  * 

Ces  Mémoires  ont  été  publiées  par  M. 
Frédéric  Masson, avec  l'autorisation  de  la 
famille  du  cardinal  en  1878, chez  Pion.  Ils 
sont  fort  intéressants.         Heny  Prior. 

Même  réponse  :  H.  C.  M. 

Gustave  Charpentier.  L'origine 
de  x<  iiO'iise  »  (XLIl).  —  La  Grande 
France,  a  Bordeaux,  publie  un  article  in- 
titulé A  propos  de  rentrée  de  Gustave  Char- 
pentier à  V  Institut  Mous  avons  adressé  au 
journal  la  lettre  suivante  : 

Monsieur  le  Directeur, 
L'attribution  faite  —sous  réserves, je  le  re- 
connais,  —  à  V Intermédiaire  des  chercheurs 
et  curieux,    du   récit  ^ue    publie   M.   André 
du  Thil   est  inexacte. 

Famille  de  Chaumont  (LXVI,  140. 
307,  497).  —  M.  A.  B.  aurait-il 
l'extrême  obligeance  de  me  renseigner 
sur  Charles  Le  Coigneux,  chevalier,  sei- 
gneur de  Beuzonville,  conseiller  au  Châ- 
telet,  qui  épousa,  à  une  date  non  indi- 
quée, Marie-Louise  de  Courtenay,  dame 
de  Changy,  dont  il  eut  plusieurs  enfants 
d'après  le  père  Anselme.^  Marie-Louise  de 
Courtenay  mourut  à  Montargis  à  91  ans 


et  fut  inhumée  à  Ste- Marie  Madeleine  1^ 
17  septembre  1744.  La  Chesnaie-Desbois 
ne  le  cite  pas.  Je  désirerais  savoir  si  quel- 
qu'un de  ses  enfants  lui  succéda  dans  la 
seigneurie  de  Chanzy,  en  vue  d'établir 
la  suite  des  .-eigneurs  de  ce  fief. 

C.  N. 

En  réponse  a  l'article  famille  de  Chau- 
mont, paru  dans  V  Intermédiaire  du  20  oc- 
tobre dernier,  c.  497,  demandant  des 
renseignements  sur  les  seigneurs  de  Bé- 
labre,  et  en  particulier  sui  les  prédéces- 
seurs des  Le  Coigneux,  je  dirai  que  pour 
bien  faire,  il  faudrait  donner  les  généa- 
logies de  certaines  familles,  généalogies 
qui  n'ont  jamais  été  publiées,  que  je  sa- 
che, comme  celles  des  Pocquières  et  des 
Chazerat.  Beauché-Filleau  consacre  un 
article  vraiment  trop  succinct  aux  Chaze- 
rat dans  sa  réédition  des  familles  du  Poi- 
tou. 

Je  possède  des  notes  sur  ces  deux  fa- 
milles, mais  elles  ne  sont  pas  suffisantes 
pour  dresser  une  généalogie  convenable, 
de  sorte  que  j'avancerai  simplement 
ceci  : 

Pierre  de  Pocquières  2^ du  nom,ch.  seign. 
de  Bélàbre  et  de  la  Renonsière  (Prissac), 
dont  on  trouve  des  actes  en  1516-1  524-1533- 
15^6  ne  semble  pas  avoir  eu  de  postérité  et 
avoir  laissé  ses  biens  à  Jacques  de  Pocquières 
fils  de  Prégent  et  de  Madeleine  de  Leffe, 
puisque  ce  dernier  fit  aveu  de  Bélâbre  le  8 
mars  1539. 

Le  même  Jacques  de  Pocquières,  déjà  par 
son  père,  seigneur  du  Cbâtelier  Guille- 
baud  (Chalais)  reçoit  un  acte  de  foy  et  hom- 
mage du  lieu  seigneurial  le  la  Grand  Roche 
de  Philippe  Couraud  Ec,  seigneur  dudit 
lieu  et  de  la  Rochechevreux,  Le  n  décem- 
bre   1542. 

Titres  de  la  Rochechevreux  (Prissac). 

J'ignore  son  alliance,  mais  il  eut  une 
fille  du  nom  d'Anne  et  probablement, 
une  autre  nommée  Bonaventure  qui  devait 
être  l'aînée,  à  en  juger  par  la  date  de  son 
mariage. 

Bonaventure  de  Pocquières,  issue  des  ba- 
rons de  Bélabre,  dame  de  Migré,  Parençay 
et  Machecoul  en  Ssintonge  mariée,  en  1515, 
à  Bonaventure  de  Polignac, fils  de  Pierre,  che- 
valier seigneur  d'Escoyeux  et  d'Amice  de 
St-Gelais, 

(La  Chesnaye-des-Bois, article  Polignac) 

dont  Christophe  de  Polignac, chevalier,sei- 
gneur  d'Escoyeux  marié  le  6  janvier  1544,  à 


N«  1348   Vol.  LXVI- 

— 74?  

Marie    Gillier,  fille  de  Pierre  et  de    Marie   de 
Roye, 

En  qualité  de  seigneur  du  Chatelier  Guil- 
lebaud,  il  recevait  d'Aimon  Couraud 
Ecuyer  Seigneur  de  la  Rochechevreux,  un 
aveu  de  la  seigneurie  de  la  Grand-Roche  le 
18  juin    1562. 

[Titres  de  la  Rochechevreux) 

Christophe  de  Polignac  et  Marie  Gillier 
eurent  entr'autres  G  Louise  de  Polignac  ma- 
riée le  4  avril  1S74  à  Jean  de  DurJort  lieu- 
tenant général  de  l'artillerie  de  France,  sei- 
gneur de  Born.  (La  Chenaye  Desbois  le  cite 
mais  ne  donne  pas  son  alliance).  Lesquels 
eurent  un  fils  unique  Ainiand  Léon  de  Dur- 
fort,  marié  à  Lucresse  de  Béthune,  fille  de 
Florestan  de  Béthune,  chevalier  seigneur  de 
Gangis  et  de  Lucresse  de  Coste,  par  contrat 
du  3  1  décembre  1605. 

(  Titres  de  la  Rochechevreux .  ) 

D.  Renée  de  Polignac  mariée  en  1571,  à 
Joachira  de  Ghaumont,  seigneur  de  Ribe- 
mont.  (La  Ghenaye-Desbois  Beauché  Fil- 
leau)  dont 

Aimery  de  Chauraont,  seigneur  de  Ribe- 
mont  marié  à  I  rançoise  du  Grenier  dont 

Eléonore  de  Ghaumont  n'ariée  le  12  juil- 
let 1640  à  Jacques  Le  Goigneux  dont  elle  fut 
la  troisième  femme. 

Anne  de  Pocquières  épousa  en  1550  Loys 
de  Ghazerat.  2^  du  nom,  seigneur  du  Riz, 
Gourtenvault,  Bélabre,Grandefîe.  Vernéol  etc. 
Bailly  de  Bony,  cheval. .;r  des  ordres  du  Roy 
—  fils  de  Florent,  seigneur  de  la  Jarrige  et 
de  Marguerite  de  Bressoles,  sa  première 
femme. 

Loys  de  Ghazerat  habitait  parfois  le  châ- 
teau de  Bélabre.  11  y  fit  .ente  à  Jehan  Ponte, 
écuyer,  seigneur  du  Ghâteau  Dompierre  de 
diverses  redevances  en  la  paroisse  de  Ghail- 
lac  le   13  décembre  1365. 

(Titres  de  la  Rochechevreux.) 

Mais  il  demeurait  le  plus  souvent,  je  crois, 
à  Bourges,  ou  à  Vernéol,  près  Sancergues. 
G'est  là  en  tout  cas  où  il  fit  son  testament  le 
15  mars  IS78. 

(Archives  du  Cher,  chapitre  de  San- 
cergues, carton  29). 

Il  mourut  peu  après  et  sans  laisser  de  pos- 
térité, que  je  sache  Anne  de  Pocquières, 
veuve,  en  qualité  de  dame  de  Bélabre  et  du 
Chatelier,  reçut  un  acte  de  foy  et  hommage 
d  Aymo;.  Couraud,  chevalier,  seigneur  de  la 
Rochechevreux, le  7  juillet  1S93. mais  elle  était 
déjà  sous  la  curatelle  de  Jean  de  Durfort, 
chevalier,  seigneur  de  Born. 

Le  fils  de  ce  dernier,  Armand  Léon  de 
Durforl,  chevalier  seigneur,  de  Born,  aussi 
lieutenant-général  de  l'artillerie  de  France, 
recevait    un  dénombie m ent  de  laRocache- 


L'INTERMBDIAIRB 


744 


vreux,  le  4  novembre  1606,  en  qualité  d'hé" 
rilier  sous  bénéfice  d'inventaire  d'Anne  d® 
Pocquières,  dame  de  Bélabre.  Bélabre  fu* 
vendu  par  décret  en  1648  sur  Léon  de  Dur" 
fort,  fils  d'Armand  Léon  et  retiré  par  retrai* 
Ligfiiager,  par  Eléonore  Je  Ghau  1  ont,  femme 
de  Jacques  le  Coigneux,  président  du  Parle- 
ment de  Paris,  en  faveur  duquel  la  Ghàtel- 
lenie  de  Belabreunie  àcelie  du  chatelier  Guil- 
lebaud  et  à  d'autres  terres,  fut  érigée  en 
marquisat  en  considération  de  ses  services 
par  lettres  de  février  1653. 

(Voir  la   suite  du  seigneur   de  Bélabre 
dans   Beauché  Filleau.  Généalogie  Le  Coi- 

gnniX).  C.    DE    BOISMARMIN, 


Douglas  Home  (LXIV).  —  M.  De- 
lanne  a  communiqué  a  M.  G,  de  Fonte- 
nay  qui  nous  les  transmet  les  intéressants 
renseignements  suivants  : 

Home  a  été  marié  deux  fois.  La  pre- 
mière avec  Mlle  Alexandrine  de  Kroll,  en 
1858  ;  elle  mourut  êç,.i858.  La  seconde 
fois,  en  1871,  avec  la  seconde  femme  qui 
publia  les  deux  volumes  D.-D.  Home  bis 
life  and  mission  et  The giftof  D.-D.  Home, 
tous  deux  édités  par  la  librairie  Gali- 
gnani.  Je  Paris,  le  premier  ci  1888,  le 
second  en  1890.  Ce  son*,  des  apologie:^  du 
célèbre  médecin  avec  preuves  à  ra[)pui. 

En  sa  qualité  de  reporter  pour  un  jour- 
nal anglai'^.  Home  suivit  les  péripéties  de 
la  guerre  de  1870,  et  du  siège  de  Paris. 
Depuis  cette  époque  il  séjourna  presque 
tout  le  temps  en  France,  passant  ses  hi- 
vers à  Nice.  11  mourut  à  Saint-Germain, 
le  21  juin  1886. 

Son  tombeau  se  trouve  dans  le  cime- 
tière de  cette  ville  avec  cette  inscrip- 
tion ; 

Daniel  Dungïas  Home,  né  à  la  vie  terres- 
ire  ptès  d'Eùimhourg  (Hcoise)  le  20  mars 
j8^^,  né  la  vie  sp:t  itueUc. . .  m.  A  un  autre  de 
discerner  les  Esprits.  )» {L oyinthiens ,chap .  ta, 
V.  10)  :  le  9/  juin  /866. 

Au  sujet  de  la  fable  du  pied  de  Home 
que  l'Impératrice  aurait  pris  pour  une 
main  d'enfant, rééditée  dernièrement  par  le 
jeune  Becquerel,  il  sulTit  de  dire  que  toutes 
les  séances  des  Tuileries  avaient  lieu  en 
lumière,  ce  qui  rend  absurde  cette  in- 
vention des  incrédules. 

En  résumé,  le  médium  Home  apparaît 
non  seulement  comme  un  honnête  homme 
aux  yeux  de  la  critique  impartiale,  mais 
aussi^  comme.un  véritable  gentleman  très 


DES  CHERCH8URS  BT  CURIEUX 


74S 


délicat,  très  bienfaisant.  Il  eut  pendant 
sa  vie  l'estime  de  gens  haut  placés  et  bien 
en  mesure  de  le  connaître,  après  de  lon- 
gues années  de  fréquentation  tels  que  lord 
Adare,  lord  Lindsay,  Crookes,  etc.  11  fut 
totalement  désintéressé,  n'ayant  jamais 
accepté  de  rémunération  pour  les  séances 
qu'il  donnait. 

Du  Fe-rier  (LXVl,  ^88).  —  Du  Fer- 
rier,  ou    plutôt    Jérémie    Ferrier.  était  !e 
père  de  la  femme  du    lieutenant  criminel 
Jacques  Tardieu, celle  dont  Boileau'a  parlé 
longuement    dans  sa   satire  X.  et  que  son 
mari  avait,  par  cupidité,  prise  «  dansune 
avare  et  sordide  famille  »,  quoiqu'elle  fût 
«  un  monstre  affreux  »  Elle  fut  assassinée 
«avec  son  mari,  comme  le  dit  Boileaudans 
cette  satire,    et  comme   Boursault  le  ra- 
conte   dans    une    pièce    qui    coAimence 
ainsi  : 

Hier,  près  du  cheval  de  bronze 

Entre  l'heure  de  dix  et  d'onze 

On  assassina,  grâce  à  Dieu 

Feu  messire  Jacques  Tardieu,  etc.,  etc..  ' 

Quant  à  Jérémie  Ferrier,  qui  n'avait 
abjuré  le  protestantisme  qu'après  avoir 
été  excommunié  par  ses  coreligionnaires, 
La  France  protestante  lui  consacre  4  pages 
de  2  colonnes.  J'ai  consuXié  Le  Dictionnaire 
historique  de  l'abbé  Ladvocat,  bibliothé- 
caire de  la  Sorbonne  (2  vol.  1760,  chez 
la  veuve  Didot)  qui  est  beaucoup  plus 
sommaire  sur  la  biographie  de  Ferrier,  et 
qui  lui  attribue  Le  Catholique  d' Etat,  ou- 
vrage estimé,  dit  Ladvocat. 

Familles  d'Estavayer  et  de  Mol- 
londins  (LXVl,  628).  —  Le  château  re 
marquable  d'Estavayer  se   trouve  dans  le 
canton  de  Neufchâtel.  en  Suisse,  non  loin 
du  lac. 

La  famille  qui  en  a  porté  le  nom  a  été 
une  des  plus  iUustres  du  canton  de  Fri 
bourg.  C'est  donc  de  ce  côté  qu'on  devra 
diriger  les  recherches  pour  répondre  à  la 
question,  sur  laquelle  je  n  en  sais  pas  da- 
vantage. E.  Grave. 

■•  • 
Estavaycr   et  Mol/ondin  (et  non   M0I- 

londins)    ne  font  qu'une  même  famille. 

Cette  famille  d'Estavayer  appartenait  à 
l'ancienne  noblesse  féodale.  Elle  possé- 
dait la  ville  de  ce  nom  [aliàs  Stivavé,  du 
latin  Staviacum),  au  bord  du  lac  de  Neuf- 
châtel, dont  elle  fut  amenée  à  partager  la 


10  Décembre  1911 

seigneurie  avec  la  maison  de  Savoye,  et 
qui  passa  dans  la  suite  sous  la  domination 
de  Fribourg 

C'est  à  un  des  seigneurs  de  ce  nom  que 
\i\  ville  d'Estavayer  doit  d'avoir  conservé 
la  loi  catholique  :  apprenant  que  le  venin 
de  l'hérésie  commençait  à  se  répandre  sur 
sa  terre,  il  y  accourut  à  franc  étner,  He  la 
cour  de  France,  et,  trouvant  un  prédi- 
cant  pérorant  dans  le  saint  lieu,  il  le  fit 
descendre  de  chaire  d'un  coup  de  pistolet, 
qui  tint  lieu  de  sermon  pour  cette  fois. 

Les  Bstavayer  se  sont  aussi  illustrés  au 
service  de  Fr;  nce  où  ils  comptèrent  plu- 
sieurs officiers  généraux  et  où  il  y  eut  un 
régiment  du  nom  de  Mollondin. 

Un  Estavayer-Mollondin  fut  gouver- 
neur de  la  principauté  de  Neufchâtel  pour 
la  fameuse  duchesse  de  Nemours,  dernière 
héritière  de  la  maison  de  Longueville. 

H.  DE  L. 

La  descendance  actuelle  de  Fou- 

ché  (LXVl,  3QI,  t;oi,647).  —  Un  fils  de 
Fouché, marié  en  Suède,  et  père  de  famille, 
est  venu  à  Paris  après  la  guerre,  il  s'y  est 
marié  à  nouveau  avec  une  danseuse  de 
l'Opéra.  Il  vivait  à  Saint-Germain  où  il  est« 
mort  très  âgé,  vers  1880.  Sa  femme  qui 
se  faisait  appeler  duchesse  d'Otrante  na 
pu,  dit-on,  survivre  au  chagrin  d'avoir 
perdu  son  mari. 

La  famille  de  Fouché,  de  France,  s'est 
éteinte  dans  la  descendance  mâle. 

'ésar  Franck  (LXVl,  627)  —  L'au- 
teur de  Ruth  et  des  Béatitudes  était  bien 
de  souche  wallonne.  Lorsqu'il  naquit  à 
Liège  le  10  décembre  1822,  son  père  f a  i 
sait  de  la  banque  en  cette  ville.  La  fa- 
mille Franck  rattache,  dit-on,  ses  origines 
à  une  dynastie  de  peintres  wallons  de  ce 
nom  qui  étaient  loin  d'être  sans  talent  et 
dont  le  plus  ancien  serait  un  Jérôme 
Franck,  qui,  né  en  1^40,  serait  venu  se 
fixer  à  Paris,  où  il  obtint  le  titre  de  pein- 
tre du  roi  Henri  III.  Cet  ancêtre  présumé 
de  César  Franck  mourut  à  Paris  en  1610. 
C'est  tout  ce  que  l'on  peut  dire,  à  l'heure 
présente,  des  origines  et  de  l'ascendance 
du  grand  artiste. 

A.  P. 

Gabriellt  de  La  Perrine  (\X;  XIII  ; 
LXVl.  341.  413.  —  Aux  renseignements 
très  intéressants  donnés  dans   le    numéro 


N«  1348    VoI.LXV. 


L'INTKRMBDLAIRB 


747 


748 


du   30  septembre   iqi2,  j'ajouterai    ceux 
qui    sont    fournis     dans    une     lettre   de 
Gabrielle     Laperrine,   non    datée  ,    lettre 
adressée  à  un  artiste. 
J'extrais  de  cette  lettre  ce  qui  suit  : 

Je  ne  suis  pas  très  heureuse  :  ayant  perdu 
ma  voix  et  malheureusement  je  suis  restée 
veuve  avec  deux  petites  filles  tiès  jeunes  en- 
core et  je  n'ai  pour  vivre  qu'une  matinée 
que  je  donne  par  an,  je  place  mes  billets 
parmi  les  professeurs  que  je  connais,  mais 
vous  n'ignorez  pas  combien  c'est  difficile  ; 
mais  il  faudrait  faire  quelques  entrées  en 
plus  le  jour  de  la  représentation,  j'aurais 
désiré  vous  avoir  pour  ma  représentation  du 
12  janvier  si  vous  voulez  bien  me  faire  des 
imitations  de  C'.quclin  cadet,  Sarah  Ber- 
nardt  (5rV)  et  autres,  etc. 

Cette  lettre  signée  Gabrielle  Laperrine 
donne  son  adresse  7,  rue  Leriche,  XV«  ar- 
rondissement. G.  Lantz. 

Pourquoi  Lesage  et  Bsaumar- 
chais  ne  furent  pas  de  l'Académie 

Française  (LXXI,  582).   —  Si  Beaumar- 
chais ne  fut  pas  de  l'Académie  Française, 
n'est-ce  pas  à  cause  de  ses  attaques  contre 
^la  noblesse  ? 

En  effet,  nous  lisons  dans  les  Chroni- 
ques des  élections  à  V Académie  française. 
par  Albert  Rouxel,  Paris,  Firmm-Didot, 
1886  : 

Peu  importent  aux  Quarante  les  jugements 
de  l'opinion  pourvu  qu'ils  se  ménagent  les 
faveurs  de  la  cour.  Ne  conn.iit-on  pas  ce 
qu'ils  ont  déclaré  dans  une  assemblée  parti- 
culière ?  «  Attendu  la  médiocrité  des  au- 
teurs dramatiques  du  siècle,  l'Académie  n'en 
recevra  aucun  au  nombre  di'  ses  membr>;s  ». 
Ce  jugement  erroné  vise  Beaup  archais.  La 
comédie  du  «  Mariaf,'^e  de  Figaro  2-  qui  est 
une  satire  contre  la  société,  a  eu  un  succès 
retentissant.  Seule  l'Académie  n'applaudit 
pas  ;  Suard  est  chargé  de  le  faire  connaître 
lors  de  la  réception  du  comte  de  Montes- 
quiou  :  «  Ln  goût  de  la  vraie  comédie,  dit-il, 
semble  s"éloign;r  tous  les  jours  davantage 
du  Théâtre  Français.  Molière  composait  ses 
comédies  en  observant  le  monde,  la  plupart 
dos  poètes  modernes  peignent  le  monde 
d'après  les  comédies.  »  En  professant  une 
telle  hérésie,  l'Académie  flotte  la  politique 
du  Roi  et  se  fait  le  champion  de  la  noblesse 
dont  on  attaque  les  privilège». 

Quant  à  Lesage,  Emile  Gassier.  dans 
Les  Cinq  Cents  Immortels,  Paris,  Jouve, 
ic)rb.  suppose  que  ce  fut  sa  surdité  qui 
l'éloigna  de  l'Académie  :  «  Scarron,  per- 
clus, gardait  la  chambre  et  Lesage  était 


affligé  d'une  surdité  complète  ;  leurs  infir- 
mités les  détournèrent  sans  doute  de 
l'Académie  ».  P.  Taffin. 

La  maison    natale  de    Mirabeau 

(LXVl,  58=;).  [Extrait  du  registre  des 
actes  de  baptême  de  la  paroisse  du  Bi- 
gnon,  aujourd'hui  commune  du  Bignon- 
Mirabeau,  canton  de  Ferrières,  arrondis- 
sement de  .Viontargis,  'département  du 
Loiret]. 

Le  16,"  jour  de  mars  fut  baptisé  messire 
Gabiiel-H  :inoré  de  Riqueli,  né  le  9  de  ce 
mois  et  ondoyé  le  10,  fils  de  haut  et  puissant 
seigneur  messire  Victor  de  Riqueti,  marquis 
de  M'rsbeau,  comte  de  Beaumont,  seigneur 
de  Bignon  et  autres  lieux  et  de  hauie  et 
puissante  dame  Marie  Geneviève  de  Vas- 
san  . 

Cf.  Jat   Dictionn.ïife   critique  de  biogra- 
phie et  d'histoire',    2«  édition    Addition  p. 
1320  et  P.  Le  Vayer.  Recueil  des  Inscrip- 
tions parisiennes  .\i.  17qX-» 

Y.  DU  RUSQUEC. 

Le  château  <*  Le  Bignon  Mirabeau  »  se 
trouve  dans  le  canton  de  Ferrières  en 
Gâtinais,  département  du  Loiret.  11  y  a 
peu  d'années,  il  appai  tenait  à  M.  et  Mme 

O'Connor.  Nemo. 

* 
*  * 

Le  Bignon-Mirabeau  est  une  commune 
du  département  du  Loiret  arrondissement 
de  Montargis,  canton  de  Ferrières.  Le 
village  se  trouve  à  25  km.  de  Montargis. 
l,a  gare  est  à  Egreville  (Seine-et-Marne)  à 
6  km.  La  poste  à  Ferrières.  Le  château 
natal  de  Mirabeau  existe  encore  et  appar- 
tient à  Mme  O'Connor. 

La  fête  de  Mirabeau  est  célébrée  tous 
les  ans  le  dernier  dimanche  de  septem- 
bre. 

A  l'état  civil  du  Bignon-Mirabeau  ainsi 
que  dans  les  archives  du  château^  on 
trouvera  de  précieux  renseigiicments  sur 
les  Riquctti  et  leurs  prédécesseurs 

Daniel  de  Geloux. 


Le  château  du  Bignon  est  dans  îa  com- 
mune de  ce  nom,  à  2^  kilomètres  de  Mon- 
targis, à  6  kilomètres  de  la  gare  d'Egre- 
ville.  Le  village  est  donc  proche  du  bourg 
où  .Vlassenet  avait  son  habitation  Le 
château  du  Bignon  est  encore  habité. 

Arm.D. 


DES  CHERCHEURS  KT  CURiBUX 


lo  Décembre    191» 


749 


750 


*  * 

La  maison  natale  de  Mirabeau  est  située 
dans  la  commune  du  Bignon  Mirabeau, 
canton  de  Ferrières  en  Gâtinais,  arrondis- 
sement de  Montargis  (Loiiet). 

La  maison  a  été  jetée  bas  il  y  a  quel- 
ques années,  pour  faire  place  à  une  cons- 
truction nouvelle  édifiée  par  le  dern'er 
propriétaire  M.  OConnor;  descendant  de 
Condorcet. 

Petitot  de  Boispréau  (LXVl  535). 
—  A  propos  précisément  de  Petitot  (Jean) 
qui  était  religionnaire,  un  kcteur  de  17«- 
iermédiaire  m'a  demandé  s'il  était  vrai  que 
cet  illustre  peintre  -ût  été  enfermé,  ainsi 
qu'on  l'a  écrit,  au  For  Levèque.  je  nai 
trouvé  nulle  part  la  confirmation  du  fait. 
En  tout  cas.  s'il  subit  jamais  sa  peine  de 
la  détention  comme  religi-^nnaire,  ce  ne 
put  être  qu'à  la  Bastille  ;  c  ce'  qui  reste 
des  Archives  de  cette  prison  d'Etat  ne  fait 
aucune  mention  de  Jean  Petitot.  Je  n'ai  en- 
trepris aucune  recherche  pour  Petitot  de 
Boispréau  ;  mais  mon  correspondant  n'au- 
rait-il pas  confondu  le  peintre  en  émail 
avec  ce  personnage  ? 

D'E. 

Pétr  rque  était-il  épileptique  <X 
boiteux  (LXVI.  625).  —  Boiteux,  cela 
est  possible,  mais  épileptique,  parait  plus 
douteux.  Le  grand  poète  italien  est  né  le 
20  juillet  I  304, comme  il  l'a  dit  lui-même; 
il  est  mort  le  18  juillet  1374.  Il  était  donc 
âgé  de  70  ans.  j'en  iippelle  '■\  nos  confrè- 
res de  ^Intermédiaire  qui  sont  médecins, 
car  il  me  semble  que  les  épileptiques  ne 
vivent  jamais  si  vieux.  Quant  à  son  amour 
i?our  Laure  de  Nove,  il  ne  faut  pas  tou- 
jours croire  au  feu  violent  qui  fait  si  bien 
dans  les  vers.  N'a-t-on  pas  dit  que  Pétrar- 
que ne  brûlait  que  littérairement  et  que 
Laure  mariée,  ne  pensait  guère  à  lui  ? 

E.  Grave. 
« 

«  * 
Voir    Cluonique  médicale,  année    1908, 

page  293,  l'article  du  docteur  Cabanes. 

Henri  Plessis  (LXVI,  533).—  Henri- 
Louis  Plessis  naquit  vers  1839.  J'ignore 
où.  Tour  à  tour  soldat,  tamboui,  envoyé 
aux  bataillons  d'Afrique,  Plessis  était 
tambour-major  d'un  bataillon  de  la  garJe 
nationale  pendant  la  guerre,  11  ne  fut 
vraiment  connu  à  Paris  que   vers  cette 


époque.  Doué  d'un  aplomb  phénoménal' 
d'un  bagout  de  charlatan,  Plessis  s'exhi* 
bait  alors  dans  les  cafés-concerts,  faisai* 
des  tours  d'adresse,  battait  la  caisse, 
jouait  de  la  canne,  puis  imitait  Napoléon 
et  tous  ses  généraux  au  moyen  de  per- 
ruques, de  postiches  et  de  coifïares  di- 
verses C'est  lui  qui  lançait  au  public, 
après  chaque  exercice,  son  fameux  :  «  Et 
c'est  pas  fini  1  »  Ce  gavroche,  doublé  d'un 
chauvin,  amassa  à  ce  jeu  une  petite  ai- 
sance, et  se  retira  à  Vincennes,  138,  rue 
de  Paris.  En  1906,  il  obtint  la  pension 
de  500  fr.  de  la  Société  des  Artistes  dra- 
matiques. 

Cependant,  malgré  son  insouciance 
apparente,  ce  grand  bohème  était  doublé 
d'un  bon  •  œur. 

Lorsque  son  camarade  Paulus,  le  roi 
du  café-concert,  tomba  dans  la  misère,  ce 
fut  lui  qui  lui  vint  en  aide,  discrètement. 
Plus  tard,  ce  fut  dans  les  bras  de  Paulus 
reconnaissant  qu'il  rendit  le  dernier  sou- 
pir. Petits  drames  de  derrière  le  rideau  ! 
Henri  Plessis  dont  la  mort  fut  annoncée 
au  Rapport  1908  de  la  Société  des  ar- 
tistes, avait  épousé  Marie  Poirrier.  décédée 
également  à  Vincennes,  dans  sa  53*  an- 
née, le  II  novembre  1904. 

Henry  Lyonnet. 

Randon  de  Boisset  (LXVI,  5).  — 
Si  ie  renseignement  suivant  ne  répond 
pas  tout  à  fait  à  la  question,  il  n'en  a  pas 
moins  son  intérêt  II  montre  au  moins  la 
ha  ite  situai io.i  que  ces  Randon  occu- 
paient. C'est  l'annonce  d'une  vente  que  ie 
trouve  dans  le  dernier  catalogue  de  MM. 
Le  Bodo,  de  Tours  : 

Catalogue  des  t.ibleaux  et  dessins  précieux 
des  maîtres  célèbres  des  trois  écoles,  es- 
tampes en  feuiiies  et  autres  objets  du  Cabi- 
net de  feu  M.  Randon  de  Boisset.  par  Pierre 
Rémy.  La  vente  se  fera  le  27  février  1777 
et  jours  suivants     Paris  1778,    in-12  broché. 

Le  catalogue  contient  la  description  de 
887  numéros. 

E.  Grave. 

* 
*  « 

Dans  le  très  remarquable  Afinorial  des 
Fermiers  généraux  donné  par  le  duc  de 
Caraman  au  département  des  Manuscrits 
de  la  Bibliothèque  nationale, oii  il  est  con- 
servé sous 
nous  avons 
suivants  : 


la  cote   Na.  Fr.  20.533-4-5, 
relevé    les    renseignements 


No  1348  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


751 


7^2 


La  famille  Randon  est  originaire  d'An- 
duze  en  Languedoc, elle  devait  sa  noblesse 
à  des  charges  de  secrétaire  du  Roi  et  de 
capitouls.  Sa  filiation  remonte  à  Je:in-An- 
toine  Randon,  époux  de  Suzanne  Tessier, 
vivant  en  1648.  René-Louis-Paul  Randon 
de  Boisset  naquit  en  1708,  de  Louis  Ran- 
don de  la  Randonnière  receveur  des  Aides 
et  des  Tailles,  et  de  Jeanne  juillet. 
D'abord  receveur  des  aides  à  Epernay,  il 
fut  fermier-général  de  17^7  à  1758.  Il 
abandonna  sa  pl?ce  à  M.  d'Arnay,  pour 
celle  de  receveur-général  à  Lyon  qu'il 
occupa  jusqu'à  sa  mort  avec  son  neveu 
Jean-Louis  Millon  d'Ainval  en  survi- 
vance depuis  1769 

Randon  de  Boisset  était  un  grand  col- 
lectionneur, sa  fort  belle  bibliothèque  tut 
vendue  le  3  février  1777. 

Baron  du  Rourf.    de  Paulin. 


Le  1  eutenant  colon- 1  StolBfel  et 
l'histoire  des  Cent  jours  (LXVI,  43s, 
602  .  —  Voici  la  désignation  de  l'œuvre 
intitulée  «  Waterloo  »>  : 

1°  Un    manuscrit    paraissant   à    peu   près 
complet  sur  la    guerre    de  1815,  dans  la  pré 
face  duquel  l'auteur  écrit  notamment: 

l'ersuadué  de  la  justesse  des  idées  de  Na- 
poléon et  de  Gœthe  sur  les  difficultés  de 
l'histoire,  nous  n'avons  pas  eu,  en  écrivant 
le  présent  livre,  la  prétention  d'atteindre  à 
cette  vérité  historique  que  chacun  invoque, 
mais  nous  croyons  possible  d'en  approcher 
beaucoup  plus  qu'on  re  l'a  fait  ju-q  l'à  ce 
Jour.   . 

a"  Une  liasse  de  documents  relatifs  aux 
recheiches  faitt>  par  l'auteur  sur  les  ordies, 
dépêches,  rai'j'orts  envoyés  et  reçus  pendant 
la  guerre,  copies  de  pièces  officielles  et  pri- 
vées, journal  intime  du  colonel  Stoffel, 
commandant  un  régiment  d'infanteiie  dans 
le  corps  d  arm?e  du  général  Vaiidamme,  etc. 

3"  Quarante  planches  gravées  par  MM, 
F.rhard  frères  pour  intercaler  d.ms  le  texte 
et.  en  outre,  former  un  atlas.  Ces  planches 
leprésf^ntent,  avec  des  détails  précis,  les 
niouveinciils  des  armées  pendant  la  cam- 
pagne, et,  dans  certains  cas,  à  divers  mo- 
inents  d'une  même  journée. 

Il  est  bien  regrettable  que  le  colonel  Stof- 
fel n'ait  pas  achevé  son  ouvrage  ni  rien 
écrit  sur  Sedan  mais  1870  l'avait  brisé  II 
faillit  entendre  le  général  Thoumas  parler 
lie  son  désespoir  1  rs  de  la  déclaration  de 
la  guerre.  L.  R. 


Lettre  de  Taine  sur  le  «  Disciple  » 

fLXVLôSi).—  La  lettre  datée  de  Menthon 
Saint-Bernard,  29  septembre  i88q,  est 
publiée  dans  H.  Taine,  Sa  vie,  sa  corres- 
pondance, tome  IV,  pp.  287-293.  (Paris, 
Hachette,  1907.) 

G.  G. 
Même  réponse  :  Ad.   Paupe.   Ibère. 

Titres  sou>v  l'Ancien  Régime  (LXVI, 
93,361,461.514,604,708).  —Je  commence 
par  remercier  le  collaborateurs.  G.L.de  la 
façon  aimable  dont  il  apprécie  ma  réponse 
du  20  septembre,  puis  j'ajoute  que  je  sais 
fort  bien  que  sous  la  Restauration  le  fils 
pouvait  prendre  le  titre  d'un  rang  infé- 
rieur à  celui  de  son  père,  oui,  mnis  seule- 
ment quand  il  s'agissait  d'un  pair  de 
France.  Et  comme  cette  dérogation  avait 
été  organisée  par  une  ordonnance  royale, 
nous  rentrons  ici  dans  la  légalité.  Je  ne  me 
suis  élevé  que  contre  l'illégalité. 

Depuis  la  suppressron  des  pairs  de 
France  l'ordonnance  en  question  n'a-t-elle 
pas  perdu  to»ite  valeur? 

S.  G.  L.  me  trouve  bien  sévère,  car  il 
ne  voit  pas  qu"  «  il  y  ait  grand  abus  à  ce 
que  les  frères  prennent  le  même  titre  en  le 
faisant  suivre  de  leur  prénom  ».  Si  S.  G. 
L.  avait  parlé  d'inconvénient,  je  pourrais 
être  de  son  avis  et  lui  dire  que  moi  non 
plus  je  n'en  vois  pas,  mais  \\  y  a  certes 
abus  et  abus  parfaitement  illégal,  les  titres 
étant  seulement  transmissibles  de  mâle  en 
mâle  par  ordre  de  primogéniture,  sauf 
exception  spécifiée  lors  de  leur  création  ou 
résultant  A'i  en  ut  uni '..s  spéciales;;  «nepro 
vince.  Mais,  je  le  répet'-,  je  me  plaçais 
seulement  au  point  de  vue  de  la  régularité 
et  de  la  légalité,  répondant  au  collabo 
«  Bellechasse  »  qui  avait  demandé  si  sooS 
l'Ancien  Régime  les  titres  étaient  l'objet 
d'une  concession  régulière.  Je  n'avais  pas 
d'ailleurs  manqué  de  signaler  que  les 
règles  relatives  aux  titres  avaient  été  mé- 
connues depuis  longtemps. 

Mais  ces  règles  ne  sont  pas  abrogées. 
N'est-ce  pas  au   printemps  1908  ou    1905 
que  le  fils  du  marquis  de  X...  ayant  voulu,"^ 
en  se  mariant,  prendre  le  titre  de  comte,  '" 
vu     ses     prétentions    repoussres    par    leS 
Mairies  du    XVI'  ci    du  Vil"  arrondisse-] 
ment?  En  1899,  n'est  ce  pas  dans  un  dé- 
partement du  nord  de  la  France  que  M.  dej 
Z...    fut   poursuivi    pour  avoir  pris  indû- 
ment le  titre  de  baron  ? 


i)ïi6  CHERCHEURS  hT  CUKIEUX 


lo  Décembre  1912 


755 


754 


En  droit,  les  titres    nobiliaires  doivent 
être  inscrits  au  bureau  du  Sceau,  au  Mi 
nislère  de  la  justice,  pour  passer  dans  les 
actes  de  l'état-civil. 

Combien  peu  de    gens  se  soumettent  à 
cette  formalité  ! 

G    DE  La  Véronne. 
* 

*  * 
Les  considérations,  fort  justes  d'ail- 
leurs, de  notre  confrère  Britannicus,  me 
paraissent  étrans^ères  à  la  question  po- 
sée. Celles  de  M  de  la  Véronne  y  répon- 
dent bien  plus  directement. 

Un  jurisconsulte,  M.  Lévèque,  a  pré- 
tendu que  les  titres  de  noblesse,  étant 
sous  l'ancien  régime  attachés  à.  la  posses- 
sion d'un  fief,  sous  certaines  conditions 
qu'a  fait  disparaître  la  Révolution,  leur 
posse--sion  appartient  à  tous  les  descen- 
dants, dans  la  ligne  masculine,  du  pre- 
mier bénéficiaire. 

Cette  thèse  n'est  guère  juridique,  les 
concessions  de  titres  ayant  toutes  été  ac- 
cordées, sauf  quelques  cas  spéciaux,  avec 
transmission  dans  la  ligne  masculine  par 
ordre  de  primogéniture. 

Il  ne  faut  pas  confondre  la  possession 
d'un  titre  régulier  avec  la  noblesse  : 
celle-ci  peut  exister  sans  celui-là,  mais  il 
faut  avouer  que  l'inverse  n'est  pas  admis- 
sible. 

Il  est  incontestable  que  la  grande  majo- 
rité des  titres  de  noblesse  portés  actuel- 
lement en  France  n'est  pas  régulière.  En 
droit  strict,  la  transmission  d  un  titre  de- 
vrait être  enregistré  par  la  chancellerie 
moyennant  le  paiement  de  droits  fort 
élevés. 11  enestrarement  ainsi  et  je  necon- 
teste  pas  la  régularité  de  titres  auxquels 
il  ne  manque  que  cette  sanction. 

Mais  je  trouve  irrégulier,  à  moins  qu'il 
ne  s''agisse  de  descendants  des  pairs  de 
France  de  la  Restauration, qu'un  fils  cadet 
porte  un  titre  parce  que  son  père  en  a  un 
et  surtout  qu'il  porte  le  même  titre  que 
ce  dernier.  A  fortiori  l'extinction  d'un  ti- 
tre n'autorise  pas  un  cadet  ou  un  descen- 
dant par  les  femmes  de  le  relever  sans 
concession  régulière. 

Sous  le  second  Empire,  un  grand  nom- 
bre de  titres  d'origine  irrégulière  ont  été 
confirmés  par  décret.  Cela  ne  se  fait 
plus,  mais  c'était  une  manière  élégante 
de  régulariser  une  situation  qu'aucun 
texte  ne  permettait  de  solutionner  en  in- 
voquant la  prescription,  A.  E. 


Port  des   grands  croix  d'Ordres 

(LXVI,  386).  — J'ai  assisté,  le  16  octobre 
18152,  à  la  rentrée  à  Paris  du  prince  Prési- 
dent, après  son  voyage  dans  les  départe- 
ments. Il  arriva  par  la  gare  d'Orléans  (la 
gare  actuelle  d'Austerlitz)  et  «  à  sa  sortie» 
je  fus  frappé  de  ce  fait  que  lui  et  plusieurs 
des  personnages  de  son  entourage  immé- 
diat poitaient  les  larges  rubans  rouges  de 
la  Légion  d'honneur  en  sautoir  sur  leurs 
habits,  qui  étaient  des  habits  civils  (la 
gravure  de  la  page  393  du  tome  VI  de 
V Histoire  de  France  populaire  d'Henri 
Martin  les  représente  en  uniforme  mili- 
taire, mais  c'est  inexact,  du  moins  d'a- 
près mes  souvenirs).  V.  A.  T. 

Bibliographie  de  toute  la  littéra- 
ture héraldique  (LXVI,  629).  —  Nous 
nous  servons  de  Bibliothèque  héraldique  de 
Fiance  parjoannis  Guigard,  Paris,  Dentu, 
1861.  C'est  incomplet  ;  mais  y  a-t-il 
mieux  ?  S. .  y. 

Armoiries  à  identifier  :  trois 
roses  (LXVI,  534,6^7).  —  Les  armes  des 
Mayor  des  Planches,  originaires  de  Mon- 
treux  (canton  de  Vaud,  Suisse),  se  bla- 
sonnent  comme  il  suit  : 

De  gueules  a  trois  roses  d'argent  sor- 
tant d'une  même  tige  de  sinople  «  (de  la 
pointe  de  l'écu)  »  ;  ou  autrement  : 

«  De  gueules  à  trois  branches  de  rosier 
au  naturel,  sortant  d'une  même  tige  de  la 
pointe  de  Vécu,  et  à  chaque  branche,  une 
rose  d'argent.  » 

A  consulter  :  < 

Mandrot  (le  colonel-fédéral  de),  Armo- 
riai historique  du  l^aud  ;  Martignier  (D.) 
(^ev:iy  et  ses  environs  dins  le  Moyen  A  ge  ; 
joffrey  (nob.  André  de).  Le  Bailliage  de 
Vevey  et  de  CihUon  du  xiv*  au  xv!!!''  siècle 
avec  armoriai  tel  qu'il  était  en  1660; 
Notice  historique  et  généalogique  sur  la 
famille  des  nobles  Mayor  des  Planches,  de 
Montreux,  etc. 

Baron  E.  Mayor  des  Planches. 

Armoirje-4  à  déterminer.  "Vitrail 
de  "Villeqjier(LVI,44:.  578).  — Je  viens 
d'étudier  a  nouveau  sur  place  ce  vitrail  de 
l'an  1523  et,  pour  répondre  à  la  question 
relative  aux  émaux,  je  crois  devoir  faire 
remarquer  que  la  vérité  héraldique  a  été 
sacrifiée  aux  effets  de  lumière,  la  fenêtre 
étant  au  nord. 


N-   1348    Vol.  LXV, 

TSS  

Ainsi  les  trois  boucliers,  qui  forment 
le  centre  de  la  composition,  avec  les 
pièces  héraldiques  dexte  à  senestre  :  ancre 
fleurs  de  Us  et  léopards,  sont  restés 
d'argi-nt,  parce  que  les  teintes  gtieiiUs  et 
fl^wr,  en  venant  au  point  central,  auraient 
nui  à  toute  la  composition.  Le  verrier  a 
bien  étudié  ses  eftets  de  couleur  ;  on  le 
voit  par  les  nuances  de  sable,  si  bien  pla- 
cées comme  repoussoirs  dans  les  com- 
partiments latéraux,  à  l'arrière  de  la  ca- 
rabella,  et  sur  la  jupe  de  la  tunique  du 
commandant  de  la  nef  la  Salamandre,  car 
c'est  bien  de  ce  navire  d'Ango  qu'il  s'agit 
ici.  (Voyez  le  Magasin  Pittoresque  du 
i^""  novembre  dernier). 

La  croix  d'argent  de  St-Georges  sur  le 
pavillon  triangulaire  de  gueules  est  certai- 
nement le  drapeau  anglais  du  xvi«  siècle.  ' 
Reconnaissable  sur  les  pavois  des  carra- 
velleset  au  sommet  du  mât  d'arrière,  cette 
croix  nous  a  fait  îidmettre,  à  plusieurs, 
l'hypothèse  d'un  équipage  de  nationalité 
mixte.  11  y  a  quelque  chose  ;  mais  une 
seconde  hypothèse  vient  de  m'être  suggé- 
rée par  l'examen  d'anciennes  médailles^ 
probablement  des  villes  hanséatiques.  Les 
invocations  à  saint  Georges,  patron  des 
navigateurs  —  à  une  époque  où  les  con- 
ventions de  rOléron  étaient  encore 
respectées  dans  les  contrées  maritimes 
du  nord-ouest  —  donnent  à  réfléchir.  En 
adoptant  la  croix  de  5aint-Georges,  la 
royauté  anglaise  illustrait  les  lois  du 
xV  siècle  qui  punissaient  impitoyablement 
en  droit  con-.mun  la  piraterie  des  natio- 
naux ;  c'était  dan?  l'intéiêt  bien  compris 
d'une  grande  nation  maritim:.  Mais, 
comme  bannière  de  Saint-Georges,  même 
les  pirates  de  la  petite  Chine,  comme  on 
appelait  ceux  d'Honfleur,  Fleury  et  autres, 
pouvaient  farborer.  Il  faut  remarquer 
que  les  Iropards  rcpiésen*és  sur  le  vitrail 
sont  toujours  au  nombre  de  deux,  comme 
sur  les  armes  du  duché  de  Normandie. 
Scus  François  I'^  ces  armes  n'avaient  en- 
core rien  d'insolite.  Par  contre,  les  léo- 
pards britanniques  sont  au  nombre  de 
trois,  comme  nous  le  voyons  encore  sur 
les  pièces  de  one  florin  d'aujourd'hui. 

G.  R. 

Armes  à  déterminer  .  trois  abeil- 
les 'LXVl,  4^;,  S63,  ^10).  Une  famille 
de  Tarascon  sur  Khone  du  nom  de  Barha- 
rin,  portait  d'azur  à  trois  abeilUs  d'or,  évi- 


L!MTfikMli.-.uu.Mi 


756 


déniaient  par  analogie  -avec  les  Princes 
Barberini,  de  Rome.  Du  reste,  cette  fa- 
mille prit  plus  tard  le  nom  de  Barbenn 
de  Barberini.  S.  P. 

Armoiries  de  Pingre  ou  Pingrez 
(LXVl,  (529),  —  D'après  un  ex-libris  de 
jeaii  Baptiste  Pingre^  chanoine  de  l'église 
cathédrale  d'Amiens,  au  xyiii®  siècle,  les 
armes  sont  :  D'azur  au  ckêne  d'argent. 
Les  Archives  de  la  Société  des  Collection-  * 
tieurs  d' Ex-libris. donnée  1894,  disent  que 
les  armes  primitives  des  Pingre  étaient  : 
D'argent  au  pin  de  sinople,  sommé  d'un 
gré  (grivc)  de  sable,  armes  tout  à  fait  par- 
lantes :  PIN-GRÉ  P.  LE  J. 

Ma  famille  est  alliée  aux  Pingrez 
ou  plutôt  Pingre,  qui  formèrent  trois 
blanches  ;  Pingre  de  Chiepval,  Pin- 
gré  de  Fricamps,  Pingre  de  Guirnicourt. 
Voici,  comment,  dans  notre  généalogie, 
mon  père,  afctuelleflftfi.t  décédé  et  qui 
était  un  savant  réputé  et  un  spécialiste 
en  fait  de  généalogies,"  la  blasonné  leurs 
armoiries  :  D'argent  au  pin  arraché  de  si- 
nople  fruité  d'or  et  surmonté  d'une  gré  un 
grive  de  sable.  A.  V. 

Armoiries  à  dé  erminer  :  deux. 
éc us  cc-'lés(i-XVl,i5«6;  —  Du  Laurent. 
cov.te  Romain,  porte  d'or  au  sautoir  de 
sable  Allié  à  la  famille  de  Kerpezdron, 
dont  les  armes  sont  approchantes  de  celles 
données  dans  le  second  écu.       L.  de  G. 

«  * 
La    maison    du  Laurons   de    la    Barre 

(Normandie)    porte    d'or  an    sautoir    de 

s  Me. 

Armoiries  d'Angéliq  u    Nacquart 

(LXVI,  629).         Kic-tbliip  dit  :  Nacquart 
Lorraine):    D'a{ur  à    ta  fascc  d'or,  ac- 
çombag-née  de  deux  lévriers  d'argent. 

P.  lkJ. 

rir-olnes  des  Montlezun  (LXVl, 
sSîj).  -  D'îlpres  lo  Nouveau  tiaité  du  Bla- 
son de  Trudon  (Paris,  Estienne  Chardon, 
1689)  les  Montlezun,  de  Besmaux,  por- 
tent d'argent  à  fteuf  corneilles  de  sable, 
membrées  et  becquéei  de  gueules,  posées  en 
orle,  quatre,  deux  et  trois  ;  au  lion  de 
mcnv  mis  en  ceeur  ;  supports  :  deux  lions 
léopardés:  L.  Deniciuet. 


DBS 

757  


:HiîUCHEi;RS  JBT  CURiflUA 


10   Décembre  191». 


♦  » 


k 


De  gueules  à    tiois    quintefevilUs 

{métal  invisible). 

_  Il  s'agit  sans  doute  des  armoiries  de 
l'illustre  famille  de  Vergy  qui  portaient  :  de 
gueules  a  ^  quint efeutUes  perlées  d'or,  2 
et  \ . 

Cette  maison   s'éteignit  vers  la  fm    du 
xvii«  siècle. 

Beatrix  de  Vergy,dernière  héritière  du 
nom, épousa  Simon  de  Cusance. 

M.  B. 

Cachets  de  collection  (LXVI,629).— 
H  L  inscrits  dans  un  petit  cercle  est  la 
marque  du  distingué  et  savant  collection- 
neur His  de  Lasalle. 

I  P  Z  dans    une   banderole,  marque  du 


La  coquille  (?)  indiquée  par  M    L    De- 
niquet  n'est-el!e  pas  plutôt  un  lion  eflfacé? 

R.   DE  R. 

Armoiries  à  identifier  :  trois  quin- 
tefeuilles  (LXVI,  534,  656).  -Beau- 
coup de  tamilles  portent  :  de  gueules  à  trois 
quititcfeuilles  ou  à  trois  roses,  il  est  diffi- 
cile d'arriver  a  une  précision  quand  on 
ignore  le  métal. 

Les  maisons  ;  Calouin  de  Tréville  (Nor-   ! 
mandie)du  Merle  (Normandie  Martinique) 
LeMesre  de  Pas  (Artois*  portent  de  gueules 
a   trois  quintefeuilles  d'aigent. 

La  maison  de  Vergy  (Bourgogne)  porte 
de  gueules  à  trots  quintefeuilles  d'or. 

Les  maisons  de  Hillerin  (Touraine) 
Remy  de  Montenort  (Limousin)  portent 
de  gueules  à  trois  roses  d'argent.  \ 

La  maison  Le  Harivel  du  Rocher  (Nor- 
mandie) porte  ;  de  gueules  à  trois  ro.es 
d'or. 

La    maison    Gautier   de   Breuvand 
porte  :  d'argent  au  chevron  d'azur  accom 
pagne  en  chef  Je  deux  ahetlles  de  sable  et  en 
poinU  d'une  du   même,  mais  elle    ne  porte 
pas  le  chef  d'azur  au  soleil  d'or. 

—  J'ignore  la  descendance  de  la  famille 
de  Sabatier  de  l'Armeillère,  mais  une  fa- 
mille de  Sabatier  de  Provence  existe  en- 
core aujourd'hui  et  possède  des  représen- 
tants à  Paris  et  dans  le  Gard. 

Cette  maison  porte  d'azur  à  trois  co- 
quilles d'or  2ei  I,  au  croissant  d'argent  en 
cœur,  alias  :  d'azur  à  la  fasce  d'or  sur- 
montée d'un  soleil  d'or,  accompagnée  en 
pointe  de  trois  roses  de  même. 

R.  DE  R. 


758 


collectionneur  hollandais  lan  Pieter  Zom- 
"le*".  j,;an  Paul  Heff. 

Tableau  de  Czermak  (LXVI,  53^). 
—  Au  Musée  Municipal  d'Amsterdam  se 
trouve(depuis  1877,51  jhI  bonne  mémoire) 
un  tableau  de  Czermak.  Un  groupe  de 
Monténégrins,  femme  debout  avec  son 
enfant  sur  le  bras,  un  vieillard,  etc.,  un 
canon  démonté,  dans  leur  village  mis  à 
sac  par  les  Turcs. 

La  photographie  de  la  Maison  Goupii'et 
Cie  ne  m'est  pas  connue,  de  la  sorte,  je 
ne  peux  pas  constater  si  c'est  le  tableau 
cherché .  A.  P    F 


Quel  est  l'auteur  de  la  brochure  : 
«  Comme  quoi    Naooléoa  n'a   pas 
existé  .  ?  (T  G.  629 ;  LXVI,  517,7  ,3)*^  _ 
D  après  un  de  mes   professeurs  qui  me  fit 
lire,  en  1849,  cette  ingénieuse  fantaisie,  sa 
publication  serait  beaucoup  plus  ancienne 
et  remonterait  à  l'époque  de  la  Hestaura- 
tion.  L'auteur  serait  l'Abbé  Aoust, profes- 
seur dans  un  collège  du   Midi.  11  était  en 
relations  avec  une  Société  savante  locale 
ou  les  idées  exposées  en  1795  par  Dupuis, 
dans    son    fameux  traité    de  l  Origine  des 
Culles,    étaient    très    en   faveur.    Labbé 
Aoust,  imbu  de  la   foi   que  son  état  com- 
porte, et  n'arrivant  pas  à   convaincre  ses 
contradicteurs,  essaya  de  les  confondre  en 
les  raillant,    et   en   appliquant    à  un    fait 
moderne  et  certain,  des  arguments  dubi- 
tatifs   qu'il  jugeait  analogues  à  ceux  de 
Dupuis.  Philippe  Leroy 


Voltaire  La  He  riadc.  Remar- 
ques -ignées  K  (LXVI,  7).  _  Que 
M.  Bellechasse  se  rassure.  Ces  Remar- 
ques du  Chant  II.  qu'il  veut  bien  nous 
signaler,  sont  assurément,  tout  autant 
que  celles  des  autres  chants  du  poème^ 
de  la  main  même  de  Voltaire.  La  causti- 
cité de  leur  rédaction  porte  trop  nette- 
ment l'empreinte  de  la  griffe  du  Maitre, 
pour  qu'il  puisse  subsister,  là  dessus  le 
moindre  doute.  ' 

Et  d'ailleurs,  elles  se  trouvaient  déjà 
tout  au  long,  imprimées,  ces  Remarques' 
dans  la  rarissime  première  édition  origi- 
nale de  la  Henriade  :  La  Ligiie  ou  Henry 
le  Grand.  Poème  épique,  par  M.  de  Vol- 
taire. A  Genève,  chez  lean  Mokpap 
[Rouen,  chez  Viret,,  1723,  VIII-231  pages 
in-S».  -'     r   o 


N*    1348  V-1.  U'-Vl. 


L'iNÏBRMEDlAlK/i 


759 


760 


M.  Georges  Bengesco,  dans  son  érudite 
Bibliographie  des  Œuvrs  Ji  Voltaire, 
in-8°,  1882,  tome  I,  page  100,  dit  très 
bien  que  ces  Remarques  sont  de  Vol- 
taire. Beaumarchais,  d'autre  part,  inté- 
gralement, les  a  reproduites,  avec  des 
annexes  qui  les  complètent,  dans  sa 
grande  édition  des  Œuvres  de  l^oltair^,  en 
70  volumes  in-S",  imprimés  à  Kehl,  sous 
sa  direction.  Voyez  tome  X,  1784,  La 
Hetiriade. 

Ce  sont,  bien  sûrement,  aussi  ces  Re- 
marques et  leur  vivacité  de  style  qui  atti- 
rèrent sur  leur  auteur  les  foudres  de  la 
censure,  qui  lui  firent  refuser  l'autorisa- 
tion d'imprimer  en  France  son  poème 
et  l'obligèrent,  après  qu'il  eut  eu  tout 
d'abord  la  pensée  de  l'éditer  à  La  Haye, 
à  le  faire,  furtivement,  imprimer,  avec 
l'aide  de  Thieriot,  qui  en  fut  l'éditeur, 
chez  Viret,  à  Rouen,  sous  la  fallacieuse 
rubrique  de  «  Jean  Mokpap,  a    Genève  y. 

Cent  ans  après,  —  autres  temps,  autres 
mœurs  !  le  roi  Louis  XVill  qui,  comme 
toute  la  haute  bourgeoisie  de  son  époque 
se  piquait  de  Voltainanisme,  quand  il  fit 
ériger  sur  le  Pont-Neuf,  la  statue  équestre 
de  son  aïeul  Henry  IV,  de  Lemot,  mita 
exécution  cette  idée,  quelque  peu  falote, 
d'y  faire  placer,  à  l'intérieur  du  bronze, 
avec  divers  autres  livres  précieux,  un 
exemplaire  de  choix  de  La  Henriade,  en 
deux  volumes  grrind  in-8",  et,  suivant 
leur  description  officielle  :  x*  imprimés  sur 
peau  de  vélin,  édition  de  Beaumarchais,, 
relies  par  Simier,  relieur  du  Roi,  en  ma- 
roquin bleu,  avec  dentelles,  comparii- 
ments,  et  frappés  en  or  aux  Armes  de 
France  ».  Toute  la  lyre  ! 

Je  vous  donne  à  penser,  chers  Biblio- 
philes, mes  amis,  combien,  sous  ce  mé- 
tal, surchauffé  par  les  rayons  du  soleil 
d'ete  des  jours  caniculaires,  doivent  se 
racornir  et  se  rissoKr  les  tomes  fleur  de- 
lysés  de  cette  Henriade,  en  velin,  du 
malheureux  monarque. 

Ulkic  Richard-Dbsaix. 

Bolivar  Noms  de  vêtements 
(LXVl.  M.  120).  -  L'ouvrage  de  ,Vl.  A. 
Robida,  Mesdames  nos  aïeules,  va  nous  ai 
der  a  compléter  les  recherches  faites  par 
notre  confrère  Nisiar,  et  par  moi-même, 
dans  des  articles  précédents,  sur  les 
noms  de  personnes  appliqués  a  des  vête- 
ments  ou    coiffures  (A  ce  propos,  n'ou- 


blions pas  de  mentionner  le  «  gibus  », 
qui  était  du  reste  primitivement,  si  je  ne 
me  trompe,  un  chapeau  «  claque  »). 

Voici  ce  que  dit  M  A.  Robida,  dans 
l'ojvrage  dont  je  viens  de  parler,  sur  la 
coiffure  à  la  Fontanges,  et  sur  les  «  pala- 
tines >  : 

En  lOSo,  révolution  dans  la  ;oiffuie.  Le 
vent  décoiffe  pendant  une  chasse  royale  la 
duchesse  de  Fontaiiges  qui  a  pris  le  cœur  de 
Louis  après  la  Moiitespan.  Pour  rétablir 
l'harnioriie  de  sa  coiffure,  la  belle  ébouriffée 
prend  le  ruban  de  sa  jarretière  et  rattache 
s'^s  jneveux  avec  une  jolie  rosette  par-de^  ant . 
Tout  ce  que  font  les  favorites  n'est-il  pas 
toujours  exquis  et  délicieux  ?  Lej  nobles 
seigneurs  se  pâment  devant  la  gracieuse  ins- 
piration, les  dames  s'extasient,  et  dès  le  len- 
demain se  décoiffent  à  la  Fontanges. 

(Suit  la  description  de  la  coiffure  en 
question,  pour  laquelle,  du  reste,  M.  A. 
Robida  conseille  de  consulter  d'autre  part 
Saint  Simon). 

La  princesse  Palatine,  la  princesse  Char- 
lotte de  Bavière,  fille  de  l'Électeur  palatin 
qui  vint  en  Franc-  en  ib'jx  pour  épouser 
Monsieur  fiera  du  roi,  ayant  adopté  une 
sorte  de  petit  inautelet  court  pour  couvrir  un 
peu  ses  épaules  trop  découvertes  par  la  mode 
des  corsages  irès  décolletés,  ces  petites 
mantes  adoptées  bien  vite  par  toutes  les 
dames,  furent  appelées  palatines  comme  la 
princesse 

(Même  ouvrage). 

P.  c.  c.  Maurice  Charpentier. 

Ouvrag  s  sérieux  mis  en  vers 
(1.  G.  665  ;  XXXV  à  XL  ;  XLII  ;  XlIV  à 
XLIX  :  Ll  à  LX  ;  LXl  ;  LXIl  :  LXV,  382, 
721  ;  LXVI.  124,218).  —  Relevé  dans  un 
catalogue  de  la  librairie  Lucien  Dorbon 
(juillet-aoîit  1912)  : 

fCarnier  des  Chesnesj.  Li  coutume  de 
Paris,  mi^e  en  iir-rs,  avec  If  texte  a  côte.  — 
Saugrain  1768,  in-i a  . 

«  Curieux  ouvrage  peu  commun  »  fait 
observer  le  catalogue  Fraval. 

Joachim  (LXVI, ,88, 710).  --  M.Crous- 
le,  qui  enseigna    la  littérature  française  au 
Lycée  Henri  IV,  à  l'Ecole  Normale  et  à  la; 
Sorbonne,    affectait    de    prononcer    )oa- 
qiiime  quand  il  avait  à  parler  de  l'auteur  ; 
de  la  Deffense  ft  illustration  de  la   languet 
française .  Je  ne  crois  pas  que  beaucoup  dej 
ses  disciples  aient  été  tentés  de  l'imiter. 

P.J. 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURiBUX 


10  Décembre    191»» 


761 


762 


Littré  figure  avec  chuintement  la  pro- 
nonciation de  *  joachisme  »  et  «  joachi- 
mite  >>,  l'un  et  l'autre  dérivés  de  ^<  Joa- 
chim  ».  NautIcus. 

Faire  le  Jacques  (LXVI,  144,  374). 
—  En  Lorraine,  le  geai  est  designé  sous  le 
nom  de  )acques.  qui  est  l'oïiomatopce  du 
chant  de  cet  oiseau.  On  dit,  en  parlant  des 
habitants  de  Neufchâteau  (Vosges)  «  Les 
Jacques  de  Neufchâteau  >v  Florentin  le 
Thierriat  (xvii'  siècle),  avocat  à  la  cour 
de  Lorraine,  nous  apprend  l'origine  de  ce 
surnom  :  s%  Advint,  dit-il,  que  ceux  de 
Neufchâteau  eurent  le  nom  de  Jacques,  de 
ce  que  iccux  apprivoisent  chez  eux  de  ces 
oysels  ».  De  Jacques  est  venu  notre  verbe 
«  jacasser  ».  En  argot,  on  dit  encore 
*  jacter  >,  pour  crier.  Jacquot  est  égale- 
m.ent  le  nom  du  perroquet. 

Le  geai  est  un  oiseau  grand  tapageur 
et  vaniteux  (voir  La  Fontaine)  qui  prend, 
quand  on  Tobserve,  des  poses  comiques 
et  des  airs  vainqueurs,  qui  rappellent  cer- 
tains individus  au  verbe  haut,  parlant  à 
tort  et  à  travers,  avec  «  jactance  »,  en 
prenant  des  attitudes  ridicules.  C'est  à 
ces  individus,  qu'en  Lorraine,  on  applique 
le  dicton  :  »<  Faire  le  Jacques  ». 

Aimé  Thouvenin. 

* 

En  1869.  j'ai  entendu  plusieurs  fois 
cette  épithète  dans  la  bouche  de  mon 
hôtesse  à  Savenay  (Loire-Inférieure)  arti- 
sane  native  de  Guim.ené-Penfao,  même  dé- 
partement, et  je  le  retrouve  dans  l'article 
de  M.  Fustier  citant  un  passage  de  Petit 
Cad  y  de  M.  G.  Fert. 

Point  ne  l'ai  rencontré  ailleurs. 

Dans  le  langage  pittoresque  et  très 
vieille  frauce  de  u-[on  hôtesse, ce  qualifica- 
tif s'appliquait  toujours  à  un  grand  dadais 
répondant  très  bien  au  signalement  donné 
du  /<7c^Mes,par  les  nombreux  auteurs  cités 
par  M.  Fustier.  Dehermann. 

Femmes.  Conquête  de^  diplômes 
masculins.  (LXV  ;  LXVI,  81,  176).— 
Décidément,  on  va  supposer,  à  Vlntetmé- 
aiaire,  que  j'ai  une  toquade  pour  cette 
question.  C'est  en  effet  la  quatrième  note 
que  j'envoie  sur  ce  sujet. 

M'est  avis,  cependant,  que  cette  der- 
nière peut,  honorablement,  être  classée 
sous  cette  rubrique. 


agre-ée 


Donc,  je  lis  dans  VBcho  de  Paris  du  i" 
août  1912  : 

La  première  agrégée  de  grammaire. 

Le»  jurys  d'agrégation,  qui  fonctionnent 
xrès  activement  actuellement  à  la  Sorbonne, 
viennent  de  nous  'rîonner  ane  jeune  agrégée 
de  grammaire,  Mlle  Jeanne  Raijon,  étudiante 
à  l'Université  de  Lille.  C'est,  croyons-nous, 
la  première  jeune  Française  —  elle  n'a  que 
23  a:;s  —  qui  obtient  ce  haut  diplôme. 

Il  faut  remarquer  d'ailleurs  que  la  nouvelle 
a  été  daîsée  première  dans  cette 
épre  ive,  où  ont  été  admis  ensuite  seize  con- 
currt  nls,  professeurs  ou  chargés  de  cours  dans 
les  lycéss  et  collèges,  anciens  élèves  de 
Noniale  supérieure  ei  étudiants  des  Facultés 
de  lettres. 

Le  jury  d'agrégation,  que  présidait  M. 
Bompard,  inspecteur  général  de  l'instruction 
publique,  a  félicité  vivement  la  jeune  étu- 
diante . 

Lf  titre  d'agrégé  dans  un  concours  «  mas- 
culin 3>  donnait  à  Mlle  Raison  le  droit  de 
pioftsser  dans  un  iycJe  de  garçons;  mais 
elle  a  demandé  à  professer  dans  un  lycée  de 
jeunes  filles, 

L.  Capet. 

»   » 

Pour  les  intermédiairistes  qui  s'intéres- 
sent au  féminisme,  voici  une  liste  de 
que'ques  articles  parus,  à  ce  sujet,  au 
cours  de  ces  dernières  semaines  : 

La  doyenne  des  suffragettes  anglaises  expose 
tfj  revendications  (photographie,  et  légende). 

Femina,  numéro  du  i"  septembre 
191  i. 

Une  compagnie  du  corps  féminin  de  sa- 
peurs-pompiers qu'on  vient  d'organiser  à 
Vienne  (photographie'. 

femina,  même  numéro. 

«  Les  Conquérantes  de  l'air  »  (article 
d'Armand  Rio,  illustré  de  14  photogra- 
phias de  Mlles  Marvingt,  Anna  Ittier,  Nelly 
Beese,  Jane  Herveu,  Hélène  Dutrieu,  Miss 
Qbimby,  Mme  de  Laroche).  Lecture  pour 
tous,  numéro  de  septembre  1912. 

s*  Les  cités  étranges.  Une  ville  de 
femmes  »  (article  de  Maxence,  illustré  de 
deux  dessins).  Mon  Dimanche,  numéro  du 
8  septembre  1912. 

«  Une  femme  garde-chasse  »  (article, 
illustré  de  trois  photographies^  Nos  Loi- 
sirs, numéro  du  i"  septembre  1912.  «  Une 
amrizone  intrépide  »  (article,  illustré  d'une 
photographie).  Nos  Loisirs,  nicmc  nu- 
méro. 

Et,  si  l'on  veut,   la  photographie  d'une 


^   1348,  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


763 


764 


«  gommeuse  en  culotte  incisant  un  pin  », 
parue  dans  un  des  derniers  numéros  du 
Journal.  Maurice  Charpentier. 

Enseignes  littéraires  de  coiffeurs 
(LXVI,  381,  619,  711;).  —  Je  me  rappelle 
très-bien  la  boutique  du  perruquier  de  la 
Porte  St-Denis,  à  l'enseigne  *<  Absalones- 
quc  »,  citée  par  mon  confrère  A  P.  Mais, 
si  mes  souvenirs  sont  exacts,  il  existait  un 
peu  plus  bas,  à  droite,  un  autre  .coitïeur 
qui,  jaloux  des  succès  de  son/ival,  avait 
imaginé  la  contre-partie  de  son  enseigne. 
Cette  dernière, grossière  peinture  sur  bois, 
représentait  un  homme  en  train  de  se 
noyer,  saisi  aux  cheveux  par  un  nageur 
intrépide,  et  coulant  à  pic,  laissant,  aux 
mains  de  son  sauveur,  sa  perruque, 
hélas  ! 

„   Le  quatrain  suivant,  en  vers  capillaires, 
accompagnait  cette  scène  aquatique  : 

Passant,  contemple  le  malheur 
Que  te  vaudrait  une  perruque  i 
Crois-moi,  il  est  encor  meilleur 
D'avoir  des  cheveux  sur  la  nuque. 

P.  A. 

Les  maisons    historiques    (LUI    ; 
LIV  ;  LVlll  ;  XLl).    ~  Des  Débats  : 

Nous  avons  annoncé  hier  que  le    roi    d'Es- 
pagne vient    d'acquérir    la  maison   que  Cer- 
vantes habita  à  Vailadolid  et  dans  laquelle  il 
composa  son    Don    Quichotte .   Il  menait  là, 
une  existence  précaire,  le  duc    de   Lerma  lui 
ayant  refusé  sa  protection  et  le  duc  de  Béjar 
à  qui  il  dédia  son    œuvre,  lui    ayant  bientôt 
retiré  la  sienne.  L'auteur  du  Don  Quichatti 
y  fut    en  outre    victime  d'un   fâcheux    inci- 
dent :  Un  gentilhomme,  Gaspard    de    Espe- 
leta,  ayant   été  blessé    une    nuit    au    cours 
d'une  rixe,  devant  la    maison    de'  Cervantes, 
celui-ci,  accouru,  le  transporta  chez  une  voi- 
sine où   il    mourut    peu    après.  Mais  comme 
les  vêtements  du  défunt  avaient  été  déposés 
chez    Cervantes  lui-même,    la   justice,  soup- 
çonneuse, i'iirrêta  avec  toute  sa  famille  et  ne 
les  relâcha  qu'au    bout    de    quelques   jours, 
non  sans  qje  la  malignité  publique  lot  allée- 
pour  expliquer  ce  drame,  jusqu'à    imputer    à 
l'immortel  écrivain  certaine    industrie    hon- 
teuse 1 

Cervantes  quitta  Vailadolid  pour  rentrer  .^i 
Madrid  à  la  suite  de  la  cour  en  1006  De- 
puis, sa  maison  de  Vailadolid,  humble  bâti- 
ment à  deux  étages,  avec  deux  portes  et 
quatre  fenêtres,  servait  de  gîte  à  des  familles 
besoigneus  s,  et  lien,  dans  son  délabre- 
ment, qu'une  modeste  plaque  commémora- 
tive,  ne  rappelait  le   passage  de   son  illustre 


occupant.  Il  y  a  quelques  années,  la  Société 
cervantiste  locale  y  avait  transporté  son 
siège,  en  même  temps  qu'elle  érigeait  un 
monument  à  Cervantes  sur  la  place  de  l'Uni- 
versité ;  mais  elle  ne  tarda  pas  à  se  dissoudre 
et  le  logis  de  Cervantes  était  redevenu  celui 
de  pauvres  artisans. 

La  jument  Mascotte  (LVI).  —  Dans 
Vhitermiidiairc  a  paru,  il  y  a  quelques 
années,  un  compte  rendu  du  raid  fourni 
par  la  jument  Mascotte  du  7'  dragons  en 
1882. 

Les  chiflres  donnés  sont  :  168  kilomè- 
tres en  15  heures,  2^\  kilomètres  en  21 
heures  et  350  kilomè'.res  en  72  heures. 

Les  quatre  premiers  chiffres  se  com- 
prennent, ils  donnent  une  moyenne  de 
1 1  kilomètres  à  l'heure  environ  ;  mais  les 
'5'  et  6*  chiffres  ne  se  comprennent  pas. 
car  ils  ne  donnent  plus  qu'une  moyenne 
de  2  kilomètres  à  l'heure,  à  peine,  pen- 
dant 51  heures,  ce  qui  est  madmissible, 
la  jument  étant  mortî*?ùr  la  route. 

Y  a-t-il  eu  erreur  de  rédaction  ou 
erreur  typographique  .?  J. 

Muré  vif  (LXl;  LXll  ;  LXIV).  -  Le  50 
janvier  1910,  M.  le  D'  Max  Billard  racon- 
tait dans  les  «  Trouvailles  et  Curiosités  » 
que  le  P.  de  Ravignan  avait  été  mené  une 
nuit  en  un  lieu  inconnu  pour  y  confesser 
un  homme  emmuré  vivant. 

D'une  communication  de  M.  P.  Darbly 
(LXI,  439)  il  résulte  que  le  P.  de  Ravi- 
gnan ne  fut  mêlé  à  aucune  affaire  de  cette 
sorte. 

«  11  y  a  là  une  simple  légende  dont 
l'origine  est  obscure  et  ne  sera  peut-être 
jamais  éclaircie  ».  Ainsi  s'exprimait  (LXI, 
379)  notre  confrère  T.,  qui  montrait  les 
variations  de  ce  conte  depuis  le  xviii» 
siècle. 

Aux  iniermédiairistes  intéressés  par 
cette  question,  je  signale  ceci  :  Dans  la 
troisième  livraison  de  1912  des  Doc!imenf s 
d'hisloiie  sonl  publiées  des  lettres  du  pré- 
sident Dugas  et  de  son  ami  Bottu  de 
Saint-Fonds  relatives  à  un  jésuite,  le  P. 
de  Vertilhac.  L'une  de  ces  lettres  datée 
du  9  novembre  1719  contient  le  récit  de 
deux  aventures  semblables  à  celle  du  P. 
de  Ravignan  qui  seraient  arrivées  au  P. 
de  Vertilhac,  l'une  dans  un  bourg  du  Pé- 
rigord  et  l'autre  dans  la  ville  même  de 
Bordeaux.  La  longueur  de  cette  lettre  ne 


DES  CHERCHEURS  ET  CURiEUA 


765 


10  Décembre  191s 


permet  pas  de  la  reproduire  ici  ;  mais  les 
intermédiairistes  qui  voudraient  la  lire  la 
trouveront  facilement  {Documents  d'his- 
toire, t.  3,  1912,  p.  449). 

Maurice  Rousset-Croiset. 

Les  lettres  de  Mme  Cornu  (T.  G. 
250  ;  XL  ;  XLIX  ;  L  ;  Ll).  —  Voici  quelques 
détails  supplémentaires  qui  s'ajoutent  aux 
notes  déjà  publiées. 

Ces  lettres,  au  nombre  de  297^  sont 
réunies  dans  deux  gros  volumes  modeste- 
ment habillés  de  vert  ;  la  testatrice  ne 
permettait  de  les  lire  que  dix  ans  après  sa 
mort.  Renan  les  remit  en  son  nom  à  la 
Nationale,  et  par  scrupule,  prit  l'avis  de 
plusieurs  personnes  sur  leur  communica- 
tion, même  aprèslesdixansrévolus.  A  plu- 
sieurs reprises,  des  pourparlers  furent  en- 
gagés sur  l'opportunité  de  la  mise  à  la 
disposition  du  public.  Ce  ne  fut  que  sur 
les  instances  de  M.  Germain  Bapst,  que  le 
ministre  de  l'instruction  publique  autorisa 
la  communication  du  dépôt. 

Les  amateurs  de  révélations  sensation- 
nelles ont  vu  qu'il  n'y  a  point  là  de  fruil 
pour  eux.  Cette  correspondance  honore  à 
la  fois  et  celui  qui  l'a  écrite  et  celle  qui 
l'a  reçue.  Elle  montre,  dans  ce  Napoléon 
intime  et  qui  se  confie,  un  être  sensible  et 
reconnaissant,  aux  idées  larges.  Il  se  sou- 
vient des  services  rendus,  les  récompense 
d'une  amitié  sincère,  et  tolère  avec  séré- 
nité les  opinions  qu'il  ne  partage  pas. 
Bonaparte,  même  sur  le  trône,  permet  à 
Mme  Cornu  de  n'être  pas  bonapartiste. 

Cette  correspondance  si  longue  n'est 
pas  très  régulière  ;  elle  présente  des  la- 
cunes :  c'est  que  la  vie  de  celui  qui  tient 
la  plume  est  singulièrement  accidentée. 
La  première  lettre,  en  français,  est  une 
lettre  d'enfant,  naïve  en  son  gentil  tu- 
toiement. 

Arenenberg,  25  août  1820. 

Je  te  remercie  bien  des  vœux  que  tu  formes 
pour  moi  et  de  ton  joli  rond.  Maman  l'a 
trouvé  bien  joli.  Tu  remercieras  aussi  Eugène 
du  beau  dessin  et  de  sa  belle  leiue.  Maman 
a  trouvé  très  bien  ta  lettre  en  italien  et  en  a 
été  très  contente. 

Elle  te  rapportera  quelque  chose,  quand 
elle  reviendra  à  Augsbourg. 

Adieu,  Hortense,  je  t'embrasse. 

Louis  Napoléon. 

Plus  tard,  c'est  le  jeune  homme  qui 
écrit  à  la  jeune  fille  :  il  quitte  ce  ton  pué- 
ril et  lui  dit  ses  impressions  dans  des  let- 


76b 


très  très  longues,  où  ne  perce  que  confu- 
sément la  vision  de  sa  destinée.  Il  la  sup- 
plie de  lui  écrire  souvent.  Il  définit  l'at- 
trait qu'il  trouve  dans  ce  commerce,  en 
ce  passage  d'une  grande  délicatesse  : 

Ma  chère  Hortense.  —  Il  faudrait  que  vous 
fussiez  un  homme,  vous  comprenez  si  bien 
les  choses,  et  sauf  quelques  détails,  je  pense 
comme  vous.  Cependant,  je  crois  que  vous 
êtes  très  bien  telle  que  vous  êtes,  ce  serait 
dommage  de  changer.  Nos  relations  y  per- 
draient de  leur  charme,  car  le  sentiment  que 
j'ai  pour  vous  vaut  mieux  que  l'amour;  il  est 
plus  durable  ;  il  vaut  mieux  que  l'amitié  :  il 
est  plus  tendre. 

Prisonnier  à  Ham,  il  fera  de  s'a  sœur  de 
lait,  son  intermédiaire  intelligent  et  dé- 
voué. Studieux,  penché  sur  des  livres, 
travaillant  avec  un  acharnement  inouï  les 
questions  techniques,  ce  sera  elle  qui 
courra  les  libraires  pour  lui  procurer  les 
ouvrages  qui  le  documentent,  qui  aura  la 
tâche  ingrate  de  relire  ses  épreuves  et 
d'analyser  ses  articles.  Il  l'en  remercie 
avec  effusion  et,  un  certain  jour  de  l'an, 
lui  envoie  des  présents  qui  disent  leur 
bonne  camaraderie. 

Je  vous  envoie  pour  le  jour  de  l'an  un 
souvenir  bien  modeste,  mais  qui  vous  est  of- 
fert d'un  grand  cœur  :  c'est  une  plume  pour 
m'écrire,  un  couteau  sans  tranchant  pour  lire 
mes  œuvres,  un  cachet  pour  sceller  en  dehors, 
dans  la  cire,  ce  que  le  contenu  scelle  dans  le 
cœur,  et  enfin  un  canif  pour  trancher  tous 
les  petits  nœuds  gordiens  de  l.i  vie. 

Elle  le  revoit  à  Paris  en  1848  ;  elle  le 
suit  dans  son  ascension,  un  peu  inquiète 
de  découvrir  qu'il  est,  et  le  sait,  le  neveu 
de  César.  Elle  le  boude.  Pas  tant  cepen- 
dant qu'on  veut  bien  le  dire.  Elle  est  ma- 
riée, son  mari  a  décoré  une  chapelle;  elle 
ne  serait  point  fâchée  que  le  prince-prési- 
dent la  vît.  Il  se  rend  avec  bonne  grâce  à 
son  désir. 

Ma  chère  Hortense,  voilà  bien  longtemps 
que  je  ne  vous  ai  écrit,  mais  aussi  pourquoi 
vous  étes-vous  mise  à  me  bouder?  J'irai  avec 
grand  phisir  voir  la  chapelle  peinte  par 
votre  riiari  et  je  l'ai  annoncé  tout  à  l'heure 
au  curé  de  Saint-Merri.  Aiaintenant,  permet- 
tez-moi de  vous  souhaiter  une  bonne  année 
et  de  vous  renouveler  l'expression  de  ma  très 
vive  amitié. 

Louis  Napoléon. 
Elle  ne  le  traite  pas  tant  en  tyran  qu'on 
a  bien  voulu  le  croire  ;   même  au  lende- 
main du  coup  d'Etat,  elle  intercède.  Mais 


N»  134^  Vol.  LXVl. 


L'INTERMEOlAIRfc 


767 


768 


ses  clients  sont  un  peu  trop  compron  's. 

Papier  au  chiffre  impérial  : 

30  août  1852. 

Ma  chère  Hortense,  avec  la  meilleure  ^'o- 
lonté  possible,  je  n'ai  pu  vous  remercier  du 
joli  portrait  que  votre  mari  a  fait. 

Cette  aimable  attention  m'a  fait  grand 
plaisir.  Je  ne  puis  ce  que  vous  désirez  pour 
vos  protégés.  M.  Cernuschi  est  signalé 
comme  dangereux.  Ecrivez-moi  ce  que  je  puis 
faire  pour  Tribalza. 

Napoléon. 

Cette  correspondance  établit  que  les 
rapports  n'ont  jamais  cessé  entre  Mme 
Cornu  et  Napoléon  III  ;  elle  a  pu  désap- 
prouver le  coup  dEtat,  mais  n'a  pas 
rompu  avec  celui  qui  l'avait  accompli. 
Ce  qui  est  vrai,  c'est  qu'elle  ne  se  montra 
jamais  aux  Tuileries  que  le  jour  où,  à  la 
suite  de  la  lettre  suivante,  elle  alla  em- 
brasser le  Prince  impérial  : 

25  mars  1862. 

Ma  chère  Hortense.  j'ai  été  si  occupé,  que 
je  n'ai  pas  eu  le  temps  de  vous  remercier  de 
l'aimable  lattre  que  vous  m'avez  écrite  à  l'oc- 
casion de  l'anniversaire  de  la  naissance  de 
mon  fils.  Les  témoignages  de  votre  amitié  me 
sont  toujours  très  précieux  et  je  désire  que 
vous  puissiez  venir  voir  ce  cher  enfant  sut  le- 
quel j'ai  concentré  toutes  mes  affections.  En 
vous  exprimant  tous  mes  remerciements,  je 
vous    renouvelle   l'assurance    de    ma    sincère 

amitié. 

Napoléon. 

Pendant  les  dix-huit  ans  de  règne,  la 
correspondance  a  gardé  ce  ton  affectueux 
et  familier.  Si  elle  s'est  faite  plus  rare 
avec  le  temps,  c'est  que  les  soucis  du 
trône  absorbent  le  monarque.  Hlle 
s'adresse  à  lui  en  solliciteuse,  et  c'est  tou- 
jours en  personne,  que  pour  les  moindres 
requêtes,  il  s'interpose,  la  tenant  au  cou- 
rant de  ce  qu'il  fait,  heureux  lorsqu'il  a 
pu  contenter  ses  désirs. 

M.  Cornu    meurt  en    décembre    1870, 
Napoléon  111  l'apprend    à    Chislehurst    11 
fait  trêve  à  sa  propre  douleur,  pour  pren- 
dre sa  part  de  celle  de  la  veuve  : 
Ma  chère  madame  Cornu, 

Vous  ne  pouvez  douter  de  la  peine  que 
j'ai  ressîntie,  en  apprenant  la  moil  de  vitre 
mari.  Voua  s^vez  combien,  depuis  longteii  ps, 
avais  d'amitié  pour  lui.  Je  partage  vos  émo- 
tions et  me  demande  souvent  comment  vous 
vous  trouvez  au  milieu  de  la  guerre  qui  v  jus 
environne. 

Je  ne  vous  parlerai  pas  de  nos  malheurs, 
ce  sont  ceux  de  la  France  qui  m'accablent  le 
plus.  L'impératrice  et    le    prince   vont   bien, 


c'est  une  grande  consolation  pour  moi.  Espé- 
rons de  meilleurs  jours  et  croyez  toujours, 
ma  chère  Hortense,  à  ma  sincère  amitié. 

Napoléon. 

Telle  est  cette  correspondance  précieuse 
pour  l'histoire  de  l'homme  et  du  règne, 
en  raison  des  infinis  détails  qu'on  y  ren- 
contre, année  par  année.  Elle  ne  nous  ap- 
porte toutefois  aucune  révélation,  même 
simplement  piquante.  Ce  n'est  qu'un 
commerce  loyal,  honnête  et  tout  uni  entre 
gens  que  l'on  aurait  supposé  capables 
d'avoir  bien  autre  chose  à  se  dire. 


Sl-rowiiaUles  et  ({«riosités 


Hommage  des  Marseillais  à  Hud- 
son  Lo"we.  —  On  écrivait  de  Marseille 
le  25  janvier  1817  ^u  Journal  des  Débats  ? 

Les  curieux  se  portent  en  foule  à  l'Hôtel  de 
ville  pour  y  admirer  les  deux  belles  urnes  en 
argent  dont  le  conseU.  ^Junicipal,  par  sa  dé- 
libération du  26  juillet  181S,  arrêta  qu'il 
serait  fait  hommage,  au  nom  de  la  ville  de 
Marseille,  en  témoignage  de  sa  gratitude,  au 
très  honorable  baron  Exmouth,  chevalier  de 
l'ordre  du  B;iin,  amiral  du  pavillon  bleu  et 
commandant  en  chef  les  escadres  de  S.  M. 
britannique  dans  la  Méditerrannée  ;  et  au 
Major  sir  Hudson  Low  commandant  une  di- 
vision des  forces  de  S.  M.  B.  à  Marseille  et  en 
Provence  et  actuellement  gouverneur  de 
Sainte-Hélène.  Les  deux  urnes  sont  li- 
chement  exécutées  ;  on  y  voit  gravées  les 
armes  de  la  ville,  et  l'inscription  suivante  en 
langue  anglaise  et  française  apposée  sur 
chacune  des  urnes,  selon  leur  destination  res- 
pective. 

A  l'Amiral  U  très  honorable  baron  Exmouth 

Au  major  Général  sir  Hudson  Lowe 

Marseille   reconnaissante 

le  a6  juillet  181^ 

L'orfèvre  de  Paris  qui  a  été  chargé  de 
l'exécution  de  ces  belles  urnes  est  M.  Charles 
Cahier,  orfèvre  du  Roi  et  de  S.  A.  R.  Mon- 
sieur. 

(journal  des  O^'éa/5  du  lundi  5  février  1817, 

pag<^  4)- 

1817  1...  La  conduite  que  tenait  à  cette 
époque  !e  geôlier  de  Sainte-Hélène  était 
loin  de  mériter  un  tel  hommage  de  la  part 
des  Français.  L.   G. 


Lt  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

Imp.    DAMiiii-CHAMBOH,  St-Amand-Mont-Rood 


I 


LXVi*  Volume      Paraissant  Us 


'o,  io  cl  io  dt  cbaqu^mots        20  Décembre  1912 


48*  Année 

8«  "vr.  Victor- >)a8Hé 

PAHIS  aXU  Cherchez  et 


Bureau    :  de  3  iCheure» 


voua  trouverez  <a 

2: 


S       il  »e  faut 

g       entr'aider 

o 
0 


N''j349 

3I"",r.¥icJor.S:a«B 

Bureaux:  de 3»  6 heur» 


C3nterînédiairt 


OES    CHERCHEURS    fT    CURIEUX 

Fondé   en    1 804 


-JUKSTiON.     KT     KGHO.SKS     L.TTÊKAiaES.     HiSTOHlQUES.    SCIENTlP.gUKS     KT    AHi.STlOUKS 
TROUVAir.LES    ET    CUHIOSITES 

7     9  yyQ ___ 


(âue6tîoii$ 


/VcJXi    prions     nos    correspondants    de 
vouloir  bi^n   répéter    leur  nom    au-dessous 
de  leur    pseudonyme,     et    de   n'écrire   que 
d'un   côté    de    la  feuille.  Us  articles  ano-  \ 
nymes  ou   signés   di  pseudonymes  inconnus   \  — 

ne  Sel  ont  pas  insérés.  \ 

Pour  la  précision  des  rubriques,  tonte  \  '^'j^omd.%,  qui  crut  en  Delacroix. 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  un  i  Q-^'^^a'^-^^e  qu^^  ce  Thomas  qui  croyait  en 
seul  objet.  j   Delacroix  et  qui  a  acheté  les  premières 

Indiquer  les  rubriques  ci  leurs  cotes.  \  «^J^res  de  Delacroix  ?  Nous  avons  de  lui 


Indiquer  les  rubriques  et  leurs  cotes. 

Qjmnd  la    question  sollicite  la  connais- 
sance   d'une  liste,    la  liste,  sauf  exception 
n'est  pas  insérée,  mais  envn-ée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 


le  reçu  ci-dessous. 

Le  Saint -Sébastien,  payé  trois  cents 
francs  le  jour  du  terme,  en  1852  à  la  vente 
Laurent  Richard,  en  1873  a  été  payé 
31.500  frs. 

Le  même  Thomas  avait  acquis  en  dé- 
cembre 1848,  pour  100  frs,  le  Christ  au 
jardin  des  Oliviers. 


...  9  ^    /*^>^'<^^K.Ca.  -j/^  h  *i 


^>^^fe^a^ 


I 


N«  1340    Vol.  LXVÏ 

_ 77 , 

Les  greniers  du  Louvre.  —  On 

parle  souvent  de  ces  greniers.  Evidem- 
ment c'est  la  réserve,  ce  sont  les  débar- 
ras de  notre  musée.  Mais  rien  n'est  en- 
tré au  Louvre  sans  mérite  L'inventaire 
de  ces  greniers  existe-t-il  .''  se  commu- 
nique-t-il  ?  Il  n'est  pas  utile  d'encombrer 
les  colonnes  de  \  hiieimédiaire,  et  c'est 
pourquoi  je  ne  demande  pas  :  que  con- 
tiennent-ils ^  V. 

Les  productions  épiques  et  poéti 
ques  de  Lucien  Bonaparte.  —  Je  se- 
rais reconnaissant  aux  internîédiairistes 
qui  voudraient  bien  me  renseign-..r  sur  l'ac- 
cueil reçu  à  l'époque  par  les  productions 
épiques  et  poétiques  de  Lucien  Bonaparte 
et  m'aider  à  établir  une  liste  des  person- 
nes avant  été  en  relation  avec  le  prince 
de  Canino  el  dont  les  descendants  pour- 
raient posséder  dans  leurs  archives  des 
lettres  du  plus  intéressant  des  frères  de 
Napoléon.  S.  Fl. 

Un  prétendu  fils  de   Charles  IX. 

—  Je  trouve  dans  un  livre  anglais  récem- 
ment publié,  The  Latet  vears  of  Cathetine 
de  Medici,  par  Miss  Edith  Sichel,  que 
Charles  IX  aurait  eu  de  sa  femme  Elisa- 
beth d'Autriche,  un  enfant  qui  mourut  en 
bas  âge.  Les  historiens  ne  font  aucune 
mention  de  cet  enfant. 

Sur  quoi  s'appuie  l'r.uteur  des  «  Der- 
nières années  de  Catherine  de  Médicis  " 
pour  produire  cette  assertion  ? 

Ecossaise. 

Benvenuto  Cellini  a-t-il  tué  le 
cardinal  de  Bourbon  ?  —  Benvenuto 
Cellini  prétend  avoir  tué, au  siègcde  Rome, 
le  cardinal  de  Bourbon.  11  visa  dans  un 
groupe^  et  atteignit  d'un  coup  d'arque- 
buse, l'un  des  plus  grands  :  c'était  le  car- 
dinal (voyez  le  livre  11,  des  Mémoires). 

Mais  cette   prétention   a    été  fortement 
mise  en  doute.  Benvenuto  s'avantage  vo 
lontiers.  Les  archives  du  Vatican  recèlent 
peut-être  le  secret  de  cette  histoire.  Jamais 
furent-elles  consultées  pour  cet  objet? 

D'L. 

Le  premiernotaire  —  Selon  quel- 
ques historiens,  Valentinien  est  le  premier 
que  l'on  connaisse  pour  avoir  fait  les  fonc- 
tions de  notaire  et  de  secrétaire  du  roi, 
sous  Childebert,  roi  de  Paris.  Cependant, 


L'INTBRMBDlAmfe 


772 


l'édit  royal  de  Charles  V  créant,  pour  le 
couvent  des  Célcstins,  la  charge  de  60® 
secrétaire  du  roi,  (il  y  en  avait  aupara- 
vant 59),  a  l'air  d'indiquer,  pour  la  créa- 
tion des  notaires-secrétaires  du  roi,  une 
époque  bien  postérieure.  Q.ui  a  raison? 

A.  M. 
(Question  (XXllI)  restée  sans  réponse). 

Nom  d'un  personnage  de  Cons- 
tantinopla. —  Cette  personne  se  servait 
d'un  papier  à  lettre  timbré  d'un  E  et  d'un 
),  surmontés  d'une  couronne  de  vicomte. 
Elle  parait  connaître  assez  bien  les  des- 
sous de  la  politique  turque  et  interna- 
tionale ;  je  doute  qu'elle  fût  attachée  à 
l'ambassade  de  France  à  Constantinople, 
car  dans  une  lettre  d'elle,  que  j'ai  sous 
les  yeux,  elle  est  assez  dure  pour  notre 
ambassadeur,  M.  de  Lacour. 

Cette  lettre,  non  datée,  écrite  de  Cons- 
tantinople, est  vraisemblablement  de 
iSst.  Elle  est  si  curieuse,  révélant  de  tels 
dessous  diplomatiques,  que  le  sénateur 
de  l'Empire,  auquel  elle  est  adressée,  en 
barbouilla  avec  soin  la  signature.  Elle  s'y 
moque  du  prince  Menchikoff  et  dit  que 
<«  les  Anglais  sont  d'habiles  gens  et  de 
fiers  coquins  ;  que  la  France  a  la  main 
malheureu.se  en  fait  de  diplomates.  » 

La  CoussiÈRE. 


Isabel  d'Angoulême.  —  Qui  étaient 
les  parents  d'Isabeld'Angoulêmemariée  à 
Hugh  X,  comte  de  la  Marche  ? 

Dright. 

Bouche  r.miniaturis  6. —  Je  possède 
une  miniature  ancienne,  <  Portrait  de  la 
marquise  de  Pompadour  vue  à  mi-corps, 
velue  d'une  robe  bleue  avec  agréments 
roses.  »  La  favorite  est  assise  dans  un 
parc  et  tient  un  livre  sur  ses  genoux. 

Cette  miniature  est  signée  Boucher 
1767  (?) 

Je  ne  crois  pas  que  ce  soit  une  œuvre 
du  fameux  peintre;  mais  ce  pourrait  être 
une  copie  réduite,  due  au  pinceau  d'une 
dame  Botichcr  (Marie  Jeanne)  dont  Maze- 
Senciercite  le  nom  dans  son  Livte  des 
Collectionneurs,  page  492. 

D'un  autre  côté,  VlUustration,  dans  son 
récent  numéro  de  Noël,  reproduit  en  cou- 
leurs un  petit  médaillon  miniature  catalo- 
gué sous  le  nom  de  M.  J.  Boucher. 

Ni  Bellier  de  la  Chavignerie,  ni  Siret, 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIBUA 


30  Décembre  191a 


773 


774 


ni  les  de  Concourt,  pourtant  si  avisés  des  1 
choses  du   xviu*   siècle,  ni    même    le  re- 
gretté  Henri  Bouchot  dans  son   volume  : 
La  Miniatuic   Française  de   ij^o  à    182^, 
ne  parlent  de  cotte  artiste. 

Un  des  lecteurs  de  Ylntei  iiiédiaire  se- 
rait-il assez  obligeant  pour  me  fournir 
q'ielqujs  indications?  Plus  d'un  collec- 
tionneur les  accueillerait  avec  plaisir 

Jean  Paul  Heff. 

Mme  ds  C...  —  Dans  le  volume  inti- 
tulé Napoléon  à  Paiis,  paru  en  1842,  in-8, 
une  Mme  de  C...  est  dénoncée  comme 
étant  le  mauvais  génie  du  prince  Louis- 
Napoléon  (page  24OJ.  Sait  on  quelle  est 
cette  Mme  de  C...  ?  XXX. 

Hommage  à  Salomon  de  Caus.  — 

D'un  rapport  de  Baltard  (22  juillet  1864), 
il  résulte  que,  prenant  en  considération 
une  proposition  de  M.  Charles  Read,  la 
ville  de  Paris  devait  faire  placer,  sur  une 
des  faces  de  la  maison  sise  rue  Palestro,  à 
l'angle  du  passage  Basfour,  sur  rempla- 
cement de  l'ancien  cimetière  protestant  de 
la  Trinité,  où  Salomon  de  Caus  avait  été 
inhumé,  une  inscription  commémorative 
avec  l'effigie  en  buste  ou  en  grisaille  de  cet 
ancieningénieurde  la  Ville deParis.  Le  pro- 
priétaire avait  consenti, le  travail  avait  été 
conmiencé.  Le  projet  est  resté  en  sus- 
pens :  que  s'est-il  passé?  La  guerre,  évi- 
demment, a  culbuté  bien  d'autres  choses, 

V. 

Crevin.  —  Domaine  et  hameau  de  la 
commune  de  Bossey,  arrondissement  de 
Saint-Julien  (Haute-Savoiej. 

On  cherche  à  recueillir  tous  les  docu- 
ments historiques  et  iconographiques  re- 
latifs à  cette  localité,  de  même  que  des 
titres  de  propriété  et  les  mentions  intéres- 
santes des  chroniqueurs  et  des  voyageurs 
dont  les  relations  sont  publiées  ou  iné- 
dites. 

L'indication  des  collections  publiques 
ou  privée»  où  se  trouvent  des  documents 
de  ce  genre,  serait  particulièrement  utile. 

ROMOND. 

Félix  Desportes,  quand  est-il 
mort  ?  —  Dans  mon  ouvrage  :  La  Révo- 
lution de  18^8  en  Alsace  qui  se  termine 
par  la  biographie  des  parlementaires  al- 
saciens de  1789  à  1S71,  je  consacre  quel- 


ques lignes  à  ce  membre  de  la  Chambre 
des  représentants  de  181  5  pour  le  Haut- 
Rhin,  Né  en  1763,  après  avoir  passé  par 
la  diplomatie,  il  devint  préfet  du  Haut- 
Rhin  en  r?n  X,  baron  de  l'Empire  en 
1809.  Il  fut  l'un  des  premiers  à  se  pro- 
noncer contre  Napoléon^  après  Waterloo, 
à  la  Chambre  des  représentants.  A  la 
séance  du  21  juin  il  demanda  la  nomina- 
tion d'une  commission  de  cinq  membres 
chargée  de  prendre  les  soins  pour  la  sû- 
reté de  la  représentation  nationale.  Il  fut 
banni  en  1816  et  quitta  la  France.  11 
avait  alors  55  ans.  Je  ne  retrouve  plus  sa 
trace  depuis  cette  époque. 

Paul  Muller. 

Pierre  de  Grenus.  —  Né  à  Genève 
le  10  octobre  16^8,  mort  au  même  lieu  le 
S  mars  1749;  officier  au  service  de  France" 
brigadier,  1704,  gouverneur  de  Wissem- 
bourg,  retiré  à  Genève  à  partir  de  1711, 

On  désirerait  connaître  les  dépôts  pu- 
blics et  privés  qui  possèdent  des  lettres 
de  cet  officier  général,  et  des  documents 
de  toute  nature  relatifs  à  ses  propriétés 
dans  le  voisinage  de  Genève. 

Ro.MOND. 

Le  .vieur  Lagarrigue  et  le  Micros- 
cope solaire.  —  En  classant  de  vieux 
papiers  je  trouve  le  prospectus  de  séan- 
ces que  devaitdonner  à  Rome  le  sieur  La- 
garrigue,  de  la  Faculté  des  Sciences  de 
Paris,  a  l'aide  du  Microscope  solaire^  gros- 
sissant huit  millions  de  fois  les  objets. 
Imprimés  pour  une  tournée  en  Italie,  les 
prospectus  ne  portent  point  de  date  ; 
on  devait  l'ajouter  à  la  main,  comme  le' 
prix  du  billet  d'entrée. 

Ce  sieur  Lagarrigue,  lauréat  en  plusieurs 
expositions  industrielles,  doit  être  connu. 
Sait-on  à  quelle  époque  il  fit  cette  tournée 
en  Italie  ? 

Si  ce  prospectus  intéressait  quelque 
lecteur  de  V Intermédiaire,  je  me  ferais 
un  plaisir  de  le  lui  offrir. 

Arch.  Cap. 

Lombard^  auteur  dramatique.  — 

Nous  lisons  dans  ^5  ans  de  ma  vie,  page 
197,  de  la  princesse  Louise  de  Prusse,  le 
passage  suivant  : 

i8i..6.  -  On  réd'gea  un  mémoire  pour 
renettre  au  roi  et  Is  supplier  d'éloigner  de 
son  cabinet   MM.    de    Haugwitz,    Begme    et 


N*  1349  Vol.  LXVJ 


L'INTERMEDIAIRE 


"ilb 


776 


Lombard,  tous  trois  généralement  accusés  de 
tenir  au  parti  français. 

Je  crois  qu'on  taisait  tort  à  Begme  et  que 
M.  Lombard  désiiaif  surtout  ne  pas  se 
brouiller  avec  la  France  dans  l'espoir  de 
faite  accepter  ses  tragédies  au  Théâtre  Fran- 
çais. Il  espérait  un  grand  succès  dramatique, 
qui  lui  tenait  plus  à  cœur  que  le  bonheur  de 
la  Prusse. 

Pourrait-on  nous  dire  si  ce  Lombard 
est  arrivé  à  faire  jouer  quelques  pièces  au 
Théâtie-Français?  Dsns  l'affirmative,  quel 
a  été  leur  sort  ?  J. 

Agnès    de   Montbéliard.     —    Qui 

étaient  les  parents  et  grands-parents 
d'Agnès  de  Montbéliard  mariée  à  Edward 
H,  comte  de  Brienne  ?  Dright. 

Dô  Monthresor.  —  Un  aimi(ble  con- 
frère peut-il  me  re^iseigner  sur  un  Mon 
sieur  de  Monthresor  dont  je  trouve  une 
relation  manuscrite  intitulée  :  «  Relation 
et  discours  de  M.  de  Monthresor  sur  la 
sortie  de  M.  le  duc  dOrléans  hors  de 
France  après  la  mort  de  M.  de  Montmo- 
rency ;  sa  retraite  et  sa  réception  en 
Flandre,  les  Intrigues  de  la  Cour  pendant 
son  séjour  et  son  retour  en  France  (1634).» 
Comte  E.  de  Rougé. 

Biaise  Moulinier.  —  Le  it^  avril 
183}  et  jours  suivants,  on  vendait  des 
livres  rares  et  des  manuscrits  précieux 
parmi  lesquels  se  trouvait  sous  le  n"  442 
du  Catalogue  : 

Le  théâtre  de  l'inconstance  où  sont  les 
amours  d'Amydor  et  de  Lysis  par  Biaise 
Moulinier  sieurde  Beauregard  Xainetongeais, 
Paris  1610:  Ecrituie  noire  rouge, iu-i8,  reliure 
du  temps. 

Sait-on  ce  qu'est  devenu  ce  manuscrit  ? 
Pourrait-on  me  fournir  des  renseigne- 
ments sur  Biaise  Moulinier,  sicur  de  Beau- 
regard  .i*  Champvolant. 

Préfontaine.  —  Un  membre  de  cette 
famille  a  t-il  rccilcment  pris  part  aux 
guerres  de  l'Emigration  et  de  Vendée  ^  Ce 
nom  est  bien  cité  dans  quelques  ouvrages 
spéciaux  relatifs  à  ces  guerres, notamment 
dans  celui  du  marquisd'Ecquevilly  :  Cam- 
pagne du  corps  sûii$  la  ordres  Jii  Piince  de 
ConJé.  Dans  le  Cbarlrier  Français,  année 
1870  «  liste  «les  présents  à  Quiberon  :  de 
Prefontaine  disparu  le  21  ».  Mais  aucun 
des  ouvrages  ayant  traita  r«?*p(>dition  de 


Quiberon  ne  cite  ce  nom  dans  la  liste  des 
émigrés  tués  ou  arrêtés  et  exécutés,  ou 
qui  ont  pu  s'échapper.  Il  er.  est  de  même 
des  ouvrage;  sur  les  guerres  de  Vendée. 
On  ne  trouve  ce  nom  ni  dans  Tercier,  ni 
dans  Chassin,  Crétineau-joly,  Deniau.  de 
Nouhes,  Duchemin  des;Scepeaux,  etc.,  etc. 

je  me  demande  s.'ii  n'y  aurait  pas  eu 
erreur  d'impression  ou  confusion  de  nom 
et  s'il  n'aurait  pas  été  mis  de  Préfontame 
pour  de  Guéfonlaine. 

Un  de  Guétontaine  fut,  en  eflet,  garde 
du  corps  des  princes  ;  il  prit  part  aux 
guerres  d'Emigration,  à  l'expédition  de 
Quiberon  ;  arrête  avec  tous  les  émigrés 
sous  les  ordres  du  comte  de  Sombreuil,il 
put  s'échapper,  reprit  les  armes  en  Ven- 
dée et  fut  tué  à  Ballée  en  octobre   1799. 

Tous  lt;s  ouvrages  cités  plus  haut,  aux- 
quels on  pourrait  ajouter  cdui  de  R.  Bit- 
tard  des  Portes  Les  Emigrés  à  cocarde  noire 
en  font  mention.  P.  C.  L. 

Janne  de  Seilhans  —  J'ai  sous  les 
yeux  deux  lettres  qui  portent  comme  si- 
nature  le  nom  place  en  tête  de  ces  lignes. 
Elles  furent  écrites  en  1627  et  1628,  au 
Cardinal  Borghèse.par  une  religieuse  ainsi 
nommée,  qui  avait  fondé  à  Assise  le  nio 
nastère  des  St!\-antes  de  Jésus,  Marie  et 
Joseph  En  1639  Anne  d'Autriche  écrivant 
aux  magistrats  d'Asi^ise,  pour  les  remer- 
cier des  fëlicit.itions  qu'ils  lui  avaient 
adressées  à  l'occasion  de  la  naissance  du 
Dauphin,  le  futur  Louis  XIV,  leur  faisait 
remettre  ses  lettres  par  l'intermédiaire  de 
la  «bonne  Mère  de  Seillans.  »  C'est  la  der- 
nière trace  que  l'on  trouve  d'elle  à  Assise 
et  le  savant  chanoine  Tnii,  aujourd'hui 
vicaire  généra!,  dans  une  courte  note, 
qu'il  lui  a  jadis  consacrée  dans  un  bulle- 
tin publié  en  1899,3  l'occasion  du  cin- 
quantenaire de  l'mvention  du  corps  de 
sainte  Claire  (S^iila  Chtara  di  /isstsi  ticl 
cinguantesitno  dalVinven^ione  del  corpo, 
Assise,  1899  1900)  assure  qu'elle  trans- 
porta son  monastère  en  France. 

Dans  les  quelques  documents  contem- 
porains, Janne  de  Seilhans  est  dite  de 
Marseille.  Scillians  est  une  commune  du 
Var,  et  le  nom  d'une  famille  de  ce  nom 
est  connu.  Je  l'ai  relevé,  sans  en  prendre 
note,  dans  le  catalogue  des  mantjscrits  de 
la  Bibliothèque  d'Aix,  je  crois,  sous  la 
plume  d'un  certain  correspondant  de 
Peiresc. 


DES  CHERCHEURS  ET   CURIEUX 


777  - 


778 


30  Décembre  191» 


Connait-on  quelque  chose  de  plus  sur 
Janne  de  Seilhans  et  sa  communauté  des 
Servantes  de  Jésus,  Marie  et  Joseph,  qui 
portaient  comme  costume  religieux  une 
robe  de  laine  de  couleur  cendrée  ;  sur  la 
poitrine  trois  croix  superposées,  rouge, 
verte  et  blanche.  J'ai  inutilement  cherché, 
dans  Hélyot  et  les  auteurs  que  j'avais 
sous  la  main,  quelque  renseignement  sur 
cette  famille  religieuse  qui  n'eut,  peut- 
être,  qu'une  durée  éphémère. 

Arch.  Cap. 

"Vitapeyde  Beranger  et  de  H.Ma- 
caire.  —  Qui  étaient  les  parents  de  Vi- 
tapey  de  Beranger  et  Je  H.  Macaire  marié 
à  Guillaume  III  comte  d'Angoulême  ? 

Dright. 

Trensbourge  deBeaugency.  —Qui 
étaient  les  parents  de  Trensbourge  de 
Beaugency  marié  à  Fulgue  V,  comte  d'An- 
jou ?  Dright. 

Décoration  du  Mérite  Militaire. — 
Existe-t-il  pour  cette  décoration,  réservée 
aux  protestants  sous  l'ancien  régime,  des 
tables  ou  des  répertoires  comme  pour  la 
croix  de  Chevalier  de  Saint-Louis? 

Gald. 

Ordre  relis^ieux- militaire- nobi- 
liaire de  Saint- Jean-d' Acre.  —  Je  se- 
rais heureux  d'obtenir  des  renseignements 
historiques  au  sujet  de  l'Ordre  de  Saint- 
Jean-d'Acrd,  ainsi  que  a  l'égard  de  son 
existence  actuelle. 

L'Ordre  de  baint-Thomas,  institué  par 
Richard,  roi  d'Angleterre,  après  la  prise 
d'Acre,  aurait-il  quelque  rapport  avec 
l'Ordre  de  Saint-Jean-d'Acre?J'ai  entendu 
dire  que  ce  dernier  existerait  encore  en 
Espagne.  Pourrait-on  me  renseigner  à  ce 
sujet  .f'  Est-ce  que  le  cartulaire  de  cet  Or- 
dre serait  conservé  au  British  Muséum, 
de  Londres  't  Un  historidphile. 


Armes  à  identifier  :  Trois  falots 
d'or.  —  D'azur,  à  tiois  falots  d'or  poses 
2  et  I  en  bande.  Ces  armoiries  sont  acco- 
lées a  celles  de  Etienne  Montanier  '<  inté- 
ressé aux  fermes  du  roi  »  en  Languedoc 
(Lodeve)  vers  1730.  Montanier  porte  : 
d'azur  à  2   montagnes   d'argent  surmontées 


d'un  soleil  d'or  accompagné  de  j  étoiles  de 
même  en  chef,  les  deux  autres  aux  côtés. 

Elles  sont  peintes  sur  une  chaise  à  por- 
teur du  xviii*^  siècle. 

En  1730,  une  dame  veuve  Montanier 
parait  dans  un  acte  de  fo^  et  hommage, 
elle  est  née  Madeleine  Arnoux  son  dé- 
funt mari  y  est  qu^ilitié  Trésorier  de 
France 

Est-ce  le  même  Montanier  ^  Ces  armoi- 
ries 'ont  elles  celles  des  Arnoux  ? 

R.  DE  R. 


"Vent-^  Joursanvault.  —  Parmi  les 

livres  mis  à  la  disposition  des  lecteurs 
dans  la  salle  des  manuscrits,  à  la  Biblio- 
thèque Nationale,  se  trouve,  sous  le  nu- 
méro 29b,  le  Catalogue  atialvtique  des 
Archives  de  M.  le  baron  de  Joursanvault  ; 
Paris,  Techener,  1838,  2  vol.  in-8. 

En  tête  du  second  volume,  on  a  relié 
cet  avis  : 

La  vente  aux  enchères  des  archives  de  M. 
le  baron  de  Joursanvault  aura  lieu  par  le 
ministère  de  M«  Bataillard,  commissaire 
priseur,  rue  de  Choiseul,  n"  5,  assiité  de  M. 
Techener,  libraire,  place  du  Louvre,  n»  12, 
le  is  octobre  1838  et  jours  suivans,  aux  lieu 
et  heure  et  dans  l'ordre  qui  seront  indiqués 
par  une  feuille  de  vacation  qui  se  distribuera 
à  compter  du  le""  octobre,  chez  MM.  Batail- 
lard et  Techener. 

La  collection  sera  vendue  en  totalité  à 
l'amiable  s'il  est  tait  des  offres  suffisantes 
avant  le  l«^  octobre. 

On  m'a  dit  à  la  Bibliothèque  Natio- 
nale, que  le  fonds  s<  Bourgogne  et  Fran- 
che Comté  »  avait  été  acheté  par  cette 
bibliothèque 

Je  désire  savoir  ce  qu'est  devenu  le  ma- 
nuscritsignalédans  le  tome  II  sous  la  divi- 
sion i<  Anjou,  a  la  page  84  et  numé- 
roté 2.578.  *<  Dix-sept  pièces  :  litres  con- 
cernant la  seigneurie  de  Longue.  Contrat 
de  Mariage  de  Charles  de  Chatillon  et  de 
Catherine  Chabot.  Pièces  relatives  aux 
divers  officiers  du  roi  et  du  duc  d'Orléans 
en  Anjou.  Titres  relatifs  à  la  chàtellenie 
de  Passavant.  Le  vicomte  de  Thouars 
donne  quittance  des  deniers  reçus  pour 
son  mariage  avec  Collette  Chabot.  Pièces 
concernant  le  château  delà  Bourgognière. 
Pièces  relatives  à  l'abbaye  de  Fontevrault 
et  à  la  prise  d'habit  par  la  duchesse 
d'Orléans.  1440- 1480  ». 

Claude  Robin. 


N   1349.  Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


779 


780 


«  Epatant  »  (LXV)  —  Un  Souvenir 
de  Pasteur.  —  Pour  exprimer  létonne- 
ment  extrême,  on  a  coutume  de  dire  : 
«  Les  bras  m'en  tombent  !»  ou  «  Cela  me 
coupe  bras  et  jambes  >  . 

Or,  les  gens  qui  sentent  leurs  membres 
se  détacher  ainsi,  sont  épatés,  au  sens  po- 
pulaire et  littéral  du  terme. 

Serait-il  excessif  de  voir  là  l'étymolo- 
logie  du  mot  épatant,  que  l'Académie 
vient  de  naturaliser  français  ^ 

En  accueillant  ce  mot  jusqu'alors  dé- 
considéré, l'Académie  n'a  d'ailleurs  fait 
que  suivre,  de  très  loin,  l'exemple  d'un 
de  ses  membres,  et  pas  des  moindres,  qui 
ne  dédaigna  pas  de  s'en  servir  dans  une 
circonstance  mémorable. 

Cela  se  passait  il  y  a  vingt-cinq  ou 
trente  ans,  peu-ctre  plus.  Pasteur,  dans 
son  laboratoire  d'Arbois,  ou  il  poursui- 
vait ses  recherches  sur  l'infection  char- 
bonneuse chez  les  animaux,  venait  d'ob- 
tenir des  résultats  merveilleux.  Sous 
l'empire  de  la  joie  qu'il  en  éprouvait,  il 
adressa  à  sa  femme,  restée  à  Paris,  ce  té 
légramme  concis  :  «  Succès  épatant]  » 

Si  les  parrains  du  parent  pauvre  qu'on 
vient  d'admettre  dans  la  famille  académi- 
que, avaient  eu  connaissance  de  ce  glo- 
rieux précédent,  ils  n'auraient  pas  man- 
qué d'en  faire  état  pour  les  besoins  de 
leur  cause.  Mais  c'est  un  fait  peu  connu, 
que  je  crois  tenir  de  bonne  source. 

Je  ne  l'ai  vu  citer  nulle  part.  Est-il  his- 
torique ou  légendaire  ?  C'est  un  petit 
point  d'histoire  que  la  famille  Pasteur 
pourrait  peut-être  fixer,  et  il  est,  actuelle- 
ment, assez  intéressant  pour  en  valoir  la 
peine. 

Emile  Deshays. 


Sous  Louis  XIV  mangeait-on  la 
tête  couverte  ?  —  Qui  ne  comiait  ces 
deux  vers  de  la  3»  Satire  de  Boilcau  (Des- 
cription d'un  repas  ridicule). 

Quand  un  des  campagaardsreievant  sa  mous- 

[tache 
tt  son    feutre    à  grands  poils    ombragé  d'un 

[panache. 

Doit-on  en  conclure  que  sous  Louis 
XIV  on  mangeait  quelquefois  ou  toujours 
la  tète  couverte,  même  dans  les  repas  de 
cérémonie,  ou  que  le  campagnard  était 
ignorant  des  usages  des  honnêtes  ger.s  ^ 

Dehermann. 


Eépou$e$ 


des  Ca- 


Les  Guise,  descendants 
rolingiens  (XVII  ;  LXVI,  33, 
Dans  son   Manuel  de  diplomatique   (Paris, 
1894,  page  880)    M.   A.   Giry  répond  en- 
tièrement à  la  question  posée  : 

L'un  des  plus  fameux  faussaires  en  ce 
genre  (faux  généalogiques)  fut  François  de 
Rosières,  de  Bar-le  t)uc,  attaché  au  cardinal 
de  Lorraine,  qui  le  pourvut  de  nombieux 
bénéfices  et  notamment  de  l'archidiaconné 
de  Toul.  Il  fut  chargé  par  les  princes  lor- 
rains d'écrire  une  histoire  de  leur  maison, 
accréditant  la  généalogie  qui  rattachait  les 
Guise  en  ligne  directe  à  la  famille  de  Char- 
■lemagne,  voire  même  à  la  dynastie  méro- 
vingienne Ce  n'était  point  chose  de  petite 
conséquence  puisqu'elle  plaçait  les  Guise 
sur  les  marches  du  trône  et  leur  créait  des 
droits  éventuels,  au  cas  de  la  disparition, 
qu'on  pouvait  dès  lors'^févoir  de  la  maison 
de  Valois.  Four  justifier  cette  filiation.  Ro- 
sières fabriqua  nombre  de  fausses  pièces 
qu'il  prétendit  avoir  trouvées  dans  les  archi- 
ves des  monastères.  Son  procédé  était  le 
le  plus  souvent  des  plus  simples  ;  il  consis- 
tait à  introduire  dans  la  teneur  dedocuments 
anrienset  parfaitementauthentiquesles  noms 
et  les  mentions  dont  il  avait  besoin.  Il  ne 
paraît  pas  s'être  jamais  hasardé  à  contrefaire 
des  originaux,  mais  s'être  contenté  d'insérer 
les  textes  acommodésà  sa  façon  dans  la  lon- 
gue et  fastidieuse  histoire  en  latin  de  la  mai- 
son de  Lorraine  qu'il  publia  en  15^0  à 
Toul,  avec  privilège  du  roi  et  qui  est  intitu- 
lée: Stemtnata  Lotharingia  ac  Barri  ducum 
(in-fol.).  Dénoncé  par  du  Plessis-Mornay 
{Discours  du  droit,  prétendu  pour  ceux  de  la 
maison  de  Guise  d  la  couronne  de  France, 
Paris,  13H3,  in-8o|.  comme  un  manifeste 
des  princes  lorrains,  l'ouvrage  fut  saisi  et 
son  auteur  jeté  à  la  Bastille,  d'où  le  crédit 
des  Guise  réussit  à  le  faire  bientôt  sortir  ;  il 
put  se  retirer  à  Toul,  011  il  employa  sa 
vieillesse  à  composer  des  œuvres  édifiantes. 

Voir  ausbi  :  Bréquigny,  Sur  h  faussaire 
François  de  Rosières,  pp.  315-317  des 
Prolégomènes  du  tome  1,  des  Dipïomata 
Chartae. 

P.  c.  c.  Baron  du  Rourh  de  Paulin, 


Guerres  de  "Vendée.  Les  Prison- 
niers de  Saint  Florent  le  "Viel  (LXVI, 
673).  —  La  question  des  prisonniers  de 
Saint-Florent  .-»  été  amplement  traitée 
dans    \ Intermédiaire    (Voir    XXXII,  556  ; 


DES  GHJbRCHiiUKS 

781 


Bl  eu  H  JEUX 


20  Décembre    191a 


XXXllI,  104,  269,  380,  620,  XXXIV,  loi, 
500,  587). 

11  est  résulté  de  cette  enquête  que  les 
prisonniers  de  l'Eglise  de  Saint-Florent 
étaient  des  Républicains  qui  durent  la  vie 
à  la  générosité  du  général  Vendéen  de 
Bonchamp. 

Comme  témoignage  on  a  cité  : 

Les  Mémoires  de  Kléber,  et  Savary,  té- 
moin oculaire. 

Une  lettre  de  Merlin  (de  Thionville) 
écrite  de  Saint-Florent  au  Comité  de  Salut 
Public  (19  octobre  1793). 

Une  lettre  de  Guichet  et  Chaigneau, 
commissaires  à  la  silice  d?.  l'Armée  de 
l'Ouest,  écrite  de  Saint  Florent  le  24  oc- 
tobre 1793. 

Le  décret  de  «  sursis  à  l'exécution  du 
jugement  de  la  Commission  militaire  éta- 
blie au  Mans  qui  condamne  'à  mort  la 
veuve  Bonchamp»  (33  Vendémiaire  an  lllj 
et  le  décret  de  «  sa  mise  en  libc^rté  »  (29 
Nivôse  an  111). 

La  lettre  adressée  le  ^  Brumaire  an  III 
au  conventionnel  Lofficial,  Tun  des  paci- 
ficateurs de  la  Vendée  par  «  les  républi- 
cains qui  ont  été  prisonniers  dans  la  Ven- 
dée, délivrés  à  Saînt-Florent  le  18  octo- 
bre 1793  (vieux  stile)  »  {uc). 

Les  déclarations  de  P.  J.  David  d'An- 
gers, qui  sculpta  le  monument  élevé  à 
Bonchamp  dans  l'Eglise  de  Saint-Fiorent, 
attestant  que  son  père  Pierre  Louis  Dj 
vid,  volontaire  de  l'armée  de;  Kléber,  était 
un  des  5000  prisonniers  dans  l'Eglise  de 
Saint-Florent  dont  Bonchamp  a  demandé 
la  grâce  avant  de  mourir,  et  qu'en  exé- 
cutant le  dit  monument,  il  "a  voulu  ac- 
quitter la  dette  de  reconnaissance  de  son 
père. 

Je  crois  donc  qu'appuyée  sur  tous  ces 
documents  la  preuve  a  été  hisioriquement 
faite  et  que  l'enquête  peut  être  définitive- 
ment close. 

G.  Lantz. 

♦  ♦ 
Sauf  le  nombre  des  prisonniers,  le  fait 
est  rapporté  dans  \' Histoire  de  la  Révolu- 
tion de  Thiers,  au  commencement  du  li- 
vre XVIII,  tel  que  le  relate  notre  confrère 
«Un  Vendéen».  Voici  le  passage  deThiers: 

Le  lendemain  18  (^octobre  !79?),  l'armée 
(républicaine)  entière  marche  de  Chofet  vers 
Beaupréau.  Les  avant-garde;  de  Beaupuy, 
placées  sur  îa  route  de  Sarnt-Florent,  voient 
un    grand    nombre     d'individus    arriver    en 


782 


criant  :  Vive  la  République/  Viiie  Bon- 
champ.  On  les  interroge,  et  ils  répondent  ert 
proclamant  Bonchamp  comme  leur  libéra- 
teur. En  effet,  ce  jeune  héros,  étendu  sur  un 
matelas,  et  près  d'expirer  d'un  coup  de  feu 
dans  le  bas  ventre,  avait  demandé  et  obtenu 
la  grâce  de  quatre  mille  prisonniers  que  les 
Vendéens  traînaient  à  leur  suite  et  qu'ils 
voulaient  fusiller  ;  les  prisonniers  rejoi- 
gnaient l'armée  républicaine. 

V.  A.  T. 

Dans  le  n"  1 17  du  Mercure  Français,  26 
octobre  1793^  Page  400  : 

Barrère  a  annoncé  que  la  Vendée  n'est 
plus.  Voici  la  lettre  de*  représentants  du 
peuple  près  l'armée  de  l'Ouest. 

l.  a.  P. 

«   » 

Le  18  octobre  1793,  l'armée  Vendéenne 
fit  grâce  à  7.000  prisonniers,  qui  étaient 
réunis  à  Saint-Florent-le-Viel  (Maine-et 
Loire),  lors  du  passage  de  la  Loire.  Les 
témoignages  abondent,  et  du  côté  des 
blancs  et  du  côté  des  bleus. 

je  me  contente  de  donner  deux  docu- 
ments empruntés  à  ces  derniers 

Le  19  octobre,  lendemain  du  passage 
de  la  Loire,  Merlin  (de  Thionville)  écri- 
vait, de  Saint-Florent-le-Viel,  au  Comité 
de  Salut  Public  : 

j'arrive  avec  Boursault  et  quelques  troupes 
mais  j'arrive  trop  tard  pour  noyer  les  débris 
des  brigands.  Cette  armée  du  Pape,  qui 
nous  fait  tant  de  mal  et  que  l'on  n'a  pas 
poursuivie  avec  une  activité  assez  révolu- 
tionnaire, nous  échappe  encore  ;  mais  elle 
n'a  plus  de  chefs  !  Les:ur2  agonise,  D'Elbée 
est  blessé  à  mort,  Bonchamps  n'a  plus  que 
quelques  heures  à  vivre.  Ces  lâches  ennemis 
de  la  nation  ont,  à  ce  qui  se  dit  ici,  épargné 
plus  de  quatre  mille  des  nôtres,  qu'ils  te- 
naient prisonniers.  Le  fait  est  vrai,  car  je  le 
tiens  de  la  bouche   de   plusieurs  d'entre  eux. 

Quelques-uns  se  laissaient  toucher  par  ce 
fait  à'incrovable  hypocrisie.  Je  les  ai  pérores 
et  ils  ont  bientôt  compris  qu'ils  ne  devaient 
aucune  reconnaissance  aux  brigands.  Mais, 
comme  la  Nation  n'est  pas  encore  à  la  hau  - 
ieur  de  nos  sentiments  p  itriotiques,  vous 
agirez  sagement  en  m  soufflant  pas  mot 
sur  une  pareille  indiq-nité.  Des  hommes  libres 
accepter  la  vie  de  la  main  des  esclaves  !  Ce 
n'est  pas  révolutionnaire  //  faut  donc  ense- 
velir dans  l'oubli  cette  malheureuse  action. 
N'en  parle;^^  pas  même  à  la  Convention.  Les 
brigands  n'ont  p.i^  le  temps  d'écrire  ou  de 
faire  des  journaux  ;  cela  s'oubliera  comM» 
\   tant  d'autres  choses  , 


N» 


'349' 


VoJ.  LXVI. 
78? 


L'ilNTi3KMÉD{Ali<Jb 


Jean-Julien-Michel  Savary,  président  du 
tribunal  du  district  de  Cholet  jusqu'à  l'in- 
surrection de  mars  1793,  était  commis- 
saire civil  à  l'état-major  de  Kléber  lors  du 
passage  de  la  Loire  par  liumée  catholique 
et  royale.  11  était  à  Beaupréau  le  18  octo- 
bre 1793  Voici  ce  qu'il  écrivait,  en  1824, 
dans  ses  Guerres  des  Vendéens  et  des 
Chouans  (tome  11,  page  278)  : 

Le  18  octobre,  vers  les  onze  heures  du  ma- 
tin, les  avant-postes  sur  la  route  de  Beau- 
préau à  Saint-Horent  sij^nalèrent  un  grand 
nombre  d'individus  qui  se  dirigeaient  vers 
eux;  Beaupuy  s'y  porta  de  suite.  C'étaient 
les  prisonniers  républicains,  au  nombre  de 
quatre  ou  cinq  mille,  qui  tous  proclamèrent, 
pour  leur  libérateur,  Boncbamps  prêt  à  ren- 
dre le  dernier  soupir  —  Il  faut  avoir  vu  ce 
spectacle  attendrissi-nt  et  terrible,  il  faut  avoir 
entendu  le  récit  de  leurs  peines,  de  leurs 
espérances,  enfin  l'expression  de  leur  recon- 
naissance, pour  s'en  faire  une  idée.  Ils  furent 
dirigés  le  jour  même  sur  Cholet. 

F.   UZUREAU, 

Directeur  de  Y  Anjou  Hiztoiique. 

Santerre    et    la    mort  de    Louis 

XVI  (T.  G.  820  ;  LXV  ;  LXVI,  54,  349» 
558,593;. — L'article  de  «  F.Arverne»  me 
force  a  revenir  sur  une  question  dont  j'ai 
dit  que  je  la  traiterais  ailleurs  selon  la 
méthode  historique  et  avec  toute  l'ampleur 
quelle  nécessite.  Je  demanderai  seule- 
ment que,  dans  l'intervalle,  on  veuille 
bien  ne  pas  me  faire  dire  ce  que  je  n'ai 
pas  dit.  s<  L'auteur  de  l'article  du  30 
octobre  »,  en  renvoyant,  en  effet,  à  Chas- 
sin  {Un  balai d  de  Louis  XV,  gcneial  ré- 
f}ublicain  en  Vendée.  [Revue  Bleue  au  13 
sept.  1890,  p.  335-339])  i»  eu  soin  d'ajou- 
ter que  l'erreur  de  cet  historien,  relative 
au  *i  bâtard  »,  avait  été  rectifiée  par  M. 
E.  Welwert  au  n"  du  i®""  novembre  1890 
des  Arcbiv.'s  historiques,  artistiques  it  lit- 
téraires, t.  II,  dans  une  lettre  ouverte  au 
Directeur  de  la  Revu-  bleue  (1)  Ceci   pose, 

(1)  M.  £.  Welwert  avait  donné  déjà,  en 
I887,  au  t.  XXXV  de  la  Revue  historique,  p. 
393-303,  une  Etude  critique  de  quelques 
textes  relatifs  à  la  vie  secrète  de  Louis  X  V, 
où  l'on  trouvera,  p.  094-290,  d'intéressants 
détails  sur  la  Morphy.  —  Notons  qu'une 
omission  typographique,  dans  l'article  du 
30  octobre  dernier,  col.  T,}(),note  1,  me  fait 
commencer  l'article  de  M  Monin  aun*  de 
janvier-mars  de  la  Revue  historique  de  la 
itévolutian    française.    C'est    au  n*  de   jan- 


784 


il  importe  de  ne  laisser  subsister  aucune 
équivoque  sur  l'origine  authentique  de 
Charles-Antoine  de  Beaufranchet.  Je  vais 
donc  l'exposer  avec  toute  la  précision  do- 
cumentaire, en  même  temps  que  la  briè- 
veté voulues. 

Celle  que  Ton  nous  désigne  comme 
ayant  été  »<  Marie-Louise  O'Murphy  de 
Boisfailly  »  —  nom  altisonant,  en  vérité  ! 
n'était  autre  que  la  belle  «  Morphise  » 
maîtresse  de  Louis  XV.  la  jolie  fille  que 
le  journal  de  Barbier  et  surtout  les  Mé- 
moires de  d'Argenson  ont  suffisamment 
caractérisée,  et  que  les  papiers  de  l'ins- 
pecteur de  police  Meusnier  (bibl.  de 
l'Arsenal,  Archives  de  la  Bastille,  manus- 
crit n°  10251)  ainsi  que  le  Journal  de 
Hardy  (Bibliothèque  Nationale,  manus- 
crits ;  t.  II:  Mes  loisirs)  ne  permettent  pas 
de  confondre  avec  qui  elle  ne  (ut  pas. 
Cette  enfant,  «  tirée  de  la  lie  du  peuple», 
et  \<  presque  ramassée  sur  le  trottoir  »  — 
—  ce  n'est  point  moi'Ciui  p<»rle  — ,  dont 
Casanova  de  Seingalt,  au  t.  II  de  ses  Mé- 
moires (1).  soutient  l'origine  grecque., 
dont  d'Argenson  fait  le  rejeton  d'un  sa- 
vetier et  d'une  revendeuse  à  la  toilette, 
tandis  que  d'autres  contemporains  veu- 
lent qu'elle  ait  été  de  souche  irlandaise, 
avait  quatre  sœurs,  de  condition  précaire 
selon  Meusnier  —  dont  le  manuscrit  est 
malheureusement  lacéré  au  début  —  et 
de  vertu  moins  que  farouche,  je  n'insis- 
terai pas  sur  leur  histoire,  qui,  cepen- 
dant, aurait  l'avantage  de  nous  montrer 
dans  quel  milieu  fut  élevée  la  mère  de 
Beaufranchet.  Je  ne  narrerai  pas  non  plus, 


vier-mitr.i  i^io  qu'il  faut  lire.  Notons  enfin 
que  le  Recueil  La  Bédoyère,  à  la  Bibliothè- 
que Nationale,  contient  des  lettres  encore 
non  publiées  de  Santerre  et  que  signale  M, 
Pierre  Caron,  p.  142  de  son  Manuel  Prati- 
que ■;^our  l'étude  de  la  Révolution  française 
(Paris,  Picard,  1912).  Sur  Beaufranchet  faux 
«  oncle  de  Louis  XV'II  »,  j'engage  l'amateur 
à  se  reporter  au  iourna!  Le  Temps  du  21  jan- 
vier 1893.  Voyez,  enfin,  la  défense  de  Beau- 
franchet dans  r/H/^A/w<?</îViiri?du  10  avril  1898, 
par  «  T    Pavot  »  :  Autour  de  Louis    X^. 

(i)Qui  l'appelle  Hélène  et  prétend  à  la 
note  poétique,  visiblement  D'après  Vatel. 
Madame  du  Jarry,  I.  Introduction,  la  Mor- 
phise aurait  été  peinte  par  Boucher,  à 
l'église  Saint-Louis  à  Versailles,  dans  son 
tableau  :  Satnt-Jean-Bapiiste  prêchant  dans 
le  disert. 


DBS  CHBRCrîBU  -S   ET  CURlHUX 


ao  Décembre  ipit 


785 


78b 


après  les  garants  cités  et  encore  les  Mé- 
moires du  duc  de  Croy  et  Soulavie  (éd.  de 
1802),  ainsi  que  du  marquis  de  Valfons, 
comment,  à  i4ans,  Louisonnubiledepuis  5 
ou  4  mois,  fut  destinée  par  la  fortune  aux 
amusements  d\m  demi-dieu,  qui,  on  le 
sait,  avait  déjà  pris  goût  à  présider  des 
éducations  de  ce  t^enre.  Bref,  la  Morphise, 
logéedèsl'hiverde  17,3  auParc-aux-Cerfs 
et,  au  printemps,  au  château  même  (Cf. 
d'Argenson.  sous  le  2  mai  17S3),  amusait 
le  Roi  —  diflfîcile  problème  !  — Tantel  si 
bien  qu'après  une  fausse  couche,  elle  mit, 
entre  mai  et  juillet  17^4,  à  Versailles,  au 
monde  une  fille  et  vil  sa  faveur  s'accroî- 
tre, au  point  que  les  calculateurs  de  la 
Cour  commencèrent  à  adorer  cet  astre 
nouveau. 

Malheureusement,    Louison    se     laissa 
enjôler  par   Mme  la  maréchale  d'Estrées, 
ennemie  de  la  Pompadour.  et  dut  à  cette 
imprudence    sa    perte.    On    lui    chercha 
donc  un    mari,  qui   fut  trouvé,  grâce  au 
prince  de  Soubise  et  par  l'intermédiaire 
du  marquis  de  Lugeac  {cf.   les  Souvenirs 
d  un  homme  Je  cour,  etc.  de  la  Gorse,  i8os, 
t.  Il),   en    la    personne    du    brave  gentil- 
homme auvergnat  et  aide-major  Jacques 
de  Beaufranchet  d'Ayat.  La  Morphise  re- 
cevait du  roi  200.000  mille  livres  de  dot, 
ainsi  qu'un  magnifique  trousseau  —  sans 
compter  les  diamants  qu'il  lui  avait  offerts 
nacruère  —  et  le  mari  ^0.000  livres  pour 
prix  de  sa  loyale  complaisance.  L'acte  de 
mariage,  qui  subsiste,  est  daté  du  25  no- 
vembre 17 s  =5  [cf.  les  Mémoires  du  duc  de 
Luynes,  XIll,  431  ;  les  Souvenirs  du  mar- 
quis de  Valfons  ;    le  Journal  de    Barbier, 
VI,  février  1756;  les  Mémoires  de  d'Argen- 
son, VII  (note  de  Chérin)  et  Nauroy  dans 
Le  Curieux  de  janvier   1887).  La  mère  de 
Louison  y  est  qualifiée  de  dame  Margue- 
rite Igny.  Le  père  était  mort  :  on  jugea  à 
propos  de    l'anoblir  et  d'allonger  le  nom 
de  la  famille,  sans  souci    de   la    vie  équi- 
voque des  sœurs  et    de   l'existence  pro- 
blématique de  tous.  On  en  fit  un  Messire 
Daniel  Morphyde  Boisfailly, gentilhomme 
irlandais,  consacrant,  de  la    sorte,  par  le 
registre     des     baptêmes,    la    légende    de 
cette  origine  dont  parle  Meusnier  !  Beau- 
franchet, mineur,  acceptait  tout  sans  mot 
dire  et  son  colonel  —  le  marquis  de  Lu- 
geac,    susmentionné,    du     régiment     de 
Beauvoisis  ~-  signait  au   mariage.. Natu- 
rellement,   l'aide-major    peu    scrupuleux 


fut  chansonné.  On   lit  dans  le   recueil  du 
marquis  de  Paulmy  : 

Sur  l'air  :  Cela  ne  me  surprend  pas. 
Qu'ail   Egrefin   pour  avoir  des  ducats 
Du  maistre  épouse  une  maîtresse 
Cela  ne  me  surprend  pas...(i) 

Désormais,  la  vie  de  très  haute  et  noble 
dame  Morphise  change  de  direction.  Elle 
donne     à    Beaufranchet     d'Ayat,    le    30 
octobre    17,6,  une   fille    —   dont   on  n'a 
pas  de   traces  — ,  puis,  le   22    novembre 
17,7,  dix-sept  jours  après  Rosbach  —  où 
son   mari,  devenu   colonel  et  aide-major 
de  l'armée  de  Soubise,  s'est  fait  tuer  (2) 
—  accouche  de  notre  héros.  Il  faut,  pour 
être  complet,  ajouter  que   sa  carrière  est 
loin  d'être    terminée.  Après   deux  ans  de 
veuvage,  elle  épouse,   dans  des  circons- 
tances bizarres  relatées  par    Valfons,  Le 
Normant, receveur  d  s  tailles  à  Riom,  qui, 
en  176:;,    après  en  avoir  acheté  la  terre, 
prendra  le  titre  comtal  de  Flaghac.Le  Livre 
rouge  de  1790  nous  apprend  que  .*  Le  Nor- 
mand {demoiselle  Murphi)  ^2  ans,  veuve  du 
sieur  Le  Normand,  trésorier  du  marc  d'Or, 
touche  depuis  ij8^  unepensionde  i2,ooofr.» 
Arrêtée  sous  la  Terreur,  le  20  ventôse  an 
11,  elle  convole,  libérée  de  Sainte-Pélagie, 
en  très  justes   noces,  avec    Louis-Philippe 
Dumont,    député   du     Calvados,    qui    — 
ayant  trouvé,  sans  doute,  que  ses   30  ans 
s'alliaient  mal   avec    les  60   hivers  de  sa 
femme   —  divorce   peu   après,  le  26  fri- 
maire an  VII.    Elle  ne   mourra  que  le  17 
janvier  181 5.  et   le    registre  des  actes  de 
décès  de  la  mairie  du  lll''  arrondissement 
à  Paris  —  Cf.   Nauroy  et   Dussieux,  Gé- 
néalogie  des  Bourbons   (Notes  de  Parent 
du  Rosan)  —   énumèrera  les    3    maris  de 
Marie-Louise  Morphy  (sic)  de   Boisfailly, 
âgée  de  77  ans.  (5) 


(i)  Les  notes  indiquent  qu'il  s'agit  d'un 
officier  au  régiment  de  Beauvoisis  et  de  la 
demoiselle  Moréfie  (sic).  La  chanson  courait 
en  i7s6. 

(2)  Cf.,  outre  Nauroy, Valfons  et  La  Gorse, 
la  Biograthie  des  personnages  historiques 
de  la  ville  de  Rwm,  1886 

(3)  Parmi  ses  témoins  figurait  le  mari  de 
sa  belle-fiUe,  François  Le  Norraant,  baron  de 
Tournahem.  Ce  personnage,  fils  du  second 
lit  de  Mme  de  Pompaiour,  mériterait  à  lui 
seul  une  longue  biognphie.  Il  rattachait  la 
morphise  à  celle  qu'elle  avait  rêvé  de  dé- 
trôner ! 


N»   1349.     Vol. 


LXVI. 
-     787 


LIN  IJBKMÊDiAiiii: 


788 


Telle  est  la  carrière  de  celle  que  des 
s<  chroniqueurs  avides  de  scandales  »  ont 
souillée  à  plaisir.  Au  demeurant,  je  ré- 
pète que  je  traiterai  en  son  temps  la  ques- 
tion Sanierrc.  sans  parti-pris  ni  préjugés 
d'aucune  sorte.  «  F.  Arverne  >»  me  ren- 
voie aux  <\  mémoires  du  Conventionnel 
Cboudicu,  page  277,  (Pion,  éditeur, 
1897)  7>.  Il  ignore  apparemment  que 
Chassin  citait  —  bien  avant  que  Victor 
Barrucand  publiât  son  édition,  —  le  pas- 
sage,qu'il  reproduit,  t.  III,  p,  21 1-212  de 
La  Préparation  de  la  Guerre  de  l^endée  ! 
Dans  une  question  comme  celle-ci,  c'est 
de  la  précision  bibliographique  seule  que 
dépend  le  succès  d'une  enquête.  Il  ne 
faudrait  pas  l'oublier.  —  Et,  pour  finir, 
je  dirai  que  Beaufranchet  —  dont  le  che- 
valier de  Courcelles  fait  un  subordonné 
occasionnel  de  Santerre(i)  —  a  laissé, 
aux  Archives  de  la  Guerre,  des  lettres  — 
é.ait-ce  à  elles  que  songeait  Bertrand  de 
Molleville,  lorsque,  au  t.  X,  p.  430, 
note,  de  son  Histoire  de  la  RévoluiiotJ  de 
France,  il  écrivait  que  «  dans  une  pétition 
au  Directoire,  il  se  faisait  lui-même  un 
mérite  d'avoir  conduit  à  léchafaud  le 
dernier  des  tyrans  ?»  —  qui  sont  la  plus 
précieuse  justification  de  son  état  d'âme. 
S'il  fallait  que  la  Convention  fût  sûre  de 
son  dévouement  pour  laisser  à  Paris, 
dans  un  commandement  si  important  et 
si  délicat,  un  ci-devant,  qui,  directement 
ou    indirectement    —    on     ne   l'ignorait 

(i)  Dicttonnaire  historique  et  biographi- 
que des  généraux  français  (Paris,  Bertrand, 
1890)  t.  I,  p.  461  :  «  Etant  venu  [uprès 
Valmy]  à  Paris,  on  l'y  fit  chef  de  l'état- 
major-général  du  camp  sous  les  murs  de 
cette  ville,  conun.Tndé  par  le  général  Ber- 
ruyer.  //  servit  pendant  quelque  temps 
dans  la  ea pilule,  sous  les  ordres  du  gé- 
néral Santerre^  el  fut  présent  au  supplice 
du  roi-martyr.  »  Le  même  auteur,  à  l'arti- 
cle Berruyer,  t.  II  (1821)  p.  i8s  seq^  ne 
dit  pas  un  mot  de  son  attitude  lors  de  l'exé- 
cution du  roi.  La  Biographie  Nouvelle 
des  Contemporains  d'Arnault,  Jay,  jouy,  de 
Norvins,  etc.  dit,  à  l'article  Beaufranchet, 
t.  2  (Paris,  1827),  p.  243  :  «  En  1793  '' 
commandait  en  cette  qualité  {[général  de 
brigade),  sous  les  ordres  de  Santerro  ». 
hdouard  Fournier,  iRsprit  dans  l'Histoire, 
2«  éd.  (Paris,  !^6o),  p.  336,  note  3,  est, 
d'ailleurs,  d'avis  que  l'attribution  du  roule- 
ment à  B'.'aulranchet«  est  peut-être  l'opinion 
la    plus  probable. 


guère  et  c'est  ainsi  qu'il  faudrait  expli- 
quer le  mot  «  monstre  »  employé  par 
Montjoie  au  passage  cité  par  moi, n"  du  30 
octobre,  col.  =541  —  touchait  à  la  famille 
royale, n'est-il  pas  certain  qu'un  Biron,un 
Custine,  un  Beauliarnais,  un  Grouchy,un 
Menou,  un  Canclaux  se  fussent  récusés 
de  prendre  une  part  active  à  l'exécution 
de  Louis  XVI  .''  Et,  en  effet,  voici  ce  que 
Beaufranchet  écrivait,  de  Niort,  1 1  août 
1793,  au  ministre  de  la  guerre,  Bou- 
cholte  :  n  Ce  n'est  pas  ma  faute  si  je  suis 
né  d'une  classe  qui,  à  juste  titre,  n'a  pas 
mérité  du  peuple  français  !  »  Ce  témoi- 
gnage, il  l'accentuera  encore,  quand  il 
prendra  sa  retraite  —  après  avoir,  officier 
gentilhomme,  contribué  à  écraser  les 
mouvements  de  Vendée,  cf.  Chassin,  La 
Vendée  patriote,  t.  I  et  II  et  le  Moniteur 
du  31  mai  1793  —  en  se  définissant 
«  l'âme  fière  d'un  républicain  »  sar  la 
feuille  de  renseignements  qu'il  fournit 
alors  (179s)  au  départerrrent  de  la  guerre  ! 
Au  demeurant,  je  ne  nierai  pas  que  le 
vicomte  de  Beaufranchet  de  la  Chapelle 
n'ait  eu  raison  de  déclarer  que  sa  généa- 
logie remontait,  par  filiation  directe, 
jusqu'à  Saint-Louis. 

Camille  Pitollet. 


« 


M  Eugène  "Welvert  a  publié  dans  la  Re- 
vue bleue  la  lettre  suivante  que  notre  ami 
le  docteur  Cabanes  veut  bien  nous  com- 
muniquer : 

A  Monsieur  le  Directeur  de  la  Revue  bleue 

Monsieur  le  directeur,  dans  son  n"  du  13 
septembre  dernier,  la  Revue  bleue  a  publié, 
sous  le  titre  de  :  Un  bâtard  de  Louis  XV, 
général  républicain  en  Vendée,  un  article  de 
M.  Ch-L.  Chassin  qui  atteste  en  son  au- 
teur une  connaissance  étendue  des  personnes 
et  des  choses  de  la  Révolution.  Mais  il  sem- 
blerait que  l'époque  précédente  lui  soit 
moins  familière,  car,  en  .Tttribuant  h  Louis 
XV  la  paternité  du  général  Beaufranchet 
d'Ayat,  il  a  commis  une  erreur  qui  déplace 
l'uitérct  de  son  travail.  M.  Chassin  ayant 
bien  voulu  rappeler  une  courte  étude  dans 
laquelle  j'ai  eu  à  m'occuper  de  Mlle  Morphy, 
mère  de  Beaufranchet,  permettez-moi,  — 
sans  attendre  le  vote  de  la  proposition  Rivet, 
—  de  prendre  occasion  de  celte  citation  pour 
restituer  au  personnage  dont  il  s'agit  son  vé- 
ritable père.  Que  M.  Chassin  me  pardonne 
cette  petite  rectification  ;  je  suis  le  premier  à 
reconnaître    que    sa    mépri«e    était    facile  à 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Décembre  1913 


789 


790 


commettre  et  que,  pour  ignorer  quelques- 
uns  des  mystères  de  la  vie  secrète  de  Louis 
XV,  on  peut  n'en  pas  moins  rester  un  esti- 
mable historien. 

M.  Chassin  identifie  Louis-Chailes-An- 
toine  de  Beaufranchet  d'Ayat,  avec  l'enfant 
dont  Mlle  Morphy,  alors  maîtresse  de  Louis 
XV,  accoucha  en  1754.  Cependant  l'enfant 
de  Mlle  Morphy,  auquel  les  contemporains 
donnent  le  roi  pour  père  et  qui  naquit  entre 
la  fin  de  mai  et  le  début  de  juillet  1754, 
était...  une  fille.  Le  duc  de  Luynes  (i), 
l'avocat  Barbier  (2),  le  libraire  Hardy  (3), 
Soulavie  enfin  (4),  l'affirment  très  nettement 
contredisant  le  seul  marquis  d'Argenson  (5) 
qui  n'était  pas  mieux  renseigne'  qu'eux  sur 
ce  point.  Cette  fille  du  roi  et  de  Mlle  Morphy, 
on  la  connaît  bien  :  c'est  Agathe -Louise  de 
Saint-André,  qui  mourut  à  vingt  ans,  en  sep- 
tembre 1774,  quelques  mois  après  avoir 
épousé  le  marquis  de  La  Tour  du  Pin  de  la 
Chance.  Les  dates  sont  concluantes. 

Délaissée  par  le  roi,  Mlle  Morphy  épousa 
Jacques  de  Beaufranchet  d'Ayat,  en  novem- 
bie  1755,  c'est-à-dire  environ  dix-huit  mois 
après  la  naissance  de  l'enfant  qu'elle  avait  de 
Louis  XV.  Cela  résulte  d'une  note  du  généa- 
logiste Chérin  (o)  et  de  son  acte  de  mariage 
publié  par  M.  Nauroy  '7).  De  ce  premier 
mari,  —  il  parait  qu'elle  fut  mariée  trois 
fois,  —  elle  eut  deux  enfants  :  d'abord  une 
fille,  née  à  Ayat  le  jo  octobre  1756,  puis 
Louis-Charles-Antoine,  le  futur  général  répu- 
blicain, dont  M.  Chassin  a  fait  le  sujet  de 
son  article.  II  était  né  pareillement  à  Ayat, 
en  Auve:gne,  le  22  novembre  1757,  deux 
ans  apiès  le  mariage  de  Mlle  Morphy.  Cette 
date  est  encore  établie  par  M.  Nauroy  qui  se 
réfère  à  diverses  biographies  d'Auvergne. 
Pour  admettre  que  Louis  XV  fût  le  père  de 
cet  enfant,  il  faudrait  démontrer  que  Mlle 
Morphy  a  été  infidèle  à  son  mari.  En  atten- 
dant qu'on  le  prouve,  ceux  de  ses  enfants 
qui  portent  le  nom  d'Ayat,  sont  protégés 
par  la  maxime  Pater  is  est... 

De  ces  faits  et  de  cette  discussion  il  résulte 
donc  :  i"  que  l'enfant  né  en  1754  ""est  pas 
le  général  Beaufranchet  d'Ayat,  et  2°  que  ce- 
lui-ci, né  en  17S7,  n'est  pas  fils  de  Louis 
XV. 

M.  Chassin  s'étonne  que  Beaufranchet  qui, 


(i)  MémoirdS,  XIII,  433. 

(ij  Jnurnal  (éà'it.  ïn- 12},  VI,  246. 

(3)  Journal  ms .  {Bibî.  tiat.,  ms.  fr.  6681) 
II,  269  et  415. 

(4)  Anecdotes   de  la    cour  de  France,  p. 

{^\  Journal  et  Menio\res  (édition  Rathery), 
vu;  997. 

(6)  Ibid.,  IX,  169,  note. 

(7)  Le  Curifux,  janvier  18S7,  p.  17S. 


dans  sa  correspondance,  se  montre  tendre  e* 
respectueux  envers  sa  mère,  n'y  fasse  pas  la 
plus  petite  allusion  à  son  père.  On  pourrait 
répondre  que  ce  silence,  dans  des  lettres 
écrites  en  pleine  révolution,  s'explique  aisé- 
ment par  la  crainte  du  lils  républicain  de 
compromettre  son  père  royaliste.  Mais  or»  n'a 
même  pas  besoin  de  cette  justification,  si 
bonne  qu'elle  soit.  Il  en  est  une  meilleure  et 
sans  réplique  :  Beaufranchet  n'a  jamais  connu 
son  père,  tué  à  Rosbach,  le  5  novembre 
1757,  dix-sept  jours  avant  sa  naissance. 

Bien  que  le  général  Beaufranchet  ne  puisse 
plus  maint. nant  être  pris  pour  un  fils  de 
Louis  XV,  son  adhésion  à  la  République  n'en 
demeure  pas  moins  digne  d'attention. Comme 
les  Biron,  les  Custine,  les  Beauharnais,  c'est 
un  aristocrate  qui  mit  son  épée  au  service  du 
nouveau  régime.  Le  point  de  vue  n'est  plus 
le  même,  et,  je  le  répète,  l'intérêt  se  dé- 
place. Les  documents  publiés  par  M.  Chassin 
t.iisent  les  griefs  de  ce  transfuge  ;  mais  il  en 
avait  un  qui  sied  aux  cœurs  bien  placés  :  il 
aimait  sa  mère,  et  la  royauté  l'avait  déshono- 
rée. 

Agréez,  etc.. , 

EuG.  Velvbrt. 


Les  drapeaux  de  Metz(LXVI,  235, 
395,  492,  640),  —  Sans  entrer  dans  la 
discussion  relative  aux  drapeaux  de  Metz, 
qu'a  rouverte  si  brillamment  M.  Georges 
Bazaine,  le  probe  et  courageux  petit-ne- 
veu de  l'ex-maréchal,  veut-on  me  per- 
mettre de  rappeler  deux  ou  trois  faits,  qui 
correspondent  à  cet  intéressant  et  émou- 
vant débat  ? 

Au  moment  de  la  capitulation  de  Stras- 
bourg, que  fut-il  décidé  au  sujet  des  dra- 
peaux .?  On  trouve  dans  l'ouvrage  de  Lu- 
cien Delabrousse  :  Valentin  et  les  derniers 
fours  de  Strasbourg,  a  la  page  231,  le 
texte  de  la  capitulation  :  on  n'y  découvre 
aucune  allusion  aux  drapeaux.  Le  Conseil 
d'enquête  sur  les  capitulations,  dans  son 
«  avis  motivé  »,  inséré  au  Journal  officiel 
du  22  mai  1872,  a  consigné  ce  qui  suit  : 
'i  Considérant  qu'avant  de  se  rendre,  il 
(le  commandant  supérieur,  général  Uh- 
rich)  n'a  pas  donné  Tordre  d'incinérer  les 
drapeaux  et  s'en  est  rapporté  sur  ce  point 
aux  sentiments  des  chefs  de  corps.  »  M.  le 
général  Uhric'n  a  tenté  de  répondre  à  cet 
avis  motivé,  qui  contenait  un  blâme  à 
son  encontre.  Dans  son  livre,  analysé  par 
M.  Delabrousse,  il  écrit  :  «  Quant  à  la 
non-incinération  des  drapeaux,  nous  n'a- 
I  vions  à  Strasbourg  que   deux  drapeaux 


N*  I549  Vol.  LJfVI. 


L'IMTBRMÈDIAlKti 


79  1 


792 


qui,  tous  les  deux,  ont  été  lacérés  et  par- 
tagés, y 

Comme  M.  Uhrich  n'a  pas  imité  l'exem- 
ple du  maréchal  Bazaine  et  demandé  des 
juges,  son  procès  n'a  pas  été  instruit  et 
l'on  est  ici  en  présence  de  deux  ;iffirma- 
tions  difficilement  conciliables  entre  elles. 

Autre  point  d'histoire  :  la  capitulation 
de  l'armée  de  Chàlons.  La  correspondance 
militaire  du  maréchal  Je  Moltke  (guerre  de 
1870-71,  I"  volume)  contient,  page  341, 
le  texte  des  clauses  de  la  capitulation  de 
Sedan.  L'article  3  en  est  ainsi  conçu  : 
«  Toutes  les  autres  armes  (autres  que  les 
épées  des  officiers)  ainsi  (jue  le  matériel 
de  l'armée,  consistant  en  drape,iux  (aigles 
et  étendards...)  seront  remis  à  Sedan  à 
une  commission  militaire,  instituée  par 
le  commandant  en  chef  français,  pour  être 
livrés  immédiatement  au  commissaire 
allemand.  » 

Troisième  point  :  Capitulation  de  Paris. 
La  convention  du  28  janvier  187 1 ,  signée 
par  Jules  Favre  et  Bismarck,  est  repro- 
duite dans  le  très  éloquent  ouvrage  du 
grand  patriote  que  fut  Jules  Favre  :  Le 
Gouvernement  de  la  Défense  nationale.  A 
la  page  49:5  du  tome  II.  on  lit  ce  qui  suit  : 
'<  Article  3.  —  Il  sera  fait  immédiatement 
remise  à  l'armée  allemande,  par  l'autorité 
militaire  française,  de  tous  les  forts  for- 
mant le  périmètre  de  la  défense  extérieure 
de  Paris,  ainsi  que  de  leur  matériel  de 
guerre,  y 

«  Article  6  (p.  496)  :  Les  garnisons 
(armée  de  ligne,  garde  mobile  et  marins) 
des  forts  et  de  Paris  seront  prisonnières 
de  guerre...  Les  troupes  prisonnières  de 
guerre  déposeront  leurs  armes,  qui  seront 
remises  dans  les  lieux  désignes  et  livrées 
suivant  règlement  par  commissions,  sui- 
vant l'usage.  » 

Il  n'y  est  pas  question  de  drapeaux.  En 
fnit,  nos  glorieuses  troupes  les  conser- 
vèrent. 

Que  s'est-il  exactement  passé  à  cet 
égard  ?  Nous  soumettons  le  problème  aux 
investigations  des  chercheurs  de  vérité 
historique.  "Voici  ce  que  nous  avons  lu 
dans  deux  ouvrages  qui  sont  dans  toutes 
les  mains. 

Dans  Le  Comte  de  Bismarck  et  sa  suite, 
du  docteur  Moritz  Busch  (livre  couram- 
ment désigné  sous  le  vocable  d<-  «  Propos 
de  Table  »),on  trouve,  p.  459,  le  passage 
que  voici  :  I 


«  Dimanche  29  janvier.  —  Ciel  couvert. 
Nos  troupes  avancent  pour  occuper  les 
forts.  De  bonne  heure,  lu  des  dépêches 
sur  la  conférence  de  Londres  et  autres 
sujets,  ainsi  que  l'armistice  et  la  capitu- 
lation signés  hier.  Cette  dernière,  dans 
notre  exemplaire  occupe  dix  pages  in- 
folio ;  elle  est  cousue  avec  du  fil  aux  cou- 
leurs françaises,  au  bout  duquel  Favre  a 
apposé  son  sceau.  » 

Nous  posons  la  question  suivante  :  ce 
document,  dont  parle  le  secrétaire  de 
Bismarck,  qui  contenait  —  à  côté  des 
clauses  de  l'armistice  -  celles  de  la  capi- 
tulation de  Paris  proprement  dite,  ne 
portait  il  pas  que  l.armée  de  Paris  remet- 
trait ses  armes  et  ses  drapeaux  ?  —  S'il 
le  portait,  nous  devons  en  conclure  que 
.le  gouvernement  de  la  Défense  Nationale 
n'a  pas  cru  forfaire  à  l'honneur  et  man- 
quer au  devoir,  en  s'engageant  à  livrer 
nos  drapeaux  à  l'ennemi  et  qu'il  a  simple- 
ment et  honorablenigxt.  subi  la  loi  du 
vainqueur. 

Cette  pièce  est  entre  les  mains  de  l'Al- 
lemagne et  nous  n'avons  aucun  moyen 
d'en  obtenir  la  reproduction.  Le  double 
en  a  été  laissé,  il  est  vrai,  entre  les  mains 
du  o;ouvernement  français  ;  et  les  person- 
nages, pour  qui  nos  archives  nationales 
n'ont  pas  de  secret,  pourraient  témoigner 
du  contenu  exact  de  la  convention  de  ca- 
pitulation, au  sujet  de  la  question  que 
nous  soulevons.  Mais  le  voudraient-ils,  si 
cela  leur  était  demandé.?...  Et  puis,  ce 
double,  que  la  France  possédait,  n'aurait- 
il  pas  été  remplacé  par  un  nouvel  exem- 
plaire, concordant  avec  la  situation  meil- 
leure obtenue  par  l'initiative  qui  va  être 
précisée  ? 

A  la  page  333  du  Journal  d'un  officier 
d'orJonnance{éd\t\on  de  iSSij,  Paul  Ollen- 
dorff,  éditeur),  le  comte  d'Hérisson  in- 
dique que,  dans  «  le  plan  d'un  projet  de 
convention  *  qu'avait  remis  le  chancelier 
de  l'Allemagne  du  Nord  à  Jules  Favre,  le 
24  janvier  1871,  figurait  ceci  :  <  L'armée 
remettrait  ses  armes  et  ses  drapeaux.  » 

Dans  les  pages  suivantes,  il  raconte, 
avec  sa  grâce  et  son  éclat  coutumiers, 
qu'il  assista  Jules  Favre  dans  les  négocia- 
tions qui  se  déroulèrent  au  quartier-gé- 
néral allemand  et  que,  le  28  janvier,  il  fut 
chargé  de  rapporter  au  comte  de  Bismarck 
l'instrument  diplomatique,  qui,  la  veille, 
avait  été  revêtu  de  la  signature  de  Jules 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


3o  Décembre  1913 


79? 


794 


Favre,  plénipotentiaire  du  gouvernement 
de  Pans.  (C'est  évidemment  cet  exem- 
plaire que  vise  le  docteur  Busch,  —  et 
dont  les  feuillets  étaient  cousus  aux  cou- 
leurs françaises). 

«  Lorsque,  écrit-il,  p.  368,  le  gouver- 
nement eut  délibéré  à  l'-Hôtel  de  Ville, 
Jules  Favre  rapporta  la  convention  signée 
dans  sa  serviette  et  me  chargea  de  la 
porter  le  lendemain  à  la  première  heure 
à  M.  de  Bismarck.  Je  n'ai  pas  besoin  de 
dire  que,  quoique  le  pli  dont  j'étais  chargé 
fût  cacheté,  j'en  connaissais  le  contenu 
par  cœur,  mot  à  mot,  puisque  ce  contenu 
m'avait  été  dicté,  puisque  j'avais  assiâté 
à  l'enfantement  laborieux  de  chacune  des 
phrases  de  la  convention.  >* 

Et  alors,  pendant  qu'il  s'en  va,  tout 
seul,  à  Versailles,  dans  un  coupé  qui  avait 
appartenu  à  Napoléon  111  et  auquel  étaient 
attelées  deux  juments  postières  des  écu- 
ries impériales,  il  lui  vient  une  «  idée 
folle  »,  Mis  en  présence  du  comte  de 
Bismarck,  il  est  décidé  «  à  risquer  le  pa- 
quet, comme  dit  le  gamin  de  Paris  »  ;  il 
a  le  front  de  déclarer  au  chancelier,  avant 
de  rien  lui  remettre,  que,  comme  condi- 
tion sine  qiia  non  de  son  adhésion  aux 
clauses  de  la  convention,  «  le  gouverne- 
ment (français)  désire  que,  contrairement 
à  ce  qui  a  été  convenu,  l'armée  de  Paris 
conserve  ses  drapeaux     » 

On  juge  de  la  fureur  du  comte  de  Bis- 
marck. Puis,  quand  celui-ci  eut  exhalé  sa 
colère,  «  se  coiffant  de  sa  casquette  blan- 
che à  turban  jaune  »,  il  se  rendit  chez 
Guillaume,  udac.s  fortuna  juvaf.  Le  sou- 
verain acquiesce  à  ce  qo'il  croyait  être  le 
desideratum  formulé  par  le  gouvernement 
français.  Nos  étendards  étaient  sauvés, 
grâce  à  la  présence  d'esprit  du  vaillant 
capitaine.  On  comprend  quelle  fut  la  joie 
du  général  Trochu  et  de  ses  collègues  ! 
Il  est,  d'ailleurs,  vraisemblable  que  si  la 
convention  de  capitulation  n'avait  pas  été 
enveloppée  dans  la  convention  d'armis- 
tice et  protégée  par  elle,  ni  Guillaume,  ni 
Bismarck,  ni  surtout  de  Moltke  (notre  plus 
implacable  ennemi)  ne  se  seraient  laissé 
séduire  par  le  spirituel  officier  d'ordon- 
nance du  chef  de  l'Etat-Major  général. 

Élie  Peyron. 

Troupe  royale  de  Chambord 
(LXVI,  782).  —  Je  ne  connais  pas  pour 
ma  part  de    Troupe  royale  de   Chambord. 


Les  comédiens  allaient  donner  des  repré- 
sentations à  Chambord  pendant  les  sé- 
jours du  roi,  comme  ils  allaient  î  Ver- 
sailles ou  à  Fontainebleau,  mais  je  n'ai 
trouvé  nulle  part  la  trace  d'une  troupe 
affectée  spécialement  à  c-tte  résidence 
royale.  On  se  rappelle  que  c'est  à  Cham- 
bord que  furent  données  les  premières  re- 
présentationsde  M. Je  Pourceau g}tac{v6b(^) 
et  du  Bourgeois  gentilhomme  (1670)  par 
la  troupe  du  théâtre  du  Palais  Royal, 
dont  Molière  était  le  chef. 

Je  serais  donc  tenté  de  croire  que  ce 
Valiot,  comédien  fort  obscur  dont  je  n'ai 
pu  retrouver  la  trace,  avait  tout  simple- 
ment joué  dans  une  représentation  à 
Chambord,  ce  qui  faisait  dire  dans  son 
entourage  qu'il  avait  appartenu  à  la 
«  troupe  royale  de  Chambord.  >> 

Notre  confrère  Auribat  a  découvert 
dans  les  Archives  de  Dax  que  la  fille  de 
ce  Valiot  était  morte  en  cette  ville  en 
1684.  Il  ne  serait  pas  impossible  qu'elle 
eût  eu  pour  mère  Mlle  Valliot  ou  àz  la 
Valliote,  comédienne  de  l'Hôtel  de  Bour- 
gogne,que  Gougenot  fait  figurer, en  1633, 
dans  la  Comédie  des  Comédiens.  «  La  Va- 
liote  >,  dit  Tallemant,  était  une  des  plus 
jolies  actrices  de  son  temps.  Les  Chan- 
sons de  Gaultier-Garguille  et  V Apologie 
de  Guillot-Gorju  l'attestent.  Elle  mourut 
avant  1673.  Quant  à  Valiot,  ni  Chapu- 
zeau,  ni  jal,  ni  la  Chronologie  moliéresque 
de  G.  .Monval  n'en  font   mention, 

Henry  Lyonnet. 

Henri  Arckereau (LXVI,  =;<  1,645).— 
M.  le  docteur  Baudouin  me  permettra  bien 
de  compléter  sa  note  sur  Henri  Atchereau 
publiée  par  V Intermédiaire  des  Chercheurs  et 
Curieux  du  20  novembre  1912.  et  disant 
que  c'est  en  effet,  la  Revue  du  Bas-Poitou 
qui  de  concert  avec  la  Société  historique  et 
Littéraire  de  l'Ouest,  conçut  la  pensée  de 
rendre  un  hommage  public  à  la  Mémoire 
du  grand  génie  malheureux  que  fut  Ar- 
chereau. 

Grâce  aux  relations  que  j'avais  alors 
avec  son  neveu,  architecte  à  Fontenay,  je 
pus  réunir  lout  un  dossier  de  renseigne- 
ments sur  notre  savant  compatriote.  Et 
c'est  à  l'aide  de  ce  dossier,  confié  par  moi 
à  M.  le  docteur  Baudouin,  que  ce  dernier 
put  consacrer  à  Archereau  l'article  paru 
dans  la  Revue  du  Bas  Poitou  de  1894.  Au 
discours  cité   par   M.  le  docteur   Baudoin 


N»  1349    Vol.  LXVI- 

79^  

comme  ayant  été  prononcé  à  la  cérémo- 
nie dinauguration  du  Buste  d'Archereau, 
je  demanderai  également  d'ajouter  une 
toute  petite  mention  pour  les  quelques  pa- 
roles que  j'\'  ai  dites  au  nom  de  la  Presse 
Vendéenne  que  j'avais  su  intéresser  à  cette 
manifestation  de  reconnaissance  patrioti- 
que, et  qui  sont  du  reste  reproduites  dans 
le  compte  rendu  publié  par  la  Revue  du 
Ba^-Poitou  et  quelques  autres  journaux 
de  l'époque. 

René  Vallette. 

Clésinger  :  la  femme  piquée  par 
un  g.rpent  vLXV,  14,  131,  222  ;  LXVI, 
)0^).  —  Dans  les  réponses  parues  jus- 
qu'à présent,  une  sorte  de  confusion, 
d'assimilation  même,  semble  s'être  pro- 
duite entre  le  Rêve  d'amour  et  la  Femme 
piquée  par  un  serpent,  voire  la  Cléopâire 
monranU,  la  Femme  au  serpent  etlastatue 
de  CUopàtre.  Et  cependant  faut-il  recon- 
naître sous  ces  différents  titres  une  seule  et 
même  oeuvre  ? 

Voici  ce  que  je  trouve  à  ce  propos 
dans  une  étude  de  M.  Estignard  :  Clésin- 
ger, 1814- 188^,  imprimée  à  Besançon  en 
i88s  : 

i»  «  Nous  sommes  arrivés  à    1844.., 
Rêve  d'amour  qui  fut  terminé  à  cette  épo 
que,  est  une  de  ses  œuvres  les  plus  re- 
marquables.   Clésinger    ne  s'y   trompait 
point  : 

L'on  moule  aujourd'hui,  écrivait-il  à  son 
père,  le  modèle  de  la  statue  que  j'intitule 
Rêve  d'atnour  ;  je  ne  pen<;e  pas,  je  vous  le 
dis  franchement,  qu--  l'antiquité  et  les  temps 
modernes  aient  jamais  traité  un  sujet  aussi 
difficile  ;  je  crois  que  je  m'en  suis  bien  tiré, 
je  reçois  des  compliments  de  tous  les  côtés.  . 
j'espère  que  p.u  la  suite  non  seulement  j'aurai 
beaucoup  d'argent, mais  encore  une  hante  po- 
sition dans  les  arts. Tout  dépend  de  l'achat  de 
cette  statue  pour  laquelle  j'^i  tout  sacrifié  et 
qui  fait  parler  ^i'elle  dans  les  journaux,  etc. 

(Rêve  d^ amour  est,  dit-on,  conservé  à  la 
galerie  Georges  Petit). 

2"  «  C'est  au  Salon  de  1847  ^^'^  s'éta- 
blit d'une  manière  éclatante  la  réputation 
de  Clésinger.  La  Femme  piquée  par  un  ser- 
pent le  rendit  célèbre  Le  naturalisme  au- 
dacieux de  ce  morceau  fit  à  la  fois  .sensa- 
tion et  scandale.  La  critique  mena  grand 
bruit  autour  de  l'œuvre  de  l'artiste.  Gus- 
tave Planche  se  montra  sévère  et  l'accusa 
d'avoir  moulé  sa  statue  sur  nature.  Mais 
les  éloges,  les  dithyrambes  l'emportèrent. 


L'INTfiRMBDlAiRB 


7q6     . 

Théophile   Thoré    consacra   à  Clésinger 
tout  un  feuilleton,  où  il  disait  : 

Je  ne  crois  pas  que  depuis  les  Coustou  on 
ait  mieux  fait  palpiter  le  marbre  ..  11  est  de 
la  famille  de  Coysevox  l'infatigable  et  allié 
de  loin  —  par  les  femmes  —  à  Rubens. 

fOn  a  indiqué  que  ce  marbre  apparte- 
nait au  duc  de  Grammont). 

3"  «  Clésinger  partit  pour  Rome  («854). 
En  1861,  il  exposa  une  Cléopâire  mou- 
rautc(\u\  x\'qs\.  qu'une  nouvelle  variante, 
pins  décente,  de  la  Femme  piquée  par  un 
serpent  ». 

4"  «  En  1864,  il  revient  en  France... 
et  il  achève  la  Femme  au  serpent  que  lui 
achète  l'enipereur  ». 

5°  «  Clésinger  exc.'Ue  à  rendre  la  grâce 
dans  ce  qu'elle  a  de  plus  délicat,  de  plus 
'mondain  et  de  plus  charmant  Toutes  ces 
qualités  exquises  se  trouvent  dans  celte 
idylle  de  marbre  qui  se  nomme  Rêve 
d'amour...  dans  la  statue  de  Cléopâtre 
qui  fut  exposée  au  s»lo«  de  1869  et  que 
M.  Paul  Dallozpaya  30.000  francs.  » 

De  ce  qui  précède  il  semble  ressortir 
que  les  cinq  œuvres  décrites,  s'mspirant 
évidemment  les  unes  des  autres  en  rai- 
son de  leur  vogue  successive,  ne  doivent 
pas  pour  cela  se  confondre. 

Pierre. 

La  Dame  aux  Camélias.  Marie 
Duplessis  (T.G.239  ;  LVU  ;  LXll  ;  LXIV: 
LXVI.  344)  --  D'une  des  chroniques  de 
M.   Jules  Claretie  dans  le  Temps  : 

De  ces  collectionneurs,  j'en  sais  un  qui 
est  présentement  fort  malheureux.  C'est 
M  .  Pasteur,  l'ami  de  la  Comédie-Française, 
celui  qui  réunit  depuis  des  années  tout  ce 
qui  peut  intéresser  la  Maison  de  ^Aolière.  On 
sait  qu'il  veut  léguer  sa  précieuse  collection 
.')  l'Etal.  11  possédait  un  véritable  joyau  bi- 
bliographique, une  étude  sur  la  Dan  e  aux 
Camélias,  reliée  magnifiquement,  avec  sui 
le  plat  une  miniature  de  Marie  Duplessis, 
délicieuse  avec  ses  longues  anglaises  brunes 
encadrant  un  fin  et  doux  visage,  et  dans  le 
voh  me  des  autographes  de  la  Dame,  comme 
on  dit  au  théâtre,  des  lettres  d'Alexandre 
Dumas  filf,  les  ordonnances  des  médecins 
qui  soignaient  la  pauvre  fille  poitrinaire, 
reliés  k  côté  des  billets  amoureux  de  la  cour- 
tisane. De  cet  exemplaire  infiniment  pré- 
cieux M.  Pasteur  était  si  fier  qu'il  ne  s'en 
séparait  guère,  q"j'il  le  portait  comme  un 
bréviaire  et  le  montrait  a  tiAit  le  monde.  Les 
amateurs  ont  de  ces  coquetteries. 

bt  voilà   que    l'autre  jour  M.     Pasteur  V4 


DBS  CHERCHEURS  HT  CURIEUX 


797 


se  promener  au  Pa'ais- Royal .  Il  faisait  benu. 
Un  moment  le  collectionneur  s'assied  sur  un 
banc  du  jardin.  Il  pose  »  con  côté  le  beau  et 
cher  volume  Quand  il  se  lève  (il  n'avait 
pas  fait  cinqua  te  pas  loin  du  banc),  il 
s'aperçoit  que  le  livre  est  oublié,  laissé  là- 
bas.  11  revient  en  hâte  sur  ses  pas.  Il  court 
11  regarde.  Le  volume  unique  n'est  plus 
sur  le  banc.  H  y  a  un  ignorant  ou  un 
amateur  qu-  a  emporté  le  portrait  exquis  de 
la  Dame  aux  Camélias  elles  lettres  d'amour 
et  les  ordonnances  des  médecins  à  la  mou- 
rante !  Où  retrouver  ce  trésor  d'art  et  de  cu- 
riosité ? 

Notes  aux  journaux,  affiches  promettar.t 
une  récompense  :  cinq  cents  francs  h  qui  rap- 
portera à  M.  Pasteur  la  miniature  et  la  bio- 
graphie de  la  Dame  aux  Camélias.  Ainsi 
finissent  les  portraits  et  les  lettres.  Mais  en- 
tre les  mains  du  collectionneur,  le  tout  était 
conservé  avec  piété.  La  miniature  magis- 
trale de  Marie  Duplessis  a-t-elle,  on  ne"  sait 
où,  rejoint  Monna  Lisa  ?  Le  chef-d'œuvre 
volé  et  la  curiosité  perdue  ne  donnent-ils 
pas  lieu  a  un  dialogue  entre  la  Dame  aux 
Camélias  et  la  Joconde  ? 

Qui  rendra  à  M.  Pasteur  ron  exemplaire 
oublié  ? 


Le  crâne  je  Descartes  (III  •  IV; 
LXVI,  410,  499,  697).  —  Dans  les  jour- 
naux de  novembre: 

M.  Darboux,  secrétaire  perpétuel  de  l'Aca^ 
demie  des  sciences,  a  entretenu  l'Académie 
des  Beaux-Arts  du  crâne  de  Descartes  dont  on 
n'a  pas  oublié  les  aventures.  Il  a  demandé 
aux  membres  de  cette  Compagnie  si  su 
point  de  vue  de  l'anatomie  artistique,  on  ne 
pourrait  pas  s'assurer  de  l'authenticité  si 
discutée  du  crâne,  déposé  au  Muséum,  en 
confrontant  le  portrait  que  l'on  a  de  lui  et  le 
crâne  sucdit. 

Le  docteur  Richer,  membre  de  l'Académie 
et  professeur  d'anatomie  à  l'Ecole  des 
Beaux-Arts,  a  déclaré  que  le  rapprochen^ent 
est  facile  de-  points  de  repère  qui  le  per- 
mettent :  largtur  de  la  tête,  hauteur  des 
yeux,  les  cavités  des  orbites, 
tes,  etc.,  et  il  a  fait  h  ce  sujet 
santé  communication. 

Les  sculpteurs  Marqueste  et  Coutan,  M. 
Cormon,  le  peintre,  donnent  un  avis  con- 
forme à  celui  du  docteur  Richer  qui  conclut 
en  disint  que  cette  confrontation  permettrait 
très  probablement  d'affirmer  si  le  crâne  est 
authentique. 

Le  pupitre  de  Madame  de  Genlis 

(LXVI,  485,  556,  647).  —  Ce  genre  de 
petits  pupitres  devait  être  fort  à  la  mode, 
parmi  les  dames    élégantes  et  lettrées  du 


les  pommet- 
une  intéies- 


ao  Décembre   19I9 
-  .-       798  ^ 

Premier  Empire  et  de  la  Restauration.  Ce 
qui  me  le  prouve,  c'est  que  j'en  ai  juste- 
ment un,  très  soigné  d'exécution  et  su- 
perbe de  conservation,  qui  me  vient  de 
ma  L'rand'mère  [1796-}-  1821]. 

Far  un  jour,  de  vrai  bonheur,  je  l'ai 
trouvé,  jadis,  conservé  comme  une  reli- 
que, avec  une  dizaine  de  beaux  livres,  re- 
liés en  maroquin  au  chiffre  de  cette  même 
grand'mère,  morte  si  jeune,  bien  rangé, 
qu'il  était,  dans  un  petit  meuble,  an- 
cien, lui  ayant  appartenu. 

Ce  pupitre  mesure  exactement ,  323 
millimètres  de  largeur  sur  254  de  lon- 
gueur et  46  et  60  millimètres,  à  ses  deux 
différentes  hauteurs.  Il  est  entièrement  re- 
couvert de  maroquin  rouge,  à  grains 
longs,  orné  d'un  double  encadrement  de 
filets  à  froid.  Son  encrier,  au  lieu  d'être 
placé, comme  celui  de  Mme  de  Genlis, exté- 
rieurement, l'est,  de  même, mais  plus  bas, 
intérieurement,  dans  un  compartiment, 
tendu  de  maroquin  vert,  à  grains  longs, 
toujours,  lequel,  s'ouvre  et  se  referme 
à  l'aide  d'une  porte  et  d'une  clef,  et 
corrtient  en  longueur  :  l'encrier,  le  plu- 
rnier,  la  boite  à  pains  à  cacheter  et  le  fla- 
con à  poudre.  Ce  dernier,  tout  comme 
l'encrier,  est  en  cuivre  poli,  argenté.  La 
tablette  du  pupitre  se  relève  et  se  referme, 
avec  une  clef,  également,  et  recouvre  une 
petite  boite  divisée  en  deux  comparti- 
ments superposée,  l'un  destiné  à  rece- 
voir, je  le  suppose  ,  le  papier  blanc, 
l'autre,  le  papier  écrit.  L'entrée  des  deux 
serrures  est  protégée  par  de  petites  pla- 
ques, en  saillie,  en  métal  poli,  ovales  de 
forii^e,  unies  et  argentées. 

Ce  gentil  petit  meuble,  si  féminin  d'as- 
pect, porte  encore,  collée  à  l'intérieur, 
l'étiquette  imprimée  de  son  marchand  : 
«  Susse,  papetier  de  S.  A.  R.  le  Duc  de 
Berry.  Pass;ige  des  Panoramas,  n°  7,  à 
Paris.  »  Ce  qui  lui  fixe  une  date,  sûre. 
Ulric  Richard-Desaix. 

Famille  de  Goret  (LXVI,  341,  ^02, 
700).  —  Ce  nom  se  rencontre  également 
en  Picardie,  à  Franierville  notamment. 
J'ignore  si  les  Goret  picards  se  rattachent 
à  ceux  que  mentionnent  MM.  La  Cous- 
sière  elle  marquis  de  Bellcvue. J'ai  connu 
également,  sur  les  bancs  du  collège  à 
Paris,  un  Goret  actuellement  officier  et 
originaire  de  l'Oise,  je  crois. 

Comte  Emmanuel  de  Rougé. 


N»  1^49   Vol.  LXVI 


L'INTERMEDIAIRE 


799 


800 


Hallays-Dabot  et  Galeron  (LXVI, 
583,701).  —  L^i'etait  une  pension  de  Paris 
dont  il  est  parlé  dans  une  brochure  de  M. 
Henri  Dabot  :  Registres,  lettres  et  notes  d'une 
famille  péronnaise.  ^Péronne,  E.  Qyentin, 
'Vl-84  p..  petit  in-B»,  1892)  M.  Dabot 
avocat  à  la  coar  d'appel  de  Paris,  mem- 
bre Je  la  Société  de  l'histoire  da  Paris,  a 
publié  en  outre,  de  1892  à  190s,  plu- 
sieurs autres  ouvrages  imprimés  chez 
Eug  Quentin  à  Péronne  et  non  mis  dans 
le  commerce.  En  voici  les  titres  : 

1.  Lfttres  d'un  lycéen  et  d'un  étudiant 
de  184'j  à  18=^4. 

2.  Souvenirs  et  impressions  d'un  bour- 
geois du  quartier  latin  de  18^4  à  iSôç. 

3.  Griffonnages  quotidiens  d'un  bour- 
geois du  Quartier-latin  de  i86çà  i8yi. 

4.  Calendriers  d'un  bourgeois  du  Qiiartier 
latin ^  de  18 J2  à  1S88  ;  de  1888  à  içoo. 
2  vol. 

J'emprunte  à  la  page  51;  des  Registres, 
lettres  et  notes  les  lignes  suivantes  : 

...  Cette  pension  Dabot,  où  mon  grand- 
père  avait  mis  son  fils  (en  1818),  était  sans 
contredit  la  première  de  Paris.  M.  Dabot 
avait  an  taient  des  plus  remarquables  pour 
rendre  ses  élèves  les  premiers  de  l'Université 
et  leur  faire  remporter  au  concours  les  plus 
grands  succès  dont  l'honneur  revenait  à 
Henri  IV,  p  lisque  ses  élèves  étaient  coaduits 
à  Henri  IV.  C'était  aussi  un  homme  d'une 
rare  énergie.  Pendant  les  plus  mauvais  jours 
de  la  Terreur,  la  pension  resta  toujours  ou- 
verte. Sa  bonté  était  égale  à  son  énergie  •,  il 
aimait  ses  élèves  comme  ses  propres  enfants. 
Mon  père,  qui  portait  le  même  nom  que  lui 
sans  être  cependant  son  parent,  eut  beau- 
coup à  se  louer  de  lui.  M.  Dabot  avait 
épousé  une  dame  veuve  Hiilays  qui  avait 
un  fils  ;  la  pension  revint  ;i  ce  fils  après  la 
mort  de  son  beau-père.  M.  Hallays  eut  soin 
d'ajouter  à  son  nom  celui  de  son  beau-père, à 
cause  de  l'estime  et  de  la  vénération  dont  ce 
dernier  é'ait  entouré  ;  il  continua  la  tradi- 
tion d'honneur  de  la  pension  et  resta  l'ami 
de  tous  les  élèves  que  son  beau-père  ou  lui- 
même,  avait  iorniés,  notamment  Victor  Le- 
clcrc  ;  Saint-Marc  Girar^din  ;  Cabu.;he,  no- 
tre coaipatriote  ;  Emile  Augier,  etc.,  etc.; 
Emile  Augier  avait  la  plus  vivo  afTection  pour 
M.  HjII  )y*-Dabot,  et  le  jour  où  ce  dernier 
fut  cnterié,  il  était  sur  le  bord  de  la  tombe 
f ntr'ouvprie,  sur  le  même  rang  que  les  deux 
fils.  Qumt  à  M  Victor  Lederc,  il  était  aux 
heure-i  le  repos  continuellement  h  se  prome- 
ner avec  M.  Hallays-Dabot  ;  il  ne  pouvait  se 
passer  de  lui,  tant  son  esprit  était  digne  du 
.lien  :  son  affection  pour  lui  était  si  grande 
que,  mourant  sans  enfant,  il   voulut  lui  lais- 


ser sa  splendide  bibliothèque  au  lieu  de  la 
léguer  à  la  Sorbonne  dont  il  était  cependant 
le  doyen.  Connaissant  la  délicatesse  des  sen- 
timents de  son  vieil  ami,  peut-être  voulut-il 
lui  procurer  le  plaisir  d'offrir  lui-même  à  la 
Sorbonne  cette  belle  collection  de  livres  d'un 
très  grand  pri.".  ;  c'est  ce  que  s'empressa  de 
faire  M.  Hallays  l^abot.  Si  bien  qu'aujour- 
d'hui dans  la  bibliothèque  si  hospitalière  de 
l'Université,  où  les  bibliothécaires  sont  si 
aimables,  se  trouve  une  i^rande  salle  avec  le 
buste  de  M  Victor  Leclerc,  Sous  ce  buste  se 
lit  la  mention  suivante  :  Bibliothcqve  de 
M.  Vie  or  Leclerc  donné'  par  la  famille 
H(ill,ivs-Da.bot  Les  deux  noms  de  Victor 
Leclerc  et  de  M.  Hallays-Dabot  sont  unis 
après  la  mort  comme  leurs  cœurs  l'avaient 
été  pendant  U  vie. 

J.  Lt. 

Famille  le  Peletier  de  St-Fargeau 

(LXVI,  4^!^,  S9t),  t)4c)).  —  Le  Saint-Far- 
geau  dont  il  e;>t  question  est  du  départe- 
ment de  l'Yonne.  Propriété  de  Jacques 
Cœur,  Antoine  de  Clialb'ànnes,  comte  de 
Dammartin,  l'acheta  lors  de  la  chute  du 
célèbre  financier.  Jean  de  Chabannes  son 
fils  en  hérita.  La  fille  de  ce  dernier,  An- 
toinette, l'apporta  en  mariage  a  René 
d'Anjou.  Avec  Renée  d'Anjou,  leur  petite 
fille,  femme  de  François  de  Bourbon - 
Montpensier,  St-Farg-au  arriva  aux  an- 
cêtres de  la  grande  Mademoiselle  qui 
en  fit  don  à  Lauzun.  Celui-ci  le  vendit  en 
1714,  au  financier  Crozat  qui  le  reven- 
-  dit  en  17 15  à  Michel  Robert  le  Peletier 
des  Forts  (1675-1740)  fils  de  Michel 
le  Peletier  de  Soucy.  Saint-Fargeau 
passa  ensuite  aux  Mortefontaine  et  est 
aujourd'hui    la   propriété    des    Boisgelin. 

S.  G.  L. 

« 
»  » 

Les  descendants  de  Le  Peletier  des  Forts 
portaient  le  titre  de  Saint  Fargeau,  dans 
l' Yonne,  d'après  BouiUel  dans  son  Diction- 
naire d'histoire  et  de  /géographie  qui  dit  au 
mot  Saint-Fargeau  (Yonne)  «  Domaine  de 
Lepelletier,  dit  de  Saint-Fargeau  ». 

Saint-Fargeau  est  cette  même  ville  de 
Puisaye, érigée  en  duché-pairie  avril  1575, 
enregistré  le  28  mars  1576  en  faveur  de 
François  de  Bourbon,  duc-pair  de  Mont- 
pensier qui  avait  épousé  Renée  d'Anjou, 
n  irquise  de  Mézières,  comtesse  de  Saint- 
Fargeau,  fille  et  héritière  de  Nicolas  d'An- 
jou, premier  comte  de  Saint-Fargeau, 
février  i>4i . 

Leur    arrière    petite  fille    Anne-Marie- 


Ûti>  v.riflRCHMURb  ET  CURIBUX 


30    Décembre  1913 


801 


802 


Louise  d'Orléans,  connue  sous  le  nom  de 
Mademoiselle  de  Montpensier,  par  son 
testament  en  date  du  27  février  1685, 
donna  le  duché  de  Saint-Fargeau  devenu 
simple  baronnieou  comté  à  Antoine  Nom- 
par  de  Caumont,  duc  de  Lauzun 

Celui-ci,  mort  sans  postérité,  avait 
vendu  Saint-Fardeau  à  Michel  Robert  Le 
Peletier  des  Forts,  ministre  d'Etat,  bi- 
saïeul du  conventionnel. 

N.B.  \J Annuaire  de  la  noblesse  de 
Borel  d'Hauterive,  si  jie  ne  me  trompe,  a 
dû  donner  autrefois  une  notice  sur  les 
différentes  branches  de  cette  famille  Le 
Peletier. 

E.  Baudoin. 

La  bibliothèque  personnelle  du 
président  Le  Pelletier  de  Saint- 
Fargeau  (LXVl.  680).  —  Guigard  cite 
un  catalogue  du  restant  des  livres  de  feu 
le  C.  Louis-Michel  Le  Pelletier  de  Saint- 
Fargeau...  Paris,  G.  Debure  aîné,  an  IX, 
iSoi,  in-8». 

Mme  Loyer  de  Maromme  (LXVl, 
=536).  —  L'Article  de  M,  Casimir  Perier, 
SUT  La  Jeunesse  de  Charlotte  Corday,  pu- 
blié dans  la  Revue  des  Deux  Mondes,  livrai- 
son du  i^"'  avril  1862,  et  dont  parle  M. 
X.,  a  été  tiré  à  part,  à  petit  nombre,  sur 
le  papier  même  de  la  Revue,  et  forme 
ainsi  u-^e  élégante  plaquette  de  24  pages, 
in  8  raisin,  avec  titre  et  couverture,  im- 
primés avec  soin  par  J.  Claye,  1862. 

L'exemplaire  que  j'en  ai  sous  les  yeux, 
porte,  sut  son  titre,  cette  Dédicace,  auto- 
graphe, signée  :  »<  Offert  pat  le  Déposi- 
taire des  Souvenirs  de  Madame  de  Ma- 
romme. Casimir  Perier.  »  De  plus,  l'au- 
teur a,  sur  le  titre,  modestement  ajouté 
de  sa  main,  cette  mention  :  publié  par , 
au-dessus  de  son  nom  imprimé. 

L'Auteur-éditeur  de  cette  intéressante 
petite  plaquette,  était-il  le  père  ou  l'oncle 
de  l'ancien  Président  de  la  République, 
Casimir-Perier  ? 

Ulric  Richard-Desaix. 

Henry  Otte  fLXVl,  681).  —  II  n'y 
eut  jamais  de  Cour  Impériale  à  Luxem 
bourg,  au  xvin'  siècle,  mais  une  cour  de 
justice  pour  la  partie  autrichienne  du 
Duché  de  Luxembourg,  lequel  fut  une  des 
17  provinces  des  Pays-Bas. 

Le  nom  Ott  et  Otte  est   fort   répandu 


dans  ces  contrées  ;  il  y  a  quelques  années 
mourut  ab  intestat,  à  Vienne,  un  sieur 
Ott,  multimillionnaire,  dont  la  succession 
fut  disputée  par  diverses  familles  du  nom. 
d'Ott. 

Fromm,  de  Y  Univers. 

Qu'estdevenu  Df  nis  P  .pin? (LXVl, 
62b).—  M.  Auguste  Dide,  dans  son  livre 
Hérétiques  et  révolutionnaires,  Paris,  Cha- 
ravay,  1883,  parle,  (p.  i  14)  de  la  der- 
nière lettre  connue  de  Papin  comme  étant 
datée  de  Londres,  du  31  septembre 
1711 

Cette  lettre  est- elle  postérieure  à  celle 
adressée  à  Leibniz  ^ 

NlMRAK. 

Portrait  de  Pascal  (LXVl.  287,  357, 
S04,  050,  705J.  —  Pour  les  portraits  gra- 
vés de  Pascal,  consulter  le  catalogue  Dru- 

gulin.  A.  G. 

* 

A  propos  de  ce  portrait  voici  ce  que 
je  trouve  dans  les  Avis  divers  du  19  avril 
1777.  pp.  47^61477  ; 

On  trouve  chez  Lattre,  graveur  ordinaire 
durci...  les  portraits  suivants  format  in-8 
Prix  I  liv,  4  sols  chaque  . 


19    juin    -.623  et 
par  Ch.  Gaucher, 


4"  Isaac.  Newton 

5"  Edmond  Hallei 

b"  Biaise    Pascal,    né    le 
mort  le  14  août  1662. 

Ces   trois-ci  sont  gravés 
le  premier    d'après    l'original   du  chevalier, 
Knellerle  second  sur  un  tableau  de  R.  Philip, 
et  !e  troisième  d'après/.  B .de  Champagne . 

Je  n'ai  pas  à  ma  disposition  l'ouvrage 
de  M.  Gazier,  sur  les  deux  Champagne 
aussi  ne  puis-je  contrôler  s'il  y  est  parlé 
de  ce  portrait  exécuté  par  le  neveu  de 
Philippe  de  Champagne.         C.  Dehais. 

Jean  Pupil  de  Craponne  (LXVl, 
287,  459,6^1).  —  N'est-ce  point  par 
erreur  que  notre  confrère  le  fait  seigneur 
de  la  Cour  en    Garez  ? 

11  y  a  dans  le  Lyonnais,  en  pays  de 
Jare:(,  la  Tour-en-Jarez.  On  peut  trouver 
d'utiles  renseignements  dans  l'histoire  du 
jarez  de  l'abbé  Condamin,  Saint-Etienne, 
chez  Théolier,  libraire. 

MOULIS. 

* 

*  » 
Louise  Charlotte  de  Loras  était  fîUe  de 

Pierre  Gaspard,  baron    de  Pollionay,  sei- 


N»  1349    VoI.LXV 


L'irnfiRMED»AlR» 


805 


804 


gneur  de  Chamagnieu,  la  Tour,  etc.,  capi- 
taine de  cavalerie  au  régiment  de  Villeroy 
et  de  Marguerite  du  Palais  de  la  Merlée, 
(mariés  à  la  Merlée  en  1726). 

Les  Pupil  sont  originaires  de  Saint- 
Etienne  :  leurs  armes  primitives  étaient  : 
D'a{i'.r  a  trois  larmes  d'argent acLompagnècs 
en  ch^t  d'une  croix  pattêe  et  en  pointe  d'un 
croissant  Je  mé-ne.  au  chef  d'aro eut  chargé 
de  ^  étoiles  d'azur.  Ces  armes  furent  sim- 
plifiées lorsque  les  Pupil  occupèrent  de 
plus  hautes  situations. 

Des  membres  de  celte  famille  vinrent  à 
Lyon  au  milieu  du  xvii'  siècle.  Cochard 
{Origines  des  familles  lyonnaises)  cilc  Jean, 
natif  de  Saint- Etienne  établi  à  Lyon  le 
20  mai  1660.  Jean^  natif  de  Saint-Etienne, 
établi  à  Lyon,  du  côté  de  la  Platière  après 
avoir  demeuré  25  ans  à  Rennes,  16  avril 
i66().  Jacques,  né  à  Saint-Etienne,  à  Lyon 
depuis  deux  ans. 

Un  Pupil  fut  secrétaire  du  Roi  au  grand 
Collège  en  1678  (Steyert).  Est  ce  le  pre- 
mier qui  ait  acquis  sa  noblesse? 

La  (^hesnaye  donne  la  généalogie  des 
Pupil  à  partir  de  Jean,  seigneur  de  Cra- 
ponnc,  seulement.  Ce  tlef  leur  vint  d'une 
alliance  avec  une  famille  de  ce  nom. 

je  complète,  d'après  La  Chesnaye,  la 
généalogie  donnée  précédemment  : 

1.  —  Jean  Pu[)il  deCranonne,  seigneur 
de  la  Tour  en  larez,  Sl-Jean  de  Bonnefond 
et  la  Fay.  marié  :  1"  à  N. . .  de  Boîhéon, 
d'où  : 

i»  Bonne,  mariée  à  Louis  Ravat. 

remarié  :  2"  à  Catherine  Thomé,  d'où: 

2"  Barthélémy  Jean  Claude,  qui   suit  : 

î"»  Anne,  mariée  à  Barthélémy  Denis 
Gabriel  Dervieu  de  Villieu  (1711) 

4"  Bonne,  mariée  à  Léonard  Bathéon  de 
Vertrieu  (171  3). 

5°  Jeanne,  mariée  à  tiarlhélemy  Joseph 
Hesscler  de  Bagnols. 

Les  Pupil  acquirent  de  grandes  ri- 
chesses. Le  testament  de  Barthélémy  Jean 
Claude  (1771)  on  donne  la  preuv(j.  Celui- 
ci  lègue  :  aux  hôpitaux  généraux  de  Lyon  : 
40.ooofr.  ;  à  Marguerite  Sève,  son  épouse: 
16000  fr.  de  rentes;  le  testateur  rappelle 
sa  feue  fille  Anne,  mariée  au  marquis 
d'Ornacieux  et  qui  eut  275000  fr.  de  dot  ; 
ion  autre  fille  Françoise,  mariée  au  mar- 
quis de  Sarron  qui  eut  280.000  fr.  Il  fait 
héritier  BarthéUmy  Léonard,  son  fils.  — 
Perrodon,  not.  (W.Poidebard,  A'o/^s  h^ial- 
diques).  Joseph  Balloffet. 


La  Taglioni  (LXVl.  191,  317, 
652).  — je  n'ai  aucun  renseignement  à 
donner  sur  cette  célèbre  danseuse,  ou  sa 
famille.  Mais  je  possède  deux  portraits 
d'elle,  dont  l'un  figure  en  hors  texte  dans 
ce  présent  numéro. 

L'autre  qui  est  un  peu  plus  grand,  est 
une  lithographie  d'après  Chalou.  File  est 
teintée  et  représente  la  gracieuse  balle- 
rine debout  sur  la  pointe  des  pieds  ;  et 
comme  inscription  au-dessous  :  Marie 
Taglioni,  tâlt  de  la  Bayadère. 

P.  Taffin. 

*     * 

Je  citerai ,  parce  qu' il  est  rare,  à  M .  P,  A , 
T.,  un  portrait  dessiné  et  lithographie  par 
Jean  Gigoux  de  s<  Mlle  Taglioni,  de  TAca- 
•démie  royale  de  musique  >v 

[Hauteur  38  centimètres,  sur  largeur 
28  centimètres]  Buste  allongé,  vu  de  face, 
riche  toilette  de  soirée,  robe  décolletée  à 
grosses  manches  bou5ôi?Jt<^s  «  à  gigots  » , 
grosse  rose  épanouie,  au  corsage,  tète 
nue,  ornée,  sur  le  côté,  d'une  énorme  ai- 
grette de  plumes  de  Paradis,  partant  d'un 
médaillon  piqué  dans  la  chevelure. 

Mon  épreuve,  sur  grand  paj.icr  de 
chine,  monté  sur  papier  vélin  blanc,  et 
très  veloutée  de  ton,  me  vient  de  l'artiste 
lui-même. 

Par  exception,  ce  portrait  de  J.  Gi- 
goux existe  au  Cibinct  des  Estampes  où. 
bien  malheureusement,  l'œuvre  lithogra- 
phie de  cet  artiste  est,  plus  que  pauvre- 
ment, représenté  car,  disons-le,  cet  œu- 
vre, dans  son  entier,  comprend  des  pièces 
célèbres,  ou  tout  à  fait  remarquables,  tant 
par  leur  exécution  propre,  que  par  la 
grande  notoriété  des  personnages  dont 
elles  reproduisent  les  traits,  pris  sur  na- 
ture. Je  citerai,  au  hasard  de  mon  souve- 
nir, et  que  ne  possède  pas  la  Bibliothèque 
nationale,  celles-ci  entre  autres  : 

Les  Portraits,  réunis,  des  deux  frères 
Tony  et  Alfred  Johannot,  —  du  baron  Gé- 
rard, —  de  Pa-il  Delaroche,  —  de  Barye, 
—  de  Préault,  —  de  Eugène  Delacroix 
(deux  difTérents,  dont  un  dessiné  et  gravé 
à  l'eau-forte  par  J.  Gigoux),  —  de  Ar- 
sène Houssaye,  —  de  Charles  Nodier, 
de  Paul  Lacroix,  —  de  A.  de  Vigny,  --- 
de  la  reine  Caroline  Murât,  en  pied,  assis 
gr.  in-folio  (vendu  9s  francs  à  la  vente 
des  Estampes  de  Victorien  Sardou,  ce  qui, 
pour  une  simple  lithographie,  est  un 
chiffre  assez  coquet),  —  de  Mme  Gigoux, 


M"-'    I  AGLIONl 


Intermédiaire,  LXVI.  col.  8ul. 


DBS  CHBRCHBURS  Eï  CURIEUX 


80  s 


30  Décembre  191a 


806 


mère  de  l'artiste  (un  pur  chef-d'œuvre), 
—  deElisa  Mercœur  (trois  différents,  dont 
un  petit,  gravé  sur  acier),  —  de  Mme 
Tourneux  (grand  mère  du  fin  lettré  Mau- 
rice Tourneux),  —  de  Eugène  Renduel 
(le  célèbre  éditeur  des  Romantiques,  — de 
Miss  Fanny  Kemble,  l'actrice  anglaise  (un 
adorable  portrait  de  jolie  "femme),  —  de 
Mme  Dorval,  —  de  Mme  Mennessier- 
Nodier,  etc. 

Cette  liste  n'existe  pas  imprimée,  que 
je  sache.  Ulric  Richard-Desaix. 

Noblesse  et    Légion    d'honneur 

(LXVI,  58^).  —  1°)  Le  Comte  de  Sémain- 
ville,  dans  son  Code  de  la  Noblesse  Fran- 
çaise (2*=  édition, Hyères,  :86o, imprimerie 
Cruvès),  indique  aux  pages  552-554  les 
ordonnances  impériale  et  royale  sur  »<  la 
noblesse  conférée  par  la  Légion  d'hon- 
neur ». 

11  les  mentionne  sans  commentaire, 
dans  un  intitulé  :  %<  Chevaliers  héréditaires 
par  lettres  ou  par  succession  >  il  passe  au 
§  suivant  en  commençant  ainsi  :  «  Pour 
compléter  ce  chapitre,  faisons  observer 
que  :  ont  encore  droit  an  titre  et  à  la  qua- 
lité de  chevalier  etc  . .  » 

On  peut  donc  conclure,  qu'en  1860, 
ces  ordonnances  n'étaient  pas  abrogées 
et  que  l'auteur  leur  reconnaissait  leur  va- 
leur. J'ignore  si,  depuis,  une  loi  la  leur  a 
fait  perdre. 

2°)  L'auteur  ne  se  prononce  pas  sur  le 
cas  soumis,  mais  il  mdique  que  : 

s\  Le  droit  de  transmissibilité  du  titre 
continuait  dans  la  descendance  de  celui 
qui  en  avait  été  revêtu,  bien  que,  pen- 
dant une  ou  plusieurs  générations,  ces 
personnes  appelées  n'eussent  pu  exercer 
ce  droit  à  mesure  qu'il  avait  passé  sur 
leur  tête,  faute  de  pouvoir  remplir  la 
condition  prescrite,  » 

Il  semble  que  l'obtention  des  lettres 
patentes  par  l'ascendant  légionnaire  est 
donc  indispensable,  que  seul  le  descen- 
dant d'un  légionnaire,  qui,  après  avoir 
fourni  la  preuve  de  la  condition  remplie, 
avait  obtenu  ces  lettres,  est  en  droit  de 
faire  valoir  sa  noblesse  et  que  dans  le  cas 
contraire  aucun  droit  n'est   acquis. 

R    DE  R. 

Port  des  Grands  Croix  d'Ordres 

(LXVI, 586, 754).  -  Je  trouve,  comme  mon 
confrère  Oroel,  fort  peu  gracieuse  la  fa- 


(,on  dont  les  hommes  en  habit  noir  por- 
tent les  grands  cordons  :  non  seulement 
sous  l'habit,  ce  qui  s'explique,  mais  même 
sous  le  gilet,  j'ai  pourtant  vu  récemment, 
à  une  réception  à  la  Cour  d'un  pays  où 
l'étiquette  est  fort  en  honneur,  un  autre 
mode  de  faire  que  celui  qui  consiste  à 
porter  le  grand  cordon  sous  le  gilet,  mais 
du  moins  en  écharpe,  c'est-à-dire  passé 
sur  l'une  des  deux  épaules  :  tous  les 
grands-croix  en  costume  civil  en  avaient 
roulé  le  cordon  en  façon  de  ceinture  au- 
tour du  torse  et  sous  les  bras,  de  sorte 
qu'il  ne  dépassait  que  de  quelques  centi- 
mètres l'échancrure  du  gilet  ;la  croix  pen- 
dait, bien  entendu,  sur  le  côté,  à  sa  place 
ordinaire.  Il  y  a  une  raison  péremptoire 
pour  ne  pas  porter  un  grand-cordon  sur 
un  habit  noir,  qui  a  un  col  rabattu  et  des 
revers  et  qu'on  ne  boutonne  pas  ;  il  se- 
rait impossible  de  le  faire  tenir  sur 
l'épaule,  et  il  bouff"erait  sur  la  poitrine  de 
la  façon  la  moins  séante.  C'est  pourquoi 
l'usage  constant  est,  dans  ce  cas,  de  le 
placer  sous    l'habit  ou  sous  le  gilet. 

La  question  de  savoir  si  un  grand  cor- 
don doit  se  porter  de  droite  à  gauche  ou 
de  gauche  à  droite  est  généralement  fixée 
pour  les  statuts  de  l'ordre,  et  il  en  est  de 
même  pour  les  plaques.  Pour  les  grands 
cordons,  la  règle  la  plus  générale  est  de 
les  porter  de  droite  à  gauche.  Mais,  dans 
les  Etats  plus  particulièrement  militaires 
et  où  Ton  est  toujours  en  uniforme  dans 
les  circonstances  où  l'on  porte  ses  déco- 
rations, la  règle  inverse  est  souvent  en 
vigueur,  afin  d'éviter  que  la  poignée  de 
l'épée  s'embarrasse  dans  la  grande  ro- 
sette de  la  croix  ;c'est  le  cas, par  exemple, 
pour  plusieurs  ordres  russes  et  prussiens. 

Pour  les  plaques,  la  règle  la  plus  géné- 
rale est  de  les  porter  à  gauche,  sur- 
tout quand  le  cordon  se  porte  de  droite 
à  gauche,  parce  que,  en  les  piquant  à 
droite,  elles  seraient  recouvertes  par  le 
cordon.  M.  Oroel  sait,  d'ailleurs,  aussi 
bien  que  moi,  que,  dans  notre  Légion 
d'honneur,  les  grands-croix  portent  la 
plaque  à  gauche,  précisément  pour  la  rai- 
son que  je  viens  d'indiquer,  tandis  que  les 
grands  officiers  la  portent  à  droite  afin  de 
laisser  à  gauche  une  place  libre  pour  la 
croix  d'officier,  les  médailles,  etc.  Dans 
certains  pays  qui  ont  plusieurs  ordres 
avec  des  plaques  assez  similaires,  il  est 
prescrit  de  porter  à  droite  la   plaque  de 


N    1349. 


Vot 


LXvl. 
807 


L'INTBKMUDIAIRB 


808 


tel  ordre  et  à  gauche  celle  de  tel  autre. 
Au  reste,  les  grands  dignitaires  qui  pws- 
sèdent  un  grand  nombre  de  plaques,  les 
mettent,  sauf  erreur,  a  droite  ou  à  gau- 
che, suivant  la  place  dont  ils  disposent 
sur  leur  uniforme  ou  leur  costume  otïi- 
ciel.  I^AUL. 

Boscari  (XLIl  ;  XVllI  ;  LXV,  621  : 
LXVl,  219,323).  Mes  confrères  ont  re- 
marqué sans  doute  que  M.  de  Fontenay 
s'est  occupé  de  moi, dans  le  n"  du  10  sep- 
tembre de  noire  revue  ;  qu'il  y  a  fait  de 
l'esprit,  a  mes  frais,  et  conté  des  choses 
qu'il  savait  mal  ;  mais  cela  n'a  pas  d'im- 
p  .rtance.  11  est  cependant  un  point  ou  il 
me  plait  de  le  désabuser.  Il  dit  et  répète 
que  je  perds  mon  temps  à  dériver  le 
français  dj  grec  ;  que  je  lasse,  parce 
que  personne  n'est  de  mon  avis,  le  crois 
que  M.  de  Fontenay  se  trompe  :  mais 
lors  même  que  ses  dires  seraient  vrais, 
prouveraient-ils  que  ma  thèse  est  fausse  ? 
A-t-on  jamais  établi  une  vérité,  à  la 
pUitalité  des  suffrages  .''  J'ai  déjà  dit  ail- 
leurs, que  Galilée  et  Chystophe  Colomb 
avaient  eu  raison  contre  tout  le  monde. 
La  vérité  n'a  pas  besoin  d'appui  ;  elle 
finit  toujours  par  triompher.  D'ailleurs 
est-on  seul  dans  une  question  de  linguis- 
tique, quand  on  est  avec  Henry  Kstienne 
et  les  autres  grands  hellénistes  du  xvi« 
siècle  ?  Cette  illustre  société  me  dédom- 
mage un  peu  de  l'opposition  de  M.  de 
Fontenay.  Pourtant,  notre  confrère  satis- 
ferait ma  curiosité,  en  m'apprenant  com- 
ment il  a  su  que  les  articles  que  j'envoie 
a  V Intermédiaire  impatientaient  et  qu'on 
était  fatigue  de  me  lire.  N'aurait-il  pas 
pris  ses  désirs  pour  des  réalités  ?  Ce  se- 
rait très  humain. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  est  hors  de  doute 
que  M.  de  Fontenay  a  une  dent  contre 
moi  ;  et  j'en  devine  la  cause.  11  y  a  huit 
ou  neuf  ans,  il  publia  quelques  étymolo- 
gies.  secundum  Menagium,  qui  ne  solli- 
citèrent l'attention  de  personne  ;  et 
comme  je  fis  paraître,  moi  aussi,  à  cette 
époque,  les  origines  de  ces  mêmes  mots, 
et  qu'elles  parurent,  seules,  raisonnables 
et  vraies  notre  confrère  devint  aussitôt 
mon  adversaire.  J'ai  encore,  depuis  peu, 
remué  de  nouveau  sa  bile,  sans  m'en 
douter,  en  citant  dans  un  article,  le  mot 
boscard,  vocable  grec,  qui  signifie  pi- 
geon, et,  au  figuré,  parasite,  et  dont  no- 


tre confrère  avait  fait  un  bossu,  comme 
s'il  yavaitquelque  rapport  entre  un  pigeon 
et  un  bossu  !  Mais  les  néo  latins,  les 
yeux  sur  Littré,  ne  doutent  de  rien.  Ce- 
lui-ci (Voyez  son  Dtciiontiaire)  ne  dérive- 
t-il  pas  penser  de  p^rnser  :  «  parce  que 
pour  panser  quelqu'un  ou  quelque  chose, 
il  taut  d'abord  .y  penser.  v>  Comme  ce 
grand  homme  a  raison  !  Un  vétérinaire 
panserait-il  jamais  un  cheval,  s'il  ne  pen- 
sait qu'il  doit  le  panser  ? 

Laissons  le  patron  pour  revenir  au  dis- 
ciple, c'est  à-dire  à  M.  de  Fontenay  On 
a  vu  les  flots  d'ironie  qu'il  a  versés  sur 
moi.  Presque  à  chaque  mot,  il  me  rappe- 
lait le  rival  d'Horace,  et  le  vers  du  cèle 
bre  poète  : 

Crispinus  minimo  me  provocat... 

Voilà  Crispin  qui  du  petit  doigt  m'ap- 
pelle au  combat. Car  notre  confrère  n'enfle 
sa  prose  que  de  termes  guerriers.  Ce  n'est 
que  cheval  de  bataille,  épées  fourbies, 
première  et  seconde' "croisade,  etc..  et 
puis,  ce  qui  est  renversant,  qu'on  me 
pardonne  ce  verbe  populaire,  il  s'écrie 
que  c'est  moi  qui  sonne  la  charge,  que  le 
grec  échautïe  trop  ma  tète  ;  et, s'il  osait, il 
me  conseillerait  d'acheter  la  Phonétique 
française  de  Bourciez,  pour  rafraîchir  mes 
idées  et  assainir  mon  jugement. 

Daron. 


Nous  avons  communiqué  l'article  ci-des- 
sus à  M.  G.  de  Fontensy,  afin  qu'il  puisse 
y  répondre  dans  ce  même  numéro  et  clore  la 
polémique  en    ce  qu'elle  a   de  personnel. 

En  ce  commencement  du  mois  de 
novembre  consacré  aux  disparus,  M. 
Daron,  pour  mieux  m'écraser,  veut  bien 
se  comparer  à  Horace,  à  Galilée  et  à 
Christophe  Colomb.  C'est  une  manière 
comme  une  autre  d'honorer  les  morts,  et 
ce  n'est  pas  la  plus  mauvaise.,  pour  le  vi- 
vant. 

Mes  collègues  me  permettront  sans 
doute  de  ne  pas  répondre  aux  aménités  de 
M  Daron,  puisque,  parait  il,  c'est  moi,  le 
lapin,  qui  ai  commencé.  Je  demande  seu- 
lement que  l'on  compare  le  ton  de  ma 
note  du  10  septembre  à  celui  que  prend 
M.  Daron.  l'ajouterai  que  je  n'ai  ni  dent 
ni  bile  contre  notre  collègue  et  que  je  ne 
le  connais  aucunement  Ses  articles,  il  est 
vrai,  m'agacent  un  peu,  comme  ils  aga- 
çaient  M.    Paul   Argelès  (voir  sa  note  du 


809 


DE3   CHSRCHBUKS  JbT  CURIBUA 


Si  Décembre   1918. 


7  juin  1901)  mais  c'est  un  agacement 
tout  intellectuel  et  dont  je  prie  que  l'on 
m'excuce  s'il  est  coupable,  et  si  je  suis 
^.  vraiment  seul  (avec  M.  Paul  Argelès)  à  le 
ressentir. 

Je  ne  sais  pourquoi  notre  collègue  me 
reproche  davoir  «  enflé  ma  prose  de  ter- 
mes guerriers  »  et  parlé  de  croisades, 
d'épées  fourbies  et  de  cheval  de  bataille. 
11  n'y  avait  là  rien  d'offensant  pour  lui. 
l'ai  dit  qu'il  était  remonté  sur  son  cheval 
de  bataille.  C'était  noble,  pompeux  et 
courtois.  Pouvais  je  dire  tout  à  trac: 
M.  Daron  a  réenfourché  son  dada  ? 

Mais  à  côté  des  personnalités,  qui  ont 
peu  d'intérêt  pour  le  lecteur,  reste  la 
question  étymologique.  Faut  il  répéter  en- 
core que  je  ne  suis  ni  un  étymologiste  ni 
un  philologue  ?  Je  suis  (et  je  l'ai  toujours 
dit  i  un  profane  ;  et  comme  tel  je  ne  sau- 
ra:s  avoir  le  ridicule  amour-propre  dont 
on  veut  me  gratifier. 

Cependant  j'ouvre  les  yeux  quelquefois 
et  j'assiste  à  la  naissance,  à  réclosion 
d'une  foule  de  mots  qui  n'ont  —  et  pour 
cause  —  aucune  racine  dans  le  grec  ni 
dans  le  latin.  Ce  sont  les  mots  à  origine 
attecdotique. 

^  Or,  pas  un  ét>mologiste  de  métier  n'a 
l'air  de  soupçonner  cette  source  de  for- 
mation ou  d'y  attachar  la  moindre  mipor- 
tance. 11  me  semble  quec'esi  un  tort  grave. 
Veut-on  un  exemple  concret  ?  Toute  ma* 
génération  à  Saint-Cyr  —  et  sans  doute 
plusieurs    générations    de  Saint  (:3-riens 
après  nous—  ont  appelé  la  topographie  : 
le  tapir.  On  avait  à  9  heures  un  cours  de 
fapir  ;   à    3  heures   un   exercice  de  inpir, 
etc.,    etc.    Pourquoi  ?   Tout   simplement 
parce  qu'un  des  professeurs  de  topogra- 
phie avait  un  grand  nez.  C'est  bête  comme 
chou,  mais  c'est  ainsi.  Et  nous  nous  com- 
prenonsencore  entre  nousquand  nous  par- 
lons de  tapir.  ]q  regretteun  peu  de  n'avoir 
pas  posé  aux  premières  pages  de  Y  Intermé- 
diaire ^  la   question  suivante  ;    Pourquoi, 
dans  l'armé  française,   la  Topographie  est- 
elle  souvent  appelé  le  Tapit  .?En  aurait-on 
trouvé,  des  origines  doriennes   et  de  bon- 
nes raisons  dans  Hésychius  ! 

Mais,  disent  les  étymologistes  profes- 
sionnels, de  telles  formations  sont  promp- 
tement  caduques  parce  qu'elles  n'ont  p^s 
de  fondement  linguistique.  Cette  caducité 
est-elle  bien  certaine  ?  Et  beaucoup  de 
mots  sur  lesquels   pâlissent  les  philolo-  I 


8;o 


gués,  beaucoup  de  vocables  auxquels  ils 
attribuent  les  origines  les  plus  extraodi- 
naires  ne  seraient-ils  pas  tout  simplement 
des  mots  de  formation  anecdotique  ayant 
survécu  au  souvenir  de  l'anecdote  ? 

C'est  précisément  ce  qui  paraît  s'être 
produit  pour  hoscard  M  Paul  Bourget, 
quand  il  l'a  employé  dans  son  roman  {Un 
homme  d'afjaires)  en  1900,  n'en  connais- 
sait pas  l'origine.  M.  Gustave  Fustier  qui 
a  rele\é  ce  qu'il  croyait  être  un  néolo- 
gisme, l'ignorait  aussi.  De  fait,  ce  n'était 
pas  proprement  un  néologisme,  mais  plu- 
tôt un  mot  d'origine  anecdotique  parvenu 
à  cette  période  de  déclin  qui  peut  suivre 
l'oubli  de  l'anecdote. 

Le  hasard  m'ayant  fait  trouver  dans  un 
ouvrage    mondain  {Paiis  en  voiture,  par 
Croqueville)  l'historiette  même  qui   avait 
origine  le    mot,   je  l'ai    citée  à   Vfntermé- 
diaiic  (30  novembre    1900)  et  c'est  alors 
qu'est  intervenu  Hésychius,  à  mon    plus 
vif    étonnement .    L'inventeur    du     mot 
Ccomte  Henry   Greffulhe)  aurait,  je  sup- 
pose, été  encore  plus  ..   estomaqué  de  ce 
parrainage  imprévu.  J'ajouterai  que,   sur 
le   seul  mot  boscarj,  on   a  imprimé,  en 
i9°o '^t  1901,  dans  notre  Intermédiaire .\di 
matière  à  peu  près  d'un  fascicule  entier  de 
la  Revue.  Je  me  permets  d'inviter  cordia- 
lement  nos  collègues  amateurs  d'étymo- 
logies  à  consulter  cette  abondante  littéra- 
ture. Ensuite    ils  m;   pardonneront,  j'en 
suis  certain,   le  petit   sentiment    d'ennui 
que  j'ai  éprouvé  en  voyant  recomm.encer 
sur  nouveaux  frais,  après  douze  années, 
une  discussion  qui,  en  vérité,  pouvait  pa- 
raître épuisée,  et  qui  d'ailleurs,   il  est  fa- 
cile de  s'en  convaincre,  n'a  pas  été  pour 
M.  Daron  l'occasion  d'un  triomphe. 

G     DE  FONTENAY, 


SlrainjailUs  «t  (Curiosités 


«Le journal  des  moEuments  de 
Pari.>  >^  Publication  d'un  «  Complé- 
ment »v  —  Depuis  longtemps  nous  avions 
le  devoir  de  signaler  une  deces  publications 
qui  sont  chez  leurs  éditeurs  la  plus  haute 
manque  du  désintéressement.  Il  s'agit  du 
Complément  apporté  au  Journal  de.,  monu- 
ments de  Pans,  envoyé  à  l'empereur  de 
Russie  dans  les  années  1809,  1810,  i8ii. 


N*  1349   VoJ.  I..SV. 


L'INTBHMfiDIAfRE 


811 


812 


1814  et  1815  par  P.  F.  L.  Fontaine, archi- 
tecte (Librairie  Damascene  Morgand). 

Le  Journal  des  monuments  de  P,irii'  a 
été  publié  en  1892  par  l'un  des  descen- 
dants du  célèbre  architecte.  Dans  l'inlro 
duction  il  avertissait  le  lecteur  —  écrit 
M.  Vuaflart,  —  que  la  publication  n'était 
pas  intégrale  »*.  Nous  sommes  parvenus 
a  réunir  un  grand  nombre  de  dessins  ori- 
ginaux... désespérant  de  retrouver  les 
quelques  planches  qui  nous  manquent 
encore,  nous  nous  résignons  à  publier  cet 
ouvrage  qui,  bien  qu'incomplet,  ne  sera 
pas  sans  intérêt  ». 

Le  nouveau  recueil  —  tiré  comme  le 
premier  à  cinquante  exemplaires  —  com- 
ble la  lacune  que  déplorait  le  premier  édi- 
teur. 11  est  dû  à  l'initiative  et  à  la  piété 
llliale  d'un  autre  descendant  de  Fontaine. 

Nous  ne  ferons  pas  violence  à  sa  mo- 
destie en  désignant  plus  clairement  ce 
bibliophile,  ami  des  arts  et  des  lettres, qui 
est  parmi  nos  plus  anciens  et  nos  plus 
chers  collaborateurs.  Mais  nous  nous 
devons  de  signaler  pour  les  chercheurs 
futurs  ce  très  important  Complément.  11 
n'a  pu  être  réalisé  que  grâce  à  la  haute 
bienveillance  de  l'Empereur  de  Russie  qui 
a  donné  l'autorisation  de  publier  ces  do- 
cuments qui  appartiennent  au  Musée  de 
la  couronne. 

Parmi  les  dessins  de  ce  Complément,  il 
faut  citer  ceux  consacrés  aux  palais  du  Lou- 
vre et  des  Tuileries,  «  l'un  transformé, 
l'autre  anéanti,  qui  s'offrent  aux  histo- 
riens soucieux  d'éclairer  les  textes  d'ima- 
ges véridiques.  Le  trône  de  l'Empereur, 
le  meuble  à  bijoux  de  l'Impératrice,  de 
nombreux  motifs  d'ornementation,  sont 
des  documents  de  grande  importance 
pour  l'étude  de  l'art  décoratif  français  ». 

Parmi  les  vues,  il  faut  citer  des  com- 
positions délicieuses  :  la  Place  de  la  Con- 
corde, la  Fontaine  des  Innocents  avec,  au- 
tour,le  grouillement  du  marché. 

L'auteur  de  l'épitaphe  dite  de 
Cromwell.  —  On  ht,  dans  le  Diction- 
naire Philosophique  de  Voltaire,  s.v.  Ana  : 

Plus  occupé  de  penser  que  de  citer  juste, 
l'auteur  du  livic  de  l'Fsprit  (Discours  3", 
ch  .  8)  prétend  qu'on  fit  pour  Croniwt;!!  celle 
cpitaphe  :  (  i) 

(1)  Voltaire,  qui  .  tant  prôné  Halvéliu'î, 
avait  de  Cromwell  une  opinion  fort  différente 


Ci-gît  le  destructeur   d'un  pouvoir  légitime, 
Jusqu'à  son  dernier  jour  favorisé   des  cieux, 
Dont  les  vertus  méritaient  mieux 
Que  le  -ceptre  acquis  par  un  crime. 
Par  quel  destin  faut-il,  par  quelle  étrange  loi, 
Qu'à  tous  ceux   qui  sont   nés    pour  porter  la 

[ couronne 
Ce  soit  l'usurpateur  qui  donne 
L'exemple  des  vertusque  doit  donner  u  i  roi  ? 
«  Ces  vers  —  ajoute  Voltaire  —  no  fviient 
jamais  faits  pour  Cromwel],  mais  pour  le  roi 
Guillaume  ;  ce  n'est  point  une  épitaphe,  ce 
sont  des  vers  poui  mettre  au  bas  du  portrait 
de  ce  monarque  ;  il  n'y  a  point  «  Ci-glt,  » 
il  y  a  «  Tel  fut  le  destructeur  d'un  pouvoir 
légitime  >.  Jamais  personne  en  Wrance  ne 
fut  assez  sot  pour  dire  que  Cron-.wcll  avait 
donné  l'exemple  de  toutes  les  vertus.  On 
pouvait  lui  accorder  de  la  valeur  et  du  génie, 
mais  le  nom  de  vertueux  n'était  pas  fait  pour 
lui  ». 

Voltaire  n'ayant  pas  jugé  à  propos  de 
dire  où  se  trouvait  la  pièce  portant  Tel  fut, 
il  est  probable  qu'il  l'avait  trouvée  dans 
sa  féconde  imagination:  *  En  effet,  au  t.  11 
des  Œuvres  de  Régnier  Desmarais,  publi- 
cation posthume  (La  Haye,  1716),  nous 
la  trouvons,  avec  Ci-gti,  sous  le  titre  : 
Epitaphe  de  Guillnitme.  Quatre  ans  plus 
tard,  elle  réapparaît,  mais,  cette  fois, 
comme  Épitaphe  de  Cromwell,  au  t.  I  du 
Nouveau  recueil  des  Epigramtiiatistes  fran- 
çais de  Bruzen  de  la  Martinière,  attribuée 
à  Pavillon  Cependant,  dans  Fïnler- 
valle,  elle  avait  déjà  été  attribuée  à 
Pavillon,  puisque  le  luthérien  Werenfels 
(Samuel)  en  donne,  dans  ses  Optacula 
(Bâle,  1718)  l'imitation  latine  suivante  : 
Invasor  regni  jacet  hic,  quo  dignior  unquam 

Nenio  fuit  sceptrum  jure  tenere  suo. 
Regni  cui  fuit  raptor,  cur  fata  tulerunt, 

Perfccti  exemplai  icgis,   ut  ille  foret  ? 
Werenfels,     d'ailleurs,    craignant    que 
ceux  de  sa  secte  ne  crussent  qu'il  a[)piou- 
vait,  par  cette  interprétation,   l'esprit  de 

de  celle  de   l'auteur   de    l'Esprit.    En    1717, 
voici  ce  que,  dans  son  Epitre  au  duc  d  Or- 
léans, il  on  disait,  par   exemple  : 
Ciomwell,  d'un   joug    terrible    accablant    sa 

I  patrie 
Fit  bientôt  h  ses  pieds  ramper  la  flatterie  ; 
Ce  monstic  politique  au  Parnasse  adore, 
Teint  du  sang  de  son  roi,  fut  au<  dieux  com- 

[  paré  ; 
Mais,  malgré  le  succès  de   sa    prudente   au- 

[  dace, 
L'univers  indigné  démentait  le  Parnasse  , 
Et  de  Waller  enfin    Icj  écrits    les  plus  beaux ,' 
D'un  illustre  tyran  n'ont  pu  faire  un  héros. 


DhS  CHERCHEURS   AT  CURIUUX 


90  Décembre  1912 


813 


8,4 


la  pièce  qu'il  disait  être  de  Pavillon,  avait 
eu  soin  de  joindre  à  son  imitation  une 
épigramme  où  il  disait  que  les  éloges 
donnés  dans  l'épitaphe  était  dûs  à  la  vertu 
du  roi  Guillaume  et  que  le  poète  français 
devait  à  son  pays  ce  qu'il  avait  ajouté 
contre  la  mémoire  du  prince.  Le  Journal 
des  Sçavans  du  20  novembre  17 19  prit 
soin  de  faire  remarquer  ce  dtstitigtto  et 
nous  ajouterons  qu'on  avait,  plus  d'une 
fois,  appliqué  au  monarque  ce  vers  du 
Xitxès  de  Crébillon,  IV,  2  : 

Le  sceptre    absout  toujours    la  riunin    la  plus 

[  coupable. 
Or,  il  est  notable  que  ni  l'édition  de 
1720,  ni  celle  de  1750  des  Œuvres  de 
Pavillon  ne  contient  1  épitaphe  en  ques- 
tion, qui  aurait,  aussi  bien,  tout  l'air 
d'être  on  contradiction  formelle  avec  l'opi- 
nion de  Pavillon  sur  Guillaume,  telle  qu'il 
l'a  formulée  dans  ses  Sfancas  à  Mme  de 
R...,  composées  en  1696  : 
Tantôt  en  nous  jouant,  et  sans  tirer  l'épée, 
Nous  foudroyons  la  Ligue  et  par  terre  et  par 

[  mer  ; 
Nous  ôtons  à  Nassau  sa  couronne  usurpée  ; 
Heureux  si  l'on  le  souffre  être  cncor  Stathou- 

[der... 

D'autre  part,  Régnier  Desmarais  ne 
semble  guère  avoir  eu  meilleure  opinion 
de  Guillaume,  à  en  juger  par  ces  premiers 
vers  d'un  rondeau  qu'il  composa  en 
1692  : 

Sans  coup  férir,  l'usurpateur  Guillaume 
S'est  par  cabale  eir  paré  d'un  royaume  ; 
Il  en  mettrait  bien  d'autres  sous  ses  loix 
S'il  ne  falloit  que  tromper  les  Anglois, 
Sins  se  servir  de  lance  ni  de  heaume... 

Qui  nous  aidera  à  résoudre  le  petit  pro- 
blème de  la  paternité  de  cette  Epitaphe  et 
qui  nous  dira  si  vraiment  elle  doit  être 
appliquée  à  Cromwell  ^  Il  semble  que  ce 
dernier  point  soit  difficile  à  admettre,  car, 
si  Guillaume  fut  un  usurpateur ^  il  n'avait, 
du  moins,  pas  les  vertus  de  Cromwell, 
n'ayant  jamais  été  teint  du  sang  de  son  roi, 
pour  parler  Voltaire. 

Et,  puisque  nous  en  sommes  à  Voltaire 
sur  Cromwell,  nous  remarquerons  qu'à 
l'article  Cromwell  de  ce  même  Diction- 
naire Philosophique ,  il  est  dit  que  les  six 
{sic)  vers  latins  qui  illustraient  le  portrait 
que  le  Protecteur  de  la  République  angli- 
cane fit  peindre  pour  l'offrir  à  Christine  de 
Suè.le,  étaient  d'André  Marvell,  «  fameux 
poëte  anglais».  Voltaire  n'en  cite  que  les 


deux    derniers,   soi-disant  retouchés   pa*" 
Cromwell  : 

En  tibi  submittit  frontem  reverentior  umbra 
Non  sunt  hi  vultus  reg:bususque  truces. 

«  Le  sens  hardi    de  ces   six  {sic)    vers, 
ajoute  Voltaire,  peut  se  rendre  ainsi  : 
Les  armes  à  la  main,   j'ai  défendu   les  lois  ; 
D'un  peuple  audacieux  j'ai  venge  la  querelle. 
Regardez  sans  frémir  cette  image  fidelle  ; 
Mon  front  n'est  pas  toujours  l'épouvante  des 

[  rois.  > 

11  est  curieux  que  ces  derniers  vers, 
dont  l'origin.-il  latin  est  de  Milton  et  non 
de  iVlarvell,  aient  été  attribués  à  Delille 
par  l'auteur  de  l'article  Cromwell  dans 
une  Biographie  Universelle,  mais  qui  n'est 
pas  la  Biographie  Universelle  Michaud. 
Voici  cet  original,  tel  qu'il  se  lit  p.  516  de 

The  Poetical  Works  of  John  Milton, 
edited  with  critical  notes  by  W.  Aldis 
Wright,  M.  A.   etc 

(Cambridge,  at  the  Universitj  Press, 
IQ03)  et  que  Voltaire  a  défiguré  à  sa  façon 
cavalière  : 

Ab  Chkistinam,  Suecorum  Rkginam, 

NOMlNh   CROMWtLH 

Bellipotens  Virgo,   Septem  Regina  Trionum, 

Christina,  Arctoi  lucida  Stella  poli  ! 
Cernisquas  merui  dura  sub  casside  rugas, 

Utque  senex  armis  impiger  ora  tero, 
Invia  fatorum  dum  per  vestigia  nitor, 

Exequor  et  populi  fortia  jussa  manu. 
Ast  tibi  submittit  froiitem  reverentior  umbra; 

Nec  sunt  hi  vuiîu^  Regibus  usque  truces. 

Ce  qui  est  bien  de  Delille, c'est  une  imi- 
tation paraphrasée,  qui  se  termine  —  on 
ne  nous  en  voudra  pas  d'écourter  Delille 
—  ainsi  : 

Un  peuple  entier   remit  ses  droits  entre  mes 

[  mains  ; 
Jaloux  d'exécuter  ses  ordres  souverains, 
C'est  pour  lui  que  j'ai  pris,    que  je  garde  les 

[  armes  ; 
Cromwell,  dans  ce   tableau,  se   soumit  à  tes 

[  lois  ; 
Ce  front  n'est  pas    toujours  l'épouvante   des 

[  rois. 
Camilie  Pitollet. 

Mme  Lafarge  :  lettre  inédite.  — 

L'afi'aire  Lafarge  est  redevenue  d'actua- 
lité. Un  Comité  s'est  contitué  pour  la  ré- 
vision, —  pour  l'impossible  révision. 
Comment  arriver  aujourd'hui  à  une  cer- 
titude si  on  n'a  pas  pu  y  arriver  quand 
on  avait  encore  le  cadavre  et  les  témoi- 
gnages directs  ?  Ce  ne  sera  jamais  qu'une 
parodie  judiciaire  ;  mais  puisqu'il  y  a  en- 


N»  1349  Vo!.  LXVÏ. 

core  des  gens  pour  s'intéresser  à  Marie 
Cappclle  et  à  la  vouloir  innocenter  après 
65  ans  ! 

On  p.e  peut  s'expliquer  le  charme  qui 
opère  encore,  que  par  le  caractère  parti- 
culier de  cette  accusée.  Ses  lettres  don- 
nent le  secret  de  cette  grâce  conquérante 
qui  enchaîne  les  cœurs  et  fait  céder  la 
raison  devant  le  sentiment. 

En  voici  une,  —  inédite  —  que  veut  bien 
nouscommuniquor  .Mme  W.  Serieyx,  et 
qui  est, à  ce  point  de  vue,  très  significative. 

A  une  famille  qui  lui  montre  de  la 
compassion,  Mme  Lafarge  répond  dans  les 
termes  les  plus  gracieux  et  dans  le  plus 
heureux  style. 

Mes  nob'es  amis,  que  vous  êtes  bons  et 
que  je  vous  remercie  I  Pour  la  prciniére  fois 
depuis  longtemps  je  me  suis  1  evée  aujour- 
d'hui, je  me  suis  parée  do  vos  dons,  votre 
petite  croix  est  h  non  coa,  près  de  l'anneau 
de  ma  mé:e  ;  j'en  ai  lait  un  talisman.  Oh  i 
mes  glands  et  chers  cœurs,  en  la  regardant, 
j'ose  rêver  liberté.je  suis  fière  de  vos  sympa- 
thies, je  vais  me  mêler  à  la  réunion  de  votre 
mansarde,  je  serre  vos  mains,  je  vous  bénis 
pour  cette  part.e  de  votre  travail,  de  votre 
nécessaire  que  vous  envoyez  à  la  pauvre  cap- 
tive, et  qui  lui  donne  une  heure  d'oubli  et 
d'espérance!  Je  vous  en  prie,  comptez  sur 
moi,  si  vous  étiez  malheureux,  j'oublierais 
d'essuyer  mes  larmes  pour  sécher  les  vôtres  ; 
si  vous  étiez  malades,  sans  ouvrage,  sans 
soins,  je  saurais  travailler  pour  essayer  de 
vous  rendre  du  bien-être.  Us  ont  pu  flétrir, 
agoniser  rna  vie,  mais  ils  ont  laissé  à  mon 
cœur  ses  saintes  affections;  un  dévouement 
sans  bornes  pour  ses  chers  croyants.  Leur 
amitié  est  mon  existence,  leur  souvenir  mon 
culte  Mon  coussin  avance,  j'espère  bientôt 
vous  l'envoyer. 

Adieu,  mes  bons  amis,  que  le  travail  vous 
soit  doux  et  facile  et  que  l'heure  du  repos 
ramené  mon  souvenir  dans  vos  réunions,  il  y 
a  bien  de  la  reconnaissance  dans  le  cœur  de 
votre  pauvre  amie, 

Marie  Cappelle. 
Ce  vendredi 

Qu'on  nous  permette,  par  cette  même 
occasion,  de  demander  où  se  procurer  un 
véridique  portrait  de  Mme  Lafarge. 

Le  maréchal  Sébastiani  et  les 
Turcs.  —  M.  SafTroy  veut  bien  nous 
communiquer  la  lettre  historique  suivante, 
dont  il  posséda  l'original. 

Constantinople,  16  décembre  1806, 
Monsitur  le  Général, 
La   guerre   entre   la    Sublime    Porte   et   la 


L'iNIiRMBDIAiitB 


816  — 


Russie  est  décidée.  Sous  peu  de  jours  les  for- 
malités voulues  par  les  usages  de  ce  Gou- 
vernement pour  les  déclarations  de  guerre 
seront  remplies  et  M.  d'italinski  aura  quitté 
Constantinople.  Les  Turcs  marcheront  contre 
les  Russes  avec  toutes  leurs  forces.  Ceux  ci 
se  sont  emparés  de  la  Moldavie  et  de  la 
Vaîachie,  de  Chœzini  et  probablement  de 
Bender  ;  ainsi  c'est  le  Danube  que  les  armées 
turques  se  prépaieront  à  défendre.  Il  est 
vraisemblable  que  les  Russes  tenteront  un 
coup  do  main  sur  Belgrade,  qui  les  mettrait 
en  contact  avec  les  Serviens  et  les  Monténé- 
grins. Cette  place  est  d'autant  plus  exposée 
qu'elle  est  sans  approvisonnements,  et 
qu'étant  entre  les  mains  d'un  rebelle  la  Sub. 
Porte  ne  peut  prendre  aucune  mesure  efficace 
pour  la  mettre  en  état  de  défense. 

il  est  absolument  nécessaire  que  je  sois 
informé  de  votre  marche,  afin  que  je  puisse 
y  coordonner  les  mouvements  de  l'armée 
ottomane.  Veuillez  bien  multiplier  le:;  cour- 
riers pour  me  tenir  au  courant  lie  vos  dispo- 
sitions. Mais  ce  que  je  vous  demande  avec 
plus  d'inîistance  que  jamais,  c'est  de  m'en- 
voyer  incessamment  de» «lïiciers  d'artillerie  et 
du  Génie.  Je  ne  saurais  trop  insister  sur  cet 
objet  qui  est  de  la  plus  haute  importance. 

Mes  communications  avec  la  Pologne  de- 
venant tous  les  jours  plus  difficiles,  je  vous 
prie  de  faire  savoir  à  S.  M.  les  nouvelles  que 
je  vous  transmets. 

Veuillez  bien.  Monsieur  le  Général,  rece- 
voir.l'assurance  de  ma  haute  considération. 

Vous  voilà,  mon  Général,  sur  un  beau 
théâtre  :  je  prends  bien  part  à  votre  gloire  et 
j'espère  que  vous  me  donnerez  au  moins  un 
bataillon.  Vous  savez  que  mon  attachement 
pour  vous  est  inaltérable  et  mon  dévouement 
absolu. 

Horace  Sébastiani. 

S.  E.  Monsieur  le  Général  Marmont. 

Cette  lettre  ne  fait  que  remettre  en  lu- 
mière une  page  d'histoire  bien  connue. 

Les  relations  personnelles  du  maréchal 
Sébastiani  avec  Solim  —  dont  les  idées  et 
le  caractère  faisaient  une  exception  —  ne 
l'empêchait  pas  de  n'éprouver  aucune 
sympathie  pour  les  Turcs  et  aucune  con- 
fiance dans  l'avenir  de  leur  nation.  Il  ne 
cessait  de  défendre  les  chrétiens  d'Orient, 
et  de  plaider  constamment,  auprès  de  son 
gouvernement,  la  cause  de  leurs  nationa- 
lités opprimés,  dont  il  désira  et  espéra  la 
délivrance  toute  sa  vie. 

Li  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTOI^GUEIL 

Imp.    Daniel-Chambo»,  St-Amand-Mont-Road 


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TROUVAILLES    ET    CURIOSITÉS 

.     817 818     

Le  bataillon  marseillais  des  Vainqueurs  du 
10  août  était  composé  de  malfaiteurs  génois, 
piéraontais,  suisses,  levantins  et    espagnols. 

Ne  pourrait-on  pas  sa  mettre  d'accord 
une  fois  pour  toutes  sur  des  faits  maté- 
riels contrôlables  et  ne  plus  leur  opposer 
des  affirmations  puisées  dans  des  mémoi- 
res ?  Il  faut  pourtant  finir  par  faire  bon 
ménage  avec  la  vérité. 

Les  vainqueurs  de  la  Bastille  étaient-ils 
oui  ou  non  allemands  ? 

Le  Bataillon  des  Marseillais  du  10  août 
était-il, oui  ou  non, composé  de  malfaiteurs 
étrangers  ? 

F.  Comtois. 


Nous  prions  nos  correspondants  de 
vouloir  bien  répéter  leur  nom  au-dessous 
Je  leur  pseudonyme ,  et  de  n'écrire  que 
d'un  côté  de  la  feuille.  Les  articles  ano- 
nymes ou  signés  ds  pseudonymes  inconnus 
ne  seront  pas  initérès. 

Pour  la  précision  des  rubriques,  toute 
question  ne  peut  viser  qu'un  seul  nom  ou  mw 
seul  objet. 

Indiquer  la  rubriques  et  leurs  cotes. 

Quand  la  question  sollicite  la  connais- 
sance d'une  liste,  la  liste,  sauf  exception^ 
n'est  pas  insérée,  mais  envoyée  directement 
à  l'auteur  de  la  question. 

L'Intermédiaire  des  chercheurs  et  cu- 
rieux s'interdit  toute  question  ou  réponse 
tendant  à  mettre  en  discussion  le  nom  ou  le 
titre  d'une  famille  non  éteinte. 

Ollluedttone 

Où  fut  célébré  le  mariag»  de 
François  I"  avec  la  sœur  de  Charles 
Quint  ?  —  On  a  parlé  de  Captieu.x  dans  la 
Gironde;  de  Villeneuve,  Bougues,  Mont-de- 
Marsan,  dans  les  Landes.  Quelles  sont  les 
circonstances  qui  emmenèrent  la  célébra- 
tion de  ce  mariage  dans  ces  contrées,  et 
avec  si  peu  d'éclat  que  le  souvenir  s'en 
est  presque  perdu  ?  E.  L. 

Vainqueurs  de  la  Bastille  et  vain- 
queurs du  10  août.  —  Dans  la  Galette 
de  France  du  16  décembre  1912,  sous  la 
signature  de  M,  George  Malet,  je  relève 
les  deux  affirmations  suivantes  ; 

La  plupart  des  \ainqueurs  de  la  Bastille 
étaient  des  Allemands  (d'après  l'Ami  du  peu- 
ple Q»  50). 


Napoléon  III  et  le  lavabo  de 
Louis  XIV  (T  G.  ^32).  —  Lettre  du 
prisonnier  de  Ham  à  Mme  Cornu  : 

Fort  de  Ham,  ii  mai  1844. 

Ma  chère  Hortense, 

Je  vous  écris  un  mot  pour  vous  dire  que 
je  demande  du  lavabo  de  Louis  XIV  quatre 
raille  francs.  Je  dois  ajouter  que  je  n'ai  au- 
cune preuve  authentique  que  ce  meuble  ait 
appartenu  au  grand  roi,  mais  je  sais  que 
l'empereur  l'a  donné  comme  tel  à  l'impéra- 
trice, et  que  c'est  à  ce  titre  que  ma  mète  l'a 
toujours  conservé  précieusement. 

Recevez, de  nouveau,  l'assurance  de  ma  sin- 
cère amitié, 

Napoléon-Louis  B. 

Qu'estil  advenu  de  ce  lavabo  de  Louis 
XIV.?  V. 

Un  prétendu  manusc  it  de  Saint- 
Mars  sur  l'Homme  au  masque  de 

fer.  —  Dans  la  plaidoirie  de  Jules  Favre 
en   faveur    des   héritiers  Naundorff ,    on 

LXVI.  -  18. 


N»  1350  Vol.  LXVI. 


L'iMTfiRMBDIAIRfi 


819 


820  - 


trouve  cette  phrase  (compte  rendu  sténo- 
grafié.  p.  332)  : 

Le  grand  roi  ne  pouvait  deviner  que  cent 
trente  ans  apièisa  ténébieuse  exécution  (soit 
en  1835)  on  trouverait  aux  archives  du  mini- 
tèredesaffaires  étrangèies  un  mémoire  ré.iigé 
par  son  complice  Saint-Mar:.,  qui  avait  été 
le  bourreau  et  le  gardien  du  premier  fils 
d'Anne  d'Autriche.  II  ne  pouvait  deviner 
que  dans  ce  mémoire,  cédant  aux  remords  de 
sa  conscience,  Saint-Mars  ferait  les  révéla- 
tions les  plus  complètes  qui  assurent  la  con- 
damnation à  jamais  méritée,  de  celui  qui  n'a 
été  qu'un  usurpateur. 

Qu'est-ce  que  cette  histoire  abracada- 
brante ?  Oifest  ce  que  ce  manuscrit  révé- 
lateur ?  Qui  l^  jamais  vu  ? 

A.  M. 

[Cette  question  déjà  posée  est  restée 
sans  réponse]. 

La  Franche-Comté  espagnole      - 

Est-ce  vraiment  «  une  ridicule  légende 
accréditée  par  V.  Hngo»,  ainsi  qu'on  l'af- 
firmait récemment  dans  V Intervudiiue  ? 

Je  lis  cependant  dans  la  Petite  histoire  Je 
la  Franche-ComtJ d' André  Lanier,  p.  40  : 

Retour  à  l'Espagne.  Trois  mois  a^rés,  les 
Comtois  apprenaient  avec  une  joie  sans  nié 
lange  que  le  traité  d  Aix-la-Chapelle  les  ren- 
dait à  l'Hspagne  ;  l'administration  française, 
trop  autoritaire,  n'avait  pas  su  se  faire  ai  - 
mer.  . 

Parler  de  Franche-Comté  espagnole, 
est-ce  dire  autre  chose  que  rappeler  la 
domination,  l'influence  espagnole  ?  Et 
faut-il  donc  une  imagination  à  la  Hugo 
pour  songer  à  cette  domination  en  con- 
templant telle  ou  telle  architecture  bi- 
sontine. 

Que  les  historiens  comtois  donnent  leur 
avis  et  que  cette  question  soit  élucidée. 

L. 

Les  pages  du  prince  de  Condé. 
—  Je  serais  bien  reconnaissant  à  qui 
pourrait  m  indiquer  où  trouver  :  Un  état 
des  pages  du  prince  de  Condé  de  17^5  à 
1780.  Vicomte  de  Nouel. 

Les  dames  d'honneur  de  la  du- 
chesse douairière  d'Orléans.  —  Je 
serais  bien  reconnaissant  à  qui  pourrait 
m'indiquer  où  trouver  :  Un  état  des  da- 
mes d'honneur  de  la  duchesse  douairière 
d'Orléans  de  1740  a  1748. 

Vicomte  de  Nouel. 


Fremont.  —  Une  gravure  d'Israël 
porte  comme  légende  :  f^eue  et  perspective 
Je  la  cascaJe  de  Fremont  à  quatre  lieues 
de  Paris  sur  h  chemin  Je  Foniainehleau. 
Pourrait-on  me  dire  où  se  trouvait  cette 
cascade  de  Fremont  ^ 

Albert  Catel. 

Famille  de  Mgr  de  Beauteville.  — 

On  voudrait  des  renseignements  sur  la 
famille  de  Mgr  de  Beauteville,  évêque 
d'Alais  1755-1776. 

Cette  famille,  originaire  du  Rouergue, 
existe-t  elle  encore?  A  qui  s'adresser  ? 

Madame  la  Présidente  Brisson, 
Lauréate  de  l'Académie  de  Mar 
seille  (1777j.  —  On  doità  cette  dame, 
un  excellent  Eloge  de  Madame  la  Mar- 
quise de  Sévignê,  qui  remporta  le  prix 
d'éloquence  à  l'Académie  de  Marseille, 
en  l'année  1777. 

Cet  éloge  fut  modestement  imprimé 
(sans  aucun  nom  d'auteur),  en  1778,  «  à 
Amsterdam  et  se  trouve  à  Paris,  chez  la 
veuve  Méquignon  et  Fils,  libraires  »,  vol. 
grand  in- 12,  de  deux  feuillets  prélimi- 
naires non  chiflrés  et  60  pages  chifîrécs. 
Puis,  fut  réimprimé  en  1781  (aux  mêmes 
adresses  et  toujours  sans  nom  d'auteur), 
in-8",  49  pages  chiflrées. 

La  Biographie  Michaud  dernière  Edit. 
Thoiniers  Desplaces,  la  Nouvelle  Biogra- 
phie Universelle.  Didot,  le  Manuel  de 
Brunet,  les  Siècles  Littéraires  de  Desses- 
sarts,  7  in-S",  1800-1803,  sont  muets  sur 
l'auteur  de  cet  Eloge.  L'excellent  petit 
Dictionnaire  historique,  littéraire  et  biblio- 
graphique des  FrançaisesdQÎAmQ.  Fortunée 
Briquet,  Paris,  in-8»  1805,  et  le  Catalogue 
Rochebtlière,  tom.  I,  1882,  n°  6q6,  men- 
tionnent seulement  le  nom  de  cet  auteur, 
avec  l'indication  des  deux  éditions  pré- 
citées de  son  Eloge,  mais  n'ofïrcnt  rien 
de  plus. 

Pourrait-on  me  donner,  sur  cette  éru- 
dite  Présidente  Marseillaise,  quelquesmots 
de  biographie  ? 

Ce  ne  doit  pas  être  une  inconnue,  elle 
doit  certainement  être  l'auteur  d'autres 
ouvrages,  car  dans  l'Approbation  qui  fut 
donnée  à  son  imprimeur,  en  date,  à  Paris, 
du  22  mars  1778,  le  Professeur  Royal 
Lourdet,  s'exprime  ainsi,  sur  l'auteur  et 
sur  son  œuvre  :  «...  dans  cette  produc- 
tion   d'une    plume   féconde    et   aisée,  je 


DES  CHB*RCHB\i]KS  ET  CliPliiUX 


30  Décembre  1912 


821 


822 


n'ai  rien  vu  qui  ne  fût  guidé  par  les  lu- 
mières d'une  critique  judicieuse,  et  qui 
ne  justifiât  aux  yeux  des  lecteurs  éclai- 
rés, les  titres  qui  lui  ont  récemment  mé- 
rité la  palme  de  l'Eloquence  dans  une 
célèbre  Académie.  » 

C'est  égal  !  pour  avoir  obtenu  une 
Approbation  qui  fleure  autant  le  madri- 
gal, il  est  permis  de  croire  que  cette 
bonne  Présidente  était,  pour  le  moins, 
une  Dame  de  haut  parage,  ou  que... 
(soyons dix  huitième  siècle  !  ),  les  coquets 
printemps  qu'elle  pouvait  alors  posséder, 
ne  comptaient  pas  encore  pour  des  hivers. 

Ulric  R.-D. 

Papiers  du  général  Eblé.  —  Que 

sont  devenus  les  papiers  du  général  Eblé  ? 

N.  R. 

Le  poète  Fiedet.  —  A  l-on  quel- 
ques renseignements  littéraires,  biogra- 
phiques, etc.  .,  sur  un  poète,  du  nom  de 
Fredet,  qui  fit  partie  de  la  cour  de  Charles 
d'Orléans,  et  dont  plusieurs  rondeaux 
accompagnent  les  poésies  du  prince  dans 
un  manuscrit  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale .'* 

Charles  d'Orléans  le  nomme  assez  fré- 
quemment, en  particulier  dans  ce  ron- 
deau (no  CLXXXVIU  de  l'édition  publiée 
par  ChampoUion-Figeac,  Paris,  Belin, 
Leprieur,  1842)  : 

Crié  soit  à  la  clochette 
Par  les  rues  sus  et  jus  : 
Fredet,  on  ne  le  voit  plus, 
Est-il  mis  en  oubliette  ? 

Jadis  il  tenait  bien  conte 
De  visiter  ses  amis  : 
Est-il  roy  ou  duc  ou  conte 
Quand  en  oubly  les  a  mis  ? 

etc.. 

Ou  bien  peut-on  indiquer  des  ouvrages 
auxquels  se  référer  pour  avoir  de  plus 
précises  indications  .?  G.  F.  D. 

Les  Jacob,  ébénistes.  —  Existe  t  il 
une  bonne  jétude  sur  ces  ébénistes  dont 
l'un  acquit  une  si  grande  célébrité  sous 
l'Empire.  D'où  venaient-ils  ?  Ont  ils  tous 
signé  leurs  œuvres  ?  V. 

Famille  de  Liganet.  —  A-t  on  quel 
ques   renseignements  (généalogie,  degré 
de  noblesse,  etc..)  sur  la  famille  de  Liga- 
net, propriétaire  au  début   du  xix^  siècle, 


du  château  de  Maillargue,  près  d'Allan- 
che  (Cantal),  et  qui  semble  s'être  éteinte, 
vers  1820,  par  le  mariage  d'une  demoi- 
selle de  Liganet,  avec  un  sieur  Chomette, 
de  Brioude  (Haute-Loire)  ? 

G.  F.  D. 


Jean  Petitot,  oeintre  en  émail.  — 

Je  n'ai  pas  confondu  Jean  Petitot  et  Peti- 
tot de  Boispréau,  comme  me  le  reproche 
amicalement  notre  confrère  d'E  ;  mais  de 
nouvelles  recherches  me  font  maintenant 
douter  que  Petitot  ait  été  emprisonné  au 
Fort  l'Evèque.  Une  lettre  du  Conseil  de 
Genève  à  Colbert  de  Croissy,  datée  du 
2  mai  ibSô,  parle  d' «  un  couvent  »,  et  le 
31  mai  suivant,  une  lettre  de  Mme  Petitot 
au  même  Conseil  excuse  son  mari  d'avoir 
signé  l'abjuration,  par  la  contrainte  des 
«  acès  de  fièvre  qu'il  a  eus  dans  le  cou- 
vent. >  Dès  lors,  je  pose  la  question. 
Pourrait-on  me  dire  dans  quel  couvent 
Jean  Petitot  a  été  enfermé  en  avril-mai 
1 686  ? 

Henri  Clouzot. 

Sceau  à  déterminer:  X"V1IP  siècle. 

—  A  qui  attribuer  un  sceau  ovale,  du 
xviii®  siècle,  qui  porte  comme  inscrip- 
tion CAROLVS  -  BELLlSOiMl  -  ARCHIEP- 
TYANET-NVNTIVS-APOSTOLICVS,  et 
dans  le  champ  un  écu  fascé  d'argent  et  de 
gueules  de  quatre  pièces?  Dright. 

Sceau  à  déterminer  :  XVr  siècle. 

—  Sceau  rond,  probablement  du  xvi*  siè- 
cle, qui  porte  comme  inscription  STCIL- 
LVM  CIVITATIS-'WECH...,  et  dans  le 
champ  un  écu  chargé  d'une  patte  de  grif- 
fon ?  Dright. 

Sceau  à  déterminer  :  X'VIl'^  siè- 
cle. —  A  qui  attribuer  un  sceau  rond, 
probablement  du  commencement  du  xvii® 
siècle,  qui  porte  comme  inscription  S. 
PAP.  CI...  SEGVN-LEO-D-AD-CAVSAS, 
et  dans  le  champ  un  chandelier  d'église  à 
sept  branches  .<*  Dright. 

Armoiries  à  déterminer  :  trois 
lions  a'argent.  —  Ecn  fascé  d'argent  et 
de  sable  de  six  pièces^  chargé  en  abîme  de 
sable  à  trois  lions  d'argent  rampants,  cou- 
ronnés et  lampassés.  E.  R. 


N»  1350     Vol.   LXVI 


L  INTfiRMBDlAIRfi 


82*5 


824 


Armes  à   ideotifier  :   trois  rocs. 

Ecartelé  au  i  et  ^  de  gueules  aux  trois 
roci  d'échiquiei  liai gent,  au  2  et  ^  d'azur 
aux  trois  bandes  d'argent. 

Elles  figurent  sur  une  tapisserie  prove- 
nani  des  de  Puybusque-Saint-Padou. 

R.  DE  R. 

Numismatique.  —  Quels  sont  les 
ouvrages  de  numismatique  permettant  de 
reconnaître  facilement, sans  connaissances 
spéciales,  les  monnaies  royales  et  seigneu- 
riales, les  médailles  et  les  jetons  ? 

SlNED. 

«  La  Henriade  »  du  duc  do  Bor- 
deaux. —  La  ville  de  Paris  a  offert  au 
duc  de  Bordeaux,  à  l'occasion  de  son  bap- 
tême en  182 1 ,  un  exemplaire  unique  de  la 
Henriade  sur  velin,  illustré  de  dessins 
or'gmaux  par  Drolling,  Heim  Thomas, 
Couder,  etc.,  relié  par  Simier,  qui  revint 
à  8000  fr . 

Sait-on  ce  qu'est  devenu  ce  magnifi- 
que joyau  bibliographique  ? 

D^  L. 

Ariette  de  La  Piété  filiale.  —  je 

lis,  dans  un  mémoire  manuscrit  daté  de 
1793,  la  citation  suivante  de  l'ariette  de 
La  Piété  filiale  (2*  couplet)  : 

En  accourant  à  son  réveil 
Vouj  tremblez...  que  va-t-clle  dire 
En  sortant  des  bras  du  sommeil  ? 
Mon  père,  tu  vas  me  sourire. 
Vous  lui  ravissez  quelquefois 
Un  baiser  qu'igmte  sa  mère, 
Moi,  chaque  matin,  je  reçois 
Le  prenier  baiser  de  mon  père. 

j'avoue  très  humblement  ne  pas  con- 
naître l'auteur  de  cette  ariette.  Un  corres- 
pondant de  V Intermédiaire  serait-il  assez 
obligeant  pour  éclairer  mon  ignorance? 

G.  T. 

Plaisanteries  sur  les  marseillais. 

Depuis  longtemps  on  plaisante  les  mar- 
.seillais  comme  d'ailleurs  les  gascons  et 
les  juifs.  Ces  amuseltes  n'ont-elles  pas 
été  réunies  en  volume  ?  Flacdal. 

«  Coiffé  d'un  vilain  bonnet  gras  v  — 
Sous  ce  litre,  qui  est  la  copie  du  premier 
vers  d'un  rondeau  de  Mme  Dcshoulicres, 
j'avaii  reproduit,  dans  Vlntermédtatre,  le 
dit  rondeau, ^dont  le  ton|difïere^bcaucoup 


du  souvenir  idyllique  qui  s'attache  au 
nom  Je  l'auteur,  et  je  demandais  si  le 
personnage  que  Mme  Deshoulières  ap- 
pelle <v  Martin  »  était  Voiture  ou  Bense- 
rade.  A-t-il  été  répondu  à  ma  question,  et 
même,  a  t-elle  été  insérée  .''Je  n'ai  pas  à 
cet  égard  de  souvenirs  précis. 

V.  A.  T. 

Tireliflche.  —  Que  veut  dire  le  mot 
souligné  dans  cette  phrase,  tirée  d'une 
petite  comédie,  intitulée  :  La  Demoiselle 
de  Compagnie,  que  contient  un  volume, 
édité  chez  Hachette  et  Cie  1876,  Fêtes 
Je  Jeunes  filles  ? 

«  Des  ouvrages  de  tapisserie,  du  filet,  de 
la  frivolité,  du  tireliftche;  et  pour  les 
bourses  au  crochet,  elle  s'y  entend  comme 
celle  qui  les  a  inventées  ».  E.  L. 

Protagoniste  —  Dans  ses  Mémoires, 
qu'il  a  écrits  en  français,  Carlo  Goldoni 
s'exprime  ainsi  :       ..•.. 

Les  disputes  s'échauffèrent  davantage  à 
l'égard  de  ma  dernière  pièce.  Mes  athlètes 
soutenaient  que  VHonnéte  Fille  était  une  co- 
médie sans  défauts,  et  les  rigoristes  trou- 
vaient que  j'avais  mal  choisi  le  protagoniste. 

je  demande  parion  à  mes  lecteurs  si 
j'ose  me  servir  ici  d'un  mot  grec,  qui  doit 
êtie  connu,  mais  qui  n'est  guère  usité  :  ce 
mot  ne  se  trouve  ni  dans  les  dictionnaires 
français  ni  dans  les  dictionnaires  italiens.  Ce- 
pendant des  auteurs  célèbres  de  ma  nation 
s'en  sont  servis  et  s'en  servent  communé- 
ment. Castelvetro,  Crescimbeni,  Gravina, 
Quadrio,  Muratori,  Maff  i,  Métastase,  et 
tant  d'autres,  ont  employé  le  terme  àt  pro- 
tagoniste, pour  dire  le  sujet  principal  de  la 
pièce.  Vous  voyez  l'utilité  de  ce  grécisme 
qui  renferme  la  valeur  de  six  mots,  et  je  de- 
mande la  permission  d'en  faire  usage  pour 
éviter  la  monotonie  d'une  phrase  qui,  dans 
le  cours  de  mon  ouvrage,  pourrait  devenir 
ennuyeuse. 

Littré  ne  cite  qu'un  exemple  de  rem- 
ploi du  mot  en  question  : 

'< Ce  qui  mettrait  le  gouvernement 

français,  s'il  pouvait  être  de  mauvaise  foi, 
dans  la  situation  d'un  protagoniste  de 
théâtre  qui  voudrait  commencer  tout  seul 
une  pièce,  où  nul  ne  consentirait  à  lui 
donner  la  réplique  »  .{L' Indépendance  Belge 
du  1 1  août  1868). 

Je  demande  à  V Intermédiaire  si  l'intro- 
duction dans  notre  langue  du  mot  prota- 
goniste doit  être  réellement  attribuée  à 
l'auteur   du    Bourru   bienfaisant.  Peut-on 


L>ES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


82  s 


citer  des  auteurs  l'ayant  employé  après 
Goldoni  et  avant  {'Indépendance  Belge  ? 

Nauticus. 

La  machine  à  chiffrer  de  Frédé- 
ric II' —  Dans  les  Mémoires  du  Maréchal 
de  Richelieu.,  fabriqués,  en  partie, par  l'ex- 
abbé  Soulavie  (1790-1792),  ce  compila- 
teur dont  Robespierre  allait  faire  un  di- 
plomate, écrit  (tome  X  p.  199)  la  note 
suivante  : 

L'auteur  de  ces  Mémoires  vient  d'envoyer 
au  Comité  diplomatique  et  à  Le  Brun,  le  10 
de  ce  mois  d'octobre,  la  machine  infernale  à 
chiffrer  de  l'invention  de  Frédéric  avec  la 
quelle  il  correspondait  avec  Richelieu.  .  La 
correspondance  du  roi  de  Prusse  et  du  géné- 
ral était  si  bien  chiffrée  qu'on  pouvait  la 
remettre  sans  conséquence  à  un  déchifîreur 
autrichien.  Frédéric  avait  trouvé  une  machine 
avec  laquelle  les  chiffres  changeaient  à  chaque 
lettre,  à  chaque  page,  à  chaque  phrase,  et 
même  à  chaque  ligne  à  volonté.  Il  (allait 
avoir  la  machine  pour  déchiffrer  ;  et  avec 
cette  machine,  les  chiffres  avaient  la  mobi- 
lifé  des  caractères  d'imprimerie. 

Il  est  certain  que  Soulavie  avait  eu  à  sa 
disposition  —  comme  d'ailleurs  Faur,  un 
ancien  secrétaire  de  Fronsac  —  tous  les 
papiers,  notes  et  documents  contenus  dans 
les  portefeuilles  du  Maréchal.  Mais  quelle 
pouvait  bien  être  cette  machine  à  chiffrer 
envoyée,  sans  nul  doute,  par  Soulavie  au 
secrétariat  des  affaires  étrangères  ?  Ou'est- 
elle  devenue  ?  Vainement,  j'ai  consulté 
le  Moniteur  du  temps  qui  n'en  fait  nulle- 
ment mention.  Il  aimait  cependant  entre- 
tenir ses  lecteurs  de  ce  genre  de  curiosités 
Et  si,  réellement,  la  machine  en  question 
était  de  l'invention  de  Frédéric,  il  n'était 
pas  indifférent  que  la  presse  d'alors  en 
parlât.  d'E. 

La  prononciation  du  mot  or- 
gueilleux. —  Dans  son  rôle  des  Flam- 
beaux, tenu  avec  une  si  magistrale  et  si 
émouvante  sobriété,  Mme  >uzanne  Des- 
prés prononce  le  terme  orgueilleux  :  or- 
guéyeux  ;  ne  faut-il  pas  dire  orgueuyeux  .'' 
Car  on  n'a  jamais  prononce  orguèye, 
mais  orgueuye  pour  le  mot  orgueil.  Et,  à 
ce  propos,  j'estime  que  le  théâtre,  et  tout 
d'abord  la  Comédie  Française,  devrait  être, 
pour  notre  langue,  non  seulement  une 
Ecole  de  diction  et  d'articulation,  mais 
encore  comme  le  Conservatoire  de  la  vé- 
ritable prononciation.  d'E. 


30   Décembre  191a. 
826    

Courgain.  —  A  Boulogne,  à  Calais, 
à  Dunkerque  et  dans  quelques  petits  ports 
du  Nord,  on  donne  au  quartier  spéciale- 
ment habité  par  les  marins  le  nom  de 
«  Courgain  ».  Quelle  est  l'origine  de  ce 
mot  ?  Viendrait-il  de  «  Court-gain  »>  (ga- 
gne-petit) ?  J'en  doute  et  je  fais  appel, 
pour  m'éclairer,  à  l'un  de  nos  excellents 
intermédiairistes  du  Littoral.      A.  d'E. 

Les  Souvenirs  ^e  M.  le  comte  Re- 
gnauld  de  Saint-Jean  d'  <  <  ngély.  — 

J'ai  trouvé,  sous  ce  titre,  dans  une  boite 
de  bouquinistes,  deux  petits  volumes  in- 
12,  qui  portaient,  en  sous-titre  «  suivis 
d'une  table  alphabétique  des  personnages 
cités  dans  le  recueil  »  par  M  ***  et  qui  fu- 
rent édités  à  Paris  en  1817. 

Je  n'ai  trouvé,  en  fait  de  table  à  la  fin 
du  2^  volume  de  mon  exemplaire,  que  ce 
Nota  bene  :  Deux  nouvelles  parties  de- 
vant suivre  bientôt  les  précédentes,  l'édi- 
teur a  cru  convenable  de  ne  placer  qu'à 
la  fin  de  la  quatrième  la  Table  alphabé- 
tique des  personnages  mentionnés  dans 
ces  Souvenirsy*.  Et  ce  nota  est  suivi  de  cette 
phrase  écrite  au  crayon: 

Ces  deux  nouvelles  parties  n'ont  jamais 
paru. 

A  vrai  dire,  ces  Souvenirs  n'ont  rien  de 
bien  intéressant.  C'est  une  espèce  de  sal- 
migondis où  le  roman  et  l'histoire  se 
trouvent  fort  inégalement  dosés.  Napoléon 
n'y  est  pas  trop  maltraité  :  quant  à  Re- 
gnauld  de  Saint-Jean  d'Angély,  son  auto- 
biographie est  d'une  fantaisie  déconcer- 
tante. 

J'ai  vainement  demandé  ce  livre  à  la 
Bibliothèque  Nationale  ;  on  parut  même 
s'étonner  qu'il  existât.  D'ailleurs  je  ne  l'ai 
pas  trouvé  indiqué  dans  le  Dtctionnaire 
de  Barbier, 

Sait-on  quel  en  est  l'auteur  ? 

H.    QuiNNET, 

Conjugalisme    diplomatique.    — 

Dans  la  séance  parlementaire  du  4  dé- 
cembre dernier,  M.  de  Bethmann-Hollweg 
a  rappelé  aux  diplomates  allemands  qu'il 
leur  était  interdit  d'épouser  des  étrangè- 
res, s'ils  ne  voulaient  être  considérés 
comme  démissionnaires. 

Depuis  quand  cette  interdiction  a-t-elle 
été  adoptée  en  Allemagne  et  sait-on  si 
elle  existe  dans  d'autres  pays  ? 

H.    QuiNNET. 


N*  1350.  Vol.  LXVI. 


L'INTBRMÉDI/^IRÈ 


827 


8a8 


Eépon$ie$ 


Les  funérailles  d©  Charle?-Quint 

fLXVI,  62^,  733).  —  Le  docteur  Paul  R. 
Mersey  vient  de  publier  à  la  librairie  Ollier- 
Henry  une  curieuse  thèse  intitulée  : 
L'amour  ci*  la  mort  chtr:^  les  Habsbourg, 
conitibution  à  la  palbolooie  historique. 
Constatant  chez  Jeanne  la  Folle,  puis  chez 
presque  tous  les  descendants  de  Charles- 
Quint,  la  hantise  du  tombeau  et  des  céré- 
monies funèbres,  il  admet  comme  un 
trait  certain  de  la  mentalité  de  Charles- 
Quint  une  sorte  de  «  thanatophilie  »\  par 
laquelle  s'expliquerait,  tout  naturelle- 
ment, la  curieuse  scène  des  funérailles 
anticipées.  G.  G. 

Un  prétendu  âls   de  Charles  IX 

(LXVI,  771).  —  Miss  Edit  Sichel,  l'au- 
teur du  livre  anglais  The  latrr  years  of 
Catherine  de  Medicis  a  parfaitement  raison 
d'affirmer  que  Charles  IX  a  eu  un  enfant 
de  son  mariage  avec  l'archiduchesse  Eli- 
sabeth d'Autriche,  fille  de  l'empereur 
Max  II. 

Cette  enfant  était  Marie-Elisabeth, 
appelée  madame  Ysabelle  de  France,  née 
en  1Ç72  et  morte  en  1578. 

On  raconte  même  que  celle  ci,  étant 
encore  dans  le  sein  de  sa  mère,  sauva  la 
vie  au  prince  de  Condé.  Le  9  septembre, 
Charles  IX,  dans  un  accès  de  colère, 
dit  au  prince  de  Condé  de  choisir  entre 
la  messe,  la  mort  ou  la  Bastille.  Condé 
répondit  que  le  Roi  était  libre  de  décider 
entre  la  mort  et  la  Bastille,  mais  que  lui, 
Condé,  n'acceptait  pas  la  messe.  La 
reine  Elisabeth  était  présente  à  cet  accès 
de  fureur,  car  le  Roi  avait  saisi  ses 
armes  pour  tuer  son  parent.  Le  mo- 
ment qui  devait  donner  naissance  au  reje- 
ton royal  était  proche,  la  Reine  se  traîna 
aux  pieds  de  son  mari  poar  implorer  sa 
clémence.  Agrippa  d'Aubignc  donne, dans 
son  Histoire  universelle,  tome  II,  pages 
29  et  suivante  ,  des  détails  précis  sur 
cette  scène,  relatée  aussi  par  Louis  de 
Beauricz  dans  son  curieux  ouvrage  Elisa- 
beth d' Autriche^  reine  de  France.  Condé 
dut,  ce  jour-là.  la  vie  à  l'intervention 
de  la  pieuse  archiduchesse,  intervention 
sans  laquelle  le  vainqueur  de  Rocroi  eût 
manqué  aux  gloires  de  la  Fiance. 

Le   Journal  de   l Estoile    dit   que   <.<    le 


mercredi  2  août  IÎ578,  mourut  à  l'hostel 
d'Anjou,  à  Paris,  madame  Marie  Ysabelle 
de  France,  fille  unique  du  feu  Roi  qui  fut 
pleurée  et  regrettée  à  cause  de  son  gentil 
esprit  et  de  sa  bonté  et  douceur  qu'elle 
retenait  de  madame  Ysabelle  d'Autriche, 
sa  mère  ». 

Madame,  fille  du  roi  Charles  IX,  était 
alors  âgée  de  cinq  ans  et  demi. 

Fromm,  de  l'Univers. 

Bernard  Palissy  pendu  (XVII  ; 
LXVI,  722).  —  Voici  l'article  des  Débats 
(9  décembre  1912)  que  nous  avons  an- 
noncé : 

Le  plus  complet  historien  de  Bernard  Pa- 
lissy, M.  Ernest  Dupuy.  ne  nous  avait  pas 
dissimulé  que  si  «  la  plupart  des  biographes 
de  Palissy  indiquent  sans  hésiter  le  lieu  et  la 
date  de  sa  nai.ssance,  quant  à  la  date,  aucun 
document  ne  nous  l'a  révélée  »  et  que  «  la 
même  obscurité  qui  nous  dérobe  les  origines 
de  Palissy,  nous  cache  la  plupart  des  cir- 
constances qui  ont  arne*né  ou  entouré  sa 
nsort  >. 

Mais  voici  que  M.  N.  Weiss,  dans  un  in- 
téressant mémoire  du  Bulletin  de  la  Société 
de  l'Histoire  du  Protestantisme  français 
(septembre-octobre  1912),  nous  révèle  l'ori- 
gine et  les  derniers  jours  de  Bernard  Palissy, 
d'après  deux  textes  inédits  retrouvés  par  lui 
aux  Archives  de  la  Préfecture  de  police, 
dans  les  Registres  d'écrou  de  la  Conciergerie 
du  Palais  de  Justice  (n»  10  du  13  novembre 
1586  au  16  septembre  1589). 

Le  30"  jour  de  décembre  1586,  le  greffier 
avait  inscrit  sur  le  registre  d'écrou  les  nom, 
lieu  d'origine  et  profession  déclinés  par  le 
prisonnier  qu'on  lui  avait  amené  pour  crime 
d'héiésie  :  «  Bernaid  Palissy,  architecte  en 
œuvre  de  terre,  natif  de  Agen  en  Agenoys, 
demeurant  es  faulxbourgs  Saint  Germain  des 
prez .  »  Désormais,  il  ne  sera  plus  néces- 
saire, comme  l'a  fait  M.  Momméja,  d'accu- 
mulei  inductions  sur  déductions  pour  dépar- 
tager ceux  qui  prétendent  que  Palissy  est 
Gascon  et  ceux  qui  le  disent  Saiiitongeais. 

Un  pecond  texte  retrouvé  est  venu  cfinfu- 
mer  l'exactitude  de  la  phrase  demeurée  jus- 
qu'ici obscure  de  Pierre  de  l'Estoile,  qui  écri- 
vait le  23  juin  1589  qu'il  y  avait  environ  un 
an  que  Palissy  était  à  la  Bastille.  Une  deu- 
xième inscription  au  registre  d'écrou  de  la 
Conciergerie  nous  explique  ce  deuxième  em- 
prisonnement pour  n'avoir  pas  obtempéré  à 
l'arrêt  du  J3  janvier  1587  lui  enjoignant 
sous  peine  de  mort  de  quitter  le  royaume 
—  :  «  Du  lundi  4»  jour  de  juillet  mil  cinq 
cent  quatre  vingt  huit,  —  Bénard  Palissy, 
soy  disant  inventeur  des  rusticques  de  la 
Royne   mère   du   Roy,   natif   du    pays  dage- 


DES  CHERCHEE i'.>>  BT  CURiEUA 
829 


30  Décembre  1914 


netz,  demeurant   faulxbourg  Saint-Germain    ' 
des  Frez,  rue  de  Vaugir^rd...  et  X.  ..  d'estre 
pendu  et   estranglez   et  leurs   corps    rais  «a 
cendres    —  Pour   heresye   à  eulx  imposé.  » 

—  Cette  fois,  c'est  bien  la  condamnation  au 
feu  dont  a  parlé  Pierre  de  l'Estoile. 

Mais  le  greffier  a  laissé  en  blanc  l'espace 
destiné  au  résumé  de  l'arrêt  du  Parlement. 
Et  sans  doute  n'y  eut-il  pas  d'arrêt  rendu,  le 
capitaine  Bussy  Leclerc,  gouverneur  de  la 
Bastille,  ayant  fait  préclamer  les  prisonniers, 
le  Parlement  les  lui  ayant  livrés  sans  sta- 
tuer sur  leur  cas.  Et  le  journal  de  l'Estoile 
mentionnait  assez  exactenient  «  les  trois  ou 
quatre  pauvres  femmes  qui  sont  mortes  à  la 
Bastille  depuis,  aussi  bien  que  lui  (Palissy)  » 

Ainsi  apparaît  vr;iisembi  ible  la  scène  qui 
au  témoignage  d'Agrippa  d'Aubigné  se  se- 
rait passée  «  entre  le  vieux  Bernard  et  Henri 
m  »  qui  devait  le  connaître  de  vieille  date, 
et  avait  du  converser  familièreiuent  avec 
l'architecte  et  le  décorateur  de  la  grotte  des 
Tuileries  :  «  Encore  ne  puis-je  laisser  aller 
ce  personnage  sans  vous  dire  comment  le  roi 
dernier  mort  lui  ayant  dit  en  prison  :  «  Mon 
bonhomme,  si  vous  ne  vous  iccommodez 
pour  le  fait  di  la  Religion,  }e  suis  contraint 
de  vous  laisser  entre  les  mains  de  mes  eime- 
mis  »  la  réponse  fut  :  «  Sire  j'estois  bien 
prest  de  donner  ma  vie  pour  la  gloire  de 
Dieu  ;  si  c'eust  été  avec  quelque  regret,  cer- 
tes il  seroit  esteint  en  ayunt  ouï  prononcer  à 
mon  grand  roi  ;  «  Je  suis  contraint.  »  C'est 
ce  que  vous  et  ceux  qui  nous  contraignent 
ne  pourrez  jamais  sur  moi,  pour  ce  que  je 
s\i  mourir.   » 

Gaston  MictoN. 

Benvemto   Cellini  a-t-il   tué  le 
onnétable  de  3onrbon  (LXVI,  771). 

—  Nous  prions  de  corriger  ce  qui  est  une 
coquille  répétée  deux  fois.  C'est  connéta- 
ble qu'il  faut  lire  et  non  cardinal. 

M.  André  Lebey  a  tait  un  très  remar- 
quable travail  sur  Le  connétable  de  Bour- 
bon. (Chez  Perrin,  1904.) 

Il  s'efforce  de  déterminer  qui  a  porté  le 
coup  d'arquebuse  mortel. 

Au  sujet  du  tireur  adroit  qui  eut  l'honneur 
d«  le  tuer,  Beaucaire  insinue  que  ce  fut  un 
de  ses  propres  soldats  qui  tira  sur  Bourbon  à 
bout  portant,  peut-être  même  sur  l'instiga- 
tion de  Lannoy.  C'est  peu  admissible.  On 
sait  que  Benvenuto  CelHni  revendique  cette 
gloire  ;  et  c'est  également  improbable.  Bran- 
tôme prétend  que  ce  fut  ua  piètre:  «  J"ai  ouy 
dire  à  Rome  qu'on  tenoit  que  celuy  qui  tira 
ceste  malheureuse  arquebusadeestoit prebstre. 
Ces  prebstres  quand  ils  se  mettent  à  mal, 
font  tousjours  quelque  coup,  comme  à  faire 
du  bien.  »  Ce  coup  d'arquebuse  a  également 


830 


été  attribué  a  un  orfèvre,  Bernardina   Fosser! 
(p.  43')- 


« 
*  » 


Pas  du  tout.  C'est  le  Connétable  et 
non  le  Cardinal  que  Benvenuto  se  vante 
d'avoir  arquebuse  au  siège  de  Rome.  Mais 
je  crois  fermement,  avec  le  docteur  L. . . , 
que  le  maître  ciseleur  a  voulu,  suivant 
son  habitude,  en  imposer  à  l'histoire. 

D  C. 

* 

Il  ne  s'agit  pas  du  cardinal  de  Bourbon, 
dit  généralement  cardinal  d'Aix,  mais  du 
connétable  duc  de  Bourbon.  Benvenuto 
n'a  pu  le  tuer.  Il  tenait  garnison  dans  le 
château  Saint-Ange  et  le  connétable  fut 
tué  d'une  blesiure  au  bas  ventre  au  mo- 
ment où  il  mettait  le  pied  sur  une  échelle 
près  de  la  porte  S.  Spirito,  c'est-à-dire 
de  l'autre  côté  du  quartier  du  Borgo.  Ben- 
venuto ne  pouvait  donc  même  pas  le  voir. 
Le  récit  de  cette  mort  a  été  fait  par  nom- 
bre de  témoins. 

Orano,  //  Sacco  di  Roma,  vol.  I  en 
donne  la  nomenclature.  Voir  aussi  Rodo- 
canachi,  Rome  au  temps  de  Jules  II. 

CuRiosus. 

La  condamnr-ition  de  Louis  XVI. 

(LXII;  LXVI,  156,  249.  34S,  687.  — 
Pour  le  fonds  de  la  question  ne  voulant 
pas  encombrer  V Intermédiaire  d'une  ré- 
ponse nécessairement  fort  longue,  je  ren- 
voie les  lecteurs  à  mon  étude  «  Autour 
du  Temple  »  (I.  427  à  441)  qui  vient  de 
paraître  chez  M.M.  Emile-Paul. 

Je  ne  puis,  pour  les  détails,  faire  ici 
un  cours  d'histoire  de  la  Franc-maçon- 
nerie. 

Ad  début  du  débat,  il  s'agissait  de  Con- 
vents,  tenus  tantôt  à  Willemsbad,  tantôt 
à  Francfort,  tantôt  à  Lyon,  à  des  dates 
variées:  1782-1784,  1786,  1792,  Il  paraît 
maintenant  que  la  date, le  lieuetle  Convent 
importent  peu,  qu'il  s'agit  d'un  «  grand 
congrès  »  tenu  à  Francfort  entre  1782  et 
1786! 

Il  paraît,  d'après  M.  Gall,  qu'après  le 
Convent  de  'Willemsbad  (1782)  les  f.-. 
m.-,  de  ce  congrès  [c'est-à-dire  la  Stricte 
Observance]  se  sont  réunis  aux  Illuminés 
et  aux  Rose-Croix  !  Cette  affirmation  jetée 
ainsi  sans  preuves,  est  une  erreur  colos- 
sale, attendu  que,  si  quelques  maçons 
(une  dizaine  environ)  firent  partie  de  ces 
diverses  sectes  simultanément  ou  succès  - 


N  1350,  Vol.  LXVI 


831 


L'INTERMEDIAIRE 


832 


sivement,  par  tactique  hostile,  ces  rites 
maçonniques  étaient  dans  leur  ensemble, 
composés  de  frères  ennemis. 

L'expression  Grand-Maitre  de  Loge,  je 
le  répète,  ne  veut  rien  dire;  aussi  M. 
Gall  bat-il  en  retraitede  ce  côté  :  c'est  d'un 
Maitre  écossais  qu'il  s'agit  maintenant  ! 
Dans  ce  cas,  il  s'agit  d'un  membre  de  la 
Stricte  Observance  et  non  d'un  illuminé. 
Puis,  Maître  écossais  est  un  grade  sym- 
bolique et  n'implique  nullement  un  Vené- 
rablat  ou  une  maîtrise  de  loge  (je  dis 
Maîtrise  et  non  Grande-maîtrise  pour 
ceux  qui  ne  connaissent  pas  la  termino- 
logie maçonnique). 

D'après  M.  Gall,  les  loges  de  "Wetzlar  et 
de  Francfort  «  avaient  un  Directoire  com- 
mun et  un  Orient  intérieur  au  sein  de  ce 
Directoire.  //  le  le  regrette,  mais  cette 
phrase  ne  veut  rien  dire  de  réel  :  Les 
divisions  régionales  de  la  Stricte  Obser- 
vance s'appelaient  Provinces,  elles  étaient 
dirigées  par  des  Directoires  qui  gouver- 
naient des  loges  aux  Orients  des  villes 
où  elles  avaient  été  constituées.  C'est 
donc  une  hérésie  de  prét^indre  que  des 
loges  de  villes  diverses  étaient  d'un  même 
Orient  intérieur  au  sem  d'un  Directoire. 

M  Gall  avance,  sans  preuves,  un  cer- 
tain nombre  de  faits,  et  m'invite  à  prou- 
ver l'erreur  de  ses  affirmations  .?  Pardon, 
je  n'ai  rien  à  prouver,  c'est  à  M.  Gall  de 
fournir  ses  preuves. 

J'avaisdemandé  à  M.  Gall  si  les  intermé- 
diaires n'étaient  pas  Jacques  Frédéric  et 
Charles  d'Abel,  il  réplique  qu'ils  furent  Jac- 
ques Frédéric  etjoseph,  frère  puîné  de  Char- 
les et  de  12  ans  plus  jeune  que  lui. Je  le  re- 
mercie du  renseignement  dont  je  prends 
bonne  note,  mais  cela  ne  change  rien 
à  mon  raisonnement.  Si,  cependant  : 

Nous  sommes  toujours  en  présence  d'un 
témoignage  au  y  degré  recueilli  par  le 
Père  Abel  de  la  bouche  de  son  père  qui 
était  Rose-Croix.  Je  signale  aux  lecteurs 
ce  fait  nouveau  et  fort  grave  :  Comment 
expliquer  que  le  grand-pcre  ait  eu  dés 
remords  au  sujet  de  son  ancienne  action 
maçonnique  et  que  son  fils  (')oscph)  ait 
été  Rose-Croix  f  Décidément... 

J.  G.  Bord. 

Notre  collègue  Gall  aurait  peut-être  pu 
faire  remarquer  que  M.  G.  Bord  discute 
beaucoup  plus  les  à-côtés  de  la  question 
que  la  question  elle-même. 


Lorsque  l'on  cite  les  lettres  de  Monsei- 
gneur Besson  ou  du  cardinal  Mathieu,  il 
répond,  c'est  de  3»  ou  4*  main,  donc  té- 
moignage nul. 

Le  fait  dont  parlent  ces  deux  membres 
éminents  de  notre  épiscopat,  on  ne  l'exa- 
mine même  pas. 

Cite-ton  la  déclaration  du  P.  Abel  ? 
non  seulement  ce  n'est  pas  encore  un  té- 
moin direct,  mais  ceux  dont  il  tient  le 
fait  qu'il  raconte  étaient  des  vieillards, 
donc...  Comme  s'il  suffisait  d'atteindre 
certain  âge  pour  tomber  en  gâtisme  ou 
en  enfance. 

Parle  t  on  de  Grand  Congrès  ?  On 
affirme  qu'il  n'y  en  eut  point  a  Francfort, 
Mais  y  eut-il  une  réunion,  convent  ou 
autre  ?  la  question  n'est  même  pas  posée. 

Gall  fait  remarquer,  à  propos  du  titre 
de  Grand  Maître  donné  au  président  de 
l'Assemblée,  l'inexpérience  du  traducteur 
et  que  par  conséquent  il  n'y  avait  pas  lieu 
d'attacher  grande  importance  aux  qualifi- 
catifs employés.  Un  non  initié  peut,  en 
effet,  se  tromper  facilement,  nos  maçons 
ayant  un  vocabulaire  aussi  riche  que  va- 
rié. 

Si,  en  effet,  le  président  d'une  loge  s'ap- 
pelle «  Vénérable  »,  dès  que  la  Loge  tra- 
vaille en  tenue  de  maître, il  devient  «Très 
Respectable  ». 

Si  d'une  simple  Loge  nous  passons  à 
un  chapitre  de  Rose-Croix,  ce  n'est  pas 
moins  que  le  «  Très-Sage  »,  et  quand  il 
s'agit  d'un  Aéropage  de  chevaliers  Ka- 
dochs,  le  président  de  l'Assemblée  de- 
vient le  «  Très  Illustre  Grand- Maître  ». 

Ce  qui  fait  que  le  titre  de  «  Grand- 
Maître  »  est  encore  plus  commun  que  ne 
le  pense  M.  G.  Bord. 

G.  Bord  faisait  remarquer  dans  sa  ré- 
ponse qu'il  y  avait  d'autres  souverains 
<*  conservateurs  que  Louis  XVI  et  Gus- 
«  tave  111  de  1782  a  1793  ».  Gall  aurait 
pu  noter,  dans  sa  réponse,  que  Cadet- 
Gassicourt,  dans  son  ouvrage  A<?  tombeau 
de  Jacques  Molai  ou  histoire  secrète  et  abré- 
gée des  initiés  anciens  et  modernes,  des 
Templiers  ,  Franc- Maçons  ,  Illuminés  , 
était  du  même  avis. 

On  lit  en  en  effet  à  la  page  73,  de  sa 
2*  édition  (L'an  y  de  l'ère  française)  : 

On  ne  sera  plus  surpris,  si  bientôt  onU 
voit  tomber  sous  le  glaive  le  roi  d'Angle- 
terre, le  roi  de  Suède,  le  Pape  et  l'Empe- 
reur. 


\ 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


30  Décembre   191 1 


835 


834 


Quant  à  ce  que  dit  M.  G.  Bord  des 
voyages  à  Paris  de  Bode  et  de  Busche, 
M.  Gall  a  tort  d'y  attacher  beaucoup 
d'importance,  car  il  n'est  pas  vraisembla- 
ble qu'ils  aient  laissé  une  relation  exacte 
de  leurs  pas  et  démarches  et  l'aient  en- 
voyée à  notre  honorable  contradicteur. 

Dans  toute  cette  question  M.  G. 
Bord  a  le  tort  de  partir  d'une  hypo- 
thèse a  priori^  celle  qu'il  dénomme  «  la 
latomisation  »,  de  se  refuser  à  voir  au- 
tre chose  et  de  ne  pas  se  donner  la 
peine  d'examiner  sérieusement  les  docu- 
ments qui  vont  à  l'encontre  de  son  hypo- 
thèse. Il  me  semble  que  dans  une  ques- 
tion de  cette  importance,  où  les  docu- 
ments sont  si  rares,  les  moindres  indi- 
ces sont  à  examiner  et  à  retenir  et  qu'il  y 
mieux  à  faire  que  de  les  jeter  au  panier. 

G.  La  Brèche. 

Colonne  690,  ligne  10  :  Au  lieu  de  : 
Citations^  lire  Stations. 

Le  cor  ou  cornet  de  Roland  (LXV, 

783;LXVI,82,  145,253,301,449,695).-- 
Un  homme  de  science  ne  doit  tenir  compte 
que  des  faits  positifs,  M.  Marcel  Baudouin 
a  parfaitement  raison.  Mais  ce  qu'il  traite 
de  faits  négatifs,  c'est  tout  simplement, 
ce  me  semble,  l'absence  de  faits  positifs. 
G.  Paris  a  cherché  des  faits  positifs  prou- 
vant que  les  lieux-dits  qui  l'occupaient 
avaient  porté  le  nom  de  Roland  avant  le 
xvui«  siècle,  il  n'en  a  pas  trouvé,  il  devait 
conclure  comme  il  a  conclu.  Pour  la  ques- 
tion qui  l'intéressait,  du  reste,  celle  de 
savoir  quelles  marques  conservaient  les 
lieux,  qui  pussent  prouver  la  réalité  des 
événements  sur  lesquels  est  fondée  la  lé- 
gende, il  lui  KÙt  fallu  pouvoir  faire  re- 
monter les  noms  de  ces  lieux-dits  jusqu'à 
une  époque  au  moins  très  voisine  de  l'é- 
poque carlovingienne.  Une  fois  la  légende 
créée  et  répandue,  n'eût-elle  pas  le  moin- 
dre fondement  historique,  il  est  naturel 
que  l'imagination  populaire  en  ait  attaché 
le  souvenir  à  des  lieux  très  divers.  Ce  qui 
serait  intéressant,  ce  serait  de  rechercher 
si  ces  lieux,  ou  un  grand  nombre  d'entre 
eux,  ne  marqueraient  pas  certaines  des 
routes  suivies  par  les  pèlerins  de  St-Jac- 
ques  de  Compostelle,  qui  ont  dû  surtout 
connaître  et  répandre  les  traditions  entre- 
tenues à  l'abbaye  de  Ronoevaux.  J'ajoute 
qu'il  faudrait  aussi  —  M.  Marcel   Bau- 


douin le  suggère,  semble-t-il,  en  note  — 
faire  un  tri  entre  les  noms  de  lieux-dits 
qui  se  rattachent  rcellemert  au  Roland  de 
la  chanson,  et  ceux  qui  conservent  sim- 
plement le  souvenir  d'une  personnalité  lo- 
cale ayant  porté  le  même  nom  ou  un  nom 
plus  ou  moins  voisin.  Le  «  hiros  gaulois 
ou  plus  ancien  »  est  peut-être  très  hypo- 
thétique. Quant  à  »<  roller  »,  identique  à 
rouler,  il  n'a  certainement  rjen  de  com- 
mun avec  Roland,  Hruodlandus  ;  il  n'est 
autre  que  le  latin  rotulare,  de  totula,  di- 
minutif de  rota  roue,  lequel  se  rattache  à 
une  racine  Indo-européenne  rot  ou  lat 
qu'on  retrouve  dans  les  langues  celtiques 
et  germaniques. 

Ibère. 

♦ 

Aux  diverses  localités  énumérées  par 
M.  Marcel  Baudouin,  il  y  a  lieu  d'ajouter 
Mont  Roland,  Jura,  ham  de  Jouhe,  près 
Dôle  (une  rue  de  Dôle  porte  le  nom  de 
rue  du  Mont-Roland). 

D'après  Briand  de  Verzé  [Nouveau  dic- 
tionnaire géographique  de  la  France,  1852] 
la  montagne  sur  laquelle  ce  village  est  si- 
tué a  servi  de  point  de  station  au  célèbre 
Cassini  dans  le  lever  de  la  carte  de 
France. 

Son  nom  lui  vient  du  fameux  paladin  Ro- 
land, qui  y  fit  bâtir  un  monastère  de  moi- 
nes noirs,  dont  il  reste  des  ruines  pittores- 
ques de  l'Eglise. 

Ces  ruines  existent-elles  encore,  et  ont 
elles  été  reproduites  par  le  dessin,  la  pho- 
tographie, ou  par  des  cartes  postales  ? 

V.  A.  T. 

Femmes  à  destination  de  Mada- 
gascar (LXVI,  235,  353,  596).  —  Lire  : 
«  L'expédition  de  1666  se  composait  de 
2.000  personnes  »  et  non  200. 

La  Maréchale  Bazaine  (LXVI,  724). 
—  Dans  V Intermédiaire  du  10  décembre, 
M.  Emile  Blondet  demande  si  on  pourrait 
fournir  quelques  renseignements  sur  la 
maréchale  Bazaine.  )e  me  suis  empressé 
d'envoyer  la  note  de  M.  Blondet  au  fils  de 
l'ex-maréchal,  mon  ami,  M.  le  capitaine 
espagnol  Alphonse  Bazaine  qui  est  actuel- 
lement en  congé  au  Mexique  ;  dès  qu'il 
m'aura  répondu,  je  communiquerai  sa 
lettre  à  Monsieur  le  directeur  de  \' Inter- 
médiaire. 

Quant  à  nous,  voici  ce  que   nous  sa- 


»•  1350.  Vol.LXV. 

835  

vonsau  sujet  de  Mme  Bazaine.  Nous  trou- 
vons dans  le  «  procès  d;:  Trianon  »  qu'a 
édité  le  Moniteur  Universel  en  1873,  que 
le  maréchal  épousa,  le  26  juin  1864, 
Mlle  Josepha  de  Pena  y  Barragan.  La 
jeune  fille  avait  17  ans  et  celui  qui  allait 
devenir  son  époux,  54  ans.  De  cette  union 
sont  nés  François  (dit  Paco),  Eugénie  et 
Alphonse  Bazaine.  Leur  fils  aîné  mourut 
pendant  la  guerre  urbaine  au  service  de 
l'Espagne.  La  jeune  maréchale  mit  au 
monde  son  fils  Alphonse  à  Cassel,  où  elle 
avait  été  bravement  rejoindre  son  mari 
prisonnier  de  guerre,  en  novembre  1870. 
Alphonse  Bazaine  m'a  raconté  que,  pen- 
dant la  délivrancede  sa  mère,  Napoléon  III, 
qui  était  accouru  de  Wilhelmschoë,  se 
tenait  dans  une  pièce  voisine  de  la  cham- 
bre de  l'accouchée.  L'ex-empereur  avait 
tenu  à  apporter  à  son  vieil  ami,  le  maré- 
chal Bazaine,  l'expression  de  sa  sympa- 
thie dans  cette  émouvante  circonstance. 

Nous  croyons  que  Madame  Bazaine  est 
morte  en  1901,  sans  s'être  remariée. 

Dans  le  tome  II  de  %^  La  Vérité  sur  l'ex- 
pédition du  Mexique  ■>},  p.  229,  Paul  Gau- 
lot  dénomma  la  fiancée  du  maréchal 
*<  Mlle  losefa  de  Pena  y  Azcarate  » .  11  dit 
que  l'empereur  Maximilien  donna  en  dot 
à  la  jeune  mexicaine  le  palais  de  Buena 
Vistar.  Ce  palais  fit  retour  à  l'Etat,  lorsque 
les  Etats  Unis  nous  obligèrent,  sous  me- 
nace de  nous  déclarer  la  guerre,  à  revenir 
en  France  et  à  abandonner  notre  protégé 
à  lui-même.  M.  Gauloî  aurait  pu  ajouter 
que  lorsque  Bazaine  fut  rentré  à  Paris. 
Napoléon  lll  offrit  aux  époux  une  somme 
de  500.000  francs  pour  les  dédommager 
de  cette  éviction.  Le  maréchal  et  sa  femme 
refusèrent  courtoisement. 

M.  Gaulot  écrit  que  «  dans  ce  mariage, 
beaucoup  ont  cru  voir  des  intentions  qui 
n'y  étaient  guère  >>. 

Il  faut  préciser.  Dans  la  seconde  visite 
que  nous  a  faite  ?  Nimes  le  fils  de  Bazaine, 
au  printemps  dernier,  celui-ci  nous  a  ré 
vêlé  que  les  promoteurs  du  mariage  de 
Mlle  de  Pena  avec  le  chef  du  corps  expé- 
ditionnaire français  avaient  certainement 
des  vues  politiques.  On  sait  qu'à  cette 
époque,  trois  partis  se  partageaient  l'in- 
fluence et  se  disputaient  le  pouvoir  au 
Mexique  :  le  parti  libéral  qui  avait  Juarez 
à  sa  tête  ;  le  parti  ultra-clérical  ;  enfin  un 
parti  intermédiaire  composi  de  catholi- 
ques libéraux.  C'est  ce  dernier  parti,  qui 


L'iNTBRMBDiAiRB 


836  

avait  préparé  cette  alliance  du  maréchal 
français  avec  une  jeune  flUe,  presque  une 
enfant,  appartenant  à  une  des  meilleures 
familles  du  pays  et  comptant  un  Prési- 
dent de  lll  République  parmi  ses  aïeux 
rapprochés.  Dans  un  bal,  on  plaça  la  gra- 
cieuse et  jolie  senorita  sur  le  passage  du 
vieux  soldat.  * 

«  Elle  avait  une  robe  bleue,  ce  soir-là, 
me  disait  son  fils.  Le  lendemain,  à  l'église, 
elle  portait  une  robe  blanche  ;  et,  sans 
vanité  familiale  on  peut  croire  qu'elle  de- 
vait être  aussi  aimable,  un  éventail  à  la 
main  qu'un  livre  d'heures  à  la  main. 

s<  Mlle  de  la  Pena  fut-elle  dans  le  com- 
plot ?  nous  ne  le  savons  pas.  Mais,  quant 
au  maréchal,  il  l'ignora  totalement  ;  et 
lorsqu'après  son  mariage  des  offres  fermes 
lui  furent  faites  en  vue  de  son  élévation  à 
la  présidence  de  la  république  mexicaine, 
il  les  repoussa  avec  énergie.» 

Elie  Peyron. 


Portrait  de  Casanova  de  Seingalt 

(LXVI,  57b''.  —  Deux  portraits  de  Casa- 
nova, l'un  en  médaillon,  l'autre  en  buste, 
sont  reproduits  dans  l'ouvrage   suivant  : 

Histoire  de  ma  fuite  des  prisons  de  la 
République  de  Venise,  qu'on  appelle  les 
Plombs,  écrite  à  Dux,  en  Bohême,  l'année 
17S7,  par  Jacques  Casanova  de  Seingalt, 
Réimpression  textuelle  de  la  rarissime  édition 
originale  de  Leipsick  1788,  accompagnée 
d'une  notice  et  d'un  Essai  de  Bibliographie 
Casanovienne,  par  L.  B.  de  F.  Bordeaux 
veuve  Moquet  1884.  In  S",  2  portreits  et  2 
gravures,  (tiré,  à  350  exemplaires  :  20  sur 
Wathman  :  330  sur  vergé  de  Hollande). 

H.  Cd. 


En  1884,  il  a  été  publié  à  Bordeaux, 
chez  Vve  Moquet,  une  édition,  tirée  à 
350  exemplaires,  de  l'ouvratic  de  Ca- 
sanova de  Seingalt,  intitulé  Histoire  de 
met  fuite  des  Prisons  de  la  réi^nhlique  de 
y  cuise  qu'on  appelle  Ls  Plombs.  D'après  les 
catalogues  où  je  trouve  mention  de  cette 
édition,  celle-ci  comporte  gravures  et 
portraits  ;  elle  est  accompagnée  de  notes 
et  d'un  essai  de  bibliographie  casano- 
vienne. 

Dans  un  des  catalogues  publiés  en 
1912  par  la  librairie  Lthec,  37  rue  Saint- 
André  des  Arts  à  Paris,  je  relève  ceci, 
après  la  description  de  l'édition  dont  il 


DBS  CHERCHEURS  ET  CURiBUX 


50  Décembre    191  • 


8}7 


838 


s'agit  :  «  Avec  2  beaux  portraits  de  Casa- 
nova et  2  gravures.  » 

C   Dehais. 

La  réimpression  publiée  en  1884,  a 
Bordeaux,  chez  la  Vve  Moguet,de  VHts- 
toire  de  ma  fuite  des  prisons  de  la  républi- 
que de  f^enise  qu'on  appelle  les  Plombs  con- 
lient  la  reproduction  i°d'un  médaillon  de 
Casanova  à  l'âge  de  soixante  trois  ans  : 
JACOB,  HIERON.  CHASSAN^US,  VENE- 
TUS  ANNO.  v€T,  SU/E,  LXllI  ; 

2°  d'un  très  beau  buste  de  Casanova, 
découvert  au  château  du  comte  de  Walds- 
tein,  à  Dux,  en  Bohême. 

Pierre  Dufay, 

« 

La  première  édition  d'une  partie  des 
mémoires  de  Casanova  relatant  son  ar- 
restation, son  emprisonnement  aux 
Plombs  et  sa  fuite  a  été  publiée  anony- 
mement sous  le  titre  :  Histoire  de  ma  fuite 
aes  Prisons  de  la  république  de  Venise 
qu'on  appelle  les  Plombs  «  à  Dux  en  Bo- 
hême l'année  1787  »,  à  Leipzig  «  chez  le 
noble  de  Shonfeld  »  1788 

Cette  édition  est  rarissime  ;  l'exem- 
plaire que  je  possède  contient  deux  gra- 
vures :  la  première  représente  Casanova 
conduit  par  devantle  secrétaire  de  l'Inqui- 
sition :  il  circospetto  Domenico  Cavalli. 
La  seconde  montre  Casanova  dans  sa 
fuite  sur  les  toits  des  Plombs  lorsqu'il  se 
cramponne  à  la  gouttière.  La  première 
peut-elle  être  considérée  comme  un  por- 
trait .?  Probablement  car  la  figure  s'ac- 
corde assez  avec  les  descriptions  des 
traits  de  Casanova.  Je  me  ferai  un  plaisir 
de  donner  communication  de  cet  ouvrage 
à  mon  confrère  si  cela  pouvait  lui  être 
utile.  André  Sardou. 

Le  masque  de  Charette  (LXVI, 
722).  —  Le  marquis  de  Grange  de  Siir- 
gères,  si  j'ai  bonne  mémoire,  a  publié, 
dans  une  brochure,  le  fac-similé  et  l'his- 
toire de  ce  masque. 

J- 

Portrait  par  Guérin  à  identifier 

(LXVI,  439,  598J.  —  C'est  bien  le  por- 
trait de  Noverre.  L'épieuve  que  je  pos- 
sède porte,  après  les  vers,  le  nom  de  B. 
Imbert.  Aux  angle:",  du  bas  il  y  a  deux 
instruments  de  musique. 
J'ofiFre  de  communiquer  au  demandeur 


le  livre  du  regretté  Alex.  Vitalis  su"" 
l'œuvre  du  graveur  B.  Roger. 

A.  Geoffroy^ 

J .    S .    dessinateur    romantique 

(LXVI.  678).  —  11  doit  s'agir  de  Jean-Ga- 
briel Scheffer,  peintre  d'histoire,  genre, 
portraits,  et  dessinateur  lithographe,  né  à 
Genève  en  1797  et  élève  de  Regnault.  Op. 
lui  doit  plus  de  cent  compositions  litho- 
graphiées,  signées  J.  S  et  formant  plu- 
sieurs recueils  différents,  tels  que  Ce 
quon  dit  et  ce  qu'on  pense  ;  Le  diable  boi- 
teux à  Paris  ;  Tableaux  de  marine  ;  les 
Grisettes,  etc.  C'est  probablement  à 
cette  dernière  série  qu'appartiennent  les 
lithographies  de  notre  confrère.  Cf.  Ga- 
bet.  Dictionnaire  des  artistes  de  l'école 
française,  (Paris,  Vergne  1831  p.  626). 
Guyot  de  Fère,  Statistique  des  Beaux- 
Arts  Paris  (^1835,  p.  204.) 

C.  Dehais. 

Famille  Le  Peletier  de  Saint-Far- 
geau  (LXVI,  435,  599,  649,  800).  - 
Etienne-Ferdinand  Michel  Le  Peletier  des 
Forts  était  le  frère  consanguin  du  conven- 
tionnel Louis-Michel  Le  Peletier  de  Saint- 
Fargeau  et  le  frère  germain  de  Félix. 

Le  conventionnel  était  fils  de  Michel- 
Etienne  Le  Peletier  de  Saint-Fargeau  et  de 
sa  première  femme  Louise-Suzanne  Le 
Peletier  de  Beaupré. 

Etienne  et  Félix  étaient  nés  de  la  se- 
conde femme  Louise-Adélaïde  Randon  de 
Massanne. 

De  son  mariage  avec  Pauline  Terray, 
Etienne-Ferdinand-Michel  Le  Peletier  des 
Forts  eut  deux  enfants  : 

I.  —  Madeleine  Zoé,  10  août  1792  -{- 
24  janvier  1877,  qui  épouse,  le  15  juin 
1812  Léo-Guy-Antoine, marquis  de  Lévis, 
pair  le  24  juin  1829,  dont  un  fils  unique 
mort  à  18  ans. 

IL' —  Adolphe-Nicolas  Michel  Le  Pele- 
tier des  Forts,  i7Juin  1795-18  aoiît  1860 
qui  épouse,  le  11  mai  1&22,  Léonille-Hen- 
riette-Caroline-Pauline  de  Baert  dont  la 
fille  unique  Léonie-Henriette  épouse, le  22 
mai  1843,  Antoine-Eugène -Arthur-Conrad 
de  Tardieu.  vicomte  de  Maleissye. 

De  ce  mariage  est  née  la  comtesse  de 
Virel,  issue  de  la  famille  de  Jeanne  d'Arc 
et  descendante  directe  de  Saint-Louis,  roi 
de  France. 

E.  Baudouin. 


N» 


1350. 


Vol. 


LXVI. 

-    «39 


Le  tome  X  de  l'édition  de  1842  (chez 
Delloye,  éditeur)  des  Souvtrnirs  de  la  mar- 
quis* de  Créquy  est  constitué  par  un  état 
général  de  la  noblesse  de  France,  avant 
la  Révolution  de  1789,  dans  lequel  les 
pages  128  a  1^0  donnent  la  liste  des 
«  Principales  familles  annoblies  (i»V)  dans 
les  fonctions  judiciaires  à  partir  du  xv* 
siècle  jusqu^à  nos  jours,  et  parmi  elles, 
celle  des  Le  Pelletier  {sic)  de  Rosambo, 
d'Aulnay,  de  Saint-Fargeau.  des  Forts, 
etc.,  etc.  (]e  copie  textuellement). 

V.  A.  T. 

Souvenirs  de  Massenet  (LXVI,  1^36). 
—  Ce  qui  a  été  dit  et  répété  partout, 
c'est  que  Massenet  entendait  qu'en  citant 
son  nom,  on  écrivit  Monsieur  Massenet. 
Et  —  particularité  curieuse  -  il  était 
d'accord,  probablement  sans  le  savoir, 
sur  la  question  du  terme  Monsieur  précé- 
dant le  nom  propre,  avec...  Voltaire, 
quand  celui-ci  écrivait  en  juin  1741 
«  aux  auteurs  du  Nouvelliste  du  Par- 
nasse »  : 

Je  trouve  toujours  indigne  de  la  politesse 
française  et  du  respect  que  les  hommes  se 
doivent  les  uns  aux  autres,  de  dire  Fonte- 
nelle,  Chaulieu,  Crébilbn,  La  Motte,  Rous- 
seau, etc,  et  j'ose  dire  que  j'ai  corrigé  quel- 
aues  personnes  de  ces  manières  indécentes 
e  parler,  qui  sont  toujours  insultantes  pour 
les  vivants,  et  dont  on  ne  doit  se  servir  que 
pour  les  morts,  quand  ils  commencent  à  de- 
venir anciens  pour  nous.  Le  peu  de  curieux 
qui  pourront  jeter  les  yeux  sur  les  préfaces 
de  quelques  pièces  de  théâtre  que  jai  ha- 
sardées, verront  que  je  dis  toujours  le  Grand 
Corneille,  qui  a  pour  nous  le  mérite  de 
l'antiquité, et  que  je  dis  M.  Racine  et  M.  Des- 
préaux, parce  qu'ils  sont  presque  mes  con- 
temporains. 

d'E. 

Maine  de  Biran  (LXVI,  682).  —  Voir 
le  précieux  Catalogue  de  MM.  GeolTroy 
frères  (n°  23,  septembre  1903),  où  deux 
portraits  de  ce  nom  sont  indiqués  (244  et 

245;.  Simon. 

* 

Un  très  joli  portrait,  sans  doute  fait  au 
physionotrace,  a  été  reproduit  dans  la 
Généalogie  des  Gantier  du  Soûlas  et  Je 
Biran^  publiée  en  1900,  à  Bergerac,  par 
M.  Adalbert  Gontier  du  Soûlas.  Pour  plus 
amples  renseignements,  Hiram  pourrait 
s'adresser  à  l'auteur,  a  Bergerac. 


LINTHRMBDMlRlÉi 


840 


Sous  le  n°  17015  bis  du  catalogue  n* 
29,  de  Godefroy  Mayer,  (41 ,  rue  Blanche, 
Paris),  paru  ces  jours  derniers,  on  voit  un 
charmant  portrait  au  physionotrace^  l8ir, 
de  M  de  Maine  de  Biran.  Il  s'agit  bien 
probablement  du  portrait  dont  nous  avons 
parlé  dans  notre  précédente  réponse. 

QUi^RENS. 


»  * 


L'érudit  M.  Elie  Maine  de  Biran,  à 
Bergerac  (Dordogne),  se  fera  sans  nul 
doute  un  véritable  plaisir  de  répondre  à 
la  question  de  M.  Hiram. 

Petracorensis. 


Monsieur  Hiram  s'occupe  de  Maine  de 
Biran.  Je  chargerai  Georges  Dumesnil 
{Amitié  de  France,  4*  année  n°  4)  de  lui 
répondre. 

)e  tiens  en  effet  l'article  du  plus  bira- 
nien  des  philosophes  actuels  à  l'entière 
disposition  de  mon  confrère  qui  me  per- 
mettra de  joindre  à  mon  envoi  une  repro- 
duction du  portrait  de  Biran. 

Cette  épreuve  a  été  tirée,  il  y  a  quel- 
que temps  déjà,  sur  les  ordres  de  Mada- 
me de  Z..  pour  ceux  de  ses  amis  qui  pla- 
çaient le  «  Journal  Intime  de  Maine  de 
Biran  »  au  niveau  du  journal  d'Amiel  pour 
ne  citer  que  ce  dernier  auquel  il  s'oppose 
résolument  par  la  conquête  qu'il  fait  de 
soi, 

Noël  Ramère. 


La   maison   natale   de  Mirabeau 

(LXVI, s8,,  704.  748,).—  Château  du  Bi- 
gnon, appartenant  aujourd'hui  à  M.O'Con- 
nor  et  situé  dans  la  communs  du  Bignon- 
Mirabeau.  canton  de  Ferrières, arrondisse- 
ment de  Montargis,  Loiret.         Madel, 

Le  général  Pierre  d  Ollone  (LXVI, 
628).  -  En  1798  le  comte  d'Ollone,  qui 
avait  épousé  une  des  filles  du  comte  de 
Vioménil,  se  trouvait  en  Russie  avec  elle. 
M,  de  Vioménil  ayant  reçu  le  commande- 
ment d'un  régiment  en  Sibérie,  au  fort  de 
^aint-Pierre  (qui  est  devenu  la  ville  de 
Pétropawlowsk),  M.  et  Mme  d'Olionc, 
ainsi  que  Mme  de  Vioménil,  l'y  accompa- 
gnèrent et  y  passèrent  avec  lui  quelques 
mois 

(Récit  inédit  d'émigration  de  l'abbé  de 
Fabry).  Enrest   d'Hauterive. 


HENRY  BEYLE  'STENDHAL) 
Médaillon  de  David  d'Angers  grave  par  le  procédé  Collas 


DBS  CHBRCHHURS  ET  CURIEUX 


30  Décembre  191s 


841 


842 


De  Gennes  (LXVI,  678).  —  De 
Gennes,  en  Poitou,  porte  :  d'argent  au 
chevron  de  gueules,  accompagné  en  chef  de 
deux  roses  et  d'une  étoile  du  même,  et,  en 
pointe,  d'nne  coquille  de  sable. 

Pour  de  plus  amples  renseignements. on 
peut  s'adresser  à  M.  de  Gennes  château 
de  Cantelauze  par  Saint-Lys  'Haute-Ga- 
ronne). R.  DE  R. 

Famille   Paynel  en    Normandie 

(LXVI,  436,  600).  —  M.  Grave  pourrait 
sans  doute  trouver  des  documents  à  la 
Bibliothèque  nationale  sur  la  question  qui 
l'intéresse.  En  effet,  aux  mss.  cabinets 
des  Titres  1 2  i  .,Ti ésor  généalogique  Je  dont 
yillevieille,  t.  24,  folio  27,  il  est  fait 
mention  d'un  acte  par  lequel  Jacques  de 
Chabannes,  veuf  de  Anne  de  Launay 
donne  et  assure  à  noble  et  honorée  damoi- 
selle  Jeanne  Paynel,  dame  de  Harnbye, 
(Manche)  et  de  Briquebec,  sa  femme  fu- 
ture, la  moitié  de  toutes  ses  terres  (acte 
du  2Ç  juin  1430).  Au  nombre  des  témoins 
se  trouve  Jean  de  Chanteloup,  écuyer 
sans  doute  de  la  même  famille  qu'Agnès 
de  Cantelou. 

Le  mariage  n'eut  pas  lieu  d'ailleurs. 

Avaugour  porte  d'argent  au  chef  de 
gueules.  S    G.  L. 

Pupil  de  Craponne  (LXVI,  287,4^9. 
65  1 ,802  ) .  —  L'auteur  de  la  branche  Lyon- 
naise des  Pupil  de  Mions  est  Claude  Pu- 
pil. marchand  ferratier,  écuyer,  secrétaire 
du  roi,  fils  de  Mathieu  Pujiil,  {Armonal 
des  Bibliophiles  du  Lyonnais,  p.  536). 

J.  B. 

Rampeau  (LXVI.  9s,  226).  —  Voir 
Rampot  (XXXIX,  218,46s). 

Aimé  Thouvenin. 

Famille  de  Robillard-Champagné 

(LXVI.   629).  !i  existe  actuellement  à 

l'Ile  Maurice,  une  famille  de  Robillard. 

OÙ  est  le  portrait  de  ^l.  Scitivaux 
par  Fabre  (LXV,  ^85.  858).  —  M. 
Habec  pourrait  peut  être  obtenir  le  rensei- 
gnement qu'il  désire,  en  s'adressant  à  M. 
de  Scitivaux  de  Greische,  qui  habite 
Villers-les-Nancy. 

Aimé  Thouvenin. 


Chapitres  de  l'ordre  de  St-Lazare 
de  Jérusalrm  et  de  N.  D.  du  Mont- 
Carmel  (LXV,  s  34).  -  La  famille  de 
Nérestang  depuis  longtemps,  était  bienfai- 
trice de  l'ordre   de^  Carmes. 

Philibert  de  Nérestang,  mort  des  bles- 
sures reçues  à  l'attaque  de  Pont  de  Ce,  fut 
inhumé  à  l.yon  aux  Carmes-Déchaussés 
dont  il  était  fondateur. 

Son  fils  Claude,  reçut  des  chevaliers 
dans  l'église  des  Carmes  Réformés,  à 
Lyon,  en  1624. 

Le  marquis  Charles-Achille  de  Néres- 
tang avait  négligé  l'ordre  de  St-Lazare 
dont  il  était  le  grand  maître  depuis  de 
longues  années. 

Il  fit,  vers  1663,  la  connaissance  d'un 
religieux  érudil,  le  père  Toussamt  de  St- 
Luc  (i),  appartenant  aux  Carmes  du  St- 
Sicrement  des  BiUettes  (2).  Celui-ci  fit 
comprendre  au  marquis  l'avantage  qu'on 
pouvait  tirer  d'une  rénovation  de  l'ordre 
de  St-Lazare  de  Jérusalem,  et  Nérestang 
convoqua,  le  3  janvier  1064, un  chapitre 
dans  la  maison  conventuelle  des  Carmes- 
Billettes  à  Paris. 

Le  5  avril  de  la  même  année,  il  tint  un 
chapitre  extraordinaire  dans  le  même 
lieu. 

Il  y  tmt  également  des  chapitres  en 
1665  et  en  1666  ;il  y  faisait  célébrer  cette 
même  année  avec  le  plus  de  solennité 
possible, dans  l'église  des  Carmes  Billettes 
la  fête  de  N.-D.  du  Mont  Carmel,  où 
l'évêque  de  Césarée,  grand  Prieur  au  spi- 
rituel de  l'Ordre,  officiait  pontificalement  ; 
on  y  célébra  aussi  la  fête   de  St-Lazare. 

Le  9  mai  1667.  fut  passé  un  acte  d'as- 
sociation (sur  parchemin  scellé  du  sceau 
de  l'Ordre  de  .St-Lazare)  entre  l'ordre  de 
St-Lazare  de  Jérusalem  et  celui  des  Car- 
mes. Notre  confrère  en  pourra  trouver  le 
texte  aux  Archives  nationales.  Ce  traité 
fut  compK-té  le  8  février  1668,  et  moyen- 
nant une  rétribution  et  certaines  ré- 
parations payées  par  l'ordrt  de  St-La- 
zare, les  Carmes  mirent  à  6a  disposition 
une  partie  de  leur  édifice.  Ce  traité  fut 
autorisé  par  un  arrêt  du  Conseil  d'Etat 
qui  permit  à  l'ordre  de St-Lazarede  prendre 
les  Billettes  pour  maison   conventuelle. 

René  Pétiet. 


(1)  De  son  vrai  nom  Le  Bigot. 

(2)  Maison  des  Carmes  réformés    de     Bre- 
tagne. 


N«  1350   Vol.  LXVI- 


L'ÎNTERMËDIAIRB 


845 


844 


Armoiries  à  identifier  >ur  des  vi- 
traux du  XVr  siècle  'LXVÏ,  682;.  — 
V Armoriai  de  l'Yonne^  par  Aristide  Déy, 
ne  donne  qu'une  seule  famille  portant  : 
D'or  à  deux  chcvions  Je  gueules.  Ces  armes 
furent  déclarées  à  V Armoriai  général  de 
iôçô  (Paris),  par  Françoise  de  la  Coudre, 
veuve  d'Olivier  Beurdelot,  seigneur  de 
Fontenilles  (commune  de  Brosses,  canton 
de  Vézelay).  P.  le  J. 

Jetons  dans  une  boîte  (LXVI,  731). 

—  Je  possède  une  très  vieille  bourse  à 
glands,  brodée  argent  et  soie,  dans  la- 
quelle est  enfermée  une  petite  boite  cylin- 
drique de  13  mm.  de  hauteur  sur  25  de 
diamètre 

Sur  le  couvercle  sont  gravés  deux 
cœurs  entrelacés.  A  gauche  et  à  droite, 
des  initiales.  Tout  autour,  ces  mots  : 

VNY.  A.  lAMAlS.  VN.  SEVL.  ME. 
SVFFIT. 

Dans  la  boite,  sont  douze  jetons  —  le 
treizième  fut  malheureusement  perdu  -- 
qui  portent  à  l'avers  TelTigie  du  roi  Louis 
XV  et  comme  légende  : 

LUP.  XV.  D.  G.  FR.  ET.  NAV.  REX  ; 
et  au  revers,  les  armes  de  France  avec  ces 
mots  :  SIT.  NOMEN  DOMINI.  BENEDIC- 
TUM.  1721. 

Cette  bourse  a  été  offerte,  selon  l'usage. 
à  une  de  mes  quadrisaieules  le  jour  de 
ses  noces,  par  son  fiancé  ;  et  ce  sont  leurs 
initiales  respectives  qui  figurent  sur  le 
couvercle. 

Je  me  souviens  d'avoir  lu  dans  Balzac 

—  mais  je  ne  sais  plus  où  —  que  la  cou- 
tume était,  autrefois,  dans  quelques  pro- 
vinces, de  donner  à  sa  femme  une  bourse 
contenant  quelques  pièces  d'or.  Parmi  ces 
provinces,  il  faut  ranger  la  Saintonge 
d'où  vient  l'objet  que  je  possède. 

Voilà,  je  pense,  de  quoi  satisfaire  M. 
L,  L.  sur  la  destination  des  jetons  qu'il  a 
acquis.  Du  reste,  les  cœurs  et  la  légende 
ne  peuvent  laisser,  il  me  semble,  aucun 
doute. 

A.  Ch.  du  Ch. 

*  * 
L'usage  de  faire  bénir  treize  pièces  d'ar- 
gent, d'argent  doré,  et  même  d'or,  lors 
de  la  célébration  du  mariage,  a  été  très 
répandu  en  Poitou,  Anjou  et  Vendée, pour 
ne  parler  que  de  ces  trois  provinces.  Le 
musée  archéologique   de  Nantes,  n°  302, 


possède  les  irei^ains  du  mariage  de  René 
Cruzeron,  gentilhomme  verrier  de  la  Cha- 
taigneraye,  xvu*  siècle,  en  argent  doré, 
provenant  de  la  coll.  Parenteau.  j'ai  vu 
autrefois  de  très  jolis  étuis  et  modèles  de 
pièces  dans  la  collection  de  feu  Paul  Frap- 
pier,  à  Niort. 

Jef. 

Cachets  de  collection  :  HL  et  I. 
P.  Z.  (LXVI,  629,  757).  —  Le  cachet  HL 
inscrit  dans  un  cercle  doit  être  celui  de  la 
collection  His  de  la  Salle,  qui  fut  donnée 
au  Louvre  en  1878.  11  est  reproduit  dans 
V Inventaire  Général  des  dessins  du  Musée 
du  Louvre  et  du  Musée  de  Versailles  par 
J.  Guiffrey  et  P.  Marcel,  T.  1.  p.  1  39  (Pa- 
ris, Librairie  centrale  d'art  et  d'architec- 
ture 1907).  C.  Dehais. 

Un  mot  de  Virgile  (LXVI,  630).  — 
Ce  mot  se  trouve  dans  la  Vie  de  Virgile 
autrefois  attribuée  à  Aefius  Donatus  mais 
qui  peut  bien  être  de  Suétone. 

«  Cum  is  aliquando  Ennium  in  manu 
haberet,  rogareturque  quidnam  faceret, 
respondit  se  aurum  colligere  de  stercore 
Ennii,  » 

E.  Bensly. 
* 

*  • 
11  est  inutile  de  chercher  ce  mot  de  litté- 
rature dans  les  œuvres   de  Virgile  ;  c'est 
un  mot  de  conversation  rapporté  par  son 
a-mi  Horace,  Ode.  IV,  8. 

H.  C.  M. 

»  * 

Le  De  Stercore  Ennii  pas  plus  que  d'au- 
tres qui  lui  sont  faussement  attribués  ne 
se  trouve  pas  dans  les  œuvres  de  Virgile, 
mais  bien  dans  Tiberius  Claudius  Donat. 
Vie  de  Virgile^  XVlll-7!  faisant  partie  des 
Œuvres  complètes  publiées  par  Lemaire 
en  1823.  il  est  à 'la  page  287  du  tome  7 
et  en  voici  le  texte  : 

«  Quum  is  aliquando  Ennium  in  manu 
haberet,  rogareturque  quoJnam  faceret, 
respondit  se  aurum  colligere  de  stercore 
Hnnii  » . 

Ce  Tiberius  Claudius  Donatus,  d'une 
époque  inconnue,  disent  les  biographes, 
et  dont  la  Vie  de  Virgile  est  universelle- 
ment qualifiée  de  *<  tissu  de  fables  »  met 
CCS  paroles  dans  la  bouche  du  poète  peu 
après  le  célèbre  «  Sic  vos  non  vobis  » 
toujours  attribué  à  ce  dernier  et  qu'on 
chercherait  vainement  dans  ses  œuvres. 


DBS  CHERCHEURS  BT  CUKÏBUX 


30  Décembre  1912 


845 


846 


Il  en  est  ainsi  de  l'épitaphe  bien  connue 
que  Virgile  aurait  composée  pour  lui- 
même. 

«  Mantua  me  genuit  ctc  v>  et  qu'on  ne 

trouve  aussi  que  dans  le  même  Donat. 

Dehermann. 
» 

>  * 
Le   mot  df  siercore  Entiii  n'appartient 

pas  à  Virgile.  Ennius  (-f-  169  avant  J.-C.) 
était  un  poète  un  peu  rude,  c'était  le  dé- 
faut de  son  époque,  mais  où  l'on  trouvait 
parfois  de  beaux  vers,  et  Virgile,  qui  s'y 
connaissait  bien,  en  a  inséré  quelques- 
uns  dans  ses  œuvres.  C'est  ce  qui  a  fait 
dire  à  un  grammairien  du  bas-empire  que 
Virgile  avait  trouvé  des  perles  précieuses 
dans  le  fumier  d'Ennius  :  De  stercore  En- 
nii.  Telle  est  au  moins  l'étymologie  que 
donnent  Les  fleurs  Latines^  édition  La- 
rousse, pag.  99, 

Mais  alors  je  demanderais  quel  est  ce 
grammairien,  et  où  se  trouve  la  citation 
virgilienne,  car  l'ouvrage  consulté  est 
muet  sur  ce  point.  La  question  reste  donc 
entière,  quoiquecette  fois,  ce  semble,  mise 
sur  ses  véritables  bases. 

Notons  toutefois  qu'une  autre  source 
attribue  ces  paroles  à  Virgile  lui-même, 
disant  plaisamment  avoir  pris  des  perles 
du  fumier  d'Ennius.  Cette  phrase,  car  on 
ne  la  trouve  pas  dans  ses  œuvres, aurait  été 
recueillie  plus  tard  et  serait  devenue  un 
mot  à  la  mode. 

D'A.  B. 

Shakespeare  est-il  l'auteur  de  ses 
œuvres  ?  (T.  G.,  836;  LXVl,  675).  - 
C'est  une  question  qui,  semble-t-il,  n'est 
pas  encore  tranchée  définitivement.  On 
peut  consulter  avec  intérêt  l'ouvrage  sui- 
vant, orné  d'un  grand  nombre  d'illustra- 
tions :  portraits,  fac-similés  reproduc- 
tion de  manuscrits,  etc.  :  Bacon  is  Shakes- 
peare, by  sir  Edwin  Durning-Lawrence. 
London,  Gay  et  Hancock,  1910,   in-S'*. 

La  conclusion  de  l'auteur  est-elle  ad- 
mise par  l'Angleterre  ?  J.  Lt. 

Il  sera  peut-être  bon,  avant  toute  autre 
controverse  —  et  l'on  sait  que  la  contro- 
verse s'est  engagée,  déjà,  et  qu'à  VUni- 
versité  des  Amiales,  M.  Jean  Richepin  a, 
déjà,  confondu  M.  Célestin  Demblon,  qui 
doil  faire  se  mouvoir  les  ciseaux  du  Cour- 
rier et  de  YArgits  de  la  Presse  !  —  de 
reproduire  la  propre  défense  de  l'intéressé,  | 


en  réponse  à  l'un  des  nombreux  articles 
de  journaux  parus  sur  son  livre.  Cette 
lettre  mérite,  à  ce  titre,  la  réimpression 
dans  Y  Intermédiaire,  puisque  ce  dernier  a 
jugé  à  propos  d'ouvrir  dans  ses  colonnes 
la  polémique  «  Shaxper  »,  ou  «  Shaks- 
pur  »,  ou  «  Shakyspar  >>  ou  «  Shakberg  », 
ou  «  Shagsbere  »,  mais  non,  par  les 
Dieux  immortels,  «  Shakespeare  ».  Ecou- 
tons, donc,  parler  le  député  de  Liège  et 
professeur  d'histoire  de  la  littérature 
françaiseà  l'Université  nouvelle  de  Bruxel- 
les, déclaré  «  honorable  »  par  les  Annales 
elles-mêmes,  qui,  d'ailleurs,  l'arrangent 
de  la  belle  manière  dans  leur  numéro  du 
l'r  décembre,  sous  la  plume  du  Bonhomme 
Chrysale. 

Monsieur, 

Je  vous  remercie  de  votre  article,  dont 
quelques  réserves  n'altèrent  point  la  bien- 
veillance 

Puis-je  attirer  votre  attention  sur  un  dé- 
tsil  qui  vous  a  échappé,  parmi  la  multitude 
de  faits,  de  dates,  de  preuves  et  de  référen- 
ces qui  remplissent  les  580  pages  de  mon  li- 
vre, il  vous  étonne,  monsieur,  qu'on  ait 
gardé  le  secret  de  la  paternité  véritable  de 
l'œuvre,  dite  shakespearienne  qu'aucun  mem- 
bre de  \x  famille  de  Lord  Rutland,  ni  aucun 
rival,  n'ait  parlé.  Mais,  comme  je  l'expose 
dans  «  Lord  Rutland  est  Shakespeare  »  et 
aussi  dans  un  secrnd  volume  spécial,  qui 
va  paraître,  s.;us  le  titre  de  ;  «  l'Auteur 
dHamIet  et  son  Monde  »,  c'est  le  contraire 
qui  serait  étonnant  et  inexplicable  !  En 
effet,  comme  le  prouvent  les  lettres  récem- 
ment découvertes  au  château  de  Belvoir,  au 
village  de  Pot.esford  (Leicestershire)  et  pu- 
bliées p:r  la  commission  des  manuscrits 
d'Angleterre,  la  famiile  du  comte  de  Rut- 
land, dévouée  à  la  reine  Elisabeth,  vit  avec 
un  véritable  désespoir  le  jeune  Roger  pren- 
dre part  à  la  conspiration  du  comte  d'Essex, 
son  beau-père,  qui  monta  sur  l'échafaud 
avec  d'autres  seigneurs.  Lord  Roger  Manners 
de  Rutland,  fut  aussi  condamné  à  mort, 
mais  gracié  en  raison  de  sa  jeunesse  et 
moyennant  une  amende  énorme.  Ces  faits 
sont  de  l'histoiie. 

Loin  de  parler,  sa  famille,  après  sa  mort 
(survenue  en  voyage),  prit  les  multiples  et 
ingénieuses  précautions  que  j'ai  exposées 
pour  détourner  les  soupçons  éventuels  ! 
Prète-nom,  homme  de  paille,  le  clown  illet- 
tré et  l'ex-boucher  Shaxper,  de  Stratfort,  re- 
çut quelques  milliers  de  francs,  fut  caché 
jusqu'à  la  mort  de  la  reine  et,  plus  tard 
même,  si  l'on  eût  découvert  h  vérité,  de  par 
la  loi,  il  eût  perdu  son  petit  avoir,  et  les 
deux  oreilles  1 


N»  1350.    Vol.LXVI. 

847   

Les  rivaux?  Mais  nul  ne  pouvait  soupçon- 
ne Rutland  ! 

Veuillez  considérer,  en  outre,  Monsieur, 
qu'on  n'a,  pour  ainsi  dire,  représenté  en  pu- 
blic aucune  des  trente-six  pièces  du  tréâtre 
dit  «  shakespeaiien  ».  Ce  sont-là  dessupposi- 
sitions  en  l'air  et  des  légendes.  .  de  1S30. 

Le  grand  secret  dormit  près  de  deux  siè- 
cles jus^u'au  temps  de  Rousseau,  d'Ossian 
Macpher.-on,  de  la  Révolution  française  et  du 
romantisme  naissant,  où  l'Irlandais  Edmond 
Malone,  fixé  à  Londres,  fonda  la  critique 
«  shakespearienne  ».  La  dernière  édition  (pos- 
thume) de  ses  œuvres  est  de  1821.  Et  des 
continuateurs  :  Bosweli,  Drake,  Coleiidge, 
Lamb,  Knight,  Dyce,  Staunton,  CoUied,  etc., 
accumulèrent  les  travaux  que  l'on  sait. 

En  1857,  naquit,  aux  Etats-Unis,  l'école 
baconienne  qui,  depuis  cinquante-cinq  ans, 
avec  «es  sociétés  et  ses  deux  Revues,  a  écrit 
trois  cents  livres,  brochures  et  ïrticles  contre 
William  Shaxper,  de  Stratford-sur-Avon. 
Quant  àl'ensemble  de  la  bibliographie  «  sha- 
kespearienne ».  elle  compte  plus  de  quatre 
mille  documents! 

Les  arguments  des  baconiens,  parfois  sédui- 
sants à  première  vue,  ne  sont  que  spécieux. 
Mais  ils  prouvaient,  du  moins,  l'existence 
d'une  anguiik  sous  roche  et  frôlaient  sou- 
vent la  vérité,  qu'ils  m'ont  aidé  à  décou- 
vrir enfin. 

En  effet,  si  le  grand  philosophe  et  chance- 
lier d'Angleterre,  le  vicomte  Francis  Bacon 
de  Saint-Alba -.s,  n'est  pas  l'auteur  du  Tliéâ- 
tre  Immortel  et  des  1^4  sonnets,  il  fut 
d'abord  l'intime  des  quatre  chefs  de  la  cons- 
piration du  8  février  i6ot  qu'unissaient  les 
liens  de  la  parenté.  Les  comtes  d'Essex,  de 
Southampton,  de  Rutlani  et  de  Pembrike 
tentèrent  de  soulever  Londres  et  (,de  seize 
ans  plus  âgé)  il  fut  quelque  peu  le  professeur 
de  Rutland. 

Dans  tout  ceci,  Monsieur,  pas  l'ombre 
d'une  hypothèse,  mais  des  faits,  au  sujet 
desquels  nul  doute  n'est  posssible.  11  ne 
s'agit  point  d'une  .le  ces  fausses  découvertes, 
prétendues  sensationnelles,  dont  le  public 
est  lassé  et  presque  aussi  condamnables  que 
les  ignobles  ouvrages  pornographiques  qui 
nous  inondent.  On  sait  que  je  n'ai  jamais 
publié,  en  Belgique,  un  livre,  ni  une  page, 
dont  j'aie  à  rougir,  ni  spéculé  de  ma  plume. 
Mes  recherches  sur  la  question  «  shakespea- 
rienne »  sont  le  rétultat  de  vingt  années 
d'un  travail  désintéressé,  poursuivie  travers 
les  grandes  bibliothèques  île  l'Europe  occi- 
dentale. Avant  de  commencer  mon  livre,  je 
n'ai  pas  seulement  étudié  le^  quatre  mille 
documents  précités,  j'ai  encore  rassemblé 
3.^00  pages  de  notes,  dix  volumes  format 
Charpentier. 

Ce  n'est  pas  dans  le  pays  de  Corneille,  de 
Molière,    de    Voltaire,    de    Chateaubriand, 


L'INTBRMÉDiAlKil 


848 


d'Hugo,  d'Alfred  de  Musset  et  de  Flaubert 
qu'il  faut  insister  sur  l'impoitance  capitale 
de  la  question  11  s'agit,  en  effet,  du  poète 
incomparable  qui  garde  dans  tous  ïes  pays 
des  Deux-Mondes  une  popularité  sans  pa- 
reille et  sur  la  fausse  tombe  de  qui  cin- 
quante mille  pèlerins  s'égarent,  chaque  an- 
née, à  Stratford.  C'est  à  Bottesford  qu'ils 
iront  désormais  ! 

Au  moment  où  l'on  traduit  mon  livre  en 
ani^lais,  je  voudrais  qu'une  découverte  pa- 
reille fût  propagée  par  la  France,  qui  en  a 
naturellement  la  primeur,  car  je  suis  tils  de  la 
Wallonie,  cette  moitié  méridionale  et  latine 
de  la  Belgique. 

Vous  aurez,  Monsieur,  un  nouveau  titre  à 
ma  gratitude,  en  me  faisant  l'honneur  de  pu- 
blier celte  lettre  dans  votre  journal  si  répan- 
du, et  j'ose  espérer  que  la  presse  française, 
soucieuse  de  littérature  et  d'art,  voudra  bien 
la  reproduire. 

Une  grande  bataille  va  s'engager,  dont 
l'issue  n'est  point  douteuse  et  ceux  qui  ont 
la  claire  conscience  de  son  enjeu  savent 
qu'elle  restera  un  peu  ^)lus  mémorable  que 
les  horribles  massacres  des  Balkans. 

Veuillez  recevoir,    Monsieur,    mes   vifs  re- 
merciements et  mes  civilités  cordiales. 
Célestin  Demblon, 
Déjutè  de  Liège,  prefesseur 
(ï histoire  de  la  littérature 
à  l'Université  nouvelle  de 
Bruxelles. 

Dirons-nous,  pour  paraître  avisés,  nous 
aussi,  que  la  thèse  de  M.  Demblon  ><  se 
tient  /*,  qu'elle  est  «  plausible  »,  mais 
qu'il  faut,  néanmoins,  se  garder  de  s'y 
rallier,  par  peur  d'être  «  dupe  de  l'illu- 
sion .f'  »  Assimilerons-nous,  pour  paraître 
érudit,  son  ouvrage  —  lequel,  d'ailleurs, 
ne  coûte  que  3  fr.  50 —  à  d'autres  ouvra- 
ges, de  «  gens  artificieux  et  machiavéli- 
ques >>,  qui  —  tel  l'industrieux  auteur  de 
l'identification  de  Molière  avec  le  Masque 
de  fer  —  excellent  «  à  mettre  de  leur 
côté  les  apparences  de  la  logique  et  de  la 
vérité  ?  »  En  vérité,  est  ce  la  peine  ?  Nous 
préférons  répéter  l'absurde  Oedo  quia 
iibsutJum,  qui.  v'>our  n'être  pas  de  saint 
Augustin,  est  de  la  foule,  faiseuse  d'opi- 
ni.-n,  faiseuse  de  gloire  et  «  shakespea- 
rienne »  à  jamais,  ô  .Monsieur  l'clestin 
Demblon  !  Au  demeurant,  que  nous  im- 
porte, au  point  du  vue  de  lart,  <  Shax- 
per »)  ou   <  Shakespeare  ^  » 

Camille  Pitollbt. 

« 

•  * 

Il   parait    bien  difficile  de  discuter  dans 
•  l'Intermédiaire  les  centaines  de  faits,  d'hy- 


DBS  CHERCHEURS  ET  CUKIBUX 


30    Décembre  191a 


849 


8so 


pothèses  et  d'appréciations  sur  lesquels 
repose  le  système  de  M.  Demblon,  ou 
celui  des  Baconiens.  Dans  le  Temps  du 
i*"^  décembre,  M.  Remy  de  Gourmont,  ce 
sceptique  foncier  qui  est  aussi  un  artiste 
délicat  et  un  critique  subtil,  faisait  bien 
ressortir,  à  propos  de  1  hypothèse  Rut- 
land,  ce  qu'il  y  a  d'artificiel  et  de  faux  à 
méconnaître  que  chez  l'artiste  créateur  la 
vie  intérieure  est  de  beaucoup  le  princi- 
pal, que  les  contingences  de  la  vie  exté- 
rieure restent  souvent  sur  elle  à  peu  près 
sans  prises,  que  dans  la  vie  de  bon  nom- 
bre d'écrivains  les  points  de  contact  entre 
cette  vie  extérieure  et  l'œuvre  font  a  peu 
près  défaut.  Si  Corneille  était  mort  aux 
environs  de  \6^o,  et  qu'il  nous  manquât 
quelques  documents,  combien  il  serait 
aisé  de  soutenir  que  ce  petit  bourgeois  de 
province  à  la  vie  mesquine,  que  ce  Rouen- 
nais  sédentaire  absorbé,  en  son  double 
office  d'avocat  du  roi,  par  les  dossiers  de 
mille  affaires  du  service  des  eaux  et  fo- 
rêts, de  la  marine  de  commerce,  ou  des 
pécheurs  de  la  côte  normande,  n'a  fait 
que  prêter  son  nom  à  quelque  grand  sei- 
gneur, à  quelque  homme  d'Etat  à  l'âme 
ardente,  à  la  volonté  forte,  qui  sait  ?  à 
un  Richelieu,  pour  signer  ces  œuvres  où 
une  poésie  si  haute,  une  conception  de  la 
vie  si  héroïque,  s'unissent  a  une  connais- 
sance pour  le  temps  si  profonde  de  l'his- 
toire, à  un  tel  goût^  a  une  telle  mtelli- 
gence  des  grandes  vues  de  la  politique  et 
de  son  machiavélisme  pratique  !  L'his- 
toire littéraire,  comme  l'histoire  tout 
court,  a  ses  romans  séduisants,  inspirés 
par  la  mode  scientifique  d'une  époque,  qui 
passent  parfois  un  temps  pour  science 
certaine  et  tombent  ensuite  dans  le  dis- 
crédit, comme  est  en  train  de  faire  Thy- 
pothèse  de  la  multiplicité  originelle  des 
poèmes  homériques.  En  cette  matière, 
comme  en  d'autres,  il  est  prudent  de  se 
méfier  des  systèmes  trop  complètement  sa- 
tisfaisants, au  premier  abord,  po"r  l'es- 
prit. Les  choses  réelles  coïncident  rare- 
ment avec  les  constructions  que  prétend 
y  adapter  la  raison,  ou  plutôt  IMmagina- 
tion  raisonnante. 

Ibère. 

Quel  est  l'auteur  de  la  brochure  : 
«  Comme  quoi  Napoléon  n'a  jamais 
existé»  (T.  G.,  629:  LXVl,  ■)  17, 7 13,7^8). 
—  11  est  assez  singulier  que,  en  France,  on 


cite  toujours  J.-B.  Pérès  comme  l'auteur 
de  cette  brochure,  et  que  l'on  ignore  le 
D'  Whately,  archevêque  de  Dublin,  qui 
parait  enavoireula  première  idée,  en  i8iq. 
Je  n'ai  pas  le  moyen  de  vérifier  ;  mais  le 
lecteur  pourrait  consulter  V Atkencrum , 
de  Londres,  du  23  mai  1885,  et  aussi  un 
article  de  M.  Gaidoz,  dans  Melustne,  du 
15  juillet  1888,  qui,  je  crois,  traite  la  ques- 
tion tout  au  long. 

Le  plus  curieux  est  que  —  toujours 
d'après  mes  notes, et  sansque  je  puisse  vé- 
rifier, —  un  Portugais  plagiaire  aurait  re- 
pris, ou  réédité,  sous  son  nom ,  cette  mysti- 
fication amusante.  Elle  fut  analysée  dans 
le  Saint-James  Budget  (édition  hebdoma- 
daire de  la  Satnt-James  Ga:(ette)  du  23  no- 
vembre 1883  ;  et  le  critique  anglais  pa- 
raissait ignorer  complètement  le  nom  de 
Whately,  son  compatriote. 

Outre  les  plagiats,  il  y  eut  des  imita- 
tions. 

En  1870,  un  petit  recueil  de  l'Univer- 
sité de  Dublin,  le  Kottahos,  publia  sous  ce 
titre  :  «  Le  mythe  solaire  d'Oxford,  con- 
«  tribution  à  la  mythologie  comparée, 
«  dédiée  (sans  permi-sion"^  à  M.  G.  W.  Cox 
«  [le  mythographe  bien  connu  ]  »,  —  un 
pastiche  fort  spirituel  :  ss  Comme  quoi 
Max  Mûller  n'a  jamais  existé  ».  Mélusine, 
de  juillet  1884,  en  a  donné  la  traduction. 

Finalement,  le  Macmillan  s  Maga^ine^ 
de  février  1886,  a  publié  pareillement  Le 
grand  Mythe  Gladstonien^  analysé  dans 
Le  Temts,  du  22  février  suivant. 

En  toutcas^  pour  la  brochure  de  Pérès 
on  pourrait  consulter  encore,  si  je  ne  me 
trompe,  le  Figaro^  des  3  et  ç  décembre 
1884  ;  Le  Temps,  du  20  mars  1887,  et  le 
Figaro  du  22  ou  23  de  ce  même  mois. 

Britannicus. 


* 
*  * 


Comme  quoi  Napoléon  n'a  jamais  existé. 
Où  l'on  prouve  Le  symbolisme ^  par  M.  Mar- 
cadé,  avocat,  auteur  de  l'Explication  métho- 
diquedu  CodeCivil,  Bruxelles,  imprimerie 
de  J.  Vandereydt,  rue  de  Flandre,  104, 
18=53 

Une  brochure  in-i6,  23  pages. 

P.  T. 


Bordeaux,  9  décembre  1912. 

Monsieur   TAdministrateur   de   V Inter- 
médiaire des  Chercheurs  et  Curieux. 

Paris 

Votre  numéro   du  30  novembre  répond  à 


N     1350     VoL 


LXVI. 

-     851 


LiWriîRMiiDlAlkil 


852 


la  question  :  Quel  est  Fauteur  de  la  brochure 
«  Comm;  quoi  Napoléon  n'a  jamais  existé?  » 
Je  crois  pouvoir  le  faire   plus  coniplètîment . 

Je  possède  en  effet  un  petit  volume  inti- 
tulé : 

Histoires  Jrôlaii'ques  Je  Vertipercur  Napo- 
léon racontées  par  H.  de  Balzac,  A.  Tousez  et 
P.  Soulié,  suivies  de  «  Comme  quoi  Napo- 
léon n'a  jamais  existe  »,  recueillie  par  Ar- 
thur Delanoué,  Paris,  Punard,  libraire-édi- 
teur,  18^4 

Cette  dernière  partie  est  précéde'e  de  ce 
titre  : 

Comme  quoi  Napoléon  n'a  jam.'i^'  exité 
au  granl  erratum  source  d'un  nombre  infini 
d'erreurs  a  noter  dans  l'histoire  du  xix«  siècle, 
par  feu  M  J.  N.  Pères,  A  O.  A  M.  biblio- 
thécaire de  la  ville  d'Agen  . 

Agréez,  Monsieur,  l'assurance  de  ma  con- 
sidération distinguée.  F.  Girard. 

L'éditeur  ajoute  que  l'auteur  a  voulu  faire 
la  critique  de  l'ouvrage  éminemment  para- 
doxal qui  a  pour  titre  <2  Origine  de  tous  les 
cultes  »  de  Dupuis. 

Soubs  la  corde  des  Saincts  fLXIV  ; 
LXV:  LXVI,  75,  126, 169  224,  660,  851). 
—  Danssa  répons:  (LXVI,  169) au  sujet  du 
mot  «  sainctier  »,  M.  Piton  dit,  que  pour 
lui  ,Dom  ]ean  François  n'a  aucune  autorité. 
C'est  aller  un  peu  vite,  car  cet  auteur 
passe  et  avec  raison  pour  un  érudit.  Ses 
ouvrages  sont  fort  estimés  (Voir  Diction- 
naire des  littératures).  Son  Dictionnatte 
Roman-lVcilon,  tiuiesque  etc.  est  surtout 
«  très-recherché  »  (Voir  Brunet). 

Dans  ma  note  (LXV,  847)  j'ai  rappelé 
la  citation  d'un  «  Mémoire  E  de  la  cham- 
bre des  comptes  de  Paris,  l'année  1391)- 
(Voir  «  Ducange,  Sanctuarius),  >»  qui  ne 
laisse  aucun  doute  sur  l'existence  des 
«  Sainctiers  *>,  hommes  d'église.  M.  Piton 
n'a  pas  relevé  cette  citation  dans  sa  ré- 
ponse précitée. 

Il  y  avait  des  femmes  dites  «  Saintiè- 
res  :» .  *-  Julianna  dicta  »<  La  Saintiere  » 
(1276,  chart.  ceci,  cenoman.,  CCXV,  Le 
Mans  1869).  > 

Dans  le  Dictionnaire  de  diplomatique  de 
l'abbé  Montignot  on  trouve  :  «  Sanctua- 
rii  >*,  habitués,  attachés  à  une  église, 
hommes*  Sainctiers.  » 

Roquefort,  dans  son  '<  Glossaire  de  la 
langue  romane  »,  donne  <<  sainctier  », 
homme  libre  qui  se  fait  serviteur  d'un 
saint,  etc. 

On  trouve  également  dans  le  Diction  ■ 
naire  da  noms,  de  Lorédan  Larchey. 
♦  saintier  »,   homme  libre,  se  faisant  serf 


d'église  (oil).  Tous  trois  sont  muets  sur 
«  sainctiers  ».  fondeur  de  cloches.  Com- 
me je  lai  dit  dans  un  numéro  précédent, 
s'il  y  a  eu  des  t  Sainctiers  »  fondeurs  de 
cloches,  il  y  a  eu  également  des  «  Sainc- 
tiers »,  hommes  d'église.  Cela  ne  fait 
aucun  doute. 

Dans  la  même  réponse,  M.  Piton  ajoute 
qu'un  «  boutier  »  ,  n'était  pas  un  échanson 
à  proprement  parler,  que  l'office  de  «  bou- 
tier >">  n'existait  qu'à  la  cour  du  roi  et  que 
cet  officier  efTectuait  le  mélange  de  la  bois- 
son dans  un  bassin  où  puisait  l'échanson. 
Roquefort  déjà  cilé,  dit  :  «  boutier  », 
échanson  qui  a  soin  de  la  cave,  en  bas 
latin,  <<  buticularius  >v  De  ce  qui  précède, 
il  y  a  lieu  de  conclure  qu'un  boutier  ou  un 
échanson,  c'était  absobjment  la  même 
chose. 

Dans  dom  Jean  François,  on  trouve 
aussi  <.<  Pocillateur  »,  échanson. 

Aimé  Thouvenin. 
-•—       •■•.•.> 

Epatant  LXIII. LXVI).  -  Des  Débats: 
Depuis  que  l'Académie,  dans  "son  diction- 
naire, a  daigné  octroyer  à  ce  vocable  familier 
ses  lettres  de  naturalisation,  on  se  perd  en 
conjectures  sur  l'origine  du  mot  et  son  sens 
véritable.  Nous  en  ivons  déjà  indiqué  quel- 
ques-unes. Un  lecteur  nous  écrit  :  «  A  propos 
du  mot  épatant,  on  se  livre  à  toutes  sortes 
de  fantaisies  étymologiques  autour  du  mot 
patte  auquel  on  en  supxirae  une  de  patte), 
un  des  f  en  l'espèce. Or  il  est  ^'vident  que  le 
mot  épatant  est  de  formation  analogue  à 
celle  du  mot  évident  :  «  E  vidrn-^^E  patens. 
Cela  est  ouvert  aux  yeux  de  tous  :  donc  «écla- 
tant, éblouissant,  par  conséquence  «îtoniiant, 
surprenant  et  même  renversant.  »  Les 
pattes  n'ont  rien  à  voir  là-dedans  II  n'y  a 
que  l'orthogr.iphe  qui  a  transformé  Vé  de 
patent  en  a  comme  participe  présent  du 
verbe  épater  —  e-patere,  verbe  d'un  sens 
primitivement  et  ètymologiquement  neutre, 
épater  :  être  ouvert  à  tous,  étie  clair,  évident 
que  l'usage  i  rendu  actif  -  «  épater  quel- 
qu'un >,  de  môme  éblouir  quelqu'un.  ■  -  E& 
ici  le  sens  de  ex  dans  exposition,  le  même 
sens  que  1.;  aus  allemand  dans  ausstellen  et 
non  pas  le  sens  privatif  qui  serait  un  non 
sens,  s'il  devait  s'appliquer  à  des  humains.  > 

"Vrombissement  (LXVI,  349,  660).  — 
Notice  extraite  de  Larousse  Mensuel  /lus- 
tré, novembre  iyi2. 

P.  R.,  Paris.  —  Dans  le  dernier  numéro 
de  y  Intermédiaire  des  Chercheurs  et  Cu- 
rieux {io  octobre  1912),  un  des  correspon- 
dants de  cette  utile  et  intéressante  revue  dit 


85? 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIBUX 


que  le  mot  vrombissentfnt  n'est  pas  dans  le 
Larousse.  Il  n'a   pas    suffisamment   cherché. 
Vous  trouverez  dans  le  Supplément  du  Nou- 
veau Larou'se   les    mots    vfombir.  vrombis- 
5a.7it,    vrombissement ,     Nous     remarquons, 
du  reste    en  lisant  certaines  questions  posées 
à    Vlntirmédiairt,     que    ceux    qui     les  ont 
faites  auraient  pu,  sans  déranger  leurs   obli- 
geants corrrespondants,  en  trouver  la   solu- 
tion dans    nos    dictionnaires  ;    et    ceux    qui 
leur  répondent  lesy  renvoient  justement.  C'est 
ainsi  que,  dans  ce    même    numéro  que  nous 
mentionnons  plus  haut, l'un  d'eux,  répondant 
à  une  interrogation   relativeau  mot  Icsss, 
la    définition   que    donne    le    Nouveau 
rousse. 


854 


30  Décembre  1919 


cite 
La- 


Cubi  me  fLXVI,97,27o,  474, 662,853). 
—  M  Ugo  Oietti,  un  des  meilleurs  criti 
ques  d'art  italien  a  écrit  dans  le  Corriere  délia 
Sera  de  Milan,  8  nov.  1902,  un  article  sur  le 
Cubisme.  J'en  extrais  le  passage  suivant 
qui  donnera  une  idée  assez  exacte  de  ce 
genre  de  peinture. 

Les  cubistes  sont   allés  plus  loin,  en  cou- 
rant, attirés,    comme    tant    d'écrivains  et  de 
poètes   contemporains,    par    le  gouffre  de  la 
métaphysique  ;  el  avec  ces  formes  abstraites 
du  vrai,  avec  ces  morceaux  de    réalité  taillés 
à  coups  de    hache,    ils   ont   vou'u    composer 
finalement,  ce  sont  leurs  paroles,  la   peinture 
de  concept  remplaçant  la  peinture  de  vision. 
Cette  peinture  pure  ne   doit  être  ni  descrip- 
tive, ni    anecdotique,   ni  psychologique,   ni 
morale,    ni    sentimentale,      ni    pédagogique, 
ni    décorative,  dit      un     de     leurs    héraults, 
Maurice     Raynald.    M.  Roger   Fray,  le    plus 
vivace    défenseur      des    Cubistes    en    Angle- 
terre,   peintre    lui-mém.e,    mais    non    encore 
cubiste,  explique    que,  voulant  en   finir  avec 
toutes  ces    vieilles  peintures   esclaves   de    la 
nature,  les  Cubistes    ne   veulent  plus  imiter 
les  fermes,  mai»  créer  les  formes.  Ils  ne  veu- 
lent pas  imiter  la  vie.  mais  trouver  un  équi- 
valent à  la  vie.   11    s'agit  en    un  mot  d'aban- 
donner toute   ressemblance    avec    les   formes 
naturelles,  et  de  créer  un  langage  de  la  forme 
purement    abstraite,  une    musique   visuelle. 
Avez-vous  compris?  Il   suffit   que  vous    ayez 
coaipris  pourquoi  et  comment,  étant  données 
ces  intentions,  une  peinture  vraiment  cubiste 
ne    se    peut    comprendre    que    par    qui    l'a 
peinte,  et  encore  s'il  a  bonne  mémoire. 

Tout  le  reste  de  l'article  serait  à  citer, 
mais  j'arrête  la  citation,  car  ce  serait 
trop  long,  bien  que  fort  intéressant  à 
lire, 

D'  A.  B. 


Noms  des  habitants  des  Etats- 
Unis  (LXV  ;  LXVI.  18,  665,  708).  -  Il 
me  semble  que  cette  question  pourrait 
être  tranchée  par  les  Américains  eux- 
mêmes.  Les  Espagnols  les  appellent  .<  los 
Norte  Americanos  »,  expression  qui  se 
traduit  en  anglais  par  «  North  American  > 
et  non  <  Northern  American  ». 


11  parait  que  c'est  tomber  de  Charybde 
en  Scylla  que  de  vouloir  faire  rectifier  une 
erreur  typographique,  j'avais  protesté 
contre  le  She  is  a  man  qu'on  m'avait  prêté 
dans  un  précédent  numéro  ;  on  a  corrigé 
en  imprimant  :  The  is  man,  ce  qui  est  au 
moins  aussi  ridicule.  J'avais  écrit  :  She  ts  a 
woman.EXi<t  n'ai  jamais  signé  et  pour 
cause,  s<  M.  des  P.  »,  mais  bien 

Maurice  Charpentier. 

Noms  français  donnés  à  des  rues 
à  l'étranger  (LXIV  ;  LXV  ;  LXVI,  30,260). 
—  Lors  d'un  récent  voyage  en  Italie.  J'ai 
noté:  i«àRome,la  rueNapoléonlIl  et  larue 
Bixio, toutes  deux  dans  le  voisinage  de  la 
place  Victor-Emmanuel  ;  2°  k  Livourne, 
la  rue  Emile  Zola  •,  ancienne  rue  desAque- 
'iucs).  '  auiSETTi. 

Dandys     sous      Loui  -Philippe 

(LXVI,  389).  —  Une  exposition  sur  le 
dandysme  vient  d'avoir  un  succès  pari- 
sien très  vif.  Dans  ses  «  notes  et  souve- 
nirs »  au  Temps^  M.  Georges  Gain  en 
parle  ainsi  : 

Qu'elle  était  donc  amusante  cette  exposi- 
tion des  dandys,  que  l'adroite  inspiration  de 
MM.  Jacques  Boulanger  et  Clouzol  avait  su 
dernièrement,  riissembler  boulevard  Malesherl 
bes,  à  la  galerie  Devambez  I  J'y  ai  pris  pour 
ma  part  un  plaisir  extrême. 

En  effet,  ce  choix  pittoresque  de  documents 
groupés  dans  des  vitrines  ou  accrochés  aux 
murs  nous  semblait  l'illustration  vivante  des 
trente  albums  de  Gavarni,  si  amoureusement 
feuilletés,  des  romans  de  Frédéric  Souiié  de 
Ch.  de  Bernard,  d'Eugène  Sue,  de  Mme  de 
Girardin,  et  de  toute  la  Comédie  humaine 
de  Balzac. 

Ces  costumes  •—  que  Mardoche  a  portés  et 
sous  lesquels  Lucien  de  Rubempré  remporta 
ses  plus  éclatants  triomphes  féminins,  —  ces 
couvre-chefs  qui  ne  sauraient  être  plu<;  ridi- 
cules que  les  boisseaux  à  huit  reflets  dont 
nous  nous  parons  aujourd'hui,  ces  redingotes 
ajustées,  ces  robes  de  chambre  en  soie  jaune 
brochée,  ces  pantalons  à  sous-pied,  ces 
bottes  à  cœur,  ces   trompes  k    la  Dampjerre 


N«  1350  V^I.  LXVI. 


L'îNTBRMBDlAlKil 


855     

ces  chaînes  en  «  cheveux  et  or  »,  ces  cachets 
romantiques,  ces  bretelles  brodées,  ce»  che- 
mises à  jabot,  ces  cravaches,  ces  monocles 
constituaient  l'élégante  défroque  de  nos 
giands-pères  ! 

Et  c'est  ainsi  que  pendarjt  quelques  mi- 
nutes il  nous  fut  donné  de  vivre  de  leur  vie, 
de  respirer  l'air  qu'ils  respiraient...  Aussi, 
reconnaissants  d'avoir  été  admis  dans  cette 
intimité,  éprouvions-nous  le  désir,  quelques 
amis  et  moi,  de  joindre  notre  carte  cornée  à 
celles  des  Parisiens  notoires  dont  les  nom» 
figuraient  dans  cette  pittoresque  réunion  . 
Alexandre  Uumas,  le  comte  d'Orsay,  Charles 
NoJier,  Isabey,  Arvers  (l'homme  au  sonnet), 
Lautour-Mezeray  (Ihonime  au  camélia). 

Membre  de  trois  Acadé  /iesLXVI. 
Q4.  224J.  Dans  ma  salle  à  manger,  à 
Paris,  se  trouve  le  portrait  de  l'oncle  de 
mon  père,  le  comte  Daru. 

Derrière  ce  tableau,  je  Us  cette  inscrip- 
tion, vieille  d'au  moins  cinquante  ans  : 
Pierre- Antoine  -  Noël- Bruno  Daru 
Né  à  Montpellier  le  12  janvier  1767. 
Tribun.   Conseiller  d'Etat 
Intendant  Général  de  la  Maison  de  l'Empereur 
Intendant  Général  de    la   Grande  Armée 

et  des  Pays  Conquis 
Membre  de!  l'I'>siitui,comte  de  l'Empire 
Ministre,  secrétaire    d'Etat    le    17  avril   1811 
Grand  Aigle  de  la  Légion  d'honneur 
Grand  Croix  de  l'Ordre    Impéiial  de  la 
Réunion 
Ministre  de    l'Administration   de   la  Guerre, 
le   20  octobre  1819 
Chevalier  de  Saint -Louis 
Pair  de  France,  le  s  mars  1810 
Membre  de  V Académie  des  Sciences. 
Cet  oncle  de   mon  père,    qui  traduisit 
Horace   avec  élégance  et   conta   une  his- 
toire de  Venise  et  une  autre  de  Bretagne, 
était  aussi  membre  de  V  Académie  française. 

|.  deV. 

Fête  des  Innocents  (LXVI,  142, 
S23).  —  fcnvis  les  indications  de  correc- 
tion, les  typos  se  sont  obstinés  à  bouter 
Français  au  lieu  de  François,  pour  les  ou 
vrages  de  Le  (Rendre.  La  Chesnaye  des 
Bois,  Le  Grand  d'Aussy.  C'est  dans  le 
tome  IV  des  Mémoires  de  l'abbé  Antoine 
Cachet  d'Artigny  que  se  trouve  un  cha- 
pitre intitulé  Mémoires  pour  servir  à 
r Histoire  de  la  Fête  des  Fou\.  Ceci  est  le 
titre  même  de  l'ouvrage  publié  en  1741, 
î  Lausanne,  par  du  Tilliot,  duquel  rend 
compte  l'abbé  d'Artignv  et  auquel  il 
appoind    quelques  détails.    Les    Triomphes 


8=;6 


de  V (Abbaye  des  Conards,  avec  une  Notice 
sur  la  Fête  des  Fous.,  par  Marc  de  Monti- 
faud  (Paris,  Librairie  des  Bibliophiles 
1874.  2'  édition,  A.  Lacroix  et  C'*,  in-iS, 
XXXVI-ii8p.)  B.— F. 

Mots  allemands  dérivés  à-x  fran- 
çais (LXV  ;  LXVI,  123,  lô-j).  —  Poulet- 
Delsalle  a  publié,  vers  i8ss,chez  Vanac- 
kère,  éditeur  à  Lille,  un  ouvrage  d'environ 
trois  cents  pages,  intitulé  : 

s<  Vocabulaire  raisonné  des  principaux 
éléments  créateurs  de  la  langue  française 
puisés  dans  le  grec,  le  latin,  l'italien, 
l'espagnol,  l'arabe,  l'allemand,  l'hébreu 
le  sanscrit,  le  syriaque,  l'éolique,  le  vieux 
français  et  dans  tous  les  idiomes  connus.  » 

Albf.ro. 

Le  mai  (T.  G. ,  S47  ;  LXVI,  96.  229, 
379,  620).  —  A  Royan,  on  danse  encore 
«  à  la  couronne  ».  La  veille  du  i^"^  mai, 
jeunes  gens  et  jeunes  filles  se  réunissent 
pour  confectionner  des*  couronnes  de 
feuillage  et  de  fleurs.  A  la  tombée  du 
jour,  le  gracieux  diadème,  lesté  d'une 
lanterne  allumée,  monte  en  l'air  sur  une 
corde  tendue  au  travers  de  la  rue  ou 
entre  deux  arbres  des  promenades.  Ga- 
mins et  fillettes,  jeunes  gens  et  jeunes 
filles,  viennent  former  la  ronde  sous  la 
couronne  et  dansent  en  s'accompagnant 
de  la  voix  «  à  la  note  ».  Le  i'"^  juin  on  dé- 
croche le  feuillage  desséché  et  l'on  met 
fin  à  la  fête.  Jf.f. 

^rouuaiHiîs  et   Ofuriosttéa 


Souvenirs  inédits  de  Mm*i  la 
marquise  de  Saint-Gham ans.  douai- 
rière. 

Les  souvenirs  que  nous  publions  sont  iné- 
dits. Ils  ont  été  écrits  sous  la  dictée  de  la 
marquise  de  Saint-Chamans.  Ils  remplissent 
en   partie  un  petit  registre. 

La  marquise  de  Saint-Chamans,  née  d'un 
maître  de  poste  en  Pologne, avait  été  adoptée 
à  l'époque  de  l'émigration,  par  la  princesse 
Louise,  fille  du  prince  de  Coudé,  qui  avait 
pris  l'habit  religieux.  L'adoptée  dut,  à  cette 
circonstance,  de  vivre  dans  son  i  timité 
au  cloître  pui«  d'être  mêlée  ainsi  au  monde  de 
la  cour. 

C'est  ce  qui  donne  à  ses  souvenirs,  un  peu 
sommaires,  un  caractère  intéressant.  On  y 
trouvera  quelques  passages  qui  peuvent  ten- 


DBS  CHERCHEURS  Bl   CURIEUX 


30  Décembre  1913 


-     857 


858 


t»r  un  hisloiien,  et  qui  lui  sont  person- 
nels :  la  prise  de  voile  de  Louise  de  Condé, 
son  voyage  en  Angleterre,  son  retour  à  Paris 
après  la  Restauration,  l'installation  de  sa 
communauté  des  Bénédictines  dutrès  Saint- 
Sacrement  au  Temple  ;  une  curieuse  visite 
au  prince  de  Condé,  la  veille  de  sa  mort  tra- 
gique. ' 

La  petite  polonaise  épousa  un  M.  de  Gou- 
vello  ;  devenue  veuve  elle  se  rem.itia  avec  le 
comte, plus  tard  marquis  de  Saint-Chamans. 
Celte  union  ne    fut  pas  heureuse. 

Nous  arrêterons  la  publication  de  ces  sou- 
venirs alors  que  la  marquise  de  Saint-Cha- 
mans, en  lutte  avec  toute  sa  famille,  exhale 
son  mécontentement  sans  mesure. 

Elle  ne  mourut  qu'après  la  guerre.  Ses 
souvenirs  s'arrêtent  à  la  date  du  30  avril 
1874,  date  de  la  première  communion  à  Saint- 
Chamans,  de  sa  petite,  fille. 

Nous  devons  à  iVt.  de  Baioncelli  la  communi- 
cation de  ce  manuscrit,  dont  nous  commen- 
çons la  publication.  Nous  lui  en  exprimons 
«   notre  très  vive  gratitude. 

Chapitre  i 

Je  suis  née  en  1793  dans  un  petit  village 
de  la  Pologne  russe,  dépendant  de  la  pro- 
vince de  Lithuanie.  Mon  père  y  était  maî- 
tre de  poste.  Un  jour  une  berline  de 
voyage  s'arrêta  à  la  porte  de  notre  mo- 
deste demeure  où  régnait  la  plus  grande 
désolation.  Mon  père  et  ma  mère  se  la- 
mentaient du  surcroît  de  misère  que  la 
naissance  d'un  dixième  enfant  allait  appor 
ter  au  pauvre  ménage.  C'est  alors  que  la 
princesse  Louise  de  Condé  qui  se  trouvait 
dans  la  berline,  émue  de  ce  cruel  déses- 
poir, promit  de  m'adopter  pour  sa  fille  le 
jour  où  j'aurais  atteint  ma  quatrième 
année.  Le  moment  de  la  séparation  arriva 
et  ma  pauvre  mère  me  dit,  à  travers  ses 
larmes,  un  adieu  qui  devait  être,  hélas  ! 
le  dernier. 

Elle  me  recommanda,  en  sanglotant,  à 
ma  nouvelle  mère  et  le  moment  du  dé- 
part arriva.  Une  fois  à  Varsovie,  je  fus 
admise  comme  pensionnaire  dans  un  cou- 
vent où  la  princesse  de  Condé  occupait 
elle  même  un  appartement. 

Parmi  les  religieuses  au  milieu  des- 
quelles s'écoulaient  mes  jeunes  années,  il 
y  en  avait  une  pour  laquelle  je  ressentais 
un  penchant  plus  vif,  tant  elle  était 
bonne  et  gracieuse.  Elle  se  nommait  sœur 
Sainte-Thècle  Tous  les  matins,  en  m'é- 
veillant,  je  trouvais  sous  mon  oreiller  de 
jjBes  pommes  d'api  où  je  mordais  à  belles 


Ma  chère  princesse  me  disait,  avec  son 
charmant  sourire,  que  je  devais  ces  sur- 
prises au  petit  Jésus.  Après  cela,  ma  mère 
adoptivesechargeait  elle  mêmede  me  faire 
réciter  ma  prière.  11  en  était  de  même 
pour  le  catéchismequ'elle  seule  voulait  me 
faire  apprendre,  après  me  l'avoir  clai- 
rement expliqué.  Le  jour  de  Noël,  c'est 
elle  encore,  qui,  de  ses  mains  de  fée,  me 
construisait  une  crèche  en  y  groupant 
tous  les  personnages  qui  entouraient  l'En- 
fant Jésus  qu'elle  me  faisait  adorer.  Quel- 
quefois les  plus  jeunes  pensionnaires  ve- 
naient lui  demander  la  permission  de  se 
joindre  à  moi  pour  chanter  un  cantique 
composé  par  elle  et  dont  les  paroles 
naïves  étaient  en  rapport  avec  mon  âge. 
je  me  rappelle  le  jour  où  la  princesse  Ga- 
litzin  vint  rendre  visite  à  la  princesse 
Louise,  je  n'avais  pourtant  alors  que  cinq 
ans.  Je  vois  encore  la  belle  poupée  qu'elle 
m'offrit  et  qui  était  bien  aussi  grande  que 
moi.  Eh  1  bien,  je  lui  préférais  encore 
celles  que  ma  bonne  marraine  me  faisait 
elle-même.  Elles  avaient  de  jolis  yeux 
bleus,  des  joues  satinées  et  des  lèvres 
roses,  ouvrage  de  son  magique  pinceau. 

Un  jour,  c'était  le  temps  où  ma  mar- 
raine n'était  encore  que  postulante,  elle 
reçut  la  visite  de  madame  la  Dauphine, 
depuis  duchesse  d'Angoulême.  Ce  jour-là 
je  fus  présentée  à  Son  Altesse  pour  la  pre- 
mière fois.  En  arrivant  devant  elle,  je  fis 
les  trois  révérences  d'usage,  ainsi  que 
cela  se  pratiquait  à  la  Cour,  lors  d'une 
première  présentation.  Madame  la  Dau- 
phine m'accueillit  avec  la  bonté  la  plus 
touchante,  me  plaça  sur  ses  genoux,  puis 
m'embrassa  affectueusement.  Elle  aimait 
passionnément  les  enfants,  et  plus  tard 
un  de  ses  plus  cruels  chagrins,  fut  de  ne 
pas  connaître  le  bonheur  d'être  mère. 
Elle  portait,  ce  jour-là,  un  ravissant  cos- 
tume d'amazone  et  venait  de  franchir  à 
cheval  la  distance  qui  séparait  le  palais  de 
Varsovie  du  couvent  où  nous  étions  alors. 
Comme  je  m'extasiais  à  la  vue  de  son 
élégante  toilette  et  que  je  regardais  en 
ouvrant  de  grands  yeux  les  boutons  dorés 
qui  garnissaient  son  corsage,  je  ne  pus 
m'empècher  dem'écrier  :  «Oh  le  bel  ha- 
bit !  Vous  avez  des  boutons  comme  Paul. 
—  Mais,  de  quel  Paul  voulez-vous  par- 
ler, me  dit  la  princesse  ?  —  Mais,  de  Paul 
le  jardinier,  quand  il  met  son  bel  habit 
des  dimanches..,  »  Cette  réponse  fit  beau- 


No     13^0   Vol.  LXVI 

8s9 

Coup  rire  la  Dauphine,  ce  qui  n'empêcha 
pas  ma  marraine  de  me  gronder  un  peu 
en  me  reprochant  mon  excès  de  liberté 
envers  sa  cousine.  Madame  la  Dau- 
phine lui  dit  en  souriant  qu'elle  aimait 
beaucoup  mon  petit  babil.  Plus  t,ird,  cha- 
que fois  qu'elle  venait  au  couvent,  elle 
avait  soin  d'apporter  de  jolis  joujoux  et  de 
grands  cornets  de  bonbons  pour  sa  petite 
Eléonore. 

A  quelque  temps  de  là, eut  lieu  ma  pré- 
sentation à  Sa  Majesté  Louis  XVIII. 
l'éprouvai  en  le  voyani  une  profonde  im- 
pression, tant  à  cause  de  l'air  de  majesté 
suprême  empreint  sur  son  auguste  visage, 
que  de  la  force  et  de  l'éclat  de  sa  voix.  Il 
m'embrassa  avec  bonté  et  parut  charmé 
de  ma  gentillesse  Toute  la  famille  royale 
était  réunie  en  ce  moment  au  palais  de 
Varsovie.  Monsieur  le  duc  d'Avré  attaché 
à  !a  maison  du  Roi  m'apportait  souvent 
d'aiipétissantes  brioches  que  je  trouvais 
exquises  ;  aussi  ma  joie  était  grande 
quand  je  le  voyais  arriver  lui  et  ses  frian- 
dises. Plusieurs  fois  il  me  proposa  de  me 
ramener  avec  lui  au  palais  de  Varsovie 
auprès  de  la  famille  royale,  mais  ma  mar- 
raine n'aurait  jamais  consenti  à  me  lais- 
ser partir  sans  être  accompagnée  d'elle. 
Elle  passait  ses  heures  de  récréation  à 
jouer  avec  moi  et  m'apprenait  tous  les 
jeux  possibles  Ce  qui  amusait  beaucoup 
la  princesse,  c'était  de  me  voir  pleurer 
quand  j'avais  perdu  la  partie.  Elle  aimait 
à  observer  mon  caractère  dans  ces  heures 
d'abandon  où  le  naturel  se  découvre  le 
mieux  et  s'attachait  à  le  réformer  avec  la 
plus  ferme  et  la  plus  douce  persévérance. 

En  septembre  1801  eut  lieu  la  cérémo- 
nie de  la  prise  d'habit  ilc  la  Princesse. 
Elle  reçut  les  noms  de  sœur  Marie  Joseph 
de  la  Miséricorde.  La  toiklte  mondaine 
qu'elle  revêtit  ce  jour  là  était  d'une 
riciiesse  et  d  une  élégance  extraordinaire, 
quoique  très  simple.  Sa  robe  de  satin 
blanc  à  longue  traîne  faisait  ressortir  la 
noblesse  de  son  port  et  la  beauté  de  sa 
taille.  Un  diadème  de  perles  hnes  couron- 
nait ses  admirables  cheveux  blonds,  tan- 
dis qu'un  collier  pareil  faisait  plusieurs 
fois  le  tour  de  son  cou.  Au  milieu  brillait 
une  agrafe  de  diamants  magnifiques. 
Cette  parure  lui  avait  été  offerte  par  ma- 
dame la  Dauphine.  C'est  moi  qui  rem- 
plissais les  fonctious  de  page  et  qui  por- 
tais  la  longue  queue   de   sa  robe,  j'étais 


L-INTBRMEDIAIRB 


860 


vêtue  de  blanc  comme  ma  marraine,  avec 
une  couronne  de  roses  blanches  sur  la 
tête. 

A  côté  de  moi  une  des  demoiselles  pen- 
sionnaires, mademoiselle  Viszoska, remar- 
quable par  sa  distinction  et  sa  beauté, por- 
tait le  cierge  du  sacrifice.  La  cérémonie 
fut  splendide.  La  belle  et  grande  grille  du 
chœur  était  ouverte.  Les  évêques,  la  Cour, 
toute  la  ville  y  assistaient.  C'est  le  roi 
Louis  XVIII  qui  posa  le  yoile  blanc  sur  la 
tête  de  la  princesse  ;  il  représentait  le 
prince  de  Condé,  son  père  et  le  duc  de 
Bourbon  son  frère,  en  ce  moment  en  An- 
gleterre. Pour  le  repas  qui  suivit  on  m'ha- 
billa en  novice  comme  ma  marraine  et 
un  instant  je  me  vis  comme  elle  vouée  à 
la  vie  religieuse. 

Pendant  toute  la  durée  de  son  noviciat, 
la  princesse  de  Bourbon  édit'ia  la  comma- 
nauté  par  sa  piété  exemplaire,  sa  dou- 
ceur, son  insistance  à  solliciter  les  emplois 
les  plus  humbles,  suppliant  ses  compa- 
gnes de  n'avoir  pour  elle  aucune  défé- 
rence particulière.  Après  un  an  et  un  jour 
de  noviciat,  eut  lieu  la  cérémonie  de  la 
profession.  La  veille  de  ce  bienheureux 
jour,  il  survint  à  la  princesse,  à  la  suite 
d'un  refroidissement,  un  malaise  si  grand, 
qu'une  de  ses  joues  enfla  démesurément 
cl  que  l'on  fut  obligé  de  lui  apporter  la 
saiiiie  communion  dans  sa  cellule.  Heu- 
reusement dans  l'après-midi  du  même 
jour  elle  se  trouva  entièrement  guérie.  Je 
venais  d'atteindre  ma  neuvième  année.  Le 
voile  noir  lui  (ut  présenté  par  Louis  XVIII 
et  l'évoque  de  Varsovie  prononça  à  cette 
occasion  une  allocution  touchante.  La 
princesse  Louise  venait  de  commencer 
son  3*  noviciat  et  comme  les  deux  pre- 
miers, il  s'accomplit  dans  l'observance  la 
plus  rigoureuse  de  la  règle.  Enfin,  le  21 
septembre  1802,  elle  prononça  solennelle- 
ment ses  vœux  et  voulut  les  écrire  elle- 
même  au  pied  du  Saint-Sacrement.  Dans 
l'acte  de  la  Profession,  la  Princesse,  sui- 
vant l'usage,  une  fois  revêtue  de  l'habit* 
religieux  qu'elle  ne  devait  plus  quitter,  se 
tourna  s':ccessivement  en  s'inclinant  vers 
les  quatre  points  cardinaux,  voulant  mon- 
trer par  là  qu'elle  faisait  ses  adieux  au 
monde  entier.  Ensuite,  elle  se  coucha  par 
terre  pendant  qu'on  chantait  le  De  Pro- 
fuudis,  et  que  quatre  relij^ieuses  tenaient 
le  drap  mortuaire  étendu  au-dessus  de 
l'auguste  religieuse.   Quant  a  moi,  r^vè- 


DES  CHKKGHBURS   BT  CURIEUX 


86 1 


tue  du  même  costume,  je  me  couchai  à  ses 
pieds  sous  le  drap  mortuaire,  dans  une 
immobilité  complète.  La  cérémonie  ter- 
minée, un  grand  repas  réunit  au  réfectoire 
toute  la  famille  royale^  la  princesse  Louise, 
sa  fille  adoptive  et  toute  la  communauté. 
Je  fus  caressée,  choyée  par  tout  le  monde, 
si  bien  que  mon  goût  pour  les  gourman- 
dises qu'on  me  prodigua,  me  porta 
malheur.  On  fut  obligé  de  me  mettre  au 
lit  et  pendant  plusieurs  jours,  ce  fut  une 
procession  incessante  auprès  de  la  petite 
polonaise,  depuis  le  roi  et  ma  marraine, 
jusqu'aux  plus  petites  pensionnaires. 

Un  jour  que,  suivant  son  habitude,  la 
princesse  de  Bourbon  s'exerçait  à  traduire 
en  français  le  journal  anglais  qu'elle  te- 
nait à  la  main,  son  attention  fut  frappée  à 
la  lecture  d'un  passage  qui  parut  lui  cau- 
ser bientôt  le  plus  violent  chagrin.  11  y 
était  question  de  l'arrestation  d'un  per- 
sonnage important  que,  par  ordre  de 
l'Empereur,  on  avait  conduit  à  Vincennes 
dans  une  voiture  dont  les  portières  avaient 
été  solidement  cadenassées  pour  rendre 
toute  évasion  impossible,  Elle  se  deman- 
dait avec  angoisse  quelle  pouvait  être 
cette  nouvelle  victime  de  Bonaparte  qui 
cotiim.ençait  déjà  à  ne  plus  mettre  de 
bornes  à  ses  cruels  caprices  de  despote 
parvenu.  La  terrible  vérité  ne  tarda  pas  a 
lui  apparaître  dans  toute  son  horreur. 

L'abbé  Edgeworth  qui  avait  assisté 
l'infortuné  Louis  XVI  à  ses  derniers  mo- 
ments vint  apprendre  quelques  jours  après 
à  ma  marraine  en  pleurs,  à  Madame  la 
Dauph'ne  et  au  roi  que  le  duc  d'Enghien 
venait  d'être  fusillé  dans  les  fossés  de 
Vincennes  par  ordre  de  Bonaparte.  La 
princesse,  que  cette  affreuse  nouvelle  avait 
frappée  au  cœur,  se  rendit  dans  la  cha- 
pelle où  le  Saint  Sacrement  était  exposé, 
et  là,  prosternée  devant  Celui  qui  console 
toutes  les  douleurs, elle  pria  pour  le  prince 
innocent  qu'un  jugement  inique  venait  de 
ravir  à  la  tendre  affection  des  siens. Quand 
elle  voulut  se  relever,  ses  forces  la  tra- 
hirent et  elle  tomba  évanouie.  11  fallut 
l'emporter  dans  sa  cellule  où  bientôt  une 
maladie  aiguë  mit  ses  jours  en    danger. 

Au  milieu  de  ses  souffrances,  imitant  en 
cela  l'exemple  de  THomme-Dieu  priant 
pour  ses  bourreaux,  elle  trouva  dans  son 
cœur  assez  de  mansuétude  pour  deman- 
der à  Dieu  de  pardonner  à  l'assassin  de 
son  neveu. 


}o  Décembre  191^ 

8t)2 

Plus  tard,  quand  elle  apprit  la  mort  de 
l'Empereur,  elle  récita  tous  les  jours  un 
de  profufidis  pour  le  lepos  de  son  âme. 

La  crise  terrible  par  où  venait  de  passer 
ma  chère  et  bien  aimée  marraine  devait 
réagir  sur  mon  organisation  impression- 
nable et  délicate.  Je  tombai  malade  à  mon 
tour,  et,  outre  les  soins  maternels  de  la 
Princesse  qui  ne  rrie  quittait  pas  une  mi- 
nute, ni  le  jour,  ni  la  nuit,  je  recevais  tous 
les  jours  la  visite  des  médecins  de  la  fa- 
mille royale,  les  docteurs  Leièvre  et  Col- 
lignon.  Cependant,  le  mal  faisait  des  pro- 
grès rapides.  Une  fièvre  ardente  me  dévo- 
rait. Les  médecins,  désespérés,  finirent 
par  déclarer  à  ma  marraine  qu'ils  n'a- 
vaient plus  d'espoir,  et  que  le  lendemain, 
au  point  du  jour,  j'aurais  cessé  de  soufiTi  ir. 
La  fièvre  me  donnait  une  soif  si  violente 
que,  pour  la  calmer,  a  chaque  instant,  je 
demandais  à  boire.  La  princesse,  qui  ve- 
nait d'entendre  mon  arrêt  de  mort,  per- 
suadée qu'il  n'y  avait  plus  rien  à  espérer, 
me  donnait  à  boire  avec  une  douceur  an- 
gélique  aussi  souvent  que  je  le  deman- 
dais. Pour  être  plus  à  portée  de  me  pro- 
diguer ses  soins,  elle  couchait  dans  ma 
chambre,  à  côté  de  mon  lit,  se  levant  à 
chaque  minute,  m.algré  la  douleur  que  lui 
causait  une  fracture  récente  du  genou,  à 
peine  guérie. 

A  cinq  heures]  du  matin,  les  médecins 
arrivèrent  au  couvent  et  furent  fort  éton- 
nés de  me  trouver  encore  de  ce  monde. 
Ils  dirent  à  la  princesse  que  ses  soins  ma- 
ternels et  ses  prières  m'avaient  sauvée. 
Ils  s'empressèrent  d'informer  de  cette 
guérison  en  quelque  sorte  miraculeuse  le 
roi  et  madame  la  Dauphine  qui  envoyè- 
rent le  duc  d'Avré  pour  apporter  à  leur 
cousine  les  félicitations  de  la  famille 
royale. 

Quelques  jours  avant  le  dénouement 
inespéré,  ma  marraine  avait  demandé  à 
monseigneur  l'évêque  de  Varsovie  de  me 
faire  faire  ma  première  communion  en 
viatique,  ce  qui  lui  fut  facilement  accordé. 
Ce  fut  le  père  Valle,  de  la  Compagnie  de 
Jésus,  directeur  de  la  princesse  Louise  de 
Condé,  qui  voulut  bien  me  donner  la 
sainte  communion.  Le  Roi,  madame  la 
Dauphine,  ainsi  que  ses  dames  d'honneur 
assistèrent  à  cette  cérémonie  touchante. 
Ma  marraine  avait  voulu  que,  pour  cette 
circonstance,  ma  chambre  fût  entièrement 
tendue  de  blanc  et  ornée  de  guirlandes  de 


N«  1350  Vol.  LXVI. 

. SOj 

roses  blanches.  Toutes  les  religieuses 
étaient  là,  la  corde  au  cou  et  le  cierge  à 
la  main,  ainsi  que  cela  se  pratique  dans 
cet  ordre,  quand  on  apporte  le  saint  via- 
tique à  un  malade.  Les  demoiselles  pen- 
sionnaires de  la  maison  avaient  voulu  de 
leur  côté  se  joindre  au.x  religieuses.  Je  n'ai 
jamais  douté  depuiscejour  que  mon  réta- 
blissement n'ait  été  le  fruit  des  neuvaines 
organisées  à  mon  intention  et  surtout  le 
résultat  des  prières  de  ma  sainte  mar- 
raine. 

(à  suivre). 

Inhumation  de  la  mère  de  Junot. 

—  La  mère  de  junot, duc  d'Abrantès,  mou- 
rut en  1806.  Son  fils,  qui  était  alors  gou- 
verneur de  Paris,  demanda  la  permission 
de  faire  inhumer  ses  restes  dans  une  cha- 
pelle attenant  à  l'église  paroissiale  de  Li- 
vry,  dont  il  était  propriétaire.  Portails  se 
chargea  de  présenter  favorablement  sa  re- 
quête à  l'empereur,  par  la  lettre  sui- 
vante : 


L'INTERMEDIAIRE 


864 


Si 


19  novembre  1806. 


re. 


M.  le  général  Junot,  gouverneur  de  Paris, 
réclame  de  S.  M.  la  permission  de  faire 
inhumer  sa  mère  qu'il  vient  de  perdre,  dans 
une  chapelle  dont  il  est  propriétaire  et  qui 
est  attenante  à  l'Eglise  paroissiale  de  la  com- 
mune de  Livry.  Dans  mon  travail  d'aujour- 
d'hui, je  présente  à  S.  M.  un  rapport  et  un 
projet  de  décret  favorable  à  cette    demande. 

La  règle  générale  est  contre  l'inhumation 
dans  les  églises;  jusqu'ici  V.  M.  n'a  fait 
exception  que  pour  le»  restes  de  Mme  de 
Montesson. 

l'n  ancien  seigneur  de  Tcire,  dans  le  dio- 
cèse de  Versailles,  sollicitait  dernièrement 
la  permission  de  faire  inhumer  sa  femme 
dans  une  chapelle  attenante  à  l'Eglise  pa- 
roissiale de  sa  commune.  V.  M.  refusa.  Elle 
permit  seulement  à  ce  pétitionnaire  de  faire 
construire  dans  le  cimetièie  commun  une 
petite  chapelle  ou  un  monument  pour  y  re- 
cevoir les  restes  de  son  épouse,  mais  dans  ce 
dernier  cas,  le  pétitionnaire  ne  présentait 
personnellement  aucun  titre  de  faveur  que 
pût  lui  faire  obtenir  l'exception  réclamée,  ce 
pétitionnaire  était  dans  la  classe  des  simples 
particuliers  ;  il  n'était  point  consacré  au 
service  de  l'Etat. 

M.  le  général  Junot  est  connu  par  son  dé- 
vou«ment  3  l'Auguste  personne  de  V.  M,  Ses 
services  ont  fixé  l'attention  et  la  bienveillance 
Impériale.  Il  a  été  nommé  gouverneur  de 
Paris.  Il  a   pour   titres   aux  bontés  de   V.  M. 


les  bontés  même  dont  V.  M.  l'a  déjà  honoré. 

Ce  général  attache  un  grand  prix  à  la 
grâce  qu'il  sollicite  je  ne  lui  ai  point  dissi- 
mulé les  difficultés  et  les  objections  ;  mais  il 
m'a  conjuré  do  porter  aux  pieds  du  Trône 
ses  représentations  et  sa  prière.  Jl  m'a  paru 
que  son  cœur  serait  bien  touché  si  V.  M. 
voulait  bien  accueillir  s?  demande. 

Je  SUIS  etc. 

PORTALIS. 

CAFiv  1045  n"  90.) 

Quelle  suite  fut  donnée  à  celte  lettre  ? 
Il  est  assez  difficile  de  le  déterminer. 
L'abbé  Genty,  dans  son  livre  Livry  et  son 
abbayt  (chez  Mouillot  i8()8)  s'exprime 
ainsi,  en  parlant  du  cimetière(p.  172). 

Ce  cimetière  existe  encore  aujourd'hui 
(1898)  dan£  un  état   complet  d'abandon. 

C'est  au  fond  de  ce  cimetière,  dans  l'an- 
gle à  gauche,  près  de  la  ruelle,  qu'avait  été 
placé,  dans  un  caveau,  le  corps  de  \a  mère 
de  Junot,  duc  d'Abrantès.  Son  cercueil  de 
plomb  reposait  sur  des  bat-i'es  de  fer.  Lors- 
qu'on cessa  d'inhumer  en  cet  endroit,  on 
transféra  les  restes  de  cette  dame  dans  le  ci- 
metière nouveau.  Ce  quatrième  cimetière, 
établi  sur  le  chemin  de  Vaujours,  auprès  des 
carrières,  fut  bénit  en  l'année  1854. 

Il  semblerait  résulter  de  cette  noie  que 
la  mère  de  Junot  fut  inhumée  dans  le  ci- 
metière et  non  dans  la  chapelle. 

LÉONCE  Grasilier. 


Les  débuts    de  Mélingue.   —   Ce 
billet  sans  date  —  inédit  —  est  adressé  à 
«  Léon  Gozlan,  26  rue  du  Ponceau  »  par 
le  directeur  de  la  Porte  St-Martin. 
Mon  cher  Gozlan, 

Je  ne  sais  si  vous  étiez  à  la  représentation 
d'hier,  mais  tout  en  vous  laissant  votre  libre 
arbitre  quant  au  mérite  de  l'ouvrage  qui  a 
presque  réussi,  je  crois  que  vous  penserez 
comme  moi  que  Mélingue  nous  a  révélé  un 
talent  vrai  et  original  —  ces  sortes  de  choses 
sont  si  rares  de  nos  jours  qu'un  artiste  comme 
vous  l'êtes  ne  peut  les  passer  sous  silence.  Je 
crois  donc  me  rencontrer  avec  votre  opinion 
en  vous  priant  de  soigner  la  réputation  du 
jeune  homme. 

Vous  savez  ce  que  je  vous  suis, 

Delangle. 

l.i  Directeur-gérant  : 
GEORGES  MONTORGUEIL 

I   loio.    D*Hi6i.-CHAM«oM,St  Amand-Mont-Kood 


TABLE 


DU 


2«   Semestre    1912 


VOLUME    LXVI 


t 


%abk  1res  Jttûtières 


X.'B.  —  *  Ce  signe  indique  des  réponses  à  des  questions  posées  dans   les  volumes 
précédents. 


*  Abbés  nullius.  70,  108,  149. 

Abrantès  (duchesse   d").  V.  Lettre  de  Victor 

Hugo, 
Académies  ^Membres  de    trois)  à  l'Institut. 

94,  224,  855. 
Académie  (Pourquoi  Lesage  et  Beaumarchais 

ne  furent  pas  de  ]).  582,  747. 
Acteur  et  comédien.  732. 

*  Affre  (Par  qui  fut  tué  Mgr),  13,  107. 
Agnès  de  Montbéliard.  775. 
Alaquage  (Un  mot  nouveau)    291. 
Albany,  oiseau  héraldique.  238,  516. 

*  Alezan  dans  le  sens  d'agile.  339. 
Alexandroff    (La   comtesse)   aventure    roma- 
nesque d'un  trottin  de  Paris.  37. 

Alliance.  Du  port  de  l'alliance  en  Allemagne. 
96,  229,  273,  331,  473.  667. 

*  Almanachs  troyens.  27. 

•Ame  (L')  de  la  femme  au  concile  de  Mâcon. 

138,  241,  299.  547. 
Ange,  poète  flamand  du  xviii^  siècle.  626. 
Angel  Thouin.  5,  m. 
Arabes.    Expressions   arabes    courantes.  344, 

5'9- 
Arbon  (D').  389. 

Arc  (Tir  à  1')  (Projet  d'en  faire  des  sociétés  de 

préparation  militaire  en  l'an  Xlll.  178. 

Archereau  (Henri)  et  l'éclairage   électrique. 

73'.  645- 
Arène   'Paul).  Lettres  à  Mistral.   1870.  382. 

Argental  (Lettre    de   Mme  d')    sur  "Voltaire. 

Argenture.    Etamage   préhistorique.  23 . 
Ariette  de  la  Piété  filiale.  823. 

*  Armoire  des  cœurs  à  Saint-Denis.  Cœur  de 
Henri  IV.   199. 

Armoiries  : 

Archiépiscopales  :  sept  épées  et  tour  d'ar- 
gent. 49. 
*  Arnold  de  Ville.  2a. 
Bec  de  lièvre,    (Fer  aux   armes   des).  49, 

160. 
Belleforière.  729. 
Breui!  de  la  Roche  Pot.  6, 
Chevron  de  gueules.  392. 
Chevron  d'or,  chargé  d'une  étoile.   142. 
Corp   de   lion,    trois   quintefeuilles.     534, 

056,  737; 
Croix  ancrée.  729. 
D'azur  à  la  croix  d'argent.  392. 
De  Paris  en  écartelé,  437,  563,  656. 
Des  archevêques  de  Rhodes    437,  561, 


Des  Cars.  289,  417,  515. 

Deux  écus  accolés.  142,  257. 

Deux  écus  accolés.   237. 

Deux  écus  accolés.   586.  756. 

D'or  à  la  bande  de  vair.  391,  516. 

D'un  conseiller  d'Etat    sous  l'Empire.  289. 

Evéque  étranger  :  arbre  et  2  moutons.  149. 

Gueuble  (René).  6,  117,238,  465,  6u. 

Montlezun.  585,  756. 

Nocquart  (Angélique).  629,  756, 

Octroyées  par  Premier  Empire.  93,  217, 

Pingre  ou  Pingrez.  629,  756. 

Plaque  de  garde-chasse  du  xviii®,  438,  564. 

Quentine  de  la  Pierre.  729. 

Sansac.  730. 

Soleil  d'or.  534 

Sur  un  livre  de  1671.  437,  562,  656. 

Sur  un  plat  Louis  XV.  729. 

Sur  un  tableau  5. 

Sur  un  tableau.  6S2. 

Trois  abeilles,  437,  563,  610,  755. 

Trois  fasces  échiquetées,  49,  159. 

Trois  filets  d'or.  777. 

Trois  lions  d'argent.  822. 

Trois  roses.   534,  657,  754. 

Trois  rocs.   823 . 

Trois  têtes  de  lion.  6,  117,  160, 

Trois  trèfles.  237,  418. 

Vitraux  du  xvi'  siècle.  682,  843. 

Vitrail  à  Villequier.  754. 

Wignoncourt.  681. 

*  Arquebuse  (Les  chevaliers  de  1').  178,  380, 
658. 

Artois  (Maison  d').  675. 

Atthalhin  (Généra).  V.  Louis-Philipe. 

«  Aujourd'hui  Dieu  s'est  montré  bien  fran- 
çais >.   193. 

Austerlitz.  (V.  Pont  d'). 


Babord-tribord.  264,  322. 

*  Bace.  170. 

Bacot  (Portrait  de).  7. 
Bagnolet.  V.  Ermitage. 
Bague  avec  portrait.  94,   160. 

*  Balzac  (Mme  de).  255. 

Barade.  (Famille).  284,  453,  598,  741^ 
Barbe  (Collier  de)symbole  politique. 240,669. 
Barbes.  Son  différend  avec  Blanqui.  V.  Prou- 

db.on. 
Barnave.  V.  Marie-Antoinette. 
Barnave  (L'abbé).  724. 


L'INTERMiiDlAIRE 


867 

Bastille  (Vainqueursde  la)  et  vainqueurs  du 
10  août.  817. 

*  Bauer  (,Mgr)  206. 

Bazaine  (Maréchale)  724,  834. 
Beaumarchais.  V.  Académie. 
Beautevilie  (Famille  de  Mgr).  820. 

*  Belgicismes.  34,  373  . 
Bellevue  (Comte  de).  40,  134. 
Berlouche    (Famille    de    la)  ou   de   la    Ber- 

touche.  189 
Bernis  (Mémoires  du  cardinal  de).   627,741  . 
■  Bidon  (de  Bordeaux)  (Famille).  18. 

*  Billets  de  confiance  dits  patriotiques.  199, 
44S. 

Binos  (Famille  de)     724. 

Blanqui.    V.  Barbés. 

Blason  dout-il  ne  reste  que  le  mot  Stéo- 
mize.   sS6. 

Blois  et  ses  habitants.  7,  223,  376. 

Boctei,  seigneur  de  Moyaux,  aventurier  bre- 
ton   284. 

Bailly  et  Dumeril.  078. 

Boisjourdan.  285. 

Bolivar,  Chapeau.  8,  120,  759. 

Bonaparte  le  18  brumaire.  230. 


868 


Bonaparte  (Les  productions  épiques  et  poéti-       Chappe  (Les  adieux  au  télégraphe).  231 


ques  de  Lucien).  77t. 

*  Boscar.  V.  aussi  (Grec  dans  la  langue  fran- 
çaise). 219,  523,  807. 

Bossuet   (Un    mot  de)    Deux   bras    levés  au 

ciel.  483. 
Bouchard  Fr.  de  Besançon.  390,  496. 
Boucher  (Le  violoniste).  Sosie  de  Napoléon  P»". 

622. 
Boucher,  miniaturiste.  7,2. 

*  Bougainville,  (Supplément  au  voyage  de), 

31. 
Bourbel.  189. 


Cafés  (Les)  sont  les  salons  de  la  démocratie. 
i        290. 
I    Cagny-Bouffleis-Crillon.  676. 

Capétiens.  630. 

*  Carimara.  27 . 

*  Carré  de  mots  (Le  plus  ancien).  175. 
Carte  (Le  marquis  de  la).  140. 
Casanova  et  Mme  d'Urfé.  335. 
Casanova  de  Seingalt.  676,  836. 

*  Cavaignac  (Les)  sous-préfets  de  Lesparre. 

18,  00. 
Cellini  (Benvenuto)  a-t-il  tué  le  connétable 
de  Bourbon.  V.  Bourbon, 

*  Certain  (Famille).  19,  109,  306, 
Chaléons  (Comte  de).  47. 

Chambord  (Troupe  royale  de).  582,  793, 
Champfleury  :  Plaquette  sur  H.   de    Balzac. 

439,  517- 
Champignons  (Poème  de  Corneille   sur  les). 

394,  5'7- 
Champmartin.  285. 
Chanson  bretonne  :  les  c  Gars  de  Locminé  ». 

290,  419,  566. 
Chapeau  (Aventure  d'un  petit)  de  Napoléon. 

334- 


!    Chaiette  (Le  masque  de).  ■72*2*,  837 

Charles  IX  (Un  prétendu  fils  de).   771,   827. 
Charles  Quint  (Les  funérailles  de).  625,  733, 

827. 
Charles  Quint  (Quelles  langues  parlait). 
Charles  Quint.  V,  François  i*"^. 

*  Chastillon       (Topographie    française 
Claude).  25.   160. 

Château  des  Coques.  (Le).  V,  Coques 

*  Château  Villain.   59,  598. 
Château  de  Saint-Loup     238,  305. 
■*"  Chateaubriand  (Les  j->mbes  de),    109, 


80. 


par 


Bourbon  (Benvenuto  Cellini  a-t-il  tué  le  caidi-   j    Chateaubriand  (Un  portiait  de) .   190. 


nal  de).  771 ,  829. 
Bourras  (Confrérie  des),   144,  273,  331. 
*  Boussenard.  V.  Manchots  (généraux). 


Chateaubriand.  (Correspondance  de),  676. 
Chaumont  (Famille).  140,  307,  497,  741, 
Chauvet  ou  Chauvette  du  Breuil.    724. 


Boyer  de    Foiiscolombe  :    gravures  qui    lui       Chenier  (André)  et  Rheinhald    Dezermeries 

sont  dédiées.  392. 
Brenet.  344,  711,  829. 
Brisson  (Mme  la  Présidente).  820 
Brucker.  663. 
Brunswick.  V.  Vaimy. 
Bruno  (La  défense  héroïque  du  fort  de).  c,y. 
Bussière  (Une  poésie  pittoresque  de  Georges). 

343-,  518,  708. 
Bypobie  (Le  peintre).  484, 


C  (Lady).  Lady  Stuart.  3. 

C  (Comte  de  C.)  envoyé    de  Perse  à  la  cour 

de  France.  44 
C  (Mme  de).  773 . 

*  Cabajoutis.    1 23,   167, 

*  Cabane,  171,  224,  261  , 
Cachets  de  collections.  6,  29,  757. 


390. 

*  «  Cher  ami  qu'à  demi  »    Voir  Pièce  de  vers 
à  compléter. 

*  Chère  madame.  70,  615. 
Cheveux  d'une  morte  (La  couleur  des).    292, 

427. 
Chien  Berganza  (Le).   193,  322. 
Chodruc-Duclos,     pseudo-pourfendeur  d'un 

Larochejacquelein.  677. 

*  Cinéma  :  Origine  du  mot.  84. 

*  Clesinger.  La    femme    piquée    par    un   ser- 
pent.  309,  795. 

Cloches  des  Tuileries,  527. 
«  Coiffé  d'un  vilain  bonnet  gras  ».  823. 
*Colbert  de  Beaulieu.   109. 
Calderona  (La).  583. 

*  Colonel  (Mon).  74,  126,  167,  223, 
Comédien.  V,  Acteur. 

Commune  (Condamnation  pour  paiticipation 
à  la).  483,  693, 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


869 


870  - 


Concile  de  Mâcon.  V.  Ame  de  la  femme  au. 
Concorde  (Foire  sur  la  place  de  la).  723. 
Condamnés.    Leur    nombre    sous    l'ancienne 
monarchie.  137,  295,  376. 

*  Condé  Folie.  17,  59. 

Condé  (Les  pages  du  prince  de).  S19. 
Conjugalisme  diplomatique.  826. 
Constantinople  (Nom   d'un  personnage    de). 

772. 
Constitution   de   Tan    VIII.  (La   promesse  de 

fidélité  à  la).  330,  632, 
Contribution  de  Bourgogne.  481. 

*  Contrats  de  mariage  signés  par  le  roi  avant 

la  Révolution.  99,  108,  300,  693. 
Contrôle  sous  l'ancien  régime.  435,  495,  642. 

*  Conversation  des  Thuileries.  24. 
Coques  (Château  des).   139,  235,  494. 
Cora  Pearl.  V.  Pearl. 

Cornu  (Lettres  de  Mme).  665. 

Corps  (Le)  d'un  ennemi   mort  sent  toujours 

bon.   V.  Ennemi. 
Courbon  do  Blénac  et  Laroche  Courbon.  532. 
Courgain.  826 . 
Courtois    (Les     papiers    de)     et   le    duc    De- 

cazes.  281,  444,  345. 
Courtois  (^Mort  du  conventionnel).    484,  598. 
Crevin     773. 

Crochart  (Antoine).  484. 
Croix  en  ivoire  à  un  collier  du  Saint  Esprit, 

630. 
Cromwell  (L'auteur  de   l'épitaphe  dite    de). 

811. 
Crottus.  484,  550,  646. 
Cubisme  (Le).  97,  270,  474,  662,  853 
Cunig,  V.  Napoléon. 
Czermak  (Tableau  de).  533,  758. 


«  Dame  aux  Camélias  »  Marie Duplessis.  344, 
796. 

*  Damiens.   153 . 

Dandys  sous  Louis-Philippe.  (Les),  389,834. 
Danquetil.  484. 

*  Darance-Navarrot ,  60. 

Darval-Carrouges.  (Marguerite  de).  340,454. 
Data  en  lettres  et  chiffres  à  déterminer.  342. 
David  (La    Juno  et  Félicien).  285,   410,  498, 

697. 
Debrou  (Rosine).  339,  45.-},  350. 
Decazes  (Duc).  V.  Courtois,  (papiers  de.) 
Delacroix.    Qui    est     Thomas    qui     crut    en 

Delacroix.  770. 
Député  ou  députée.  89,  261. 
Denain  (Documents  touchant  la  bataille  de). 

135- 

*  Descartes.  (Le    crâne   de).    410,    499,  697, 

797- 
Deschanel.    (Un    discours    de    Paul)   Mot  de 

Vauvenargues  appliqué  à    Laguerre.  143, 

206. 

Deschateaux  de  Champrel .  627. 


Des  Estangs.  V.  Rousseau  J.-J. 
Desmousseaux.  678. 

Desportes  Félix.  Quand  est-il  mort?  775. 
Diamants  du    garde-meuble   (Vol.    des).  V. 

Valmy . 
Des  Raisins,  marquis  de  Saint-Marc.  283. 
Diderot  et  >lme  Roland,  140,  236. 
Diplomates  (mariage  des).  V,   Conjugalisme. 
Directoire  (Le)  a-t-il  été  payé  par  l'Espagne. 

530,  69a. 
Directoire  (La  fortune  des  généraux  sous  le). 

582. 
Distique  latin  à  identifier  «  Qiiid  faciès  ».  7, 

162,  224,  321,  466. 
Dizy-le-Gros.  (Prieuré).  331,  643. 

*  Domestiquescélèbres,  etdomestiquesd'hom- 

mes  célèbres    33  . 

*  Donjon    (son    étymologie),    74,    168,  329, 
422,  638. 

Dracy.  (Famille  de).  484 
Drapeaux.  V.  Metz. 
Drouet.  (Mme)  V.  Pradier. 

*  Dubois  :  famille  du  cardinal.  20. 

*  Du  Bois   de    Fiennes.    (Famille).    59,  m, 
309,  301. 

Du  Ferrier.  388,  743. 

Dumas  père  :    «   Les  fripons   ne  savent  pas 
rire  ».  30. 

*  Dumas   (Alexandre)   père.   VElixir  de  vie, 

'73- 
Dumont  (Le  sculpteur).  92. 

Dnplessis  (Marie),  V,  Dame  aux  Camélias. 

Dupré  (Le  premier  tableau  médaillé  de  Jules). 

'9},  309- 


Eblé  (Papiers  du  général).  821. 

Ecriture  (Réactif  pour  faire  réapparaître).  (L') 

194,  33>o,  471,  616. 
Ecriture.  Peut-on  faire   disparaître  l'écriture 

sans  détériorer  le  papier?  682. 
Elbe  (Ile  d').  La  maison  de  Napoléon    (San 

Martino  à  1).   282,  493,  491,  394. 
Electricité,  Eclairage   électrique.    V.    Arche- 

reau. 
Emery,  chirurgien  du  l^^  Empire.  723. 
Emigration  en  Angleterre  sous  la  Révolution 

(L*;.  337'  445,  ^'^^^  734- 
Emigrés  au  château  de  Versailles  (Les).  382. 
Encre  rouge  des  vérifications  (L').  52. 
Encriers  célèbres  (Les).  193,  332,472. 
\   Ennemi  (Le  corps  d'un  ennemi  sent  toujours 

bon).   290. 
Enseignes.  V.  Rivoli  (rue). 
Enseignes  littéraires  des  coiffeurs.   381,  619, 

7'S  7»3- 
*  Epatant  (Le  mot).  779,  852. 

Epitaphe    du  maréchal  de   camp,    baron    de 

Gainville.  671. 

Epitaphes  contenant  un  jeu  de  mots.  630. 

i    Ermitage  (L').  96,  131,  304. 


L'INTERMEDIAIRE 


871 


8y2 


Estangs  (Des).  V.  Rousseau. 

Estavayer  et    MoIIondins.   (Familles  d').  628, 

74=;- 

*  Etats-Unis  (Noms  des    habitants   des).    18. 
b6s,  708,  8=,4. 

Etat  civil  parisien.    (^Reconstitution  des  actes 

de  1').  51,  152. 
Etats  militaires  de  la  France.  723. 
Eugénique  (L').  89,  267. 

Ex-LIBRIS   : 

*  E.\-libris  inconnu.  563. 
D'argent  au  chevron  d'azur.  730. 

D'azur  à  la  croix  d'argent.  94,  217,  2^9, 
516. 

D'azur  à  trois  glands  d'or.  392,  516. 

D'or  à  trois  palmes  de  sinople,  liées  d'ar- 
gent. 730. 

Trois  tètes  de  paon.  392,  S63,  611. 

Callery  (Famille),  289,  367. 


Faire  le  Jacques.  144,  374. 

*  Falots  (Bureau  général  des).  495. 

*  Favart  (L'Epitaphe  de  Mme).  60. 

*  Femmes.  (Les  premières  femmes  conqué- 
rantes des  diplômes  masculins.  La  piemière 
femme  députée  en  Autriche.  82;  dans  les 
ministères.    176,  761 . 

Femme  (La)  a-t-elle  une  âme.  V.  Ame. 

Fer  de  reliure  à  identifier  en  pointe  d'un  ro- 
cher. 535,  656. 

Fer  de  reliure  à  identifier.  Hure  de  sanglier. 
94,218. 

Flaubert.  (La  carrièie    médicale  de).  358. 

Fonctionnaires  toujours  mécontents.  (Les) 
déclaration  en  l'an  quatre.  232. 

*  Fossé  (Ce  qui  tombe  dans  le),..  30,  167. 
Fouché  (Descendance  actuelle  de).  391,  501, 

647,  746. 
Fouquet,  sa   devise  :  Que  non   ascendam  ou 

'<  ascendet  ».  283,  523,  564,  61 1 . 
Franche-Comté  espagnole  (La).  819. 
Franck  (César).  027,  740. 
François  I"  (Oii    fut    célébré   le   mariage  de 

Charles  Q^uint  avec  la  sœur  de).  817. 

*  Fratin   (Marque)     20,   160. 
Fredet  (Le  poète)  821. 
Froraont.  8ao. 

*  Frotel  ou  Footel.  30,  120,  373,  530. 
Futurisme  (Le).   97,  228,  268,  329,  377,  477. 

G 

Galard  (Le  peintre).  485,  698. 

Galéjade.  240. 

Galtier  (Robert).  V.  Mahomet. 

Gambetta.  (Un    prétendu    mot  de  Thiers  sur 

les  Alsaciens.  V,  Thiers. 
Cardes  du  corps.  723. 

Genlis    (Le   pupitre   de   Madame    de).  485, 
fe»536,  647,  797.^ 


Gennes(de).  678,  841. 
Ghika(Princesse).  72s. 
Gilet  séditieux  (Un)  230. 
Gorentlot,  240,  662. 
Goret  (Famille  de).  341,  502,  700,  798. 
Goulard  (Eugène  de).  47,  154,  207. 
Gourmoiit  (Rémy  de).  V.  La  Fontaine. 
Goya.  Sa  plaque  commémorative  à  Bordeaux. 

483,  653. 
Grands-Croix  d'Ordres,  (Port  des).  586,  754, 

805. 

*  Grandesse  d'Espagne.  23. 
Grandville.  (Médecins  modèles  de).  392. 

*  Gravure  énigmatique  dédiée  aux  victimes 
de  la   Révolution  française.  2<^ . 

*  Grec  dans  la  langue  française.  171,  224, 
261,  328,  368.  V.  Bace.  V. Cabane, Bâbord, 
Tric-tiic. 

Grenadieis  de  la  marine.  388. 
Grenus  (Pierre  de).  774. 
Greuze  :  Une  réplique  de  la  «  Simplicité    ». 
•238,319. 

*  Grilles  des  cabarets  et  des  boulangeries.  174. 
Grognards  (La  résignation  philosophique  des 

vieux).   527. 

*  Guer  (Le  chevalier  de).  553,  647,  700. 
Guérin  (Portrait   par)    à    fd'entifier    439,  598, 

837- 

*  Guides  (Les  premiers).  214. 

Guillen  :  étymologie.  95,  225,  373,  566. 

*  Guillaume  1^''.  (Une  parole  de)  «Je  fais  la 
guerre  non  à  la  France,  mais  à  la  dynastie 
impériale  ».  406,  492,  736. 

Guillotin  (L'emprisonnement  de).  43. 
Guise  (Les)  descendants  des   Carlovingiens. 
^)),  335,  780. 


H 


Hallays-Dabot  et  faleron.  S83,  701,  799, 
«  Hanche  »  (La)   du   lièvre  et   du   perdreau. 

439,   s66. 
Hanska  (Un    portrait   en    pied    de  .Mme  de). 


48s 


701. 


*  Harcourt  (D').  60. 

Harcourt  (Comte  et  comté  d').  141,  458. 

*  Hautie  ou  Hautel.  29,  73. 

*  Henri  IV.  V.  Armoire  des  coeurs. 

«  Henriade  »  (La)  du  duc  de  Bordeaux.  823. 
Héraldique  (Bibliographie  de  toute  la  littéra- 
ture). 629,  754. 

*  Hérauts  d'armes  sous  Louis  XIII.  117. 
Herz.  725, 

Hettfîeisch  von  Ehrenhelm.  340. 

*  Histoire   de    la    duchesse  de    C.    par    elle- 

même.    I  18. 

*  Home  (Douglas|.  744. 
Hôpital  militaire  du  RouK;.   531. 
'■*  Horloge  'Le  pavillon  de  1').   34. 
Houdan  (Poste  aux  chevaux  de).  236,  354. 
Houlbec.  (Bibliothèque  de).  239 

*  Howard  (Miss).   648. 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


873 


874 


Hudson  Lowe  (Hommage  des  Merseillais  à). 
768. 

Hlie  de  MiroiTiesnil     92,  207. 

Hugo.  Les  droits  d'auteur  théâtraux  de  Vic- 
tor Hugo,  exilé,  supprimés   sous   l'Empire. 

725. 
Hugo  (Victor)  maire  de  Paris.   185. 

*  Hugo  (Armoiries)  Généalogie  écrite  par  lui- 

même.   2  I  T. 

Hugo.  V.  Abrantès. 

*  Huque  ou  Hugne.  «  Le  Huque  des  faux- 
nobles.  73,  267. 

*  Humbert  (Le  général  baron)  Jean  Nicolas. 
61,  208. 


(Incendie    de 
('L'auteur 


1 


«  llle  de  Pasques.  V.  Voyage 

*  liliers  (Capitaine  d').  412. 
Image    d'Epinal    séditieuse. 

Moscou).   383. 

*  Imitation    de   Jésus-Christ   (L') 
de).  70,    118. 

Indiculus  universalis.  440,  564. 
Innocents  (Fête  des).    142,   524,  855 
Irénée  (Saint),  évêque  de  Lyon,  723 
Isabelle  d'Angoulème.  772. 


Jacob  (Les)  ébénistes .821. 
Jacques  (Faire  le).  144,  374,  761, 
Janvier  (L'anniveisaire  du  21).  530. 
Jésuites  (Bibliothèque  des  Pères).  239. 
Jetons  dans  leurs  boites.   731,  843. 

*  Jetons  de  présence  (Singuliers).  36. 

*  Jeux  aux  xvi"-  et  xvii°  siècles  781  . 
Joachim  (Prononciation).   588,710,  760* 
Joconde  (Le  parti)  à  l'Académie  française  en 

1841.  383,  503. 

«  Journal  des  monuments  de  Paris   ».  Publi- 
cation du  Complément.  8io. 

Jourvensault   (Vente).  778. 

J.-S.   dessinateur    romantique,  678,  838. 

Junot  (Inhumation  de  la  mère  de).  863. 

*  Juré  de  l'œuvre  de  Cahouet.  468. 
Jurons  en  langue  portugaise.  393. 

K 

*  Kerr    73,  714. 

Kuss  (Les  mémoires  de).  95,  155,  356. 


La  Bruyère  (Les  portraits  de).  90. 

Lacrole  (Abbé  Emmanuel.)  383.  3 

Lacrosse  (L'amiral   de).  190,  309.  { 
La  Fare  (Philippe-Charles;.  95,  5109,310,648.    1 

Lafarge  (Mme).  Lettre  inédite.  814.  1 

Lafayette.  Chanson   bretonne  «    Les  gars  de   1 

Locminé  ».  V.  Chanson  bretonne.  1 


La  Fontaine  et  M,  de  Gourmont.  419. 
Lagarrigue  et  le  microscope  solaire.  774. 

*  Lamartine  :  où  fut  composé  le  «  Lac  ».  3  i  i. 
Lamartine.  Son  portrait  après  décès.  133. 

*  La  Motte  (Le  comte  et  la  comtesse  de). 
^ote  de  police  sur   le  comte  de  La  Motte. 

Lanes.  Seigneur  huguenot.  486,  599. 

*  Lannes  (Mort  de).   149.  251. 
Lanoue  (Le  capitaine).  584,  704. 

La  Périne  (Mlle  Gabrielle  de).  341,  413^  746. 
Larrey  (Dominique)  en   1812,  à  Borodino  et  à 

Moscou.  Lettres  inédites.  275. 
Larrey  (Dominique).    Lettre   inédite    que  lui 
adresse  sa  femme  après  Moscou.  478. 

*  La  Toison  de  Rocheblanche.  (de)  1  1  1. 

*  La  Vaux  (M.  de)  703  . 

Le  Boiltcux  (Famille).   532. 
Le  Franc  de  Pompignan.  679. 
Léger  du  Legeay.  47. 
Le  Gras  de  Oemuyn.  680. 
Le  Maître,     Le  peintre).  680. 
Lenoncourt.  726. 

*  Lenôtre  ()ardins  dessinés  par).  93,  68,  218, 
612. 

Léonard  Limosin,  émailleur,  deuxième  du 
nom.  627. 

Le  Pelletier  d'Aunay.  2S8,  438,  64S,  704. 

Le  Pelletier  de  Saint-Fargeau  (Famille).  435, 
599,  649,  800,  838. 

Le  Pelletier  de  Saint-Firgeau  (La  bibliothè- 
que personnelle  de).  680. 

Lesage  et  Beaumarchais.  Pourquoi  ne  furent- 
ils  pas  de  l'académie.  V.  Académie. 

Lesurques  :  un  innocent  réhabilité.  283,448. 

Letellier.  532, 

*  Lettre  de  marque  signée  Louis  XVI  en 
1793.  2,  103. 

Leuss  239,  469. 

Le  Veyrier  (Anne)  comtesse  de  Pardieu.  584. 

*  «  Liaisons  dangereuses.  »  (Une  clef  des)  72. 
Liganet  (Famille  de).  821  . 

Livres  d'heures  A.  J.  730. 
Locminé  (Les   gars    de).     V.  Chanson   Bre- 
tonne. 
Lombard,  auteur  dramatique.  774. 

*  Lonchamp  de  Montendre  (de).  I2ft. 
Louis  XIV   (Napoléon  III    et  le    lavabo   de). 

818. 
Louis  XIV.  V.  Repis. 

*  Louis  XV.  (Maladie  de)  àMetz.  9. 

*  Louis  XVI.  (La  condamnation  de)  et  la 
franc-maçonnerie.  11,  56,  249,348.  687, 
830. 

Louis  XVI.  (Lettre  de  maïque  signée)  en 
1793.   V     Lettre. 

*  Louis  XVI.  Voir  Santerre. 

Louis  XVI    (Le    second   testament    de)     433, 

489.592, 
Louis  xVl  (Les  gants  de)  à  Varernes.   528. 

*  Louis  XVII.  Sa  mort  au  Temple.  Documents 

inédits.  Le  récit  de  Bergoeing,  441. 
Louis  XVil.  (Portraits  de).  43,  145. 


L'INTERMEDIAIRE 


777^ 


87, 

Louis-Philippe  surnommé  «  L'Ordre  de  cho- 
se »  et  «   La  Pensée  immuible  ».  348. 

Louis-Philippe  le  24  février  1848  a-t-il  fui  en 
fiacre?  18=;,  •-()4,    330,    482,  638,  693. 

Louvre  (Les  greniers  du).   77F  . 

Loyer  de  Marronime  (Mme).  584. 

Lundi  (La  Saint).  V.  Ouvriers  et  patrons. 

M 

Machine  à  chiffrer  (La),  de  Frédéric  II.  825. 
Madagascar   (Femmes  à  destination    de^    en 

1660.  235,  333,  596,  834. 
Madame  (Rue).    187,  305,  409. 
Mahomet  (Une    prophétie    sur    la   chute  de 

Tempire  de).  577. 
Maine  de  Biran.  682,  839. 

*  .Maisons  histoiiques.  795. 
Malades  (Rue  des).  389,  494,  597. 
Malherbe  (Famille  de).   190,312.  | 

*  Manchots  (Généraux).  131,200,452.  | 
Marcadé.  (>laréchal).  535.  i 
Marcellus,  évèque  d'Ancyre.  723. 

*  Marcelly ,  21. 

*  Marie-Antoinette.  S  n  protégé  Armand, 
était-ce  le  pauvre  Jacques.    53. 

Marie-Antoinette   (Diamants   et   bijoux   de). 

90,  197. 
Marie-Antoinette  (Les  billets  de)  à  Jarjayes. 

481,  537,   589,  686. 
Marie-Antoinette   (Lettres   à   Barnave).    581, 

63.. 
Maroc  (Un  livre  sur  le).  381. 
Marseillais  (Plaisanteries  sur  les).  823. 
Masque  de  fer.  (Un    prétendu    manuscrit  de 

Samt-Mars  sur  l'homme  au),  818. 
Massenet  (Les  Souvenirs  de;.  536,  839. 
Maupassant  (Guy  de).  Un  conte  perdu.  587. 
Maury,  académicien.   !L'abbé).   286. 
Médecins  (Mariage  des)     50,    177 
Megret  (Petrus)     240. 
Mélingue  (Les  débuts  de).  864. 
Mérite  militaire  (Décoration  du). 
Mestayer  (Famille).   333. 
Metz  en  1870  (Les   Drapeaux  de^.   233,  395, 

492,  640,  790. 
Metz  (Un  officier  condamné  à  mort  à).  338. 
Microscope  bolaire.  V.  Lagarrigue. 

*  Midi  et  demie.  78. 
Milady  Didl.  .  .  236. 

Ministres  de  l'ancienne  monarchie  apparte- 
nant à  des   familles    d'ancienne    noblesse. 

98. 

Mirabeau  (Le  rire  de).  488. 

Mirabeau  (La  maison  natale  de).  585,  704, 
748,  840, 

Miss.  221.  V.  Grec  dans  la  langue  fran- 
çaise. 

Mistinguett  (Origine  du  nom  de).    194,471, 

567,  714. 

*  Moabit    73,  123  . 

*  Mocos  (Les)  et  la  Mocotie.    566. 

*  Molière.  V.  Monsieur  de  Pourceaugnac, 


876    

*  Momigny  (Gaspard    Joseph    de).  61,  256, 
502. 

Mondran  (/Marquis  de).  533,  70s. 

Monnicr  (ri  .)  Les  œuvres  galantes  de  Joseph 

*  Prudhomme.  587 . 

Monsieur    de    Pourceaugnac.    (La    course 

des  apothicaires  dans).  25,  319. 
Montchanin  (de).  628, 
Montlazeur  (comte  de).    58s. 
MontPagnotte   (Le).    187,    324,   423,    567, 

709, 
Montsaulnin    (Famille   de).    190,   313,    359, 

415,  so^. 
Morvan    (Origine   des    noms    de    villages). 

593- 
Moscou  (Qui  a  brûle).  Est-ce    Rostopchine  ? 

385,  447,  490,  545,  595,  034-  . 

*  Mots.  Combien  de  mots  français  sont  em- 
ployés dans,  le  langage  usuel.  614. 

*  Mots  allemands   dérivés  du    français.  123, 

167,  856 
Moulinier  (Biaise).  775. 

*  Mousse.  222.  V.  aussi  Grec  dans  la  langue 
française. 

Moyaux  (Seigneur  de).  V.  Boctei. 

Muets.  393,  525- 

Murât  (Armoriai  du  roi),  l92^*'' 

*  Muré  vif.  764. 

Musiciens  (La  chevelure  des).  440,  714. 


N 


Nantes  (Voir  Noyades  de) . 
Naples  (Tribut  annuel   du    roi    de)   au  pape, 
529,  683. 

*  Napoléon  (Les  blessures  de).  57,  734. 

*  Napoléon  poète.  58. 

*  Napoléon  a-t-il  été  à  Londres  ?  56. 
Napoléon.  V.  Elbe  (Maison  de  San  Martino). 
Napoléon  à  Waterloo  (La  voiture  de).    435, 

546,  637. 
Napoléon    le""  (Le   compas   de)   et   Louis    de 
Cuny.  673.  735 

*  Napoléon  (Quel  est  l'auteur  de    la  brochure 
«  Cornme  quoi  N.ipoléon  n'a  jamais  existé.  » 

3'7,7i3,  758. ,849- 

*  Napoléon     111    (L'accent    allemand    de)    à 
Arenenberg.  14. 

Neuilly  (Parc  de)     187,  547. 
Nicée  (Concile  de).  Sources  à  consulter.  344, 
466. 

*Noailles  (Les)  rentrant  d'émigration.  On  les 
dépouille  de  leurs  insignes.   569. 
Noblesse  (Preuves  de).  288,  406,  462. 
Noblesse  et  Légion  d'honneur.  585,  805. 

*  Noms  français  donnés  à  des  rues  à  l'étran- 
ger.  30,  260,  854. 

*  Normands  et  termes  marins.  225, 
Notaire  (Le  premier).  771. 
Noyades  de  Nantes.  185,  250,  294 
Numismatique.  823. 


DES  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


877 


878 


Ollone  (Le  général  Pierre  d').   628,  840. 

*  Orange  (Prince  d'),  V.   Philibert, 

Ordre  de  Saint-Lazare  et  de  N.  D.  du  Mont- 

CarmeL  (Chapitres  de).   534,  842, 
Orgue  des  saveurs.  81,  130,  523. 
Orgueilleux  (La  prononciation  du  mot).  825. 

*  Orlan  de  Polignac.  63. 

Orléans  (Mort  du  duc  d').   1842.  40. 
Orléans  (Les  dames  d'honneur  de  la  duchesse 

douairière  d').  819. 
Otte  (Henryi.  681,  801. 

*  Ouvrages  sérieux  rais    en    vers.   124,  218, 
760. 

Ouvriers  et  patrons.    La    Saint    Lundi.    84, 

Ï33- 


*  Paër  (Le  compositeur),    le   20  mars  1815. 
503. 

Pagnotte.  V.  Mont  Pagnotte. 
Palissy  (Bernard)  pendu.  722,  828. 
Papin  (Qu'est  devenu  Denis).  62,  802, 
Parc  de  Neuiliy.  V.  Neuiliy. 
Pardieu  (Famille)  533. 

*  Parfums.  V.  Orgue  des  saveurs. 

*  Paris  (lies  de).   546,  641. 

Paris.  Le  siège  de  P. iris  en  886  :  la  plaque 
du  Petit  Pont     4,  53. 

*  Parme  ^Les  atïaires  de).  59. 

Parti  «  Je   n'ai   d'autre    parti    que    celui  de 

mon  cœur  ».  393 
Pascal  «  La   vie   de   M.  Pascal  ».  Exemplaire 

de  Bossuet.  6. 
Pascal  (Biaise),    conseiller    du    roi  (Rue).  91, 

210. 
Pascal  (Portrait  de)    par   Philippe   de  Cham- 

paigne.  287,357,  504,  650,  705,  802. 
Pastoret  (Le  salon  du  marquis  de)  de  1802  à 

1807.  341 . 

*  Patagon.  73. 

Paynel  en    Normandie   (Famille).    436,  600, 

841. 
Pearl  (Cora).  725. 

*  Pélican  (Le  bien  qui  a  été  dit  du).  81. 
Pélissier.  Nécrologie.  624. 

Périer  et  Casimir  Périer.  585,  703. 

Périer  (J.  F.),  évéque  constitutionnel  du  Puy- 
de-Dôme,  (i79f)    48. 

Péron,  naturaliste  voyageur.   287. 

Perse  (Envoyé  de  Perse  à  la  cour  de  France. 
M    de  C.)  44. 

Petitot  (Jean).  Peintre  en  émail     822. 

Petitot  de  Boispréau.  333,  749. 

*  Petraquadrata.  70. 

Pétrarque  était-il  épileptique  ?  625,  749. 

*  Philibert  de  Chalon,    prince  d'Orange.  6}, 

155,314 
Philibert  de  Nérestan  à  Angers.  438. 
Philippe-Egalité  (La  cour  de).  98,  197. 

*  Pic  (Ulysse),  156,  737. 


m 


*  Pièce  de    vers    à   compléter  :  «  Cher    a 
qu'à  demi  ».  175. 

Pillavoyne  (Famille).  486. 

*  Pinet,  délégué  aux  armées.  600. 
Plaques  commémoratives.  A-t-on  le  droit  de 

les  enlever.  483,  653  . 
Plaque  d'un  garde  chasse   du    xviiio   siècle. 

Armoiries  à  identifier  :  438,  564. 
Plessis  (Henri).   533,  749. 
Pleurre  (Jean  de)  et  son  manuscrit.   141. 
Plume  (Secrétaire  de  la).  342.,  478,  707. 
Poème  héroï-comique  d'un  magistrat.  343. 

*  Poésies    monosyllabiques.    124,    223,    468, 

564. 
Pomaré  (La  leine)  à  Mabille.  391,  601,  651. 
Pomme  verte  (Ordre  de  la).   194. 
Pompadour  (Une  fabrique   de    fausses   lettres 

de  Mme  de).  526,  Ooi. 
Pontillaud  (Seigneurie  de'i.  284. 

*  Portem.nt  (Demander  le).  27. 
Port  Royal  (abbaye).  16. 

*  Pradier  (Descendance  de).  21 .  Mme  Drouet. 

357- 
Préaux  (Seigneurie  des,.  48,  152. 

Préfontaine.  775. 

Prénoms.  V.  Sables  d'Olonne. 

Prevost-Paradol  :  «  Le   roman    d'un   homme 

politique  ».   487.  V.    Madame  Farine. 

Prévost  Paradol.  Madame  Farine.  587. 

Prévoyable.  95,  330,   521,  663. 

Prince  Impérial  (Le)    roi   d'Alger.  388,  639. 

*  Prince  Impérial  (Dessins  du).  15,  107. 
Protagoniste.   732. 

Proudhon    (Lettre  à    Adolphe    Blanqui).     Le 

Différend  Blanqui  Barbes.   86. 
Puebla  a  gaudino.  236. 
Pupil  dî   Craponne  (Jean).    287,    459,   651, 

802,  841. 


S 


Sabatier  en  Provence.  (Fi  mille  de).  534. 

*  Sables  d'Olonne.  (Prénoms  aux).  306. 
Sacerdos,  sacerdoti  lupissimus.  731. 

*  Saincts  (Soubs  la  corde  des).  75,  126,  169, 
224,  660. 

Saint- André  de  Colmesnil  (La  commanderie) 

681. 
Saint-Aulaire.    191,316. 
Saint-Chamans.    (Souvenirs  inédits   de  Mme 

la  marquise  de).  856. 

*  Saint  Christophe.    108. 
Saint-Cloud.  (La  bibliothèque  de).  482. 

*  Saint  Elme  (Ida  de).  Son  origine.  65. 
Saint-Empire  (Comtesse  du).  729. 
Saint-Gemain  (Séjour  de  la  cour  à)  en  1586. 

1 . 

Saint-Jean  d'Acre.  (Ordre  militaire,  nobiliaire 
de).  777. 

Saint-Louis.  (Ruban  d'une  croix  de  Saint- 
Louis  avec  nœud.  93,  218,  258. 

Saint-Marc.  V.  Des  Raisins, 


L'INTERMEDIAIRE 


879     - 


880 


Saint-Maurice.  (Le  marquis  de),  ambassadeur. 

281,  356. 
Saint-Michel  (Ordre  de^.  342,  465. 

*  Saint-Sorre.  1 1 1. 

Salomon  de  Caus.  (Hommage  à).    773. 
Salut  masculin  (Origine  du).  488,  020,  666. 
Sanguin.  240. 

*  Santerre  et  la  mort  de  Louis  XVI.  54,  349, 

538.  593.  783. 
Sartines  ;  Les  papiers  de  M.).  626, 

Savoya-Wad-Ras  (Régioients).  45. 

*  Scarron.  V.  Pièce  de  vers  à  compléter. 
Sceau  à  identifier   :  J.  Petii  Prioris  de  Bries. 

49-  ,       . 
Sceau  à  déterminer.  237. 
Sceau  à  déierminer  :  rviii®  siècle.  S22. 
Sceau  à  déterminer  :  xvi«  siècle     822. 
Sceau  à  déterminer  :  xvii"  siècle.  822. 
Shakespeare   est-il    l'auteur   de    ses   œuvres. 

Lord  Rutland.  675 

*  Scitivaux  ,'Où  est  le  portrait  de)  par  Fabre. 
841. 

Scribe  et  Guillounet-Merville.  069, 
Sébastiani  (Le  maréchal)    et   les  Turcs.  815. 
Secrétaire  de  la  Plume.  V.   Pluire. 
Seilhans  (Jeanne  de).  776. 

*  Seine  (Vitesse  du  cours  delà).  494. 
Seurre  (Le  compagno  3   de).  342. 
Standhal,  portrait  hors  texte.  n°  1350. 
Sévérac    (Château   de)  Gironde.   4,   107,  152, 

253- 

*  Shakespeare  est-il  l'auteur  de  ses  œuvres? 

075,  845. 
Sicard  (Famille).  288,  415. 
Sieyès  (Famille  et  papiers  de  l'abbé).  92. 

*  Siffler  au  disque  rouge.  29,  714. 
Société  (La)  Polysophique  et  sa  bibliothèque. 

7JI. 
Sœurs  associées  (Les).  8,  177,  230,  380. 
Sosie  de  Napoléon  I'^''.  V.  Boucher, 
Staël  (Maison  natale  de  Mme  de).  436. 
Staël    (Mme   de).     L'hydropisie    de   Mme   de 

Staël  en    1812.  133. 
Standesherren    allemands.   192,453. 

*  Stendhal  et  les  Lyonnais.  189,  214,356,505. 
Stendhal.  V.  Téjé. 

Stoiïel    (Le   colonel)    et   l'histoiie  des    Cent 

jours.  435,  6oa,  751, 
Stuart  (Lady).  V.  Lady  C.  3. 
Sublet  (Michel).  237,356. 

*  Sudrie  (Famille  de  la).  06,   157,215. 
Suffolk.   142. 


Taglioui  (La).  191,  317,  652,  804. 

Taine  (Lettre  de)  sur  le    «   Disciple   ».  681, 

75a. 

Taine  (Le  duc  Albert  de  Broglie  et  la  Révo- 
lution de).  I39. 

Talence.  587. 

Tallye  (Baronne  de).  284. 

*  Tatien.  26,  120. 


Te  Deum  (Les)  des  rois  sont  le  De  Profundis 

des  peuples.  50,    163. 
Téjé.  394,  518,  567. 
Temps  de  demoiselle  (Un).  440,  615. 
Thieffries  542,  401. 
Thiers  et    Gambetta.  (Un  prétendu    mot   de 

Thiers  sur    les  Alsaciens.   139,    201,   350, 

40;,   59^. 
Thiers  à  Berlin,  387,  639. 
Thirion.  (Famille).   726, 

*  Thomas  (Clément),  Son  rôle  en  juin  >848, 

los,  201 ,  251 . 
Thomas,  évèque  d'Archadia  et  de  Hieropetra 

en  Crète,  237, 
Thomùs  lllyricus.  389. 
Thomas.  V.  Delacroix. 

*  Timbaliers  (Le  costume  des).   17,  452. 
Tirelefiche,  824. 

1   *  Titres  au  dos  des  plaquettes.  663. 
Titres  d'ouvrages.   (Propriété  littéraire  des). 

290  418. 
Titres    sous    l'ancien  régime,   93,  361,    461, 

514,  604,  708,752. 

*  Topographie    française    par   Claude  Chas- 
tiilon.  35,  i6f ,  713. 

Tourneniire.  487  . 

*  lousard.  (Chevalier).  67,*  •- 

Traités  franco-espagnols.    (Textes  de),    91, 

203  . 
Trensbourg  de  Beaugency.  777. 
«    Tribune    des    départements  >.  ;.La).  438, 

613. 
Tric-tric.  266. 
Trois  pour  cent.  Quiroga,  nom  de  vêtement, 

50. 
Trottin    (Aventure    romanesque    d'un^.    V. 

Alexandrofï. 
Tugdual  de  Larmoisie.   S  s    armoiries.  192, 

3'8. 
Turc?  (Qu'est-ce  qu'un).  721. 


U 

*  Usuriers  de  Cahors.  711. 


*  Va.   374,  523. 

*  Vaidruche.  A.   J.  H.   îi6. 
Valmy   (L'énigme   de).    Brunsvi'ick.    Le  vo! 
des  diamants  du  Garde-meuble.   386,  446, 

489,  544,  594,  ^})- 
Vassé  (Le  marquis    de)    et  la  marquise,  née 

Broglie,  288,  415. 
Vaucanson.  726. 
Vendée  (Pacification   de  la)  articles  aecrets. 

337-  445.  .       ,    c.  ■ 

Vendée  (Guerres  de;.  Les  prisonniers  de  Saint- 

Floreni-le-Viel.  673,  780. 

*  Vénus  de  Milo  (La).  535. 
Véron.  (Luthiers  à  Paris),  5,  116. 
Vertpré  (Jenny)  à  Marseille,  273,  416. 


OHS  CHERCHEURS  ET  CURIEUX 


88 1 


*  Vers  grec  palindrome.   a6. 

Victoire  (Rue    de    la).    Son    nom,   40,  145, 

S03. 
Vienne-le-ChJteau.  46. 
Villain.  V.  Château  Villain. 
Villars  (Où  est  enterré   le   maréchal  de).  42, 
158,347,  4>7,  557,  652. 
Villemanzy.  588,  657. 
Villeneuve  (Le  général)  à  Beaumont.  339. 
Villoteau (André).  142.358,  508,559. 
Vir  fugiens  denuo  pugnabit.  488,  658. 
Virgile  (Un  mot  lie)  Stercore  Ennii.  630,844. 
Vital  d'Ardengost.  (La  curieuse  épitaphe  du 

chanoine  d').  342,  466,  564,  612,  657. 
Vitahey  de  Béranger  et  de  Macaire.  777. 

*  Vitriers  (Les  petits).  36,  130,  618,  667. 
Voltaire  (Le  sourire  de  l'âme).  50. 
Voltaire  «    Henriade   ».  Notes  signées  K).  7, 

758. 


882 


*  Voyage  k  l'Iiede  Pâques.  143,  260,321,523. 
Vrombissement.  439,  660,  852. 

W 

Waldteufel.  488,  652 

Wallon    (Famille  de     Marie-Angélique    de). 

'9',  359- 
Walton  a-t-il  existé  ?  727. 
Waterloo  (l.e  géant  de).   531 . 
Watteau    (Estampe    d'après).  Tobie     faisant 

enterrer  les  morts.  50. 
Wimpfed.  (L'officier  d'ordonnance  de).  339, 

449,  693 


Zola.  La  genèse  du  «  Rêve  ».  193,  359. 


t 


J 


AG       L'Intermédiaire  des  chercheurs 

309         et  curieux 

156 

v,66 


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